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Tornado (Provence Côte d'Azur)
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Matrix Comics, Tome 1 :
Matrix Comics, Tome 1 :
par Larry Wachowski
Edition : Broché

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 A la source de la matrice, 13 avril 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Matrix Comics, Tome 1 : (Broché)
Mon commentaire traitera de l'intégralité de la série "Matrix Comics", soit 24 épisodes réunis dans les deux recueils suivants : Matrix Comics, Tome 1 (ici présent) et Matrix Comics, Tome 2.
L'histoire à la base de l'univers "Matrix", tout le monde la connait : En 1999, Thomas Anderson, surnommé "Néo", jeune hacker surdoué, est contacté par deux de ses légendaires confrères : "Trinity" et "Morpheus". Ces derniers vont lui révéler une vérité hallucinante : "Néo" ne vit pas dans le monde réel. Il vit, et le monde entier avec lui, dans une illusion virtuelle. Un programme généré par une entité mécanique, une intelligence artificielle : La "Matrice".

On l'a entendu à maintes reprises : Matrix s'inspire des comics.
Effectivement, à la fin du premier segment et surtout dans Matrix Reloaded, le deuxième film de la saga, on peut voir "Néo" se prendre pour "Superman" dans quelques scènes de vol (somptueuses) où le personnage imite consciencieusement son modèle de papier. Aucun doute sur le parallèle : le spectateur assiste, dans ce monde terrifiant qui l'attend peut-être un jour, à la naissance d'un authentique super-héros ! La filiation entre le film et les comics (et la place privilégiée dédiée au surhomme en panoplie) est définitivement entérinée, d'autant qu'il parait que l'univers de "Matrix" s'inspire d'une série créée par le scénariste Grant Morrison et intitulée Les Invisibles (influence non reconnue par les frères Wachowski)'

En tout cas, une chose est certaine, l'esprit des films qui nous intéressent ici est marqué par le monde des comics et, comme s'il fallait boucler la boucle, la saga a donné naissance, dans son sillon, à une déclinaison multimédia dans laquelle les comics n'étaient pas oubliés !
C'est ainsi que, de 1999 à 2004, une collection de petites histoires, d'abord publiées initialement sous la forme de webcomics sur le site TheMatrix.com, vinrent apporter leurs pierres à l'édifice de la "Matrice" !

Si les frères Wachowski écrivent le premier épisode estampillé Matrix Comics avec Geof Darrow, ce n'est pas un hasard. Ce dernier, en plus d'être une légende des comics pour ses œuvres réalisées avec Frank Miller, est avant tout le designer et le créateur visuel officiel de la saga "Matrix" !
Par la suite, les deux frangins vont convoquer un impressionnant panel d'artistes venant de la profession consacrée, piochant avant tout dans le domaine des auteurs indépendants. Se bousculent ainsi aux commandes des vingt-trois épisodes suivants des noms comme Neil Gaiman, Bill Sienkiewicz, Dave Gibbons, David Lapham, Paul Chadwick, Tim Sale, Michael A. Oeming, Kaare Andrews, Ted McKeever, Greg Ruth, Peter Bague, John Van Fleet, Kilian Plunkett et Jim Kruger. Certains officient entant que scénaristes, dessinateurs et parfois les deux en même temps. Et l'ensemble est harmonisé par l'éditeur Spencer Lamm.

D'une longueur inégale (entre cinq et vingt pages), les épisodes sont également d'une qualité fluctuante. Certains auteurs ou artistes se montrent nettement au dessus du lot (Tim Sale ou Greg Ruth, artiste que j'admire depuis son travail sur la série Conan chez Dark Horse), quand d'autres se révèlent décevants du point de vue du scénario. Effectivement, la plupart des dessinateurs s'improvisent ici scénaristes et, franchement, ce n'est pas toujours une réussite. Mais le pire demeure pour moi le fameux épisode écrit par Neil Gaiman et soit disant mis en image par Bill Sienkiewicz et Greg Ruth. Huit pages qui ne sont, non pas de la bande-dessinée, mais une nouvelle particulièrement laborieuse, opaque et surréaliste, bourrée de dialogues indigestes avec six dessins insipides en guise d'illustration ! Après avoir lu moult commentaires dithyrambiques sur la chose, je me demande encore si les lecteurs sont objectifs à la seule pensée de la participation du créateur de Sandman !

Chaque épisode est indépendant des autres et possède son identité propre, les auteurs ayant bénéficié d'une liberté artistique totale et absolue. Des planches en noir et blanc underground (Geof Darrow) côtoient ainsi des images patchwork assimilant peinture et photographie (Bill Sienkiewicz), tandis qu'une poignée de pages humoristiques (Peter Bague) sont entourées de créations plus consensuelles (Dave Gibbons), plus classieuses (John Van Fleet), élégantes (Paul Chadwick, lui-même concepteur du jeu vidéo Matrix online), expressionnistes (Ted McKeever), ou même "cartoony" (Kaare Andrews).
Le second recueil est toutefois mieux équilibré que le premier, principalement car les épisodes ont été remaniés (améliorations significatives et mise en couleur optimale pour chacun d'entre eux) avant leur passage sur papier.

Dans l'ensemble, toutes ces petites histoires viennent nourrir la mythologie de la saga en imaginant la vie des gens au cœur de la "Matrice", alors qu'ils sont confrontés, parfois, à la possibilité d'une autre réalité que celle de leur quotidien (à noter que, plus encore que les épisodes de l'anthologie Animatrix, ceux de "Matrix Comics" s'étendent sur toute la saga et au-delà, Michael A Oeming et Kaare Andrews ayant imaginé deux récits se situant après Matrix Revolutions, le dernier opus de la trilogie).
Les récits sont construits autour de personnages inédits, qui n'apparaissent pas dans les films, mais qui vivent dans le même univers. L'idée est donc bien d'explorer tous les éléments de la saga et d'approfondir tout ce qui n'était que suggéré dans le premier film (la publication des comics ayant commencé en attendant la sortie de deuxième opus), afin de nourrir la mythologie mise en place dans l'histoire initiale.
Ainsi, malgré la qualité fluctuante de l'ensemble, cette petite série de comics participe de la volonté d'enrichir un univers qui s'étend bien au-delà du seul domaine cinématographique, formant une boucle à partir de ses sources d'inspiration directe. ''' et demi.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 14, 2015 7:41 AM MEST


Star Trek II - La colère de Khan [Édition remasterisée]
Star Trek II - La colère de Khan [Édition remasterisée]
DVD ~ William Shatner
Proposé par Loki_Rises
Prix : EUR 14,17

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La guerre dans les étoiles..., 12 avril 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Star Trek II - La colère de Khan [Édition remasterisée] (Blu-ray)
"Star Trek II - La colère de Khan" est réalisé en 1982 par Nicholas Meyer. Le film peut tout à fait se regarder seul, car il n'entretient que peu de liens avec le précédent, Star Trek : Le film, réalisé en 1979.
La restauration du film en haute définition est formidable, le son et l'image retrouvant une nouvelle jeunesse...

