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Contenu rédigé par viou1108
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viou1108

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Cinquante nuances de Grey
Cinquante nuances de Grey
par E L James
Edition : Broché
Prix : EUR 17,00

4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Tout ça pour ça, 15 mai 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Cinquante nuances de Grey (Broché)
Bon voilà, on m'a offert ce livre à Noël, donc je l'ai lu. Sinon, je ne l'aurais jamais acheté. Désolée pour ceux qui ont adoré, mais autant vous prévenir, il y a de la casse dans l'air.
50 nuances…Ben non, justement. Aucune subtilité, ni vraisemblance dans ces 560 pages. Les personnages sont stéréotypés. Ana, jeune oie blanche et vierge de 21 ans, attend l'homme de sa vie et se croit moche alors qu'en toute objectivité elle est canon. Christian, beau (à tomber), jeune (27 ans quand même), riche (à milliards), dur en affaires mais pas trop (il est quand même préoccupé par « la faim dans le monde »), est le gendre idéal, sauf que (vous ne devinerez jamais) il cache une part d'ombre ET une enfance malheureuse ET une adolescence pervertie par une amie de sa mère qui l'a initié au SM. le pauvre…Tout ça explique, psycho de comptoir à l'appui, pourquoi ce pervers pathologique ne peut envisager les relations homme-femme que comme des relations dominant-soumise où l'amouoûûr est inexistant. Sauf que celui-ci va prendre les traits d'Ana et venir perturber la mécanique bien huilée (oups…) du Contrat. Mais que comme il y a 2 bouquins qui suivent, on ne sait pas encore si ça va se terminer en conte de fées ou en tragédie grecque, parce que bien sûr, face à un Christian que son Destin semble avoir condamné à être incapable d'aimer, Ana est tiraillée entre sa conscience (« ce type ne t'aime pas, il va te briser le cœur, fuis-le tout de suite ») et sa « déesse intérieure » (« oui mais qu'est-ce qu'il te fait jouir, c'est trop bon, tu le sens jusque « là », vas-y fonce ! »). Enfin, cette liaison fera vivre à Ana des expériences palpitantes (comme voler en hélico, voyager en 1ère classe en avion, envoyer des mails à partir d'un portable Apple et d'un Blackberry – eh oui, le placement de produits…). Parce que pour ce qui est des scènes de sexe « épicées », principal argument de vente de ce pavé, ça peut certes faire frétiller quelques instants la ménagère de moins de 50 ans, mais de là à grimper aux rideaux toute la nuit…Pas de quoi fouetter un chat (une chatte ?) ou jeter les hauts cris (de plaisir), même dans la Chambre rouge de la Douleur. C'est répétitif, pas subtil et pas très excitant. Ca manque cruellement d'imagination et d'intensité, et c'est mal écrit, on a l'impression qu'ils jouissent en 2min30 montre en main, et puis quoi ? c'est déjà fini ?
Voilà pour le contenu. Quant à la forme, soyons direct : qualité littéraire nulle, même si la lecture est fluide (pas étonnant vu qu'il est beaucoup question de fluides corporels ici. Oups, pardon, je me laisse aller…). Vocabulaire niveau école primaire, et c'est dommage vu la panoplie de mots qui auraient pu érotiser bien davantage ce texte pour vraiment électriser l'imagination et les sens du lecteur. de plus, la vulgarité (« je veux te baiser », « bordel de merde »,…) m'a gênée. Non pas que mes oreilles soient particulièrement chastes, mais j'ai trouvé ça incongru, gratuit, mal placé : ça ne cadre pas avec les personnages plutôt lisses et « classes ». D'accord, l'auteur a voulu révéler leur côté sombre pour nous affrioler, mais ce n'est vraiment pas convaincant.
C'est bourré aussi de « tics » d'écriture : Ana se mordille la lèvre inférieure, lève les yeux au ciel, et Christian penche la tête sur le côté, tire les cheveux d'Ana pour lui renverser la tête en arrière,…si souvent qu'on se demande si l'auteure a relu son texte, ou si elle se moque du lecteur, ou si elle fait du remplissage pour atteindre les 500 pages.
En fait tout ça s'est révélé fort ennuyeux, et si j'ai tourné les pages rapidement, c'était dans l'espoir qu'il se passe enfin quelque chose.
Quoi qu'il en soit, le succès de ce bouquin en dit long sur l'état de son lectorat : la vie des lectrices est-elle à ce point vide et étriquée pour se précipiter sur ce ramassis de clichés pseudo romantico-sadiques ? Ca mériterait une thèse de doctorat…
La 4ème de couverture est ridicule en plus d'être trompeuse : « libérateur et totalement addictif, ce roman vous obsédera, vous possèdera et vous marquera à jamais ». « Libérateur », franchement…Comme dirait Ana, « putain de bordel de merde », on n'est pourtant plus à une époque où les vierges effarouchées courent les rues (ou plutôt les couvents), si ? Pitié, rassurez-moi…
Même la présentation de l'auteure sur la 4ème de couv' ne lui rend pas service : « elle a enfin trouvé le courage de prendre sa plume… ». M'enfin, mais si c'était aussi difficile que ça d'écrire ce texte au vocabulaire et à l'intrigue limités, aux scènes répétitives et prévisibles, pourquoi ne s'est-elle pas abstenue ?
En tout cas, elle a réussi un tour de force commercial qui lui assure une confortable retraite entourée de son mari et de ses deux enfants, grâce au battage médiatique et au succès des produits dérivés, sans compter le futur film. « Waaouhh », comme dirait Ana. Même les détracteurs y trouvent leur compte (en banque) à coup de pastiches (50 nuances de Glauque,…).
Bref un super-coup (je parle du livre, pas de Christian) marketing, avec deux mérites (bah oui, quand même) : d'abord si on prend tout ça au 2ème degré, il y quelques réflexions et situations marrantes, et ensuite j'ai découvert quelques beaux morceaux de musique classique. Mais je n'ai toujours pas compris comment on peut avoir envie de « baiser » en écoutant le motet à 40 voix de Thomas Tallis. Je ne suis sans doute pas assez …romantique…


