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Tornado (Provence Côte d'Azur)
(TOP 50 COMMENTATEURS)    (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)   

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COFFIN HILL tome 1
COFFIN HILL tome 1
par Collectif
Edition : Album
Prix : EUR 15,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Paint it Black, 7 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : COFFIN HILL tome 1 (Album)
Ce recueil regroupe les sept premiers épisodes de la série "Coffin Hill", réalisés en 2014. Il s'agit d'une série publiée sous le label Vertigo de DC Comics. Le scénario est rédigé par la romancière Caitlin Kittredge et le dessin est l'œuvre d'Inaki Miranda, à l'exception du dernier épisode, dessiné par Stephen Sadowski.

Le pitch : En 2003, A Coffin Hill, en Nouvelle Angleterre, un trio d'adolescentes joue avec le feu en convoquant des esprits au cœur de la forêt par une nuit trop alcoolisée. Mais tout dérape lorsque le jeu devient réalité...
Dix ans plus tard, Eve Coffin revient sur les lieux de sa jeunesse. Seule rescapée du trio, elle revient dans la maison familiale. Sa dynastie, qui dominait jadis la région, est à présent sur le déclin. Mais lorsque de nouveaux événements surnaturels réveillent les souvenirs les plus douloureux, Eve doit faire face à son héritage familial, issu d'une longue lignée de sorcières ayant survécu au massacre de Salem...

Tout le monde le sait puisque nous sommes tous, ou presque, passés par là : Lorsque l'on est adolescent, on veut jouer au grand. On devient alors le "rebelle" qui aime jouer avec le feu, cherche sans cesse à franchir les limites, quitte à se brûler les ailes.
C'est à cette époque que la tentation est grande de goûter aux fruits défendus : Le sexe pour commencer, puis la cigarette, l'alcool et la drogue. Certains vont même plus loin et expérimentent les choses les plus dangereuses, les plus prohibées, les plus extrêmes.
C'est ce tunnel que nous empruntons tous lorsque nous quittons le stade de l'enfance pour accéder à celui de l'âge adulte. Il peut être plus ou moins long, tordu et ténébreux, mais il sera forcément le passage par lequel nous allons forger la part adulte qui sera la notre lorsque nous en atteindrons l'issue.
Mais attention : la réalité est abrupte. Si l'on se brûle les ailes au jeu des plaisirs défendus, on en portera toujours les marques, les cicatrices, les tatouages indélébiles que la vie nous aura gravé sur la chair et dans les tréfonds de l'âme.
C'est cette vérité universelle qui circule au cœur de "Coffin Hill". Et Caitlin Kittredge nous a tissé une véritable parabole qui illustre le passage de l'enfance à l'âge adulte dans ce qu'il peut avoir de plus édifiant, lorsque les conséquences sont lourdes de sens.

Eve Coffin, riche héritière d'une famille de nantis décadents, est ainsi le réceptacle de cette idée selon laquelle l'adolescence peut laisser des marques terribles sur soi et sur son entourage à partir du moment où les choses ont dérapé, où l'éducation a failli, où le cadre des événements n'a pas été le bon. Eve, femme forte et altière, entame alors sa quête accablante : Réparer ce qui peut l'être, empêcher le pire de recommencer. Et c'est tout naturellement que le lecteur l'accompagne dans ce chemin tortueux qui résonne dans son inconscient comme un écho, comme un miroir aux multiples facettes.
Nul doute que Caitlin Kittredge a trouvé le terrain idéal pour son récit fantastique, qui se pare ainsi d'une puissante toile de fond, entrainant le lecteur dans la tourmente de ses propres souvenirs et de son propre parcours...

Parallèlement à la richesse indiscutable de son sous-texte, la romancière a pris soin d'offrir à son récit un décor envoûtant comme un conte gothique à l'esthétisme vénéneux. C'est indiscutablement le versant le plus séduisant de la série, qui développe une atmosphère puissamment addictive, au charme assez irrésistible.
On côtoie ainsi tout ce qui constitue l'attrait des récits horrifiques, où les symboles gothiques des contes de notre enfance (paradoxalement rassurants puisque familiers) se mêlent à la dimension malsaine de ce qu'il y a de pire en ce monde : la part noire qui se cache au fond de nous.
Ainsi, si le décorum de la série est extrêmement classique, voire stéréotypé (des corbeaux, du sang, un look et un maquillage à la "The Cure" pour faire gothique), il se révèle surprenant à force de servir de tremplin à un récit inédit, non pas dans les codes mais dans le traitement. Et les personnages s'imposent peu à peu grâce à une étonnante épaisseur, qui porte l'ensemble au niveau de l'excellence.

Et si l'on tenait là le nouveau Locke & Key ? C'est la question que je me suis tout d'abord posé puisque les deux séries possèdent bien des points communs (des héros adolescents ou jeunes adultes, un cadre horrifique et surnaturel teinté d'une ambiance à la Lovecraft, une région sinistre et un vieux château plein de secrets...). La réponse est non. "COFFIN HILL" est une série classique qui ne possède pas la poésie, la truculence et l'originalité de la géniale création de Joe Hill et Gabriel Rodriguez. Néanmoins, au stade de ce premier tome, je me dis que ses personnages vont rapidement me manquer et que la richesse de cet univers aboutit sur un indéniable constat : Vivement la suite !

Je terminerais par un bémol : Contrairement à mes chers confrères co-commentateurs, je ne suis pas vraiment convaincu par la partie graphique effectuée par Inaki Miranda. Si ses personnages sont suffisamment charismatiques (même en même temps extrêmement lisses, ce qui est complètement paradoxal !), si ses décors sont souvent soignés, voire magnifiques, le découpage des planches n'est vraiment pas très bon et les mouvements des corps sont carrément laborieux, pour ne pas dire du domaine de l'amateurisme. C'est dommage car les dernières pages de croquis sont superbes et témoignent d'un véritable talent pour le dessin entant que tel. Mais il y a un réel problème au niveau de l'art séquentiel : Les vignettes se suivent de manière cacophonique. Les tentatives d'innover narrativement sont ratées, surtout lorsque le même personnage est représenté trois fois dans le même cadre pour illustrer son déplacement. Les ellipses ne sont absolument pas maitrisées et les passages entre un espace et un autre subissent une coupure brutale qui gêne la compréhension des séquences. Et encore une fois, Inaki Miranda ne maitrise pas du tout le mouvement des corps, qui sont trop souvent figés et maladroits, sauf lorsque l'artiste utilise des modèles photographiques (ce qui parait évident dans certaines cases, tant l'écart et visible d'une pose à l'autre). J'ai ainsi regretté, à la lecture du septième épisode illustré par Stephen Sadowski, que ce dernier, au style classique mais impeccable, n'ait pas dessiné l'ensemble de la série.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 8, 2015 10:44 AM CET


Return to Salems Lot [Import USA Zone 1]
Return to Salems Lot [Import USA Zone 1]
DVD ~ Michael Moriarty
Proposé par musique-pour-vous
Prix : EUR 11,95

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
1.0 étoiles sur 5 Sales (M) lots, 3 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Return to Salems Lot [Import USA Zone 1] (DVD)
Ce DVD est un import USA. Il ne sera pas visible sur un lecteur Zone-2 européen. C'est néanmoins le seul support disponible à l'heure actuelle sur lequel on peut visionner le film.

