Profil de Tornado > Commentaires

Fiche d'identité

Contenu rédigé par Tornado
Classement des meilleurs critiques: 11
Votes utiles : 3499

Chez vous : découvrez nos services personnalisés en pages d'aide !

Commentaires écrits par
Tornado (Provence Côte d'Azur)
(TOP 50 COMMENTATEURS)    (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)   

Afficher :  
Page : 1-10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21-30
pixel
Captain America : Renaissance
Captain America : Renaissance
par Paul Mounts
Edition : Broché
Prix : EUR 20,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Le retour en boucle, 14 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Captain America : Renaissance (Broché)
Panini Comics ajoute un volume à sa toute nouvelle collection "mini-deluxe" (moitié moins épais que le deluxe habituel). L'éditeur franco-italien profite à la fois du succès au cinéma de Captain America, le soldat de l'hiver et de l'engouement des lecteurs pour le dessinateur Bryan Hitch, qui réalise l'iintégralité de cette mini-série événementielle publiée à l'origine entre fin 2009 et début 2010.

"Captain America" est mort au terme de Civil War. Comme d'habitude, il va ressusciter, en bon super-héros qu'il est...
Trois choses font vendre des milliers d'exemplaires au pays des comics : Les origines des personnages, les crossover, et la mort suivie de la résurrection d'un super-héros important. La Mort de Captain America a été exposée au maximum par son éditeur qui voyait ainsi l'occasion de créer un buzz monstrueux, suffisant pour ameuter des hordes déchaînées de geeks friands de récits événementiels. Ça a fonctionné, très bien même, au point d'en oublier que, pour effectuer une résurrection en bonne et due forme, il fallait trouver une bonne idée...
Pour l'anecdote, la série "Captain America" sans "Captain America" a obtenu beaucoup de succès (!), et le scénariste Ed Brubaker s'est démené afin de développer la mythologie de la série sans la présence de son personnage principal (lire pour cela le très bon Captain America : Le rêve est mort). Les éditeurs eux-mêmes ont encouragé ce succès et ont retardé autant que possible l'inévitable résurrection. du coup, il semblerait que le scénariste vedette n'ait pas beaucoup travaillé sur ce dernier élément...

Autant le dire tout de suite, Ed Brubaker, architecte du destin de "Captain America" depuis 2005, n'a pas de solution miracle pour nous offrir une résurrection à la hauteur de l'attente. C'est d'autant plus dommage qu'il avait brillamment relevé le défi avec le personnage de "Bucky Barnes" au début de son run (voir Captain America : La légende vivante). Ainsi, le retour du plus grand super-héros américain est tiré par les cheveux à l'extrême, embrouillé et bâclé, avec une bonne louche de séquences dans lesquelles on peut s'assoir sur des explications cohérentes quant au pourquoi et au comment de ce retour.
Histoire de noyer le poisson, Brubaker et son équipe créatrice (Bryan Hitch aux crayons et Butch Guice à l'encrage) inondent l'ensemble de scènes d'action où pullulent d'autres super-héros et vilains, avec un maximum de bruit et de fureur. Mais la sauce ne prend pas : Tout est factice. Le spectacle n'est pas intelligent. Rien de bien supérieur, en tout cas, aux habituelles séries Marvel dans ce qu'il y a de mainstream le plus commun et le plus vulgaire (la scène -je devrais dire les deux cases !- dans laquelle le fille de "Crâne Rouge" finit par ressembler à son père remporte le pompon du raccourci ridicule !).

Toutefois, on ne peut pas dire qu'il s'agisse d'une lecture désagréable. La première partie est plutôt bien emballée. Le plaisir de retrouver le personnage dans ses souvenirs et de le voir évoluer en plein cœur de la seconde Guerre mondiale, ou bien lorsqu'il revient après des années de congélation, nous tire de l'ennui. Globalement, le fait d'assister au travail de développement mythologique de Brubaker à travers tous ces sauts dans le temps se révèle être une bonne expérience. Les planches de Bryan Hitch sont toujours aussi spectaculaires, bien qu'il ne soit pas ici au niveau de ses Ultimates (qu'est-ce que c'est que ce "Crâne Rouge" minable ?!!!). Les séquences de voyage dans le temps sont impressionnantes, dans lesquelles le découpage, oblique, brille de trouvailles iconiques. Dans l'ensemble, les scènes se déroulant dans le passé ou le futur sont réussies, celles se déroulant dans le présent nettement moins.
En refermant le livre, on se dit que Brubaker et son équipe, bien conscients de l'artifice de cette résurrection, ont choisi la solution de raconter une histoire naïve et décomplexée, façon super-héros basique, en essayant de s'amuser au maximum. Un cynisme discutable, certes, mais qui a l'avantage d'aller à l'essentiel, avec de l'action et du spectacle.
Le résultat est à prendre pour ce qu'il est : Une énième histoire de résurrection de super-héros, banale et poussive comme tant d'autres, qui subit les affres d'une politique éditoriale commerciale basée sur de l'événementiel. De toute manière, si on lit la continuité de l'univers Marvel, c'est un passage obligé. Alors...