Zona frigida
Zona frigida
par Anne B. RAGDE
Edition : Poche
Prix : EUR 8,40

Aucun internaute (sur 1) n'a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Polairement vôtre..., 18 septembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Zona frigida (Poche)
L'histoire commence avec Bea, jeune et belle trentenaire norvégienne, caricaturiste, éprise de liberté et allergique aux horaires, à la vie sentimentale chaotique. Entre une cigarette et une bouteille de gin, elle prépare son départ pour une croisière vers le Spitzberg, dans les eaux glacées de l'Arctique. Très vite, on comprend qu'il ne s'agit pas de prendre des vacances, mais que ce voyage a un but bien précis, qu'on ne découvrira que plus loin dans le récit.
Voici donc Bea, ses compagnons de voyage et l'équipage qui embarquent sur l'Ewa, direction le Grand Nord. L'occasion d'une galerie de portraits savoureuse, gentiment moqueuse mais qui vise très juste, Bea n'est pas dessinatrice satyrique pour rien...
L'intrigue se met peu à peu en place, la tension monte, entre coups de vent et coups de cafard.
C'est le 2ème livre que je lis de cet auteur. Les descriptions des caractères sont toujours aussi minutieuses que dans « La terre des mensonges », mais le rythme est ici plus enlevé, le ton plus léger, même si ce qui se passe à bord de l'Ewa n'a rien à voir avec « La croisière s'amuse ».
J'ai beaucoup aimé ce roman, un bon polar nordique (càd qu'il ne faut pas s'attendre à un thriller noir et sanguinolent), où le blanc est la couleur dominante sous le soleil de minuit, et la glace omniprésente, y compris dans certains caeurs. La nature est un personnage à part entière, prétexte à des considérations écologiques pertinentes, loin des revendications naïves ou fanatiques. Les personnages sont attachants, l'héroïne m'a bouleversée plus d'une fois.
Malgré le climat glacial, à recommander « chaleureusement »...


