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Tornado (Provence Côte d'Azur)
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Les mondes cachés : L'arbre-forêt
Les mondes cachés : L'arbre-forêt
par Denis-Pierre Filippi
Edition : Album
Prix : EUR 13,95

7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 D'un monde à l'autre, 31 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les mondes cachés : L'arbre-forêt (Album)
"Les Mondes Cachés - L'Arbre-Forêt" est un album qui propose une histoire complète. Il s'agit d'un spin-off de la série Gargouilles (qu'il n'est pas nécessaire de connaitre, même si elle constitue le terreau de cet univers magique). Le scénario est écrit par Denis-Pierre Filippi. Le dessin est effectué par Sylvio Camboni et la mise en couleur est l'œuvre de Gaspard Yvan. Cette histoire a été publiée en 2015.

Lorsque j'étais adolescent, je voulais faire de la bande-dessinée. J'avais commencé à mettre en image une histoire qui me tenait à cœur : Un jeune ado mélancolique sortait de sa chambre le soir pour s'isoler sur les toits de la ville. Il rencontrait un autre personnage qui l'invitait à le suivre et, ensemble, ils franchissaient la frontière de notre monde pour pénétrer dans un monde magique...
Les années ont passé et je ne suis pas devenu dessinateur de BD. Et mon récit en est resté au stade des trois premières planches... J'ai ensuite transformé cette histoire en roman et, là encore, il est resté inachevé au terme de quelques chapitres...

Quelle surprise fut la mienne, en feuilletant cet album, lorsque je constatais que le point de départ était presque le même ! Les magnifiques illustrations de Camboni et Yvan allaient finir par m'en convaincre : Je devais lire cette histoire, même si elle me paraissait réservée aux enfants !
Et puis, le nom de Pierre-Denis Filippi était également un gage de qualité, puisque j'avais déjà beaucoup apprécié certaines de ses créations.

Les premières pages de l'album m'ont rassuré : Le scénario est solide et le récit est raconté de manière universelle, enfantine certes, mais pas infantile ni même racoleuse. Je suis bien heureux de constater que l'écriture de Mr Filippi est comme le bon vin : Elle se bonifie avec le temps. Tout y est soigné, des dialogues à la mise en scène, en passant par la toile de fond, qui explore avec délicatesse les tourments de l'adolescence et le danger d'une existence vouée à l'échec dès lors qu'elle est dominée par le désir de fuir le réel.
Le récit se tient de bout en bout et le dénouement est tout à fait cohérent. Comme il l'avait fait avec Les Livres de vie : Le livre de Jack / Le livre de Sam, le scénariste respecte son lectorat et lui offre une fin pleine de sens et de poésie. Evidemment, les péripéties de nos jeunes héros sont assez consensuelles et le tout manque sans doute un peu de piquant et d'originalité. Mais il s'agit d'un très joli conte pour enfants, qui se laisse également lire de manière universelle, avec légèreté et un soupçon de nostalgie.

La partie graphique et picturale est la cerise sur le gâteau de cette belle échappée. Du début dans la gare de Montparnasse jusque dans le monde merveilleux de l'oncle "d'Itsuki" (sorte de jardin japonais gigantesque peuplé de créatures féériques chamarrées et de végétation aux proportions démesurées et surréalistes), en passant par la bute Montmartre, tout y est splendide. Si le dessin est un peu sage, la mise en couleur est en revanche un festival de sensations qui transcende chaque planche pour la transformer en véritable feu d'artifice féérique. Gaspard Yvan a beau utiliser un outil virtuel (la mise en couleur infographique peut parfois paraître un peu froide), il maitrise son art jusqu'au bout des ongles !
Sylvio Camboni opte quant à lui pour un style très enfantin et ses personnages, notamment les enfants, ont un aspect cartoon assez extrême. L'ensemble sonne néanmoins très juste, tant ce parti-pris connoté est contrebalancé par un art du dialogue qui empêche systématiquement les personnages de sombrer dans la mièvrerie. La toile de fond mélancolique apporte de son côté un équilibre universel à un récit qui aurait, dans le cas contraire, souffert d'une trop grande légèreté.

Une fois le livre refermé, on quitte ces personnages avec un pincement au cœur et on court partager cette lecture avec ses enfants. Le récit de Mr Filippi devient alors, comme Pinocchio, l'occasion de réconcilier les générations et de faire revivre au plus grands leur enfance passée... ☆☆☆☆ et demi.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 31, 2015 7:12 PM MEST


CONAN T06
CONAN T06
par Timothy Truman
Edition : Broché
Prix : EUR 22,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Conan, entre Howard, Lovecraft et Martin..., 30 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : CONAN T06 (Broché)
Ce recueil intitulé "La Main de Nergal" regroupe quatre épisodes (respectivement les #47, 48, 49 et 50, publiés initialement en 2008). Chronologiquement, il se situe entre Conan : Le rendez-vous des bandits et Conan : Cimmérie. Pour un sommaire détaillé de la série en VF, voir mon commentaire dans Les nouvelles aventures de Conan, Tome 1 : La Légende (chez Soleil) ou Conan : La tour de l'éléphant (chez Panini).
Ce sont désormais le scénariste Timothy Truman et le dessinateur Thomas Giorello qui dirigent la série. A noter qu'à partir du tome suivant, cette série subit un relaunch et recommence au numéro #0.

Conan en a assez de subir les civilisations maudites de l'est et du sud du monde hyborien. Il souhaite repartir vers sa Cimmérie natale. Hélas, le destin en a décidé autrement et il devra affronter bien des périls avant de quitter la terre de Zamora...

Plus court que les précédents (seulement quatre épisodes, bien que le dernier s'étire sur 36 pages), ce recueil adapte une histoire de Conan qui ne part pas sur de bonnes bases pour les fans puristes de Robert Howard. Effectivement, "La Main de Nergal" est une nouvelle qui a été initialement écrite par Lin Carter d'après le texte inachevé du créateur de Conan, décédé prématurément en 1936...
En fin de recueil, on trouve une histoire bonus : Il s'agit de l'adaptation "vintage" de "La Main de Nergal", réalisée en 1973 par le scénariste Roy Thomas et le dessinateur John Buscema ("Conan the Barbarian #30 : The Hand of Nergal"). Ce court épisode, en plus d'être très dense (la même histoire en seulement 22 pages !), est plutôt bon. Mais il est surtout très intéressant dans la mesure où les différences avec la nouvelle version de la série Dark Horse permettent de mieux relever les changements effectués par Timothy Truman d'après le récit initial.

