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Tornado (Provence Côte d'Azur)
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Le Prestige [Blu-ray]
Le Prestige [Blu-ray]
DVD ~ Hugh Jackman
Prix : EUR 14,99

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Abracadabra, 15 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Prestige [Blu-ray] (Blu-ray)
En 2006, Christopher Nolan réalise son huitième film : "Le Prestige", d'après le roman éponyme de Christopher Priest.
C'est l'histoire de deux magiciens qui, dans l'Angleterre de la fin du XIX° siècle, s'opposent une rivalité farouche, tragique et destructrice. Les deux hommes se disputent le "Prestige", le troisième acte du spectacle de magie, qui consiste à faire revenir la chose qui vient de disparaitre...

Su la forme, le film est une prouesse cinématographique qui atteint une rare perfection dans l'élaboration de sa structure narrative. Construit sur le principe des trois actes exposés au tout début du récit (1) "la promesse, 2) le tour et 3) le prestige"), le scénario se développe ainsi comme les phases d'un tour de magie, le retournement final en étant le dénouement, et donc le "Prestige" ! Mais la narration n'est pas linéaire, ce qui implique que le spectateur suit les événements dans le désordre, recollant peu à peu les pièces du puzzle jusqu'au fantastique point d'orgue final. Un peu déroutant au départ, l'ensemble devient rapidement addictif et les différentes séquences s'enchainent avec une étonnante fluidité, le tout enrobé d'une splendide reconstitution du Londres victorien dans le plus pur esprit "steampunk" !
Bref, un sacré tour de force et... de magie !

Dans le fond, le script développe également une passionnante toile de fond qui destine "Le Prestige" à mériter de multiples visionnages, ce qui n'est pas le cas de la plus-part des films à "twist" (retournement final remettant en questions les certitudes du spectateur quant à la logique du récit), qui ne survivent que rarement à leur première diffusion une fois la fin éventée.
En effet, la mise en abîme opérée par les divers niveaux de lecture dissimulés sous les strates du récit est passionnante. Le spectateur peut ainsi y approfondir les innombrables échos et autres associations entre la fiction et le réel, la magie et la science, les faits historiques et les délires de l'imagination. La rivalité fictive entre les deux magiciens est ainsi mise en parallèle avec celle bien réelle qui existait alors entre les scientifiques Nikola Tesla et Thomas Edison, tandis que Christopher Nolan ne cesse d'entrelacer les rouages de la magie au sens traditionnel du terme, avec celle du cinéma qui, depuis les merveilleux trucages de Georges Méliès, n'a cessé de dépasser ses limites...

Le casting est également somptueux, qui oppose Hugh Jackman à Christian Bale, tous deux épaulés par le grand Michael Cane et la toujours aussi charismatique Scarlett Johansson. A noter, également, la présence de David Bowie dans le rôle de Nikola Tesla et celle d'Andy Serkis dans le rôle de son assistant !
Si Christopher Nolan est aujourd'hui considéré comme un réalisateur brillant mais souvent prétentieux car trop "auteurisant", il est néanmoins inutile d'essayer de nier que "Le Prestige" est un très grand film et une réussite exceptionnelle dans l'optique de lier artistiquement le fond et la forme...
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 15, 2014 8:12 PM CET


Spider-man: Spirits of the Earth
Spider-man: Spirits of the Earth
par Charles Vess
Edition : Relié

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Terre à terre, 14 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Spider-man: Spirits of the Earth (Relié)
"Spiderman : Spirits of the Earth" est un graphic-novel entièrement réalisé par l'illustrateur Charles Vess. Publié en 1990, il est le fruit de deux années de travail pour l'artiste, notamment connu pour son travail sur la série Sandman de Neil Gaiman, qui effectue ici l'écriture, le dessin et la mise en couleur.

Ce projet est né dans l'esprit de Charles Vess de sa passion pour l'Ecosse et de son attachement au personnage de "Spiderman", qui avait bercé son adolescence. L'idée consistait alors à confronter un super-héros habitué des gratte-ciels new-yorkais à la cambrousse des Highlands, aboutissant au final à un choc des cultures et un résultat anachronique. Et c'est ainsi que le récent mariage entre Peter Parker & Mary-Jane (l'un des grands événements de l'actualité éditoriale de l'époque consacrée !) offrait l'alibi parfait pour envoyer nos deux amoureux en voyage de noces dans les coins les plus reculés du vieux continent...
Le postulat est donc séduisant, et Charles Vess va se lancer dans l'aventure avec une certaine ambition en embrassant à fond le folklore celte de la vieille Ecosse, peuplée de fantômes, lutins et autres créatures féériques.

D'un point de vue pictural, le résultat est inégal mais souvent très beau. S'il n'est pas très à l'aise dans les scènes les plus intimes et les plus domestiques, l'artiste parvient à nous offrir des visuels saisissants dès qu'il s'agit de donner dans le surnaturel et les paysages fantasmés de ces Highlands dominés par les manifestations magiques (ah ! ces magnifiques planches autour du vieux château en ruine, faisant office de building pour notre "monte en l'air" !). Et c'est lors des scènes nocturnes les plus ouvertement tournées vers l'épouvante que Vess se montre au faîte de son art, alors que les ombres menaçantes des anciennes ruines séculaires s’étendent sur la lande, et que les esprits frappeurs s’éveillent sous le tonnerre et les brumes des vieilles collines écossaises balayées par le vent...

