undrgrnd Cliquez ici Toys Avant toi nav-sa-clothing-shoes nav-sa-clothing-shoes Cloud Drive Photos cliquez_ici B01CP0MXG6 Cliquez ici Acheter Fire Cliquez ici cliquez_ici Jeux Vidéo soldes montres soldes bijoux
Profil de Tornado > Commentaires

Fiche d'identité

Contenu rédigé par Tornado
Votes utiles : 4798

Chez vous : découvrez nos services personnalisés en pages d'aide !

Commentaires écrits par
Tornado (Provence Côte d'Azur)

Afficher :  
Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20
pixel
Carthago, Coffret Tomes 1 à 4 :
Carthago, Coffret Tomes 1 à 4 :
par Eric Henninot
Edition : Broché
Prix : EUR 56,80

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Monstres & compagnie, 12 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Carthago, Coffret Tomes 1 à 4 : (Broché)
"Carthago" est une série en cours de publication. Ce coffret regroupe les quatre premiers tomes et ne constitue en aucun cas une intégrale puisque Christophe Bec, l'auteur de la série (et anciennement dessinateur de Sanctuaire, à croire que le bonhomme est passionné de fonds marins !), a annoncé huit tomes au total.
Cette création connait un succès certain mais souffre d'un rythme de parution particulièrement étiré, car le premier tome est sorti en 2007, le deuxième en 2009 et le troisième en 2013 ! Depuis, néanmoins, la série semble retrouver une publication plus soutenue avec un album par an, puisque le tome 5 est prévu pour cette année.
A noter que les deux premiers tomes étaient dessinés par Éric Henninot, dont le travail (de très grande qualité) était, pour diverses raisons, très lent. Depuis, il est remplacé par Milan Jovanović. Le dessin est moins bon, tout en restant très acceptable.

Le pitch : Dans les années 90, une grande société de forage aux sources énergétique, la "Carthago", cause involontairement l'ouverture d'un gigantesque réseau de cavernes dans les abysses sous-marines. Surgit alors un "mégalodon", un requin gigantesque considéré comme le plus dangereux prédateur que la terre ait connu, sensé avoir disparu depuis plus d'un million d'années.
Parallèlement à cette découverte, et alors que les requins géants commencent à répandre la mort dans les océans, les trouvailles de monstres marins préhistoriques semblent se multiplier aux quatre coins du globe. C'est également au même moment que des fouilles sous-marines mettent à jour une cité enfouie faisant écho au mythe de l'Atlantide...

Quel pitch ! Il faut avouer que tout amateur de monstres en général et de monstres marins en particulier (voire de monstres marins préhistoriques) ne peut résister très longtemps à l'appel de la chose !
Les magnifiques dessins d'Éric Henninot ajoutent encore au fantasme et le scénario extrêmement solide de Christophe Bec ménage avec beaucoup de savoir-faire un suspense, un intérêt et une addiction sans faille de la part du lecteur.
Bien évidemment, si l'on y regarde de plus près, les tenants et les aboutissants de la série jouent à fond le racolage "king size" et chaque créature dépasse de loin toute considération réaliste. Les scientifiques évoquent actuellement la possibilité que le mégalodon ait pu mesurer entre 15 et 28 mètres ? Il fera donc près de trente mètres dans la série "Carthago" ! Ces mêmes scientifiques reviennent sur les anciennes spéculations ayant avancé que les pliosaures aient pu mesurer 25 mètre et peser 150 tonnes, ramenant la chose à 12 mètres ? Que nenni ! Ils feront bien 25 mètres dans la série "Cartagho" !
Privilégiant à fond la carte du divertissement et de l'émerveillement face à un tel postulat, les auteurs préfèrent donc grossir le trait, quitte à bafouer les règles de la science...

Il est néanmoins difficile de savoir, à ce stade, si la série sera au final une réussite sans en avoir lu la seconde moitié. Etirant la sauce au maximum de ses constituants, Christophe Bec multiplie les intrigues, les sous-intrigues, les personnages et les créatures diverses et variées. Le scénario prend ainsi la voie d'une histoire tentaculaire où se mêlent le thriller scientifique, le récit d'aventures, la fable écologique, les histoires de monstres marins, la fresque familiale, le fantastique mythologique et les légendes antiques.
Cette multiplicité des éléments narratifs apporte certes un intérêt à l'histoire de tous les instants, permet d'intégrer tout un tas de personnage aux promesses certaines, et apporte beaucoup de densité à l'ensemble. Mais d'un autre côté, ils alourdissent la trame scénaristique et risquent de mener plus d'une intrigue dans l'impasse si Christophe Bec ne maitrise pas la totalité des fils narratifs jusqu'au bout, avec de préférence une ou deux surprises ou retournements de situation justifiant l'accumulation de tous ces éléments...

Les personnages en eux-mêmes ne sont encore pas assez habités. Et la dizaine de protagonistes principaux manque au final de charisme. Ici encore, le scénariste a tout intérêt à poursuivre dans les flashbacks (il sont encore trop rares) afin d'apporter un peu d'épaisseur et une réelle consistance à tout ce beau monde.
Et quid de cette toile de fond mythologique à base de fin du monde ? A peine suggérée par petites touches discrètes, on ne sait pas encore s'il s'agit d'un MacGuffin racoleur ou au contraire si cette sous-intrigue va tenir ses promesses et révéler toute sa substance au fur et à mesure des tomes à venir.
Sur le terrain de la mise en scène et du découpage, on notera également un procédé "cinématographique" un peu surfait et systématique, amenant le lecteur à changer de scène toutes les deux ou trois planches, sur la base d'une mécanique répétitive portée par un encart de texte annonçant à chaque fois le lieu et la date...
En définitive, la série "Carthago" a pour l'instant tout d'une grande, mais attention au risque d'écroulement si l'auteur principal ne maitrise pas son sujet jusqu'au bout et si les multiples promesses à tous les niveaux du scénario s'étiolent en fin de compte. On dira que, jusqu'ici, le suspense est à son comble !
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 13, 2016 11:34 AM CET


Sanctuaire Genesis, Intégrale : Coffret en 2 volumes
Sanctuaire Genesis, Intégrale : Coffret en 2 volumes
par Stefano Raffaele
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Les racines du mal, 11 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sanctuaire Genesis, Intégrale : Coffret en 2 volumes (Broché)
"Sanctuaire Genesis" est une mini-série en deux tomes faisant office de préquelle à la série Sanctuaire. Le scénario est réalisé par Philippe Thirault, sur une histoire de Christophe Bec, anciennement dessinateur sur "Sanctuaire", tandis que le dessin est l'œuvre de Stefano Raffaele. L'ensemble a été publié initialement en 2015.

