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orion (Vinland)
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Deicide - Remasterisé
Deicide - Remasterisé
Prix : EUR 6,52

4.0 étoiles sur 5 666... the review of the beast !, 21 août 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Deicide - Remasterisé (CD)
666ème commentaire, ça se fête !

Si on associe Death Metal et Floride, vous pensez à qui ? Morbid Angel ? Death ? Obituary ? Atheist ? Deicide ? Oui, tous ces groupes cultes du Death Metal sont nés au même endroit, en Floride. Quel nuage radioactif a donc traversé cet état des Etats-Unis pour qu'autant de groupes incontournables y aient vu le jour ?

Deicide, le groupe qui nous intéresse aujourd'hui, est né un peu après les autres que je viens de citer plus haut. C'est d'abord sous le nom de Amon (nom d'un dieu égyptien) que Glen Benton (basse et chant), Steve Asheim (batterie) et les frères Hoffman (Eric et Brian, guitares) commencent à faire parler la poudre. En 1990, époque où le Death Metal bat son plein sur la côte Est des States, le groupe obtient un contrat discographique et enregistre ce premier album sous le nom de Deicide. "Celui qui tue Dieu". Le ton est donné. Le groupe joue la carte du satanisme à plein tube, ne recule devant aucune provocation et fait presque passer les groupes qui sont passés avant lui dans ce créneau (citons Possessed, Slayer et Venom) pour des rigolos. Car si la pochette ne fait pas si evil que ça, attention au contenu. Les paroles de Benton ne font pas semblant. Un Glen Benton qui est quand même allé jusqu'à se faire graver une croix renversée sur le front. Il fallait oser... Et encore, sur cet album, le Glen n’est pas encore à son maximum, les albums suivants seront bien plus sulfureux. Là, le malin n’est pas derrière chaque titre puisque "Dead By Dawn" est une évocation du film "Evil Dead". "Lunatic Of God’s Creation" évoque ce cinglé de Charles Manson et "Carnage In The Temple Of The Damned" parle du suicide collectif de la secte de Jim Jones. Des thèmes bien sordides, certes, mais pas encore totalement orientés dans le satanisme.
Musicalement aussi, Deicide va plus loin. Deicide propose un Death hyper violent et dévastateur. Les titres sont courts (entre deux minutes quarante et quatre minutes), ça joue hyper vite et le chant (peut-on appeler ça un chant ?) de Benton vous cloue sur place par sa férocité. La production de Scott Burns sonne brut elle aussi, comme un uppercut en pleine face.
On retrouve sur ce premier album les six titres de leur démo "Sacrificial", cette même démo qui leur a permis de décrocher leur contrat discographique, deux titres de leur première démo, "Oblivious To Nothing" (rebaptisé "Oblivious To Evil" ici) et "Day Of Darkness" et deux nouveaux morceaux, "Deicide" et "Mephistopheles". Vous pouvez d'ailleurs retrouver les versions originales de tous ces titres sur CD puisqu'ils ont été publiés en 1993 sur l'album "Amon : Feasting The Beast".
Dès les premières mesures de "Lunatic Of God’s Creation" et jusqu’à la dernière note de "Crucifixation", c’est une vraie tornade qui s’abat sur nos têtes pourtant déjà habituées à écouter du Morbid Angel, du Death ou du Obituary. La voix de Benton, crue et agressive, se transforme parfois en grognements de démon tout droit sorti des Enfers. Les frangins Hoffman rivalisent de riffs carnassiers et de solos hyper speed. Quant au matraquage à grands coups de blasts de Steve Asheim, il fait déjà, à ce moment-là, figure de référence. Et pourtant, comme au niveau des paroles, Deicide n’est pas à son maximum car les albums suivants seront encore plus brutaux que ce premier jet pourtant déjà bien méchant.
Alors, c’est sûr, l’album ne dure que trente-trois minutes. Mais une demi-heure d’une telle intensité, ça suffit largement à traumatiser durablement tout être normalement constitué. C’est même presque long pour un album de Deicide puisqu’il faudra attendre 2006 pour voir un album du groupe ("The Stench Of Redemption") dépasser cette durée !

Deicide s'impose dès ce premier album comme un groupe incontournable du style et aussi comme le plus méchant rejeton de la bande des groupes floridiens. Et le carnage n’était pas terminé puisque, avec les albums suivants, le groupe ne va pas aller en s’assagissant.
Le côté ouvertement blasphématoire a également eu des répercussions qui vont valoir au groupe de nombreux ennemis mais aussi une adhésion massive des fans puisque le second album du groupe, "Legion", va tout simplement devenir l’album de Death Metal le plus vendu. Comme quoi, provocation et business font souvent très bon ménage.

Retrouvez cette chronique sur le site "auxportesdumetal.com" dans la rubrique "back to the past".


Space invader
Space invader
Prix : EUR 17,68

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Space Ace fait une nouvelle escale sur notre planète., 21 août 2014
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Ace Frehley, le guitariste de l’espace, est de retour avec sa soucoupe volante. Je ne vais évidemment pas vous refaire tout le CV du monsieur. Vous savez bien sûr qu'il a fait partie de Kiss, qu'il est celui qui s'en était le mieux tiré sur l'exercice des albums solos des quatre fantastiques de 1978, démontrant ainsi son talent de compositeur.
Depuis ce premier album solo, et après quelques années d’errance, il en a sorti quelques autres (sous son propre nom ou sous le nom de Frehley's Comet). Son dernier album en date, "Anomaly" (2009) n’avait d’ailleurs pas démérité, loin de là.

