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BMR "Les coups de coeur de BMR" (Paris, France)
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La malédiction du Lamantin : Les enquêtes du commissaire Habib
La malédiction du Lamantin : Les enquêtes du commissaire Habib
par Moussa Konaté
Edition : Poche
Prix : EUR 6,30

2.0 étoiles sur 5 Lamentation et déception., 17 mai 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : La malédiction du Lamantin : Les enquêtes du commissaire Habib (Poche)
Après avoir été emballés il y a quelques années par L'empreinte du renard du malien Moussa Konaté, on avait bien envie de retourner sur les rives du Niger, d'autant qu'il n'est plus question de voyager là-bas pour de vrai, en ces temps troublés.
Las, La malédiction du lamantin fut une vraie déception.
Après la subtile enquête au pays Dogon, nous retrouvons le commissaire Habib qui va enquêter près de Bamako sur des meurtres dans la tribu des Bozos, les pêcheurs du fleuve.
On retrouve l'ambiance gentiment naïve, simple et naturelle qui est un peu la marque de fabrique des contes africains. D'autant que Konaté entend bien nous faire partager quelques mythes et secrets de la culture Bozo, c'est énoncé dans le titre de la légende qui va servir de trame à l'histoire.
Une ethnie partagée entre islam et animisme ...

[...] Le Mali est un pays bien complexe. Il n’y a pas que les Dogons. Les Bozos sont tout aussi étranges. Tu as remarqué qu’il y avait côte à côte l’imam et le devin, c’est-à-dire l’islam et l’animisme, sans que ça gêne personne ? Au contraire, ça leur paraît tout naturel que l’un s’adresse à Allah et l’autre aux esprits.
[...] D’un côté, ils soutiennent que c’est Allah qui a foudroyé le chef Kouata et son épouse, de l’autre ils présentent leurs excuses à Maa le Lamantin, une divinité des eaux.

Mais cette fois la magie n'opère pas vraiment : l'intrigue est cousue de fil blanc de l'auteur se montre beaucoup trop didactique, trop explicatif et l'on ne retrouve pas les subtils sous-entendus qui faisaient le sel du voyage en pays dogon.
Konaté nous ressert même la légende des demi-frères bozo et dogon que l'on avait découverte dans l'épisode précédent !
(Il semblerait que le Lamantin fut écrit avant le Renard, mais leur parution en France serait inversée, ce qui explique peut-être la meilleure maîtrise du second qui est notre premier).
Pour celles et ceux qui aiment le fleuve Niger.


L'heure des fous (Fiction)
L'heure des fous (Fiction)
Prix : EUR 5,49

4.0 étoiles sur 5 Premier coup de fusil qui fait mouche, 17 mai 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'heure des fous (Fiction) (Format Kindle)
Excellente découverte que ce premier polar (2013) d'un auteur français : Nicolas Lebel, qui semble avoir une belle plume.
On plonge très vite dans une ambiance à la Fred Vargas (il y a des références moins flatteuses).
Tout d'abord avec une équipe de flics haute en couleurs : une rousse qui héberge un clandestin tchétchène dont elle est tombé amoureuse quand elle l'a interpellé lors d'une manif, un bodybuildé qui récite le code pénal par coeur et qui imagine que son travail de flic va jusqu'à rendre justice soi-même, un jeune stagiaire (lyonnais !) blanc-bec qui n'a jamais vu les films d'Audiard et bien sûr le commissaire Mehrlicht qui est l'âme de toute l'équipe et du bouquin.
Un vieux flic bougon, ronchon qui jure comme une troupe de charretiers et fume comme une brigade de pompiers.
Ah oui ! et dont le portable sonne avec des répliques des films d'Audiard déclamées par les voix de B. Blier ou F. Blanche !
Voilà pour l'ambiance. Autant dire qu'on aura hâte de retrouver cette belle équipe dans un autre épisode !
Côté intrigue, là encore la comparaison avec Vargas (et notamment les tout récents Temps glaciaires) s'impose puisqu'il est question d'un personnage historique (Napoléon III) et d'une étrange secte de SDF qui ont entrepris de reformer dans le Bois de Vincennes, la Cour des Miracles chère à Victor Hugo.
Pour la petite et la grande histoire, ces 'fous' ont découvert une cargaison de fusils Chassepot, sacré clin d'oeil d'autodérision de la part Mr. Lebel à son propre patronyme !
Autant dire que Nicolas Lebel/Chassepot ne manque pas d'humour et c'est bien sa plume vive et acérée qui nous accroche à son bouquin (plus que son intrigue, intéressante, mais quand même un peu tarabiscotée). Les dialogues font mouche à chaque coup ... de fusil.
Et puis cette histoire très ancrée dans la réalité sociale de notre pays en général et de Paris en particulier nous force, nous qui emjambons pratiquement les SDF sur les trottoirs de la capitale, à ouvrir les yeux sur le sous-monde en train de se créer comme l'imaginaient les romans de SF de notre jeunesse (de SF à SDF ?).
Le deuxième épisode est déjà sorti : Le jour des morts. Il est y question de morts bleutées en série (décidément, les références à Dame Vargas sont bien là). On en reparle évidemment bientôt.
Une fois n'est pas coutume : saluons les éditions Marabout qui ont actualisé le prix du eBook en-dessous de celui de la sortie en poche de ce bouquin. Il y a au moins un éditeur intelligent en France.


