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Tornado (Provence Côte d'Azur)

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Shining [Blu-ray]
Shining [Blu-ray]
DVD ~ Jack Nicholson
Proposé par musique-pour-vous
Prix : EUR 11,17

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Light my fire, 25 février 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Shining [Blu-ray] (Blu-ray)
Mon commentaire fait référence à cette édition : Shining [Blu-ray]. Il s'agit de la version américaine dont le contenu propose le film en version longue, pour une durée totale de 144 mn (25 mn de plus que la version européenne).
La très bonne nouvelle pour les francophones réside dans le fait que cette version allongée est entièrement disponible en VF d'époque, puisque le film avait été traduit avant d'être recoupé. Il a également retrouvé son cadrage initial en 16/9° et le résultat en HD est proprement fabuleux, peut-être encore supérieur à la version blu-ray européenne. Nul doute que si Mr Kubrick était encore en vie, ce serait un director's cut.
Bref, une édition "zone free" (pouvant être lue sur n'importe quel lecteur blu-ray) qui, en ce qui concerne le film, rend caduque toutes les autres éditions sur le marché !
En revanche, les nombreux bonus (un commentaire audio, trois documentaires et un making-of, ainsi qu'une bande-annonce) ne sont pas sous-titrés. Ce qui est finalement logique pour un produit venu d'outre-Atlantique...

Tout le monde a vu ce film culte aujourd'hui, non ?
Réalisé en 1980 par le grand Stanley Kubrick, il s'agit de l'une des premières adaptations cinématographiques d'un roman de l'écrivain Stephen King (le deuxième, après Carrie).
Le pitch : Une petite famille (le père, la mère et le tout jeune fils) s'installe pour l'hiver dans un grand hôtel de luxe qui n'est ouvert que l'été. Car Jack Torrance (le père), voit ainsi l'opportunité, en acceptant la maintenance de l'hôtel durant sa période hivernale de fermeture, d'achever l'écriture de son roman.
L'hôtel "Overlook", doté d'une conscience et habité par des esprits malveillants, va bientôt posséder Jack. Mais Danny, le fils de Jack, possède le "Shining" (le "don de lumière"), une faculté de médium, qui le rend sensible aux forces surnaturelles et lui permet de voir l'avenir. Il parvient ainsi à percer les secrets de l'hôtel.
En plein cœur de l'hiver et alors que l'hôtel est quasiment inaccessible en raison de la neige qui l'isole, Jack finit par devenir un danger pour sa famille...

Dans son roman, Stephen King développait une intrigue horrifique qui n'était finalement que le vernis derrière lequel il dressait une éprouvante mais passionnante toile de fond sur la détérioration de la cellule familiale (l'un de ses thèmes de prédilection). L'hôtel, qui isole la cellule familiale du reste du monde social et la confronte à elle-même, canalisait ainsi toutes les menaces qui pulvérisent son équilibre (l'alcoolisme, les déviances du quotidien comme la maltraitance de l'enfant due aux colères parentales, l'effritement des sentiments amoureux, la précarité financière et la perte de confiance) en les exacerbant, afin de déverser sa malveillance naturelle, comme une métaphore de cette détérioration.
Kubrick n'a gardé que la surface de cette passionnante toile de fond, se focalisant essentiellement sur la perte de repères des personnages et leur basculement vers la folie. A ce titre, le réalisateur n'a évidemment pas son pareil pour magnifier une simple épure de la trame du roman initial. Ne gardant que quelques éléments du script originel, il parvient ainsi à en proposer une relecture simplifiée mais dont les effets purement cinématographiques tirent l'ensemble par le haut.

Avec un tel réalisateur, tout est affaire de mise en scène conceptuelle. Le thème du labyrinthe, véritable métaphore de l'esprit torturé des principaux personnages, s'impose ainsi de manière physique et allégorique, comme une mise en abîme : Dans l'esprit des personnages, dans les couloirs de l'hôtel, dans le jardin. Il est décliné partout.
L'équilibre entre la présence et l'absence des habitants de l'hôtel est également mis en scène de manière complexe et maniaque : Tandis que les fantômes n'apparaissent dans le cadre que de manière ponctuelle mais centrée, les vivants se reflètent sur tous les coins de l'image par un jeu de reflets de tous les instants (sur les miroirs, dans les fenêtres, etc.). Soit une façon purement cinématographique de développer certains des thèmes puisés ici et là dans le roman initial, auxquels s'ajoutent des effets horrifiques saisissants, qui n'ont pas pris une ride contrairement à la plupart des films d'horreur de la même époque...

C'est un fait établi : La peur en iconographie ne survit pas au poids de l'âge, et le cinéma, qui allie l'image et le son (deux vecteurs de peurs s'il en est), n'échappe pas à cette règle indéniable : Ce qui nous faisait peur il y a des décennies ne nous fait plus peur aujourd'hui. La peur "vieillit" mal, car elle est dépassée dans le temps par de nouvelles itérations.
Mais ce Shining de 1980 demeure toujours assez effrayant, et ce malgré une image surannée qui semble directement surgir des années 70 ! Les effets sont pourtant simples, voire archétypaux quand on y pense : Deux petites filles fantomatiques qui apparaissent brutalement dans un couloir au tournant d'un virage ; des flots de sang qui dégoulinent d'un escalier ; un gros plan sur le visage d'un enfant déformé par la peur ; une vieille femme décrépite qui avance vers la caméra en exultant d'un rire sépulcral ; une musique à faire pâlir d'angoisse un mur de pierre... Mais effectivement, rien que d'y penser on en frissonne d'angoisse ! Au point que, bien des décennies plus tard, la plupart des réalisateurs de films d'horreur continuent de réutiliser de tels effets !

Mais cette débauche de trouvailles cinégéniques s'oppose à une certaine "trahison" de l'intrigue imaginée par Stephen King. Raison pour laquelle de nombreux lecteurs n'ont pas apprécié cette adaptation, qui fait l'impasse sur beaucoup trop d'éléments issus du roman, et en transforme beaucoup d'autres.
Stephen King lui-même regrettera ce manque de fidélité envers son œuvre, au point qu'il sera l'initiateur d'une nouvelle adaptation en 1997 (près de vingt ans plus tard), dont il écrira le scénario en personne, en plus de produire le film (en réalité une mini-série télévisée) et de superviser sa mise en scène. Le résultat (Shining (mini-série)) sera à la fois très différent et très complémentaire de la version de Stanley Kubrick, substituant à l'expérience sensorielle de l'un (la première version de 1980), la richesse thématique de l'autre...

