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Tornado (Provence Côte d'Azur)

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Batman, tome 2 : Manbat
Batman, tome 2 : Manbat
par John Bolton
Edition : Relié
Prix : EUR 10,52

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Beauté malsaine, 11 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Batman, tome 2 : Manbat (Relié)
"Batman / Manbat : Les Troglodytes" est un graphic novel (GN) publié en 1995 et réalisé par le scénariste Jamie Delano et l'illustrateur John Bolton.
Il s'agit plus ou moins d'un remake, ou d'une relecture d'une saga classique datant de 1970 : Batman contre Man-Bat (réalisée à l'époque par Frank Robbins et le grand Neal Adams).
Peut-être afin de rendre hommage à la version classique de 1970 qui était en trois parties (épisodes "Detective Comics" #400, 402 et 407), l'ensemble a été publié en VF sous la forme de trois albums chez l'éditeur Glénat dans la collection Comics USA en 1996 : Batman/Manbat, tome 1, Batman/Manbat, tome 2 et Batman/Manbat, tome 3.

Le pitch : Au beau milieu de l'Arizona, deux jeunes activistes déambulent dans un laboratoire où sont réalisées des expériences terribles sur les animaux. Tout se passe très mal et seule l'une d'eux (qui se prénomme Marylin Munro !) parvient à s'échapper en dérobant un échantillon de produit inconnu. La jeune femme se perd dans les canyons et échoue dans une caverne infestée de chauve-souris. Elle a en réalité trouvé refuge dans l'antre de "Man-bat", un ancien ennemi de Batman mi-homme, mi chiroptère. Les talents de chimiste de ce dernier le mettent immédiatement en alerte en ce qui concerne la fiole dérobée par la demoiselle.
Parallèlement, les autorités mettent Batman sur l'affaire...

Le moins que l'on puisse dire, c'est que Delano & Bolton ont effectué une relecture très éloignée, dans le traitement, de la saga originelle du début des années 70 !
Alors que l'intrigue classique était avant tout destinée aux enfants ou aux jeunes adolescents, ils en font désormais un récit adulte d'une crudité décomplexée qui explore sans soucis l'horreur, le sexe et les tourments de l'âme. Alors que les épisodes de la série DC Comics étaient courts et ne s'embarrassaient pas d'un quelconque réalisme, le traitement de cette relecture donne dans la décompression et dans le naturalisme souvent domestique.
Les auteurs des années 90 versent ainsi dans une dimension horrifique teintée d'anthropomorphisme glauque et de pulsions viscérales, ce qui pourra surprendre les lecteurs old-shool venus chercher ici les mêmes sensations que sur les épisodes signés Neal Adams !

Le lecteur de l'univers Vertigo (la ligne de comics pour adultes publiée par DC Comics en marge des séries dédiées aux super-héros) connait bien le scénariste Jamie Delano puisque ce dernier a été l'initiateur de la série Hellblazer John Constantine. Delano est un des meilleurs amis d'Alan Moore (qui avait quant à lui inventé le personnage de "John Constantine" dans la série Swamp Thing !), et il n'est pas du genre à écrire des bonnes vieilles histoires de super-héros dans le sens classique du terme. Sous son règne, la série "Hellblazer" était devenue une expérience quasi mystique de narration poisseuse et onirique, teintée de réminiscences politiques et sociales. On pouvait donc s'attendre à ce que le personnage de Batman soit un peu transfiguré par son traitement...

C'est une évidence : "Batman / Manbat : Les Troglodytes" n'est pas bon pour tous les publics. Delano déménage le cadre du héros pour explorer un décor désertique complètement inhabituel. Il donne dans le glauque en amenant l'intrigue dans les méandres d'une famille en apparence dégénérée (celle de "Manbat"), dont les divers stades de mutation rendent encore plus dérangeantes les pulsions purement humaines comme le désir sexuel ou celle de se nourrir.
Fidèle à son habitude, le scénariste développe une toile de fond plus ou moins politique en interrogeant les personnages sur les dérives de la science et sur le droit à la différence, le tout saupoudré d'une atmosphère New Age directement issue des années 70 et d'un certain mouvement "Flower Power"...

On s'en doutait un peu, mais Delano ne prend pas beaucoup son héros au sérieux et trouve un équilibre inattendu entre le réalisme naturaliste de son récit et un second degré moqueur à l'attention du personnage de Batman. Ce dernier est ainsi représenté de manière hypertrophiée et monolithique, qui tranche avec la tonalité de l'intrigue et le rend parfois ridicule, comme une star de catch kitsch et vulgaire (avec les grandes oreilles comme les dessinait Kelley Jones à la même époque). A plusieurs reprises, une note d'humour est directement adressée au lecteur aux dépends du pauvre héros, notamment lorsqu'il est obligé, en plein désert à dos de mule (!), de porter un chapeau de cowboy par dessus sa cagoule de chauve-souris pour se protéger du soleil. Ou bien cet autre passage où l'on devine qu'il n'arrive pas à résister à l'envie de reluquer les attributs de la jeune Marylin Munro, ou encore ce final où il passe pour un réac avec son discours bien rigide.

On prend ainsi la mesure des choix opérés par Delano, notamment celui de donner le premier rôle du récit non pas à Batman, ni même à Manbat, mais à la jeune Marylin, dont la personnalité et les idées hippies renvoient le discours républicain du héros à sa condition de beauf bien rangé à droite !
Pour autant, le scénariste ne transforme tout de même pas notre Batman en facho insupportable et sait le montrer sous des atours délicats, notamment lorsqu'il s'excuse auprès de shérif du comté en acceptant sa contravention pour excès de vitesse, arguant qu'il n'y a aucune raison qu'il n'échappe à la loi malgré son costume de chauve-souris et sa "batmobile" !
De toute manière, la richesse du script rédigé par le scénariste est suffisamment travaillée pour qu'aucun des personnages, qu'il soit héros, humain ou humanoïde, ne tombe dans le manichéisme primaire, et le final fait preuve d'une belle envolée lyrique.

Le travail de John Bolton porte l'ensemble à un très haut niveau de force évocatrice grâce à de magnifiques planches réalisées en peinture directe, sur la base de photographies retouchées et de décors baignés de couleurs évoluant sans cesse entre la figuration et l'abstraction. Une technique aussi bien photo-réaliste que symbolique, qui emporte le lecteur dans une claustrophobie parfaitement raccord avec le sujet de cette descente dans l'enfer des "troglodytes" dont "Manbat" s'est fait le chef de file.
Avec une virtuosité de tous les instants, l'artiste parvient à développer un univers visuel d'une étonnante beauté malsaine, où les corps en décomposition et les êtres hybrides les plus cauchemardesques sont immergés dans de superbes illustrations que n'aurait pas renié le grand Frank Frazetta...

