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Le voyageur immobile
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Beyrouth Hotel
Beyrouth Hotel
DVD ~ Charles Berling
Proposé par Edealcity
Prix : EUR 21,97

5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Des barrages et des problèmes !, 29 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Beyrouth Hotel (DVD)
Réalisé par la libanaise Danielle Arbid (née en 70 à Beyrouth), dont les courts- et longs-métrages sont régulièrement inondés de prix dans de nombreux festivals, 'Beyrouth Hotel' (Léopard d'or au festival de Locarno en 2011) raconte l'histoire d'un homme qui rencontre une femme au bar d'un hôtel, autrement une histoire à priori banale, sauf que l'homme est français et avocat et là pour affaires et que la femme est la nièce du responsable de l'un des deux services de sécurité du pays et que le pays en question est le Liban, zone tampon entre Israël et la Syrie, toujours en guerre même quand la guerre est finie...

L'homme (l'excellent Charles Berling, parfait comme souvent) a rendu service à l'ancien ambassadeur de France à Beyrouth dont le fils fut compromis dans une histoire de drogue et s'était fait aider par un avocat libanais qui maintenant vient le voir pour qu'il l'aide à son tour, en l'occurrence à quitter le pays pour la France en échange de renseignements concernant l'assassinat d'un leader politique libanais. La femme (la somptueuse actrice et poétesse libanaise Darine Hamze dont la beauté est tout simplement renversante) est chanteuse dans un restaurant et, en instance de divorce d'avec son mari, attend le prince charmant qui pourrait être Charles Berling, sauf que...

Rêver du prince charmant comme de la femme de ses rêves quand on est assis sur un volcan relève d'une certaine gageure et, malgré l'intense passion qui anime nos deux amants, rien ne va s'avérer ni évident ni simple pour eux. « Si vous croyez avoir tout compris sur le Liban, c'est qu'on vous l'a mal expliqué. » Si vous avez envie d'aller un peu au-delà de ce que nous pensons tous savoir du Pays du cèdre, plongez-vous dans cette histoire d'amoureux solitaires pris dans les rets de la politique !


Tout va bien ! The Kids Are All Right
Tout va bien ! The Kids Are All Right
DVD ~ Annette Bening
Prix : EUR 22,00

7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Je serai là longtemps, longtemps !, 29 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Tout va bien ! The Kids Are All Right (DVD)
Réalisé par la juive américaine d'origine ukrainienne, elle-même lesbienne en couple et maman d'un fils qu'elle a eu grâce à un donneur de sperme anonyme, Lisa Cholodenko ('High art' et 'Laurel Canyon' au cinéma et des épisodes de 'The L word' comme de 'Hung' à la télévision), 'The kids are all right' est un long-métrage dans lequel celle-ci parle donc de ce qu'elle connait : Annette Bening et Julianne Moore sont ensemble depuis une vingtaine d'années et ont deux enfants (chacune ayant accouché de l'un des ces enfants), en l'occurrence l'aînée, Mia Wasikowska (l'australo-polonaise révélation de 'L'Alice au pays des merveilles' de Tim Burton), 18 ans, et le cadet, Josh Hutcherson, 15 ans, qui sont tous deux du même donneur de sperme, Mark Ruffalo, un restaurateur, qu'à l'initiative du jeune homme, sa sœur, déjà majeure et donc habilitée à le faire, va faire entrer dans leur vie...

C'est l'histoire d'un couple comme les autres (ou l'on découvre que les homosexuels ne sont pas vraiment différents des hétérosexuels), un peu au bout du rouleau compresseur du mariage après vingt ans et face à des ados pas toujours faciles, en manque d'attention et de désir, bref qui va un tout petit peu à vau-l'eau, mais que cette épreuve va finalement souder à nouveau.

Excellemment interprétée par son quintet de tête, 'Tout va bien' est une réussie comédie de mœurs bien vue et qui devrait vous permettre de passer un agréable moment : réussir son couple demande quelques efforts, des compromis évidemment, mais surtout une attention soutenue dans la durée. Et si tout cela vous dit quelque chose, c'est que nous en sommes tous là !