Et c'est là qu'intervient cette "version longue"...
Effectivement, les 25 mn supplémentaires rajoutées au montage ramènent beaucoup d'éléments jadis écartés en provenance du roman. L'alcoolisme de Jack Torrance est réhabilité, pour ainsi dire, de même que l'épisode tragique où il est raconté qu'il a brutalisé Danny un soir de beuverie, installant ainsi le terreau de "l'homme potentiellement colérique" sur lequel l'esprit malfaisant de l'hôtel va s'appuyer afin de posséder le pauvre homme.
D'autres scènes sont rallongées, en particulier celle de la visite de l'Hôtel avant sa fermeture. D'autres sont sensiblement différentes. Mais dans l'ensemble, le film gagne ainsi une nouvelle image, plus proche du roman initial.
Evidemment, comme personne n'est jamais content, cette version longue déplait à certains cinéphiles qui considèrent que le film est moins épuré, et donc moins intéressant artistiquement (mais il y en a également qui trouvent le film ridicule et surjoué !). A moi qui aime autant le roman que le film de Stanley Kubrick et même la version télévisée de 1997, cette version longue me convient parfaitement. Et c'est cette dernière que je reverrai désormais...


ANNIHILATION T02
ANNIHILATION T02
par Collectif
Edition : Album
Prix : EUR 18,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Space mountains, 18 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : ANNIHILATION T02 (Album)
"Annihilation, Tome 2 : Les Hérauts de Galactus" est le deuxième et dernier tome de la saga initiée dans Annihilation T01.
Ce recueil est une version économique du deluxe édité par les éditions Panini en 2009 (Annihilation, Tome 2 : Les hérauts de Galactus). Il fait partie de la collection MARVEL SELECT, dont le principe consiste à rééditer les anciens volumes épuisés de la collection deluxe. Il est d'un format comics traditionnel (plus petit que le deluxe) et possède une couverture souple. Le contenu est identique (aucun bonus, si ce n'est quelques couvertures en fin d'ouvrage).

Ce second tome regroupe trois mini-séries qui, comme c'était le cas dans le précédent, participent, façon "crossover", à la formation de la saga.
- "Annihilation Super-Skrull" 1 à 4 est écrit par Javier Grillo-Marxuach et dessiné par Grégory Titus.
- "Annihilation" 1 à 6 est écrit par Keith Giffen et dessiné par Andrea di Vito.
- "Annihilation : Heralds of Galactus" 1 et 2 est écrit respectivement par Christos Gage, Stuart Moore et Keith Giffen. Les dessins sont effectués par Giuseppe Camuncoli, Mike McKone, Andrea di Vito et Skott Kolins.
Tous ces épisodes ont été initialement publiés en 2007.

- "Annihilation Super-Skrull" : Dans la lignée des précédentes mini-séries ("Annihilation : Nova", "Annihilation : Silver Surfer" et "Annihilation : Ronan", sachant que Panini Comics a hélas fait l'impasse sur "Annihilation : Drax le Destructeur"), cette dernière pierre à l'édifice du crossover "Annihilation" est d'une excellente qualité.
Le personnage de "Super-Skrull" (qui se prénomme "Kl'rt dans l'intimité) est lui aussi complètement redéfini et débarrassé de ses oripeaux infantiles, bien loin des pages de la série "Fantastic Four" dans laquelle il vit le jour dans les années 60 ! Il rejoint les nombreux personnages de la saga dans ce qu'ils possèdent d'ambivalence héroïque, où le sens de l'honneur fait seul figure de noblesse, à des années lumières du moindre esprit manichéen. Encore un récit plein de bruit et de fureur, qui rappelle parfois la noirceur et le désespoir des grandes fresques science-fictionnelles et opératiques d'Alejandro jodorowsky.
Un petit bémol pour le dessin orienté manga de Grégory Titus, surtout lorsqu'il s'agit de mettre en image "R'Kin", le jeune sidekick du "Super-Skrull", qui semble tout droit sorti d'un immonde graffiti pour ado skateur décérébré... ☆☆☆☆

- "Annihilation" : Et voici venir le récit principal de la saga, le point d'orgue du crossover, le grand climax final, qui réunit l'ensemble des protagonistes dispersés dans toutes les mini-séries publiées en amont.
Il s'agit d'un récit épique plein de batailles, qui fait converger tous les éléments des récits précédents vers un dénouement cathartique. Le fan-boy exulte devant la réunion de toutes ces figures "cosmiques" de l'univers Marvel, qui voit même "Thanos" et "Galactus" en personne se jeter dans la mêlée !
On regrettera pourtant quelques facilités scénaristiques indignes (la résurrection d'un personnage effectuée de manière grotesque et irrespectueuse pour l'intelligence du lecteur !) et une narration parfois laborieuse, où l'on perçoit la probable urgence avec laquelle le scénariste a dû mettre l'ensemble en chantier.
Heureusement, le dessin est excellent et Andrea di Vito se révèle époustouflant dans le découpage de ses planches, majestueuses, pleines de points de vue vertigineux tout en plongées et contre-plongées virtuoses. ☆☆☆☆

- "Annihilation : Heralds of Galactus" : Ces deux derniers épisodes coupés en quatre récits distincts mettent respectivement en scène quatre hérauts de "Galactus" immédiatement après la fin de la saga "Anihilation". Ils font ainsi figure d'épilogue au crossover.
"Terrax", "Stardust", "Firelord" et le "Silver Surfer". Chacun a ainsi droit à son heure de gloire. Les trois premiers segments sont tout de même bien anecdotiques. Il n'y a que le dernier, qui illustre une nouvelle prouesse héroïque du "Silver Surfer", qui vaut vraiment le détour, mettant un terme à la participation de certaines figures apparues dans le crossover. Un grand moment d'héroïsme épique, qui réussit presque à masquer le manque de consistance des trois récits précédents. ☆☆☆

"Annihilation" se termine donc ici. Mais une grande partie de ces figures cosmiques de l'univers Marvel revient en force dans la saga suivante : Annihilation Conquest !
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Batgirl Année Un
Batgirl Année Un
par Javier Rodriguez
Edition : Relié
Prix : EUR 19,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Family business, 17 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Batgirl Année Un (Relié)
"Batgirl Année Un" est une mini-série réalisée en 2004 par le duo de scénaristes formé par Scott Beatty & Chuck Dixon, ainsi que le dessinateur Marcos Martin.
Quelques années auparavant, les mêmes auteurs nous avaient déjà offert Robin Année Un, au concept similaire.
Il s'agit ainsi de revisiter les débuts de la carrière de l'héroïne de manière moderne, pour un récit autonome, inscrit dans la continuité (avec un clin d'œil appuyé au Batman : Killing Joke d'Alan Moore !), mais pouvant se lire comme un tout.
Nous retrouvons donc la jeune Barbara Gordon à l'aube de ses aventures super-héroïques, alors qu'elle habite encore avec son père (futur commissaire Gordon !), qu'elle se fait remarquer par Batman & Robin et qu'elle cherche à rencontrer son idole, "Black Canary"...
Chose incompréhensible, Urban Comics a publié cette mini-série sur du papier glacé, alors que "Robin Année Un" avait été publié, dans la même collection, sur papier mat ! Il serait peut-être bon que l'éditeur français, qui réalise par ailleurs un travail de très grande qualité, prenne soin d'harmoniser ses collections avec davantage de cohérence !

