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Tornado (Provence Côte d'Azur)
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Paprika [Blu-ray]
Paprika [Blu-ray]
DVD ~ Megumi Hayashibara
Prix : EUR 15,46

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Mise en abîme, 26 février 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Paprika [Blu-ray] (Blu-ray)
Mon commentaire fait référence à l'édition blu-ray, évidemment somptueuse quant à la qualité du son et de l'image. De nombreux bonus sont disponibles, parmi lesquels on trouve des entretiens avec les auteurs et les techniciens, un making-off et de nombreux story-boards.
"Paprika" est un film d'animation japonais réalisé par Satoshi Kon en 2006. Il s'imposera rapidement comme une référence dans le genre de la science-fiction liée au "monde des rêves"...

Le synopsis : Dans le futur, des scientifiques ont inventé une machine permettant de pénétrer dans les rêves et de les reproduire sous une forme de vidéo. Si cette découverte part d'une bonne intention, à des fins thérapeutiques, l'invention est rapidement volée par des personnes malintentionnées qui utilisent le procédé pour commettre des actes terroristes. Contre toute attente, les choses dégénèrent et atteignent une dimension à grande échelle, dépassant les limites de son utilisation...

C'est très intimidant. Je veux dire par là que l'analyse de cette œuvre philosophique, prophétique et anticipationnelle requiert bien davantage qu'une simple et unique vision du long métrage, ce dernier étant destiné à être revu un nombre de fois quasiment infini afin d'en saisir toute la portée et la profondeur.
Que ce soit à travers les personnages, tous caractérisés d'une manière admirable, sans concessions, au delà des archétypes manichéens du genre de la science-fiction traditionnelle ; ou bien par le biais de la mise en image des rêves, tous plus insaisissables les uns que les autres, "Paprika" échappe immédiatement à la simple possibilité d'une analyse clairement définie. Tout au plus puis-je retenir l'idée merveilleuse à la base du personnage principal, sorte de figure féminine dont la froideur apparente n'a d'égal que la brillante personnalité scientifique, qui voit son avatar virtuel (celle qui pénètre les rêves à la manière d'un guide spirituel) se nommer "Paprika", afin de compléter le manque de charme et de personnalité de son modèle, comme une épice viendrait relever un plat trop fade...
Pour le reste, la toile de fond de cette œuvre-somme, au diapason des plus grands animes en termes de profondeur conceptuelle, se hisse au niveau des références du genre parmi les plus illustres, à ranger à côté des films de Katsuhiro Ōtomo (Akira, Steamboy), de Mamoru Hosoda (Summer Wars, La traversée du temps) ou bien évidemment d'Hayao Miyasaki (Princesse Mononoké, Le Voyage de Chihiro, Ponyo Sur la Falaise). Que puis-je dire de plus, sinon que Satoshi Kon, à l'instar de ses pairs, réussit à condenser toutes les angoisses du Japon postmoderne (Hiroshima, encore et toujours...), puis à les dépasser afin de leur donner du sens, le tout sous la forme d'un divertissement total, aussi merveilleux que profond ?

Du côté de la mise en forme, le film est également époustouflant et se hisse encore au dessus de tous les superlatifs possibles. Le pari était pourtant osé : illustrer les rêves et les matérialiser sous la forme d'une mise en abîme. Effectivement, dans "Paprika", rêve et réalité finissent par s'entremêler au point que le pauvre spectateur, lui-même pris en otage pendant une grande partie du récit, ne réussit plus à trouver la frontière entre l'un et l'autre. Et c'est ainsi que le film réussit l'impossible en représentant le monde onirique sous la forme d'une mise en abîme dans laquelle les personnages pénètrent non seulement au cœur de leurs rêves, mais voyagent également dans celui des autres, toutes ces dimensions finissant par n'en former qu'une seule. Dit comme ça, rien n'est très impressionnant, mais il faut imaginer l'exploit démentiel, surréel et complètement fou auquel sont parvenus les animateurs afin de donner corps à cette abstraction de fond et de forme ! Car la mise en image de l'ensemble est une pure conceptualisation du sujet, où les rêves les plus insaisissables d'une multitude de personnages s'interpénètrent tous ensemble dans une illustration figurative limpide et foisonnante, derrière laquelle les animateurs ne reculent devant aucun obstacle afin de réunir la somme infiniment multiple de ces composantes !
Une véritable prouesse, incroyable, sublime, incompréhensible, impossible, géniale, surhumaine ! Ou quand l'anime japonais rime avec le dépassement de toutes les limites humaines !

Comme dit plus haut, "Paprika" s'impose dès lors comme l'un des fers de lance du film de science-fiction onirique. Entre le très kitsch mais historique Dreamscape et le superbe Inception de Christopher Nolan, le film de Satoshi Kon fait désormais figure de monument indépassable. Nolan avoua d'ailleurs en avoir tiré sa principale inspiration pour imaginer la trame de son film d'espionnage "onirico-science-fictionnel"...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (8) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 27, 2014 10:37 PM CET


Super 8 [Blu-ray]
Super 8 [Blu-ray]
DVD ~ Joel Courtney
Prix : EUR 14,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Héritage, 25 février 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Super 8 [Blu-ray] (Blu-ray)
1979. Une bande de jeunes adolescents fuguent la nuit afin de tourner un petit film d'horreur grâce à une caméra "Super 8". Mais alors qu'ils filment une scène depuis le quai de la gare de leur petite bourgade, un train arrive et déraille sous leurs yeux. Très vite, il apparaît que ce déraillement n'est pas naturel et que le train cache quelque chose de mystérieux...

