Profil de HERVÉ Thierry > Commentaires

Fiche d'identité

Contenu rédigé par HERVÉ Thierry
Classement des meilleurs critiques: 382
Votes utiles : 3427

Chez vous : découvrez nos services personnalisés en pages d'aide !

Commentaires écrits par
HERVÉ Thierry "Audiophile Mélomane" (France)
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)    (TOP 500 COMMENTATEURS)    (VRAI NOM)   

Afficher :  
Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20
pixel
6 x Films de protection d'écran pour Nikon D800 - Résistant aux éraflures / Display Protective Film
6 x Films de protection d'écran pour Nikon D800 - Résistant aux éraflures / Display Protective Film
Proposé par Membrane Store
Prix : EUR 2,99

5.0 étoiles sur 5 Efficace et pas cher, 24 mai 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Excellent produit. Il contient six feuilles de deux films de protection très transparents (un pour chaque écran, arrière et supérieur), ainsi qu'une mini microfibre pour le nettoyage des écrans avant la pose. Cette dernière s'effectue très facilement, sans aucune bulle. Vu leur nombre, je me suis même permis d'en sacrifier un pour tester sa résistance aux rayures. Le résultat est très convaincant. Bref, le prix est ridicule eu égard à la qualité de l'ensemble. Je le recommande sans hésitation.


Bach : Sonates et partitas pour violon seul
Bach : Sonates et partitas pour violon seul
Prix : EUR 25,90

20 internautes sur 25 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un disque pour Audiophile Mélomane, 15 novembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bach : Sonates et partitas pour violon seul (CD)
Alors que les instruments modernes développent une puissance sonore assez considérable, de nos jours, on ne compte plus les musiciens qui cherchent à redécouvrir les plaisirs des sonorités anciennes. Séduits par la clarté et la sobriété de leurs expressions ou impressionnés par le mordant de leurs rythmes, ils nous transmettent, à leur manière, la substance d'un message baroque de plus en plus présent. Ainsi, qu'ils soient identifiés comme « authentiques » ou « copies », les instruments anciens participent grandement au succès de bien des enregistrements. Pour ce qui est de celui-ci, c'est un violon baroque Pierre Jaquier de 1996 (archet d'Eduardo Gorr, 2000) qui rafle la mise. Il faut dire que celle qui l'anime est une technicienne hors pair. Imposer son nom d'une manière aussi radicale au sommet de la littérature violonistique n'est pourtant pas une mince affaire. Malgré l'ampleur de la tâche - les Sonates et Partitas pour violon seul de Bach se présentent à l'interprète comme une accumulation de difficultés -, Amandine Beyer signe là son disque le plus impressionnant, et cela, avec une facilité déconcertante. Très abouti, c'est celui qui restera collé à son image, un peu comme une auréole musicale. Élégante et racée, son écoute a eu sur moi l'effet d'une véritable gifle. Souple dans le geste comme dans la démarche (les pièces ne sont pas jouées dans l'ordre habituel), avec elle les émotions s'accompagnent de respect. Tout à la fois éclairé et rayonnant, son jeu met en lumière tout ce qui fait de la musique de Bach ce qu'elle est, à savoir : son articulation, sa forme, sa polyphonie, son contrepoint, sa progression harmonique et j'en passe. Bouleversé par son écoute, je l'ai immédiatement comparé aux versions d'artistes au moins tout aussi prestigieux. C'est à ce moment que le revers de la première gifle a atteint mon autre joue, car cette expérience m'a démontré à quel point Amandine Beyer se démarque de ses concurrents. Elle captive notre attention là où d'autres ne font que l'attirer. Reste à chacun à en juger selon ses propres références, mais, personnellement, cet enregistrement m'a littéralement sidéré. Mon compte-rendu ne serait pas complet si je ne mentionnais pas l'excellente captation de Markus Heiland. Le timbre du violon est extrêmement défini et très propre, sans dureté ni froideur. Une réalisation totalement exemplaire.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 11, 2011 9:04 PM CET