Truman, plus encore que Kurt Busiek (le scénariste précédent), prend ses distances avec les histoires d'origine et en propose une relecture en y apportant des changements significatifs. Le volet fantastique et horrifique généré par Howard était plutôt de l'ordre de la suggestion et les apparitions et autres manifestations magiques y étaient subtiles et difficiles à cerner. Par exemple, "La Main de Nergal" mettait en scène des espèces de chauves-souris vaporeuses et se terminait par l'apparition fantomatique de deux divinités antagoniques qui se mélangeaient à la fumée et aux volutes colorées, un peu comme si le lecteur n'était pas certain de les avoir imaginées...
Au contraire, le scénariste va ici verser dans la Dark Fantasy la plus totale (on pense inévitablement à l'univers de Trône de Fer avec ses armées de zombies !) et fusionner les démons en une seule et ostentatoire figure horrifique, qui évoque grandement les créatures des nouvelles de H. P. Lovecraft (ami intime d'Howard dont les nouvelles étaient publiées dans le même pulp, le célèbre Weird Tales). Par ailleurs, dans la lignée de Busiek, Truman continue de broder plusieurs sous-intrigues inédites permettant à tous les épisodes de se suivre, allant même, parfois, jusqu'à donner à ces intrigues au départ secondaires, une importance croissante.
Inutile de dire que ce parti-pris pourra être mal perçu par les puristes qui "ne veulent lire que du Howard", et cet arc narratif a d'ailleurs été assez mal reçu outre-Atlantique par les gardiens du temple du créateur de Conan...

La partie graphique est ici forcément décevante si on la compare à celle des précédents recueils. En effet, le coloriste Richard Isanove a quitté la série et il est désormais remplacé par José Villarubia. Le résultat ressemble nettement plus à du comics mainstream un peu grossier, brutalement encré et servilement mis en couleur, là où les épisodes précédents prenaient des allures de peintures, comme s'ils tentaient de faire revivre les tableaux de Frank Frazetta, l'illustrateur culte qui avait popularisé l'univers de Conan dans les années 50.
Tous ces bémols ne sauraient cependant éteindre la flamme car cette série moderne demeure d'un excellent niveau en termes de divertissement pur. Elle déplaira tout simplement aux puristes, pour qui il n'y a définitivement qu'un seul et unique Conan le barbare, celui de Robert E. Howard et de ses nouvelles, écrites avant 1936. Et non pas une relecture qui ose prendre des libertés avec ce matériel sacré issu de l'esprit d'un artiste maudit et intouchable...
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X MEN EXTRA N° 36 (2003) COMICS VF
X MEN EXTRA N° 36 (2003) COMICS VF
par CHRIS KIPINIAK
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Petites icones, 29 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : X MEN EXTRA N° 36 (2003) COMICS VF (Broché)
En 2001, alors que débute l'inoubliable run de Grant Morrison sur la série New X-Men, les éditions Marvel Comics lancent la ligne "Icons", destinée à offrir des mini-séries à certains membres de l'équipe des "X-men", alors en pleine gloire au lendemain du succès de la franchise au cinéma. En effet, X-Men 1 de Brian Singer est tout simplement le film qui aura relancé la mode des super-héros sur grand écran !

En français, l'éditeur Panini Comics commence à publier les mini-séries en question dès 2002, dans le magazine "X-men Extra", reconditionné spécialement pour accueillir les œuvres en question.
Je propose de publier ici un avis sur toutes les mini-séries de la gamme "Icons" (il y en a cinq en tout), que je dupliquerais ainsi sur tous les numéros disponibles sur le site d'Amazon.

1) CYCLOPE - X-MEN EXTRA #33
Aïe aïe aïe ! Ça commence très mal ! L'affiche était pourtant très alléchante : Brian K. Vaughan (scénario), Mark Teixeira (dessin) et Jimmy Palmiotti (encrage). Je me suis plongé dans cette lecture avec les meilleures intentions du monde, sachant que Vaughan est un de mes scénaristes préférés, tout ça pour découvrir quatre épisodes calamiteux, mauvais dans tous les sens du terme. Aucun des artistes cités plus haut ne sort son épingle du jeu et Vaughan nous pond une histoire à dormir debout, infantile et mal fichue au possible : Scott Summers, dans son costume flambant neuf dessiné par Frank Quitely (fraichement issu du run de Morrison), n'est pas dans son assiette. Le Professeur Xavier lui impose des vacances forcées. Notre "Cyclope" s'en va alors avec sa moto et erre sans but, jusqu'à ce que tout un panel d'ennemis improbables ("Black Ton Cassidy", le "Fléau" et "Ulysse", un vilain insipide) ne lui tombe dessus comme un cheveu sur la soupe, avant que notre héros n'échoue en "Terre sauvage" pour affronter un monstre antédiluvien (ridicule). Le final l'envoie en Amérique du sud pour y retrouver Ulysse, pour un combat final indigeste.
Je veux croire qu'il s'agissait pour le scénariste d'un échauffement. 1 étoile.

2) MALICIA - X-MEN EXTRA #34
C'est un peu mieux. Fiona Avery (scénario) et Aaron Lopresti (dessin) reviennent sur le passé du personnage et développent son intégration au sein de l'équipe, notamment dans ses rapports avec un Professeur Xavier particulièrement bienveillant. Le mal de vivre de Malicia la pousse à s'enfuir, avant de se raviser au terme d'une courte aventure initiatique.
Beaucoup mieux écrite et dessinée que la mini-série précédente, celle-ci se laisse lire sans déplaisir, mais souffre d'un manque de densité et s'oublie finalement très vite, dans la mesure où elle n'apporte pas grand chose à la mythologie de son personnage. Les puristes de la continuité n'apprécieront pas les nombreuses libertés prises avec les épisodes originaux de 1984. 3 étoiles.

