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orion (Vinland)
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The Life and Times of Scrooge (Édition Deluxe)
The Life and Times of Scrooge (Édition Deluxe)
Prix : EUR 15,99

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Escapade solitaire., 15 avril 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Life and Times of Scrooge (Édition Deluxe) (CD)
Tuomas Holopainen, chef d’orchestre de Nightwish, a enfin réalisé son album solo, un projet qui lui trotte dans la tête depuis déjà pas mal de temps. Quatorze années pour être précis.
Si on se souvient bien, à la base, le projet Nightwish était un projet acoustique qui a viré Metal à cause de la puissance de la voix de Tarja Turunen. Avec cet album solo, Tuomas revient finalement à son projet de départ. Pas d’instruments électriques ou très peu, du piano, des voix douces, des choeurs et de grosses orchestrations évidemment (c’est une nouvelle fois Pip Williams, connu pour avoir travaillé sur plusieurs albums de Nightwish, qui conduit les orchestrations du London Orchestra)… voilà le cocktail de cet album solo qui nous raconte les aventures de Scrooge Mc Duck, plus connu chez nous sous le nom de Picsou. En effet, vous le savez tous maintenant, cet opus est basé sur un album illustré intitulé "The Life And Times Of Scrooge Mc Duck", écrit et dessiné par Don Rosa (à qui on doit aussi la pochette du disque) et qui a tant plu à Tuomas étant jeune. Alors, vous me direz, raconter une histoire de Picsou, ça ne fait pas très Metal, ça... mais pas de souci puisque du Metal, justement, il n'en est pas question ici !

Pour ce projet solo, Tuomas s'est entouré de quelques pointures finlandaises. On trouve notamment la chanteuse Johanna Kurkela (juste retour des choses puisque Tuomas lui a composé une chanson pour l’un de ses albums), le guitariste de jazz Miko Iivanainen et sa femme, une autre Johanna qui accompagne la première au chant. On retrouve aussi Tony Kakko (Sonata Arctica), plus connu dans le monde du Metal que les précédents invités ainsi que Troy Donockley, maintenant membre permanent de Nightwish (et le seul autre membre du groupe invité sur ce projet).

Même si cet album n’est pas du Nightwish, il y a forcément des ponts entre les deux univers. On ne se refait pas. Ambiance celtique sur le premier morceau (où l’on peut pleinement apprécier le travail de Troy Donockley), chant féminin… on est bien dans une œuvre du compositeur principal de Nightwish. Comme il n’y a pas d’instruments électriques, le piano et les orchestrations se taillent la part du lion.
C’est le cas également sur le second titre, on y retrouve une ambiance western à la Ennio Morricone déjà entraperçue elle aussi chez Nightwish (avec le titre "Turn Loose The Mermaids" sur "Imaginaerum"). Le chant est au second plan sur ce titre, ce sont les parties instrumentales qui dominent.
Avec "Duel & Cloudscapes", entièrement instrumental, on entre totalement dans un univers cinématographique.
"Dreamtime", de nouveau un instrumental (à l’exception de quelques chœurs) voit l’arrivée d’un didjeridoo en instrument lead, joué par un autre invité, Teho Majamäki.
Retour du chant sur "Cold Heart Of The Klondike", avec la voix de Tony Kakko. Les orchestrations sont encore une fois énormes, très Nightwishiennes, le morceau est prenant (plus que les instrumentaux qui ont précédé). Un petit thème instrumental renvoie encore à du Ennio Morricone (la musique du "Bon, la Brute et le Truand"). On y trouve aussi un passage celtique. Un morceau qui pourrait bien être édité en single.
"The Last Sled" met à l’honneur Johanna Kurkela. Elle a une très belle voix, toute douce, qui colle parfaitement à ce type d’exercice.
"Goodbye Papa" est de nouveau un instrumental, un peu plus festif avec son air de gigue médiévale. On note que les ambiances sont très variées tout au long de cet album, ce qui évite toute forme de monotonie, souvent inhérente à ce type de projet musical. En revanche, j’aime moins "To Be Rich", les cris de la chanteuse ne sont pas très jolis et il ne se passe pas grand chose sur ce morceau. Heureusement, le titre est court (moins de trois minutes trente).
Je pense que tous ceux qui lisent cette chronique connaissent déjà le morceau suivant, "A Lifetime Of Adventure" puisqu’il en a déjà été tourné une vidéo qui a presque atteint les 500 000 vues sur youtube au moment où j’écris ces lignes. Que dire sinon qu’il s’agit d’un très beau morceau qui m’a donné envie d’écouter l’album complet et de le chroniquer, alors que je ne suis pas forcément attiré par ce type de projet à la base (même si je suis un fervent admirateur du travail de son compositeur dans Nightwish). C’est le titre qui se rapproche finalement le plus d’un univers rock symphonique avec son solo de guitare électrique (le seul de l’album). Il reste d’ailleurs, pour moi, le meilleur morceau de l’opus.
Enfin, la dernière chanson est une ballade, jouée à la guitare acoustique principalement. Elle accompagne la voix de Alan Reid, chanteur écossais, idéal donc pour clore cette histoire qui se déroule en Ecosse. Les orchestrations sont assez légères, Troy amène quelques touches celtiques.
C’est ainsi que la dernière page de l’aventure se tourne, le voyage musical dans l’univers de Picsou prend fin.