Frehley n’est pas un compositeur très prolifique, on le sait depuis longtemps. Il aura donc fallu attendre cinq ans pour voir apparaître ce "Space Invader".
On ne doit pas s'attendre à être surpris à l’écoute de ce nouvel album, c'est du Ace Frehley pur jus. On se croirait revenu à l’époque où le guitariste maquillé nous composait des titres comme "Shock Me", "Hard Times" ou encore "Rip It Out" ou "Speedin’ Back To My Baby" (de son album solo de 1978 – que je vous conseille si vous êtes passés à côté). Space Ace fait donc ce qu’il a toujours fait mais il le fait excellemment bien, et avec un son actuel s’il vous plaît !
Puisqu’on en est à évoquer Kiss, le refrain du titre éponyme qui débute l'album fait étrangement penser à celui de "Young & Wasted" (sur "Lick It Up"). Etrange car Frehley ne faisait plus partie de Kiss à l'époque. Il doit s'agir d'une coïncidence.
En tout cas, Ace Frehley, soixante-trois ans cette année, montre une forme insolente sur cet album. C’est bien simple, j’ai l’impression qu’il s’agit de son meilleur album. Accompagné de son inséparable Gibson Les Paul, il illumine ses nouvelles compositions de riffs et de solos venus tout droit de l’espace. Comment résister à "Gimme A Feelin" (dommage pour le fade-out un peu brutal en fin de morceau), "I Wanna Hold You", "Toys" ou "What Every Girl Wants" qui nous replongent des années en arrière ? "Change" possède un refrain qui reste bien profondément dans votre crâne, le plus cool "Immortal Pleasures" nous rappelle l'ambiance de "Dolls" (un titre du premier album de Frehley's Comet). Les solos sortent de partout ("Toys", "Inside The Vortex"), ça virevolte dans tous les coins. Frehley est rarement cité parmi les guitar heroes des années 60/70 (par rapport à ses confrères Ritchie Blackmore, Jimmy Hendrix, Eric Clapton, Jimmy Page ou Jeff Beck par exemple) mais c’est très injuste car il possède un doigté remarquable, on peut s’en rendre compte ici. On oublie notamment qu’il fut l’un des premiers à jouer en tapping. Son jeu reste en outre une influence pour de nombreux guitaristes actuels.
La fin d’album est moins spectaculaire avec un "Reckless" assez répétitif et "Past The Milky Way" que j’aime moins. Mais on a aussi une petite surprise : Ace aime bien se faire plaisir en reprenant de vieux morceaux. Sur "Anomaly", il reprenait "Fox On The Run" de Sweet. Ici, il s’agit d’une reprise de "The Joker", le tube intemporel du Steve Miller Band. Celle-ci est parfaitement exécutée et colle bien au reste de l’album.
Enfin, traditionnellement depuis le premier album solo, un album de Ace Frehley se termine par un instrumental. "Space Invader" ne déroge pas à la règle avec "Starship" où le guitariste nous démontre une nouvelle fois son talent.

Ace Frehley semble véritablement connaître une seconde jeunesse et n’a peut-être pas fini de nous surprendre. Pour tout amateur de bonnes guitares et de hard rock typé seventies, cet album me semble inévitable.
Evidemment, à l'écoute de cet album solo de Space Ace, moi, le grand fan de Kiss, je ne peux m'empêcher d'avoir de gros regrets. En effet, si l'on prend les meilleurs titres du dernier Kiss, "Monster", et qu'on les ajoute aux meilleurs titres de celui-ci, on obtient un album qui aurait vraiment tout explosé. Quel dommage donc que Stanley/Simmons et lui n'aient pas décidé de continuer leur route ensemble.
15 / 20

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Blind Rage
Blind Rage
Prix : EUR 15,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Raging Bull, 19 août 2014
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Accept, c'est une institution dans le milieu du Heavy Metal. De Hammerfall à Sabaton en passant par Battle Beast, la liste des groupes actuels qui lui vouent un culte est longue. Si un musicien de Heavy vous dit qu'il ne connaît pas ce groupe ou qu'il n'a pas été influencé par lui, soit il vous ment, soit il est devenu amnésique.
Après avoir illuminé les années 80 de son Heavy particulièrement efficace, la machine à riffs teutonne que l'on croyait tous disparue depuis des années a ressuscité à la surprise générale un jour de 2010 avec l'excellent "Blood Of The Nations". Depuis, on a eu "Stalingrad" qui nous a prouvé que le retour en grâce avec "Blood Of The Nations" n'était pas un simple coup de bol. Aujourd'hui, "Blind Rage" vient nous confirmer que la retraite ne semble pas pour tout de suite. En effet, nos Teutons quinquagénaires montrent encore une fois une forme insolente.

Avec une pochette pareille, on s'attend évidemment à subir une charge version poids lourd avec cet album.
Pourtant, "Stampede", le titre choisi en single pour annoncer l'album, n'était pas le meilleur lancement que le groupe pouvait trouver. Ce morceau, sans être raté, n'est pas non plus particulièrement marquant. Le riff est plutôt sympa mais le refrain est assez plat. On note aussi quelques traces d'orchestrations sur l'intro. Ce seront les seules de l'album.
Mais après, le groupe prend son rythme de croisière et nous balance de petites pépites dont pas mal sont appelées à devenir de futurs classiques. A commencer par "Dying Breed" et ses chaeurs à la "Balls To The Wall". "Dark Side Of My Heart", son riff époque "Restless And Wild" et sa basse qui ronronne laisse une bonne impression également. Le titre est doté d'un refrain bien mélodique. On revient sur du riff bien lourd avec "Fall Of The Empire" où de nouveau, les "Oh Oh Oh" sont à l'honneur puis on passe à un riff bien speed (à la "TV War") avec "Trail Of Tears". Bref, sans entrer dans le détail de chaque titre (je vous laisse la surprise de la découverte), tout l'arsenal est de sortie. Les Allemands nous ont encore composé une série de morceaux dont on ne va pas se lasser tout de suite. Les riffs sont tellement efficaces qu'on se demande si on ne les connaît pas déjà la première fois qu'on écoute le CD. Wolf "Bruce Willis" Hoffmann se fend toujours d'excellents solos et se fait même un petit plaisir sur "Final Journey" puisqu'il nous refait le coup de la relecture d'un air classique (qui ne se souvient pas de sa version électrisante de "La lettre à Elise" sur "Metal Heart" ?). Cette fois-ci, il s'agit de l'air du "Matin" de "Peer Gynt" d'Edvard Grieg.
La production ne souffre d'aucun reproche puisque le groupe a de nouveau fait appel à Andy Sneap, producteur des deux précédents opus. "On ne change pas une équipe qui gagne" se plaît à dire Wolf Hoffmann à ce propos et il a raison.

