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Contenu rédigé par Tornado
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Tornado (Provence Côte d'Azur)
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HULK T01 : QUI EST LE HULK ROUGE ?
HULK T01 : QUI EST LE HULK ROUGE ?
par Jeph Loeb
Edition : Album
Prix : EUR 28,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Hulk voit rouge, 25 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : HULK T01 : QUI EST LE HULK ROUGE ? (Album)
Ce recueil regroupe les neuf premiers épisodes du run de Jeff Loeb sur la série "L'Incroyable Hulk", réalisés en 2008 avec le dessinateur Ed Mc Guiness. Art Adams et Frank Cho le relayent néanmoins sur les épisodes 7 à 9.

Il parait que lors de leur sortie, les lecteurs se sont passionnés pour ces épisodes avec comme intérêt principal la question suivante : "Qui est Hulk Rouge ?". Effectivement, le scénariste Jeff Loeb joue sur le mystère de l'identité de ce nouveau venu dans l'univers des super-héros Marvel. Et d'ailleurs, personne ne sait encore qui il est à l'issue de ce premier tome (sur trois) de la collection deluxe dédiée à la série.

Je suis désolé de le dire, mais bien que j'adore Jeff Loeb (Les héros Marvel, Batman : Un Long Halloween), ce premier recueil m'est tombé des mains. Je me suis efforcé de le lire jusqu'à la fin, mais ce n'est franchement pas une réussite.
D'une manière décomplexée, Loeb a abordé cette série en axant l'essentiel de son scénario sur les scènes de baston. En inventant ce double de Hulk en rouge, il a ainsi assuré le résultat en termes de combats et n'a pas hésité un seul instant à convoquer dans la mêlée tous les super-héros les plus puissants de l'univers Marvel, comme "Thor", "Ares", "Sentry" ou "Iron man", les ennemis habituels de Hulk comme le "Wendigo", allant même jusqu'à en inventer de nouveaux (Rick Jones devenant "A-Bomb", un double de "l'Abomination").

J'ai touché le fond avec les épisodes #7 à 9, illustrés en alternance par Art Adams et Frank Cho. Arrivé à ce stade, Loeb préfère s'amuser et verser dans le délire que réaliser un véritable scénario. Il imagine ainsi davantage une grosse farce qui tâche plutôt qu'une histoire, n'hésitant pas à tomber dans le loufoque au détriment de toute cohérence (Bruce Banner qui se transforme respectivement en "Joe Fixit" -le Hulk gris-, en Hulk vert puis en "Wendihulk" !). Quant à l'affrontement entre le Hulk rouge et toutes les super-héroïnes en string, il ne s'agit que d'un prétexte à mettre en scène une série de planches aux allusions salaces.
L'ensemble est tout simplement vulgaire. Et le lectorat visé n'est certainement pas le même que lorsque ce brillant scénariste écrit Spider-Man : Bleu ou Batman : Amère victoire. En revanche, on peut associer ce travail à celui d'Ultimatum, réalisé quelques années plus tôt...

Excepté le mystère qui entoure l'identité de ce nouveau "Hulk", le scénario est d'un simplisme confondant de nullité et d'idiotie. Tous les personnages qui convergent vers l'action le font gratuitement et de manière fortuite, uniquement pour assurer le spectacle. Et le lecteur est invité au match comme on est invité à un match de catch, face à un scénario prétexte entièrement bidon et puéril.
L'ensemble est donc convenu, grossier et proprement décérébré. Et cette série n'est réservée qu'à un certain type de lectorat : Les gros bourrins qui ne cherchent qu'à voir des super-héros Marvel qui se bastonnent, d'abord. Les complétistes et autres accrocs à la continuité qui veulent absolument connaitre les origines du Hulk rouge (que l'on appelle désormais "Rulk" !), ensuite. Et pour terminer, les lecteurs bon-enfant qui cherchent à se distraire et qui prendront l'ensemble au second degré en appréciant les vignettes king-size d'Ed Mc Guiness, les beaux dessins d'Art Adams et les jolies nanas de Frank Cho (mes deux étoiles sont là pour ça).

Et dire que j'avais toujours voulu lire ces épisodes ! La seule chose qui pourrait me donner envie de continuer l'aventure, c'est évidemment le suspense qui entoure l'identité secrète de "Rulk" et la résolution de ce mystère (qui n'en est d'ailleurs plus un aujourd'hui). Mais non, décidément, c'est beaucoup trop mauvais pour que je m'acharne...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 25, 2015 9:33 AM CET


Le Journal d'Ellen Rimbauer
Le Journal d'Ellen Rimbauer
DVD ~ Lisa Brenner
Proposé par lestat 44
Prix : EUR 30,00

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Les chroniques de Rose Red, 24 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Journal d'Ellen Rimbauer (DVD)
Stephen King ? Et bien non, l'écrivain n'est pas à la plume ici, ni au niveau du scénario, ni au niveau du roman initial (Le Journal d'Ellen Rimbauer : Ma vie à Rose Red), ni même au niveau du script. "Le Journal d'Ellen Rimbauer" n'est donc pas "un Stephen King" et ce n'est pas l'adaptation de l'un de ses romans.
Ce téléfilm a été réalisé en 2003 par Craig R. Baxley et a été écrit par Ridley Pearson, d'après son propre roman. Alors pourquoi diantre parle-t-on de Stephen King ?

A l'origine, King souhaitait écrire le remake du film La Maison du Diable, réalisé en 1963 par Robert Wise. En 1990, le romancier approcha Steven Spielberg mais les deux hommes ne s'entendirent pas du tout sur le résultat. Stephen King se détourna du projet et Spielberg le produisit de son côté avec le réalisateur Jan de Bont. Hantise sortit ainsi en 1999 et se traine depuis l'une des pires réputations de nanar de l'histoire du cinéma d'épouvante...

