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Tornado (Provence Côte d'Azur)

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Garth Ennis présente Hellblazer tome 1
Garth Ennis présente Hellblazer tome 1
par William Simpson
Edition : Relié
Prix : EUR 28,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Comme à la maison, 16 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Garth Ennis présente Hellblazer tome 1 (Relié)
Urban Comics s'est enfin décidé à nous traduire une partie de la série Vertigo "Hellblazer John Constantine" (probablement motivé par l'actualité de la série TV), ou les tribulations d'un sorcier moderne aux allures de détective privé, perdu dans les rues glauques du Londres moderne...
L'éditeur français a préféré une collection "par auteur" plutôt qu'une anthologie chronologique (la série a tout de même compté 300 numéros au compteur).
Ce premier recueil sous forme de très gros volume (410 pages de BD) est dévolu au scénariste Garth Ennis, le créateur des séries Preacher, The Boys et Punisher MAX. Il regroupe les épisodes "Hellblazer #41 à 56" (hormis le #51 car il n'est pas du même auteur), réalisés initialement entre 1991 et 1992.
Auparavant, l'éditeur VF Panini Comics avait publié une partie de ces épisodes (#41 à 49) dans Hellblazer : Dangereuses Manies.

Fan de Garth Ennis depuis que j'ai fait sa rencontre artistique, je me suis immédiatement retrouvé, dès les premières pages de ce recueil, en terrain familier. Comme à la maison !
J'ai lu et aimé les deux recueils -historiques- dédiés au début de la série et scénarisés par Delano (Tome 1 : Péchés originels et Tome 2 : Le diable par la queue). Mais je ne peux pas dire que ce soit réellement ce que j'ai préféré sur ce personnage. Le style de Delano était profondément original, poétique, particulièrement dense, pétri de références politiques et de réflexions diverses sur le mysticisme et la vie après la mort. Mais sa narration avait quelque chose de tellement opaque, voire abstraite, que j'ai souvent eu l'impression que le monsieur abusait de substances illicites avant d'écrire ses scénarios !
Rien de cela avec Ennis.

Dès le départ, avec l'arc "Dépendance Mortelle" ("Dangerous Habits" en VO), notre scénariste entreprend un récit "les pieds sur terre". Par le biais de la voix off, Constantine avoue au lecteur qu'il est atteint d'un cancer du poumon en phase terminale. Il se rend chez le médecin, visite une clinique de cancéreux et s'interroge sur des questions existentielles tout à fait concrètes. C'est clair, le style Delano est très loin derrière. L'univers de Constantine s'en trouve simplifié. Le Diable, les fantômes, la mort. Le début du run d'Ennis est une épure du concept de la série.
Notre auteur trouve immédiatement une tonalité truculente pour son personnage : Bien qu'il soit sinistre, John Constantine est très attachant ; il fume comme un pompier, boit comme un trou et jure comme un charretier ; mais il est plein d'esprit. A seulement 20 ans, Garth Ennis fait déjà preuve d'un talent de dialoguiste absolument unique et impressionnant. Du coup, le lecteur, en fréquentant des types qui font la bringue dans des pubs, se trouve en terrain familier (c'est cool de bringuer avec Constantine !), et cette sensation de proximité entre lui et le "héros" rend la lecture de ces épisodes puissamment addictive. Notre scénariste possédant une personnalité bien trempée, c'est tout naturellement qu'il injecte des choses personnelles dans ses récits. Ainsi, il envoie très vite Constantine en Irlande (car Ennis est irlandais) où, par l'intermédiaire de la magie, il a l'occasion de déguster une bière brune si exceptionnelle qu'elle viendra littéralement à bout du Diable ! Plus sérieusement, certains monologues semblent sortir directement de la bouche du scénariste : "Je suis venu ici à 17 ans, attiré par les lumières de la ville. Je me suis installé, embourbé dans la m****, trop feignant pour bouger. Ça, c'est Londres...". Il distille également de nombreuses références à la seconde guerre mondiale, via les confessions de certains personnages. Ce détail a son importance, sachant que cette thématique est une des principales que l'auteur développera dans la suite de sa carrière.

Pour ce qui est de l'aspect horrifique, Ennis propose déjà à cette époque une vision assez rock'n roll de l'enfer et du paradis, telle qu'on pourra la retrouver dans la série "Preacher" quelques années plus tard. Après tout, Constantine ne confesse-t-il pas au lecteur qu'il n'a aucune "Sympathy For The Devil" ? Un autre élément très agréable pour le lecteur est de reconnaître la géographie des lieux. Alors que Delano visitait un Londres inconnu et une Angleterre profonde infréquentable, Ennis parvient à faire évoluer tous ces démons au cœur même du Londres le plus fun. De Camden Town à Covent Garden, John Constantine est là ou tout se passe...

Le deuxième arc narratif, intitulé "Sang Royal" ("Bloodlines" en VO), monte de plusieurs crans dans le domaine de l'horreur. Un peu comme si, soudain, Ennis s'était souvenu que "Hellblazer" était au départ une série horrifique et qu'il fallait en donner pour son argent au lecteur !
Alors il n'y va pas de main morte : "Bloodlines" est une série d'épisodes particulièrement atroces, glauques et malsains ! Le tout enrobé d'une imagerie crue et sans concessions !
Le pitch de départ nous montre en pleine page un cadavre à moitié dévoré dans une rue sordide. Un plus tard, on apprend que c'est un personnage important de la haute société qui a commis ce crime abominable...
Dans cette nouvelle saga, Ennis en profite pour égratigner le pouvoir et s'attaque à la couronne d'Angleterre et au royaume bien terrestre des nantis, qu'il mêle, grâce au concept de la série, à la démonologie la plus édifiante. Il ne fait pas dans la demi-mesure et opte, comme c'est souvent le cas avec son confrère Warren Ellis, pour une condamnation sans appel des classes dominantes, où tout le monde est pourri et où l'on verse systématiquement dans toutes les pires déviances dès que l'occasion s'y présente...
Depuis le début, Alan Moore, créateur du personnage de "John Constantine" dans la série Swamp Thing et ensuite Jamie Delano dans les premières pages de "Hellblazer", avaient entériné le postulat : "Constantine" est une figure prolétaire. Un bon vieux gauchiste proche du peuple. Sa place est au pub du coin, avec les petites gens, et certainement pas dans les clubs chics de la haute. Dire que Garth Ennis se sente en phase avec cette composante de la série relève de l'euphémisme, tant il prend la chose au pied de la lettre ! On pourrait ainsi dire que sa vision des choses est restreinte et peut-être simpliste. Mais après tout, le bonhomme est un auteur et il a le droit d'avoir sa propre vision des choses, même si on ne la partage pas...

Horreur atroce et malsaine. Vision simpliste de la société. On pourrait croire que tout cela n'est pas bon. Que nenni !
Ennis a beau avoir seulement vingt-deux ans à l'époque, il possède déjà un talent à tomber et nous raconte tout ça avec une verve irrésistible, féroce, percutante, le tout traversé de notes d'humour noir qui renversent tout sur leur passage.
Qui plus-est, le bonhomme ne manque pas d'idées et opère un raccord extrêmement malin entre son récit et les événements survenus précisément un siècle plutôt dans les rues sombres de Whitechapel, avec les meurtres du tristement célèbre "Jack l'Eventreur"...
A l'arrivée, cette nouvelle saga de "Constantine", si elle n'est pas bonne pour les âmes les plus sensibles, constitue un des grands moments de la série. Suspense, retournements de situation, horreur d'outre-tombe, satyre sociale et réquisitoire à l'encontre des classes dominantes. Tout ce qui fait l'intérêt de la série est bien présent, mené tambour battant par un auteur fomenteur et déchaîné !