Le système Victoria
Le système Victoria
par Eric Reinhardt
Edition : Broché
Prix : EUR 22,90

2 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 littérature prétentieuse, 17 septembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le système Victoria (Broché)
Un homme, une femme, dans une galerie commerçante. Ils ne se connaissent pas. Ils se croisent, un échange de regards, rien ne se passe. Ou plutôt, si, une étincelle dans les yeux de la femme que l'homme interprète comme une approbation muette. Mais rien de plus tangible à cet instant. La femme continue son chemin, l'homme par contre va l'observer à son insu pendant des heures avant de l'aborder. Le début d'une liaison brûlante, qui les mènera à leur perte, puisqu'on sait dès le début que la femme, Victoria, va mourir, et que l'homme, David, finira exilé de sa propre vie.
Mais revenons au début. David, marié, deux enfants, chef de travaux de la future plus haute tour de France, est soumis à une pression infernale pour livrer l'édifice dans les délais. Il se rêvait architecte mais n'a jamais eu le cran de se lancer. Victoria, DRH d'une multinationale, licencie à tour de bras et sans états d'âme, en bonne néolibérale cynique et manipulatrice. David trompe régulièrement sa potiche de femme, a pour principe de ne jamais revoir ses maîtresses d'un soir. Il prend soin de choisir des cibles de son niveau social, voire d'un niveau inférieur. Il rentre parfaitement dans la catégorie « chasseur ». On pense au début que Victoria est l'élément faible du couple, on croit déceler certaines fragilités, qu'elle est une proie consentante. Pourtant, au fil des rendez-vous de plus en plus torrides, le rapport dominant-dominée va s'inverser, David devenant « esclave » de l'appétit sexuel croissant de Victoria. Celle-ci le manipulera, pour le maintenir sous sa coupe, en lui faisant miroiter un projet architectural qui permettrait à David de monter sa propre agence.
Au bout du compte, Victoria sera bien une victime, victime d'elle-même et de ses fantasmes érotiques qu'elle est incapable de réfréner.

Pour moi, c'est clair : je n'ai pas aimé ce roman.
J'ai trouvé la fin invraisemblable : quelle coïncidence que Victoria soit tombée sur deux types louches, qui de plus étaient de mèche. Vraiment pas de bol...
J'ai trouvé les personnages détestables : ce type qui suit une inconnue en négligeant la fête d'anniversaire de sa fille, qui trompe sa femme mais qui est trop lâche pour la quitter (prenant prétexte d'un « pacte » de jeunesse - n'importe quoi). Victoria n'est pas plus attachante.
Je n'ai pas été convaincue par le volet « lutte des classes » : le discours gauchiste dans la bouche de David sonne complètement faux quand il prend parti pour les ouvriers alors qu'il est lui-même dans la tranche supérieure de la classe moyenne. Pareil quand il harangue les entrepreneurs de la tour pour les « re-booster » (rien que ce mot m'énerve) : ça m'a fait rire tant c'était peu crédible et caricatural. A l'image d'ailleurs de pas mal de dialogues.
Je n'ai pas été captivée par les pages de détails techniques sur la construction des porte-à-faux, ni pas les considérations bien trop cérébrales de l'auteur/narrateur.
Que dire encore ? ah oui, les fameuses scènes de sexe censées torrides...J'ai déjà lu bien plus salace ailleurs sans que ce soit de la littérature porno. Et puis cette façon insupportable d'enrober tout ça de prises de tête esthétiques, presque métaphysiques, alors que c'est juste un plan Q, puisqu'il n'est pas question de sentiments...
Enfin, je n'ai pas aimé que l'auteur surfe sur une vague « facile » : il est aujourd'hui politiquement correct de décrier les dérives de l'ultralibéralisme (je ne nie pas leur existence), et de jouer les moralisateurs en prônant le retour aux valeurs humanistes. Pimentez le tout avec du sexe débridé, un meurtre, faites-vous encenser par la critique (je me demande si on a lu le même bouquin), et vous aurez un best-seller.

Un point positif tout de même : l'auteur écrit très bien, et on peut malgré tout se laisser envoûter par ses phrases complexes. Mais c'est bien peu.

