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Contenu rédigé par T. vincent
Classement des meilleurs critiques: 8.452
Votes utiles : 235

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Commentaires écrits par
T. vincent "obdach" (paris, france)
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Walk away Renee
Walk away Renee
DVD ~ Jonathan Caouette
Prix : EUR 11,69

5.0 étoiles sur 5 ode aux gens malades, 23 février 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Walk away Renee (DVD)
Il m'aura fallu près d'un an et demi pour me motiver à regarder Walk Away Renee. Je regardais le dvd de loin sur une étagère en me disant "allez, faut attaquer ce truc".

Non pas que le dvd ne m'intéressait pas, bien au contraire. J'avais vu Tarnation au cinéma il y a 10 ans : j'avais trouvé le film très virtuose esthétiquement, et le sujet très grave et très dur : Jonathan est perturbé, sa mère a des problèmes psychiatriques lourds, la grand mère décède...
J'étais content de savoir que le réalisateur sortait la suite des videos personnelles sur sa famille, mais j'avais été tellement bouleversé et mal en sortant du cinéma avec Tarnation que j'avais du mal à m'y replonger pour un nouvel opus. C'est un peu comme Million Dollar Baby, on adore mais on n'a pas forcément envie de se faire une après midi pop corn avec un film aussi douloureux. On sait que c'est une grande expérience, mais on y va à reculons.

Ce week end, je me suis donc refait Tarnation et Walk Away Renee enchainés. Les deux se suivent parfaitement, toujours avec des caméras transportées, en montages psychédéliques, et toujours avec cette même bienveillance incroyable pour cette mère malade.

Le réalisateur montre la réalité de la maladie mentale de façon directe et crue : la mère délire, elle veut se tuer, elle l'insulte, elle devient de plus en plus délirante pendant le film car elle a perdu ses médicaments et aucun médecin ne veut faire une nouvelle ordonnance. C'est 1h20 très dur, ca va de plus en plus mal jusqu'à la énième hospitalisation.

Le film se termine sur la mère, abimée physiquement après 40 ans de maladie et de médicaments, qui va chez le dentiste pour se faire mettre de fausses dents en résine pour remplacer celles qui ont été arrachées. Et elle teste ses nouvelles dents sur une galette. Dit comme ça c'est con, c'est anecdotique, ca n'intéresse personne. Mais avec un tel parcours c'est une renaissance.


The Evil Within
The Evil Within
Prix : EUR 25,19

4 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 non non et non, 27 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Evil Within (Jeu vidéo)
D'abord, il faut savoir que le jeu réclame 7 giga sur la xbox360, donc il faut retirer tout ce qui prend trop de place sur le disque dur.
J'achète le jeu et bam ... "pas assez de place"... je regarde ce que je peux virer. Virer les contenus téléchargés pour les Assassin's Creed ? Sûrement pas. Virer Resident Evil 4 HD ? non plus.
Donc vas y qu'on part acheter une clé USB assez grosse pour pouvoir vider le disque dur de la console et faire place nette pour les 7 gigas requis du jeu. Déjà c'est une après midi d'énervement.

Le jeu se lance : graphismes très moyens, monstres très proches de Resident Evil 4 (RE4), couloirs qui n'en finissent pas, armes et munitions insuffisantes et SURTOUT les coups de poing ne tuent pas les ennemis (et ceux ci vous enchainent direct un coup qui vous étale) !! Donc on est condamné à tout faire avec le peu de munitions dont on dispose. Quel intérêt de nous donner la possibilité de donner des coups de poings et des coups de crosse si cela ne sert à rien ?