L'intrigue principale du film reprend l'histoire de "Khan", personnage apparu pour la première fois dans la série originelle à l'épisode 24 de la Saison-1 intitulé "Les Derniers Tyrans" (Star Trek - Saison 1). Tyran génétiquement modifié venu de la fin du XIX° siècle, "Khan" avait été banni avec les siens sur une planète déserte par l'équipage de l'Enterprise. Il revient aujourd'hui, quinze ans plus tard, afin d'assouvir sa vengeance...

Ce second opus cinématographique est sans aucun doute l'un des sommets de la franchise, si ce n'est tout simplement le meilleur épisode dans sa période classique. C'est en tout cas le plus trépidant, le plus palpitant et incontestablement le plus exotique et l'un des plus spectaculaires.
L'acteur Ricardo Montalban, qui incarne le personnage de "Khan", porte le film avec un charisme incroyable, tandis que les vieux routards de l'Enterprise approfondissent leurs relations avec une certaine émotion pleine de tendresse.
Pour l'anecdote, c'est l'épisode préféré des fans de Star Wars, qui préfèrent en général l'univers picaresque de George Lucas à celui, plus contemplatif, de Gene Roddenberry...

Bien qu'il soit auto-contenu avec un début, un milieu et une fin parfaitement aboutie, le film possède une suite directe : Star Trek III - À la Recherche de Spock. Mais il possède également une relecture brillante réalisée bien plus tard dans la toute nouvelle série de films sous la houlette de J.J. Abrams : Star Trek Into Darkness. Il ne s'agit pas d'un remake, mais plutôt d'une relecture, voire d'une illustration parallèle, puisque cette nouvelle histoire se déroule dans une réalité alternative, une continuité qui suit désormais une autre direction...
Pour apprécier pleinement le film de 2013, il vaut mieux connaitre ses classiques et avoir vu au moins une fois celui de Nicholas Meyer, auquel il est fait plusieurs allusions. Le dénouement de "Star Trek Into Darkness" s'articule ainsi par rapport à son modèle et la valeur du script joue de ses relations et de ses différences avec celui du film de 1982. En d'autres termes, le spectateur profite un maximum du spectacle s'il prend conscience du nouveau destin que vivent les personnages par rapport à l'ancienne version, et de ce que ces changements apportent à la mythologie de l'univers consacré...

Le même réalisateur, Nicholas Meyer, nous avait déjà offert deux pépites du cinéma de genre : Sherlock Holmes attaque l'Orient Express en 1976 (où le détective se faisait soigner par… Sigmund Freud !), et C'était Demain en 1979 (un incroyable pitch dans lequel H.G. Wells en personne poursuivait Jack l’Eventreur dans sa machine à explorer le temps !). Il reviendra sur la saga Star Trek à l’occasion du sixième opus cinématographique : Star Trek VI - Terre Inconnue. A noter qu’en plus d’avoir écrit le scénario de tous ces films, il est également l’auteur de celui du film Liaison fatale !
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 12, 2015 5:20 PM MEST


Conan T08
Conan T08
par Timothy Truman
Edition : Relié
Prix : EUR 18,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Conan entre en guerre !, 9 avril 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Conan T08 (Relié)
Ce recueil intitulé "Le Colosse Noir" regroupe six épisodes (#8 à 13, publiés initialement en 2010). Chronologiquement, il se situe après Conan : Cimmérie. Pour un sommaire détaillé de la série en VF, voir mon commentaire dans Les nouvelles aventures de Conan, Tome 1 : La Légende (chez Soleil) ou Conan : La tour de l'éléphant (chez Panini). C'est le dernier recueil de la collection traduit en VF par Panini Comics. En VO, la série compte encore deux tomes (avant de repartir sous une nouvelle numérotation, avec une nouvelle équipe créative).
Pour le présent recueil, ce sont toujours le scénariste Timothy Truman, le dessinateur Thomas Giorello et le coloriste José Villarubia qui dirigent la série.

Après avoir imaginé des aventures inédites d'après de simples notes laissées par Robert E. Howard à propos de son retour en Cimmérie, Timothy Truman, qui continue de raconter les aventures de Conan dans un ordre chronologique scrupuleux, adapte à présent un grand classique du barbare : "Le Colosse Noir".
Cette nouvelle saga représente une gageure pour le scénariste car, en plus de convoquer un panel de créatures fantastiques d'après les descriptions elliptiques d'Howard, il s'agit avant tout de raconter une série de batailles homériques.
Conan s'est engagé comme mercenaire dans l'armée du Seigneur "Amalric". Mais lorsque un sorcier lève sur le monde une armée démoniaque, notre héros est choisi par la princesse que convoite le dit-sorcier afin de mener son armée au combat. Conan se révèle alors comme un chef né et charismatique.

Ces six épisodes linéaires et relativement classiques du point de vue de la forme se lisent quasiment d'une traite. L'ensemble n'a rien d'exceptionnel et ne vise qu'au divertissement. Mais le ton est juste et le lecteur fan de Conan se retrouve complètement au bon endroit.
Le style narratif de Truman peut paraitre un peu lisse, d'autant que le scénariste a un peu de mal à rendre les nombreuses scènes de bataille particulièrement palpitantes. La partie graphique nous met cependant un peu la puce à l'oreille : Notre équipe créative (qui ne lésine pas sur le sang et les fesses) a sûrement été obligée d'accélérer la cadence, livrant une série d'épisodes d'une qualité relativement moyenne d'un point de vue artistique. Quelques épisodes de plus, notamment lors de la grande bataille finale, avec un meilleur découpage et une narration plus dense, n'auraient pas été de refus.
A noter que j'ai lu cette aventure dans à peu-près toutes ses versions, et que je n'ai toujours pas compris pourquoi elle s'appelle "Le Colosse Noir" !