Alors oui, du coup, pas de surprise à attendre, Accept fait du Accept. Mais est-ce qu'on leur demande autre chose, franchement ? C'est d'ailleurs quand ils ont tenté de s'aventurer sur d'autres voies qu'ils se sont plantés ("Eat The Heat"). Un chant limé au papier de verre mais qui sait aussi moduler, des riffs à faire étudier à l'école à tous les apprentis heavy-metalleux, une rythmique carrée des plus efficaces... vous vouliez du Heavy Metal ? Venez en prendre une bonne dose à l'écoute de "Blind Rage" !
Et si en plus on vous dit que l'édition limitée contient le DVD (ou le blu-ray, au choix) d'un concert complet du groupe au Chili, événement unique dans sa longue carrière (aussi incroyable que cela puisse paraître, Accept n'avait jamais capturé l'un de ses concerts en intégralité en vidéo), vous ne sentez pas qu'il devient indispensable d'acquérir ce nouvel album ? D'autant que ce concert est très bien filmé, le son est excellent (un poil trop même, on se demande s'il n'y a pas eu des retouches...)
16 / 20 (mais 5 étoiles pour l'édition avec DVD)

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Black Moon Rising
Black Moon Rising
Prix : EUR 18,98

4.0 étoiles sur 5 Envol réussi., 12 août 2014
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Il en est de Falconer comme de pas mal de groupes de heavy. Une carrière commencée il y a déjà pas mal de temps, une discographie assez fournie ("Black Moon Rising" est le huitième album du combo suédois) mais une notoriété toute relative. Pourquoi ? Comme toujours, difficile à expliquer. Pourquoi d’autres et pas eux ? D'autant que Falconer a depuis le départ choisi d'évoluer avec une certaine originalité par rapport à ses confrères en ajoutant une atmosphère médiévale à sa musique. Certains albums sont même de belles réussites comme le premier album éponyme (2001), "Chapters From A Vale Forlorn" (2002) ou "Among Beggars and Thieves" (2008). Mais il y a eu aussi des albums plus moyens ("The Sceptre Of Deception" en 2003, "Northwind" en 2006) et d'autres bien moins intéressants ("Grime Vs Grandeur" en 2005 et le petit dernier, "Armod", sorti en 2011).

A partir de ce constat, à chaque nouvelle sortie, c’est un peu la loterie. Que va nous réserver le groupe cette fois-ci ? je suis partagé entre la crainte de l’album très moyen mais aussi l’espoir d'entendre de nouveau un album qui va m'enchanter comme ce fut le cas plusieurs fois déjà.
Avec "Black Moon Rising", c’est plutôt positif (inutile de faire durer le suspens, vous avez déjà vu la note). Ca démarre d’ailleurs sur les chapeaux de roues avec les trois premiers titres dont le tempo est plutôt rapide (très même en ce qui concerne "Locust Swarm"), mais qui restent très mélodiques notamment grâce au chant. On y retrouve toujours cette petite atmosphère médiévale chère au groupe. Le chanteur, Mathias Blad, comme à son habitude, donne l’impression de voler au dessus de la musique. Sa voix est puissante mais jamais criarde. Il possède d’ailleurs un style assez unique dans le genre. Il incarne l’identité de ce groupe (perdue lors de deux albums, "The Sceptre Of Deception" et "Grime Vs Grandeur" puisqu’il avait été remplacé).
Cela nous amène dans de très bonnes dispositions à la quatrième piste qui est totalement dans l’esprit de la ritournelle moyenâgeuse (avec des instruments électriques bien sûr). J’aime beaucoup cet aspect de la musique du groupe, qu’ils développent avec un certain bonheur depuis leurs premiers albums.
"Wasteland" repart sur des bases (très) rapides. C’est ce qui marque le plus d’ailleurs sur cet album, ce tempo particulièrement élevé sur la plupart des morceaux. Falconer nous avait déjà habitués à des titres rapides mais autant sur un seul album, il me semble bien que c’est la première fois. Ceci dit, ce n’est pas véritablement une surprise si l’on se rappelle que deux des membres fondateurs, Stefan Weinerhall (guitares) et Karsten Larsson (batterie) furent tout deux membres de Mithotyn, un groupe de Black Viking. Autrement dit, jouer vite ils connaissent.
Autre constatation : pas de titre chanté en suédois cette fois-ci. On est donc à l’opposé du dernier album, "Armod", qui ne contenait que ça, lui. Et du coup, c’est plutôt une bonne chose puisque ce dernier ne m’a pas plu du tout. En effet, le Suédois étant une langue assez râpeuse, autant pour le Black et le Viking, ça le fait, autant pour des choses plus mélodiques, je trouve que ça ne colle pas forcément. Cette fois-ci, les refrains sont facilement mémorisables (et c’est vrai qu’avec le Suédois, c’est moins évident) et ils n’ont pas oublié un autre principe de base : faire de bons morceaux.
Bref, sans faire le titre par titre habituel (je citerai quand même "Age Of Runes" avec ses choeurs sympathiques sur le final), ce nouvel album n’a pas de point faible car même si certains morceaux sont moins percutants, aucun ne fait tâche sur l’ensemble.