3) ICEBERG - X-MEN EXTRA #35
Le niveau redescend d'un cran avec cette histoire dans laquelle Bobby Drake part pour le Japon afin d'y rencontrer "Opal", son ancien amour. Il va se retrouver confronté à une organisation scientifique qui utilise les pouvoirs mutants dans le but de créer des êtres hybrides à des fins inavouables. Malgré la présence du duo Dan Abnett & Andy Lanning au scénario, voilà une histoire tirée par les cheveux dont la structure ne semble être qu'un prétexte à nous balancer de l'action parfaitement inepte et infantile. Le dessin de Karl Herschl est plutôt sympathique mais on ne sait pas pourquoi, l'épisode #3 est soudain dessiné par Scottie Young, dans un style "Graffiti Chébran" absolument vomitoire, avant qu'Herschl ne reprenne les crayons sur le dernier épisode ! Encore une grosse déception. Réservé à un public très jeune et fort peu exigeant quant à la teneur scénaristique. 2 étoiles.

4) DIABLO - X-MEN EXTRA #36 (ici présent)
Enfin du bon matériel ! Cette mini-série, nommée "Mystère Et Passion" ("A Passion Play"), n'offre pourtant pas l'affiche la plus prestigieuse (Chris Kipiniak au scénario et Matthew Smith au dessin). Et pourtant, il y a un vrai scénario (pas un pitch prétexte comme sur les précédents), une réelle volonté de coller à la mythologie du personnage (Kurt Wagner et ses rapports avec la religion servent de toile de fond) et un solide travail de mise en forme. Le dessin de Smith est simple mais efficace, avec un découpage impeccable.
Alors que "Diablo" officie entant que séminariste dans une petite paroisse de New York, une jeune asiatique vient demander de l'aide. Notre héros se retrouve dès lors confronté à un gang de trafic humain. Aucun super-vilain à l'horizon, mais juste une histoire de tragédies et de quête spirituelle, et avant tout un excellent travail d'écriture et de mise en forme. Rien d'original, mais juste du très bon boulot (à se demander pourquoi Chris Kipiniak & Matthew Smith n'ont pas davantage travaillé pour Marvel !). 4 étoiles.

5) CHAMBER - X-MEN EXTRA #38
Retour aux commandes du scénariste Brian K. Vaughan, ici associé au dessinateur Lee Fergusson. Cette dernière mini-série de la gamme "Icons", nommée "L'Homme Vide" ("Hollow Man"), est la meilleure de toutes, et rappelle le scénariste de "Y The Last man" à notre bon souvenir. Les dessins de Lee Fergusson, parfois orientés jeune public, sont contrebalancés par l'encrage de Norm Rapmund, manifestement inspiré par celui de Jae Lee, tout en ombres torturées.
L'intérêt principal du récit réside dans sa toile de fond proprement fidèle à l'apanage des séries "mutantes" de l'univers Marvel, à savoir la parabole sur le racisme et le droit à la différence. Vaughan dévoile d'entrée de jeu son projet en traitant cette thématique à bras le corps. Ainsi, on comprend mieux pourquoi il s'est intéressé en particulier à cette figure très secondaire parmi les "X-men". En effet, "Chamber" est l'un des mutants les moins gâtés en termes d'apparence, puisqu'il a perdu la moitié de son visage et l'essentiel de sa poitrine lors de la manifestation de ses pouvoirs "biokinétiques" (aucune idée de ce que cela signifie).
Jonothan Starsmore enquête sur un campus universitaire, le seul dans le pays qui accepte l'inscription d'étudiants mutants. Mais six de ces étudiants ont été assassinés. Sitôt arrivé sur les lieux, notre héros constate qu'il règne une tension extrême entre les êtres humains dit "normaux" et les jeunes "homo-superiors"...
Voilà ce qu'il faut faire ! Puiser à la sève d'une franchise afin d'en explorer toutes les possibilités de raconter une histoire intéressante. Du coup, les événements coulent de source et l'affrontement psychologique prime sur les habituelles rixes bodybuildées qui règnent sur l'univers des super-héros. Toutefois, sur la fin, le récit s'oriente davantage vers une dimension strictement policière, dans laquelle prime le côté "enquête" (avec moult rebondissements et chausse-trapes scénaristiques), plutôt que sur un discours universel de la trempe d'un Dieu crée, l'homme détruit, faisant retomber l'ensemble dans quelque chose de l'ordre du simple divertissement.
Pour le reste, Vaughan intègre parfaitement sa mini-série dans l'esprit du run de Grant Morrison en transformant la "mutanité" en loterie génétique, où les mutants ressemblent plus à des "freaks" qu'à des belles gueules super-héroïques. Les personnages sont attachants, c'est bien raconté, prenant et efficace. 4 étoiles.

"Icons" : Un projet des éditions Marvel Comics relativement mort-né, qui s'est arrêté au moment où cela commençait à devenir intéressant. A l'heure où j'écris ces lignes, cherchez des mini-séries chez cet éditeur, il n'y en a plus ! Et c'est bien dommage.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 29, 2015 8:37 PM MEST


X MEN EXTRA N° 35 (2002) COMICS VF
X MEN EXTRA N° 35 (2002) COMICS VF
par DAN ABNETT
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Petites icones, 29 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : X MEN EXTRA N° 35 (2002) COMICS VF (Broché)
En 2001, alors que débute l'inoubliable run de Grant Morrison sur la série New X-Men, les éditions Marvel Comics lancent la ligne "Icons", destinée à offrir des mini-séries à certains membres de l'équipe des "X-men", alors en pleine gloire au lendemain du succès de la franchise au cinéma. En effet, X-Men 1 de Brian Singer est tout simplement le film qui aura relancé la mode des super-héros sur grand écran !

En français, l'éditeur Panini Comics commence à publier les mini-séries en question dès 2002, dans le magazine "X-men Extra", reconditionné spécialement pour accueillir les œuvres en question.
Je propose de publier ici un avis sur toutes les mini-séries de la gamme "Icons" (il y en a cinq en tout), que je dupliquerais ainsi sur tous les numéros disponibles sur le site d'Amazon.