Le synopsis : L'anthropologiste Joe Weber, humaniste comme une truelle, retourne à Salem's Lot, ville de son enfance. Il est accompagné d'un insupportable fils en pleine crise d'adolescence qu'il n'a jamais élevé. Tous deux découvrent que cette petite ville du Maine est désormais peuplée de vampires. Puisque Weber est un modèle d'intégrité (nan, je plaisante), les vampires, rusés comme des chauves-souris, lui demandent d'écrire leur histoire. Dans un premier temps, le placide Weber, qui envoie des bourre-pif à tous ceux qui croisent son chemin, accepte la proposition. Mais il change d'avis lorsque son insupportable gamin lui avoue qu'il a décidé de se joindre à toute cette communauté de joyeuses goules, qui préfèrent par ailleurs vampiriser des vaches endormies que des humains innocents (!). C'est alors que Weber rencontre le chasseur de nazis "Van Meer", qui arrive également à Salem et qui, ça tombe bien, n'a pas peur des vampires...

"Return to Salem's Lot" est un film d'horreur réalisé en 1987 par Larry Cohen. Il est sorti en France sous le titre "Les Enfants de Salem". Il s'agit de la suite de la mini-série télévisée Les Vampires de Salem, qui avait été réalisée par Tobe Hooper en 1979, d'après Salem, le roman de Stephen King.
Bien que présenté dans les adaptations officielles des œuvres de Stephen King, "Les Enfants de Salem" ne reprend en rien les lignes d'une quelconque création de l'auteur de Misery, et ne peut prétendre au titre d'adaptation de manière directe.
Il ne s'agit que de la suite du film "Les Vampires de Salem", et cette suite ne reprend les éléments du roman de Stephen King que comme point de départ.
Stephen King n'est donc nullement responsable de ce fiasco...

Car "Return to Salem's Lot" est un navet de première bourre. Une fiente. Un reliquat du cinéma d'horreur 80's ni fait ni à faire. Et allez savoir pourquoi le réalisateur Samuel Fuller est venu ici jouer les chasseurs de nazis qui chassent les vampires !
Des nanars, j'en ai vu tant et plus, et j'adore ça. Surtout en ce qui concerne les films fantastiques en général et les films d'horreur en particulier qui, lorsqu'ils sont ratés, ont souvent le mérite d'être drôles. Mais "Les Enfants de Salem" n'est même pas drôle. Il n'est d'ailleurs ni effrayant, ni glauque, ni dérangeant, ni beau plastiquement, ni quoique ce soit (les effets spéciaux et autres maquillages horrifiques sont pathétiques). Il est juste nul. Et les incohérences abondent d'une ligne à l'autre de manière ostentatoire (Exemple : Van Meer perd ses lunettes et ne peut ainsi plus conduire sa bagnole. Il est alors invité par Weber et ils se font copains pour attaquer les vampires à deux. Immédiatement après, lorsqu'ils partent à l'attaque, Van Meer conduit sa bagnole sans lunettes et sans soucis...).
Des personnages têtes à claque, un héros à gerber, des vampires enfants, papis et mamies ridicules, des seconds rôles honteux. Direct poubelle...
Alors ? Y a-t-il encore quelqu'un, dans l'assemblée, qui regrette que cet extrait de film n'ait toujours pas été édité sous nos latitudes ?
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 4, 2015 1:32 PM CET


Spirit, Tome 3 :
Spirit, Tome 3 :
par Darwyn Cooke
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Le bon état d'esprit, 1 février 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Spirit, Tome 3 : (Broché)
Ce recueil regroupe les épisodes "The Spirit" #9 à 12. C'est le troisième et dernier tome de la série sous l'égide de Darwyn Cooke, auteur complet de cette reprise du personnage emblématique créé dans les années 40 par le grand Will Eisner. L'encrage est effectué par J. Bone et la mise en couleur est l'œuvre de l'excellent Dave Stewart. L'ensemble a été publié initialement entre fin 2007 et début 2008.

En 2007, Darwyn Cooke, fort de son succès sur la magnifique mini-série La Nouvelle Frontière, s'attaque au Spirit, le comic-book culte par excellence !
Pour se mettre en route, il réalise un premier one-shot sous la forme d'un crossover avec Batman, épaulé par le scénariste Jeff Loeb, avant de se lancer tout seul dans une série régulière entièrement dédiée au "Spirit" ! (voir Le Spirit, Tome 1 : Résurrection, puis Le Spirit, Tome 2 : Bombe à retardement).

Comme il le fait depuis le départ, Darwyn Cooke opte systématiquement pour des récits courts, chaque épisode étant une sorte de "one-shot". Pourtant, l'auteur construit peu à peu un ensemble à tiroirs dont les intrigues finissent par former un tout, une sorte de mythologie interne, dont les fils se rejoignent.
Ce troisième tome marque en quelque sorte l'aboutissement de ce concept et s'impose comme une récompense pour le lecteur qui suit des aventures qui pouvaient jusqu'ici paraître un peu fades.
En effet, si Cooke avait choisi d'occulter volontairement la dimension surnaturelle de la création de Will Eisner pour verser dans le polar urbain plus ou moins naturaliste, il opère désormais un virage à cent quatre-vingt degrés en réintroduisant cette orientation fantastique. Et voilà que le "Spirit" doit affronter une armée de zombies réveillées par "El Morte", sont pire ennemi sorti d'outre-tombe !
Par ailleurs, le choix du second degré amusé qui enrobait les tomes précédents est également évacué au profit d'intrigues beaucoup plus sombres, dans la grande tradition du roman noir. Le dernier épisode est d'ailleurs une perle en forme d'hommage à l'âge d'or du film noir hollywoodien, enrobé d'un irrésistible charme vénéneux.