"Black Moon Rising" est donc un bon cru, à ranger parmi les meilleurs albums du groupe. Si vous ne connaissez pas encore Falconer, c’est peut-être le moment de faire leur connaissance. Pour ceux qui connaissent et qui avaient une appréhension au sujet de ce nouvel album, j’espère que j’ai pu, par ces quelques lignes, lever leurs doutes.

15 / 20

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Origins
Origins
Prix : EUR 15,99

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Helvetios, part 2., 12 août 2014
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Après l'excellent "Helvetios" (2012) et une compilation d'anciens morceaux parue la même année ("The Early Years"), voici "Origins", le nouvel album de nos troubadours suisses. Dans l'intervalle, le groupe a fait peau neuve puisque deux musiciens ont laissé leur place : Meri Tadic (violon) et Simeon Koch (guitares), remplacés respectivement par Nicole Ansperger et Rafael Salzmann (ce dernier était déjà avec le groupe sur la tournée 2013). Ca, c'est pour les changements. Car pour le reste, Eluveitie a essayé de coller au plus près de l'album précédent. En commençant par faire appel de nouveau à Tommy Vetterli (Coroner) pour la production.

Comme à chaque fois avec Eluveitie, l'album est basé sur l'Histoire de la Gaule et du peuple gaulois. "Origins", comme son nom l'indique, parle de l'origine des mythes et légendes gauloises. On a d'ailleurs dans le livret toute une explication du thème de chaque chanson par le leader du groupe, Chrigel Glanzmann (pour les anglophones évidemment).
L'intro narrative débouche sur "The Nameless". Ce premier morceau est tout à fait dans la tradition du groupe, avec rythme rapide, chant agressif de Chrigel (les principes du Death Metal mélodique à la suédoise) et instruments traditionnels (violon, flûtes et hurdy-gurdy) qui se frayent un passage là-dedans. "From Darkness", bien rapide lui aussi, laisse un peu plus de place au instruments folk. On n'est pas dépaysé.
Avec "Celtos", on retrouve avec plaisir la voix de Anna Murphy qui accompagne celle de Chrigel sur le refrain. L'ambiance est nettement plus folk, plus dansante même. Je ne serais pas surpris que ce soit la relecture d'un titre traditionnel comme ce fut le cas avec "Inis Mona" et "Luxtos", mais je n'arrive pas à reconnaître l'original.
A partir de là, le côté folk prend le dessus, l'agressivité est un peu plus en retrait, notamment le très mélodique "The Call Of The Mountains" chanté entièrement par Anna (qui rappelle un peu "A Rose For Epona" dans l'esprit).
Après cette petite respiration, on revient à du plus brutal avec "Sucellos" et "Inception" mais les passages folk et les choeurs (sur "Sucellos" notamment) aèrent bien le propos et amènent un peu de fraîcheur au sein des morceaux.
Avec "Vianna", c'est le retour de Anna en lead vocal. Le refrain est appuyé par Chrigel. J'aime beaucoup cette diversité que le groupe n'hésite plus à placer au sein d'un même album. On sent que le groupe, devant le succès rencontré par "Helvetios", a compris qu'il était de son intérêt de varier ainsi les plaisirs, tout en ne reniant pas l'agressivité ("The Silver Sister" qui suit est encore là pour le démontrer). "King" suit également cette logique, entre des couplets et un refrain corrosifs et un break celtique en milieu de morceau, inspiré lui aussi d'un air traditionnel connu mais passé à l'accélérateur.
Quelques choeurs guerriers en introduction de "The Day Of Strife", d'autres choeurs plus mélodiques parsèment le titre "Carry The Torch", une fin d'album narrative... "Origins" reprend parfaitement la recette de "Helvetios", si bien qu'on pourrait presque parler d'un "Helvetios part 2". Je regrette quand même toujours de ne pas entendre Anna un peu plus, sa voix étant parfaite pour ce genre de musique.

Pour une fois, je peux vous parler de l'édition limitée. Celle-ci, en format digibook, contient un DVD avec les deux nouvelles vidéos du groupe ("King" et "The Call Of The Mountains"), une interview de Chrigel sur les thèmes de ce nouvel album et trois titres en live : "The Uprising", "Uxellodunon" et "Havoc" au Feuertanz Festival. L'occasion de (re)voir une dernière fois Meri Tadic sur scène avec le groupe.
On retrouve donc globalement le même contenu que sur le DVD bonus de l'édition limitée de "Helvetios" et celle de "Everything Remains"... c'est dommage, Nuclear Blast pourrait faire l'effort de proposer quelque chose de différent : un concert complet par exemple. Si on veut vraiment donner de la plus-value à ces éditions limitées, je pense qu'il est nécessaire à un moment donné de faire preuve d'un peu d'originalité et de créativité.

Dans la chronique du dernier album, je disais que Eluveitie se positionnait comme l'une des valeurs sûres du Folk Metal actuel. Aujourd'hui, avec ce "Origins", ils confirment mais sans nous surprendre, sans prendre de risque supplémentaire... bref, en jouant la sécurité. Cela correspond à ce que tout le monde était en droit d'attendre et de ce côté-là, c'est réussi. Mais quelque chose de moins calqué sur l'album précédent lui aurait valu, de ma part, les 5 étoiles.