Le personnage de "Batgirl" est apparu pour la première fois en 1966 dans les pages de la série "Detective Comics". En réalité, la jeune femme est née dans le sillon de la série télévisée des années 60 (Batman - La série TV complète, qui avait généré une première "batmania" bien des années avant le film de Tim Burton), puisqu'elle a été créée à la demande du producteur de la chaine télévisée afin d'apporter une touche féminine à l'univers de Batman, et ainsi attirer un public plus large !
Batgirl voit ainsi le jour entant que fille du commissaire Gordon, avec un ennemi attitré : "Killer Moth", l'homme-mite ! (en réalité un super-vilain de troisième choix issu d'un vieil épisode de Batman datant de 1951).

Comme l'avaient fait Bruce Canwell et Lee Weeks dans "L'épreuve de Force (The Gauntlet)" (publié en première partie de "Robin Année Un"), Beatty & Dixon optent pour une narration qui rappelle celle de Frank Miller dans son mythique Batman Année Un, à base de soliloques, les personnages s'exprimant constamment par le biais de monologues intérieurs. Mais comme ils l'avaient également fait avec "Robin Année Un", les auteurs s'inspirent des créations de Jeff Loeb & Tim Sale sur l'univers de Batman (Batman Un Long Halloween, Batman Amère victoire et Batman Des Ombres dans La Nuit), développant une ambiance tantôt rétro et cartoon, tantôt universelle, qui apporte une note de poésie enfantine, idéale pour soutenir ce genre de lecture.
Qui plus-est, le duo de scénaristes souligne cette prise de recul avec une délicieuse note d'humour qui unit les personnages dans un univers de conte familial, plutôt irrésistible.

Par dessus tout, ce que j'ai aimé entant que lecteur d'âge mur, c'est bien ce parti-pris artistique qui consiste à préserver la pureté, l'innocence et les atours enfantins du récit sans pour autant tomber dans l'infantilisme et sans jamais verser dans la vulgarité. On retrouve ainsi les sensations de notre enfance que l'on est venu rechercher dans ce type d'histoire de super-héros classiques, sans avoir l'impression de régresser à un état arriéré puisque l'ensemble trouve un équilibre parfait entre ses aspects naïfs et cartoon, et un style narratif mature, bien écrit, bien dialogué et plein d'esprit. On peut alors parler de récit universel, qui réussit à franchir le temps et les générations pour s'adresser au plus grand nombre, sans non plus tomber dans les travers consensuels d'une production commerciale.
On notera enfin un bien belle écriture au sens purement formel, non linéaire, avec un récit s'articulant à travers divers aller-retour dans le temps, déroulant ainsi une intrigue qui livre ses éléments par petites touches successives.

Toutes ces connotations enfantines laissent bien évidemment leurs marques. Avec "Robin : Année Un", les auteurs tentaient encore d'apporter à leur univers un soupçon de réalisme. Ici, ils ont laissé tomber. Batgirl réalise des prouesses physiques complètement improbables et intègre sa famille de super-héros de manière tout aussi cocasse.
Les lecteurs les plus exigeants et les plus pointus quant aux ressorts de l'intrigue peuvent rebrousser chemin. Scott Beatty & Chuck Dixon privilégient ici, de manière rétro et légère, davantage la poésie que le réalisme.
Parallèlement, certaines scènes sont étrangement violentes (avec des personnages qui meurent brûlés vifs) et peuvent surprendre certains lecteurs qui trouveront peut-être que ces passages dénotent au beau milieu d'un ensemble plutôt candide...

Le dessinateur Marcos Martin a trouvé le sujet qui lui correspondait à la perfection. Et il s'est appliqué avec un style épuré qui vise la perfection avec maniaquerie. Constamment à la recherche d'une certaine pureté à la fois rétro et intemporelle (le récit se déroulant dans une époque parfaitement indéterminée), le dessinateur a réalisé une série de planches dont la simplicité côtoie l'élégance, avec des notes poétiques et humoristiques au diapason du travail de Scott Beatty & Chuck Dixon. Quelque part entre Tim sale, Darwyn Cooke ou encore Chris Samnee, voilà un bien bel ouvrage, magnifié par l'encrage subtil d'Alvaro Lopez et la somptueuse palette de couleurs appliquée par Javier Rodriguez.

Soyons clair : Au départ, le personnage de Batgirl, je m'en fous autant que de ma dernière paire de chaussettes. Je n'apprécie pas tous ces personnages secondaires qui parasitent l'univers de Gotham City et je préfère largement Batman lorsqu'il vit ses aventures tout seul comme un grand. Mais avec de tels auteurs, je pensais que le traitement pourrait dépasser mes réticences et que je pourrais adorer les aventures de cette jeune femme en costume de chauve-souris qui agit dans l'ombre des plus grands. Et bien vous savez quoi ? J'avais raison !
Alors, ce "Batgirl Année Un" ne mérite peut-être pas d'être considéré comme un chef d'œuvre du genre. Mais dans son propre genre, c'est-à-dire celui des relectures modernes d'anciens comics au style narratif ayant extrêmement vieilli, il est parfait. ☆☆☆☆ et demi
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 17, 2015 9:02 PM CET


Stephen King's Thinner [Import anglais]
Stephen King's Thinner [Import anglais]

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Conte de la crypte, 16 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Stephen King's Thinner [Import anglais] (DVD)
"La Peau Sur les Os" ("Thinner" en VO) est un film d'horreur réalisé par Tom Holland en 1996. Il s'agit d'une adaptation du roman de Stephen King, qui avait été publié initialement en 1984 sous le pseudonyme de Richard Bachman (La Peau sur les os).

Le script : Billy Halleck est un avocat obèse et boulimique. Cependant, il mène une vie de famille parfaitement heureuse et équilibrée. Un jour, au volant de sa voiture, Billy écrase accidentellement une vieille gitane. Il comparait au tribunal mais il sort blanchi du procès puisque ce sont ses amis qui le dirigent. En guise de vengeance, les gitans lui jettent alors un sort qui lui fait perdre du poids, irrémédiablement…

Ce petit film de 1996 n'est pas une grande adaptation des écrits de Stephen King. Le casting est plutôt inepte et l'on ressort du générique de fin sans grande conviction.
Le concept du récit en lui-même est bien malsain et, une fois de plus, bénéficie de la richesse de l'univers de Stephen King, qui parvient toujours à injecter dans chacune de ses intrigues une toile de fond qui leur donne de l'épaisseur. Cette histoire d'avocats et de juges qui sont punis par l'endroit où ils ont pêché se pare ainsi d'une allure de fable morale et l'on reconnait par ci, par là, certains des sept pêchés capitaux qui corrompent nos belles sociétés...