A noter : Lisa Cholodenko travaille en ce moment à faire du film une série télévisée pour HBO...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (6) | Permalien | Remarque la plus récente : Oct 16, 2013 4:04 PM MEST


La Blonde aux seins nus
La Blonde aux seins nus
DVD ~ Vahina Giocante

4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Cavale à trois !, 27 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Blonde aux seins nus (DVD)
Dernier long-métrage en date de Manuel Pradal ('Marie Baie des Anges' avec déjà Vahina Giocante qui débutait alors, 'Ginostra' et 'Un crime' avec à chaque fois Harvey Keitel), 'La blonde aux seins nus' raconte une histoire qui n'est pas d'un immense intérêt, mais qui a le mérite, longtemps après 'L'homme du Picardie' et quelques années après 'Young Adam', de nous plonger dans le monde, qui ne nous est pas si familier que cela, des mariniers : Nicolas Duvauchelle (le nouveau Patrick Dewaere) et son jeune frère vivent à bord de la péniche de leurs parents ; leur mère est morte et leur père est à l'hôpital pour un cancer ; en attendant, le grand et le petit (25 et 12 ans) vivent de menus larcins ; sauf que là, on leur a passé commande du vol au musée d'Orsay d'un tableau de Manet, 'La blonde aux seins nus', et qu'ils vont se retrouver avec le tableau et sa gardienne, Vahina Giocante (la nouvelle Valérie Kaprisky), la fille d'un riche marchand d'art (Jacques Spiesser) qui travaille momentanément comme surveillante au musée, qui va causer quelques remous dans la vie des deux apprentis mariniers et voleurs...

Chaudement interprétée par ses deux acteurs principaux, cette nouvelle version, en moins dramatique, d''A bout de souffle' n'en manque pas et nous vaut un petit trip canaille dans le milieu interlope des malfrats au long cours. Si vous avez votre bouée avec vous, sautez !


Le grand voyage de la vie : Un père raconte à son fils
Le grand voyage de la vie : Un père raconte à son fils
par Tiziano Terzani
Edition : Poche
Prix : EUR 8,30

9 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Je vole !, 26 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le grand voyage de la vie : Un père raconte à son fils (Poche)
Tiziano Terzani fut un Florentin né en 1938 et mort en 2004, connu dans le monde entier pour son travail de journaliste, correspondant de guerre, puis correspondant tout court, en Asie, du 'Spiegel' (le miroir), le plus important news magazine allemand de l'après seconde guerre mondiale, l'équivalent germanique de notre 'Express' national. Auteur de nombreux ouvrages, Terzani vécut pendant 30 ans en Asie, couvrit la guerre du Vietnam à partir de Singapour, apprit le chinois et s'installa dans la Chine de Mao dès que le 'Spiegel' put y ouvrir des bureaux, découvrit l'Inde et alla méditer au Tibet jusqu'à ce qu'un cancer l'amena à retourner chez lui, en Toscane, où il finit sa vie auprès de son épouse et travailla à peaufiner avec la collaboration de son fils Folco, cet ouvrage-bilan de ce que fut sa vie.

Réflexion sur la vie et donc la mort, née de conversations à bâtons rompus entre le père et le fils durant les trois derniers mois de la vie de Terzani, l'ouvrage et le film qui en a été tiré (voir 'Das Ende ist mein Anfang' de Jo Baier avec Bruno Ganz) sont empreints d'une grande sagesse : l'homme n'a pas fait que vivre en Asie, il en a aussi adopté la vision globaliste du Monde : tout est lié et l'homme doit accepter la souffrance parce qu'elle va de pair avec la joie, rien n'a vraiment d'importance et l'homme devrait apprendre à se détacher des fausses valeurs de la culture occidentale, tout est en soi et la mort n'est que la conclusion logique de la vie, un nouveau départ pour autre chose.

Si vous avez envie de vous régaler, ne vous retenez pas !


Das Ende Ist Mein Anfang [Import allemand]
Das Ende Ist Mein Anfang [Import allemand]
DVD ~ das Ende Ist Mein Anfang
Prix : EUR 11,40

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Je vole !, 26 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Das Ende Ist Mein Anfang [Import allemand] (DVD)
Attention : en allemand uniquement !