Le pitch : En l'an 1220, l’évêque "Wittelsbach" conduit un bataillon de croisés dans le désert de Syrie. Ils cherchent l'entrée d'un royaume enfoui aux portes des montagnes : la cité mythique des "Ougarits". Tous meurent dans des conditions atroces, excepté l'évêque, qui parvient à fuir, non sans devenir fou.
En 1934, un groupe d'archéologues français à la recherche de la même cité découvre une statue aux vertus maléfiques. Depuis l'Allemagne, cette découverte suscite l'intérêt du parti nazi, toujours en quête d'une puissance ésotérique qui permettrait au III° Reich de mettre en œuvre son plan de domination mondiale.
Un groupe nazi s'empare alors du chantier de fouilles par la force. Et bientôt, tout ce petit monde découvre la mythique cité enfouie. Là, une entité maléfique attend patiemment que l'on vienne la libérer...

Exit les abysses sous-marines. Place au désert de sable ! Christophe Bec s'empare de l'univers de "Sanctuaire" et explore les origines du démon "Moth", qui trouvent ici matière à convoquer les archétypes du récit d'aventures teintées d'ésotérisme et d'horreur gothique. L'ensemble ne verse pas beaucoup dans l'originalité mais cela ne semble pas être le but. La toile de fond, très proche de celle du film Indiana Jones et les Aventuriers de l'Arche Perdue, semble même être assumée, dévoilant ouvertement sa prestigieuse référence, comme une forme d'hommage.
Le récit est fort bien troussé, bien dessiné (surtout en matière de décors, tous splendides). Le suspense est maitrisé de bout en bout et, contrairement à ce que j'ai pu lire ici et là, les personnages ne versent pas dans le manichéisme primaire (l'officier nazi et l'archéologue juif ne forment pas du tout un duo d'antagonistes au sens classique et naïf du terme. La jolie damoiselle n'a rien d'une innocente au cœur pur, etc.). En revanche, tous ces personnages manquent de charisme et demeurent tous plutôt antipathiques, empêchant de surcroit le lecteur de s'identifier, voire de s'attacher à l'un d'eux.

Au final, "Sanctuaire Genesis" est un récit de pur divertissement. Il est par contre réalisé avec soin et les auteurs n'hésitent pas un seul instant à verser dans l'horreur et la violence sanguinaire (âmes sensibles s'abstenir devant les flots de sang qui s'écoulent sur quasiment chaque planche !) pour une rencontre tout à fait cohérente entre le démon et les hommes sans scrupules qui rêvent de communier avec lui. Cette iconographie d'un nazisme romanesque résonne comme au temps des "pulps" et, si l'on se laisse porter par la simplicité archaïque mais séduisante d'un tel postulat, on pourra parfaitement apprécier cette illustration connotée de la folie des hommes sous fond de mariage entre les nazis et les puissances de l'enfer !

Selon les attentes du lecteur, on pourra regretter le manque d'originalité et de profondeur de ces deux tomes et choisir deux étoiles pour une histoire trop simpliste et racoleuse. Ou bien choisir quatre étoiles pour un récit de facture classique dans le fond, mais dynamité par une mise en forme moderne et âpre, au décorum malsain et à la noirceur racée comme un film d'horreur teinté de réminiscences pulp (on peut également penser au film La Forteresse Noire, de Michael Mann). En définitive, c'est presque postmoderne...
Les complétistes apprécieront en revanche la parfaite continuité qui relie cette préquelle avec la série principale puisque "Sanctuaire Genesis" se termine de manière parfaitement cohérente pour enchaîner sur le premier tome de "Sanctuaire". Parallèlement, Chritophe Bec aura replongé dans les abysses avec la série Carthago mais... ceci est une autre histoire !
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 13, 2016 11:31 AM CET


Sanctuaire, Intégrale :
Sanctuaire, Intégrale :
par Christophe Bec
Edition : Broché

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Immersif et abyssal, 10 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sanctuaire, Intégrale : (Broché)
"Sanctuaire" est une série initialement publiée en trois album (Sanctuaire, Tome 1 : USS Nebraska, Sanctuaire, Tome 2 : Le puits des abîmes et Sanctuaire, Tome 3 : Môth). L'ensemble a été écrit par le scénariste Xavier Dorison et mis en image par le dessinateur Christophe Bec entre 2001 et 2004.

Le synopsis : En 2029, un puissant sous-marin américain écume la mer Méditerranée pour des opérations militaires, car les États-Unis sont à la veille d'une guerre avec la Syrie. L'équipage détecte un lointain appel de détresse qui émane d'une fosse abyssale. Arrivés dans une gigantesque caverne sous-marine, les hommes de l'USS Nebraska découvrent l'épave d'un vieux sous-marin soviétique, ainsi que les vestiges d'une ancienne civilisation antique, complètement immergée. Peu à peu, les membres de l'équipage commencent à souffrir d'un mal inconnu et... terrifiant !

Au carrefour de plusieurs styles littéraires, dont le fantastique, l'horreur à la Lovecraft et le thriller sous-marin, "Sanctuaire" est une série dense et, sans mauvais jeux de mots, totalement "immersive" en termes d'ambiance et "abyssale" quant à sa trame scénaristique, où s'entremêlent les fils d'une saga qui puise ses sources à la fois dans l'histoire, la mythologie et la science-fiction.
Rigoureusement documenté, aussi bien dans le domaine de l'Histoire, de la mythologie antique et de la technologie des navires sous-marins (tout un univers en soi), le scénario de Xavier Dorison est impressionnant de maitrise et de suspense.
Extrêmement linéaire, le récit est mené de main de maître en ne dévoilant qu'au compte-gouttes les secrets qu'il nous réserve. Pris de claustrophobie à tout niveau, le lecteur ne peut néanmoins se résoudre à lâcher cette histoire extraordinairement ténébreuse et envoûtante, d'une noirceur sans concession ("abyssale" ?).

Le dessin de Christophe Bec est impressionnant, qui ne souffre d'aucun défaut technique et dévoile des décors époustouflants de réalisme angoissant et claustrophobe. Chaque planche est maîtrisée dans les moindres détails et mérite de s'y attarder afin d'admirer la force du trait et la précision ahurissante de l'encrage.
Quelque doubles-pages monumentales viennent régulièrement rythmer le récit en dévoilant des scènes spectaculaires en diable, tandis que le reste du temps, le lecteur reste enfermé avec l'équipage dans le décor étouffant de ce sous-marin plus vrai que nature !