Ces deux arcs narratifs majeurs sont tout de même entrecoupés de petits récits intermédiaires. "Le Pub Où Je Suis Née" (épisode #47), "L'Amour A Mort" (épisode #48), "Le Seigneur de la Danse" (épisode #49) sont des récits qui se déroulent directement dans le quotidien de John Constantine (notamment au pub !), avec une petite touche de surnaturel. "Des Vies Remarquables" (épisode #50 de quarante pages) et "Ceci est le Journal de Danny Drake" (épisode #56) mettent en scène des démons que le lecteur ne connaissait pas encore, dans des one-shot qui se lisent tout seul. A noter l'importance du personnage de "Kit Ryan", qui s'installe dans la série, et qui va devenir le grand amour de "John Constantine"...

La partie graphique est en général l'élément qui déplait le plus aux lecteurs néophytes, qui hésitent à découvrir cette série exceptionnelle à cause de la "laideur" apparente de ses dessins. Alors il faut le savoir : le style rugueux et nécrosé employé ici est simplement le style historique de la ligne Vertigo qui, tel un concept, fut décidé comme tel afin de se démarquer des comics de super-héros et trouver son identité propre. La ligne ayant été lancée en même temps de la série "Hellblazer", il est normal qu'en 1991, elle en soit à ses balbutiements. Depuis, les choses ont évoluées. Mais les dessins ici présents sont loin d'être mauvais. William Simpson opte pour une représentation objective des personnages et des lieux, sans fioritures. Le découpage de ses planches est une leçon de rythme et de limpidité, en osmose totale avec le style narratif de Garth Ennis. Les cadrages en gros plan, souvent "silencieux" sur les protagonistes, viennent pointer les moments forts du récit, par le biais d'expressions accrues, d'une manière suffisamment virtuose pour forcer le respect. Après, c'est sûr, ce n'est pas fait pour faire joli et ça ne dégouline pas d'hommes musclés en slip et de femmes aux formes généreuses et aux poses lascives... Le choix restreint des couleurs est également à saluer tant il est conceptuel : Plus on se rapproche de la mort, moins il y a de couleurs. Une idée aussi simple qu'efficace qui force également le respect. Etant moi-même dessinateur, j'espère que mon avis sur la question est modestement valable. Quant à Steve Dillon, qui fait son entrée sur la série dans le dernier épisode, son style est immédiatement reconnaissable puisqu'il n'évoluera quasiment plus par la suite... A noter, sur le dernier épisode, la présence du grand David Lloyd, co-créateur du mythique V Pour Vendetta.

On le sait aujourd'hui, la série Hellblazer a collectionné les auteurs de comics majeurs de ces dernières décennies (Jamie Delano, Garth Ennis, Paul Jenkins, Warren Ellis, Brian Azzarello, Mike Carrey, Andy Diggle, Peter Milligan, avec même la participation de Grant Morrison et Neil Gaiman !). Chacun a apporté sa pierre à l'édifice en interprétant la "Mythologie Constantine" d'une manière personnelle et sémantique. Ainsi, à la densité poético-mystico-politique de Delano, succèdera la densité humaine, existentielle et cynique de Garth Ennis. Loin de moi l'idée de prétendre que l'une est meilleure que l'autre. Elles sont différentes, c'est très bien comme ça et j'en redemande !
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 16, 2015 6:56 PM CET


Conan Tome 01 : La tour de l'éléphant
Conan Tome 01 : La tour de l'éléphant
Prix : EUR 14,99

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Le doux parfum de la barbarie, 14 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Conan Tome 01 : La tour de l'éléphant (Format Kindle)
Ce recueil intitulé "La tour de l'éléphant et autres histoires" regroupe sept épisodes (respectivement les #0, 16-17 et 19 à 22, publiés essentiellement en 2005). C'est le premier volume de la collection éditée en VF par Panini Comics. Mais en réalité il correspond au tome 3 en VO (Conan Volume 3: The Tower Of The Elephant And Other Stories). En effet, cette nouvelle série de l'éditeur US Dark Horse dédiée à "Conan le barbare" était jusqu'ici publiée chez nous par "Soleil Production", qui avait fragmenté les deux premiers volumes VO en quatre tomes VF :
- Les nouvelles aventures de Conan, Tome 1 : La Légende
- Les nouvelles aventures de Conan, Tome 2 : Derrière le vent du nord
(équivalent du recueil VO Conan Volume 1: The Frost Giant's Daughter and other stories)
- Les nouvelles aventures de Conan, Tome 3 : Sang contre sang
- Les nouvelles aventures de Conan, Tome 4 : Le Dieu dans le vase
(équivalent du recueil VO Conan Volume 2: The God in the Bowl and Other Stories).

Par la suite, Panini Comics publiera six autres tomes :
- Conan : La demeure des morts (tome 4 en VO)
- Conan : Le rendez-vous des bandits (tome 5 en VO)
- Conan : Né au champ de bataille (tome 0 en VO)
- Conan : La main de Nergal (tome 6 en VO)
- Conan : Cimmérie (tome 7 en VO)
- Conan : Le Colosse Noir (tome 8 en VO).
Malheureusement, Panini Comics s'est arrêté avant la fin, car la série Dark Horse comportait encore plusieurs recueils : "Tome 9 : Free Companions", "Tome 10 Iron Shadows in the Moon", ainsi que huit mini-séries ! Pas moyen, donc, de posséder en VF une collection complète et uniforme de cette série. Dommage.

En ce qui concerne cette version, c'est le scénariste Kurt Busiek, le dessinateur Cary Nord et le coloriste Dave Stewart qui en sont les maîtres à bord jusqu'au tome 5.
Le présent recueil regroupe respectivement les épisodes intitulés "Cimmérie" (épisode 0), "Mont Uskuth" (épisode 16), "La Cité Des Voleurs" (épisode 17), "Le Diadème De Tiamat" (épisode 19), "La Tour De L'Eléphant" (épisode 20), "Le Prince Des Voleurs" (épisode 21), et "Le Cœur de Yag-Kosha" (épisode 22). Ils représentent deux arcs narratifs, respectivement de deux et trois épisodes chacun, adaptant de manière très fidèle les nouvelles de Robert E Howard, le créateur du personnage (par exemple, les épisodes #20 à 22 correspondent à la nouvelle "La Tour De L'Eléphant", l'une des plus célèbres du romancier).

Du point de vue du scénario, Kurt Busiek prend le parti de s'inféoder de la manière la plus fidèle possible aux écrits d'Howard, et même parfois, à ceux de Lin Carter, Lyon Sprague de Camp, Steve Perry et Andrew J. Offutt, les principaux écrivains (plagiaires pour certains) qui reprirent le flambeau des aventures de notre héros, après le décès d'Howard en 1936. De cette manière, il marque également l'héritage de Roy Thomas, le premier auteur de comics à s'être lancé dans les adaptations de "Conan" en bande-dessinée (avec les séries historiques Conan The Barbarian et Savage Sword Of Conan). Busiek réalise néanmoins un véritable travail d'orfèvre, en trouvant un équilibre miraculeux entre la paraphrase et l'adaptation. Ainsi, chaque épisode est raconté aussi bien par des encarts de texte que par les images et les dialogues. Les encarts de texte ne sont pas des soliloques (voix intérieure des personnages) mais la voix du narrateur, ce qui représente une tradition dans toutes les versions de "Conan le Barbare". Ils ne sont pas envahissants, et complètent les images et les dialogues en harmonie avec le récit.
La police de caractère choisie pour ces encarts de texte ressemble à celle des anciennes machines à écrire. Ce faisant, Busiek semble nous démontrer qu'il s'agit bien là du texte original d'Howard et de ses disciples, tel qu'ils l'avaient écrit à l'origine. Je n'ai pas eu le courage d'aller vérifier si c'est bel et bien le cas, mais ça semble possible. Il serait injuste de penser que de cette manière, le scénariste pêche par excès de facilité, car le juste équilibre qu'il est parvenu à trouver entre la sélection des extraits du texte originel et ses propres apports exigés par l'adaptation sous forme de récit graphique découle assurément d'un énorme travail d'équilibre et de conception narrative.

