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Contenu rédigé par Tornado
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Tornado (Provence Côte d'Azur)

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X-Men Infernus
X-Men Infernus
par C. B. Cebulski
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Magik returns, 9 novembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : X-Men Infernus (Broché)
Il y a bien longtemps, "Illyana Raspoutine" (la petite soeur de "Colossus") a été emprisonnée dans les limbes du démon "Belasco" (histoire publiée jadis dans le recueil Les Etranges X-Men N°6 : Belasco, suivie d'une mini-série entièrement dédiée au personnage dans Magie - voir aussi les Intégrales X-men 1982 et 1988 tome 1). Par la suite, la jeune femme a été libérée, puis elle a suivi un parcours chaotique, devenant un démon à son tour.
La présente histoire revient sur le personnage, et nous montre une équipe de X-men emmenée par "Colossus", "Wolverine" et "Diablo" (accompagnés de "Pixie" et de quelques membres des "Nouveaux Mutants"), plongeant dans les limbes et tentant une nouvelle fois de ramener du côté du bien celle qui se fait appeler "Magie" ("Magik" en VO)...

"X-Infernus" est une mini-série en quatre épisodes réalisée en 2009 par le scénariste C.B. Cebulski et le dessinateur Giuseppe Camuncoli.
Le fait que ce récit soit publié sous la forme d'une mini-série ne doit néanmoins pas tromper le lectorat : Il s'agit d'une saga noyée dans la continuité de l'histoire éditoriale des X-men. Et il faut posséder une solide connaissance de cet univers afin de bien saisir tous les enjeux de l'histoire, notamment en suivant le fil autour de l’année 2009 (l’année du crossover Dark Reign : Utopia). Toutefois, cette dernière possédant bien ici un début, un milieu et une fin, elle n'est pas non plus complètement impossible à lire pour elle-même si on la prend comme un simple divertissement et un comic-book de super-héros qui se bastonnent...

L'ensemble se lit rapidement. Les dessins sont plaisants mais déjà un peu datés, avec des airs de comics 90's qui n'aident pas à la fluidité de la lecture étant donné que certaines planches sont un peu surchargées.
Le script est basique, mettant l'accent sur les combats avant tout, et délaissant les relations entre les personnages, qui passent largement au second plan. C'est de la lecture pour adolescents, divertissante et vaguement iconique, mais également assez creuse et consensuelle. Je me suis laissé embarquer là dedans à cause de mon intérêt pour le personnage principal. Mais là encore, rien de vraiment important à l'horizon en dehors du souci de connaitre une continuité qui n'a plus beaucoup de sens aujourd'hui, tant son aspect chaotique est extrême.
A l’issue de ce retour pécipité et presqu’incongru, "Magie" pourra-t-elle de nouveau réintégrer l’équipe des "Nouveaux mutants" et ainsi cesser d’être une démone et redevenir une gentille ? Vous le saurez au terme des ces quatre épisodes... ☆☆ et demi.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 9, 2015 8:51 PM CET


Desolation
Desolation
DVD ~ Tom Skerritt

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Le désespoir du bien et du mal, 8 novembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Desolation (DVD)
"Désolation" est un téléfilm réalisé par Mick Garris en 2006. Il s'agit de l'adaptation du roman homonyme de Stephen King, ce dernier ayant par ailleurs produit et lui-même écrit le long métrage.
Mick Garris avait déjà réalisé plusieurs adaptations de l'écrivain : La Nuit Déchirée en 1992, Le Fléau en 1994, Shining en 1997 et Riding the Bullet en 2004. Il réalisera également en 2011 l'adaptation de l'une de ses œuvre majeures : Sac D'Os.

Le sujet : Sur une route déserte du Nevada (pléonasme), un jeune couple est arrêté par un shérif à l'attitude très inquiétante, qui le conduit à "Désolation" ("Desperation" en VO), une petite ville déserte et sordide. Là, le shérif enferme toutes les personnes qui passent dans le coin, en leur faisant subir diverses maltraitances, le plus souvent de façon meurtrière...

Comme d'habitude, cette adaptation est loin de faire l'unanimité du fait de sa fidélité relative au roman originel. Pour le coup, sachant que le téléfilm a été écrit par Stephen King en personne, la critique est parfaitement stérile, l'écrivain ayant décidé lui-même de toutes les modifications, profitant du changement de medium afin de livrer une forme de relecture. C'est-à-dire la même histoire, mais racontée de manière différente, avec diverses transformations.

N'ayant pas lu le livre, j'ai donc découvert le film pour ce qu'il est : Un assez bon téléfilm horrifique, assez terrifiant, au suspense impressionnant.
Il est vrai que l'ensemble bénéficie de l'écriture du maître, qui n'a pas son pareil lorsqu'il s'agit de développer le caractère de ses personnages, toujours bien campés, soulignés par un vibrant sens du détail. Ainsi que du casting haut de gamme, avec la présence incomparable de Ron Perlman dans le rôle de l'affreux shérif, de Tom Skeritt dans celui de l'écrivain arrogant, de Steven Weber (qui interprétait "Jack Torrance" dans le remake de Shining) et d'Annabeth Gish (la "Monica Reyes" de la série "X-Files").

Comme de coutume, nous retrouvons certaines des principales thématiques du maître du fantastique, dont celui de la ville consumée par les liens malsains tissés entre les habitants et les lieux (ici une ancienne ville minière dont les contribuables se sont enrichis en ayant réduit les travailleurs chinois en esclavage), thème déjà présent dans Les Vampires de Salem*, Le Bazaar de l'Epouvante ou encore les Les Tommyknockers ; le thème de l'enfance et du difficile passage à l'âge adulte (Ça ou Stand By Me) ; le problème des addictions (notamment l'alcool) ; et enfin celui de l'écrivain en quète de rédemption et qui cesse d'écrire, sortant du confort de l'imaginaire afin de lutter contre le mal de manière concrète(*).