"Super 8" fait partie de ces films que je n'ai pas du tout aimés la première fois que je les ai vus. C'est ce qui arrive parfois lorsque l'on s'attend à autre chose...
Pour autant, j'aime "Super 8" davantage à chaque fois que je le revois. Car chaque étape m'aide à mieux comprendre son concept.
Il faut dire que le projet de J.J. Abrams est d'une cohérence sans faille mais qu'il mérite d'être décrypté afin d'en apprécier toute la profondeur ! Il faut donc revenir en arrière :
A l'âge de quatorze ans, J.J. Abrams, qui tourne des courts-métrages en "Super 8" comme le faisait son idole Steven Spielberg, se voit engagé par la productrice Kathleen Kennedy afin de restaurer les premiers films en 8 mm du réalisateur de Rencontres du Troisième Type ! La boucle est bouclée pour un jeune cinéaste qui rêve désormais de devenir l'héritier du plus grand réalisateur de son temps !
Dès lors, "Super 8" le film s'impose à la fois comme une hommage au "maître" et une déclaration d'amour à tout un pan du cinéma hollywoodien et son époque : la fin des années 70 et la première moitié des années 80, soit la grande époque de Steven Spielberg, dans laquelle il réalisa ses films cultes (E.T. l'extra-terrestre, la saga Indiana Jones) et produisit d'autres longs-métrages aujourd'hui révérés par toute une génération, tels Les Goonies, Poltergeist ou Gremlins.

Empruntant ses thèmes narratifs autant à "Rencontres du Troisième Type" qu'aux "Goonies" ou encore à Stand by Me ou Explorers (deux autres films cultes des années 80 mettant en scène une bande d'adolescents), "Super 8" marque également son héritage de manière conceptuelle sachant que, si sa scène d'anthologie demeure celle du déraillement du train (outrageusement spectaculaire !), elle rappelle que le père spirituel Steven Spielberg réalisa son premier film en 8mm en faisant dérailler un train électrique ! Et comme si tout cela n'était pas suffisant, Abrams va même jusqu'à reprendre certaines thématiques récurrentes de son idole, telles la famille disloquée et les défaillances du père !
C'est dire si "Super 8" le film devient riche et passionnant dès lors que l'on commence à en percevoir toute la richesse conceptuelle !
Et pour enfoncer le clou, le film est produit par Steven Spielberg lui-même au sein de la société de production "Amblin Entertainment" (créée par Spielberg en 1981), dont le célèbre logo animé montre "E.T." entrain de voler sur son vélo...

Pour ne rien gâcher, le film de J.J. Abrams possède bien des qualités formelles. Il est superbement réalisé et interprété, avec une mention spéciale pour le toute jeune Elle Fanning, qui crève l'écran.
Abrams et son équipe poussent même la subtilité à son potentiel maximal en évitant les scènes larmoyantes et en ne diffusant leur émotion que de manière très légère, par petites touches délicates.
Le suspense est maitrisé de bout en bout et l'humour, diffus, trouve une note irrésistible lorsque, lors du générique final, le court métrage tourné en "Super 8" par nos jeunes héros est diffusé en intégralité. Soit un petit film de zombies intitulé "Le Cas", grand moment de nanar qui nous renvoie directement à l'âge consacré. Les héritiers du Maître Spielberg sont décidément de grands enfants...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 26, 2014 10:28 PM CET


The Punisher, Tome 6 : Le Tigre
The Punisher, Tome 6 : Le Tigre
par Garth Ennis
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Un génie, deux associés, une cloche, 25 février 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Punisher, Tome 6 : Le Tigre (Broché)
Ce très gros recueil, sixième tome de la collection "100% Punisher MAX" est une sorte de hors-série, puisqu'il regroupe quatre "one-shot" (de petits récits complets), et non la suite de la série éditée dans les précédents numéros. L'éditeur Panini Comics a profité de cette collection pour nous proposer deux one-shot qui s'intègrent dans le run du scénariste Garth Ennis (qui a écrit tous les épisodes jusqu'au tome 14), mais ont également dissimulé au milieu deux autres récits écrits par le tandem Jimmy Palmiotti & Justin Gray.
Le programme est donc le suivant :
1) "La Cellule" (48 pages, Scénario de Garth Ennis et dessin de Lewis Larosa).
2) "Noël Rouge" (35 pages, Scénario de Jimmy Palmiotti & Justin Gray, dessin de Mark Texeira).
3) "Bloody Valentine" (34 pages, scénario de Jimmy Palmiotti & Justin Gray, dessin de Paul Gulacy).
4) "Le Tigre" (47 pages, scénario de Garth Ennis, dessin de John Severin).
Ces épisodes ont été publiés initialement entre 2005 et 2006.

1) "La Cellule" :
Le "Punisher" est en prison ! Enfermé à "Ryker's", Frank Castle se retrouve au milieu des pires racailles et truands de la ville !
Sauf que... Il s'est laissé emprisonner volontairement !
Car c'est ici, dans cette prison de l'enfer, que croupissent les plus vieux mafieux de la cité. Ceux-là même qui, bien des années en arrière, ont participé au carnage de Central Park et assassiné la famille Castle dans un effet dramatique de dommage collatéral...
En accomplissant une vengeance en suspens depuis tant d'années (à se demander d'ailleurs pourquoi la dite vengeance n'est pas arrivée plus tôt !), le "Punisher" nous réserve une catharsis ultime ! Sauf qu'en réalité, le scénariste a nettement tempéré l'action pour lui préférer une lente et machiavélique descente aux enfers. Bien que les meurtres et autres gunfights soient encore de la partie, le lecteur suit le personnage principal dans ses pensées intérieures et participe de l'incroyable intelligence dont il fait preuve pour remonter jusqu'à ses ennemis en éliminant tous les obstacles qui se dressent contre lui !
A l'arrivée, "La Cellule" s'impose comme un thriller carcéral de haute volée et permet à Ennis de citer tout un pan du cinéma de genre depuis le célèbre "L'Evadé d'Alcatraz" avec Clint Eastwood, dont Larosa reprend une fois encore les traits. Le lecteur le plus attentif notera au passage les nombreux portraits d'acteurs à "gueule" que le dessinateur s'est amusé à placer dans le récit (Pete Postlethwaite, Danny Trejo, etc.), participant ainsi de ces nombreuses références cinématographiques et accentuant une atmosphère déjà étouffante et malsaine.
Par rapport aux tomes précédents, ce récit situe le parcours du "Punisher" dans le passé, quelque part entre Born et Au commencement.... Une étape supplémentaire dans la lente descente aux enfers de la série dans sa version "MAX"... 5 étoiles.