Tiziano Terzani fut un Florentin né en 1938 et mort en 2004, connu dans le monde entier pour son travail de journaliste, correspondant de guerre, puis correspondant tout court, en Asie, du 'Spiegel'(le miroir), le plus important news magazine allemand de l'après seconde guerre mondiale, l'équivalent germanique de notre 'Express' national. Auteur de nombreux ouvrages, Terzani vécut pendant 30 ans en Asie, couvrit la guerre du Vietnam à partir de Singapour, apprit le chinois et s'installa dans la Chine de Mao dès que le 'Spiegel' put y ouvrir des bureaux, découvrit l'Inde et alla méditer au Tibet jusqu'à ce qu'un cancer l'amena à retourner chez lui, en Toscane, où il finit sa vie auprès de son épouse et travailla à peaufiner avec la collaboration de son fils Folco, un ouvrage-bilan de ce que fut sa vie, 'La fin est un commencement', dont ce long-métrage allemand du munichois Jo Baier (l'un des très grands du cinéma comme de la télévision en Allemagne) avec l'immense suisse alémanique Bruno Ganz (surtout connu en France pour son rôle d'ange dans 'Les ailes du désir' et de démon dans 'La chute', Bruno Ganz est l'un des plus grands acteurs de théâtre, avant tout, de cinéma et à l'occasion de télévision, de l'ensemble de l'espace germanique, un comédien dans la plus grande tradition du genre, le Marcello Mastroianni suisse et allemand) dans le rôle du journaliste globe-trotter.

Réflexion sur la vie et donc la mort, née de conversations à bâtons rompus entre le père et le fils durant les trois derniers mois de la vie de Terzani, l'ouvrage et le film qui en a été tiré sont empreints d'une grande sagesse : l'homme n'a pas fait que vivre en Asie, il en a aussi adopté la vision globaliste du Monde : tout est lié et l'homme doit accepter la souffrance parce qu'elle va de pair avec la joie, rien n'a vraiment d'importance et l'homme devrait apprendre à se détacher des fausses valeurs de la culture occidentale, tout est en soi et la mort n'est que la conclusion logique de la vie, un nouveau départ pour autre chose.

De superbes images de la Toscane baignant dans une fantastique lumière donnent à cette conversation-testament (qui n'est interrompue par aucun flash-back, tout se passe uniquement entre le père et le fils, et partiellement l'épouse et mère, avec une courte intrusion de la sœur) dont une très belle musique souligne la grande spiritualité, un impact rare et profond : « comme la vague irrésolue, nous venons et nous allons » jusqu'au jour où...

Si vous avez envie de vous régaler avec l'un des plus grands comédiens de notre époque dans un film précieux, ne vous retenez pas !
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 30, 2014 8:00 AM CET


Au fond des bois
Au fond des bois
DVD ~ Isild Le Besco
Prix : EUR 20,00

9 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 La parenthèse !, 25 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Au fond des bois (DVD)
Comédienne-fétiche du réalisateur Benoît Jacquot, qui l'a dirigée dans 'Sade', 'Adolphe', 'A tout de suite', 'Princesse Marie' et 'L'intouchable' avant que de la mettre en situation dans ce long-métrage-ci, la comédienne-scénariste-réalisatrice-romancière et peintre (!) Isild Le Besco interprète principalement cette étrange histoire d'un enlèvement sous envoûtement qui se situe en 1865 : Isild est la fille d'un médecin de campagne, installé quelque part dans le Var, et dont la porte est toujours ouverte aux miséreux ; un jour se présente un invité singulier, un vagabond qui se prétend sourd et muet, mais qui sait écrire et porte sur papier qu'il est le fils de Dieu ; capable de bien des tours (y compris de télékinésie), l'homme déroute et fascine la jeune femme extrêmement pieuse qui le prend pour un saint homme et finit par le suivre à l'aventure dans les environs ; elle précisera plus tard que cet homme des bois repoussant aux mœurs douteuses et d'une nature plutôt fruste et qui peut donner l'impression de n'être qu'un simple d'esprit, en avait fait sa chose, qu'il l'avait plongée dans une sorte de léthargie qui l'a empêchée de lui échapper et lui a permis à lui d'abuser d'elle sans limites...

Le comédien qui tient le rôle de cet étonnant sorcier qui use d'artifices et s'exprime dans un incompréhensible sabir est aussi époustouflant qu'inconnu à notre bataillon, mais forme pour le coup le partenaire idéal de l'étrange beauté (la mère d'Isild Le Besco est d'origine algérienne et son père d'ascendance vietnamienne) qu'est la sculpturale parisienne. Illustration à la Werner Herzog (l'ambiance générale du film, assez malsaine d'ailleurs, est très proche de celle de 'L'énigme de Kaspar Hauser' par exemple) d'un fait divers datant du XIX° siècle, 'Au fond des bois' est un film insolite qui nous parle d'une jeune femme croyante et pratiquante, fille de médecin et fiancée à un jeune homme bien sous tous rapports, qui, malgré elle au départ, mais peut-être bien avec son tacite consentement par après et en tout cas par moments, va vivre une saugrenue parenthèse de liberté presque totale auprès de ce bizarre vampire, avant que de rentrer définitivement dans le rang...