En VF, Panini Comics n'a toujours pas publié la suite de ce recueil et il faut faire un bon en avant pour retrouver la série au tome 13 en VO, avec le run de brian Wood qui commence dans Conan le Barbare, Tome 1 : La Reine de la Côte Noire, et se poursuit dans Conan le Barbare, Tome 2 : Fureur Sur la Frontière, Conan le Barbare, Tome 3 : Le Cauchemar des Bas-Fonds et Conan Le Barbare, Tome 4 : Le Chant de Belit...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 9, 2015 9:06 PM MEST


Conan T07
Conan T07
par Tomas Giorello
Edition : Broché
Prix : EUR 25,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Entre les lignes, 7 avril 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Conan T07 (Broché)
A partir de ce recueil, intitulé "Cimmérie", la série subit un relaunch et recommence au numéro #0. Le tome regroupe quant à lui huit épisodes (respectivement les #0, et 1 à 7, publiés initialement en 2009). Chronologiquement, il se situe entre Conan : La Main de Nergal et Conan : Le Colosse Noir.
Pour un sommaire détaillé de la série en VF, voir mon commentaire dans Les nouvelles aventures de Conan, Tome 1 : La Légende (chez Soleil) ou Conan : La tour de l'éléphant (chez Panini).
Ce sont désormais le scénariste Timothy Truman, le dessinateur Thomas Giorello et le coloriste José Villarubia qui dirigent la série. A noter que ce recueil profite de la participation du légendaire Richard Corben, qui illustre entre six et quinze pages par épisode.

Conan, fatigué de ses voyages en orient, revient en Cimmérie, son pays d'origine. Chemin faisant, il croise la route de plusieurs personnes qui le reconnaissent et qui, systématiquement, lui narrent les aventures de "Connacht", son grand père, qui connut un destin presque similaire. Mais plus Conan se rapproche de son village natal, et plus il doit subir d'abominables révélations sur ce que vit actuellement son peuple. Il prend peu à peu conscience que ce retour aux sources n'était peut-être pas une si bonne idée...

A partir de ce relaunch de la série, le scénariste Timothy Truman en profite pour rompre en grande partie avec le concept initial qu'avait mis en place son prédécesseur, Kurt Busiek. Jusqu'ici, il était question d'adapter les aventures de Conan telles qu'elles avaient été écrites par Robert Howard et les écrivains ayant pris sa suite, tout en les remettant dans un ordre chronologique cohérent, et en développant des sous-intrigues annexes afin de les lier de manière fluide.
Ici, Truman poursuit cette logique chronologique (inspirée par les lettres qu'échangèrent Howard et deux de ses admirateurs qui entérinèrent un "parcours probable de Conan le barbare"). Mais il cesse de s'inspirer des romans et autres nouvelles initiales afin d'imaginer lui-même les aventures de Conan entre les lignes des écrivains (d'une certaine manière, Busiek avait un peu balisé le terrain avec les épisodes évoquant la jeunesse de Conan regroupés dans Conan : Né au champ de bataille).
Il conçoit les épisodes réunis dans ce recueil comme une aventure unique (un arc narratif de la série avec un début, et une fin), pouvant se lire de manière relativement autonome. Il développe une lecture conceptuelle parsemée de souvenirs évoqués par plusieurs personnages à propos du grand-père de Conan. Ces véritables épisodes à l'intérieur des épisodes paraissent au départ factices et gratuits. Mais peu à peu, le lecteur prend conscience qu'ils résonnent dans son esprit comme un écho aux aventures de Conan, et qu'ils agissent comme un parallèle symbolique. Chaque aventure de Connacht est ainsi un moyen pour le lecteur de prendre conscience de la valeur de celles de son descendant, et d'en mesurer la densité et la richesse sur la longueur.

Ce parti-pris narratif est au final très intéressant, même si l'on peut trouver que les flashbacks dédiés à l'aïeul du héros lui volent un peu la vedette. Surtout qu'ils sont entièrement dessinés par Richard Corben (avec des planches sur fond rouge histoire de marquer la différence avec le récit au temps présent). Légende vivante des comics, le vieux Corben a un peu perdu de sa superbe au niveau de la précision du trait (il bâcle pas mal de postures), mais il parvient toujours à donner à ses planches une force peu commune.
Le reste du recueil est illustré par le duo Giorello/Villarubia, qui s'applique ici davantage que sur le tome précédent. Le résultat est très classique, à mi-chemin entre le graphisme typique de la bande dessinée et la peinture, mais il demeure tout à fait adapté au récit.

Arrivée à ce stade, cette série Dark Horse commence à perdre de son intérêt pour les lecteurs qui souhaitent voir les adaptations fidèles des romans de Robert E. Howard. Pour les autres, elles peut se révéler très intéressante par son côté expérimental et ses interprétations des aventures du héros "entre les lignes" des nouvelles officielles.
"Cimmérie" développe ainsi tout un passage de la vie de Conan qui n'avait au départ été évoqué que dans quelques notes laissées par Howard, où il était question que le héros retourne visiter sa Cimmérie natale après les événement relatés dans "La Main de Nergal", et ceux où l'on apprenait que son grand père avait trouvé refuge dans une tribu du nord après une longue errance dans les royaumes du sud.
C'est un peu étrange car, quoiqu'il en soit, nous avons ici affaire à une série à la fois très classique dans sa mise en forme et sa narration, et assez personnelle entant qu'adaptation des aventures de Conan le barbare. Tout dépendra donc de ce que le lecteur viendra y chercher...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 7, 2015 8:16 PM MEST


Star Trek Into Darkness [Blu-ray]
Star Trek Into Darkness [Blu-ray]
DVD ~ Chris Pine
Prix : EUR 14,99

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le cœur des hommes, 3 avril 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Star Trek Into Darkness [Blu-ray] (Blu-ray)
Il aura fallu attendre quatre ans avant que JJ Abrams et ses sbires nous offrent cette suite en 2013.
Le premier film était excellent. Celui-ci est encore meilleur !
Toujours aussi rythmé et furibard, le "Star Trek" version Abrams, c'est du cent à l'heure et c'est, de ce point de vue, le strict inverse de la franchise dans sa période classique !

Les puristes, évidemment, ont boudé. Oh ! Ils boudent toujours de toute façon, puisque pour leur plaire, il faudrait que tout soit comme ceci et pas comme cela, et que rien ne change, surtout...
Dans la forme, "Star Trek Into Darkness" n'a effectivement plus grand chose de comparable aux anciens films, et encore moins à la série originelle. Dans le fond en revanche, les thématiques demeurent les mêmes. L'action prend désormais le dessus, mais la toile de fond ne disparait pas pour autant.