Selon les attentes du lecteur et ce qu'il est venu y trouver, cette aventure inhabituelle de Batman pourra tour à tour se révéler dérangeante, étonnante, profonde, décalée, glauque, malsaine, belle ou encore incongrue. Pour ma part, je l'ai beaucoup aimée, sans toutefois trouver qu'elle soit de l'ordre du chef d'œuvre. ☆☆☆☆ et demi...


Batman, tome 1 : Manbat
Batman, tome 1 : Manbat
par John Bolton
Edition : Album

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Beauté malsaine, 11 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Batman, tome 1 : Manbat (Album)
"Batman / Manbat : Les Troglodytes" est un graphic novel (GN) publié en 1995 et réalisé par le scénariste Jamie Delano et l'illustrateur John Bolton.
Il s'agit plus ou moins d'un remake, ou d'une relecture d'une saga classique datant de 1970 : Batman contre Man-Bat (réalisée à l'époque par Frank Robbins et le grand Neal Adams).
Peut-être afin de rendre hommage à la version classique de 1970 qui était en trois parties (épisodes "Detective Comics" #400, 402 et 407), l'ensemble a été publié en VF sous la forme de trois albums chez l'éditeur Glénat dans la collection Comics USA en 1996 : Batman/Manbat, tome 1, Batman/Manbat, tome 2 et Batman/Manbat, tome 3.

Le pitch : Au beau milieu de l'Arizona, deux jeunes activistes déambulent dans un laboratoire où sont réalisées des expériences terribles sur les animaux. Tout se passe très mal et seule l'une d'eux (qui se prénomme Marylin Munro !) parvient à s'échapper en dérobant un échantillon de produit inconnu. La jeune femme se perd dans les canyons et échoue dans une caverne infestée de chauve-souris. Elle a en réalité trouvé refuge dans l'antre de "Man-bat", un ancien ennemi de Batman mi-homme, mi chiroptère. Les talents de chimiste de ce dernier le mettent immédiatement en alerte en ce qui concerne la fiole dérobée par la demoiselle.
Parallèlement, les autorités mettent Batman sur l'affaire...

Le moins que l'on puisse dire, c'est que Delano & Bolton ont effectué une relecture très éloignée, dans le traitement, de la saga originelle du début des années 70 !
Alors que l'intrigue classique était avant tout destinée aux enfants ou aux jeunes adolescents, ils en font désormais un récit adulte d'une crudité décomplexée qui explore sans soucis l'horreur, le sexe et les tourments de l'âme. Alors que les épisodes de la série DC Comics étaient courts et ne s'embarrassaient pas d'un quelconque réalisme, le traitement de cette relecture donne dans la décompression et dans le naturalisme souvent domestique.
Les auteurs des années 90 versent ainsi dans une dimension horrifique teintée d'anthropomorphisme glauque et de pulsions viscérales, ce qui pourra surprendre les lecteurs old-shool venus chercher ici les mêmes sensations que sur les épisodes signés Neal Adams !

Le lecteur de l'univers Vertigo (la ligne de comics pour adultes publiée par DC Comics en marge des séries dédiées aux super-héros) connait bien le scénariste Jamie Delano puisque ce dernier a été l'initiateur de la série Hellblazer John Constantine. Delano est un des meilleurs amis d'Alan Moore (qui avait quant à lui inventé le personnage de "John Constantine" dans la série Swamp Thing !), et il n'est pas du genre à écrire des bonnes vieilles histoires de super-héros dans le sens classique du terme. Sous son règne, la série "Hellblazer" était devenue une expérience quasi mystique de narration poisseuse et onirique, teintée de réminiscences politiques et sociales. On pouvait donc s'attendre à ce que le personnage de Batman soit un peu transfiguré par son traitement...

C'est une évidence : "Batman / Manbat : Les Troglodytes" n'est pas bon pour tous les publics. Delano déménage le cadre du héros pour explorer un décor désertique complètement inhabituel. Il donne dans le glauque en amenant l'intrigue dans les méandres d'une famille en apparence dégénérée (celle de "Manbat"), dont les divers stades de mutation rendent encore plus dérangeantes les pulsions purement humaines comme le désir sexuel ou celle de se nourrir.
Fidèle à son habitude, le scénariste développe une toile de fond plus ou moins politique en interrogeant les personnages sur les dérives de la science et sur le droit à la différence, le tout saupoudré d'une atmosphère New Age directement issue des années 70 et d'un certain mouvement "Flower Power"...

On s'en doutait un peu, mais Delano ne prend pas beaucoup son héros au sérieux et trouve un équilibre inattendu entre le réalisme naturaliste de son récit et un second degré moqueur à l'attention du personnage de Batman. Ce dernier est ainsi représenté de manière hypertrophiée et monolithique, qui tranche avec la tonalité de l'intrigue et le rend parfois ridicule, comme une star de catch kitsch et vulgaire (avec les grandes oreilles comme les dessinait Kelley Jones à la même époque). A plusieurs reprises, une note d'humour est directement adressée au lecteur aux dépends du pauvre héros, notamment lorsqu'il est obligé, en plein désert à dos de mule (!), de porter un chapeau de cowboy par dessus sa cagoule de chauve-souris pour se protéger du soleil. Ou bien cet autre passage où l'on devine qu'il n'arrive pas à résister à l'envie de reluquer les attributs de la jeune Marylin Munro, ou encore ce final où il passe pour un réac avec son discours bien rigide.

On prend ainsi la mesure des choix opérés par Delano, notamment celui de donner le premier rôle du récit non pas à Batman, ni même à Manbat, mais à la jeune Marylin, dont la personnalité et les idées hippies renvoient le discours républicain du héros à sa condition de beauf bien rangé à droite !
Pour autant, le scénariste ne transforme tout de même pas notre Batman en facho insupportable et sait le montrer sous des atours délicats, notamment lorsqu'il s'excuse auprès de shérif du comté en acceptant sa contravention pour excès de vitesse, arguant qu'il n'y a aucune raison qu'il n'échappe à la loi malgré son costume de chauve-souris et sa "batmobile" !
De toute manière, la richesse du script rédigé par le scénariste est suffisamment travaillée pour qu'aucun des personnages, qu'il soit héros, humain ou humanoïde, ne tombe dans le manichéisme primaire, et le final fait preuve d'une belle envolée lyrique.

