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Tornado (Provence Côte d'Azur)

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Black Science Tome 3
Black Science Tome 3
par Moreno Dinisio
Edition : Album
Prix : EUR 15,00

5.0 étoiles sur 5 Fear Family, 8 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Black Science Tome 3 (Album)
Ce troisième tome de la série regroupe les épisodes #12 à 16, initialement publiés en 2015 et réalisés par le scénariste Rick Remender, le dessinateur Matteo Scalera et le metteur en couleur Moreno Dinisio (qui succède sans démériter au génial Dean White).
Il s'agit d'une série à suivre et nous ne savons pas encore combien elle comportera de numéros.

Comme je l'avais déjà évoqué à propos du tome précédent, il est difficile de proposer un résumé : Perdus dans les strates de l'infinivers, un petit groupe disparate de jeunes scientifiques (avec en plus deux enfants et un technocrate, plus un shaman) lutte pour récupérer le "Pilier", qui leur permettrait de rentrer chez eux. Baladés dans des univers aussi délirants que dangereux et mortels, nos héros se retrouvent peu à peu aux prises avec certaines versions de leurs proches, pourtant déjà morts dans leur dimension originelle...

Après deux tomes à la narration hyper-compressée, perdus dans une déconstruction dense et psychédélique que ne renierait pas le célèbre Grant Morrison, Le scénariste Rick Remender décide enfin de se poser un peu. Preuve de ce changement d'orientation narrative, ce troisième tome se déroule entièrement dans le même lieu, à savoir une nouvelle strate de l'infinivers, soit une version de notre monde où la science-fiction ne fait qu'un avec le système de la Rome antique !
Le scientifique "Grant McKay", héros de notre histoire, se retrouve ainsi en compagnie de son "équipage" dans un monde apocalyptique où une terrible épidémie a décimé la plupart des habitants. Ironie du sort : C'est une précédente version de nos héros, issus d'une réalité alternative, qui a involontairement répandu le virus ! Les survivants de cette nouvelle réalité sont donc convaincu que "Grant" et ses acolytes sont responsables de leurs malheurs...

Remender retrouve avec bonheur le délicieux parfum de son ancienne série Fear Agent, dans laquelle la science-fiction se mêlait avec le décorum rétro des serials d'antan. Mais en plus de renouer avec cet état d'esprit unique et merveilleusement connoté, le scénariste revient également au savant découpage qui rendait son "Fear Agent" si addictif. Les flashbacks succèdent ainsi aux événements de façon fluide et ponctuelle, d'une manière plus équilibrée et plus intelligible que sur les tomes précédents. Ce procédé des sauts dans le temps, qui constitue l'apanage des meilleures séries de comics, fonctionne ici à plein régime et apporte énormément de respiration et de densité au récit. Les personnages en ressortent grandis (leur caractérisation manquait jusqu'ici d'une réelle épaisseur) et le lecteur profite d'un rythme moins décousu, moins confus.

Le dessinateur Matteo Scalera s'est lui aussi amélioré de manière significative, réussissant à faire évoluer ses défauts en qualités ! Ses personnages sont désormais mieux maitrisés et leur forme caricaturale sonne de plus en plus juste, au diapason de l'atmosphère hystérique du récit et de son côté cauchemardesque. L'alchimie qui unit les deux auteurs est désormais parfaitement rodée et l'ensemble bénéficie d'une énergie extrêmement communicative.

Mais le meilleur se situe ailleurs : Rick Remender insuffle à la série ses thèmes de prédilection et en particulier celui de la "famille". Ainsi, comme c'était le cas dans "Fear Agent", "Black Science" met en scène des aventures échevelées qui ne sont qu'un prétexte à dérouler une profonde toile de fond sur le thème consacré. Davantage encore que ses considérations philosophiques sur les dangers d'une science exercée sans conscience, la série explore la problématique des liens familiaux et offre une passionnante réflexion sur les choix de son personnage principal au sein de sa propre cellule familiale, qui résonne de manière universelle chez le lecteur. Ce dernier va ainsi (et c'est là que Remender est génial !) se positionner selon tel ou tel personnage de la saga selon son âge au moment de la lecture, profitant totalement de toutes les résonnances d'une telle thématique au sein de son parcours personnel.
La série a donc atteint son potentiel maximal. On ne souhaite qu'une chose : pourvu que ça dure !


DAREDEVIL PAR FRANK MILLER T01
DAREDEVIL PAR FRANK MILLER T01
par Frank Miller Roger McKenzie
Edition : Album
Prix : EUR 36,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un coeur qui bat, 29 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : DAREDEVIL PAR FRANK MILLER T01 (Album)
Ce premier tome (sur trois) de la collection "Daredevil par Frank Miller" regroupe les épisodes "Daredevil" #168 à 181, Marvel Team-Up Annual #4 et What if ?#28. Ils ont été, pour l'essentiel, écrits et dessinés par l'auteur en 1981 et 1982, avec la présence de Klaus Janson à l'encrage.

Frank Miller a écrit les grandes heures du justicier aveugle au cours de ce run devenu légendaire. Annonçant rien de moins que l'âge des comics de super-héros pour adultes (qui connurent leur consécration en 1986 avec le Watchmen d'Alan Moore et le Batman The Dark Knight Returns du même Miller), l'auteur de Sin City révolutionnait alors le monde des comics.

Un petit retour sur la situation s'impose ainsi : célébré pour avoir révolutionné l'univers des comics avec son "Dark Knight Returns" (une relecture du personnage de Batman adulte et sombre), Frank Miller avait en réalité déclenché le tsunami artistique de son medium dès sa reprise de la série "Daredevil". Désigné très jeune pour illustrer la série en question, il héritait également du rôle de scénariste sur une franchise en telle perte de vitesse qu'on le laissa libre d'en faire ce qu'il voulait'

Immédiatement, Miller apportait une rupture franche dans le milieu des comics de super-héros. Une révolution par la forme, pour être plus précis : Il abandonnait le principe des bulles de pensée et tous les commentaires ridicules qui noyaient jusque là les planches pour rien, en leur substituant une voix off prenante, faisant preuve d'une belle qualité d'écriture. Il bouleversait le découpage habituel des planches, linéaire et symétrique, pour une succession de cadres verticaux, voire hypertrophiés, mieux adaptés à la "photographie" des lieux, à savoir les rues de New York (style admirablement rythmé, très influencé par les mangas, et ce avant tout le monde).

Miller proposait alors des scénarios "concepts", où le fond et la forme ne faisaient plus qu'un autour d'une ligne directive précise. Du coup, les histoires n'étaient plus de simples prétextes pour illustrer des combats "héros/méchants", mais devenaient de véritables récits à suspense à l'intérieur desquels les combats étaient assujettis au scénario.
Il affirmait des personnages troubles et complexes, nous faisant prendre conscience qu'ils n'étaient jusque là que de simples esquisses, alors qu'on les connaissait depuis de nombreuses années !
Du sang neuf à chaque vignette ! Pour la première fois, le super-héros devenait "autre". Il devenait adulte, non pas dans le fond mais dans la forme, dans la manière de le présenter, de le raconter et de le faire parler.
A partir de là, les comics ne furent plus les mêmes. La voie était ouverte, et de nombreux auteurs brillants (britanniques pour la plupart !) vinrent s'y engouffrer pour une décennie, celle des années 80, riche en chefs d'œuvres aujourd'hui passés à la postérité, dans lesquels les héros naïfs de l'enfance de jadis devinrent les antihéros humains et torturés du monde d'aujourd'hui !