En revanche, Monsieur Vess ne possède pas vraiment les moyens de ses ambitions au niveau du scénario et l'ensemble souffre d'une narration old-school laborieuse, à base de récit Grand-Guignol parsemé de naïvetés et autres grosses ficelles enfantines, le tout noyé de bulles de pensée indigestes et d'un sens du dialogue plutôt lourdingue. Oh ! J'imagine que les amateurs de comics enfantins vont détester ces dernières lignes, mais franchement cette histoire souffre de son manque de profondeur et de l'amateurisme de son écriture, beaucoup trop superficielle.
Si la première partie de l'intrigue demeure néanmoins séduisante de par ses promesses de visiter le folklore écossais, la seconde vient tout gâcher avec une orientation soudaine vers une dimension science-fictionnelle factice, inutile, ridicule et trop grosse pour être vraie, avec une tentative vaine et capilo-tractée de raccrocher le tout à la continuité de l'univers Marvel...

Bref, ce "Spirits of the Earth" reste un beau livre d'images, un conte pour enfants séduisant par son côté visuel. Mais vu avec les yeux d'un adulte, il vaut mieux faire abstraction de la qualité réelle du scénario.
Il faudra alors se contenter de ces dessins envoûtants, quelque part entre Bernie Wrightson et Arthur Rackham
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 14, 2014 1:12 PM CET


TOP BD N° 23: spiderman. Esprit de la terre
TOP BD N° 23: spiderman. Esprit de la terre

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Terre à terre, 14 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : TOP BD N° 23: spiderman. Esprit de la terre (Broché)
"Spiderman : Esprit de la terre" est un graphic-novel entièrement réalisé par l'illustrateur Charles Vess. Publié en 1990, "Spirits of the Earth" (titre VO) est le fruit de deux années de travail pour l'artiste, notamment connu pour son travail sur la série Sandman de Neil Gaiman, qui effectue ici l'écriture, le dessin et la mise en couleur.

Ce projet est né dans l'esprit de Charles Vess de sa passion pour l'Ecosse et de son attachement au personnage de "Spiderman", qui avait bercé son adolescence. L'idée consistait alors à confronter un super-héros habitué des gratte-ciels new-yorkais à la cambrousse des Highlands, aboutissant au final à un choc des cultures et un résultat anachronique. Et c'est ainsi que le récent mariage entre Peter Parker & Mary-Jane (l'un des grands événements de l'actualité éditoriale de l'époque consacrée !) offrait l'alibi parfait pour envoyer nos deux amoureux en voyage de noces dans les coins les plus reculés du vieux continent...
Le postulat est donc séduisant, et Charles Vess va se lancer dans l'aventure avec une certaine ambition en embrassant à fond le folklore celte de la vieille Ecosse, peuplée de fantômes, lutins et autres créatures féériques.

D'un point de vue pictural, le résultat est inégal mais souvent très beau. S'il n'est pas très à l'aise dans les scènes les plus intimes et les plus domestiques, l'artiste parvient à nous offrir des visuels saisissants dès qu'il s'agit de donner dans le surnaturel et les paysages fantasmés de ces Highlands dominés par les manifestations magiques (ah ! ces magnifiques planches autour du vieux château en ruine, faisant office de building pour notre "monte en l'air" !). Et c'est lors des scènes nocturnes les plus ouvertement tournées vers l'épouvante que Vess se montre au faîte de son art, alors que les ombres menaçantes des anciennes ruines séculaires s’étendent sur la lande, et que les esprits frappeurs s’éveillent sous le tonnerre et les brumes des vieilles collines écossaises balayées par le vent...

En revanche, Monsieur Vess ne possède pas vraiment les moyens de ses ambitions au niveau du scénario et l'ensemble souffre d'une narration old-school laborieuse, à base de récit Grand-Guignol parsemé de naïvetés et autres grosses ficelles enfantines, le tout noyé de bulles de pensée indigestes et d'un sens du dialogue plutôt lourdingue. Oh ! J'imagine que les amateurs de comics enfantins vont détester ces dernières lignes, mais franchement cette histoire souffre de son manque de profondeur et de l'amateurisme de son écriture, beaucoup trop superficielle.
Si la première partie de l'intrigue demeure néanmoins séduisante de par ses promesses de visiter le folklore écossais, la seconde vient tout gâcher avec une orientation soudaine vers une dimension science-fictionnelle factice, inutile, ridicule et trop grosse pour être vraie, avec une tentative vaine et capilo-tractée de raccrocher le tout à la continuité de l'univers Marvel...

Bref, ce "Spirits of the Earth" reste un beau livre d'images, un conte pour enfants séduisant par son côté visuel. Mais vu avec les yeux d'un adulte, il vaut mieux faire abstraction de la qualité réelle du scénario.
Il faudra alors se contenter de ces dessins envoûtants, quelque part entre Bernie Wrightson et Arthur Rackham
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 30, 2014 1:35 PM CET


Les Tommyknockers
Les Tommyknockers
DVD ~ Jimmy Smits

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 "IT" came from outer space !, 13 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Tommyknockers (DVD)
"Les Tommyknockers" est à l'origine un roman d'horreur écrit par Stephen King en 1987. En 1993, un téléfilm en deux parties est mis en chantier par le réalisateur John Power, d'une durée totale de près de trois heures.

Le synopsis : Jim Gardner vit dans le Maine, près d'une vieille forêt, avec sa compagne "Bobby" et leur chien "Peter". Bobby est écrivain. Jim est un poète qui n'a plus rien écrit depuis longtemps, et un ancien alcoolique. Il a eu un accident il y a bien des années, qui lui a valu une plaque de métal greffée sur le haut du crâne.
Un beau jour, Bobby se promène dans les bois et trébuche sur un morceau de métal qui dépasse du sol. En essayant de le déterrer, elle s'aperçoit qu'il s'agit du sommet d'une vaste structure inconnue et enfouie depuis des lustres. Rapidement, il s'avère qu'au contact de ce métal mystérieux, Bobby commence à acquérir des facultés incroyables, de même que tous les habitants du village voisin dès que ces derniers pénètrent aussi dans la forêt.
D'abord merveilleux, ces dons deviennent peu à peu une sorte de malédiction, sauf pour Jim, que sa plaque métallique protège de la mystérieuse source de pouvoir...

