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Contenu rédigé par Tornado
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Tornado (Provence Côte d'Azur)

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L'Aventure de Mme Muir (Inclus 1 DVD : Les Plus Grands succès de la Fox)
L'Aventure de Mme Muir (Inclus 1 DVD : Les Plus Grands succès de la Fox)
DVD ~ Gene Tierney

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 A l'amour, à la mort..., 29 décembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Aventure de Mme Muir (Inclus 1 DVD : Les Plus Grands succès de la Fox) (DVD)
Le synopsis : Nous sommes au début du XX° siècle, en Angleterre. Lucy Muir est une belle et jeune veuve, un brin bourgeoise, qui rêve de s'émanciper de sa belle mère et de sa belle-sœur, avec qui elle vit encore. Elle décide alors de partir avec sa fille et sa servante, en quête d'un joli cottage au bord de mer.
Attirée par une belle maison blanche dont personne ne veut à cause de sa mauvaise réputation, elle s'y installe néanmoins. Mais très vite, elle va faire connaissance avec le fantôme du capitaine Gregg, l'ancien propriétaire des lieux, qui hante la maison...

Voilà un film unique en son genre, fleuron du cinéma onirique de la première moitié du XX° siècle. Réalisé en 1947 par le grand Joseph L. Mankiewicz, il nous conte l'amour impossible entre une veuve (Gene Tierney, l'une des plus belles actrices de l'histoire du cinéma !) et le fantôme d'un vieux loup de mer (Rex Harrison, futur Jules César dans le Cléopâtre du même réalisateur). Mais au cœur d'une Amérique puritaine et catholique, le récit nous parle en vérité de l'émancipation de la femme, jouant de la métaphore....

Dès le départ, Lucy Muir tente de fuir les conventions sociales et de mener sa propre vie. Hélas, le destin semble sans cesse lui barrer la route la menant à ses rêves.
A partir d'un portrait qui la fascine, accroché au mur de sa chambre, se matérialise alors le fantôme d'un aventurier à la hauteur de ses fantasmes. A moins que ne ce soit une création purement onirique et freudienne sortie tout-droit de son esprit !
Face à une mer tour à tour calme ou agitée, symbolisant les tourments intérieurs du fantôme tombant peu à peu fou amoureux d'elle, Lucy aspire encore à s'épanouir et à goutter le fruit de sa jeunesse. Son existence sera hélas bien triste, la menant de déceptions en déceptions, tandis que sa fille vivra à sa place une vie plus épanouie...

"L'Aventure de Madame Muir" fait ainsi partie de ces films qui, sous les atours du conte fantastique, ne font rien d'autre que de poser les bases d'une réflexion sur la vie.
Cette toile de fond accompagne le récit comme une vague au dessus de la mer. Elle en devient le sujet principal, les événements surnaturels et paranormaux n'étant que le vernis derrière lequel se développe la parabole humaine et sociale. Et c'est bien ce qui fait de ce cas d'école une œuvre unique en son genre : Cette manière de raconter le drame humain, celui d'une femme ne pouvant s'émanciper au cœur d'une société sclérosante, où l'on voit poindre le thème de la schizophrénie, sous les atours d'un conte fantastique et onirique, envoûtant comme un tableau diaphane.

Cet unique film ouvertement fantastique de Mankiewicz, réalisateur à la filmographie exceptionnelle (Jules Cesar, Eve, La Comtesse Aux Pieds Nus, Blanches Colombes et Vilains Messieurs, Le Reptile...), apporte de belle manière sa pierre à l'édifice des fables oniriques autour du thème du "portrait peint", que l'on retrouve à l'époque dans un bon nombre de grands films fantastiques (Le Portrait de Dorian Gray, Le Portrait de Jennie, Pandora).
Le casting quatre étoiles (Gene Tierney, Rex Harrison, Nathalie Wood, George Sanders), la musique enivrante de Bernard Herrmann (compositeur attitré d'Alfred Hitchcock), les images expressionnistes somptueuses d'un noir et blanc vivant ses dernières heures, tout concoure à faire de ce film l'un des fleurons de l'âge d'or hollywoodien.

Un brin suranné, ce chef d'œuvre d'un autre temps bénéficie aujourd'hui d'une magnifique restauration HD qui rend l'acquisition de la version Blu-ray absolument obligatoire. Aucun bonus ne circule jusqu'à présent. Mais le film en lui-même ne mérite-t-il pas déjà le détour ?
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : May 21, 2016 9:54 AM MEST


Clues, Tome 4 : A la croisée des chemins
Clues, Tome 4 : A la croisée des chemins
par Mara
Edition : Album
Prix : EUR 14,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Esquissez-moi, madame..., 28 décembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Clues, Tome 4 : A la croisée des chemins (Album)
"A La Croisée Des Chemins" est le quatrième et dernier tome de la série "Clues". Publié en 2015, soit sept ans après la sortie du tome 1, il achève ainsi la première œuvre de Mara, auteure à part entière de la série.

Londres, fin du XIX° siècle. C'est l'histoire d'Emily Arderen, une très jeune secrétaire de police qui rêve de devenir enquêtrice. De retour en Angleterre après avoir quitté le continent pendant des années, elle est nommée assistante de l'inspecteur Hawkins, un brillant détective de Scotland Yard, aussi irascible que fin limier. Bientôt, c'est tout le passé trouble de la jeune femme qui va s'empresser de ressurgir, tandis qu'elle participe à la grande entreprise de lutte contre les terribles "Red Arrows", qui tentent de prendre le pouvoir au cœur même de l'Angleterre victorienne...

Trois ans d'attente ! Voilà tout ce qu'il aura fallu patienter avant de découvrir la fin de la série. Ce grand écart nuit un peu à l'ensemble de l'œuvre, puisque le lecteur ne souhaitant pas tout relire depuis le début a déjà oublié la moitié des événements passés dans les tomes précédents !
Cette attente interminable devait être justifiée par la qualité de ce dénouement. Mais encore une fois, on hésite entre l'admiration et la frustration, car cet ultime volet de la saga n'échappe nullement aux défauts relevés sur les précédents...

Du côté de l'intrigue, Mara ne méprise pas ses lecteurs et offre une résolution claire et définitive, qui lève parfaitement le voile sur les mystères et sur toutes les zones d'ombres qui enveloppaient jusqu'ici les aventures d'Emily Arderen et de son mentor. Mais le résultat est trop court, ce qui oblige le script à compresser le dénouement, lui enlevant ainsi un peu de son épaisseur et de sa force. De la même manière, les relations entre les personnages, qui font tout le sel du récit, sont un peu expédiées à la hâte, relevant encore un peu plus le niveau de frustration.
Quant au dessin, il est encore plus fluctuant que sur les autres tomes. Privilégiant la sensation d'esquisse (effet voulu ou manque de temps ?), Mara aligne les pages qui ont davantage des airs de story-board que de planches abouties et finalisées dans les règles de l'art.