Après avoir revisité les origines de la franchise (sans pour autant que cela ne constitue un reboot !), après avoir dynamité la jeunesse et la personnalité de ses héros de la première heure, cette nouvelle série de films se penche désormais sur les grandes heures de la saga classique. "Star Trek Into Darkness" reprend ainsi l'histoire de "Khan" (personnage apparu pour la première fois dans la série classique à l'épisode 24 de la saison-1 intitulé "Les Derniers Tyrans"), et en particulier revisite les aventures que nous avions déjà vécues entant que spectateur dans le magnifique Star Trek II - La colère de Khan (réalisé en 1982 par Nicholas Meyer), peut-être le plus beau film de la franchise dans sa version classique.
Encore une fois, il ne s'agit nullement d'un remake, mais plutôt d'une relecture, voire d'une illustration parallèle, puisque cette nouvelle histoire se déroule dans une réalité alternative, une continuité qui suit désormais une autre direction...

Abrams et ses scénaristes nous livrent un script incroyable, réglé comme une montre suisse, bourré de surprises et de morceaux de bravoures spectaculaires (ah ! le combat final opposant Khan à Spock !!!). Pour apprécier pleinement ce scénario complexe et proprement jouissif, il vaut mieux connaitre ses classiques et avoir vu au moins une fois le film de 1982, auquel il est fait plusieurs allusions (une courte séquence, dans laquelle apparait Léonard Nimoy, le "Spock" originel, suffit ici pour que certains des personnages prennent conscience de leur réalité alternative !). Le dénouement de "Star Trek Into Darkness" s'articule ainsi par rapport à son modèle et la valeur du script joue de ses relations et de ses différences avec celui du film de Nicholas Meyer. En d'autres termes, le spectateur profite un maximum du spectacle s'il prend conscience du nouveau destin que vivent les personnages par rapport à l'ancienne version, et de ce que ces changements apportent à la mythologie de l'univers consacré...

Le casting demeure identique au film précédent, à l'exception des méchants qui font ici leur première apparition. Le duo de héros (les jeunes Kirk & Spock) est toujours aussi charismatique et les deux acteurs rivalisent de sensibilité en interprétant une incroyable palette de sentiments contrastés. Impressionnant ! On leur souhaite une brillante carrière !
Tout le sel de cette nouvelle série de films tient de la caractérisation de ses personnages, particulièrement soignée et profonde. Les dialogues et les joutes verbales sont toujours aussi formidables, et plusieurs scènes de confrontation valent leur pesant d'or.
Les auteurs de cette nouvelle continuité nous rappellent que, finalement, le plus important c'est encore les personnages et leur destin, ainsi que les enjeux que représente pour eux le cours de leurs aventures. Avec une rare intelligence, ils parviennent à nous offrir un grand spectacle total aux scènes d'action spectaculaires et aux effetx spéciaux dantesques, mais sans jamais occulter cette valeur inviolable.
Hélas pour "Star Trek", mais heureusement pour "Star Wars", JJ Abrams a quitté "l'Enterprise" pour rejoindre le "Faucon Millenium". Souhaitons que la relève sera à la hauteur pour le très prochain "Star trek 3"...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 3, 2015 8:17 PM MEST


Les mondes cachés : L'arbre-forêt
Les mondes cachés : L'arbre-forêt
par Gaspard Yvan
Edition : Album
Prix : EUR 13,95

8 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 D'un monde à l'autre, 31 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les mondes cachés : L'arbre-forêt (Album)
"Les Mondes Cachés - L'Arbre-Forêt" est un album qui propose une histoire complète. Il s'agit d'un spin-off de la série Gargouilles (qu'il n'est pas nécessaire de connaitre, même si elle constitue le terreau de cet univers magique). Le scénario est écrit par Denis-Pierre Filippi. Le dessin est effectué par Sylvio Camboni et la mise en couleur est l'œuvre de Gaspard Yvan. Cette histoire a été publiée en 2015.

Lorsque j'étais adolescent, je voulais faire de la bande-dessinée. J'avais commencé à mettre en image une histoire qui me tenait à cœur : Un jeune ado mélancolique sortait de sa chambre le soir pour s'isoler sur les toits de la ville. Il rencontrait un autre personnage qui l'invitait à le suivre et, ensemble, ils franchissaient la frontière de notre monde pour pénétrer dans un monde magique...
Les années ont passé et je ne suis pas devenu dessinateur de BD. Et mon récit en est resté au stade des trois premières planches... J'ai ensuite transformé cette histoire en roman et, là encore, il est resté inachevé au terme de quelques chapitres...

Quelle surprise fut la mienne, en feuilletant cet album, lorsque je constatais que le point de départ était presque le même ! Les magnifiques illustrations de Camboni et Yvan allaient finir par m'en convaincre : Je devais lire cette histoire, même si elle me paraissait réservée aux enfants !
Et puis, le nom de Pierre-Denis Filippi était également un gage de qualité, puisque j'avais déjà beaucoup apprécié certaines de ses créations.

Les premières pages de l'album m'ont rassuré : Le scénario est solide et le récit est raconté de manière universelle, enfantine certes, mais pas infantile ni même racoleuse. Je suis bien heureux de constater que l'écriture de Mr Filippi est comme le bon vin : Elle se bonifie avec le temps. Tout y est soigné, des dialogues à la mise en scène, en passant par la toile de fond, qui explore avec délicatesse les tourments de l'adolescence et le danger d'une existence vouée à l'échec dès lors qu'elle est dominée par le désir de fuir le réel.
Le récit se tient de bout en bout et le dénouement est tout à fait cohérent. Comme il l'avait fait avec Les Livres de vie : Le livre de Jack / Le livre de Sam, le scénariste respecte son lectorat et lui offre une fin pleine de sens et de poésie. Evidemment, les péripéties de nos jeunes héros sont assez consensuelles et le tout manque sans doute un peu de piquant et d'originalité. Mais il s'agit d'un très joli conte pour enfants, qui se laisse également lire de manière universelle, avec légèreté et un soupçon de nostalgie.

La partie graphique et picturale est la cerise sur le gâteau de cette belle échappée. Du début dans la gare de Montparnasse jusque dans le monde merveilleux de l'oncle "d'Itsuki" (sorte de jardin japonais gigantesque peuplé de créatures féériques chamarrées et de végétation aux proportions démesurées et surréalistes), en passant par la bute Montmartre, tout y est splendide. Si le dessin est un peu sage, la mise en couleur est en revanche un festival de sensations qui transcende chaque planche pour la transformer en véritable feu d'artifice féérique. Gaspard Yvan a beau utiliser un outil virtuel (la mise en couleur infographique peut parfois paraître un peu froide), il maitrise son art jusqu'au bout des ongles !
Sylvio Camboni opte quant à lui pour un style très enfantin et ses personnages, notamment les enfants, ont un aspect cartoon assez extrême. L'ensemble sonne néanmoins très juste, tant ce parti-pris connoté est contrebalancé par un art du dialogue qui empêche systématiquement les personnages de sombrer dans la mièvrerie. La toile de fond mélancolique apporte de son côté un équilibre universel à un récit qui aurait, dans le cas contraire, souffert d'une trop grande légèreté.