Le run de Miller sur Daredevil s'étendit durant environ quatre ou cinq ans (par intermittence au bout de trois ans), nous offrant deux points culminants : Le premier avec le N°#181 et la mort d'Elektra, épisode considéré comme la pierre angulaire du comic book moderne. Le second avec l'arc narratif Born Again (N°227 à 233, illustrés par David Mazzucchelli et réédité dans le Daredevil par Frank Miller Tome 3 de cette collection), qui clôture son passage sur la série et qui demeure, encore aujourd'hui sous sa forme de graphic-novel, l'un des plus grands comics de super-héros de tous les temps !

On pouvait ainsi découvrir à quel point Miller avait bouleversé les codes du comic book "super-héroïque" à travers ses scénarios concept, son art du découpage, du rythme et de la voix off incisive. Cette révolution par la forme proposait une relecture plus adulte et plus intense de cet univers de héros en collants possédant des superpouvoirs !

L'année 1982 révéla ainsi un Miller au sommet de son art. Il y affirmait son talent, gagnant en maîtrise et en maturité, accouchant d'une série d'épisodes devenus légendaires. Bâties sur un récit de polar urbain haletant et tendu comme un arc, les pages se succédaient au rythme des battements de cœur du lecteur, et montaient en puissance pour exploser dans l'épisode N°181 qui clôture cet album, à travers un climax poignant comme on n'en avait encore jamais vu dans le genre (la mort d'Elektra).
Un très grand moment de bande dessinée.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 31, 2016 10:06 AM CET


Riding the bullet
Riding the bullet
DVD ~ Jonathan Jackson
Proposé par Bobby-Destock
Prix : EUR 4,26

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Un tour de manège avec la mort, 27 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Riding the bullet (DVD)
"Riding the Bullet" est un film d'horreur réalisé par Mick Garris en 2004. Il s'agit de l'adaptation de la nouvelle Un Tour sur le Bolid', écrite par Stephen King en 2000.
Mick Garris s'est fait le spécialiste des adaptations de l'écrivain, puisque il a également réalisé La Nuit Déchirée (1992), Le Fléau (1994), Shining (1997), Desolation (2006) et Bag of Bones (2011).

Le pitch : 1969. Le jeune "Alan Parker", en proie à des hallucinations fréquentes, apprend que sa mère, victime d'une attaque cardiaque, vient d'être hospitalisée. Il traverse alors le Maine en autostop, afin de rejoindre Lewiston, sa ville natale. Son parcours, le temps d'une nuit particulièrement effrayante, ne sera pas de tout repos. Surtout lorsqu'il monte dans la voiture d'un certain "George Staub" (David Arquette), un homme mort depuis deux ans qui lui parle du "Bolid'", le manège d'un parc d'attraction ayant traumatisé Alan lorsqu'il était petit...

J'ai hésité longtemps avant de regarder ce film car, comme tant d'autres adaptations des écrits de Stephen King, il souffre de critiques très défavorables. Une fois encore, je n'aurais pas dû me fier à la tendance car le film en lui-même est plutôt envoûtant et se laisse regarder avec grand plaisir.
Envoûtant grâce à cette atmosphère magique de l'état du Maine, dans lequel se déroulent la plupart des récits imaginés par le King. Grâce à toutes ces scènes nocturnes oniriques, plus impressionnistes que narratives, qui semblent nous inviter à une sorte de cauchemar éthéré et fascinant.
Addictif car, comme toujours, une histoire de Stephen King, c'est la promesse de découvrir des personnages solidement campés, au caractère fouillé, échappant au manichéisme primaire en devenant attachant grâce à un sens du détail inné et savoureux.
Passionnant puisque, à chaque fois, l'on retrouve une toile de fond développant les thèmes récurrents du maitre de l'horreur. "Riding the Bullet" explore ainsi le glissement entre le monde des morts et celui des vivants, tout en évoquant la difficulté de passer du monde de l'enfance à celui des adultes, soit deux des principaux thèmes de l'auteur de Ça, ici réunis comme si l'un nourrissait l'autre. Stephen King a d'ailleurs imaginé cette histoire au moment où sa mère était tombée malade et il tentait ainsi d'exorciser sa peur de la perte d'un être cher par une réflexion profonde sur la mort, teintée de nostalgie et de réminiscences biographiques.

Pour le reste, Mick Garris a ponctué le film d'apparitions fantomatiques en tout genre qui ne font pas toujours sens et qui viennent alourdir le récit en lui procurant une dimension Grand-Guignol dont il aurait effectivement pu se passer. "Riding the Bullet " n'est donc certainement pas un chef d'œuvre, mais il ne mérite pas sa mauvaise réputation de par sa très belle toile de fond et son atmosphère soignée et envoûtante.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 28, 2016 8:54 AM CET


Frankenstein Unbound [Import USA Zone 1]
Frankenstein Unbound [Import USA Zone 1]
DVD ~ John Hurt

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Rétro futuriste, 24 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Frankenstein Unbound [Import USA Zone 1] (DVD)
Ce DVD est un import zone 1 qui ne propose le film qu'en version originale anglaise ou en espagnol, sans piste française ni VOST. Le film demeure inédit en zone 2 en VF ou VOST. Il existe seulement un import allemand...
"Frankenstein Unbound", est un film réalisé en 1990 par Roger Corman. Il s'agit de l'adaptation du roman de Brian Aldiss : Frankenstein délivré ou le Nouveau Prométhée déchaîné, écrit en 1975.

Le pitch : En 2031, le scientifique atomiste "Joe Buchanan" (John Hurt) met au point, dans un New Los Angeles à la technologie avancée et aseptisée, une terrible arme de destruction massive. Les essais réalisés à partir de cette invention créent une faille dans l'espace-temps et "Buchanan" se retrouve aspiré dans cette dernière (avec sa voiture dotée d'une intelligence artificielle). Il se réveille à Genève, en 1816. Là, il rencontre respectivement le "Dr Victor Frankenstein" (Raúl Juliá) et sa créature, puis les poètes Byron (Jason Patric) et Shelley (Michael Hutchence). Il fait enfin la connaissance de Mary Wollstonecraft Godwin (Bridget Fonda), future Mary Shelley, dont il tombe éperdument amoureux...

