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Contenu rédigé par BMR
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Commentaires écrits par
BMR "Les coups de coeur de BMR" (Paris, France)
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Dokpav® Wiko Highway Housse, Ultra-mince Etui En Cuir PU Flip Cassette Intérieur Pour Wiko Highway ( Les amateurs de pissenlit)
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Proposé par Dokpav
Prix : EUR 7,99

3.0 étoiles sur 5 Correct mais attebtion au Wiko Highway Star, 6 février 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Etui correct avec une coque en plastique souple
Mais ne convient pas exactement au Wiko Highway Star :
- le bouton +/- du volume (à gauche) est masqué par la coque
- et surtout l'objectif photo est masqué par le fond de la coque : obligation de découper l'étui au cutter !


kwmobile Étui de protection à rabat pratique et chic pour Apple iPhone 4 / 4S en bleu foncé argenté
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Proposé par KW-Commerce
Prix : EUR 4,40

1.0 étoiles sur 5 Bas de gamme à éviter, 6 février 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Etui très bas de gamme, rabat insuffisamment fixé
Très peu pratique, à éviter
Acheté pour remplacer un ancien étui de même aspect qui avait vieilli mais le remplaçant n'est pas à la hauteur


HQ-CLOUD Etui Housse Portefeuille Cuir Pour Iphone 4/4S/4G - Noir - Un Film Offert
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Proposé par HQ-CLOUD
Prix : EUR 6,99

3.0 étoiles sur 5 Correct sans plus, 6 février 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Housse en simili cuir assez épais agréable au toucher
Les finitions sont un peu rapides : un petit coup de lime à ongles est nécessaire sur quelques angles de la coque et quelques coutures un peu grossières
Etuis cartes pratique
Rabat aimanté ok, à voir ensuite avec l'usage et l'usure


Sicario [Édition Limitée boîtier SteelBook]
Sicario [Édition Limitée boîtier SteelBook]
DVD ~ Emily Blunt
Prix : EUR 22,99

4.0 étoiles sur 5 Lorsque l'Amérique repousse les limites., 6 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sicario [Édition Limitée boîtier SteelBook] (Blu-ray)
Le Sicario de Denis Villeneuve était fort attendu, trop peut-être.
Depuis Incendies (magistral), Prisoners (inquiétant), et Enemy (kafkaïen), force est de reconnaître que l'intérêt baisse lentement mais sûrement.
Comme on est parti du sommet avec Incendies, le résultat à l'arrivée reste très honorable mais ce Sicario est loin d'être à la hauteur des attentes laissées par les premiers.
Sicario : les États-Unis sont en guerre. En guerre avec une part d'eux-mêmes, avec l'arrière-cour de leur pays-continent, avec les cartels du Mexique. La gangrène a déjà bouffé les trois quarts de la jambe et ce n'est pas le pansement d'une clôture grillagée et électrifiée qui va éviter l'amputation. Alors on envoie des anti-corps.
Estimant que lorsqu'on reste dans les limites habituelles et légales on n'arrive à plus grand chose, les très hautes autorités ont décidé de repousser les limites.
Deux ou trois GI Joe (Del Toro et Josh Brolin) montent une opération alambiquée ... au Mexique.
La seule 'limite' qui leur est donnée est d'accepter dans l'équipe une 'observatrice' du FBI (Emily Blunt) qui servira de caution plus ou moins morale à tout cela.
On sait que Villeneuve aime bien jouer avec son spectateur et nous voici donc embarqués dans l'aventure avec une Emily Blunt qui, tout comme nous, ne comprend pas grand chose à ce qui se prépare.
Quand elle demande à être briefée :

- Ce serait comme expliquer le mécanisme d'une montre, lui répond Del Toro.
Contentez vous seulement de regardez l'heure.

