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Tornado (Provence Côte d'Azur)
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Voyage dans la préhistoire
Voyage dans la préhistoire
DVD ~ Karel Zeman
Prix : EUR 15,40

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Explorers, 6 mai 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Voyage dans la préhistoire (DVD)
Réalisé en 1955, "Voyage dans la préhistoire" est le premier film 'live" du réalisateur tchèque Karel Zeman. Initialement dessinateur, l'artiste avait jusque là officié dans l'animation. Toutefois, à bien y regarder, "Voyage dans la préhistoire" mêle les techniques du tournage en prises de vues réelles avec celles de l'animation, pour un résultat esthétique magnifique, original et unique en son genre.

L'histoire est d'une simplicité confondante, presque surréaliste : Alors que nous débutons sur une présentation documentaire de l'évolution de la vie sur notre planète, quatre jeunes garçons émettent l'idée que, s'ils pénètrent l'entrée d'une caverne, ils vivront peut-être le même type d'aventures que les héros du roman de jules Verne Voyage au Centre de la Terre. Ils partent ainsi à bord de leur petite embarcation et empruntent la rivière qui passe effectivement sous une caverne. Munis d'un manuel scolaire retraçant plusieurs millions d'années d'évolution, ils vont tout naturellement remonter le cours du temps jusqu’aux origines de la vie, contemplant la faune et la flore de chaque époque de notre évolution...

Destiné initialement aux enfants, ce conte féérique mais rigoureusement documenté est tellement porté par la grâce qu'il demeure à l'épreuve du temps et s'adresse à tout type de spectateur de manière universelle. La beauté des images, qui évoque autant Georges Méliès que Ray Harryhausen, possède par ailleurs une patine unique en son genre. Le mélange entre les diverses techniques fait montre d'une maitrise incomparable, et le spectateur n'est pas près d'oublier ces créatures antédiluviennes (extraordinaire tigre à dents de sabre !) qui se succèdent sans discontinuer de manière linéaire. Car la caméra nous promène continuellement de la gauche vers la droite, tandis que nous voyons le bateau avancer au premier plan, et les créatures apparaitre sur la rive en face de nous, au second plan, de manière frontale, comme dans un illustré !

La candeur de l'ensemble est d'une pureté si extrême qu'elle en devient poétique. Et l'on s'attache tout naturellement à ce petit quatuor d'apprentis historiens paléontologues, qui mènent leur barque sans concessions, avec une inventivité qui suscite le respect ! On oublie ainsi très vite l'impossibilité d'une telle série d'événements, pour se laisser bercer par cette expérience visuelle à nulle autre pareille, tout en se remémorant que, lorsque l'on était enfant, on rêvait de vivre ce genre d'aventures...
On pense ainsi à certains films plus récents, comme Stand by Me, Les Goonies ou encore Explorers, dont "Voyage dans la préhistoire" pourrait bien être l'ancêtre suranné. Mais surtout, on pense à l'œuvre de Jules Verne, qui habite de manière intrinsèque celle du réalisateur tchèque !

L'éditeur Malavida a commencé d'exhumer l'œuvre de Karel Zeman avec "Voyage Dans la Préhistoire". Il nous a ensuite offert Les Aventures Fantastiques et Le Baron de Crac. Une excellente initiative que l'on espère voire durer encore, afin de profiter de l'intégralité de l'œuvre de ce grand réalisateur, considéré comme le plus grand représentant de l'œuvre de Jules Verne au cinéma...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : May 6, 2015 7:35 PM MEST


Capitaine Sky et le monde de demain [Édition Collector]
Capitaine Sky et le monde de demain [Édition Collector]
DVD ~ Gwyneth Paltrow
Prix : EUR 8,61

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Weird Science, 25 avril 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Capitaine Sky et le monde de demain [Édition Collector] (DVD)
"Capitaine Sky et le Monde de Demain" est un film réalisé par Kerry Conran en 2004. Il s'agit d'un film unique en son genre, sorte de mélange entre le film de science-fiction, le film d'aventures et le récit rétro-futuriste.
C'est l'histoire d'un aviateur aventurier et d'une journaliste d'investigation qui cherchent à élucider le mystère lié à la disparition de plusieurs scientifiques. Depuis le New York de 1939 envahi par des robots géants, la piste va les mener aux quatre coins du monde, à la recherche du mystérieux docteur "Totenkopf" (littéralement le docteur "tête de mort" !), scientifique et génie du mal, craint et haï par ses pairs...

"Capitaine Sky et le Monde de Demain" est un film étrange. C'est à la fois un film parfait, et une œuvre plutôt frustrante !
Conçu d'après un storyboard en 3D, le film de Kerry Conran est l'un des premiers à avoir entièrement été tourné sur fond bleu, tous les éléments ayant été ajoutés autour des acteurs en phase de postproduction.
L'esthétique du film est incroyable. Les images sont merveilleuses. L'ensemble opère un étonnant mélange de genres qui oscille entre le polar des années 30 et 40 façon Le Faucon Maltais, le film d'aventures à la Indiana Jones (autre saga qui s'inspirait des serials des années 30 et 40), la science-fiction de H.G. Wells tout droit sortie de La Guerre des Mondes, ainsi qu'à un rétro-futurisme maniaque empruntant au "steampunk" (depuis le dirigeable surplombant la ville), et surtout à son successeur à moteur : le "dieselpunk".

Quelques précisions s'imposent quant à ces histoires de "punk" : Le steampunk est un genre littéraire qui s'inscrit dans un imaginaire rétro-futuriste ancré dans une période précise : La fin du XIX° siècle et les débuts de l'ère industrielle marqués par les machines à vapeur (le terme "steampunk" signifiant littéralement "punk à vapeur", le "punk" étant lui-même emprunté au "cyberpunk" pour causes de similitudes populaires, sciences-fictionnelles, et d'un penchant pour l'anticipation). Il est indissociable de l'ère victorienne et dresse un esthétisme hérité des œuvres de Jules Verne, dans lesquelles on pouvait rencontrer d'éminents scientifiques et autres inventeurs issus de l'aristocratie londonienne en chapeau haut de forme et autre monocle, sous un ciel parsemé de dirigeables et de toutes sortes de machines volantes prêtes pour la grande aventure...
Le "dieselpunk" est le successeur direct du "steampunk". Il participe du même esprit rétro-futuriste mais substitue à la vapeur les technologies de l'électricité et du pétrole (et par extension des avions). Il se déroule ainsi un peu plus tard, depuis la première guerre mondiale jusqu'au début des années 50, principalement dans le cadre des Etats-Unis. Dans cet esprit, le film "Capitaine Sky et le Monde de Demain" en devient l'illustration la plus aboutie.
D'une manière générale, tous ces courants sont des sous-genres du "rétro-futurisme", dont le principe consiste à retrouver, à travers une certaine nostalgie teintée de visions surannées rassurantes, les visions science-fictionnelles du passé...