Outre qu'il plaira certainement aux fans de Stephen King, ce très bon téléfilm comblera également les admirateurs d'une autre adaptation de l'écrivain : Ça. Car pour ceux qui ont grandi et frissonné avec le téléfilm fleuve (et son clown maléfique) réalisé trois ans plus tôt par Tommy Lee Wallace, "Les Tommyknockers" joue la prolongation en reprenant un certain nombre d'éléments formels identiques : Long métrage de trois heures diffusé à l'origine sous la forme d'un téléfilm en deux parties, même genre d'ambiance inquiétante qui évoque parfois celle de Twin Peaks, une direction d'acteurs similaire, une musique et des effets spéciaux surannés parfaitement inféodés au style de l'époque, etc. A l'arrivée, le spectateur se retrouve plongé dans une atmosphère très proche de celle de "Ça"...

Pour le reste, le récit retransmet parfaitement tous les thèmes que Stephen King recycle constamment dans son œuvre (ce qui n'est nullement un reproche), comme l'enfance et la séparation entre le monde des adultes et celui des enfants, les relations entre la littérature et le réel (l'écrivain donnant corps à ses fictions par le pouvoir de l'écriture), le problème des addictions (Stephen King sortait alors d'une longue et pénible période d'alcoolisme et autres dépendances), le charme vénéneux de la région du Maine, les dissonances au sein de la cellule familiale, la critique sociale par le biais de la vie dans les petites villes, etc.
"Les Tommyknockers" est également une œuvre-somme de son écrivain puisqu'elle entretient de nombreuses liaisons avec d'autres romans (et adaptations), en particulier "Ça" et Le Bazaar de l'épouvante (le mal qui s'immisce dans le quotidien d'une bourgade), Simetierre (la forêt comme métaphore de la peur de l'inconnu), Dreamcatcher, l'attrape-rêves (la science-fiction et les extraterrestres !), Les Langoliers (le mal incarné dans un comptine pour enfants), etc.
Mais ce qui reste le plus savoureux dans "Les Tommyknockers", c'est encore cette parabole sous-jacente qui dénonce la fragilité de l'équilibre social américain, où les aspects négatifs de la nature humaine en général sont exacerbés face à la moindre perturbation surnaturelle...
Bref, un excellent divertissement, intelligent, envoûtant et fascinant, et ce malgré ses aspects kitsch et surannés !
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 13, 2014 5:12 PM CET


Robin Année Un
Robin Année Un
par Bruce Canwell
Edition : Album
Prix : EUR 22,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 A l'ombre des plus grands, 10 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Robin Année Un (Album)
Ce gros pavé de plus de 250 pages réunit deux récits distincts mais qui possèdent bien des points communs. Ils reviennent tous les deux dans le passé du personnage de "Robin" et mettent en lumière ses premiers pas dans l'ombre de Batman, son mentor et père adoptif.
Ils ont été publiés à peu-près à la même époque et constituent une suite parfaite au superbe Batman Amère Victoire, récit lui-même conçu, avec Batman Un Long Halloween, comme une suite directe au mythique Batman Année Un de Frank Miller et David Mazzucchelli...

1) L'épreuve de Force ("The Gauntlet") : Scénario Bruce Canwell et dessin de Lee Weeks. Publié initialement en 1999 (43 pages).

Après plusieurs mois d'un entrainement drastique, Robin est prêt pour partir au combat auprès de son mentor. Batman décide alors de le mettre à l'épreuve : Robin devra le semer au cœur de Gotham City. Le "jeune prodige" réussira-t-il à relever le défi ? D'autant qu'il va rapidement tomber sur le règlement de comptes d'un groupe de maffieux dirigés par "Joe Minette", le nouveau caïd du coin...
Ce premier récit est excellent ! Canwell et Weeks décident de rendre hommage à "Batman Année Un" en reprenant au détail près le style narratif développé alors par Miller & Mazzucchelli. C'est ainsi que le très bon Lee Weeks réalise un travail très proche graphiquement, parvenant à reprendre le même type d'approche quant au découpage, à l'atmosphère et la tonalité picturale (sobre, ciselée et baignée de clairs-obscurs). Et c'est ainsi que Bruce Canwell épouse également l'écriture de Miller, réintroduisant le principe des soliloques (les monologues intérieurs des personnages principaux), encadrés dans des couleurs respectives.
Cette première aventure de "Robin" se lit d'une traite, dans un exercice de style classieux et raffiné.
Le dessin de Lee Weeks, un vétéran habitué au personnage de Spiderman, est un régal de simplicité et de précision.

2) Robin : Année Un : Scénario de Scott Beatty & Chuck Dixon, dessin de Javier Pulido. Publié initialement entre 2000 et 2001 (quatre épisodes d'une quarantaine de pages chacun).

