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Contenu rédigé par Antoine T.
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Commentaires écrits par
Antoine T.

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Histoire intellectuelle du libéralisme : Dix leçons
Histoire intellectuelle du libéralisme : Dix leçons
par Pierre Manent
Edition : Poche

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Une mise en perspective réussie, 7 août 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Histoire intellectuelle du libéralisme : Dix leçons (Poche)
Ce livre, court (250 pages) mais dense, rend justice à la philosophie politique libérale, complètement occultée aujourd'hui par beaucoup de critiques du libéralisme qui le réduisent à un pur économisme. Pour montrer comment s'est articulée la philosophie libérale à travers les siècles, Pierre Manent analyse la pensée de huit auteurs : Machiavel, Hobbes, Locke, Montesquieu, Rousseau, Constant, Guizot et Tocqueville.

Comme on peut le remarquer, les auteurs évoqués ne sont pas tous des libéraux. Une des qualités de cet ouvrage est en effet de montrer que le libéralisme s'inscrit dans une réflexion philosophique plus large qui trouve déjà sa source chez Machiavel et Hobbes. L'auteur s'attache par exemple à montrer l'individualisme de Hobbes ainsi que les concepts présents dans le Léviathan, qui une fois corrigés par Locke deviendront des piliers du libéralisme : le droit des individus comme fondement de la souveraineté et l'idée de représentation. Pierre Manent consacre également un chapitre à "Rousseau critique du libéralisme", indispensable pour comprendre l'évolution de la philosophie libérale après le XVIIIème siècle, qui devra tenir compte du "choc" rousseauiste.

Cet ouvrage est précieux d'une part parce-qu'il propose une analyse très fine de chaque auteur étudié. Leur réflexion est remise dans son contexte, et plutôt que de commenter des textes en particulier (cela arrive très rarement), Pierre Manent choisit de commenter l'ensemble de leur pensée en montrant comment elle a forgé le libéralisme. D'autre part, et c'est sans doute le grand point fort de ce livre, l'auteur insiste particulièrement sur l'articulation des auteurs entre eux et montre comment la pensée de l'un est une réponse à ceux qui l'ont précédé, comment chaque auteur est allé piocher des idées et des concepts chez ceux qui l'ont influencé afin de bâtir sa philosophie. Cela met en évidence le dynamisme de cette pensée, sa complexité et sa richesse, ainsi que son évolution.

Sur ce point précis, Pierre Manent distingue deux grandes périodes dans la philosophie libérale. Les libéraux du XVIIIème siècle ont tenté de répondre à ce que Manent nomme le "problème théologico-politique", formulé comme suit : "étant donné les caractéristiques de l'Église catholique, trouver la forme politique X qui permette d'assurer l'indépendance du monde profane" (page 30). Puis les libéraux du XIXème siècle devront absorber le choc du rousseauisme et de la révolution française, et tenteront d'inscrire leur pensée non plus dans la nature mais dans l'histoire.

La lecture de ce libre est cependant gênée par le style un peu pénible de l'auteur, qui possède certes une grande rigueur mais peut perdre son lecteur en route, à force de phrases un peu trop alambiquées. D'autre part la lecture de ce livre nécessite un minimum de connaissances en philosophie politique, notamment sur le contractualisme. Néanmoins cela ne devrait détourner personne de la lecture de cet ouvrage qui s'avère érudit et enrichissant.


L'Etat, c'est toi !
L'Etat, c'est toi !
par Jean-Pierre Vesperini
Edition : Broché

15 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Quand le minarchisme prend sa plus belle plume, 6 mars 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Etat, c'est toi ! (Broché)
Ce petit livre réunit quelques grands textes de Frédéric Bastiat, économiste, pamphlétaire et homme politique de la IIème République, et l'un des plus dignes représentants de la tradition libérale française et du laissez-faire. L'ouvrage contient les textes suivants, pour la plupart de petits pamphlets : "L'Etat", "Justice et fraternité", "Funestes illusions, "Les deux devises", "Petites affiches de Jacques Bonhomme" (professions de foi électorales), "Prendre cinq et rendre quatre ce n'est pas donner", "Services privés, service public" (extrait des Harmonies Économiques).