Voilà, quand j'aime pas, j'aime pas...


Globalia
Globalia
par Jean-Christophe Rufin
Edition : Broché
Prix : EUR 21,30

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 démocratie..., 12 septembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Globalia (Broché)
Imaginez (dans quelques siècles ?) un monde où il n'y a plus d'Etats, mais seulement une société unique, civilisée, enfermée sous d'immenses cloches de verre protégeant de la pollution et du Grand Ennemi. En dehors de ces bulles, ce sont les non-zones, qui font figure de taudis moyenâgeux dans un paysage post-apocalyptique façon « la route » de Cormac McCarthy.
Imaginez (dans quelques décennies ?) une société mondialisée, démocratie auto-proclamée, dont la devise serait « Liberté, sécurité, prospérité ». Où la « liberté » est telle qu'on est libre d'être obèse si ça nous chante, mais où les cartes géographiques et les livres ont disparu, et où la liberté des médias est une vaste blague (façon Berlusconi). Où la seule culture est celle de l'ignorance. Où la « sécurité » est devenue « sécuritarisme » paranoïaque et où la cohésion sociale n'est maintenue que grâce à la peur d'un « Ennemi » désigné voire créé de toutes pièces par la Protection Sociale (façon G.W. Bush). Où la « prospérité » se traduit par un hyper consumérisme renforcé par l'obsolescence programmée, par des trafics douteux avec ceux qui règnent sur les non-zones (façon mafia russe), par un contrôle de la démographie où les femmes enceintes sont mises à l'index (façon chinoise), où la jeunesse est une tare et où il faut « vivre vieux et mourir jeune ».
Imaginez (dans quelques années ?) des couloirs aspirants, des vêtements thermoréglables, des canons à beau temps, des aliments synthétiques et des déplacements Los Angeles - Shanghai instantanés.
Imaginez...Ca y est, vous visualisez ? Vous êtes en Globalia, monde idéal qui évoque furieusement les Etats-Unis.
Idéale, cette société aseptisée, sans âme et sans espaces ? Baïkal n'est pas de cet avis. Rebelle, ce jeune homme rêve de s'échapper pour découvrir les non-zones. Parvenu à ses fins en étant manipulé à son insu par la Protection Sociale, il fera connaissance avec les populations locales et se verra contraint à mener la révolte contre Globalia.

Bon roman d'anticipation, fort différent des autres écrits de Rufin. L'auteur crée ici une sorte de « démocratie totalitaire », montrant les dérives et effets pervers de la démocratie actuelle si elle était poussée à l'extrême.
J'ai trouvé l'histoire d'amour peu convaincante, j'ai eu l'impression qu'elle ne servait qu'à justifier l'étiquette « roman » plutôt que « essai ». L'humour tombe un peu à plat, et les références aux objets du passé censées drolatiques sont trop pédagogiques pour être vraiment amusantes.
Mais globalement (si j'ose dire), ce monde nouveau est très bien imaginé et décrit, on pense à Orwell et à Huxley, on s'effraie de constater que les multifonctions et la société de consommation existent déjà, et que donc on n'est peut-être pas si loin de Globalia...


