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Contenu rédigé par Tornado
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Tornado (Provence Côte d'Azur)
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Dance macabre
Dance macabre
DVD ~ Barbara Steele

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Flesh for fantasy, 1 mai 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dance macabre (DVD)
Au XIX° siècle, un journaliste rencontre Edgar Alan Poe dans une vieille auberge. Celui-ci raconte à l'assistance une histoire d'épouvante en précisant qu'il n'invente jamais rien, et que toutes ses histoires ont un fondement réel. Face au scepticisme du journaliste, un châtelain propose à ce dernier de passer une nuit, celle du 1° novembre (la "nuit des morts"), seul dans son ancien château abandonné, réputé pour ses événements surnaturels...

Le réalisateur italien Antonio Margheriti tourne "Danse Macabre" en 1964, avec les acteurs Georges Rivière et Barbara Steele dans les rôles principaux. Après son superbe La Vierge de Nuremberg, il suit les traces de Mario Bava et de son chef d'œuvre, Le Masque du Démon (1961), auquel il reprend son actrice phare et son parti-pris du noir et blanc expressionniste.
Par rapport au film de Bava, "Danse Macabre" déçoit un peu d'un point de vue esthétique, mais crée véritablement la surprise du côté du scénario. En effet, s'il est loin de posséder la splendeur des images du "Masque du Démon", il propose un script bien plus original, envoûtant et profond.

Pour autant, les deux films jouent dans la même catégorie à travers leur parti-pris esthétique et leur thématique réciproque, à savoir celle du vampirisme. Dans les deux cas, l'approche de cet élément fantastique est d'ailleurs similaire, qui échappe aux archétypes cinématographiques développés jusqu'alors par les anglo-saxons : Ici, point de canines proéminentes, ni de capes et de chemises à jabot. Point de chauves-souris ou de pieux dans le cœur... A la place, les deux histoires optent pour une approche du genre onirique et mystérieuse, presque métaphorique, dans laquelle les êtres reviennent à la vie par delà la mort par désir de vivre et quête de l'amour... charnel !
A ce titre, ils suivent tous-deux le sillon laissé par le film fondateur du genre, qui a imposé cette interprétation du mythe du vampire, moderne et strictement transalpine : Les Vampires, réalisé par Riccardo Freda en 1956.

L'essentiel de l'intrigue de "Danse Macabre" se déroule en huis-clos, à l'intérieur du château, dans des décors hautement gothiques, noyés sous les toiles d'araignées, les vieux chandeliers poussiéreux, les cimetières brumeux et les cryptes lugubres. La narration est à la fois linéaire et onirique, dans laquelle se succèdent scènes "réelles" et séquences rêvées ou fantasmées par le personnage principal. A maintes reprises, le spectateur ne sait plus où se trouve la frontière entre le réel et l'imaginaire, avant que le dénouement n'enfonce le clou...
L'atmosphère du film est ainsi merveilleusement envoûtante, qui fait écho au titre par l'idée d'une valse addictive qui ne laissera plus ses acteurs s'en défaire avant que la musique ne s'arrête, dans une note grave et douloureusement... macabre.

Ainsi, bien que le film ait vieilli et que sa perception puisse paraître aujourd'hui gravement datée (image diaphane, jeu d'acteur périmé, maitrise technique fluctuante), il sort du lot grâce à un script franchement original, à la dimension érotique et libertaire profondément féroce et écorchée. Ou quand le vampire était un amant jaloux et violent abondamment trompé, une lesbienne désespérément frustrée ou bien un esprit scientifique rattrapé par l'attrait des plaisirs de la chair... Une merveille à découvrir d'urgence pour les amateurs de vieux films, qui savent parfaitement dépasser le côté suranné de la mise en scène et garder à l'esprit la perception toute relative des époques distinctes quant à l'idée de la libération des mœurs...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : May 6, 2013 8:00 PM MEST


Wolverine: Origins & Endings Premiere
Wolverine: Origins & Endings Premiere
par Daniel Way
Edition : Relié

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 SNIKT OUT !, 28 avril 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Wolverine: Origins & Endings Premiere (Relié)
"Origins & Endings " est un arc narratif de la série "Wolverine", comprenant les épisodes #36 à 40. Le scénario est de Daniel Way. Le dessin est de Javier Saltares et Mark Texeira. Ces épisodes datent de 2006 et correspondent à la période appelée "Decimation".

Peu après les événements de House of M, "Wolverine" a retrouvé la mémoire ! Il part alors en quête de son passé, en essayant de recoller les morceaux manquants. Certains de ces éléments vont révéler de bien cruelles vérités, et réveiller de terribles souvenirs...