J'ai ainsi refermé le livre sur un sentiment ambivalent. Comme si l'auteure avait fini par fléchir sous le poids de son ambition. Et pourtant, "Clues" est une bien bonne histoire, dans le fond comme dans la forme. Une histoire portée par un véritable talent de conteur, qui parvient à lier la forme attractive de son sujet, la toile de fond littéraire d'où émerge une thématique féministe tout à fait honorable, l'intensité des relations humaines entre les personnages et un véritable sens du dialogue.
A l'arrivée, cette série imparfaite parvient néanmoins à demeurer très attachante, comme un tableau esquissé possédant, même à ce stade de l'esquisse, une force indéniable.
Œuvre de jeunesse, "Clues" est toutefois la première création d'un auteur à suivre...
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 28, 2015 9:44 PM CET


Batman Mad Love
Batman Mad Love
par Bruce Timm
Edition : Album
Prix : EUR 15,00

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Animated comics, 22 décembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Batman Mad Love (Album)
"Mad Love" est un graphic novel de 64 pages réalisé par le tandem Paul Dini (scénario) & Bruce Timm (scénario et dessin) entre 1994 et 1995. Bien qu'il n'apparaisse qu'en tout petit sur la gauche de la couverture, il s'agit bien d'un récit lié à l'univers de Batman...

Retour en arrière : En 1989, le monde applaudit le retour de Batman sur les écrans de cinéma. Et le film de Tim Burton inaugure une gigantesque batmania à l'échelle planétaire !
En 1992, dans la foulée de la sortie de Batman - le Défi, le studio Warner produit une série animée baptisée simplement Batman, la série animée. Cette production TV se révélant d'une qualité exemplaire (relecture mature, sombre et profonde, restituant l'atmosphère gothique du film de Burton, le thème musical de Danny Elfman, le tout enrobé d'une patine cartoon rétro, dans un superbe décorum mêlant les univers esthétiques du polar et de l'art déco), approuvée par les fans du "caped crusader", elle étendra son influence dans le monde des comics, dans une forme de boucle bouclée.

Par l'intermédiaire de cette création télévisuelle, les auteurs offraient une nouvelle jeunesse à certains des personnages phares de l'univers de Gotham City et en inventaient de nouveaux. Et c'est au cœur de cette série animée, dans l'épisode N°22 de la saison 1 intitulé "Chantage à crédit" ("Joker's Favor"), qu'est née la vilaine et facétieuse "Harley Quinn", la fiancée du "Joker". Et la véritable héroïne de notre "Mad Love".
Produite par Bruce Timm, coproduite et partiellement écrite par Paul Dini, la série animée se dédoubla par ailleurs d'une série de comics intitulée Batman Aventures, dans laquelle on pouvait retrouver la pétulante "Harley". Mais l'histoire de "Mad Love" se situe au carrefour de ces deux influences : Car c'est en écrivant le synopsis de "Mad Love" pour la série animée que le duo eut finalement envie de le dédier à une création sous forme de graphic novel...

Ainsi naquit un classique de la continuité moderne (à partir de Year One) de l'univers de Batman. L'un de ces classiques que la "tribu" des fans de comics vénère en hurlant au chef d'œuvre avant même de l'avoir lu !
Les 64 pages de ce récit original sont ainsi mises en images par Bruce Timm dans un style cartoony assez proche de la série animée et des comics "Batman Aventures".
En règle générale, je ne suis pas très preneur de ce type de comics où les personnages sont dessinés dans un style "mignon tout plein" (je déteste le dessinateur Skottie Young) alors que la teneur du récit est relativement adulte. Je trouve que le principe est racoleur et tend à faire basculer les comics modernes vers la sphère infantile de laquelle il a été si difficile de l'extraire. Mais, une fois n'est pas coutume, cet état d'esprit est ici parfaitement justifié par le caractère du personnage principal. Effectivement, "Mad Love" est un récit centré sur "Harley Quinn", et le caractère de la jeune femme, enjoué et enfantin (du genre méchant garnement ne pensant qu'à s'amuser au dépend des autres !) fait écho au style cartoony de Bruce Timm. On est donc dans un rapport parfait entre le fond et la forme.

Bien que l'approche ne soit pas la même, "Mad Love" évoque parfois The Killing Joke, le chef d'œuvre (controversé) d'Alan Moore & Brian Bolland. Construit dans le même type de découpage (le fameux gaufrier -modulable- de neuf vignettes par planche immortalisé par Alan Moore dans son Watchmen), pour un nombre de pages identique, "Mad Love" offre un récit construit de manière à peu-près similaire, le personnage principal (un vilain), se remémorant ses origines par le biais de quelques flashbacks distillés de manière chronique.

Pour autant, je ne mettrais pas les deux créations sur le même terrain artistique et je trouve que "Mad Love" est tout de même au dessous de "Killing Joke". Le scénario est très chouette, les dessins aussi, mais il lui manque tout de même quelque chose de la force imparable de son ainé.
Le srcipt est tout à fait maitrisé mais l'orientation "frivole" qui accompagne le personnage principal désamorce l'aspect tragique du récit, qui demeure parfois trop léger pour nous emporter complètement. Quant aux dessins de Bruce Timm, s'ils sont souvent épatants en ce qui concerne les personnages, ils pâtissent d'une vacuité extrême en matière de décors (l'artiste confessant dans sa postface une tendance schizophrène hésitant entre le perfectionnisme et la paresse !). Le dénouement, au cœur des buildings de Gotham City, alors que le "Joker" (lui-même très présent) virevolte au dessus du train suspendu, souffre ainsi d'une mise en image vraiment approximative en termes de background.

A l'arrivée, "Mad Love" demeure un classique tout à fait recommandable. Une belle épure tournant autour d'un nombre réduit de personnages (pour l'essentiel : Harley Quinn, Batman, le Joker, et une petite participation du commissaire Gordon). Un récit enjoué faisant la part-belle à la caractérisation de ses deux principaux vilains.
La lecture de l'ensemble, d'une fluidité exemplaire, bénéficie ainsi d'un rapport idéal entre le fond et la forme, profitant pleinement de l'osmose qui unit ses deux talentueux auteurs.
Les férus de la continuité ne pourront également pas passer à côté d'un récit marquant pour les origines d'un personnage charismatique ayant gagné, au fil du temps, une notoriété grandissante dans la mythologie consacrée.
Il aurait toutefois fallu un petit quelque chose en plus au niveau du scénario et du dessin pour lui attribuer sans hésiter une cinquième étoile...