2) "Noël Rouge" :
A l'occasion des fêtes de Noël, alors que le "Punisher" poursuit sa guerre contre la pègre new-yorkaise, les veuves éplorées de la mafia italienne décident d'engager une redoutable tueuse à gage sicilienne nommée "Suspiria" ! Cette dernière fait le voyage aux Etats-Unis spécialement pour traquer notre justicier à tête de mort !
Ce récit, assez moyen tel qu'en lui-même, déçoit d'autant plus qu'il souffre de la comparaison avec le précédent. J'aime beaucoup le style du tandem Jimmy Palmiotti & Justin Gray, d'autant que Palmiotti avait proposé une excellente conclusion à la saga "Welcome Back Frank" (saga disponible dans Punisher, Tome 1 : Un monde sans pitié, Punisher tome 2 : Plus mort que vif et Punisher tome 3 : Bons baisers de Russie, déjà écrits par Garth Ennis !), conclusion déportée dans la série "Deadpool" (disponible dans Deadpool, tome 3), où l'on voyait "Deapool" et le "Punisher" trucider le reste du clan "Gnucci" !
Après "La Cellule", ce récit mainstream basique et fluctuant fait tâche. Une sérieuse faute de goût de l'avoir placé dans cette collection. 2 étoiles.

3) "Bloody Valentine" :
"Suspiria" et "le "Punisher" s'associent le temps d'une mission en Italie. Un preneur d'otage à la tête d'une vaste organisation internationale kidnappe des enfants et va ainsi devoir se mesurer au tandem "Suspiria/Punisher", d'autant que la fille de la tueuse à gage fait partie des enfants kidnappés...
Un peu au dessus du précédent, ce one-shot aurait davantage trouvé sa place en kiosque que dans cette prestigieuse collection dédiée à Garth Ennis. Le ton et le style narratif choisis par Gray & Palmiotti, avec sa romance entre les deux personnages principaux et son atmosphère à la "James Bond" ne s'harmonise décidément pas avec la version réaliste, définitive et sans concessions du maître Ennis. Issu d'une envie de la part de Palmiotti de ramener Frank Castle à ses origines (italiennes, puisque son nom de baptême est "Castiglione"), voici un autre récit mainstream parfaitement dispensable.
Le dessin de Paul Gullacy est très élégant mais tranche lui-même avec celui des dessinateurs habituels de la version MAX. 3 étoiles.

4) "Le Tigre" :
Quelle était donc l'enfance du "Punisher" ? Où a grandi Frank Castle, qui étaient ses parents et comment était-il lorsqu'il avait dix ans ?
Ouf ! Nous voici de retour chez Garth Ennis. En une seule planche, l'auteur de Preacher se rappelle à notre bon souvenir et ses soliloques placent ce nouveau one-shot à un niveau bien supérieur que les précédents en une seule poignée de vignettes.
Si ce one-shot ne nous dévoile finalement pas grand chose sur l'évolution du personnage dans le sens où l'on ne le voit pas directement passer du "côté obscur de la force", Ennis insère tout de même quelques éléments en relation avec la mythologie du personnage telle qu'il la développe depuis "Born". Mais il le fait d'une manière plus conceptuelle que directement narrative. C'est ainsi que le titre du récit ("Le Tigre") est l'occasion d'une mise en abîme virtuose sur l'idée que certains hommes sont dès le départ d'une nature redoutable, destinés, si les événements coïncident en un destin précis, à devenir plus dangereux que le commun des mortels.
Raconté comme un film noir de l'âge d'or Hollywoodien (un peu à la manière de Francis Ford Coppola avec The Outsiders ou Rusty James), "Le Tigre" est un petit récit poignant et nostalgique qui illustre le mythe du "Punisher" avec une étonnante retenue et quelques surprenantes révélations, où le tout jeune "Frank Castle" s'impose comme un garçon à la fois dur et sensible, aussi à l'aise avec la poésie qu'avec les règlements de comptes. Malin, Ennis a tout compris de son personnage et creuse ses racines en sachant qu'il manipule une personnalité aussi impitoyable qu'intelligente et tourmentée.
Le dessin classique et réaliste de John Severin achève de donner à l'ensemble une patine à l'épreuve du temps. Magnifique. 5 étoiles.

Bref, un regroupement d'épisodes très éclectique et franchement inégal. Etrangement, j'avais été déçu la première fois à la lecture de ces deux one-shot signés Garth Ennis. Mais débarrassés de mes attentes fantasmées, j'ai réussi à les redécouvrir et à las apprécier à leur juste valeur, comme deux récits superbement écrits et mis en scène (surtout si on les compare avec les deux épisodes laborieux de Gray & Palmiotti)...
On espère une future collection "deluxe" débarrassée des récits non signés Garth Ennis. A noter qu'en VO, un recueil regroupe "La Cellule" et "Le Tigre" avec le Graphic Novel "The Punisher : The End", publié en français tout seul dans The Punisher : La fin (et toujours écrit par Garth Ennis !).
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (5) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 26, 2014 4:40 PM CET


La Nuit des vers geants / Squirm (Blu-Ray & DVD Combo) [ Origine UK, Sans Langue Francaise ] (Blu-Ray)
La Nuit des vers geants / Squirm (Blu-Ray & DVD Combo) [ Origine UK, Sans Langue Francaise ] (Blu-Ray)
DVD ~ Don Scardino
Proposé par DaaVeeDee-fr
Prix : EUR 32,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Bolognaise, 24 février 2014
Film d'horreur culte des années 70, "La Nuit des vers géants", au titre français mensonger, situe l'action en Louisiane au lendemain d'un terrible orage ayant renversé un pilonne électrique. La terre ainsi électrifiée réveille des milliers de vers qui, devenus fous, sortent la nuit pour dévorer les habitants !
Point de "vers géants" donc, mais un amoncellement de bestioles gluantes qui monte crescendo pour finir par ressembler au plus grand plat de spaghettis bolognaises de tous les temps !

J'avais été traumatisé, enfant, lorsqu'un extrait avait été diffusé à la télévision montrant la scène la plus gore du film, dans laquelle deux jeunes gens pêchent dans une barque. On y voyait l'un d'eux tomber dans le bateau et se faire dévorer le visage par les vers qui lui pénétraient dans la peau !
Aujourd'hui, le film parait très kitsch, mais demeure tout de même bien craspec en jouant sur le côté insoutenable de l'aspect de ces petits animaux réunis en grappes !