Le Problème Spinoza
Le Problème Spinoza
par Irvin Yalom
Edition : Broché
Prix : EUR 8,10

4.0 étoiles sur 5 Un été avec Spinoza ?, 17 mai 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Problème Spinoza (Broché)
Curieux bouquin que ce Problème Spinoza. Un bouquin pour les curieux.
Années 1660, Amsterdam : le juif Baruch Spinoza est excommunié par ses correligionaires et interdit de publication par les chrétiens. C'est dire l'audace de la libre pensée de cet hérétique dans une Hollande réputée à l'époque pour sa tolérance. La famille Spinoza y vivait en exil après avoir fuit l'antisémitisme du Portugal, comme tant de compatriotes sépharades.
Années 1920, Munich : dans les arcanes de l'Ordre de Thulé, le jeune Alfred Rosenberg croise la route d'un Adolf Hitler encore inconnu et va devenir l'idéologue et le théoricien du parti national socialiste tout juste naissant.
À partir de ces deux repères historiques, il faut se laisser emporter par le talent de conteur de Irvin Yalom qui va faire s'entrecroiser deux belles histoires à trois siècles de distance, jusqu'en 1941.
1941, Amsterdam : à la tête d'un commando SS, Rosenberg confisque la bibliothèque du petit musée consacré au philosophe libre penseur du XVII° siècle.
Pour régler ce fameux "problème Spinoza".
Parmi les piliers fondateurs de la pensée allemande, Goethe a souvent été convoqué à tort ou à raison pour justifier et fonder le pangermanisme qui refleurit sur les décombres de la première guerre. Et Goethe admire Spinoza.
Oui, les nazis ont grand besoin de Goethe mais ils ont un petit problème avec son encombrante admiration du libre penseur du XVII° : Spinoza est juif !

[...] Comment un juif du XVIIe siècle a-t-il pu écrire cela ? Ces mots sont ceux d’un Allemand du XXe siècle ! La page suivante concerne la façon dont « le cérémonial et la pompe dans la religion obstruent le jugement au point qu’ils ne laissent plus de place à l’esprit pour la saine raison, fût-ce pour émettre un doute ». Stupéfiant !
[...] Écrire ces mots en 1670 demande du courage : 1670, c’est à peine deux générations après Giordano Bruno qui a été brûlé sur le bûcher pour hérésie, et une seule après le procès intenté à Galilée par le Vatican.

