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ebolavir
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La Légende de la mort en Basse-Bretagne
La Légende de la mort en Basse-Bretagne
Prix : EUR 0,99

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Le moins cher, et les autres sont pareils, 26 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Légende de la mort en Basse-Bretagne (Format Kindle)
Ce livre, correctement titré, reproduit la première édition de "La Légende de la Mort", avec l'introduction de Léon Marillier. L'édition définitive est un peu plus complète. L'éditeur a recopié scrupuleusement l'exportation en fichier EPUB du même ouvrage sur le site Wikisource, en le disant (c'est permis, à condition de respecter la licence Creative Commons) . D'autres ont fait la même chose, sans le dire, avec parfois des maladresses techniques, et vendent plus cher, avec une couverture illustrée et inutile, et un titre plus ou moins fantaisiste. C'est donc ce produit qu'il faut acheter, si on accepte de payer le confort de la distribution Amazon. Ou bien aller le chercher, gratuit, sur le site Wikisource, mais pas en format Kindle.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : May 9, 2015 5:09 PM MEST


Soumission
Soumission
Prix : EUR 14,99

40 internautes sur 61 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Rien à regretter, 7 janvier 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Soumission (Format Kindle)
Dans le film « Naissance des pieuvres » (Céline Sciammma, 2007), les filles sont tourmentées par le désir d'amour et de sexe, elle ne savent pas quoi faire et elles ont peur. La plus jeune finit par dire « Chez les musulmans c'est mieux, les parents s'en occupent, à quinze ans c'est fait, c'est bien plus cool ». Pas sûr que Houellebecq ait vu le film. En ce temps-là il avait d'autres soucis, il avait commencé « La Carte et le territoire ». Pourtant c'est là l'idée du roman. La vie est devenue impossible pour tout le monde. Les vieux sont seuls, les jeunes n'ont pas de place dans la société, le narrateur, un professeur d'université qui couche avec ses étudiantes et les abandonne chaque année (ou est plaqué), n'a de consolation que dans la compagnie de Joris-Karl Huysmans (1848-1907), fonctionnaire qui fit une carrière complète, et écrivain naturaliste puis fin-de-siècle qui finit par se convertir au catholicisme pour sortir d'une « vie atroce »  et le raconta dans une série de romans qui ont survécu, et pas seulement dans la thèse de doctorat du narrateur : « J.K. Huysmans ou la sortie du tunnel » (avec félicitations du jury ; le narrateur n'est pas celui de « Plateforme », il a, même si c'est moindre que pour « La Carte et le territoire », du brillant et une réussite). A la fin du roman, le narrateur travaille à l'édition de Huysmans dans la Pléiade, et se prépare à une vie de plaisir calme avec une épouse à sa dévotion que quelqu'un de plus éclairé que lui a choisie.

Ceux qui lisent Houellebecq savent que ses romans commencent aujourd'hui et se terminent dans le futur. Les romans impairs (Extension du domaine de la lutte, Plateforme, la Carte et le territoire) se passent dans la société telle qu'elle est, on sait ce que Houellebecq en pense, et le héros sombre à la fin. Dans les romans pairs (les Particules élémentaires, la Possibilité d'une île, Soumission), une innovation radicale dans la vie de l'humanité sort le héros de son malheur (sans le sauver pourtant). Cette fois, Houellebecq a choisi ce qui fera le plus hurler ceux qui pensent et qui achètent des livres : la société fait retour à ce qui l'avait soutenue pendant tant de siècles, et que penseurs avaient patiemment détruit au nom de la liberté et du progrès (et aujourd'hui de ce que le regretté Philippe Muray avait baptisé « le Bien »), le patriarcat appuyé sur la religion. Houellebecq a choisi l'islam parce qu'il est là dans la réalité, alors que le catholicisme s'est absenté.

