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Contenu rédigé par BMR & MAM
Classement des meilleurs critiques: 325
Votes utiles : 1054
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Commentaires écrits par BMR & MAM "BMR & MAM" (Paris, France)
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5
Nuages sombres sur la nation arc-en-ciel, 16 avril 2013
Nous revoici partis en Afrique du sud avec un polar de Mike Nicol : La Dette. Un polar annoncé par Courrier International et un grand succès chez nos voisins allemands : le vol semblait alléchant. Mais l'atterrissage un peu décevant. Mike Nicol nous conte l'histoire de deux anciens trafiquants d'armes, deux gars pas très reluisants (un blanc et un black, pour équilibrer sans doute) qui depuis les belles années des guerres sud-africaines se sont recyclés dans la sécurité rapprochée, par exemple celle des riches venus au Cap pour un safari-chirurgie (esthétique s'entend, la chirurgie). Les deux compères mènent la belle vie, avec même quelque magot planqué dans les îles, et tout irait pour le mieux sous le ciel de la nouvelle nation arc-en-ciel. Sauf qu'on n'échappe pas impunément à son passé. Quand on a fait ce qu'ils ont fait, on a forcément des dettes de ci de là. À commencer par une dette envers des "potes" encore moins reluisants dont il faut assurer la sécurité : les "potes" en question trafiquent dans la drogue et les soirées hot pour la nouvelle bourgeoisie du Cap. Bon gré mal gré, faut bien les aider, eu égard à ce qu'ils savent du passé. Et puis peut-être une dette envers d'autres groupuscules activistes avec aux commandes une beauté sombre à la main gantée.La belle Shemina semble en vouloir à nos deux compères, eu égard à ce qui s'est passé dans le passé. Et elle s'oppose tout à fait au trafic de drogue. Les ennuis vont commencer. Il y aura même d'autres équipes dans la danse, toujours reliées au passé. Visiblement le ciel de la nation arc-en-ciel reste obscurci et du passé, il n'est pas possible de faire table rase. Trafic d'armes, trafic de diamants, trafic de drogue, enlèvements, meurtres et assassinats, ... voilà le menu. Avec en prime quelques balades dans la ville, entre montagne et océan, ça donnerait presque envie. Sauf que ça ne prend pas tout à fait : l'intrigue est un peu décousue (beaucoup d'acteurs, plusieurs sujets, pas de fil conducteur solide), le style un peu sec, les héros pas très charismatiques, ... on a un peu de mal à rester accroché même si ça se lit sans déplaisir. Les paysages du Cap ont l'air magnifiques mais le ciel n'est pas encore suffisamment dégagé pour aller y passer des vacances. --------------------------------------------- Pour celles et ceux qui aiment les trafiquants. Ces 560 pages parues chez Ombres Noires datent de 2009 en VO et sont traduites de l'anglais par Estelle Roudet. On peut feuilleter quelques pages chez Ombres Noires.
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Infiltrée
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par John Connor Edition : Broché |
| Prix : EUR 6,84 |
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4.0 étoiles sur 5
200% adrénaline, 2 avril 2013
John Connor nous aura valu quelques heures stressantes, des moments haletants, quasi une ou deux nuits blanches, et même de louper la station de métro (ou presque : heureusement les parisien(ne)s développent quelques réflexes cérébrospinaux). Car une fois ouvert ce piège, impossible de reposer la liseuse. C'est du thriller 200% adrénaline. Méchants tueurs, très méchants, gentille dame (mais plus gentille du tout quand elle s'énerve), enlèvements, tortures, meurtres, et j'en passe, y'a même une gamine de onze ou douze ans en prime(1). Et ça démarre très fort, dès la deuxième page un mec ligoté, déjà bien amoché et bien arrosé (d'essence, ça va sans dire), se fait défenestré en flammes. Le ton est donné. Et le rythme ne baissera pas tout au long du bouquin. Mais ça encore, c'est rien, on a l'habitude et c'est plus ça qui fait le bon bouquin. Non l'astuce de Connor qui double la mise et le stress, c'est que le lecteur plongé brutalement et sans explication en pleine guerre des gangs n'y comprend rien ! Aucun des personnages n'est celui qu'on croit ! Les méchants sont peut-être des gentils mais redeviendront peut-être des méchants quand même. Et inversement. Faut dire que l'héroïne (Karen ? Sarah ?) est une infiltrée, c'est -à-dire qu'elle fait semblant d'être ce qu'elle n'est pas pour mieux piéger des vilains qui font semblant de ne pas être ce qu'ils sont. Alors même si le style ne mérite pas de réveiller Victor Hugo, on dévore ce thriller à toute allure : à la fois pour en finir avec les atrocités dont certains font l'objet(2) (100% adrénaline) mais aussi et surtout pour savoir finalement qui est qui (+100% adrénaline) : 100% efficace ! (1) - fort heureusement, l'auteur évite le mélo larmoyant avec la gamine qui s'avère encore plus Lara Croft que sa mère - mais faut dire qu'elle a été à bonne école (2) - genre égorgement dans un abattoir à moutons, par exemple