Daniel Way se montre peu inspiré avec ces épisodes. Les révélations concernent des événements qui ne nous avaient jamais été dévoilés mais il s'agit d'éléments sans aucun rapport avec le passé mythique du personnage, lié à "l'Arme X" ou à sa relation avec "Sabretooth". En gros, si vous voulez en savoir plus sur tout ce qui avait aiguisé votre curiosité dans le passé du personnage, cet arc narratif ne vous apportera... rien du tout !
Pour le reste, il s'agit d'une histoire complètement noyée dans la continuité, sans début ni fin, qui nécessite de lire un tas d'autres séries ou mini-séries directement connectées, tels "House Of M", Captain America : Winter Soldier, Wolverine : Enemy of the State, ainsi que les épisodes suivants de la série...
Un titre extrêmement racoleur, pour un personnage extrêmement bankable...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (5) | Permalien | Remarque la plus récente : May 5, 2013 10:28 PM MEST


Wolverine : Ennemi d'état
Wolverine : Ennemi d'état
par Klaus Janson
Edition : Relié
Prix : EUR 15,49

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Super-ficiel, 27 avril 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Wolverine : Ennemi d'état (Relié)
Ce recueil regroupe les épisodes "Marvel Knight Wolverine" #20 à 32, parus en 2005. Le scénario est de Mark Millar. Les dessins sont de John Romita jr, avec un encrage de Klaus Janson et une mise en couleur de Paul Mounts. L'équipe artistique change uniquement pour le dernier épisode, avec Kare Andrews au dessin et José Villarubia à la couleur.

"Wolverine" est attiré au Japon. Il tombe dans un piège tendu par la "MAIN" et "l'HYDRA". Ils lui font subir un lavage de cerveau, avant de le lâcher sur la communauté super-héroïque américaine. Le mutant griffu fera-t-il un carnage au milieu de ses amis super-héros, ou bien se réveillera-t-il ivre de vengeance à l'encontre de ses nouveaux bourreaux ? Prière de lire le présent recueil pour le savoir...

Mark Millar se fait plaisir en imaginant un récit "king size" destiné à rester gravé dans les mémoires, jeu dans lequel il excelle bien souvent. Mais la première fois que j'ai lu ces treize épisodes, je les ai oubliés quasiment aussitôt ! Car il faut bien l'avouer : Mis à part une série de bastons, il ne se passe pas grand chose dans cette histoire !
Le scénariste mise tout sur le charisme de son personnage et sur son aura "d'arme fatale" qui terrorise tout le monde, et qui fait que l'on se dit qu'il vaut mieux l'avoir en ami plutôt qu'en ennemi. Et sur le postulat suivant : Que se passerait-t-il si "Wolverine" devenait un super-vilain ? On se dit alors que cela va être terrifiant, et que moult super-héros vont souffrir, voire même mourir, apportant la damnation à un personnage déjà fortement marqué par son histoire...
En vérité il n'en est rien ! Le récit demeure extrêmement inoffensif et quasiment personne ne meurt, si ce n'est hors-champ (le petit japonais qui sert d'appât au début). "Wolverine" tue bien quelques centaines de ninjas, mais il s'agit de zombies au sang vert qui n'impactent jamais le récit de manière viscérale. Et c'est bien là le principal défaut de et arc narratif : Les événements sont creux et désincarnés. L'action ne possède aucune toile de fond. Les personnages demeurent incroyablement superficiels (à part peut-être les chefs de "l'Hydra").

Attention, Millar est un scénariste brillant, c'est indiscutable (Ultimates est un monument du comicbook moderne). Mais il réalise là un travail plus racoleur que d'ordinaire, qui donne l'impression qu'il y a beaucoup de bruit pour rien. Rapidement, il apparait évident qu'il ne possède pas les moyens de ses ambitions dans le sens où son personnage ne peut pas tuer. Ce qui est un comble étant donné le postulat de départ ! Alors, soit il tue des zombies (à la pelle, jusqu'à la nausée, et même jusqu'au point de non retour en terme d'incrédulité), soit il tue en rêve (procédé racoleur, quand même !), soit il tue quelques personnages immédiatement ressuscités ! L'industrie Marvel, dans le domaine de sa continuité mainstream, ne lui aura certainement pas laissé d'autre choix : On ne tue pas impunément face au comic-code. Et surtout, surtout ! On ne tue pas impunément les personnages bankables de l'écurie ! Et seul le grand méchant de l'histoire (à peu de choses près), créé spécialement pour l'occasion, trouvera la mort in fine (mais l'industrie Marvel, jamais prête à laisser échapper un personnage intéressant, nous le ressuscitera promptement...).
L'histoire se révèle en définitive complètement désincarnée, à force de ne faire mourir que des robots et de ressusciter le moindre personnage. Aucune implication viscérale ne peut s'imposer à la lecture puisque il ne s'agit que d'une série de combats factices. Et, dans un élan de racolage ultime, Millar achève son récit en revenant sur la mort du petit garçon, seule victime véritable de cette histoire, et matériel larmoyant pratique et honteusement orienté...

Ceci étant dit, le récit est fort bien mené d'un point de vue formel. Chaque épisode comporte son lot d'action, de rebondissements, avec un cliffhanger à chaque fois. Le début est magistral, avec cette scène sous la pluie, percutante et incisive, qui marque la note d'intention. On peut comparer ce comicbook à un bon blockbuster hollywoodien, plein d'action et d'effets pyrotechniques.
Le dessin de John Romita jr est fluctuant. Le début est superbe, bien aidé par l'encrage expressif de Klaus Janson et surtout la mise en couleur somptueuse de Paul Mounts, qui réalise un travail exceptionnel. Le découpage des planches, comme toujours chez "JRjr", est une leçon de rythme et de fluidité. Mais il commence à bâcler certaines vignettes dès le deuxième épisode, en sacrifiant l'anatomie des divers personnages, surtout les personnages secondaires, ce qui n'aide pas à l'implication viscérale...
C'est la seconde fois que je lis cette histoire. Et je l'ai trouvée plus superficielle encore que la fois précédente. De la même façon qu'avec son Marvel Knights Spider-Man, Mark Millar pêche par excès de confiance en lui en imaginant une histoire aux prétentions démesurées, mais qui n'aboutit pas à cause des restrictions que lui imposent les règles éditoriales et le respect de la continuité. Il l'aura bien compris d'ailleurs, puisque son travail suivant, en ce qui concerne "Wolverine", se déroulera dans un futur alternatif. Là-bas, Old Man Logan pourra tuer qui il veut, quand il veut, et comme il le veut...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 28, 2013 7:56 AM MEST