Parallèlement à cette esthétique connotée et ses influences littéraires, le film de Kerry Conran se plait à citer moult références de la culture populaire qui nous indiquent immédiatement l'imaginaire consacré. Ces références ne sont en rien gratuites et illustrent toutes les œuvres qui ont dû être digérées afin que "Capitaine Sky et le Monde de Demain" trouve son chemin. On commence donc par une sérieuse dose de pulps avec le "Doc Savage" créé par Lester Dent dans les années 30, auquel le personnage de "Joseph "Sky Captain" Sullivan" (Jude Law) renvoie directement par son tempérament de héros basique et séminal. On continue par une bonne louche de comics avec le Flash Gordon d'Alex Raymond, ainsi que les serials des années 30 avec sa transposition sur grand écran (Flash Gordon le soldat de l'espace). Fusée cyclopéenne, belle journaliste (Gwyneth Paltrow) et autres savants fous marquant son héritage sans ambiguïté. On poursuit par une série de films avec le King Kong de 1933, cité à moult reprises (une ombre sur l'Empire State Building, une épave de navire baptisé le "Venture" au fond des mers, un tronc d'arbre servant de pont naturel au dessus d'une jungle préhistorique, etc.).
Certaines références apparaissent en étant ouvertement citées. C'est ainsi qu'un extrait du Magicien d'Oz est diffusé dans une salle de cinéma, tandis que "Dex" (Giovanni Ribisi), l'excentrique scientifique et compère du héros, lit un pulp de "Buck Rodgers". On peut même voir "Godzilla" faire la une d’un magazine japonais ! Enfin, d'autres clins d'œil sont distillés de manière indirecte. C'est ainsi que le personnage du capitaine "Franky Cooke" (Angelina Jolie), qui dirige sa base volante avec son bandeau sur l'œil, est une transposition de "Nick Fury", un héros des Marvel Comics. Enfin, comme dit plus haut, l'ombre d'Indiana Jones, une autre œuvre postmoderne construite sur les fondations des pulps et les serials d'antan, plane du début à la fin...

Hélas, à force d'embrasser les codes de ses modèles, Kerry Conran, également scénariste de son film et donc auteur complet, embrasse également leurs naïvetés et leur simplicité candide. Cette "simplicité" originelle sera assimilée à du simplisme par plus d'un spectateur, qui ne comprendra malheureusement pas le cadeau qui lui sera adressé.
C'est ainsi que "Capitaine Sky et le Monde de Demain" essuiera un cruel échec commercial. Après avoir sué sang et eau pendant dix ans d'un labeur acharné, Kerry Conran, dont ce fut le premier et, c'est horrible de l'avouer, le dernier film, devint l'artiste maudit de son genre. Il inventa pourtant le principe du "tout virtuel", dans lequel seuls les acteurs sont réels (pauvres hères jouant devant des écrans monochromes, obligés d'imaginer les décors à venir !). C'est de cette manière que seront tournés quelques années plus tard d'innombrables blockbusters, dont les trois premier segments de la saga "Star Wars" (épisodes 1,2,3).
Mais le plus cruel, ce qui entérine définitivement son statut d'artiste maudit, c'est que Kerry Conran nous avait offert ici une œuvre indépassable (dix ans de travail, quand même !), puisque, plus d'une décennie plus tard, la beauté et la perfection des images de "Capitaine Sky et le Monde de Demain" demeurent les plus abouties de l'histoire du cinéma virtuel, comme si elles avaient imposé une limite indépassable. Le film est ainsi devenu une étape, un horizon, une limite au delà de laquelle il n'est plus possible d'aller, exactement comme le furent avant lui le Metropolis de Fritz Lang ou encore le Blade Runner de Ridley Scott.

Quand on y pense, tous ces films qui furent de cuisants échecs au box-office (la liste est longue autour de "Metropolis" et "Blade Runner", à commencer par le sublime Dark City d'Alex Proyas), sont restés uniques en leur genre. Alors que la série des "Indiana Jones", la saga "Star Wars" et le "Conan le Barbare" de John Milius générèrent un nombre incalculable de plagiats et de sous-produits tous plus mauvais les uns que les autres, "Capitaine Sky et le Monde de Demain" et ses illustres prédécesseurs dans le registre des œuvres maudites, ne donnèrent le jour à aucun pastiche et ont fini par s'imposer comme de véritables œuvres d'art tautologiques et, par extension, de pures et simples œuvres cultes...

Nous l'avons évoqué plus haut avec un certain regret : "Capitaine Sky et le Monde de Demain", c'est à la fois un film parfait et une œuvre frustrante.
Effectivement, la simplicité du script, héritée, comme on l'a constaté, des serials et des pulps de jadis, constitue autant la force que la fragilité du film de Conran. En cherchant à retrouver le parfum de ses modèles, notre long métrage n'est pas qu'un hommage aux serials des années 30. Il en est plutôt l'illustration directe, le souvenir qui prend vie. L'expérience fut donc incomprise car ce qui fut jadis cantonné au domaine de la "série B" apparaissait soudain sous le vernis du grand spectacle d'aujourd'hui. Un spectacle suranné remis au goût des dernières trouvailles technologiques.
Ce décalage entre le fond et la forme déstabilisa ainsi le grand public qui ne se senti pas attiré par la connotation. Et le film demeura un produit réservé aux geeks, comme un produit de la contre-culture marginalisé, que l'on regarde de travers avec méfiance, pour ne pas dire avec mépris, comme on regarde un ado que l'on pense attardé parce qu'il est entrain de lire un comicbook de monstres ou de super-héros...
Le premier degré du script et la candeur du film étaient parfaitement sincères, mais du coup ne possédaient aucun sous-texte particulier. C'est là que l'œuvre se révèle la plus frustrante : Elle n'est rien d'autre que ce qu'elle illustre. Elle est donc passionnante à analyser, mais l'histoire qu'elle raconte n'est finalement pas très palpitante entant que telle !
Il eut fallu que le scénario soit doublé d'un sous-texte particulier, un écho sur l'histoire ou quelque chose de l'ordre de la philosophie, ou encore de la réflexion méta-textuelle (on pense à "Metropolis" et sa parabole sociétale). Par ailleurs, à force de mettre en scène des personnages connotés, le film finit par les rendre creux. Là aussi, il manque quelque folie, quelque sens du détail, un petit plus. Ces derniers ne sont pourtant pas dénués d'aspérités (le trio amoureux étant particulièrement agressif !), mais il leur manque une aura. Ils sont trop stéréotypés et peinent à sortir de leur moule.