16 /20

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Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 15, 2014 9:35 AM MEST


Sunset on the golden age
Sunset on the golden age
Prix : EUR 17,00

4.0 étoiles sur 5 They are Heavy Metal Pirates !, 4 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sunset on the golden age (CD)
Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore ces énergumènes (et c’est un tort), Alestorm, c'est un peu un croisement de Turisas et Korpiklaani en version maritime : une musique metal folk et festive avec par-dessus, la gouaille de marin éméché de Christopher Bowes, le capitaine du navire. Le groupe nous a déjà proposé trois albums, et chacun valait son pesant de baril de poudre. Voici donc le quatrième rejeton de nos forbans, intitulé "Sunset On The Golden Age". Paré à l’abordage ! Et pas de quartier !

Encore une fois, le concept pirate metal bat son plein et ce, dès la pochette de l’album, sans doute la plus réussie de leur discographie. Et cette campagne 2014 nous emmène encore sur les mers en faisant escale bien sûr par toutes les tavernes des ports. On a ici en grande majorité des titres festifs taillés pour être braillés en choeur dans les pubs, la chope à la main. Ecoutez donc le bien nommé "Drink", "Mead From Hell", "Quest For Ships", "Wooden Leg!" ou "Surf Squid Warfare". Vous allez voir, vos jambes se mettent à bouger toutes seules, votre tête se met d’elle-même à suivre le tempo souvent endiablé. Le synthé de Christopher Bowes avec ses sonorités d’accordéon nous entraîne inévitablement dans la danse. L’humour est également toujours présent : comment prendre au sérieux ce "Wooden Leg!" où le chanteur nous braille sur le refrain "jambe de bois, jambe de bois, j’ai une jambe de bois !" La dérision n’empêche pas la musique d’être sérieusement jouée, elle. Les riffs ne sont pas là pour rigoler non plus, hargneux quand il le faut ("Walk The Plank", "Surf Squid Warfare".)
Quelques moments sont plus calmes aussi, où l’aspect folk ressort un peu plus (les couplets de "Magnetic North" ou le très entraînant "Hangover" et ses "Oh Oh Oh" en pagaille). Ce dernier morceau est d’ailleurs une reprise d’un titre dance-pop de Taio Cruz feat. Flo Rida. Et ça le fait ! Tout comme quand le groupe avait repris (on pourrait même dire "s’était approprié") "Wolves Of The Sea" d’un obscur groupe participant à l’Eurovision de 2008.
Alors évidemment, on retrouve sur ce nouvel opus quelques refrains ressemblant un peu à d’autres présents sur les albums précédents (la façon de scander "Walk The Plank" fait irrémédiablement penser au "One More Drink" de "The Sunk’n Norwegian" par exemple), mais on ne leur en tiendra pas rigueur tant on passe du bon temps à l’écoute de ce nouvel album bourré (dans les deux sens) d’énergie et de bonne humeur.
Et pour varier les plaisirs, s’ajoute à cela des titres plus épiques ("1741 – The Battle Of Cartagena" et le titre éponyme) relatant les aventures sur les mers aux quatre coins du monde évidemment. Depuis Running Wild, on savait que le Metal se mariait très bien avec la thématique de la piraterie et Alestorm en est aujourd’hui la meilleure preuve.

Alestorm a tout bon, encore une fois. Les fans vont être ravis de cette nouvelle salve de titres accrocheurs. Et pour ceux qui ne connaissent pas encore, il n’est pas trop tard. Le navire Alestorm est fin prêt à conquérir les sept mers.
16 / 20

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Redeemer of Souls (Deluxe)
Redeemer of Souls (Deluxe)
Prix : EUR 17,16

7 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Pas bien rich' style..., 28 juillet 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Redeemer of Souls (Deluxe) (CD)
"On nous a souvent reproché, par le passé, d'avoir proposé des albums trop aventureux musicalement. Cette fois-ci, on a écouté ces critiques : nous avons proposé un album 100 % pur classique estampillé Priest du début à la fin".
C'est par ces mots que Glenn Tipton a annoncé la couleur de ce Redeemer Of Souls, dix-septième album d'une véritable institution du Heavy Metal : Judas Priest. On sent bien dans cette déclaration une volonté de rassurer les fans un peu déstabilisés par le dernier album en date, le très ambitieux "Nostradamus". Voici donc cet album, qui arrive après la fin annoncée du groupe et la tournée "Epitaph"...

A partir de là, deux sentiments contradictoires m'assaillent : joie de voir revenir ce groupe mythique avec un nouvel album et peur du syndrome de l'album de trop, celui qu'il aurait mieux valu ne pas sortir... et ce sentiment de méfiance est d'autant plus justifié que KK Downing ne fait plus partie de Judas Priest aujourd'hui. Mine de rien, ça change beaucoup de choses car il représente tout de même un tiers de la composition du Priest. Et la dernière fois qu'un tiers de la composition du Priest s'en est allé, ça nous a donné "Jugulator" et "Demolition". Je ne sais pas pour vous, mais moi, ça ne m'évoque pas de bons souvenirs...
Bref, autant dire que j'attendais ce nouvel album avec beaucoup d'appréhension. Forcément, quand on a élevé un groupe au rang d'icône comme c'est mon cas avec Judas Priest, la peur d'être déçu est bien réelle. Comme ce fut le cas l'année dernière avec le 13 de Black Sabbath. Ce groupe est tout de même l'auteur de "British Steel", "Screaming For Vengeance", "Defenders Of The Faith" et "Painkiller", véritables pierres angulaires du Metal et qui sont toujours aujourd'hui mes albums de chevet.

