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Contenu rédigé par Tornado
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Tornado (Provence Côte d'Azur)

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It's a Wonderful Life [Blu-ray] [Import anglais]
It's a Wonderful Life [Blu-ray] [Import anglais]
DVD ~ James Stewart

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Politic art, 3 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : It's a Wonderful Life [Blu-ray] [Import anglais] (Blu-ray)
"La Vie Est Belle" ("It's A Wonderful Life") est un film réalisé en 1946 par Frank Capra. Faux contes de noël, vrai film politique, il est devenu avec le temps l'un des grands classiques de l'histoire du cinéma.

Le synopsis : A "Bedford Falls", dans l'État de New York. La vie de "George Bailey", directeur d'une association de construction et de prêts, qui permet aux personnes modestes de devenir propriétaires, depuis son enfance jusqu'au jour où notre homme décide de mettre fin à ses jours. C'est à ce moment que "Clarence", un ange sans ailes, est désigné pour le remettre sur les rails...

"La Vie Est Belle" est vraiment un faux conte de noël !
Semblable, par moment, au conte de Charles Dickens Un chant de Noël, le récit met bien en scène un ange venu sur terre afin de sauver un homme la nuit de Noël. Mais il s'agit avant tout d'un décorum servant de métaphore à une véritable fable politique...
Car "La Vie Est Belle" est un vrai film politique !
Durant toute la durée du film, le spectateur voit "George" affronter le cynique "M. Potter". Ce dernier, qui souhaite qu'un maximum d'habitants restent locataires afin de leur imposer des loyers élevés, est l'âme damnée de Bedford Falls. Il incarne le capitalisme primaire, le libéralisme forcené, qui impose la loi du profit aux dépends des plus démunis. Face à lui, "George" incarne le communisme, qui défend les citoyens en leur permettant l'accès à la propriété.

Il est plus qu'étonnant qu'avec une telle toile de fond, Capra n'ait pas fait l'objet d'une chasse aux sorcières alors que "La liste Noire de Hollywood" a été mise en place l'année suivante ! A croire que son aura d'auteur indépendant l'a protégé du maccarthysme !
A bien y regarder, néanmoins, le message politique dissimulé dans le sous-texte n'a rien de choquant et apparait avec le temps davantage socialiste que communiste. Un véritable socialisme à la Jaurès, où les gens sont avant tout des travailleurs qui méritent estime et respect, et non des assistés béats. En gros, une véritable brèche démocrate face à une frange républicaine plus agressive. Mais trêve de discours politisé, puisque le film se regarde et s'apprécie aujourd'hui pour son ambiance merveilleuse, avant d'en décrypter les multiples niveaux de lecture...

Les presque centre trente minutes de "La Vie Est Belle" sont ainsi portées par la grâce. Incroyablement rythmé et énergique (égratignant avec une agressivité communicative la bienpensance bigote à chaque fois que c'est possible, et ce malgré son aspect de conte de noël tout en foi chrétienne !), le film bénéficie d'un montage impressionnant de maitrise et les décors de cette petite ville provinciale fictive (et entièrement réalisée en studio pour devenir, avec ses 16 000 m2, l'un des plus grands décors de cinéma jamais construit !) sont de toute beauté.
Avec le temps, les spectateurs se sont manifestement détournés du discours politique afin de profiter avant tout de l'atmosphère unique de ce "faux" conte de noël, au point qu'il devienne, avec Le Magicien d'Oz, le film de noël par excellence !
L'interprétation exceptionnelle de James Stewart est évidemment l'un des principaux facteurs de séduction d'un film dont l'aura ne s'est jamais démentie depuis qu'il a gagné ses galons de film culte. Sachant qu'il fut, à sa sortie au cinéma en 1946, un cuisant échec commercial...

S'il fut le plus important représentant de la filmographie de Frank Capra, "La Vie Est Belle" fut son unique film ouvertement fantastique. Le volet "fantastique" est d'ailleurs très discret et s'apparente surtout à la "fable". Il opère dans le prologue, lors d'une scène parodique où des étoiles discutent entre elles (il s'agit en réalité des anges qui veillent sur nous), tout en vibrant dans un décor de dessin animé. Et il se manifeste dans le final, lorsque "George" évolue soudain dans un monde tel qu'il aurait été si lui-même n'avait pas existé, reprenant ainsi goût à la vie en prenant conscience de tous les malheurs que son existence, ses choix et ses actions sont parvenu à éviter. Et l'on perçoit, une fois encore, à quel point cet aspect fantastique est plus un moyen qu'une fin en soi, afin de dresser une toile de fond aux multiples pistes de réflexion.

Dans le rôle du cynique "Mr Potter", on retrouve le grand Lionel Barrymore, second rôle emblématique de l'âge d'or hollywoodien, ainsi que l'actrice Donna Reed, particulièrement célèbre pour ses premiers rôles féminins dans "La Vie Est Belle", Le Portrait de Dorian Gray et Tant Qu'il Y Aura des Hommes.
A noter une restauration HD de toute beauté. Un écrin idéal pour l'un des films phares de l'histoire du cinéma, dont la façade "American Way of Life" se dédouble de l'une de ses plus virulentes critiques internes...
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Avventura nella fantasia [Import anglais]
Avventura nella fantasia [Import anglais]
DVD ~ Laurence Harvey
Prix : EUR 15,73

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Les trois contes de George Pal, 1 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Avventura nella fantasia [Import anglais] (DVD)
Ils en ont de la chance ces italiens ! Effectivement, à ce que je sache, ce film n'a pas eu les honneurs d'une distribution DVD en dehors de l'Italie !
Il est disponible ici en version italienne et en version anglaise. Mais sans sous-titres français...
On attend ainsi désespérément une exhumation de ce film rare, quasiment perdu dans son support d'origine, puisqu'il n'existe plus qu'une seule copie au National Media Museum à Bradford, en Angleterre.
"The Wonderful World Of Brothers Grimm" (titre original) a été tourné à l'origine en cinérama. Un procédé révolutionnaire visant à projeter les films en version panoramique dans un format large inédit. Une idée des producteurs destinée à faire revenir les spectateurs au cinéma à l'époque où ces derniers découvraient la télévision et restaient enfermés chez eux à la regarder ! Pour des raisons de technique trop complexe et de budget déraisonnable, le procédé du cinérama (qui utilisait trois caméras pour un résultat assez maladroit puisque la limite entre les trois projections demeurait visible, apparentant l'image à un tryptique !) fut abandonné après seulement deux films particulièrement ambitieux tournés en 1962 : La Conquête de l'Ouest et "Les Amours Enchantées" (titre VF de "The Wonderful World Of Brothers Grimm").