On notera tout de même que la forme du récit en lui-même est parfaitement identique à un épisode des Contes de la crypte (série TV elle-même inspirée des comics du même nom : Tales from the Crypt), avec cette fin sous forme de justice poétique qui se retourne contre ceux qui ont fauté...
Pris comme un épisode "version longue" de la célèbre série HBO, "La Peau Sur les Os" devient du coup un peu plus sympathique...

Le film n'a pas été distribué en France et il n'existe donc pas, à l'heure actuelle, de DVD avec VF ni même avec VO sous-titrée en français. Cette édition britannique est donc destinée aux anglophones...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 23, 2015 12:03 PM CET


LA CREATURE DU CIMETIERE(Rats)(Stephen King)(1990) BLU RAY EDITION FRANCE
LA CREATURE DU CIMETIERE(Rats)(Stephen King)(1990) BLU RAY EDITION FRANCE
DVD ~ Kelly Wolf, Stephen Macht, Andrew Divoff, Vic Polizos David Andrews

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Aux rats des paquerettes, 15 février 2015
"La Créature du cimetière" ("Rats" ou "Graveyard Shift" en VO) est un film réalisé par Ralph S. Singleton en 1990. Il s'agit d'une adaptation de la nouvelle "Poste de Nuit" de Stephen King, regroupée avec d'autres nouvelles fantastiques dans le recueil Danse Macabre.
Le pitch : Le contremaitre d'une vieille usine de textile décide d'engager quelques ouvriers pour nettoyer le sous-sol du bâtiment, insalubre et surtout envahi par les rats. Là, une abominable créature décime les ouvriers les uns après les autres...

Des adaptations cinématographiques de Stephen King, il y en a des tas. Il n'y a pas beaucoup de chef d'œuvre, mais en même temps il n'y a pas beaucoup non plus de déchet. "La Créature du cimetière" fait clairement partie de cette dernière catégorie et mérite de tomber dans les limbes de l'oubli.
Deux petits détails sauvent l'ensemble du néant : Premièrement, la participation au casting du cabotineur Brad Douriff, qui effectue ici un numéro hystérique dont il a le secret dans le rôle de "l'Exterminator" (un dératiseur et vétéran de la guerre du Vietnam ayant vécu avec les rats dans les pires conditions qui soient) !!! Et deuxièmement, quelques superbes décors (Stephen King oblige : Nous sommes dans la région du Maine !), dont celui du vieux cimetière brumeux jouxtant l'usine de textile et le caveau de la scène finale, rempli d'ossements.

Pour le reste, il s'agit d'un enchainement de séquences ni fait ni à faire, dont l'ennui absolu côtoie généralement le dégoût lors d'une poignée de scènes gores craspecs à base de créature mi-caoutchouc, mi-gélatine, qui sort d'on ne sait où et descend d'on ne sait quoi, évoquant vaguement une chauve-souris vampire géante marchant comme un homme et régnant sur une colonie de rats adeptes de sang humain...
Le tout est parasité par une bande d'acteurs jouant très mal des personnages insupportables et quatre scènes répétitives (on travaille à l'usine, on va au bar, on se bat avec le contremaitre, on se fait bouffer par le monstre) qui tournent en boucle...
Ah ! Oui ! j'oublie encore un détail : Les rats jouent très bien...
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DARK AVENGERS : PRELUDE THUNDERBOLTS
DARK AVENGERS : PRELUDE THUNDERBOLTS
par Warren Ellis
Edition : Poche
Prix : EUR 29,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Immersion, 14 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : DARK AVENGERS : PRELUDE THUNDERBOLTS (Poche)
Bien qu'intitulé "Dark Avengers : Prelude", ce recueil de la collection Panini deluxe regroupe en réalité douze épisodes de la série "Thunderbolts", parus initialement entre 2007 et 2008 à la suite de Civil War, pendant la période appelée "The Initaitive".

J'aime bien les comics de super-héros. Mais j'aime surtout les comics pour adultes. Et par dessus tout, même si c'est un peu prétentieux (personne n'est parfait), j'aime les comics d'auteur. Et celui-ci est tout cela à la fois !
Warren Ellis, brillant scénariste (l'un des meilleurs, tout simplement), nous offre ici le sommet de la série "Thunderbolts". Le concept est le suivant : Il s'agit d'une équipe de super-vilains placés sous haute surveillance, employés par le gouvernement pour lutter contre... les super-vilains ! Sauf qu'ici, nous sommes au lendemain de "Civil War", au cœur de la période appelée "Initiative", qui voit les super-héros refusant de se faire enregistrer par le gouvernement être considérés comme des hors-la-loi. Ainsi, cette version des Thunderbolts a pour mission de traquer et d'arrêter les renégats. Le monde à l'envers !
En règle générale, le passage dans cette équipe est censé permettre à ses membres d'obtenir un retour en grâce. Une sorte de réhabilitation. Dans la réalité, ce n'est évidemment pas si simple !

Commençons tout d’abord par présenter cette équipe : Il y a Norman Osborn alias le Bouffon vert. C’est le chef ! Et tout le monde le croit guéri. Erreur ! Grave erreur ! Il y a ensuite Moonstone, leader du groupe sur le terrain (c’est une femme, mais c’est pas une lavette !), et véritable sociopathe ivre de pouvoir. Il y a Songbird, Swordsman, Radioactive Man, Penance (ex-Speedball). Tous ceux-là sont ambivalents car ce ne sont pas forcément des vilains irréductibles. Penance est un ancien super-héros qui recherche la rédemption, puisque c’est en partie à cause lui qu’ont eu lieu les terribles événements de Civil War (voir Civil War, Tome 4 : Journal de guerre)…
Il y a enfin Bullseye et Venom, les deux psychopathes du groupe. Deux atroces vilains irascibles, le premier ne trouvant la jouissance que dans le meurtre, le second dans le cannibalisme pur et simple !

Warren Ellis nous raconte cela de manière viscérale, comme si l'on y était, le tout saupoudré d'une violence extrême, étonnante pour une série Marvel liée à la continuité. Il a le don de nous happer dans son histoire en nous électrisant par des séquences construites de manière si redoutables qu'elles nous plaquent sur notre fauteuil ! Une sensation d'immersion totale, rendue palpable par un art des dialogues consommé, le scénariste alignant les pages de parlote sans que le lecteur ne s'ennuie une seconde !
Les personnages sont exposés dans leur nudité psychologique la plus extrême. Il s'agit probablement de la dimension la plus passionnante, voire fascinante, de tous ces épisodes. En effet, comme nous suivons le parcours d'une tripotée de gugusses plus azimutés les uns que les autres (qu'ils soient tantôt malhonnêtes, violents, masochistes, martyrs, déviants ou bien carrément psychopathes), nous pénétrons le mal de l'intérieur. Non pas un mal d'opérette comme on peut le voir dans la plus-part des comics mainstream, avec ses bons bien gentils et ses vilains bien méchants, mais quelque chose de bien plus crédible, troublant et malsain. Les "Thunderbolts" selon Warren Ellis sont des sociopathes qui sonnent juste.