Malgré ses défauts, "Capitaine Sky et le Monde de Demain" demeure un film trop beau et trop attachant pour qu'on puisse lui mettre moins de cinq étoiles. C'est une œuvre qui a besoin de nous, qui a besoin de notre amour. Elle a tout simplement besoin que nous la défendions et que nous portions son étendard afin de lui réserver la place qui est la sienne dans l'histoire du cinéma. Celle d'une œuvre postmoderne qui incarne tout un état d'esprit, propre aux geeks et à la culture populaire, riche de son héritage, fière de son impertinence et de sa marginalité. Une œuvre comme nous, quoi !
Le pauvre Kerry Conran, qui nous a tout donné pour nous l'offrir, mérite au moins ça. Non ?
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 26, 2015 10:33 AM MEST


Star Trek : Compte à rebours
Star Trek : Compte à rebours
par Mike Johnson
Edition : Album
Prix : EUR 14,50

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 My Generations, 23 avril 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Star Trek : Compte à rebours (Album)
"Star Trek : Compte à Rebours" ("Star Trek Countdown" en VO) est une mini-série réalisée en 2009 par le scénariste Mike Johnson et le dessinateur David Messina, d'après le script d'Alex Kurtzman et Roberto Orci. Le récit est conçu afin de servir de prologue à la toute nouvelle saga cinématographique initiée par le réalisateur J.J. Abrams. Il s'agit donc du prologue officiel au film Star Trek de 2009, imaginé par les mêmes scénaristes, avec une réelle cohérence afin d'opérer une transition logique entre l'ère de Star Trek The Next Generation et celle de la nouvelle saga, située dans le passé !

Cela peut paraitre compliqué, mais l'univers de Star Trek est revenu à son point de départ sans que cela ne constitue un reboot !
Le premier film de J.J. Abrams commençait en l'an 2233. Un gigantesque vaisseau "romulien" surgi d'un trou noir et venu du futur anéantissait le "USS Kelvin", tuant le capitaine George Kirk, le père du futur commandant de "l'Enterprise". Ce faisant, la continuité de toute la saga repartait de zéro, mais avec une toute nouvelle destinée !
Par ailleurs, le belliqueux vaisseau "romulien" n'avait pas franchi le trou noir tout seul. Il avait été suivi par le vieil ambassadeur "Spock". Ce dernier se trouvait ainsi projeté dans son propre passé, se retrouvant face à une version de lui-même plus jeune...
Contrairement à ce que certains prétendent, il ne s'agit donc pas -à proprement parler- d'une suite des séries ou des films précédents, ni d'un reboot (une remise à zéro) de la franchise. Il s'agit en fait de la création d'une "réalité parallèle", offrant à la saga un tout nouveau départ...

Mais les spectateurs ne savaient pas tout de l'histoire de "Néro", le "romulien" ivre de vengeance venu du futur. Son histoire et celle du vieux "Spock" avait été suggérée par quelques bribes de dialogue, sans nous fournir plus de détails.
"Compte à Rebours" s'emploie ainsi à développer tous ces événements, offrant aux fans de l'univers Star Trek l'opportunité de dire adieu à leurs anciens héros, avant de retourner avec les nouveaux !

Il faut bien considérer le projet : Cette mini-série s'adresse avant tout aux fans et aux habitués de la saga, notamment de la dernière en date : "Star trek Generation".
Il s'agit ainsi de réviser ses classiques : Tout a commencé avec "Spock". Ce dernier avait passé les dernières années de sa vie à œuvrer pour la paix entre son peuple et celui des "romuliens" (double épisode de "Star trek Generation" intitulé "Redemption" qui sert de lien entre les saisons 4 et 5, et autre double épisode de la saison 5 intitulé "Unification"). "Compte à Rebours" s'emploie ainsi à développer ce volet. Mais il permet également de réunir "Spock" et les trois piliers de la série "Generation" qui s'étaient séparés, à savoir "Picard" (devenu ambassadeur sur "Vulcain"), "Data" (à présent capitaine de l'Enterprise) et "Worf".
Le lien entre cette période et la toute nouvelle est ainsi d'une cohérence optimale, permettant in fine aux fans de profiter une dernière fois de ces personnages qu'ils auront suivi durant de nombreuses séries et autres films, et ainsi de découvrir ce qu'ils sont devenus.

L'histoire commence un peu après les événements du film Star Trek X : Nemesis, alors qu'une étoile, proche de la planète "Romulus", menace de se transformer à tout moment en supernova. Les conséquences seraient terribles car, après avoir anéanti "Romulus", la nova causerait des dégâts considérables à travers toute la galaxie. "Spock" propose alors au parlement de "Romulus" une alternative : Utiliser la mystérieuse "matière rouge", une substance capable de générer un trou noir qui aspirerait ainsi la menace. Il est suivi dans son projet par "Néro", un mineur "romulien" qui voit en l'ambassadeur vulcain le seul espoir afin de sauver sa femme et son enfant à naitre. Hélas, à cause de l'inaction des classes dirigeantes, le malheur se produit. "Néro" et ses plus proches compagnons jurent alors de se venger...

D'un point de vue strictement artistique, cette mini-série est à la fois très réussie et un peu superficielle. Tout y est bon, du graphisme soigné (chaque figure étant immédiatement reconnaissable) au scénario fluide et efficace. La caractérisation des personnages est fidèle aux histoires classiques, tout en demeurant assez peu développée. Il faut dire que quatre épisodes, c'est très peu pour approfondir un tel script.
D'un autre côté, le tout est emballé avec un tel soin et une telle justesse qu'il est difficile de s'en plaindre. Certes, le dessin de David Messina est quelque peu désincarné et demeure complètement inféodé au cahier des charges de la franchise consacrée, mais il sert bien le propos.