Batman : Un deuil dans la famille
Batman : Un deuil dans la famille
par Starlin Jim
Edition : Broché
Prix : EUR 21,38

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 L'événementiel et ses moutons, 26 avril 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Batman : Un deuil dans la famille (Broché)
"Batman : Un Deuil Dans La Famille" est un arc narratif qui regroupe les épisodes "Batman" #426 à 430, écrits par Jim Starlin et dessinés par Jim Aparo entre octobre 1988 et février 1989.
L'histoire, tout le monde la connait : Jason Todd, le second "Robin", était un personnage embarrassant pour certains lecteurs, qui préféraient lire les aventures d'un super-héros solitaire et tourmenté, plutôt que celles d'une famille recomposée un peu gnangnan. Les avis sur la question étant partagés, le responsable éditorial de la maison DC Comics eut l'idée suivante : Faire voter les lecteurs quant au destin du sideckick de l'Homme chauve-souris. Une toute petite majorité l'emporta afin que le "jeune prodige" soit tout simplement... mis à mort.
C'est au Joker qu'incomba la mission de tuer le héros adolescent. Dans la continuité, cet arc narratif se situe peu de temps après The Killing Joke, le chef d'œuvre d'Alan Moore.

Objectivement, d'un point de vue purement formel et artistique, cette histoire ne vaut pas tripette. Le scénario est naïf et infantile, les absurdités et les incohérences au comique involontaire abondent, les séquences larmoyantes à la sensibilité pachydermique sont légions. La mise en forme "old school", à base de narration bavarde, de bagarres de bac à sable et de bulles de pensée rend l'ensemble daté et ridicule.
Et pourtant... Il suffit de jeter un coup d'œil du côté des forums et autres blogs spécialisés pour se rendre compte à quel point les hordes de fans de Batman ont réclamé à corps et à cris la publication de cet album. Ce constat édifiant démontre à quel point les techniques de marketing au pays des comics ont réussi leur redoutable plan commercial, que l'on peut nommer "l'événementiel". Ainsi, le lecteur accroc au personnage de Batman se devra forcément de posséder cette histoire, puisqu'elle est trèèès importante dans la sacro-sainte continuité de la série (c'est d'ailleurs LE principal argument des fans, qui avouent qu'ils souhaitent lire cet arc narratif quoiqu'il arrive, quand bien même il serait mauvais !).
Le problème n'est pas tant que les lecteurs en question soient prêts à déplacer des montagnes pour se procurer ces épisodes, mais plutôt qu'ils accordent davantage d'importance à la place d'une histoire dans la continuité plutôt qu'à ses qualités réelles. Car forcément, ce faisant, ils participent à une politique éditoriale complètement pervertie, qui conçoit l'architecture de ses publications sous la forme d'un gigantesque prisme reliant touts ses segments sur un noyau de récits à l'événementiel complètement factice, puisque dicté par une logique éditoriale commerciale, plutôt que par une réelle sincérité artistique.
Aujourd'hui, la technique de l'événementiel a pris l'ascendant sur tout le reste, et je constate avec effroi que le contenu artistique des histoires de super-héros passe pour secondaire, encore et toujours davantage...

"Batman : Un Deuil Dans La Famille" est donc, sous sa forme d'album, un recueil à l'intérêt historique préfabriqué et complètement factice, puisque à peine quelques mois plus tard, dans l'épisode "Batman" #436, en aout 1989, un troisième "Robin" nommé Tim Drake remplaçait déjà Jason Todd !!! C'est dire à quel point l'intérêt réel de l'ensemble demeure plus que subjectif !
La présente édition ajoute d'ailleurs une centaine de pages à la précédente (Batman : Un deuil dans la famille), avec les épisodes de l'arc narratif intitulé "A Lonely Place Of Dying" : "Batman" #440-442 et "New Titans" #60-61, avec la participation au dessin du grand George Pérez.
Le dessin de Jim Aparo, s'il est très bien dans le genre old-school, ne justifie pas non plus l'investissement. Quant au grand Jim Starlin, force est de constater que cette période ne lui fait pas vraiment honneur. Quand on pense que, rétroactivement, "Un Deuil Dans La Famille" a été publié entre "The Killing Joke" et Batman : L'asile d'Arkham, deux chefs d'œuvre absolus, mais qu'il demeure pourtant le plus important aux yeux d'une hordes de lecteurs déchainés, on se dit qu'il y a quelque chose qui cloche au pays des comics et des fans de super-héros...

La momie
La momie
DVD ~ Boris Karloff
Proposé par Neobang
Prix : EUR 5,99

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Pétrifié !, 25 avril 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : La momie (DVD)
"La Momie" est réalisé en 1932 par Karl Freund. C'est le troisième film de la Universal dans le registre de l'HORREUR.