L'édition VF proposée par Urban Comics reprend le modèle de l'édition deluxe US. Outre le grand format, on bénéficie également de l'intégralité du récit dans sa version noir et blanc (avec les esquisses de Bruce Timm), et de l'intégralité de la première proposition de la version couleur (également esquissée par l'artiste). En bonus, deux courts récits issus de la série "Batman Aventures", plutôt anecdotiques, réalisés par Paul Dini & Bruce Timm, complètent le programme. Soit "Petit Papa Noël" (The Batman Adventures : Holiday Special #1 : 12 pages), et "La Croisière s'embrase" (Adventures In The DCU #3 : 6 pages). Pour un total de 165 pages.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 29, 2015 8:26 PM CET


STAR WARS : LES RUINES DE L'EMPIRE
STAR WARS : LES RUINES DE L'EMPIRE
par Collectif
Edition : Album
Prix : EUR 13,00

10 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Mise en bouche, 20 décembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : STAR WARS : LES RUINES DE L'EMPIRE (Album)
"Star Wars : Les Ruines de l'Empire" est une mini-série en quatre épisodes réalisée en 2015 par le scénariste Greg Rucka et le dessinateur Marco Checchetto. Ce récit s'inscrit dans la ligne éditoriale intitulée "Voyage vers Star Wars : Le Réveil de la Force", qui développe des événements situés entre la fin de Star Wars Épisode VI - Le Retour du Jedi et "Star Wars Épisode VII - Le Réveil de la Force". Il est ainsi question de découvrir ce qu'il s'est passé après la "Bataille d'Endor", après la mort de "l'Empereur" et la chute de "l'Empire galactique"...

Cette mini-série déroule en réalité quatre épisodes qui sont à la fois reliés par plusieurs personnages (notamment "Shara Bey", la mère de "Poe Dameron" -l'un des héros de l'Épisode VII), et en même temps autonomes, comme quatre courts récits réunis sur une toile de fond commune.
Partant de ce postulat, les épisodes sont de qualité inégale et l'ensemble exhale un parfum de publicité surfant sur la sortie du premier épisode de la nouvelle trilogie...

J'ai personnellement bien apprécié les deux premiers épisodes, qui développent soigneusement les premiers jours de la chute de l'Empire. On peut ainsi suivre quelques personnages et découvrir leurs sentiments au lendemain de la "Bataille d'Endor", comme une euphorie de courte durée, avant que de repartir vers la guerre, qui n'est pas terminée...
Cette première partie est assez intéressante de ce point de vue, mettant en lumière le fait que la victoire n'est pas définitive, ce qui était le cas dans "l'ancienne continuité" de l'univers étendu, où les personnages principaux (Luke, Leïa et Han Solo) devenaient les nouveaux gérants de la République, où ils finissaient heureux en ayant beaucoup d'enfants (même s'ils vivaient encore de nombreuses aventures). Une idée naïve qui ne m'a jamais convaincu (car on sait bien que si le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument...). Je préfère ainsi cette nouvelle orientation plus tragique, qui relance le destin des héros vers d'autres jours sombres...

La seconde partie du recueil est plus anecdotique, où l'on suit la belle "Shara Bey" apportant respectivement son aide à la "Princesse Leïa", puis à "Luke Skywalker". Deux épisodes assez creux, faisant la part-belle à l'action, sans toile de fond particulièrement fédératrice pour la suite de la saga. Si ce n'est peut-être ce passage avec les petits arbustes, qui introduit la future quête de Luke pour retrouver le temple jedi...
A l'arrivée, le recueil se referme sur le sentiment de n'avoir pas lu quelque chose de primordial, puisqu'aucun des événements qui s'y déroule n'a d'importance pour enchainer sur l'Épisode VII (aucune apparition du "Leader Suprême" ni même aucune allusion au futur "Premier Ordre").
En revanche, le travail formel des auteurs est rudement efficace, tant au point de vue du découpage narratif effectué par le scénariste Greg Rucka que des dessins de Mario Checchetto, qui parvient à briller sur tous les points, y compris dans la représentation des personnages iconiques de la saga, qui ressemblent fort bien aux acteurs bien connus...
Bref, une lecture divertissante mais inoffensive, comme une mise en bouche, un apéritif bien préparé mais très vite oublié, avant d'aller voir le film qui s'ensuit...
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 27, 2015 8:28 PM CET


Pandora
Pandora
DVD ~ Ava Gardner

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 En mer et contre tous, 14 décembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Pandora (DVD)
Le synopsis - En Espagne, dans les années 30, au cœur de la petite ville portuaire d'Esperanza : "Pandora Reynolds" (Ava Gardner) est une jeune femme adulée et courtisée. Recherchant désespérément le grand amour, elle aperçoit un soir un bateau qui n'a pas encore accosté. N'écoutant que son instinct, elle le rejoint à la nage. Elle rencontre alors le propriétaire du navire, un certain "Hendrick Van der Zee" (James Mason). Ce dernier, solitaire et mystérieux, est entrain de peindre un portrait de la déesse Pandore, ressemblant étrangement à Pandora...

Ecrit et réalisé en 1951 par Albert Lewin, "Pandora" est un film unique en son genre. A la fois surréaliste et onirique, il est délicatement mouillé dans le fantastique. Un fantastique éthéré, dont les effets relèvent davantage de la suggestion et de la poésie que de l'épouvante ou du merveilleux ostentatoire.
Lewin n'a réalisé que cinq films, dont deux dans le registre du fantastique ("Pandora" et Le Portrait de Dorian Gray). Mais à chaque fois, il a su faire preuve d'une profonde originalité et d'une capacité exceptionnelle à conférer à ses créations une véritable épaisseur littéraire et artistique.
Passionné par le surréalisme, le cinéaste fréquentait les principaux artistes du mouvement et restituait beaucoup de leur univers dans sa vison de la mise en scène picturale.

C'est donc un portrait semblant entretenir une filiation hybride entre le style de René Magritte et celui de Giorgio de Chirico que peint le personnage interprété par James Mason. Comme c'était le cas dans le "Portrait de Dorian Gray", celui de Pandore va également subir diverses transformations. Quant au héros, navigateur mystérieux à l'allure introspective, il s'agit en réalité d'une interprétation moderne et romantique du mythique "Hollandais volant", navire légendaire à l'équipage maudit, ici transposé sous le motif d'un seul et unique personnage.
Mythologie antique, littérature du 18° siècle, mouvement artistique des années 1920, le fil d'Albert Lewin est un impressionnant puits de références avec lesquelles il nourrit son sujet, comme une mosaïque pleine de résonances thématiques. Partant de ce postulat, le script de Lewin ne laisse rien au hasard et la petite ville fictive d'Esperanza évoque bien évidemment le cap de Bonne-Espérance (berceau de la légende du Hollandais volant), de même que le nom du héros ("Hendrick Van der Zee") signifie "Henri de la mer" en néerlandais.