A la fois étudiant et coéquipier de l'Homme chauve-souris, Robin fait ses premières armes au combat dès la nuit venue. Si au départ tout fonctionne à merveille, il va soudain être confronté à la terrible réalité du terrain. Il va en effet rencontrer "Double-face", le premier véritable psychopathe qu'il va devoir affronter. Le traumatisme sera terrible, au point de remettre en question la légitimité de sa présence auprès de Batman...
Ce second récit est développé de manière à constituer une suite directe de "L'épreuve de Force". Cette fois, les auteurs vont davantage lorgner du côté du diptyque "Un Long Halloween" et "Amère Victoire" afin de développer l'atmosphère générale ainsi que leur style narratif.
Beatty et Dixon font des merveilles avec leur script et embrassent cette relecture des jeunes années du héros avec une justesse et une maturité admirable. A maintes reprises, les deux scénaristes s'évertuent à gommer ou à justifier toutes les naïvetés véhiculées jadis par les aventures de Batman au cours du "Golden" et du "Silver Âge" (d'une manière différente de celle d'Alan Moore dans son entreprise de déconstruction et de reconstruction des héros surannés) ! Avec finesse, les auteurs réussissent à justifier toutes les incohérences qui pouvaient jusqu'ici naître de cette alliance improbable entre un adulte déguisé en chauve-souris et un petit garçon combattant des fous criminels à ses côtés. Grâce à une remarquable analyse psychologique, à une caractérisation optimale du quatuor de personnages principaux (Bruce Wayne, Dick Grayson, Alfred et le Capitaine Gordon), tous les événements deviennent naturels, cohérents, justifiables. C'est ainsi que chaque protagoniste est sans cesse confronté aux doutes et aux remords, évacuant le postulat ridicule qui voulait jusqu'ici qu'un jeune garçon de douze ans fut balancé la nuit dans la rue face à divers épouvantables criminels, le tout avec un sourire !
Qui plus-est, le récit est en lui-même rondement mené et l'on évite les clichés habituels, chaque retournement de situation et chaque dénouement évitant les grosses ficelles trop pratiques.
Une vraie réussite !

Le dessin de Javier Pulido m'a régulièrement déconcerté, sans que je n'arrive jamais à le dénigrer. Sans cesse à cheval entre le simplisme et l'épure, entre la maladresse et l'élégance, entre le bâclage et la justesse, il aura réussi à faire preuve d'un équilibre assez surprenant !
Dans l'ensemble, ces auteurs sont pour moi en dessous de leurs modèles (Jeff Loeb & Tim Sale), mais ils réalisent néanmoins un travail formidable, adulte et raffiné. Décidément, j'adore Monsieur Dixon (qui multiplie ici les clins d'œil à la série "Robin", dont il a écrit les cent premiers numéros !), car il ne m'a jamais déçu !

Ce recueil est une aubaine pour les lecteurs qui préfèrent lire ce genre de relecture des origines des personnages, plutôt que de relire les anciens comics à la narration trop naïve et enfantine (il en faut pour tout le monde !). Dans le genre (j'ai pensé à maintes reprise à Captain America & Bucky par Ed Brubaker & Chris Samnee), on tient là le haut de gamme !
Nul doute que je vais me précipiter, en février 2015, sur la sortie de Batgirl année un, réalisé par les mêmes auteurs !
☆☆☆☆ et demi pour le tout !
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 15, 2014 7:19 PM CET


Spirit, Tome 1 : Résurrection
Spirit, Tome 1 : Résurrection
par Darwyn Cooke
Edition : Album

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Etat d'esprit, 6 décembre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Spirit, Tome 1 : Résurrection (Album)
En 2007, Darwyn Cooke, fort de son succès sur la magnifique mini-série La Nouvelle Frontière, s'attaque au Spirit, le comic-book culte de Will Eisner !
Pour se mettre en route, il réalise un premier one-shot sous la forme d'un crossover avec Batman, épaulé par le scénariste Jeff Loeb, avant de se lancer tout seul dans une série régulière entièrement dédiée au "Spirit" !

Jeff Loeb & Darwyn Cooke ! Cette réunion d'auteurs me faisait grandement de l'œil avec cette couverture iconique confrontant le justicier bleu avec l'Homme chauve-souris. Si Cooke m'avait fortement impressionné avec sa "Nouvelle Frontière" et avec son Before Watchmen Minutemen, Loeb m'avait enchanté avec ses splendides récits sur Batman, en compagnie de son dessinateur complice Tim Sale (Batman Un Long Halloween, Batman Amère Victoire, Batman Des Ombres dans La Nuit). J'avançais donc en toute confiance, d'autant que je n'avais jamais rien lu des comics de Will Eisner et que ce personnage du "Spirit", un super-héros très "pulp", m'intriguait au plus haut point !

La première déception s'est jouée au niveau du scénario écrit par Jeff Loeb pour le crossover avec Batman. Abandonnant le premier degré émotionnel de ses récits dédiés au super-héros de Gotham City, Loeb joue ici la carte du second degré et du cartoon rétro.
Les super-vilains de Gotham ont investi Central-City (la cité du "Spirit") et ont parti-lié avec ses propres vilains (dont le pire est un certain "Octopus", un maître du crime psychopathe dont on ne voit jamais que les gants) afin de participer à une "convention du crime organisé". Batman & Robin arrivent et font équipe avec le "Spirit", qui croyait jusqu'ici que ces personnages faisaient partie d'un mythe urbain !
A maintes reprises, les auteurs en profitent pour faire ressortir les nombreux points communs qui existent entre les deux personnages (justiciers masqués évoluant dans une ville bien à eux, avec leurs super-vilains récurrents et leur alliance avec le chef de la police), ainsi que leur différence (l'un sourit, l'autre pas...).
Le postulat est amusant mais le récit demeure très superficiel puisque l'ensemble est abordé à la manière d'un cartoon léger et humoristique.