Le travail de John Bolton porte l'ensemble à un très haut niveau de force évocatrice grâce à de magnifiques planches réalisées en peinture directe, sur la base de photographies retouchées et de décors baignés de couleurs évoluant sans cesse entre la figuration et l'abstraction. Une technique aussi bien photo-réaliste que symbolique, qui emporte le lecteur dans une claustrophobie parfaitement raccord avec le sujet de cette descente dans l'enfer des "troglodytes" dont "Manbat" s'est fait le chef de file.
Avec une virtuosité de tous les instants, l'artiste parvient à développer un univers visuel d'une étonnante beauté malsaine, où les corps en décomposition et les êtres hybrides les plus cauchemardesques sont immergés dans de superbes illustrations que n'aurait pas renié le grand Frank Frazetta...

Selon les attentes du lecteur et ce qu'il est venu y trouver, cette aventure inhabituelle de Batman pourra tour à tour se révéler dérangeante, étonnante, profonde, décalée, glauque, malsaine, belle ou encore incongrue. Pour ma part, je l'ai beaucoup aimée, sans toutefois trouver qu'elle soit de l'ordre du chef d'œuvre. ☆☆☆☆ et demi...


Batman contre Man-Bat
Batman contre Man-Bat
par Frank Robbins
Edition : Cartonné

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Quand le Bat-man bat le Man-bat..., 10 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Batman contre Man-Bat (Cartonné)
"Batman contre Man-Bat" est un album regroupant les trois épisodes "Detective Comics" #400, 402 et 407, réalisés par Neal Adams, Frank Robbins et Dick Giordano en 1970. Il narre la première rencontre entre Batman et son double horrifique : "Man-Bat", un hybride mi-homme, mi-chauve-souris...

Grand classique de la période Neal Adams, le dessinateur ayant marqué l'univers de Gotham City d'une marque indélébile, cet arc narratif fait également partie des rares récits de l'époque qui pouvaient s'étendre au delà de deux épisodes.
Il s'agit avant tout d'un récit "old-school", plutôt naïf car initialement destiné aux enfants, ou aux jeunes adolescents.
Le complétiste ou autre collectionneur du "Batmanverse" ne passera pas à côté de la chose. Mais les épisodes en eux-mêmes sont plutôt datés et naïfs. Le dessin du grand Neal Adams est impeccable, tandis que le scénario souffre évidemment du style ampoulé des comics de l'époque, tiraillés entre les bulles de pensées et les dialogues grandiloquents.

Pour autant que l'on passe outre cette mise en forme vieillotte et enfantine, le regroupement des trois épisodes sous la forme d'un album à l'allure "vintage" ne manque pas de charme, mais ne se destine pas à n'importe quel lectorat.
Dans les années 90, le scénariste Jamie Delano et l'illustrateur John Bolton en proposeront une sorte de remake moderne et adulte : Batman/Manbat : Les Troglodytes. Une relecture extrêmement différente, voire opposée, réservée à un public averti !
☆☆ et demi...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (6) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 11, 2015 1:15 PM CET


SPIDER-MAN : FAMILY BUSINESS
SPIDER-MAN : FAMILY BUSINESS
par James Robinson Mark Waid
Edition : Cartonné
Prix : EUR 18,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 L'espionne qui m'aimait, 9 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : SPIDER-MAN : FAMILY BUSINESS (Cartonné)
"Spider-Man : Family Business" est un roman graphique (GN) réalisé en 2013 par une équipe artistique particulièrement prestigieuse composée d'un duo de scénaristes formé par Mark Waid et James Robinson, et d'un duo de dessinateurs formé par Werther Dell'Edera (découpage, crayonnés) et Gabriele Dell'Otto (peinture et finitions).

Le principe est qu'il s'agit d'une histoire auto-contenue (avec début, milieu et fin), pouvant être lue en dehors des séries habituelles, sans être hors continuité, bien au contraire. Car "Spider-Man : Family Business" s'impose comme une pierre à l'édifice de la continuité liée au personnage principal en revenant sur certains éléments de son passé afin de remettre en question les acquis au niveau de sa mythologie. Et dans le langage spécifique des séries dédiées aux super-héros, on appelle cela de la rétro-continuité...

Tout commence alors que Peter Parker (Spiderman dans le civil) est enlevé par un groupe d'espions ayant intégré son domicile depuis un hélicoptère. Notre héros, qui tente immédiatement de s'échapper, est sauvé in extremis par une jeune espionne qui lui avoue être... sa sœur (alors qu'il pensait jusqu'ici être fils unique) !
Les deux jeunes gens partent alors pour un périple autour du monde afin de délier les fils d'une intrigue qui devraient également faire la lumière sur le passé de leurs propres parents. Mais au fait, cette "Teresa Parker" est-elle bien celle qu'elle prétend ?

Comment relancer un univers comme celui de Spiderman sachant que des centaines d'histoires ont déjà été écrites et que le terrain autour de son champ d'action est plus que balisé ? Les scénaristes Mark Waid & James Robinson semblent s'être souvenu du GN Batman : Le Fils du Démon, tant leur récit possède de points communs avec celui de "l'Homme chauve-souris" (récit d'espionnage sortant le héros de son contexte urbain pour l'envoyer dans un cadre inhabituel, possibilité pour lui de se découvrir une parenté encore inconnue, etc.).
Rien à reprocher à cette histoire de ce point de vue : Voilà un récit dédié à Spiderman complètement inédit et exotique, bourré de révélations, de rebondissements, d'aventures et de fraicheur. D'ailleurs, une évidence s'impose : Waid & Robinson ont pris la chose avec légèreté, sans s'encombrer d'un soucis de réalisme...