L'horreur. Voyons... Que reste-t-il de cette notion dans "La Momie" plus de 80 ans (!) après sa sortie ? Revoir le film aujourd'hui, peut-être encore davantage que les autres films estampillés "Universal monsters", nous fait prendre conscience à quel point la perception de l'horreur est relative dans l'histoire du Septième Art. En effet, "La Momie" a complètement perdu cette dimension aujourd'hui...
Mais ne soyons pas trop hâtif à juger le film, car la question mérite d'être posée : Les films d'horreur d'aujourd'hui auront-ils encore le moindre impact dans 80 ans ? Ceci étant dit, on peut revenir sur cette version originelle de 1932. Car ses qualités formelles sont encore bien présentes :
Il s'agit du troisième film de la série des "Universal monsters", après Dracula et Frankenstein, et il est mis en scène par le chef opérateur des deux précédents. Karl Freund confère ainsi à son film toute l'esthétique qui a imposé leur succès, basée sur le style de l'expressionnisme allemand et ses contrastes clairs-obscurs. Plastiquement, c'est incontestable, le film demeure somptueux. Qui plus-est, les maquillages sont toujours effectués par Jack Pierce (comme absolument tous les films de la "série") et le grand Boris Karloff incarne encore le "monstre" de l'affiche, distillant charisme, stature et présence monolithique avec son génie habituel. Parallèlement au "Frankenstein" sous lequel se dissimulait l'acteur, jamais une momie ne sera finalement aussi réussie, aussi "vivante", aussi douloureusement humaine...

A l'époque de sa sortie, le film en imposait tout particulièrement car il s'inspirait de la "Malédiction de Toutankhamon", qui avait défrayé la chronique quelques années auparavant. L'imaginaire gothique qu'exhalait alors la lointaine Egypte avec ses sarcophages maudits faisait réellement peur et la seule évocation de la momie pétrifiée revenant à la vie terrorisait le monde occidental. A ce titre, ceux qui s'intéressent un tant soit peu à la figure de la "momie" dans l'histoire du cinéma constateront à quel point ce premier film officiel sur le sujet demeure le plus épuré et le plus réaliste de tous ! Aucun effet grotesque, aucune prose ampoulée, aucune mise en scène outrageusement théâtrale ne vient gâcher le spectacle. Alors oui, le film ne fait aujourd'hui plus peur. Mais miraculeusement, de par son équilibre et sa justesse de ton, son interprétation principale et son épure conceptuelle, il ne fait toujours pas rire...

Construit sur un schéma narratif similaire à celui du "Dracula" de Tod Browning réalisé un an plus tôt (un monstre défie la mort afin de revivre son amour par delà le temps), le film de Karl Freund aura posé les bases de toute une mythologie maintes fois reprise, et pas seulement au cinéma, puisque E. P. Jacobs s'en inspirera directement pour son célèbre Mystère De La Grande Pyramide.
Alors, bien que le film ait vieilli, souffrant d'un rythme hiératique et d'une atmosphère bavarde propre aux premiers films de l'ère du parlant, bien que sa dimension horrifique ait disparu, "La Momie" demeure le classique absolu dans le genre des monstres pétrifiés revenant à la vie...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 25, 2013 8:44 PM MEST


Cerrone 3 : Supernature
Cerrone 3 : Supernature
Prix : EUR 16,15

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Rétro-new-age, 24 avril 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Cerrone 3 : Supernature (CD)
Cerrone sort ce troisième album en 1977. C'est l'apogée de la période DISCO. L'album Love In C Minor avait assis le charisme d'un musicien en avance sur son temps, qui préfigurait tout autant la vague des compositeurs new-âge comme Jean Michel Jarre que celle, encore plus tard, des DJ stars à la David Guetta. Pourtant, la musique de Cerrone reste de la musique pure et dure, au sens instrumental du terme, celui de l'instrument lui-même, à l'opposé des synthétiseurs programmés et autres boites à rythmes.
Je n'ai jamais compris la haine tenace qu'a rapidement subit le style musical du DISCO, qui déclinera dès 1979. Et pourtant : Des musiciens exceptionnels qui créent la musique ultime pour danser en discothèque ? Quel est le problème ?
Nombreux auront été ceux qui n'ont jamais compris l'état d'esprit des artistes DISCO, leur musique de défoulement en pleine période de crise, leurs thèmes de prédilection comme la sexualité et la nuit, et surtout leur sens du spectacle, de la caricature et de la dérision affirmés, basés sur l'amour du déguisement, voire du travestissement, et du mauvais goût kitsch complètement assumé. Soit une joyeuse exubérance qui méritait d'exister au moins autant que les déprimantes contestations nihilistes des punks, qui lancèrent une vindicte sans pitié à l'encontre du DISCO...

Mais revenons à notre album, sans doute le meilleur de son auteur.
Bien qu'il affiche six titres, il n'en comporte réellement que deux. A l'origine, il y a deux longues compositions sur chaque face de 33 tours, chacune divisée en trois "tableaux", mais s'écoutant d'une traite :
- Supernature / Sweet Drums / In The Smoke (17 mn)
- Give Me Love / Love Is Here / Love Is The Answer (16 mn)

La première, ultra connue, est une longue composition spatiale et planante, gorgée de synthétiseurs. Il ne fait pas bon commencer par l'écoute de ce précurseur de la musique new-âge pour prendre conscience de la puissance DISCO du batteur-compositeur. Pourtant, il s'agit d'un morceau culte sur bien des points. Dans la lignée du "I Feel Love" de Donna Summer, il annoncera l'abominable règne du synthé des années 80, sans pourtant souffrir d'un manque d'intégrité musicale. Un titre phare et fédérateur, au carrefour du DISCO, du rock progressif et du new-âge, idéal pour un voyage spatial (avec le solo de batterie le plus planant depuis celui de Sweet smoke !)...