"Les Amours Enchantées" est un conte féérique réalisé en 1962 par George Pal et Henry Levin.
Entre 1958 et 1964, George Pal, réalisateur spécialisé dans les effets spéciaux image par image (célèbre pour ses Puppetoons) nous avait offert une série de cinq films féériques : Les Aventures de Tom Pouce (1958), La Machine à Explorer le Temps (1960), Atlantis, Terre Engloutie (1961), Les Amours Enchantées (1962) et Les Sept Visages du Dr. Lao (1964). Aujourd'hui, seuls "Les Aventures de Tom Pouce" et le merveilleux "La Machine à Explorer le Temps" sont disponibles en DVD sous nos latitudes. Aucun des autres films n'est disponible en DVD zone-2 muni de VF ou de VOST...

Le synopsis : Le film illustre une version romancée de la vie des frères Grimm. De manière astucieuse, le scénario alterne le quotidien de Wilhelm et Jacob Grimm, linguistes et philologues engagés par le duc de Bavière, et les fééries collectées par Wilhelm.
Dans cette version, Jacob (Karlheinz Böhm) est un écrivain sérieux et professionnel, consciencieux et besogneux, tandis que Wilhelm (Laurence Harvey) est un rêveur qui ne pense qu'à collecter les contes pour enfants que racontent les vieilles femmes du pays. Pendant que Jacob nourrit à lui seul toute la famille, Wilhelm ne cesse de tout gâcher à cause de sa passion pour une littérature qui ne rapporte rien.
A trois reprises, un conte est intégralement raconté et mis en image :
- Une princesse (Yvette Mimieux) s'évade la nuit pour aller danser dans la forêt. Elle est suivie par un paysan (Russ Tamblyn) dissimulé sous un manteau d'invisibilité. Ce dernier a relevé le défi du roi : Découvrir le secret de la princesse ou... avoir la tête tranchée !
- Un savetier ne finit jamais son travail puisqu'il préfère fabriquer des jouets pour les orphelins de son village. Hélas, la ruine le guette. Heureusement, il est sauvé au dernier moment par ses jouets qui prennent vie par magie...
- Un chevalier pourfendeur de dragon (Terry Thomas) préfère envoyer son serviteur au combat afin de ne prendre aucun risque, pour au final profiter de la gloire au dépends du dit serviteur. Mais le destin lui réserve une mauvaise farce...

Pour réaliser le film, deux équipes : Henry Levin et ses sbires s'occupent des scènes de la vie des frères Grimm, tandis que George Pal et ses collaborateurs mettent en boîte les trois contes de fées.
Henry Levin a toujours été un metteur en scène soigné mais un peu terne, sauf lorsque son travail était chapeauté par un producteur entreprenant. C'était par exemple le cas sur Voyage au Centre de la Terre et ça l'est encore sur notre film, qui brille manifestement de la patte de George Pal, par ailleurs producteur de l'ensemble...
Les scènes "naturalistes" illustrant la vie des frères Grimm sont d'un romanesque de carton pâte mais elles exhalent un savoureux parfum de naïveté et d'innocence "disneyenne" (même si Walt Disney n'a rien à voir là dedans). Tournées dans la ville de Rothenburg ob der Tauber, en Bavière, elles bénéficient de l'atmosphère pittoresque de cette splendide ville médiévale toute en colombages et rues pavées sinueuses fleurant bon l'esprit de Charles Dickens.
Les trois séquences féériques portent la marque de George Pal et affichent des effets spéciaux image par image pleins de charme et de poésie, dans la lignée de Willis O'Brien et Ray Harryhausen. Mention spéciale aux "puppetoons" du conte sur le "Savetier" et au dragon cracheur de feu facétieux de "L'Os Chantant", segment aussi drôle que spectaculaire, dans lequel l'excellent Terry Thomas cabotine de manière truculente dans le rôle du chevalier pleutre et fourbe qui envoie son serviteur combattre le monstre à sa place !
Quant aux décors, ils bénéficient également du charme bavarois puisque les contes sont en partie tournés dans les châteaux de Hohenschwangau et de Neuschwanstein, ce dernier étant célèbre, comme tout le monde le sait, pour avoir servi de modèle à celui de La Belle au Bois Dormant version Walt Disney !

Ce film honteusement oublié constitue ainsi le clou de la carrière cinématographique du réalisateur George Pal, dont il représente l'aboutissement artistique et stylistique. Grand spectacle ambitieux et généreux s'imposant peut-être comme le plus grand représentant de son genre dans l'histoire du cinéma, "Les Amours Enchantées" risque tout de même de ne pas passer auprès des nouvelles générations habituées aux images virtuelles et à l'action bourrine tonitruante. Il pourra également paraître extrêmement naïf et "balourd" (dans le sens d'une lourdeur propre à ce romanesque de carton-pâte évoqué plus haut) pour les réfractaires à ce genre de cinéma fantastique suranné et enfantin. En revanche, pour ceux qui l'on découvert, enfants à la télévision (c'était un mardi soir autour de 1980, il me semble...), le souvenir et la nostalgie demeurent si vivaces que la magie du spectacle opère toujours de manière aussi délicieuse.
A ranger, dans une DVDthèque idéale, entre Jack le Tueur de Géants, Le 7ème Voyage de Sinbad et Darby O'Gill et les Farfadets.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 2, 2016 12:14 PM CET


Le château des étoiles, Tome 2 : La conquête de l'espace
Le château des étoiles, Tome 2 : La conquête de l'espace
par Alex Alice
Edition : Relié
Prix : EUR 13,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Les premiers enfants dans la lune, 31 décembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le château des étoiles, Tome 2 : La conquête de l'espace (Relié)
"La conquête de l'espace volume II" est le second chapitre du dyptique "Le Château des Etoiles", réalisé en 2015 par Alex Alice, qui effectue toujours scénario, dessin et couleurs...
Comme pour le premier tome, celui-ci est composé de trois segments (formant une seule histoire) prépubliés au préalable sous la forme de trois fascicules grand format (trois gazettes !) proposant d'authentiques articles d'époque rédigés par Alex Nikolavitch : Le Château des étoiles, Tome 4 : Les naufragés du ciel, Le Château des étoiles, Tome 5 : Les secrets de la face cachée et Le Château des étoiles, Tome 6 : Le Roi-Lune.