L'ensemble souffre néanmoins de quelques défauts majeurs qui privent la série de sa cinquième étoile :
Tout d'abord, et bien que les lignes ci-dessus faisaient l'éloge de sa technique sans faille, le dessin de Christophe Bec trouve ses limites sur deux points : Le découpage de certaines planches est parfois un peu confus. Mais surtout, le dessinateur endure un défaut de taille : Trop de personnages ont la même tête et les mêmes expressions, si bien qu'il devient extrêmement difficile de s'attacher à chacun d'eux et même de savoir qui est qui (d'autant plus que le récit met en scène un très grand nombre de protagonistes !)...
Le second défaut est que Xavier Dorison a complètement oublié d'écrire une fin satisfaisante, préférant la facilité d'un dénouement précipité, "ouvert" et complètement abstrait. C'est franchement dommage et, maintenant qu'on y pense, il nous avait fait le même coup avec la série Le Troisième Testament.
Quoiqu'il en soit, et malgré ces défauts de taille, "Sanctuaire" demeure une éclatante réussite en cumulant un nombre impressionnant de qualités, tour à tour littéraires, graphiques et magnétiques, réussissant à tenir le lecteur en haleine durant près de deux cents pages...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 20, 2016 11:48 AM CET


Black Science Tome 3
Black Science Tome 3
par Matteo Scalera
Edition : Album
Prix : EUR 15,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Fear Family, 8 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Black Science Tome 3 (Album)
Ce troisième tome de la série regroupe les épisodes #12 à 16, initialement publiés en 2015 et réalisés par le scénariste Rick Remender, le dessinateur Matteo Scalera et le metteur en couleur Moreno Dinisio (qui succède sans démériter au génial Dean White).
Il s'agit d'une série à suivre et nous ne savons pas encore combien elle comportera de numéros.

Comme je l'avais déjà évoqué à propos du tome précédent, il est difficile de proposer un résumé de l'histoire : Perdu dans les strates de l'infinivers, un petit groupe disparate de jeunes scientifiques (avec en plus deux enfants, un technocrate et un shaman) lutte pour récupérer le "Pilier", une machine qui leur permettrait de rentrer chez eux. Baladés dans des univers aussi délirants que dangereux et mortels, nos héros se retrouvent peu à peu aux prises avec certaines versions de leurs proches, pourtant déjà morts dans leur dimension originelle...

Après deux tomes à la narration hyper-compressée, noyés dans une déconstruction dense et psychédélique que ne renierait pas le célèbre Grant Morrison, Le scénariste Rick Remender décide enfin de se poser un peu. Preuve de ce changement d'orientation narrative, ce troisième tome se déroule entièrement dans un lieu unique, à savoir une nouvelle strate de l'infinivers, soit une version de notre monde où la science-fiction ne fait qu'un avec le système de la Rome antique !
Le scientifique "Grant McKay", héros de notre histoire, se retrouve ainsi en compagnie de son "équipage" dans un monde apocalyptique où une terrible épidémie a décimé la plupart des habitants. Ironie du sort : C'est une précédente version de nos héros, issus d'une réalité alternative, qui a involontairement répandu le virus ! Les survivants de cette nouvelle réalité sont donc convaincu que "Grant" et ses acolytes sont responsables de leurs malheurs...

Remender retrouve avec bonheur le délicieux parfum de son ancienne série Fear Agent, dans laquelle la science-fiction se mêlait avec le décorum rétro des serials d'antan. Mais en plus de renouer avec cet état d'esprit unique et savamment connoté, le scénariste revient également au découpage chronologique qui rendait son "Fear Agent" si addictif. Les flashbacks succèdent ainsi aux événements de façon fluide et ponctuelle, d'une manière plus équilibrée et plus intelligible que sur les tomes précédents. Ce procédé des sauts dans le temps, qui constitue l'apanage des meilleures séries de comics, fonctionne ici à plein régime et apporte énormément de respiration et de densité au récit. Les personnages en ressortent grandis (leur caractérisation manquait jusqu'ici d'une réelle épaisseur) et le lecteur profite d'un rythme moins décousu, moins confus.

Le dessinateur Matteo Scalera s'est lui aussi amélioré de manière significative, réussissant à faire évoluer ses défauts afin de les transformer en qualités ! Ses personnages sont désormais mieux maitrisés et leur forme caricaturale sonne de plus en plus juste, au diapason de l'atmosphère hystérique du récit et de son côté cauchemardesque. L'alchimie qui unit les deux auteurs est désormais parfaitement rodée et l'ensemble bénéficie d'une énergie extrêmement communicative.

Mais le meilleur se situe ailleurs : Comme à son habitude, Rick Remender insuffle à la série ses thèmes de prédilection et en particulier celui de la "famille". Ainsi, comme c'était le cas dans "Fear Agent", "Black Science" met en scène des aventures échevelées qui ne sont que le vernis derrière lequel l'auteur déroule une profonde toile de fond sur le thème consacré. Davantage encore que ses considérations philosophiques sur les dangers d'une science exercée sans conscience, la série explore la problématique des liens familiaux et offre une passionnante réflexion sur les choix de son personnage principal au sein de sa propre cellule familiale, qui résonne de manière universelle chez le lecteur. Ce dernier va ainsi (et c'est là que Remender est génial !) se positionner selon tel ou tel personnage de la saga selon son âge au moment de la lecture, profitant totalement de toutes les résonnances d'une telle thématique au sein de son parcours personnel. Et une fois encore, Remender choisit de dresser la notion de "famille" comme l'élément le plus important de la destinée humaine, le trésor absolu à préserver entre tous.
La série a donc atteint son potentiel maximal. On ne souhaite qu'une chose : pourvu que ça dure !
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 10, 2016 8:48 PM CET


DAREDEVIL PAR FRANK MILLER T01
DAREDEVIL PAR FRANK MILLER T01
par Frank Miller Roger McKenzie
Edition : Album
Prix : EUR 36,00

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un coeur qui bat, 29 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : DAREDEVIL PAR FRANK MILLER T01 (Album)
Ce premier tome (sur trois) de la collection "Daredevil par Frank Miller" regroupe les épisodes "Daredevil" #168 à 181, Marvel Team-Up Annual #4 et What if ?#28. Ils ont été, pour l'essentiel, écrits et dessinés par l'auteur en 1981 et 1982, avec la présence de Klaus Janson à l'encrage.

Frank Miller a écrit les grandes heures du justicier aveugle au cours de ce run devenu légendaire. Annonçant rien de moins que l'âge des comics de super-héros pour adultes (qui connurent leur consécration en 1986 avec le Watchmen d'Alan Moore et le Batman The Dark Knight Returns du même Miller), l'auteur de Sin City révolutionnait alors le monde des comics.