Soit les six épisodes de la mini-série "Reborn" (plus le court prologue), réalisés entre fin 2009 et début 2010 en plein cœur du "Dark Reign". "Captain America" est donc de retour, prêt à plonger dans le tout nouveau méga-crossover : Siege.


Sergio Mendes & Brasil 88
Sergio Mendes & Brasil 88
Proposé par Japan-Select
Prix : EUR 229,21

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Disco time, 13 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sergio Mendes & Brasil 88 (CD)
En 1966, le pianiste, compositeur et interprète brésilien Sergio Mendes créait la formation Sergio Mendes & Brasil 66, où l'on pouvait entendre un heureux mélange entre la bossa-nova et la pop anglo-saxonne.
En 1971, il modifiait légèrement cette formation qui devenait alors Sergio Mendes & Brasil 77 ! La formule demeurait néanmoins la même et dura jusqu'en... 1977 !
En 1978, Mendes et ses acolytes sortaient cet album intitulé tout simplement "Sergio Mendes & Brasil 88"...

Dès le premier titre, le ton est donné : Nous sommes dans le disco dans son plus simple appareil. Et même si la deuxième plage ("Waters of March") fait figure de standard de la bossa-nova, le reste de l'album verse de plein pied dans la variété exotique. De toute manière, à l'époque, peu d'artistes résistaient à cette vague de chaleur et l'on se souvient du très sucré Amigos de Santana et son "Europa" qui allait devenir l'éternel tube de l'été !
Non que l'ensemble soit mauvais, loin de là. Pour une soirée "cocktails-piscine" en plein été, la chose remplira parfaitement son office. Mais les auditeurs ont le droit d'être prévenus : A ce stade de la carrière de Sergio Mendes, il ne reste plus rien de la bossa-nova sophistiquée des années 60, qui se voit désormais remplacée par un ensemble joyeusement kitsch et ensoleillé, dans la lignée du non moins kitschissime BRAZIL de la Ritchie Family !

D'une certaine manière, la boucle était bouclée car la musique de Mendes et de son groupe finissait par ressembler à celle du trompettiste Herb Alpert (dont le niveau de kitsch n'était plus à prouver, notamment cette année là avec la sortie de l'album Rise), celui-là-même qui avait lancé leur carrière en 1966 en présentant leur premier album : Herb Alpert Presents Sergio Mendes & Brasil 66...
Bref, à réserver aux amateurs de disco exotique parfaitement suranné...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : May 13, 2014 7:02 PM MEST


X-Men : Le complexe du messie de Brubaker. Ed (2013) Album
X-Men : Le complexe du messie de Brubaker. Ed (2013) Album
par Brubaker. Ed
Edition : Album

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Un sujet complexe, 12 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : X-Men : Le complexe du messie de Brubaker. Ed (2013) Album (Album)
Depuis les terribles événements de House of M, les mutants ne sont plus que 200 sur la surface du globe. Ils ont été décimés par la folie de la "Sorcière rouge". Mais voilà que vient au monde le premier mutant depuis le "Jour M", un être si puissant que ses pouvoirs se manifestent dès sa naissance. Les "X-men" et tous leurs ennemis, les "Maraudeurs", les "Acolytes", et mêmes les fanatiques du groupe des "Purificateurs" vont alors se disputer la venue d'un enfant dont le destin menace autant l'avenir des mutants que celui du monde entier...

- Est-ce que cette histoire est accessible ? Est-elle facilement lisible pour le néophyte ou le lecteur occasionnel des "X-men" et de leur univers ? Pas vraiment, non.
Il s'agit d'un crossover à cheval sur quatre séries : "X-men", "Uncanny X-men", "New X-men" et "X-factor". Et franchement, il vaut mieux connaître les épisodes précédents de ces diverses séries pour tout comprendre aux treize épisodes qui forment la totalité du "Complexe du messie". Par ailleurs, le récit est tentaculaire et se construit sur toute la mythologie de la franchise, qui prend ses racines depuis longtemps et possède un nombre assez impressionnant de protagonistes. De nombreuses références à des anciennes sagas, et même des séries dérivées impliquant des personnages tels "Bishop" ou "Cable", demandent une solide connaissance de la part du lecteur. Dans le cas contraire, ce dernier se heurtera à une histoire complexe (de messie...), aux personnages multiples, aux racines lointaines et innombrables, ainsi qu'à une convergence de séries qui implique une lecture en amont sur pas moins de quatre "run" distincts.
Ceci, bien entendu, représente l'idéal afin de saisir tous les éléments d'un récit réservé avant tout aux lecteurs assidus de l'univers des mutants selon Marvel. Personnellement, je n'ai suivi qu'une partie de l'ensemble. Je ne me suis pas senti largué, mais j'ai regretté de ne pas comprendre l'ensemble des événements. Qui plus-est, il faut savoir que "Le complexe du messie" ne représente absolument pas un récit achevé, mais que l'histoire se poursuit au contraire (et entre autres) dans "La Guerre du Messie"...