Une curiosité à la fois datée et très glauque, portée par des acteurs de seconde zone et une mise en scène plate et mollassonne, mais à ne pas regarder au milieu d'un repas... L'esthétique du film rappellera aux inconditionnels celle des Vendredi 13, mise en scène dans une campagne de l'Amérique profonde où "personne ne vous entend hurler"...
Le film n'a pas été édité en VF et n'est disponible qu'en import, sans langue française.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (9) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 26, 2014 10:22 AM CET


Watchmen [Blu-ray]
Watchmen [Blu-ray]
DVD ~ Jackie Earle Haley

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Who Watches the Watchmen ?, 23 février 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Watchmen [Blu-ray] (Blu-ray)
Amazon ayant amalgamé toutes les diverses éditions du film, je précise que mon commentaire fait référence au director's cut : Watchmen Director's Cut [Blu-ray].
Il s'agit ici de la version longue de 3h05. Bien que ce soit une édition américaine, le film est disponible en VF et la pléthore de bonus est accessible en VOST. A noter qu'il existe une édition ultime de près de quatre heures, avec le dessin animé Watchmen - Tales Of The Black Freighter intégré au montage : Watchmen : The ultimate cut [Blu-ray], malheureusement épuisée.

Est-il encore nécessaire de répéter que le chef d'œuvre d'Alan Moore (Watchmen) était réputé inadaptable (on se souviens toujours que Terry Gilliam jeta l'éponge au terme de nombreuses années de développement) et que le film de Zack Snyder ne pouvait forcément pas faire l'unanimité auprès des fans du livre ?
Est-il seulement possible de laisser tomber ce postulat et de regarder le film pour lui-même ?
Je pense que non. Effectivement, toutes les personnes que je connais qui ont vu le film et qui n'avaient jamais entendu parler du livre (si, si, ça existe !) n'y ont rien entendu et ont oublié cette expérience dans les heures qui ont suivi ! C'est indéniable : "Watchmen" le film est un objet insolite dans le sens où il n'intéresse que les (très nombreux) fans du livre, mais qui paradoxalement est voué à les décevoir s'ils refusent de s'émanciper du matériau originel que représente le comicbook.

Vu avec du cœur, le film de Snyder vaut franchement le détour. Sa mise en forme soignée et mélancolique (un peu froide, il est vrai) est d'une générosité à toute épreuve, qui accouche d'un très grand spectacle cinématographique.
Le film ne manque pas de qualités : Son introduction magique avec le meurtre du "Comédien" sous le sublime "Unforgettable" de Nat King Cole, son générique virtuose qui plante le décor en synthétisant plusieurs décennies d'uchronie, son casting impeccable, son montage sous forme de puzzle qui reprend la structure du livre pour enrichir le récit d'une longue série de flashbacks, la superbe caractérisation des personnages, tous plus fouillés et attachants les uns que les autres. Bref, on ne peut pas dire que les auteurs du film se soient moqués de leur public.
Et puis il y a un vrai point de vue de réalisateur, illustré par de saisissants tableaux iconiques, telle cette scène démente dans laquelle le "Dr Manhattan" marche littéralement sur le Vietnam au son de la "Chevauchée des Walkyries" de Wagner, où celle dans laquelle deux super-héros n'arrivent à faire l'amour qu'à partir du moment où ils enfilent leur costume !
A plusieurs reprises, Snyder se désolidarise complètement des habituelles adaptations des films de super-héros en lorgnant clairement du côté d'Oliver Stone (et ses passionnants retours sur l'histoire récente américaine) ou de Martin Scorcese, avec une mise en scène ponctuée de chansons cultes et d'une violence graphique assez extrême. "Watchmen" le film, ce n'est pas pour les enfants. Et l'on rajoute ainsi un élément supplémentaire à la valeur de cette adaptation.

Pourtant, le réalisateur effectue quelques choix qui, s'ils ne sont pas forcément incompréhensibles, contredisent la fidélité affichée au scénario écrit initialement par Alan Moore. Car on ne le répétera jamais assez, le film de Snyder est l'une des adaptations les plus fidèles jamais portées sur un écran réalisée à partir d'un comicbook. Et la fin a beau être distincte (point de monstre géant lovecraftien dans la séquence finale), l'ensemble du film demeure remarquablement respectueux envers le contenu du livre.
Car ce n'est pas dans l'écriture que le long métrage de Zack Snyder contredit le plus l'esprit du comicbook, mais plutôt dans la mise en scène. En effet, à plusieurs reprises, certains choix d'adaptation se révèlent complètement hors sujet. Et ainsi, le réalisme prôné par Alan Moore avec ses super-héros humains vieillissants, aussi forts que vous et moi et parfois bedonnants (hormis le fantastique "Dr Manhattan"), se trouve ici complètement évacué par des combats surhumains absolument improbables, une débauche de violence gore avec des litres de sang virtuel et des costumes high-tech futuristes qui finissent par trahir l'esprit même du récit initial.
En jouant la carte du divertissement total, Snyder a voulu trop en faire et injecte dans le scénario des éléments de blockbuster qui ne sont pas en phase avec le livre, transformant cette métaphore de la folie des hommes (stigmatisée par l'ère de la menace nucléaire et de la guerre froide) en long "clip" parfois trop connoté et sacrifié à la mode des combats virtuels. Peine perdue, car le film demeure néanmoins assez longuet, surtout dans sa version longue, dans laquelle aucune autre scène d'action n'a été ajoutée. Soit un director's cut qui gagne en profondeur de script ce qu'il perd en rythme de mise en scène.