Donc nous sommes en 2022 (dans sept ans). L'élection présidentielle se prépare. Marine Le Pen, fille de., dirige le premier parti de France. La gauche au pouvoir se prépare à une réélection au second tour grâce à l'union républicaine contre le péril fasciste. Le romancier ne s'est pas trop fatigué et toutes nos têtes familières sont là comme si le temps n'avait pas passé : Manuel Valls est Premier ministre, Jean-François Copé chef de l'UMP, Sarkozy n'est pas de retour (mais on se souvient de lui) et Daniel Pujadas présente les grandes soirées politiques sur France2. Entre alors celui que nous ne connaissions pas : Mohammed ben Abbès, X, ENA, sorti de l'ascenseur de la République (son père était épicier tunisien), et guide de la Fraternité musulmane. Houellebecq a une véritable sympathie pour son talent et son projet (enfin, pour le fait qu'il ait un projet politique, comme Marine l'identitaire, alors que les autres veulent seulement rester au pouvoir).

Malicieusement, Houellebecq fait raconter les semaines qui révolutionneront la société par le narrateur, et s'interdit les prises de hauteur et les passages théoriques qui rehaussent (ou alourdissent) ses précédents romans. Le narrateur ne voit de ses yeux que de menues bribes et nous rapporte les paroles d'autres, qui en savent plus long et/ou qui ont besoin de mentir. L'agent de la DGSI, mari d'une collègue universitaire, explique très bien.

Détruisons le suspense (s'il y en a jamais eu) : L'islamisation de la société se passe harmonieusement. C'est une espèce de retour au Second Empire, quand le catholicisme était « la religion de la majorité des Français », quand l'enseignement religieux et moral était au programme des écoles, et quand les mères de familles ne travaillaient pas au dehors. Les universitaires qui refusent de devenir dévots sont mis à la retraite, sans persécution. Apparaît un autre héros, Robert Rediger, grand croyant enfin récompensé par une présidence d'université (contemporain de Robert Redeker, qui a 60 ans cette année). C'est ce démon tentateur qui réconciliera le héros narrateur avec le monde nouveau, au cours d'une discussion où passeront Nietzsche et le Dieu unique créateur du cosmos.

Aussi bien, ce n'est pas l'islam (mot arabe qui se traduit en français par « soumission »), ni les péripéties de l'élection présidentielle, ni le changement de société, ni même l'accès du héros à la paix de l'âme, qui est le grand sujet du livre. C'est la littérature, le monde raconté par ceux qui écrivent. Dans « la Carte et le Territoire », il était longuement question d'Alexis de Tocqueville et de William Morris, introduits par Houellebecq (celui du roman, pas l'écrivain du monde réel). Ici, Joris Karl Huysmans, et ses contemporains Léon Bloy et Frédéric Nietzsche accompagnent le lecteur, que Houellebecq a mis en bonne compagnie. La vie de Huysmans est le miroir où le narrateur contemple sa propre vie. J'avais essayé de lire Huysmans à l'âge où on veut lire les grands écrivains du Lagarde et Michard, et j'avais calé. Je vais le lire maintenant, Houellebecq m'a convaincu que j'ai l'âge (tout Huysmans est sur Amazon, en Kindle gratuit, très bien édité par Bibebook).

Digression : ceux qui aiment reconnaîtrons au passage les tics et trucs de Houellebecq : les plats préparés achetés en grande surface et préparés au micro-ondes (cuisine indienne cette fois) ; le massacre des parents : une fois de plus, le père et la mère du narrateur mourront pendant le roman ; et la scène porno (avec Myriam qui va suivre ses parents dans leur aliya). Ne pas sauter cependant, ça fait partie de l'ouvrage.