L'histoire : Après avoir échappé aux sbires du chambellan et du roi de Prusse, nos trois jeunes héros auto-surnommés les "chevaliers de l'éther", guidés par le professeur Dulac et par "Ludwig", le roi Louis II de Bavière, se dirigent vers la face cachée de la lune à bord de leur éthernef !
En secret, et alors que l'équipage commence à douter de sa survie à plus ou moins court terme, le jeune Séraphin se met à rêver que sa mère, disparue dans sa quête de l'éther il y a plus d'un an, ait pu survivre quelque part sur l'astre lunaire...

Le premier tome était d'une perfection rare. Le second est incontestablement en dessous. Mais très légèrement...
Les aventures de nos jeunes héros sont toujours aussi attachantes et passionnantes. Et si la première partie nous faisait voyager au cœur de la Bavière en plein XIX° siècle, celle-ci monte de plusieurs crans en emmenant ses lecteurs dans l'espace, et plus exactement sur la mythique face cachée de la lune ! Ce mystérieux côté de notre satellite sera d'ailleurs l'occasion de découvrir mille et une merveilles, toutes plus étonnantes et originales les unes que les autres.
Portée par un souffle épique digne des plus grands récits d'aventure, cette équipée lunaire fait également preuve d'une délicieuse poésie, révélant toute la dimension science-fictionnelle du fameux "Château des étoiles" qui, bien que faisant écho à celui de Neuschwanstein (le château de Louis II de Bavière qui servait de décor à tout le premier tome), est d'une toute autre teneur !
Ce faisant, Alex Alice parvient à donner corps au "grand mystère" du voyage dans l'espace, entre science, fantaisie et mysticisme. Impressionnant !
Certes, nous ne revenons pas du voyage avec les clés du mystère de la création et de l'univers, mais nous avons effleuré, l'espace d'un instant, un ailleurs vertigineux. Quelque chose de l'ordre de l'au-delà et du merveilleux, dans tous les sens du terme (loin, ailleurs, et même au-delà de notre dimension !). Le Château des étoiles que découvrent nos héros sur la face cachée de la lune est ainsi à l'image du secret de l'éther : Un mirage éthéré que nous ne pouvons qu'apercevoir furtivement...

Comme c'est parfois le cas avec certains auteurs, le lecteur suit ainsi les aventures de ses héros tout en se laissant porter par leurs trouvailles et leurs inventions abracadabrantesques, sans chercher à douter un seul instant de la véracité de ces éléments. Cela s'appelle le pouvoir de l'imagination, et il convient de remarquer à quel point Alex Alice maitrise son sujet.
Mais on peut tout de même regretter quelques faiblesses auxquelles l'auteur ne nous avait pas habituées dans le tome précédent...
Tout d'abord, toutes les pages ne sont pas aussi belles. Et l'on peut percevoir, parfois, que le délai de publication oppressant a certainement obligé Alex Alice à "compresser" certaines planches, qui fourmillent de vignettes et de texte, comme s'il fallait faire avancer le récit de manière un peu précipitée. Ces quelques pages, parfois confuses et mal dégrossies, contrastent avec d'autres, somptueuses et flamboyantes, faisant un peu fléchir le niveau général de l'album.

L'autre point menant à la relative déception concerne le dénouement du récit. Car on apprend alors que les aventures de nos héros ne sont pas terminées et qu'ils reviendront dans d'autres albums. Ce postulat, effectivement accompagné d'un certain nombre d'éléments de l'intrigue toujours irrésolus, atteste d'un réel manque de sincérité envers le lectorat, parti dès le départ pour deux albums seulement. Certes, le récit ne se termine pas sur un cliffhanger et apporte une résolution claire au voyage de nos héros. Mais le nombre d'inconnues en ce qui concerne le sort de plusieurs personnages est pour le moins frustrant, nous obligeant à poursuivre les aventures des "chevaliers de l'éther", au risque de voir la qualité de la série se diluer avec le temps.

Est-ce le succès retentissant de la série qui aura encouragé l'auteur à poursuivre son œuvre ? Est-ce ce même succès qui aura réveillé l'avidité de l'éditeur, incitant pour le coup Alex Alice à continuer sur sa lancée ? Ou est-ce tout simplement que notre auteur ne maitrise pas le dénouement de ses créations (je ne suis pas près d'oublier le final calamiteux de la série Le Troisième Testament, dont le postulat était si prometteur !).
Quoiqu'il en soit, ces déceptions demeurent très relatives car, en l'état, ce premier dyptique de la saga (est-ce désormais une saga ?) est d'une qualité et d'une richesse qui le porte à des années lumières au dessus du tout venant de l'édition de la bande-dessinée.

Parmi tous les thèmes qui parcourent le récit, on retiendra en particulier celui du "château" non pas comme un lieu, mais comme une métaphore de la volonté de l'homme de s'élever en direction du ciel, et par extension de l'espace (la forme pointue et longiligne du château de Neuschwanstein se prêtant particulièrement bien à la démonstration), à la recherche de ses mystères, qu'ils soient de cet univers ou d'un autre... Car depuis que l'homme construit des édifices, il a toujours été question de dépasser les limites et, comme pour corroborer cette thèse, on peut s'apercevoir qu'une nation comme celle des Etats-Unis, par exemple, a toujours mené de concert la construction de ses vertigineux buildings avec celle des fusées destinées à partir à la découverte de l'espace...
Nous découvrons par ailleurs que le Château des Etoiles est une véritable uchronie, pétrie de réflexions sur la nature humaine et sur les dérives d'une science exercée sans conscience.
Incontestablement mon plus gros coup de cœur de l'année ! Raison pour laquelle je suis sans doute aussi critique quant à ce second tome tant attendu...