Au niveau de la mise en forme, l'art de Darwyn Cooke est désormais à son apogée et l'épisode intitulé "Le Jour des Morts" est un grand moment de mise en scène séquentielle, portée par des visuels saisissants, étonnants pour un dessinateur possédant un style plutôt cartonnesque au départ.
Le dessin de l'auteur possède toujours cette patine "rétro" qui participe si bien à l'hommage dédié au créateur de la série originelle. La construction de chaque récit est conceptuelle et le style des épisodes offre un mélange entre les pulps des années 30 et l'esthétique des années 50, avec ses pinups et son Amérique de carton-pâte. Cet aspect postmoderne, qui condense plusieurs époques pour n'en former aucune (les personnages utilisent des téléphones portables et les dialogues sont parfaitement modernes), trouve enfin une toile de fond appropriée et, si le début de la série n'avait pas été aussi fade, on se dit que l'ensemble valait finalement le détour et que l'on pencherait volontiers pour un ☆☆☆☆☆...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 1, 2015 7:40 PM CET


Shining (mini-série)
Shining (mini-série)
DVD ~ Rebecca De Morney
Prix : EUR 10,07

7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Pleins et déliés, 27 janvier 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Shining (mini-série) (DVD)
Stephen King écrit son roman "Shining" en 1977. C'est sa troisième publication et, avec le recul, on s'aperçoit qu'elle canalise déjà une grande partie de ses thèmes récurrents.
En 1979, le réalisateur Stanley Kubrick adapte le roman pour le succès que l'on sait.
En 1997, une nouvelle adaptation voit le jour sous la forme d'une mini-série en trois parties de 87 minutes réalisée par Mick Garris, un habitué des adaptations de l'écrivain (on lui doit notamment La Nuit déchirée, Le Fléau, Riding The Bullet, Desolation et Bag of Bones !). C'est de cette dernière adaptation qu'il s'agit ici.

Le pitch, tout le monde le connait : Une petite famille (le père, la mère et le tout jeune fils) s'installe pour l'hiver dans un grand hôtel de luxe qui n'est ouvert que l'été. Car Jack Torrance (le père), qui sort d'une douloureuse période d'alcoolisme, voit ainsi l'opportunité, en acceptant la maintenance de l'hôtel durant sa période hivernale de fermeture, de reconstruire sa vie auprès de ses proches. Jack projette également, en dehors de ses moments de travail de maintenance, de se mettre à l'écriture.
Jack est un homme de bonne volonté mais son tempérament colérique l'a jusqu'ici desservi. C'est le terreau sur lequel l'hôtel "Overlook", doté d'une conscience et habité par des esprits malveillants, va s'appuyer afin de le posséder. Mais l'esprit de l'hôtel convoite surtout "Danny", le fils de jack. Car Danny possède le "Shining" (le "don de lumière"), une faculté de médium extrêmement puissante, qui le rend sensible aux forces surnaturelles et lui permet de voir l'avenir. Si l'hôtel parvenait à tuer Danny et à intégrer son esprit au sien, il pourrait ainsi posséder ses pouvoirs...
En plein cœur de l'hiver et alors que l'hôtel est quasiment inaccessible en raison de la neige qui l'isole, Jack finit par devenir un danger pour sa famille...

Sur bien des points, l'aspect horrifique du roman originel n'est qu'un vernis derrière lequel l'écrivain dresse une éprouvante mais passionnante toile de fond sur la détérioration de la cellule familiale. La menace de l'alcoolisme, celle des déviances du quotidien comme la maltraitance de l'enfant due aux colères parentales, l'effritement des sentiments amoureux, la précarité financière et la perte de confiance s'imposent comme autant de thèmes qui traversent le récit et s'imposent comme des menaces au moins aussi palpables que celles des fantômes et autres esprits malfaisants qui hantent l'hôtel "Overlook". La bâtisse, qui isole la cellule familiale du reste du monde social et la confronte à elle-même, canalise ainsi toutes ces menaces et les exacerbe afin de déverser sa malveillance naturelle, comme une métaphore de cette détérioration.
King a imaginé un cadre édifiant pour illustrer cette descente aux enfers. Construit par un homme malfaisant et dont l'histoire est parsemée de tragédies, de suicides suspects et de meurtres atroces, l'hôtel a fini par tisser des liens malsains et surnaturels avec l'esprit de ses défunts clients, des mondains jouisseurs à la morale déviante. Ainsi, cette construction de l'homme devient le réceptacle de toutes ses malveillances inconscientes, qui se retournent contre les âmes égarées et se déchainent lorsque celles-ci sont isolées et en proie à leurs propres tourments.
L'écrivain reprendra ce dernier thème bien des années plus tard, lorsqu'il imaginera le scénario de la mini-série télévisée Rose Red diffusée en 2002.

Cette mini-série télévisée réalisée en 1997 ne doit pas être considérée comme un remake du film de Stanley Kubrick, mais plutôt comme une nouvelle adaptation voulue la plus fidèle possible par Stephen King lui-même, qui officie pour le coup entant que scénariste, producteur et superviseur à la mise en scène.
Si l'écrivain respectait la version de Kubrick pour ses qualités strictement cinématographiques, il ne cachait pas sa déception en termes d'adaptation. Il souhaitait depuis longtemps s'atteler à une nouvelle version, afin que ses propres thèmes soient bien présents et que toutes les scènes évacuées ou transformées par le réalisateur de 2001 : l'odyssée de l'espace soient restituées de manière fidèle et développées en harmonie avec sa propre vision du récit.
Le thème de la détérioration de la cellule familiale et la menace latente de l'alcoolisme (et donc deux des thèmes majeurs de l'écrivain) sont ainsi ramenés au premier plan, et de nombreux détails absents de la version de 1979, ou différemment exploités, sont cette fois repris scrupuleusement, l'ensemble étant rendu possible étant donné la très longue durée du téléfilm (plus de 4h15 !).

Si la forme télévisuelle de cette nouvelle adaptation joue forcément en sa défaveur, avec une mise en scène un peu froide et des effets spéciaux assez limités (et ce malgré un budget conséquent de 25 000 000 $), le résultat n'en est pas moins extrêmement réussi. A la base de cette réussite, il y a évidemment l'écriture généreuse de Stephen King, qui soigne comme à son habitude la caractérisation des personnages principaux, qui vibrent d'une humanité riche et complexe. Le personnage de Jack Torrance (quand bien même Steven Weber ne parvient pas à nous faire oublier Jack Nicholson) s'impose ainsi comme un individu aux multiples facettes, capable d'embrasser une multitude de sentiments ambivalents.
Les acteurs sont tous de solides artisans et le casting est dans l'ensemble très réussi, avec une magnifique interprétation de Rebecca de Mornay (la mère) et une présence habitée du tout jeune Courtland Mead (le fils). Pour le reste, les vétérans Melvin Van Peebles, Eliott Gould et Pat Hingle complètent ce casting de manière optimale.