Une fois le livre refermé, on quitte ces personnages avec un pincement au cœur et on court partager cette lecture avec ses enfants. Le récit de Mr Filippi devient alors, comme Pinocchio, l'occasion de réconcilier les générations et de faire revivre au plus grands leur enfance passée... ☆☆☆☆ et demi.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 31, 2015 7:12 PM MEST


CONAN T06
CONAN T06
par Timothy Truman
Edition : Broché
Prix : EUR 22,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Conan, entre Howard, Lovecraft et Martin..., 30 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : CONAN T06 (Broché)
Ce recueil intitulé "La Main de Nergal" regroupe quatre épisodes (respectivement les #47, 48, 49 et 50, publiés initialement en 2008). Chronologiquement, il se situe entre Conan : Le rendez-vous des bandits et Conan : Cimmérie. Pour un sommaire détaillé de la série en VF, voir mon commentaire dans Les nouvelles aventures de Conan, Tome 1 : La Légende (chez Soleil) ou Conan : La tour de l'éléphant (chez Panini).
Ce sont désormais le scénariste Timothy Truman et le dessinateur Thomas Giorello qui dirigent la série. A noter qu'à partir du tome suivant, cette série subit un relaunch et recommence au numéro #0.

Conan en a assez de subir les civilisations maudites de l'est et du sud du monde hyborien. Il souhaite repartir vers sa Cimmérie natale. Hélas, le destin en a décidé autrement et il devra affronter bien des périls avant de quitter la terre de Zamora...

Plus court que les précédents (seulement quatre épisodes, bien que le dernier s'étire sur 36 pages), ce recueil adapte une histoire de Conan qui ne part pas sur de bonnes bases pour les fans puristes de Robert Howard. Effectivement, "La Main de Nergal" est une nouvelle qui a été initialement écrite par Lin Carter d'après le texte inachevé du créateur de Conan, décédé prématurément en 1936...
En fin de recueil, on trouve une histoire bonus : Il s'agit de l'adaptation "vintage" de "La Main de Nergal", réalisée en 1973 par le scénariste Roy Thomas et le dessinateur John Buscema ("Conan the Barbarian #30 : The Hand of Nergal"). Ce court épisode, en plus d'être très dense (la même histoire en seulement 22 pages !), est plutôt bon. Mais il est surtout très intéressant dans la mesure où les différences avec la nouvelle version de la série Dark Horse permettent de mieux relever les changements effectués par Timothy Truman d'après le récit initial.

Truman, plus encore que Kurt Busiek (le scénariste précédent), prend ses distances avec les histoires d'origine et en propose une relecture en y apportant des changements significatifs. Le volet fantastique et horrifique généré par Howard était plutôt de l'ordre de la suggestion et les apparitions et autres manifestations magiques y étaient subtiles et difficiles à cerner. Par exemple, "La Main de Nergal" mettait en scène des espèces de chauves-souris vaporeuses et se terminait par l'apparition fantomatique de deux divinités antagoniques qui se mélangeaient à la fumée et aux volutes colorées, un peu comme si le lecteur n'était pas certain de les avoir imaginées...
Au contraire, le scénariste va ici verser dans la Dark Fantasy la plus totale (on pense inévitablement à l'univers de Trône de Fer avec ses armées de zombies !) et fusionner les démons en une seule et ostentatoire figure horrifique, qui évoque grandement les créatures des nouvelles de H. P. Lovecraft (ami intime d'Howard dont les nouvelles étaient publiées dans le même pulp, le célèbre Weird Tales). Par ailleurs, dans la lignée de Busiek, Truman continue de broder plusieurs sous-intrigues inédites permettant à tous les épisodes de se suivre, allant même, parfois, jusqu'à donner à ces intrigues au départ secondaires, une importance croissante.
Inutile de dire que ce parti-pris pourra être mal perçu par les puristes qui "ne veulent lire que du Howard", et cet arc narratif a d'ailleurs été assez mal reçu outre-Atlantique par les gardiens du temple du créateur de Conan...

La partie graphique est ici forcément décevante si on la compare à celle des précédents recueils. En effet, le coloriste Richard Isanove a quitté la série et il est désormais remplacé par José Villarubia. Le résultat ressemble nettement plus à du comics mainstream un peu grossier, brutalement encré et servilement mis en couleur, là où les épisodes précédents prenaient des allures de peintures, comme s'ils tentaient de faire revivre les tableaux de Frank Frazetta, l'illustrateur culte qui avait popularisé l'univers de Conan dans les années 50.
Tous ces bémols ne sauraient cependant éteindre la flamme car cette série moderne demeure d'un excellent niveau en termes de divertissement pur. Elle déplaira tout simplement aux puristes, pour qui il n'y a définitivement qu'un seul et unique Conan le barbare, celui de Robert E. Howard et de ses nouvelles, écrites avant 1936. Et non pas une relecture qui ose prendre des libertés avec ce matériel sacré issu de l'esprit d'un artiste maudit et intouchable...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 31, 2015 7:32 PM MEST


X MEN EXTRA N° 36 (2003) COMICS VF
X MEN EXTRA N° 36 (2003) COMICS VF
par CHRIS KIPINIAK
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Petites icones, 29 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : X MEN EXTRA N° 36 (2003) COMICS VF (Broché)
En 2001, alors que débute l'inoubliable run de Grant Morrison sur la série New X-Men, les éditions Marvel Comics lancent la ligne "Icons", destinée à offrir des mini-séries à certains membres de l'équipe des "X-men", alors en pleine gloire au lendemain du succès de la franchise au cinéma. En effet, X-Men 1 de Brian Singer est tout simplement le film qui aura relancé la mode des super-héros sur grand écran !

En français, l'éditeur Panini Comics commence à publier les mini-séries en question dès 2002, dans le magazine "X-men Extra", reconditionné spécialement pour accueillir les œuvres en question.
Je propose de publier ici un avis sur toutes les mini-séries de la gamme "Icons" (il y en a cinq en tout), que je dupliquerais ainsi sur tous les numéros disponibles sur le site d'Amazon.