Les Aventures de Tom Pouce
Les Aventures de Tom Pouce
DVD ~ Russ Tamblyn
Prix : EUR 13,00

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Disney style, 30 décembre 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Aventures de Tom Pouce (DVD)
"Les Aventures de Tom Pouce" est un conte féérique réalisé en 1958 par George Pal.
Entre 1958 et 1964, ce réalisateur spécialisé dans les effets spéciaux image par image (célèbre pour ses Puppetoons) nous avait offert une série de cinq films féériques : Les Aventures de Tom Pouce (1958), La Machine à Explorer le Temps (1960), Atlantis, Terre Engloutie (1961), Les Amours Enchantées (1962) et Les Sept Visages du Dr. Lao (1964). Aujourd'hui, seuls "Les Aventures de Tom Pouce" et le merveilleux "La Machine à Explorer le Temps" sont disponibles en DVD sous nos latitudes. Aucun des autres films n'est disponible en DVD zone-2 muni de VF ou de VOST...

L'histoire, tout le monde la connait, non ? Un couple de paysans n'ayant jamais réussi à avoir d'enfants se voit offrir trois vœux par la Reine de la forêt après que le mari, bucheron de son état, ait accepté d'épargner le vieux chêne. Leur vœu le plus cher est ainsi d'avoir un fils, fut-il aussi petit que le pouce...

Ce petit film fantastique d'un autre temps, aux effets spéciaux surannés mais aussi poétiques que ceux de King Kong et du 7ème voyage de Sinbad, possède un charme à nul autre pareil. Semblable à un dessin animé des studios Walt Disney de la même époque, il dégage une atmosphère au parfum délicieusement enfantin, à l'innocence presque surnaturelle et immaculée.
Et puisque l'on parle de Walt Disney, ces "Aventures de Tom Pouce" apparaissent presque comme une sorte de remake du Pinocchio de 1940. La trame de l'histoire est quasiment la même, où l'on retrouve la fée offrant un fils pas comme les autres à quelqu'un n'ayant jamais eu d'enfant. Où le fils en question est livré à ce monde trop grand pour lui, où les bandits ont vite fait de l'utiliser à des fins malveillantes ("Grand Coquin" le renard et "Gédéon" le chat ayant laissé la place à "Ivan & Anthony", respectivement interprétés tout en méchanceté chafouine par Terry Thomas & Peter Sellers, qui s'adonnent à l'exercice avec une truculence absolument inouïe !), et où la bonté séminale finit par triompher des obstacles de la vie.
On notera toutefois un ton beaucoup plus léger et un environnement plus limité que celui du dessin animé de 1940, particulièrement sombre et effrayant pour un conte à destination des enfants ! Le film de George Pal s'apparentant quant à lui à un véritable divertissement familial inoffensif, sur fond de comédie musicale enjouée et lumineuse.

Sur le volet de la comédie musicale, "Les Aventures de Tom Pouce" s'articule sur les numéros animés des "puppetoons" (des jouets animés image par image qui se réveillent, comme dans les futurs Toy Story, afin de participer à l'action), mais surtout sur les prouesses du formidable Russ Tamblyn, l'acteur qui incarne le personnage principal. Très bon dans l'interprétation du rôle, parfait dans les chorégraphies, éblouissant lors des prouesses physiques bondissantes, la future vedette de West Side Story porte le film sur ses (petites) épaules et dégage une candeur à toute épreuve.
Avec ses décors de carton pâte sentant bon le théâtre de marionnettes grandeur nature, son atmosphère féérique d'antan et sa poésie visuelle à l'innocence et à la sincérité sans bornes, ce premier film du cycle féérique du grand George Pal (qui forme une sorte de tryptique avec "Les Amours Enchantées" et "Les Sept Visages du Dr Lao") est tout simplement l'un des plus beaux représentants de son genre et de son époque. Peut-être trop léger et trop naïf pour être un chef d'œuvre, il peut trôner sans honte sur les étagères de toutes les DVDthèques pour amateurs de contes à l'ancienne, teintés de comédie musicale, aux côtés du Magicien d'Oz, de Brigadoon, Darby O'Gill et les Farfadets et Les 5000 Doigts du Dr. T.

Hélas, le film n'a pas été restauré en HD et n'a pas l'air d'intéresser les éditeurs plus que cela. Cette copie est néanmoins très honnête et la qualité de l'image est tout à fait acceptable. Réjouissons-nous d'avoir enfin une version DVD, en attendant (désespérément) les autres films du réalisateur...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 30, 2015 7:01 PM CET


L'Aventure de Mme Muir (Inclus 1 DVD : Les Plus Grands succès de la Fox)
L'Aventure de Mme Muir (Inclus 1 DVD : Les Plus Grands succès de la Fox)
DVD ~ Gene Tierney

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 A l'amour, à la mort..., 29 décembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Aventure de Mme Muir (Inclus 1 DVD : Les Plus Grands succès de la Fox) (DVD)
Le synopsis : Nous sommes au début du XX° siècle, en Angleterre. Lucy Muir est une belle et jeune veuve, un brin bourgeoise, qui rêve de s'émanciper de sa belle mère et de sa belle-sœur, avec qui elle vit encore. Elle décide alors de partir avec sa fille et sa servante, en quête d'un joli cottage au bord de mer.
Attirée par une belle maison blanche dont personne ne veut à cause de sa mauvaise réputation, elle s'y installe néanmoins. Mais très vite, elle va faire connaissance avec le fantôme du capitaine Gregg, l'ancien propriétaire des lieux, qui hante la maison...

Voilà un film unique en son genre, fleuron du cinéma onirique de la première moitié du XX° siècle. Réalisé en 1947 par le grand Joseph L. Mankiewicz, il nous conte l'amour impossible entre une veuve (Gene Tierney, l'une des plus belles actrices de l'histoire du cinéma !) et le fantôme d'un vieux loup de mer (Rex Harrison, futur Jules César dans le Cléopâtre du même réalisateur). Mais au cœur d'une Amérique puritaine et catholique, le récit nous parle en vérité de l'émancipation de la femme, jouant de la métaphore....

Dès le départ, Lucy Muir tente de fuir les conventions sociales et de mener sa propre vie. Hélas, le destin semble sans cesse lui barrer la route la menant à ses rêves.
A partir d'un portrait qui la fascine, accroché au mur de sa chambre, se matérialise alors le fantôme d'un aventurier à la hauteur de ses fantasmes. A moins que ne ce soit une création purement onirique et freudienne sortie tout-droit de son esprit !
Face à une mer tour à tour calme ou agitée, symbolisant les tourments intérieurs du fantôme tombant peu à peu fou amoureux d'elle, Lucy aspire encore à s'épanouir et à goutter le fruit de sa jeunesse. Son existence sera hélas bien triste, la menant de déceptions en déceptions, tandis que sa fille vivra à sa place une vie plus épanouie...