En 1990, cela fait vingt ans que le grand Roger Corman n'a plus réalisé un seul film, se contentant de produire un nombre assez impressionnant de séries B, voire de séries Z dans le domaine du cinéma fantastique, de l'horreur et de la science-fiction.
Avec le projet vraiment atypique que représente l'adaptation du livre de Brian Aldiss, Corman voit enfin l'opportunité de porter à l'écran une version du mythe de Frankenstein éloignée des adaptations habituelles, sempiternellement versées dans l'horreur gothique façon Universal (Coffret Frankenstein - Édition Collector 4 DVD) ou façon Hammer (Frankenstein s'est échappé !). Un rêve qu'il caressait depuis longtemps.
Après avoir été le grand spécialiste de l'horreur gothique dans les années 60 avec son éblouissant cycle sur Edgar Poe (La Chute de la Maison Usher, La Chambre des Tortures, Le Corbeau, Le Masque de la Mort Rouge, La Tombe de Ligeia), une légendaire série de films interprétés par le mythique Vincent Price, Corman nous rappelle ici qu'il fut un grand magicien du cinéma fantastique, capable de donner à des films à petit budget des airs de grand spectacle flamboyant.

"La Résurrection de Frankenstein" (titre VF) offre une dernière occasion d'admirer la mise en scène savante et épurée du réalisateur, dont le film constitue le dernier baroud d'honneur entant que véritable cinéaste. La première partie, qui dessine un Los Angeles outrageusement futuriste à base de peintures sur verres diaphanes et lumineuses, contraste avec tout le milieu du film, tourné dans des décors d'époque dans la grande tradition du film gothique, avant d'opérer un virage à cent quatre vint degrés lors d'un dénouement dans un futur alternatif onirique, dominé par les glaces du pôle nord, faisant écho à la fin du roman de Mary Shelley.
La créature est quant à elle dotée d'un design inédit, volontairement en rupture avec les icones cinématographiques précédentes (on pense bien sûr à l'acteur Boris Karloff entant que détenteur de l'imagerie universelle liée au personnage). Le monstre offre d'ailleurs l'occasion de mettre en scène les quelques scènes d'action du film, dynamitées par une poignée effets gores, au diapason d'un récit aux confins de la réunion entre le fantastique, l'horreur et la science-fiction.

Dotée d'un classicisme parfois un peu froid mais élégant, la réalisation de cette itération du mythe de Frankenstein permet surtout de développer la brillante toile de fond imaginée par Brian Aldiss :
En jouant trop dangereusement avec la science, "Joe Buchanan" défie l'entendement et les lois divines. Il se retrouve ainsi mis en parallèle avec le mythe de Frankenstein, parfaite illustration de ce dilemme. Mais puisque Frankenstein est une fiction, Buchanan va ainsi évoluer dans un monde où la réalité et la fiction se télescopent, chacune glissant sous l'autre. Rapidement, il va être confronté à une nouvelle impasse : Faut-il guider Mary Shelley vers l'écriture de son roman et lui assurer ainsi la postérité qui devrait être la sienne, où faut-il au contraire empêcher les horreurs commises par la créature de Frankenstein (car Buchanan connait le roman et sait ainsi que certaines personnes vont mourir dans des conditions horribles et injustes) ? Une impasse, puisque chaque décision entraine forcément l'impossibilité à la réalité ou à la fiction d'exister en définitive, entérinant l'importance de l'une sur l'autre !
De cette manière, le récit amène un méta-commentaire vertigineux : Si la science a remplacé les mythes (le remplacement de l'inexpliqué par l'expliqué), elle en a développé de nouveaux. Et en premier lieu celui de Frankenstein, premier véritable roman de science-fiction du monde moderne. Une manière de questionner, entre les lignes, les nouveaux mythes de la modernité...
Génial !

Au final, "La Résurrection de Frankenstein" est un petit film fantastique dont l'ambition artistique souffre parfois de son budget limité ("seulement" 10 millions de dollars) et de sa condition de série B (seulement sept semaines de tournage). Mais, portée par un script épatant et un casting de premier ordre, voilà une œuvre qui mérite largement d'être redécouverte...


Roger Cormans Frankenstein [DVD] (2006) John Hurt; Raul Julia; Bridget Fonda - Import Allemagne
Roger Cormans Frankenstein [DVD] (2006) John Hurt; Raul Julia; Bridget Fonda - Import Allemagne
Proposé par Un monde de Cinéma
Prix : EUR 10,29

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Rétro futuriste, 24 janvier 2016
Ce DVD est un import allemand qui ne propose le film qu'en version originale anglaise ou en allemand, sans piste française ni VOST. Mais il s'agit du seul et unique support actuel, en zone 2, sur lequel on peut trouver ce film injustement oublié du grand public.
"Roger Corman's Frankenstein", initialement intitulé "Frankenstein Unbound", est un film réalisé en 1990 par Roger Corman. Il s'agit de l'adaptation du roman de Brian Aldiss : Frankenstein délivré ou le Nouveau Prométhée déchaîné, écrit en 1975.

Le pitch : En 2031, le scientifique atomiste "Joe Buchanan" (John Hurt) met au point, dans un New Los Angeles à la technologie avancée et aseptisée, une terrible arme de destruction massive. Les essais réalisés à partir de cette invention créent une faille dans l'espace-temps et "Buchanan" se retrouve aspiré dans cette dernière (avec sa voiture dotée d'une intelligence artificielle). Il se réveille à Genève, en 1816. Là, il rencontre respectivement le "Dr Victor Frankenstein" (Raúl Juliá) et sa créature, puis les poètes Byron (Jason Patric) et Shelley (Michael Hutchence). Il fait enfin la connaissance de Mary Wollstonecraft Godwin (Bridget Fonda), future Mary Shelley, dont il tombe éperdument amoureux...

En 1990, cela fait vingt ans que le grand Roger Corman n'a plus réalisé un seul film, se contentant de produire un nombre assez impressionnant de séries B, voire de séries Z dans le domaine du cinéma fantastique, de l'horreur et de la science-fiction.
Avec le projet vraiment atypique que représente l'adaptation du livre de Brian Aldiss, Corman voit enfin l'opportunité de porter à l'écran une version du mythe de Frankenstein éloignée des adaptations habituelles, sempiternellement versées dans l'horreur gothique façon Universal (Coffret Frankenstein - Édition Collector 4 DVD) ou façon Hammer (Frankenstein s'est échappé !). Un rêve qu'il caressait depuis longtemps.
Après avoir été le grand spécialiste de l'horreur gothique dans les années 60 avec son éblouissant cycle sur Edgar Poe (La Chute de la Maison Usher, La Chambre des Tortures, Le Corbeau, Le Masque de la Mort Rouge, La Tombe de Ligeia), une légendaire série de films interprétés par le mythique Vincent Price, Corman nous rappelle ici qu'il fut un grand magicien du cinéma fantastique, capable de donner à des films à petit budget des airs de grand spectacle flamboyant.