Au début des années 2000, Stephen King est victime d'un accident de la route. Choqué, il entame une thérapie en reprenant son projet de maison hantée à la base. Il rédige ainsi le scénario d'une mini-série télévisée qui sortira en 2002 : Rose Red.
S'il préserve le point de départ du script de "La Maison du Diable" (un professeur de parapsychologie invite un groupe de personnes possédant des aptitudes psychiques à intégrer une maison réputée hantée afin de mener une expérience paranormale), qui était à l'origine un roman de Shirley Jackson, il dévie ensuite de cette ligne narrative pour développer sa propre intrigue. Il reprend alors le décor d'une véritable maison possédant la réputation adéquate (la mystérieuse "Maison Winchester", dont l'intérieur est aménagé de manière complètement incohérente, un peu comme si la maison s'était construite elle-même de façon capricieuse !), qu'il déplace de la Californie à Seatle.
Comme à son habitude, l'écrivain parvient à injecter une toile de fond pleine de sens en imaginant cette maison construite avec des pierres du vieux continent transportées dans le "nouveau monde", dont la mise en chantier est initiée par un homme mauvais, qui épouse une femme qu'il va peu à peu souiller de ses déviances (souvent sexuelles). Eprise de sa maison davantage que de son mari, la jeune femme va tisser des liens malsains avec la demeure, qui développera de manière vengeresse et ostentatoire toutes ses malveillances inconscientes (soit un thème déjà abordé de manière plus ou moins proche dans Shining)...

Ensuite, King va jouer sur les poncifs du genre en préparant une campagne publicitaire basée sur le fameux postulat "inspiré d'une histoire vraie", qui est devenu l'apanage des films de maison hantée (on se souvient d'Amytiville la Maison du Diable dont certains pensent encore qu'il s'agissait quasiment d'un documentaire !). Il laisse alors finement entendre qu'il existe quelque part "le journal intime d'Ellen Rimbauer", la jeune femme qui habita le manoir "Rose Red", dans lequel de nombreuses personnes disparurent de manière mystérieuse, et qui est devenue sa principale source d'inspiration...
Par delà les réseaux sociaux, la rumeur se répand et "Rose Red" devient ainsi la nouvelle maison hantée sur laquelle il faut compter ! La production demande alors à l'écrivain Ridley Pearson d'entamer la rédaction du roman "Le Journal d'Ellen Rimbauer", qui narre la genèse de "Rose Red" et dont l'adaptation télévisuelle sera tournée en 2003. Voilà pour l'histoire !

Cette préquelle de "Rose Red" est par ailleurs très réussie. La reconstitution dans les décors du début du XXe siècle à Seatle est de toute beauté et la mise en scène est à la fois sobre et raffinée. Le quotidien de l’aristocratie des années 1900 est également très bien rendu et le spectateur découvre de l'intérieur le passé de "Rose Red" qui avait été évoqué dans la mini-série de 2002.
Certains acteurs du téléfilm originel ont été repris (notamment Tsidii Le Loka, qui interprète "Sukeena", la domestique africaine et confidente de la jeune Elle Rimbauer) et plusieurs événements à peine effleurés dans "Rose Red" sont entièrement dévoilés, avec parfois quelques surprises.
Le classicisme de la mise en forme ne destine pas le film à sortir des sentiers battus, mais ce dernier offre en tout cas un très bon complément à la mini-série écrite par Stephen King...
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Fox-Boy T1 - La Nuit du renard
Fox-Boy T1 - La Nuit du renard
par Laurent Lefeuvre
Edition : Album
Prix : EUR 15,50

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 French totem, 22 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Fox-Boy T1 - La Nuit du renard (Album)
"Fox-Boy : La Nuit du Renard" est le premier tome d'une série entièrement conçue par Laurent Lefeuvre, qui effectue la réalisation du scénario, du dessin et de la couleur. L'album a été publié initialement en 2014, bien qu'il ait fait l'objet d'une première publication en noir et blanc dans un périodique breton pour la jeunesse.
C'est l'histoire de "Pol Salsedo", un jeune lycée de 17 ans arrogant et prétentieux qui hérite de superpouvoirs en se réfugiant, à l'issue d'une rixe dont il fut l'initiateur, dans la boutique d'un mystérieux fakir ! Ce dernier le transforme en "renard-garou" et ces facultés surhumaines (aptitudes physiques et mentales augmentées par l'adrénaline) deviennent autant un don qu'une malédiction, transformant peu à peu le caractère du jeune homme, qui grandit au rythme des épreuves que lui réserve cette nouvelle existence super-héroïque...

"Fox Boy" est ainsi un super-héros français, et plus exactement breton. Car Laurent Lefeuvre a pris soin de placer l'action de ses aventures dans la ville de Rennes dont il dresse un portrait saisissant de réalisme, chaque rue et chaque bâtiment étant immédiatement reconnaissable (et je précise que je ne suis pas rennais, même si j'y suis allé plusieurs fois et que j'adore cette ville. Probablement l'une des plus belles et agréables de notre beau pays. Un endroit magique, doté d'une personnalité culturelle unique).
De manière plus réaliste encore, notre héros en costume de renard (qui ne ressemble à rien en fait !) évolue dans un contexte social et urbain dominé par l'actualité brûlante et les questionnements liés aux vrais problèmes de société, comme le racisme, la lutte des classes et le harcèlement moral.
Lire "Fox Boy", c'est lire l'équivalent d'un comic-book (la série est publiée sous le label "Comics Fabric" de l'éditeur Delcourt) repensé à l'aune d'une époque moderne, encrée dans le réalisme social le plus naturaliste.