- Est-ce que cette histoire est incompréhensible ? Pas du tout. Et c'est là sa principale réussite. Les scénaristes respectifs des quatre séries concernées se sont alliés afin de construire le récit le plus linéaire et le plus harmonieux possible. Et alors que le style de dessin change sur chaque épisode, parfois de manière brutale (passant par exemple de Marc Silvestri à Humberto Ramos !), la lecture de l'ensemble demeure fluide et parfaitement rythmée, construite sur une architecture narrative simple mais solide, résultat d'un travail scénaristique sérieux, ambitieux et hautement maitrisé. L'atmosphère générale du récit, violente et ténébreuse, ne subit aucune fluctuance d'un épisode à l'autre, au point que l'impression de ne suivre qu'une seule et unique histoire demeure maximale du début à la fin.
Beaucoup de lecteurs ont souffert du changement de dessinateur à chaque chapitre de la saga. Personnellement, cela ne m'a pas beaucoup dérangé. Le style de Ramos est très orienté cartoon et dissone fortement avec l'ambiance du récit sur les premières vignettes. Mais il y a quelque chose de très fort chez ce dessinateur, un état d'esprit décomplexé et une assurance du trait qui finissent par offrir à ses planches une puissance certaine. Celui qui m'a le moins convaincu, dans le genre, c'est plutôt Chris Bacchalo, dont la réussite est beaucoup plus aléatoire.

- Alors, qu'est-ce qui fait que le "Complexe du messie" s'impose comme un des meilleurs crossovers de son époque ?
Et bien, il faut regarder du côté de son sujet : cette histoire d'enfant au destin prophétique qui symbolise toute la passion d'une race au bord de l'extinction porte une dimension symbolique puissante. La course-poursuite qui s'engage entre les diverses factions, y compris celle des fanatiques anti-mutants, devient rapidement viscérale pour le lecteur, dont l'attachement à ces héros différents et imparfaits est solide et fusionnel. Les scénaristes ont ainsi trouvé un sujet (et un titre) très fort, évident et cathartique, qui condense l'ensemble des thèmes les plus éprouvés des diverses séries mutantes, aussi bien que l'élément le plus complexe et le plus sujet à controverse : Celui des futurs alternatifs, véritable casse-tête pour les lecteurs et les scénaristes, que l'on s'emploie ici à restaurer dans une sorte de cohérence englobant toute l'histoire des "X-men".
En 2008, alors que les events Marvel sont entrain de décliner, le "Complexe du messie", bien qu'imparfait, tient la dragée haute aux autres histoires globales de l'univers Marvel (pour cela, prière de le comparer au lamentable World War Hulk, qui sort au même moment !). Il nécessite une lecture assidue du monde mutant et une connaissance solide de son historique, mais se révèle comme une récompense pour le lecteur, qui y trouve une très bonne histoire. Le récit souffre d'une trop grande concentration de personnages et d'intrigues, ainsi que d'une implication factice en ce qui concerne la mort de ses personnages (qu'on imagine très vite ressusciter, comme toujours !). Cet élément est celui qui me dérange le plus, car il atténue fortement l'impact des événements et la dramaturgie de l'intrigue. Cette dramaturgie souffre également d'un manque d'espace, entre les divers combats, afin que les personnages puissent exister et se développer au maximum. Mais, là encore, les treize épisodes du "Complexe du messie" demeurent soignés et il y a tout de même des moments de confrontation assez forts entre certaines figures parmi les plus charismatiques du clan des X-men et de leurs ennemis.

Pour ce qui est de la composition de ce recueil, le scénario a été réalisé conjointement par Ed Brubaker, Mike Carey, Peter David, Chris Yost et Graig Kyle. La partie graphique est effectuée respectivement par Marc Silvestri, Billy Tan, Scott Eaton, Humberto Ramos et Chris Bacchalo.
Le déroulement des épisodes s'effectue comme suit : 1) X-men : The Messiah Complex - 2) Uncanny X-men #492 - 3) X-factor #25 - 4) New X-men #44 - 5) X-men #205 - 6) Uncanny X-men #493 - 7) X-factor #26 - 8) New X-men #45 - 9) X-men #206 - 10) Uncanny X-men #494 - 11) X-factor #27 - 12) New X-men #46 - 13) X-men #207.
Ces épisodes ont été réalisés en 2008. Ils trouvent une certaine complémentarité dans le deluxe X-Force : Anges et démons et forment une sorte de trilogie avec les suites X-Men : La guerre du messie et X-Men : Le retour du messie.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (5) | Permalien | Remarque la plus récente : May 14, 2014 2:10 PM MEST


Le Chien des Baskerville
Le Chien des Baskerville
DVD ~ Peter Cushing
Proposé par kingdvd2014
Prix : EUR 17,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Horror of Sherlock Holmes, 11 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Chien des Baskerville (DVD)
En 1957, le studio Hammer Films se spécialise dans le cinéma d'horreur et entreprend de réinterpréter les grandes figures horrifiques popularisées dans les années 30 par la universal. Cela commence avec Frankenstein s'est échappé ! ("The Curse Of Frankenstein" - 1957) et Le Cauchemar de Dracula ("Horror Of Dracula" - 1958). Pourtant, c'est sur un personnage n'ayant rien à voir avec l'horreur que le studio britannique va porter son choix pour sa troisième production gothique : "Sherlock Holmes" !