Pour décortiquer les esprits de Baruch Spinoza et d'Alfred Rosenberg, l'écrivain et psychothérapeute Irvin Yalom met en scène des interlocuteurs fictifs, suffisamment intimes de nos deux penseurs pour que les dialogues prennent tout leur sens. On se doute bien que l'angle d'attaque par lequel l'auteur aborde ces deux penseurs est étroit et biaisé mais on est franchement ravis d'avoir été conviés à cette classe de philo qui n'hésitera pas à faire un tour du côté de l'eudémonisme de Platon ou de l'ataraxie d'Epicure.
Irvin Yalom nous guide pas à pas dans les arcanes de la philosophie, patiemment il explique et réexplique, parfois même il se montre presque trop didactique.
Deux parcours et deux pensées (enfin surtout une) qui a priori ont si peu en commun, deux époques qu'a priori tout oppose, et un bouquin passionnant qui se lit presque comme un polar.
En ces temps où les intégrismes de tout poil s'exacerbent de toute part, d'Iran jusqu'en Israël, où les fatwa et les herem s'invitent jusque chez nous, où l'obscurantisme et le fanatisme regagnent le terrain perdu, cette ode à la libre pensée est une lecture plus que salutaire, obligatoire.
Notons que dans les années 1950, Ben Gourion essaya de faire lever le herem qui maudissait toujours Baruch Spinoza depuis trois siècles : sans succès, les rabbins de Jérusalem aujourd'hui sont toujours aussi intransigeants que ceux d'Amsterdam jadis.

[...] Je ne crois pas que le questionnement soit une maladie. L’obéissance aveugle sans questionnement est la maladie.
[...] L’idée que je défends : les autorités religieuses, quelles qu’elles soient, veulent empêcher que ne s’exerce notre raisonnement.
[...] — Je crois que plus on en saura, et moins il y aura de choses connues de Dieu seul. Autrement dit, plus grande est l’ignorance, et plus l’on attribue de choses à Dieu.
— Comment osez-vous…

Avec Galilée, Copernic, Giordano et quelques autres, Spinoza fut l'une des petites lumières qui s'allumèrent dans les ténèbres de cette époque. L'une des plus lumineuses sans aucun doute.
À l'heure où l'on n'est soudain plus si certains de garder l'électricité toujours allumée, il nous faut conserver un oeil sur les lueurs de ces veilleuses.
La plume d'Irvin Yalom est féroce et sans concession : les rabbins du XVII° et les nazis du XX° en prennent pour leurs grades respectifs. Nul ne peut cultiver et entretenir l'ignorance sans s'attirer les foudres du professeur Yalom.
Il y a là de la biographie, partielle certes, mais une double biographie quand même.
Il y a là de la vulgarisation de la pensée de Spinoza.
Il y a là du roman historique, une double Histoire même.
Entre la puissance effarante de la pensée de Spinoza (au XVII° !) et les dessous des premières théories nazies, on tient là un bouquin très brillant.
Si l'été 2013 avec Montaigne vous a plu, les prochaines vacances seront peut-être avec Spinoza.

PS : pour une fois, on peut commencer par la fin avec un épilogue intitulé 'Genèse du problème Spinoza' qui éclaire le cheminement du docteurYalom et donc la trame de ce curieux bouquin pour les curieux.


Pukhtu Primo (édition enrichie)
Pukhtu Primo (édition enrichie)
Prix : EUR 14,99

1 internaute sur 3 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Drone de guerre, 5 mai 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Pukhtu Primo (édition enrichie) (Format Kindle)
Pris de remord d’avoir délaissé le lyonnais DOA pendant de longues années, nous voici avec son dernier gros pavé entre les mains : Pukhtu.
Le plus récent à défaut d’être le meilleur …
Tout au long de ces quelques 700 pages, DOA va décortiquer les mécanismes de la guerre US en Afghanistan.
Les ramifications et imbrications entre guerre(s) - au pluriel - et trafic(s) - au pluriel également.
Entre soldats de métier et milices privées.
Entre agences de renseignements et entreprises de l’ombre.
C’est passionnant. Non, plutôt : effarant.
Le fric, la drogue, les armes inondent les vallées et les montagnes, passent les cols et les frontières. Du Kosovo à Jalalabad via Dubaï.
De Kaboul à Peshawar via la passe de Khyber, voilà autant de noms familiers qui nous ont été serinés à longueur de JT pendant des années.
Nous sommes en 2008, peu avant l’aboutissement de la traque de Ben Laden.
Les scènes de guerre nous sont longuement et patiemment détaillées. La nouvelle tactique américaine nous est rendue transparente : en l’air, des drones pilotés à distance par l’armée US. Sur le terrain, sur place, des mercenaires et des supplétifs chargés de ‘marquer’ les cibles. L’armée ne se salit plus les mains.
Elle ne veut plus, elle n’en a plus les moyens.