"Watchmen" s'impose ainsi comme un étrange objet filmique, à la fois tributaire du comicbook dont il se veut l'adaptation et intrinsèquement lié à un public ayant dû lire le livre pour adhérer à cette adaptation. Une œuvre sans cesse tiraillée entre son respect pour le récit originel écrit par Alan Moore et son désir de ressembler le plus possible à un blockbuster total. Un spectacle hybride et paradoxal hésitant perpétuellement entre réalisme et science-fiction débridée.
Quoiqu'il en soit, il s'agit là d'un grand moment de cinéma et d'une adaptation d'une ambition qui suscite le respect.
Pris entant que seule transposition du plus grand comicbook de l'histoire, le film ne vaut peut-être que 3 étoiles (1 ou 2, diront les puristes les plus acharnés ! A se demander ce qu'ils sont allé faire au cinéma si c'était pour ne regarder que les défauts !).
Pris entant qu'adaptation cinématographique d'une histoire de super-héros, il s'élève tellement au dessus de la masse et fait preuve d'une telle générosité qu'il mérite indéniablement une étoile supplémentaire.
Alors qu'il était déjà l'auteur de l'adaptation d'un comicbook culte avec 300, la sincérité de Zack Snyder trouvera bientôt sa récompense, puisqu'il sera nommé réalisateur du reboot du plus grand des super-héros avec Man of Steel...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (5) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 2, 2014 3:22 PM MEST


Eerie et Creepy présentent Richard Corben : Volume 1
Eerie et Creepy présentent Richard Corben : Volume 1
par José Villarrubia
Edition : Relié
Prix : EUR 23,75

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 The doors, 22 février 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Eerie et Creepy présentent Richard Corben : Volume 1 (Relié)
Les magazines "Creepy" et "Eerie" auront duré près de vingt ans (de 1964 à 1983). Leur formule était un dérivé des comic books (avec un format différent qui leur permettait d'échapper à la censure en apparaissant chez le marchand de journaux, non pas aux côtés de Batman ou Spiderman, mais plutôt de Playboy !) qui proposait une anthologie de petites nouvelles horrifiques, en général de sept à huit pages chacune. Chaque numéro de ce magazine regroupait quatre nouvelles graphiques en noir et blanc (mais notre ami Richard Corben allait changer la donne en apportant de la couleur...).
Le concept du magazine était exactement le même, en ce qui concerne les bandes-dessinées, que celui de Tales from the Crypt, publié bien des années plus tôt, où l'on voyait un vieux cadavre décrépi (le gardien de la crypte) présenter ses petits contes horrifiques.
Ce premier tome de la collection "Eerie et Creepy présentent Richard Corben" regroupe 22 épisodes publiés à l'origine entre 1970 à 1974 sur les 48 qui furent dessinés par l'artiste. La suite (et fin) se trouve évidemment dans le Tome 2...

Comme toujours avec cette anthologie, la qualité des histoires est fluctuante et varie entre l'essentiel et l'anecdotique, en passant par l'alimentaire et l'exercice de style de type "avant garde". Dans l'ensemble, tous ces récits sont le reflet de leur époque (les années 70) et incarnent un état d'esprit très connoté "hippie". En gros, les scénaristes fumaient la moquette et Richard Corben était leur étendard !
Tout au long des 160 pages que composent ce premier volume, le lecteur est promené entre divers petits récits d'horreur (entre huit et dix pages pour la plus-part), souvent parodiques, quelques histoires macabres et malsaines, parfois racontées au premier degré, une poignée d'essais complètement délirants ainsi que plusieurs tentatives d'illustrer une horreur plus "abstraite" et intangible, telle qu'on pouvait la trouver dans certains contes macabres signés H.P. Lovecraft. Mais au beau milieu, quelques histoires de science-fiction annoncent l'ère "Métal Hurlant" (dont Corben sera l'un des architectes) et exhalent un parfum de délire new-âge sous acide...
Le scénario est tour à tour effectué par des professionnels old-school tels que Gerry Conway, Greg Potter, Doug Moench, ou d'autres que je ne connaissais pas, comme Jim Stenstrum, Rich Margopoulos ou Steve Skeates, et certains récits sont même signés par Mr Corben en personne !
Mais ce qui fait définitivement la différence, c'est la qualité des planches du maître Corben. Ce recueil est d'ailleurs très intéressant sur un point précis : Placés dans un ordre parfaitement chronologique, les épisodes offrent un très beau reflet de l'évolution de l'artiste sur une très courte période (quatre ans). Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ses progrès sont alors édifiants ! D'un premier épisode très classique en noir et blanc aux incroyables numéros tout en couleurs bariolées qui se succèdent à partir du dixième épisode, les changements sont vertigineux sans que l'on ne doute jamais un instant qu'il s'agit du même auteur !

Comme c'était le cas avec les quelques planches réalisées par Frank Frazetta dans Anthologie Creepy, Tome 1, Corben se démarque de la concurrence par sa personnalité picturale incomparable. Et c'est avec une facilité déconcertante qu'il parvient systématiquement à transcender le contenu de chaque épisode par une puissance d'évocation hallucinante. Avec son apport, la plus anecdotique des histoires d'horreur devient une expérience quasiment sensorielle, dans laquelle les images sont le vecteur d'une perception que les mots ne pourraient pas véhiculer à eux seuls. C'est-à-dire que Corben réussit l'impossible en magnifiant les récits dans la mesure ou il parvient à donner vie à leur potentiel cauchemardesque, en leur offrant toute la dimension inquiétante, effrayante et dérangeante que les mots seuls ne pourraient exprimer. Et c'est précisément cette faculté expressionniste d'illustrer la perception de l'horreur qui fait toute la différence.

L'art de Richard Corben comme celui d'ouvrir les portes de la perception ?
Il y aurait sans doute de quoi alimenter moult débats en se demandant quelle est sa période la plus forte, parmi la très longue et brillante carrière que l'artiste a réalisée sur pas moins d'un demi-siècle. Pour ma part, c'est dans ces épisodes en couleur des années 70, expérimentaux et décomplexés que je l'admire en particulier. Avant qu'il ne découvre l'usage de l'aérographe et la rondeur systématique des comics à venir. Non que son trait soit parfait, mais les quelques défauts de proportions ne sauraient entacher ce style virtuose composé de cadrages déments et cette colorisation extraordinaire, faite de contrastes saisissants entre les teintes complémentaires.
Comme d'habitude avec la collection "Delirium", l'éditeur nous gâte avec un splendide recueil en grand format au somptueux papier glacé, avec des planches remastérisées, le tout agrémenté d'un sommaire détaillé, d'une introduction passionnante et de quelques notes sur la restauration rédigées par José Villarrubia. Hélas, les couvertures originales sont quant à elles aux abonnés absents. Seront-elles proposées plus tard dans les anthologies principales "Creepy" et "Eerie" ? Wait and see...