"L'Aventure de Madame Muir" fait ainsi partie de ces films qui, sous les atours du conte fantastique, ne font rien d'autre que de poser les bases d'une réflexion sur la vie.
Cette toile de fond accompagne le récit comme une vague au dessus de la mer. Elle en devient le sujet principal, les événements surnaturels et paranormaux n'étant que le vernis derrière lequel se développe la parabole humaine et sociale. Et c'est bien ce qui fait de ce cas d'école une œuvre unique en son genre : Cette manière de raconter le drame humain, celui d'une femme ne pouvant s'émanciper au cœur d'une société sclérosante, où l'on voit poindre le thème de la schizophrénie, sous les atours d'un conte fantastique et onirique, envoûtant comme un tableau diaphane.

Cet unique film ouvertement fantastique de Mankiewicz, réalisateur à la filmographie exceptionnelle (Jules Cesar, Eve, La Comtesse Aux Pieds Nus, Blanches Colombes et Vilains Messieurs, Le Reptile...), apporte de belle manière sa pierre à l'édifice des fables oniriques autour du thème du "portrait peint", que l'on retrouve à l'époque dans un bon nombre de grands films fantastiques (Le Portrait de Dorian Gray, Le Portrait de Jennie, Pandora).
Le casting quatre étoiles (Gene Tierney, Rex Harrison, Nathalie Wood, George Sanders), la musique enivrante de Bernard Herrmann (compositeur attitré d'Alfred Hitchcock), les images expressionnistes somptueuses d'un noir et blanc vivant ses dernières heures, tout concoure à faire de ce film l'un des fleurons de l'âge d'or hollywoodien.

Un brin suranné, ce chef d'œuvre d'un autre temps bénéficie aujourd'hui d'une magnifique restauration HD qui rend l'acquisition de la version Blu-ray absolument obligatoire. Aucun bonus ne circule jusqu'à présent. Mais le film en lui-même ne mérite-t-il pas déjà le détour ?
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : May 21, 2016 9:54 AM MEST


Clues, Tome 4 : A la croisée des chemins
Clues, Tome 4 : A la croisée des chemins
par Mara
Edition : Album
Prix : EUR 14,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Esquissez-moi, madame..., 28 décembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Clues, Tome 4 : A la croisée des chemins (Album)
"A La Croisée Des Chemins" est le quatrième et dernier tome de la série "Clues". Publié en 2015, soit sept ans après la sortie du tome 1, il achève ainsi la première œuvre de Mara, auteure à part entière de la série.

Londres, fin du XIX° siècle. C'est l'histoire d'Emily Arderen, une très jeune secrétaire de police qui rêve de devenir enquêtrice. De retour en Angleterre après avoir quitté le continent pendant des années, elle est nommée assistante de l'inspecteur Hawkins, un brillant détective de Scotland Yard, aussi irascible que fin limier. Bientôt, c'est tout le passé trouble de la jeune femme qui va s'empresser de ressurgir, tandis qu'elle participe à la grande entreprise de lutte contre les terribles "Red Arrows", qui tentent de prendre le pouvoir au cœur même de l'Angleterre victorienne...

Trois ans d'attente ! Voilà tout ce qu'il aura fallu patienter avant de découvrir la fin de la série. Ce grand écart nuit un peu à l'ensemble de l'œuvre, puisque le lecteur ne souhaitant pas tout relire depuis le début a déjà oublié la moitié des événements passés dans les tomes précédents !
Cette attente interminable devait être justifiée par la qualité de ce dénouement. Mais encore une fois, on hésite entre l'admiration et la frustration, car cet ultime volet de la saga n'échappe nullement aux défauts relevés sur les précédents...

Du côté de l'intrigue, Mara ne méprise pas ses lecteurs et offre une résolution claire et définitive, qui lève parfaitement le voile sur les mystères et sur toutes les zones d'ombres qui enveloppaient jusqu'ici les aventures d'Emily Arderen et de son mentor. Mais le résultat est trop court, ce qui oblige le script à compresser le dénouement, lui enlevant ainsi un peu de son épaisseur et de sa force. De la même manière, les relations entre les personnages, qui font tout le sel du récit, sont un peu expédiées à la hâte, relevant encore un peu plus le niveau de frustration.
Quant au dessin, il est encore plus fluctuant que sur les autres tomes. Privilégiant la sensation d'esquisse (effet voulu ou manque de temps ?), Mara aligne les pages qui ont davantage des airs de story-board que de planches abouties et finalisées dans les règles de l'art.

J'ai ainsi refermé le livre sur un sentiment ambivalent. Comme si l'auteure avait fini par fléchir sous le poids de son ambition. Et pourtant, "Clues" est une bien bonne histoire, dans le fond comme dans la forme. Une histoire portée par un véritable talent de conteur, qui parvient à lier la forme attractive de son sujet, la toile de fond littéraire d'où émerge une thématique féministe tout à fait honorable, l'intensité des relations humaines entre les personnages et un véritable sens du dialogue.
A l'arrivée, cette série imparfaite parvient néanmoins à demeurer très attachante, comme un tableau esquissé possédant, même à ce stade de l'esquisse, une force indéniable.
Œuvre de jeunesse, "Clues" est toutefois la première création d'un auteur à suivre...
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 28, 2015 9:44 PM CET


Batman Mad Love
Batman Mad Love
par Bruce Timm
Edition : Album
Prix : EUR 15,00

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Animated comics, 22 décembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Batman Mad Love (Album)
"Mad Love" est un graphic novel de 64 pages réalisé par le tandem Paul Dini (scénario) & Bruce Timm (scénario et dessin) entre 1994 et 1995. Bien qu'il n'apparaisse qu'en tout petit sur la gauche de la couverture, il s'agit bien d'un récit lié à l'univers de Batman...