Seul le silence
Seul le silence
par R. J. Ellory
Edition : Poche
Prix : EUR 7,60

5.0 étoiles sur 5 davantage qu'un polar, 29 août 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Seul le silence (Poche)
L'édition de poche classe ce livre dans les « thrillers ». Je ne suis pas vraiment d'accord. Il ne s'agit pas ici d'un de ces polars sanglants actuels à l'écriture simple (simpliste), à l'intrigue complexe et, surtout, au rythme effréné, qui se lit dans le noir en quelques heures stressantes. Amateurs de ce genre-là, passez votre chemin, vous seriez déçus.
Non, Seul le silence est moins un thriller qu'un roman noir machiavélique, où le récit s'écoule lentement sous une chape lourde et mélancolique, étouffante et implacable comme peut l'être le soleil de Géorgie.
Lenteur, d'abord : le récit commence en 1939 et s'étale sur plus de 30 ans et 600 pages. Il nous est raconté chronologiquement par le narrateur, Joseph Vaughan, et est entrecoupé de courts passages qui indiquent le dénouement (sans nuire au suspense). Lenteur également simplement due à l'époque, où les courriers se transmettaient encore par la poste et où relier New York à la Géorgie était un voyage éprouvant de dizaines d'heures de bus.
Lourdeur, mélancolie, parce que l'histoire est sordide : pendant des années, un prédateur sexuel massacrera un nombre inouï d'innocentes gamines, en Géorgie et dans les Etats voisins, sans qu'on ne relève jamais le moindre indice. On croira à un moment que le coupable s'est désigné lui-même, mais parfois il y a un gouffre entre ce qu'on a envie de croire et la vérité...
Etouffant, parce que le narrateur est encore un enfant quand le 1er meurtre est commis. Plus tard, lui-même découvrira le cadavre de l'une des petites filles. Traumatisé par ces horreurs comme peut l'être un enfant de 12 ans, il restera hanté à vie par ces visages innocents, culpabilisant de n'avoir pas su les protéger avec ses copains du club des Anges Gardiens. Etouffant aussi parce que Joseph n'aura aucun répit tout au long de sa vie, entre ces meurtres et le sort qui s'acharne sur lui (un peu trop d'ailleurs...vraiment trop pour un seul homme). A peine quelques rayons de soleil avec les femmes de sa vie, puis grâce à son ami Paul.
Implacable parce qu'on sait dès le départ que le récit s'achemine vers la confrontation entre Joseph et le coupable, dont l'identité, en ce qui me concerne, est restée indécise jusqu'aux 50 dernières pages (j'ai longtemps hésité entre 3 ou 4 personnes).
Et tout ça fait que c'est magnifique même si les faits sont horribles. Malgré certaines longueurs et certains personnages trop « idéaux », j'ai beaucoup aimé l'atmosphère, l'écriture, le style. Beaucoup d'avis font référence à Truman Capote, d'autres à Steinbeck, moi j'ai pensé à William Styron : l'épisode de Brooklyn m'a rappelé « le choix de Sophie ».
J'ignore si les autres livres d'Ellory sont aussi bons, mais j'y goûterai...


Requiem pour un paysan espagnol
Requiem pour un paysan espagnol
par Ramón José Sender
Edition : Poche

Aucun internaute (sur 2) n'a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 prémices de guerre civile, 28 août 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Requiem pour un paysan espagnol (Poche)
Espagne, aux temps de la guerre civile. Les cloches de l'église du village sonnent pour annoncer le début d'une messe de requiem, en mémoire du jeune Paco, fusillé un an auparavant. Dans la sacristie, Mosen Millan, le vieux curé, se remémore la courte vie de Paco. Il l'a vu naître, grandir, acquérir une conscience politique, se marier, mourir. Paco, enfant, se demandait déjà pourquoi les pauvres du village vivaient dans des grottes, et pourquoi personne ne les aidait. Devenu adulte, il choisira le camp de ceux qui aboliront la monarchie et les privilèges quasi-féodaux de la noblesse espagnole. L'arrivée au pouvoir des phalangistes brisera brutalement ces idéaux et ceux qui les portent. Paco n'échappera pas au peloton d'exécution, une fois sa cachette dénoncée par Mosen Millan lui-même.
Très court roman (à peine 90 pages), au style sobre, qui ne laisse passer que peu de sentiments et ne permet pas de rendre les personnages attachants. Le récit est très descriptif, presqu'un documentaire ethnographique, et rend très bien les différentes scènes de la vie du village, on s'y croirait. De même pour l'atmosphère oppressante de peur et d'insécurité à l'arrivée des phalangistes, « bel » échantillon de la terreur qui régnera pendant cette période.
On comprend bien aussi que l'auteur est du côté républicain (voir sa biographie), et que l'Eglise ne bénéficie pas d'un grand crédit à ses yeux.
En bref, une lecture aisée, mais qui me laisse perplexe, un peu sur ma faim, sans que je puisse dire ce qui manque à cette histoire. Peut-être un manque d'émotions, ou alors au contraire un trop grand écoeurement pour le comportement du prêtre, trop abruti ou trop lâche pour comprendre et regretter les conséquences de ses actes. Charité chrétienne, qu'ils disaient ...