Un petit retour sur la situation s'impose ainsi : célébré pour avoir révolutionné l'univers des comics avec son "Dark Knight Returns" (une relecture du personnage de Batman adulte et sombre), Frank Miller avait en réalité déclenché le tsunami artistique de son medium dès sa reprise de la série "Daredevil". Désigné très jeune pour illustrer la série en question, il héritait également du rôle de scénariste sur une franchise en telle perte de vitesse qu'on le laissa libre d'en faire ce qu'il voulait'

Immédiatement, Miller apportait une rupture franche dans le milieu des comics de super-héros. Une révolution par la forme, pour être plus précis : Il abandonnait le principe des bulles de pensée et tous les commentaires ridicules qui noyaient jusque là les planches pour rien, en leur substituant une voix off prenante, faisant preuve d'une belle qualité d'écriture. Il bouleversait le découpage habituel des planches, linéaire et symétrique, pour une succession de cadres verticaux, voire hypertrophiés, mieux adaptés à la "photographie" des lieux, à savoir les rues de New York (style admirablement rythmé, très influencé par les mangas, et ce avant tout le monde).

Miller proposait alors des scénarios "concepts", où le fond et la forme ne faisaient plus qu'un autour d'une ligne directive précise. Du coup, les histoires n'étaient plus de simples prétextes pour illustrer des combats "héros/méchants", mais devenaient de véritables récits à suspense à l'intérieur desquels les combats étaient assujettis au scénario.
Il affirmait des personnages troubles et complexes, nous faisant prendre conscience qu'ils n'étaient jusque là que de simples esquisses, alors qu'on les connaissait depuis de nombreuses années !
Du sang neuf à chaque vignette ! Pour la première fois, le super-héros devenait "autre". Il devenait adulte, non pas dans le fond mais dans la forme, dans la manière de le présenter, de le raconter et de le faire parler.
A partir de là, les comics ne furent plus les mêmes. La voie était ouverte, et de nombreux auteurs brillants (britanniques pour la plupart !) vinrent s'y engouffrer pour une décennie, celle des années 80, riche en chefs d'œuvres aujourd'hui passés à la postérité, dans lesquels les héros naïfs de l'enfance de jadis devinrent les antihéros humains et torturés du monde d'aujourd'hui !

Le run de Miller sur Daredevil s'étendit durant environ quatre ou cinq ans (par intermittence au bout de trois ans), nous offrant deux points culminants : Le premier avec le N°#181 et la mort d'Elektra, épisode considéré comme la pierre angulaire du comic book moderne. Le second avec l'arc narratif Born Again (N°227 à 233, illustrés par David Mazzucchelli et réédité dans le Daredevil par Frank Miller Tome 3 de cette collection), qui clôture son passage sur la série et qui demeure, encore aujourd'hui sous sa forme de graphic-novel, l'un des plus grands comics de super-héros de tous les temps !

On pouvait ainsi découvrir à quel point Miller avait bouleversé les codes du comic book "super-héroïque" à travers ses scénarios concept, son art du découpage, du rythme et de la voix off incisive. Cette révolution par la forme proposait une relecture plus adulte et plus intense de cet univers de héros en collants possédant des superpouvoirs !

L'année 1982 révéla ainsi un Miller au sommet de son art. Il y affirmait son talent, gagnant en maîtrise et en maturité, accouchant d'une série d'épisodes devenus légendaires. Bâties sur un récit de polar urbain haletant et tendu comme un arc, les pages se succédaient au rythme des battements de cœur du lecteur, et montaient en puissance pour exploser dans l'épisode N°181 qui clôture cet album, à travers un climax poignant comme on n'en avait encore jamais vu dans le genre (la mort d'Elektra).
Un très grand moment de bande dessinée.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 31, 2016 10:06 AM CET


Riding the bullet
Riding the bullet
DVD ~ Jonathan Jackson
Proposé par MEDIA PRO
Prix : EUR 5,89

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Un tour de manège avec la mort, 27 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Riding the bullet (DVD)
"Riding the Bullet" est un film d'horreur réalisé par Mick Garris en 2004. Il s'agit de l'adaptation de la nouvelle Un Tour sur le Bolid', écrite par Stephen King en 2000.
Mick Garris s'est fait le spécialiste des adaptations de l'écrivain, puisque il a également réalisé La Nuit Déchirée (1992), Le Fléau (1994), Shining (1997), Desolation (2006) et Bag of Bones (2011).

Le pitch : 1969. Le jeune "Alan Parker", en proie à des hallucinations fréquentes, apprend que sa mère, victime d'une attaque cardiaque, vient d'être hospitalisée. Il traverse alors le Maine en autostop, afin de rejoindre Lewiston, sa ville natale. Son parcours, le temps d'une nuit particulièrement effrayante, ne sera pas de tout repos. Surtout lorsqu'il monte dans la voiture d'un certain "George Staub" (David Arquette), un homme mort depuis deux ans qui lui parle du "Bolid'", le manège d'un parc d'attraction ayant traumatisé Alan lorsqu'il était petit...

J'ai hésité longtemps avant de regarder ce film car, comme tant d'autres adaptations des écrits de Stephen King, il souffre de critiques très défavorables. Une fois encore, je n'aurais pas dû me fier à la tendance car le film en lui-même est plutôt envoûtant et se laisse regarder avec grand plaisir.
Envoûtant grâce à cette atmosphère magique de l'état du Maine, dans lequel se déroulent la plupart des récits imaginés par le King. Grâce à toutes ces scènes nocturnes oniriques, plus impressionnistes que narratives, qui semblent nous inviter à une sorte de cauchemar éthéré et fascinant.
Addictif car, comme toujours, une histoire de Stephen King, c'est la promesse de découvrir des personnages solidement campés, au caractère fouillé, échappant au manichéisme primaire en devenant attachant grâce à un sens du détail inné et savoureux.
Passionnant puisque, à chaque fois, l'on retrouve une toile de fond développant les thèmes récurrents du maitre de l'horreur. "Riding the Bullet" explore ainsi le glissement entre le monde des morts et celui des vivants, tout en évoquant la difficulté de passer du monde de l'enfance à celui des adultes, soit deux des principaux thèmes de l'auteur de Ça, ici réunis comme si l'un nourrissait l'autre. Stephen King a d'ailleurs imaginé cette histoire au moment où sa mère était tombée malade et il tentait ainsi d'exorciser sa peur de la perte d'un être cher par une réflexion profonde sur la mort, teintée de nostalgie et de réminiscences biographiques.