Concernant la qualité du film en lui-même, notons un fléchissement dans la seconde moitié de ses 125 minutes, lorsque les personnages ne cessent d'avancer leur foi en Dieu afin de combattre le mal. Une foi bigote qui va peu à peu contaminer tous les protagonistes, y compris les plus réfractaires. Soit un manichéisme plutôt primaire auquel le "King" ne nous avait pas habitué. C'est cette dernière composante qui vient alourdir et un peu gâcher l'ensemble.
La dernière partie du film est ainsi un peu décevante. Car si l'ensemble commençait comme une histoire d'horreur moderne originale, terrifiante et malsaine, le film se termine comme une fable béate et classique de la lutte entre le bien et le mal... ☆☆☆ et demi.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 8, 2015 6:12 PM CET


Sherlock Holmes et l'Arme Secrète
Sherlock Holmes et l'Arme Secrète
DVD ~ Basil Rathbone
Prix : EUR 14,27

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Quand le professeur Moriarty rime avec les nazis..., 7 novembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sherlock Holmes et l'Arme Secrète (DVD)
"Sherlock Holmes et l'Arme Secrète" ("Sherlock Holmes and the Secret Weapon") est réalisé par Roy William Neill en 1943.
Il s'agit du quatrième opus d'une saga de quatorze films de Sherlock Holmes interprétés par Basil Rathbone dans le rôle du détective et Nigel Bruce dans celui du Dr Watson. Le scénario développe néanmoins une intrigue autonome, chaque film pouvant se regarder pour lui-même.

En 1942, Winston Churchill avait récupéré les droits de la franchise afin d'utiliser le personnage, grâce au médium cinématographique, comme un outil de propagande dans la lutte contre l'ennemi nazi en plein cœur de la seconde guerre mondiale (il avait également débauché le grand Alfred Hitchcock pour les mêmes raisons !). Durant cette période, le détective lutte ainsi activement contre les espions teutons, et le cadre initial de ses aventures, depuis la fin de l'ère victorienne, est donc délocalisé dans celui des années 40 !
A noter que chaque film de l’époque se termine sur un générique proposant aux spectateur d’acheter des bons pour soutenir l’effort de guerre !

Cette seconde incursion dans le contre-espionnage nazi est dans la lignée de la précédente, mais offre également l'occasion aux spectateurs d'assister au retour du professeur "Moriarty", le plus grand ennemi du détective de Baker Street ! Pour l'anecdote, le script de "Sherlock Holmes et l'Arme Secrète" suggère qu'il fait suite au film Les Aventures de Sherlock Holmes qui, dans un étrange paradoxe de continuité temporelle, déroulait un récit se situant à l'époque victorienne !
Tout naturellement, "Moriarty" s'acoquine avec l'envahisseur nazi, offrant à son adversaire un défi à sa mesure, avant de finir l'aventure sur une nouvelle mort apparente...
Par ailleurs, le script adapte partiellement, et de manière très libre, une nouvelle classique de sir Arthur Conan Doyle : "Les Hommes Dansant".

Le film est un bon cru, notamment parce qu'il est réalisé par Roy William Neill, solide artisan du studio Universal, qui réalisera la même année un superbe classique estampillé "Universal Monsters" : Frankenstein Rencontre le Loup-Garou, avant de mettre en boîte la totalité des films suivants de la série des "Sherlock Holmes" avec Basil Rathbone.
Et puisque l'on parle des films de la collection Universal Monsters, notons la présence de l'excellent Lionel Atwill dans le rôle de Moriarty, acteur qui interprétera un rôle distinct dans pas moins de quatre films de la série des Frankenstein, à commencer par Le Fils de Frankenstein, avec Basil Rathbone dans le rôle du baron éponyme...

A noter que le film est disponible dans une solide VF d'époque, dans le coffret Intégrale Sherlock Holmes - Basil Rathbone, qui regroupe d'ailleurs les quatorze films interprétés par l'acteur fétiche...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 7, 2015 10:25 PM CET


Ric Hochet, tome 27 : L'épée sur la gorge
Ric Hochet, tome 27 : L'épée sur la gorge
par Tibet
Edition : Album

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Feuilletonnesque, 6 novembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ric Hochet, tome 27 : L'épée sur la gorge (Album)
"L’Epée Sur la Gorge", initialement publié en 1977, est le vingt-septième album de la série.
Le scénariste A. P. Duchâteau (par ailleurs auteur de polars) et le dessinateur Tibet avaient créé ce héros (librement inspiré de Rouletabille) en 1955, dans les pages du journal Tintin. "Ric Hochet" est un journaliste d'investigation dont l'activité principale consiste à résoudre des énigmes liées à divers crimes. Ses aventures sont pimentées par une atmosphère mystérieuse où se mêlent les enquêtes classiques et les phénomènes paranormaux, naviguant parfois à la limite du fantastique et de la science-fiction.

"L’Epée Sur la Gorge" fait partie des enquêtes "réalistes", sans qu’il n’y ait d’acointance avec le fantastique et l’épouvante. Mais il y a tout de même une discrète plongée vers le mystère et la science-fiction avec le personnage masqué et le chantage qu’il exerce sur ses victimes grâce à un procédé lui permettant de les tuer à distance...
Evidemment, le déroulement de l'intrigue et la mise en forme de la bande dessinée en elle-même sont extrêmement classiques, mais c'est le but. C'est en principe ce que l'on est venu chercher dans ce type de lecture. Il faut avouer que l'ensemble est rondement mené : L'enquête est prenante depuis le début et les auteurs déroulent un indéniable savoir-faire lorsqu'il s'agit de maintenir le suspense.
La narration est un peu surannée. Les bulles de pensée et les petits encarts de textes alourdissent la lecture mais sans la gêner outre mesure (c'est beaucoup plus aéré et beaucoup plus fin que les vieux comics avec leurs dialogues tonitruants !).

Comme toujours avec Duchateau, l'ensemble fléchit dans la dernière partie de l'album, lorsqu’intervient le dénouement. C’est alors que l’intrigue est soudainement bâclée lors d’un final précipité et plus ou moins improvisé, comme si la scénariste ne savait systématiquement pas comment terminer ses histoires…
Comme d’habitude également, Tibet s'est contenté de dessiner les personnages, dans son style consensuel et paresseux. Et l’essentiel des planches est, comme d’habitude, le travail de Didier Desmit (qui aligne d’excellents décors, minutieux et détaillés, qui illustrent l’essentiel de l’atmosphère du récit), ce dernier étant uniquement cité en tout petit au bas de la dernière page…
Bref, quelques déceptions dans un ensemble plutôt plaisant. Mais quoiqu'il en soit, j'ai passé un excellent moment de détente en lisant ce petit classique de la bande-dessinée franco-belge, racé et délicieusement rétro, comme un bon petit feuilleton TV à l'ancienne...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (5) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 22, 2015 11:48 AM CET


Hulk, Tome 3 : Gris
Hulk, Tome 3 : Gris
par Jeph Loeb
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Entre gris clair et gris foncé, 5 novembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Hulk, Tome 3 : Gris (Broché)
A l'origine, "Hulk : Gris" fait partie de la collection des "mini-séries colorées" dédiées aux super-héros Marvel, réalisées par le duo d'auteur Jeph Loeb (scénario) et Tim Sale (dessin), et rééditées dans le très gros volume "Absolute" Les Héros Marvel, en compagnie de Daredevil : Jaune et Spiderman Bleu (et du prologue de "Captain America : Blanc" encore inédit aujourd'hui). C'est le troisième de la série, publié initialement en 2004.