"La Résurrection de Frankenstein" (titre VF) offre une dernière occasion d'admirer la mise en scène savante et épurée du réalisateur, dont le film constitue le dernier baroud d'honneur entant que véritable cinéaste. La première partie, qui dessine un Los Angeles outrageusement futuriste à base de peintures sur verres diaphanes et lumineuses, contraste avec tout le milieu du film, tourné dans des décors d'époque dans la grande tradition du film gothique, avant d'opérer un virage à cent quatre vint degrés lors d'un dénouement dans un futur alternatif onirique, dominé par les glaces du pôle nord, faisant écho à la fin du roman de Mary Shelley.
La créature est quant à elle dotée d'un design inédit, volontairement en rupture avec les icones cinématographiques précédentes (on pense bien sûr à l'acteur Boris Karloff entant que détenteur de l'imagerie universelle liée au personnage). Le monstre offre d'ailleurs l'occasion de mettre en scène les quelques scènes d'action du film, dynamitées par une poignée effets gores, au diapason d'un récit aux confins de la réunion entre le fantastique, l'horreur et la science-fiction.

Dotée d'un classicisme parfois un peu froid mais élégant, la réalisation de cette itération du mythe de Frankenstein permet surtout de développer la brillante toile de fond imaginée par Brian Aldiss :
En jouant trop dangereusement avec la science, "Joe Buchanan" défie l'entendement et les lois divines. Il se retrouve ainsi mis en parallèle avec le mythe de Frankenstein, parfaite illustration de ce dilemme. Mais puisque Frankenstein est une fiction, Buchanan va ainsi évoluer dans un monde où la réalité et la fiction se télescopent, chacune glissant sous l'autre. Rapidement, il va être confronté à une nouvelle impasse : Faut-il guider Mary Shelley vers l'écriture de son roman et lui assurer ainsi la postérité qui devrait être la sienne, où faut-il au contraire empêcher les horreurs commises par la créature de Frankenstein (car Buchanan connait le roman et sait ainsi que certaines personnes vont mourir dans des conditions horribles et injustes) ? Une impasse, puisque chaque décision entraine forcément l'impossibilité à la réalité ou à la fiction d'exister en définitive, entérinant l'importance de l'une sur l'autre !
De cette manière, le récit amène un méta-commentaire vertigineux : Si la science a remplacé les mythes (le remplacement de l'inexpliqué par l'expliqué), elle en a développé de nouveaux. Et en premier lieu celui de Frankenstein, premier véritable roman de science-fiction du monde moderne. Une manière de questionner, entre les lignes, les nouveaux mythes de la modernité...
Génial !

Au final, "La Résurrection de Frankenstein" est un petit film fantastique dont l'ambition artistique souffre parfois de son budget limité ("seulement" 10 millions de dollars) et de sa condition de série B (seulement sept semaines de tournage). Mais, portée par un script épatant et un casting de premier ordre, voilà une œuvre qui mérite largement d'être redécouverte...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 27, 2016 6:41 PM CET


CIVIL WAR : PRELUDE
CIVIL WAR : PRELUDE
par Collectif
Edition : Relié
Prix : EUR 29,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 La poule aux œufs d’war, 23 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : CIVIL WAR : PRELUDE (Relié)
Ce recueil de la collection "Civil War", intitulé "Civil War : Prélude", est le tome 0 d'une série de sept (à suivre : les tomes 1, 2, 3, 4, 5 et 6).
Comme cet "Event Marvel" a connu beaucoup de succès (un "event" est un événement majeur réunissant la totalité des séries sur un crossover prétexte), Panini Comics n'a cessé d'ajouter des tomes et aura fini par publier tout et n'importe quoi, assimilant la franchise Civil War a une véritable poule aux œufs d’or. Ce dernier tome en date, alors qu'il est en réalité le prologue à toute la saga, regroupe néanmoins des épisodes assez intéressants pour les lecteurs passionnés par la chose...
L'essentiel des épisodes compilés ici a été publié initialement entre 2005 et 2006, juste avant que ne commence réellement l'event. Ils étaient à l'époque réunis sous la bannière "Road to Civil War"...

L'album se divise en quatre parties distinctes :
1) Amazing Spiderman #529 à 531 (scénario de J.M. Straszynski, dessins de Tyler Kirkham et Ron Garney).
2) New Avengers Illuminati (scénario de Brian M. Bendis, dessins d'Alex Maleev).
3) Fantastic Four #536 et 537 (scénario de J.M. Straczynski, dessins de Mike McKone).
4) New Warriors (Vol.3) #1 à 6 ((scénario de Zeb Wells, dessins de Skottie Young).

- Amazing Spiderman : Voyage à Washington (☆☆☆ et demi).
Il était temps ! Panini Comics s'est enfin décidé à intégrer dans sa collection le VERITABLE prologue au crossover "Civil War", qui envoie Peter Parker et Tony Stark en voyage à Washington (d'où le titre). C'est effectivement avec ces trois épisodes que l'éditeur Marvel a réellement introduit les prémices de la saga. On voit les personnages "affronter" les membres du parlement et tenter de négocier la future loi sur le recensement des surhumains, loi qui aboutira au déclenchement de la "Guerre Civile des super-héros". C'est également dans ces épisodes que Tony Stark offre à Spiderman son costume high-tech copié sur celui d'Iron Man. Ces épisodes n'ont rien d'exceptionnels (les dessins sont très fonctionnels) mais, entant que réel prologue au crossover à venir, ils sont indispensables pour le complétiste souhaitant contempler les événements liés à "Civil War" dans leur ensemble.
A noter que ces trois épisodes complètent le run de JMS en librairie (à 5 épisodes près). Cela commence avec les trois tomes de la collection "Spiderman par J.M. Straczynski" (Tome 1, Tome 2 et Tome 3). La suite reprend dans Spiderman : L'Autre (épisodes #525 à 528), Civil War : Prélude (épisodes #529 à 531), Civil War tome 2 : Vendetta (épisodes #532 à 538) et Spiderman : Un Jour de Plus (épisodes #539 à 545). Panini n'a pas souhaité publier de tomes 4 et 5 à sa collection "Spiderman par J.M. Straczynski" car tous les épisodes suivants sont des crossovers (en relation avec d'autres sagas, notamment "Civil War")...

- New Avengers Illuminati (☆☆☆).
Le one-shot "Illuminati" sert également de prologue à "Civil War", ainsi qu'à Planète Hulk (une autre grande saga du moment). Ce récit en huis-clos use de rétro-continuité en révélant que, depuis la première guerre Krees / Skrulls, les plus grands super-héros de la planète (au sens intellectuel du terme, heureusement que les autres ne le savent pas !!!), à savoir Dr Strange, Iron Man, le Professeur X, le Prince Namor (ce dernier n'est peut-être pas si intellectuel que ça, finalement...), Flèche Noire et Mr Fantastic, se réunissent en secret afin de prévenir le monde des dangers qui le menacent. Ces quelques pages n'ont rien de particulièrement transcendant et se contentent de servir de prologue à deux des grandes sagas Marvel à venir. Maleev réalise un travail assez original, où les super-héros dans leur version old-school sont traités en mode réaliste !
La chose a déjà été publiée dans tous les coins. Notamment dans un recueil deluxe de la série navrante de Brian M. Bendis du moment : New Avengers tome 3.