A côté de cette toile de fond d'une justesse et d'un réalisme de tous les instants, l'auteur n'oublie néanmoins pas le côté fantastique de sa création qu'il justifie constamment sur le terrain de l'hommage et de la référence, la plus-part du temps adressés aux comics américains en général et à l'éditeur Marvel Comics en particulier. Ainsi, les origines de "Fox Boy", qui obtient ses pouvoirs grâce à la magie du fakir "Dotki", renvoient directement à la série "Dr Strange" ("Dotki" étant évidemment l'anagramme de "Ditko", le créateur du personnage). Le parcours lycéen de Pol, obligé de jongler avec ses activités de super-héros urbain, est un dérivé de celui de Peter Parker (Spiderman), dont il devient l'équivalent outre-Atlantique. Le personnage de "Nizar" s'impose comme un double de celui de "Flash Thompson", mais passé au crible du brassage des cultures de notre époque contemporaine. Et bien entendu, le wonder-boy "Mikaël Marek" résonne comme un double d'Iron-man, le bonhomme se présentant lui-même comme un "Tony Stark breton" !
Pour le reste, cette justification du passage dans la dimension fantaisiste du monde des super-héros s'accompagne d'un humour référentiel constant, directement adressé aux aficionados. Le tout emballé avec respect et finesse, sans-cesse dominé par l'admiration et l'affection sincère envers ses modèles.

Le dessin est superbe, nerveux et expressif, jeté sur les planches dans un style "non-fini" qui sonne toujours juste. Et là encore, le lecteur peut chercher les influences des dessinateurs américains au jeu des références, sans jamais trouver qu'il s'agit d'une pâle copie, le travail de Laurent Lefeuvre se révélant supérieur à celui de bon nombre de dessinateurs de comics mainstream. A noter une atmosphère pittoresque au milieu du centre historique de Rennes qui offre un décor idéal et envoûtant aux tribulations de notre "garçon-renard" !
L'ensemble est plutôt court et se lit sans détours. Il y manque probablement un sens du détail quant aux origines totémiques du héros, qui pourront laisser perplexes les lecteurs les plus exigeants dont le regard aiguisé et pénétrant ne se contentera pas de cette dimension un peu "onirique". Et puis, pour le moment, il ne se passe pas encore grand chose de très marquant.
En réalité, tout le sel de la série se joue dans le découpage des planches (magistral) et dans le sens et l'équilibre de la narration, dont la maitrise est assez impressionnante de la part d'un auteur n'ayant pas encore publié beaucoup de créations. Pas de doute, Lefeuvre est un authentique conteur. Et en refermant ce premier tome, le lecteur n'a qu'une hâte : lire la suite !

Si vous souhaitez en savoir plus sur cette série, n'hésitez pas à consulter le blog de Bruce-lit. Notre ami Jord Ar Meur (un breton, un vrai !) nous y a concocté un article complet et illustré de manière roborative... (brucetringale.com)
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Rose Red - Édition 2 DVD
Rose Red - Édition 2 DVD
DVD ~ Nancy Travis

7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 La Maison du Diable, 21 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Rose Red - Édition 2 DVD (DVD)
"Rose Red" est une mini-série télévisée réalisée en 2002 par Craig R. Baxley et diffusée à l'origine en trois segments d'une durée de 1h25 environ. Le scénario est rédigé par Stephen King en personne. Il s'agit d'un scénario original, que le romancier a écrit spécifiquement pour le tournage de la mini-série (il ne s'agit donc pas de l'adaptation de l'un de ses romans).
A l'origine, King souhaitait écrire le remake du film La Maison du Diable, réalisé en 1963 par Robert Wise. En 1990, le romancier approcha Steven Spielberg mais les deux hommes ne s'entendirent pas du tout sur le résultat. Stephen King se détourna du projet et Spielberg le produisit de son côté avec le réalisateur Jan de Bont. Hantise sortit ainsi en 1999 et se traine depuis l'une des pires réputations de nanar de l'histoire du cinéma d'épouvante...

Au début des années 2000, Stephen King est victime d'un accident de la route. Choqué, il entame une thérapie en reprenant son projet de maison hantée à la base. S'il préserve le point de départ du script de "La Maison du Diable" (un professeur de parapsychologie invite un groupe de personnes possédant des aptitudes psychiques à intégrer une maison réputée hantée afin de mener une expérience paranormale), qui était à l'origine un roman de Shirley Jackson, il dévie ensuite de cette ligne narrative pour développer sa propre intrigue. Il reprend alors le décor d'une véritable maison possédant la réputation adéquate (la mystérieuse "Maison Winchester", dont l'intérieur est aménagé de manière complètement incohérente, un peu comme si la maison s'était construite elle-même de façon capricieuse !), qu'il déplace de la Californie à Seatle.

Ensuite, King va jouer sur les poncifs du genre en préparant une campagne publicitaire basée sur le fameux postulat "inspiré d'une histoire vraie", qui est devenu l'apanage des films de maison hantée (on se souvient d'Amytiville la Maison du Diable dont certains pensent encore qu'il s'agissait quasiment d'un documentaire !). Il laisse alors finement entendre qu'il existe quelque part "le journal intime d'Ellen Rimbauer", la jeune femme qui habita le manoir "Rose Red", dans lequel de nombreuses personnes disparurent de manière mystérieuse, et qui est devenue sa principale source d'inspiration...
Par delà les réseaux sociaux, la rumeur se répand et "Rose Red" devient ainsi la nouvelle maison hantée sur laquelle il faut compter ! La production demande alors à l'écrivain Ridley Pearson d'entamer la rédaction du roman "Le Journal d'Ellen Rimbauer", qui narre la genèse de "Rose Red" et dont l'adaptation télévisuelle sera tournée en 2003 (Le Journal d'Ellen Rimbauer) !

Ainsi s'est développé le projet de cette histoire que Stephen King rêvait d'écrire depuis son enfance.
Le film est plutôt réussi du haut de ses 4h15 ! L'atmosphère est envoûtante à souhait, notamment grâce au décor de la maison qui, évidemment, demeure le personnage principal du récit.
Plutôt que de reprendre les codes de la peur suggérée comme l'avait magistralement développée Robert Wise dans "La Maison du Diable", King va multiplier les divers effets d'épouvante sans le moindre complexe et jouer sur tous les codes cinématographiques de la peur : Maison qui tremble, pièces qui se transforment, silhouettes fantomatiques qui se déplacent trop vite pour que l'on puisse les voir (comme dans le sublime Les Innocents réalisé par Jack Clayton en 1961), apparitions fantomatiques sous forme vaporeuse ou au contraire sous l'apparence de zombies décharnés, zoom précipités sur le visage horrifié des protagonistes, travellings contrariés (le fameux "trans-trav" d'Alfred Hitchcock !) jouant sur les courtes focales, musique ténébreuse, statues effrayantes qui paraissent habitées par les démons, envahissement des éléments hostiles de la nature (plantes et racines, abeilles, corbeaux)... Tout y passe !