1) CYCLOPE - X-MEN EXTRA #33
Aïe aïe aïe ! Ça commence très mal ! L'affiche était pourtant très alléchante : Brian K. Vaughan (scénario), Mark Teixeira (dessin) et Jimmy Palmiotti (encrage). Je me suis plongé dans cette lecture avec les meilleures intentions du monde, sachant que Vaughan est un de mes scénaristes préférés, tout ça pour découvrir quatre épisodes calamiteux, mauvais dans tous les sens du terme. Aucun des artistes cités plus haut ne sort son épingle du jeu et Vaughan nous pond une histoire à dormir debout, infantile et mal fichue au possible : Scott Summers, dans son costume flambant neuf dessiné par Frank Quitely (fraichement issu du run de Morrison), n'est pas dans son assiette. Le Professeur Xavier lui impose des vacances forcées. Notre "Cyclope" s'en va alors avec sa moto et erre sans but, jusqu'à ce que tout un panel d'ennemis improbables ("Black Ton Cassidy", le "Fléau" et "Ulysse", un vilain insipide) ne lui tombe dessus comme un cheveu sur la soupe, avant que notre héros n'échoue en "Terre sauvage" pour affronter un monstre antédiluvien (ridicule). Le final l'envoie en Amérique du sud pour y retrouver Ulysse, pour un combat final indigeste.
Je veux croire qu'il s'agissait pour le scénariste d'un échauffement. 1 étoile.

2) MALICIA - X-MEN EXTRA #34
C'est un peu mieux. Fiona Avery (scénario) et Aaron Lopresti (dessin) reviennent sur le passé du personnage et développent son intégration au sein de l'équipe, notamment dans ses rapports avec un Professeur Xavier particulièrement bienveillant. Le mal de vivre de Malicia la pousse à s'enfuir, avant de se raviser au terme d'une courte aventure initiatique.
Beaucoup mieux écrite et dessinée que la mini-série précédente, celle-ci se laisse lire sans déplaisir, mais souffre d'un manque de densité et s'oublie finalement très vite, dans la mesure où elle n'apporte pas grand chose à la mythologie de son personnage. Les puristes de la continuité n'apprécieront pas les nombreuses libertés prises avec les épisodes originaux de 1984. 3 étoiles.

3) ICEBERG - X-MEN EXTRA #35 (ici présent)
Le niveau redescend d'un cran avec cette histoire dans laquelle Bobby Drake part pour le Japon afin d'y rencontrer "Opal", son ancien amour. Il va se retrouver confronté à une organisation scientifique qui utilise les pouvoirs mutants dans le but de créer des êtres hybrides à des fins inavouables. Malgré la présence du duo Dan Abnett & Andy Lanning au scénario, voilà une histoire tirée par les cheveux dont la structure ne semble être qu'un prétexte à nous balancer de l'action parfaitement inepte et infantile. Le dessin de Karl Herschl est plutôt sympathique mais on ne sait pas pourquoi, l'épisode #3 est soudain dessiné par Scottie Young, dans un style "Graffiti Chébran" absolument vomitoire, avant qu'Herschl ne reprenne les crayons sur le dernier épisode ! Encore une grosse déception. Réservé à un public très jeune et fort peu exigeant quant à la teneur scénaristique. 2 étoiles.

4) DIABLO - X-MEN EXTRA #36
Enfin du bon matériel ! Cette mini-série, nommée "Mystère Et Passion" ("A Passion Play"), n'offre pourtant pas l'affiche la plus prestigieuse (Chris Kipiniak au scénario et Matthew Smith au dessin). Et pourtant, il y a un vrai scénario (pas un pitch prétexte comme sur les précédents), une réelle volonté de coller à la mythologie du personnage (Kurt Wagner et ses rapports avec la religion servent de toile de fond) et un solide travail de mise en forme. Le dessin de Smith est simple mais efficace, avec un découpage impeccable.
Alors que "Diablo" officie entant que séminariste dans une petite paroisse de New York, une jeune asiatique vient demander de l'aide. Notre héros se retrouve dès lors confronté à un gang de trafic humain. Aucun super-vilain à l'horizon, mais juste une histoire de tragédies et de quête spirituelle, et avant tout un excellent travail d'écriture et de mise en forme. Rien d'original, mais juste du très bon boulot (à se demander pourquoi Chris Kipiniak & Matthew Smith n'ont pas davantage travaillé pour Marvel !). 4 étoiles.

5) CHAMBER - X-MEN EXTRA #38
Retour aux commandes du scénariste Brian K. Vaughan, ici associé au dessinateur Lee Fergusson. Cette dernière mini-série de la gamme "Icons", nommée "L'Homme Vide" ("Hollow Man"), est la meilleure de toutes, et rappelle le scénariste de "Y The Last man" à notre bon souvenir. Les dessins de Lee Fergusson, parfois orientés jeune public, sont contrebalancés par l'encrage de Norm Rapmund, manifestement inspiré par celui de Jae Lee, tout en ombres torturées.
L'intérêt principal du récit réside dans sa toile de fond proprement fidèle à l'apanage des séries "mutantes" de l'univers Marvel, à savoir la parabole sur le racisme et le droit à la différence. Vaughan dévoile d'entrée de jeu son projet en traitant cette thématique à bras le corps. Ainsi, on comprend mieux pourquoi il s'est intéressé en particulier à cette figure très secondaire parmi les "X-men". En effet, "Chamber" est l'un des mutants les moins gâtés en termes d'apparence, puisqu'il a perdu la moitié de son visage et l'essentiel de sa poitrine lors de la manifestation de ses pouvoirs "biokinétiques" (aucune idée de ce que cela signifie).
Jonothan Starsmore enquête sur un campus universitaire, le seul dans le pays qui accepte l'inscription d'étudiants mutants. Mais six de ces étudiants ont été assassinés. Sitôt arrivé sur les lieux, notre héros constate qu'il règne une tension extrême entre les êtres humains dit "normaux" et les jeunes "homo-superiors"...
Voilà ce qu'il faut faire ! Puiser à la sève d'une franchise afin d'en explorer toutes les possibilités de raconter une histoire intéressante. Du coup, les événements coulent de source et l'affrontement psychologique prime sur les habituelles rixes bodybuildées qui règnent sur l'univers des super-héros. Toutefois, sur la fin, le récit s'oriente davantage vers une dimension strictement policière, dans laquelle prime le côté "enquête" (avec moult rebondissements et chausse-trapes scénaristiques), plutôt que sur un discours universel de la trempe d'un Dieu crée, l'homme détruit, faisant retomber l'ensemble dans quelque chose de l'ordre du simple divertissement.
Pour le reste, Vaughan intègre parfaitement sa mini-série dans l'esprit du run de Grant Morrison en transformant la "mutanité" en loterie génétique, où les mutants ressemblent plus à des "freaks" qu'à des belles gueules super-héroïques. Les personnages sont attachants, c'est bien raconté, prenant et efficace. 4 étoiles.