Dès les premières images, au cours d'un prologue saisissant de cruauté lyrique, "Le Chien des Baskervilles" version Hammer met tout le monde d'accord : Il y a bel et bien du matériel horrifique dans la nouvelle de Sir Arthur Conan Doyle !
La suite du film ne sera jamais à la hauteur de cette introduction cathartique mais peu importe, la marque du studio gothique aux couleurs flamboyantes est à l'œuvre et le spectateur devra frissonner devant ces images baroques dans la lande brumeuse, où les ruines d'une vieille abbaye suintent la malédiction du "chien de l'enfer" ! La photographie de Jack Asher est somptueuse, teintée de couleurs vives et de clair-obscurs lugubres. Les décors sont magnifiques. Et le réalisateur Terence Fisher réussit de nouveau, après les deux films cités plus haut, à emballer cette horreur diffuse (la plus-part du temps suggérée davantage que montrée) sous le vernis chatoyant des images les plus esthétiques possibles. Car lorsque l'horreur devient belle, on peut davantage la faire passer aux yeux de tous !

Les puristes reprocheront sans doute avec raison les libertés prises avec le récit originel de Conan Doyle. Certaines séquences ajoutées se révélant souvent ridicules du point de vue du scénario, sans que pourtant la prestance du film n'en subisse l'ombrage.
Alors que les deux acteurs fétiches du studio britannique, Peter Cushing et Christopher Lee, interprètent respectivement Sherlock Holmes et sir Henry Baskerville, il est encore question de pinailler pour savoir si oui ou non Cushing devait interpréter le détective, et non l'inverse.
Malgré toutes ces tergiversations, "Le Chien des Baskervilles" version Hammer demeure un grand classique, certes suranné tant il ne fait aujourd'hui plus peur à personne, mais un grand moment de cinéma à l'ancienne...


Composer Plays
Composer Plays
Prix : EUR 19,02

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Méditation, 10 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Composer Plays (Album vinyle)
Antonio Carlos Jobim avait inventé la bossa-nova en 1958, style musical né du mariage entre la samba et le jazz, le tout nimbé d'une note mélancolique.
En 1963, l'année même où paraissait le légendaire Getz/Gilberto (un album qui marquait la rencontre entre le saxophoniste Stan Getz et le guitariste et chanteur Joao Gilberto, dans lequel on n'entendait que des compositions de Jobim, lui-même étant présent au piano !), le maître enregistrait cet album instrumental dans lequel il faisait une sélection des titres qui allaient devenir les grands standards de cette "nouvelle manière" (traduction littérale de la bossa-nova).
"The Girl From Ipanema", "Amor Em Paz (Once I Loved)", "Agua De Beber", "Dreamer", "O Morro Não Tem Vez", "Insensatez", "Corcovado", "One Note Samba", "Meditation", "So Danco Samba", "Chega De Saudade", "Desafinado". Il ne manque pas beaucoup de titres phares pour empêcher cet album de référence de s'imposer comme l'étendard de la musique brésilienne des années 60 !

Manifeste de la musique "lounge" ou "easy leastning", "The Composer of Desafinado, Plays" est un album somptueux qui ne doit tout de même pas tomber entre n'importe quelles oreilles. Car il faut le savoir : chaque titre est emballé dans un écrin gorgé de soleil, de volutes sucrées et de violons, ce qui risque de déplaire aux puristes réfractaires aux enregistrements symphoniques taxés aujourd'hui de ringardises sirupeuses...
Pour les autres, il y a fort à parier que vous ne vous relèverez pas de sitôt de la première écoute de ce chef d'œuvre de la musique moderne, dont la simplicité n'a d'égal que la finesse de sa beauté à fleur de peau.
Fort d'un arrangement optimisé à l'extrême (l'album était destiné à faire connaitre la bossa-nova au monde entier), Jobim se voit ici épaulé d'une dream-team de musiciens venus des quatre coins de l'occident afin de parfaire des enregistrements de légende. George Duvivier à la contrebasse, Leo Wright à la flûte (omniprésent tout au long de l'album) et Claus Ogerman aux arrangements orchestraux se démarquent de l'ensemble avec classe et décontraction, pour un résultat velouté et absolument irrésistible de romantisme exotique. Mais il faut savoir que Jobim lui-même assure les notes de piano pour tomber définitivement à la renverse : En effet, écoutez le sublime "Insensatez" et pensez qu'il ne jouait que d'une seule main, note après note, et vous n'en reviendrez pas !
Etrangement, cette manière de jouer presque "archaïque", loin de freiner la fluidité musicale des enregistrements, semble au contraire les libérer et les guider vers une émotion à nulle autre pareille...