A l'arrivée, le résultat est extrêmement classique dans le fond et ne fera peur qu'aux spectateurs les plus facilement impressionnables. Mais les qualités de l'ensemble se trouvent ailleurs : Soignant la caractérisation de ses personnages en prenant bien soin de les développer de l'intérieur et de contourner les archétypes du genre (point de manichéisme primaire), Stephen King maintient un suspense constant grâce à une écriture riche et dense, qui évite les dénouements attendus.
Comme à son habitude, l'écrivain parvient à injecter une toile de fond pleine de sens en imaginant cette maison construite avec des pierres du vieux continent transportées dans le "nouveau monde", dont la mise en chantier est initiée par un homme mauvais, qui épouse une femme qu'il va peu à peu souiller de ses déviances (souvent sexuelles). Eprise de sa maison davantage que de son mari, la jeune femme va tisser des liens malsains avec la demeure, qui développera de manière vengeresse et ostentatoire toutes ses malveillances inconscientes (soit un thème déjà abordé de manière plus ou moins proche dans Shining)...

Malgré un casting assez lisse (si l'on excepte les personnages de "Nick" et "Emery", incarnés par des acteurs plus habités que les autres) et une fin manquant de surprise et de panache, le film vaut le détour et s'impose comme une solide itération sur le thème de la maison hantée, qui en propose un florilège assez édifiant. Bien filmé, superbement photographié et parsemé d'effets spéciaux très réussis, "Rose Red" s'inscrit au panthéon des films de maison hantée avec une force certaine qui contentera les amateurs de frissons surannés et d'ambiance ténébreuse, le tout construit autour d'une script soigné et généreux. Et si l'ensemble manque d'originalité, il ne manque pas de charme...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 23, 2015 10:50 PM CET


SAGA DE RA'S AL GHUL(LA)
SAGA DE RA'S AL GHUL(LA)
par Dennis O'Neil
Edition : Album
Prix : EUR 22,50

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Démons et merveilles, 20 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : SAGA DE RA'S AL GHUL(LA) (Album)
Ce recueil dédié à l'un des pires ennemis de Batman regroupe en réalité trois GN (graphic novels) distincts, réalisés plus ou moins à la même époque par des équipes créatives différentes.
Le premier récit s'intitule "Birth of the Demon". Le scénario est réalisé par Dennis O'Neil et la mise en image est entièrement effectuée par Norm Breyfogle (dessin et couleur). Il a été publié initialement en 1993.
Le second, "Son of the Demon", est écrit par Mike W. Barr. Le dessin et la couleur sont effectués par Jerry Bingham. Publication initiale : 1987.
Le troisième, "Bride of the Demon", est également écrit par Mike W. Barr, mais le dessin est réalisé par Tom Grindberg. Publication initiale : 1990.
Urban Comics a pris la décision de placer ces trois récits dans un ordre chronologique issu des récits en eux-mêmes plutôt que dans l'ordre de leur parution initiale.

- "Birth of the Demon" :
Dennis O'Neil avait créé le personnage de "Ra's Al Ghul" au début des années 70 (avec le dessinateur Neal Adams). Il était donc légitime qu'il écrive les origines officialisées de sa propre création.
Le scénariste et responsable éditorial de toutes les séries du "batverse" de l'époque s'adonne ainsi à l'exercice des origines et nous offre un récit de haute tenue. Amalgamant le passé et le présent, il place le récit en Afrique du nord afin de ramener le lecteur (ainsi que Batman) directement là où le vilain a vu le jour. De manière inventive, O'Neil imagine un passé tourmenté mais cohérent, afin que le lecteur puisse à la fois détester ce personnage, et en même temps lui reconnaître une certaine noblesse.
A cette époque, O'Neil est décidément en très grande forme puisqu'il vient de livrer l'excellent Batman : Venom (le récit, hélas inédit en VF, qui servira de point de départ à toute la période Batman Knightfall) à peine deux ans ans plus tôt.
Comme il l'avait fait avec "Venom", le scénariste compose un récit assez adulte dans lequel la caractérisation du personnage principal est relativement soignée. Le style narratif, ancré dans son époque, est encore un peu naïf mais, puisqu'il s'agit d'une interprétation assez mature (et particulièrement violente et horrifique !), ce n'est jamais infantile, contrairement à beaucoup de comics de super-héros de la même période. Il y a encore trop de personnages manichéens, de sorte que l'on devine plus ou moins les ressorts de l'intrigue, mais il y a suffisamment de substance dans les oppositions et les aspirations profondes de chacun d'entre eux pour réussir à captiver le lecteur.
La mise en forme de Norm Breyfogle est très réussie. L'artiste a quasiment tout misé sur la couleur et réalise des planches formidables en opposant les couleurs primaires et complémentaires avec une dominante exclusive d'orange et de bleu (deux couleurs opposées dans le cercle chromatique qui s'exaltent l'une-l'autre), qui soutiennent à merveille l'affrontement intérieur du personnage principal, sans cesse en lutte contre ses démons (au point de devenir lui-même le "démon" !). L'affrontement final, apocalyptique, est cathartique à souhait !
Bref, un très bon récit sur les origines de "Ra's Al Ghul", encore pétri de naïvetés, mais débarrassé des oripeaux trop enfantins des récits réalisés dans les années 70. ☆☆☆☆

