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Contenu rédigé par BMR
Classement des meilleurs critiques: 378
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Commentaires écrits par
BMR "Les coups de coeur de BMR" (Paris, France)
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Corrosion
Corrosion
Prix : EUR 11,99

3.0 étoiles sur 5 [...] Oui, mes amis, l’enfer vous attend sûrement., 1 mai 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Corrosion (Format Kindle)
Avis mitigé pour ce Corrosion, premier roman noir de l'américain Jon Bassoff .
Ça commence plutôt bien, et il ne faut que quelques pages à Jon Bassoff pour précipiter sur le grill les quelques ingrédients qui sont indispensables pour vous faire péter un BBQ infernal.
Le marine désœuvré, la nana trop sexy et son vieux con de mari qui la cogne. Le tout au fond du fond d'un trou paumé en pleine cambrousse, là où le facteur ne sonne sûrement pas deux fois.
Le trio maudit qui vous garantit un feu d'enfer.
C'est l'histoire d'un mec, ancien marine désœuvré, de retour d'Irak, la gueule salement défigurée.
Il roule. Le pick-up tombe en panne.
Il fait soif. Le barman lui sert une bière.

[...] Et puis il vit mon visage et dit, ah merde.

Une nana entre à son tour.

[...] C’était une ivrogne, une mauvaise fille, mais elle me rappelait quelqu’un d’un passé lointain.

Elle n'est pas seule et même plutôt mal accompagnée. Par une brute. Qui la cogne. Le marine s'en mêle et s'emmêle. Le scénario est connu et Jon Bassoff maîtrise parfaitement ses classiques.
C'était l'histoire de Joseph Downs.
Et puis à mi-chemin, l'auteur se met à nous raconter une autre histoire, quelques années auparavant, celle du jeune Benton Faulk, dont le père élève des rats dans la cave pour trouver le remède miracle supposé guérir la mère (ah vous pensiez jusqu'ici avoir eu des parents toxiques ?).
On se doute bien qu'il doit y avoir un lien entre le marine défiguré et le jeune homme pas gâté.
Voire même avec ce prédicateur qui arpente les rues en prêchant la fin du monde.
Cette Corrosion semble être le lien un peu mystérieux entre tous ces personnages ...
Mais ...
Finalement on ne sait pas trop quelle histoire veut nous raconter Bassoff et laquelle de ces deux nouvelles mérite notre attention.
Il en fait des tonnes dans la première partie, vraiment too much, la seconde moitié semble plus maîtrisée. Et puis on se prend à lire en diagonale les quelques délires psychotiques du marine, lorsque les muridés trop entreprenants viennent envahir le récit.
Un roman inconfortable (c'est certainement voulu), étrangement construit, pour une vision bien dérangeante de notre monde rongé par toutes sortes de poisons.
Mais certainement un auteur à suivre.


L'art d'écouter les battements de coeur (Romans étrangers)
L'art d'écouter les battements de coeur (Romans étrangers)
Prix : EUR 6,99

5.0 étoiles sur 5 [...] Ces gens-là croyaient qu’on voyait avec les yeux. Qu’on couvrait de la distance avec des pas., 1 mai 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'art d'écouter les battements de coeur (Romans étrangers) (Format Kindle)
Si nous n'avions pas en tête un prochain voyage en Asie du sud-est et en Birmanie, on n'aurait sans doute jamais téléchargé ce titre aux faux airs d'arlequinade : L'art d'écouter les battements de cœur.
L'allemand Jan-Philipp Sendker cache bien son jeu qui fut longtemps correspondant pour le Stern dans ces contrées lointaines aux parfums d'encens et aux sonorités zen.
Avec ce premier roman, il embarque ceux qui veulent bien le suivre dans ce qui est tout à la fois un beau voyage exotique, une superbe histoire d'amour, un conte magique et philosophique.
L'histoire du crocodile qui protégeait les amours du prince et de la princesse, l'histoire de la jeune infirme dont le chant guérissait et bien entendu l'histoire du moinillon aveugle qui entendait les battements des cœurs autour de lui.
Dépaysement total et ambiance zen.
Notre guide s'appelle Julia, une avocate américaine, archétype de l'occidentale qui, comme le lecteur, va se retrouver sur une autre planète.
Tout comme nous, Julia fait partie de ces gens-là,

[qui] croyaient qu’on voyait avec les yeux. Qu’on couvrait de la distance avec des pas.