Warren Ellis décortique par ailleurs le mythe du super-héros sous un angle inédit. Traqués, perdus, tragiques ou pathétiques, les "héros" ciblés par les "Thunderbolts" (des seconds couteaux de l'univers Marvel, qu'Ellis peut malmener comme bon lui semble) évoluent dans un quotidien naturaliste. La perception de leur terrain d'action devient concrète et étouffante (les poursuites citadines ressemblent presque à celles du film "Seven", de David Fincher !), propulsant le lecteur dans une atmosphère urbaine cauchemardesque, à mille lieux des combats en toc, tels qu'on peut les voir dans la plus-part des comics de super-héros. Ellis démontre que l'héroïsme tel qu'il est décrit dans les récits habituels du genre est un héroïsme de pacotille, inhumain, improbable, immature. Quel est l'intérêt de défendre la veuve et l'orphelin contre des monstres masqués si c'est pour, de son côté, leur faire tomber tout autant des immeubles sur le coin de la figure ?
Quand on y réfléchit, le scénariste use de clichés parfaitement éculés : Groupe de baroudeurs peu recommandables offrant leurs services à un gouvernement (les mercenaires, les légionnaires, la légion étrangère), punch-lines médiatisés de type "téléréalité", personnages dessinés à gros traits. Mais toute la différence se joue dans son talent de conteur. En quelques mots, en quelques scènes, par l'équilibre entre les archétypes du comic book et une forme de narration pulsionnelle, héritée d'un réalisme purement cinématographique, il parvient à nous donner le vertige. La grande classe.

Le principal point fort réside évidemment dans le sens de la mise en scène, particulièrement inspirée. Les scènes de combat, dont je me fous complètement en temps normal, sont à tomber ! Le suspense est monstrueux, la niaque est totale ! Une leçon de rythme et de catharsis, à faire pâlir Hollywood ! Le final nous réserve une descente dans la folie et les enfers au milieu d'un bain de sang mémorable.
Evidemment, la liste de louanges ne serait pas complète sans parler de la toile de fond creusée par l'auteur : Les épisodes regroupés ici assènent une critique redoutable de l'establishment, via les politiques d'oppression et de répression qui peuvent se cacher sous les plus jolies démocraties, qui savent utiliser la violence de façon opportuniste. Le tout sans une once de bienpensance !

Enfin, cerise sur le gâteau (les meilleures bandes dessinées possèdent cette cerise...), la partie graphique est au diapason : Mike Deodato est ici au sommet de son art. Art du découpage, cadrages d'anthologie, maitrise du mouvement et des corps, sens du détail, décors travaillés à l'extrême, rien ne manque. Son style "roman-photo" s'offre ici toutes les virtuosités, tous les points de vue les plus hallucinants. Les personnages ont un charisme dingue, l'atmosphère toute en ombres portées est somptueuse. Tout simplement le meilleur travail esthétique qu'il m'ait été donné de contempler dans le genre (un genre super-héroïque réaliste et urbain), toute époque confondue. Sans lui, il est probable que ce "Thunderbolts Ultimate Collection" n'aurait pas atteint ce niveau, celui d'un chef d'œuvre du genre. Point.

Soit les épisodes "Thunderbolts" #110 à 121. Et soit l’un des meilleurs comics Marvel que j’ai lus de toute ma vie !
Et puis j'ai gardé une dernière petite surprise pour la fin : Ces épisodes peuvent être lus indépendamment de toute autre série (il suffit de lire quelques lignes sur le concept de la période appelée "Initiative") !
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Jul 2, 2015 11:09 PM MEST


SHAZAM
SHAZAM
par Geoff Johns
Edition : Relié
Prix : EUR 17,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Les super-héros et leurs lecteurs sont de grands enfants, 13 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : SHAZAM (Relié)
"Shazam" est un one-shot qui propose une histoire complète réactualisant les origines du célèbre super-héros jadis nommé "Captain Marvel". Cette histoire avait initialement été pré-publiée en guise de bonus à la fin des épisodes de la série Justice League entre 2012 et 2013. Le scénario est réalisé par Geoff Johns, les dessins et l'encrage sont l'œuvre de Gary Frank.

Tout comme "Superman" et "Batman", "Shazam" est l'un des premiers super-héros de l'Histoire. Né en 1940 dans les pages d'un comic-book publié par feu l'éditeur Fawcett Comics sous le nom de "Captain Marvel", il sera racheté par DC Comics et sera plus tard renommé "Shazam" à cause du nom de son principal concurrent dans le monde de l'édition (Marvel Comics).

A l'occasion de son grand relaunch de 2012, nommé "NEW 52", l'éditeur DC Comics décide de réactualiser les origines du personnage et confie cette mission au grand boss (et directeur artistique de la maison) : Mr Geoff Johns. Celui-ci, comme à son habitude, prend le concept à bras le corps et n'en change rien dans le fond. Au contraire, il met un point d'honneur à en préserver l'essence et les plus petits détails, aussi naïfs et obsolètes soient-il eu-égard à un matériel aussi daté que ce "Shazam" de l'âge d'or des comics !

C'est ainsi que cette histoire de jeune garçon investi du pouvoir de la magie qui se transforme en invincible surhomme sur le simple fait de prononcer la formule "Shazam" nous est racontée comme un conte de Noël. Les personnages sont très manichéens et l'intrigue, ancestrale, reprend les codes d'antan. Le happy-end est convenu et si naturel sous sa forme de conte que personne ne pense un instant à le remettre en question !
Les premières planches laissent supposer que cette nouvelle itération du personnage de "Billy Batson" ("Shazam" lorsqu'il est en civil et donc dans la peau d'un jeune adolescent) échappe au manichéisme primaire et que le lecteur va découvrir un personnage complexe et torturé. Mais très vite, cette première impression disparait et le récit est rattrapé par les naïvetés inhérentes à sa conception originelle.