Pour ce qui est de l'intrigue en elle-même, je ne l'ai personnellement pas du tout appréciée en tant que telle. J'ai pour habitude de ne jamais juger une bande dessinée sur ce qu'elle raconte, mais plutôt sur la façon dont elle le raconte. Après tout, c'est trop facile de démonter une bande dessinée, un film ou un roman parce qu'il ne raconte pas une histoire comme ON AURAIT VOULU qu'elle soit. C'est pourtant le cas ici et pour une fois j'ai du mal à passer ce stade du contenu, de la toile de fond. Toute la partie revenant sur le passé des parents Parker que l'on découvre entant que "super-espions-sauvant-le-monde-comme-Captain-America" m'est ainsi apparue comme factice et ridicule, voire vulgaire. Quant à Teresa Parker, je crois que je ne compte plus toutes les sacrés couleuvres qu'il m'a fallu avaler afin que je passe outre les coïncidences toutes plus énormes les unes que les autres ayant mis cette dernière sur le chemin de son prétendu frère...

Mais bon. Ce n'est pas mon habitude de descendre une histoire pour son contenu...
La mise en forme de l'ensemble est par contre très réussie. Il est vrai qu'elle est conduite par un sacrée team d'auteurs et d'artistes, et l'ensemble est rondement mené sur le terrain de la narration, du découpage des séquences et de l'illustration des planches. Dialogues ciselés, rythme impeccable, découpage séquentiel efficace ; dessins et peintures de toute beauté, expressifs et nuancés. C'est la grande classe.

Ainsi, j'ai passé un bon moment de lecture en accompagnant l'un de mes super-héros préférés à travers le monde et à la recherche de ses racines. Le voyage fut parfois décevant dans la richesse de son contenu, mais toujours agréable dans le confort de ses prestations.
Alors, s'agit-il d'une bonne histoire de Spiderman ? Je dirais "oui et non". Tout dépend de ce que l'on est venu y chercher du fond ou de la forme ; du simple divertissement ou du réalisme narratif. Sur ce dernier point, il faudra passer outre les grosses ficelles naïves et le manque de crédibilité d'une intrigue plutôt grostesque. ☆☆☆ et demi...
La question est aujourd'hui en suspens : S'agira-t-il d’une histoire importante et pérenne pour la continuité du héros ? Wait and see...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 9, 2015 9:14 PM CET


COFFIN HILL tome 1
COFFIN HILL tome 1
par Collectif
Edition : Album
Prix : EUR 15,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Paint it Black, 7 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : COFFIN HILL tome 1 (Album)
Ce recueil regroupe les sept premiers épisodes de la série "Coffin Hill", réalisés en 2014. Il s'agit d'une série publiée sous le label Vertigo de DC Comics. Le scénario est rédigé par la romancière Caitlin Kittredge et le dessin est l'œuvre d'Inaki Miranda, à l'exception du dernier épisode, dessiné par Stephen Sadowski.

Le pitch : En 2003, A Coffin Hill, en Nouvelle Angleterre, un trio d'adolescentes joue avec le feu en convoquant des esprits au cœur de la forêt par une nuit trop alcoolisée. Mais tout dérape lorsque le jeu devient réalité...
Dix ans plus tard, Eve Coffin revient sur les lieux de sa jeunesse. Seule rescapée du trio, elle revient dans la maison familiale. Sa dynastie, qui dominait jadis la région, est à présent sur le déclin. Mais lorsque de nouveaux événements surnaturels réveillent les souvenirs les plus douloureux, Eve doit faire face à son héritage familial, issu d'une longue lignée de sorcières ayant survécu au massacre de Salem...

Tout le monde le sait puisque nous sommes tous, ou presque, passés par là : Lorsque l'on est adolescent, on veut jouer au grand. On devient alors le "rebelle" qui aime jouer avec le feu, cherche sans cesse à franchir les limites, quitte à se brûler les ailes.
C'est à cette époque que la tentation est grande de goûter aux fruits défendus : Le sexe pour commencer, puis la cigarette, l'alcool et la drogue. Certains vont même plus loin et expérimentent les choses les plus dangereuses, les plus prohibées, les plus extrêmes.
C'est ce tunnel que nous empruntons tous lorsque nous quittons le stade de l'enfance pour accéder à celui de l'âge adulte. Il peut être plus ou moins long, tordu et ténébreux, mais il sera forcément le passage par lequel nous allons forger la part adulte qui sera la notre lorsque nous en atteindrons l'issue.
Mais attention : la réalité est abrupte. Si l'on se brûle les ailes au jeu des plaisirs défendus, on en portera toujours les marques, les cicatrices, les tatouages indélébiles que la vie nous aura gravé sur la chair et dans les tréfonds de l'âme.
C'est cette vérité universelle qui circule au cœur de "Coffin Hill". Et Caitlin Kittredge nous a tissé une véritable parabole qui illustre le passage de l'enfance à l'âge adulte dans ce qu'il peut avoir de plus édifiant, lorsque les conséquences sont lourdes de sens.

Eve Coffin, riche héritière d'une famille de nantis décadents, est ainsi le réceptacle de cette idée selon laquelle l'adolescence peut laisser des marques terribles sur soi et sur son entourage à partir du moment où les choses ont dérapé, où l'éducation a failli, où le cadre des événements n'a pas été le bon. Eve, femme forte et altière, entame alors sa quête accablante : Réparer ce qui peut l'être, empêcher le pire de recommencer. Et c'est tout naturellement que le lecteur l'accompagne dans ce chemin tortueux qui résonne dans son inconscient comme un écho, comme un miroir aux multiples facettes.
Nul doute que Caitlin Kittredge a trouvé le terrain idéal pour son récit fantastique, qui se pare ainsi d'une puissante toile de fond, entrainant le lecteur dans la tourmente de ses propres souvenirs et de son propre parcours...

Parallèlement à la richesse indiscutable de son sous-texte, la romancière a pris soin d'offrir à son récit un décor envoûtant comme un conte gothique à l'esthétisme vénéneux. C'est indiscutablement le versant le plus séduisant de la série, qui développe une atmosphère puissamment addictive, au charme assez irrésistible.
On côtoie ainsi tout ce qui constitue l'attrait des récits horrifiques, où les symboles gothiques des contes de notre enfance (paradoxalement rassurants puisque familiers) se mêlent à la dimension malsaine de ce qu'il y a de pire en ce monde : la part noire qui se cache au fond de nous.
Ainsi, si le décorum de la série est extrêmement classique, voire stéréotypé (des corbeaux, du sang, un look et un maquillage à la "The Cure" pour faire gothique), il se révèle surprenant à force de servir de tremplin à un récit inédit, non pas dans les codes mais dans le traitement. Et les personnages s'imposent peu à peu grâce à une étonnante épaisseur, qui porte l'ensemble au niveau de l'excellence.