La seconde est tout bonnement l'un des morceaux de bravoure du mouvement DISCO. Sur un rythme tribal, à l'unisson de la batterie et des Djembés, viennent s'additionner peu à peu tous les instruments, guitare, basse, clavier, jusqu'à la déferlante des violons, puis des voix. Pendant pas moins de 16 minutes, le titre ne va pas cesser de se renouveler pour une montée en puissance sans faille, qui culmine au bout de 6 minutes dans un festival de guitare "wawa" et de chœurs sensuels à faire danser un bâtiment conçu pour résister à dix sur l'échelle de Richter ! Impossible d'y résister si l'on n'est pas allergique au DISCO. Soit l'apogée absolue d'un mouvement musical éphémère, incompris des élites et méprisé des intellectuels. De l'art populaire et de la contre-culture dans toute sa splendeur !

Cet album fait, bien sûr, particulièrement son effet à ceux qui ont grandi avec (ceux qui l'avaient se souviennent certainement de ce mélange de fantasmes et de malaise que procurait l'intérieur de la pochette, avec ces superbes femmes nues à tête de cochon !). Mais il a extrêmement bien vieilli d'un point de vue sonore. Et bien qu'il soit kitsch et suranné dans son genre, il reste d'une étonnante modernité formelle...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 24, 2013 8:38 PM MEST


Justice League Crise d'identité
Justice League Crise d'identité
par Brad Meltzer
Edition : Broché
Prix : EUR 26,60

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Family business, 23 avril 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Justice League Crise d'identité (Broché)
"Identity Crisis" est une mini-série en 7 épisodes publiée entre août 2004 et février 2005. Historiquement, il s'agit de la seconde "Crise de l'univers DC comics". Elle se situe environ 20 ans après "Crisis on Infinite Earths" et quelques mois à peine avant "Infinite Crisis". Contrairement aux autres "crises", "Identity Crisis" n'a pas vocation à redéfinir l'univers DC en profondeur et n'est donc pas indispensable à la continuité, bien qu'il y soit fait référence sur plusieurs points par la suite.

Le résumé de l'histoire est assez difficile à condenser, non seulement parce qu'il s'agit d'une intrigue fort alambiquée mais également à cause d'un suspense et d'un twist final qu'il serait dommage de dévoiler... Disons que l'histoire commence avec le meurtre de la femme de "l'Homme élastique". Cet événement va amener tous les héros de l'univers DC, liés entre eux telle une grande famille, à se mobiliser afin de retrouver l'assassin. La piste d'un sérial-killer est rapidement évoquée, mais la poursuite de l'enquête va révéler des implications en profondeur de la part de certains protagonistes inattendus...

Le récit en lui-même possède de sérieux atouts : Une intrigue solide et prenante à base de sérial-killer et d'enquête aux multiples rebondissements, le tout enrobé de suspense, dans la lignée des films noirs tels qu'on pouvait les apprécier dans les années 40. La toile de fond, très maline, opère une mise en abîme sur le thème du héros masqué, qui finit par se prendre au piège du déguisement, où comment reconnaître le méchant du gentil si tout le monde se cache derrière un masque ? L'ensemble est parfaitement écrit et mis en image.
Les super-héros de l'univers DC comics évoluant pour la plus-part depuis plusieurs décennies, ils ont fini par tisser des liens familiaux entre eux et certains se sont même mariés et ont eu des enfants. Ainsi, la publication d'"Identity Crisis" sous la forme d'une mini-série très portée sur les relations familiales permet aux auteurs d'en développer le côté "soap". Ce parti-pris narratif est évidemment l'occasion de poser un regard original sur le thème des super-héros tout en éclairant ces derniers d'une manière très mature.

Je ne peux m'empêcher de penser qu'un tel concept possède des failles : Un super-héros en costume ridicule avec un slip par-dessus le pantalon peut-il prétendre à devenir autre chose que ce que nous y voyons ? Dans un contexte mettant en scène cette catégorie de personnages, une histoire réaliste, adulte et naturaliste est-elle crédible ? Alors certes, on me rétorquera que "Watchmen" ou "The Dark Knight Returns" furent des créations adultes où le super-héros était mature et réaliste. C'est vrai. Mais le récit n'entrait pas dans les détails de leur vie de famille sinon de manière elliptique ou distanciée. Ce traitement volontairement succinct apportait un second degré salutaire à un univers au départ trop enfantin pour tenir le choc d'un regard adulte porté de manière frontale. Dans "Watchmen", Alan Moore se gardait bien de trop insister sur ces liens familiaux, quand bien même ils étaient surtout symboliques. En misant davantage sur l'aspect mythologique du concept de super-héros et en lui préservant toute son aura de mystère, il parvenait à doser parfaitement les ingrédients.