Le premier film de J.J. Abrams (car il y en aura un second encore meilleur !) était une grande réussite (sauf évidemment pour les puristes qui considèrent que seule la version de Gene Roddenberry est acceptable…). Il était le fruit du travail collectif d’une poignée d’auteurs passionnés par leur sujet (Abrams et les scénaristes Alex Kurtzman et Roberto Orci).
Compte à Rebours bénéficie ainsi de la participation des scénaristes du film de 2009 et s’impose également comme une création de passionnés.
L’espoir perdure : Il existe encore des moments où certaines créations grand-public bénéficient d’une âme, initiées par des auteurs auxquels les majors offrent une grande liberté…

En conclusion, Compte à Rebours constitue un prologue digne d'un réel intérêt, qui apporte de l'épaisseur au film de 2009 tout en permettant aux fans de faire le lien avec les anciennes sagas de manière parfaitement cohérente. Il reste que, si on la prend comme une œuvre autonome, cette mini-série ne possède guère d'intérêt artistique en dehors de l'univers de "Star Trek", et demeure un produit strictement adressé aux fans... nombreux, cela va de soit !
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 24, 2015 3:47 PM MEST


Baron rouge, Tome 3 : Donjons et Dragons
Baron rouge, Tome 3 : Donjons et Dragons
par Carlos Puerta
Edition : Album
Prix : EUR 15,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Rien que pour vos yeux, 21 avril 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Baron rouge, Tome 3 : Donjons et Dragons (Album)
Cette série inaugurée en 2012 (dont ce troisième tome publié en 2015 constitue la fin) propose de revisiter la vie de l’aviateur allemand Manfred Von Richthofen, dit le "Baron rouge", d'une manière inédite.
Le scénariste Pierre Veys et l'illustrateur Carlos Puerta teintent leur biographie romancée d'une dimension surnaturelle, imaginant que l'impitoyable aviateur ait été doué d'un don de vision télépathique. Ainsi, lorsqu'il se sent en danger, il parvient à anticiper les moindres faits et gestes de ses ennemis, situation qui finit par lui donner systématiquement l'avantage. Soit la biographie romancée dédiée au "Baron rouge" la plus fantaisiste jamais éditée jusqu'ici...

Dès le premier album, le traitement narratif opéré par le scénariste Pierre Veys était problématique : Alors que la série était annoncée en trois tomes, voilà que le rythme était extrêmement contemplatif, apathique et décompressé, sans que la caractérisation des personnages soit étoffée pour autant. Le second tome nous avait ainsi annoncé la couleur : La série ne pouvait, en aucune manière, développer la biographie du célèbre aviateur de manière complète, et aboutirait probablement sur un final bâclé.
C'est hélas le cas. Cette dernière partie continue de narrer les hauts faits de l'as des airs, mais s'écroule soudain sous une fin brutale et précipitée, versant dans le grotesque tant elle est factice.

Il nous reste les splendides planches de Carlos Puerta.
Comme nous l'avions déjà remarqué, la mise en scène photoréaliste de l'artiste (on se croirait littéralement dans un roman photo !) est un véritable tour de force puisqu'elle ne parait jamais statique. Et pourtant, l'illustrateur ne recourt à aucun effet spécial habituel du monde de la bande-dessinée. Ainsi, il n'y a nuls petits traits pour suggérer le mouvement ou la vitesse, et surtout aucune onomatopée, tandis que les avions vrombissent dans le ciel, que les mitrailleuses mitraillent et que les bombes explosent dans un fracas étourdissant ! Cette réussite, qui consiste à traiter les notions de mouvement et de son, toutes deux littéralement étrangères au médium de l'art séquentiel, sans le moindre artifice graphique, atteste d'une mise en image d'une justesse incroyable, qui suffit à suggérer ces notions sans effet particulier (autre que les effets de flou, de feu et de fumée, traités de manière virtuose par une mise en couleur photoréaliste époustouflante). La position de l'avion, le cadrage et le point de vue d'une explosion, en plongée ou en contre plongée, suffisent à suggérer le bruit et la fureur. Et c'est alors que l'on en vient à se demander pourquoi tant et tant de dessinateurs de bandes-dessinées continuent d'utiliser ces artifices surannés et infantiles que demeurent les onomatopées, dont la seule présence suffit à ruiner toutes les ambiances et les mises en pages complexes, savantes et virtuoses des romans graphiques modernes et adultes.

Si le lecteur (je ne parle pas des fans d'aviation, un monde étrange et inconnu à mes yeux) est venu pour le scénario de Pierre Veys, il restera grandement sur sa fin (☆☆). S'il est venu pour admirer le travail de Carlos Puerta, il sera par contre magistralement récompensé (☆☆☆☆☆).
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 21, 2015 7:18 PM MEST


La tempête du siècle
La tempête du siècle
DVD ~ Tim Daly

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 La part de l'autre, 20 avril 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : La tempête du siècle (DVD)
"La Tempête du Siècle" ("Storm of the Century") est une mini-série américaine réalisée par Craig R. Baxley en 1999. Initialement diffusée à la télévision en trois épisodes d'environ quatre-vingt minutes (la durée totale est donc de quatre heures et des brouettes), cette histoire est au départ une création de Stephen King. Il ne s'agit pas de l'adaptation de l'un de ses romans, mais bel et bien d'un scénario original, comme ce sera le cas trois ans plus tard, par exemple, avec la mini-série Rose Red.

Le synopsis : L'île de "Little Tall" est un port insulaire de la région du Maine peuplé de nombreux habitants, qui vivent sous la houlette du maire "Robbie Beals", dont le tempérament est tout sauf affable...
Cette communauté paisible s'apprête à subir ce que les informations régionales annoncent comme "la tempête du siècle", qui isolera fatalement l'île du reste du monde durant un certain temps.
C'est lorsque la tempête commence qu'entre en scène le mystérieux "André Linoge", un dangereux psychopathe qui assassine une pauvre vieille femme dans sa maison. "Linoge" ne tarde pas à se faire arrêter par le shérif "Mike Anderson". Mais c'est alors qu'il va se révéler plus dangereux encore, car le meurtrier possède un don étrange : Celui de connaître tous les secrets inavouables des habitants de l'île, qu'il n'hésite pas à dénoncer au compte-goutte. Pire encore, il est capable de pousser certains habitants au suicide, voire au meurtre pur et simple. C'est dans le tumulte de la tempête que "Linoge" va obliger les habitants de "Little Tall" à faire un choix cornélien, seule et unique condition afin qu'il laisse la communauté en paix...