En l'état, le style narratif de cette série est à la fois très fidèle au texte originel et extrêmement divertissant du point de vue de la lecture sous forme de narration séquentielle. Sorcellerie, créatures glauques et cauchemardesques, rixes barbares, sang et fesses, l'équilibre virtuose exercé par le scénariste nous gratifie ainsi de tous les éléments propres à la mythologie de "l'Âge hyboréen". L'essentiel de ces sept épisodes se déroule dans la cité de "Zamora", surnommée la "Cité des voleurs"...
Le seul défaut de cette entreprise, c'est que cette adaptation fidèle paraîtra redondante aux lecteurs assidus des aventures de Conan, qui connaissent déjà ces histoires sur le bout des doigts, et pour lesquels ces épisodes ne recèleront aucune surprise...

Du point de vue graphique et pictural, par "Crom", il y aurait également beaucoup de louanges à crier sur les toits de la cité de Zamora ! Le dessinateur Cary Nord s'est tout simplement glissé dans la peau de Frank Frazetta, l'illustrateur historique du personnage, pour en livrer l'adaptation séquentielle idéale. Son Conan est ainsi donc dans la lignée de son illustre modèle, musculeux et buriné comme un roc. Le mouvement des corps rappelle furieusement le maniérisme de Frazetta (voir la couverture !), qui finit par coller à merveille avec le ton du récit. Les lecteurs les plus difficiles pourront tout au plus lui reprocher des vignettes trop dépouillées, tant il est vrai que le dessinateur ne fait qu'esquisser leur contenu. Et c'est là qu'intervient le grand Dave Stewart, probablement le plus grand coloriste du monde des comics ! Ce dernier à fort à faire, car Nord n'encre ses planches que très superficiellement. Ainsi, la plus grande partie de la création picturale se joue dans la mise en couleur, à travers laquelle le contraste entre les couleurs complémentaires rappelle également les travaux de l'illustre illustrateur ! L'ensemble n'est pas exempt de défauts, mais il s'en dégage un parfum et une atmosphère qui ravira les fans d'Howard et de Frazetta !
Le dernier épisode opère un passionnant flashback de six pages entièrement dessiné par Michael William Kaluta (également connu pour avoir illustré un "Calendrier Tolkien" en 1994). L'occasion pour le lecteur d'explorer les arcanes de l'ère hyboréenne...

En fin d'album, un bonus très intéressant propose sur plusieurs pages la rédaction originelle du "Parcours Probable De Conan", écrite par deux des fans de la première heure de l'écrivain en 1935 : Le Dr John D. Clark et l'écrivain P. S. Miller, ainsi que la longue lettre de remerciement que leur avait alors adressé Howard en personne, agrémentée de sa propre carte du Monde Hyborien ! Le tout accompagné de croquis de Nord, Kaluta et Ladronn, qui a réalisé une partie des couvertures de la série Dark Horse. Cette rétrospective nous permet de constater que Busiek a choisi de raconter les aventures de Conan dans un ordre chronologique scrupuleux. De ce fait, il rompt avec la tradition introduite par Howard et perpétrée par Roy Thomas, qui voulait que toutes ces histoires aient été contées par Conan à son chroniqueur, comme s'il évoquait des épisodes de sa vie parfois très distants dans le temps et l'espace, au fur et à mesure qu'ils lui revenaient en tête, sans plan précis...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 14, 2015 9:35 AM CET


Les nouvelles aventures de Conan, Tome 4 :
Les nouvelles aventures de Conan, Tome 4 :
par Kurt Busiek
Edition : Album

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Sword & Sorcery, 13 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les nouvelles aventures de Conan, Tome 4 : (Album)
Ce quatrième album de la série initiée par Dark Horse regroupe quatre épisodes (respectivement les #11, 12, 13 et 14, publiés initialement en 2005). C'est le quatrième et dernier volume de la collection éditée en VF par Soleil éditions. Il correspond à la seconde moitié du tome 2 en VO. En effet, Soleil éditions a fragmenté les deux premiers volumes VO en quatre tomes VF :
- Les nouvelles aventures de Conan, Tome 1 : La Légende
- Les nouvelles aventures de Conan, Tome 2 : Derrière le vent du nord
(équivalent du recueil VO Conan Volume 1: The Frost Giant's Daughter and other stories)
- Les nouvelles aventures de Conan, Tome 3 : Sang contre sang
- Les nouvelles aventures de Conan, Tome 4 : Le Dieu dans le vase
(équivalent du recueil VO Conan Volume 2: The God in the Bowl and Other Stories).
Pour un sommaire encore plus détaillé sur la publication de la série en VF, d'abord par Soleil puis par Panini Comics, voir mon commentaire sur le Tome 1...

Dans ce quatrième volume, ce sont toujours le scénariste Kurt Busiek, le dessinateur Cary Nord et le coloriste Dave Stewart qui sont aux commandes des épisodes (avec la participation de Thomas Yeates et de Tom Mandrake au dessin).
Ce recueil regroupe respectivement les épisodes intitulés "Le Dieu dans le Vase" (épisode 11), "La Route d'Hanumar" (épisode 12), "Le Démon Intérieur" (épisode 13), et "Ibis et le Serpent" (épisode 14).

Le troisième tome nous avait laissé sur un cliffhanger : Conan avait voulu voler un artefact dans une chambre forte et il avait été surpris près du corps de "Kallian Publico", un riche notable d'une petite ville de Némédie. Mais Conan assure à ses geôliers qu'il n'a pas tué le bonhomme. Seulement voilà, personne d'autre n'a été vu dans les environs et, près du cadavre, se trouve une grande urne ouverte...
C'est le moment pour notre héros de rencontrer un ennemi de taille, à savoir le puissant nécromancien nommé "Toth Amon", et ses légions d'insectes et de serpents !

Kurt Busiek nous surprend au cours de ce récit, puisqu'il n'hésite pas à rompre avec la chronologie plus ou moins officielle des aventures du Cimmérien. Jusqu'ici, il nous avait habitué à une suite d'épisodes reprenant la biographie de Conan de manière linéaire, telle qu'elle est officialisée depuis longtemps à partir des nouvelles et des romans de Robert E. Howard, et de ses disciples Lin Carter, Lyon Sprague de Camp, Steve Perry et Andrew J. Offutt, les principaux écrivains qui avaient repris le flambeau des aventures de notre héros, après le décès d'Howard en 1936.
En effet, cette nouvelle saga est le fruit de la fusion entre deux nouvelles : Elle commence par l'adaptation d'une histoire écrite par Howard et intitulée "Le Dieu dans l'urne". Puis elle se poursuit en reprenant les éléments de "Conan the Defiant" (récit inédit en VF), qui avait été écrit par Steve Perry. Le fait est que, dans la chronologie officielle, "Le Dieu dans l'urne" est une aventure censée se dérouler bien plus tard dans le temps !