Le résultat de cet élan créatif révèle une magnifique œuvre d'art totale, comme l'équivalent d'un opéra repensé à travers le prisme du cinéma. Baroque, romantique, poétique, onirique, envoûtant, spirituel, "Pandora & the Flying Dutchman" (titre original) est, tout comme "Le portrait de Dorian Gray", un film d'auteur complet doublé d'une vision amalgamant cinéma populaire et cinéma intellectuel dans une harmonie sans équivalent dans l'histoire du medium. Pour être parfait, il lui manque hélas une bande-son à la hauteur. Car le score d'Alan Rawsthorne n'a pas le charisme d'un Bernard Herrmann ou d'un Miklos Rosza. Et pourtant, en toute logique d'expansion artistique, Lewin avait engagé ce compositeur non pas venu du cinéma, mais de la musique classique britannique...

Pour le reste, "Pandora" est un classique absolu, illustration totale du thème de "l'amour fou", de celui qui rime avec la "mort" et les "amants maudits", apprécié en toute circonstances pour son atmosphère exotique baignée de la chaleur catalane, où brillent les étoiles des chaudes nuits d'été, où le peuple vit le soir dans les bistrots, et le jour dans les arènes de corrida. Par dessus tout, évidemment, il reste célèbre pour son couple mythique exposant une actrice au faite de son aura et de sa beauté ensorcelante.
Les amoureux des grands classiques de l'âge d'or hollywoodien ne doivent pas le rater. Les réfractaires à tous les vieux films passeront leur chemin mais manqueront ainsi leur rendez-vous avec l'une des expressions artistiques les plus abouties de l'histoire du septième art.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 20, 2015 3:08 PM CET


Dreamcatcher [Blu-ray]
Dreamcatcher [Blu-ray]
DVD ~ Morgan Freeman
Proposé par BERSERK MEDIA
Prix : EUR 7,99

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 La vérité est vraiment ailleurs..., 8 décembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dreamcatcher [Blu-ray] (Blu-ray)
"Dreamcatcher, l'Attrape-rêves" est un film d'horreur et de science fiction réalisé en 2003 par Lawrence Kasdan, d'après le roman de Stephen King. Film à grand spectacle aux effets spéciaux impeccables, interprété par des acteurs de premier plan (à commencer par Morgan Freeman) et mis en scène par un grand nom d'Hollywood (Kasdan est aussi bien le scénariste de Star Wars - Episode V : L'Empire Contre-attaque, Les Aventuriers de l'Arche Perdue, Star Wars - Episode VI : Le Retour du Jedi, que le réalisateur de La Fièvre au Corps, Silverado ou Wyatt Earp), le film fait néanmoins partie des adaptations de l'œuvre de Stephen King parmi les plus mal aimées, même s'il possède tout de même quelques défenseurs.

Le synopsis : Quatre amis d'enfance trentenaires partent chaque année pour une partie de chasse dans les forêts du Maine, via une vieille cabane isolée comme point de ralliement, à l'intérieur de laquelle trône un énorme attrape-rêve indien. Ils sont reliés par un mystérieux lien télépathique apparu depuis qu'ils sont venus en aide, il y a bien des années, au jeune "Duddits", un handicapé aux étranges pouvoirs devenu ensuite leur ami.
Dans le blizzard de l'épaisse forêt, nos compagnons rencontrent bientôt deux personnes atteintes d'un étrange mal. Un mal bien plus horrible qu'ils ne s'y attendaient, puisqu'elles hébergent chacune dans leur estomac une belliqueuse créature extraterrestre...
Une course contre la survie commence alors, tandis que l'armée tente d'étouffer l'affaire tout en contenant l'invasion alien, sous le commandement du redoutable "Colonel Abraham Curtis"...

Quel ovni, c'est le cas de le dire !
Ce film est assez insaisissable. Tour à tour brillant et médiocre, superbement écrit et bourré de fautes de script, il s'inscrit dans le palmarès des œuvres bicéphales aussi attachantes que ratées !
C'est cette étrange cohabitation des deux extrêmes qui va traverser les 136 minutes de "Dreamcatcher, l'Attrape-rêves" du début à la fin. Que ce soit dans l'écriture du scénario, dans la mise en scène, dans les dialogues ou dans la direction d'acteurs, Lawrence Kasdan zigzague systématiquement entre la maîtrise de son sujet et la bérézina artistique !
Hésitant sans cesse entre la tragique et la parodie, le brillant scénariste de la saga Star Wars s'empêtre dans une narration bicéphale où le ton burlesque est constamment à côté de la plaque, venant contredire le sujet tout en désamorçant la moindre scène d'angoisse.

L'autre point de rupture avec la réussite du projet est que le final est particulièrement raté et, allez savoir pourquoi, s'oppose tout simplement à celui du roman originel.
Certes, en adaptant l'œuvre de Stephen King, Kasdan avait le bénéfice de la relecture et pouvait honorablement en réinterpréter la fin. Sauf qu'il nous propose une conclusion particulièrement contradictoire, n'apportant aucune résolution au cheminement thématique des personnages et annihilant au contraire la portée du récit de l'écrivain. Le lien télépathique qui lie les personnages n'a dès lors plus aucun sens, le personnage central (le mystérieux "Duddits") se retrouve totalement dénaturé et, au final, le thème de "l'attrape-rêves" est complètement passé aux oubliettes !

Conçu comme un récit plus ou moins connecté avec l'histoire développée dans Ça (l'histoire se déroule au départ dans la même ville fictive de "Derry" et il est fait référence au "Club des Sept Paumés"), "Dreamcatcher" développait en filigrane certains des thèmes récurrents du King.
Certes ponctué de notes d'humour, le roman était un condensé de récits science-fictionnels fondateurs (La Guerre des Mondes, Alien, The Thing et X-Files) qui, comme un effet de boucle (la plupart des écrits de Stephen King ayant été adaptés à la télévision ou au cinéma), venaient essentiellement des médiums télévisuels et cinématographiques !
Mais surtout, "Dreamcatcher" était un prolongement naturel de "Ça" (et aussi des Tommyknockers). En faisant de son quatuor de personnages (ou quintet si l'on ajoute "Duddits) un groupe d'adultes tourmentés, n'ayant jamais réellement réussi à s'adapter à la vie sociale à cause de leur pouvoir télépathique, Stephen King nous parlait de la difficulté de grandir. Tous réunis rituellement autour d'un énorme attrape-rêves, ses héros marquaient ainsi cette parabole du difficile passage à l'âge adulte, thème central de l'œuvre de l'écrivain. Et en combattant des extraterrestres, ils s'inscrivaient à la fois dans la tragédie de la vie et dans le monde de l'enfance. Un monde symbolisé par "Duddits", attrape-rêve vivant (est-il devenu malade à force d'absorber leur malêtre ?) vers lequel ils devront se tourner pour survivre, ou pas...