Pour le reste, Mick Garris a ponctué le film d'apparitions fantomatiques en tout genre qui ne font pas toujours sens et qui viennent alourdir le récit en lui procurant une dimension Grand-Guignol dont il aurait effectivement pu se passer. "Riding the Bullet " n'est donc certainement pas un chef d'œuvre, mais il ne mérite pas sa mauvaise réputation de par sa très belle toile de fond et son atmosphère soignée et envoûtante.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 28, 2016 8:54 AM CET


Frankenstein Unbound [Import USA Zone 1]
Frankenstein Unbound [Import USA Zone 1]
DVD ~ John Hurt

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Rétro futuriste, 24 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Frankenstein Unbound [Import USA Zone 1] (DVD)
Ce DVD est un import zone 1 qui ne propose le film qu'en version originale anglaise ou en espagnol, sans piste française ni VOST. Le film demeure inédit en zone 2 en VF ou VOST. Il existe seulement un import allemand...
"Frankenstein Unbound", est un film réalisé en 1990 par Roger Corman. Il s'agit de l'adaptation du roman de Brian Aldiss : Frankenstein délivré ou le Nouveau Prométhée déchaîné, écrit en 1975.

Le pitch : En 2031, le scientifique atomiste "Joe Buchanan" (John Hurt) met au point, dans un New Los Angeles à la technologie avancée et aseptisée, une terrible arme de destruction massive. Les essais réalisés à partir de cette invention créent une faille dans l'espace-temps et "Buchanan" se retrouve aspiré dans cette dernière (avec sa voiture dotée d'une intelligence artificielle). Il se réveille à Genève, en 1816. Là, il rencontre respectivement le "Dr Victor Frankenstein" (Raúl Juliá) et sa créature, puis les poètes Byron (Jason Patric) et Shelley (Michael Hutchence). Il fait enfin la connaissance de Mary Wollstonecraft Godwin (Bridget Fonda), future Mary Shelley, dont il tombe éperdument amoureux...

En 1990, cela fait vingt ans que le grand Roger Corman n'a plus réalisé un seul film, se contentant de produire un nombre assez impressionnant de séries B, voire de séries Z dans le domaine du cinéma fantastique, de l'horreur et de la science-fiction.
Avec le projet vraiment atypique que représente l'adaptation du livre de Brian Aldiss, Corman voit enfin l'opportunité de porter à l'écran une version du mythe de Frankenstein éloignée des adaptations habituelles, sempiternellement versées dans l'horreur gothique façon Universal (Coffret Frankenstein - Édition Collector 4 DVD) ou façon Hammer (Frankenstein s'est échappé !). Un rêve qu'il caressait depuis longtemps.
Après avoir été le grand spécialiste de l'horreur gothique dans les années 60 avec son éblouissant cycle sur Edgar Poe (La Chute de la Maison Usher, La Chambre des Tortures, Le Corbeau, Le Masque de la Mort Rouge, La Tombe de Ligeia), une légendaire série de films interprétés par le mythique Vincent Price, Corman nous rappelle ici qu'il fut un grand magicien du cinéma fantastique, capable de donner à des films à petit budget des airs de grand spectacle flamboyant.

"La Résurrection de Frankenstein" (titre VF) offre une dernière occasion d'admirer la mise en scène savante et épurée du réalisateur, dont le film constitue le dernier baroud d'honneur entant que véritable cinéaste. La première partie, qui dessine un Los Angeles outrageusement futuriste à base de peintures sur verres diaphanes et lumineuses, contraste avec tout le milieu du film, tourné dans des décors d'époque dans la grande tradition du film gothique, avant d'opérer un virage à cent quatre vint degrés lors d'un dénouement dans un futur alternatif onirique, dominé par les glaces du pôle nord, faisant écho à la fin du roman de Mary Shelley.
La créature est quant à elle dotée d'un design inédit, volontairement en rupture avec les icones cinématographiques précédentes (on pense bien sûr à l'acteur Boris Karloff entant que détenteur de l'imagerie universelle liée au personnage). Le monstre offre d'ailleurs l'occasion de mettre en scène les quelques scènes d'action du film, dynamitées par une poignée effets gores, au diapason d'un récit aux confins de la réunion entre le fantastique, l'horreur et la science-fiction.

Dotée d'un classicisme parfois un peu froid mais élégant, la réalisation de cette itération du mythe de Frankenstein permet surtout de développer la brillante toile de fond imaginée par Brian Aldiss :
En jouant trop dangereusement avec la science, "Joe Buchanan" défie l'entendement et les lois divines. Il se retrouve ainsi mis en parallèle avec le mythe de Frankenstein, parfaite illustration de ce dilemme. Mais puisque Frankenstein est une fiction, Buchanan va ainsi évoluer dans un monde où la réalité et la fiction se télescopent, chacune glissant sous l'autre. Rapidement, il va être confronté à une nouvelle impasse : Faut-il guider Mary Shelley vers l'écriture de son roman et lui assurer ainsi la postérité qui devrait être la sienne, où faut-il au contraire empêcher les horreurs commises par la créature de Frankenstein (car Buchanan connait le roman et sait ainsi que certaines personnes vont mourir dans des conditions horribles et injustes) ? Une impasse, puisque chaque décision entraine forcément l'impossibilité à la réalité ou à la fiction d'exister en définitive, entérinant l'importance de l'une sur l'autre !
De cette manière, le récit amène un méta-commentaire vertigineux : Si la science a remplacé les mythes (le remplacement de l'inexpliqué par l'expliqué), elle en a développé de nouveaux. Et en premier lieu celui de Frankenstein, premier véritable roman de science-fiction du monde moderne. Une manière de questionner, entre les lignes, les nouveaux mythes de la modernité...
Génial !

Au final, "La Résurrection de Frankenstein" est un petit film fantastique dont l'ambition artistique souffre parfois de son budget limité ("seulement" 10 millions de dollars) et de sa condition de série B (seulement sept semaines de tournage). Mais, portée par un script épatant et un casting de premier ordre, voilà une œuvre qui mérite largement d'être redécouverte...


Roger Cormans Frankenstein [DVD] (2006) John Hurt; Raul Julia; Bridget Fonda - Import Allemagne
Roger Cormans Frankenstein [DVD] (2006) John Hurt; Raul Julia; Bridget Fonda - Import Allemagne

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Rétro futuriste, 24 janvier 2016
Ce DVD est un import allemand qui ne propose le film qu'en version originale anglaise ou en allemand, sans piste française ni VOST. Mais il s'agit du seul et unique support actuel, en zone 2, sur lequel on peut trouver ce film injustement oublié du grand public.
"Roger Corman's Frankenstein", initialement intitulé "Frankenstein Unbound", est un film réalisé en 1990 par Roger Corman. Il s'agit de l'adaptation du roman de Brian Aldiss : Frankenstein délivré ou le Nouveau Prométhée déchaîné, écrit en 1975.