Et si l'on tenait là le nouveau Locke & Key ? C'est la question que je me suis tout d'abord posé puisque les deux séries possèdent bien des points communs (des héros adolescents ou jeunes adultes, un cadre horrifique et surnaturel teinté d'une ambiance à la Lovecraft, une région sinistre et un vieux château plein de secrets...). La réponse est non. "COFFIN HILL" est une série classique qui ne possède pas la poésie, la truculence et l'originalité de la géniale création de Joe Hill et Gabriel Rodriguez. Néanmoins, au stade de ce premier tome, je me dis que ses personnages vont rapidement me manquer et que la richesse de cet univers aboutit sur un indéniable constat : Vivement la suite !

Je terminerais par un bémol : Contrairement à mes chers confrères co-commentateurs, je ne suis pas vraiment convaincu par la partie graphique effectuée par Inaki Miranda. Si ses personnages sont suffisamment charismatiques (même en même temps extrêmement lisses, ce qui est complètement paradoxal !), si ses décors sont souvent soignés, voire magnifiques, le découpage des planches n'est vraiment pas très bon et les mouvements des corps sont carrément laborieux, pour ne pas dire du domaine de l'amateurisme. C'est dommage car les dernières pages de croquis sont superbes et témoignent d'un véritable talent pour le dessin entant que tel. Mais il y a un réel problème au niveau de l'art séquentiel : Les vignettes se suivent de manière cacophonique. Les tentatives d'innover narrativement sont ratées, surtout lorsque le même personnage est représenté trois fois dans le même cadre pour illustrer son déplacement. Les ellipses ne sont absolument pas maitrisées et les passages entre un espace et un autre subissent une coupure brutale qui gêne la compréhension des séquences. Et encore une fois, Inaki Miranda ne maitrise pas du tout le mouvement des corps, qui sont trop souvent figés et maladroits, sauf lorsque l'artiste utilise des modèles photographiques (ce qui parait évident dans certaines cases, tant l'écart et visible d'une pose à l'autre). J'ai ainsi regretté, à la lecture du septième épisode illustré par Stephen Sadowski, que ce dernier, au style classique mais impeccable, n'ait pas dessiné l'ensemble de la série.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 8, 2015 10:44 AM CET


Return to Salems Lot [Import USA Zone 1]
Return to Salems Lot [Import USA Zone 1]
DVD ~ Michael Moriarty
Proposé par musique-pour-vous
Prix : EUR 9,47

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Sales (M) lots, 3 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Return to Salems Lot [Import USA Zone 1] (DVD)
Ce DVD est un import USA. Il ne sera pas visible sur un lecteur Zone-2 européen. C'est néanmoins le seul support disponible à l'heure actuelle sur lequel on peut visionner le film.

Le synopsis : L'anthropologiste Joe Weber, humaniste comme une truelle, retourne à Salem's Lot, ville de son enfance. Il est accompagné d'un insupportable fils en pleine crise d'adolescence qu'il n'a jamais élevé. Tous deux découvrent que cette petite ville du Maine est désormais peuplée de vampires. Puisque Weber est un modèle d'intégrité (nan, je plaisante), les vampires, rusés comme des chauves-souris, lui demandent d'écrire leur histoire. Dans un premier temps, le placide Weber, qui envoie des bourre-pif à tous ceux qui croisent son chemin, accepte la proposition. Mais il change d'avis lorsque son insupportable gamin lui avoue qu'il a décidé de se joindre à toute cette communauté de joyeuses goules, qui préfèrent par ailleurs vampiriser des vaches endormies que des humains innocents (!). C'est alors que Weber rencontre le chasseur de nazis "Van Meer", qui arrive également à Salem et qui, ça tombe bien, n'a pas peur des vampires...

"Return to Salem's Lot" est un film d'horreur réalisé en 1987 par Larry Cohen. Il est sorti en France sous le titre "Les Enfants de Salem". Il s'agit de la suite de la mini-série télévisée Les Vampires de Salem, qui avait été réalisée par Tobe Hooper en 1979, d'après Salem, le roman de Stephen King.
Bien que présenté dans les adaptations officielles des œuvres de Stephen King, "Les Enfants de Salem" ne reprend en rien les lignes d'une quelconque création de l'auteur de Misery, et ne peut prétendre au titre d'adaptation de manière directe.
Il ne s'agit que de la suite du film "Les Vampires de Salem", et cette suite ne reprend les éléments du roman de Stephen King que comme point de départ.
Stephen King n'est donc nullement responsable de ce fiasco...

Car "Return to Salem's Lot" est un navet de première bourre. Une fiente. Un reliquat du cinéma d'horreur 80's ni fait ni à faire. Et allez savoir pourquoi le réalisateur Samuel Fuller est venu ici jouer les chasseurs de nazis qui chassent les vampires !
Des nanars, j'en ai vu tant et plus, et j'adore ça. Surtout en ce qui concerne les films fantastiques en général et les films d'horreur en particulier qui, lorsqu'ils sont ratés, ont souvent le mérite d'être drôles. Mais "Les Enfants de Salem" n'est même pas drôle. Il n'est d'ailleurs ni effrayant, ni glauque, ni dérangeant, ni beau plastiquement, ni quoique ce soit (les effets spéciaux et autres maquillages horrifiques sont pathétiques). Il est juste nul. Et les incohérences abondent d'une ligne à l'autre de manière ostentatoire (Exemple : Van Meer perd ses lunettes et ne peut ainsi plus conduire sa bagnole. Il est alors invité par Weber et ils se font copains pour attaquer les vampires à deux. Immédiatement après, lorsqu'ils partent à l'attaque, Van Meer conduit sa bagnole sans lunettes et sans soucis...).
Des personnages têtes à claque, un héros à gerber, des vampires enfants, papis et mamies ridicules, des seconds rôles honteux. Direct poubelle...
Alors ? Y a-t-il encore quelqu'un, dans l'assemblée, qui regrette que cet extrait de film n'ait toujours pas été édité sous nos latitudes ?
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Spirit, Tome 3 :
Spirit, Tome 3 :
par Darwyn Cooke
Edition : Broché

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4.0 étoiles sur 5 Le bon état d'esprit, 1 février 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Spirit, Tome 3 : (Broché)
Ce recueil regroupe les épisodes "The Spirit" #9 à 12. C'est le troisième et dernier tome de la série sous l'égide de Darwyn Cooke, auteur complet de cette reprise du personnage emblématique créé dans les années 40 par le grand Will Eisner. L'encrage est effectué par J. Bone et la mise en couleur est l'œuvre de l'excellent Dave Stewart. L'ensemble a été publié initialement entre fin 2007 et début 2008.