C'est le seul récit proposé de toute la collection (pour l'instant) qui développe réellement les origines d'un super-héros. Le scénario est également axé sur le personnage principal, qui se remémore son passé. Mais cette fois, l'histoire se déroule dans les trois premiers jours de son arrivée dans l'univers Marvel, c'est-à-dire à partir du moment où il a récolté ses pouvoirs. De son accident à sa rencontre avec le jeune "Rick Jones", et de ses premiers combats avec l'armée du "général Ross", à l'époque où "Hulk" était encore gris...

Tout commence à l'époque contemporaine de la publication. Quoique, à bien y réfléchir, et puisque la continuité de l'univers Marvel ne se déroule pas dans le même temps que la notre (sinon les héros seraient déjà des vieillards séniles parfois centenaires), on ne peut pas trop non plus dater toutes ces introductions avec certitude...
"Bruce Banner", frêle et timoré (tout le contraire de son alter-égo, en somme), rend visite à son ami et psychologue Léonard Samson ("Doc Samson" pour les intimes) par une nuit pluvieuse. Comme pour faire une pause dans son existence de fugitif recherché par les autorités du monde entier (c'est l'époque du [[ASIN: 2845387849 run de Bruce Jones]]), Banner est venu chercher un peu de compagnie. Car il a besoin de parler. Il se souvient alors des premiers jours qui ont suivi son exposition aux "rayons gamma", et sa relation complexe avec "Betty Ross", l'amour de sa vie, alors décédée...

Jeph Loeb a choisi une nouvelle formule pour la narration de cette troisième histoire colorée en gris. En guise de soliloques, nous suivons désormais la voix-off de deux personnes, à savoir "Bruce Banner" (en jaune) " et Doc Samson" (en orange) ' procédé narratif mis en place par Frank Miller dans Batman Year One. Ce ne sont donc plus des flux de pensée, mais une véritable discussion qui vient compléter les événements mis en image dans chaque planche.
Cette nouvelle orientation est déroutante et impose une première rupture par rapport aux deux mini-séries précédentes. Qui plus-est, Loeb semble moins en forme car il aligne les dialogues parfois un peu pompeux et tirés par les cheveux, qui peinent à compléter les images avec la même force que dans Daredevil : Jaune ou Spiderman : Bleu. Répétée à l'envie, cette formule de dialogue décompressé, en plus de rien apporter au récit et encore moins aux images, aurait plutôt tendance à parasiter la fluidité de la lecture...

L'autre rupture se situe au niveau de la mise en image effectuée par Tim Sale et son coloriste.
"Daredevil : Jaune" était tout en clair/obscur et effets de lavis peints par l'artiste ? "Spiderman : Bleu" était lumineux, entièrement coloré de manière infographique par des aplats pastel ? "Hulk : Gris" sera... pile entre les deux ! De manière conceptuelle, Tim Sale a choisi la formule suivante : Hulk est systématiquement peint façon lavis. Sa peau est toute en camaïeu de gris et ses yeux sont verts. Seul son pantalon est violet et mis en couleur comme le reste des images : Aplats infographiques.
Cette rupture de traitement entre le personnage principal et le reste des éléments lui apporte un éclairage purement conceptuel, tout droit sorti des films en noir et blanc de l'âge d'or du cinéma fantastique hollywoodien, où les monstres du studio Universal ("Frankenstein", "Dracula" & Co.) évoluaient dans un noir et blanc fortement influencé par l'expressionnisme allemand de Murnau et Fritz Lang (pour ne citer que les plus connus).
Ce parti-pris plastique doit impérativement nous mettre la puce à l'oreille sur l'éclairage apporté au personnage principal dans sa forme bestiale. Effectivement, en plus du mythe du "Dr Jekyll & Mr Hyde", le tandem Loeb/Sale a manifestement décidé de lui ajouter celui du monstre de "Frankenstein"...

En prenant conscience de cette orientation picturale, je n'ai pas pu m'empêcher de me souvenir de ces statuettes, aperçues dans une boutique pour geek il y a quelques années, où les monstres de la Universal étaient peints en noir et blanc !
Par ailleurs, la pleine-page où l'on voit Hulk caresser un lièvre en chuchotant le mot "ami" ne trompe pas. Sur la page suivante, voulant l'étreindre avec trop de force, notre héros gris tue accidentellement la pauvre bête. Cette séquence évoque la scène tragique du premier "Frankenstein" réalisé par James Whale en 1931, dans laquelle le monstre interprété par Boris Karloff causait la mort d'une petite fille en cherchant à jouer avec elle ; ainsi qu'une autre scène de la suite réalisée quatre ans plus tard par le même réalisateur (le sublime "La Fiancée de Frankenstein"), où le même monstre interprété par le même acteur était recueilli par un vieil aveugle. Puisque le vieillard ne pouvait voir le monstre, il n'était pas effrayé par son apparence. La créature le prenait alors en sympathie et, enfin heureuse de trouver un ami, ne cessait de lui répéter un seul et unique mot : "ami" !

Une nouvelle fois, l'on retrouve la propension de nos auteurs à manipuler les références. Comme nous l'avions évoqué avec l'article sur l'univers de Batman, ces références véhiculent toutes les thématiques qui leur sont liées, et ainsi, avec les monstres du studio Universal, arrivent tous les thèmes consacrés : Tandis que "Dr Jeckyll & Mr Hyde" (réalisé en 1931, mais non produit par la Universal) et "L'Homme invisible" nous mettaient en garde contre les dangers d'une science employée sans conscience, "Frankenstein" et sa suite regorgeait de thèmes majeurs, comme celui du droit à la différence, de la peur de l'inconnu, de la vanité humaine, de l'intolérance que génère la différence et de la dictature de la normalité. Soit, effectivement, tout un panel de thèmes parfaitement adaptés au mythe de Hulk...