Cette réactualisation des origines de "Shazam" n'est donc nullement une révolution dans le fond et l'on retrouve toutes les composantes plus ou moins enfantines qui constituaient sa version initiale, le tout teinté d'une gentille morale basée sur le fait qu'un "grand pouvoir implique de grandes responsabilités", directement adressée aux adolescents, et directement prélevée sur une célèbre série de comics de l'âge d'argent...
Pour autant, cette version moderne est complètement revitalisée par un script de haute volée, car notre ami Geoff Johns est un conteur. Un vrai.
Et c'est donc dans la forme que l'on va trouver quelque chose à se mettre sous la dent : L'ensemble est enlevé, rythmé et frais. Les personnages sont pétillants et les dialogues, savoureux. L'alchimie entre le côté enfantin du récit et son traitement mature est très réussie. Et l'écriture de l'ensemble est un modèle de divertissement exigeant alliant densité et fluidité.
Mais par dessus tout, et parce que son traitement est tout en finesse et en mosaïque de sentiments, Johns excelle à rendre les choses naturelles. Ainsi, si par le passé l'idée de cet enfant se transformant en adulte massif était complètement grotesque et infantile, voilà qu'il réussit à nous la rendre cohérente, tout simplement parce qu'elle est bien écrite et que les réactions du personnage sonnent juste.

En refermant le livre, le lecteur adulte n'est pas dupe : Rien n'a changé. L'heure de la révolution n'a point sonnée. Mais le talent du scénariste a fait son office, et la chose a été lue d'une traite avec un plaisir régressif certain. Qui plus est, le dessinateur Gary Frank est au diapason. S'il s'était montré très inégal lors de sa précédente prestation en compagnie de son compère Geoff Johns (Batman terre-un), il revient ici au top de sa forme et nous offre un travail superbe.
Bref, un petit récit classique et inoffensif. Rien d'inoubliable. Mais un ensemble très agréable.
Pour un lecteur amoureux de la version d'antan (Shazam ! The Archives), cette version n'aura certainement que peu d'intérêt. Mais pour un lecteur ayant peu d'appétence pour les comics old-school à la narration datée et trop enfantine, cette version moderne pourra être appréciée entant que telle. ☆☆☆ et demi...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (5) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 17, 2015 10:17 AM CET


Sade : l'aigle, mademoiselle
Sade : l'aigle, mademoiselle
par Jean Dufaux
Edition : Album
Prix : EUR 13,90

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Le théâtre de l'absurde, 12 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sade : l'aigle, mademoiselle (Album)
Aux alentours de 1805, Sade est interné dans l'asile de Charenton. Il sympathise avec le directeur, Mr de Coulmier, qui pense que le monde du spectacle et les représentations théâtrales possèdent de réelles vertus thérapeutiques sur les maladies mentales. De son côté, le marquis nourrit depuis toujours une passion sans bornes pour le théâtre. Il va devenir l’ordonnateur de fêtes qui défrayèrent la chronique de l’époque...

"Sade n’est pas fou mais rend fou" disait le médecin-chef de l'asile. "En prison entre un homme, il en sort un écrivain" note Simone de Beauvoir.
C'est de cet ensemble d'idées éparses que semble s'être inspiré le scénariste Jean Dufaux afin d'imaginer ce conte surréaliste mélangeant des éléments du présent de l'époque moderne avec ceux des XVIII° et XIX° siècles, la fiction d'une représentation théâtrale avec la réalité qui la génère, ainsi que les délires de l'esprit habité du "Divin marquis" !
Dufaux explore ainsi certains moments de la vie de l'écrivain qu'il peut mettre dans le désordre, comme une forme de mosaïque dilatée. Il tente de dénouer les liens invisibles qui unissent la fiction à la réalité et nous entraine dans l'intimité créatrice de l'écrivain.

Avec érudition, Dufaux utilise le cadre de l'époque où Sade fut interné. Coulmier avait effectivement fait construire un véritable théâtre destiné à recevoir une quarantaine de malades mentaux, choisis parmi les moins agités, ainsi que deux cents spectateurs, exclusivement recrutés sur invitation. Il devenait alors du dernier chic d’être convié aux spectacles de Charenton. La distribution des pièces comportait en général un petit nombre d’aliénés, les autres rôles étant tenus soit par des comédiens professionnels, soit par des amateurs avertis comme Mr de Sade en personne ! Le marquis composait des pièces pour le théâtre et dirigeait les répétitions !

Dufaux entreprend une véritable mise en abîme de la création en mêlant sans ambages la vie et l'œuvre de l'écrivain "obscène". Le lecteur est un peu perdu car les frontières entre ces diverses strates du passé et du présent, de la réalité et de la littérature, de l'Histoire réelle et des représentations théâtrales ont disparu. Et l'ensemble se développe comme une grande métaphore de la vie de Sade !
Mais l'expérience de lecture est totale et se révèle envoûtante dès lors que l'on se laisse prendre au jeu.
Un véritable tourbillon dans lequel les références pointues peuvent nous laisser un peu sur la touche si l'on ne connait pas bien la vie et l'œuvre de l'écrivain.
Afin de forcer la note sur le thème de l'interprétation iconographique et théâtrale, Dufaux et son dessinateur Griffo ont décidé de donner au personnage principal les traits de l'acteur Gérard Depardieu, qui illustre avec force les tirades philosophiques de l'écrivain dont est parsemé le récit (avec notamment le prolongement du titre énigmatique de l'album : "L'aigle, mademoiselle...").

Puisqu'ils sont à l'œuvre d'une bande-dessinée, Dufaux & griffo utilisent ce dernier langage afin d'abolir les frontières entre les univers du réel et de l'imaginaire en un tout cohérent et uniforme. Et d'une manière étonnante, invitent le lecteur à passer d'une dimension à l'autre sans aucune rupture de ton et d'espace ! Et les auteurs maitrisent à ce point leur langage que nous voilà arrivés à la dernière page, sans avoir tout compris, loin de là, mais sans avoir non plus été perdus en chemin !
Une œuvre fascinante, comme il en existe parfois dans ce medium, qui pourra probablement être lue et relue sans cesse sans que l'on ne parvienne à y trouver matière à ne pas y revenir...

L'album est publié initialement en 1991. C'est le premier d'une série de cinq dans lesquels Jean Dufaux explore des moments peu connus de la vie de quelques écrivains ou cinéastes d'exception.
Dans la même collection ("Caractère" des éditions Glénat), suivront ainsi Pasolini. Pig ! Pig ! Pig ! (dessin de Massimo Rotundo), Balzac (dessin de Joëlle Savey), Hemingway, mort d'un léopard et Hammett (dessin de Marc Malès).
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Batman, tome 3 : Manbat
Batman, tome 3 : Manbat
par John Bolton
Edition : Album
Prix : EUR 10,52

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Beauté malsaine, 11 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Batman, tome 3 : Manbat (Album)
"Batman / Manbat : Les Troglodytes" est un graphic novel (GN) publié en 1995 et réalisé par le scénariste Jamie Delano et l'illustrateur John Bolton.
Il s'agit plus ou moins d'un remake, ou d'une relecture d'une saga classique datant de 1970 : Batman contre Man-Bat (réalisée à l'époque par Frank Robbins et le grand Neal Adams).
Peut-être afin de rendre hommage à la version classique de 1970 qui était en trois parties (épisodes "Detective Comics" #400, 402 et 407), l'ensemble a été publié en VF sous la forme de trois albums chez l'éditeur Glénat dans la collection Comics USA en 1996 : Batman/Manbat, tome 1, Batman/Manbat, tome 2 et Batman/Manbat, tome 3.