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5.0 étoiles sur 5
Pêche à demi-mots, 17 mars 2013
Chic. Voilà un nouvel auteur espagnol qui vaut le détour par la lointaine Galice, perdue tout au bout de la péninsule, à la fin de la terre, entre les eaux du ciel et de l'océan La plage des noyés : comme le titre l'indique, Domingo Villar nous livre le cadavre d'un pêcheur noyé, échoué sur la plage. Certes, ce n'est pas le premier dans ces contrées où les pêcheurs ont tous perdu un frère, un oncle, un ami dans les naufrages en mer. Mais ce noyé-là a les mains attachées ... Et certains pêcheurs évoquent déjà à demi-mots le fantôme du capitaine Sousa, noyé avec son bateau douze ans plus tôt ... Le cadavre d'aujourd'hui faisait partie des rescapés d'hier. Au fil des non dits et des silences, l'inspecteur Caldas mène son enquête au ralenti tout en essayant de faire parler les marins du coin. Il aurait presque des allures d'Adamsberg même si le ton est moins à la rigolade que chez Vargas (il est même rendu hommage à la dame). Le père de Caldas, lui, a tout largué pour la culture de la vigne (voir Les ignorants) et tient soigneusement à jour le livre des crétins, une sorte de répertoire des pires imbéciles de la région. L'adjoint de Caldas, c'est Estevez, un gars qui n'est pas du coin et ne croit ni au retour des fantômes ni à la vertu de la patience : il vient d'Arragon, bref c'est une sorte d'alien en Galice. On se laisse donc balader lentement dans les ports de Galice accrochés aux basques de ce tandem mal assorti. Et les dialogues laborieux avec les taiseux du coin sont autant de tranches de gâteau à déguster lentement : Au fil des chapitres et des rencontres, le lecteur attentif devient peu à peu expert en parler-galicien, ce langage étrange où l'on répond à une question par une autre. Le plus curieux étant que visiblement ces gens-là se comprennent et que peu à peu l'enquête avance, mais si. Voilà donc quelques heures assurées de belle lecture, assis sur les galets de la plage, sous la pluie.
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5.0 étoiles sur 5
Sur les terres cherokee ..., 19 février 2013
Belle découverte que cet auteur américain Ron Rash, avec Un pied au paradis. Et comme il s'agit de son premier roman, ça nous promet quelques heures de bonheur à venir. Ron Rash écrit sur les terres sauvages de l'Amérique et il aurait tout à fait sa place chez un éditeur comme Gallmeister aux côtés de William G. Tapply ou Craig Johnson, parmi les auteurs de nature writing. Alors comme c'est disponible en poche, faut surtout pas se priver ! Un pied au paradis nous emmène en Caroline du sud, aux débuts des années 50, lorsque les soldats à peine démobilisés reprenaient leurs cultures ... Nous voici donc sur les terres cherokee, des terres qu'une compagnie électrique va bientôt inonder : chronique d'une fin annoncée, façon déluge, façon jugement dernier. La montée des eaux est propice à l'oubli ... Sauf qu'il y a des choses qu'on a bien du mal à oublier. Et c'est un peu la mémoire des uns puis des autres qui remonte à la surface puisque le roman se construit à cinq voix, chacun donnant sa version et un peu plus de vérité à chaque fois : ça commence par presque la fin avec la voix du shérif qui cherche un disparu, renifle un meurtre, soupçonne un assassin mais ne trouve pas de cadavre ... Ensuite ce sera la voix de la femme, puis elle du mari, ... Tout au long du récit, alors qu'on s'enfonce dans les mémoires, dans les vies et l'histoire de ces fermiers des terres du sud, la montée annoncée des eaux du barrage résonne comme le refrain d'un chœur antique. Alors il faudra bien que les derniers fragments de mémoire remontent à la surface ... Un polar remarquablement construit, une écriture forte et droite, un bon moment de lecture. Vivement le prochain bouquin de Ron Rash.