[…] L'élan de privatisation de la chose militaire sans précédent constaté à l'occasion des invasions de l'Afghanistan et de l'Irak.
[…] Une double nécessité, le besoin de pouvoir prendre rapidement ses distances avec les paramilitaires s'ils sont découverts et le manque de moyens gouvernementaux disponibles.

Tout ce petit monde doit bien vivre et les subsides officiels ne suffisent pas.

[...] L'Afghanistan produit 93 % de l'opium mondial, un commerce qui rapporte chaque année, d'après les estimations les plus conservatrices, 3 milliards de dollars à l'économie souterraine du pays, alimentant la corruption et finançant pour partie l'insurrection talibane.
[…] Pour les hérauts du capitalisme, l'enjeu commercial premier de ces deux guerres n'a jamais été la captation des richesses des pays en question mais la guerre elle-même, source d'immenses profits.

Pour faire sérieux et documenté, DOA use et abuse des sigles des armes et des armées. C’est inutile mais cela ne nuit pas à la lecture. Y’a même un lexique pour les fans de AK.
On pourrait également se perdre facilement dans l’abondance de personnages, dans cette région où les patronymes afghans ou pakis ne donnent guère de repères.
Mais là aussi, le professeur DOA fait preuve de patience et s’est également fendu d’un répertoire.
De toutes façons, on reviendra fréquemment sur chacun de ces bonshommes, on prendra le temps de faire connaissance, de chapitre en chapitre. L’auteur est patient avec son lecteur parachuté en territoire inconnu.
Tout cela est bien entendu viril, vulgaire parfois, pimenté de sexe inutile et de violence gratuite.
Les mecs en mission là-bas oublient peu à peu les repères du monde et du genre humain : fallait pas s’attendre à voire les GI Joe disserter sur Spinoza. N’oublions pas qu’ils sont en mission pour nous, sur ordre officiel ou suggestion officieuse de nos gouvernements. DOA nous le rappelle.
Comme il nous rappelle la genèse et l’Histoire de cette guerre sans fin.
En dépit de tous ces centres d’intérêt, sans vraiment s’ennuyer, on trouve les 700 pages un peu longuettes, franchement répétitives et la déception est grande lorsqu’à la place du mot FIN, on découvre qu’il ne s’agit que du premier épisode d’une série …
Un gros pavé pour se caler la tête sur le sable cet été.
On pourra même le ressortir chaque année, puis le repasser à nos petits-enfants, c’est tout l’avantage bien compris de ces guerres du Moyen-Orient.

[...] - Comment se passe ta guerre, Gareth ? » Pour Montana, Voodoo a toujours été Gareth.
- Bien. Elle est sans fin. »
- Ne le sont-elles pas toutes ? »


L'Arabe du futur - Tome 1
L'Arabe du futur - Tome 1
par Riad Sattouf
Edition : Relié
Prix : EUR 20,90

Aucun internaute (sur 1) n'a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Soirée diapos chez l’arabe du coin., 5 mai 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Arabe du futur - Tome 1 (Relié)
Il nous a d’abord fallu passer outre ce que pouvait laisser penser le titre peu engageant de cet album, récemment primé à Angoulême : L’arabe du futur, qui semblait surfer sur les thèmes trop à la mode.
Mais finalement la BD autobiographique de Riad Sattouf (qui fit un passage chez Charlie) s’avère une bonne surprise.
Il ne s’agit pas vraiment d’un arabe du futur qui naîtrait des printemps récents ou des étés à venir : bien au contraire, il s’agit plutôt de l’arabe du passé, celui des années 70-80, un arabe qui compte déjà pas mal de printemps.
Riad Sattouf nous raconte son enfance en Lybie puis en Syrie.
Et comme il a l’âge de nos enfants … ses parents ont le nôtre ! et c’est donc cette soirée diapos des années Pompidou puis Giscard, vues depuis d’autres rives de la Méditerranée, que l’on a trouvée savoureuse.
Le papa syrien de Riad rencontra sa maman bretonne au cours de ses études en France. Muni de ses tout nouveaux diplômes et du petit Riad tout blond, le couple partit pour la Lybie renaissante, contribuer à l’essor de la révolution socialiste emmenée par un Kadhafi à qui il restait encore quelques derniers plombs (qui n’allaient pas tarder à sauter eux aussi).
Tendresse amusée pour ses personnages et ironie mordante pour le contexte de ces années-là : c’est la recette de cet album.
Après la Lybie de Kadhafi et ses illusions perdues presque attendrissantes (à l’époque où tout n’avait pas encore tout à fait basculé dans l’horreur), la Syrie de Hafez-el-Assad semble beaucoup plus sinistre (il y manquait peut-être l’argent du pétrole) et l’on se demande tout au long de ces pages ce que pouvait bien ressentir la jeune bretonne partie suivre son diplômé de mari …
L'autobiographie de Riad devrait bientôt se poursuivre jusqu'aux années actuelles et la fuite de la Syrie en guerre.