Dans le registre "pompé sur RE4", nous avons : le village avec les petites maisons, les sauvegardes avec la petite musique, le méchant à tronçonneuse, les vieilles folles qui donnent des coups de couteau, les caves à la mords moi le noeuds, les ennemis invisibles, les statues à casser pour récupérer des bonus, un monstre à tuer en lui mettant le feu, les pièges à loup, une fille et un mec à "couvrir" pendant qu'ils font des trucs, un monstre qui nous chope on tombe dans le sommeil on se réveille ailleurs et ainsi de suite.... Bref, c'est RE4 en long en large et en travers sans le charme de RE4 et sans ses qualités visuelles (alors que le jeu a 10 ans).

Donc très peu pour moi. C'est très lassant, on meurt constamment (car tout le jeu est construit en "essai erreur") et les temps de chargements n'en finissent pas. Aucun plaisir, aucune surprise, aucune frayeur. Le scénario est incompréhensible et n'a aucune saveur.

Quand on joue à un jeu, qu'on s'agace, et qu'on se dit toutes les 10 minutes "tiens, j'ai déjà vu ça y'a 10 ans", c'est mal parti ...

Donc autant retourner sur le bon vieux RE4 refait en HD, ou jouer au dernier Tomb Raider (ou Last of us pour les possesseurs de PS3).


Se blesser soi-même
Se blesser soi-même
par Baptiste Brossard
Edition : Broché
Prix : EUR 21,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 belle étude, 13 octobre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Se blesser soi-même (Broché)
Les sociologues sont forts en méthodologie, et quand ils font quelque chose ils ne le font pas à moitié : hypothèses de travail, nombreuses personnes qui témoignent, facteurs déclencheurs, facteurs de maintien, différentes expressions...

La conclusion, que l'on sent dés la première page, est très intéressante, et épargne le bla bla psy. Fortement conseillé aux thérapeutes et aux patients, afin d'ouvrir la voie à l'affirmation de soi et l'expression de le colère, l'injustice par delà l'interdit et la culpabilité.


Under the Shade of Violets
Under the Shade of Violets
Prix : EUR 17,99

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 joli retour après 9 ans d'attente, 13 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Under the Shade of Violets (CD)
Orange Blossom sont des orfèvres du son, et donc ils prennent leur temps.
Découverts lors d'un petit concert avec Dolly en 1998, il a fallu attendre 2005 pour un second album hyper bien ficelé, et 2014 pour le 3eme opus.

Ambiance parfaite, musique parfaite, belle voix, beaux arrangements de cordes.
Hautement conseillé, comme leurs deux autres albums.


Locatelli / 24 Caprices for Violin
Locatelli / 24 Caprices for Violin
Prix : EUR 9,83

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 brillant !!, 4 septembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Locatelli / 24 Caprices for Violin (CD)
Enfin une version habitée des Caprices !!! Locatelli va t'il enfin avoir le traitement qu'il mérite ? Le compositeur qui ne faisait que de la technique va t'il avoir une reconnaissance comme mélodiste qui provoque des émotions ?

Je possède la version des caprices imbriqués dans les concertos interprétés par Elizabeth Wallfisch (pour laquelle j'avais d'ailleurs écrit un topo ici). Entre temps j'ai aussi acheté les quelques versions interprétées par Carmignola qui m'avaient paru un peu aseptisées et ennuyantes. Le 3ème caprice est en cela assez symptomatique : hyper élégant et nostalgique chez Tchalik, avec un vibrato bien dosé et juste sublime, alors qu'il est vite torché, étriqué et sec chez Carmignola. Après, il est vrai que Tchalik opte pour un son et un violon modernes, pas baroques. Ca en choquera sûrement certains. C'est un choix comme un autre. Ca provoque bien évidemment d'énormes différences entre Carmignola et Tchalik. Pour ma part, une telle virtuosité et une telle amplitude de son méritent clairement un son romantique. Vieux débat...

Ici il y a une beauté et une élégance qui feraient presque oublier la virtuosité des pages. Beau phrasé, des respirations, de la force, en gros il y a tout. Et certains passages qui paraissaient anecdotiques ou trop "exercices pour la main gauche et l'archet" chez Wallfisch ou Carmignola deviennent ici de vrais morceaux à part entière.