Le pitch : En 2031, le scientifique atomiste "Joe Buchanan" (John Hurt) met au point, dans un New Los Angeles à la technologie avancée et aseptisée, une terrible arme de destruction massive. Les essais réalisés à partir de cette invention créent une faille dans l'espace-temps et "Buchanan" se retrouve aspiré dans cette dernière (avec sa voiture dotée d'une intelligence artificielle). Il se réveille à Genève, en 1816. Là, il rencontre respectivement le "Dr Victor Frankenstein" (Raúl Juliá) et sa créature, puis les poètes Byron (Jason Patric) et Shelley (Michael Hutchence). Il fait enfin la connaissance de Mary Wollstonecraft Godwin (Bridget Fonda), future Mary Shelley, dont il tombe éperdument amoureux...

En 1990, cela fait vingt ans que le grand Roger Corman n'a plus réalisé un seul film, se contentant de produire un nombre assez impressionnant de séries B, voire de séries Z dans le domaine du cinéma fantastique, de l'horreur et de la science-fiction.
Avec le projet vraiment atypique que représente l'adaptation du livre de Brian Aldiss, Corman voit enfin l'opportunité de porter à l'écran une version du mythe de Frankenstein éloignée des adaptations habituelles, sempiternellement versées dans l'horreur gothique façon Universal (Coffret Frankenstein - Édition Collector 4 DVD) ou façon Hammer (Frankenstein s'est échappé !). Un rêve qu'il caressait depuis longtemps.
Après avoir été le grand spécialiste de l'horreur gothique dans les années 60 avec son éblouissant cycle sur Edgar Poe (La Chute de la Maison Usher, La Chambre des Tortures, Le Corbeau, Le Masque de la Mort Rouge, La Tombe de Ligeia), une légendaire série de films interprétés par le mythique Vincent Price, Corman nous rappelle ici qu'il fut un grand magicien du cinéma fantastique, capable de donner à des films à petit budget des airs de grand spectacle flamboyant.

"La Résurrection de Frankenstein" (titre VF) offre une dernière occasion d'admirer la mise en scène savante et épurée du réalisateur, dont le film constitue le dernier baroud d'honneur entant que véritable cinéaste. La première partie, qui dessine un Los Angeles outrageusement futuriste à base de peintures sur verres diaphanes et lumineuses, contraste avec tout le milieu du film, tourné dans des décors d'époque dans la grande tradition du film gothique, avant d'opérer un virage à cent quatre vint degrés lors d'un dénouement dans un futur alternatif onirique, dominé par les glaces du pôle nord, faisant écho à la fin du roman de Mary Shelley.
La créature est quant à elle dotée d'un design inédit, volontairement en rupture avec les icones cinématographiques précédentes (on pense bien sûr à l'acteur Boris Karloff entant que détenteur de l'imagerie universelle liée au personnage). Le monstre offre d'ailleurs l'occasion de mettre en scène les quelques scènes d'action du film, dynamitées par une poignée effets gores, au diapason d'un récit aux confins de la réunion entre le fantastique, l'horreur et la science-fiction.

Dotée d'un classicisme parfois un peu froid mais élégant, la réalisation de cette itération du mythe de Frankenstein permet surtout de développer la brillante toile de fond imaginée par Brian Aldiss :
En jouant trop dangereusement avec la science, "Joe Buchanan" défie l'entendement et les lois divines. Il se retrouve ainsi mis en parallèle avec le mythe de Frankenstein, parfaite illustration de ce dilemme. Mais puisque Frankenstein est une fiction, Buchanan va ainsi évoluer dans un monde où la réalité et la fiction se télescopent, chacune glissant sous l'autre. Rapidement, il va être confronté à une nouvelle impasse : Faut-il guider Mary Shelley vers l'écriture de son roman et lui assurer ainsi la postérité qui devrait être la sienne, où faut-il au contraire empêcher les horreurs commises par la créature de Frankenstein (car Buchanan connait le roman et sait ainsi que certaines personnes vont mourir dans des conditions horribles et injustes) ? Une impasse, puisque chaque décision entraine forcément l'impossibilité à la réalité ou à la fiction d'exister en définitive, entérinant l'importance de l'une sur l'autre !
De cette manière, le récit amène un méta-commentaire vertigineux : Si la science a remplacé les mythes (le remplacement de l'inexpliqué par l'expliqué), elle en a développé de nouveaux. Et en premier lieu celui de Frankenstein, premier véritable roman de science-fiction du monde moderne. Une manière de questionner, entre les lignes, les nouveaux mythes de la modernité...
Génial !

Au final, "La Résurrection de Frankenstein" est un petit film fantastique dont l'ambition artistique souffre parfois de son budget limité ("seulement" 10 millions de dollars) et de sa condition de série B (seulement sept semaines de tournage). Mais, portée par un script épatant et un casting de premier ordre, voilà une œuvre qui mérite largement d'être redécouverte...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 27, 2016 6:41 PM CET


CIVIL WAR : PRELUDE
CIVIL WAR : PRELUDE
par Collectif
Edition : Relié
Prix : EUR 29,00

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 La poule aux œufs d’war, 23 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : CIVIL WAR : PRELUDE (Relié)
Ce recueil de la collection "Civil War", intitulé "Civil War : Prélude", est le tome 0 d'une série de sept (à suivre : les tomes 1, 2, 3, 4, 5 et 6).
Comme cet "Event Marvel" a connu beaucoup de succès (un "event" est un événement majeur réunissant la totalité des séries sur un crossover prétexte), Panini Comics n'a cessé d'ajouter des tomes et aura fini par publier tout et n'importe quoi, assimilant la franchise Civil War a une véritable poule aux œufs d’or. Ce dernier tome en date, alors qu'il est en réalité le prologue à toute la saga, regroupe néanmoins des épisodes assez intéressants pour les lecteurs passionnés par la chose...
L'essentiel des épisodes compilés ici a été publié initialement entre 2005 et 2006, juste avant que ne commence réellement l'event. Ils étaient à l'époque réunis sous la bannière "Road to Civil War"...

L'album se divise en quatre parties distinctes :
1) Amazing Spiderman #529 à 531 (scénario de J.M. Straszynski, dessins de Tyler Kirkham et Ron Garney).
2) New Avengers Illuminati (scénario de Brian M. Bendis, dessins d'Alex Maleev).
3) Fantastic Four #536 et 537 (scénario de J.M. Straczynski, dessins de Mike McKone).
4) New Warriors (Vol.3) #1 à 6 ((scénario de Zeb Wells, dessins de Skottie Young).