Et bien oui, comme l'agent Blunt, on regarde les aiguilles s'enclencher car c'est une mécanique de grande précision qui va être montée et qu'on va découvrir peu à peu (et c'est finalement beaucoup moins obscur que ce qu'on avait essayé de nous faire croire).
Après la manipulation du spectateur et ça va un peu avec, le deuxième thème de prédilection de Villeneuve c'est l'invisible frontière entre le bien et le mal, le moral et l'amoral (souvenez-vous des interrogatoires musclés et privés de Prisoners). Avec Sicario, si tout se déroule pourtant à la frontière entre États-Unis et Mexique, la frontière avec le moral et le légal a bel et bien été effacée de la carte.
La fin justifie les moyens. La fin voulue par les Américains, la fin voulue par Del Toro, mais qui utilise l'autre ?
Villeneuve sauve son film d'un propos ambigu avec une dernière scène montrant les enfants mexicains (certains sont devenus orphelins pendant le film) qui jouent au foot au pied de la clôture qui les sépare de l'eldorado américain. L'eldorado des États-Unis dont la richesse alimente ce bordel (le besoin de passer du bon côté) et dont la richesse est alimentée par ce bordel (les trafics de main d’œuvre et de drogues). Pas près de vous en sortir les gars, ni d'un côté ni de l'autre.
Malheureusement, ce scénario a déjà été vu et revu (Traffic, Cartel, ...) et ce film n'apporte pas grand chose de nouveau sous le soleil mexicain.
Il n'en reste pas moins que Villeneuve sait tenir une caméra et nous sert quelques scènes d'action pas piquées des hannetons, notamment une descente musclée dans Ciudad Juárez qui vaut le détour et qui restera dans les annales ! Purée, quelle tension, quelle violence retenue (enfin, pas toujours retenue) ! Dommage que le film n'est pas été de la même veine jusqu'au bout (la séquence dans le tunnel, par exemple, est très en-dessous des premières).
Reste un peu de second degré avec Benicio Del Toro qui après avoir incarné Pablo Escobar débarque ici en provenance de ... Medellín !
Pour celles et ceux qui aiment les films de guerre.


Le détroit du Loup
Le détroit du Loup
Prix : EUR 7,99

3.0 étoiles sur 5 [...] J’ai choisi une autre voie que celle des coupeurs d’oreilles., 2 février 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le détroit du Loup (Format Kindle)
Après Le dernier lapon, nous revoici sur le ski-doo d'Olivier Truc, le journaliste français qui vit à Stockholm.
La recette est là-même : voyage chez les lapons (disons plutôt les samis) en compagnie de la Brigade des rennes avec Klemet, le sami défroqué au passé douloureux, et sa jolie collègue Nina venue du sud (entendez : le sud de la Norvège, c'est-à-dire le nord quoi) qui joue les candides (de moins en moins candide d'ailleurs au fil des épisodes !).
Rappelons que la Brigade des rennes avait été initialement fondée dans les années cinquante par les trois pays qui s'enchevêtrent tout là-haut sur les anciens territoires lapons, pour lutter contre les vols de bétail et régler les conflits entre éleveurs.
Après avoir découvert la longue nuit d'hiver dans le bouquin précédent avec l'impatience de revoir le soleil dessiner votre ombre, nous voici cette fois en plein été septentrional :
Mais depuis le précédent épisode, l'auteur a mûri : l'écriture est plus soutenue et retrouve désormais les standards du polar, classique, efficace et fluide.
L'histoire est moins 'belle' également, moins carte postale touristique, et gagne en réalisme car cet épisode est fortement ancré dans les réalités du pays.
Bref, enfourchons nos motoneiges, c'est parti.
C'est parti pour Le détroit du loup, un petit bras de mer froide qui sépare l'île d'Hammerfest, tout là-haut là-haut, une des villes les plus septentrionales.
L'ancien petit port de pêche (Nestlé Findus) est aujourd'hui atteint de la fièvre de l'or.
L'or noir : celui des gisements offshore de pétrole et du gaz dont l'exploitation commence en Mer de Barents - les fonds de la Mer du Nord s'épuisent et le réchauffement climatique permet d'aller plus loin.
Ce détroit du loup, les troupeaux de rennes le traversent à la nage chaque printemps, pressés de retrouver de gras pâturages verts après leur diète hivernale.
Nous voici donc en plein conflits larvés entre les multinationales du pétrole qui recherchent de nouveaux terrains pour implanter leurs infrastructures et les éleveurs samis qui voudraient bien protéger leur mode de vie ancestral.

[...] – Ah, le pétrole, mon canard, mais ils sont déjà perdants tes petits bergers, qu’est-ce que tu crois ?
[...] Dans cette petite ville, la course à l’argent prenait une telle ampleur que les valeurs traditionnelles volaient en éclats.
[...] Cette petite ville en passe de devenir le Singapour du Grand Nord. Ou le Dubai de l’Arctique, selon les préférences.