Ces textes ont pour point commun une réflexion sur la place de l'État dans la société, et sur les pouvoirs qui doivent lui être confiés. Bastiat est un ardent défenseur du minarchisme, même si ce terme n'existait pas à l'époque. Il souhaite circonscrire l'État à sa mission principale : assurer la sécurité, le respect de la liberté et de la propriété. Il montre que le seul moyen d'action de l'État est la violence (la coercition), donc les seules interventions étatiques légitimes sont celles où il emploie la violence légitime, c'est à dire la légitime défense. Un État juste doit donc se borner à défendre ses citoyens (police, armée, diplomatie). Fervent catholique, Bastiat pense que le monde est harmonie : ce qui est juste est aussi efficace. Il s'emploie donc à montrer qu'un État fort n'apporte pas plus de prospérité à ses citoyens, tout en restreignant leurs libertés. En effet, l'État ne saurait redistribuer que ce qu'il a précédemment confisqué, il ne crée donc aucune richesse. Bastiat est partisan de laisser les citoyens dépenser eux-mêmes cette richesse, pensant qu'ils le feront de manière bien plus judicieuse que l'appareil étatique.

On découvre aussi un Bastiat inquiet de la popularité des thèses socialistes, qui commencent à émerger à l'époque. Il réfute ainsi les arguments de ses adversaires, et les accuse de bâtir une chimère nuisible à la prospérité.

Ces grandes idées sont servies par une plume merveilleuse. Le XIXème siècle a connu un grand nombre d'écrivains qui savaient admirablement manier la plume ; Bastiat y ajoute une ironie mordante. On sourit souvent, on rit parfois devant les multiples piques adressées à ses (nombreux) adversaires, on reste bouche bée devant ces métaphores si bien tournées et cette langue si élégante. Cette plume acérée fait de Bastiat le meilleur moyen de s'initier au libéralisme : chaque texte contient de grandes idées mais est aussi un vrai plaisir littéraire, ce qui rend la lecture à la fois instructive et distrayante.

On ne peut que féliciter les éditions de l'Arche d'avoir réédité un auteur tombé dans l'oubli en France et dont les écrits sont presque introuvables aujourd'hui (signalons tout de même l'effort des Belles Lettres, qui ont réédité les Pamphlets et les Sophismes économiques). On tiquera tout de même sur cette postface de Jean-Pierre Vesperini, qui critique la "conception trop restrictive" que Bastiat se fait de l'État et montre qu'il n'a pas compris grand chose au minarchisme pur jus du pamphlétaire. Malgré cela, ce petit livre est un excellent moyen de s'initier à Bastiat, le seul économiste qui ait réussi à allier aussi élégamment richesse des idées et beauté de l'écriture.


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Prix : EUR 17,45

5.0 étoiles sur 5 Performances, solidité, fiabilité, 28 août 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Corsair Clé USB Voyager 16 Go USB 2.0 (CMFUSB2.0-16GB) (Appareils électroniques)
Avec la gamme des Flash Voyager, Corsair nous livre des produits d'une qualité irréprochable. Le modèle 16 Go ne fait pas exception à la règle. La clé est très résistante aux chocs, et son revêtement la rend particulièrement agréable à manipuler. Par dessus le marché, elle résiste à l'immersion dans l'eau (on ne sait jamais ce qui peut arriver...) ! Côté performances, c'est aussi excellent : j'ai mesuré des débits de 29 Mo/s, soit le maximum que peut délivrer l'USB 2.0 en pratique, et un temps d'accès aux données de 0,6 ms. Bref, un sans faute.


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