Plus on avance dans cette série, et plus on s'aperçoit que Kurt Busiek s'approprie les éléments biographiques de Conan le barbare afin d'en proposer une version moderne, parfois fidèle aux écrits originels, parfois distincte, mais toujours en les réinterprétant d'une manière fusionnelle. Il s'agit d'un acte postmoderne puisque le scénariste sélectionne ainsi tous les acquis de cet univers et de sa mythologie, puisant sa source autant dans les écrits de Robert E Howard que dans ceux de ses disciples, ainsi que dans les illustrations de Frank Frazetta (des œuvres mythiques qui eurent autant d'impact sur le public, à l'époque de leur publication, que les romans eux-mêmes), dans les comics écrits par Roy Thomas, avec les légendaires séries des années 70, Conan The Barbarian et Savage Sword of Conan et même, lors d'un climax mémorable, dans les nouvelles de l'écrivain H.P. Lovecraft (ami intime d'Howard dont il s'inspirait parfois).
Mais Busiek ne se contente pas d'en proposer un florilège. Il relève au contraire un défi ambitieux, offrant à la chronologie plus ou moins officielle des aventures de Conan le barbare non pas une adaptation, mais une relecture, une nouvelle illustration, par dessus laquelle le vernis de la bande-dessinée opère un liant et un point de vue d'une justesse admirable. Ainsi, peu importe qu'il s'inspire des écrits de Robert E Howard lui-même ou bien de ses pâles copieurs que furent Lin Carter, Lyon Sprague de camp et les autres.
Grâce à son esprit de synthèse et son énorme travail de relecture mythologique, grâce à l'apport consécutif de Cary Nord et Dave Stewart, Grâce à une narration barbare et lyrique juste et savamment dosée, à une mise en image héritée tout autant de Frazetta, Barry Windsor Smith et John Buscema (respectivement les deux dessinateurs les plus marquants des comics des 70's), Busiek nous offre une version généreuse et globale de la mythologie de l'Âge Hyborien, dont tous les éléments finissent, par le truchement de la bande-dessinée, par devenir homogènes et fédérateurs.

Les puristes et autres gardiens du temple de Robert E. Howard vont sans doute bouder dans leur coin à la seule pensée que nos auteurs de comics ont eux aussi osé s'inspirer des plagiaires de l'écrivain. Alors, comprenons-nous bien : Il ne s'agit pas pour moi de chercher à réhabiliter le travail de Lin Carter et Lyon Sprague de Camp, dont la vision de la mythologie de l'Âge Hyborien nivelait sans doute par le bas celle de son créateur, décédé prématurément en 1936 (encore une artiste maudit et donc, tel Van Gogh ou Brian Jones, sacré et intouchable !). Il s'agit au contraire de louer le travail de mise en cohérence effectué par Busiek et ses sbires, qui offrent à tout le monde une relecture de cette mythologie à l'aune des années 2000, embrassant toutes les versions du personnage pour n'en proposer qu'une seule, réinterprétée de manière ultime.

La partie graphique est en revanche toujours un peu inégale, où des planches splendides côtoient des vignettes bâclées aux arrières plans vides. Et je suis d'ailleurs bien incapable de savoir qui dessine quoi, puisque Cary Nord est accompagné dans son entreprise de faire revivre Frazetta par Thomas Yeates et Tom Mandrake. Et c'est finalement le coloriste Dave Stewart qui semble avoir le plus de travail, puisque ses couleurs composent plus de la moitié des images...
Quant au scénario lui-même, il est évidemment strictement limité à la seule dimension du simple divertissement barbare, sans aucune toile de fond métaphysique particulière. Mais heureusement, par Crom ! la métaphysique n'était pas ce que l'on était venu chercher...

Comme stipulé plus haut, ce recueil est le dernier de la collection publiée par Soleil éditions. La suite se situe chez Panini Comics, en commençant par Conan : La tour de l'éléphant.


Les nouvelles aventures de Conan, Tome 3 :
Les nouvelles aventures de Conan, Tome 3 :
par Kurt Busiek
Edition : Album

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Tant pis pour le sud..., 12 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les nouvelles aventures de Conan, Tome 3 : (Album)
Ce troisième album de la série initiée par Dark Horse regroupe quatre épisodes (respectivement les #7, 8, 9 et 10, publiés initialement en 2004). C'est le troisième volume de la collection éditée en VF par Soleil éditions. Il correspond à la première moitié du tome 2 en VO. En effet, Soleil éditions a fragmenté les deux premiers volumes VO en quatre tomes VF :
- Les nouvelles aventures de Conan, Tome 1 : La Légende
- Les nouvelles aventures de Conan, Tome 2 : Derrière le vent du nord
(équivalent du recueil VO Conan Volume 1: The Frost Giant's Daughter and other stories)
- Les nouvelles aventures de Conan, Tome 3 : Sang contre sang
- Les nouvelles aventures de Conan, Tome 4 : Le Dieu dans le vase
(équivalent du recueil VO Conan Volume 2: The God in the Bowl and Other Stories).
Pour un sommaire encore plus détaillé sur la publication de la série en VF, d'abord par Soleil puis par Panini Comics, voir mon commentaire sur le Tome 1...

Dans ce troisième volume, ce sont encore le scénariste Kurt Busiek, le dessinateur Cary Nord et le coloriste Dave Stewart qui sont aux commandes des épisodes (avec la participation de Thomas Yeates au dessin). Un épisode revenant sur la naissance et l'enfance de Conan (épisode 8) est illustré par Greg Ruth.
Ce recueil regroupe respectivement les épisodes intitulés "Sang Contre Sang" (épisode 7), "Né au Champ de Bataille" (épisode 8), "Deux Némédiens Entrent Dans un Bar" (épisode 9), et "Le Temple de Kallian Publico" (épisode 10).

L'épisode 7 est un petit récit servant de transition entre la grande saga de "l'Hyperborée" (épisodes 3 à 6), pour laquelle il fait office d'épilogue, et la suivante (épisodes 9 à 14), dont il constitue le prologue, en introduisant une mystérieuse guerrière nommée "Janissa la faiseuse de veuves", qui obéit aux ordres d'une terrifiante vieille femme appelée la "Sorcière des os"... C'est à ce moment là que Conan passe de "l'Aquilonie" à la "Némédie", descendant toujours plus au sud aux dépends de ses pauvres monarques...

L'épisode 8 fait exception à la règle de la série. En effet, le scénariste Kurt Busiek avait choisi jusqu'ici de raconter les aventures de Conan dans un ordre chronologique scrupuleux (rompant de ce fait avec le concept de l'écrivain Robert E. Howard, le créateur du personnage, qui voulait que toutes ces histoires aient été contées par Conan à son chroniqueur, comme s'il évoquait des épisodes de sa vie dans le désordre, au fur et à mesure qu'ils lui revenaient en tête). Ici, pourtant, il revient en arrière dans le temps et nous conte les origines du héros, depuis sa naissance jusqu'à l'âge de six ans. L'épisode est superbement illustré par Greg Ruth, ce qui permet au lecteur de bien faire la transition entre ce flashback et la suite de la série.

L'épisode 9 est un classique. Conan s'installe dans un bar et se débarrasse de deux voleurs peu amicaux en leur faisant endosser, par ruse, les conséquences de son propre vol ! Il s'agit également d'un introduction aux épisodes suivants, qui se déroulent en Némédie.

L'épisode 10, suite directe du précédent, est également un classique et annonce la rencontre entre Conan et son premier... serpent ! A noter que ce dernier épisode se termine sur un cliffhanger et qu'il est à suivre dans le tome suivant...

Après l'intensité de la saga de "l'Hyperborée" dans le tome 2, cette succession de petits récits fait un peu retomber la pression. La série souffre alors de son parti-pris chronologique puisqu'elle met ici en scène des récits un peu moins palpitants que les précédents. A noter, par ailleurs, que cette nouvelle saga n'est pas strictement issue d'une nouvelle écrite par Robert E. Howard, le créateur du personnage, mais qu'elle fusionne avec une autre histoire signée Steve Perry, un autre écrivain ayant repris le flambeau sur les aventures de Conan le Barbare après la mort d'Howard, en 1936.
Mais le niveau reste très bon et l'on prend plaisir à redécouvrir ces histoires, devenues des classiques, remises dans un ordre linéaire avec un enchainement fluide et cohérent. Bref, une excellente version comics de notre barbare préféré...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 13, 2015 7:44 AM CET


Les nouvelles aventures de Conan, Tome 2 :
Les nouvelles aventures de Conan, Tome 2 :
par Kurt Busiek
Edition : Album

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La cité des dieux perdus, 11 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les nouvelles aventures de Conan, Tome 2 : (Album)
Ce deuxième album de la série initiée par Dark Horse regroupe quatre épisodes (respectivement les #3, 4, 5 et 6, publiés initialement en 2004). C'est le deuxième volume de la collection éditée en VF par Soleil éditions. Il correspond à la seconde moitié du tome 1 en VO. En effet, Soleil éditions a fragmenté les deux premiers volumes VO en quatre tomes VF :
- Les nouvelles aventures de Conan, Tome 1 : La Légende
- Les nouvelles aventures de Conan, Tome 2 : Derrière le vent du nord
(équivalent du recueil VO Conan Volume 1: The Frost Giant's Daughter and other stories)
- Les nouvelles aventures de Conan, Tome 3 : Sang contre sang
- Les nouvelles aventures de Conan, Tome 4 : Le Dieu dans le vase
(équivalent du recueil VO Conan Volume 2: The God in the Bowl and Other Stories).
Pour un sommaire encore plus détaillé sur la publication de la série en VF, d'abord par Soleil puis par Panini Comics, voir mon commentaire sur le Tome 1...