- Fantastic Four : Un objet Céleste (☆☆☆).
Entre 2001 et 2007 (l'âge d'or du Marvel moderne pour votre serviteur !), le scénariste J.M. Straczynski fait feux de tout bois. Il conduit parfois trois séries majeures de concert, à savoir "Amazing Spiderman", "Thor" et "Fantastic Four". Le fait est que, à l'époque de "Civil War", "Thor" est mort ! En effet, on a vu le dieu nordique trépasser dans la (superbe) saga Ragnarok, en 2004. Et c'est notre scénariste (JMS pour les intimes) qui doit s'occuper de sa résurrection dans la série dédiée au personnage (ben oui hein, vous ne pensiez tout de même pas que le "Thor" allait rester mort...). Il profite ainsi de cette période de transition menant à "Civil War" afin de préparer ce retour dans les pages de la série "Fantastic Four". Car, oui ! "L’objet céleste" annoncé dans le titre n'est rien d'autre que "Mjolnir", le marteau de "Thor", qui tombe du ciel et échoue dans le désert de l'Oklahoma où, telle l'épée Excalibur, git sans que personne ne puisse l'en déloger !
C'est alors que l'infâme "Fatalis" entreprend de convoiter le dit-marteau, envoyant derechef une armée de "fatalibots" affronter les "quatre Fantastiques"...
Ceux qui se demandaient ce qu'il s'était passé entre "Ragnarok" et Renaissance doivent donc lire ces deux épisodes de la série "Fantastic Four", qui ne servent pas à grand chose dans la perspective de "Civil War" (enfin, si, ils servent à rappeler que "Thor" est mort !), mais qui expliquent comment et pourquoi (bien que de manière un peu nébuleuse...), "Mjolnir" a atterri en Oklahoma, future terre d'accueil du royaume d'Asgard...
Pour le reste, ces épisodes en eux-mêmes ne sont pas d'un niveau intellectuel très élevé et l'on y voit surtout la "Chose" ratatiner un maximum de "fatalibots"...

- New Warriors (Vol. 3) : Dure Réalité (☆☆☆).
Aïe aïe aïe ! C'est vraiment à reculons que je me suis engagé dans la lecture de cette mini-série, qui compose tout de même le plat de résistance de ce recueil puisqu'ils occupent la moitié de sa pagination.
Ce n'était pas gagné d'avance : Une équipe de super-héros adolescents (le genre de postulat qui peut vite tomber dans le racolage), un super-héros infantile que je hais ("Speedball", l'ado qui rebondit sur les murs !!!) et, pour finir, le dessinateur de comics que je déteste le plus au monde, à savoir Skottie Young !).
Les premières pages m'ont vite mené à l'exaspération la plus totale : Humour de m****, dessins hystériques, super-héros caricaturaux insupportables. La cata.
Oui, je sais, tout le monde aime Skottie Young sauf moi. A moi, il me rappelle les dessins racoleurs que les ados adorent sur les graffitis, avec des pantalons baggy et des grosses baskets (car Young dessine vraiment ses personnages comme ça). Une esthétique qui côtoie l'idolâtrie religieuse, qui crée l'émeute par sa simple connotation. C'est-à-dire que le dessin en lui-même déclenche une attraction fétichiste chez le lecteur, qui se délecte uniquement de l'état d'esprit de ce qu'il lit, et non du contenu (ce que ça raconte). Enfin, pour moi, Skottie Young c'est du fétichisme régressif. Ce sont des fans de comics qui veulent retomber dans leur état larvaire, c'est le retour des super-héros dans leur sphère infantile, d'où il a été si difficile de les extraire à coup de Watchmen.

J'ai ainsi franchi courageusement, j'allais dire héroïquement les deux premiers épisodes. En grande partie par admiration pour le scénariste Zeb Wells, dont j'apprécie énormément le travail en règle générale. Et j'ai quand même bien fait, car il aura fallu trois épisodes au duo Wells/Young pour trouver le bon équilibre.
Le troisième épisode est effectivement un petit bijou. Là, les auteurs se calment et Zeb Wells s'intéresse de près à ses personnages, auxquels il apporte un regard sensible en revenant sur les origines de la formation de l'équipe. En plus d'épaissir la personnalité de ses héros, l'épisode est également l'occasion de développer enfin le sous-texte de la série, qui explore les arcanes de la téléréalité (car les "New-Warriors", c'est une équipe de super-héros formée par une chaine de téléréalité afin de surfer sur la fascination du jeune public pour les héros en slip !), développant ainsi une passionnante toile de fond sociétale.
Les trois épisodes suivants sont très sympathiques, puisqu'ils permettent encore de développer les personnages en les confrontant à des supervilains de seconde zone particulièrement bien utilisés dans le script (respectivement le "Penseur fou" et le "Corrupteur"). Hélas, l'action reprend vite le dessus et, surtout, la fin de la série est précipitée, coupant net cet élan au moment où ça devenait intéressant. Car l'éditeur Marvel, à ce stade, décide que les "New Warriors" seront les déclencheurs de "Civil War" en étant responsable, involontairement, de la catastrophe de la ville de Stamford, causant la mort de 600 personnes et conduisant à la loi sur le recensement des surhumains. D'où la présence de cette mini-série dans ce tome 0.
Ce dernier récit est donc relativement réussi mais gâché par un arrêt prématuré, ce qui va devenir la spécialité de l'éditeur Marvel pour toutes les bonnes séries à venir, les réorientant systématiquement sur un crossover ou un event banquable !
Je dois enfin avouer que le graphisme de Skottie Young, en définitive, est plutôt bien adapté à la tonalité des personnages, dont l'état d'esprit immature fait écho au style cartoony du dessinateur. Si l’on excepte les insupportables tics racoleurs relevé plus haut, on peut effectivement trouver un rapport harmonieux entre le fond et la forme dans cette perspective de développer les aventures d’une bande de super-héros juvéniles, qui au passage en prennent plein la poire !
On est toutefois loin de la réussite exceptionnelle d'autres séries Marvel centrées sur des héros adolescents, comme Les Fugitifs ou les Young Avengers.
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Le Hobbit
Le Hobbit
par d'après J.R.R. Tolkien
Edition : Relié
Prix : EUR 16,95

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 L'unique est mon précieux..., 15 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Hobbit (Relié)
Pour les novices, rappelons que "Le Hobbit" raconte la jeunesse de "Bilbon Sacquet", lorsqu'il accompagne une bande de nains à la reconquête de leur royaume, aux griffes d'un puissant dragon, et qu'il prend l'Anneau au perfide "Gollum".

Etrangement, alors que le medium de la bande-dessinée se prête plus que les autres à l'exercice de l'adaptation (le dessin en images fixes permettant des effets spéciaux illimités pour un budget quasiment nul), il y a eu très peu d'auteurs de bande-dessinées qui se sont risqués à l'adaptation des récits de la "Terre du milieu".
Nul doute que l'idée d'adapter Le Seigneur des Anneaux a du titiller plus d'un dessinateur ou scénariste (tiens, quand j'étais gamin et que voulais faire de la BD, je rêvais de faire ça plus tard !). Mais tous, apparemment, se sont découragés avant même de se lancer dans une telle entreprise !
En réalité, une seule bande-dessinée, en l'occurrence un comic book, s'est pleinement chargé de la mission : "Le Hobbit" de Chuck Dixon (scénario) et David Wenzel (Illustrations), réalisé en 1989.