Original et intéressant, mais relativement hermétique et pas vraiment passionnant, ce long-métrage pour cinéphiles exigeants de Benoît Jacquot est une réflexion pourtant pertinente sur le cadre-carcan à l'intérieur duquel on essaie de nous enfermer et duquel nous éprouvons parfois une irrépressible envie de nous libérer : certaines pulsions sont en nous et ont peut-être besoin d'en sortir afin que nous puissions continuer de vivre en étant un peu plus apaisés...


Hung - Saison 2
Hung - Saison 2
DVD ~ Thomas Jane
Proposé par DVDMAX
Prix : EUR 13,99

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 L'étalon du Michigan !, 21 février 2012
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Hung - Saison 2 (DVD)
Les Etats-Unis aujourd'hui : tout s'y casse la gueule et ça a commencé à Detroit (voir aussi la sérié télévisée actuelle 'Detroit 1-8-7'), ville symbole car capitale de l'industrie automobile américaine, celle-là même qui régna sur le monde pendant tant de décades.

Thomas Jane ('The punisher') est un quadra qui travaille comme entraîneur sportif dans un lycée. Il est divorcé (son épouse 'Anne Heche- l'a quitté pour un sémillant dermatologue) et vit avec leurs deux enfants, adolescents en surpoids (ça aussi c'est l'Amérique d'aujourd'hui), dans une maison en bois qui dès le début du feuilleton part en fumée, amenant ses enfants à retourner provisoirement chez leur mère, pendant que notre héros s'installe sous la tente sur la pelouse de sa 'propriété' à côté d'un nouveau voisin qui a fait ériger un véritable petit manoir à côté duquel sa 'cabane en bois' et désormais en ruines fait un peu tâche.

Comme son travail ne rapporte rien, que sa maison a brûlé, que ses enfants l'ont quitté et que la crise financière a laminé ses économies, Thomas Jane se retrouve donc au bord du gouffre.

Américain et fier de l'être et parce qu'il faut de l'argent pour avoir une vie dans notre actuelle société, notre quadra décide de suivre un séminaire de développement personnel pendant lequel il apprend que pour s'en sortir il faut 1. arriver à identifier son outil de travail (tout le monde en ayant un) et 2. trouver comment l'utiliser. Aux grands maux, les grands remèdes : inspiré par une remarque de sa maîtresse du moment, une poétesse qui n'en revient pas de la puissance de sa dague d'amour, Thomas Jane décide de mettre sa Tour Eiffel sur le marché et sa poétesse d'amante de devenir son mac (car comme la poésie ça ne rapporte pas vraiment non plus dans le monde d'aujourd'hui, elle a elle aussi quelques besoins monétaires). Egalement secondé par une ancienne collègue de travail de son mac, qui œuvre elle dans le conseil en habillement pour riches 'desperate housewives' et qui a donc de ce fait un idéal carnet d'adresses, notre héros devient le nouvel étalon de la ville.

Dans cette deuxième saison, les deux macs de notre gros calibre cherchent à élargir un peu son champ d'action : les temps sont durs et il faut en mettre un bout. Bien que plutôt pas mal actif, notre héros n'arrive toutefois pas à s'enrichir pour autant : il investit l'essentiel de ses gains dans son activité d'entraîneur bénévole au base-ball à l'école, les restrictions budgétaires de celle-ci ayant également laminé toute ambition en la matière. Entraîneur et gigolo, partagé entre son ex-femme qui n'est pas trop enthousiasmée, à quarante ans, par le projet de son nouveau mari que d'avoir encore un enfant ensemble, et qui semble à nouveau attirée par lui, ses deux macs qui n'arrêtent pas se faire la guerre, ses clientes pas toujours faciles et ses enfants qui sont de plus en plus déjantés, notre Roi du frotti-frotta peine à la tâche...