Debussy - Franck - Poulenc : Sonates pour violoncelle et piano
Debussy - Franck - Poulenc : Sonates pour violoncelle et piano
Prix : EUR 16,99

7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un disque pour Audiophile Mélomane, 9 novembre 2011
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Debussy - Franck - Poulenc : Sonates pour violoncelle et piano (CD)
Drôle d''idée que ce choix de couverture pour un disque de musique classique. Toutefois, la bicyclette « tandem » posée aux pieds d'Anne Gastinel et de Claire Désert renseigne l'auditeur sur ce qui l'attend une fois la lecture du disque lancée. Ainsi, étroitement associées, les deux musiciennes unissent leurs efforts pour avancer dans une seule et même direction, à savoir celle de servir au mieux les intérêts de leur programme. Cadencé au rythme des partitions de trois de nos plus grands compositeurs, leur parcours présente un profil très varié. La première étape, la Sonate en la majeur de Franck, est ce qu'il convient d'appeler « une grande classique ». Initialement écrit pour violon et piano, cet incontournable chef-d'œuvre trouve dans la personnalité du violoncelle un instrument qui n'enlève rien à ses aspirations romantiques. Un peu moins lumineuse que la version originale, cette transcription de Jules Delsart (un violoncelliste, ami du compositeur) est d'un lyrisme débordant et contagieux ; l'écouter le matin, c'est l'avoir en tête toute la journée. La deuxième étape nous permet de visiter des paysages très différents. Traditionnelle en raison de sa forme, la Sonate en ré mineur de Debussy se démarque par son esprit théâtral et fantaisiste. Naturellement élégante, son écoute est musicalement toujours aussi enrichissante. L'itinéraire se termine par une œuvre au ton à peine plus sérieux que la précédente. De l'insouciance du premier mouvement à l'allure enjouée et débonnaire du Finale, les motifs de satisfaction ne manquent pas. Confortant leur choix de programme, Anne Gastinel et Claire Désert se livrent à une très belle interprétation. À l'écoute l'une de l'autre, leur dialogue est sincère et harmonieux. Très plaisant malgré un académisme parfois un peu trop poussé, il donne d'elles l'image de deux grandes artistes efficaces et intelligentes. Même si ces pièces ont déjà connu de meilleures interprétations (je pense notamment au duo Queyras/Tharaud), ce disque est à saluer pour la manière avec laquelle il sert le répertoire de chambre français, mais aussi pour sa prise de son qui nous plonge, par son naturel et son équilibre, au cœur de la musique.


Königskinder
Königskinder
Prix : EUR 34,55

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un disque pour Audiophile Mélomane, 1 novembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Königskinder (CD)
Parlez d'Engelbert Humperdinck à un mélomane un tant soit peu averti, et presque instantanément ce dernier vous citera le nom de son célèbre opéra Hänsel et Gretel. Si, à juste raison, ce tableau féérique qui met en scène deux enfants confrontés à une vilaine sorcière habitant une maison de pain d'épice est présenté comme l'éternel chef-d'œuvre du compositeur allemand, il ne faudrait tout de même pas oublier que ce n'est pas le seul. Ainsi, bien qu'un peu moins enchanteur que son aîné, même s'il puise comme lui son inspiration dans les contes populaires, Die Königskinder figure parmi les plus impressionnantes fresques vocales du début du XXe siècle. Cette fois-ci, Humperdinck nous relate une histoire où les passions et les sentiments s'unissent dans le but de dénoncer, naïvement, mais non moins efficacement, les déséquilibres d'une société de plus en plus indifférente : la sienne. Dans une logique que l'on considèrera volontiers d'antimatérialiste, Die Königskinder est une merveille dans son genre. Lyrique à souhait, elle fait appel à un plateau vocal à la hauteur de ses ambitions, chaque chanteur jouant son personnage à la perfection, y compris les seconds rôles. Attirée par la scène, elle ne délaisse pas pour autant la fosse. Conditionné par la sublimité d'une partition à l'allure wagnérienne (référence aux préludes, mais aussi à l'orchestration), à aucun moment le Deutsches Symphonie-Orchester Berlin ne s'emmêle les pinceaux. Digne héritier du fameux RIAS Berlin de 1946, rebaptisé Radio-Symphonie-Orchester Berlin en 1956, il se distingue aussi dans les nombreux interludes musicaux. Garant de sa cohésion, Ingo Metzmacher agit en chef enthousiaste et responsable. Injustement tombés en disgrâce, ces « Enfants de roi » trouvent dans son interprétation un écho qui n'a pas fini de résonner. Tant pour son intrigue que pour la musique qui l'accompagne, voilà bel et bien une œuvre qui vaut la peine d'être explorée. Dotée d'une prise de son capable de guérir de la surdité, elle nous appelle ardemment de ses vœux. Sachons ne pas la décevoir.