Au passage on apprendra d'ailleurs plein de choses sur ces forages offshore et sur les fameux plongeurs, des héros modernes, de nouveaux aventuriers, une espèce de cosmonautes marins.
Des plongeurs parfois transformés en cobayes d'expériences, à leur insu et de leur plein gré.
Le décor est planté, les acteurs sont en place, le printemps arctique bourgeonne, les rennes arrivent, ... tout est prêt pour que le drame éclate et que la traversée du détroit du loup par le premier troupeau vire à la tragédie (très belle scène d'ouverture).

[...] Que dire d’un berger qui se noie de façon peut-être suspecte, d’un maire qui chute de façon plus que suspecte, d’un rocher sacré qui gêne, d’une ville grouillante, d’un monde qui pousse l’autre.

Et nos deux amis de la brigade des rennes montent en selle.
Le trait ethno-pédagogique est moins forcé que dans le premier épisode : l'enthousiaste Olivier Truc se met plus en retrait et laisse son lecteur découvrir lui-même les mœurs, les us et les coutumes des gens de ces contrées méconnues.
L'histoire mouvementée des samis bousculés par la colonisation et l'évangélisation forcée est évoquée, bien entendu, mais laisse suffisamment de place à l'histoire très actuelle et très moderne de [je cite] cette pétromonarchie qu'est la Norvège.
Bref, ce second épisode est plutôt réussi : l'auteur prend son temps pour 'filmer' ses personnages, on a même l'impression parfois que l'enquête piétine et que les scooters tournent en rond dans la neige fondue, mais c'est visiblement pour mieux cerner les vies de ces plongeurs, de ces éleveurs, de ces gens du grand-grand-nord.
Pour celles et ceux qui aiment les motoneiges.


Suburra
Suburra
Prix : EUR 14,99

4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 [...] Suburra, l'antique quartier des lupanars chanté par Pétrone., 23 janvier 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Suburra (Format Kindle)
On n'a jamais oublié Giancarlo de Cataldo, le magistrat italien qui connut son heure de gloire avec son Romanzo criminale, brillamment adapté au cinéma.
Le voici aidé du journaliste Carlo Bonini pour un nouveau gros coup : Suburra, évidemment déjà adapté au cinéma !
Et traduit par Serge Quadruppani que demandez de plus ?
Nous voici au sud, à Rome, au jour d'aujourd'hui. Mais la météo est toujours aussi pourrie. Pire, peut-être.

[...] Suburra, l'antique quartier des lupanars chanté par Pétrone.

Quelques pages suffisent à Bonini et De Cataldo pour nous accrocher, nous aimanter : on ne décrochera plus de ce gros pavé de près de 500 pages.
Annoncé comme touffu, complexe, le bouquin avait de quoi nous effrayer comme s'il s'agissait de décrypter l'organigramme des mafias italiennes. Ça commence même par la liste des nombreux personnages !
Mais c'était sans compter sur le talent des deux auteurs : patients et pédagogues juste ce qu'il faut pour ne jamais perdre le lecteur sans jamais le prendre pour un demeuré. Le pavé s'avère très digeste et se dévore à la fois comme un reportage passionnant et comme un polar ronflant. Brillant.
Alors oui, nous voici plongés aujourd'hui dans les arcanes de la municipalité romaine, les dessous pas très chics, les couloirs mafieux, les arrière-cours de la corruption ...
Une peinture (un film !) sordide des dessous de notre société. Oui, bien entendu on se dit pendant quelques chapitres que ça se passe à Rome, dans ce pays italien, que c'est la mafia et tout et tout ...
Mais le livre est long et ce fragile rempart ne résiste pas bien longtemps : Bonini et De Cataldo nous forcent à ouvrir les yeux.
Heureusement, il y a de l'humour, parfois féroce, souvent ironique, un second degré d'auto-dérision comme cette fameuse liste de personnages qui ouvre le bouquin.
Alors oui, on y revient plusieurs fois à cette liste, non pas pour savoir qui est qui, nul besoin on l'a dit, mais bien pour savourer les épithètes dont ces personnages ont été affublés !
Il y a du règlement de compte dans l'air et quand on dit compte ... c'est qu'il y a beaucoup beaucoup, énormément d'argent à blanchir et à gagner. De quoi exciter les convoitises des plus honnêtes.
Politique (la pègre a fleuri dans le lit du fascisme), corruption ... difficile de délimiter la frontière entre le bien et le mal, le bon et le truand ...

[...] La vérité, c'est qu'ici, ce sont les méchants qui pensent aux plus humbles. Ils donnent du travail et un brin d'espérance à ceux qui n'en ont pas.