"Icons" : Un projet des éditions Marvel Comics relativement mort-né, qui s'est arrêté au moment où cela commençait à devenir intéressant. A l'heure où j'écris ces lignes, cherchez des mini-séries chez cet éditeur, il n'y en a plus ! Et c'est bien dommage.
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Conan, Tome 3 : Le rendez-vous des bandits
Conan, Tome 3 : Le rendez-vous des bandits
par Timothy Truman
Edition : Broché
Prix : EUR 22,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Conan voit rouge, 28 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Conan, Tome 3 : Le rendez-vous des bandits (Broché)
Ce recueil intitulé "Le Rendez-vous des Bandits" regroupe six épisodes (respectivement les #37, 38 et 41 à 44, publiés initialement en 2008). Chronologiquement, il se situe entre Conan : La demeure des morts et Conan : La main de Nergal. Pour un sommaire détaillé de la série en VF, voir mon commentaire dans Les nouvelles aventures de Conan, Tome 1 : La Légende (chez Soleil) ou Conan : La tour de l'éléphant (chez Panini).

Le présent recueil regroupe respectivement les épisodes intitulés "Le Tripot du Rat" (épisode 37), "Le Dédale" (épisode 38), "Des Bandits à la Porte" (épisode 41), "Prêtre Rouge, Demeure de Sang" (épisode 42), "L'Asile des Catacombes" (épisode 43), et "Des Bandits dans nos Murs" (épisode 44).
Ces épisodes font suite aux précédents et forment un ensemble à suivre, comme on suivrait un feuilleton sur la vie de Conan, car la série entreprend, contrairement aux romans originels de Robert E. Howard (le créateur du personnage), de raconter les aventures du héros dans un ordre chronologique relativement scrupuleux (à part quelques exceptions).

Dans ces épisodes, Conan et ses compagnons de fortune sont arrivés dans une cité à l'ouest de Zamora, pays des voleurs. Les choses se gâtent et notre héros est emprisonné. Afin de retrouver sa liberté, il accepte de pénétrer dans la citadelle de "Nabonide le prêtre rouge", afin d'assassiner ce dernier. Mais "Nabonide" est un sorcier puissant qui a transformé sa demeure en un véritable labyrinthe...

Kurt Busiek a quitté la série. C'est désormais au tour de Timothy Truman d'en reprendre les rênes. Le scénariste poursuit dans la même veine que son illustre prédécesseur, tout en modifiant légèrement le ton global de la narration. Le "feuilleton" est toujours aussi linéaire et le parti-pris narratif oscille toujours entre les images, les dialogues et la voix off du narrateur, tout en incrustant des intrigues secondaires inédites afin de lier les diverses aventures entre elles. Mais l'équilibre entre toutes ces composantes est moins dosé et, de ce fait, les épisodes sont moins denses, beaucoup plus décompressés. Truman maitrise moins l'art du découpage que Busiek, mais son travail est tout de même très bon, et l'esprit des romans originels est aussi bien retranscrit que dans les arcs narratifs précédents.
Ce tome est également remarquable puisqu'il adapte, comme c'était le cas avec "La Tour de l'Eléphant", une des nouvelles les plus célèbres et les plus appréciées de l'écrivain Robert E. Howard.

Le dessinateur Cary Nord, qui assure assez régulièrement le dessin de la série depuis le début, est encore à l'œuvre sur ce recueil. Mais il montre ses premiers signes de fatigue en laissant la place à Thomas Giorello sur l'épisode #43. Le passage entre les deux artistes ne se remarque pas beaucoup car un troisième homme est à l'œuvre sur ces épisodes depuis le numéro #37 : Il s'agit du coloriste Richard Isanove, qui remplace alors Dave Stewart, qui assurait la mise en couleur de la série depuis le début (à part sur les épisodes flashbacks). Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'Isanove se lâche complètement sur ce travail ! Il ne se contente pas de mettre les dessins en couleur, il les peint (et ce, même si la couleur est issue d'un logiciel infographique) ! Si l'on peut parfois trouver qu'il en fait des caisses, son travail va en s'améliorant sur chaque épisode et, au fil du temps, finit par représenter plus de la moitié de la partie picturale ! A l'arrivée, la série à ce stade serait presque, visuellement, "l'œuvre de Richard Isanove" !

Cette série demeure une excellente adaptation des aventures de Conan le barbare. Le changement des équipes artistiques ne nuit en rien à la qualité de l'ensemble, et le niveau global est franchement régulier. Bref, un excellent feuilleton d'Heroic Fantasy, qui remplit parfaitement son office : Nous divertir.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 28, 2015 9:16 PM CET


Origin of Symmetry
Origin of Symmetry
Prix : EUR 9,98

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 postrock, 28 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Origin of Symmetry (CD)
Muse, c'est un condensé de pop-rock anglais qui puise ses sources depuis la nuit des temps. On y retrouve la puissance de Led Zeppelin, le lyrisme de Queen et la dimension cosmique de Radiohead.

Le premier album, Showbiz, sorti initialement en 1999, semblait à l'époque opérer la fusion entre deux albums majeurs de la décennie 90's : OK Computer et Grace. Mais avec un surplus de rock, tendance furieuse.
Je me souviens de les avoir découverts dans une petite salle de concert avant qu'ils n'accèdent à la célébrité, à Lille. La puissance de leur jeu de scène (trois bonhommes et pas un de plus) m'avait immédiatement renvoyé à Led Zep. Et le petit Matthew Bellamy, une crevette de 40 kg tout mouillé, remuait ciel et terre en passant de la guitare au piano, et poussant des vocalises à faire trembler les cieux.

Mais c'est avec ce deuxième album que l'art de Muse accède à son sommet. Avec une mention spéciale au second titre, "Bliss", qui incarne probablement la quintessence du groupe à ses débuts. Une fureur et une urgence d'une rare puissance, à travers laquelle nos trois musiciens s'autorisent sans complexe toutes les impertinences musicales (du synthé ! Quelle horreur pour les rockers puristes qui ne le leur pardonneront jamais !).
Hélas, depuis, afin de rester sous les sunlights de la célébrité, le groupe a opté pour une musique plus consensuelle, et ère depuis plusieurs albums dans les clips de MTV.
Un parcours discographique tel que Bellamy et ses sbires allaient se mettre à dos les puristes d'un rock plus simple, moins boursoufflé. Et le rock lyrique, conduit en son temps par le style maniériste et grandiose de Muse, ne s'en est manifestement toujours pas remis.