C'est ensuite que la série dédiée au "Spirit" commence vraiment. Darwyn Cooke est désormais seul aux commandes et opte pour des récits courts, chaque épisode étant une sorte de "one-shot". Par la suite, le lecteur prend conscience que l'auteur construit peu à peu un ensemble à tiroirs dont les intrigues finissent par former un tout, une sorte de mythologie interne, dont les fils se rejoignent.
Je n'ai jamais rien lu de la série créée par Will Eisner mais il me semble que ce dernier imaginait des intrigues basées sur des enquêtes mystérieuses et des phénomènes paranormaux. Cooke évacue complètement cette dimension et choisit de ne garder que celle du polar urbain plus ou moins réaliste. C'est dommage car les intrigues se développent ainsi avec une certaine froideur, pour ne pas dire "fadeur".
L'ensemble est très bien écrit et découpé, dynamique et bondissant. Le dessin orienté cartoon de l'auteur possède toujours cette patine "rétro" qui participe si bien à l'hommage dédié au créateur de la série originelle. Mais pour le reste, j'ai trouvé que cette lecture manquait de piquant et d'état d'esprit, et qu'elle n'était finalement pas assez connotée !
Il est certain que Cooke pratique ici l'exercice de style et que son approche de la série est extrêmement conceptuelle. Car Will Eisner est aujourd'hui considéré comme un grand maître de la bande-dessinée et comme l'inventeur de "l'art séquentiel", apportant aux récits les plus courts une densité narrative extrême. Si le lecteur saisit l'expérience de ce point de vue, il pourra en ressortir rassasié et choisir de cliquer sur 4 étoiles. Mais s'il est simplement venu déguster un récit pour son contenu littéraire, il pourra trouver l'aventure plutôt banale et choisir finalement 3 étoiles...

Pour autant, Darwyn Cooke s'évertue à dépoussiérer le mythe et pare ses personnages d'une belle épaisseur. Pratiquant le flashback de manière chronique, il jalonne ses épisodes de souvenirs fédérateurs qui fortifient peu à peu l'attachement du lecteur à ses personnages. Il reste à voir si la suite de la série tiendra ses promesses...
Soit les épisodes "Batman/The Spirit : Crime Convention" et "The Spirit" #1 à 4, publiés initialement en 2007.
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Spider-Man's Tangled Web
Spider-Man's Tangled Web
par Zeb Wells
Edition : Broché
Prix : EUR 15,93

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Du rire aux larmes, 1 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Spider-Man's Tangled Web (Broché)
Ce troisième tome de la série "Spider-Man's Tangled Web" fait suite à Spider-Man's Tangled Web - Volume 1 et Spider-Man's Tangled Web - Volume 2. Chaque tome peut néanmoins être lu indépendamment des autres, car il s'agit d'une série de récits autonomes.

En 2001, Marvel lance une petite série dédiée à Spiderman en marge des deux séries principales ("Amazing" et "Peter Parker"). Nommée "Spiderman’s Tangle Web", cette série propose à des auteurs de comics renommés qui n'ont pas l'habitude d'écrire sur le personnage de raconter ce qu'ils ont envie sur l'univers du "Tisseur de toiles", avec tout de même une consigne particulière : Mettre l'accent sur la caractérisation des super-vilains davantage que Spiderman lui-même, puisqu'il existe déjà deux autres séries qui développent le personnage. Ils mettent ainsi en scène un ou plusieurs personnages côtoyant de près ou de loin l'univers de Spiderman. Certains sont connus, d'autres pas. Certains sont bel et bien des vilains, mais d'autres sont de simples petites gens.

Plusieurs scénaristes de premier plan vont donc se succéder, offrant de petites histoires se déroulant sur un, deux ou trois épisodes maximum. Le résultat est tout simplement jouissif, tant les auteurs en question sont libres de nous livrer des récits inédits, introspectifs et plus matures que d'ordinaire.
Néanmoins, la série va se révéler plus irrégulière à partir de la seconde moitié (à partir de ce recueil), précisément à cause du choix des auteurs. Le niveau artistique va ainsi aller en déclinant, puisque certains des scénaristes suivants font davantage partie des artisans mineurs de l’industrie du comic-book.
Ce troisième recueil (sur quatre) regroupe les épisodes #12 à 17.
- #12 : Scénario Zeb Wells. Dessin Duncan Fegredo.
- #13 : Scénario Ron Zimmerman. Dessin Sean Phillips.
- #14 : Scénario Brian Azzarello. Dessin Giuseppe Camuncolli.
- #15 : Scénario et dessin Paul Pope.
- #16 & 17 : Scénario Daniel Way. Dessin Leandro Fernandez. Je n'ai pas lu ces deux épisodes.

- I Was A Teenage Frog-Man (Spider-Man's Tangled Web #12) : ☆☆☆☆

Le scénariste Zeb Wells fait son entrée chez Marvel avec ce one-shot irrésistible autour de la figure de Frogman, sans doute le super-vilain le plus grotesque du déjà fantastique bestiaire qui compose le rang des ennemis de Spiderman !
Wells focalise sur cette figure improbable de l’univers Marvel mais parvient à contourner tous les éléments qui auraient pu faire basculer son récit dans le ridicule en s’intéressant avant tout au fils du vilain, et à toutes les répercussions que peut engendrer les agissements d’un criminel sur sa descendance !
Pour autant, cet épisode ne manque pas d’esprit, d’humour et de sensibilité et l’on s’attache immédiatement à ces personnages de l’ombre. Excellent !
Au dessin, Duncan Fegredo assure avec son style réaliste et expressif.
A noter que le titre est un hommage aux vieux films d’horreur un peu désuets des années 50, qui s’amusaient à rajeunir les vieilles figures du fantastique (I Was A Teenage Werewolf et "I Was a Teenage Frankenstein" en tête !). Normal, étant donné que Zeb Wells s’était fait connaitre entant que cinéaste pour ses court-métrages qui parodiaient les super-héros, avant d’être repéré par Marvel…