Déjà, ça ne commençait pas super bien avec le titre éponyme que l'on a pu découvrir en avant-première, et qui m'avait carrément laissé sur ma faim (ne le comparons pas aux autres titres éponymes du groupes, tels que "Screaming For Vengeance", "Defenders Of The Faith", "Turbo", "Ram It Down", "Painkiller" ou même "Jugulator" car ça donne envie de pleurer !) D'ailleurs, je sens qu'il va falloir éviter de comparer ce dernier opus avec les grands albums cités plus haut. Judas Priest a vieilli.
Alors c'est vrai que les morceaux font très classiques dans leur structure. Mais du coup, le groupe semble en pilotage automatique, on a l'impression qu'il se contente de resservir une recette qu'il maîtrise parfaitement (et nous aussi, depuis le temps) mais sans la niaque. L'absence de KK se fait-elle sentir ? Je le pense, oui. Sans dénigrer le travail de Richie Faulkner, je trouve que l'alchimie légendaire des deux guitaristes manque ici. Où sont passés les chorus jouissifs d'un "Freewheel Burning" ou d'un "Electric Eye" ? Je l'avais dit, il ne faut pas comparer cet album aux précédents. Les riffs sont ultra convenus, parfois même légèrement patauds ("Sword Of Damocles", "Hell And Back"). Les solos ne sont pas inoubliables non plus. Le tout manquant cruellement de puissance à cause d'une production bien maigrichonne.
Passons au chant. Rob Halford n'est plus au top, on le savait, mais là, ça s'entend. Bien qu'il ait choisi un type de chant qui l'économise (comme sur "Nostradamus"), on le sent proche de la rupture à plusieurs moments sur cet album. C'est le cas sur les quelques titres un peu plus rapides que la moyenne ("Halls Of Valhalla", "Metalizer" et "Battle Cry") où le Metal God montre ses limites.
Que retient-on de cet album au bout du compte ? Je n'arrive pas à en dégager un ou deux titres vraiment incontournables. Rien de honteux, rassurez-vous... mais rien de véritablement exceptionnel non plus. Et forcément, c'est décevant. On parle de Judas Priest, là... Où est passée la magie ? Cet album est trop classique, trop convenu. C'est d'autant plus dommage que c'est quand ils se mettent à prendre quelques risques ("Crossfire", "Secrets Of The Dead") que l'on se met à tendre l'oreille plus attentivement à cet album.

Le bilan est donc très mitigé mais paradoxalement, c'est la version limitée que je vous conseille d'acquérir. Pourquoi ? Tout simplement parce que sur les cinq titres bonus du second CD, il y a (je trouve) les meilleures nouvelles compos du groupe. Le titre "Bring It On", tout en étant assez cool, est doté d'une mélodie et d'un refrain bien entraînants. "Tears Of Blood" possède un riff sympa et me fait penser à du Halford (le groupe) et "Snakebite" rappelle un peu l'époque "Point Of Entry". Même la ballade "Never Forget" tire son épingle du jeu en rappelant un peu le Priest des années 70. On n'aura pas tout perdu...

Si ce n'est pas l'album de trop car il n'est quand même pas si mauvais que ça, "Redeemer Of Souls" est un album bien moyen, trop linéaire et qui souffre en plus d'une production très décevante. Il n'est donc pas à la hauteur d'un groupe comme Judas Priest. On peut l'apprécier si toutefois on ne le compare pas aux albums de la grande période, pas plus qu'à ceux des groupes qui n'ont jamais caché leur amour pour le Priest et qui en ont sorti des bien plus inspirés cette année (citons les derniers Primal Fear, Sabaton ou Grave Digger). Ce n'est parce que c'est Judas Priest qui l'a composé (groupe dont je suis ultra fan depuis toujours, je le re-précise) qu'il faut lui trouver des qualités qu'il n'a pas. Non, franchement, il ne passera pas à la postérité celui-ci et il ira rejoindre les albums les plus faibles de la discographie de cette légende du Heavy Metal.
C'est KK Downing qui doit sourire...
12 / 20

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Titan
Titan
Prix : EUR 15,99

7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Et un chef d'oeuvre de plus, un !, 20 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Titan (CD)
Septicflesh est le genre de groupe dont j'attends les sorties avec impatience. Car depuis que je les ai découverts, époque "Ophidian Wheel" (quand le nom du groupe s'écrivait encore en deux mots), je n'ai jamais été déçu par une seule de leurs réalisations. Bon, pour être honnête, je dois mettre un bémol à cette affirmation car j'avais un peu moins apprécié l'expérimental "Revolution DNA" (1999). Mais depuis, c'est le carton plein. Le dernier album en date, "The Great Mass", pouvant être considéré assez objectivement comme un chef d'oeuvre du genre, il me tardait de mettre une oreille sur ce Titan.

Aujourd'hui, c'est chose faite. Autant le dire tout de suite, je trouve que "Titan" est au moins du niveau de son prédécesseur. Du pur Septicflesh. Et l’album porte admirablement bien son nom car effectivement, il est titanesque. Titanesque dans ses parties orchestrales qui ont pris une place encore plus importante, me semble-t-il. Titanesque parce que Septicflesh sait les mêler habilement à un Death Metal accrocheur, toujours brillamment habillé vocalement par Seth Siro Anton pour le côté agressif et sombre, relayé parfois par Sotiris pour le côté majestueux et mélodique. Titanesque enfin car le résultat semble dégager une force incroyable.