Le pitch : Au beau milieu de l'Arizona, deux jeunes activistes déambulent dans un laboratoire où sont réalisées des expériences terribles sur les animaux. Tout se passe très mal et seule l'une d'eux (qui se prénomme Marylin Munro !) parvient à s'échapper en dérobant un échantillon de produit inconnu. La jeune femme se perd dans les canyons et échoue dans une caverne infestée de chauve-souris. Elle a en réalité trouvé refuge dans l'antre de "Man-bat", un ancien ennemi de Batman mi-homme, mi chiroptère. Les talents de chimiste de ce dernier le mettent immédiatement en alerte en ce qui concerne la fiole dérobée par la demoiselle.
Parallèlement, les autorités mettent Batman sur l'affaire...

Le moins que l'on puisse dire, c'est que Delano & Bolton ont effectué une relecture très éloignée, dans le traitement, de la saga originelle du début des années 70 !
Alors que l'intrigue classique était avant tout destinée aux enfants ou aux jeunes adolescents, ils en font désormais un récit adulte d'une crudité décomplexée qui explore sans soucis l'horreur, le sexe et les tourments de l'âme. Alors que les épisodes de la série DC Comics étaient courts et ne s'embarrassaient pas d'un quelconque réalisme, le traitement de cette relecture donne dans la décompression et dans le naturalisme souvent domestique.
Les auteurs des années 90 versent ainsi dans une dimension horrifique teintée d'anthropomorphisme glauque et de pulsions viscérales, ce qui pourra surprendre les lecteurs old-shool venus chercher ici les mêmes sensations que sur les épisodes signés Neal Adams !

Le lecteur de l'univers Vertigo (la ligne de comics pour adultes publiée par DC Comics en marge des séries dédiées aux super-héros) connait bien le scénariste Jamie Delano puisque ce dernier a été l'initiateur de la série Hellblazer John Constantine. Delano est un des meilleurs amis d'Alan Moore (qui avait quant à lui inventé le personnage de "John Constantine" dans la série Swamp Thing !), et il n'est pas du genre à écrire des bonnes vieilles histoires de super-héros dans le sens classique du terme. Sous son règne, la série "Hellblazer" était devenue une expérience quasi mystique de narration poisseuse et onirique, teintée de réminiscences politiques et sociales. On pouvait donc s'attendre à ce que le personnage de Batman soit un peu transfiguré par son traitement...

C'est une évidence : "Batman / Manbat : Les Troglodytes" n'est pas bon pour tous les publics. Delano déménage le cadre du héros pour explorer un décor désertique complètement inhabituel. Il donne dans le glauque en amenant l'intrigue dans les méandres d'une famille en apparence dégénérée (celle de "Manbat"), dont les divers stades de mutation rendent encore plus dérangeantes les pulsions purement humaines comme le désir sexuel ou celle de se nourrir.
Fidèle à son habitude, le scénariste développe une toile de fond plus ou moins politique en interrogeant les personnages sur les dérives de la science et sur le droit à la différence, le tout saupoudré d'une atmosphère New Age directement issue des années 70 et d'un certain mouvement "Flower Power"...

On s'en doutait un peu, mais Delano ne prend pas beaucoup son héros au sérieux et trouve un équilibre inattendu entre le réalisme naturaliste de son récit et un second degré moqueur à l'attention du personnage de Batman. Ce dernier est ainsi représenté de manière hypertrophiée et monolithique, qui tranche avec la tonalité de l'intrigue et le rend parfois ridicule, comme une star de catch kitsch et vulgaire (avec les grandes oreilles comme les dessinait Kelley Jones à la même époque). A plusieurs reprises, une note d'humour est directement adressée au lecteur aux dépends du pauvre héros, notamment lorsqu'il est obligé, en plein désert à dos de mule (!), de porter un chapeau de cowboy par dessus sa cagoule de chauve-souris pour se protéger du soleil. Ou bien cet autre passage où l'on devine qu'il n'arrive pas à résister à l'envie de reluquer les attributs de la jeune Marylin Munro, ou encore ce final où il passe pour un réac avec son discours bien rigide.

On prend ainsi la mesure des choix opérés par Delano, notamment celui de donner le premier rôle du récit non pas à Batman, ni même à Manbat, mais à la jeune Marylin, dont la personnalité et les idées hippies renvoient le discours républicain du héros à sa condition de beauf bien rangé à droite !
Pour autant, le scénariste ne transforme tout de même pas notre Batman en facho insupportable et sait le montrer sous des atours délicats, notamment lorsqu'il s'excuse auprès de shérif du comté en acceptant sa contravention pour excès de vitesse, arguant qu'il n'y a aucune raison qu'il n'échappe à la loi malgré son costume de chauve-souris et sa "batmobile" !
De toute manière, la richesse du script rédigé par le scénariste est suffisamment travaillée pour qu'aucun des personnages, qu'il soit héros, humain ou humanoïde, ne tombe dans le manichéisme primaire, et le final fait preuve d'une belle envolée lyrique.

Le travail de John Bolton porte l'ensemble à un très haut niveau de force évocatrice grâce à de magnifiques planches réalisées en peinture directe, sur la base de photographies retouchées et de décors baignés de couleurs évoluant sans cesse entre la figuration et l'abstraction. Une technique aussi bien photo-réaliste que symbolique, qui emporte le lecteur dans une claustrophobie parfaitement raccord avec le sujet de cette descente dans l'enfer des "troglodytes" dont "Manbat" s'est fait le chef de file.
Avec une virtuosité de tous les instants, l'artiste parvient à développer un univers visuel d'une étonnante beauté malsaine, où les corps en décomposition et les êtres hybrides les plus cauchemardesques sont immergés dans de superbes illustrations que n'aurait pas renié le grand Frank Frazetta...

Selon les attentes du lecteur et ce qu'il est venu y trouver, cette aventure inhabituelle de Batman pourra tour à tour se révéler dérangeante, étonnante, profonde, décalée, glauque, malsaine, belle ou encore incongrue. Pour ma part, je l'ai beaucoup aimée, sans toutefois trouver qu'elle soit de l'ordre du chef d'œuvre. ☆☆☆☆ et demi...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 11, 2015 7:46 PM CET


Batman, tome 2 : Manbat
Batman, tome 2 : Manbat
par John Bolton
Edition : Relié
Prix : EUR 10,52

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Beauté malsaine, 11 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Batman, tome 2 : Manbat (Relié)
"Batman / Manbat : Les Troglodytes" est un graphic novel (GN) publié en 1995 et réalisé par le scénariste Jamie Delano et l'illustrateur John Bolton.
Il s'agit plus ou moins d'un remake, ou d'une relecture d'une saga classique datant de 1970 : Batman contre Man-Bat (réalisée à l'époque par Frank Robbins et le grand Neal Adams).
Peut-être afin de rendre hommage à la version classique de 1970 qui était en trois parties (épisodes "Detective Comics" #400, 402 et 407), l'ensemble a été publié en VF sous la forme de trois albums chez l'éditeur Glénat dans la collection Comics USA en 1996 : Batman/Manbat, tome 1, Batman/Manbat, tome 2 et Batman/Manbat, tome 3.