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5.0 étoiles sur 5
Du vin et des bulles, 12 février 2013
On a déjà dit tout le bien qu'on pensait d'Etienne Davodeau et de ses BD, humbles et touchantes. Le voici qui récidive avec Les ignorants, sans doute la meilleure de ses oeuvres avec Lulu femme nue. La recette est connue : un dessin tout en douceur, une profonde humanité et une histoire ordinaire de gens ordinaires. Sauf que là, les deux personnages ne sont pas tout à fait tout à fait ordinaires : l'un est viticulteur en Anjou, élevant avec amour et professionnalisme ses vignes et son vin blanc. L'autre, c'est Etienne Davodeau lui-même. Le viticulteur ne connaît rien à la BD. Le dessinateur ne connaît rien à la vigne. Alors pendant un an ils vont se faire découvrir, l'un l'autre, leurs deux univers (ah encore une histoire vraie !). Et c'est cette découverte réciproque que raconte l'album. Avec eux, on apprend plein de choses sur la vigne et le vin. Avec eux, on apprend plein de choses sur les albums de BD. Et on apprend plein de choses sur la profonde humanité qui relie ces deux amis. Comme d'habitude la magie Davodeau opère : qu'on soit fan ou ignorant de BD, qu'on soit amateur ou néophyte en oenologie, tout le monde tombe sous le charme de cette histoire ordinaire. Un très bel album à conseiller à ceux qui aiment le vin, la BD ou qui sont ignorants.
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3.0 étoiles sur 5
L'argent ne fait pas le bonheur, 22 janvier 2013
Disons le tout de go, on est bien loin du livre de l'année que pourraient laisser accroire certains blogs et revues. La liste de mes envies frise l'engouement médiatique surfait. On songe inévitablement à Muriel Barbery mais la prose (savamment écrite) de Grégoire Delacourt n'est pas suffisamment affectée pour nous hérisser et ça se laisse lire sans déplaisir aucun. Reste une histoire convenue où la petite mercière d'Arras (c'est où déjà ?), qui tient quand même un blog pour faire branché et qui pourrait bien être une lointaine cousine de province de la concierge du Hérisson déjà cité, gagne au loto ... bof. Alors elle commence la liste des envies qu'elle pourrait bien satisfaire avec le gros lot. Re-bof. Bon, l'histoire on s'en fout, les coquetteries bobo-intello de l'auteur on s'en fout, la vague médiatique sur laquelle surfe ce bouquin on s'en fout. Reste que Grégoire Delacourt sait écrire et nous raconter une histoire. Et on souhaite vivement qu'avec ce premier succès il prenne un peu de recul et nous sorte vraiment un excellent roman. Alors oui, vous aurez deviné que Grégoire Delacourt connaît la subtilité des mots, qu'il a lu beaucoup de livres et pas qu'avec des images, qu'il aime les phrases courtes seulement quand elles sont bien tournées. Quelques pages savamment écrites qui savent profiter des modes littéraires et un petit bouquin très agréable à lire, sans prise de tête : juste le plaisir de lire, pour tous.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Boat people, 22 janvier 2013
Il faut dire et redire que le jury du Femina a souvent la main heureuse. Voici dans la rubrique Étranger le retour de Julie Otsuka dont on avait déjà beaucoup apprécié Quand l'empereur était un dieu. L'empereur racontait, après Pearl Harbor, la déportation dans les camps US des familles japonaises immigrées avant guerre : ces japs n'étaient soudain plus les bienvenus. Ce roman-ci, Certaines n'avaient jamais vu la mer, est en quelque sorte l'épisode précédent : lorsque les vagues d'immigration étaient accueillies à bras ouverts pour peupler l'ouest et dynamiser à bas prix l'économie américaine. C'est l'histoire d'un bateau de jeunes femmes venues du pays du soleil levant : mariages arrangés, photos des futurs maris au courrier postal, rêve occidental pour échapper aux rizières, ... Évidemment la déception sera grande ... brutalité conjugale, racisme latent, labeur difficile