1) CYCLOPE - X-MEN EXTRA #33
Aïe aïe aïe ! Ça commence très mal ! L'affiche était pourtant très alléchante : Brian K. Vaughan (scénario), Mark Teixeira (dessin) et Jimmy Palmiotti (encrage). Je me suis plongé dans cette lecture avec les meilleures intentions du monde, sachant que Vaughan est un de mes scénaristes préférés, tout ça pour découvrir quatre épisodes calamiteux, mauvais dans tous les sens du terme. Aucun des artistes cités plus haut ne sort son épingle du jeu et Vaughan nous pond une histoire à dormir debout, infantile et mal fichue au possible : Scott Summers, dans son costume flambant neuf dessiné par Frank Quitely (fraichement issu du run de Morrison), n'est pas dans son assiette. Le Professeur Xavier lui impose des vacances forcées. Notre "Cyclope" s'en va alors avec sa moto et erre sans but, jusqu'à ce que tout un panel d'ennemis improbables ("Black Ton Cassidy", le "Fléau" et "Ulysse", un vilain insipide) ne lui tombe dessus comme un cheveu sur la soupe, avant que notre héros n'échoue en "Terre sauvage" pour affronter un monstre antédiluvien (ridicule). Le final l'envoie en Amérique du sud pour y retrouver Ulysse, pour un combat final indigeste.
Je veux croire qu'il s'agissait pour le scénariste d'un échauffement. 1 étoile.

2) MALICIA - X-MEN EXTRA #34
C'est un peu mieux. Fiona Avery (scénario) et Aaron Lopresti (dessin) reviennent sur le passé du personnage et développent son intégration au sein de l'équipe, notamment dans ses rapports avec un Professeur Xavier particulièrement bienveillant. Le mal de vivre de Malicia la pousse à s'enfuir, avant de se raviser au terme d'une courte aventure initiatique.
Beaucoup mieux écrite et dessinée que la mini-série précédente, celle-ci se laisse lire sans déplaisir, mais souffre d'un manque de densité et s'oublie finalement très vite, dans la mesure où elle n'apporte pas grand chose à la mythologie de son personnage. Les puristes de la continuité n'apprécieront pas les nombreuses libertés prises avec les épisodes originaux de 1984. 3 étoiles.

3) ICEBERG - X-MEN EXTRA #35
Le niveau redescend d'un cran avec cette histoire dans laquelle Bobby Drake part pour le Japon afin d'y rencontrer "Opal", son ancien amour. Il va se retrouver confronté à une organisation scientifique qui utilise les pouvoirs mutants dans le but de créer des êtres hybrides à des fins inavouables. Malgré la présence du duo Dan Abnett & Andy Lanning au scénario, voilà une histoire tirée par les cheveux dont la structure ne semble être qu'un prétexte à nous balancer de l'action parfaitement inepte et infantile. Le dessin de Karl Herschl est plutôt sympathique mais on ne sait pas pourquoi, l'épisode #3 est soudain dessiné par Scottie Young, dans un style "Graffiti Chébran" absolument vomitoire, avant qu'Herschl ne reprenne les crayons sur le dernier épisode ! Encore une grosse déception. Réservé à un public très jeune et fort peu exigeant quant à la teneur scénaristique. 2 étoiles.

4) DIABLO - X-MEN EXTRA #36 (ici présent)
Enfin du bon matériel ! Cette mini-série, nommée "Mystère Et Passion" ("A Passion Play"), n'offre pourtant pas l'affiche la plus prestigieuse (Chris Kipiniak au scénario et Matthew Smith au dessin). Et pourtant, il y a un vrai scénario (pas un pitch prétexte comme sur les précédents), une réelle volonté de coller à la mythologie du personnage (Kurt Wagner et ses rapports avec la religion servent de toile de fond) et un solide travail de mise en forme. Le dessin de Smith est simple mais efficace, avec un découpage impeccable.
Alors que "Diablo" officie entant que séminariste dans une petite paroisse de New York, une jeune asiatique vient demander de l'aide. Notre héros se retrouve dès lors confronté à un gang de trafic humain. Aucun super-vilain à l'horizon, mais juste une histoire de tragédies et de quête spirituelle, et avant tout un excellent travail d'écriture et de mise en forme. Rien d'original, mais juste du très bon boulot (à se demander pourquoi Chris Kipiniak & Matthew Smith n'ont pas davantage travaillé pour Marvel !). 4 étoiles.

5) CHAMBER - X-MEN EXTRA #38
Retour aux commandes du scénariste Brian K. Vaughan, ici associé au dessinateur Lee Fergusson. Cette dernière mini-série de la gamme "Icons", nommée "L'Homme Vide" ("Hollow Man"), est la meilleure de toutes, et rappelle le scénariste de "Y The Last man" à notre bon souvenir. Les dessins de Lee Fergusson, parfois orientés jeune public, sont contrebalancés par l'encrage de Norm Rapmund, manifestement inspiré par celui de Jae Lee, tout en ombres torturées.
L'intérêt principal du récit réside dans sa toile de fond proprement fidèle à l'apanage des séries "mutantes" de l'univers Marvel, à savoir la parabole sur le racisme et le droit à la différence. Vaughan dévoile d'entrée de jeu son projet en traitant cette thématique à bras le corps. Ainsi, on comprend mieux pourquoi il s'est intéressé en particulier à cette figure très secondaire parmi les "X-men". En effet, "Chamber" est l'un des mutants les moins gâtés en termes d'apparence, puisqu'il a perdu la moitié de son visage et l'essentiel de sa poitrine lors de la manifestation de ses pouvoirs "biokinétiques" (aucune idée de ce que cela signifie).
Jonothan Starsmore enquête sur un campus universitaire, le seul dans le pays qui accepte l'inscription d'étudiants mutants. Mais six de ces étudiants ont été assassinés. Sitôt arrivé sur les lieux, notre héros constate qu'il règne une tension extrême entre les êtres humains dit "normaux" et les jeunes "homo-superiors"...
Voilà ce qu'il faut faire ! Puiser à la sève d'une franchise afin d'en explorer toutes les possibilités de raconter une histoire intéressante. Du coup, les événements coulent de source et l'affrontement psychologique prime sur les habituelles rixes bodybuildées qui règnent sur l'univers des super-héros. Toutefois, sur la fin, le récit s'oriente davantage vers une dimension strictement policière, dans laquelle prime le côté "enquête" (avec moult rebondissements et chausse-trapes scénaristiques), plutôt que sur un discours universel de la trempe d'un Dieu crée, l'homme détruit, faisant retomber l'ensemble dans quelque chose de l'ordre du simple divertissement.
Pour le reste, Vaughan intègre parfaitement sa mini-série dans l'esprit du run de Grant Morrison en transformant la "mutanité" en loterie génétique, où les mutants ressemblent plus à des "freaks" qu'à des belles gueules super-héroïques. Les personnages sont attachants, c'est bien raconté, prenant et efficace. 4 étoiles.