Inhale ( Run for Her Life ) [ Origine Néerlandais, Sans Langue Francaise ]
Inhale ( Run for Her Life ) [ Origine Néerlandais, Sans Langue Francaise ]
DVD ~ Dermot Mulroney
Proposé par DaaVeeDee-fr
Prix : EUR 22,99

3.0 étoiles sur 5 Démonstration, 5 mai 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Inhale ( Run for Her Life ) [ Origine Néerlandais, Sans Langue Francaise ] (DVD)
La thèse est claire : les riches (américains) font la queue devant la banque d'organes. Quand ça ne va pas assez vite, ils peuvent aller se servir chez les pauvres (mexicains).
Malheureusement, tout cela est vrai. Bien vrai.
Kormakur nous assène cette leçon de manière dure, violente, stressante.
On regrette un peu quelques premières scènes pas très utiles (si ce n'est pour faire de ce film un thriller pas trop pontifiant) où le père se fait malmener chez les voyous mexicains : cela n'apporte pas grand chose à la démonstration, juste un peu de stress hollywoodien (mais c'est peut-être nécessaire pour faire un film destiné à un plus large public).
Quelques péripéties un peu rocambolesques aussi (pourquoi donc fallait-il entrecroiser aussi étroitement le parcours du père et celui du 'donneur' ? L'intrigue perd en crédibilité).
Reste une démonstration salutaire et efficace.


Les Nouveaux sauvages [Blu-ray]
Les Nouveaux sauvages [Blu-ray]
DVD ~ Darío Grandinetti
Prix : EUR 22,99

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 No limit !, 4 mai 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Nouveaux sauvages [Blu-ray] (Blu-ray)
Ah ces Nouveaux sauvages … il n’y a bien que les sud-américains (en l’occurrence les argentins) pour oser des films aussi déjantés !
Ce film à sketchs présente six épisodes (de longueur et de qualité inégales) qui mettent en scène des ‘dérives’ fracassantes.
Des situations où les hommes et femmes cessent d’être des hommes et des femmes et (re)deviennent des animaux, des brutes de la jungle.
De nombreuses critiques mettent en avant le ‘pétage de plombs’ où un individu exaspéré craque sous la pression et envoie tout péter. Cet aspect (peut-être vrai pour l’épisode du bombita) est un peu réducteur.
Car ce qui intéresse Damián Szifrón, ce n’est pas tant la soupape qui laisse fuser la pression, l’explosion de colère après la frustration contenue mais plutôt la transgression des limites.
Les barrières sociales qui tombent, les convenances que l’on foule aux pieds, la bienséance que l’on insulte.
À ce titre, l’épisode de l’escroquerie suite à l’accident de voiture est édifiant : on n’assiste ici à aucun pétage de plombs, on ne rigole pas vraiment (ou alors très jaune), mais tout l’édifice moral de notre société humaine vole en éclats. C’est l’histoire la plus sinistre et la plus cynique.
Très nettement, notre sketch préféré est une espèce de remake du film Duel où deux automobilistes (décidément la bagnole occupe beaucoup de place) où deux automobilistes se montent la tête l’un contre l’autre et s’organisent une bagarre mémorable dont l’issue sera évidemment terrible.
‘Crime passionnel ?’ se demandera le flic arrivé sur les lieux …
Tout le monde il est pas beau, tout le monde il est pas gentil dans ce film où chaque histoire nous montre une victime devenir le plus féroce des bourreaux.
On rigole beaucoup (même si c’est parfois très jaune), on se demande souvent jusqu’où iront-ils (et ils vont loin) et on se délecte d’une bande son à la hauteur de la dynamique sauvage du film.
Même si bien sûr, on l’a dit, tous les sketchs ne se valent pas dans ce film cinglant, violent, absurde, décapant, loufoque, accusateur, drôle, délirant, cynique, qui replace très haut la barre de l’humour noir.
Ne manquez pas le générique du début (les animaux) : un subtil régal.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : May 13, 2015 10:17 AM MEST