Je me surprends d'ailleurs à n'avoir jamais remarqué le caprice 16 (issu du 8ème concerto chez Wallfisch) : il n'a pas retenu mon attention chez Wallfisch. Et chez Tchalik je trouve que c'est une page superbe tant en mélodie qu'en émotions : une vraie cathédrale sonore. De même pour le caprice 5 (issu du 3ème concerto chez Wallfisch) qui est presque plus surprenant que le très connu 23ème (issu du 12ème concerto chez Wallfisch), et le 21ème (issu du 11ème concerto chez Wallfisch) : anecdotiques chez Wallfsich, superbes chez Tchalik.

Parlons justement de ce caprice 23 : le labyrinthe harmonique, qui est une vraie vacherie technique. J'adore la version de Ricci qui est démentielle, tout en sautillé (il doit avoir un bras de Musclor), complètement diabolique, moderne, une vraie bourrasque mais avec des faussetés (ou alors mon oreille est déformée). Celle de Tchalik est vraiment parfaite : elle avance très vite, plus rapide que Ricci, ça dépote, les graves et aigus sont bien répartis, la mélodie ne se perd pas. Très aérienne, avec une partie dans les ultra aigus souvent ratée et inaudible chez les violonistes (Ricci ne la fait même pas, il la saute dans sa version), qui ici est nickel. Y'a plein de points d'appui pour ne pas se perdre (dans le labyrinthe). Et toute la fin avec la montée en puissance est juste wouah !

On sent très clairement l'influence de Locatelli sur Paganini : des formules entières qui sont reprises. Et, peut être est ce un clin d'oeil, on se rend compte que le 1er caprice de Paganini est l'exacte introduction du caprice 7 de Locatelli.

Encore un mot : la prise de son est excellente, le violoniste est à côté de vous. Dans les enregistrements des caprices incorporés dans les concertos, le son est forcément plus lointain et ne tient pas la comparaison.

Merci Monsieur Tchalik ! Vivement la suite de vos cd !! :D


La psychologie positive - 2e éd.
La psychologie positive - 2e éd.
par Rébecca Shankland
Edition : Broché
Prix : EUR 16,90

9 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 très bonne synthèse, 23 mars 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : La psychologie positive - 2e éd. (Broché)
R. Shankland livre ici un très beau travail de synthèse sur la psychologie positive : elle expliques les modèles théoriques de façon très accessible, les études, les exercices psychothérapeutiques, offrant ainsi un très bon outil pour les thérapeutes. La lecture facile permet aussi de toucher les patients qui voudront se pencher sur ce nouveau (et très prometteur) courant de la psychologie dite de "promotion de la santé" sans se sentir rebutés par un langage trop compliqué. Shankland a un talent indéniable pour rendre les choses pédagogiques.

Chaque concept est clarifié par des exemples, afin que les choses ne soient pas trop complexes, et des propositions d'exercices à faire au quotidien, permettant ainsi de savoir directement comment la théorie peut être mise en action sans se creuser la tête.

R. Shankland ne tombe pas dans le piège facile de "cette nouvelle théorie est géniale" et explique les choses que l'on peut lui opposer, et présente les idées fausses qui peuvent brouiller les pistes et nous faire passer à côté du concept de base.

J'ai pris un grand plaisir dans la lecture de ce livre, avec l'impression d'une théorie qui peut vraiment changer les choses, sans avoir à reprendre toute la somme de livres et études publiés sur ce sujet. Une synthèse, c'est autant de temps gagné.

On félicitera aussi la méthodologie et l'extrème attention portée aux références, aux études, afin de montrer que tout cela ne sort pas d'un chapeau mais repose sur des bases scientifiques.


Mue
Mue
Proposé par La-face-cachee
Prix : EUR 12,48

10 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 un album parfait, 17 mars 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mue (CD)
Emilie Simon, qui a signé quelques galettes extraordinaires comme "Végétal", nous revient avec "Mue".