"Icons" : Un projet des éditions Marvel Comics relativement mort-né, qui s'est arrêté au moment où cela commençait à devenir intéressant. A l'heure où j'écris ces lignes, cherchez des mini-séries chez cet éditeur, il n'y en a plus ! Et c'est bien dommage.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 29, 2015 8:37 PM MEST


X MEN EXTRA N° 35 (2002) COMICS VF
X MEN EXTRA N° 35 (2002) COMICS VF
par DAN ABNETT
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Petites icones, 29 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : X MEN EXTRA N° 35 (2002) COMICS VF (Broché)
En 2001, alors que débute l'inoubliable run de Grant Morrison sur la série New X-Men, les éditions Marvel Comics lancent la ligne "Icons", destinée à offrir des mini-séries à certains membres de l'équipe des "X-men", alors en pleine gloire au lendemain du succès de la franchise au cinéma. En effet, X-Men 1 de Brian Singer est tout simplement le film qui aura relancé la mode des super-héros sur grand écran !

En français, l'éditeur Panini Comics commence à publier les mini-séries en question dès 2002, dans le magazine "X-men Extra", reconditionné spécialement pour accueillir les œuvres en question.
Je propose de publier ici un avis sur toutes les mini-séries de la gamme "Icons" (il y en a cinq en tout), que je dupliquerais ainsi sur tous les numéros disponibles sur le site d'Amazon.

1) CYCLOPE - X-MEN EXTRA #33
Aïe aïe aïe ! Ça commence très mal ! L'affiche était pourtant très alléchante : Brian K. Vaughan (scénario), Mark Teixeira (dessin) et Jimmy Palmiotti (encrage). Je me suis plongé dans cette lecture avec les meilleures intentions du monde, sachant que Vaughan est un de mes scénaristes préférés, tout ça pour découvrir quatre épisodes calamiteux, mauvais dans tous les sens du terme. Aucun des artistes cités plus haut ne sort son épingle du jeu et Vaughan nous pond une histoire à dormir debout, infantile et mal fichue au possible : Scott Summers, dans son costume flambant neuf dessiné par Frank Quitely (fraichement issu du run de Morrison), n'est pas dans son assiette. Le Professeur Xavier lui impose des vacances forcées. Notre "Cyclope" s'en va alors avec sa moto et erre sans but, jusqu'à ce que tout un panel d'ennemis improbables ("Black Ton Cassidy", le "Fléau" et "Ulysse", un vilain insipide) ne lui tombe dessus comme un cheveu sur la soupe, avant que notre héros n'échoue en "Terre sauvage" pour affronter un monstre antédiluvien (ridicule). Le final l'envoie en Amérique du sud pour y retrouver Ulysse, pour un combat final indigeste.
Je veux croire qu'il s'agissait pour le scénariste d'un échauffement. 1 étoile.

2) MALICIA - X-MEN EXTRA #34
C'est un peu mieux. Fiona Avery (scénario) et Aaron Lopresti (dessin) reviennent sur le passé du personnage et développent son intégration au sein de l'équipe, notamment dans ses rapports avec un Professeur Xavier particulièrement bienveillant. Le mal de vivre de Malicia la pousse à s'enfuir, avant de se raviser au terme d'une courte aventure initiatique.
Beaucoup mieux écrite et dessinée que la mini-série précédente, celle-ci se laisse lire sans déplaisir, mais souffre d'un manque de densité et s'oublie finalement très vite, dans la mesure où elle n'apporte pas grand chose à la mythologie de son personnage. Les puristes de la continuité n'apprécieront pas les nombreuses libertés prises avec les épisodes originaux de 1984. 3 étoiles.

3) ICEBERG - X-MEN EXTRA #35 (ici présent)
Le niveau redescend d'un cran avec cette histoire dans laquelle Bobby Drake part pour le Japon afin d'y rencontrer "Opal", son ancien amour. Il va se retrouver confronté à une organisation scientifique qui utilise les pouvoirs mutants dans le but de créer des êtres hybrides à des fins inavouables. Malgré la présence du duo Dan Abnett & Andy Lanning au scénario, voilà une histoire tirée par les cheveux dont la structure ne semble être qu'un prétexte à nous balancer de l'action parfaitement inepte et infantile. Le dessin de Karl Herschl est plutôt sympathique mais on ne sait pas pourquoi, l'épisode #3 est soudain dessiné par Scottie Young, dans un style "Graffiti Chébran" absolument vomitoire, avant qu'Herschl ne reprenne les crayons sur le dernier épisode ! Encore une grosse déception. Réservé à un public très jeune et fort peu exigeant quant à la teneur scénaristique. 2 étoiles.

4) DIABLO - X-MEN EXTRA #36
Enfin du bon matériel ! Cette mini-série, nommée "Mystère Et Passion" ("A Passion Play"), n'offre pourtant pas l'affiche la plus prestigieuse (Chris Kipiniak au scénario et Matthew Smith au dessin). Et pourtant, il y a un vrai scénario (pas un pitch prétexte comme sur les précédents), une réelle volonté de coller à la mythologie du personnage (Kurt Wagner et ses rapports avec la religion servent de toile de fond) et un solide travail de mise en forme. Le dessin de Smith est simple mais efficace, avec un découpage impeccable.
Alors que "Diablo" officie entant que séminariste dans une petite paroisse de New York, une jeune asiatique vient demander de l'aide. Notre héros se retrouve dès lors confronté à un gang de trafic humain. Aucun super-vilain à l'horizon, mais juste une histoire de tragédies et de quête spirituelle, et avant tout un excellent travail d'écriture et de mise en forme. Rien d'original, mais juste du très bon boulot (à se demander pourquoi Chris Kipiniak & Matthew Smith n'ont pas davantage travaillé pour Marvel !). 4 étoiles.