Dans ce second volume, ce sont encore le scénariste Kurt Busiek, le dessinateur Cary Nord et le coloriste Dave Stewart qui sont aux commandes des épisodes (avec la participation de Thomas Yeates au dessin).
Ce recueil regroupe respectivement les épisodes intitulés "Derrière le Vent du Nord" (épisode 3), "Les Portes du Paradis" (épisode 4), "Cendre et Poussière" (épisode 5), et "Jour d'Adieu" (épisode 6).
Ces quatre épisodes forment un arc narratif complet, dans lequel Conan est emprisonné, en compagnie des Aesir et des Vannir avec (ou contre) qui il avait lutté dans le tome précédent, dans l'immense forteresse du royaume de "l'Hyperborée", une cité gouvernée par une ancienne race d'hommes devenus immortels par magie. Pour bien comprendre tous les enjeux du récit, il vaut donc mieux avoir lu la série depuis le début.
De toute manière, le scénariste Kurt Busiek a choisi de raconter les aventures de Conan dans un ordre chronologique scrupuleux. De ce fait, il rompt avec le concept de l'écrivain Robert E. Howard, le créateur du personnage, qui voulait que toutes ces histoires aient été contées par Conan à son chroniqueur dans le désordre, comme s'il évoquait des épisodes de sa vie au fur et à mesure qu'ils lui revenaient en tête. Ainsi, la série avance désormais au fil de l'existence de notre héros, de manière linéaire, si bien qu'elle n'a jamais vraiment de début ni de fin...

Ces quatre épisodes constituent un des sommets de la série. La saga de "L'Hyperborée" s'impose effectivement comme un très grand moment de "Dark Fantasy", qui retranscrit toute l'atmosphère glauque et poisseuse des nouvelles d'Howard, dans laquelle la magie se mêle à des concepts inédits et malsains, tour à tour effrayants et fascinants, vénéneux mais portés par le souffle de la grande aventure.
Et pourtant, en cherchant bien, on s'aperçoit que cette saga est issue d'une nouvelle intitulée "Les Légions de la Mort" écrite à l'époque par... Lin Carter et Lyon Sprague de Camp, deux écrivains qui pastichèrent le créateur de Conan ! Car la série selon Kurt Busiek est ainsi : On raconte l'essentiel des aventures du "Cimmérien", y compris celles qui furent écrites par d'autres écrivains...
Entant que fan inconditionnel de Conan mais aussi de "Thorgal", cette saga de "L'Hyperborée" m'est apparue comme un écho de la magnifique série d'albums réalisés entre 1985 et 1988 par Jean Van Hamme et Grzegorz Rosinski, connue sous le nom de "Cycle du pays Qâ". Bien qu'il soit admis que l'histoire du présent recueil est avant tout issue d'une nouvelle plus ancienne, ces quatre épisode de la série "Les Nouvelles Aventures de Conan" ressemblent tellement à l'album Thorgal, tome 12 : la cité du Dieu perdu, que l'on en vient à se demander quelle saga a inspiré l'autre ! En effet, au delà des ressemblances de script, c'est tout une ambiance et une atmosphère vénéneuse, troublante et viscérale qui est restituée à l'identique ! En bref, deux bandes dessinées qui exhalent le même parfum, et qui semblent raconter une histoire presque similaire...

Cette confusion entre toutes ces influences devrait ainsi nous mettre la puce à l'oreille : Kurt Busiek et ses sbires se sont lancés dans un pari ambitieux, où l'on offre à la chronologie plus ou moins officielle des aventures de Conan le barbare non pas une adaptation, mais une relecture, une nouvelle illustration, par dessus laquelle le vernis de la bande-dessinée opère un liant et un point de vue d'une justesse admirable.

Ce second tome constitue un moment tellement intense que le suivant va paraitre bien terne en comparaison. Mais une chose est certaine, cette nouvelle série de l'éditeur Dark Horse est une réussite. La partie graphique est toujours un peu inégale, certaines planches (voire certaines vignettes) étant mieux travaillées que d'autres. Mais, par "Crom", on ne va pas s'arrêter à si peu tant l'ensemble est mené de main de maître !
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Les nouvelles aventures de Conan, Tome 1 : La Légende
Les nouvelles aventures de Conan, Tome 1 : La Légende
par Kurt Busiek
Edition : Album

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Renaissance, 10 mars 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les nouvelles aventures de Conan, Tome 1 : La Légende (Album)
Ce premier album de la série initiée par Dark Horse regroupe trois épisodes (respectivement les #0, 1 et 2, publiés initialement entre 2003 et 2004). C'est le premier volume de la collection éditée en VF par Soleil éditions. Il correspond à la moitié du tome 1 en VO. En effet, Soleil éditions a fragmenté les deux premiers volumes VO en quatre tomes VF :
- Les nouvelles aventures de Conan, Tome 1 : La Légende
- Les nouvelles aventures de Conan, Tome 2 : Derrière le vent du nord
(équivalent du recueil VO Conan Volume 1: The Frost Giant's Daughter and other stories)
- Les nouvelles aventures de Conan, Tome 3 : Sang contre sang
- Les nouvelles aventures de Conan, Tome 4 : Le Dieu dans le vase
(équivalent du recueil VO Conan Volume 2: The God in the Bowl and Other Stories).

Par la suite, Panini Comics publiera sept autres tomes :
- Conan : La tour de l'éléphant (tome 3 en VO)
- Conan : La demeure des morts (tome 4 en VO)
- Conan : Le rendez-vous des bandits (tome 5 en VO)
- Conan : Né au champ de bataille (tome 0 en VO)
- Conan : La main de Nergal (tome 6 en VO)
- Conan : Cimmérie (tome 7 en VO)
- Conan : Le Colosse Noir (tome 8 en VO).
Malheureusement, Panini Comics s'est arrêté avant la fin, car la série Dark Horse comportait encore plusieurs recueils : "Tome 9 : Free Companions", "Tome 10 Iron Shadows in the Moon", etc. Pas moyen, donc, de posséder en VF une collection complète et uniforme de cette série. Dommage.
A noter que Panini Comics a également changé le format, abandonnant le format "album" choisi par Soleil éditions (format géant) pour un format "comics" (format d'origine beaucoup plus petit).

En ce qui concerne cette version, ce sont le scénariste Kurt Busiek, le dessinateur Cary Nord et le coloriste Dave Stewart qui en sont les maîtres à bord (avec la participation de Thomas Yeates au dessin).
Le présent recueil regroupe respectivement les épisodes intitulés "La Légende" (épisode 0), "Dans l'Ombre des Collines" (épisode 1), et "La Fille du Géant du froid" (épisode 2).