Tout comme le héros de 'Californication', le héros de 'Hung' ('Bien monté') est avant tout désemparé : il ne voudrait pas devoir demeurer en reste par rapport à son ex, il voudrait pouvoir assurer (ne serait-ce que financièrement) par rapport à ses enfants, mais surtout il voudrait tout simplement pouvoir avoir une vie digne de ce nom. Et contrairement au héros de 'Californication', il ne fait montre d'aucun cynisme, au contraire : il essaie seulement de s'en sortir et fait donc feu de tout bois, parce qu'il n'a pas d'autre possibilité.

Si vous voulez voir ce qu'est devenu le rêve américain, ne manquez surtout pas ce nouveau décapant feuilleton HBO qui vous fera sourire et souvent même rire, mais qui vous fera aussi réfléchir : et si demain, c'est à vous qu'il incomberait de devoir mettre tous vos atouts sur le marché ?


Noirs de France : De 1889 à nos jours - 130 ans d'histoires partagées
Noirs de France : De 1889 à nos jours - 130 ans d'histoires partagées
DVD ~ Audrey Pulvar
Prix : EUR 33,00

5 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Les indi-gênent !, 20 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Noirs de France : De 1889 à nos jours - 130 ans d'histoires partagées (DVD)
En 3 x 55mn, ce salutaire documentaire de Pascal Blanchard (historien de la colonisation) et Juan Gélas de 2011 illustre, grâce à de nombreux documents d'époque (des images en noir et blanc dans l'ensemble) et les interventions de Noirs d'aujourd'hui (des historiens et politiques pour la plupart, mais aussi Pascal Légitimus -l'arrière-petit-fils du premier député noir de Guadeloupe-, Joey Starr ou Lilian Thuram), le chemin particulièrement caillouteux qui a mené ces anciens sujets de l'empire colonial français, devenus des citoyens de seconde zone, vers un peu plus de lumière :

1° époque : 'Le temps des pionniers' (1889-1940) : l'esclavage est aboli en 1848, mais les Noirs demeurent, aux yeux des Blancs, des sauvages qu'il faut amener lentement vers la civilisation ; en fait, ils sont invisibles ; seuls les artistes et les sportifs de couleur (tiens, n'en serions-nous pas toujours encore un peu là aujourd'hui ?) font alors tomber lentement les tabous : l'art nègre, la revue nègre, les bals nègres et les fameuses expositions coloniales, qui exhibent toutefois les noirs comme des animaux dans un zoo, rendent le bon peuple noir un peu moins transparent ; en 14-18, pour épargner le sang français et dans l'espoir d'une petite part de liberté en plus, 200.000 soldats noirs se retrouvent en première ligne ; la plupart n'en reviendront pas ; les survivants devront constater que le chemin du Paradis est long : leur lente installation, après guerre, dans les quartiers populaires de nos grandes villes, va achopper sur la peur du métissage et de l'invasion ; mais les anciens soldats qui sont restés vont s'organiser et militer : trompés, abusés et rejetés, les nègres, aigres, commencent de résister et luttent pour leur émancipation, soutenus en cela par leurs députés d'Afrique noire et des îles ; ces grands enfants, qu'il s'agissait de guider vers la lumière, commencent de regimber face au paternalisme des Blancs racistes ; la seconde guerre mondiale les verra toutefois reprendre leur rôle de chair à canon : systématiquement massacrés par les Allemands, ils redeviennent les martyrs d'une France qui n'a jamais voulu leur reconnaître leur statut de citoyen à part entière...

2° époque : 'Le temps des migrations' (1941-1974) : la guerre terminée, les Noirs pensaient que désormais les Blancs ne pourraient plus les traiter tout à fait comme avant ; mais bien sûr, ils se sont trompés : 'gommés' des images officielles de la Libération, ils redevinrent aussitôt des Français entièrement à part en attendant de pouvoir devenir des Français à part entière ; et puis l'Empire colonial français a commencé de s'effriter et les anciennes colonies sont soit devenues indépendantes soit de nouveaux départements français ou analogues, et de nombreux Noirs, désireux de vivre et de travailler dans l'Hexagone, y sont venus pour y devenir une main d'œuvre utile et bon marché ; le 'bon vieux temps des colonies' se terminait, mais pas celui du racisme : vivants dans des taudis, c'est dans l'indifférence générale que les Noirs de France ont commencé d'occuper le bas de l'échelle sociale de notre beau pays alors en plein boom économique...