- "Son of the Demon" :
Mais d'où vient "Damian", le fils de Batman qui, après moult turpitudes, deviendra le quatrième "Robin" ?
Et bien vous le saurez en lisant cet album qui, s'il était tombé en désuétude pendant des années, a été réintégré dans la continuité batmanienne par Grant Morrison à travers son arc narratif "Batman & son", disponible dans Grant Morrison présente Batman tome 1 : L'Héritage Maudit. On vous y dévoilera les origines de cette mystérieuse descendance et vous y verrez même Batman s'allier avec l'un de ses pires ennemis. Qui ça ? Mais "Ra's Al Ghul" bien sûr !
Ce GN publié initialement en 1987 (le plus ancien du présent recueil) possède bien des qualités et des défauts. Le scénariste Mike W. Barr imagine une intrigue qui tient davantage des films de "James Bond" que des aventures habituelles de l'Homme chauve-souris. Les bonnes idées fusent et l'alliance inattendue entre Batman et son grand ennemi est assez harmonieuse, au point que "Ra's Al Ghul" finisse par voir en Bruce Wayne le "fils" qu'il n'a jamais eu... Mais il y a également la présence de "Qayin", le principal antagoniste du récit et autre "fils" spirituel du "Démon", qui apporte une note particulièrement brutale à cette histoire d'espionnage. Au final, la dualité entre Batman et "Qayin" résonne comme celle qui habite le cœur de "Ra's Al Ghul", ce qui est assez brillant en définitive !
Mais les défauts abondent également à travers tous les partis-pris naïfs et "old-school" qui parsèment l'intrigue, Batman gardant en toute circonstance son costume au milieu d'événements qui ne le justifient absolument pas, tous les personnages s'adonnant à des dialogues ampoulés dans un style théâtral laborieux. La violence crue et frontale de "Qayin" s'oppose ainsi aux velléités correctement politiques de Batman, qui s'inquiète en plein milieu des combats que ses alliés ne tuent personne, postulat grotesque pour une intrigue voulue adulte et réaliste.
Bref, un mélange pas toujours bien équilibré de comics old-school naïf et enfantin dont le style a un peu vieilli, avec des aventures hard-boiled traitées comme un film réservé aux adultes.
La chose se laisse néanmoins lire sans problème. Le début, qui montre Batman intervenir lors d'une prise d'otage, étant le passage le plus réussi.
Le dessin de Jerry Bingham, old-school mais très réaliste, est brillant. Mais les origines de "Damian" sont par contre tout à fait anecdotiques... ☆☆☆

- "Bride of the Demon" :
Trois ans après "Son of the Demon", Mike W. Barr imagine cette sorte de suite, dans laquelle "Ra's Al Ghul" se choisit une nouvelle promise afin d'avoir un fils digne de lui, en même temps qu'il essaie de restaurer l'équilibre écologique de la planète aux dépends de l'humanité (comme toujours...) et qu'il supervise la construction d'un puits de Lazare quelque part dans le monde (comme d'habitude...).
Comme il l'avait fait avec "Son of the Demon", le scénariste sort Batman de son décor habituel (les rues de la gothique Gotham City) pour l'envoyer promener à travers le monde dans des aventures d'espionnage à la "James Bond". Le justicier y affronte ainsi des soldats plutôt que des super-vilains et, comme c'est toujours le cas lorsqu'il est confronté à "Ra's Al Ghul", il s'oppose à son ennemi avec un mélange de respect et de méfiance.
Par rapport aux deux récits précédents, celui-ci est clairement le moins bon car il est beaucoup moins bien construit. L'intrigue est confuse, le découpage est souvent laborieux, le dessin de Tom Grindberg est très inégal d'une vignette à l'autre et l'ensemble demeure ennuyeux dès lors que l'on s'attend à une lecture adulte. Car si les récits précédents étaient un peu naïfs, celui-ci est carrément archaïque avec une mise en scène pataude et théâtrale et des bulles de pensées comme s'il en pleuvait. Qui plus-est, il ne se passe pas grand-chose de mémorable et l'on a un peu l'impression d'assister à une accumulation de stéréotypes. Seul le destin tragique du "Dr Carmody" et de son fils m'a finalement tiré de ma torpeur...
Bref, une énième aventure de "Batman contre Ra's Al Ghul" plutôt enfantine et bâclée, bourrée de scènes d'action insipides et indigestes, réservée au lecteur candide ou au complétiste qui ne veut rien rater de la sacro-sainte "continuité". ☆☆ et demi...

Une fois n'est pas coutume, l'éditeur VF Urban Comics a complètement négligé le rédactionnel de ce recueil. Le lecteur n'a droit qu'à une simple introduction de l'acteur Mark Hamill (où sont passées les fiches des personnages et les présentations du contexte éditorial ?), originellement publiée au début du GN "Son of the Demon" (la même que sur l'album Batman : Le Fils du Démon). Et le format est très petit puisque les planches sont réduites au point qu'il y ait 4 à 6 cm de blanc sur chaque page en haut et en bas (un format GN transposé sur un format comics). Qui plus-est, le choix du papier mat (grande mode en ce moment) réduit considérablement l'impact des couleurs dans ce recueil en particulier, ainsi que la profondeur des noirs, qui tirent surtout vers le gris... On aimerait peut-être (en tout cas en ce qui me concerne) une logique éditoriale un peu plus cohérente, avec du papier glacé pour les comics initialement conçus pour être publiés sur du papier glacé ! (fin du coup de gueule)
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 31, 2015 9:35 AM CET


SPIDER-MAN PAR J. M. STRACZYNSKI T02
SPIDER-MAN PAR J. M. STRACZYNSKI T02
par J. Michael Straczynski
Edition : Cartonné
Prix : EUR 35,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Happy Birthday, 13 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : SPIDER-MAN PAR J. M. STRACZYNSKI T02 (Cartonné)
Ce recueil de plus de 400 pages, qui fait suite à Spider-Man par JM. Straczynski tome 1, réunit les épisodes de la série "Amazing Spider-Man (2°)" du N°46 au N°58, puis du 500 au 502 lorsque la série redevient simplement "Amazing Spiderman" en reprenant sa numérotation originelle (insupportables manigances commerciales...). C'est alors l'occasion pour J. M. Straczynski et son comparse John Romita Jr de nous livrer trois épisodes afin de célébrer comme il se doit l'anniversaire du N°500 de la légendaire série.
Avant cela, le scénariste poursuit sa révolution de l'intérieur et continue de confronter "Spidey" à des ennemis inédits. Les épisodes possèdent encore la thématique très ésotérique du "totem de l'araignée" dans laquelle il avait encré la série dès le départ.