- Amazing Spiderman : Voyage à Washington (☆☆☆ et demi).
Il était temps ! Panini Comics s'est enfin décidé à intégrer dans sa collection le VERITABLE prologue au crossover "Civil War", qui envoie Peter Parker et Tony Stark en voyage à Washington (d'où le titre). C'est effectivement avec ces trois épisodes que l'éditeur Marvel a réellement introduit les prémices de la saga. On voit les personnages "affronter" les membres du parlement et tenter de négocier la future loi sur le recensement des surhumains, loi qui aboutira au déclenchement de la "Guerre Civile des super-héros". C'est également dans ces épisodes que Tony Stark offre à Spiderman son costume high-tech copié sur celui d'Iron Man. Ces épisodes n'ont rien d'exceptionnels (les dessins sont très fonctionnels) mais, entant que réel prologue au crossover à venir, ils sont indispensables pour le complétiste souhaitant contempler les événements liés à "Civil War" dans leur ensemble.
A noter que ces trois épisodes complètent le run de JMS en librairie (à 5 épisodes près). Cela commence avec les trois tomes de la collection "Spiderman par J.M. Straczynski" (Tome 1, Tome 2 et Tome 3). La suite reprend dans Spiderman : L'Autre (épisodes #525 à 528), Civil War : Prélude (épisodes #529 à 531), Civil War tome 2 : Vendetta (épisodes #532 à 538) et Spiderman : Un Jour de Plus (épisodes #539 à 545). Panini n'a pas souhaité publier de tomes 4 et 5 à sa collection "Spiderman par J.M. Straczynski" car tous les épisodes suivants sont des crossovers (en relation avec d'autres sagas, notamment "Civil War")...

- New Avengers Illuminati (☆☆☆).
Le one-shot "Illuminati" sert également de prologue à "Civil War", ainsi qu'à Planète Hulk (une autre grande saga du moment). Ce récit en huis-clos use de rétro-continuité en révélant que, depuis la première guerre Krees / Skrulls, les plus grands super-héros de la planète (au sens intellectuel du terme, heureusement que les autres ne le savent pas !!!), à savoir Dr Strange, Iron Man, le Professeur X, le Prince Namor (ce dernier n'est peut-être pas si intellectuel que ça, finalement...), Flèche Noire et Mr Fantastic, se réunissent en secret afin de prévenir le monde des dangers qui le menacent. Ces quelques pages n'ont rien de particulièrement transcendant et se contentent de servir de prologue à deux des grandes sagas Marvel à venir. Maleev réalise un travail assez original, où les super-héros dans leur version old-school sont traités en mode réaliste !
La chose a déjà été publiée dans tous les coins. Notamment dans un recueil deluxe de la série navrante de Brian M. Bendis du moment : New Avengers tome 3.

- Fantastic Four : Un objet Céleste (☆☆☆).
Entre 2001 et 2007 (l'âge d'or du Marvel moderne pour votre serviteur !), le scénariste J.M. Straczynski fait feux de tout bois. Il conduit parfois trois séries majeures de concert, à savoir "Amazing Spiderman", "Thor" et "Fantastic Four". Le fait est que, à l'époque de "Civil War", "Thor" est mort ! En effet, on a vu le dieu nordique trépasser dans la (superbe) saga Ragnarok, en 2004. Et c'est notre scénariste (JMS pour les intimes) qui doit s'occuper de sa résurrection dans la série dédiée au personnage (ben oui hein, vous ne pensiez tout de même pas que le "Thor" allait rester mort...). Il profite ainsi de cette période de transition menant à "Civil War" afin de préparer ce retour dans les pages de la série "Fantastic Four". Car, oui ! "L’objet céleste" annoncé dans le titre n'est rien d'autre que "Mjolnir", le marteau de "Thor", qui tombe du ciel et échoue dans le désert de l'Oklahoma où, telle l'épée Excalibur, git sans que personne ne puisse l'en déloger !
C'est alors que l'infâme "Fatalis" entreprend de convoiter le dit-marteau, envoyant derechef une armée de "fatalibots" affronter les "quatre Fantastiques"...
Ceux qui se demandaient ce qu'il s'était passé entre "Ragnarok" et Renaissance doivent donc lire ces deux épisodes de la série "Fantastic Four", qui ne servent pas à grand chose dans la perspective de "Civil War" (enfin, si, ils servent à rappeler que "Thor" est mort !), mais qui expliquent comment et pourquoi (bien que de manière un peu nébuleuse...), "Mjolnir" a atterri en Oklahoma, future terre d'accueil du royaume d'Asgard...
Pour le reste, ces épisodes en eux-mêmes ne sont pas d'un niveau intellectuel très élevé et l'on y voit surtout la "Chose" ratatiner un maximum de "fatalibots"...

- New Warriors (Vol. 3) : Dure Réalité (☆☆☆).
Aïe aïe aïe ! C'est vraiment à reculons que je me suis engagé dans la lecture de cette mini-série, qui compose tout de même le plat de résistance de ce recueil puisqu'ils occupent la moitié de sa pagination.
Ce n'était pas gagné d'avance : Une équipe de super-héros adolescents (le genre de postulat qui peut vite tomber dans le racolage), un super-héros infantile que je hais ("Speedball", l'ado qui rebondit sur les murs !!!) et, pour finir, le dessinateur de comics que je déteste le plus au monde, à savoir Skottie Young !).
Les premières pages m'ont vite mené à l'exaspération la plus totale : Humour de m****, dessins hystériques, super-héros caricaturaux insupportables. La cata.
Oui, je sais, tout le monde aime Skottie Young sauf moi. A moi, il me rappelle les dessins racoleurs que les ados adorent sur les graffitis, avec des pantalons baggy et des grosses baskets (car Young dessine vraiment ses personnages comme ça). Une esthétique qui côtoie l'idolâtrie religieuse, qui crée l'émeute par sa simple connotation. C'est-à-dire que le dessin en lui-même déclenche une attraction fétichiste chez le lecteur, qui se délecte uniquement de l'état d'esprit de ce qu'il lit, et non du contenu (ce que ça raconte). Enfin, pour moi, Skottie Young c'est du fétichisme régressif. Ce sont des fans de comics qui veulent retomber dans leur état larvaire, c'est le retour des super-héros dans leur sphère infantile, d'où il a été si difficile de les extraire à coup de Watchmen.