Je pose la question : quel est l'intérêt de faire évoluer des personnages incarnant toute une dimension fantastique de manière domestique, voire ordinaire ? Evidemment, il ne s'agit pas d'incriminer un récit sur la simple raison qu'il n'est pas comme on aurait voulu qu'il soit, mais de se demander si le contexte d'une série familiale est vraiment approprié à la dimension mythologique d'une histoire de super-héros, sans même le napper d'une sérieuse dose de second degré...

Il ne s'agit là que d'un point de vue et une réflexion personnelle. Et puis c'est paradoxal, dans la mesure où je plébiscite en général la FORME plutôt que le FOND, alors qu'ici c'est l'inverse puisque la FORME excellente de l'ensemble n'a pas suffit à me faire regretter une toile de FOND jugée inappropriée ! Sachant qu'"Identity Crisis" a été un succès phénoménal, que les critiques sont dithyrambiques mais que cette lecture m'a laissé de marbre, il fallait bien que je cherche les raisons de cette indifférence et que je poste un avis autre que tous ceux que j'ai lus jusqu'ici, un peu trop enclins à comparer cette mini-série au chef d'œuvre d'Alan Moore...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 23, 2013 6:45 PM MEST


Spider Man Classic N°4
Spider Man Classic N°4
par plusieurs auteurs
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Quatre récits rares ou inédits !, 22 avril 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Spider Man Classic N°4 (Broché)
Ce magazine regroupe quatre récits dont trois n'ont pas été publiés dans les séries principales, comme "Amazing Spiderman" ou "Spectacular Spiderman", par exemple.
Au programme : trois histoires plus ou moins remarquables que les fans ne trouveront pas dans la collection des Intégrales Spider-Man, plus un petit épisode intemporel...

1) "Piégé par le sorcier" ("The Reprensible Riddle of... The Sorcerer !" : Marvel Super-Heroes #14, 1968). Scénario de Stan Lee. Dessin de Ross Andru.
Une histoire old-school publiée en dehors de la série historique "Amazing Spiderman" et qui permettait au dessinateur Ross Andru de faire ses preuves afin qu'il remplace John Romita Sr., lorsque ce dernier déciderait de quitter le personnage... L'histoire est banale et parfaitement infantile, dans le style le plus habituel des récits de l'époque, naïf et ampoulé. 1 étoile pour un matériel ayant très mal vieilli, et qui ne contentera que les nostalgiques de l'âge d'argent.

2) "Marée Haute" ("High Tide" : Spiderman VS Wolverine #1, 1987). Scénario de James C. Owsley (futur Christopher Priest). Dessin de Mark Bright.
Attention : première rencontre officielle entre les deux personnages. "Spidey" part à Berlin-Est afin d'accompagner son ami Ned Leeds dans le but de faire un article sur une affaire de contre espionnage. Il y rencontre "Wolverine", venu aider une vielle connaissance du monde des services secrets...
Il s'agit d'un long one-shot de 64 pages. L'atmosphère générale de cette histoire de contre-espionnage est plus sombre et violente que d'habitude en ce qui concerne les personnages de Wolverine et surtout de Spiderman. Il s'agit d'ailleurs d'un récit important pour la continuité de ce dernier puisque l'on assiste à la mort d'une figure de son entourage direct, à savoir Ned Leeds.
Dès la première page, le lecteur constate une réelle volonté de rendre le récit adulte : Soliloques, sang qui coule, morts. On marche sur les traces de Frank Miller et de son travail révolutionnaire de mise en forme effectué sur la série Daredevil. Mais Owsley & Bright ne sont pas Frank Miller. Avec eux, les soliloques deviennent aussi bavards et grotesques que les traditionnelles bulles de pensée, le découpage des planches est monotone, le déroulement de l'action est linéaire, ampoulé, ridicule. Et le tout est ennuyeux, finalement au moins autant que le tout-venant des comics mainstream de l'époque. Et l'on se demande en définitive ce que Spiderman est venu faire dans cette galère de contre-espionnage dans laquelle il ne sait absolument pas par où commencer et finit par jouer les figurants...
Il y a pourtant quelques scènes intéressantes, voire poignantes. La rencontre entre les deux héros, par exemple, posait les bases de tout ce qui les opposera par la suite au niveau de leurs "méthodes" (en gros : l'un tue, l'autre pas). Le fond était là, mais certainement pas la forme. La même histoire entièrement réalisée par Miller, et on touchait au chef d'œuvre. La preuve définitive que les comics sont aussi, voire surtout, une affaire d'ECRITURE. 3 étoiles pour l'intention.

3) "Rénovation" ("Renovation" : Marvel Fanfare #47, 1989). Scénario de Bill Mantlo. Dessin de Michael Golden.
Hulk est infesté par un parasite extraterrestre et redevient un monstre. Il atterrit à... New-York, exactement à l'endroit ou passait Spiderman ! Et c'est reparti pour une grosse baston !
32 pages pour une rencontre "Spidey/Hulk" de plus. Du pur divertissement, aussitôt lu, aussitôt oublié. Et pourtant, quand on y pense, Bill Mantlo nous a écrit une sorte de remake de La Guerre des mondes d'H.G. Wells ! Ce postulat est hélas complètement gâché par l'amoncellement de pages entières dégoulinantes de texte indigeste alors que Spiderman commente absolument tout ce qu'il fait ! Dommage. Reste les superbes planches de Michael Golden, qui réalise le dessin, l'encrage et la couleur. 2 étoiles.