Les spectateurs les moins impressionnables pourront toujours faire la fine bouche, mais le résultat est pour le moins prenant et angoissant. Et ces trois parties vous réservent de grands moments de terreur glaçante et viscérale, avec des instants bucoliques et envoûtants traversés de fulgurances tétanisantes (le sommet étant évidemment atteint à l'intérieur de la "Chambre 217").
La mini-série avance ainsi inexorablement vers une descente aux enfers qui met à rude épreuve les nerfs et la résistance du spectateur, qui assiste à la destruction de la famille "Torrance" comme s'il en faisait partie, vivant ses tragiques et épouvantables événements de l'intérieur, isolé avec elle au milieu des neiges angoissantes et infranchissables du Colorado.
La peur va et vient au rythme des séquences et, paradoxalement, s'intensifie lorsqu'il ne se passe rien. Je m'explique : Si les apparitions des esprits de l'hôtel ne sont pas effrayantes (à l'exception de la femme de la "Chambre 217" et de quelques fantômes masqués), toutes les scènes où la menace est hors champ sont quasi-insoutenables. Et c'est dans ces moments d'attente interminable, lorsque l'on se demande ce qu'il va se passer au son d'une musique angoissante au plus haut point, que le cœur se met à battre avec d'autant plus d'empressement...
Le film est ainsi extrêmement bien rythmé et équilibré, et l'on suit ces quatre heure quinze avec une addiction sans faille.
Certainement l'une des adaptations des romans de Stephen King parmi les plus réussies.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (10) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 28, 2015 7:43 PM CET


Shadowland: Daredevil
Shadowland: Daredevil
par Andy Diggle
Edition : Broché
Prix : EUR 14,54

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Maximum carnage, 26 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Shadowland: Daredevil (Broché)
En 2010, chez Marvel Comics, il y a deux gros "events" (événements-crossover avec moult héros en slip) : D'un côté, Siege, qui regroupe les plus grands et plus puissants super-héros Marvel. De l'autre, Shadowland, qui réunit tous les héros "urbains" du même univers (Daredevil, Spiderman, Iron Fist, Luke Cage, Moon Knight, Ghost Rider, etc.). Soit deux événements qui marquent la fin du Dark Reign.

Mais "Shadowland", c'est surtout l'aboutissement de la série "Daredevil", qui s'apprête à changer d'orientation éditoriale. En effet, après avoir été l'une des séries Marvel les plus sombres, réalistes et tourmentées réalisées depuis bien des années, les responsables de la "Maison des idées" ont décidé de revenir à quelque chose de plus léger et plus directement ouvert sur un esprit "super-héroïque". "Shadowland" sert ainsi de transition entre ces deux périodes distinctes...
Quoiqu'il en soit, "Shadowland" fait tout de même office de crossover et implique diverses publications de manière simultanée. En France, l'intégralité de la saga a été publiée dans pas moins de quatre recueils distincts. La mini-série principale, intitulée "Shadowland", a été publiée dans le magazine Marvel Heroes Extra N°7. Trois mini-séries satellites ont été regroupées dans Shadowland : Rues de sang ; Moon knight ; Power man. Quatre one-shot dédiés respectivement à "Spiderman", "Bullseye", "Elektra" et "Ghost Rider" ont été réunis dans le magazine Marvel Universe Hs N°10. Quant aux épisodes dédiés à "Daredevil", qui sont regroupés dans le présent recueil, ils ont été publiés dans Daredevil, Tome 22 : Shadowland...

Par rapport à la mini-série principale, ces épisodes connexes développent moins la trame principale (qui peut se résumer à une série de bastons) et davantage les retombées sur l'entourage civil de Matt Murdock, c'est-à-dire "Foggy Nelson", "Dakota North" et "Becky Blake", ainsi que la police de Hell's Kitchen et le "Lieutenant Kurtz". Il s'agit ainsi d'un complément aux événements de "Shadowland", mais qui sont tout de même intrinsèquement liés au récit principal puisque, dans l'absolu, les scénaristes Andy Diggle & Anthony Johnston ont écrit les épisodes "Daredevil #508 à 512" (et donc les épisodes ici présents), afin qu'ils soient lus de manière intermittente avec ceux de la mini-série "Shadowland". Ainsi, si vous suivez bien, il s'agit de commencer par le premier épisode de "Shadowland", d'enchainer sur l'épisode "Daredevil #508", puis sur le second épisode de "Shadowland", puis sur l'épisode "Daredevil #509", et ainsi de suite pour un total de onze épisodes, avant de passer à la mini-série épilogue intitulée Daredevil: Reborn, qui fait office de transition avec la nouvelle orientation de la série et le run du scénariste suivant (Mark Waid)...

Pour autant, il ne se passe pas grand chose d'extraordinaire dans ces épisodes #508 à 512 et l'on se dit, avec le recul, que les scénaristes se sont contentés de donner une impression de densité plutôt factice, sans véritablement chercher à raconter quelque chose de particulièrement important ni même inspiré.
L'ensemble est un peu rehaussé par les planches absolument somptueuses de l'équipe artistique. Mais quel gâchis ! Car les dessinateurs Marco Checchetto & Roberto De La Torre (qui illustrent respectivement un épisode sur deux) et les coloristes Matt Hollingsworth & Morry Hollowell nous ont concocté des visuels extraordinaires, dans la lignée de ceux d'Alex Maleev et Michael Lark (les dessinateurs des runs précédents), peut-être encore plus parfaits et immersifs. Leur technique faite de mélanges divers entre photographies, infographie et dessins, est ainsi mille fois supérieure à celle du très classique Billy Tan, qui illustre la mini-série principale !
Et puis, si l'on y réfléchit, voilà un parti-pris artistique qui ne correspond pas vraiment avec la nouvelle orientation ouvertement super-héroïque et fantaisiste de la série.
A l'arrivée, ce recueil est l'un des moins bons de la collection au niveau du scénario. Il achève une série d'épisodes qui auront commencé avec Daredevil : Lady Bullseye. Probablement l'une des moins bonnes de toute la carrière de notre justicier aveugle...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 26, 2015 9:40 PM CET


HULK T01 : QUI EST LE HULK ROUGE ?
HULK T01 : QUI EST LE HULK ROUGE ?
par Jeph Loeb
Edition : Album
Prix : EUR 28,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Hulk voit rouge, 25 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : HULK T01 : QUI EST LE HULK ROUGE ? (Album)
Ce recueil regroupe les neuf premiers épisodes du run de Jeff Loeb sur la série "L'Incroyable Hulk", réalisés en 2008 avec le dessinateur Ed Mc Guiness. Art Adams et Frank Cho le relayent néanmoins sur les épisodes 7 à 9.

Il parait que lors de leur sortie, les lecteurs se sont passionnés pour ces épisodes avec comme intérêt principal la question suivante : "Qui est Hulk Rouge ?". Effectivement, le scénariste Jeff Loeb joue sur le mystère de l'identité de ce nouveau venu dans l'univers des super-héros Marvel. Et d'ailleurs, personne ne sait encore qui il est à l'issue de ce premier tome (sur trois) de la collection deluxe dédiée à la série.

Je suis désolé de le dire, mais bien que j'adore Jeff Loeb (Les héros Marvel, Batman : Un Long Halloween), ce premier recueil m'est tombé des mains. Je me suis efforcé de le lire jusqu'à la fin, mais ce n'est franchement pas une réussite.
D'une manière décomplexée, Loeb a abordé cette série en axant l'essentiel de son scénario sur les scènes de baston. En inventant ce double de Hulk en rouge, il a ainsi assuré le résultat en termes de combats et n'a pas hésité un seul instant à convoquer dans la mêlée tous les super-héros les plus puissants de l'univers Marvel, comme "Thor", "Ares", "Sentry" ou "Iron man", les ennemis habituels de Hulk comme le "Wendigo", allant même jusqu'à en inventer de nouveaux (Rick Jones devenant "A-Bomb", un double de "l'Abomination").