Il faut désormais réécouter cette merveille qu'est "Origin of Symmetry" pour prendre conscience de ce parcours. Car ce second album est un pur produit de rock postmoderne furieux et carré, d'une simplicité qui côtoie l'évidence. Du rock, quoi !
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Black Science Tome 1
Black Science Tome 1
par Dean White
Edition : Relié
Prix : EUR 10,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Mort à l'arrivée, 26 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Black Science Tome 1 (Relié)
Ce recueil regroupe les six premiers épisodes de la série, initialement publiés en 2014 et réalisés par le scénariste Rick Remender, le dessinateur Matteo Scalera et le metteur en couleur Dean White.
Il s'agit d'une série à suivre et nous ne savons pas encore combien elle comportera de numéros.

Prenez une famille disloquée, une poignée de protagonistes et d'antagonistes, et balancez le tout dans une machine infernale qui propulse tout ce beau monde dans une multitude de mondes parallèles, la plupart du temps hostiles. Faites de cette machine infernale une boucle plus infernale encore (on peut parfois penser à la série culte Au Cœur du Temps, bien que le contenu des voyages soit différent), qui change de lieu (et de monde parallèle) toutes les heures, piégeant indéfiniment les personnages dans les strates de l'infinivers ! Ajoutez-y de l'action incessante, un suspense croissant, des tensions psychologiques de tous les instants et des retournements de situation comme s'il en pleuvait. Et, à la fin de ces six épisodes, seulement quelques heures se sont écoulées !

La première chose qui nous saute aux yeux à la lecture de cette série, c'est son imagination débridée. Les créatures inconnues se bousculent dans les coins et tous ces mondes parallèles sont aussi originaux qu'angoissants. Le tout en une poignée de vignettes.
Le dessin de Matteo Scalera possède une énergie et une urgence certaine, mais c'est surtout la mise en couleur de Dean White qui m'a impressionné. Parfois, le coloriste est un simple artisan qui ajoute servilement quelques couleurs à un dessin déjà bien encré. Rien de tout cela ici. White abat un travail au moins égal à son dessinateur. Il innove, surprend, déroute et enchante. Et, à l'arrivée, je ne pense pas me souvenir d'avoir été autant épaté par travail d'un coloriste (alors qu'il s'appelle Mr Blanc !). Pour moi, l'esthétique et la marque de "Black Science", c'est lui !

La première chose que l'on se dit en lisant l'ouverture de l'album, c'est que Remender ne nous a rien épargné. Car nous voilà balancés en plein cœur de l'action, en prenant le récit par le milieu. En un seul épisode, il faudra être particulièrement attentif tellement la somme de choses à intégrer est édifiante. Une course poursuite, un mini-flashback et un saut dans une dimension parallèle plus-tard, il est temps de passer à l'épisode suivant !
Cela a tendance à devenir la constante des comics aujourd'hui : La narration compressée. Après des années où il fut question du contraire, les nouveaux auteurs, probablement inspirés par le spécialiste en la matière, c'est-à-dire Grant Morrison, optent pour ce parti-pris narratif. Le moins que l'on puisse dire est que c'est quand même harassant, pénible à lire et parfois indigeste. On est loin de ces comics qui s'offraient à nous en nous prenant par la main. C'est désormais à nous, pauvres lecteurs, de faire l'effort, le déplacement, et de s'aventurer seuls en terre inconnue...

La deuxième chose que je me suis dite, c'est que ces six épisodes étaient d'une densité peu commune. Narration compressée oblige, Remender a injecté une incroyable série de couches de lecture à son récit.
Il y a d'abord cette science-fiction échevelée. Comme l'explique bien James Robinson dans la préface, Remender a le don de donner au lecteur la sensation de lire un récit de SF rétro, tout en découvrant une histoire complètement originale. C'est la grande force du scénariste, qui parvient à donner du sang neuf à ses archétypes en les mettant sens dessus-dessous.
Il y a ensuite cette plongée dans les pensées intérieures du personnage principal. "Grant McKay" est un scientifique opiniâtre qui a mené son existence de manière égoïste, n'hésitant pas à sacrifier sa vie de famille au profit de ses ambitions et de sa personne. Le cours des événements l'oblige à présent à assumer ses erreurs et à prendre la mesure de ses choix et de ses responsabilités, car ses enfants et ses amis l'ont suivi dans sa galère...
Il y a enfin toute une série de réflexions sur le monde, sur les liens sociaux, les notions d'ambition, d'opportunisme et d'arrivisme, et bien évidemment sur les dérives de la science employée sans conscience.
Et, comme expliqué plus haut, toutes ces informations sont jetées à la face du lecteur à chaque planche, quand ce n'est pas à l'intérieur de chaque vignette !

A la fin du sixième épisode, au terme d'un cliffhanger insoutenable, le lecteur est lessivé, épuisé par la densité de ce premier tome bourré à craquer. Quelques heures à peine se sont écoulées dans la vie de nos personnages. Les morts sont légions et un million de choses se sont passées (si, si, vous verrez !).
Le dessin de Matteo Scalera est pour moi loin d'être aussi brillant que certains le prétendent. Car, au delà de ses effets tape-à-l'œil, son trait humoristique ne s'accorde pas à toutes les scènes et, surtout, plus d'un personnage à exactement la même tête et les mêmes expressions que son voisin, parfois même parmi les principaux protagonistes !
A l'arrivée, "Black Science" est une expérience de lecture totale, mais il va falloir attendre un peu, je pense, afin d'en savourer vraiment les qualités. Car pour le moment, sans réelle scène d'exposition et sans temps mort, les personnages n'ont pas eu bien encore le temps d'exister, et nous de les connaitre. C'est le principal défaut de ces premiers épisodes : Rick Remender a manifestement tenté de donner de l'épaisseur à ses figures. Mais, perdues depuis le maelstrom de l'infinivers, ces dernières ont du mal à nous atteindre...
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Club des monstres / Le cirque des vampires - Coffret 2 DVD
Club des monstres / Le cirque des vampires - Coffret 2 DVD
DVD ~ Vincent Price
Proposé par VipBluray
Prix : EUR 9,99

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Les vampires en folie, 24 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Club des monstres / Le cirque des vampires - Coffret 2 DVD (DVD)
Etant donné son prix (on peut facilement le trouver à moins de cinq euros !), ce double DVD est un excellent moyen de découvrir ces deux petits classiques du cinéma horrifique.
De leur côté, pour les amateurs de haute-définition, chacun des deux films a, depuis, connu les honneurs du blu-ray dans des éditions distinctes : Le Cirque des vampires [Blu-ray] et Le Club des monstres [Blu-ray].