Alors oubliez les puristes pour qui le jazz symphonique est une chose impie et plongez corps et âme dans l'un des plus beaux albums de musique du XXème siècle, tous genres confondus. Car entre Claude Debussy et George Gershwin, entre Henry Mancini et Gil Evans, entre Henry Salvador et Frank Sinatra, il y a "Tom Jobim", dont "The Composer of Desafinado, Plays" est assurément le chef d'œuvre définitif.
Le maître enregistrera une série d'albums du même type jusqu'à la fin des années 60, avant de décider de pousser la chansonnette en réenregistrant chacun de ses standards dans un nombre incalculables de versions alternatives. Hélas, sa voix n'était pas aussi belle que ses notes de piano et, pour cette ultime raison, ce sont ces premiers enregistrements symphoniques des 60's qui doivent être choisis entre tous...
Une des pièces maitresses de ma discothèque idéale. Probablement le plus bel album de bossa-nova, avec "Getz/Gilberto". A écouter le soir en été, en regardant le soleil se coucher derrière les vagues d'une mer chaude...

Si vous chercher d'autres références dans le genre, voici une petite liste d'albums phares, en plus du "Getz/Gilberto" (tous datent des années 60, hormis le dernier) :
- Cannonball's Bossa Nova
- The Astrud Gilberto Album
- Sinatra/Jobim : The Complete Reprise Recordings
- Herb Alpert Presents Sergio Mendes & Brasil 66
- Avanço
- Solitude On Guitar
- Jazz Samba
- Antonio Carlos Jobim : Wave
- Joao Gilberto : Amoroso & Brasil


Herb Alpert Presents Sergio Mendes & Brasil 66
Herb Alpert Presents Sergio Mendes & Brasil 66
Prix : EUR 13,82

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Slow Hot Wind, 9 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Herb Alpert Presents Sergio Mendes & Brasil 66 (CD)
En 1966, le monde entier frémit au son de la bossa-nova, style musical brésilien né du mélange entre la samba et le jazz (mais teinté d'une note mélancolique) et inventé en 1958 par le pianiste et compositeur Antonio Carlos Jobim. Moins de dix ans plus tard, cette "nouvelle manière" (traduction littérale de la bossa-nova) passera de mode au profit de la musique américaine.

C'est donc en plein milieu de l'âge d'or de la "bossa" que le pianiste Sergio Mendes, également compositeur et interprète, décide de lancer une formation aux confluences de la bossa-nova et de la pop-music anglo-saxonne, soit un pur produit des 60's !
Le mélange est détonnant et diablement efficace : Les standards de la musique brésilienne ("Mas Que Nada", "One Note Samba", "Agua De Beber", "Berimbau") se mêlent à la variété pop ("The Joker", "Day Tripper", "Going Out Of My Head") et au jazz symphonique d'Henry Mancini ("Slow Hot Wind"), le célèbre compositeur de "La Panthère Rose" !
La section vocale et rythmique du groupe, extrêmement épurée (deux chanteuses, un pianiste, un batteur, un bassiste et un percussionniste, par ailleurs tous choristes), se révèle néanmoins d'une densité bluffante. La variété des titres (certains sonnent vraiment plus pop que "bossa" !) est paradoxalement rendue homogène par l'incroyable cohérence de la formation musicale et vocale, qui parvient à trouver un équilibre de tous les instants entre la Variété au sens noble du terme et la note exotique de ses accents brésiliens. Plus dansant et moins doucereux que les grands standards de la bossa-nova, "Herb Alpert Presents Sergio Mendes & Brasil 66" s'impose tout de même comme un album majeur de la musique brésilienne et ne peut manquer à la discographie idéale de tout amateur de "bossa".

L'album est d'une qualité optimale, mais contient pourtant un titre qui, à mon sens, s'élève au dessus du lot : Il s'agit du "Slow Hot Wind" relevé plus haut. Cette somptueuse composition de Mancini (que l'on peut entendre dans sa version initiale -"Lujon"- sur l'album Mr.Lucky Goes Latin), s'impose comme le titre le plus mélancolique de l'album. Comme s'il était délicatement soulevé par une petite brise tiède, le morceau semble nous répéter en boucle à quel point ces deux horizons musicaux (la musique typiquement brésilienne et le jazz symphonique) étaient faits pour se rencontrer et s'épouser. Ce mélange aura évidemment donné naissance à la bossa-nova mais également à tous ses descendants musicaux, tels le "lounge" ou encore "l'easy-leastning".

Ce groupe formé par Mendes continuera de s'appeler "Brazil 66" pendant encore quelques années et nous offrira une série d'albums tous plus beaux les uns que les autres. Puis, à partir de 1971, la formation subira quelques changements et poursuivra l'aventure sous le nom de "Brazil 77" (!), avec une série d'albums aujourd'hui assez difficiles à dénicher en raison de leur succès plus modeste au moment de leur sortie (puisque, comme dit plus haut, la mode brésilienne déclina au cours des années 70)...
Si vous avez aimé "Herb Alpert Presents Sergio Mendes & Brasil 66" (intitulé comme tel pour profiter de l'amitié et de la notoriété de Mr Alpert, trompettiste très célèbre à l'époque !), voici une liste d'albums inévitables :
- Sergio Mendes & Brasil 66 : Equinox (1967)
- Sergio Mendes & Brasil 66 : Look Around (1968)
- Sergio Mendes & Brasil 66 : Fool on the hill (1968)
- Sergio Mendes & Brasil 66 : Crystal Illusions (1969)
- Sergio Mendes & Brasil 66 : Ye-Me-Le (1970)
- Sergio Mendes & Brasil 66 : Stillness (1971)
- Sergio Mendes & Brasil 77 : Pais Tropical (1971)
- Sergio Mendes & Brasil 77 : Love Music (1973)
- Sergio Mendes & Brasil 77 : Vintage 74 (1974)
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (5) | Permalien | Remarque la plus récente : May 10, 2014 10:42 AM MEST