JMS est l'un des scénaristes ayant officié le plus longtemps sur la série (de 2001 à 2008 !), mais c'est surtout celui qui a, plus que tous les autres, changé beaucoup de choses dans la vie de Spiderman. Hélas, en février 2008, Marvel effacera l'ensemble de ces histoires avec l'arc Un jour de plus, dans lequel le monde entier oublie tout ce qui s'est passé dans l'univers de Spidey depuis qu'il est marié avec Mary Jane ! L'occasion pour la maison des idées d'offrir à son public le plus frileux et le plus réactionnaire, un Spiderman "comme avant", tel qu'on pouvait le voir du temps de Stan Lee...

Straczynski et Romita jr. nous livrent ici une très bonne série d'épisodes. Tout commence avec un arc très "JMS", dans lequel une vilaine "totémique" nommée "Shatrah", apparentée au pompile (sorte de guêpe, le pire des prédateurs pour les arachnides dans la nature, qui pond ses œufs dans le corps de l'araignée, qui se voit ainsi dévorée de l'intérieur par des larves !) poursuit le pauvre Spidey jusqu'en Afrique. On retrouve cette narration haletante qui nous clouait sur notre fauteuil lors des premiers épisodes du run avec la venue de "Morlun". Et "Shatrah" fait vraiment peur ! S'ensuit un arc narratif un peu faiblard, dans lequel Peter Parker part à la recherche de Mary-Jane afin de sauver son mariage. Il croise la route de Fatalis et Captain America dans une suite de péripéties assez tirées par les cheveux. L'arc suivant oppose encore le tisseur de toile à un nouvel ennemi. Celui-ci, nommé "Digger", est une sorte de "Hulk" dont la personnalité se compose d'une douzaine de mafieux assassinés lors d'un règlement de comptes, revenus d'entre les morts et ivres de vengeance ! Sympathique mais pas inoubliable.
Le recueil culmine avec les trois épisodes anniversaires formant l'arc logiquement nommé "Happy Birthday", qui conduit la série à son N°500 lors de laquelle elle retrouve sa numérotation originelle. Et ça promet beaucoup : Apparition des "Vengeurs", combat géant à New-York contre les forces de "Dormammu", voyage dans le temps en compagnie du "Dr Strange" et rencontre de Spiderman avec son propre passé. Notre héros se retrouve alors face à un cruel dilemme : Sauver le monde ou inverser le cours du temps... Je ne suis pas sorti convaincu de cette débauche événementielle. Personnellement, j'y ai vu le début de la fin pour le scénariste, c'est-à-dire le début de sa soumission à la politique éditoriale de la Marvel (ici, dans le sens où le scénariste sacrifie son run à l'événement éditorial qui consiste à fêter un numéro symbolique de la série !). Cette soumission, sans doute forcée, prendra de plus en plus de place dans l'avenir et culminera avec le statuquo de "Un Jour de Plus"...

Cette compilation déroule encore quelques épisodes intimistes touchants, toujours aussi bien dialogués, et s'achève avec l'épisode "You Want Pants With That ?", un récit particulièrement rafraichissant qui voit notre héros découvrir le "couturier" des super-héros et des super-vilains de New York, qui nous laisse entendre que parmi ses habitués, un certain Thor aime les textiles délicats...
Avec le recul, le run de JMS demeure l'un des plus grands moments de l'histoire éditoriale du personnage. Mais l'ensemble est inégal. Lorsque le scénariste écrit en toute liberté, c'est fantastique. Mais dès qu'il doit se plier aux impératifs de l'éditeur, c'est nettement moins bien. Quoiqu'il en soit, cette série d'épisodes reste aujourd'hui incontournable pour les lecteurs les plus exigeants qui, même à l'âge adulte, sont encore amoureux de "l'Homme-araignée" !
D'une manière complètement incohérente et sans doute parce que c'est la mode, Panini Comics publie cette collection sur papier mat. Une idée inconcevable, dans la mesure où ces épisodes ont été publiés en 2002 et 2003, avec une colorisation adaptée à la publication sur papier glacé. N'importe quoi !
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Hammett
Hammett
par Jean Dufaux
Edition : Album
Prix : EUR 13,90

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Lost Stories, 12 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Hammett (Album)
"Hammett" est un "one-shot" réalisé par le scénariste Jean Dufaux et le dessinateur Marc Malès en 1996.
Dans la même collection ("Caractère" des éditions Glénat), l'ultra-prolifique Jean Dufaux avait également scénarisé quatre autres hommages à des écrivains ou cinéastes : Sade : l'aigle, mademoiselle (dessin de Griffo), Pasolini. Pig ! Pig ! Pig ! (dessin de Massimo Rotundo), Balzac (dessin de Joëlle Savey) et Hemingway, mort d'un léopard (dessin de Marc Malès).

Comme l'avait fait le réalisateur Wim Wenders avec son film Hammett en 1982, Jean Dufaux imagine un récit dans lequel l'écrivain, fondateur du roman noir dans les années 20, vit lui-même des aventures similaires à celles de ses romans.
Le scénariste se montre très habile car, non seulement il imagine une histoire originale reprenant les codes des écrits de Dashiell Hammett (polars violents et enquêtes tentaculaires, dans lesquelles les activités de la mafia et la corruption des politiciens et des officiers de police sont omniprésentes), mais il mêle également la réalité et la fiction grâce à une étude historique et biographique rigoureuse, doublée d'une enquête imaginaire qui s'étend sur toute l'existence du personnage !