Néanmoins, ces références imposent une nouvelle rupture par rapport aux deux mini-séries précédentes. Car, même si elles se fondent dans le moule de l'acte postmoderne, elles sont issues d'une époque ne correspondant pas à la publication initiale du premier épisode (1962) mettant en scène le géant gris...
En revanche, le duo va tout de même citer allègrement ce premier épisode. Dédié d'emblée à Stan Lee & Jack Kirby (affectueusement nommés les "géants de Marvel"), "Hulk : Gris" va de surcroit multiplier les hommages au "king" historique du monde des comics.
C'est ainsi que Tim Sale va multiplier les plans "à la Kirby", notamment dans sa manière de représenter les deux antagonistes principaux (Hulk et le général Ross), ces derniers grossissant à l'envie pour remplir les vignettes de leur stature imposante et de leurs expressions saturées.
Les combats, également, sont autant d'occasions pour citer l'époque référencée, véhiculant par ailleurs toutes ses naïvetés.
C'est l'occasion pour notre duo d'auteurs d'user de rétro-continuité, en suggérant une première rencontre et un premier affrontement entre Hulk et Iron man, que ce dernier aurait caché pour ne pas souffrir de son cuisant échec !

La dernière rupture de ton infligée par cette troisième histoire colorée se situe enfin dans la composition des images et le style des personnages. Alors que Tim Sale multipliait jusqu'ici les détails, il opte soudain pour un dépouillement total. L'histoire se situe d'ailleurs en plein désert du Nevada, comme s'il s'agissait de symboliser le vide et le désespoir séminal qui habitent l'esprit du personnage dans ses premiers instants de vie entant que Hulk.
Parallèlement, l'artiste renoue avec les effets cartoon qu'il utilisait dans l'univers de "Batman" et plonge ainsi dans la caricature pure et simple.
Ce double parti-pris, bien qu'au départ déstabilisant si l'on vient de lire les deux mini-séries précédente, finit au fil des pages par sonner juste, tant le dessinateur maitrise son sujet. Et l'on profite au final de l'une des plus belles histoires jamais contées sur notre monstruosité super-héroïque préférée (avis tout à fait personnel et subjectif)...

Encore une fois, les auteurs développent la relation amoureuse des personnages principaux, et trouvent l'équilibre entre l'émotion, la retenue et les morceaux de bravoure. La force de leur travail est toujours aussi étonnante lorsqu'il s'agit de réussir à préserver la naïveté des figures originelles tout en les débarrassant soigneusement de leur côté infantile et de leurs oripeaux surannés. Le personnage de Hulk est alors bien plus qu'une brute complètement décérébrée : Il vit et évolue, ressent, souffre et suinte une humanité primaire et troublante.
D'aucuns ont taxé tout cela de "sentimentalement dégoulinant et simpliste" et autres sarcasmes que j'ai oublié. Inutile de préciser que je ne partage pas cette opinion... ☆☆☆☆ et demi
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 6, 2015 5:25 PM CET


Spider-Man : Bleu , Marvel comics : la collection de référence
Spider-Man : Bleu , Marvel comics : la collection de référence
par Jeph Dessin : Sale, Tim Couleurs : Buccellato, Steve Lettrage : Ramone, Bit Traduction : Watine-Vievard, Sophie Scénario : Loeb
Edition : Comic

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Blue note, 4 novembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Spider-Man : Bleu , Marvel comics : la collection de référence (Comic)
A l'origine, "Spiderman : Bleu" fait partie de la collection des "mini-séries colorées" dédiées aux super-héros Marvel, réalisées par le duo d'auteurs Jeph Loeb (scénario) et Tim Sale (dessin), et rééditées dans le très gros volume "Absolute" Les Héros Marvel, en compagnie de Daredevil : Jaune et Hulk Gris (et du prologue de Captain America : Blanc encore inédit aujourd'hui). C'est le deuxième de la série, publié initialement en 2002.

Lorsque le lecteur ouvre pour la première fois ce livre, il ne peut être qu'envahi par la sensation picturale dégagée par la première page. Baignée de la couleur consacrée, celle-ci électrise immédiatement nos yeux d'une sensation purement iconique. Et puis c'est parti pour ne plus lâcher cette histoire magnifique !

Le pitch : "Peter Parker", au soir de la Saint Valentin (époque contemporaine de la publication), se remémore sa rencontre avec "Gwen Stacy" et ses débuts de super-héros. Sa rencontre avec "Mary-Jane", "Harry Osborn", ses combats de jeunesse avec le "Vautour", le "Bouffon vert", le "Lézard", le "Rhino" et "Kraven le chasseur". La maestria de Jeph Loeb fait que le néophyte apprendra un maximum de choses sur le passé de "Spiderman" là où le vieux fan revivra avec délice des souvenirs d'enfance. Le tout sans une once d'infantilisme, car les six épisodes sont brillamment racontés et dialogués, de sorte qu'on puisse les lire avec le même plaisir de 7 à 77 ans ! Précisons le afin que cela soit clair : On ne nous raconte rien ici que l'on ne sache déjà si l'on connaît la période référencée, car il s'agit au contraire de nous raconter la même chose, mais d'une façon nouvelle...

Personnellement, lorsque je me suis remis à lire des comics, adulte, et que j'ai relu les anciens Spiderman de mon enfance, j'ai été particulièrement déçu par la narration datée et naïve (pour ne pas dire que j'ai trouvé ça très mauvais) de ce matériel des années 60 et 70, particulièrement enfantin. "Spiderman : Bleu" a donc été une véritable révélation, la preuve que l'on pouvait raconter une histoire sur ce personnage pour un lectorat devenu adulte, sans pour autant renoncer aux sensations de son enfance.

Cette anecdote me fascine : Alors que j'ai gardé certains numéros des Strange, Titans, Nova ou autres RCM de mon enfance, j'ai immédiatement revendu mes Intégrales Spiderman publiées chez Panini. Elles me sont complètement tombées des mains ! Relire ces vieilles histoires imprimées sur papier glacé, dans une reliure aseptisée, était pour moi hors contexte. La lecture de ces "oldies" était alors une véritable torture en ce qui me concerne (la traduction de Mme Geneviève Coulomb n'y étant certainement pas étrangère), et je regrette presque ce temps perdu à m'obstiner à tout relire.
Pourtant, lorsque je descends dans ma cave et que j'exhume un vieux numéro de Strange, il y a une certaine magie qui opère. Là, dans cette vieille revue à la couverture magnifique, au papier-journal parsemé de jeux et autres publicités d'époque, il se passe quelque chose, quelque chose qui disparait instantanément dès lors que le contenant disparait aussi...
Je ne sais pas comment ont fait Jeph Loeb & Tim Sale, mais c'est cet effet "Madeleine de Proust" qui a traversé ma lecture de ce "Spiderman : Bleu", sans pour autant la parasiter par des effets infantiles ! Si ça ce n'est pas du grand art ! Inutile de préciser que je ne partage pas l'avis de certains lecteurs, qui ont reproché un côté mièvre et larmoyant à cette mini-série...