Une lecture coup de poing et qui déménage. Un début d'année en fanfare même si c'est celle qui accompagne le corbillard bling-bling d'un mafieux sur le bord de mer d'Ostie.
Juste un (tout petit) regret pour les flics pas trop ripoux, Marco et Alba, les gentils (il en faut bien pour garder le lecteur en piste !), qui paraissent un peu falots à côté de la galerie dantesque de cette cour des miracles qu'était l'antique Subure et qu'est la Rome d'aujourd'hui.

Pour celles et ceux qui aiment qu'on les réveille.


Sale temps pour le pays
Sale temps pour le pays
par Michaël Mention
Edition : Poche
Prix : EUR 8,15

4.0 étoiles sur 5 Polar hyper-réaliste et nostalgique, 17 janvier 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sale temps pour le pays (Poche)
[...] Anarchy in the U.K. Sale temps pour la Reine.

Un petit polar qui nous (re-)plonge à la fin des années 70 en Grande-Bretagne où, en ces années-là, il faisait un Sale temps pour le pays (je cite) : les chocs pétroliers se suivent et se ressemblent, les manifs également, l'endive Roger Moore joue James Bond, l'IRA continue d'attenter, les murs sont revêtus de tapisseries kaléidoscopiques aux losanges orange et marron, l'extrême-droite ronge le pays tel un cancer des valeurs britanniques, les travaillistes m****nt de plus en plus et préparent le terrain pour dame Thatcher, ...
Et qui donc nous évoque (brillamment) ce pays et cette époque ?
Un jeune auteur ... français (marseillais !) qui n'était même pas né lorsque les Sex Pistols éructaient Anarchy in the UK !
Et qui nous sort un polar plutôt original et pour le moins inhabituel : à moitié reportage social sur l'Angleterre et ces seventies, à moitié thriller avec tueur en série qui se prend pour Jack l’Éventreur, à moitié enquête sur les méthodes d'investigation des services de police, ...
Sale temps pour le pays mais sale temps aussi pour les prostituées que Jack éventre régulièrement au fil des années pendant que les enquêteurs piétinent et tournent en rond ...
Un chaos policier qui renvoie à celui du pays, les deux facettes d'un même miroir :

[...] Leeds-Manchester-Bradford : jadis richissime cœur de l’Empire, aujourd’hui friche industrielle et terrain de chasse d’un tueur en série.

Quelques flics obstinés, parfois borderline, s'entêtent d'années en années, obstinés et obsédés, au point de nous faire songer plusieurs fois à Zodiac (même époque, autres lieux), d'autant que l'histoire qui nous est contée ici s'inspire elle aussi d'une histoire vraie, celle de la chasse au tueur du Yorkshire Peter William Sutcliffe.

[...] Une affaire de cette ampleur, tant sur le plan criminel que sur celui de la durée, Rubin n’en avait jamais vu.

Un étrange bouquin où l'on parcourt les années d'enquête à grandes enjambées sans même avoir le temps de s'attacher aux personnages : le côté reportage s'en trouve accentué.
Un polar hyper-réaliste en quelque sorte.


Retour à Little Wing
Retour à Little Wing
par Nickolas Butler
Edition : Poche
Prix : EUR 7,95

3.0 étoiles sur 5 [...] L’amitié facile et tranquille de notre jeunesse avait vécu., 5 janvier 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Retour à Little Wing (Poche)
Passés ses trente printemps, après avoir écumé divers petits boulots, Nickolas Butler fut touché par la grâce au fin fond du Wisconsin.
La grâce de ceux qui prennent la plume pour nous sortir un premier roman superbement écrit : Retour à Little Wing.
Loin des états d'âme éric des citadins de la Côte Ouest ou de la Côte Est, le Wisconsin de Butler est presque à contre-courant de la littérature contemporaine : il y souffle encore les vents des plaines du début du siècle dernier.
C'est pourtant une histoire très actuelle et bien contemporaine que nous raconte Butler : celle d'une petite ville du middle west, celle d'un groupe d'amis.
Il y a Hank, devenu ou resté agriculteur et éleveur.
Il y a Ronny, ancien cow-boy de rodéo, devenu en partie invalide après un accident ... de bouteille.
Il y a Kip, le gars qui a réussi dans la finance à la ville.
Il y a Lee, devenu chanteur à succès (N. Butler était au lycée avec Justin Vernon, le chanteur de Bon Iver).
Et il y a leurs femmes que cache bien mal cette histoire d'amitié virile.
C'est un roman à plusieurs voix (même si l'on sent peu de différences dans les intonations : la voix reste surtout celle de Butler), un roman choral comme l'on dit, où chaque personnage prend tout à tour la parole au fil des chapitres. Ces ruptures de ton et de temps permettent également de franchir les années et de voir évoluer les personnages au fil des déceptions, des écarts, des erreurs, des retours, des mariages et des divorces, ...
On commence ce livre scotché au fauteuil par la qualité du travail d'écriture de Nickolas Butler.
Et puis peu à peu, au fil des chapitres un peu répétitifs, on commence à se lasser des ces histoires de bisounours à la campagne, à l'écart du stress des grandes villes perverties. Des états d'âme, il en sera finalement question : ceux de ces trentenaires et de ces couples qui se cherchent, se perdent et se retrouvent. Un sentiment mélancolique nous envahit peu à peu. Peut-être parce qu'il s'agit avant tout d'une nostalgie, celle d'une vie simple et naturelle, telle qu'on l'imagine à la campagne, telle qu'on l'idéalise dans le passé.
Et l'on en vient à se demander s'il n'a pas manqué à l'auteur la force d'une véritable histoire pour mieux employer sa belle plume.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 24, 2016 3:53 PM CET