X-Men l'Intégrale : 1984 : Edition spéciale anniversaire
X-Men l'Intégrale : 1984 : Edition spéciale anniversaire
par Chris Claremont
Edition : Broché

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4.0 étoiles sur 5 L'âge de raison, 18 février 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : X-Men l'Intégrale : 1984 : Edition spéciale anniversaire (Broché)
Au programme de cette intégrale 1984 : un combat (encore un...) contre les "Mauvais Mutants". Un affrontement (encore un...) avec les "Morlocks". Le départ des X-men et leur retour des "Guerres Secrètes" (le grand -mais nullissime- crossover Marvel de l'époque). La montée en puissance de Malicia, et l'arc des "Spectres noirs", qui voit l'arrivée du mutant "Forge", avec pour épisode central le célèbre et superbe "La Vie, La Mort".

La première partie du recueil, avec les combats contre les mauvais mutants et les Morlocks, sent vraiment le réchauffé. Pareilles répétitions, ce ne peut être que commercial...
La seconde, où l'on voit les héros se séparer tandis que certains partent à l'autre bout de l'univers pour rejoindre le crossover susnommé, et puis revenir au Japon (?) pour combattre le dragon qu'ils ont rapporté, est juste ridicule et inutile.
Heureusement, la suite est d'un autre niveau. Chris Claremont va lancer un arc narratif de très haute tenue en introduisant de nouveaux personnages particulièrement charismatiques, telle l'effrayante "Séléné" et le pragmatique "Forge". Les épisodes se concentrent tout d'abord sur le personnage de Malicia. Celle-ci gagne en épaisseur et devient vraiment intéressante. Puis, toute l'attention est portée sur "Tornade" qui, forte d'une nouvelle personnalité, plus ambivalente et plus riche qu'auparavant, va succomber au charme d'un protagoniste dont je ne dévoilerai pas le nom, histoire de ne pas gâcher le sel de l'intrigue...

A partir de ce très bel arc narratif, le style devient incontestablement plus adulte. Les personnages sont plus complexes et torturés (l'ère Watchmen approche...). J'aime beaucoup les X-men, mais n'en déplaise aux fans irascibles des années précédentes, je trouve que le ton était tout de même jusque-là assez infantile, avec ses dialogues naïfs, ses scènes de combats poussives et ses dénouements tirés par les cheveux. L'épisode "La vie, La Mort", dans un esprit de maturité, se hisse au niveau du chef d'œuvre "Dieu crée, l'homme détruit" : Les personnages s'aiment et se déchirent de façon crédible, sans avoir besoin de se jeter dans des bastons décérébrées avec les gentils contre les méchants...

Soit les épisodes "Uncanny X-men" #177 à 188, sans l'annual insipide des autres années, mais avec un arc narratif essentiel : celui des "Spectres noirs", exceptionnel, surtout qu'il est dessiné par le grand Barry Winsor Smith...
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Spider-Man : L'autre
Spider-Man : L'autre
par Joe Michael Straczynski
Edition : Cartonné
Prix : EUR 27,08

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Obsolète, 16 février 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Spider-Man : L'autre (Cartonné)
Ce recueil contient les épisodes "Amazing Spiderman" 525 à 528, les épisodes "Friendly Neighborhood Spider-Man" 1 à 4 et les épisodes "Marvel Knights Spider-Man" 19 à 22.
Soit la saga intitulée "L'Autre" ("The Other"), publiée en crossover sur les trois séries en alternance durant l'année 2006. Elle s'inscrit dans le run du scénariste J.M. Straczynski (en abrégé JMS), qui a conduit le destin de notre héros sur pas moins de soixante-quinze épisodes entre 2001 et 2008.

La grande saga en question est, soyons sincère, très fluctuante. La faute à cette insupportable tare commerciale qu'est le "crossover", ici conduit par six personnes : trois scénaristes, trois dessinateurs. Le dit-crossover s'étend sur douze épisodes : Les trois premiers sont écris par Peter David, les trois suivants par Reginald Hudlin, les trois autres par JMS. Les trois derniers successivement par chaque scénariste. Chaque épisode est respectivement dessiné par Mike Wierengo (sur la série "Friendly Neighborhood"), Pat Lee (sur "Marvel Knights") et Mike Deodato sur "Amazing". Au niveau du scénario, Peter David s'en sort honorablement avec des épisodes efficaces et bondissants. Hudlin nous livre des numéros pathétiques et plombe l'ambiance avec des idées ridicules ("Tante May" dans la vieille armure d'Iron-Man. Ah non ! Ah là vraiment, non !!!) qui ne servent en rien le récit principal. JMS sort du lot et livre les épisodes les mieux écrits et les plus profonds. Il apparait évident que c'est lui qui mène la barque tant la saga est intrinsèquement liée à son run : Peter est atteint d'une maladie inconnue et incurable. Le vampire "Morlun" fait sont retour. L'araignée qui vit (symboliquement) au cœur de notre héros le ronge de l'intérieur et le mène à sa perte. A moins qu'il ne finisse par accepter "l'Autre"...
Au niveau du dessin, Mike Deodato écrase la concurrence avec son style photoréaliste tout en clair/obscur. Son découpage très "roman-photo" et ses immenses cases montrant Spiderman en pleine action font des merveilles !