Si vous n'avez pas le temps de tout lire, lisez quand même le premier chapitre, qui est une Ouverture, comme dans un opéra, où on entend pour la première fois les thèmes qu'on reconnaîtra dans l'oeuvre. Citation : "Seule la littérature peut vous permettre d'entrer en contact avec l'esprit d'un mort, de manière plus directe, plus complète et plus profonde que ne le ferait même la conversation avec un ami. Aussi profonde, aussi durable que soit une amitié, jamais on ne se livre, dans une conversation, aussi complètement qu'on le fait devant une feuille vide, s'adressant à un destinataire inconnu." L'auteur Houellebecq n'est pas mort. On a le droit de trouver son esprit insupportable, moi j'aime. Et j'ai lu à peu près tout ce qu'il a écrit, ce qui biaise certainement mon opinion. Dernière phrase, seule sur la 300e page : « Je n'aurais rien à regretter » (au conditionnel).
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 12, 2015 10:21 PM CET


La presse sur tablette : Les journaux et magazines de demain ? Réussir sa publication numérique
La presse sur tablette : Les journaux et magazines de demain ? Réussir sa publication numérique
par Cyril Petit
Edition : Broché
Prix : EUR 28,50

Aucun internaute (sur 2) n'a trouvé ce commentaire utile :
1.0 étoiles sur 5 Pas lu, et très privé., 6 janvier 2015
On n'a pas idée, vu le titre. Ce livre n'a pas d'édition numérique. Et moi qui vis dans une ville où les seuls livres où il y a du français sont les manuels de langue du lycée, je suis privé. La basse note est pour l'inepte éditeur, et l'auteur inattentif. Ce n'est pourtant pas si cher de fabriquer un livre numérique sans présentation raffinée. Le texte ne devrait pas être inintéressant. Cyril Petit était à la discussion d'Arretsurimage, la chaîne web, intitulée "Sur tablette, on invente une nouvelle langue", et il était très intéressant à entendre.


The Battle of $9.99: How Apple, Amazon, and the Big Six Publishers Changed the E-Book Business Overnight (Kindle Single) (English Edition)
The Battle of $9.99: How Apple, Amazon, and the Big Six Publishers Changed the E-Book Business Overnight (Kindle Single) (English Edition)
Prix : EUR 2,74

5.0 étoiles sur 5 Lecture indispensable, 22 septembre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Au moment où la bagarre entre Amazon et Hachette, un des Six Grands de l'édition aux USA, est devenue un évènement grand public, il faut lire ce livre qui raconte la première bataille (2010-2012) de la guerre pour le livre numérique à bas prix. Amazon a perdu la bataille, d'où la mention "le prix a été fixé par l'éditeur". Mais la guerre n'est pas finie. En attendant, on peut contempler avec amusement, sur le catalogue Amazon, la différence de prix du livre Kindle entre l'anglais, l'allemand, l'italien, et le français, pour le même best-seller traduit. Le français est le plus cher, deux fois plus cher que l'anglais, même si l'anglais est une traduction du français.


The China Wave:Rise of a Civilizational State
The China Wave:Rise of a Civilizational State
Prix : EUR 14,59

5.0 étoiles sur 5 Mise à jour de l'idéologie chinoise, 14 septembre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : The China Wave:Rise of a Civilizational State (Format Kindle)
Ce livre écrit en chinois pour les Chinois, traduit en anglais et publié aux USA par la filiale américaine d'un éditeur officiel de Shanghai, devrait être traduit en français et dans toutes les langues, un peu comme "Mein Kampf" ne l'avait pas été en son temps. Non pas que ce livre d'apparence modeste ait l'envergure et le lyrisme maléfique du manifeste nazi, mais c'est le même but: diffuser un manuel de ce qu'il faut savoir et croire quand on est un citoyen (ici un sujet de l'Empire chinois) qui veut travailler à la grandeur de son pays.