- Double Shots (Spider-Man's Tangled Web #13) : ☆☆☆

Le "No-Name Bar" accueille tous les super-vilains de new-York. Ils vont s’y détendre entre deux mauvais coups et picolent en costume de vilain…
Ce soir, quelques membres des "Sinister Six" se retrouvent autour d’une table et commandent double-whisky sur double-whisky (d’où le titre) ! Chacun raconte aux autres ses échauffourées de la semaine. Car ils ont tous eu maille à faire avec un certain… Spiderman !
Ce one-shot est un peu en dessous des autres du point de vue de l’intrigue. Le scénariste Ron Zimmerman opte pour l’humour et le second degré et décrit les vilains avec une "cool-attitude" qui les rend relativement attachants. "Badass" on appelle ça ! Sympathique, mais pas inoubliable.
En revanche, cet épisode nous donne l’occasion de voir le dessinateur Sean Phillips, un habitué des polars sombres et réalistes (Criminal, Fatale…), dessiner du super-héros maison ! Il s’amuse comme un petit fou et, s’il croque un Spiderman consensuel, il nous offre un Vautour exceptionnel et une Torche Humaine splendide !

- The Last Shoot (Spider-Man's Tangled Web #14) : ☆☆☆☆☆

Brian Azzarello écrit un one-shot dans lequel Spiderman n’intervient pas.
Il imagine l’envers du décor d’un événement remontant aux origines de la série : Le premier combat de Peter après que ce dernier ait obtenu ses superpouvoirs, c’est-à-dire sur le ring d’une salle de catch, contre le lutteur Crusher Hogan !
Azzarrello pénètre l’existence de Hogan et s’intéresse au quotidien de ce personnage de l’ombre, doté d’une belle épaisseur et d’un sens de l’honneur à toute épreuve.
Bref, un petit récit très bien écrit, qui éclaire un moment de la série sous un jour complètement neuf dans un style relativement naturaliste qui évoque parfois les films noirs hollywoodiens des années 50. On pense notamment à des perles comme Nous avons gagné ce soir de Robert Wise.
Le final est surprenant et aussi pessimiste que lyrique, qui voit une illustration en demi-page boucler le récit avec l’entrée en scène d’un Spiderman en civil, avec son collant sur la tête au moment de son arrivée dans le récit tel que nous le connaissons !
Au dessin, Giuseppe Camuncoli débarque chez Marvel et assure le spectacle dans un style aussi épuré qu’efficace.

- The Collaborator (Spider-Man's Tangled Web #15) : ☆☆☆

Ce quinzième numéro est un peu décevant dans la mesure où il est entièrement réalisé par Paul Pope, un auteur ayant le vent en poupe…
Une jeune lycéenne est une groupie extrême de notre Spiderman. Mais sans le savoir, elle est également la fille d’un nouveau super-vilain : Le Scarabée volant !
Lorsqu’elle entend à la radio que ce vilain tout frais fait des siennes à quelques pâtés de maison de son appartement, la demoiselle file assister à la scène…
Pope ne se révèle pas très à l’aise dans l’exercice du one-shot. Le récit ne décolle jamais et retombe platement. Dommage, car le pitch de départ était très prometteur…

"Spiderman’s Tangled Web" s'est arrêté au numéro 22. C'est terriblement frustrant de constater que, dès qu'une série consacrée à Spiderman sort des sentiers battus, elle ne fait pas long feu. En 1999, Marvel lançait la série "Webspinners : Tales Of Spider-Man", dans laquelle d'excellents auteurs proposaient une relecture des anciennes aventures du "Monte en l'air". Au bout de 18 épisodes, la série était stoppée faute de succès. Plus récemment, les mini-séries Spider-Man Noir n'ont pas non plus cassé la baraque, de même que le run de J.M. Straczynski sur la série principale, révolutionnaire, a été jeté aux oubliettes au terme de One More Day. Car le gras du lectorat préfère manifestement se cantonner au mainstream le plus commun. Raison de plus pour ne pas passer à côté de ces épisodes précieux...
Fortement recommandés pour tout amateur de comics bien fichus.
En VF, la série a été publiée de manière éparpillée et incomplète chez Panini Comics (les épisodes #10, 18, 19, 21 et 22 demeurent inédits en VF). Certains épisodes ont été placés entant que bouche-trous dans le magazine Spiderman (Marvel France - 2° série N°40, 41, 42 et 50). Mais une bonne moitié a été publiée de manière distincte dans le magazine Spiderman Hors-série (Marvel France - 1° série N°8 à 11).
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Le Club des monstres [Blu-ray] [Combo Blu-ray + DVD - Édition Limitée]
Le Club des monstres [Blu-ray] [Combo Blu-ray + DVD - Édition Limitée]
DVD ~ Vincent Price
Proposé par DIRECT_DVD_EU
Prix : EUR 13,66

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Tales from the club, 30 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Club des monstres [Blu-ray] [Combo Blu-ray + DVD - Édition Limitée] (Blu-ray)
1981. La "Hammer Film", firme britannique spécialisée dans le cinéma gothique et horrifique, n'est plus.
"Amicus Productions", l'éternelle rivale de la Hammer, qui a toujours subsisté dans l'ombre de cette dernière, tente un dernier baroud d'honneur en recrutant certains des acteurs phares du genre moribond de l'épouvante surannée.
C'est ainsi que Vincent Price (qui interpréta le rôle principal dans quasiment toute la série des films sur Edgar Poe réalisés dans les années 60 par Roger Corman, avec entre autres "La Chute de la maison Usher" ou Le Masque de la mort rouge), John Carradine (le Dracula qui remplaça Béla Lugosi dans certains classiques de la Universal dans les années 40, La Maison de Frankenstein et "La Maison de Dracula") et Donald Plaisance (L'impasse aux violences ou "Le Cirque des horreurs"), vont se retrouver dans ce film à sketches pour le meilleur et pour le rire, car "Le Club des monstres" va nous jouer à fond la carte de l'humour... noir !