J'ai touché le fond avec les épisodes #7 à 9, illustrés en alternance par Art Adams et Frank Cho. Arrivé à ce stade, Loeb préfère s'amuser et verser dans le délire que réaliser un véritable scénario. Il imagine ainsi davantage une grosse farce qui tâche plutôt qu'une histoire, n'hésitant pas à tomber dans le loufoque au détriment de toute cohérence (Bruce Banner qui se transforme respectivement en "Joe Fixit" -le Hulk gris-, en Hulk vert puis en "Wendihulk" !). Quant à l'affrontement entre le Hulk rouge et toutes les super-héroïnes en string, il ne s'agit que d'un prétexte à mettre en scène une série de planches aux allusions salaces.
L'ensemble est tout simplement vulgaire. Et le lectorat visé n'est certainement pas le même que lorsque ce brillant scénariste écrit Spider-Man : Bleu ou Batman : Amère victoire. En revanche, on peut associer ce travail à celui d'Ultimatum, réalisé quelques années plus tôt...

Excepté le mystère qui entoure l'identité de ce nouveau "Hulk", le scénario est d'un simplisme confondant de nullité et d'idiotie. Tous les personnages qui convergent vers l'action le font gratuitement et de manière fortuite, uniquement pour assurer le spectacle. Et le lecteur est invité au match comme on est invité à un match de catch, face à un scénario prétexte entièrement bidon et puéril.
L'ensemble est donc convenu, grossier et proprement décérébré. Et cette série n'est réservée qu'à un certain type de lectorat : Les gros bourrins qui ne cherchent qu'à voir des super-héros Marvel qui se bastonnent, d'abord. Les complétistes et autres accrocs à la continuité qui veulent absolument connaitre les origines du Hulk rouge (que l'on appelle désormais "Rulk" !), ensuite. Et pour terminer, les lecteurs bon-enfant qui cherchent à se distraire et qui prendront l'ensemble au second degré en appréciant les vignettes king-size d'Ed Mc Guiness, les beaux dessins d'Art Adams et les jolies nanas de Frank Cho (mes deux étoiles sont là pour ça).

Et dire que j'avais toujours voulu lire ces épisodes ! La seule chose qui pourrait me donner envie de continuer l'aventure, c'est évidemment le suspense qui entoure l'identité secrète de "Rulk" et la résolution de ce mystère (qui n'en est d'ailleurs plus un aujourd'hui). Mais non, décidément, c'est beaucoup trop mauvais pour que je m'acharne...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 25, 2015 9:33 AM CET


Le Journal d'Ellen Rimbauer
Le Journal d'Ellen Rimbauer
DVD ~ Lisa Brenner
Proposé par CASHNET
Prix : EUR 32,90

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Les chroniques de Rose Red, 24 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Journal d'Ellen Rimbauer (DVD)
Stephen King ? Et bien non, l'écrivain n'est pas à la plume ici, ni au niveau du scénario, ni au niveau du roman initial (Le Journal d'Ellen Rimbauer : Ma vie à Rose Red), ni même au niveau du script. "Le Journal d'Ellen Rimbauer" n'est donc pas "un Stephen King" et ce n'est pas l'adaptation de l'un de ses romans.
Ce téléfilm a été réalisé en 2003 par Craig R. Baxley et a été écrit par Ridley Pearson, d'après son propre roman. Alors pourquoi diantre parle-t-on de Stephen King ?

A l'origine, King souhaitait écrire le remake du film La Maison du Diable, réalisé en 1963 par Robert Wise. En 1990, le romancier approcha Steven Spielberg mais les deux hommes ne s'entendirent pas du tout sur le résultat. Stephen King se détourna du projet et Spielberg le produisit de son côté avec le réalisateur Jan de Bont. Hantise sortit ainsi en 1999 et se traine depuis l'une des pires réputations de nanar de l'histoire du cinéma d'épouvante...

Au début des années 2000, Stephen King est victime d'un accident de la route. Choqué, il entame une thérapie en reprenant son projet de maison hantée à la base. Il rédige ainsi le scénario d'une mini-série télévisée qui sortira en 2002 : Rose Red.
S'il préserve le point de départ du script de "La Maison du Diable" (un professeur de parapsychologie invite un groupe de personnes possédant des aptitudes psychiques à intégrer une maison réputée hantée afin de mener une expérience paranormale), qui était à l'origine un roman de Shirley Jackson, il dévie ensuite de cette ligne narrative pour développer sa propre intrigue. Il reprend alors le décor d'une véritable maison possédant la réputation adéquate (la mystérieuse "Maison Winchester", dont l'intérieur est aménagé de manière complètement incohérente, un peu comme si la maison s'était construite elle-même de façon capricieuse !), qu'il déplace de la Californie à Seatle.
Comme à son habitude, l'écrivain parvient à injecter une toile de fond pleine de sens en imaginant cette maison construite avec des pierres du vieux continent transportées dans le "nouveau monde", dont la mise en chantier est initiée par un homme mauvais, qui épouse une femme qu'il va peu à peu souiller de ses déviances (souvent sexuelles). Eprise de sa maison davantage que de son mari, la jeune femme va tisser des liens malsains avec la demeure, qui développera de manière vengeresse et ostentatoire toutes ses malveillances inconscientes (soit un thème déjà abordé de manière plus ou moins proche dans Shining)...

Ensuite, King va jouer sur les poncifs du genre en préparant une campagne publicitaire basée sur le fameux postulat "inspiré d'une histoire vraie", qui est devenu l'apanage des films de maison hantée (on se souvient d'Amytiville la Maison du Diable dont certains pensent encore qu'il s'agissait quasiment d'un documentaire !). Il laisse alors finement entendre qu'il existe quelque part "le journal intime d'Ellen Rimbauer", la jeune femme qui habita le manoir "Rose Red", dans lequel de nombreuses personnes disparurent de manière mystérieuse, et qui est devenue sa principale source d'inspiration...
Par delà les réseaux sociaux, la rumeur se répand et "Rose Red" devient ainsi la nouvelle maison hantée sur laquelle il faut compter ! La production demande alors à l'écrivain Ridley Pearson d'entamer la rédaction du roman "Le Journal d'Ellen Rimbauer", qui narre la genèse de "Rose Red" et dont l'adaptation télévisuelle sera tournée en 2003. Voilà pour l'histoire !