Son père d'origine birmane avait mystérieusement disparu il y a quelques années, abandonnant brusquement tout, carrière brillante, position sociale enviée et famille bcbg.
Julia retrouve une vieille lettre d'amour adressée à une mystérieuse Mi Mi, 38 Circular Road, Kalaw, État de Chan, Birmanie [entre Mandalay et le lac Inle].
Nous voici donc partis en sa compagnie dubitative et sceptique, sur les traces de ce père mystérieux, certainement parti rejoindre son amour de jeunesse.
Arrivée à Kalaw, elle fera la rencontre de U Ba qui semblait l'attendre et qui va lui raconter toutes ces histoires, l'histoire de son père, son histoire.
On ne vous en dit pas plus pour vous laisser entier le (grand) plaisir de la découverte pas à pas, page après page, de cette histoire merveilleuse qui nous emporte loin des rivages habituels.
Une histoire d'Amour avec un grand A, celui qui est plus fort que tout, plus fort que les crocodiles et les distances. Rassurez-vous c'est loin d'être une romance à l'eau de rose de fleur de lotus et certains passages sont même assez rudes : la vie en Birmanie n'est pas toujours facile.
Mais avec sa tête rasée de moine zen, Sendker réussit à nous laisser entrevoir une petite part de cette pensée orientale si différente de la nôtre, lorsque ce que nous appelons (faute d'autres concepts) le respect des conventions sociales ou encore le détachement des contingences matérielles rend certains comportements totalement incompréhensibles à nos yeux occidentaux.
Une belle et grande histoire d'amour, à très haute teneur en spiritualité qui ravira littéralement ceux qui veulent bien laisser leur âme voyager là-bas mais qui ennuiera sans doute ceux qui croient
qu’on voit avec les yeux. Qu’on couvre de la distance avec des pas.


Une sale affaire
Une sale affaire
Prix : EUR 12,99

2.0 étoiles sur 5 [...] à l'origine de sa faute une faute encore plus grande., 1 mai 2016
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On avait placé beaucoup d'espoirs dans une nouvelle série italienne découverte avec le commissaire Bordelli et Marco Vichi.
Florence, les années 60 (juste après-guerre), un commissaire nonchalant que l'on espérait voir arriver presque à la hauteur d'un certain Adamsberg bien connu de nos services ...
On a donc attaqué ce second épisode avec allant.
Pour y retrouver avec plaisir le commissaire, son fidèle adjoint Piras, son amour platonique Rosa, son cuisinier préféré Batto, sans oublier un légiste original (le signor Diotivede).
Des jeunes filles sont retrouvées assassinées, cruellement mordues.
Mais l'enquête piétine, les suspects ne se bousculent pas au portillon, le commissaire et son adjoint tournent en rond ...
Nous sommes habitués des enquêtes qui piétinent, des intrigues qui avancent à petits pas et qui laissent au lecteur tout le temps de découvrir le contexte et le décor : d'autres pays, d'autres villes, d'autres époques, d'autres coutumes, d'autres cultures, ...
Mais là franchement, la nonchalance du commissaire Bordelli atteint des sommets.

[...] « Je voudrais coincer ce type avant qu'il en tue une autre », dit-il avec amertume en pressant les doigts sur ses tempes. Son impuissance l'insupportait.

Et nous aussi, cela commence à nous insupporter.
Bien sûr il y a le décor de l'intrigue, une histoire policière fortement ancrée dans celle de l'Italie fasciste et des années sombres vécues avec le grand frère allemand un peu envahissant avec son cortège d'horreurs.
On songe parfois à Philip Kerr mais malheureusement ce n'est pas tout à fait en faveur de Marco Vichi.
Bref, pas mal de déceptions pour ce second épisode des aventures du commissaire florentin.