et pauvreté persistante, rien ne leur sera épargné ... Le rêve américain n'est pas pour tout le monde. Jusqu'à Pearl Harbor, la crainte de la dénonciation pour complicité avec l'ennemi, la déportation inévitable. La boucle est bouclée. Mais revenons à ces jeunes femmes qui n'avaient pas encore vu la mer avant de traverser le Pacifique. Comme avec son précédent roman paru dix ans plus tôt (celui qui est la suite, vous avez compris ?), Julie Otsuka confirme qu'elle a une plume très sûre. L'émotion est là, à fleur de mots et l'auteure déploie tous ses efforts pour maintenir la distance réglementaire. Cette fois-ci, c'est en racontant l'histoire de toutes les femmes embarquées sur le bateau, simultanément, et comme dans un choeur antique les voix de ces femmes s'élèvent pour dire ce qui devait être dit. Le procédé répétitif finit par composer une sorte de tableau impressionniste qui habilement, donne la vision d'ensemble de la vie de ces jeunes femmes perdues dans les profondeurs de l'Amérique naissante. Non contente de ce coup de maître, Julie Otsuka clôt son bouquin par un dernier chapitre très émouvant dont on vous laisse découvrir le procédé : avec la déportation dans les camps US du middle-west il suffira de quelques saisons pour que ces japonaises soient oubliées, parties aussi discrètement qu'elles étaient arrivées. Seule Julie Otsuka poursuit son travail de mémoire.
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2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
3.0 étoiles sur 5
Cold case à la danoise, 15 janvier 2013
Ça ressemble à un best-seller de gare surfant sur la vague du polar nordique. C'est en partie vrai. Vrai parce que Miséricorde, le bouquin du danois Jussi Adler Olsen raconte une histoire où l'on joue à se faire peur avec la disparition d'une jolie députée danoise, Merete Lynggaard, qui se retrouve enfermée dans une sorte de grand caisson d'isolement surcomprimé. Qui lui en veut au point de la torturer ainsi ? Un amant éconduit ? Un politicien qu'elle aurait dénoncé ? C'était en 2002. Depuis 5 ans, Merete croupit dans sa cage. Le dossier a été classé, on l'a cru disparue en mer. S'il n'y avait que ces chapitres, on ne parlerait pas de Jussi Adler Olsen ici. Mais il y a l'autre volet du bouquin : en 2007, l'inspecteur Carl Mørck échappe de peu à une fusillade. Ses deux collègues n'ont pas eu sa chance. Il aurait peut-être pu réagir un peu plus vite et les sauver ? Déjà que Carl Mørck n'était pas un compagnon bien agréable avant, désormais il est odieux avec ses collègues. Traumatisé par la fusillade, il déprime. Pour cuver sa peine, le voici donc relégué au sous-sol avec de vieux dossiers classés à ré-ouvrir, histoire de redorer le blason de la police aux yeux des politiques et d'obtenir des subventions supplémentaires. Bien sûr, le dossier sur le haut de la pile est celui de Merete Lynggaard disparue 5 ans plus tôt. Et le lecteur futé se doute bien que les deux histoires vont finir par se rejoindre. Mais Carl est affublé d'un aide à tout faire : Hafez el Assad, un pseudo-réfugié syrien (!) qui cuisine des beignets dans le bureau de Carl le bougon. Ces deux-là forment une paire impayable. Et originale. Assad ne se contente pas de laver par terre et de faire la cuisine, il conduit aussi la voiture comme Samy Naceri dans Taxi, il connaît les filons pour décoder les faux-papiers plus vite que la scientifique et surtout il décrypte les affaires plus vite que Carl ! Ah, j'oubliais, auprès des femmes il a aussi plus de succès que Carl le maladroit. L'humour féroce de Jussi Adler Olsen décoiffe et égratigne ses compatriotes au passage. Un bouquin qu'on ne lâche plus dès qu'on a eu le malheur (bonheur ?) de l'ouvrir. Heureusement, tout au long du livre, les affreux collègues de Carl le bougon ont déposé tout plein de dossiers mal ficelés sur son bureau du sous-sol : on espère qu'il va bientôt en rouvrir un autre !