5) CHAMBER - X-MEN EXTRA #38
Retour aux commandes du scénariste Brian K. Vaughan, ici associé au dessinateur Lee Fergusson. Cette dernière mini-série de la gamme "Icons", nommée "L'Homme Vide" ("Hollow Man"), est la meilleure de toutes, et rappelle le scénariste de "Y The Last man" à notre bon souvenir. Les dessins de Lee Fergusson, parfois orientés jeune public, sont contrebalancés par l'encrage de Norm Rapmund, manifestement inspiré par celui de Jae Lee, tout en ombres torturées.
L'intérêt principal du récit réside dans sa toile de fond proprement fidèle à l'apanage des séries "mutantes" de l'univers Marvel, à savoir la parabole sur le racisme et le droit à la différence. Vaughan dévoile d'entrée de jeu son projet en traitant cette thématique à bras le corps. Ainsi, on comprend mieux pourquoi il s'est intéressé en particulier à cette figure très secondaire parmi les "X-men". En effet, "Chamber" est l'un des mutants les moins gâtés en termes d'apparence, puisqu'il a perdu la moitié de son visage et l'essentiel de sa poitrine lors de la manifestation de ses pouvoirs "biokinétiques" (aucune idée de ce que cela signifie).
Jonothan Starsmore enquête sur un campus universitaire, le seul dans le pays qui accepte l'inscription d'étudiants mutants. Mais six de ces étudiants ont été assassinés. Sitôt arrivé sur les lieux, notre héros constate qu'il règne une tension extrême entre les êtres humains dit "normaux" et les jeunes "homo-superiors"...
Voilà ce qu'il faut faire ! Puiser à la sève d'une franchise afin d'en explorer toutes les possibilités de raconter une histoire intéressante. Du coup, les événements coulent de source et l'affrontement psychologique prime sur les habituelles rixes bodybuildées qui règnent sur l'univers des super-héros. Toutefois, sur la fin, le récit s'oriente davantage vers une dimension strictement policière, dans laquelle prime le côté "enquête" (avec moult rebondissements et chausse-trapes scénaristiques), plutôt que sur un discours universel de la trempe d'un Dieu crée, l'homme détruit, faisant retomber l'ensemble dans quelque chose de l'ordre du simple divertissement.
Pour le reste, Vaughan intègre parfaitement sa mini-série dans l'esprit du run de Grant Morrison en transformant la "mutanité" en loterie génétique, où les mutants ressemblent plus à des "freaks" qu'à des belles gueules super-héroïques. Les personnages sont attachants, c'est bien raconté, prenant et efficace. 4 étoiles.

"Icons" : Un projet des éditions Marvel Comics relativement mort-né, qui s'est arrêté au moment où cela commençait à devenir intéressant. A l'heure où j'écris ces lignes, cherchez des mini-séries chez cet éditeur, il n'y en a plus ! Et c'est bien dommage.
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Conan, Tome 3 : Le rendez-vous des bandits
Conan, Tome 3 : Le rendez-vous des bandits
par Timothy Truman
Edition : Broché
Prix : EUR 22,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Conan voit rouge, 28 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Conan, Tome 3 : Le rendez-vous des bandits (Broché)
Ce recueil intitulé "Le Rendez-vous des Bandits" regroupe six épisodes (respectivement les #37, 38 et 41 à 44, publiés initialement en 2008). Chronologiquement, il se situe entre Conan : La demeure des morts et Conan : La main de Nergal. Pour un sommaire détaillé de la série en VF, voir mon commentaire dans Les nouvelles aventures de Conan, Tome 1 : La Légende (chez Soleil) ou Conan : La tour de l'éléphant (chez Panini).

Le présent recueil regroupe respectivement les épisodes intitulés "Le Tripot du Rat" (épisode 37), "Le Dédale" (épisode 38), "Des Bandits à la Porte" (épisode 41), "Prêtre Rouge, Demeure de Sang" (épisode 42), "L'Asile des Catacombes" (épisode 43), et "Des Bandits dans nos Murs" (épisode 44).
Ces épisodes font suite aux précédents et forment un ensemble à suivre, comme on suivrait un feuilleton sur la vie de Conan, car la série entreprend, contrairement aux romans originels de Robert E. Howard (le créateur du personnage), de raconter les aventures du héros dans un ordre chronologique relativement scrupuleux (à part quelques exceptions).

Dans ces épisodes, Conan et ses compagnons de fortune sont arrivés dans une cité à l'ouest de Zamora, pays des voleurs. Les choses se gâtent et notre héros est emprisonné. Afin de retrouver sa liberté, il accepte de pénétrer dans la citadelle de "Nabonide le prêtre rouge", afin d'assassiner ce dernier. Mais "Nabonide" est un sorcier puissant qui a transformé sa demeure en un véritable labyrinthe...

Kurt Busiek a quitté la série. C'est désormais au tour de Timothy Truman d'en reprendre les rênes. Le scénariste poursuit dans la même veine que son illustre prédécesseur, tout en modifiant légèrement le ton global de la narration. Le "feuilleton" est toujours aussi linéaire et le parti-pris narratif oscille toujours entre les images, les dialogues et la voix off du narrateur, tout en incrustant des intrigues secondaires inédites afin de lier les diverses aventures entre elles. Mais l'équilibre entre toutes ces composantes est moins dosé et, de ce fait, les épisodes sont moins denses, beaucoup plus décompressés. Truman maitrise moins l'art du découpage que Busiek, mais son travail est tout de même très bon, et l'esprit des romans originels est aussi bien retranscrit que dans les arcs narratifs précédents.
Ce tome est également remarquable puisqu'il adapte, comme c'était le cas avec "La Tour de l'Eléphant", une des nouvelles les plus célèbres et les plus appréciées de l'écrivain Robert E. Howard.

Le dessinateur Cary Nord, qui assure assez régulièrement le dessin de la série depuis le début, est encore à l'œuvre sur ce recueil. Mais il montre ses premiers signes de fatigue en laissant la place à Thomas Giorello sur l'épisode #43. Le passage entre les deux artistes ne se remarque pas beaucoup car un troisième homme est à l'œuvre sur ces épisodes depuis le numéro #37 : Il s'agit du coloriste Richard Isanove, qui remplace alors Dave Stewart, qui assurait la mise en couleur de la série depuis le début (à part sur les épisodes flashbacks). Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'Isanove se lâche complètement sur ce travail ! Il ne se contente pas de mettre les dessins en couleur, il les peint (et ce, même si la couleur est issue d'un logiciel infographique) ! Si l'on peut parfois trouver qu'il en fait des caisses, son travail va en s'améliorant sur chaque épisode et, au fil du temps, finit par représenter plus de la moitié de la partie picturale ! A l'arrivée, la série à ce stade serait presque, visuellement, "l'œuvre de Richard Isanove" !

Cette série demeure une excellente adaptation des aventures de Conan le barbare. Le changement des équipes artistiques ne nuit en rien à la qualité de l'ensemble, et le niveau global est franchement régulier. Bref, un excellent feuilleton d'Heroic Fantasy, qui remplit parfaitement son office : Nous divertir.
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