En 2007, Darwyn Cooke, fort de son succès sur la magnifique mini-série La Nouvelle Frontière, s'attaque au Spirit, le comic-book culte par excellence !
Pour se mettre en route, il réalise un premier one-shot sous la forme d'un crossover avec Batman, épaulé par le scénariste Jeff Loeb, avant de se lancer tout seul dans une série régulière entièrement dédiée au "Spirit" ! (voir Le Spirit, Tome 1 : Résurrection, puis Le Spirit, Tome 2 : Bombe à retardement).

Comme il le fait depuis le départ, Darwyn Cooke opte systématiquement pour des récits courts, chaque épisode étant une sorte de "one-shot". Pourtant, l'auteur construit peu à peu un ensemble à tiroirs dont les intrigues finissent par former un tout, une sorte de mythologie interne, dont les fils se rejoignent.
Ce troisième tome marque en quelque sorte l'aboutissement de ce concept et s'impose comme une récompense pour le lecteur qui suit des aventures qui pouvaient jusqu'ici paraître un peu fades.
En effet, si Cooke avait choisi d'occulter volontairement la dimension surnaturelle de la création de Will Eisner pour verser dans le polar urbain plus ou moins naturaliste, il opère désormais un virage à cent quatre-vingt degrés en réintroduisant cette orientation fantastique. Et voilà que le "Spirit" doit affronter une armée de zombies réveillées par "El Morte", sont pire ennemi sorti d'outre-tombe !
Par ailleurs, le choix du second degré amusé qui enrobait les tomes précédents est également évacué au profit d'intrigues beaucoup plus sombres, dans la grande tradition du roman noir. Le dernier épisode est d'ailleurs une perle en forme d'hommage à l'âge d'or du film noir hollywoodien, enrobé d'un irrésistible charme vénéneux.

Au niveau de la mise en forme, l'art de Darwyn Cooke est désormais à son apogée et l'épisode intitulé "Le Jour des Morts" est un grand moment de mise en scène séquentielle, portée par des visuels saisissants, étonnants pour un dessinateur possédant un style plutôt cartonnesque au départ.
Le dessin de l'auteur possède toujours cette patine "rétro" qui participe si bien à l'hommage dédié au créateur de la série originelle. La construction de chaque récit est conceptuelle et le style des épisodes offre un mélange entre les pulps des années 30 et l'esthétique des années 50, avec ses pinups et son Amérique de carton-pâte. Cet aspect postmoderne, qui condense plusieurs époques pour n'en former aucune (les personnages utilisent des téléphones portables et les dialogues sont parfaitement modernes), trouve enfin une toile de fond appropriée et, si le début de la série n'avait pas été aussi fade, on se dit que l'ensemble valait finalement le détour et que l'on pencherait volontiers pour un ☆☆☆☆☆...
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Shining (mini-série)
Shining (mini-série)
DVD ~ Melvin Van Peebles
Proposé par BERSERK MEDIA
Prix : EUR 7,49

7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Pleins et déliés, 27 janvier 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Shining (mini-série) (DVD)
Stephen King écrit son roman "Shining" en 1977. C'est sa troisième publication et, avec le recul, on s'aperçoit qu'elle canalise déjà une grande partie de ses thèmes récurrents.
En 1979, le réalisateur Stanley Kubrick adapte le roman pour le succès que l'on sait.
En 1997, une nouvelle adaptation voit le jour sous la forme d'une mini-série en trois parties de 87 minutes réalisée par Mick Garris, un habitué des adaptations de l'écrivain (on lui doit notamment La Nuit déchirée, Le Fléau, Riding The Bullet, Desolation et Bag of Bones !). C'est de cette dernière adaptation qu'il s'agit ici.

Le pitch, tout le monde le connait : Une petite famille (le père, la mère et le tout jeune fils) s'installe pour l'hiver dans un grand hôtel de luxe qui n'est ouvert que l'été. Car Jack Torrance (le père), qui sort d'une douloureuse période d'alcoolisme, voit ainsi l'opportunité, en acceptant la maintenance de l'hôtel durant sa période hivernale de fermeture, de reconstruire sa vie auprès de ses proches. Jack projette également, en dehors de ses moments de travail de maintenance, de se mettre à l'écriture.
Jack est un homme de bonne volonté mais son tempérament colérique l'a jusqu'ici desservi. C'est le terreau sur lequel l'hôtel "Overlook", doté d'une conscience et habité par des esprits malveillants, va s'appuyer afin de le posséder. Mais l'esprit de l'hôtel convoite surtout "Danny", le fils de jack. Car Danny possède le "Shining" (le "don de lumière"), une faculté de médium extrêmement puissante, qui le rend sensible aux forces surnaturelles et lui permet de voir l'avenir. Si l'hôtel parvenait à tuer Danny et à intégrer son esprit au sien, il pourrait ainsi posséder ses pouvoirs...
En plein cœur de l'hiver et alors que l'hôtel est quasiment inaccessible en raison de la neige qui l'isole, Jack finit par devenir un danger pour sa famille...

Sur bien des points, l'aspect horrifique du roman originel n'est qu'un vernis derrière lequel l'écrivain dresse une éprouvante mais passionnante toile de fond sur la détérioration de la cellule familiale. La menace de l'alcoolisme, celle des déviances du quotidien comme la maltraitance de l'enfant due aux colères parentales, l'effritement des sentiments amoureux, la précarité financière et la perte de confiance s'imposent comme autant de thèmes qui traversent le récit et s'imposent comme des menaces au moins aussi palpables que celles des fantômes et autres esprits malfaisants qui hantent l'hôtel "Overlook". La bâtisse, qui isole la cellule familiale du reste du monde social et la confronte à elle-même, canalise ainsi toutes ces menaces et les exacerbe afin de déverser sa malveillance naturelle, comme une métaphore de cette détérioration.
King a imaginé un cadre édifiant pour illustrer cette descente aux enfers. Construit par un homme malfaisant et dont l'histoire est parsemée de tragédies, de suicides suspects et de meurtres atroces, l'hôtel a fini par tisser des liens malsains et surnaturels avec l'esprit de ses défunts clients, des mondains jouisseurs à la morale déviante. Ainsi, cette construction de l'homme devient le réceptacle de toutes ses malveillances inconscientes, qui se retournent contre les âmes égarées et se déchainent lorsque celles-ci sont isolées et en proie à leurs propres tourments.
L'écrivain reprendra ce dernier thème bien des années plus tard, lorsqu'il imaginera le scénario de la mini-série télévisée Rose Red diffusée en 2002.