Plus qu'un simple film à sketches dans la tradition des Contes de la Crypte, "Le Club des monstres" est un film d'une liberté de ton et d'une bonne humeur incroyable.
Le principe des petites histoires horrifiques sous forme de "sketches" était né au début des années 40 avec le magnifique Au Cœur de la Nuit, un film britannique (déjà !) fondateur et enivrant. L'éditeur américain EC Comics avait ensuite décliné le principe sous forme de bandes dessinées, avant que le cinéma ne s'en empare de nouveau pour quelques classiques désormais célèbres (L'Empire de la Terreur de Roger Corman avec Vincent Price (!), Histoires Extraordinaires et bien évidemment le Creepshow de George Romero).

C'est Roy Ward Baker qui réalise "Le Club des monstres". Le constat est très amusant car le bonhomme avait dirigé certains grands classique de la "Hammer" dans sa période de déclin des années 70, comme "Les Cicatrices de Dracula", "Dr. Jeckyll et Sister Hyde" ou encore le magnifique The Vampire Lovers, avant de venir enterrer la "Amicus" ! Il avait même réalisé Le Caveau de la Terreur en 1973, une adaptation plus ou moins officielle des "Contes de la Crypte" !
Il dirige ici sa bande de comédiens déchaînés (Vincent Price interprète pour la seule et unique fois de sa carrière le rôle d'un vampire et manifestement ça l'amuse beaucoup !), dans laquelle se bousculent également Stuart Withman, solide second couteau hollywoodien, Britt Ekland ("Mary Goodnight", la "James Bond girl" de "L'Homme au Pistolet d'Or"), Simon Ward et Patrick Magee.

Comme dit plus haut, le film bénéficie d’une bonne humeur communicative grâce à un humour noir vivifiant et une liberté de ton incroyable. C'est ainsi que les trois sketches ne volent nullement la vedette au fil conducteur du récit : Un vampire invite un célèbre écrivain de roman horrifique à rejoindre le "Club des Monstres", dans lequel se réunissent loups-garous et autres goules. Ceux-ci dansent sur des numéros musicaux dans une sorte de boite de nuit façon Halloween, tandis que quelques authentiques groupes de rock de l'époque ("The Viewers", "B. A. Robertson", "Stevie Vann & Night" et "The Pretty Things") effectuent leurs prestations en entier entre les sketches ! Puis le vampire raconte à son invité diverses histoires de monstres (les trois sketches en question), avant de lui proposer de rejoindre définitivement le "Club" entant que simple humain et premier monstre, étant donné les horreurs dont les simples mortels sont capables dans nos sociétés modernes !

"Le Club des Monstres", sorte de mélange anarchique entre le film d'épouvante à sketches, la comédie musicale et la comédie macabre, a longtemps souffert d'une mauvaise réputation infondée et se creuse peu à peu une jolie place de film culte. Léger et drôle, à la fois créatif et respectueux de son imagerie gothique (les sketches sont vraiment très soignés), voilà pourtant une petite sucrerie dont on aurait tort de se priver...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 30, 2014 7:12 PM CET


Frankenstein, le monstre est vivant T1
Frankenstein, le monstre est vivant T1
par Steve Niles
Edition : Cartonné
Prix : EUR 15,95

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Gothiquement votre..., 29 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Frankenstein, le monstre est vivant T1 (Cartonné)
Qui l'eut cru ? Plus de trente ans après la parution du roman originel illustré par ses soins (Frankenstein), le grand, l'immense Bernie Wrightson revient sur le personnage pour une série sous forme de graphic-novel !
Epaulé par le scénariste Steve Niles (grand spécialiste de l'horreur en comics), Bernie nous offre là un beau cadeau, une sorte de fantasme extrême en matière de version illustrée du célèbre mythe créé il y a près de deux siècles par la toute jeune Mary Shelley.

Les deux auteurs placent leur récit au moment où celui de Mary Shelley se terminait. Il s'agit donc d'un "Monstre de Frankenstein" qui revient à la vie (car il ne peut manifestement pas mourir), après être passé par la glace et le feu. Le titre en version originale est d'ailleurs "Frankenstein, Alive, Alive !".
Nous suivons ainsi notre monstre en quête de rédemption (il a tout de même assassiné l'épouse, le meilleur ami et le tout jeune frère de son créateur). Alors que le récit commence dans un cirque ambulant où "Frank" (le nouveau patronyme du monstre qui jusqu'ici n'en avait pas !) est enfin accepté pour ce qu'il est, en compagnie de toutes sortes de "freaks" (une belle occasion pour Wrightson de rendre hommage au chef d'œuvre de Todd Browning). Puis le monstre se remémore tous les événements qui l'ont mené là depuis sa résurrection. Le récit commence alors vraiment, sous la forme d'un très long flashback...