Les inconditionnels de Stephen King le savent : L'écrivain développe en boucle un certains nombre de thèmes qui lui sont chers, comme par exemple le charme vénéneux de la région du Maine, les dissonances au sein de la cellule familiale, l'enfance et la séparation entre le monde des adultes et celui des enfants (Ça), les relations entre la littérature et le réel (La Part des ténèbres, l'écrivain donnant corps à ses fictions par le pouvoir de l'écriture), le problème des addictions (Les Tommyknockers, Stephen King sortait alors d'une longue et pénible période d'alcoolisme et autres dépendances), et la critique sociale par le biais de la vie dans les petites villes. C’est bien évidemment ce dernier thème qui est au cœur de "La Tempête du Siècle", par lequel l'auteur de Shining développe une parabole sous-jacente qui dénonce la fragilité de l'équilibre social américain, où les aspects négatifs de la nature humaine en général sont exacerbés face à la moindre perturbation surnaturelle...

Le film a déjà énormément vieilli dans sa mise en forme et les effets spéciaux accusent le poids de l'âge. Mais le scénario est plutôt brillant et le dénouement, sans concessions, est un véritable coup dans le cœur, qui ne laissera aucun spectateur indemne. Du grand Stephen King, riche, intense, profond, qui mériterait une adaptation définitive sur grand écran. Cependant, on ne saurait oublier cette première version et l'interprétation habitée de Colm Feore, qui incarne un démon assez fascinant...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 21, 2015 10:22 AM MEST


Southern Bastards Tome 1
Southern Bastards Tome 1
par Jason Latour
Edition : Relié
Prix : EUR 10,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Tant pis pour le sud..., 19 avril 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Southern Bastards Tome 1 (Relié)
"Ici Repose un Homme" est le premier tome de la série "Southern Bastards". Il regroupe les quatre premiers épisodes réalisés en 2014 par le scénariste Jason Aaron et le dessinateur Jason Latour.
Cette nouvelle série était très attendue car Jason Aaron nous avait offert auparavant Scalped, une série (10 tomes) aussi violente que magnifique, un polar sur fond de réserves indiennes d'une noirceur abyssale.
Pour le moment, puisque la question consiste à savoir si "Southern Bastards" est à la hauteur de la série précédente, je dirais que nous sommes un ton en dessous, d'une part car les quatre épisodes de "Ici Repose un Homme" sont linéaires et plutôt simples, mais également parce que, malgré ce que certains en disent, Jason Latour est loin d'être du niveau de R.M. Guéra, le dessinateur de "Scalped".

Le pitch : Earl Tubb, à l'aube de ses soixante ans, revient dans l'Alabama de son enfance, où il n'était plus venu depuis quarante ans. Il y revient à contrecœur, uniquement pour vider la maison de son père, décédé depuis plusieurs années.
Le père de Earl était le shérif de "Craw County". Il était devenu une légende vivante après avoir corrigé une bande de la pègre locale à l'aide d'un simple gourdin taillé dans le bois brut. Earl, quant à lui, était avant son départ une petite célébrité, car il était le capitaine de l'équipe de football.
Par une succession d'événements au départ banals, Earl va replonger bien malgré lui dans l'enfer de cette petite bourgade du sud, où règne un groupe de voyous qui imposent leur loi, sous la houlette de "Coatch Boss", l'entraineur de l'équipe de football...

Dans leur introduction respective, Aaron & Latour évacuent toute ambiguïté : Ils sont tous-deux natifs du sud des Etats-Unis et partagent un amour mêlé de rancœur pour leur région natale, peuplée en partie de rednecks dégénérés par lesquels la réputation du sud est devenue calamiteuse.
Le projet de nos auteurs est donc de dénoncer les agissements, la violence et la bêtise de ces gens qui font que le monde est pourri. Et qu'il ne fait pas toujours bon vivre dans certains coins de la planète...

Les quatre épisodes de ce premier tome sont à la fois convenus et surprenants. Convenus car l'histoire est basique. Quelques éléments narratifs usent de grosses ficelles (la foudre qui s'abat sur l'arbre qui surplombe la tombe du père de Earl, appelant à la vengeance), tandis que les épisodes, linéaires à souhait, ne s'encombrent d'aucun détail superflu et ne racontent rien d'autre que l'histoire centrale (par opposition, "Scalped" multipliait les intrigues secondaires).
Surprenant car, arrivé au dénouement, le scénario impose une rupture inattendue et brutale, relançant complètement le récit et redistribuant les cartes de manière complètement inhabituelle.
On tient donc un premier arc narratif bicéphale, dont l’apparente banalité des trois premiers épisodes ne sert en définitive qu'à nous endormir, pour que l'on se prenne le dernier segment comme on se prendrait un uppercut. Finalement, le quatrième de couverture ne nous mentait pas : "Le résultat est un thriller dont personne ne sortira indemne, auteurs comme lecteurs"...

Il est encore trop tôt pour savoir où va nous emmener Jason Aaron. Mais certains éléments de ce premier tome creusent déjà un sous-texte qui promet une belle richesse à la toile de fond de cette nouvelle saga. En revenant au seul endroit au monde qu'il ne voulait pas revoir, celui de ses origines, Earl plonge en enfer. La part de l'héritage s'impose ainsi comme l'un des thème principaux de "Southern Bastards", et fait écho, de manière limpide, à ce que tentaient de nous dire les auteurs dans leur courte, mais édifiante introduction...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 25, 2015 6:13 PM MEST


Le Secret de la pyramide
Le Secret de la pyramide
DVD ~ Nicholas Rowe
Prix : EUR 9,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Sherlock Holmes secret origins, 18 avril 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Secret de la pyramide (DVD)
"Le Secret de la Pyramide" est un film réalisé en 1985 par Barry Levinson, sur un scénario de Chris Columbus, jeune prodige (à l'époque) qui nous avait déjà offert le script de Gremlins et des Goonies, et qui réalisera plus tard l'adaptation des deux premiers tomes de la saga Harry Potter au cinéma : Harry Potter à l'Ecole des Sorciers et Harry Potter et la Chambre des Secrets. Il est d'ailleurs amusant de constater que, pour cette œuvre de jeunesse, Columbus ait imaginé une version des aventures de Sherlock Holmes étonnamment proche de celles du petit sorcier à lunettes, et ce bien des années avant la création de ce dernier !

Le film de Barry Levinson (qui était sur le point, à l'époque, de créer la sensation avec les énormes succès que représenteront Good Morning, Vietnam et Rain Man), imagine la première aventure du célèbre détective de Baker Street. Le jeune Sherlock Holmes, qui fait alors ses études à la prestigieuse université londonienne de Brompton, y rencontre le tout jeune Watson, qui vient lui aussi d'intégrer la même école.
Les puristes qui ne supportent pas l'idée que Holmes & Watson se soient rencontrés à l'âge de l'adolescence et non, comme décrit dans Une Etude en Rouge, à un certain âge avancé, peuvent sortir. Ça y est ? Bon, alors on peut continuer...
Passé cette transformation effectuée d'après les nouvelles originelles de sir Arthur Conan Doyle, cette nouvelle fiction issue de la mythologie imaginée par l'écrivain (on appelle cela des "fictions holmésienne", c'est-à-dire des récits originaux qui ne reprennent pas les enquêtes de l'écrivain), respecte complètement les éléments constitutifs de son univers et en offre une itération formidablement fantaisiste et originale, baignée dans une somptueuse reconstitution historique du Londres victorien.