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Délivrance
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par Jussi Adler-Olsen Edition : Broché |
| Prix : EUR 21,75 |
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8 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile
2.0 étoiles sur 5
Réchauffé ..., 9 janvier 2013
On avait découvert le danois Jussi Adler Olsen avec le premier épisode : Miséricorde. On a sauté le n° 2 (Profanation) et voici le troisième de la série : Délivrance. La recette est la même et l'effet de découverte ne joue plus. J.A. Olsen reprend les mêmes ingrédients et nous ressert le même plat : une vieille histoire date de plusieurs années et ne semble toujours pas terminée(1), pendant que le tandem composé de Carl Mørck et de son assistant syrien traîne toujours dans les sous-sols de l'hôtel de police et tente de classer les vieux dossiers. J.A. Olsen en rajoute même encore un peu avec une punkette façon Lisbeth(2) : ça avait super bien marché chez son voisin suédois, alors pourquoi ne pas reprendre ce truc ? Bref, l'auteur a gentiment pris tout ce qui traînait dans son frigo et même dans celui du voisin pour faire sa tambouille. Mais le chef ne semble guère inspiré cette fois-ci : Carl Mørck semble s'ennuyer à mourir et nous avec, les épices qu'apportait l'amusante relation avec le syrien Hafaz-el-Assad sont éventés et l'auteur ne semble pas savoir comment accommoder sa punkette (vous verrez pourquoi, on ne vous dit rien, juré). Reste qu'on s'aventure encore un peu plus dans le monde fanatique des sectes religieuses de ces pays nordiques qu'on connait si mal : c'est visiblement un thème récurrent de tous ces polars sudéois, norvégiens et donc ici danois. Un nouvel épisode à réserver à celles et ceux qui sont devenus fans de la série. Les autres pourront se contenter du premier opus. ________________________________________ (1) - cette fois, c'est un vieux message qui réapparait dans une bouteille à la mer alors qu'un tueur en série rôde toujours ... (2) - visiblement apparue dans l'épisode n° 2 (Profanation), qu'on n'a pas lu Pour celles et ceux qui aiment les tueurs en série danois.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Conte de la folie ordinaire, 28 décembre 2012
Viviane Élisabeth Fauville sort de chez son psy en courant : elle vient de l'assassiner et elle doit récupérer le bébé qu'elle a laissé dormir dans le tiroir de la commode de sa chambre d'hôtel. Voilà, ce pourrait être le résumé de cette petite histoire étrange que nous conte Julia Deck. Parce qu'il faut dire que Viviane Élisabeth Fauville est un peu givrée, un peu fêlée, et qu'elle donnera du fil à retordre à la police qui va peiner à démêler le vrai du faux. Et tout comme la police, le lecteur va se faire balader ... Avec cette écriture sèche, à la précision entomologique, qui épingle la folie ordinaire et marque la distance sans rien épargner du fin fond de l'âme. Avec cet usage étrange des pronoms qui met d'emblée le lecteur dans la peau de Viviane (vous ...) et puis qui vous en éloigne (elle ...) et qui nous en rapproche à nouveau (nous ...). Qui donc est Viviane Élisabeth Fauville ? Folle ou pas ? Elle ou nous ? Déjà plus mariée, pas vraiment mère, pratiquement sans boulot, Viviane Élisabeth Fauville erre en désordre dans Paris. Un premier roman très réussi, publié par les prestigieuses Éditions de Minuit où sévit également Échenoz dont on parle souvent et qu'on aime beaucoup : on verrait bien Julia Deck en petite soeur d'Échenoz. Pour celles et ceux qui aiment les histoires de fous.
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