Le pitch : Au beau milieu de l'Arizona, deux jeunes activistes déambulent dans un laboratoire où sont réalisées des expériences terribles sur les animaux. Tout se passe très mal et seule l'une d'eux (qui se prénomme Marylin Munro !) parvient à s'échapper en dérobant un échantillon de produit inconnu. La jeune femme se perd dans les canyons et échoue dans une caverne infestée de chauve-souris. Elle a en réalité trouvé refuge dans l'antre de "Man-bat", un ancien ennemi de Batman mi-homme, mi chiroptère. Les talents de chimiste de ce dernier le mettent immédiatement en alerte en ce qui concerne la fiole dérobée par la demoiselle.
Parallèlement, les autorités mettent Batman sur l'affaire...

Le moins que l'on puisse dire, c'est que Delano & Bolton ont effectué une relecture très éloignée, dans le traitement, de la saga originelle du début des années 70 !
Alors que l'intrigue classique était avant tout destinée aux enfants ou aux jeunes adolescents, ils en font désormais un récit adulte d'une crudité décomplexée qui explore sans soucis l'horreur, le sexe et les tourments de l'âme. Alors que les épisodes de la série DC Comics étaient courts et ne s'embarrassaient pas d'un quelconque réalisme, le traitement de cette relecture donne dans la décompression et dans le naturalisme souvent domestique.
Les auteurs des années 90 versent ainsi dans une dimension horrifique teintée d'anthropomorphisme glauque et de pulsions viscérales, ce qui pourra surprendre les lecteurs old-shool venus chercher ici les mêmes sensations que sur les épisodes signés Neal Adams !

Le lecteur de l'univers Vertigo (la ligne de comics pour adultes publiée par DC Comics en marge des séries dédiées aux super-héros) connait bien le scénariste Jamie Delano puisque ce dernier a été l'initiateur de la série Hellblazer John Constantine. Delano est un des meilleurs amis d'Alan Moore (qui avait quant à lui inventé le personnage de "John Constantine" dans la série Swamp Thing !), et il n'est pas du genre à écrire des bonnes vieilles histoires de super-héros dans le sens classique du terme. Sous son règne, la série "Hellblazer" était devenue une expérience quasi mystique de narration poisseuse et onirique, teintée de réminiscences politiques et sociales. On pouvait donc s'attendre à ce que le personnage de Batman soit un peu transfiguré par son traitement...

C'est une évidence : "Batman / Manbat : Les Troglodytes" n'est pas bon pour tous les publics. Delano déménage le cadre du héros pour explorer un décor désertique complètement inhabituel. Il donne dans le glauque en amenant l'intrigue dans les méandres d'une famille en apparence dégénérée (celle de "Manbat"), dont les divers stades de mutation rendent encore plus dérangeantes les pulsions purement humaines comme le désir sexuel ou celle de se nourrir.
Fidèle à son habitude, le scénariste développe une toile de fond plus ou moins politique en interrogeant les personnages sur les dérives de la science et sur le droit à la différence, le tout saupoudré d'une atmosphère New Age directement issue des années 70 et d'un certain mouvement "Flower Power"...

On s'en doutait un peu, mais Delano ne prend pas beaucoup son héros au sérieux et trouve un équilibre inattendu entre le réalisme naturaliste de son récit et un second degré moqueur à l'attention du personnage de Batman. Ce dernier est ainsi représenté de manière hypertrophiée et monolithique, qui tranche avec la tonalité de l'intrigue et le rend parfois ridicule, comme une star de catch kitsch et vulgaire (avec les grandes oreilles comme les dessinait Kelley Jones à la même époque). A plusieurs reprises, une note d'humour est directement adressée au lecteur aux dépends du pauvre héros, notamment lorsqu'il est obligé, en plein désert à dos de mule (!), de porter un chapeau de cowboy par dessus sa cagoule de chauve-souris pour se protéger du soleil. Ou bien cet autre passage où l'on devine qu'il n'arrive pas à résister à l'envie de reluquer les attributs de la jeune Marylin Munro, ou encore ce final où il passe pour un réac avec son discours bien rigide.

On prend ainsi la mesure des choix opérés par Delano, notamment celui de donner le premier rôle du récit non pas à Batman, ni même à Manbat, mais à la jeune Marylin, dont la personnalité et les idées hippies renvoient le discours républicain du héros à sa condition de beauf bien rangé à droite !
Pour autant, le scénariste ne transforme tout de même pas notre Batman en facho insupportable et sait le montrer sous des atours délicats, notamment lorsqu'il s'excuse auprès de shérif du comté en acceptant sa contravention pour excès de vitesse, arguant qu'il n'y a aucune raison qu'il n'échappe à la loi malgré son costume de chauve-souris et sa "batmobile" !
De toute manière, la richesse du script rédigé par le scénariste est suffisamment travaillée pour qu'aucun des personnages, qu'il soit héros, humain ou humanoïde, ne tombe dans le manichéisme primaire, et le final fait preuve d'une belle envolée lyrique.

Le travail de John Bolton porte l'ensemble à un très haut niveau de force évocatrice grâce à de magnifiques planches réalisées en peinture directe, sur la base de photographies retouchées et de décors baignés de couleurs évoluant sans cesse entre la figuration et l'abstraction. Une technique aussi bien photo-réaliste que symbolique, qui emporte le lecteur dans une claustrophobie parfaitement raccord avec le sujet de cette descente dans l'enfer des "troglodytes" dont "Manbat" s'est fait le chef de file.
Avec une virtuosité de tous les instants, l'artiste parvient à développer un univers visuel d'une étonnante beauté malsaine, où les corps en décomposition et les êtres hybrides les plus cauchemardesques sont immergés dans de superbes illustrations que n'aurait pas renié le grand Frank Frazetta...

Selon les attentes du lecteur et ce qu'il est venu y trouver, cette aventure inhabituelle de Batman pourra tour à tour se révéler dérangeante, étonnante, profonde, décalée, glauque, malsaine, belle ou encore incongrue. Pour ma part, je l'ai beaucoup aimée, sans toutefois trouver qu'elle soit de l'ordre du chef d'œuvre. ☆☆☆☆ et demi...


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