Phoenix
Phoenix
DVD ~ Nina Hoss
Prix : EUR 19,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Coupable ?, 4 mai 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Phoenix (DVD)
On se faisait une joie de retrouver la superbe Nina Hoss dans un film de Christian Petzold.
On l’avait aperçue dernièrement dans un petit rôle aux côtés du regretté Philip Seymour Hoffman, dans Un homme très recherché.
Mais surtout, on se souvenait avec émotion de la magnifique Barbara, il y a deux ans déjà.
On attendait donc beaucoup, et sans doute trop bien sûr, de Phoenix.
Juste après la fin de la guerre, une (très riche) juive, survivante des camps, retrouve Berlin après avoir subi une opération de chirurgie esthétique. Elle retrouve son ancien mari (allemand) qui ne la reconnait pas.
Bon.
Quelle déception que ce film !
Quelle lourde et longue mise en place !
Quelle ambiance geignarde et plaintive !
Rapidement les piétinements maladroits de Nina Hoss nous exaspèrent, le mari est inexistant, l’intrigue très artificielle, ah quelle déception !
Seule la dernière scène est superbe, magnifique c’est vrai, mais quel film laborieux pour en arriver là.
Finalement, seule une autre Nina, Nina Kunzendorf trouvera grâce à nos yeux dans un second rôle qui nous a donné envie de la revoir.
À la sortie on se demande ce qui a valu des critiques élogieuses à ce film et ce qui pousse les spectateurs à remplir la salle comble (tout le monde n’a pas vu Barbara quand même ?).
Et puis on se dit que tout cela est peut-être motivé, une fois de plus, par cette culpabilité indicible qui accable notre Europe occidentale et qui obscurcit définitivement notre jugement.
Bien sûr, on comprend que Christian Petzold ait voulu sans doute explorer ce côté-là de son Allemagne mais on regrette vraiment de s’être faits embarquer à la poursuite de ce triste oiseau qui renaît de ses cendres.
Effectivement il y a bien culpabilité : celle de Christian Petzold qui nous aura gâché ces retrouvailles !


Night Call
Night Call
DVD ~ Jake Gyllenhaal
Prix : EUR 17,99

5.0 étoiles sur 5 À ne pas manquer - coup de coeur 2015 !, 4 mai 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Night Call (DVD)
Il faut passer outre une bande annonce racoleuse et survoltée qui peut laisser croire à un thriller nocturne joué par Nicolas Cage.
Ce film est stupéfiant. Dès les premières images (bien loin de ce que laissait supposer le pitch annonce).
Jake Gyllenhaal est époustouflant dans un rôle où, une fois encore, il semble avoir une grosse araignée dans le plafond.
Le voici en obsessionnel névrosé, à prêcher des sentences commerciales pêchées sur le ouèbe. Une sorte d'alien croisé entre une directrice marketing et un organisateur de l'ANPE. Sauf que tout cela est plus vrai que nature et que l'on se surprend plusieurs fois à se dire ... qu'on aurait bien pu dire cela nous aussi. Car c'est un miroir (à peine déformant) que nous tend Dan Gilroy.
La peinture (à peine critique) de notre société est féroce, décapante, sans appel.
Et encore faut-il bien noter que tout cela, Lou Bloom, le personnage joué par Gyllenhaal, l'a appris par hasard : ce n'est pas un machiavélique voyeur obsédé par la télé-réalité, non, Lou Bloom est juste un gars qui apprend vite, très vite. Et plongé dans notre société à côté de laquelle la jungle amazonienne fait figure de verte prairie, Lou Bloom apprend très vite à tirer son épingle de ce jeu sauvage qui est le notre.
C'est toute la force du propos de ce film : rien ne prédestinait ce gars-là à trimballer sa caméra vidéo dans les rues de LA. C'est juste qu'il a vite compris ce dont nous avions besoin.
La scène la plus terrible est sans doute celle où Lou Bloom parcourt les couloirs des studios télé, imbu de sa toute nouvelle réussite, en saluant tout le monde d'un sourire enfin satisfait : parti de moins que rien, il a compris mieux que tout le monde ce dont la télé et ses téléspectateurs (et donc les producteurs rivés à l'audimat) avaient besoin.
Il lui manque juste une petite case à cet alien qui nous ressemble trop : celle ou siègent les états d'âmes, la conscience et la morale. Une toute petite case qui malheureusement ne suffit pas à en faire un monstre 'autre' et étranger. Non le miroir est à peine déformant, en tout cas pas assez pour que l'on se sente à l'aise dans son fauteuil. Dérangeant.