Le Lagon noir
Le Lagon noir
Prix : EUR 13,99

2.0 étoiles sur 5 [...] Son intérêt pour ceux qui jamais ne revenaient., 1 mai 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Lagon noir (Format Kindle)
Reconnaissons à l'un de nos auteurs préférés, l'islandais Arnaldur Indridason, le talent et l'originalité d'avoir su redonner un nouveau souffle à la saga policière de son notre commissaire fétiche, Erlendur.
Un flic usé et désabusé, que l'on connaissait trop bien, c'est le lot de toutes les séries à rallonge et des ficelles trop usées à force d'avoir été tirées.
Là où d'autres auraient cherché une suite avec une retraite méritée ou un dauphin méritant, Indridason a choisi de nous ramener en arrière, lorsqu'Erlendur débutait sa carrière, un peu à la manière des préquels en vogue au cinéma.
C'est aussi l'occasion pour l'auteur de nous faire (re-)vivre le passé de son île et les années 70-80.
Ajoutons à cela, la mise en avant d'un autre flic que l'on croyait connaître, Marion Brem, un personnage mystérieux dont aucun accord malencontreux ne viendra nous indiquer s'il s'agit d'un homme ou d'une femme. Une coquetterie littéraire dont Indridason est friand depuis son fameux Bettý.
Les lecteurs français s'étaient laissés abuser depuis des années par ce prénom aux sonorités francophones mais qui gardait tout son mystère en Islande ... puisque le prénom Marion vient de Norvège.
Donc, une seconde jeunesse pour Erlendur, un personnage au genre inconnu, le passé islandais ...
Voilà les ingrédients de la nouvelle série.
Malheureusement c'est un peu maigre. Indridason semble avoir levé la plume et parait bien peiner à mettre en place ses 'nouveaux' personnages : les premiers épisodes du préquel sont un peu poussifs, surtout après les sommets atteints par la 'suite' lue auparavant.
Et ce n'est malheureusement pas encore ce Lagon noir qui relèvera le niveau, d'autant qu'Indridason nous prend plus d'une fois pour des demeurés et nous assène quelques explications pédagogiques un peu lourdingues (la fillette dans le bac à sable, ...). Peut-être s'agit-il de donner quelques clés à une nouvelle génération de lecteurs ?
Cette fois encore il sera question de la base américaine implantée en Islande pendant la guerre froide (rappelez-vous L'opération Napoléon) et d'une double enquête : d'un côté, un cadavre retrouvé dans un champ de lave, dans les environs de cette base militaire US (trafic ? espionnage ? règlement de compte ?).
Et de l'autre, la mystérieuse disparition d'une jeune fille, il y a plus de trente ans, un dossier qui titille déjà les démons naissants d'Erlendur qui entend bien ré-ouvrir le dossier.
Paradoxalement (en fait, non) l'enquête principale (celle autour de la base US) perd de son intérêt au fur et à mesure que Marion et une fliquette américaine assez peu crédible progressent dans leur enquête. De l'autre côté on en vient à se laisser prendre par la quête obstinée et obsessionnelle d'un Erlendur taraudé par le mal des disparitions mystérieuses, un sujet qui finira par envahir son monde.
Mais notre bienveillance envers cet auteur préféré commence à s'émousser et il faut vraiment qu'Indridason redresse la barre s'il ne veut pas s'échouer sur les côtes islandaises.
Les fans en profiteront pour apprendre plein choses sur le passé de la petite île et toujours cette épine dans le pied islandais, cette base américaine qui suscitait à la fois envie (dans les années 60-70 !) et aversion.
Pour celles et ceux qui aiment vraiment Indridason.


Le pacte du petit juge
Le pacte du petit juge
par Mimmo Gangemi
Edition : Broché
Prix : EUR 21,50

4.0 étoiles sur 5 [...] L'affaire était morte et enterrée., 25 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le pacte du petit juge (Broché)
Après la déferlante scandinave, le temps serait-il venu de la vague italienne ?
À en croire nos lectures depuis quelques mois, c'est peut-être le cas.
Antonio Manzini, Marco Vichi, de Cataldo, de Giovanni, Gianrico Carofiglio, ... depuis deux ans les coups de cœur s'empilent sur l'étagère des polars venus de la botte méridionale.
Cette fois, c'est encore plus au sud, en Calabre où règne la 'Ndrangheta, la mafia locale, que nous emmène Mimmo Gangemi avec son deuxième polar : Le pacte du petit juge.
La prose de Gangemi est riche et ronflante, gorgée d'huile d'olives, goûteuse et charnue.
Autant dire qu'on est à l'antipode méridional de la prose sèche et efficace auxquels bon nombre d'auteurs anglo-saxons nous ont habitués. Pas question ici bas de tourner les pages à vive allure.
En Calabre, on prend son temps pour écrire.
Tout comme pour conclure une affaire, croupir en prison, enterrer un dossier ou ruminer une vengeance.
Un juge est assassiné au bas de chez lui. Les risques du métier en cette région ?
Peut-être, mais deux de ses amis ne l'entendent pas ainsi. Son collègue Alberto Lenzi va reprendre l'enquête.
Bref, le juge Lenzi est l'homme idéal à qui confier une affaire dont on souhaite qu'elle reste enterrée (et c'est le cas de le dire) et qu'elle ne voit jamais le jour.
D'où l'amère déception de ses supérieurs après quelques chapitres ...