Intrigué par plusieurs suicides étranges ayant pour lien des hallucinations anormales, notre détective en herbe va se retrouver mêlé aux agissements d'une secte égyptienne adepte de sacrifices humains, opérés depuis une pyramide reconstituée dans les sous-sols des bas-fonds londoniens !
Tout d'abord arrogant et imbu de lui-même, très amoureux de la fille de son mentor le professeur Waxflatter, notre héros va apprendre la vie au cours d'une série d'aventures rocambolesques qui feront de lui le futur détective au sens de la déduction exceptionnel. Mais il devra hélas en payer le prix de douloureuse manière...
Conte initiatique illustré de façon extrêmement fantaisiste, "Le Secret de la Pyramide" est un petit bijou de cinéma familial de son époque. Le film de Barry Levinson, sorti un an après le succès d'Indiana Jones et le Temple Maudit, reprend un certain nombre d'éléments issus du long métrage de Steven Spielberg, dont la secte sacrificielle et, surtout, l'ambiance opératique transcrite par la bande-son, le score de Bruce Broughton s'inspirant ici, de manière ostentatoire, de celui de John Williams lors de la grande scène de sacrifice !

Véritable réceptacle de l'imaginaire cinématographique opéré depuis les œuvres de Conan Doyle, le script de Chris Columbus puise ainsi ses sources dans de multiples références. L'épisode de jeunesse expliquant le renoncement aux femmes de la part du détective renvoie ainsi à l'une des mythiques scènes perdues du magnifique La Vie Privée de Sherlock Holmes, réalisé par Billy Wilder en 1970, qui justifiait également ce postulat par une douloureuse expérience survenue lors de ses années universitaires. Quant aux inventions du professeur Waxflatter, elles renvoient immanquablement aux romans de Jules Verne et à l'esprit rétro-futuriste qui représente désormais l'apanage des fictions holmésiennes (telles qu'elles sont traitées, par exemple, par Guy Ritchie dans les deux dernières adaptations en date : Sherlock Holmes + Sherlock Holmes 2 : Jeu d'ombres), que préfigurait également le film de Wilder.
Ce mélange des genres (aventures, enquêtes de Sherlock Holmes, magie et inventions de type steampunk), loin de desservir le mythe de Sherlock Holmes, en offre une itération délicieuse à l'intérieur de laquelle nos auteurs réussissent le tour de force de trouver un équilibre parfait entre tous ces éléments ajoutés au mythe, et un respect doublé d'un amour indéfectible pour ce dernier.
Le spectateur, fan du personnage de Sherlock Holmes ayant gardé une âme d'enfant, en ressort comblé.
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Sherlock Holmes attaque l'Orient Express
Sherlock Holmes attaque l'Orient Express
DVD ~ Alan Arkin
Proposé par Expédition sous 24H
Prix : EUR 8,20

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Une traduction française à sept pour cent de matière grise, 17 avril 2015
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Sherlock Holmes (Nicol Williamson) est un être diminué. Sa dépendance à la cocaïne atteint désormais un niveau critique et le détective n'est plus que l'ombre de lui-même. Paranoïaque au plus haut point, il ne cesse de parler d'un certain "Moriarty" (Laurence Olivier) , le "Napoléon du crime", en prétendant que ce dernier est une menace pour le monde.
Quelque peu désemparé, le Dr Watson (Robert Duvall) demande de l'aide à Mycroft (Charles Gray), le frère de Sherlock. Celui-ci opère un chantage sur le fameux Moriarty et suggère à Watson d'emmener le détective à Vienne à la poursuite du soi-disant criminel, pour l'emmener finalement dans le cabinet d'un médecin spécialiste des troubles mentaux : Le Dr Sigmund Freud (Alan Arkin)...

"Sherlock Holmes Attaque l'Orient Express" est un film réalisé en 1976 par Herbert Ross. Le scénario est l'œuvre de Nicholas Meyer, qui adapte pour l'occasion son propre roman : La solution à sept pour cent.
Spécialisé dans les pastiches de l'œuvre de sir Arthur Conan Doyle, Meyer est l'auteur de plusieurs "fictions holmésiennes" (terme officiel pour ce qui est des récits originaux qui ne reprennent pas les enquêtes de l'écrivain), qui se plaisent à associer deux figures célèbres de la littérature (ou de l'histoire), ne s'étant jamais rencontrées auparavant. Ainsi, alors que Holmes est ici associé à Freud, Nicholas Meyer a aussi imaginé la rencontre entre notre détective préféré et Oscar Wilde (L'Horreur du West End), ainsi que celle de Sherlock Holmes et le Fantôme de l'Opéra. Entant que cinéaste, Meyer a même écrit et réalisé C'était Demain en 1979, un film dans lequel H.G. Wells en personne poursuivait Jack l'Eventreur dans sa machine à explorer le temps !
A noter que Nicholas Meyer fut également l'un des contributeurs principaux de la saga Star trek au cinéma (dans sa version classique). On lui doit ainsi la réalisation de Star Trek II - La colère de Khan (peut-être le meilleur film de la franchise !) et celle de Star Trek VI - Terre Inconnue, ainsi que le scénario (en plus des deux films précédents), de Star Trek IV - Retour sur Terre. Il sera enfin l'auteur du scénario de Liaison Fatale et Sommersby.

Avant toute chose, "Sherlock Holmes Attaque l'Orient Express" est une brillante relecture de l'épisode de la disparition du détective de Baker Street (Le Problème Final), dans lequel Holmes et son ennemi Moriarty sombraient dans les Chutes du Reichenbach, en Suisse. Nicholas Meyer nous propose ici d'imaginer que la version proposée par le Dr Watson dans les pages du Strand Magasine ait été fausse et purement romanesque, et que la réalité était ailleurs !
Partant de là, le spectateur découvre une toute autre histoire et le personnage du Dr Moriarty est affublé d'une toute nouvelle et passionnante origine psychanalytique...
Ce point de vue très original sur la mythologie du célèbre détective est le meilleur atout du film d'Herbert Ross, et le fan de Sherlock Holmes se réjouit de plonger dans les méandres de l'esprit torturé de son héros ! La psychanalyse prend ainsi une place totalement cohérente dans la vie du personnage, mettant en lumière bien des aspects de sa personnalité, notamment son déni pour les femmes. Le Dr Freud parviendra-t-il ainsi à guérir notre héros de toutes ses névroses ?