A l'arrivée, Lawrence Kasdan se sera cassé les dents sur le terrain de l'adaptation en essayant d'être parfois trop fidèle (une tonalité humoristique qui ne fonctionne manifestement que dans les lignes et dans le style de l'écrivain), tout en proposant une fin différente complètement en décalage avec le récit initial et sa portée parabolique...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 10, 2015 11:27 AM CET


It's Only Money [Blu-ray] [Import anglais]
It's Only Money [Blu-ray] [Import anglais]

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Increvable Jerry !, 7 décembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : It's Only Money [Blu-ray] [Import anglais] (Blu-ray)
"It's Only Money" ("Increvable Jerry" en VF) est une comédie américaine réalisée en 1962 par Frank Tashlin, avec Jerry Lewis.
Hélas, trois fois hélas, l'éditeur US n'a pas pris le temps de fournir à son blu-ray de version française ni de sous-titres VF, alors qu'ils existent depuis longtemps. C'est d'autant plus dommage que le restauration du film en HD est assez éblouissante et qu'il n'existe aucune version DVD sous nos latitudes. Ce n'est pas bien malin de la part de cet éditeur, et il ne devra pas se plaindre de la fraude alors qu'il existe une copie qualité blu-ray en VF très facile à télécharger...

"Increvable Jerry" est l'un des fleurons de la filmographie de Jerry Lewis. C'est l'histoire de "Lester March", jeune dépanneur TV qui rêve de devenir détective privé. Embarqué par son idole le détective "Peter Flint" dans une affaire louche de succession, Lester va remonter vers ses propres origines...

Aujourd'hui, alors que les films de la star du comique américain des années 50 et 60 ont bien mal vieilli, il n'en existe que très peu qui parviennent encore à résister au poids de l'âge. C'est pourtant vrai : Les films interprétés par Jerry Lewis sont devenus extrêmement kitsch et ringards. Ainsi semble être le lot injuste de ces créateurs qui, en inventant un genre tout entier, se condamnent eux-mêmes à la ringardise, à force d'être copiés, singés et moqués jusqu'à lasser le public ingrat...
Partant de ce postulat, on peut retenir ce film de 1962 comme une très bonne pioche. Simple, directe et sans fioritures, cette très agréable comédie familiale bénéficie de son épure qui, d'une certaine manière, la protège des effets les plus kitsh que l'on pourrait relever sur bien d'autres films. Le résultat profite ainsi de son équilibre très réussi entre le minimalisme du concept, le charme suranné de l'âge d'or hollywoodien, l'innocence et la candeur du spectacle, le burlesque savamment dosé et l'écriture du scénario.
Pour ceux qui l'ont vu à la télévision, enfants, impossible d'oublier la poursuite finale avec les tondeuses à gazon automatiques !

Sur bien des points, "Increvable Jerry" est un peu l'aboutissement de l'association Lewis/Tashlin. Le réalisateur avait effectivement dirigé l'acteur dans un sacré paquet de films, en duo avec Dean Martin (Artistes et Modèles, Un Vrai Cinglé de Cinéma), ou en solo (Trois Bébés sur les Bras, Le Kid en Kimono, Cendrillon aux Grands Pieds, Un Chef de Rayon Explosif, Jerry Chez les Cinoques). Et cette association trouvait ici le parfait équilibre entre la personnalité de ces deux professionnels de la comédie, avec un sens de l'épure bienvenu, sans que l'acteur ne vienne trop envahir cette alchimie de ses grimaces ostentatoires.

Etrangement, et bien qu'il soit réalisé parmi les derniers films de cette collaboration, "Increvable Jerry" est filmé en noir et blanc. Une manière de parodier, à coup sûr, les polars et les films noirs du cinéma hollywoodien de la même époque...
Sous réserve de ne pas être allergique à l'humour très daté de la star et d'apprécier la légèreté et le burlesque de ce genre de vieux film, "Increvable Jerry" est donc l'un des tous meilleurs films de la "série". Il n'est tout de même pas du niveau des deux plus grands films de Jerry Lewis (Le Tombeur de ces Dames et Docteur Jerry et Mister Love), deux fleurons de la comédie cinématographique réalisés par l'acteur lui-même au début des années 60.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 8, 2015 12:36 PM CET


Anthologie Eerie, Tome 1 :
Anthologie Eerie, Tome 1 :
par Collectif
Edition : Album
Prix : EUR 26,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Oh ! Cousin !, 4 décembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Anthologie Eerie, Tome 1 : (Album)
Les magazines Creepy et Eerie ont été publiés sur près de vingt ans entre 1964 et 1983. Il s'agissait, dans les deux cas (et de leur jeune sœur Vampirella) d'un dérivé des comic books (avec un format différent qui leur permettait d'échapper à la censure en apparaissant chez le marchand de journaux, non pas aux côtés de Batman ou Spiderman, mais plutôt de Playboy !) qui proposait une anthologie de petites nouvelles horrifiques, en général de sept à huit pages chacune. Chaque numéro de ces magazines regroupait environ quatre nouvelles graphiques en noir et blanc (bien plus tard, quelques épisodes en couleur apparaitront de manière ponctuelle).
Ce premier tome de la collection regroupe les six premiers numéros (en tout 26 épisodes) publiés à l'origine en 1965 et en 1966...

Le concept d'un magazine comme Creepy ou Eerie était exactement le même, en ce qui concerne les bandes-dessinées, que celui de Tales From The Crypt, publié dix ans plus tôt, où l'on voyait un vieux cadavre décrépi (le gardien de la crypte) présenter ses petits contes horrifiques.
Ainsi, le purulent "Cousin Eerie" (un clone de "Quasimodo", toujours souriant) succède au vieil "Oncle Creepy" (une vieille goule en chemise à jabot) comme l'hôte du lecteur, lui proposant de lui présenter et de lui narrer ses histoires à donner le frisson !
Les thèmes abordés au cours de ces deux premières années de publication explorent un terrain un peu plus varié et original que celui de Creepy (essentiellement abonné au bestiaire classique des figures horrifiques, comme Dracula et autres loups-garous). On voyage ainsi entre les pays et les époques en rencontrant des sorciers, des cadavres ressuscités, des dinosaures, des démons, des meurtriers psychotiques et en savourant quelques histoires glauques d'une belle poésie macabre, marchant sur les traces d'Edgar Alan Poe, voire d'H.P. Lovecraft.
La formule, encore une fois, reprend celle des publications EC Comics ("Tales From The Crypt", Shock suspenstories, Weird science, The Haunt of Fear, Crime suspenstories, Two-fisted Tales) : Aucune forme de manichéisme, mais des fables acerbes et macabres, souvent bouclées sur un twist final cruel et cynique, à l'inverse des happy-end traditionnels.