The Astrud Gilberto Album
The Astrud Gilberto Album
Prix : EUR 13,53

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 How insensitive !, 8 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Astrud Gilberto Album (CD)
En 1958, le compositeur et pianiste Antonio Carlos Jobim inventait la bossa-nova, style musical né du mariage entre la samba et le jazz, le tout mâtiné d'une atmosphère mélancolique. Moins de quinze ans plus tard, cette "nouvelle manière" (traduction littérale de la bossa-nova) passait de mode au profit de la musique américaine. Cependant, en seulement dix ans, une poignée d'artistes livraient au monde une série d'albums extraordinaires, à la fois universels dans l'émotion naissante, et exotiques dans le mélange sonore.

Cette compilation, qui date des années 60, regroupe les deux premiers albums studios d'Astrud Gilberto, enregistrés en 1965 (The Astrud Gilberto Album (Verve Originals Serie) et The Shadow Of Your Smile, dont l'ordre chronologique et l'ordre des titres est ici parfaitement respecté), auxquels ont été ajoutés trois autres chansons issues des albums suivants (les trois dernières).
Auparavant, la brésilienne à la voix douce et délicieusement monocorde s'était révélée par hasard en 1963 sur la chanson "The Girl From Ipanema" (issue de l'album Getz/Gilberto). Epouse de Joao Gilberto, la jeune femme s'était retrouvée au micro car elle était la seule personne à pouvoir chanter anglais qui traînait dans le coin ! Du coup, une carrière était lancée pour quelqu'un qui ne s'y attendait pas !
L'année suivante, Astrud quittait Joao et partait convoler avec le saxophoniste Stan Getz en enregistrant le célèbre Getz Au Gogo, un album live...
Par contre, contrairement à ce que j'ai pu lire sur d'autres commentaires, Stan Getz n'est présent sur aucun album studio enregistré par la chanteuse.

Si la première partie de la compilation ("The Astrud Gilberto Album") égrène les grands standards de la bossa en faisant la part-belle aux compositions légendaires de Jobim ("Agua De Beber", "Meditation", "How Insensitive"...), la seconde ("The Shadow Of Your Smile") est beaucoup plus éclectique, avec un panel de chansons issues de la bossa-nova autant que du jazz américain, de la pop ou de la samba.
Les trois chansons bonus sont au diapason de l'ensemble en le complétant de grands standards incontournables ("Summer Samba", "Let Go" et "Berimbau"), achevant de faire de cette "Silver Collection" un album inévitable, incomparable et indépassable...
Au total, vingt-cinq chansons douces et magnifiques, gorgées de soleil et de violons, mélancoliques et lumineuses, à l'atmosphère surannée et à la beauté intemporelle.
Un de ces albums où aucune note n'est en trop et aucun morceau n'est à écarter.
A écouter par une douce soirée d'été, en sirotant un cocktail sucré sous les tonnelles d'un jardin luxuriant et délicatement parfumé...

Si vous cherchez d'autres références dans le genre (en plus de celles qui sont relevées plus haut), voici une petite liste d'albums phares (tous datent des années 60, excepté le premier) :
- Joao Gilberto : Amoroso/Brasil
- Cannonball's Bossa Nova
- The Composer Of Desafinado Plays
- Sinatra & Jobim : Complete Reprise Recordings
- Herb Alpert Presents Sergio Mendes & Brasil 66
- Tamba Trio : Avanco


Le Fantôme de l'Opéra
Le Fantôme de l'Opéra
DVD ~ Nelson Eddy
Proposé par Mymediashop
Prix : EUR 9,89

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Fantôme d'opérette, 7 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Fantôme de l'Opéra (DVD)
Cette adaptation de 1943 est la seconde effectuée d'après le roman homonyme de Gaston Leroux, après le mythique Fantôme de l'Opéra de 1925, et la première réalisée en technicolor.
Le film fait partie de la série des Universal Monsters, mais s'impose comme l'un des seuls tournés en couleur.