Et c'est bien le savant mélange entre le rétro et le moderne qui opère toutes ces sensations.
Le décorum de l'histoire, le look des personnages, les accessoires, l'architecture, les moyens de transport, tout est dessiné dans le contexte de l'époque éditoriale où furent publiés les épisodes originels (les années 60).
Ainsi, le lecteur ne souhaitant pas relire les histoires originelles pour cause de divorce avec le style old-school de la narration d'antan, les redécouvre par le biais d'une relecture de haut vol, parfaitement équilibrée entre le contexte initial (le fond) et une narration moderne et mature (le forme), évacuant de ce fait tout effet infantile, portée par un art consommé des dialogues et du découpage séquentiel.
Et pourtant, l'histoire, entre les lignes de la naissance de l'amour (et de l'amitié) entre les personnages, n'est qu'une succession de combats entre un super-héros adolescent en costume d'araignée et des supervilains en panoplie d'animaux ringards. Pas vraiment adulte comme terrain ! Il est donc de nouveau remarquable de noter le talent de notre duo lorsqu'il s'agit de trouver l'équilibre idéal afin que le lecteur adulte et exigeant puisse revivre les sensations de son enfance, tout en se délectant d'une lecture universelle, pleine d'émotion, de poésie et d'esprit, parsemée de références culturelles venant étoffer la toile de fond.

Notons un changement d'atmosphère par rapport à "Daredevil : Jaune", notamment dans la mise en couleur. Car ici les aquarelles et autres ambiances nocturnes ont laissé la place à des aplats pastel et lumineux, réalisés de manière infographique par le coloriste Steve Buccellato. Et la présence de deux jeunes femmes pour le pris d'une, manifestement, opère une orientation vers un esprit "pin-up" en total osmose avec la période référencée...

Opérant le même type de joie de vivre que "Daredevil : Jaune", cette nouvelle relecture draine néanmoins dans son sillon des citations picturales qui lui sont propres. Et les quelques soirées étudiantes que vivent les personnages ne sont pas sans évoquer l'ambiance des films de Blake Edwards, le loft des Osborn évoquant plus ou moins The Party, quand les soirées festives rappellent aussi le délicieux Diamants Sur Canapé (et la non moins délicieuse Audrey Hepburn)...
A ces moments là, eu égard à l'atmosphère originelle des épisodes réalisés du temps de Stan Lee, Steve Ditko & John Romita sr, le choix de cette esthétique distincte trouve alors toute sa saveur et sa cohérence...

Au niveau de l'encrage, également, Tim Sale modifie son trait en fonction de l'esprit de la série. Il opte ainsi davantage pour une ligne claire, tout en épaississant les contours. Chaque apparition du héros et de ses ennemis s'illustre dans une mise en forme iconique inoubliable, où l'épure côtoie la grâce, non sans évoquer les dessinateurs originels relevés plus haut, dans une forme d'hommage référencé. On touche ainsi à un équilibre incroyable entre l'imagerie universelle véhiculée par la série, et une interprétation personnelle particulièrement raffinée.

Certes, cette relecture amène bien des changements contextuels (je pense notamment à l'appartement que partagent "Peter Parker & Harry Osborn", devenu ici in loft luxueux, ainsi qu'à l'âge des personnages principaux et aux événements opposant Spidey à ses ennemis, plus ou moins modifiés), mais sans pour autant trahir l'esprit de la série.

Découpé en six chapitres portant chacun le titre d'un standard de jazz de l'époque ("My Funny Valentine", "Let's Fall in Love", "Anything Goes", "Autumn in New York", "If I Had You", "All of Me"... quasiment que des ballades romantiques, proche du blues, d'où le titre de l'album), le livre s'écoule tout seul et on le referme avec le cœur serré, bouleversé là aussi par les événements, et désespérés à l'idée de quitter des personnages aussi attachants. En somme, c'est le blues du lecteur de super-héros...
Et accessoirement la plus belle histoire jamais créée sur le "Monte-en-l'air" de chez Marvel (avis tout à fait personnel et subjectif)...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 5, 2016 10:42 PM CET


Daredevil, Tome 3 : Jaune
Daredevil, Tome 3 : Jaune
par Jeph Loeb
Edition : Album

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 A la recherche du temps perdu, 3 novembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Daredevil, Tome 3 : Jaune (Album)
Ce recueil fait partie de la collection des "mini-séries colorées" dédiées aux super-héros Marvel, réalisées par le duo d'auteur Jeph Loeb (scénario) et Tim Sale (dessin), et rééditées dans le très gros volume "Absolute" Les Héros Marvel, en compagnie de Spiderman Bleu et Hulk Gris (et du prologue de Captain America : Blanc encore inédit aujourd'hui). C'est le premier de la série, publié initialement en 2001.

Pour les fans de Daredevil, L'Homme sans peur, la célèbre (et définitive ?) version des origines du personnage signée Frank Miller et John Romita jr, cette histoire en est purement et simplement la suite directe, qui peut se lire immédiatement après (Loeb & Sale nous avaient déjà fait le coup avec Batman : Un long Halloween, se situant au lendemain de Batman Year One, du même Frank Miller !).
Comme ce sera le cas pour "Spiderman Bleu", il est déjà question d'aborder les relations amoureuses du personnage principal. Ainsi, "Matt Murdock" se souvient de sa rencontre avec "Karen Page", l'amour de sa vie, décédée au cours du run de Kevin Smith. Ici encore, le récit commence au temps présent, alors que le héros se souvient de son amour perdue, et qu'il décide de lui écrire une lettre fictive...
De manière conceptuelle, les images se déroulant au temps présent sont illustrées en noir et blanc, tandis que seul le justicier apparait en rouge, histoire de montrer la différence avec les images du passé, où il était habillé de jaune (d'où le titre...). Cependant, on revient parfois au noir et blanc lorsque les circonstances dramatiques le justifient, notamment lors de la mort de Battlin' Jack, le père du héros.
Ces planches sans couleurs (ou presque) sont d'ailleurs l'occasion pour Tim Sale, artiste daltonien, de s'exprimer pleinement en livrant de splendides aquarelles dans un camaïeu de gris (ce n'est pas du lavis).