Hacker [Blu-ray]
Hacker [Blu-ray]
DVD ~ Chris Hemsworth
Prix : EUR 17,99

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Geek and love, 4 mai 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Hacker [Blu-ray] (Blu-ray)
Après des critiques hésitantes et partagées, on ne savait pas trop à quoi s’attendre avec ce Hacker, qui se révèlera finalement une bonne surprise, un bon spectacle, bien mené.
Pas du tout le film pour jeunes geeks boutonneux que le pitch pouvait laisser craindre (ça, on avait vérifié avant).
Non, plutôt un bon film action-polar, dans la veine des James Bond, ou plutôt des Largo Winch.
On y retrouve le gentil que l’on sort de prison, de l’amour exotique, d’autres gentils qui meurent trop tôt, des affreux très cinégénique, …
Et beaucoup d’action, violente et rythmée.
L’essentiel du film se déroule en Asie (Hong-Kong, Malaisie, …) ce qui nous vaut de belles images, de belles ‘gueules’. En plus c’est filmé à la coréenne : caméra stressée, montage survolté, dialogues pas toujours traduits, dépaysant !
Une superbe chorégraphie urbaine, asiatique, violente et speedée.
L’histoire ? Oui, y’en a une quand même : un affreux hacker s’attaque à un réacteur nucléaire chinois puis au prix du soja à la bourse.
Le film s’ouvre d’ailleurs sur de belles images de synthèse où l’on voit le ‘virus’ tracer son chemin au sein des machines attaquées (untel inside), avec un petit air de Tron. Mais la techno restera ensuite judicieusement à sa place sans envahir ni l’écran ni le scénario.
Politique ? Activiste ? Terroriste ? On ne sait pas qui est l’affreux jojo, ni ce que sera sa prochaine cible.
Pour le contrer, une seule solution : l’alliance des services chinois et US, et l’extraction de prison d’un autre hacker (mais un ‘gentil’, façon Robin des Bois, qui volait juste les riches pour pas rester pauvre). C’est parti pour deux heures de cavalcades autour du monde, jusque dans les mines d’étain du Perak en Malaisie. Évidemment on ne vous dit pas tout : y’a du mystère, y’a de l’action, y’a de la romance, y’a du drame, y’a de l’exotisme, y’a de la casse, y’a du suspense, y’a de la bagarre, y’a à peu près tout ce qu’il faut.
Tout cela n’est au fond guère original et ce qui fait l’intérêt du film c’est plutôt la forme très léchée, un look&feel très réussi à moitié chinois, à moitié high-tech.
On aime bien aussi le côté elliptique, les dialogues sommaires (parfois en chinois !) qui ne nous prennent pas pour des demeurés auxquels il faudrait réexpliquer trois fois ce qui se passe.
Un bon divertissement, esthétique, rondement mené et presque sans fausse note.
Et après ça, lorsqu’il faudra brancher une clé usb, les uns jetteront un petit regard inquiet à l’intérieur du trou (que va-t-il donc se passer là-dedans ?) tandis que les unes songeront avec émotion à la voix chaude et virile de Chris Hemsworth. Chacun son virus.


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