1) LE CIRQUE DES VAMPIRES :

Au début des années 70, la Hammer-Film, studio britannique spécialisé dans les films d'horreur, entame son déclin.
En 1972, à l'heure où tout a été décliné autour du comte Dracula (le dernier film en date, Dracula Vit Toujours à Londres, tombait un peu dans le ridicule en flirtant avec la mode des films de James Bond !), "Le Cirque des Vampires" est un projet qui vient en rejoindre de nombreux autres dans une tentative de renouveler le mythe des suceurs de sang. Le public de l'époque découvre ainsi le superbe Vampire Lovers en 1970, ainsi que ses deux suites ("Comtesse Dracula" et "Les Sévices de Dracula", titres mensongers dans la mesure où aucun "Dracula" n'apparait à l'horizon...). Soit une poignée de films renouvelant effectivement le genre avec une certaine énergie, avant que tout ne s'écroule dans des combinaisons de genres pas toujours très heureuses. Si "Capitaine Kronos, Chasseur de Vampires" (mélange entre film d'aventures et films de vampires) tire encore son épingle du jeu, "La Légende des 7 Vampires d'or" (mélange entre les vampires et le kung-fu !!!) atteint des sommets de délire grotesque...

Mais revenons à notre "Cirque des Vampires" : Afin de rameuter un public toujours plus fuyant, le studio pense avoir l'idée du siècle : En rajouter encore et toujours plus dans le sang et dans le sexe. Ainsi, les jolies filles courent désormais nues et le sang gicle généreusement tandis que le scénario nous conte la malédiction d'un village serbe (au début du 19° siècle) respectivement aux prises avec la peste et avec les goules, ici dissimulées sous les costumes chamarrés d'une troupe de forains ambulants...
Un script d'une étonnante liberté de ton, où les vampires se transforment en panthère noire (et vice et versa), où les funambules virevoltent dans le ciel avant de se muer en chauve-souris, et où les miroirs deviennent des passages oniriques invitant la proie innocente à se retrouver immédiatement prise au piège dans la crypte du vampire...
Aujourd'hui, évidemment, toutes ces scènes horrifiques prêtent à sourire car, encore une fois, l'horreur au cinéma ne résiste pas au poids de l'âge. Mais remis dans le cadre de son époque, ce "Cirque des Vampires" est un sympathique baroud d'honneur impertinent et délicieusement libertin, d'une cruauté jubilatoire (on y vampirise allègrement les petits enfants !).
A noter, dans le rôle du colosse de foire, la présence de l'acteur David Prowse, futur "Dark Vador", dans le seul film qui permette d'admirer réellement sa plastique d'athlète gigantesque...

2) LE CLUB DES MONSTRES :

1981. La "Hammer Film" n'est plus.
"Amicus Productions", l'éternelle rivale de la Hammer, qui a toujours subsisté dans l'ombre de cette dernière, tente un dernier baroud d'honneur en recrutant certains des acteurs phares du genre moribond de l'épouvante surannée.
C'est ainsi que Vincent Price (qui interpréta le rôle principal dans quasiment toute la série des films sur Edgar Poe réalisés dans les années 60 par Roger Corman, avec entre autres "La Chute de la maison Usher" ou "Le Masque de la mort rouge"), John Carradine (le Dracula qui remplaça Béla Lugosi dans certains classiques de la Universal dans les années 40, "La Maison de Frankenstein" et "La Maison de Dracula") et Donald Plaisance ("L'impasse aux violences" ou "Le Cirque des horreurs"), vont se retrouver dans ce film à sketches pour le meilleur et pour le rire, car "Le Club des monstres" va nous jouer à fond la carte de l'humour... noir !

Plus qu'un simple film à sketches dans la tradition des Contes de la Crypte, "Le Club des monstres" est un film d'une liberté de ton et d'une bonne humeur incroyable.
Le principe des petites histoires horrifiques sous forme de "sketches" était né au début des années 40 avec le magnifique Au Cœur de la Nuit, un film britannique (déjà !) fondateur et enivrant. L'éditeur américain EC Comics avait ensuite décliné le principe sous forme de bandes dessinées, avant que le cinéma ne s'en empare de nouveau pour quelques classiques désormais célèbres (L'Empire de la Terreur de Roger Corman avec Vincent Price (!), Histoires Extraordinaires et bien évidemment le Creepshow de George Romero).

C'est Roy Ward Baker qui réalise "Le Club des monstres". Le constat est très amusant car le bonhomme avait dirigé certains grands classique de la "Hammer" dans sa période de déclin des années 70, comme "Les Cicatrices de Dracula", "Dr. Jeckyll et Sister Hyde" ou encore le magnifique "The Vampire Lovers", avant de venir enterrer la "Amicus" ! Il avait même réalisé Le Caveau de la Terreur en 1973, une adaptation plus ou moins officielle des "Contes de la Crypte" !
Il dirige ici sa bande de comédiens déchaînés (Vincent Price interprète pour la seule et unique fois de sa carrière le rôle d'un vampire et manifestement ça l'amuse beaucoup !), dans laquelle se bousculent également Stuart Withman, solide second couteau hollywoodien, Britt Ekland ("Mary Goodnight", la "James Bond girl" de "L'Homme au Pistolet d'Or"), Simon Ward et Patrick Magee.

Comme dit plus haut, le film bénéficie d’une bonne humeur communicative grâce à un humour noir vivifiant et une liberté de ton incroyable. C'est ainsi que les trois sketches ne volent nullement la vedette au fil conducteur du récit : Un vampire invite un célèbre écrivain de roman horrifique à rejoindre le "Club des Monstres", dans lequel se réunissent loups-garous et autres goules. Ceux-ci dansent sur des numéros musicaux dans une sorte de boite de nuit façon Halloween, tandis que quelques authentiques groupes de rock de l'époque ("The Viewers", "B. A. Robertson", "Stevie Vann & Night" et "The Pretty Things") effectuent leurs prestations en entier entre les sketches ! Puis le vampire raconte à son invité diverses histoires de monstres (les trois sketches en question), avant de lui proposer de rejoindre définitivement le "Club" entant que simple humain et premier monstre, étant donné les horreurs dont les simples mortels sont capables dans nos sociétés modernes !