"War In Heaven", qui ouvre ce nouvel album, devrait mettre tout le monde d’accord d’entrée. Titre fabuleux qui résume ce qui est décrit précédemment. Envolées orchestrales puissantes et magnifiques sur une assise Death Metal agressive comme il faut. Le meilleur des deux mondes. Si au départ, musique classique (appelée aussi musique savante) et Metal extrême ne semblait pas faits pour cohabiter, Septicflesh est l’un des groupes qui a réussi à démontrer le contraire. Les choeurs en fin de titre amènent un côté encore plus grandiloquent au morceau.
Avec le titre suivant, "Burn", le groupe durcit son propos : c’est du brut de décoffrage instrumentalement parlant (on a peu d'orchestrations dans un premier temps). C’est aussi la première apparition de la voix claire de Sotiris sur cet album. Puis tout à coup, les rythmiques se taisent et on passe dans un autre univers : quelques notes de harpe (du moins, ça y ressemble), un solo de guitare très mélodique sur fond de violons… Magique.
"Order Of Dracul" est tout aussi intense. Les orchestrations semblent prise de démence sur ce morceau. C'est même assez déroutant par moment. Voilà le genre de titre qui va demander plusieurs écoutes.
On trouve un peu de douceur au sein du morceau "Prototype" avec ses choeurs essentiellement féminins qui accompagnent les growls de Seth. Grandiose. Grandiose est aussi un adjectif qui sied très bien à "Dogma". Tout le savoir-faire du groupe est réuni sur ce titre. Orchestrations monumentales, growls ultra puissants de Seth, choeurs imposants sur la voix claire de Sotiris.
Inutile de se lancer dans un track by track. Cet album s’écoute plus qu’il ne se raconte. Il est évident que Christos Antoniou s'est encore surpassé au niveau des arrangements symphoniques. N’oublions pas qu’il est détenteur de nombreux titres honorifiques en musique, provenant de plusieurs conservatoires réputés. Ce type est tout simplement un maître en la matière. Il n'hésite pas à prendre l'auditeur à contre-pied en balançant un passage calme avec une flûte, une harpe ou des violons en plein milieu d'une attaque rythmique frénétique, quand on s'y attend le moins ("Burn", "Order Of Dracul", "Prometheus"). Chez Septicflesh, l'orchestre était au centre de la composition, pas uniquement placé en accompagnement ou en arrière-plan comme chez beaucoup d’autres groupes. Les compositions sont en fait construites à partir du squelette orchestral du morceau. Et c'est tout à fait ce que l'on ressent en écoutant Titan ("Order Of Dracul", "Prototype", "Dogma", "Prometheus"…). De l’orchestral de très haut niveau donc, pas du pompeux ou du kitsch à grands coups de synthés. C’est un véritable orchestre qui officie ici, et ça s’entend. Ecoutez donc l’album au casque, vous sentirez bien que ces sonorités sont organiques, pas synthétiques.
Il vous faudra sans doute, comme à moi, plusieurs écoutes pour maîtriser la bête. "Titan" est le genre d'album qui ne se livre pas à la première écoute, il faut le laisser nous pénétrer, pouvoir en faire le tour complet plusieurs fois pour commencer à saisir toute la grandeur de cette nouvelle œuvre des Grecs. Et quand ce sera fait, vous trouverez que ses quarante-cinq minutes passent bien trop vite.

Finalement, c’est un album d’un côté sans surprise car dans la continuité de "Communion" et "The Great Mass" mais en même temps terriblement addictif ; car même si l’on connaît la recette des Grecs, le groupe ne semble pas être à court d’idées et nous a encore livré ici dix compositions d’une richesse inouïe.
"Titan", un chef-d’oeuvre de plus de la part de Septicflesh ? Même s'il est sans doute un peu trop tôt pour l'affirmer, je crois qu'il en a déjà toutes les qualités.
19/20

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War Eternal
War Eternal
Prix : EUR 14,99

16 internautes sur 17 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le vent du changement., 9 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : War Eternal (CD)
Il est toujours difficile de changer la figure de proue d'un groupe, surtout quand il s'agit de quelqu'un d'aussi emblématique que Angela Gossow qui a fait les beaux jours des couv' de magazines et permis à Arch Enemy d'acquérir de nombreux fans. Oui mais voilà, Michael Amott est un malin et il a choisi pour la remplacer la star montante du chant guttural féminin, la Canadienne Alissa White-Gluzz (ex-The Agonist), que l’on retrouvait en invitée sur pas mal d’albums ces derniers temps (citons les derniers albums de Delain et Kamelot) et qui trouve ici, avec Arch Enemy, enfin un groupe à la hauteur de son talent. Et pour les couv' des magazines, pas de souci, elle possède elle aussi un sacré potentiel.