Cette préquelle de "Rose Red" est par ailleurs très réussie. La reconstitution dans les décors du début du XXe siècle à Seatle est de toute beauté et la mise en scène est à la fois sobre et raffinée. Le quotidien de l’aristocratie des années 1900 est également très bien rendu et le spectateur découvre de l'intérieur le passé de "Rose Red" qui avait été évoqué dans la mini-série de 2002.
Certains acteurs du téléfilm originel ont été repris (notamment Tsidii Le Loka, qui interprète "Sukeena", la domestique africaine et confidente de la jeune Elle Rimbauer) et plusieurs événements à peine effleurés dans "Rose Red" sont entièrement dévoilés, avec parfois quelques surprises.
Le classicisme de la mise en forme ne destine pas le film à sortir des sentiers battus, mais ce dernier offre en tout cas un très bon complément à la mini-série écrite par Stephen King...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 24, 2015 6:54 PM CET


Fox-Boy T1 - La Nuit du renard
Fox-Boy T1 - La Nuit du renard
par Laurent Lefeuvre
Edition : Album
Prix : EUR 15,50

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 French totem, 22 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Fox-Boy T1 - La Nuit du renard (Album)
"Fox-Boy : La Nuit du Renard" est le premier tome d'une série entièrement conçue par Laurent Lefeuvre, qui effectue la réalisation du scénario, du dessin et de la couleur. L'album a été publié initialement en 2014, bien qu'il ait fait l'objet d'une première publication en noir et blanc dans un périodique breton pour la jeunesse.
C'est l'histoire de "Pol Salsedo", un jeune lycée de 17 ans arrogant et prétentieux qui hérite de superpouvoirs en se réfugiant, à l'issue d'une rixe dont il fut l'initiateur, dans la boutique d'un mystérieux fakir ! Ce dernier le transforme en "renard-garou" et ces facultés surhumaines (aptitudes physiques et mentales augmentées par l'adrénaline) deviennent autant un don qu'une malédiction, transformant peu à peu le caractère du jeune homme, qui grandit au rythme des épreuves que lui réserve cette nouvelle existence super-héroïque...

"Fox Boy" est ainsi un super-héros français, et plus exactement breton. Car Laurent Lefeuvre a pris soin de placer l'action de ses aventures dans la ville de Rennes dont il dresse un portrait saisissant de réalisme, chaque rue et chaque bâtiment étant immédiatement reconnaissable (et je précise que je ne suis pas rennais, même si j'y suis allé plusieurs fois et que j'adore cette ville. Probablement l'une des plus belles et agréables de notre beau pays. Un endroit magique, doté d'une personnalité culturelle unique).
De manière plus réaliste encore, notre héros en costume de renard (qui ne ressemble à rien en fait !) évolue dans un contexte social et urbain dominé par l'actualité brûlante et les questionnements liés aux vrais problèmes de société, comme le racisme, la lutte des classes et le harcèlement moral.
Lire "Fox Boy", c'est lire l'équivalent d'un comic-book (la série est publiée sous le label "Comics Fabric" de l'éditeur Delcourt) repensé à l'aune d'une époque moderne, encrée dans le réalisme social le plus naturaliste.

A côté de cette toile de fond d'une justesse et d'un réalisme de tous les instants, l'auteur n'oublie néanmoins pas le côté fantastique de sa création qu'il justifie constamment sur le terrain de l'hommage et de la référence, la plus-part du temps adressés aux comics américains en général et à l'éditeur Marvel Comics en particulier. Ainsi, les origines de "Fox Boy", qui obtient ses pouvoirs grâce à la magie du fakir "Dotki", renvoient directement à la série "Dr Strange" ("Dotki" étant évidemment l'anagramme de "Ditko", le créateur du personnage). Le parcours lycéen de Pol, obligé de jongler avec ses activités de super-héros urbain, est un dérivé de celui de Peter Parker (Spiderman), dont il devient l'équivalent outre-Atlantique. Le personnage de "Nizar" s'impose comme un double de celui de "Flash Thompson", mais passé au crible du brassage des cultures de notre époque contemporaine. Et bien entendu, le wonder-boy "Mikaël Marek" résonne comme un double d'Iron-man, le bonhomme se présentant lui-même comme un "Tony Stark breton" !
Pour le reste, cette justification du passage dans la dimension fantaisiste du monde des super-héros s'accompagne d'un humour référentiel constant, directement adressé aux aficionados. Le tout emballé avec respect et finesse, sans-cesse dominé par l'admiration et l'affection sincère envers ses modèles.

Le dessin est superbe, nerveux et expressif, jeté sur les planches dans un style "non-fini" qui sonne toujours juste. Et là encore, le lecteur peut chercher les influences des dessinateurs américains au jeu des références, sans jamais trouver qu'il s'agit d'une pâle copie, le travail de Laurent Lefeuvre se révélant supérieur à celui de bon nombre de dessinateurs de comics mainstream. A noter une atmosphère pittoresque au milieu du centre historique de Rennes qui offre un décor idéal et envoûtant aux tribulations de notre "garçon-renard" !
L'ensemble est plutôt court et se lit sans détours. Il y manque probablement un sens du détail quant aux origines totémiques du héros, qui pourront laisser perplexes les lecteurs les plus exigeants dont le regard aiguisé et pénétrant ne se contentera pas de cette dimension un peu "onirique". Et puis, pour le moment, il ne se passe pas encore grand chose de très marquant.
En réalité, tout le sel de la série se joue dans le découpage des planches (magistral) et dans le sens et l'équilibre de la narration, dont la maitrise est assez impressionnante de la part d'un auteur n'ayant pas encore publié beaucoup de créations. Pas de doute, Lefeuvre est un authentique conteur. Et en refermant ce premier tome, le lecteur n'a qu'une hâte : lire la suite !

Si vous souhaitez en savoir plus sur cette série, n'hésitez pas à consulter le blog de Bruce-lit. Notre ami Jord Ar Meur (un breton, un vrai !) nous y a concocté un article complet et illustré de manière roborative... (brucetringale.com)
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Rose Red - Édition 2 DVD
Rose Red - Édition 2 DVD
DVD ~ Nancy Travis

7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 La Maison du Diable, 21 janvier 2015
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"Rose Red" est une mini-série télévisée réalisée en 2002 par Craig R. Baxley et diffusée à l'origine en trois segments d'une durée de 1h25 environ. Le scénario est rédigé par Stephen King en personne. Il s'agit d'un scénario original, que le romancier a écrit spécifiquement pour le tournage de la mini-série (il ne s'agit donc pas de l'adaptation de l'un de ses romans).
A l'origine, King souhaitait écrire le remake du film La Maison du Diable, réalisé en 1963 par Robert Wise. En 1990, le romancier approcha Steven Spielberg mais les deux hommes ne s'entendirent pas du tout sur le résultat. Stephen King se détourna du projet et Spielberg le produisit de son côté avec le réalisateur Jan de Bont. Hantise sortit ainsi en 1999 et se traine depuis l'une des pires réputations de nanar de l'histoire du cinéma d'épouvante...