Cette mini-série télévisée réalisée en 1997 ne doit pas être considérée comme un remake du film de Stanley Kubrick, mais plutôt comme une nouvelle adaptation voulue la plus fidèle possible par Stephen King lui-même, qui officie pour le coup entant que scénariste, producteur et superviseur à la mise en scène.
Si l'écrivain respectait la version de Kubrick pour ses qualités strictement cinématographiques, il ne cachait pas sa déception en termes d'adaptation. Il souhaitait depuis longtemps s'atteler à une nouvelle version, afin que ses propres thèmes soient bien présents et que toutes les scènes évacuées ou transformées par le réalisateur de 2001 : l'odyssée de l'espace soient restituées de manière fidèle et développées en harmonie avec sa propre vision du récit.
Le thème de la détérioration de la cellule familiale et la menace latente de l'alcoolisme (et donc deux des thèmes majeurs de l'écrivain) sont ainsi ramenés au premier plan, et de nombreux détails absents de la version de 1979, ou différemment exploités, sont cette fois repris scrupuleusement, l'ensemble étant rendu possible étant donné la très longue durée du téléfilm (plus de 4h15 !).

Si la forme télévisuelle de cette nouvelle adaptation joue forcément en sa défaveur, avec une mise en scène un peu froide et des effets spéciaux assez limités (et ce malgré un budget conséquent de 25 000 000 $), le résultat n'en est pas moins extrêmement réussi. A la base de cette réussite, il y a évidemment l'écriture généreuse de Stephen King, qui soigne comme à son habitude la caractérisation des personnages principaux, qui vibrent d'une humanité riche et complexe. Le personnage de Jack Torrance (quand bien même Steven Weber ne parvient pas à nous faire oublier Jack Nicholson) s'impose ainsi comme un individu aux multiples facettes, capable d'embrasser une multitude de sentiments ambivalents.
Les acteurs sont tous de solides artisans et le casting est dans l'ensemble très réussi, avec une magnifique interprétation de Rebecca de Mornay (la mère) et une présence habitée du tout jeune Courtland Mead (le fils). Pour le reste, les vétérans Melvin Van Peebles, Eliott Gould et Pat Hingle complètent ce casting de manière optimale.

Les spectateurs les moins impressionnables pourront toujours faire la fine bouche, mais le résultat est pour le moins prenant et angoissant. Et ces trois parties vous réservent de grands moments de terreur glaçante et viscérale, avec des instants bucoliques et envoûtants traversés de fulgurances tétanisantes (le sommet étant évidemment atteint à l'intérieur de la "Chambre 217").
La mini-série avance ainsi inexorablement vers une descente aux enfers qui met à rude épreuve les nerfs et la résistance du spectateur, qui assiste à la destruction de la famille "Torrance" comme s'il en faisait partie, vivant ses tragiques et épouvantables événements de l'intérieur, isolé avec elle au milieu des neiges angoissantes et infranchissables du Colorado.
La peur va et vient au rythme des séquences et, paradoxalement, s'intensifie lorsqu'il ne se passe rien. Je m'explique : Si les apparitions des esprits de l'hôtel ne sont pas effrayantes (à l'exception de la femme de la "Chambre 217" et de quelques fantômes masqués), toutes les scènes où la menace est hors champ sont quasi-insoutenables. Et c'est dans ces moments d'attente interminable, lorsque l'on se demande ce qu'il va se passer au son d'une musique angoissante au plus haut point, que le cœur se met à battre avec d'autant plus d'empressement...
Le film est ainsi extrêmement bien rythmé et équilibré, et l'on suit ces quatre heure quinze avec une addiction sans faille.
Certainement l'une des adaptations des romans de Stephen King parmi les plus réussies.
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Shadowland: Daredevil
Shadowland: Daredevil
par Andy Diggle
Edition : Broché
Prix : EUR 14,36

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Maximum carnage, 26 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Shadowland: Daredevil (Broché)
En 2010, chez Marvel Comics, il y a deux gros "events" (événements-crossover avec moult héros en slip) : D'un côté, Siege, qui regroupe les plus grands et plus puissants super-héros Marvel. De l'autre, Shadowland, qui réunit tous les héros "urbains" du même univers (Daredevil, Spiderman, Iron Fist, Luke Cage, Moon Knight, Ghost Rider, etc.). Soit deux événements qui marquent la fin du Dark Reign.

Mais "Shadowland", c'est surtout l'aboutissement de la série "Daredevil", qui s'apprête à changer d'orientation éditoriale. En effet, après avoir été l'une des séries Marvel les plus sombres, réalistes et tourmentées réalisées depuis bien des années, les responsables de la "Maison des idées" ont décidé de revenir à quelque chose de plus léger et plus directement ouvert sur un esprit "super-héroïque". "Shadowland" sert ainsi de transition entre ces deux périodes distinctes...
Quoiqu'il en soit, "Shadowland" fait tout de même office de crossover et implique diverses publications de manière simultanée. En France, l'intégralité de la saga a été publiée dans pas moins de quatre recueils distincts. La mini-série principale, intitulée "Shadowland", a été publiée dans le magazine Marvel Heroes Extra N°7. Trois mini-séries satellites ont été regroupées dans Shadowland : Rues de sang ; Moon knight ; Power man. Quatre one-shot dédiés respectivement à "Spiderman", "Bullseye", "Elektra" et "Ghost Rider" ont été réunis dans le magazine Marvel Universe Hs N°10. Quant aux épisodes dédiés à "Daredevil", qui sont regroupés dans le présent recueil, ils ont été publiés dans Daredevil, Tome 22 : Shadowland...