Le programme du cd repose sur deux styles :
- un style très james bondien / kate bushien pour "Encre" (quelle mélodie !!), "Quand vient le jour", "Des larmes", "Eye of the moon", "Menteur", la sublime "Perdue dans tes bras" (ça fait du bien d'avoir des artistes français capables de nous écrire de telles musiques")
- un style plus "musique américaine des années 50" avec "Paris j'ai pris perpète", "Le diamant", "Les étoiles de Paris", avec parfois des accents très français des années 50-60

Les arrangements sont très bien ficelés, les mélodies redoutables. Emilie Simon maitrise autant une écriture fine et ultra travaillée qu'une voix toute en douceur et en technicité.

Souhaitons une longue vie à cette nouvelle fournée :D


Mendelssohn-Hensel F. : Das Jahr. Biesemans.
Mendelssohn-Hensel F. : Das Jahr. Biesemans.
Prix : EUR 18,79

5.0 étoiles sur 5 du beau piano, 10 février 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mendelssohn-Hensel F. : Das Jahr. Biesemans. (CD)
Que c'est agréable :)

Fanny Hensel Mendelssohn, un peu trop oubliée des concerts et des enregistrements, est ici superbement mise en valeur par Els Biesemans.

Un programme tout en lumière, clarté, et en douceur. La musique de Fanny Hensel Mendelssohn est vraiment superbe. Complexe, ardue à mettre en place, énergique, assez colérique ou tourmentée parfois.

J'ai eu l'impression d'écouter des pages inconnues de Chopin revues par Bach et Beethoven. Mais le style est tellement difficile à cerner ... Ca doit être tout simplement elle, en fait. Son style, sa patte, mais on ne le connait tellement pas

Vivement que l'on se penche à fond sur cette femme, surtout qu'elle a 466 numéros d'opus... Y'a de quoi faire !


Say : Mesopotamia, Symphony No.2, Op.38
Say : Mesopotamia, Symphony No.2, Op.38
Prix : EUR 14,99

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 fabuleux voyage, 25 décembre 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Say : Mesopotamia, Symphony No.2, Op.38 (CD)
Autant je n'aime pas trop Fazil Say le pianiste que le compositeur est immensément créatif et talentueux.
J'avais déjà eu de très belles surprises avec la Istanbul Symphony et le concerto pour ney, et j'attendais la suite avec impatience.

Fazil Say reste sur ses bonnes idées. Les mélodies sont très belles, les ambiances envoutantes. Il y a une profonde émotion. On est dans de la musique totalement descriptive, limite musique de film, mais on se passe facilement du programme pour ressentir de belles émotions.

La symphonie n°2 Mesopotamie reserve de très belles pages : le morceau d'introduction "les enfants dans la plaine" est purement sublime. Les voix des deux flutes s'allient parfaitement, le contre chant des violons est superbe, et cet instrument un peu étrange qu'est le thérémine met une atmosphère sepulcrale, comme une voix de femme un peu fantomatique, nostalgique.

D'autres morceaux très bons suivent, comme "le Tigre" avec ses côtés La Moldau assumés, "mélodrame" (flute inquiétante), "le soleil" (irradiant), "la lune" (pesante), "la balle" (atmosphère nocturne, chant de la colombe, puis le tir d'arme à feu). "De la guerre" va dans la droite ligne de Kamran Ince avec "Fall of Constantinople" ou le concerto pour orchestre et instruments turcs, avec une ligne mélodique néanmoins plus soutenue. La symphonie se termine avec "la ballade de la mésopotamie" qui reprend l'ambiance des "enfants dans la plaine" avec ses arabesques délicates et sa grande douceur, et une annonce d'un voyage ou d'une guerre qui commence. Le chant final du thérémine est superbe.