Une Touche d'amour
Une Touche d'amour
par Jonathan Coe
Edition : Poche
Prix : EUR 7,90

1 internaute sur 3 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 pas le meilleur Coe, 25 août 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Une Touche d'amour (Poche)
La 4ème de couv' est trompeuse (étonnant, n'est-il pas ?) On s'attend à ce que cette histoire d'outrage à la pudeur soit au centre du roman, mais, même si elle aura des effets désastreux, elle est accessoire, un peu comme si elle ne servait qu'à mettre en scène un personnage supplémentaire (l'avocate, avec ses états d'âme). Parce que le roman est en réalité centré sur le mal-être de Robin, éternel étudiant traînant depuis quelques années sur une thèse « totale », si ambitieuse qu'elle en est impossible à rédiger. Robin est asocial, dépressif, dans l'état schizophrénique de l'écrivain qui se sait raté mais qui ne voit pourtant pas d'autre raison d'être que l'écriture.
En témoignent les 4 récits écrits par Robin, intercalés dans la 2ème partie de chacun des 4 chapitres du roman (admirez la technique au passage). Il s'agit à chaque fois d'une relation entre un homme et une femme, où le prénom de l'homme commence toujours par « R » (comme Robin), et celui de la femme par « K » (comme celle dont Robin a été l'amoureux transi pendant des années). Ces récits, dont la qualité littéraire est (volontairement) douteuse, reflètent à la fois les « regrets éternels » de Robin, ainsi que sa vie amoureuse et son talent lamentables.
Faut-il préciser que toutes ces histoires (tant les 4 récits que le roman) finissent mal ?
J'ai eu du mal à rentrer dans ce livre, peut-être en raison de sa construction, pourtant ingénieuse, mais qui en hache le fil. Il me reste un sentiment de déception, et j'en ai presque honte parce que c'est la première fois que ça m'arrive avec J. Coe (c'est peut-être moi qui n'ai rien compris, n'étais pas assez concentrée, bref pas à la hauteur ?) Mais apparemment je ne suis pas la seule à penser cela : ce roman (le 2ème de Coe) est simplement moins bon que les autres...
Pas mauvais, donc, simplement moins abouti, moins réussi au niveau de sa complexité et de son aspect choral. L'humour est moins présent également. Par contre, l'écriture et le style, talentueux, sont déjà reconnaissables, ainsi que l'autre marque de fabrique de l'auteur : la critique virulente de la société anglaise ultra-libérale en général, et en particulier ici, du milieu universitaire.
Surtout que ceci ne vous ôte pas l'envie de lire les autres romans de Jonathan Coe !


Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates
Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates
par Mary Ann SHAFFER
Edition : Poche
Prix : EUR 8,80

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 délicieux, 24 août 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates (Poche)
Roman épistolaire plein de charme, drôle, attachant, sensible et émouvant parfois. Un plaisir, une gourmandise de lecture, et puis...so delightfully British...
A recommander, ne serait-ce que parce qu'il rend compte de l'importance de la lecture!


La Princesse des glaces
La Princesse des glaces
par Camilla Läckberg
Edition : Broché
Prix : EUR 9,50