[...] Comment aurait-il pu imaginer qu'il se mettrait à déployer de soudaines compétences au lieu de rester égal à lui-même ? Il avait découvert le dépôt de scories radioactives, arrêté des coupables, et trouvé Dieu sait quoi d'autre encore.

Une affaire de déchets. Toxiques.
L'affaire et les déchets sont toxiques.

[...] Et du plomb, il fallait s'attendre à ce qu'il y'en ait.

L'intrigue est simple, voire même un peu convenue, mais la prose de Gangemi est ronflante et savoureuse et ses personnages sont particulièrement épais (paradoxalement, c'est le juge Lenzi auquel on a le plus de mal à s'intéresser). On est passé à deux doigts du coup de cœur.
Pour celles et ceux qui, depuis Fukushima, aiment les histoires radioactives.


Condor
Condor
Prix : EUR 13,99

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 [...] Hostile. Le monde était devenu hostile., 10 avril 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Condor (Format Kindle)
Notre auteur national d'ethno-polars Caryl Férey, continue son tour d'Amérique du Sud et après son Mapuche argentin, nous emmène au Chili où l'on se doute qu'avec un tel guide, ce ne sera certainement pas une promenade de santé.
Il sera encore question ici d'indiens mapuche et bien sûr du sombre passé d'un pays qui a bien du mal à gérer l'héritage de violence économique et sociale : Caryl Férey a convoqué les dictatures et la tristement célèbre Opération Condor [clic] qui sert de décor à un thriller très actuel.
En fait, Caryl Férey convoque un peu tout de le monde et nous sert un best-of d'empenadas à la chilienne.
Plusieurs passages nous évoqueront par exemple Les évadés de Santiago ou encore le No du référendum.
Sans compter que ça démarre à la Zulu avec de pauvres gosses d'un bidonville décimés par une nouvelle drogue et que la cavale qui s'ensuivra rappelle bigrement celle de Mapuche. Autant dire que les empenadas sentent un peu le réchauffé.
Ajoutons à cela qu'au fil des années, la prose de Férey se fait de plus en plus prétentieuse et alambiquée : le vol de ce Condor multiplie les passages en voltige, au style pompeux gorgés d'effets ampoulés ou au lyrisme poétique qui finissent par irriter.
Et puis soudain, au détour d'un chapitre, comme si l'oiseau se laissait rattraper par la puissance et la violence de son histoire, on plonge en piqué pour un thriller prenant et efficace : Caryl Férey n'a pas perdu la main.
Un bouquin très inégal qui n'apporte finalement rien de bien nouveau depuis Mapuche.
Une déception après les auteurs chiliens lus récemment comme Boris Quercia ou Ramón Díaz Eterovic.
Ah, petit coup de cœur personnel pour la fin du parcours qui emmène le lecteur jusqu'à San Pedro de Atacama, au bord du désert trop salé du même nom pour un final aux allures de western.
Comme d'habitude avec cet auteur : pour celles et ceux qui aiment voyager, y compris dans le passé récent.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 19, 2016 9:02 PM MEST


Gravesend
Gravesend
Prix : EUR 7,99

5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 [...] Alors elle décida d’aller s’encanailler au Wrong Number., 10 avril 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Gravesend (Format Kindle)
Les éditions Rivages/Noir ont décidé de fêter leur millième numéro avec un ... premier roman, celui d'un auteur américain encore méconnu : William Boyle.
On aime bien ces bouquins noirs où des personnages malchanceux sont emberlificotés dans des histoires implacables, lorsqu'un destin fatal les entraîne, quoiqu'ils fassent (et en général, ils ne font qu'aggraver les choses) sur une pente inexorable.
À Gravesend, quartir sud de Brooklyn, les personnages de William Boyle font partie de la même cohorte de toux ceux qui se retrouvent au mauvais endroit, au mauvais moment pour de mauvaises rencontres, tous ceux qui n'ont pas tiré une carte chance, mais plutôt un mauvais numéro à la grande loterie.