Au début des années 2000, Stephen King est victime d'un accident de la route. Choqué, il entame une thérapie en reprenant son projet de maison hantée à la base. S'il préserve le point de départ du script de "La Maison du Diable" (un professeur de parapsychologie invite un groupe de personnes possédant des aptitudes psychiques à intégrer une maison réputée hantée afin de mener une expérience paranormale), qui était à l'origine un roman de Shirley Jackson, il dévie ensuite de cette ligne narrative pour développer sa propre intrigue. Il reprend alors le décor d'une véritable maison possédant la réputation adéquate (la mystérieuse "Maison Winchester", dont l'intérieur est aménagé de manière complètement incohérente, un peu comme si la maison s'était construite elle-même de façon capricieuse !), qu'il déplace de la Californie à Seatle.

Ensuite, King va jouer sur les poncifs du genre en préparant une campagne publicitaire basée sur le fameux postulat "inspiré d'une histoire vraie", qui est devenu l'apanage des films de maison hantée (on se souvient d'Amytiville la Maison du Diable dont certains pensent encore qu'il s'agissait quasiment d'un documentaire !). Il laisse alors finement entendre qu'il existe quelque part "le journal intime d'Ellen Rimbauer", la jeune femme qui habita le manoir "Rose Red", dans lequel de nombreuses personnes disparurent de manière mystérieuse, et qui est devenue sa principale source d'inspiration...
Par delà les réseaux sociaux, la rumeur se répand et "Rose Red" devient ainsi la nouvelle maison hantée sur laquelle il faut compter ! La production demande alors à l'écrivain Ridley Pearson d'entamer la rédaction du roman "Le Journal d'Ellen Rimbauer", qui narre la genèse de "Rose Red" et dont l'adaptation télévisuelle sera tournée en 2003 (Le Journal d'Ellen Rimbauer) !

Ainsi s'est développé le projet de cette histoire que Stephen King rêvait d'écrire depuis son enfance.
Le film est plutôt réussi du haut de ses 4h15 ! L'atmosphère est envoûtante à souhait, notamment grâce au décor de la maison qui, évidemment, demeure le personnage principal du récit.
Plutôt que de reprendre les codes de la peur suggérée comme l'avait magistralement développée Robert Wise dans "La Maison du Diable", King va multiplier les divers effets d'épouvante sans le moindre complexe et jouer sur tous les codes cinématographiques de la peur : Maison qui tremble, pièces qui se transforment, silhouettes fantomatiques qui se déplacent trop vite pour que l'on puisse les voir (comme dans le sublime Les Innocents réalisé par Jack Clayton en 1961), apparitions fantomatiques sous forme vaporeuse ou au contraire sous l'apparence de zombies décharnés, zoom précipités sur le visage horrifié des protagonistes, travellings contrariés (le fameux "trans-trav" d'Alfred Hitchcock !) jouant sur les courtes focales, musique ténébreuse, statues effrayantes qui paraissent habitées par les démons, envahissement des éléments hostiles de la nature (plantes et racines, abeilles, corbeaux)... Tout y passe !

A l'arrivée, le résultat est extrêmement classique dans le fond et ne fera peur qu'aux spectateurs les plus facilement impressionnables. Mais les qualités de l'ensemble se trouvent ailleurs : Soignant la caractérisation de ses personnages en prenant bien soin de les développer de l'intérieur et de contourner les archétypes du genre (point de manichéisme primaire), Stephen King maintient un suspense constant grâce à une écriture riche et dense, qui évite les dénouements attendus.
Comme à son habitude, l'écrivain parvient à injecter une toile de fond pleine de sens en imaginant cette maison construite avec des pierres du vieux continent transportées dans le "nouveau monde", dont la mise en chantier est initiée par un homme mauvais, qui épouse une femme qu'il va peu à peu souiller de ses déviances (souvent sexuelles). Eprise de sa maison davantage que de son mari, la jeune femme va tisser des liens malsains avec la demeure, qui développera de manière vengeresse et ostentatoire toutes ses malveillances inconscientes (soit un thème déjà abordé de manière plus ou moins proche dans Shining)...

Malgré un casting assez lisse (si l'on excepte les personnages de "Nick" et "Emery", incarnés par des acteurs plus habités que les autres) et une fin manquant de surprise et de panache, le film vaut le détour et s'impose comme une solide itération sur le thème de la maison hantée, qui en propose un florilège assez édifiant. Bien filmé, superbement photographié et parsemé d'effets spéciaux très réussis, "Rose Red" s'inscrit au panthéon des films de maison hantée avec une force certaine qui contentera les amateurs de frissons surannés et d'ambiance ténébreuse, le tout construit autour d'une script soigné et généreux. Et si l'ensemble manque d'originalité, il ne manque pas de charme...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 23, 2015 10:50 PM CET


SAGA DE RA'S AL GHUL(LA)
SAGA DE RA'S AL GHUL(LA)
par Dennis O'Neil
Edition : Album
Prix : EUR 22,50

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Démons et merveilles, 20 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : SAGA DE RA'S AL GHUL(LA) (Album)
Ce recueil dédié à l'un des pires ennemis de Batman regroupe en réalité trois GN (graphic novels) distincts, réalisés plus ou moins à la même époque par des équipes créatives différentes.
Le premier récit s'intitule "Birth of the Demon". Le scénario est réalisé par Dennis O'Neil et la mise en image est entièrement effectuée par Norm Breyfogle (dessin et couleur). Il a été publié initialement en 1993.
Le second, "Son of the Demon", est écrit par Mike W. Barr. Le dessin et la couleur sont effectués par Jerry Bingham. Publication initiale : 1987.
Le troisième, "Bride of the Demon", est également écrit par Mike W. Barr, mais le dessin est réalisé par Tom Grindberg. Publication initiale : 1990.
Urban Comics a pris la décision de placer ces trois récits dans un ordre chronologique issu des récits en eux-mêmes plutôt que dans l'ordre de leur parution initiale.