Lectures : Bénédiction de Dieu dans la solitude, Sonnet de Pétrarque n°104, 6 Consolations, Après une lecture de Dante, Du berceau jusqu'à la tombe
Lectures : Bénédiction de Dieu dans la solitude, Sonnet de Pétrarque n°104, 6 Consolations, Après une lecture de Dante, Du berceau jusqu'à la tombe
Proposé par EDITIONS HORTUS
Prix : EUR 19,00

9 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un disque pour Audiophile Mélomane, 24 octobre 2011
Fruit de vingt années de recherche et de développement dans les ateliers Yamaha (le plus grand fabricant mondial de pianos acoustiques), le nouveau CFX s'impose comme l'une des meilleures parades face à la suprématie des Steinway. Depuis sa sortie en 2010, nombreux sont les pianistes de renom à s'être laissés séduire par son énorme potentiel musical. Le dernier en date n'est autre que Nicolas Stavy, un artiste aussi bien reconnu pour son exigence que pour la personnalité de ses interprétations. Conditionné par un compositeur à l'écriture intransigeante et variée, le choix de ce piano à queue de concert de 2,75 m s'avère d'une pertinence dont nul ne se plaindra. Expressif et réactif, il déploie une palette d'harmoniques d'une richesse incroyable. Fort d'un compagnon d'une telle envergure, Nicolas Stavy se livre à une interprétation propre à aiguiser nos sens auditifs. Intelligemment pensé, son programme s'articule autour de pièces qui dénotent l'enthousiasme de Liszt pour la littérature, d'où son titre : « Lectures ». Sous l'action d'un doigté sensible et ingénieux, du Sonnet de Pétrarque n° 104 extrait de la Deuxième année de pèlerinage émane des sentiments d'une extrême sensibilité. Baignant sous une pluie d'arpèges, la Bénédiction de Dieu dans la solitude fait référence à Lamartine. Émouvante à souhait, là encore, grâce à un jeu savamment dosé, la tension est souvent à son comble. Simples d'apparence, les six Consolations s'inspirent du recueil de poèmes que Sainte-Beuve dédia à Victor Hugo. Traitées à la manière de nocturnes, ici c'est le souvenir d'un Chopin tout juste disparu qui plane. Après le calme, la tempête. Ainsi, dès le début de la fantaisie - quasi sonate - Après une lecture du Dante (l'autre pièce maîtresse du second volet des Années de pèlerinage, d'après un poème de Victor Hugo), nous sommes instantanément entraînés dans un tourbillon qui, même s'il nous est familier, nous rappelle que nous sommes en présence d'un chef-d'œuvre de jeunesse, harmonieux et terriblement audacieux. Tout en faisant valoir leur légitimité, ces pages ne sont pas les seules à retenir notre attention. Version originale de l'ultime poème symphonique de Liszt, Du berceau jusqu'à la tombe sera, pour de très nombreux mélomanes, la grande surprise de ce disque. Inspiré d'un tableau que lui avait dédicacé le peintre hongrois Michaël Zichy, en évoquant musicalement les grandes étapes de notre existence, le compositeur nous entraîne sur le terrain d'une évolution qui n'est pas seulement physique. Révélatrice en son temps de futurs bouleversements musicaux, cette œuvre nous étonne aujourd'hui par son côté avant-gardiste. Presque jamais enregistrée, c'est l'aboutissement d'un disque poétique et sincère. Sans pour autant effacer de notre mémoire d'autres « lectures » magistrales, Nicolas Stavy aborde néanmoins ces pièces comme si elles ne l'avaient jamais été auparavant. Au-delà de son originalité thématique, cet album doit facilement conquérir l'auditeur qui recherche dans Liszt le grand promoteur des idées romantiques qu'il était. De ce qui m'a été donné d'entendre en cette année du bicentenaire de sa naissance, ce disque, honoré d'une prise de son honnête et cohérente, figure, à coup sûr, parmi les tout meilleurs. À connaître impérativement !