[...] Le moment tant attendu arrive. C’était probablement écrit que ça devait se dérouler comme ça.
[...] Elle regrettait de ne pas être née ailleurs qu’à Brooklyn, qu’à Gravesend.
[...] Alors elle décida d’aller s’encanailler au Wrong Number.

Pour réussir la recette, quelques ingrédients de base sont nécessaires, faciles à trouver dans tout mauvais quartier.
Un décor sinistre.
[...] Des bourgades affublées du genre de noms qu’on donnerait à son chien : Monroe, Chester.

Un vieux drame jamais pardonné.
[...] Ça n’a rien d’involontaire. C’est un meurtre pur et simple. Je ne vais pas te dire que je suis désolé et que je voudrais pouvoir revenir en arrière. Ça ne servirait à rien.

Quelques personnages qu'un sombre passé pousse à la dépression.
[...] Non, il abandonnerait, c’est tout. Devant la télé, il arrêterait de respirer.

Et d'autres qu'un sombre passé pousse à des jeux plus dangereux.
[...] Elle repensa à Conway arrachant le fil du socle du téléphone. On aurait dit un gamin piquant une crise, avec en plus quelque chose de réellement psychopathique dans le regard.

Le mélange demande quelques précautions et il faut touiller lentement, toujours dans le même sens fatidique.
William Boyle (pas facile comme patronyme !) a choisit des ingrédients classiques : un mauvais coin de Brooklyn, un gars qui sort de taule, un autre qui rêve de vengeance et une fille trop belle pour le quartier.
Malheureusement notre jeune cuistot n'y est pas allé avec le dos de la main morte et il en fait des kilos et il en rajoute des louches dans le genre loser paumé.
Peu à peu les personnages (pourtant bien campés) perdent humanité et vraisemblance et finalement s'éloignent de nous.
Dommage, car on a bien senti que le service pouvait être de qualité.
On mettra cela sur le compte du manque de maîtrise d'un premier roman, de l'enthousiasme d'un marmiton qui a voulu rendre hommage aux grands chefs, et on espèrera que le coup de projecteur offert par Rivages/Noir donnera à cette nouvelle cuisine l'élan nécessaire pour une suite qui méritera toute notre attention.
Pour celles et ceux qui aiment les losers.


Au coeur de Fukushima, tome 1
Au coeur de Fukushima, tome 1
par Kazuto Tatsuta
Edition : Broché
Prix : EUR 9,90