Il suffit de lire quelques pages de ce comic book pour comprendre ce qui a obligé tous les éventuels prétendant à rebrousser chemin su le terrain de l'art séquentiel : Tolkien était bavard ! Ce n'était pas Balzac, mais presque !
Dixon & Wenzel ne disposent pas d'une infinité de sources narratives et optent pour une solution intermédiaire entre l'image et le texte. Chuck Dixon reprend ainsi les mots de Tolkien, dans les phylactères lorsqu'il s'agit de dialogues, et dans les encarts de texte pour le reste. Il cesse de reprendre le texte originel dès que les images de Wenzel viennent compléter les mots en évitant de décrire ce qui est montré par le dessin. Cette solution offre un résultat fluctuant selon que certaines planches nécessitent plus ou moins de texte (deux exemples opposés dans les images ci-dessous), mais elle a le mérite de réaliser une adaptation extrêmement fidèle, presque exhaustive du roman.
Evidemment, la gigantesque "Bataille des Cinq armées" qui, chez Peter Jackson, occupera un film entier de près de trois heures, nécessite ici des coupes drastiques et une surabondance d'explications écrites, compressant le dernier quart du comic book en noyant le lecteur sous une avalanche de didascalies.

Certaines séquences sont en revanche fort bien restituées, comme celle dévolue aux aigles après la fuite des "Monts brumeux". Dans les livres de Tolkien, on comprend bien pourquoi les aigles n'interviennent que très peu souvent : Ce sont des animaux qui n'éprouvent aucune amitié pour les autres créatures, et surtout pas pour les humanoïdes. Mais ils apprécient beaucoup "Gandalf", qui a un jour guéri leur seigneur "Gwaihir". Donc, le magicien sait qu'il ne peut leur demander leur aide que très peu de fois, raison pour laquelle il ne le fait qu'en cas d'extrême nécessité !
Un détail appréciable qui fait défaut dès qu'il n'est pas exposé, faisant apparaitre ces animaux (notamment dans les films de Peter Jackson), comme un bien pratique Deus Ex-machina...

Il s'agit en définitive d'une adaptation à la fois rigoureuse et académique, presqu'un modèle standard. Un exercice visant à sélectionner le texte qu'il s'agit de garder, et de le compléter par les images à chaque fois que l'on peut éviter d'écrire ce que l'on voit.
Le résultat est plutôt réussi. Ce n'est pas toujours très fluide et pas toujours très fun, certainement pas très original. Mais c'est très efficace et, pour peu que l'on aime l'univers de Tolkien, il s'agit d'une adaptation d'excellente qualité, dont le rapport entre le contenant (l'histoire de "Bilbon le Hobbit") et le contenu (les dessins de David Wenzel), opère un plaisir manifeste, qui passe largement au dessus de toutes les contraintes scénaristiques inféodées à un tel exercice.

Evidemment, les planches de David Wenzel, grand spécialiste de l'univers graphique médiéval, sont au diapason de cette transposition presque littérale réalisée depuis le premier livre de la Terre du milieu : Plume délicate, aquarelles diffuses, imagerie universelle, tout concoure à faire de cette illustration séquentielle une parfaite adaptation de "Bilbon le Hobbit", dans son imagerie la plus classique...
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Le Hobbit - La trilogie [Version longue - Blu-ray + Copie digitale]
Le Hobbit - La trilogie [Version longue - Blu-ray + Copie digitale]
DVD ~ Ian McKellen
Prix : EUR 59,99

10 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Return of the King Size, 14 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Hobbit - La trilogie [Version longue - Blu-ray + Copie digitale] (Blu-ray)
Il n'y aura rien dans mon commentaire sur la qualité des blu-ray, entendu que de toute manière ils sont au top du top.
Du côté du packaging, certains ont déjà bien commenté la chose, mais soit : Le boitier est honorable. En carton entièrement vernis, il s'ouvre comme un coffre et dévoile, sous le couvercle, la carte dessinée par Tolkien lui-même que l'on trouve à l'origine dans le roman. A l'intérieur du coffret, trois boitiers DVD individuels dans leur emballage d'origine (les mêmes que lors des achats distincts), contenant chacun trois disques (sauf le DVD du premier film qui contient 5 disques, avec la version DVD du film séparée en deux parties). En tout, 6 disques de bonus numérotés de 7 à 12 (suite à ceux du Coffret Trilogie Le Seigneur des Anneaux - Intégrale Versions longues - 15 disques [Blu-ray] [Version Longue - Édition spéciale]).

Je propose à présent un tour d'horizon sur le film lui-même, afin de relever ses caractéristiques sur le terrain de l'adaptation par rapport au roman de J.R.R. Tolkien. Nous survolerons uniquement les versions longues des trois films, à savoir "Un Voyage Inattendu", "La Désolation de Smaug" et "La Bataille des Cinq Armées". Cette nouvelle adaptation se situe dans la continuité du Seigneur des Anneaux, dont elle constitue une préquelle.

Pour les novices, rappelons que "Le Hobbit" raconte la jeunesse de "Bilbon Sacquet", l'oncle de "Frodon", lorsqu'il accompagne une bande de nains à la reconquête de leur royaume, aux griffes d'un puissant dragon, et qu'il prend l'Anneau au perfide "Gollum". Nous retrouvons, outre le charismatique "Gandalf", les peuplades qui nous sont désormais familières (elfes, hobbits et autres orques), tout en en découvrant de nouvelles. Mais ce sont surtout les nains qui tiennent ici le haut de l'affiche. Treize nains, en ce qui concerne l'essentiel du récit, emportés par la fureur de leur quête et leur soif de vengeance. C'est ainsi très complémentaire, dans la mesure où ce fut la race de la Terre du milieu la moins exposée dans les événements du "Seigneur des Anneaux".

D'un point de vue formel, je serais intransigeant malgré l'opinion générale : "Le Hobbit" est encore plus fluide et plus équilibré que "Le Seigneur des Anneaux". Les effets spéciaux ont gagné en précision et en ampleur. L'humour y est plus diffus et naturel, davantage inféodé à la mythologie concernée (pas d'elfe qui fait du surf sur un bouclier. Pas de lancer de nain...). A noter que la musique, y compris les chansons du générique de fin, avec leurs accents celtes et écossais, sont également au diapason de cette mythologie, mettant l'accent sur les objectifs d'une adaptation d'une honnêteté artistique optimale.

Certaines critiques négatives ont néanmoins reproché à cette seconde adaptation son trop plein d'action. Non que je veuille contester à tout un chacun sa liberté de penser, mais le livre de Tolkien regorge d'action ! L'écrivain éprouvait le besoin manifeste de lancer ses personnages dans un récit plein de bruit et de fureur, et Peter Jackson n'a fait que le transposer à l'écran.