La qualité des histoires est plutôt inégale. Certaines accusent le poids de l'âge et paraissent aujourd'hui naïves, puériles et bourrées de clichés, et l'on devine facilement la fin dès la seconde page. D'autres sont étonnantes et d'une cruauté fataliste impressionnante, telle "La Réincarnation de Barbe Bleue", où une jeune femme assassine son mari sous la seule présomption qu'il serait la réincarnation du célèbre tueur en série ; "L'Âme de l'Horreur", où un sorcier maléfique se réincarne dans chacun des enfants de son meurtrier dans une mise en abîme sans fin ; "Le Phare", qui préfigure les œuvres de Stephen King avec le thème de l'écrivain donnant corps à ses créations ; "Chambre Avec Vue", dans laquelle un pensionnaire subit d'atroces visions en contemplant un miroir ; "Le Monument", qui met en scène un architecte convoitant le génie d'un créateur à la retraite (faisant écho aux créations de l'architecture moderne américaine de Frank Lloyd Wright ou John Lautner) ; ou encore "Dans la Peau", où un acteur jaloux assassine son rival afin de lui voler le secret de ses maquillages... horrifiques !
Comme dans Creepy, la plus-part des épisodes sont écrits par le scénariste Archie Goodwin, alors rédacteur en chef du magazine jusqu'en 1967. Et une fois encore, le charme de ces petites histoires vient en grande partie du fait qu'elles sont toutes enrobées d'un humour noir grinçant, qui a plutôt bien vieilli et les rend beaucoup moins ampoulées que celles des comics de super-héros de la même époque...

La partie graphique est un véritable régal pour les amateurs d'imagerie gothique vintage. Et l'on retrouve peu ou prou les mêmes artistes que dans Creepy, avec l'incomparable Frank Frazetta aux couvertures originales (il avait hélas réalisé les deux dernières bandes-dessinées de sa carrière dans le premier volume de Creepy), avec Joe Orlando, Reed Crandall, Angelo Torres, Johnny Craig et Gray Morrow. Alex Toth réalise également deux épisodes, tandis que Steve Ditko et Gene Colan font leur apparition respectivement sur quatre et cinq épisodes. Bien que les fans de comics hurlent d'un seul hurlement de loup que Steve Ditko et Alex Toth étaient des génies, je dois avouer que je n'ai pas été très impressionné par leur prestation. En revanche, j'ai trouvé personnellement que les planches de Gene Colan, toutes en camaïeu de gris, se hissaient très nettement au dessus du lot...

Toutes ces petites histoires horrifiques sont sans doute trop légères, inoffensives et naïves pour accéder au niveau des chefs d'œuvre du genre. Mais il se dégage de cet ensemble un délicieux parfum suranné d'imagerie gothique, teintée d'horreur et de folklore européen.
Ce premier tome de la série "Anthologie Eerie" est agrémenté de nombreux bonus, dont une longue préface de Fershid Barucha et la postface de Forrest J. Ackerman (le créateur de Vampirella), qui revient sur la genèse et la diffusion de la série. En fin d'ouvrage, on trouve également la "Galerie des Monstres d'Eerie" (5 planches thématiques en noir et blanc), les six couvertures originales signées Frazetta et Morrow (j'aurais préféré les trouver au début des épisodes, comme à l'époque de leur parution en magazine, mais bon...), ainsi qu'une courte biographie des auteurs et dessinateurs respectifs.
Cette collection intitulée Delirium, en grand format et en papier glacé, avec sommaire détaillé et couverture magnifique, est un véritable bonheur pour les fans. Certes, les amateurs de papier mat vont faire la grimace, mais il faut reconnaitre que ces planches en noir et blanc supportent particulièrement bien le grand format et surtout le papier glacé, qui leur permet d'obtenir des noirs profonds, une très agréable douceur au toucher et une délicieuse odeur d'imprimerie...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 7, 2015 11:38 AM CET


STAR WARS - DARK VADOR T01 : VADOR
STAR WARS - DARK VADOR T01 : VADOR
par Salvador Larroca
Edition : Album
Prix : EUR 17,50

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Voyage au pays du côté obscur, 22 novembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : STAR WARS - DARK VADOR T01 : VADOR (Album)
Ce premier tome de la collection regroupe les six premiers épisodes de la série sobrement intitulée "Dark Vador", réalisés en 2015 par le scénariste Kieron Gillen et le dessinateur Salvador Larroca.
Il s'agit de narrer les aventures vécues par le seigneur "sith", juste après la destruction de "l'Etoile noire" à la fin de Star Wars Épisode IV - Un Nouvel Espoir.
A noter que ces six épisodes déroulent des événements qui sont racontés parallèlement à ceux de la série STAR WARS écrite par Jason Aaron et dessinée par John Cassaday, les deux séries mettant en lumière plusieurs éléments en communs, racontés sous deux points de vue distincts, chacune pouvant néanmoins être lue de manière auto-contenue.

Au lendemain de l'explosion de "l'Etoile noire", le seigneur "Dark Vador" doit assumer son échec et subir le courroux de son maitre, "l'Empereur Palpatine". Ce dernier l'humilie immédiatement en le mettant sous les ordres du "Général Tagge" (l'officier que Vador avait failli étrangler au début de de Star Wars Épisode IV - Un Nouvel Espoir), avant de l'envoyer négocier avec "Jabba le Hutt". En secret, Dark Vador va mener sa propre enquête afin de retrouver le pilote qui a réussi à détruire l'Etoile noire, en même temps qu'il va espionner l'Empereur qui semble lui cacher bien des choses. "Vador" dissimule d'ailleurs lui-même tout ce qu'il a découvert à son maître (notamment le retour "d'Obi-Wan Kenobi" et sa rencontre avec "Luke", qui détient son ancien sabre laser). Dans sa quête, il va s'adjoindre les services de deux redoutables chasseurs de primes. Un énorme Wookie nommé "Krrsantan le noir", ainsi que l'inévitable "Bobba Fett"...

Rien que ce résumé démontre clairement à quel point cette seconde série est meilleure que la précédente.
Tous les reproches et les regrets que j'ai pu adresser à la série écrite par Jason Aaron sont ici inversés. Les choix opérés par Kieron Gillen se révèlent ainsi, en tout cas en ce qui me concerne, les bons.
Plus intimiste, plus inspirée, la série "Dark Vador" explore tout un pan de la mythologie qui ne nous avait encore jamais été exposé et l'expérience est purement addictive.
Le lecteur se sent ainsi privilégié à l'idée d'explorer de l'intérieur les arcanes du côté obscur, et profite de toute l'ambiguïté du personnage, capable de tous les actes les plus impitoyables, tout en restant désespérément... humain.