Retour en arrière : En 1989, le monde applaudit le retour de Batman sur les écrans de cinéma. Et le film de Tim Burton inaugure une gigantesque batmania à l'échelle planétaire !
En 1992, dans la foulée de la sortie de Batman - le Défi, le studio Warner produit une série animée baptisée simplement Batman, la série animée. Cette production TV se révélant d'une qualité exemplaire (relecture mature, sombre et profonde, restituant l'atmosphère gothique du film de Burton, le thème musical de Danny Elfman, le tout enrobé d'une patine cartoon rétro, dans un superbe décorum mêlant les univers esthétiques du polar et de l'art déco), approuvée par les fans du "caped crusader", elle étendra son influence dans le monde des comics, dans une forme de boucle bouclée.

Par l'intermédiaire de cette création télévisuelle, les auteurs offraient une nouvelle jeunesse à certains des personnages phares de l'univers de Gotham City et en inventaient de nouveaux. Et c'est au cœur de cette série animée, dans l'épisode N°22 de la saison 1 intitulé "Chantage à crédit" ("Joker's Favor"), qu'est née la vilaine et facétieuse "Harley Quinn", la fiancée du "Joker". Et la véritable héroïne de notre "Mad Love".
Produite par Bruce Timm, coproduite et partiellement écrite par Paul Dini, la série animée se dédoubla par ailleurs d'une série de comics intitulée Batman Aventures, dans laquelle on pouvait retrouver la pétulante "Harley". Mais l'histoire de "Mad Love" se situe au carrefour de ces deux influences : Car c'est en écrivant le synopsis de "Mad Love" pour la série animée que le duo eut finalement envie de le dédier à une création sous forme de graphic novel...

Ainsi naquit un classique de la continuité moderne (à partir de Year One) de l'univers de Batman. L'un de ces classiques que la "tribu" des fans de comics vénère en hurlant au chef d'œuvre avant même de l'avoir lu !
Les 64 pages de ce récit original sont ainsi mises en images par Bruce Timm dans un style cartoony assez proche de la série animée et des comics "Batman Aventures".
En règle générale, je ne suis pas très preneur de ce type de comics où les personnages sont dessinés dans un style "mignon tout plein" (je déteste le dessinateur Skottie Young) alors que la teneur du récit est relativement adulte. Je trouve que le principe est racoleur et tend à faire basculer les comics modernes vers la sphère infantile de laquelle il a été si difficile de l'extraire. Mais, une fois n'est pas coutume, cet état d'esprit est ici parfaitement justifié par le caractère du personnage principal. Effectivement, "Mad Love" est un récit centré sur "Harley Quinn", et le caractère de la jeune femme, enjoué et enfantin (du genre méchant garnement ne pensant qu'à s'amuser au dépend des autres !) fait écho au style cartoony de Bruce Timm. On est donc dans un rapport parfait entre le fond et la forme.

Bien que l'approche ne soit pas la même, "Mad Love" évoque parfois The Killing Joke, le chef d'œuvre (controversé) d'Alan Moore & Brian Bolland. Construit dans le même type de découpage (le fameux gaufrier -modulable- de neuf vignettes par planche immortalisé par Alan Moore dans son Watchmen), pour un nombre de pages identique, "Mad Love" offre un récit construit de manière à peu-près similaire, le personnage principal (un vilain), se remémorant ses origines par le biais de quelques flashbacks distillés de manière chronique.

Pour autant, je ne mettrais pas les deux créations sur le même terrain artistique et je trouve que "Mad Love" est tout de même au dessous de "Killing Joke". Le scénario est très chouette, les dessins aussi, mais il lui manque tout de même quelque chose de la force imparable de son ainé.
Le srcipt est tout à fait maitrisé mais l'orientation "frivole" qui accompagne le personnage principal désamorce l'aspect tragique du récit, qui demeure parfois trop léger pour nous emporter complètement. Quant aux dessins de Bruce Timm, s'ils sont souvent épatants en ce qui concerne les personnages, ils pâtissent d'une vacuité extrême en matière de décors (l'artiste confessant dans sa postface une tendance schizophrène hésitant entre le perfectionnisme et la paresse !). Le dénouement, au cœur des buildings de Gotham City, alors que le "Joker" (lui-même très présent) virevolte au dessus du train suspendu, souffre ainsi d'une mise en image vraiment approximative en termes de background.

A l'arrivée, "Mad Love" demeure un classique tout à fait recommandable. Une belle épure tournant autour d'un nombre réduit de personnages (pour l'essentiel : Harley Quinn, Batman, le Joker, et une petite participation du commissaire Gordon). Un récit enjoué faisant la part-belle à la caractérisation de ses deux principaux vilains.
La lecture de l'ensemble, d'une fluidité exemplaire, bénéficie ainsi d'un rapport idéal entre le fond et la forme, profitant pleinement de l'osmose qui unit ses deux talentueux auteurs.
Les férus de la continuité ne pourront également pas passer à côté d'un récit marquant pour les origines d'un personnage charismatique ayant gagné, au fil du temps, une notoriété grandissante dans la mythologie consacrée.
Il aurait toutefois fallu un petit quelque chose en plus au niveau du scénario et du dessin pour lui attribuer sans hésiter une cinquième étoile...

L'édition VF proposée par Urban Comics reprend le modèle de l'édition deluxe US. Outre le grand format, on bénéficie également de l'intégralité du récit dans sa version noir et blanc (avec les esquisses de Bruce Timm), et de l'intégralité de la première proposition de la version couleur (également esquissée par l'artiste). En bonus, deux courts récits issus de la série "Batman Aventures", plutôt anecdotiques, réalisés par Paul Dini & Bruce Timm, complètent le programme. Soit "Petit Papa Noël" (The Batman Adventures : Holiday Special #1 : 12 pages), et "La Croisière s'embrase" (Adventures In The DCU #3 : 6 pages). Pour un total de 165 pages.
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STAR WARS : LES RUINES DE L'EMPIRE
STAR WARS : LES RUINES DE L'EMPIRE
par Collectif
Edition : Album
Prix : EUR 13,00

10 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Mise en bouche, 20 décembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : STAR WARS : LES RUINES DE L'EMPIRE (Album)
"Star Wars : Les Ruines de l'Empire" est une mini-série en quatre épisodes réalisée en 2015 par le scénariste Greg Rucka et le dessinateur Marco Checchetto. Ce récit s'inscrit dans la ligne éditoriale intitulée "Voyage vers Star Wars : Le Réveil de la Force", qui développe des événements situés entre la fin de Star Wars Épisode VI - Le Retour du Jedi et "Star Wars Épisode VII - Le Réveil de la Force". Il est ainsi question de découvrir ce qu'il s'est passé après la "Bataille d'Endor", après la mort de "l'Empereur" et la chute de "l'Empire galactique"...