Le mot central du discours est "The Civilisational State", que je n'essaierai pas de traduire. La Chine est donc redevenue le centre du monde, sa place naturelle, d'où elle avait été poussée depuis 150 ans par sa propre faute, n'ayant pas su faire face à la civilisation industrielle montante. Et maintenant que les USA et l'Europe ont montré leur inaptitude à se maintenir en haut de la vague, affaiblis et détruits de l'intérieur par la démocratie qu'ils pratiquent, la Chine va de nouveau gouverner le monde, lui garantir la paix, et faire rayonner ses bienfaits, comme elle a fait autour d'elle au cours des millénaires.

Ceux qui chercheront des faits, des chiffres, une description de la réalité chinoise, feront mieux de lire autre chose. C'est un livre d'idéologie, publié par un des grands éditeurs d'Etat et donc autorisé, et il est bon de connaître l'idéologie des dirigeants chinois maintenant que la Chine est, de nouveau, le plus grand pays du monde. Donc, que le lecteur fasse l'effort. (Lire aussi les commentaires en anglais, très pertinents).


Les Migrations Pour les Nuls
Les Migrations Pour les Nuls
Prix : EUR 15,99

27 internautes sur 29 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Pas pour les Nuls, 14 septembre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Migrations Pour les Nuls (Format Kindle)
Ce livre a déjà eu droit à un article dans Le Monde du 11 septembre, stigmatisé "Une pédagogie très marquée à droite", autant dire "Qui prêche le Mal." Il est vrai que pour les gens de gauche, il y a des faits qu'on ne doit pas mentionner, un peu comme on ne met pas le chapitre 38 de la Genèse dans les Histoires Saintes pour enfants, seuls les gens éclairés peuvent interpréter correctement.

Et justement la qualité du livre (on y parle de tout) devient son défaut (l'auteur tient absolument à tout mettre). Si bien qu'il sort du genre littéraire "pour les nuls" , qui vise à accompagner dans le tour de la question le lecteur ignorant et de bonne volonté, en lui désignant ce qui est important, en veillant à ce qu'il ne soit pas accablé sous les détails (sans s'interdire de faire briller l'anecdote réjouissante qui aide à comprendre).

Donc le lecteur, à condition de faire l'effort de tout lire, ne sera pas déçu. La dimension encyclopédique y est (les sigles, les organismes, tous les chiffres officiels et l'endroit où aller les chercher). Le sommaire permet de vérifier que le sujet a été tourné sur toutes ses faces (lire l'extrait sur l'écran, demander Kindle Reader si vous n'êtes pas adepte du livre numérique). Et le même lecteur supportera patiemment les menues obsessions de l'auteur, ses tentations polémiques (le mot "Bisounours" figure dans le livre, au premier degré), ses sujets chéris (on peut se dispenser du chapitre sur le coût de l'immigration, où il se met à parler à la première personne).

Il y aura sûrement une seconde édition, où l'éditeur de la collection aura fait son travail sans fâcher l'auteur (en anglais "edit" signifie corriger, élaguer, et celui qui fait ça est l'Editor; celui qui vend le livre est le Publisher). En attendant, le lecteur fera lui-même.


Valérian - Tome 13 - Sur les frontières
Valérian - Tome 13 - Sur les frontières
Prix : EUR 5,99

1.0 étoiles sur 5 La version Kindle a été raccourcie (involontairement), 14 septembre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Valérian - Tome 13 - Sur les frontières (Format Kindle)
Les albums de Valérian et Laureline ont en général 48 planches. Celle-ci en a 64. Mais je n'ai jamais réussi à télécharger plus que les 48 premières planches, au point que je doutais de ma mémoire. Quelqu'un m'a prêté un exemplaire numérique complet (pas Amazon Kindle) et j'ai pu vérifier. Nul n'est infaillible, certes. La maison Dargaud devrait refaire un fichier complet, ça ne fait pas sérieux.

Sur le fond (la qualité de l'oeuvre), je suis d'accord avec Autonome (5 étoiles). C'est le début du deuxième cycle: grand retour dans les lieux déjà connus, les images qu'on a en mémoire. J'aime beaucoup. Mais le "nouveau" devra d'abord lire les douze premiers pour prendre plaisir à celui-ci.