Nous savons aujourd'hui que l'univers de Spiderman a été remis à zéro en 2008 lorsque le démon "Mephisto", dans Spider-Man : Un jour de plus, a effacé la mémoire du monde entier en remettant Peter Parker dans la même situation où il se trouvait à l'époque de Stan Lee : Solitaire et inconnu de tous. Du coup, le run de JMS, monstrueusement révolutionnaire et jusqu'auboutiste, ésotérique et adulte, s'est retrouvé obsolète du jour au lendemain.
Avec le recul, la saga "The Other", au départ pensée comme un événement majeur de la vie du héros, est devenue bien anecdotique. Personnellement, j'ai bien apprécié cet arc (exception faite des épisodes d'Hudlin !) et je trouve qu'il ne mérite pas sa très mauvaise réputation. Il est dans la lignée du run de JMS, qui demeure tout de même un des meilleurs de tous les temps et surtout le plus adulte et le plus profond de toute la série. Le dénouement vous réserve par ailleurs les épisodes les plus violents (et nullement gratuits) de toute l'histoire du Tisseur de toile !
Quasiment tous les défauts de ce recueil sont imputables à la politique éditoriale de Marvel et à son chef Joe Quesada. Nul doute que sans les contraintes imposées par sa hiérarchie, JMS ne se serait jamais embourbé dans ce que son run a de plus embarrassant : L'installation des Parker chez les "Vengeurs" (il faut bien se caler sur la série blockbuster "The New Avengers" de B. M. Bendis...), le crossover impliquant les autres séries (histoire de lancer les nouvelles franchises...), etc.
En revanche, à charge de JMS de nous expliquer pourquoi et comment "Morlun" a ressuscité depuis sa mort dans Spider-Man par JM. Straczynski tome 1 (zéro explication, carrément !), et que fabrique "Tante May" avec "Jarvis", le majordome des Vengeurs (au bout d'un moment, il faut arrêter avec les hormones de tout le monde. ça devient lourd...) ?

Un ensemble inégal, donc. Un récit noyé dans la continuité qui revient sur les origines mystiques du personnage telles qu'elles ont été développées par JMS depuis le début de son run. Et un événement censé "changer la vie du Tisseur à tout jamais" réduit à l'obsolescence pure et simple dans les jours suivants !
Réservé aux complétistes, aux amoureux du run de JMS ou bien encore aux lecteurs avides de curiosités...


Black Beetle tome 1
Black Beetle tome 1
par Francesco Francavilla
Edition : Relié
Prix : EUR 14,25

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Pulp fiction, 14 février 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Black Beetle tome 1 (Relié)
"Black Beetle tome 1 : Sans Issue" regroupe l'épisode #0 ainsi que les quatre premiers numéros de la série, entièrement conçue par l'artiste Francesco Fracavilla, qui réalise tout seul scénario, graphisme et mise en couleur. Ces épisodes ont été publiés initialement en 2013.

Le synopsis : 1941. Une grande ville américaine nommée "Colt City" est le terrain d'événements peu communs : Alors que le musée d'histoire naturelle hérite d'un artefact égyptien très convoité, des espions nazis tentent de s'en emparer. C'est alors que "Black Beetle", un justicier masqué, se dresse sur leur chemin !
Ayant réussi à mettre en déroute les vilains, le justicier doit s'occuper de déjouer un règlement de comptes entre divers membres de la pègre. La vie est dure pour le nouveau super-héros de "Colt City" !

Avec cette série originale, Francavilla réalise un hommage vivifiant à toute la culture pulp, issue des Etats-Unis d'avant-guerre. Il place son récit à l'aube de la seconde-guerre mondiale et se nourrit des diverses influences de l'époque consacrée. "Black Beetle" peut ainsi être lu comme un hommage aux pulps d'antan, mais également à certains super-héros de l'âge d'or des comics ("Batman" en premier lieu, avec "The Green Hornet" pas loin derrière), à "Dick Tracy" (la première planche de l'épisode #0 rappelle l'ouverture du film de Warren Beatty), ainsi qu'aux serials des années 30 (et donc à "Indiana Jones" puisque ce dernier en est également l'héritier), pour ce qui est de la culture américaine. Mais en bon européen, Francavilla ne manque pas non plus de teinter son univers référentiel de l'esprit des auteurs de bandes-dessinées belges de la même époque, Hergé et Edgar P. Jacobs en tête (la séquence des égouts m'est apparue comme une réminiscence des Cigares du Pharaon), et même de la littérature avec "Fantomas" ! C'est dire si "Black Beetle" est une création postmoderne au sens large !

Dans le même esprit, l'auteur adopte un style pictural en totale harmonie avec le sujet dont chaque planche exhale un parfum rétro des plus réussis. Dans la lignée des œuvres de Darwin Cooke (qui signe la préface du présent recueil), Francavilla réalise un comicbook qui respire son parfum pulp par tous les pores de ses planches stylisées à l'extrême : Un dessin simplifié et contrasté, teinté d'une gamme chromatique restreinte mais qui "triche" avec les références (dans le temps, les couleurs restreintes de l'industrie du comicbook étaient le noir et les trois couleurs primaires -bleu, jaune et magenta- que Francavilla remplace par une dominante de quatre couleurs : le rouge, le jaune, l'orange et le bleu). Ce parti-pris, à la fois personnel et référentiel, augure d'un résultat étonnamment original, plutôt arty, aussi universel qu'immédiatement distinctif !

Mais c'est dans la narration que le talent de l'auteur se manifeste le mieux. Tout au long de ces cinq épisodes, Francesco Francavilla dévoile un savoir faire sans commune mesure lorsqu'il s'agit de découper chaque planche de la série : Pleines-pages agrémentées de titres rétro ou d'onomatopées à l'ancienne, planches surdécoupées de manière traditionnelle ou au contraire selon un schéma complètement désaxé, vignettes formant des figures (hublots, pièces de puzzle, labyrinthe) en totale harmonie avec le scénario, soliloques concis et bien écrits, dialogues ciselés, tout converge vers ce résultat fluide et inventif, où Francavilla excelle à raconter de manière brillante et divertissante un récit des plus classiques.

Toutefois, cet exercice de style atteint rapidement ses limites en termes de toile de fond. Car l'aspect "feuilletonnesque" de la série ne dépasse jamais le stade du récit de genre et l'auteur ne nous offre guère plus qu'un simple divertissement sans résonances particulières. L'espace d'un instant, j'ai failli y croire lorsque le titre du recueil, "Sans Issue", trouvait un écho dans l'iconographie du super-vilain nommé "Labyrinto", qui hante les sous-sols de "Colt City". Hélas, l'idée ne dépasse pas le stade de l'anecdote et le sous-texte ne développe aucune thématique particulière. Les personnages ne sont pas caractérisés et aucune profondeur psychologique ne vient apporter de l'épaisseur au récit. La menace nazie n'élève jamais le débat et il n'y a pas la trace de la moindre métaphore historique ou sociologique.
Ces dernières années, l'industrie des comics souffre d'un syndrome "second degré". Motivés par l'ère postmoderne, certains auteurs traitent leur matériel avec une distance telle qu'ils le vident de sa substance, pour ne plus en garder que l'esprit et la surface (constat relevé et analysé par Alan Moore lui-même).
Pour l'instant, nul ne peut dire quel chemin suivra la série et si les thèmes relevés plus haut atteindront le niveau de richesse conceptuelle qui pourrait offrir à "Black Beetle" un statut supérieur à celui d'une simple série de comics bien emballée.