Du point de vue du scénario, Kurt Busiek prend le parti de s'inféoder de manière relativement fidèle aux écrits d'Howard, mais également à ceux des autres écrivains ayant porté les aventures du Cimmérien sous forme de romans et autres nouvelles, comme Lin Carter et Lyon Sprague de Camp, ou encore Steve Perry et Andrew J. Offutt. Mais surtout, il semble se référer à la lettre adressée, trois mois avant sa mort, par Howard à deux de ses fans. Lettre désormais connue pour avoir établi le "Parcours probable de Conan". De cette façon, il marque également l'héritage de Roy Thomas, le premier auteur de comics à s'être lancé dans les adaptations de "Conan" en bande-dessinée (avec les séries historiques Conan The Barbarian et Savage Sword Of Conan). Busiek réalise néanmoins un véritable travail d'orfèvre, en trouvant un équilibre miraculeux entre la paraphrase et l'adaptation. Ainsi, chaque épisode est raconté aussi bien par des encarts de texte que par les images et les dialogues. Les encarts de texte ne sont pas des soliloques (voix intérieure des personnages) mais la voix du narrateur, ce qui représente une tradition dans toutes les versions de "Conan le Barbare". Ils ne sont pas envahissants, et complètent les images et les dialogues en harmonie avec le récit.
La police de caractère choisie pour ces encarts de texte ressemble à celle des anciennes machines à écrire. Ce faisant, Busiek semble nous démontrer qu'il s'agit bien là du texte original d'Howard et de ses disciples, tel qu'ils l'avaient écrit à l'origine. Je n'ai pas eu le courage d'aller vérifier si c'est bel et bien le cas mais, selon les vignettes, ça semble possible. Il serait injuste de penser que de cette manière, le scénariste pêche par excès de facilité, car le juste équilibre qu'il est parvenu à trouver entre la sélection des extraits du texte originel et ses propres apports exigés par l'adaptation sous forme de récit graphique découle assurément d'un énorme travail d'équilibre et de conception narrative.

En l'état, le style narratif de cette série est à la fois très fidèle au texte originel et extrêmement divertissant du point de vue de la lecture sous forme de narration séquentielle. Sorcellerie, créatures glauques et cauchemardesques, rixes barbares, sang et fesses, l'équilibre virtuose exercé par le scénariste nous offre ainsi tous les éléments propres à la mythologie de "l'Âge Hyborien". L'essentiel de ces trois épisodes se déroule dans les contrées du nord de "l'Aquilonie", où Conan, alors âgé de seize ans, prend partie pour les "Aesir" dans leur guerre sans fin contre les "Vannir"...
Le seul défaut de cette entreprise, c'est que cette adaptation fidèle paraîtra redondante aux lecteurs assidus des aventures de Conan qui, après avoir lu les romans d'Howard et de ses disciples, ainsi que les comics écrits par Roy Thomas, connaissent déjà ces histoires sur le bout des doigts, et pour lesquels ces épisodes ne recèleront aucune véritable surprise...
Cette nouvelle série nous permet de constater que Busiek a choisi de raconter les aventures de Conan dans un ordre chronologique scrupuleux. De ce fait, il rompt avec la tradition introduite par Howard et perpétrée jusqu'à Roy Thomas, qui voulait que toutes ces histoires aient été contées par Conan à son chroniqueur, comme s'il évoquait des épisodes de sa vie parfois très distants dans le temps et l'espace, au fur et à mesure qu'ils lui revenaient en tête, sans plan précis...
L'épisode #0 entérine ce nouveau concept : Il s'agit du narrateur qui, plusieurs siècles après la fin de l'Âge Hyborien, raconte à son prince la vie de Conan, en commençant plus ou moins par le début...

Dans l'ensemble, cette nouvelle série est très ambitieuse puisqu'il s'agit de moderniser le style narratif d'histoires déjà adaptées plusieurs fois sous le même médium, tout en remettant les épisodes dans un ordre chronologique linéaire, en trouvant des solutions afin que chaque épisode semble être la suite du précédent. Ce faisant, Busiek reconstitue ainsi la toile d'araignée désordonnée que les écrivains nous avaient laissée en guise de biographie fictive.

Du point de vue graphique et pictural, le dessinateur Cary Nord fait ses premières armes dans l'Âge Hyborien et tente de se glisser dans la peau de Frank Frazetta, l'illustrateur historique du personnage, pour en livrer l'adaptation séquentielle idéale. Le mouvement des corps rappelle vraiment le maniérisme de Frazetta, mais Nord est encore hésitant et livre un travail inégal. Certaines vignettes sont splendides, mais d'autres sont vraiment trop dépouillées, ou trop esquissées. Le coloriste Dave Stewart a alors fort à faire, car Nord n'encre ses planches que très superficiellement. Ainsi, la plus grande partie de la création picturale se joue dans la mise en couleur. Mais le niveau de cette partie graphique va s'améliorer au fur et à mesure de la série...
Bref, une excellente renaissance pour notre barbare, peut-être trop fidèle pour les inconditionnels des nouvelles de Robert E. Howard, qui revivront des histoires déjà maintes fois contées, et sans doute encore fluctuante d'un point de vue graphique. Mais, par "Crom", c'est quand même vachement bien !
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (5) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 22, 2015 1:20 PM CET


Batwoman Tome  4
Batwoman Tome 4
par Collectif
Edition : Album
Prix : EUR 17,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Fin de cycle, 5 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Batwoman Tome 4 (Album)
Ce cinquième tome de la collection (après Batwoman tome 0, Batwoman Tome 1, Batwoman tome 2 et Batwoman tome 3) regroupe les épisodes #18 à 24 de la série, ainsi que l'Annual #1.
Ces épisodes ont été réalisés entre 2013 et 2014 par les scénaristes J.H. Williams III et W. Haden Blackman, à l'exception de l'Annual, écrit par Marc Andreyko. Les dessins sont l'œuvre de Trevor McCarthy, relayé par Francesco Francavilla sur l'épisode #21, et par Moritat sur certains passages de l'Annual, qui est par ailleurs un épisode double.

Cette série a été créée par Greg Rucka et Williams III. Puis elle a été écrite par Williams III & Haden Blackman sur vingt-quatre épisodes. Le duo de scénaristes a quitté la série pour cause de divergences artistiques avec leur éditeur, lorsque ce dernier a refusé que soit célébré le mariage homosexuel de l'héroïne avec sa fiancée...
Le scénariste suivant, Marc Andreyko, a ainsi écrit l'Annual #1 afin d'achever le récit de ses prédécesseurs, abandonné en plein cliffhanger. Puis il a ensuite écrit ses propres récits jusqu'à l'épisode #34 (à venir dans le tome 5), qui marque la fin de la série.
L'éditeur VF Urban Comics a été très gentil avec ce tome 4, puisqu'il y a inclus l'Annual. En effet, en VO, le tome 4 se terminait par l'épisode #24 (et donc en plein cliffhanger), ce qui obligeait le lecteur à acheter le cinquième et dernier tome afin de lire la fin du récit sur un seul et dernier épisode (tous les autres épisodes racontant une nouvelle histoire, par un autre auteur, avec une atmosphère différente).

La fin de la série selon ses créateurs se déroule donc ici. Hélas, trois fois hélas, comme c'était le cas dans le tome 2, J.H. Williams III, probablement l'un des plus grands dessinateurs de comics de son temps, abandonne ses crayons au profit de Trevor McCarthy.
La rupture de ton opérée par le changement d'identité picturale nivelle l'ensemble par le bas. Même si McCarthy réalise un travail honorable, il n'est clairement pas à la hauteur des magnifiques planches de Williams III. On prend dès lors conscience à quel point le travail de ce dernier est intrinsèquement lié à la réussite de cette série. "Batwoman" est une série à la forte personnalité picturale. Les planches de l'artiste (brillamment épaulé par la mise en couleur de Dave Stewart, ici également absent au profit de Guy Major) exhalent un parfum de puissante poésie gothique, qui porte le récit en lui insufflant toute sa nature. La priver de cette atmosphère revient ainsi à la priver de sa substance. Car Williams III et Stewart sont parvenus à créer des planches conceptuelles dont les constituants (découpage illustratif et narratif, compositions iconiques, mise en couleur symbolique) "racontent" une histoire au même titre que le la partie écrite du scénario, lui apportant toute une toile de fond qui ajoute de la force et de la profondeur au récit, comme les rimes au service de la prose. McCarthy (et même Francavilla) a beau singer le principe, cela ne fonctionne pas. L'âme de la série est laissée en suspens.