La symphonie n°3 Univers n'est pas fondamentalement différente de la symphonie précédente : si les mélodies et l'ambiance sont différentes, on y retrouve le même traitement musical. La patte de Fazil Say c'est définitivement sa façon d'écrire pour les vents, et de donner à sa musique une touche aérienne, impalpable. C'est très intéressant ce traitement "arabisant" du cosmos. "Venus" est définitivement orientale, suave, sensuelle, et extra terrestre (on se croirait dans un vieil épisode de Star Trek). Avec son thème répété, il y a un air de danse mais aussi une inquiétude. "Tempête sur jupiter" est tout ce que je déteste dans la musique contemporaine mais que j'aime ici : bruyant, ultra chromatique, mais ultra maitrisé (les instruments qui imitent le vent sont extraordinaires). "Gliese 581" repart dans la musique Star Trek et exotique, sans grand intérêt. "Supernova" va dans tous les sens mais pas le bon. La symphonie se termine sur "matière noire", définitivement à la sauce Kamran Ince. Fazil Say termine néanmoins avec sa touche : l'aérien.

On reprochera peut être parfois une trop grande facilité d'écriture, comme souvent chez les compositeurs actuels, un peu comme Ludovico Einaudi ou Max Richter. Mais Fazil Say met la barre plus haut, notamment en se refusant à tourner des heures autour de 3 accords en les recyclant à l'infini sous des tonnes d'arpèges au violon.

La Turquie a de très bons compositeurs, et Fazil Say vient de se mettre à côté de l'immense Kamran Ince. En bref, cd hautement recommandé.


White Chalk
White Chalk
Prix : EUR 9,98

5.0 étoiles sur 5 Monumental, 24 décembre 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : White Chalk (CD)
white chalk ... Un des plus grands albums que j'ai pu entendre.

Habitué aux riffs énormes de PJ Harvey, a son son électrique et saturé, ayant biberonné Is This Desire en boucle pendant des heures, je ne m'attendais pas à cela quand j'ai trouvé ce CD en 2007.

Je me suis posé dans mon canapé et je l'ai écouté la toute première fois au casque. Envouté par la mélodie simple et percutante de The Devil, faussement infantile, annonçant déjà la mélancolie et l'inquiétude de Dear Darkness, j'ai progressé vers Grow Grow Grow pour ressentir le premier malaise de cet album : PJ Harvey montre qu'on va en prendre plein la tronche. When Under Ether tend à calmer le jeu et nous emmène vers la belle et calme White Chalk, lumineuse et pure.

Avec Broken Harp, c'est comme la seconde face de l'album qui commence, avec plus de clarté, comme si on avait retourné le vinyle. De la lumière aussi dans Silence, beaucoup de lumière. Mais il fallait bien que cela ne dure pas : PJ Harvey avait déjà annoncé la couleur avec Dear Darkness. To Talk To You met les tripes en l'air avec sa profonde tristesse. The Piano a un son proche des anciens albums de PJ Harvey, surtout dans sa diction.

Before Departure est comme une vieille ballade qui aurait pu parfaitement clore l'album. Mais non, PJ Harvey va clore l'album avec une perle appelée The Mountain : la grande soeur maléfique de Grow Grow Grow. Peut être l'une des plus grandes chansons de tous les temps, hyper touchante, hyper viscérale, hyper douloureuse, hyper tout ce que vous voulez. Le genre de chansons qui vous donne envie de fermer ses oreilles au reste de l'univers et à d'autres moments de ne pas du tout vouloir l'écouter car c'est trop d'émotions dans la tête. Trop intense pour être écouter sans une certaine préparation d'esprit.

Le CD a duré 34 minutes, on était en 2007. J'étais sur mon canapé, avec le casque sur la tête. Ravagé, mutique. Je me suis dit que je n'avais rien entendu de tel depuis OK Computer de Radiohead.

White Chalk, c'est le genre de CD qu'on écoute en se disant "si je devais offrir un monument de la musique à quelqu'un que j'adore, ça serait celui-ci".


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