Cette mini-série déroule en réalité quatre épisodes qui sont à la fois reliés par plusieurs personnages (notamment "Shara Bey", la mère de "Poe Dameron" -l'un des héros de l'Épisode VII), et en même temps autonomes, comme quatre courts récits réunis sur une toile de fond commune.
Partant de ce postulat, les épisodes sont de qualité inégale et l'ensemble exhale un parfum de publicité surfant sur la sortie du premier épisode de la nouvelle trilogie...

J'ai personnellement bien apprécié les deux premiers épisodes, qui développent soigneusement les premiers jours de la chute de l'Empire. On peut ainsi suivre quelques personnages et découvrir leurs sentiments au lendemain de la "Bataille d'Endor", comme une euphorie de courte durée, avant que de repartir vers la guerre, qui n'est pas terminée...
Cette première partie est assez intéressante de ce point de vue, mettant en lumière le fait que la victoire n'est pas définitive, ce qui était le cas dans "l'ancienne continuité" de l'univers étendu, où les personnages principaux (Luke, Leïa et Han Solo) devenaient les nouveaux gérants de la République, où ils finissaient heureux en ayant beaucoup d'enfants (même s'ils vivaient encore de nombreuses aventures). Une idée naïve qui ne m'a jamais convaincu (car on sait bien que si le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument...). Je préfère ainsi cette nouvelle orientation plus tragique, qui relance le destin des héros vers d'autres jours sombres...

La seconde partie du recueil est plus anecdotique, où l'on suit la belle "Shara Bey" apportant respectivement son aide à la "Princesse Leïa", puis à "Luke Skywalker". Deux épisodes assez creux, faisant la part-belle à l'action, sans toile de fond particulièrement fédératrice pour la suite de la saga. Si ce n'est peut-être ce passage avec les petits arbustes, qui introduit la future quête de Luke pour retrouver le temple jedi...
A l'arrivée, le recueil se referme sur le sentiment de n'avoir pas lu quelque chose de primordial, puisqu'aucun des événements qui s'y déroule n'a d'importance pour enchainer sur l'Épisode VII (aucune apparition du "Leader Suprême" ni même aucune allusion au futur "Premier Ordre").
En revanche, le travail formel des auteurs est rudement efficace, tant au point de vue du découpage narratif effectué par le scénariste Greg Rucka que des dessins de Mario Checchetto, qui parvient à briller sur tous les points, y compris dans la représentation des personnages iconiques de la saga, qui ressemblent fort bien aux acteurs bien connus...
Bref, une lecture divertissante mais inoffensive, comme une mise en bouche, un apéritif bien préparé mais très vite oublié, avant d'aller voir le film qui s'ensuit...
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 27, 2015 8:28 PM CET


Pandora
Pandora
DVD ~ Ava Gardner

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 En mer et contre tous, 14 décembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Pandora (DVD)
Le synopsis - En Espagne, dans les années 30, au cœur de la petite ville portuaire d'Esperanza : "Pandora Reynolds" (Ava Gardner) est une jeune femme adulée et courtisée. Recherchant désespérément le grand amour, elle aperçoit un soir un bateau qui n'a pas encore accosté. N'écoutant que son instinct, elle le rejoint à la nage. Elle rencontre alors le propriétaire du navire, un certain "Hendrick Van der Zee" (James Mason). Ce dernier, solitaire et mystérieux, est entrain de peindre un portrait de la déesse Pandore, ressemblant étrangement à Pandora...

Ecrit et réalisé en 1951 par Albert Lewin, "Pandora" est un film unique en son genre. A la fois surréaliste et onirique, il est délicatement mouillé dans le fantastique. Un fantastique éthéré, dont les effets relèvent davantage de la suggestion et de la poésie que de l'épouvante ou du merveilleux ostentatoire.
Lewin n'a réalisé que cinq films, dont deux dans le registre du fantastique ("Pandora" et Le Portrait de Dorian Gray). Mais à chaque fois, il a su faire preuve d'une profonde originalité et d'une capacité exceptionnelle à conférer à ses créations une véritable épaisseur littéraire et artistique.
Passionné par le surréalisme, le cinéaste fréquentait les principaux artistes du mouvement et restituait beaucoup de leur univers dans sa vison de la mise en scène picturale.

C'est donc un portrait semblant entretenir une filiation hybride entre le style de René Magritte et celui de Giorgio de Chirico que peint le personnage interprété par James Mason. Comme c'était le cas dans le "Portrait de Dorian Gray", celui de Pandore va également subir diverses transformations. Quant au héros, navigateur mystérieux à l'allure introspective, il s'agit en réalité d'une interprétation moderne et romantique du mythique "Hollandais volant", navire légendaire à l'équipage maudit, ici transposé sous le motif d'un seul et unique personnage.
Mythologie antique, littérature du 18° siècle, mouvement artistique des années 1920, le fil d'Albert Lewin est un impressionnant puits de références avec lesquelles il nourrit son sujet, comme une mosaïque pleine de résonances thématiques. Partant de ce postulat, le script de Lewin ne laisse rien au hasard et la petite ville fictive d'Esperanza évoque bien évidemment le cap de Bonne-Espérance (berceau de la légende du Hollandais volant), de même que le nom du héros ("Hendrick Van der Zee") signifie "Henri de la mer" en néerlandais.

Le résultat de cet élan créatif révèle une magnifique œuvre d'art totale, comme l'équivalent d'un opéra repensé à travers le prisme du cinéma. Baroque, romantique, poétique, onirique, envoûtant, spirituel, "Pandora & the Flying Dutchman" (titre original) est, tout comme "Le portrait de Dorian Gray", un film d'auteur complet doublé d'une vision amalgamant cinéma populaire et cinéma intellectuel dans une harmonie sans équivalent dans l'histoire du medium. Pour être parfait, il lui manque hélas une bande-son à la hauteur. Car le score d'Alan Rawsthorne n'a pas le charisme d'un Bernard Herrmann ou d'un Miklos Rosza. Et pourtant, en toute logique d'expansion artistique, Lewin avait engagé ce compositeur non pas venu du cinéma, mais de la musique classique britannique...