Toutefois, au bout de quatre ou cinq tomes, l'attachement du lecteur pour tous ces personnages est fort. Et même si le dénouement est parfois tarabiscoté, dans le sens où Andreyko doit résoudre tous les fils d'une intrigue laissée en jachère par ses prédécesseurs, il nous offre un final cohérent, qui clôt une histoire de manière nette et sincère.
Le voyage fut donc plus intense que l'arrivée. Et ce final en dents de scie n'est certes pas à la hauteur des meilleurs moments de la série. Mais arrivé à ce stade, le lecteur aime suffisamment cet univers et ses habitants pour lire l'ensemble d'une traite et y trouver matière à frissonner avec eux.
Au final, "Batwoman" fut une série d'exception, particulièrement lorsqu'elle fut dessinée par J. H. Williams III. Une expérience de lecture totale dans une alchimie miraculeuse entre le fond et la forme. Une œuvre gothique d'une poésie noire, à la personnalité unique. Une création largement au dessus du tout venant de la planète comics...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 6, 2015 9:38 AM CET


Le Monde perdu T2
Le Monde perdu T2
par Christophe Bec
Edition : Album
Prix : EUR 14,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 King size, 4 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Monde perdu T2 (Album)
Le professeur Challenger et son équipe sont désormais sur le haut plateau de cette région méconnue de l'Amazonie qu'ils sont venus découvrir. Ils contemplent un troupeau d'Iguanodons et s'émerveillent de leur trouvaille, notamment en constatant que ce qu'ils pensaient connaitre de ces créatures était infondé. Mais si des herbivores géants vivent dans ces contrées, il est fort probable que des carnivores du même gabarit sévissent également dans les environs...
A l'heure où nos compagnons de voyage doivent impérativement trouver une source d'eau potable, ils sont soudain attaqués par une espèce de dinosaure gigantesque, rapidement identifié comme un Spinosaure...

Cette série de bandes-dessinées est l'adaptation du célèbre roman d'Arthur Conan Doyle. Une adaptation postmoderne, dans le sens où elle est à la fois relativement fidèle, à la fois relativement distincte, plutôt moderne dans la mise en forme mais absolument classique dans la narration !
Comme dans le premier tome, les auteurs optent pour un script qui reprend l'essentiel du récit de l'écrivain, tout en élaguant sa structure, histoire d'optimiser la sensation de rythme et de fluidité. Plutôt que de lui ajouter des éléments, comme il est d'usage de le faire dans une relecture, les auteurs enlèvent au contraire tout ce qui dépasse. Mais ils changent néanmoins de nombreux détails, notamment à travers les espèces de dinosaures. A l'époque où Conan Doyle écrivait son roman, certaines espèces étaient très populaires, tels l'Apatosaure ou l'Allosaure. Aujourd'hui, ce sont plutôt le Spinosaure, l'Iguanodon, le Quetzalcóatl ou le Sarcosuchus, raison pour laquelle on va retrouver précisément ces espèces dans cette nouvelle adaptation. A noter qu'il s'agit des dinosaures parmi les plus grands et les plus spectaculaires qui ont été étudiés ces dernières années, ce qui est bien pratique pour illustrer un récit d'aventures épiques !
Quoiqu'il en soit, l'adaptation la plus fidèle demeure toujours, près d'un siècle plus tard, le film de 1925 (Le Monde Perdu) !

Le scénariste Christophe Bec a un peu remanié son système de narration par rapport au premier tome. Il subsiste encore quelques flashbacks, mais le principe du récit narré à la première personne (avec la voix intérieure d'Edward Malone) s'est estompé au profit d'une construction plus linéaire.
Les personnages interagissent toujours de manière aussi archétypale alors qu'ils auraient eu besoin d'un petit coup de jeune. Et les dialogues semblent toujours sortir d'une bonne vieille bande-dessinée des années 50, du style Blake & Mortimer...
Les dinosaures sont toujours graphiquement fidèles aux dernières découvertes paléontologiques, mais ils sont encore beaucoup trop grands et déconnectés de la réalité scientifique. Surtout que l'on fait ici cohabiter des espèces issues de périodes distinctes de la préhistoire (dont l'existence respective fut parfois séparée de plusieurs dizaines de millions d'années), ayant vécu sur des continents tout aussi distincts (en bref, il est inconcevable que de telles espèces aient pu être réunies).
C'est toujours un paradoxe puisque l'un des thèmes du récit, à travers les interventions du professeur Challenger, consiste à critiquer l'aveuglement de certains scientifiques arriérés qui s'obstinent à ne pas voir la réalité scientifique en face...
Le sujet de cette série n'est donc pas lié à la science, mais bel et bien au pur divertissement, raison pour laquelle on choisit de faire intervenir les espèces de dinosaures les plus spectaculaires possibles, même s'il faut par là faire "mentir" les personnages, qui reconnaissent des espèces complètement inconnues à l'époque du récit !

Le dessin de Frabrizio Faina & Mauro Salvatori demeure toujours l'intérêt principal de cette expérience séquentielle. Une magnifique ligne claire et un sens de la mise en scène spectaculaire, qui se déploie merveilleusement lors des superbes décors en double-page, qui font honneur à la notion de "grande aventure".
Pour autant, la dernière page nous étonne en nous abandonnant sur un cliffhanger en lâchant un "suite et fin dans le tome 3". Sachant que le récit avance lentement, de manière indolent et décompressée au point que l'on ait l'impression qu'il ne s'est pas encore passé grand chose, j'ai du mal à concevoir que tout va pouvoir être bouclé en seulement un tome !
Du pur divertissement, sans profondeur ni toile de fond mais bien troussé, extrêmement classique dans la forme, pour une bande-dessinée d'aventure à la fois moderne et à la fois très ancrée dans un état d'esprit franco-belge hérité de ses pères, E. P Jacobs en tête...
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Donnie Darko [Blu-ray]
Donnie Darko [Blu-ray]
DVD ~ Jake Gyllenhaal
Prix : EUR 16,99

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Follow the dark rabbit..., 2 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Donnie Darko [Blu-ray] (Blu-ray)
Amazon ayant amalgamé toutes les éditions dans les commentaires, je précise que nous faisons ici référence à cette édition : Donnie Darko [Blu-ray].
La version européenne est un parent pauvre. Le film n'a pas été restauré en HD dans les règles de l'art et le résultat est fluctuant. On est loin de la catastrophe annoncée par certains commentateurs, mais le résultat est effectivement très moyen, surtout pour un film plutôt récent comme "Donnie Darko".
Pour ma part, je regrette surtout que cette édition ne propose pas le director's cut et ses vingt minutes de scènes supplémentaires. Ce dernier n'est disponible que dans l'édition britannique, sans VF ni VOST (comme d'habitude avec nos chers voisins)...
Aujourd'hui, nous sommes ainsi dans l'attente d'une version mieux restaurée, proposant évidemment le director's cut, dans une édition définitive proposant VF et VOST...

Parlons à présent du film, qui justifie à lui seul les 5 étoiles du présent commentaire.
1988. Une ville universitaire dans le Middlesex. Un mois dans la vie d'un jeune adolescent schizophrène.
Donnie est aussi intelligent que perturbé. Il a des hallucinations dans lesquelles il communique avec un ami imaginaire nommé "Frank", qui ressemble à un homme déguisé en lapin effrayant et ténébreux...
Un soir, le réacteur d’un avion de ligne s'écrase dans sa chambre. Mais Donnie n'y était pas car "Frank" le pousse à effectuer toutes sortes de délits pendant la nuit, délits qui vont influer sur la vie tranquille de cette petite ville et de son campus universitaire.
Petit à petit, Donnie prend conscience que ses hallucinations lui procurent un certain pouvoir sur les événements. Pouvoir qu'il devra utiliser à un moment ou un autre pour réaliser quelque chose d'important. Quelque chose dont la source pourrait bien être cette nuit où le réacteur est venu s'écraser dans sa chambre...