Les nombreux rajouts, les différences au niveau des descriptions et personnages ("Thorin Ecudechêne" est nettement rajeuni, la jolie elfe "Tauriel" n'existe pas dans les romans..) et la durée ostentatoire de l'ensemble (à peu-près neuf heures en tout) ont également été largement critiqués.
Effectivement, que pouvaient nous raconter trois longs films sachant que le livre originel ne comporte pas plus de 370 pages ? Car par comparaison, Le Seigneur des anneaux en impose tout de même plus de 1600 !

Peter Jackson a en effet choisi d'aller à l'envers de la précédente adaptation en nous offrant un scénario qui, non seulement n'oublie pas une ligne du roman originel, mais qui en plus l'étire, le développe, le complète ! Là où la trilogie précédente faisait table rase d'un nombre conséquent de chapitres entiers issus des trois tomes du "Seigneur Des Anneaux", "Le Hobbit" est à la fois une adaptation exhaustive de son matériau et un large prolongement des écrits du maître. Ainsi, de nombreuses séquences s'emploient à combler les trous et à creuser les fondations qui mènent du "Hobbit" au "Seigneur Des Anneaux" !
A commencer par les quelques évocations distillées dans le livre originel, qui sont ici directement montrées (notamment lorsque "Gandalf" retrouve "Thrain", le père de "Thorin Ecudechêne" prisonnier du "Necromancien", alias "Sauron" en personne !).

Peter Jackson et ses gentes dames co-scénaristes ont également développé tout ce qui a été évoqué plus tard de manière rétro-continue dans "Le Seigneur des Anneaux", au cours du très long chapitre intitulé "Le Conseil d'Elrond" (lorsque "Gandalf" parlait des événements contemporains du livre de "Bilbon le Hobbit" afin de remonter aux origines du retour de "Sauron" en "Terre du milieu"). Mais ils ne se sont pas contentés de nous montrer ce que racontait alors le magicien. Ils ont aussi imaginé tout ce qu'il avait omis, mais qui, entre les lignes, était probable, comme la participation au combat de personnages aussi puissants que "Saroumane" (bien avant sa future trahison), "Galadriel", "Elrond" ou encore "Radagast". Autant de figures majeures de la mythologie consacrée qui, à l'origine, n'existaient pas encore lorsque Tolkien rédigea les lignes de son premier roman !

En ajoutant toutes ces séquences, formidables pour les fans, les scénaristes ont véritablement creusé dans le terreau mythologique du "Troisième âge" et ont prolongé sans jamais le trahir le récit jadis rédigé par l'écrivain. Et comme dans "Le Seigneur des Anneaux", ils ont privilégié le spectacle en montrant directement ce qui n'était que suggéré. Un véritable trip de geek, dont les nombreux fantasmes ("Saroumane" combattant les "nazguls" ou "Galadriel" affrontant "Sauron" avec son anneau "Nenya" !) sont désormais matérialisés en écran large !

Sur le terrain des nombreux changements, notons que l'histoire d'amour entre le nain "Kili" et l'elfe "Tauriel" n'a jamais existé dans le roman originel, et telle idylle n'a d'ailleurs jamais été évoquée par Tolkien dans aucun de ses écrits. Mais il s'agit d'un parti-pris tout à fait acceptable qui fait écho à l'histoire de "Beren & Luthien" et à celle d'"Aragorn & Arwen", et qui redonne une certaine noblesse au peuple des nains après leur traitement dans "Le Seigneur des Anneaux". Et comme le manque de présence féminine a toujours été montré du doigt dans ce type d'aventure, il est évident que le trio de scénaristes a voulu contrebalancer un peu le taux de testostérones...

Certes, la dramaturgie de cette préquelle est beaucoup plus légère que celle de la quête de l'Anneau, mais elle véhicule toutefois les mêmes thèmes (tels le "Renoncement" ou le "poids de l'Héritage"), tout en construisant une solide architecture mythologique, baignée de noblesse chevaleresque et de références séculaires.

En revanche, on peut regretter un certain compromis commercial qui culmine avec un trop plein de séquences pyrotechniques et, comme dans l'adaptation du "Seigneur des Anneaux", des combats beaucoup trop aseptisés où de petites créatures viennent à bout de plus grosses et plus fortes avec trois cabrioles infantiles.
A ce titre, chaque film possède trois ou quatre de ces scènes d'action pyrotechniques (la poursuite dans les mines des "Monts brumeux" avec les gobelins, la cavalcade sur les tonneaux le long de la "Forest river", le combat contre le dragon "Smaug", et l'attaque du charriot blindé dans la version longue de "La Bataille des Cinq Armées"). Ce sont pour ma part des scènes exaspérantes, désincarnées, infantiles, vulgaires et idiotes. Du video-game donné en pâture aux spectateurs avides de scènes d'action bourrines.
Pour autant, ces extraits ne semblent pas déplaire à tout le monde et certaines critiques, chez Mad Movies par exemple, louent la chose comme "les morceaux de cinéma les plus virtuoses jamais chorégraphiés par Jackson". Mouais... J'aurais largement préféré des scènes de combat plus réalistes et crédibles, naturalistes et viscérales, dans le genre de celles de Braveheart. Maintenant, je me souviens d'un entretien avec Peter Jackson dans les bonus des DVD, où il expliquait qu'afin de trouver le financement nécessaire à la genèse de son projet, il s'était engagé à réaliser un spectacle grand-public, et donc le résultat devait contenir son lot de scènes d'action grand-public...

Pour les amoureux de la précédente adaptation de Peter Jackson, disons que tout y est, de la musique d'Howard Shore (qui reprend le thème de l'Anneau et en développe des nouveaux) aux sublimes paysages de la Nouvelle-Zélande ; du casting (identique aux films précédents lorsqu'il s'agit des mêmes personnages, avec de nouveaux acteurs formidables) ; de la construction narrative aux récits de batailles homériques, le tout est gargantuesque, homérique et roboratif.
Maintenant, contrairement au "Seigneur des Anneaux", on peut-être déçu au final car au lieu de progresser dans la dramaturgie avant tout, Le Hobbit étouffe cette dernière composante en privilégiant l'action pyrotechnique AVANT TOUT, pour un résultat, hélas, beaucoup plus désincarné en définitive.

Peter Jackson poursuit néanmoins sa destinée en s'imposant comme le cinéaste miraculeux qui aura offert au monde l'illustration de la "Terre du milieu" sous le medium total du cinématographe. Il ne nous reste plus qu'à attendre, comme il l'a suggéré, qu'il s'attaque au Silmarillion ou à d'autres récits du "Premier ou du Deuxième âge"...
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Spider-man: Les incontournables, n° 6 -Le retour du bouffon vert
Spider-man: Les incontournables, n° 6 -Le retour du bouffon vert

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Toute première fois..., 13 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Spider-man: Les incontournables, n° 6 -Le retour du bouffon vert
Ce recueil de la collection "Spider-man les incontournables" regroupe quelques épisodes dédiés, comme la plupart des autres tomes (huit numéros au total), à l'un des pires ennemis de "l'Homme-araignée". Il s'agit du célèbre "Bouffon vert", alias "Norman Osborn", le père de son meilleur ami "Harry" !
Nous trouvons ici le fascicule (fac-similé) de l'épisode "Amazing Spider-Man" #99 de 1971 intitulé "Panic In The Prison !", réalisé par Stan Lee (scénario) & Gil Kane (dessin).
Le recueil en lui-même regroupe les épisodes "Amazing Spider-Man" #96-98 (1971 : Scénario de Stan Lee, dessins de Gil Jane) et #121-123 (1973 : Scénario de Gerry Conway, dessin de Gil Kane).
Ce sixième tome assure le prolongement de Spider-man les incontournables N°4 : La Menace du Bouffon vert, puisqu'il reprend à la suite du précédent les épisodes historiques marquant le combat entre Spiderman et son pire ennemi.