Le scénario est ponctué de rencontres avec les figures importantes de la mythologie développée, comme de combats de jeunesse (on voit notre héros affronter les assassins de son père, mais également des supervilains comme "Elektro", le "Hibou" ou encore "l'Homme Pourpre"). L'ambiance générale joue à fond la carte de la nostalgie et développe un décor de série noire très rétro. Effet "Madeleine de Proust" garanti.
Comme à leur habitude, les deux auteurs multiplient d'ailleurs les références visuelles et, au détour d'une planche, un amoureux comme je le suis des films noirs hollywoodiens et des films de boxe de Robert Wise est obligé de noter la ressemblance avec les œuvres en question. Surtout lors des séquences se déroulant dans le milieu de la pègre et de la boxe (sachant que la mort du père Murdock est, dès le départ, un mélange entre le pitch du Champion de King Vidor, et des deux films de Robert Wise Nous Avons Gagné Ce Soir et Marqué Par la Haine) !
Parallèlement, et vu que le récit semble se dérouler à l'époque des épisodes originaux, au cœur des 60's, il n'est pas possible de contempler la beauté et l'allure hitchcockienne de la jeune Karen Page sans songer à celle de Grace Kelly, de Kim Novak ou de Tippi Hedren...

Parmi tous les "récits colorés", "Daredevil : Jaune" est certainement celui qui réussit le mieux à saisir l'alchimie entre l'univers originel du personnage référencé, l'émotion toute en nuances et l'originalité du traitement.
Par le biais d’un va-et-vient entre les pensées de Matt Murdock au temps présent, et les souvenirs du temps passé où l'on assiste à l'amour naissant entre lui et Karen, (le tout sur la même planche dans une alternance de vignettes et de soliloques), c'est une émotion incroyable que parviennent à transmettre les auteurs. Une émotion toute en retenue, brillamment distillée par une narration délicate comme de la soie.

Les puristes des comics originels risquent de tiquer un peu dans la mesure où les auteurs se permettent diverses modifications de fond, changeant quelque peu l'âge ou l'apparence des personnages, voire même la chronologie des événements. C'est la loi des relectures, et c'était déjà le cas avec les créations de Frank Miller. Pour apprécier "Daredevil : Jaune" à sa juste valeur, il faut donc être prêt à passer outre ces transformations contextuelles.
Pour autant, le duo préserve un bon nombre d'éléments puisés directement dans l'époque consacrée et parsème le récit d'hommages divers et variés en directions des auteurs originaux, tels que Bill Everett ou Gene Colan (notamment le temps d'un combat ultra-rétro entre "DD" et "Elektro" !).
De la même manière, scénariste et dessinateur n'hésitent pas à préserver les naïvetés inhérentes aux personnages principaux. Avec un culot invraisemblable, et alors qu'il s'agit d'une histoire avant tout destinée aux adultes (la scène de la chaise électrique est quand même bien intense et ne s'adresse nullement aux enfants), ils mettent en scène un "Hibou" volant dans une séquence proprement improbable ! Et c'est tout à leur honneur de réussir à faire passer la chose en douceur, grâce à une poésie de tous les instants évitant comme par magie de tomber dans le ridicule...

Parmi tous ces éléments concourant à l'état de grâce de cette mini-série exceptionnelle, notons enfin l'atmosphère mélancolique qui se dégage du récit, sans-cesse contrebalancée par une joie de vivre incroyablement communicative véhiculée par les personnages principaux.
Tout comme ce fut le cas, en ce qui me concerne, avec "Spiderman : Bleu", j'ai éprouvé une grande tristesse à l'idée de quitter ce trio amoureux composé par "Matt, Karen & Foggy", et de retourner à ma vie réelle...
Une fois de plus, c'est bien le sens de l'équilibre d'un duo d'auteurs miraculeux qui aura fait son office en créant, ni plus ni moins que la plus belle histoire jamais créée sur le justicier de Hell's Kitchen (avis tout à fait personnel et subjectif)...

Pour terminer, quelques mots sur l'art de Tim Sale : Bien que "Daredevil : Jaune" se lise assez vite (il y a très peu de vignettes sur chaque planche et nombreuses sont des pleines, voire des double-pages illustrées), il a fallu un bon moment pour que j'arrive à décrocher de la beauté incroyable de certaines images.
Bien que son style soit immédiatement reconnaissable, le dessinateur ne s'est pas contenté ici de reproduire le même travail que sur les histoires dédiées à "Batman". A maintes reprises, on peut constater une réelle volonté de travailler l'atmosphère d'une mythologie distincte (celle de "Daredevil"), plus lumineuse, plus naturaliste également. Et l'artiste a réalisé l'ensemble avec un sens du détail inattendu, transformant chaque planche en véritable illustration, préfigurant la collaboration des coloristes par les aquarelles de gris, et multipliant les accessoires, les objets décoratifs, les motifs vestimentaires et les aspérités architecturales. Le temps de quelques "tableaux", Tim Sale gatte également nos yeux en livrant de magnifiques vues de New York, dans un style à la fois esquissé et foisonnant, d'une justesse extrême en termes d'atmosphère et de cohérence plastique.
Un très grand moment de bande-dessinée.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 4, 2015 11:33 AM CET


Wolverine Gambit: Victimes
Wolverine Gambit: Victimes
par Tim Sale
Edition : Broché
Prix : EUR 12,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Deux X-men à Londres..., 2 novembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Wolverine Gambit: Victimes (Broché)
"Wolverine/Gambit : Victimes" est une mini-série en quatre épisodes réalisée en 1995 par le duo d'auteurs Jeph Loeb (scénario) et Tim Sale (dessin). Les deux compères avaient déjà œuvré ensemble chez l'éditeur DC Comics (Challengers of the Unknown - inédit en VF- et les "Batman Halloween Special" réédités chez Urban Comics dans Batman : Des Ombres Dans la Nuit). Mais il s'agit ici de leur première participation (en tandem) à l'univers des super-héros Marvel.
Dans les années 2000, ils livreront encore quelques mini-séries, réunies dans le recueil Les Héros Marvel.