Caprices Et Variations
Caprices Et Variations
Proposé par CRAZYCD
Prix : EUR 14,00

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un disque pour Audiophile Mélomane, 22 octobre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Caprices Et Variations (CD)
Bien que l'œuvre pour clavier de Muzio Clementi s'accommode fort bien des frêles et évocatrices sonorités du pianoforte, c'est à partir d'un piano moderne - en l'occurrence, un Steinway & Son - qu'Howard Shelley aborde le cycle de Caprices et de Variations du compositeur italien. Sans forcément jouer tout le temps dans la même cour que ses rivaux Mozart et Beethoven, convenons volontiers que rien dans cet enregistrement ne lui vaut de porter l'étiquette de « petit maître » dont trop souvent on l'affuble. Ce qui nous est donné d'entendre prouve au contraire que le Romain, par ses compositions, avait pleinement pris conscience de son talent. Malheureusement pour le mélomane, celui-ci est plus souvent signalé dans la littérature que par le disque ou le concert. Callée entre le style précieux et capricieux de Haydn et celui plus lyrique et plus romantique de Beethoven, sans jamais totalement s'abandonner aux émotions, sa musique offre des couleurs que ne manqueront pas d'utiliser, à leur tour, un Schubert ou un Mendelssohn. Par son jeu clair et virtuose, Shelley s'adapte sans problème à sa structure translucide et dynamique. Clementien dans l'âme - l'intégrale des soixante-dix Sonates pour piano de Clementi (soit douze CD) étant déjà à son actif -, Howard Shelley met tout en œuvre pour faire de ces « Capriccios et Variations » un irrésistible appât, à tel point que, très vite convaincu, l'auditeur mord à l'hameçon sans ensuite chercher à fuir, ni même à se débattre. Les écoutes se succédant avec un plaisir toujours identique, force est d'admettre que cette musique méritait largement d'être remise au goût du jour. Ainsi réévaluée, elle retrouve une bonne fois pour toutes - du moins, on l'espère - un statut qu'elle n'aurait jamais dû perdre.