Le Royaume
Le Royaume
Prix : EUR 16,99

63 internautes sur 75 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Dieu et la littérature, 1 septembre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Royaume (Format Kindle)
Le Royaume, bien sûr ... "Je te donnerai les clés du royaume des cieux" dit Jésus à Pierre dans l'évangile selon saint Matthieu. Celui qui ne connaît rien à la Bible, les Évangiles, saint Paul, les Juifs, Néron, saint Luc, la Source recueil des paroles de Jésus, et la résurrection aura un peu de mal à suivre au début, et ressortira de sa lecture beaucoup plus savant. Celui qui sait tout (par exemple un lecteur de la Vie de Jésus d'Ernest Renan (excellente édition gratuite pour le Kindle, ne vous en privez pas) se sentira un peu ébranlé dans sa certitude d'avoir compris. Celui qui aime la bonne littérature sera comblé. Le roman est construit par un professionnel: c'est la vie d'un écrivain (les jours ordinaires artisan en scénarios de feuilletons télévisés et autres ouvrages, mais pour qui seul un vrai livre est un travail noble) pendant qu'il écrit sur saint Paul, Luc, Pierre, et quelques autres qui croient que Jésus est ressuscité et construisent cette communauté humaine qui sera un jour l'Église catholique. Le lecteur devra être attentif à chaque phrase pour savoir à quel étage du discours il est: l'Histoire telle qu'on peut la tirer des textes, le roman des héros des origines du christianisme que l'écrivain est en train d'assembler avec son imagination, les pensées et souvenirs et projets de l'écrivain en train de travailler, qui a une femme, des amis, une santé physique et morale. Circonstance aggravante: un des héros du livre est lui aussi un écrivain en train d'écrire un roman à thèse (l'évangile selon saint Luc) après avoir terminé un honnête récit de ses années avec Paul, autre héros (les Actes des apôtres).

Pour le roman des temps évangéliques, Emmanuel Carrère n'est pas le premier, c'est un genre honoré (quand ça s'adresse aux enfants ça s'appelle l'Histoire sainte) et il ne prétend pas faire du neuf; et il réussit, l'histoire tient le lecteur jusqu'au bout. Pour l'étude de ce qu'on sait par les documents historiques, il ne prétend pas remplacer Renan (à qui il rend hommage et qu'il utilise comme s'il était dans son métier de scénariste); il se risque quand même à l'exégèse et démonte le travail d'illusion d'un confrère. Pour le roman de sa propre vie, il se peint en héros moderne tout à fait acceptable, qui cru en Dieu mais ne croit plus, qui essaie d'être bon époux, bon père et bon ami, à qui l'âge a apporté non pas la sérénité, mais l'acceptation de son sort pas si mauvais. Il n'y a pas de doute, il s'aime et voudrait que nous l'aimions; c'est agaçant par moment mais tellement meilleur pour l'âme du lecteur que s'il se plantait devant lui en déchet de l'humanité. Et les "vrais gens" du roman (son ami Hervé qui écrit sur le bouddhisme, son médecin, son épouse, la baby-sitter dingue, son agent, sa marraine, le père Xavier qui lui a prescrit d'écrire chaque jour sur un verset d'Évangile), on aimerait les rencontrer.

Mise en garde: ce n'est pas un ouvrage universitaire, c'est un roman. La "Vie de Jésus" de Renan est entourée d'un nuage de notes; la moindre affirmation renvoie aux textes originaux, aux historiens, aux exégètes qui ont travaillé avant, à la parole de ceux qui sont d'un autre avis. Emmanuel Carrère pourra être pris en flagrant délit de citation illusoire, de reconstruction hasardeuse et de pure imagination. Il prévient le lecteur, mais quelques pages plus loin le lecteur a oublié. Le lecteur sérieux (que je ne suis pas) devrait avoir à côté de lui un Nouveau Testament (plusieurs traductions de préférence) et une Bible annotée (la TOB, version Kindle disponible, moins cher que "Le Royaume"). Le lecteur de bonne volonté se contentera de lire avec attention. Non ce n'est pas un roman de plage, c'est un monde (le Royaume) dont on ne fait pas le tour en une fois. Je vais commencer à le lire une deuxième fois.