Pour le reste, "Pandora" est un classique absolu, illustration totale du thème de "l'amour fou", de celui qui rime avec la "mort" et les "amants maudits", apprécié en toute circonstances pour son atmosphère exotique baignée de la chaleur catalane, où brillent les étoiles des chaudes nuits d'été, où le peuple vit le soir dans les bistrots, et le jour dans les arènes de corrida. Par dessus tout, évidemment, il reste célèbre pour son couple mythique exposant une actrice au faite de son aura et de sa beauté ensorcelante.
Les amoureux des grands classiques de l'âge d'or hollywoodien ne doivent pas le rater. Les réfractaires à tous les vieux films passeront leur chemin mais manqueront ainsi leur rendez-vous avec l'une des expressions artistiques les plus abouties de l'histoire du septième art.
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Dreamcatcher [Blu-ray]
Dreamcatcher [Blu-ray]
DVD ~ Morgan Freeman
Proposé par cinebox
Prix : EUR 6,96

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 La vérité est vraiment ailleurs..., 8 décembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dreamcatcher [Blu-ray] (Blu-ray)
"Dreamcatcher, l'Attrape-rêves" est un film d'horreur et de science fiction réalisé en 2003 par Lawrence Kasdan, d'après le roman de Stephen King. Film à grand spectacle aux effets spéciaux impeccables, interprété par des acteurs de premier plan (à commencer par Morgan Freeman) et mis en scène par un grand nom d'Hollywood (Kasdan est aussi bien le scénariste de Star Wars - Episode V : L'Empire Contre-attaque, Les Aventuriers de l'Arche Perdue, Star Wars - Episode VI : Le Retour du Jedi, que le réalisateur de La Fièvre au Corps, Silverado ou Wyatt Earp), le film fait néanmoins partie des adaptations de l'œuvre de Stephen King parmi les plus mal aimées, même s'il possède tout de même quelques défenseurs.

Le synopsis : Quatre amis d'enfance trentenaires partent chaque année pour une partie de chasse dans les forêts du Maine, via une vieille cabane isolée comme point de ralliement, à l'intérieur de laquelle trône un énorme attrape-rêve indien. Ils sont reliés par un mystérieux lien télépathique apparu depuis qu'ils sont venus en aide, il y a bien des années, au jeune "Duddits", un handicapé aux étranges pouvoirs devenu ensuite leur ami.
Dans le blizzard de l'épaisse forêt, nos compagnons rencontrent bientôt deux personnes atteintes d'un étrange mal. Un mal bien plus horrible qu'ils ne s'y attendaient, puisqu'elles hébergent chacune dans leur estomac une belliqueuse créature extraterrestre...
Une course contre la survie commence alors, tandis que l'armée tente d'étouffer l'affaire tout en contenant l'invasion alien, sous le commandement du redoutable "Colonel Abraham Curtis"...

Quel ovni, c'est le cas de le dire !
Ce film est assez insaisissable. Tour à tour brillant et médiocre, superbement écrit et bourré de fautes de script, il s'inscrit dans le palmarès des œuvres bicéphales aussi attachantes que ratées !
C'est cette étrange cohabitation des deux extrêmes qui va traverser les 136 minutes de "Dreamcatcher, l'Attrape-rêves" du début à la fin. Que ce soit dans l'écriture du scénario, dans la mise en scène, dans les dialogues ou dans la direction d'acteurs, Lawrence Kasdan zigzague systématiquement entre la maîtrise de son sujet et la bérézina artistique !
Hésitant sans cesse entre la tragique et la parodie, le brillant scénariste de la saga Star Wars s'empêtre dans une narration bicéphale où le ton burlesque est constamment à côté de la plaque, venant contredire le sujet tout en désamorçant la moindre scène d'angoisse.

L'autre point de rupture avec la réussite du projet est que le final est particulièrement raté et, allez savoir pourquoi, s'oppose tout simplement à celui du roman originel.
Certes, en adaptant l'œuvre de Stephen King, Kasdan avait le bénéfice de la relecture et pouvait honorablement en réinterpréter la fin. Sauf qu'il nous propose une conclusion particulièrement contradictoire, n'apportant aucune résolution au cheminement thématique des personnages et annihilant au contraire la portée du récit de l'écrivain. Le lien télépathique qui lie les personnages n'a dès lors plus aucun sens, le personnage central (le mystérieux "Duddits") se retrouve totalement dénaturé et, au final, le thème de "l'attrape-rêves" est complètement passé aux oubliettes !

Conçu comme un récit plus ou moins connecté avec l'histoire développée dans Ça (l'histoire se déroule au départ dans la même ville fictive de "Derry" et il est fait référence au "Club des Sept Paumés"), "Dreamcatcher" développait en filigrane certains des thèmes récurrents du King.
Certes ponctué de notes d'humour, le roman était un condensé de récits science-fictionnels fondateurs (La Guerre des Mondes, Alien, The Thing et X-Files) qui, comme un effet de boucle (la plupart des écrits de Stephen King ayant été adaptés à la télévision ou au cinéma), venaient essentiellement des médiums télévisuels et cinématographiques !
Mais surtout, "Dreamcatcher" était un prolongement naturel de "Ça" (et aussi des Tommyknockers). En faisant de son quatuor de personnages (ou quintet si l'on ajoute "Duddits) un groupe d'adultes tourmentés, n'ayant jamais réellement réussi à s'adapter à la vie sociale à cause de leur pouvoir télépathique, Stephen King nous parlait de la difficulté de grandir. Tous réunis rituellement autour d'un énorme attrape-rêves, ses héros marquaient ainsi cette parabole du difficile passage à l'âge adulte, thème central de l'œuvre de l'écrivain. Et en combattant des extraterrestres, ils s'inscrivaient à la fois dans la tragédie de la vie et dans le monde de l'enfance. Un monde symbolisé par "Duddits", attrape-rêve vivant (est-il devenu malade à force d'absorber leur malêtre ?) vers lequel ils devront se tourner pour survivre, ou pas...

A l'arrivée, Lawrence Kasdan se sera cassé les dents sur le terrain de l'adaptation en essayant d'être parfois trop fidèle (une tonalité humoristique qui ne fonctionne manifestement que dans les lignes et dans le style de l'écrivain), tout en proposant une fin différente complètement en décalage avec le récit initial et sa portée parabolique...
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