De manière aussi habile que subtile, Dufaux parvient à mélanger les éléments des romans de l'écrivain avec ceux de sa propre biographie. Ainsi, l'intrigue de l'album imbrique des strates issues de certaines intrigues rédigées par Hammett lui-même (Moisson rouge, Le Faucon Maltais, La Clé de Verre, L'Introuvable), avec des passages parfaitement réels de sa vie (son passé de détective privé de l'agence Pinkerton, le harcèlement qu'il devra subir de la part du gouvernement américain à cause de son penchant pour le communisme, etc.).
Le scénario s'appuie ainsi sur l'intrigue de "La Clé de verre" dont il reprend un certain nombre de personnages, y intègre la statue du "Faucon Maltais", la géographie de "Moisson Rouge" (et la fameuse ville surnommée "Poisonville" !) et harmonise le tout avec la biographie de l'écrivain et son incroyable parcours mouvementé, avec une étonnante fluidité et une cohérence bluffante.

Le récit en lui-même est tout à fait passionnant et l'on suit avec intérêt cette enquête aussi noire que complexe, dont les codes, avec par exemple les fameux soliloques du personnage principal, se fondent dans la tradition du roman noir américain. Le suspense va croissant et l'on savoure le classicisme de la mise en forme, qui retranscrit parfaitement l'ambiance de polar poisseux dont Dashiell Hammett était le fondateur et qui fera école au point de devenir un archétype de la littérature policière.
La toile de fond est également édifiante puisque le scénariste parvient à intégrer la vie de l'écrivain à l'histoire des Etats-Unis avec un maximum de sens, comme le miroir interne d'une Amérique romanesque empêtrée dans une série de périodes noires, depuis la grande crise économique jusqu'aux jours sombres du Maccarthysme.
Le dessin de Marc Malès est peut-être le seul point faible de l'ensemble. Si les décors sont soignés et que l'artiste s'est parfaitement appliqué afin de reconstituer les éléments techniques, géographiques, vestimentaires et architecturaux de l'époque consacrée, son trait un peu grossier n'est peut-être pas à la hauteur du brillant scénario de son collègue. On aurait peut-être préféré un style plus esthétique, comme un écrin racé et finement connoté.
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Jack of fables, Tome 6
Jack of fables, Tome 6
par Bill Willingham
Edition : Broché
Prix : EUR 13,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Jack, général 6 étoiles !, 11 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Jack of fables, Tome 6 (Broché)
Ce sixième tome de la série "Jack Of Fables" regroupe les épisodes #28 à 32, réalisés par les scénaristes Bill Wilingham & Matthew Sturges en 2009. Le dessin est l'œuvre de Tony Akins & Russ Braun.
Ce recueil est le dernier à avoir été publié en VF. Car la suite se déroule dans la série "Fables" (Fables tome 14 : La Grande Alliance), où le récit opère une forme de crossover. L'éditeur Urban Comics n'a néanmoins pas jugé important de publier la suite de la série "Jack Of Fables" qui s'est poursuivie encore sur 3 albums en VO : Vol. 7: The New Adventures of Jack and Jack, Vol. 8: The Fulminate Blade et Vol. 9: The End.

Résumé : L'armée du "Biblioclaste" ("Bookburner" en VO, un nom bien plus efficace !) attaque le camp des "Rameaux d'or". Jack prend le commandement de l'armée de "Mr Revise" et s'improvise grand général 6 étoiles (le maximum étant 5 étoiles, dans toutes les armées du monde des communs !). C'est l'heure de la grande guerre, dont les enjeux dépassent le sort des personnages principaux de la série et s'étendent sur tout le monde des "Fables", dont l'existence est menacée par le pouvoir des "litterals". Ces derniers, qui ne sont ni plus ni moins que les créateurs de l'univers des "Fables", possèdent le pouvoir de les faire disparaître...

Les auteurs montent d'un cran dans leur entreprise conceptuelle et creusent les ramifications mythologiques de la série avec quelques étonnantes révélations. Les épisodes se lisent rapidement mais la bataille est un peu fade, surtout si on la compare à celles de la série-mère et notamment celle des "soldats de bois" (Fables tome 5), qui était vraiment exceptionnelle tant par la mise en forme du récit que par celle du dessin. Le personnage de "Jack" est toujours aussi roublard mais il est rarement mis en avant, puisqu'il ne suit les événements que comme une sorte de figurant de luxe, voire comme le clown de service.
Dans l'ensemble, la série souffre toujours d'un manque d'implication émotionnelle qui dessert le suspense en prônant le second degré constant. Chaque protagoniste participe ainsi au combat sans enjeu véritable autre que celui de faire sourire le lecteur.

Au final, ce sixième tome est une lecture agréable, pleine d'esprit et d'impertinence (voir "Jack" qui, même en pleine bataille, ne manque jamais une occasion de s'envoyer en l'air avec la première venue est toujours aussi amusant), et la dernière partie éveille la curiosité du lecteur avec quelques savoureuses révélations. Mais l'ensemble demeure tout de même très superficiel et l'on reste les spectateurs d'un récit qui n'est jamais pris suffisamment au sérieux, comme si les auteurs n'allaient jamais au bout de leurs intentions.
Il s'agit d'une lecture qui, si elle demeure au dessus de la moyenne de la production des comics, s'avère tout de même décevante puisque les auteurs se contentent d'effleurer leur sujet, sans s'attarder sur l'implication émotionnelle des événements, sans développer leurs idées et sans même chercher à manier le sens du détail artistique qui pourrait hisser le tout au dessus de la simple lecture divertissante.
On croise donc les doigts pour que ces événements trouvent un dénouement satisfaisant dans le crossover cité plus haut... ☆☆☆ et demi ?
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 11, 2015 2:48 PM CET


La Femme-reptile
La Femme-reptile
DVD ~ Noel Willman
Prix : EUR 13,26

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Le femme serpent-garou, 10 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Femme-reptile (DVD)
Réalisé en 1966 par John Gilling, "La femme Reptile" est un excellent film de la Hammer, studio britannique spécialisé dans les films d'horreur gothique.
Puisque la jaquette nous prive de tout suspense en la matière, notons que le script est une étonnante déclinaison du mythe du "loup-garou", ici transposé au royaume des serpents !
Le synopsis : De retour d'un long voyage en Inde, un vieux docteur vit reclus dans son château dans une région reculée des Cornouailles en compagnie de sa fille. Autour d'eux, les habitants sont les victimes d'un abominable monstre, qui les empoisonne la nuit par une morsure au cou. Le châtelain et sa fille seraient-ils eux-mêmes les victimes d'une malédiction ? C'est ce que vont essayer de découvrir les époux Spalding, qui viennent d'hériter d'un cottage sur la lande voisine...