- "Amazing Spider-Man" #96-99 : C'est le retour du Bouffon vert !
Alors que Norman Osborn recouvre peu à peu la mémoire (il se souvient qu'il est le Bouffon vert et que Peter Parker est Spiderman), son fils Harry sombre dans la dépendance à la drogue. Heureusement, une fois encore, le combat qui l'oppose à l'Homme-araignée le laissera... amnésique...
Face à cet élément dramatique, Peter Parker et Gwen Stacy vont tout de même effectuer leurs retrouvailles après une certaine traversée du désert, et nouer définitivement leur relation amoureuse exclusive.

- "Amazing Spider-Man" #121-123 : C'est le retour du Bouffon vert !
Cette fois, l'éditeur franchit un pas décisif et commet l'irréparable : Un personnage majeur de la série décède. C'est la mort historique de Gwen Stacy ! Le Bouffon vert meurt à son tour dans l'épisode suivant. Pas d'amnésie cette fois-ci.

Evidemment, ce recueil vaut surtout pour le double épisode de la mort de Gwen Stacy et du Bouffon vert. Si Osborn reviendra en 1996 dans La Saga du Clone, la jolie Gwen connait la première mort définitive de l'univers Marvel depuis celle de l'oncle Ben, dans le premier épisode de la même série.
C'est une étape majeure pour l'histoire des comics de super-héros, qui mettent ici un pied dans la sphère adulte. D'ailleurs, la série est à l'époque particulièrement sombre (pour une série relativement enfantine), et les épisodes #96-98, qui composent la première partie de notre recueil, commencent déjà très fort avec un Harry Osborn accroc au LSD, qui se fait plaquer par Mary-Jane Watson dans des conditions assez sordides !

A cette époque, Stan Lee passe le relai de la série à d'autres auteurs, à commencer par Gerry Conway. Le premier geste fort de la nouvelle équipe artistique, qui est chapeautée de près par John Romita Sr (le dessinateur précédent qui passe également le relai tout en gardant un œil attentif sur la suite des événements en assurant l'encrage) est de se débarrasser de la jeune Gwen. Une inspiration de Romita, à ce qu'il parait, qui avait créé le personnage de Mary-Jane Watson et qui souhaitait lui offrir une importance croissante auprès du héros.
Stan Lee, alors grand ponte de la Marvel, regretta ce choix et tenta de faire revivre le personnage à l'occasion de la "première saga du clone" (disponible dans la même collection : Spider-man - les incontournables n°7 Face-À-Face Avec Le Clone). Mais, étonnamment, le public avait apprécié le choix de ce décès et s'opposa au retour factice de la jeune femme ! Une manière de démontrer que, en ce milieu des année 70, le dit-public accédait en douceur à une ère plus mature.

Pour l'essentiel, ces épisodes souffrent toujours du poids de l'âge et affichent une réelle lourdeur formelle, accentuée par un script d'une très grande naïveté (les fameux statuquos systématiques en fin d'arc narratif lorsque Norman Osborn redevient systématiquement amnésique !). Mais l'ensemble se laisse lire avec un réel plaisir notamment grâce à l'intensité de ces événements particulièrement sombres. A noter que la série connait ici un pic, et qu'elle va malheureusement retomber dans les aventures infantiles pour encore quelques années.
Aujourd'hui, ces épisodes sont entrés dans la légende et sont devenu très importants pour la continuité.
Attention, il ne s'agit pas d'une importance de fond, car le personnage du Bouffon vert a depuis tellement évolué que le fait de relire ces épisodes prête à sourire tant sa personnalité actuelle ne reflète en rien celle qui était la sienne à cette époque (une sorte de "victime" de la science. Un homme bon rendu fou par ses expériences). On est effectivement bien loin du psychopathe de l'époque des Thunderbolts ou du Dark Reign. En revanche, on peut parler d'une importance éditoriale car il s'agit d'événements sans cesse rappelés dans la série au cours des années, et qui ont marqué les lecteurs entant que période phare de la mythologie consacrée.
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Marvel collector 5 : Spider-Man & Wolverine
Marvel collector 5 : Spider-Man & Wolverine
par Collectif
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Un fauteuil pour deux, 13 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Marvel collector 5 : Spider-Man & Wolverine (Broché)
"Spiderman / Wolverine : Deux Contre Le Monde Entier" ("Stuff Of Legends") est une mini-série de quatre épisodes réalisée en 2003 par le scénariste Brett Matthews et le dessinateur Vatche Mavlian (avec une mise en couleur de Paul Mounts).

Spiderman et Wolverine se retrouvent à l'autre bout du monde dans des circonstances peu communes, avant de parcourir plusieurs continents... Ils devront déjouer une énigme particulièrement complexe impliquant le S.H.I.E.L.D. et Nick Fury en personne !
Action, espionnage et conspiration à grande échelle se télescopent au programme d'une aventure menée à cent à l'heure, pleine de rebondissements et d'humour.
L'intérêt principal du récit se situe dans l'opposition des caractères entre les deux personnages principaux. C'est une composante très classique que l'on retrouve très souvent dans les comics de super-héros, mais cela fonctionne à plein régime entre un Spiderman altruiste, roublard et racoleur, et un Wolverine teigneux et rustre comme un animal sauvage. Finalement, le scénario tombe presque comme un cheveux sur la soupe tant il est évident que l'ensemble n'a été imaginé qu'afin de mettre en avant cette dualité savoureuse.
L'histoire n'est pas inintéressante pour autant, car c'est rythmé et bourré de rebondissements, avec deux ou trois "twist" qui viennent pimenter une trame de l'ordre du pur et simple divertissement.

Mais le scénariste et le dessinateur réalisent un travail fluctuant. Que ce soit au niveau du script, du découpage, des dialogues ou des dessins, l'ensemble est franchement très inégal. De nombreuses maladresses, tant au niveau du texte que de la mise en scène, côtoient ainsi des vignettes où le superbe et l'affreusement bâclé sont à égalité. Sauf pour Paul Mounts, qui réalise une mise en couleur impeccable.
Du comicbook léger et inoffensif. Sympa pour se divertir. Dispensable pour les lecteurs exigeants sur la qualité picturale et scénaristique. De toute manière, qui se souvient aujourd'hui de ce récit et de ce duo d'auteurs ? ☆☆ et demi.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 13, 2016 10:33 PM CET


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