4) "L'enfant qui collectionnait Spiderman" ("The Kid Who Collects Spiderman" : Amazing Spiderman #248, 1984); Scénario de Roger Stern. Dessin de Ron Frenz.
Petite exception pour ce dernier épisode (très court : 11 pages), issu de la série régulière. "Spidey" rend visite à un enfant atteint d'une maladie grave qui se passionne pour "l'Homme-araignée". Avec lui, il se remémore son passé...
Il s'agit d'un petit récit très émouvant. Simple et efficace, intelligent et bien écrit. Comme quoi c'est encore une question d'écriture ! Le style de Ron Frenz est très approprié puisqu'il évoque celui de Steve Ditko, le créateur du personnage, offrant au récit une dimension intemporelle. Un tout petit épisode, certainement trop court, mais néanmoins essentiel. 4 étoiles.
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X-Men Deadly Genesis
X-Men Deadly Genesis

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3.0 étoiles sur 5 Hameçon rétroactif, 21 avril 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : X-Men Deadly Genesis (Impression à la demande)
"X-men : Deadly Genesis" est une mini-série réalisée par le scénariste Ed Brubaker et le dessinateur Trevor Hersine en 2006.
Le récit se déroule peu après les événements du mega-crossover House of M ("HoM" en abrégé). Nous sommes dans la période appelée "Decimation", qui voit le nombre des mutants à travers le monde réduit à 198 individus.
La "Sorcière rouge" a ôté leurs pouvoirs à plus de deux millions de mutants. Certains d'entre eux ne sont jamais réapparus. Parmi ces mystérieux événements, demeure le cas particulier du "Professeur Xavier", le mentor des "X-men". Celui-ci a complètement disparu depuis "HoM".
L'histoire commence avec l'arrivée depuis l'espace d'un mutant de niveau "Omega". Personne ne le connait, mais ses intentions malveillantes ne font aucun doute. A moins que le passé des "X-men" comporte de bien mystérieuses zones d'ombres et des secrets inavoués. Il serait peut-être temps, alors, de retrouver le professeur afin de lever le voile sur ces terribles secrets, enfouis depuis trop longtemps...

L'éminent scénariste Ed Brubaker prend le destin de la série "Uncanny X-men" en main. Mais avant, il commence par cette mini-série. Il vient de rendre ses lettres de noblesse à la série Captain America, qu'il continue d'écrire de concert. Dans cette dernière, il a usé de rétro-continuité en opérant le retour inattendu d'un personnage qui avait disparu depuis les années 40 ! Celui-ci était en fait demeuré vivant, mais personne, ou presque, ne le savait... Manifestement, il désire en faire de même du côté des "X-men". Il va même plus loin, car en revisitant le passé depuis les événements relatés dans Giant Size X-men N°1 de 1975, ce sont carrément des figures inconnues des lecteurs qu'il va intégrer à la continuité de manière rétro-continue. Le tout en forme de scoop bien choquant, du style "tous ces terribles événements que le "Professeur X" nous avait caché depuis si longtemps !"...

Le plan de l'éditeur Marvel Comics semble évident : Il s'agit d'attirer les lecteurs tous azimuts par un plan marketing dans le sens le plus extrême du terme, qui commence par l'arrivée d'un scénariste de légende, qui a été tellement brillant jusque là et qui s'est montré particulièrement habile à manier la rétro-continuité. Le fait de commencer par une mini-série pourra également laisser penser que nous avons là une histoire relativement accessible, ce qu'elle n'est pas du tout ! Le lecteur de l'époque se retrouve ainsi devant le constat suivant : Voici une mini-série totalement événementielle, avec apparemment un début et une fin, la venue de plusieurs personnages enfouis dans le passé et demeurés jusque-là cachés dans le secret, et le retour tant attendu du "Professeur X" après les retombées de "HoM"...
En réalité, l'ensemble va se révéler plutôt factice et, surtout, complètement noyé dans une continuité complexe et tentaculaire, plutôt indigeste pour les lecteurs occasionnels...

C'était pourtant bien parti. Le premier épisode est une merveille de suspense et de tension. Le récit est immédiatement addictif et l'on veut rapidement en savoir plus sur ces mystérieux secrets enfouis dans le cerveau du "Professeur Xavier", qui a manifestement effacé la mémoire des "X-men". Et puis, évidemment, il y a aussi cet événement à lui seul qui consiste à assister au retour du professeur ! Qui plus-est, le dessin de Trevor Hersine est impeccable, et le découpage de ses planches est un modèle de narration tendue et acérée.
Hélas, au fur et à mesure des épisodes, l'ennui s'installe face à une série de révélations plutôt capilotractée, dans laquelle Brubaker échoue à réitérer sa prouesse exercée sur le passé de "Captain America". Et l'on prend conscience qu'il s'est sans doute attaqué à quelque chose de trop complexe, trop souvent remanié, et qu'il s'agit peut-être d'un rebondissement de trop, et d'une pirouette éditoriale davantage axée sur son aspect marketing qu'une véritable bonne histoire de "X-men".