3° époque : 'Le temps des passions' (1975-à aujourd'hui) : à partir de 75, la France de Giscard, alors en crise, a mis fin à l'immigration : les Noirs ayant leurs papiers ont été sortis des ghettos et installés dans les nouveaux foyers Sonacotra, des ghettos contrôlés ; les illégaux ont commencé d'être expulsés ; l'idée était bien sûr de préserver l'Hexagone de cette population à risque ; petit à petit, les associations vont remplacer les syndicats incapables de porter les revendications des Noirs ; Mitterand va toutefois régulariser les sans-papiers et la France métissée va commencer de se faire voir un peu plus qu'avant : la marche pour l'égalité, dite 'des Beurs', l'apparition de 'SOS Racisme', puis de 'Touche pas à mon pote' vont ouvrir aux Français de couleur quelques petites portes supplémentaires ; mais le retour de la Droite au pouvoir et la radicalisation des mouvements fascistes en réponse à la plus grande visibilité des Noirs provoquent un retour de la politique des expulsions ; à partir de là, c'est le mouvement hip-hop qui va permettre aux Noirs de s'exprimer : à défaut de représentants politiques, ce sont les rappeurs qui vont assurer cette représentation ; depuis lors, la politique de la France en matière d'immigration s'est encore durcie et dans le domaine de l'intégration, les progrès à faire sont encore massifs, mais quoi qu'il en soit la France noire continue de se construire envers et contre tout...

Si vous aussi avez envie de combler quelques lacunes concernant l'histoire agitée des Noirs avec la France, vous avez donc désormais cette possibilité au travers de ce salutaire documentaire qui a le mérite de commencer de débroussailler un terrain qui méritait amplement de l'être. Et que vive la diversité !

A noter : Pascal Blanchard a signé et cosigné de nombreux livres sur le sujet dont 'La France noire' paru en 2011
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 18, 2012 10:50 AM CET


Miracle à Santa Anna
Miracle à Santa Anna
DVD ~ Derek Luke
Prix : EUR 14,70

9 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Le dormeur de la montagne !, 19 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Miracle à Santa Anna (DVD)
Réalisé par Spike Lee, dont les heures de gloire remontent à il y a longtemps, d'après un roman de James McBride, ce très long-métrage (2h30mn) est un film de guerre, dans lequel il est plus précisément question de la seconde guerre mondiale et ce pour une fois en Italie, après le débarquement en Sicile des troupes alliées qui ont ensuite remonté la Botte italienne jusqu'à bouter les Allemands hors d'Italie.

En fait, nous sommes en Toscane en 1944. Des soldats américains de couleur, les fameux 'Buffalo soldiers' (le nom date de la guerre de Sécession), plus souvent affectés aux corvées de chiottes qu'aux combats, mais dont certains ont quand même eu l'immense honneur que de servir de chair à canon, réussissent à passer les lignes ennemies et se retrouvent dans un village italien des Apennins du Nord. Comme ils ont sauvé la vie d'Angelo, un gamin du village de Santa Anna, dont les habitants ont tous été massacrés par les Allemands, ils sont plutôt bien accueillis par les villageois qui n'ont jamais vu de noirs et ne sont donc pas racistes. L'un des soldats, un colosse un peu innocent, qu'Angelo appelle le géant de chocolat, a avec lui la tête d'une statue d'un pont de la ville de Florence qui est censée porter chance et qui va servir de fil rouge à toute l'histoire, de 1944 en Toscane jusqu'en 1983 à New-York. Leur supérieur leur demande par radio de capturer un soldat allemand qu'ils finissent par emprunter à des partisans italiens de passage. Le problème, c'est qu'il y a parmi ces partisans, un traître à cause duquel ces quelques jours de repos vont se transformer en enfer...

L'histoire racontée est en fait un long flash-back qui explique le pourquoi de l'assassinat à New-York en 1983 par un employé de couleur d'un quelconque bureau de poste de la ville d'un client venu lui acheter des timbres. Un autre flash-back, situé en Louisiane en 1944, juste avant que les 'Buffalo soldiers' ne partent pour l'Europe, illustre la grande considération dont ceux-ci ont joui auprès de leurs concitoyens blancs.

Avec Michael Ealy ('Sleeper cell', 'Flashforward', 'Californication', 'The good wife'), John Turturro, John Leguizamo, Kerry Washington, Christian Berkel, Walton Goggins ('The shield') et Alexandra Maria Lara.