Cher pays de notre enfance: Enquête sur les années de plomb de la Ve République
Cher pays de notre enfance: Enquête sur les années de plomb de la Ve République
par Benoît Collombat
Edition : Broché
Prix : EUR 24,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 [...] Un lieu où les non-dits se portent bien., 5 janvier 2016
Il y a des livres qu'on préférerait oubliés au fond de la hotte du Père Noël, qu'on laisserait bien enfouis dans les esprits brumeux de leurs auteurs.
Le dernier album d'Etienne Davodeau est de ces livres-là. Des livres qu'on aimerait ne pas avoir à lire.
Davodeau est l'un de nos auteurs de BD préférés et certainement l'un des auteurs français des plus originaux : il réussit à effacer la ligne de démarcation entre ses albums et la vraie vie, il se met en scène dans ses cases, lui et ses rencontres, lui et ses histoires-reportages.
Avec Cher pays de notre enfance, il renouvelle la recette qui avait fait la réussite et le succès des Ignorants : la BD met en page le travail commun du dessinateur Davodeau avec un ami qui fait un tout autre métier. Et l'on apprend plein de choses et sur le travail de l'un et surtout sur celui de l'autre.
Mais cette fois le partenaire de Davodeau est Benoit Collombat reporter à France Inter et si Les Ignorants nous faisaient découvrir dans le monde chaleureux de la viticulture, le nouveau tandem nous fait visiter cette fois les égouts nauséabonds de notre République.
L'art de Davodeau nous permet de découvrir le travail d'enquête rigoureux et minutieux des journalistes d'investigation (on pense un peu à L'enquête, le film sur l'affaire Clearstream) : les témoins qui veulent rewriter leurs déclarations, les témoins qui ne veulent pas se faire dessiner (le coup de crayon inquisiteur ferait-il plus peur que l'appareil photo ?).
On sait que les journalistes publient régulièrement de gros pavés qui détaillent le résultat de leurs enquêtes et qui font la une des médias pendant quelques jours : des bouquins trop épais, trop rébarbatifs, trop peu lus ...
Mais cette BD se lit comme un polar et Davodeau sait parfaitement comment nous prendre par la main et nous guider pas à pas, tout au long de la visite (nul besoin de connaître l'Histoire de cette période, juste de s'y intéresser).
Un résultat remarquable et une alchimie très réussie entre le travail du dessinateur et celui du journaliste. Entre le poids des mots et la force des dessins.
Ok, mais ça parle de quoi ?
Depuis seulement deux ou trois ans, les dossiers concernant le SAC, le Service d'Action Civique, sont peu à peu déclassifiés. Enfin : certaines pages de certains de ces dossiers.
Les derniers protagonistes disparaissent également (Charles Pasqua est décédé en juillet 2015).
Le 30 juin 1971, le Gang des Lyonnais braquait l'Hôtel des Postes à Strasbourg.
Le 3 juillet 1975, le juge Renaud était assassiné à Lyon.
Le 30 octobre 1979, le ministre Robert Boulin était suicidé dans quelques centimètres d'eau.
Le 18 juillet 1981, le responsable marseillais du SAC Jacques Massié et sa famille étaient massacrés, ce fut la tuerie d'Auriol.
Le SAC, milice gaulliste qui prend ses racines dans la Libération puis la Guerre d'Algérie, est le fil conducteur qui relie toutes ces affaires, toujours étouffées, jamais élucidées : quelques assassins courent encore, beaucoup ont disparu, certains y ont été aidés.
Pour les auteurs, le SAC est en quelque sorte inscrit dans l'ADN de notre République.
L'album évoque toutes ces affaires et les auteurs établissent les connexions entre elles, les cadavres s'empilent comme dans un mauvais polar.
On regrette juste que les chapitres s'enchaînent parfois sans lien véritable (autre que le SAC à l’œuvre) comme ces pages sur l'histoire ouvrière des usines PSA : des pages instructives, réussies mais sans connexion directe avec les autres affaires. Les auteurs semblent avoir hésité entre une 'petite' histoire du SAC et le décorticage des 'grandes' affaires Renaud et Boulin.
Cette lecture est passionnante, effarante et obligatoire.
Pour celles et ceux qui aiment les affaires.