8 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 peut mieux faire, 23 août 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Princesse des glaces (Broché)
Je précise de suite que je ne suis ni spécialiste du polar contemporain en général, ni de Lackberg en particulier. Mes connaissances en matière de « policiers venus du froid » se limitent au 1er des Millenium et à un Indridason.
En fait, j'ai du mal avec les polars en général : je les lis en quelques jours parce que sur le moment, c'est captivant, puis, arrivée à la fin, je suis déçue : « quoi, c'est tout ? ». Et de les ranger dans ma mémoire, où ils se brouillent et s'effacent vite.
La princesse des glaces ne fait pas exception. Acheté dans l'optique « détente à la plage », voici un mois que je l'ai terminé et je ne me rappelle déjà plus tellement du fil de l'enquête.
Je ne dis pas que j'ai détesté, loin de là, mais franchement, ça n'a rien d'exceptionnel.
Je dirais que les personnages principaux sont dans l'air du temps : Erica, mi-Bridget Jones (« vite, ma gaine pour aplatir mon ventre ! »), mi-Blanche Neige moderne (« un jour mon prince viendra-t-il ? »), et Patrick, flic à la mode dans le sens où celle-ci n'est plus depuis longtemps aux super-flics super-héros sans peur et sans défauts (tant mieux d'ailleurs). Les personnages secondaires sont un peu caricaturaux : le mari parfait et désespéré qui n'a jamais rien compris à sa femme, l'odieux commissaire carriériste, l'artiste écorché vif, le beau-frère gendre idéal côté pile et mari violent côté face. Je vous laisse identifier « la mère-poule », la « mère-courage » (deux possibilités), et « la bonne copine ».
Bon, je reconnais quand même que j'ai lu cette histoire avec plaisir. C'est facile et agréable à lire, malgré l'absence de style et la traduction poussive.
Les rebondissements ne sont pas « multiples » ni le suspense « haletant », c'est plutôt pépère, mais c'est prenant. La psychologie des personnages est analysée, les pièces du puzzle sont amenées progressivement. Comme de bien entendu, pour pimenter l'affaire, on superpose à l'enquête policière le récit des péripéties familiales et sentimentales de l'héroïne, le tout dans une ambiance nordique enneigée ou grise le plus souvent, parfois agrémentée d'un rayon de soleil.
A bien y réfléchir, ça tient plus de la chick litt policière que du thriller façon Millenium. Succomber à ce type de bouquin est parfois délectable même si on se reproche ensuite d'avoir craqué (comme avec le chocolat, les pâtisseries ou les chips). Quand je vous parlais de Bridget Jones...
Il paraît que les autres aventures d'Erica sont meilleures. En plus d'être sympathique, ce 1er volume aura eu le mérite de planter le décor.

PS : mention spéciale pour la couverture !
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : May 14, 2013 4:54 PM MEST


L'homme aux cercles bleus
L'homme aux cercles bleus
par Fred Vargas
Edition : Broché
Prix : EUR 6,10

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 premier (et dernier?) Vargas, 21 août 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'homme aux cercles bleus (Broché)
C'était mon premier Fred Vargas, je crains que ce ne soit également le dernier...
L'intrigue : la nuit dans Paris, un inconnu trace des cercles à la craie bleue, et place au centre de ceux-ci des objets abandonnés. C'est la première enquête du commissaire Adamsberg, fraîchement muté à la capitale, précédé de sa réputation. Sa méthode (ou plutôt son absence de méthode), c'est l'intuition et la réflexion (enfin...rien n'est mois sûr). Il pressent que cette histoire de cercles va dégénérer. Son adjoint, le logique et rationnel inspecteur Danglard, a bien du mal à s'habituer au personnage.
Le dénouement tombera de nulle part, en tout cas je n'ai rien vu venir. Certains crieront au génie, moi c'est le genre de fin qui m'agace, un peu comme avec Hercule Poirot qui, triomphant, découvre le coupable par la grâce d'un indice que lui seul connaît et qu'il se garde bien de révéler avant la dernière page.
Bref, un peu trop invraisemblable, cette histoire...

Les personnages : décalés, « originaux », odieux ou repoussants, chacun portant ses blessures d'amour ou d'amour-propre, presque tous « à côté de la plaque », presque tous attachants malgré tout.
Mais enfin, un peu trop improbable et excessif, ce casting...

Le style : dès les premières pages, j'ai pensé aux Maigret : c'est lent. De plus, les conversations n'ont rien de sensé et les interrogatoires ne débrouillent apparemment pas l'énigme. Les introspections et monologues intérieurs sont répétitifs et n'apportent pas grand-chose, sauf renforcer l'idée que les personnages sont des torturés tortueux (ou l'inverse).
Bref, un peu trop confus et rébarbatif pour moi, ce polar...


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