Le film démarre sur les chapeaux de roue (l'incompréhensible meurtre du bureau de poste new-yorkais des années 80, puis le massacre en 1944 des 'Buffalo soldiers' en Toscane, qui nous vaut une sorte d''Indigènes' à la sauce américaine -un film à l'intérieur du film en fait-) avant de retomber comme un soufflé : l'essentiel du film se déroule ensuite dans ce village de montagne à l'intérieur duquel les 'Buffalo soldiers' vont connaître une petite période plutôt sympathique, notamment auprès de la belle Valentina Cervi, qui joue une italienne pas trop opposée au rapprochement des cultures. Et puis à la fin, longtemps après, les évènements se précipitent de nouveau et nous permettent enfin de comprendre tous les tenants et les aboutissants de cette histoire.

Au-delà de l'histoire presque policière tournant autour de la tête de statue, le film montre intéressement que ces soldats de couleur américains (des noirs bien sûr, mais aussi des portoricains et d'autres), engagés dans la guerre par la seule volonté de l'épouse du Président Roosevelt, ne furent jamais aux yeux de leurs supérieurs ségrégationnistes que des rebuts de la société, des cireurs de chaussures, des babouins qui se sont finalement sentis bien plus libres en Europe que dans leur propre pays. Cerise sur le gâteau, après guerre, les images de la victoire ont été soigneusement 'blanchies' (on pourra remarquer qu'il en fut strictement de même en France : les images de la libération de Paris par exemple ont, elles aussi, été 'blanchies', comme le montre le salutaire documentaire français 'Noirs de France' de Pascal Blanchard et Juan Gélas de 2011).

Alors bien sûr, nous sommes loin de 'Malcolm X' et des autres films, autrement plus incisifs, d'antan de Spike Lee ; mais celui-ci n'a pas quand même perdu toute sa verve et ce film reste un bon film de guerre, qui aurait certes mérité d'être raccourci, de bénéficier d'un montage plus nerveux, mais surtout d'un scénario plus compact, mais qui rappelle quelques faits qui méritaient incontestablement de retrouver une certaine actualité !


Blue Bloods [Import anglais]
Blue Bloods [Import anglais]
DVD ~ Tom Selleck
Prix : EUR 21,44

11 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Flics à New-York !, 18 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Blue Bloods [Import anglais] (DVD)
Attention : in english only !

Série policière américaine classique et sans surprise, mais réalisée avec soin, 'Blue bloods', qui compte pour le moment deux saisons et 22 et 16 épisodes de 40mn, voit son action se dérouler à New-York (pour ne pas trop changer) au sein d'une vaste famille de poulets : le grand-père est un valeureux cogne à la retraite ; le père (l'indestructible Tom 'Magnum' Selleck, 67 ans entre-temps), veuf et amoureux d'une journaliste vedette (c'est la 'voix des médias' dans la série), est carrément le chef de la maison poulaga de la ville ; l'un des fils, keuf infiltré au sein des 'Templiers de l'ordre', a été liquidé par ceux-ci ; l'aîné (Donnie Wahlberg, le frère de), un 'Irakvet', sévit en tant qu'inspecteur ; le plus jeune fils, qui avait d'abord voulu devenir avocat, vient de rejoindre le poulailler et se voit très vite proposé par la police des polices que de reprendre le rôle d'infiltré qu'avait tenu son frère décédé ; et il y a même une sœur qui travaille pour le procureur (c'est la 'voix de la justice' dans la série). Et bien sûr, toute cette 'petite' famille travaille à nettoyer (parfois avec une grande fermeté d'ailleurs) les rues de la 'Grande Pomme' de ses détraqués et malfaisants...

Avec aussi Nicholas Turturro (le frère de John et cousin d'Aida, mais surtout le sergent Martinez dans 'NYPD Blue') et Bobby Cannavale (le pompier secouriste de 'New-York 911').

Dommage que cette série, qui bénéficie d'une belle image vraiment travaillée et d'un côté sombre qui colle bien avec son sujet, ainsi que d'une interprétation de qualité, voit par trop souvent son sujet principal, cette famille de flics presque parfaits, étouffé par des intrigues un peu trop conventionnelles (souvent traitées 'vite fait, bien fait' d'ailleurs), le fil rouge des 'Templiers de l'ordre' ajoutant heureusement un certain piment à ces intrigues policières stéréotypées. L'ensemble, vous l'avez compris, ne révolutionne pas vraiment le genre, mais constitue un divertissement policier d'une certaine qualité !
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : May 13, 2012 4:55 PM MEST


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