Le pitch : A Londres, à l'époque contemporaine, de nouveaux meurtres sont perpétrés sur des jeunes femmes. La presse parle du retour de "Jack l'Eventreur" !
Rémy Lebeau, alias "Gambit", aperçoit sur un journal le nom d'une victime, qu'il semble avoir connu. Il se rend alors à Londres afin de mener sa propre enquête sur les assassinats. Très vite, il va découvrir que le meurtrier est peut-être quelqu'un qu'il ne connait que trop bien, et qui n'est autre que son co-équipier des X-men : "Wolverine" !
Les deux mutants sont alors décontenancés car, si "Wolverine" n'a aucun souvenir des événements récents, "Gambit", de son côté, commence à subir d'inquiétantes hallucinations...

Construit comme une énigme mystérieuse et un brin psychédélique, le récit demeure assez opaque jusqu'à la révélation finale. Il s'agit donc d'une lecture plutôt originale, conceptuelle, et d'une construction narrative complexe et sophistiquée.
L'exercice de style est séduisant mais un peu décousu. Et la trame est si alambiquée que le lecteur sort un peu de l'expérience en ne sachant pas trop si ce qu'il vient de lire était d'une virtuosité bluffante ou si cette lecture souffrait au contraire d'une construction amphigourique et d'une intrigue absconse capilotractée !
Quoiqu'il en soit, il est bon de suivre les aventures de deux X-men dans un récit enfin autonome, et non noyé dans une indigeste continuité comme c'est malheureusement trop souvent le cas avec cette franchise...

Ce qui frappe dans cette mini-série, en plus de ce scénario sibyllin, c'est le découpage des planches. Tim Sale réalise ici un travail incroyable et parvient à contrebalancer le récit sinueux par une mise en forme séquentielle d'une pureté impressionnante, parfaitement lisible, où plane parfois l'ombre de Frank Miller !
On se souvient alors de cette époque (le milieu des années 90) : Les dessinateurs nous livraient des planches bourrées à craquer où les multiples personnages aux muscles hypertrophiés s'empilaient dans un découpage proprement illisible, les vignettes se diluant dans un entassement foutraque d'onomatopées, de phylactères, de soliloques et autres bulles de pensée ! Personnellement, je ne parviens jamais à trouver le courage, aujourd'hui, lorsqu'il s'agit de relire ces comics estampillés 90's.
Il convient ainsi de remarquer que "Wolverine/Gambit : Victimes" marque une sérieuse longueur d'avance sur son époque en ce qui concerne le terrain du découpage et de la mise en forme séquentielle. D'une inventivité totale (le récit étant commenté en voix-off par "Gambit" sous la forme de soliloques en forme de cartes à jouer !), la construction des planches parvient ainsi à tirer le récit vers le haut, en développant une narration très "impressionniste" (parce que le lecteur se laisse porter par la poésie des images), hautement créative, et toujours limpide !

Etant donné que ce travail commence à dater (20 ans, quand même), il n'est pas exempt de naïvetés et l'on retrouve les pénibles contraintes éditoriales de l'époque (chaque épisode commençant par une laborieuse répétition, avec rappel des événements précédents et description des personnages).
Les mutants impliqués souffrent également de leur look daté et ridicule (voire infantile), alors que le récit en lui-même est paradoxalement très adulte (et assez violent).
Comme un seul homme, le duo signe chaque introduction des épisodes d'un logo sur lequel on peut lire "scénario et dessin : Jeph Loeb & Tim Sale", témoignant ainsi de l'osmose établie entre les deux artistes, qui abordent leurs créations de manière conceptuelle comme un seul et unique auteur...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 3, 2015 5:55 PM CET


Sherlock Holmes: Voice of Terror [Import USA Zone 1]
Sherlock Holmes: Voice of Terror [Import USA Zone 1]
DVD ~ Basil Rathbone
Proposé par RAREWAVES USA
Prix : EUR 14,97

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Sherlock fight les nazis !, 1 novembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sherlock Holmes: Voice of Terror [Import USA Zone 1] (DVD)
Ce DVD est un "Zone 1". Impossible à lire sur du matériel encodé "zone 2", il ne possède pas de VF ni de VOST. Mais le film est disponible en VF et VOST dans le coffret Intégrale Sherlock Holmes - Basil Rathbone.

"Sherlock Holmes and the Voice of Terror" est réalisé par John Rawlins en 1942. Il s'agit du troisième opus d'une saga de quatorze films de Sherlock Holmes interprétés par Basil Rathbone dans le rôle du détective et Nigel Bruce dans celui du Dr Watson. Le scénario développe néanmoins une intrigue autonome, chaque film pouvant se regarder pour lui-même.

En 1942, Winston Churchill en personne décide de récupérer la franchise des adaptations cinématographiques dédiées à Sherlock Holmes et la Twentieth Century Fox cède les droits au studio Universal. Dans l'idée, Churchill (qui avait également débauché Alfred Hitchcock) utilise tout ce qui est à sa portée afin de lutter contre le nazisme et conçoit ainsi le cinéma comme un outil de propagande. Dans le même temps, les USA faisaient la même chose avec les comics, et inventaient par exemple le super-héros Captain America (très patriotique puisqu'aux couleurs du drapeau américain !), qui accompagnait les troupes en Europe et mettait lui-même la raclée au méchant Adolph !
Le film débute ainsi par un texte expliquant la dimension "intemporelle" du personnage afin de justifier son transfert au 20° siècle et le changement de décor par rapport aux films précédents, puisque les acteurs demeurent les mêmes...

Nous assistons ainsi au combat entre Sherlock Holmes et l'ennemi nazi ! L'affrontement demeure néanmoins cérébral et le spectateur, s'il perd une adaptation fidèle aux romans de Conan Doyle, gagne en retour un récit inédit et original, sans qu'il soit question d'abandonner les fondamentaux de la mythologie holmésienne.
Le décor victorien, ses brumes gothiques et ses calèches ont désormais disparu. Mais Sherlock Holmes est plus déterminé que jamais dans sa course contre le mal ! Et si l’ambiance gothique et le smog ont laissé la place à une Angleterre plus naturaliste et actuelle (pour l'époque), les décors et la mise en scène n'en sont pas moins extrêmement soignés. Alors, puisqu'on y est, allons-y : Mort aux nazis !!!
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Deux nigauds contre Frankenstein [Combo Blu-ray + DVD]
Deux nigauds contre Frankenstein [Combo Blu-ray + DVD]
DVD ~ Bud Abbott
Proposé par DIRECT_DVD_EU
Prix : EUR 19,49

3 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Monster Academy, 31 octobre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Deux nigauds contre Frankenstein [Combo Blu-ray + DVD] (Blu-ray)
Ce DVD fait partie de la collection Elephant film, qui réédite en cet automne 2015 tous les "Frankenstein" du studio Universal (pratique pour fêter Haloween !), réalisés dans les années 30 et 40. Il contient le film en VOST (Ne regrettez pas la VF, elle est atroce dans les autres films, puisque réalisée récemment à l'arrache par des doubleurs ne sachant pas jouer la comédie !).
La grande nouveauté de cette édition (le film était jadis disponible dans une version épuisée), est d'ajouter la version blu-ray et de nouveaux bonus, dont "Le mythe de Frankenstein" par Jean-Pierre Dionnet (12').