C'est le côté humain du personnage, évidemment, qui offre sa dignité à la série. Et le scénariste l'a bien compris.
Les meilleurs moments de ces six premiers épisodes sont ainsi dévolus aux scènes de confrontation psychologique, lorsque les personnages tentent de percevoir leurs motivations respectives, notamment lors des scènes opposant "Vador" à l'Empereur. Cette différence avec la série de Jason Aaron & John Cassaday, entièrement axée sur l'action et le fan-service, en dit long sur la valeur ajoutée de la série "Dark Vador".

Il est donc assez fascinant de percevoir à quel point chacune de ces deux séries est le miroir de l'autre. Ainsi, là où l'une mise tout sur l'action, l'autre privilégie l'aspect psychologique. Là où la première aligne les combats et les explosions jusqu'à la nausée, la seconde privilégie les dialogues et le contemplatif. Enfin, et c'est évident, là où l'une met en scène les gentils sans développer leur caractérisation, trainant ainsi des personnages affreusement creux ("Han Solo" ne prend rien au sérieux et fait des blagues en plein combat, "Luke" est encore plus stupide qu'il ne l'était au commencement, "Leïa" est aimable comme une porte de prison, "Chewbaca" bastonne'), l'autre étoffe considérablement la personnalité des méchants, creusant un peu plus le fossé qui sépare l'Empereur de son apprenti, le premier étant versé si profondément dans le côté obscur qu'il n'est plus que le mal incarné, là ou le second possède encore le terrain d'une éventuelle rédemption...
Ce postulat offre ainsi la matière aux tous meilleurs moments de ce premier arc narratif, lorsque, au détour d'une phrase, le scénariste intègre subtilement le terreau de la future trahison "d'Anakin Skywalker" face à son maitre...

Le doute n'est donc plus permis : Si la série "Star Wars" n'apporte rien à la mythologie de l'univers consacré, affadissant au contraire son intégrité, "Dark Vador" permet à l'inverse de l'étoffer de belle manière.
En choisissant la voix de l'intériorité et de la retenue au dépend de l'action, le scénariste Kieron Gillen a ainsi pris un vrai risque. La récompense est effective, car il y a de grandes chances qu'à terme les fans gardent cette série dans leur cœur, quand bien même elle deviendra obsolète...
Ce sont par ailleurs les scènes d'action qui sont les moins réussies, et j'avoue qu'elles m'ont ennuyé, me forçant à patienter jusqu'au retour à quelque chose de plus substantiel.
Peut-être que de ce côté, d'ailleurs, Gillen n'est pas spécialement à son aise, tandis qu'il fait des merveilles avec la caractérisation du personnage principal.

Du point de vue du fan-service, là aussi, les choix opérés par le scénariste sont tout à son honneur. Privilégiant le langage séquentiel (aucun texte, ou presque), il intègre de manière chronique mais avec parcimonie, quelques flashbacks savamment distillés, où "Vador" confronte ses souvenirs à ses décisions. Toutes ces séquences sont épatantes car elles justifient les choix du personnage, tout en faisant profiter le lecteur d'une plongée dans les films. Et là encore, on perçoit que Gillen a su utiliser le fan-service afin de nourrir son scénario, et non l'inverse...

Le côté obscur serait-il le plus fort ? Permettrait-il aux auteurs s'essayant à l'adaptation de l'univers Star Wars de franchir les écueils et de minimiser les risques ?
Le pari de Kieron Gillen s'avère en tout cas réussi.
Le dessin de Salvador Larroca est tout aussi élégant et aseptisé que celui de John Cassaday. Evidemment, qui dit Larroca dit "association avec un coloriste", tant le trait du dessinateur est épuré, laissant une large place aux nuances de couleurs afin de créer les volumes. Après avoir été associé à Frank D'Armata sur la série "Iron man", il s'adjoint désormais les services d'Edgar Delgado. Le résultat est moins froid et techno que dans le INVINCIBLE IRON MAN de Matt Fraction, pour un résultat somme toute très consensuel. La preuve, une fois encore, que l'orientation de Marvel en termes de charte graphique sur la franchise, privilégie avant tout l'attrait des films. Et les comics, quoiqu'il en soit, doivent y être inféodés...

Au final, Kieron Gillen parvient à tirer son épingle du jeu et livre une série d'épisodes qui, tout en flattant les fans par une approche consensuelle, apportent leur pierre à l'édifice d'une mythologie presque monolithique, tant il est difficile d'imaginer des récits entre les films (ou entre les lignes !) sans les contredire ou en gâcher la saveur initiale.
Nous sommes donc à l'aube d'une nouvelle continuité "officielle" pour les comics "Star Wars". A un mois quasiment jour pour jour (à l'heure où j'écris ces lignes) de la sortie de "Star Wars : Le Réveil de la Force", il faut tout de même regarder la réalité en face : Ces histoires de papier resteront officielles tant qu'elles ne seront pas contredites par les films. Et sachant que nous allons dorénavant profiter d'un film "Star Wars" par an (avec des spin-off intercalés entre les épisodes VII, VIII et IX), il se pourrait que cette nouvelle continuité ne fasse pas la mariole bien longtemps...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 22, 2015 12:05 PM CET


STAR WARS T01: Skywalker passe à l'attaque
STAR WARS T01: Skywalker passe à l'attaque
par John Cassaday
Edition : Relié
Prix : EUR 17,50

4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Pas encore obsolète..., 20 novembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : STAR WARS T01: Skywalker passe à l'attaque (Relié)
Ce premier tome de la collection regroupe les six premiers épisodes de la série sobrement intitulée "Star Wars", réalisés en 2015 par le scénariste Jason Aaron et le dessinateur John Cassaday.
Il s'agit des aventures vécues par Luke, Leïa, Han Solo et leurs droïdes, juste après la destruction de "l'Etoile noire" à la fin de Star Wars Épisode IV - Un Nouvel Espoir.
A noter que ces six épisodes déroulent des événements qui sont racontés parallèlement à ceux de la série Dark Vador, les deux séries mettant en lumière plusieurs éléments en communs, racontés sous deux points de vue distincts, chacune pouvant néanmoins être lus de manière auto-contenue.

Attention : Mon commentaire comporte plusieurs spoilers.

"Luke", "Leïa", "Han Solo", "Chewbaca" et leurs droïdes continuent, allez savoir pourquoi, de vivre leurs aventures seuls. Ils intègrent une base de "l'Empire galactique" afin de détruire son générateur principal. Il s'agit du plus grand arsenal de l'Empire, qu'ils sont donc censés détruire à eux-seuls (ils ne sont que quatre, avec deux droïdes)...
Se faisant passer pour des négociateurs au nom de "Jabba le Hutt", ils ignorent qu'ils vont devoir négocier avec, devinez qui... et bien "Dark Vador" bien sûr !