Cette mini-série est donc strictement réservée aux complétistes de la continuité, pour qui il est indispensable de connaître sur le bout des doigts le passé de chaque personnage et qui accepteront de poursuivre l'aventure en repensant totalement des années et des années de lecture ainsi redéfinies...
Le constat est plutôt amer si l'on prend conscience que le destin des "X-men" est complètement indexé à la commande des studios Marvel qui, avec ses séries mainstream en général et ses séries mutantes en particulier, n'ont cure de l'intégrité de leurs créations, préférant plutôt fédérer des lectures addictives basées sur de l'événementiel factice...

[X-Men: Deadly Genesis] [by: Ed Brubaker]
[X-Men: Deadly Genesis] [by: Ed Brubaker]
par Ed Brubaker
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Hameçon rétroactif, 21 avril 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : [X-Men: Deadly Genesis] [by: Ed Brubaker] (Broché)
"X-men : Deadly Genesis" est une mini-série réalisée par le scénariste Ed Brubaker et le dessinateur Trevor Hersine en 2006.
Le récit se déroule peu après les événements du mega-crossover House of M ("HoM" en abrégé). Nous sommes dans la période appelée "Decimation", qui voit le nombre des mutants à travers le monde réduit à 198 individus.
La "Sorcière rouge" a ôté leurs pouvoirs à plus de deux millions de mutants. Certains d'entre eux ne sont jamais réapparus. Parmi ces mystérieux événements, demeure le cas particulier du "Professeur Xavier", le mentor des "X-men". Celui-ci a complètement disparu depuis "HoM".
L'histoire commence avec l'arrivée depuis l'espace d'un mutant de niveau "Omega". Personne ne le connait, mais ses intentions malveillantes ne font aucun doute. A moins que le passé des "X-men" comporte de bien mystérieuses zones d'ombres et des secrets inavoués. Il serait peut-être temps, alors, de retrouver le professeur afin de lever le voile sur ces terribles secrets, enfouis depuis trop longtemps...

L'éminent scénariste Ed Brubaker prend le destin de la série "Uncanny X-men" en main. Mais avant, il commence par cette mini-série. Il vient de rendre ses lettres de noblesse à la série Captain America, qu'il continue d'écrire de concert. Dans cette dernière, il a usé de rétro-continuité en opérant le retour inattendu d'un personnage qui avait disparu depuis les années 40 ! Celui-ci était en fait demeuré vivant, mais personne, ou presque, ne le savait... Manifestement, il désire en faire de même du côté des "X-men". Il va même plus loin, car en revisitant le passé depuis les événements relatés dans Giant Size X-men N°1 de 1975, ce sont carrément des figures inconnues des lecteurs qu'il va intégrer à la continuité de manière rétro-continue. Le tout en forme de scoop bien choquant, du style "tous ces terribles événements que le "Professeur X" nous avait caché depuis si longtemps !"...

Le plan de l'éditeur Marvel Comics semble évident : Il s'agit d'attirer les lecteurs tous azimuts par un plan marketing dans le sens le plus extrême du terme, qui commence par l'arrivée d'un scénariste de légende, qui a été tellement brillant jusque là et qui s'est montré particulièrement habile à manier la rétro-continuité. Le fait de commencer par une mini-série pourra également laisser penser que nous avons là une histoire relativement accessible, ce qu'elle n'est pas du tout ! Le lecteur de l'époque se retrouve ainsi devant le constat suivant : Voici une mini-série totalement événementielle, avec apparemment un début et une fin, la venue de plusieurs personnages enfouis dans le passé et demeurés jusque-là cachés dans le secret, et le retour tant attendu du "Professeur X" après les retombées de "HoM"...
En réalité, l'ensemble va se révéler plutôt factice et, surtout, complètement noyé dans une continuité complexe et tentaculaire, plutôt indigeste pour les lecteurs occasionnels...

C'était pourtant bien parti. Le premier épisode est une merveille de suspense et de tension. Le récit est immédiatement addictif et l'on veut rapidement en savoir plus sur ces mystérieux secrets enfouis dans le cerveau du "Professeur Xavier", qui a manifestement effacé la mémoire des "X-men". Et puis, évidemment, il y a aussi cet événement à lui seul qui consiste à assister au retour du professeur ! Qui plus-est, le dessin de Trevor Hersine est impeccable, et le découpage de ses planches est un modèle de narration tendue et acérée.
Hélas, au fur et à mesure des épisodes, l'ennui s'installe face à une série de révélations plutôt capilotractée, dans laquelle Brubaker échoue à réitérer sa prouesse exercée sur le passé de "Captain America". Et l'on prend conscience qu'il s'est sans doute attaqué à quelque chose de trop complexe, trop souvent remanié, et qu'il s'agit peut-être d'un rebondissement de trop, et d'une pirouette éditoriale davantage axée sur son aspect marketing qu'une véritable bonne histoire de "X-men".

Cette mini-série est donc strictement réservée aux complétistes de la continuité, pour qui il est indispensable de connaître sur le bout des doigts le passé de chaque personnage et qui accepteront de poursuivre l'aventure en repensant totalement des années et des années de lecture ainsi redéfinies...
Le constat est plutôt amer si l'on prend conscience que le destin des "X-men" est complètement indexé à la commande des studios Marvel qui, avec ses séries mainstream en général et ses séries mutantes en particulier, n'ont cure de l'intégrité de leurs créations, préférant plutôt fédérer des lectures addictives basées sur de l'événementiel factice...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (7) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 22, 2013 7:07 PM MEST


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