Lorsque j'ai vu le film, enfant, il m'avait fait une très forte impression. Je l'avais vu à peu-près en même temps que La Vie Privée de Sherlock Holmes, le chef d'œuvre de Billy Wilder. Les années passant et la possibilité de revoir ces films se révélant difficile (pas de rediffusion sur le satellite ni de DVD en ce temps là), ces deux films avaient fini, dans mon imaginaire, par n'en former qu'un seul. Et je fus bien surpris, plus tard, en découvrant qu'il s'agissait de deux œuvres distinctes, de constater leur complémentarité.
Toutefois, avec le recul, je trouve que "La Vie Privée de Sherlock Holmes" est très nettement au dessus artistiquement parlant, principalement parce que le film est l'œuvre d'un très grand cinéaste, là où "Sherlock Holmes Attaque l'Orient Express" est réalisé par un artisan à la carrière plutôt insignifiante et à la mise en scène très impersonnelle. Le temps a ainsi partagé les deux films et les différences jouent en faveur du film de Billy Wilder, celui de Ross accusant une patine un peu kitsch et de très nombreuses fautes de goût et autres naïvetés.
Qui plus-est, la traduction française est complètement à côté de la plaque. Le titre est ainsi travesti au plus haut point (le titre original est bien "The Seven-Per-Cent Solution") et, s'il y a bien un train et même deux dans le film, aucun n'est en vérité l'Orient Express ! Plus grave encore, la voix-off (celle du Dr Watson) indique au spectateur des renseignements totalement contradictoires, notamment en précisant que le récit nous conte la réapparition du héros, alors qu'en réalité il s'agit de sa disparition !
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 17, 2015 9:14 PM MEST


La Vie privée de Sherlock Holmes
La Vie privée de Sherlock Holmes
DVD ~ Robert Stephens
Prix : EUR 8,63

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 A melancolic steampunk adventure, 16 avril 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Vie privée de Sherlock Holmes (DVD)
"La Vie Privée de Sherlock Holmes" est un film américain réalisé en 1970 par le grand Billy Wilder. Le réalisateur de Certains l'Aiment Chaud était un fan du personnage créé par Arthur Conan Doyle et rêvait d'en porter une adaptation sur grand écran.
Il se lança alors dans un projet particulièrement ambitieux : Un film fleuve, brodé autour de plusieurs enquêtes, dont le fil conducteur consisterait à éclairer la relation entre Sherlock Holmes et le Dr Watson d'une manière originale, orientant le film vers la comédie de mœurs.
La production fut hélas chaotique et Wilder fut obligé d'abandonner son film en cours de route, film qui sera remonté pour une durée finale de 120 minutes (contre les cent soixante-cinq minutes prévues au départ et les deux-cents minutes du premier montage !).

Voir le film aujourd'hui procure une sensation étrange car le remontage effectué en fin de compte nous offre un récit extrêmement original, dont les séquences s'enchainent au départ sans aucun lien, avant que tous les segments ne finissent par former un tout étonnamment cohérent.
Afin de porter un regard personnel sur le mythe, Billy Wilder avait choisi non pas d'adapter une nouvelle officielle de Conan Doyle, mais d'imaginer une série d'enquêtes qui auraient été cachées par Watson, ce dernier préférant ne pas les publier dans le Strand Magazine à cause de leur caractère trop scandaleux !
Bien évidemment, le réalisateur/scénariste va injecter dans son récit tout son art de la comédie et du dialogue, pour un résultat savoureux et plein d'esprit, teinté d'impertinence. La marque de fabrique de l'auteur, qui consiste à porter un coup à l'encontre du puritanisme anglo-saxon, est ainsi l'occasion d'égratigner les coutumes britanniques depuis leurs sources, à travers quelques trouvailles aussi évidentes que corrosives. C'est ainsi que Sherlock Holmes, si méfiant envers les femmes, décide d'échapper à la convoitise d'une danseuse de ballets russes en prétextant son homosexualité avec son colocataire de Dr Watson ! Une manière de dénoncer, tout en finesse, la pudibonderie et l'homophobie sous-jacente des vieilles sociétés occidentales...

A côté de cette brillante et irrésistible étude de mœurs, il est étonnant de constater qu'au fil des deux heures que dure le métrage, l'ambiance passe peu à peu de la comédie endiablée à la mélancolie croissante, le dernier tiers du film ne prêtant plus tellement à rire. Billy Wilder était attiré par les personnages complexes et ses comédies cachaient en réalité des études de caractères plus sombres, cyniques et tourmentés que la légèreté de ton ne le laissait deviner en surface. Il semblerait que l'auteur se soit alors laissé envahir par la mélancolie inhérente à la personnalité du détective, pour en dessiner en fin de compte une sorte de déconstruction, mais surtout un portrait extrêmement profond et pénétrant, sans doute l'un des meilleurs parmi toutes les adaptations qui furent réalisées en hommage à ce personnage emblématique de la littérature moderne.
A ce titre, Wilder brosse un portrait particulièrement piquant du "couple" Holmes/Watson, qui parait à la fois conforme à son image initiale, et à la fois très différent. Les personnages y apparaissent plus farfelus que d'habitude, mais en même temps moins lisses, plus contrastés, habités et faillibles, et finalement plus humains.
Prévus au départ pour des acteurs de renom (Peter O'Toole et Peter Sellers), les deux rôles principaux furent finalement confiés à deux acteurs peu connus, issus du théâtre avant tout : Robert Stephens (Holmes) et Colin Blakely (Watson), dont ce furent les rôles les plus importants au cinéma. A noter la très belle prestation de l'actrice Geneviève Page, qui incarne pour l'occasion l'une des seules femmes ayant réussi à troubler le détective au delà de sa froide raison...