Cette luxueuse version est loin d'être la meilleure, aussi bien en ce qui concerne son sujet que par rapport aux autres films de la collection du studio Universal en matière d'horreur. Bien contents de profiter des somptueux décors de la précédente adaptation (avec Lon Chaney Sr, réalisés d'après les croquis d'un graphiste français qui connaissait parfaitement les lieux !), les géniteurs de ce remake ont eu l'idée de tout miser sur cette reconstitution grandeur nature de l'Opéra Garnier, qui fut réemployée à l'envie dans tous les films hollywoodiens qui s'y prêtaient...
Ainsi, l'essentiel de l'intrigue expose les représentations lyriques en long, en large et en travers, reléguant celles dévolues au fantôme à de très succinctes apparitions. L'idée aurait pu se tenir si les séquences en question étaient réussies. Mais pour des problèmes de droit liés aux difficultés inhérentes au conflit mondial, le studio ne réussit pas à adapter de vrais airs d'opéra, et confia au compositeur Edward Ward (alcoolique notoire) le soin d'en écrire de sa main, tout en récupérant quelques extraits de concertos et autres symphonies libres de droit (comme on l'apprend dans le très intéressant documentaire de 56 minutes proposé dans les bonus)... Le résultat est assez calamiteux et, notamment lors de la scène d'introduction, c'est davantage à une opérette qu'à un grand opéra que le spectateur a l'impression d'être convié !
Le second écueil vient du fait que, allez savoir pourquoi, les producteurs ont eu l'idée d'employer les services de l'un des réalisateurs attitrés des deux nigauds Abbott & Costello : Arthur Lubin, qui de son côté, a cru bon d'imprégner son film d'une sérieuse dose d'humour lourdingue ! Evidemment, cet humour plombe rapidement le film et l'on se demande quand l'interprète du rôle du fantôme, le grand Claude Rains, va enfin venir nous épouvanter...

A l'arrivée, "Le Fantôme De L'Opéra" version 1943 est une adaptation "bling-bling" qui ne recèle que de très rares moments de grâce (en gros, lorsque Claude Rains n'apparaît pas, le film ressemblerait presque à une comédie de Luis Mariano...). Paradoxalement il fut, lors de sa sortie, l'un des plus grands succès remportés par le studio (les spectateurs, paraît-il, étaient morts de rire !) et réussit à décrocher deux oscars (photographie et décors), en grande partie motivés par l'emploi du technicolor...
La reconstitution des lieux demeure tout de même rigoureuse, notamment lors de la grande scène dans de laquelle le fantôme fait tomber le grand lustre central sur le public, qui voyait alors les spectacles en pleine lumière, car davantage intéressé par les spectateurs mondains que par la pièce elle-même (de nos jours, faites une visite guidée de l'Opéra Garnier, on vous expliquera tout) !

En 1962, le roman de Gaston Leroux connaîtra une nouvelle adaptation : Le Fantôme de l'Opéra, un film d'horreur du studio Hammer. Puis une autre par Dario Argento en 1999 : Le Fantôme de l'opéra. Mais sa plus belle adaptation demeure probablement la sublime comédie musicale écrite par Andrew Lloyd Webber, jouée à Londres et à Broadway : Le Fantôme De L'Opéra (certainement le plus beau spectacle qu'il m'ait été donné de voir). Un film en fut d'ailleurs tiré en 2004 par Joël Schumacher : Le Fantôme de l'opéra. Bon allez, j'arrête, j'en ai marre de recopier sans cesse le même titre... Toutefois, on peut encore ajouter à cette liste la plus belle adaptation officieuse du mythe : Le Phantom of the Paradise de Brian De Palma !
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : May 7, 2014 6:44 PM MEST


Sanctuaire, Intégrale :
Sanctuaire, Intégrale :
par Homer Reyes
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Immersif et abyssal, 6 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sanctuaire, Intégrale : (Broché)
"Sanctuaire" est une série initialement publiée en trois album (Sanctuaire, Tome 1 : USS Nebraska, Sanctuaire, Tome 2 : Le puits des abîmes et Sanctuaire, Tome 3 : Môth). L'ensemble a été écrit par le scénariste Xavier Dorison et mis en image par le dessinateur Christophe Bec entre 2001 et 2004.

Le synopsis : En 2029, un puissant sous-marin américain écume la mer Méditerranée pour des opérations militaires, car les États-Unis sont à la veille d'une guerre avec la Syrie. L'équipage détecte un lointain appel de détresse qui émane d'une fosse abyssale. Arrivés dans une gigantesque caverne sous-marine, les hommes de l'USS Nebraska découvrent l'épave d'un vieux sous-marin soviétique, ainsi que les vestiges d'une ancienne civilisation antique, complètement immergée. Peu à peu, les membres de l'équipage commencent à souffrir d'un mal inconnu et... terrifiant !

Au carrefour de plusieurs styles littéraires, dont le fantastique, l'horreur à la Lovecraft et le thriller sous-marin, "Sanctuaire" est une série dense et, sans mauvais jeux de mots, totalement "immersive" en termes d'ambiance et "abyssale" quant à sa trame scénaristique, où s'entremêlent les fils d'une saga qui puise ses sources à la fois dans l'histoire, la mythologie et la science-fiction.
Rigoureusement documenté, à la fois dans le domaine de l'Histoire, de la mythologie antique et de la technologie des navires sous-marins (tout un univers en soi), le scénario de Xavier Dorison est impressionnant de maitrise et de suspense.
Extrêmement linéaire, le récit est mené de main de maître en ne dévoilant qu'au compte-gouttes les secrets qu'il nous réserve. Pris de claustrophobie à tout niveau, le lecteur ne peut néanmoins se résoudre à lâcher cette histoire extraordinairement ténébreuse et envoûtante, d'une noirceur sans concession ("abyssale" ?).