Le pitch : Chick et Wilbur travaillent en Floride pour une compagnie de chemin de fer. Ils transportent bagages et autres objets volumineux. Un beau jour, ils doivent amener dans le "Musée des horreurs" deux caisses contenant les véritables dépouilles du Comte Dracula et du Monstre de Frankenstein, que les gaffes de Wilbur ne tardent pas à réveiller...
De toute manière, c'était un coup monté ! Dracula à une idée fixe : Il veut offrir au Monstre de Frankenstein un nouveau cerveau. Mais il ne nous explique pas pourquoi, ce qui est franchement dommage tant il est évident que c'était l'idée du siècle ! Tel un savant complètement fou, il pense que celui de Wilbur ferait parfaitement l'affaire, bien aidé par son assistante qui l'attendait dans son château sur son île lugubre. A noter que la dite assistante est une savante folle, et qu'elle a hérité du journal du Baron Frankenstein, ce qui, pour le coup, est rudement pratique pour cette histoire de transplantation de cerveau !
Mais Dracula et sa clique n'avaient pas prévu une chose : Larry Talbot, le loup-garou, lui aussi de retour, ne l'entend pas de cette oreille (de loup), et entend bien (de l'autre) mettre fin à tous ces sombres projets. Là encore, nous aurions bien aimé qu'il nous explique pourquoi il fait lui aussi une fixation sur le cerveau de Frankenstein, au lieu de s'occuper de sa propre malédiction...
Pendant ce temps là, Wilbur tente de prévenir Chick de cette catastrophe, mais ce dernier ne remarque rien ! Ainsi, poussés par leur compagnie d'assurance qui les somme de retrouver les corps perdus des deux monstres destinés au musée des horreurs, les deux nigauds n'ont d'autre choix que de se rendre dans le lugubre château, en compagnie du Loup-garou qui se transforme toutes les cinq minutes car, depuis le début du film, c'est tout le temps la pleine lune...
Etes-vous prêt pour le combat final réunissant tout ce beau monde ?

Réalisé en 1948, "Abbott & Costello Meet Frankenstein" sonne le glas de l'âge d'or des films d'horreur de la Universal, mettant un terme à la série des Universal Monsters. Après que fut intronisé le principe du "crossover" avec Frankenstein Rencontre le Loup-Garou (1943), le public avait eu droit à une Maison de Frankenstein (1944) et une Maison de Dracula (1945), dans lesquelles on pouvait retrouver le trio infernal revenant sans cesse d'outre-tombe...
Ce principe, qui consistait à mêler le bestiaire du studio, était évidemment motivé par un succès décroissant que l'on cherchait à retrouver grâce à l'affiche la plus généreuse possible en monstres mythiques. Mais les films devenaient de moins en moins bons, car confiés à de médiocres réalisateurs et scénaristes.
De son côté, le duo Abbott & Costello (une sorte de Laurel & Hardy au rabais) commençait à s'essouffler après une belle série de succès. "Abbott & Costello Meet Frankenstein" sera donc un moyen de relancer les deux nigauds en beauté, tout en achevant le parcours des monstres maison, qui disparaîtront ainsi définitivement.

L'idée pouvait paraître saugrenue : Mélanger les grandes figures de l'horreur avec les comiques troupiers de la Universal. Mais il faut avouer que la sauce fonctionne immédiatement. L'ensemble est plutôt bien troussé, les pitreries lourdingues des comiques se mêlant aux superbes décors gothiques dont le studio avait fait sa spécialité.
Le cynisme du projet est ainsi largement contrebalancé par deux éléments : Le premier est que l'on ne se moque pas des moyens mis en place. Le scénario a beau, dans le fond, relever du n'importe quoi, il n'en est pas moins juteux dans la forme. Les monstres sont bien là, et errent dans tous les coins pour notre plus grand plaisir régressif. Le casting est scrupuleux : Lon Chaney Jr interprète le loup-garou Larry Talbot pour la cinquième (et dernière) fois, Glenn Strange réendosse le maquillage du Monstre de Frankenstein pour la troisième fois consécutive et, surtout, Bela Lugosi nous revient en Dracula, pour la seconde fois après plus de dix-sept ans, et également pour la dernière (alors que tout le monde est persuadé qu'il a interprété le rôle un nombre incalculable de fois !). Les effets spéciaux sont superbes, tout en s'accommodant du ton amusé de l'ensemble du métrage. Les transformations du Comte Dracula en chauve-souris sont effectuées sous la forme de dessins animés (réalisés par Walter Lang, le créateur de Woody Woodpecker !!!), et c'est un régal ! La structure de l'ensemble est donc d'une solidité remarquable.
Le second élément qui vient jouer en faveur de la chose est sa manière d'en rire. Le générique nous met tout de suite dans l'ambiance, avec un dessin-animé ouvertement parodique. Le fait d'être dans une comédie est parfaitement assumé. Et l'humour a beau être aussi léger qu'un char d'assaut, on s'amuse énormément tant c'est bien rythmé et bien emballé.

C'est ainsi que naissait les parodies de films d'horreur et que le public prenait goût à l'humour noir. Et comme l'avaient fait les grands classiques de la décennie précédente, "Abbott & Costello Meet Frankenstein" allait s'imposer comme une œuvre fédératrice incontournable. Dans son giron, une multitude de franchises verront le jour, que ce soit dans le domaine des comics (Tales from the Crypt, Creepy) ou des séries animées (Scoubidou, le "Croques Monstres Show"), jusqu'à certaines œuvres récentes, comme Monstres & Cie.

Après ce film, "Abbott & Costello" repartiront auréolés d'un nouveau succès, et étireront la sauce pendant encore dix ans, rencontrant successivement "la Momie", "l'Homme invisible" et même Le Dr Jekyll et Mr Hyde (avec Boris Karloff dans le rôle-titre !), les enterrant tous au passage...
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