D'aussi loin que je me souvienne, "La Vie privée de Sherlock Holmes" a toujours été l'un de mes films de chevet. Je le découvrais enfant, en famille, et je fus immédiatement conquis par ce mélange d'aventures et d'intrigues policières illustrées sous le vernis envoûtant de l'ère victorienne. Cette histoire transposée dans le cadre magnifique de l'époque consacrée (inoubliables décors et direction artistique d'Alexandre Trauner, l'un des plus grand chefs opérateurs de l'histoire du cinéma), qui commence dans un ballet londonien pour finir sous les brumes du Loch-Ness où notre héros affronte le monstre en personne, allait à jamais marquer mon imaginaire.
Il est amusant de constater que le héros créé par Arthur Conan Doyle est devenu un mythe, à présent illustré librement dans tous les mediums au point de devenir une franchise à par entière (nommée officiellement "fiction holmésienne" !), et de remarquer que cette figure victorienne s'est peu à peu mêlée de manière fusionnelle avec le courant rétro-futuriste, voire steampunk, comme le démontre sa plus récente itération avec les deux films de Guy Ritchie : Sherlock Holmes + Sherlock Holmes 2 : Jeu d'ombres. Cet imaginaire pittoresque, inspiré des romans de Jules Verne où les visions futuristes d'antan rejoignent les récits d'époque de manière rétro-continue (ou uchronique), est à présent lié aux aventures du héros de Baker Street. Et, en regardant "La Vie Privée de Sherlock Holmes" de plus près, avec son détective mêlé à une affaire de contre-espionnage culminant (avec un twist mémorable !) sur une histoire de sous-marin futuriste (qui ferait écho au "Nautilus" de Jules Verne !), on pourrait conclure en disant que le film de Billy Wilder en représenterait bien les prémices !

Cette version DVD sans aucun bonus parait aujourd'hui bien vieillotte. Il serait temps que les éditeurs nous offrent une version remastérisée en haute définition, avec les bonus de l'édition américaine où l'on peut voir certaines scènes coupées au montage, dans des versions plus ou moins achevées...
On peut aussi rêver que, dans l'avenir, la copie intégrale du premier montage soit retrouvée puisqu'il semble, à ce jour, qu'elle n'ait pas survécu.
A noter, enfin, la bande originale exceptionnelle du compositeur Miklos Rosza qui, à la demande de Billy Wilder, adaptait pour le film un concerto pour violon (joué par le héros !) qu'il avait créé indépendamment de tout projet pour le cinéma.
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La grande course autour du monde
La grande course autour du monde
DVD ~ Tony Curtis
Proposé par envoi de Paris
Prix : EUR 12,98

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Les fous du volant, 15 avril 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : La grande course autour du monde (DVD)
1910. Le "Grand Leslie" et le "Professeur Fatalitas" s'opposent une rivalité farouche sur le terrain des records et autres défis en matière de prouesses (celui qui ira le plus vite, le plus haut, etc.), utilisant pour ce faire toutes les machines et autres inventions les plus incroyables.
"Leslie" (Tony Curtis) est un irrésistible gentleman tout de blanc vêtu qui adopte un code de l'honneur sans faille (et ne se déplace jamais sans ses caisses de champagne !). "Fatalitas" (Jack Lemon), quant à lui, est un abominable félon tout de noir vêtu, savant fou sur les bords, qui vit dans un château lugubre en compagnie de son gnome méprisable nommé "Max" (Peter Falk).
Les deux ennemis se lancent dans la course automobile du siècle : De New-York à Paris ! "Fatalitas" et "Max" useront évidemment de toutes les perfidies pour gagner, tandis que "Leslie" devra supporter la présence dans la course de "Maggie Dubois" (Nathalie Wood), une journaliste féministe et émancipée, qui usera ses charmes pour arriver à ses fins. Qui gagnera "La Grande Course Autour du Monde" ?

La première image nous annonce la couleur : le "Grand Leslie" s'attache au bas d'un ballon gonflé à l'hydrogène. Réalisé en 1965 par Blake Edwards (le père de La Panthère Rose), "La Grande Course Autour du Monde" est une comédie d'aventures burlesque qui surfe à l'époque sur la mode des films d'aventures "rétro-futuristes", plus ou moins inspirés des romans de Jules Verne. En effet, depuis que Walt Disney avait popularisé le genre avec le magnifique 20000 Lieues Sous les Mers en 1954, le cinéma hollywoodien se plaisait à offrir des spectacles mêlant la grande aventure avec une sorte de science-fiction teintée d'inventions plus ou moins picaresques, dans la grande tradition des romans de Jules Verne.
Les inventions du professeur "Fatalitas" suffisent ainsi pour faire écho à cet état d'esprit aujourd'hui nommé le "rétro-futurisme", qui donnera naissance au genre du steampunk bien des années plus tard...

Ceci étant dit, "La Grande Course Autour du Monde" est avant tout une comédie et tout le film, trépidant en diable, est ponctué d'une incroyable succession de gags burlesques. Attention, il s'agit de gags connotés cartoon et le spectateur devra obligatoirement prendre l'ensemble au second degré. Effectivement, Blake Edwards adopte un regard très original sur la comédie en reprenant ici à la lettre les gags que l'ont trouvait à l'époque dans les cartoons américains (chutes de plusieurs dizaines de mètres dont les personnages ressortent indemnes mais sonnés, explosions dont ils ressortent noircis, etc.), le clou du spectacle étant d'ailleurs la très impressionnante scène se déroulant dans la pâtisserie de Carpanie (une principauté des Balkans), où l'on assiste à la plus grande bataille de tartes à la crème de toute l'histoire du cinéma ! Certains spectateurs se révèlent aujourd'hui incapables de franchir le cap et d'appréhender cette série de gags potaches tels qu'ils étaient voulus à l'époque par Blake Edwards, c'est-à-dire avec un second degré constant et une distanciation amusée, qui culmine au final avec l'écroulement de la tour Eiffel !
Il s'agit avant tout d'un humour référentiel qui joue de l'esthétique rétro-futuriste relevée plus haut, où tout est assumé comme un spectacle factice, un spectacle aux décors (et à l'humour) en carton-pâte si l'on peut dire, hérité des merveilleux courts-métrages de Georges Méliès (le premier cinéaste à avoir adapté les œuvres de Jules Verne).
En toute logique, le style très cartoon du film donnera naissance, en 1969, à une célèbre série de dessins-animés : Les Fous du volant.

D'une durée de près de 155 minutes (c'est tout de même un grand film d'aventures !), "La Grande Course Autour du Monde" est devenu avec le temps un grand classique des comédies hollywoodiennes familiales, marqué par la griffe de l'un de ses représentants les plus emblématiques.
Ce DVD ne propose hélas pas de VF (uniquement une VO sous-titrée). C'est dommage car la VF est excellente et, pour ceux dont le film a bercé l'enfance, elle manque forcément à l'appel. On attend impatiemment une version blu-ray ultime...
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