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Zone interdite., 8 avril 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Au coeur de Fukushima, tome 1 (Broché)
On se plaint souvent que les auteurs et les dessinateurs aient du mal à vivre de leur art.
Mais parfois cela a du bon ... comme ce fut le cas de ce gars (appelons le Kazuto Tatsuta, c'est un pseudo) qui dû partir gagner sa croûte dans les décombres de la centrale de Fukushima.
Bonne pioche avec ce manga étonnant qui est une sorte de journal de bord des jours passés par un travailleur ordinaire Au cœur de Fukushima.
Le parti pris très original de ce journal graphique (et qui en fait toute la saveur) est que justement, il n'y a pas de parti pris.
Alors qu'on pouvait légitimement s'attendre à un pamphlet antinucléaire de plus ... et bien non.
Celui qui se cache derrière Kazuto Tatsuta se contente de décrire de manière minutieuse, factuelle, ordinaire, quotidienne, répétitive, les conditions et le travail routinier de ces ouvriers qui sont chargés de démanteler, démembrer, désosser, décontaminer les décombres de la centrale dévastée par le tsunami du 11 mars 2011.
Des ouvriers attirés par le salaire (pas toujours mirobolant) ou tout simplement un travail.
Des ouvriers soucieux de leur protection contre les radiations.
Des ouvriers conscients de la nécessité du travail qui est le leur.
Tatsuta nous décrit un monde étrange faits de masques, de cloisons, de calfeutrages et de combinaisons qui nous laisse un goût amer car il pourrait bien préfigurer ce qui attend beaucoup de monde dans quelques années lorsque les radiations auront envahi des zones bien plus étendues que Fukushima ou Tchernobyl. Brrr...
Bien sûr l'auteur évoque la pyramide des sous-traitants qui permet certainement quelques entorses aux règlements et aux contrôles, bien sûr l'auteur évoque quelques 'légendes urbaines' qui courent sur ce qui se passerait (ou pas) dans ces lieux méphitiques. Mais ce qui l'intéresse (et donc ce qui nous passionnent, nous lecteurs occidentaux) c'est son point de vue très nippon sur ces travailleurs qui, comme lui-même, sont venus débarrasser le pays de ce qu'il faut bien déblayer : pas tout à fait des héros mais des hommes salués par leur compatriotes, conscients de leur rôle après le désastre.
Ce regard très japonais (et très instructif) sur le devoir et le travail pourrait même conduire certains lecteurs à prendre cela comme presque de la propagande.
Mais non, Tatsuto évoque bien quelques critiques envers Tepco mais ne cherche pas à s'étendre pas sur les causes et les origines qui ont conduit à la catastrophe : son regard est uniquement concentré sur le travail d'aujourd'hui, d'après la catastrophe.
Un travail nécessaire.
Un travail auquel se sont attelés quelques travailleurs ordinaires, quelques travailleurs comme lui.
Un complément en images au roman de Thomas B. Reverdy qui évoquait les mêmes lieux maudits.
Pour celles et ceux qui aiment savoir ce qui se passe derrière les murs.


Froid comme la mort
Froid comme la mort
Prix : EUR 14,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 [...] Tu sais quoi, Italo ? Les femmes ne devraient pas vieillir., 8 avril 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Froid comme la mort (Format Kindle)
Coup double.
Après un premier coup de cœur l'an passé avec Piste noire, Antonio Manzini récidive avec ce Froid comme la mort, deuxième enquête du commissaire, pardon : du sous-préfet Rocco Schiavone.
Et c'est avec graaaand plaisir que l'on retrouve cet italien bougon et sympa, toujours chaussé de ses Clarks trempées, aussi peu adaptées que lui (qui vient de Rome) au rude climat de la vallée d'Aoste.
Cette fois, on en apprendra un peu plus sur le passé de Rocco Schiavone et notamment sur la mystérieuse affaire romaine qui lui a valu de se retrouver exilé dans ces vallées de montagne qu'il exècre, comme une sorte de Hasbrouck italien.
Comme il se doit, l'affaire commence avec la découverte d'un cadavre, celui d'Ester, une femme pendue chez elle et que 'on' aurait peut-être bien aidée à se pendre.
On ne vous en dit pas plus sur l'enquête : il faudra se montrer patient et obstiné, à l'image du sous-préfet Schiavone qui, une fois de plus, en dépit de ses supérieurs et de ses subordonnés, réussira à dénouer les fils de l'intrigue ... dans un cimetière en présence d'un curé (décidément ! rappelons que l'enquête précédente se terminait également avec un curé mais dans une église ! c'est l'Italie sans doute).
À moins qu'un retournement de dernière minute ne vienne encore tout chambouler ?
Disons juste qu'il sera question de violences faites aux femmes.

[...] Je n’accoucherai jamais. Parce que ce sera une fille. Et elle ne le mérite pas. Sa mère suffit.
[...] Il n’existe pas de crime parfait. Vous savez pourquoi ? Parce qu’ils ont été commis. Ça suffit. Au mieux il existe des coupables très chanceux.

Comme dans tout bon polar, l'enquête policière n'est là que comme un référentiel de codes auxquels se conforment les personnages et le roman.
On n'est pas venus jusque dans la vallée d'Aoste pour trembler sous le couteau d'un serial-killer mais juste pour le plaisir de fréquenter cet infréquentable Rocco Schiavone, veuf toujours inconsolable.
Et pour apprécier la prose humaniste et l'humour finaud de Manzini qui nous donnera quelques très belles pages sur les femmes.
Si vous ne connaissez pas encore le sous-préfet Rocco Schiavone, précipitez-vous sur ces deux savoureux épisodes préparés par le dottore Antonio Manzini.
Pour celles et ceux qui aiment les femmes, italiennes ou pas, jeunes ou pas.