Pétronille
Pétronille
Prix : EUR 7,49

27 internautes sur 31 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Un (an) de plus, 20 août 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Pétronille (Format Kindle)
François Mauriac, à quelqu'un qui lui demandait pourquoi il n'écrivait plus de romans, avait répondu :" Oh, j'ai un bon gaufrier, je pourrais continuer de faire ma gaufre tous les ans. " L'année dernière, en lisant "La Nostalgie heureuse", qui se passe en entier dans le monde réel d'une écrivaine installée qui fait honnêtement son travail, en empruntant le parfum de ses livres déjà lus à l'usage des lecteurs fidèles, je me disais qu'elle allait arrêter. Il y en a un autre cette année. Lisons. En commençant celui-ci, j'ai salué le champagne venu du Fait du Prince. Puis la dure vie de l'écrivain au service des ventes de son éditeur comme dans La Nostalgie. Et des personnages qui traversent la page pour ouvrir le chemin au Personnage, complice ou adversaire, avec qui l'auteur dialoguera, et qui l'envahira jusqu'à la destruction finale. Donc tous les composants de la nomenclature d'une machine littéraire signée Amélie Nothomb sont en place. Et, oui, ça fonctionne. J'ai lu jusqu'au bout, j'étais dans le monde d'Amélie et pas à l'ombre de mon kiosque chinois du Jardin du Peuple.

Un avertissement au lecteur qui aime que ça se passe dans la vraie vie: tous les détails sont là, y compris la nécessité de faire pipi entre deux voitures quand on a trop bu du champagne en oubliant les toilettes du bistrot avant de partir, et une biographie aux dates rigoureuses, mais c'est pour mieux le tromper, rien ni personne de ceux qu'il croisera n'a la moindre chance d'exister ailleurs.

Donc j'ai passé une heure et demie délicieuse dans ce livre parce que j'avais lu tout Amélie Nothomb avant. Celui qui n'avait rien lu avant y trouvera un autre charme (ou pas, comment pourrais-je le savoir ?). Il faut l'acheter et le lire.


Nue
Nue
Prix : EUR 11,99

5.0 étoiles sur 5 Emmanuelle déshabillée, 17 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Nue (Format Kindle)
Je viens de finir de lire "Undressing Emmanuelle: A memoir", la traduction en anglais du livre (très fidèle à l'original, d'après les bonnes feuilles). C'est Jean Arcelin qui a tenu la plume en français, comme il l'a fait pour Charlotte Valandrey, et il a préservé la fraîcheur du récit. Une femme âgée et apaisée raconte la petite fille, l'adolescente arriviste, la femme, et la star déboussolée qui étaient elle à ce moment-là. Jamais d'apitoiement, pas d'excuses cherchées, jamais de mauvaises paroles sur ceux qui l'ont entraînée dans l'illusion ou ont profité d'elle. C'est un livre très moral. Beaucoup de précision "historique", mais le discours s'élargit ou s'abrège selon les émotions: au cinquantième chapitre (il y en a 99) Sylvia a 22 ans, elle vient de devenir Emmanuelle et ne redeviendra elle-même que vingt ans après, démunie et malade mais vivante. Les amateurs d'érotisme et même de complaisance seront déçus; ce livre a été composé par une Protestante. J'ai beaucoup aimé. Et j'ai lu le livre d'un bout à l'autre avant de lire autre chose, ce qui ne m'arrive pas souvent.


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