Un arrière-goût de rouille
Un arrière-goût de rouille
par Philipp Meyer
Edition : Broché
Prix : EUR 8,70

5.0 étoiles sur 5 [...] De son plein gré au-devant des ennuis., 18 décembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Un arrière-goût de rouille (Broché)
Vallée de la Monongahela - la Mon' - banlieue de Pittsburgh, Pennsylvanie.
Depuis près de vingt ans, les usines sidérurgiques qui faisaient battre le cœur d'acier de l'Amérique ont été démantelées.
Dans cette Lorraine des États-Unis où tout a pris Un arrière-goût de rouille, où les anciens sidérurgistes en sont réduits à braconner pour remplir le congèl' et nourrir leur famille, le jeune Isaac et son ami Billy Poe traînent leur désespoir.
Isaac aurait bien voulu faire des études d'astrophysique, il en avait les capacités. Alors il décide de prendre la route vers l'ouest et ses radiotélescopes. Réaliser son rêve.
Les deux jeunes gens n'iront pas bien loin et le rêve s'arrêtera page 35, lorsque Billy et Isaac trébucheront sur le cadavre d'un sdf qu'ils viennent de trucider un peu par accident.
Philipp Meyer fait parler de lui en ce moment avec un second roman, Le fils, lauréat de plusieurs prix littéraires. Mais on a préféré découvrir d'abord son premier bouquin, sorti il y a déjà six ans.
Et dès 2009, la renommée de cet auteur n'était pas usurpée : on est rapidement happé par une écriture forte, faite de petites phrases sèches et dures. Une plume faite pour décrire les âmes en peine qui errent dans la vallée abandonnée.
Un rythme original, presque poétique, aussi lancinant qu'une sourde douleur, auquel il faut s'habituer mais qui finit par vous imprégner de la sombre ambiance de cet ancien pays industriel aujourd'hui déserté. Des paysages très prégnants presque obsédants où l'on constate à nouveau la proximité des américains avec leur 'nature'.
On passe de chapitre en chapitre de l'un à l'autre, Isaac, Billy Poe, la sœur de l'un, la mère de l'autre, le shérif, le père enfin, ... Une partition à plusieurs voix menée par un chef d'orchestre qui maîtrise parfaitement sa chorale.
Tous sont englués entre des passés que l'on regrette et des avenirs qui n'arriveront jamais. Noir c'est noir. Un p'tit noir serré, plein d'amertume.
Les plus chanceux ont réussi à quitter la vallée de la Mon', comme ils le pouvaient.
Lee, la sœur, en épousant un riche dépressif.
La mère, en se lestant les poches avec des cailloux avant de traverser la rivière gelée.
Nous voici avec ceux qui n'ont pas pu partir et qui sont restés.
Ça commence comme un roman social, une histoire d'une banalité à faire peur, mais dont on sent bien qu'elle n'aurait pas pu se dérouler ailleurs que dans cette vallée.
Et puis peu à peu, tout cela vire au roman noir, de ceux où l'on voit très vite que ça va très mal finir, parce que chacun des personnages est celui qu'il ne fallait pas, là où il ne fallait pas, quand il ne fallait pas. Et qu'il a fait ce qu'il ne fallait pas faire.

[...] Il savait que ça risquait de mal tourner mais il était aller de son plein gré au-devant des ennuis.

Mieux vaut ne pas être dépressif avant d'ouvrir un roman de Philipp Meyer !
Mais il ne faut surtout pas passer à côté de cette belle et originale plume.
Rendez-vous donc en 2016 avec Le fils !
Pour celles et ceux qui aiment les villes au passé industriel.


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