Chostakovitch : Symphonie n° 14
Chostakovitch : Symphonie n° 14
Prix : EUR 22,00

3 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un disque pour Audiophile Mélomane, 21 octobre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Chostakovitch : Symphonie n° 14 (CD)
La Quatorzième Symphonie est incontestablement la partition la plus sombre née de la plume de Chostakovitch. Elle fut composée en 1969, soit six années avant qu'il disparaisse. Inspirée par la poésie de Kückelbecker, de Rilke, de García Lorca et d'Apollinaire, et dédiée à son ami Benjamin Britten, cette œuvre imprévisible n'est pas sans rappeler le Requiem de guerre de ce dernier, ou encore la Musique pour cordes, percussion et célesta de Béla Bartók. Avec cette avant-dernière symphonie, c'est bien un constat de désolation et de désespoir qu'à soixante-deux ans, le camarade Chostakovitch dresse contre son époque, particulièrement, contre la doctrine bolchévique prônée par les dirigeants de son pays, contredisant ainsi, à sa manière, les traits trompeusement généreux et héroïques sensés le caractériser. Écrite pour basse, soprano et orchestre de chambre, cette symphonie vocale en onze mouvements n'est sûrement pas la plus facile pour l'auditeur, mais elle est celle qui synthétise le mieux l'œuvre de son auteur : son testament artistique en quelque sorte. Déroutante, abrupte, douloureuse et rageuse, elle trouve dans l'interprétation de Teodor Currentzis un écho sonore à la mesure de son implication. Ainsi, qu'ils s'appuient sur le lyrisme sépulcral de Petr Migunov ou sur les aigus métaphysiques de Julia Korpacheva, ses textes délivrent un message à vous glacer le sang, MusicAeterna se chargeant de nous le transmettre jusqu'au plus profond de nos entrailles, la prise de son de Jean-Marc Laisné le rendant encore plus pénétrant. Difficile, mais pas insurmontable, cette splendide réalisation du label Alpha est à compter parmi les témoignages discographiques les plus réussis de l'œuvre de Chostakovitch.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Oct 30, 2012 11:14 AM CET


Sieur de Sainte-Colombe : Concerts à deux violes esgales
Sieur de Sainte-Colombe : Concerts à deux violes esgales
Prix : EUR 11,99

11 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un disque pour Audiophile Mélomane, 10 octobre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sieur de Sainte-Colombe : Concerts à deux violes esgales (CD)
C'est à Monsieur de Sainte-Colombe que l'on attribue l'ajout d'une septième corde à la basse de viole, l'un des instruments les plus nobles du XVIIe siècle. Plus riche et plus expressive que celle de ses prédécesseurs, sa musique, ainsi arrangée, déploie une palette sonore impressionnante que seuls des gambistes virtuoses peuvent mettre en avant. Experts dans l'art de leur instrument, Wieland Kuijken et Jordi Savall nous éclairent sur le génie d'un homme à l'esprit innovant et, selon toute vraisemblance, méditatif. Ainsi, dans une relation que l'on qualifiera de fusionnelle, leur jeu élégant, équilibré et racé nous permet de mieux appréhender la superficielle indolence et la trompeuse austérité de ses duos concertants. Sobre - presque pudique - et d'une totale abnégation, leur interprétation nous entraîne dans un univers musical, certes parfois sombre et inquiétant, mais ô combien délicieux. Édités par Astrée en 1976 puis en 1992, ces deux albums étaient depuis longtemps devenus introuvables, ou alors à des prix généralement dissuasifs. Cette réédition entreprise par le label Alia Vox est donc la bienvenue, surtout au prix où elle nous est proposée ! Une belle occasion pour ceux qui étaient passés à côté de ces petits trésors de soulager leur conscience sans avoir, pour cela, à trop soulager leur porte-monnaie.


Le Sacre du printemps, Petrouchka
Le Sacre du printemps, Petrouchka
Prix : EUR 21,22