Pas facile de résumer une histoire aussi incongrue. Car "Donnie Darko" est un film qui ne ressemble à aucun autre, et dont l'histoire ne suit pas ce que l'on peut appeler un déroulement classique. Conçu comme une boucle temporelle, le récit divague entre réel et hallucinations, au rythme d'une série de chansons et d'une poignée de scènes de la vie, entrecoupées de fulgurances oniriques.
Le vecteur du récit est le personnage de Donnie, adolescent perturbé mais pénétrant, dont les faits et gestes sont toujours lourds de conséquences sur son entourage...
Par moment, mais de manière diffuse et subtile, les pouvoirs de Donnie, qui le rendent différent et par extension éveillent la méfiance de ses concitoyens, peuvent faire penser à l'univers super-héroïque des X-Men, dans le sens où l'on y développe également une parabole sur le droit à la différence.

Certaines personnes sont atteintes de troubles comportementaux. Lorsqu'ils se manifestent depuis l'enfance, c'est une souffrance pour toute la famille et l'entourage, qui en subit presque toujours les conséquences. Mais c'est surtout une souffrance pour la jeune personne concernée, incapable de s'intégrer au monde qui l'entoure, notamment arrivé au stade crucial et complexe de l'adolescence.
Cette toile de fond traverse le film comme un torrent et il apparait évident qu'elle en devient le sujet principal, les événements surnaturels et paranormaux n'étant que le vernis derrière lequel se développe la parabole humaine et sociale. Et c'est bien ce qui est beau et fascinant dans ce film unique en son genre : Cette manière de raconter le drame humain et le thème de la schizophrénie sous les atours d'un conte fantastique et onirique, envoûtant comme un poème de Rimbaud.

Cet ovni cinématographique, film culte de toute une génération de lycéens et d'étudiants lors de sa sortie en 2001, se manifeste ainsi comme un idéal de cinéma fantastique, qui ne parle en réalité que des choses de la vie, mais à la manière d'un film fantastique, intelligent et sensible.
Certains spectateurs en rupture avec cette vision de l'art cinématographique ont détesté le film et en ont conspué les naïvetés sous-jacentes et les stéréotypes ostentatoires (les jeunes sont magnifiques, les vieux et la société sont un carcan). Et ils sont passés à côté de l'allégorie et de la poésie à l'œuvre.
Je fais partie d'une autre catégorie de cinéphiles : Le cinéma naturaliste ne m'intéresse pas. Les films politisés du festival de Cannes m'ennuient. Et les atermoiements d'un adolescent à la sauce des frères Dardenne (Le Gamin au vélo) composent le style de mise en forme de tout le cinéma qui me fait fuir. "Donnie Darko" en constitue en revanche l'idéal, sorte de mélange entre la poésie onirique et le conte fantastique, un cinéma qui peut parler de tout, mais qui nous sort du réel. Un idéal artistique où se mêlent poésie et réflexion, vie et rêve. Un ailleurs envoûtant.

Depuis sa sortie et depuis qu'il a gagné son aura de film culte, "Donnie Darko" n'a cessé d'alimenter les interprétations les plus diverses, où se télescopent l'allégorie messianique, les univers parallèles et les théories du voyage temporel ; où se mêlent les influences les plus diverses, de Graham Greene à Edgar Alan Poe, auxquelles répondent celles, plus populaires, des chansons (sublime reprise du "Mad World" des Tears For Fears par Gary Jules) et allusions aux films (La Dernière tentation du Christ) ou autres contes (Alice au Pays des Merveilles) qui ponctuent le long métrage du début à la fin.
Une chose est sûre, "Donnie Darko", avec ses airs de Twin Peaks des campus, est un film-somme, une œuvre rare et une création artistique totale, réalisée par un tout jeune metteur en scène - Richard Kelly - de vingt-six ans ! Oui, un film rare...
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LES GARDIENS DE LA GALAXIE T01 : HERITAGE
LES GARDIENS DE LA GALAXIE T01 : HERITAGE
par Andy Lanning Dan Abnett
Edition : Cartonné
Prix : EUR 14,95

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Feuilletonesque, 1 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : LES GARDIENS DE LA GALAXIE T01 : HERITAGE (Cartonné)
Ce premier tome de la collection deluxe dédiée à la série "Les Gardiens De La Galaxie" regroupe les six premiers épisodes (ce que l'éditeur franco-italien appelle un "mini-deluxe" !).
Il s'agit de la version moderne qui popularisa cette équipe de super-héros "cosmiques" au point de voir Hollywood s'intéresser à leur cas en produisant l'excellent Les Gardiens de la Galaxie en 2014.
Les événements qui se déroulent dans ces six premiers épisodes sont contemporains de ceux de l'event Secret Invasion, auquel il est fait allusion sans qu'il n'y ait de liens à proprement parler. L'ensemble a été réalisé en 2009 par les scénaristes Andy Lanning & Dan Abnett, et le dessinateur Paul Pelletier.

Directement après les retombées de la grande saga Annihilation Conquest (qu'il vaut mieux avoir lu avant car elle constitue les véritables origines de l'équipe), "Star-Lord" demande à ses coéquipiers qui ont mené la guerre avec lui de former une équipe de défenseurs de la galaxie. "Adam Warlock", "Quasar", "Drax le Destructeur", "Gamora", "Mantis" et "Rocket Raccoon" répondent à l'appel (il y a aussi un petit "Groot" dans un pot de fleurs)...
Attention, il s'agit là d'une nouvelle version de ces héros vintages, dont certains furent créés par des scénaristes d'un autre âge dans les années 70 et 80, comme Steve Gerber et Jim Starlin, ou encore Bill Mantlo et Steve Englehart. Certains sont encore les mêmes, dans une version moderne, mais d'autres n'ont plus rien à voir avec les versions précédentes (notamment "Quasar", qui est aujourd'hui une femme).

La première partie de ce premier recueil (avec les "Chevaliers de le foi") n'est pas la meilleure. Les événements sont parfois très factices et on a un peu l'impression que les scénaristes ne savent pas vraiment quoi raconter, et que le tout n'est qu'un prétexte à la formation de cette nouvelle équipe iconique de super-héros cosmiques. Qui plus-est, la mise en forme conceptuelle est remplie de gimmicks pas toujours légers (les fameuses vignettes où chaque héros est interviewé, servant ainsi à faire des présentations enrobées d'un humour pas toujours inspiré)...
La seconde, à bord de "Nulle Part", l'immense complexe spatial dans lequel les "Gardiens De La Galaxie" ont élu domicile, est beaucoup plus réussie. Notamment grâce à un suspense croissant jouant sur une récupération de l'event "Secret Invasion" (n'importe qui, y compris au sein des "Gardiens De La Galaxie", peut être un "skrull" infiltré !).

Le récit en lui-même est plutôt superficiel et répétitif. Mais le savoir-faire du duo Abnett & Lanning est à l'œuvre au cœur d'une science-fiction sophistiquée, très européenne dans sa structure (on pense parfois à Jodorowsky), même si pour l'instant on assiste surtout à un premier tome d'exposition, une mise en bouche.
Le dessin de Paul Pelletier, fonctionnel mais néanmoins efficace, porte l'ensemble de belle manière, surtout lors de quelques visuels impressionnants à base de vaisseaux spatiaux gigantesques et de créatures extraterrestres impossibles !
En bref, une série de comics mainstream agréable, un peu superficielle et plus inspirée dans la deuxième moitié que dans la première. Un feuilleton divertissant, sans réel début, ni fin. On va tout de même regarder si la suite sera bonne, dans Les gardiens de la galaxie T02... ☆☆☆ et demi.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 1, 2015 11:53 AM CET


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