Le dessin de Christophe Bec est impressionnant, qui ne souffre d'aucun défaut technique et dévoile des décors époustouflants de réalisme angoissant et claustrophobe. Chaque planche est maîtrisée dans les moindres détails et mérite de s'y attarder afin d'admirer la force du trait et la précision ahurissante de l'encrage.
Quelque doubles-pages monumentales viennent régulièrement rythmer le récit en dévoilant des scènes spectaculaires en diable, tandis que le reste du temps, le lecteur reste enfermé avec l'équipage dans le décor étouffant de ce sous-marin plus vrai que nature !

L'ensemble souffre néanmoins de quelques défauts majeurs qui privent la série de sa cinquième étoile :
Tout d'abord, et bien que les lignes ci-dessus faisaient l'éloge de sa technique sans faille, le dessin de Christophe Bec trouve ses limites sur deux points : Le découpage de certaines planches est parfois un peu confus. Mais surtout, le dessinateur endure un défaut de taille : Trop de personnages ont la même tête et les mêmes expressions, si bien qu'il devient extrêmement difficile de s'attacher à chacun d'eux et même de savoir qui est qui (d'autant plus que le récit met en scène un très grand nombre de protagonistes !)...
Le second défaut est que Xavier Dorison a complètement oublié d'écrire une fin satisfaisante, préférant la facilité d'un dénouement précipité, "ouvert" et complètement abstrait. C'est franchement dommage et, maintenant qu'on y pense, il nous avait fait le même coup avec la série Le Troisième Testament.
Quoiqu'il en soit, et malgré ces défauts de taille, "Sanctuaire" demeure une éclatante réussite en cumulant un nombre impressionnant de qualités, tour à tour littéraires, graphiques et magnétiques, réussissant à tenir le lecteur en haleine durant près de deux cents pages...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : May 6, 2014 10:02 PM MEST


10
10
Prix : EUR 17,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 It's Easy To Say I Love You, 5 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : 10 (CD)
1979. Le cinéaste Blake Edwards réalise Elle ("10" en VO). Ce dernier vient d'achever tous les segments de la série La Panthère Rose et va se consacrer à des comédies de mœurs douces-amères réalisées en compagnie de sa "famille" de cinéma.
Le script du film met en scène un personnage principal qui rappelle le compositeur Henry Mancini dans le style de musique (c'est-à-dire le compositeur attitré de Blake Edwards depuis le début de sa carrière de réalisateur).
D'un certain point de vue, "10" opère une forme de mise en abîme sur les relations entre Blake Edwards, son compositeur fétiche et leur filmographie commune.

A ce stade de sa carrière, Henry Mancini n'a plus rien à prouver. Il croule sous les multiples récompenses qui lui ont été attribuées par le milieu du cinéma et profite d'une célébrité sans tâche.
L'album "10" n'est en rien un ovni dans la carrière du compositeur. Au contraire, il semble plutôt se fondre de manière discrète dans un ensemble vertigineux et homogène.
Balades doucereuses, mélodies inspirées mais surannées, équilibre entre humour et mélancolie. Mancini nous rappelle à quel point il est le chantre du "Easy leastning". D'aucuns trouvent cela ringard. D'autres trouvent sa musique simple et sublime, avec une intense connotation 60's.

"10" est, étrangement, un album à la fois "hors du temps" et totalement immergé dans son époque, qui associe les ritournelles rétro avec le disco de cette fin des années 70.
Le thème central ("It's Easy To Say I Love You") est décliné sous plusieurs formes, instrumentale, vocale (avec les voix de Dudley Moore et Julie Andrews) et culmine dans une splendide interprétation au piano solo (issue d'une scène du film dans lequel le personnage principal, incarné par Dudley Moore, improvise une de ses compositions personnelles dans un moment de blues). Qui joue ce morceau d'ailleurs ? Est-ce Jimmy Rowles, le pianiste attitré de Mancini (au même titre que Plas Johnson en est le saxophoniste fétiche, lui qui nous a offert le son du "Pink Panther Theme") ? Et bien non, c'est Dudley Moore en personne, qui démontre ici d'authentiques talents de musicien ! Il interprète donc lui-même les notes de piano de la scène relevée plus haut...
L'album se termine par le Boléro de Ravel. Une version assez courte spécialement arrangée pour le film, que l'on entend lors de la scène d'amour finale, dans laquelle le couple vedette (Moore & Bo Derek) ne parvient pas à mener à terme ses ébats du fait que le disque qui joue le Boléro déraille tout le temps !

Bref. S'il ne s'agit pas d'un grand classique dans la discographie d'Henry Mancini, "10" demeure néanmoins un album qui mérite à la fois le détour, et le retour dans le temps...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : May 5, 2014 7:33 PM MEST


Page : 1-10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21-30