Contemplatif. Voici le terme approprié pour ce qui est de décrire ce premier tome regroupant les trois premiers épisodes de la série. A noter, d'ailleurs, que les éditions Soleil ont opté pour un format "graphic novel" de 21x32 cm, imprimé sur un superbe papier mat façon enluminure.
Le lecteur plonge avec délectation dans les planches absolument somptueuses que nous a concocté l'artiste, dont une bonne partie se présente sous forme de double page regorgeant de détails hallucinants, de décors majestueux et de postures iconiques. Il faut voir le monstre déambuler dans le laboratoire du "Dr Simon Ingles" (un des personnages principaux de cette nouvelle intrigue), qui ressemble parfois à la Galerie de l'évolution du Jardin des plantes de Paris, avec ses multiples fossiles et autres bocaux renfermant toutes sortes de créatures plus ou moins identifiables. Le résultat est stupéfiant, et le lecteur peut très bien passer de longues heures béates à contempler les coins et recoins de ces illustrations magnifiques, pleines à craquer de détails d'une minutie inouïe !
Wrightson a opté pour un parti-pris chromatique conceptuel, un "faux noir et blanc" rehaussé de toute une série de gammes de gris et de bleus pastels, avec une technique savante sur la base d'un mélange entre le crayonné, le lavis, l'encre et la gouache. Le résultat est encore une fois splendide, et le moins que l'on puisse dire est que l'artiste nous livre ici une version ultime du style "gothique" en termes d'illustration.

Le scénario en lui-même n'a rien d'exceptionnel et pour le moment l'intrigue avance de manière indolente, portée par une narration extrêmement décompressée. Mais en définitive on s'en fiche un peu, car la lecture de la série est davantage une expérience d'immersion dans les images et l'atmosphère gothique qu'un récit révolutionnaire. Le récit est très classique et l'on perçoit aisément que Steve Niles s'est mis au service de l'artiste, livrant un scénario conçu avant tout pour baliser le terrain d'une série de tableaux mémorables. L'intrigue n'est pas inintéressante, mais disons qu'elle ne propose pour le moment rien de très original. L'essentiel de ces trois épisodes peut d'ailleurs se résumer à une série de soliloques, le Monstre se contentant de raconter au lecteur ses atermoiements en voix off. Mais rassurez-vous, le découpage est fluide, jamais ennuyeux et l'ensemble se lit d'une traite, pour peu que vous ne vous perdiez pas à trop regarder chaque image !

Cette nouvelle itération du mythe de Frankenstein est donc une expérience de lecture totale, la matérialisation d'un fantasme ultime en matière d'illustration gothique, une série d'enluminures somptueuses réalisée par un artiste en état de grâce et soutenue par un solide scénariste. Une mise en forme aussi classique que classieuse, strictement réservée aux amateurs de tout ce qui tourne autour de l'univers gothique du roman de Mary Shelley et du style graphique du créateur de la Créature du marais.
A croire que 2014 est "l'année Bernie Wrightson", puisque le même mois de la sortie de ce premier tome, les éditions Akileos nous ont également offert le superbe recueil de Eerie & Creepy présentent Bernie Wrightson !


Invincible Iron-Man T04
Invincible Iron-Man T04
par Matt Fraction
Edition : Cartonné
Prix : EUR 28,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Fin de résistance, 26 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Invincible Iron-Man T04 (Cartonné)
Ce quatrième tome de la collection deluxe dédiée au run de Matt Fraction sur la série "Invincible Iron-Man" réunit les épisodes #500 (long épisode anniversaire en forme d'hommage) et 500.1, 501 à 503 (arc narratif intitulé "Régénération") et 504 à 509 (arc narratif lié à l'event "Fear Itself").
L'ensemble a donc été écrit par Matt Fraction et mis en image essentiellement par le duo Salvador Larroca (dessin) et Frank D'Armata (couleur) en 2011.

La première partie est un peu anarchique avec ces épisodes qui vont et qui viennent entre le futur et le passé, avec un hommage à "Days Of The Future Past" des X-men (épisode #500) et un long soliloque de Tony Stark qui narre l'histoire de sa vie lors d'une réunion des alcooliques anonymes (épisode #500.1). Nous avons même droit à un flashback sur la rencontre entre ses parents dessiné par Howard Chaykin (dessins affreux, avis strictement personnel).

La seconde partie ("Régénération") confronte Tony Stark au "Docteur Octopus" en révélant que les deux personnages se fréquentaient dans leur jeunesse (en toute animosité), alors qu'ils étaient tous deux des génies prometteurs dans leurs disciplines scientifiques respectives.
Parallèlement, le lecteur suit également les répercussions des aventures d'Iron-man sur son entourage (Pepper Pots & toutes les autres personnes qui travaillent directement pour lui).

Le troisième partie est un arc narratif lié à l'event Marvel de l'année 2011 : Fear Itself. Il développe le parcours de Tony Stark pendant que la Terre est dévastée par des monstres asgardiens (ou quelque chose comme ça, car je n'ai pas lu l'event en question). Un épisode un peu incongru puisqu'il tranche avec le naturalisme des précédents, dans la mesure où notre héros se retrouve en Asgard en compagnie de divers dieux, démons et autres nains de pacotille...

C'est dommage : Alors que la série sous l'égide de Matt Fraction était jusqu'ici d'une intégrité exemplaire puisqu'elle n'était que très peu connectée au reste de l'univers Marvel, la voici brusquement happée par le nouvel event du moment.
En même temps c'est logique, puisque "Fear Itself" est écrit par... Matt Fraction !
Pour le coup, je me suis senti un peu exclu de ce nouvel arc narratif en me demandant si je n'aurais pas mieux fait de me contenter des trois premiers tomes...

Ce quatrième tome est un volume de transition très hétérogène et plutôt en dessous des précédents. Il semble préférable de lire l'event "Fear Itself" en parallèle (bien que pour moi il soit désormais hors de question de perdre mon temps avec ce genre d'événement éditorial à l'intérêt artistique rachitique et aux visées purement commerciales destinées à connecter les lecteurs sur un maximum de séries).
Le dernier épisode est d'ailleurs une porte d'entrée au dénouement de "Fear Itself" et laisse donc le lecteur de passage sur le banc de touche...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 27, 2014 8:26 AM CET


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