Fabrika
Fabrika
par Cyril Gély
Edition : Broché
Prix : EUR 19,50

1 internaute sur 3 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 [...] J’ai eu ma part de tristesse dans ce monde. Que chacun ait la sienne !, 31 mars 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Fabrika (Broché)
Voilà un bouquin qui ne prétend pas trôner sur l'étagère des polars : écriture, intrigue, style, ... tout cela est indexé sur le minimum syndical.
Le héros est une sorte de Bob Morane moderne, reporter-photographe de guerre, un dur, un homme, un vrai qui n'hésite pas à laisser femme et enfant là où ils doivent être, même si c'est avec du remords et des états d'âme quand même hein, aujourd'hui c'est obligatoire et le temps de Bob Morane n'est plus.

[...] Il ne faut pas que je m’évanouisse. S’évanouir, c’est mourir. Machinalement, je dessine mon groupe sanguin sur mon front. Un vieux réflexe qui m’a sauvé la vie plus d’une fois.

Sans crainte du ridicule, notre héros baroudeur explore l'Europe, de Kiev à Prague en passant par Budapest. Et Cyril Gely nous inflige même les évitables pages du guide du routard, avec le tracé des autoroutes, le tarif des taxis et le prix des vignettes automobiles aux différentes frontières. Si, si.
Alors, qu'est-ce donc qui fait qu'on s'est senti obligé de suivre Charles Kaplan, reporter-photographe, dans cette galère ?
Ah, ben le sujet !
Car il est ici question du trafic d'organes qui prospère et fleurit sur les ruines et les décombres des guerres ou parfois même simplement dans les banlieues de nos pays voisins en attente de développement.
Les ukrainiens pleurent leurs proches tombés sous les bombes, les hongrois pleurent misère : la banque européenne d'organes est ouverte ! Entrez, entrez !
Voilà qui sonne comme un drôle d'écho au Lagos Lady lu il y a si peu.
Tout commence à Kiev dans les traces de Bob Morane/Charles Kaplan, photo-reporter de guerre.
Une balle perdue, notre homme est blessé, grimace à peine, boite un peu et se retrouve à l'hôpital avec une jolie docteure. Et voilà-t-y pas que des cadavres disparaissent ?
Bob Kaplan ne peut plus courir les guerres et se dit, tiens donc, et si j'enquêtais sur le trafic d'organes ? Et c'est parti.
Parti pour un périple qui nous mènera de Kiev à Prague, Budapest, Bucarest, Ankara, jusqu'à Shanghai, ... sur les traces d'une ONG aux sombres contours.

[...] Fabrika böbrekler. Je vous laisse deviner ce que cela veut dire.
Comme je reste muet, il poursuit : – L’« usine à reins ».

Si l'on accepte de passer outre l'indigence du style et de l'intrigue, l'enquête de Cyril Gely est plutôt bien menée et on l'imagine bien documentée, même si l'on espère secrètement qu'il en rajoute un peu.
Courant entre les balles des snipers sur les pas de Bob Morane, le lecteur effaré, en État de choc [le film], découvre peu à peu les ramifications de ce gigantesque trafic.
L'époque où les riches exploitaient les ressources et la main d’œuvre des plus pauvres est révolue. La mondialisation fait que désormais les riches sont encore plus riches et exploitent désormais les corps mêmes, les organes des pauvres encore plus pauvres.
On a déjà cité Lagos Lady, il faut également se rappeler Kishwar Desai. Nul doute que ce trafic va alimenter encore de nombreux romans ...
Ah j'allais oublier : il y a un petit leitmotiv tout au long du roman, un refrain qui revient régulièrement et que l'on ne comprend pas, et qui tout d'un coup va s'éclairer de façon inattendue ! Too much mais vraiment bien vu.

[...] On leur avait joué un drôle de tour.

Ça frise le second degré et l'on regrette presque que ce twist ne soit pas mieux exploité (en fait c'est lui qui justifie le bandeau sur la couverture).
Bon restons sérieux, le sujet ne prête pas à rire.
Pour celles et ceux qui aiment les histoires de docteurs.


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