D'une manière aussi évidente qu'agaçante, l'éditeur Panini Comics mise toute sa campagne publicitaire en insistant sur ce point : Leurs séries se déroulent dans la continuité OFFICIELLE des films, et donc de l'univers Star Wars.
Pour bien comprendre cette insistance, il faut revenir en arrière, au moment où, le 3 janvier 2013, tombe la nouvelle fatidique : Dark Horse Comics, alors détenteur de la licence "Star Wars", perd cette dernière au profit de Marvel Comics (filiale de Disney). Tout ce qui a été publié jusqu'alors (que ce soit dans les comics mais aussi les romans et tous les autres médiums) est annulé, et rejoint alors le label "Legend", c'est-à-dire les histoires fausses, ou en tout cas "hors continuité officielle"...
Il faut vraiment être né de la dernière pluie pour avaler la couleuvre et ainsi cesser de lire les anciennes histoires ! De 1977 à 1983, Marvel Comics (déjà eux !) publiaient une série continue officielle (initialement parue en VF dans le magazine "Titans", et superbement rééditée dans la collection Star Wars Classic chez Delcourt, détenteur des comics... Dark Horse !), censée se dérouler entre les films. Quelques années après l abandon de la série Marvel, un autre éditeur (Dark Horse, donc) repend le flambeau. Jusqu'en 2013, les multiples séries Dark Horse se déroulent dans la continuité officielle et certaines font exactement la même chose que cette nouvelle série Marvel écrite par Jason Aaron (voir par exemple la série Star Wars de Brian Wood ou encore des mini-séries comme Les Ombres de l'Empire).
Il n'y a donc aucune raison que cette nouvelle période Marvel demeure éternellement officielle et, quand bien même, elle ne doit pas occulter et faire oublier les créations précédentes lorsque ces dernières sont bonnes, ce qui est le cas de plusieurs d'entre elles...

Parlons à présent de la série écrite par Jason Aaron et dessinée par John Cassaday. Et bien il y a beaucoup à dire. Notamment sur les choix opérés par le scénariste en termes de développement.
Misant quasiment tout sur l'action et les moments "énormes" (comprenez "pour les fans"), le créateur de la série Scalped multiplie les séquences choc et les confrontations essentielles inédites au cinéma. Ainsi, Luke vit son premier combat avec Dark Vador bien avant celui de Star Wars Épisode V - L'Empire Contre-Attaque. Han Solo drague à mort la princesse Leïa qui lui envoie vent sur vent, et le chasseur de primes Bobba Fett affronte Luke avant de révéler à "Vador" que ce dernier est à la poursuite de son propre fils...
Ces choix sont pour moi extrêmement mauvais. De la pure "com" pour rameuter les fans, en leur assurant de vivre ici certains des éléments essentiels de la saga, et notamment de la saga dans ses premières heures.
Qu'est-ce à dire ? Que George Lucas s'est foutu de nous en nous enlevant la moitié des événements dans les films ? Alors on nous aurait menti ? Je trouve ce constat idiot et méprisable. Car il revient à suggérer que les films étaient incomplets, et que le meilleur était ailleurs. Du révisionnisme de mauvais aloi, qui s'abreuve à des œuvres plus anciennes, en les vidant de leur magie comme un vampire suce le sang de sa proie.
C'est bête mais c'est pourtant vrai. La preuve en un seul exemple : En confrontant une première fois Luke à Vador en toute rétro-continuité, le combat suivant (Episode V) en sera clairement amoindri, et nettement moins intense...

Qui plus est, Aaron a également misé l'essentiel de son récit sur les scènes d'action, noyant le lecteur "fan" sous des torrents de morceaux de bravoures iconiques convoquant tout le bestiaire et l'arsenal des films classiques. Ainsi, on peut admirer Vador entrain de détruire à lui-seul un "quadripode impérial" (comme le fera plus-tard son fils), on peut s'extasier en regardant Luke conduire un "speeder bike" comme dans Star Wars Épisode VI - Le Retour du Jedi, on peut trembler en suivant l'interrogatoire mené par Bobba Fett à la "cantina" de Mos Eisley, avant que le chasseur de prime affronte Luke dans la ferme du défunt Obi-Wan kenobi...
Des scènes d'action hystériques, là aussi en totale concurrence avec celles des films, faisant fi de toute la magie de ces personnages et de cette créativité, ici simplement repompée, sans apport ni relecture.
J'aurais quant à moi préféré une exploration toute en retenue de ce qui n'était pas montré dans les films, avec une focalisation sur les personnages. Un développement moins basé sur l'action mais davantage sur les arcanes du système de l'Empire et de la Rébellion. Une manière d'étoffer la mythologie, et non une répétition ahurie de ses scènes cultes...

Ceci étant dit, je m'efforce toujours de ne jamais démolir une œuvre sur le seul fait qu'elle n'est pas comme j'aurais voulu qu elle soit. Voyons donc, alors, où sont les qualités de cette série.
Evidemment, le dessin de John Cassaday est excellent. L'artiste n a pas chômé et propose un découpage limpide, aux cadrages variés et audacieux, chaque personnage ressemblant de manière extrêmement réaliste aux acteurs des films de l'époque. Il ne s'est économisé sur rien et aligne les planches avec une belle constance, s'appliquant tout autant sur les décors et les engins, pour un résultat d'une qualité optimale.
Le style narratif de Jason Aaron est tout aussi efficace, avec un enchainement clair et linéaire, pleinement accessible pour le lecteur de passage. Si j ai été sévère un peu plus haut, je reconnais tout de même que certaines idées ne sont pas mauvaises, comme par exemple celle qui nous révèle que c est Bobba Fett qui, après avoir mené une enquête redoutable (et extrêmement violente), annonce à Dark Vador que le jeune rebelle qu il pourchasse se nomme Skywalker... Une idée qui a au moins le mérite de ne pas abuser de rétro-continuité.

Au final, cette série, qui a battu tous les records de recette outre-Atlantique, est un gigantesque coup de pub magistralement orchestré, il faut l'avouer, par l'éditeur Marvel, qui a su de manière astucieuse convoquer des artistes prestigieux et populaires sur une impressionnante compilation de tout ce qui plait aux fans.
Le résultat est bourrin, opportuniste en diable, pour une lecture certes divertissante, mais quand même drôlement fumiste...
Tant que tout cela n'empêche pas Aaron de poursuivre sa série Southern Bastards, ce n'est encore pas trop grave... ☆☆ et demi.
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