- "Birth of the Demon" :
Dennis O'Neil avait créé le personnage de "Ra's Al Ghul" au début des années 70 (avec le dessinateur Neal Adams). Il était donc légitime qu'il écrive les origines officialisées de sa propre création.
Le scénariste et responsable éditorial de toutes les séries du "batverse" de l'époque s'adonne ainsi à l'exercice des origines et nous offre un récit de haute tenue. Amalgamant le passé et le présent, il place le récit en Afrique du nord afin de ramener le lecteur (ainsi que Batman) directement là où le vilain a vu le jour. De manière inventive, O'Neil imagine un passé tourmenté mais cohérent, afin que le lecteur puisse à la fois détester ce personnage, et en même temps lui reconnaître une certaine noblesse.
A cette époque, O'Neil est décidément en très grande forme puisqu'il vient de livrer l'excellent Batman : Venom (le récit, hélas inédit en VF, qui servira de point de départ à toute la période Batman Knightfall) à peine deux ans ans plus tôt.
Comme il l'avait fait avec "Venom", le scénariste compose un récit assez adulte dans lequel la caractérisation du personnage principal est relativement soignée. Le style narratif, ancré dans son époque, est encore un peu naïf mais, puisqu'il s'agit d'une interprétation assez mature (et particulièrement violente et horrifique !), ce n'est jamais infantile, contrairement à beaucoup de comics de super-héros de la même période. Il y a encore trop de personnages manichéens, de sorte que l'on devine plus ou moins les ressorts de l'intrigue, mais il y a suffisamment de substance dans les oppositions et les aspirations profondes de chacun d'entre eux pour réussir à captiver le lecteur.
La mise en forme de Norm Breyfogle est très réussie. L'artiste a quasiment tout misé sur la couleur et réalise des planches formidables en opposant les couleurs primaires et complémentaires avec une dominante exclusive d'orange et de bleu (deux couleurs opposées dans le cercle chromatique qui s'exaltent l'une-l'autre), qui soutiennent à merveille l'affrontement intérieur du personnage principal, sans cesse en lutte contre ses démons (au point de devenir lui-même le "démon" !). L'affrontement final, apocalyptique, est cathartique à souhait !
Bref, un très bon récit sur les origines de "Ra's Al Ghul", encore pétri de naïvetés, mais débarrassé des oripeaux trop enfantins des récits réalisés dans les années 70. ☆☆☆☆

- "Son of the Demon" :
Mais d'où vient "Damian", le fils de Batman qui, après moult turpitudes, deviendra le quatrième "Robin" ?
Et bien vous le saurez en lisant cet album qui, s'il était tombé en désuétude pendant des années, a été réintégré dans la continuité batmanienne par Grant Morrison à travers son arc narratif "Batman & son", disponible dans Grant Morrison présente Batman tome 1 : L'Héritage Maudit. On vous y dévoilera les origines de cette mystérieuse descendance et vous y verrez même Batman s'allier avec l'un de ses pires ennemis. Qui ça ? Mais "Ra's Al Ghul" bien sûr !
Ce GN publié initialement en 1987 (le plus ancien du présent recueil) possède bien des qualités et des défauts. Le scénariste Mike W. Barr imagine une intrigue qui tient davantage des films de "James Bond" que des aventures habituelles de l'Homme chauve-souris. Les bonnes idées fusent et l'alliance inattendue entre Batman et son grand ennemi est assez harmonieuse, au point que "Ra's Al Ghul" finisse par voir en Bruce Wayne le "fils" qu'il n'a jamais eu... Mais il y a également la présence de "Qayin", le principal antagoniste du récit et autre "fils" spirituel du "Démon", qui apporte une note particulièrement brutale à cette histoire d'espionnage. Au final, la dualité entre Batman et "Qayin" résonne comme celle qui habite le cœur de "Ra's Al Ghul", ce qui est assez brillant en définitive !
Mais les défauts abondent également à travers tous les partis-pris naïfs et "old-school" qui parsèment l'intrigue, Batman gardant en toute circonstance son costume au milieu d'événements qui ne le justifient absolument pas, tous les personnages s'adonnant à des dialogues ampoulés dans un style théâtral laborieux. La violence crue et frontale de "Qayin" s'oppose ainsi aux velléités correctement politiques de Batman, qui s'inquiète en plein milieu des combats que ses alliés ne tuent personne, postulat grotesque pour une intrigue voulue adulte et réaliste.
Bref, un mélange pas toujours bien équilibré de comics old-school naïf et enfantin dont le style a un peu vieilli, avec des aventures hard-boiled traitées comme un film réservé aux adultes.
La chose se laisse néanmoins lire sans problème. Le début, qui montre Batman intervenir lors d'une prise d'otage, étant le passage le plus réussi.
Le dessin de Jerry Bingham, old-school mais très réaliste, est brillant. Mais les origines de "Damian" sont par contre tout à fait anecdotiques... ☆☆☆

- "Bride of the Demon" :
Trois ans après "Son of the Demon", Mike W. Barr imagine cette sorte de suite, dans laquelle "Ra's Al Ghul" se choisit une nouvelle promise afin d'avoir un fils digne de lui, en même temps qu'il essaie de restaurer l'équilibre écologique de la planète aux dépends de l'humanité (comme toujours...) et qu'il supervise la construction d'un puits de Lazare quelque part dans le monde (comme d'habitude...).
Comme il l'avait fait avec "Son of the Demon", le scénariste sort Batman de son décor habituel (les rues de la gothique Gotham City) pour l'envoyer promener à travers le monde dans des aventures d'espionnage à la "James Bond". Le justicier y affronte ainsi des soldats plutôt que des super-vilains et, comme c'est toujours le cas lorsqu'il est confronté à "Ra's Al Ghul", il s'oppose à son ennemi avec un mélange de respect et de méfiance.
Par rapport aux deux récits précédents, celui-ci est clairement le moins bon car il est beaucoup moins bien construit. L'intrigue est confuse, le découpage est souvent laborieux, le dessin de Tom Grindberg est très inégal d'une vignette à l'autre et l'ensemble demeure ennuyeux dès lors que l'on s'attend à une lecture adulte. Car si les récits précédents étaient un peu naïfs, celui-ci est carrément archaïque avec une mise en scène pataude et théâtrale et des bulles de pensées comme s'il en pleuvait. Qui plus-est, il ne se passe pas grand-chose de mémorable et l'on a un peu l'impression d'assister à une accumulation de stéréotypes. Seul le destin tragique du "Dr Carmody" et de son fils m'a finalement tiré de ma torpeur...
Bref, une énième aventure de "Batman contre Ra's Al Ghul" plutôt enfantine et bâclée, bourrée de scènes d'action insipides et indigestes, réservée au lecteur candide ou au complétiste qui ne veut rien rater de la sacro-sainte "continuité". ☆☆ et demi...

Une fois n'est pas coutume, l'éditeur VF Urban Comics a complètement négligé le rédactionnel de ce recueil. Le lecteur n'a droit qu'à une simple introduction de l'acteur Mark Hamill (où sont passées les fiches des personnages et les présentations du contexte éditorial ?), originellement publiée au début du GN "Son of the Demon" (la même que sur l'album Batman : Le Fils du Démon). Et le format est très petit puisque les planches sont réduites au point qu'il y ait 4 à 6 cm de blanc sur chaque page en haut et en bas (un format GN transposé sur un format comics). Qui plus-est, le choix du papier mat (grande mode en ce moment) réduit considérablement l'impact des couleurs dans ce recueil en particulier, ainsi que la profondeur des noirs, qui tirent surtout vers le gris... On aimerait peut-être (en tout cas en ce qui me concerne) une logique éditoriale un peu plus cohérente, avec du papier glacé pour les comics initialement conçus pour être publiés sur du papier glacé ! (fin du coup de gueule)
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