Après Terence Fisher, John Gilling est l'un des principaux maîtres du studio Hammer Film. Ses longs métrages sont reliés par des thématiques récurrentes et une mise en forme plastique étonnamment cohérente, notamment dans cette période où le réalisateur opère pour le cinéma horrifique. La "femme Reptile" fait ainsi partie d'un tryptique avec L'invasion des morts-vivants réalisé en 1965, et Dans les griffes de la momie réalisé en 1967.
Comme il l'avait déjà développé avec "L'invasion des morts-vivants", John Gilling réitère dans la parabole sociale en inversant cette fois son propos. Si le peuple était victime d'une caste dirigeante à vocation industrielle dans le film précédent, c'est au tour de la bourgeoisie de subir les affres des populations indigènes dans un retour de bâton opéré depuis les colonies. La malédiction prenant sa source depuis les profondeurs de l'Inde...

D'un point de vue plastique, Gilling se démarque de Fisher par une palette de couleurs complètement différente. Si le décor reste celui de la plus-part des films du studio (lande brumeuse et château en ombres portées sous le clair de lune), les teintes se parent d'un camaïeu de gris colorés et de bruns qui s'oppose aux couleurs vives des films de Fisher, où dominent le rouge, le vert, le mauve et le lilas. Il suffit de comparer "La femme Reptile" à La Gorgone pour s'apercevoir du traitement distinct des deux cinéastes sur exactement le même sujet égrainé sur deux films de la même période au sein du même studio, puisque "La Gorgone" est réalisé en 1964 par Terence Fisher sur un scénario de John Gilling !
A l'arrivée, "La femme Reptile" s'impose comme un grand classique du cinéma d'horreur et comme une pièce maitresse du studio Hammer.
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Jack of fables, Tome 5 :
Jack of fables, Tome 5 :
par Bill Willingham
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Story Boucle, 9 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Jack of fables, Tome 5 : (Broché)
Ce cinquième tome de la série "Jack Of Fables" regroupe les épisodes #22 à 27, réalisés par les scénaristes Bill Wilingham & Matthew Sturges en 2009. Le recueil compte six épisodes mais il est séparé en deux récits distincts de trois épisodes chacun. Le premier est dessiné par Tony Akins & Andrew Pepoy. Le second par Russ Braun et José Marzan.

Dans le premier récit, le lecteur fait un bond dans le temps en 1883 et fait la connaissance du gang de "Smilin' Jack". A cette époque, Jack mène une bande de hors-la-loi au Far-West qui pillent et assassinent à tout va. Il faudra l'arrivée d'un shérif des fables pour mettre un terme à cette vague de crimes et ramener Jack vers la lumière. Un certain shérif du nom de... "Bigby Wolf" !
Tout au long de ces trois épisodes, Bill Wilingham & Matthew Sturges s'adonnent à un exercice de style étonnant : Celui du faux livre d'histoire !
Passant au crible l'année 1883 avec moult précisions documentaires, les scénaristes donnent vraiment l'impression, au départ, que tout ce qu'ils racontent est vrai, vérifié et archivé dans les livres ! Ce n'est que peu à peu que le lecteur s'aperçoit que, si toutes les précisons concernant la grande histoire sont réelles, celles qui concernent la petite sont du domaine des fables !
Tout le charme de ces trois épisodes repose sur cette expérimentation narrative qui juxtapose le réel et l'imaginaire à la manière d'un livre d'histoire avec un grand "H"...
Par ailleurs, le lecteur apprend que son héros a été par le passé un véritable méchant, lâche et cruel. Soit une étonnante manière de mettre en scène le personnage principal d'une série échappant décidément, en toute ambivalence, en toute originalité et de manière insaisissable, au manichéisme primaire !

Dans le second récit, nous revenons dans le temps présent et reprenons le fil de la série là où elle s'était arrêtée dans le tome 4. Une guerre semble se préparer : Le "Biblioclaste", un des "litterals" (personnages à la base des fables mais nous ne savons pas encore grand chose à leur propos), est sorti de sa retraite pour envahir les "Rameaux d'or" de "Mr Revise". Il marche ainsi à la tête d'une armée de fables oubliés.
Là encore, Sturges & Willingham donnent dans la narration conceptuelle en axant chacun des trois épisodes sur une des "sœurs Page" (d'où le titre de l'album : "De Page en Page" !). En donnant le rôle du narrateur à l'un des nouveau "litterals" qui s'adresse directement au lecteur pour nous raconter chaque épisode à travers le destin de l'une des trois sœurs, les auteurs opèrent une mise en abîme assez impressionnante qui nous rappelle les meilleurs moments de la série-mère en terme de trouvailles narratives.
Encore un dernier tome, et la série "Jack Of Fables" rejoindra la série "Fables" pour un crossover qui impliquera tous les personnages des deux séries dans Fables tome 14 : La grande Alliance. A ce stade, cette rencontre semble pleine de promesses tant les auteurs creusent les ramifications conceptuelles de leur mythologie. Si tout se passe bien, la série "Jack Of Fables" pourrait bien se révéler rétrospectivement comme une création étonnante, où l'apparente superficialité et la décontraction des intrigues dissimuleraient une impressionnante toile de fond réflexive sur la substance des contes !

Le dessin est toujours aussi consensuel, avec cette fois un bon point pour l'équipe créative composée de Russ Braun et José Marzan, au résultat plus fin et plus soigné que le duo Akins/Pepoy.
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