Mais arrivé au terme de ce premier arc narratif, le héros conserve encore son identité secrète vis-à-vis du lecteur. Et là ça devient étonnant. Pourvu que cela dure, car si tel est le cas, "Black Beetle" pourrait prétendre à devenir la première série super-héroïque dont le justicier principal, totalement mystérieux, se révèlerait en fin de compte le seul et unique super-héros complètement vierge d'identification (oui car "Fantomas" était un vilain !). Sachant que le lecteur s'identifie inconsciemment mais automatiquement à ce type de figure, "Black Beetle" pourrait donc bien être, allez savoir, vous... ou moi ! Et tel serait ainsi le véritable concept novateur et universel de l'œuvre de Francavilla...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (7) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 23, 2014 3:55 PM CET


Little Big Man
Little Big Man
DVD ~ Richard Mulligan
Prix : EUR 8,38

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Le sens du détail, 13 février 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Little Big Man (DVD)
C'est l'histoire de Jack Crabb à l'époque de la conquête de l'Ouest, recueilli par les indiens durant son enfance, puis tiraillé sans cesse entre ses deux ethnies. Il rencontrera les plus grandes figures des guerres amérindiennes et vivra une vie interminable...

Commençons par annuler la polémique : Oui, "Little Big Man" est un grand film sur le peuple des indiens d'Amérique, qui restitue la grandeur, la noblesse et la singularité de leur mode de vie, réhabilitant leur culture, alors qu'ils furent longtemps cantonnés à l'état de croquemitaines du far-West par le cinéma de l'âge d'or hollywoodien. Et non, "Little Big Man" n'est pas le grand film qui rétablit la réalité historique. Le long métrage d'Arthur Penn est un franc plaidoyer pour le peuple indien, mais il extrapole complètement sur les faits historiques et notamment la personnalité du Général Custer.
La réalité s'est déroulée différemment. Les indiens ont bel et bien vécu leur génocide. Mais d'une manière dissemblable et beaucoup moins manichéenne.
"Little Big Man", c'est une parabole sur l'impérialisme américain en pleine guerre du Vietnam (le film sort en 1972). C'est une réinterprétation de l'histoire sous un angle artistique et parodique. C'est un pamphlet sur la nature humaine qui altère la réalité historique pour exposer un point de vue sur le colonialisme...

Le film est construit comme un récit biographique narré à la première personne sous forme de soliloques. Il joue énormément sur le sens du détail et ses accents picaresques (en exagérant systématiquement les archétypes du far-West, comme la figure du tireur d'élite ou celle de la "femme de joie"). La moindre scène est ainsi l'occasion de rire sur un détail cocasse et inhabituel. Dans ce sens, il se situe dans la lignée de ces long métrages essentiellement construits sur ce principe, comme Forrest Gump par exemple. Ce procédé, bien que développé à maintes reprises, trouve peut-être bien ses origines dans la technique narrative de "Little Big Man". Il s'agit d'une forme de narration peu commune, qui accouche souvent d'un résultat original et irrésistible. Ce parti-pris narratif fonctionne d'entrée de jeu en éveillant la curiosité du spectateur tout en le surprenant, faisant en sorte qu'il ne s'ennuie jamais.
Du début à la fin, le script fait preuve d'une étonnante virtuosité en passant du rire à la tragédie, parfois d'une séquence à l'autre, et parfois même au cœur d'une même séquence. Si le film est bien réalisé, superbement photographié et solidement interprété, c'est surtout son écriture, originale, incisive et moderne, qui le hisse au dessus du lot.
Le spectateur ressort de cette expérience avec un sentiment contrasté, ayant passé près de 2h30 à ressentir tant d'émotions contradictoires, jusqu'à cette scène insoutenable du massacre de la Washita...

De mémoire de cinéphile, "Little Big Man" est l'exemple de film le plus précis dans lequel est mis en valeur toute la poésie du mode de vie du peuple indien, ne serait-ce que dans le nom des personnages, qui contourne le lyrisme habituel de ce type de récit pour déboucher sur une note naturaliste et truculente (les cheyennes qui recueillent Jack se nomment "Peau de la Vieille Hutte", "Crasse sur le Nez", "Ours qui fouille", "Brûlure du Soleil" et le splendide "Ombre Qu'on Commence à Voir"...).
Mais "Little Big Man" c'est aussi un nombre fou de scènes cultes, de morceaux de bravoure thématique, au cours desquels Arthur Penn s'amuse à détourner -voire contredire- tous les archétypes du western traditionnel. Les héros de l'Ouest sont des brutes alcooliques, les grandes batailles ne sont le terrain d'aucune noblesse et les notables prêcheurs sont des vicelards refoulés. Face à cette civilisation en marche qui pervertit tout sur son passage, le mode de vie des indiens apparaît évidemment comme un modèle de vertu.
La musique de John Hammond s'éloigne également des standards du western en illustrant les images d'un blues séminal et minimaliste.
Enfin, le script abonde d’aphorismes magnifiques, la plus-part du temps énoncés par le chef "Peau de la Vieille Hutte" (Chief Dan George, nominé aux oscars pour le rôle). En voici un florilège :
- "Il y a une réserve inépuisable d'hommes. Mais il y a toujours eu un nombre limité d'êtres humains".
- "Les hommes blancs croient que tout est mort. Si quelque chose sur terre essaie de vivre, les hommes blancs s'empressent de le faire mourir !".
- "Les hommes blancs à peau noire sont moins laids que les hommes blancs, mais ils sont tout aussi fous".
- "Merci de m'avoir donné la vue. Et de m'avoir rendu aveugle pour que je vois plus loin"...
Chef d'œuvre.


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