J'ai ainsi franchi courageusement, j'allais dire héroïquement les deux premiers épisodes. En grande partie par admiration pour le scénariste Zeb Wells, dont j'apprécie énormément le travail en règle générale. Et j'ai quand même bien fait, car il aura fallu trois épisodes au duo Wells/Young pour trouver le bon équilibre.
Le troisième épisode est effectivement un petit bijou. Là, les auteurs se calment et Zeb Wells s'intéresse de près à ses personnages, auxquels il apporte un regard sensible en revenant sur les origines de la formation de l'équipe. En plus d'épaissir la personnalité de ses héros, l'épisode est également l'occasion de développer enfin le sous-texte de la série, qui explore les arcanes de la téléréalité (car les "New-Warriors", c'est une équipe de super-héros formée par une chaine de téléréalité afin de surfer sur la fascination du jeune public pour les héros en slip !), développant ainsi une passionnante toile de fond sociétale.
Les trois épisodes suivants sont très sympathiques, puisqu'ils permettent encore de développer les personnages en les confrontant à des supervilains de seconde zone particulièrement bien utilisés dans le script (respectivement le "Penseur fou" et le "Corrupteur"). Hélas, l'action reprend vite le dessus et, surtout, la fin de la série est précipitée, coupant net cet élan au moment où ça devenait intéressant. Car l'éditeur Marvel, à ce stade, décide que les "New Warriors" seront les déclencheurs de "Civil War" en étant responsable, involontairement, de la catastrophe de la ville de Stamford, causant la mort de 600 personnes et conduisant à la loi sur le recensement des surhumains. D'où la présence de cette mini-série dans ce tome 0.
Ce dernier récit est donc relativement réussi mais gâché par un arrêt prématuré, ce qui va devenir la spécialité de l'éditeur Marvel pour toutes les bonnes séries à venir, les réorientant systématiquement sur un crossover ou un event banquable !
Je dois enfin avouer que le graphisme de Skottie Young, en définitive, est plutôt bien adapté à la tonalité des personnages, dont l'état d'esprit immature fait écho au style cartoony du dessinateur. Si l’on excepte les insupportables tics racoleurs relevé plus haut, on peut effectivement trouver un rapport harmonieux entre le fond et la forme dans cette perspective de développer les aventures d’une bande de super-héros juvéniles, qui au passage en prennent plein la poire !
On est toutefois loin de la réussite exceptionnelle d'autres séries Marvel centrées sur des héros adolescents, comme Les Fugitifs ou les Young Avengers.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 24, 2016 1:04 PM CET


Le Hobbit
Le Hobbit
par d'après J.R.R. Tolkien
Edition : Relié
Prix : EUR 16,95

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 L'unique est mon précieux..., 15 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Hobbit (Relié)
Pour les novices, rappelons que "Le Hobbit" raconte la jeunesse de "Bilbon Sacquet", lorsqu'il accompagne une bande de nains à la reconquête de leur royaume, aux griffes d'un puissant dragon, et qu'il prend l'Anneau au perfide "Gollum".

Etrangement, alors que le medium de la bande-dessinée se prête plus que les autres à l'exercice de l'adaptation (le dessin en images fixes permettant des effets spéciaux illimités pour un budget quasiment nul), il y a eu très peu d'auteurs de bande-dessinées qui se sont risqués à l'adaptation des récits de la "Terre du milieu".
Nul doute que l'idée d'adapter Le Seigneur des Anneaux a du titiller plus d'un dessinateur ou scénariste (tiens, quand j'étais gamin et que voulais faire de la BD, je rêvais de faire ça plus tard !). Mais tous, apparemment, se sont découragés avant même de se lancer dans une telle entreprise !
En réalité, une seule bande-dessinée, en l'occurrence un comic book, s'est pleinement chargé de la mission : "Le Hobbit" de Chuck Dixon (scénario) et David Wenzel (Illustrations), réalisé en 1989.

Il suffit de lire quelques pages de ce comic book pour comprendre ce qui a obligé tous les éventuels prétendant à rebrousser chemin su le terrain de l'art séquentiel : Tolkien était bavard ! Ce n'était pas Balzac, mais presque !
Dixon & Wenzel ne disposent pas d'une infinité de sources narratives et optent pour une solution intermédiaire entre l'image et le texte. Chuck Dixon reprend ainsi les mots de Tolkien, dans les phylactères lorsqu'il s'agit de dialogues, et dans les encarts de texte pour le reste. Il cesse de reprendre le texte originel dès que les images de Wenzel viennent compléter les mots en évitant de décrire ce qui est montré par le dessin. Cette solution offre un résultat fluctuant selon que certaines planches nécessitent plus ou moins de texte (deux exemples opposés dans les images ci-dessous), mais elle a le mérite de réaliser une adaptation extrêmement fidèle, presque exhaustive du roman.
Evidemment, la gigantesque "Bataille des Cinq armées" qui, chez Peter Jackson, occupera un film entier de près de trois heures, nécessite ici des coupes drastiques et une surabondance d'explications écrites, compressant le dernier quart du comic book en noyant le lecteur sous une avalanche de didascalies.

Certaines séquences sont en revanche fort bien restituées, comme celle dévolue aux aigles après la fuite des "Monts brumeux". Dans les livres de Tolkien, on comprend bien pourquoi les aigles n'interviennent que très peu souvent : Ce sont des animaux qui n'éprouvent aucune amitié pour les autres créatures, et surtout pas pour les humanoïdes. Mais ils apprécient beaucoup "Gandalf", qui a un jour guéri leur seigneur "Gwaihir". Donc, le magicien sait qu'il ne peut leur demander leur aide que très peu de fois, raison pour laquelle il ne le fait qu'en cas d'extrême nécessité !
Un détail appréciable qui fait défaut dès qu'il n'est pas exposé, faisant apparaitre ces animaux (notamment dans les films de Peter Jackson), comme un bien pratique Deus Ex-machina...

Il s'agit en définitive d'une adaptation à la fois rigoureuse et académique, presqu'un modèle standard. Un exercice visant à sélectionner le texte qu'il s'agit de garder, et de le compléter par les images à chaque fois que l'on peut éviter d'écrire ce que l'on voit.
Le résultat est plutôt réussi. Ce n'est pas toujours très fluide et pas toujours très fun, certainement pas très original. Mais c'est très efficace et, pour peu que l'on aime l'univers de Tolkien, il s'agit d'une adaptation d'excellente qualité, dont le rapport entre le contenant (l'histoire de "Bilbon le Hobbit") et le contenu (les dessins de David Wenzel), opère un plaisir manifeste, qui passe largement au dessus de toutes les contraintes scénaristiques inféodées à un tel exercice.

Evidemment, les planches de David Wenzel, grand spécialiste de l'univers graphique médiéval, sont au diapason de cette transposition presque littérale réalisée depuis le premier livre de la Terre du milieu : Plume délicate, aquarelles diffuses, imagerie universelle, tout concoure à faire de cette illustration séquentielle une parfaite adaptation de "Bilbon le Hobbit", dans son imagerie la plus classique...
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 15, 2016 10:02 PM CET


Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20