Par rapport à la mini-série principale, ces épisodes connexes développent moins la trame principale (qui peut se résumer à une série de bastons) et davantage les retombées sur l'entourage civil de Matt Murdock, c'est-à-dire "Foggy Nelson", "Dakota North" et "Becky Blake", ainsi que la police de Hell's Kitchen et le "Lieutenant Kurtz". Il s'agit ainsi d'un complément aux événements de "Shadowland", mais qui sont tout de même intrinsèquement liés au récit principal puisque, dans l'absolu, les scénaristes Andy Diggle & Anthony Johnston ont écrit les épisodes "Daredevil #508 à 512" (et donc les épisodes ici présents), afin qu'ils soient lus de manière intermittente avec ceux de la mini-série "Shadowland". Ainsi, si vous suivez bien, il s'agit de commencer par le premier épisode de "Shadowland", d'enchainer sur l'épisode "Daredevil #508", puis sur le second épisode de "Shadowland", puis sur l'épisode "Daredevil #509", et ainsi de suite pour un total de onze épisodes, avant de passer à la mini-série épilogue intitulée Daredevil: Reborn, qui fait office de transition avec la nouvelle orientation de la série et le run du scénariste suivant (Mark Waid)...

Pour autant, il ne se passe pas grand chose d'extraordinaire dans ces épisodes #508 à 512 et l'on se dit, avec le recul, que les scénaristes se sont contentés de donner une impression de densité plutôt factice, sans véritablement chercher à raconter quelque chose de particulièrement important ni même inspiré.
L'ensemble est un peu rehaussé par les planches absolument somptueuses de l'équipe artistique. Mais quel gâchis ! Car les dessinateurs Marco Checchetto & Roberto De La Torre (qui illustrent respectivement un épisode sur deux) et les coloristes Matt Hollingsworth & Morry Hollowell nous ont concocté des visuels extraordinaires, dans la lignée de ceux d'Alex Maleev et Michael Lark (les dessinateurs des runs précédents), peut-être encore plus parfaits et immersifs. Leur technique faite de mélanges divers entre photographies, infographie et dessins, est ainsi mille fois supérieure à celle du très classique Billy Tan, qui illustre la mini-série principale !
Et puis, si l'on y réfléchit, voilà un parti-pris artistique qui ne correspond pas vraiment avec la nouvelle orientation ouvertement super-héroïque et fantaisiste de la série.
A l'arrivée, ce recueil est l'un des moins bons de la collection au niveau du scénario. Il achève une série d'épisodes qui auront commencé avec Daredevil : Lady Bullseye. Probablement l'une des moins bonnes de toute la carrière de notre justicier aveugle...
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HULK T01 : QUI EST LE HULK ROUGE ?
HULK T01 : QUI EST LE HULK ROUGE ?
par Jeph Loeb
Edition : Album
Prix : EUR 29,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Hulk voit rouge, 25 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : HULK T01 : QUI EST LE HULK ROUGE ? (Album)
Ce recueil regroupe les neuf premiers épisodes du run de Jeff Loeb sur la série "L'Incroyable Hulk", réalisés en 2008 avec le dessinateur Ed Mc Guiness. Art Adams et Frank Cho le relayent néanmoins sur les épisodes 7 à 9.

Il parait que lors de leur sortie, les lecteurs se sont passionnés pour ces épisodes avec comme intérêt principal la question suivante : "Qui est Hulk Rouge ?". Effectivement, le scénariste Jeff Loeb joue sur le mystère de l'identité de ce nouveau venu dans l'univers des super-héros Marvel. Et d'ailleurs, personne ne sait encore qui il est à l'issue de ce premier tome (sur trois) de la collection deluxe dédiée à la série.

Je suis désolé de le dire, mais bien que j'adore Jeff Loeb (Les héros Marvel, Batman : Un Long Halloween), ce premier recueil m'est tombé des mains. Je me suis efforcé de le lire jusqu'à la fin, mais ce n'est franchement pas une réussite.
D'une manière décomplexée, Loeb a abordé cette série en axant l'essentiel de son scénario sur les scènes de baston. En inventant ce double de Hulk en rouge, il a ainsi assuré le résultat en termes de combats et n'a pas hésité un seul instant à convoquer dans la mêlée tous les super-héros les plus puissants de l'univers Marvel, comme "Thor", "Ares", "Sentry" ou "Iron man", les ennemis habituels de Hulk comme le "Wendigo", allant même jusqu'à en inventer de nouveaux (Rick Jones devenant "A-Bomb", un double de "l'Abomination").

J'ai touché le fond avec les épisodes #7 à 9, illustrés en alternance par Art Adams et Frank Cho. Arrivé à ce stade, Loeb préfère s'amuser et verser dans le délire que réaliser un véritable scénario. Il imagine ainsi davantage une grosse farce qui tâche plutôt qu'une histoire, n'hésitant pas à tomber dans le loufoque au détriment de toute cohérence (Bruce Banner qui se transforme respectivement en "Joe Fixit" -le Hulk gris-, en Hulk vert puis en "Wendihulk" !). Quant à l'affrontement entre le Hulk rouge et toutes les super-héroïnes en string, il ne s'agit que d'un prétexte à mettre en scène une série de planches aux allusions salaces.
L'ensemble est tout simplement vulgaire. Et le lectorat visé n'est certainement pas le même que lorsque ce brillant scénariste écrit Spider-Man : Bleu ou Batman : Amère victoire. En revanche, on peut associer ce travail à celui d'Ultimatum, réalisé quelques années plus tôt...

Excepté le mystère qui entoure l'identité de ce nouveau "Hulk", le scénario est d'un simplisme confondant de nullité et d'idiotie. Tous les personnages qui convergent vers l'action le font gratuitement et de manière fortuite, uniquement pour assurer le spectacle. Et le lecteur est invité au match comme on est invité à un match de catch, face à un scénario prétexte entièrement bidon et puéril.
L'ensemble est donc convenu, grossier et proprement décérébré. Et cette série n'est réservée qu'à un certain type de lectorat : Les gros bourrins qui ne cherchent qu'à voir des super-héros Marvel qui se bastonnent, d'abord. Les complétistes et autres accrocs à la continuité qui veulent absolument connaitre les origines du Hulk rouge (que l'on appelle désormais "Rulk" !), ensuite. Et pour terminer, les lecteurs bon-enfant qui cherchent à se distraire et qui prendront l'ensemble au second degré en appréciant les vignettes king-size d'Ed Mc Guiness, les beaux dessins d'Art Adams et les jolies nanas de Frank Cho (mes deux étoiles sont là pour ça).

Et dire que j'avais toujours voulu lire ces épisodes ! La seule chose qui pourrait me donner envie de continuer l'aventure, c'est évidemment le suspense qui entoure l'identité secrète de "Rulk" et la résolution de ce mystère (qui n'en est d'ailleurs plus un aujourd'hui). Mais non, décidément, c'est beaucoup trop mauvais pour que je m'acharne...
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