"Le Club des Monstres", sorte de mélange anarchique entre le film d'épouvante à sketches, la comédie musicale et la comédie macabre, a longtemps souffert d'une mauvaise réputation infondée et se creuse peu à peu une jolie place de film culte. Léger et drôle, à la fois créatif et respectueux de son imagerie gothique (les sketches sont vraiment très soignés), voilà pourtant une petite sucrerie dont on aurait tort de se priver...
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Diane
Diane
Prix : EUR 19,36

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Cristal, brume et velour, 23 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Diane (CD)
Deux musiciens. Deux instruments. Une trompette et un piano. Huit titres d'une douceur extrême, comme suspendus au dessus du silence.
L'ensemble, porté par un blues désespéré, est d'une mélancolie abyssale, dans une atmosphère diaphane et veloutée. Et l'on s'imagine volontiers à la place de "Philip Marlowe", entrain de siroter un verre de bourbon sur un bureau poussiéreux, vaguement éclairé par des rais de lumière passant à travers un vieux rideau à lamelles, le cœur lessivé par quelques amours perdues...

Fortement déconseillé aux amateurs de bruit et de fureur, "Diane" exhale un parfum de piano-bar enfumé et romantique. Le jeu de Paul Bley évoque un Keith Jarrett assagi (point d'expérimentations en dehors des cordes), tandis que Chet Baker demeure égal à lui-même, s'enfonçant dans le spleen au fur et à mesure que s'installe le temps qui passe...
L'album, dominé par quatre titres de plus de sept minutes, souffre un poil de son rythme indolent. Et il aurait été encore plus beau si Chet ne s'était pas contenté de pousser la chansonnette (le murmure ?) sur seulement un titre dans tout l'album (le splendide "You Go to My Head"), le privant ainsi d'un soupçon de richesse et de diversité en plus...

Le disque s'ouvre sur le magnifique "If I Should Lose You", et se clôt dans la mélancolie la plus profonde avec une très douce et très épurée version de "Little Girl Blue", un classique du trompettiste, ici réinterprété de manière très différente.
Ainsi, "Diane" est un album fort peu connu mais exceptionnel, toutefois réservé aux amateurs d'ambiances mélancoliques, tantôt cristallines ou embrumées, mais toujours veloutées...
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Conan : La demeure des morts
Conan : La demeure des morts
par Cary Nord
Edition : Relié
Prix : EUR 24,40

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Passassion à demeure, 22 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Conan : La demeure des morts (Relié)
Ce recueil intitulé "La Demeure des Morts" regroupe sept épisodes (respectivement les #24, 25, 29 à 31, 33 et 34, publiés initialement en 2008). Chronologiquement, il se situe entre Conan : La tour de l'éléphant et Conan : Le rendez-vous des bandits. Pour un sommaire détaillé de la série en VF, voir mon commentaire dans Les nouvelles aventures de Conan, Tome 1 : La Légende (chez Soleil) ou Conan : La tour de l'éléphant (chez Panini).

Le présent recueil regroupe respectivement les épisodes intitulés "L'Epouse du Sénéchal" (épisode 24), "La Main des Puissants" (épisode 25), "Le Crapaud" (épisode 29), "Le Serpent" (épisode 30), "La Demeure des Morts" (épisode 31), "Chiens des Collines" (épisode 33), et "Les Fils de Baal" (épisode 34).
Ces épisodes font suite aux précédents et forment un ensemble à suivre, comme on suivrait un feuilleton sur la vie de Conan, car le scénariste Kurt Busiek a entrepris, contrairement aux romans originels de Robert E. Howard (le créateur du personnage), de raconter les aventures du héros dans un ordre chronologique relativement scrupuleux (à part quelques exceptions).

Dans ces épisodes, Conan fuit "Zamora", la cité des voleurs, car sa tête a été mise à prix après qu'il ait séduit (et consommé) l'épouse d'un riche contribuable de la ville. Il est poursuivi au delà des murs de la cité et trouve refuge dans une contrée hantée par de terrifiants démons d'un autre temps. Puis, après être brièvement retourné à Zamora, il fuit de nouveau et s'en va à l'ouest avec quelques compagnons de fortune...

Kurt Busiek fait ici ses adieux à la série à l'issue de l'épisode #29 ("Le Crapaud"). Il nous laisse ainsi sur un récit d'anthologie, glauque et bourré de suspense (tous les épisodes ne sont pas aussi bons et divertissants selon le contenu).
Je me souviens parfaitement avoir lu le récit originel écrit par Howard lorsque j'étais adolescent. Il m'avait fasciné tant ce démon en forme de crapaud géant et difforme était plutôt dérangeant. On frôlait alors l'univers d'H.P. Lovecraft (ami intime d'Howard dont les nouvelles étaient publiées dans le même pulp, le célèbre Weird Tales), avec cette créature indéfinissable et cauchemardesque, qui vomissait des tentacules dont le héros devait se dépêtre !
Busiek et son dessinateur Cary Nord (qui illustre par ailleurs tous les épisodes réunis dans ce recueil) adaptent ce récit de manière efficace, avec beaucoup de savoir faire et un parti-pris téméraire, puisque le monstre est illustré de manière littérale, grotesque et colorée !

Nous disons donc au revoir à Monsieur Busiek, qui aura jusqu'ici mené la série de main de maître, avec une ambition certaine et un concept magistral.
Il nous laisse au beau milieu d'un récit inachevé. Mais l'intérim est assuré par un autre auteur prestigieux en la personne Mike Mignola, qui met ainsi un terme à cette histoire dans l'épisode #30 ("Le serpent"). Un épisode haut en couleur, également bien glauque et horrifique, hélas massacré en VF par la traduction laborieuse et déplorable de Geneviève Coulomb...

Les deux derniers segments forment une nouvelle histoire. C'est au tour de Timothy Truman de reprendre les rênes du scénario. Il sera désormais à la tête de la série jusqu'à la fin, à l'exception d'une poignée d'épisodes one-shot. Sa prestation est tout à fait satisfaisante, bien dans le ton de ce que nous a offert la série jusqu'ici, et l'on va continuer à la suivre avec gourmandise...
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