Ce changement de chanteuse annonce-t-il un changement de style musical ? On pourrait le croire en écoutant l’intro symphonique de l’album, très inhabituelle pour du Arch Enemy. Mais dès "Never Forgive, Never Forget", on retrouve le style caractéristique du groupe, un mélodeath au tempo rapide où les guitares brillent de mille feux. Et le chant alors ? Aucun doute, Alissa s’avère être un excellent choix (adoubé d’ailleurs par Angela herself, qui n’a pas vraiment quitté le groupe puisqu’elle en reste la manageuse). La Canadienne ne se contente pas de faire le boulot : elle assure. Alissa n’a pas grand-chose à envier à Angela Gossow au niveau de l’agressivité mais en plus, elle possède une voix plus variée que sa grande soeur, avec des accents plus mélodiques parfois ("War Eternal", "No More Regrets"). Notons quand même qu'elle n'utilise que le chant guttural et pas sa voix claire, comme elle le faisait avec son précédent combo. Cela redonne un coup de fouet et de la fraîcheur à la musique d’un groupe qui commençait un peu à tourner en rond. Bien vu !
Côté guitares, Michael Amott et Nick Cordle (ex-Arsis, qui remplace maintenant l’autre frère Amott) accompagnent ce penchant plus mélodique avec des interventions en solo assez jouissives ou des intros particulièrement bien torchées ("You Will Know My Name"). Ecoutez aussi le court instrumental "Graveyard Of Dreams" ou celui qui clôt l’album, "Not Long For This World". Du grand art.
Alors, "War Eternal", un peu plus mélodique que ses aînés ? Oui. Mais pas que…
On note surtout, à partir du titre "You Will Know My Name" (et ça ne risque pas de passer inaperçu aux oreilles des fans) quelques touches orchestrales par moment, semées avec parcimonie ("You Will Know My Name", "Stolen Life"), mais aussi parfois un peu moins discrètes ("Time Is Black" ou plus encore, "Avalanche", où les parties symphoniques pourraient presque faire penser à du Metal néoclassique). Des titres très bien fichus, soit dit en passant. Voilà donc une chose nouvelle pour le groupe suédois. On ne les attendait pas forcément sur ce terrain-là. Et voilà surtout une nouveauté qui rend la musique du groupe plus variée et encore un peu plus mélodique. Ceci dit, ils n’ont pas besoin des orchestrations pour cela, il n’y a qu’à écouter le superbe "On And On" et son refrain bien fédérateur pour s’en convaincre.
Bien sûr, j’en entends déjà crier au scandale… personnellement, j’approuve totalement cette nouvelle approche (il faut dire que je n’ai jamais été réfractaire à la présence des orchestrations dans le Metal). Arch Enemy évolue et le fait intelligemment. Comme je le disais plus haut, cela faisait quelques années qu'Arch Enemy fonctionnait un peu en pilotage automatique et cet album amène une évolution bienvenue, sans transformer le groupe non plus. Ce ne sont pas quelques notes de violons qui assagissent le groupe, Arch Enemy reste un groupe de Mélodeath qui sait se faire méchant quand il le faut. Et puis, des morceaux tels que "Never Forgive, Never Forget", "As The Pages Burn", "No More Regrets" ou "Down To Nothing" restent bien dans la lignée des albums précédents du groupe, la voix d’Alissa en plus-value.

Avec "War Eternal", Arch Enemy ouvre un nouveau chapitre de sa carrière, le troisième. Et tout comme "Wages Of Sin", premier album avec Angela comme vocaliste, annonçait des lendemains qui chantent, "War Eternal" me semble bien parti pour donner un bon coup de fouet à la suite de la carrière du groupe. Peut-être que tout le monde n’y trouvera pas son compte. Moi, en tout cas, je suis conquis et cet album relance mon intérêt pour ce groupe, un intérêt qui s’était un peu émoussé au fil des ans.

17 / 20

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Splinters
Splinters
Prix : EUR 19,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Deathster un jour, Deathster toujours..., 3 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Splinters (CD)
On aura attendu trois ans pour voir arriver ce second album de Vallenfyre. Il faut dire que ce genre de projet doit jongler avec l'emploi du temps de musiciens assez occupés par leurs groupes principaux. Pour ceux qui auraient loupé le premier (excellent) épisode, sachez que le groupe se compose de Gregor Mackintosh (Paradise Lost), Hamish Glencross (My Dying Bride), Adrian Erlandsson (ex-At The Gates, Cradle Of Filth, The Haunted, et actuel batteur de Paradise Lost), le membre le moins connu étant Scoot à la basse (Doom, Extinction Of Mankind).

"A Fragile King", le premier album du combo, était un plaidoyer en faveur du Death Metal bien old school, l’amour de jeunesse de Gregor Mackintosh et qui ne l’a jamais vraiment abandonné, même après le virage gothique de son groupe principal.
Les références de notre guitariste : les vieux Hellhammer/Celtic Frost, Discharge, Napalm Death, Nihilist, Autopsy... Inutile de préciser que la patte du Death européen est bien présente dans la musique de Vallenfyre. J'y retrouve notamment l'influence des premiers albums d'Entombed ("Scabs", "Instinct Slaughter", "Odious Bliss") ou Asphyx ("Aghast") par exemple. Le son des grattes est bien gras, comme celui des premiers albums du Death scandinave.
Mais "Splinters" ne se limite pas au Death Metal old school proprement dit. Le titre "Cattle" par exemple vire vers le Grindcore, tout comme "Thirst For Extinction" tandis que "Bereft" ou le titre éponyme lorgnent eux vers les influences Doom... Car n'oublions pas que Gregor est aussi et surtout le principal compositeur de Paradise Lost. Et ça se ressent par l'aspect bien sombre de certains morceaux, notamment ce "Bereft" qui nous rappelle un peu le Paradise Lost première période (oui, rien à voir par contre avec les albums les plus récents du combo d'Halifax). L’apport d’un violon aux consonances sinistres sur ce morceau renvoie aussi vers les vieux My Dying Bride. Ces deux morceaux sont d’ailleurs les plus longs de l’album, ce qui tranche avec le premier album où pas un morceau ne dépassait les cinq minutes. Une musique bien sombre et même assez glauque. On ajoutera à cela la voix de Mackintosh qui est caverneuse à souhait et se fond bien dans ce décor oppressant.
Du coup, on a là un panel assez représentatif de la scène extrême anglaise du début des années 90 (Death, Doom, Grind) réuni sur un seul album. Notez que l'artwork très sombre et très dépouillé rappelle lui aussi les jaquettes de mauvaise qualité des cassettes démos que l'on s'échangeait à l'époque.
Côté lyrics, alors que "Fragile King" était basé sur la dépression qui suivit la perte d’un être cher au guitariste, "Splinters" est plus un cri de colère contre les aspects de l’humanité les plus vils. Et effectivement, il y a de quoi dire…

Une nouvelle fois, Vallenfyre nous propose du bien beau travail. "Splinters" tout comme "A Fragile King" avant lui, nous ressuscite une époque riche de la scène Metal extrême. La troupe de Mackintosh élargit juste un peu plus son spectre d'influences pour notre plus grand bonheur. Si vous avez apprécié toute cette scène européenne du début des nineties, une scène avec laquelle je suis sûr que pas mal d’entre vous a grandi, cet album vous plaira assurément.
16 / 20

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