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un disque pour Audiophile Mélomane, 2 octobre 2011
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Sacre du printemps, Petrouchka (CD)
Malgré une discographie imposante, jusqu'à cet album Andrew Litton n'avait jamais encore réussi à se frayer un chemin jusqu'à mes étagères. Compte tenu de l'âpreté de la concurrence qui règne autour de ces chefs-d'œuvre incontestés du XXe siècle, si son intégration est tardive, elle n'en est que plus appréciable. À la tête d'un orchestre aux sonorités picturales et à la dynamique instantanée, le chef britannique aborde cette musique sans complexes, ni préjugés. Aussi, c'est sous sa forme originale de 1911 qu'il choisit de nous interpréter Pétrouchka (l'une des partitions les plus achevées de Stravinsky). Moins jouée que la version de 1947, plus narrative que symphonique - ceci expliquant peut-être cela -, cette partition est pourtant la meilleure, ne serait-ce que par la dérision et la violence qui l'habitent. Par l'attention qu'il porte aux détails (justesse du volume des instruments, harmonie entre les pupitres, respect des contrastes), et aussi grâce à ses pouvoirs évocateurs, les innombrables motifs se combinent pour créer une atmosphère palpitante, grinçante et populaire. C'est magnifique. Dans Le Sacre du printemps, son engagement est tout aussi appréciable. Sans se montrer trop « carnassier » - trop païen dirons-nous -, Litton déroule une belle mécanique à la transmission bien huilée. Attentif aux usages chorégraphiques et musicaux, il donne aux rythmes et aux timbres la même importance. Nerveuse, mais pas trop violente, sa lecture marque bien la ponctuation et la tonalité. Tournant le dos au démonstratif, mais pas au spectaculaire, sa gestion des masses orchestrales est impressionnante, tant par sa mise en place que par sa cohérence textuelle. Pour résumer ce Sacre, je dirais que l'on ressort de son écoute dans un état plus proche de l'hypnose que de l'ivresse. Si le style analytique de Pierre Boulez (DG, 1992, voir ici) vous indispose, ou si l'approche d'Esa-Pekka Salonen (DG, 2006, voir ici) vous paraît excessivement « sonore », alors il y a de fortes chances que cette version soit la bonne. Prises de son à l'avenant.


Lessons Of Worthe
Lessons Of Worthe
Prix : EUR 19,44

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un disque pour Audiophile Mélomane, 20 septembre 2011
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Lessons Of Worthe (CD)
Reconnaissable entre toutes, même si elle s'adresse à un public averti, la musique des virginalistes anglais sort progressivement de l'ombre dans laquelle elle était depuis trop longtemps tapie. Sous l'impulsion de quelques sensibilités artistiques parmi les plus douées de leur génération (Gustav Leonhartd, Ton Koopman, Sophie Yates, Skip Sempé, Carole Cesari, et j'en oublie), les représentants de la première « école du clavier » retrouvent, au fur et à mesure des publications discographiques, les faveurs d'un nombre croissant de mélomanes attirés par le style raffiné et expressif d'une écriture en usage durant un peu plus d'un demi-siècle, soit de 1560 à 1620. Regroupés sous une appellation qui tire son nom d'un petit instrument aux sonorités proches de celles du clavecin (le virginal), nombreux sont les compositeurs à y avoir attaché leurs noms, du précurseur Hugh Aston à Thomas Tomkins, en passant par Thomas Tallis, William Byrd, John Bull, Peter Philips et bien d'autres encore. Déjà connu pour les affinités qui le lient à ce répertoire (voir ici), Bertrand Cuiller nous revient avec un album très séduisant. Il a choisi de rassembler les œuvres de son programme par tonalités, et d'utiliser pour chacune d'entre elles un instrument différent : un petit clavecin italien en séquoia pour les pièces en la, une copie de Malcolm Rose d'un clavecin Theeuwes de 1579 rattaché à Tallis et à Byrd pour les pièces en sol, et pour les pièces en ré, un claviorganum (une mécanique hybride du clavecin et de l'orgue). Confirmés par une signalétique sonore très précise - même si davantage d'espace aurait été préférable -, ses choix instrumentaux s'ajoutent aux qualités d'une sélection musicale propre à convertir les mélomanes les plus récalcitrants. Au-delà d'une technicité bien réelle, mais qu'il serait ici totalement déplacé d'évoquer, outre ses vertus pédagogiques incontestables, ce récital de « Leçons de valeur » (Lessons of Worthe) s'imprègne d'une poésie qui stimule durablement l'esprit. Un vrai bonheur.


Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20