L’ambiance générale de l’album fait sacrément penser à une bande originale de film et c’était bien sûr le but recherché : créer une bande sonore pour accompagner cette histoire. De ce côté, l’objectif est atteint.
Dans un registre quand même très différent de celui de Nightwish, même si des similitudes existent forcément, Tuomas démontre, s’il était encore besoin de le prouver, qu’il est un compositeur de talent.
Sans être l’album que j’écouterai tous les jours, ce projet solo de Tuomas Holopainen est très agréable à écouter pour se relaxer, pour s’évader, en se plongeant dans les aventures de Scrooge Mc Duck pourquoi pas… ou juste pour le plaisir.

15 / 20

Retrouvez cette chronique (et d'autres) sur le site "auxportesdumetal.com".


For Bidens
For Bidens
Prix : EUR 20,69

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Dark Metal éclectique., 13 avril 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : For Bidens (CD)
Attention, voilà peut-être bien la nouvelle sensation du Metal Hellénique ! La relève des Rotting Christ, Nightfall et Septicflesh qui commencent tous à avoir de la bouteille (ce qui n’a rien de péjoratif). On notera d’ailleurs que l’album est produit entre autres par Fotis Benardo (batteur chez Septicflesh) et l’enregistrement des guitares a été confié à George Emmanuel (guitariste chez Rotting Christ). Si on ajoute à cela que c’est Seth Siro Anton (Septicflesh également) qui s’est occupé du visuel du groupe, on peut dire qu’en Grèce, le Metal est une grande famille.

W.E.B. s’est formé en 2002 et a déjà sorti deux albums. Ils ont notamment accompagné Septicflesh dans leur dernière tournée française, vous les avez donc peut-être déjà vus jouer sur scène. Le line-up se compose de Sakis Darkface (chant, guitares), Allan Fall (guitares), Alex G. (basse) et Ioannis Theodorakis (batterie).
W.E.B. joue du… eh bien en fait, assez difficile de cataloguer le groupe avec une seule étiquette. W.E.B. est un groupe touche à tout (ou presque) et les influences vont du Black au Death en passant par le Dark Metal et le Metal Gothique... entre autres.
La preuve avec les quatre premiers morceaux, une fois l’intro passée. "Nightmares In Disguise" rappelle un peu Moonspell dans ses titres les plus Dark Metal (période "Memorial") sans oublier une petite touche électro pour faire bien moderne. Le titre éponyme, avec ses orchestrations et ses énormes chœurs sur le refrain, nous fait penser à du Septicflesh et là, ce n’est pas très étonnant quand on sait que c’est Chris Antoniou (Septicflesh encore, Chaostar) qui s’est occupé des arrangements orchestraux sur cet album. Après, on a un "God Plays Dead" très black électro / indus, un peu dans la veine de ce que proposait le groupe …And Oceans à une époque mais avec une touche plus "mainstream", à la Deathstars. Puis "Eligos" évoque un croisement Septicflesh / Cradle Of Filth très réussi. Autrement dit, le combo grec n’est pas à court d’idées et du coup, l’album est très varié puisque ces quatre premiers morceaux nous proposent déjà quatre facettes différentes du groupe. Et le tout est totalement cohérent, digéré à la sauce W.E.B., on n’a aucunement l’impression d'écouter une compilation de tous les groupes cités.
Ca ne s’arrête pas là puisqu'un court instrumental nous emmène maintenant en Orient, ce que confirme l’intro du morceau suivant, "The Prince Of 1000 Frozen Suns". De nouveau, les orchestrations prennent de l’importance, la mélodie orientale revient en fil rouge sur une ambiance black / dark. Superbe morceau, encore.
"Malaise" vient de nouveau nous prendre à contre-pied avec Sakis qui mélange un chant black et un chant gothique et surtout, avec l’arrivée d’un chant féminin très mélodique (la chanteuse d’Elysion me semble-t-il) qui lui répond.
"Night Funeral" revient sur les plates-bandes de Moonspell mais cette fois-ci, à l’époque où le groupe portugais expérimentait (période Sin/Pecado). On retrouve ce mélange Dark Metal / Metal Gothique / Metal électro qui fonctionne parfaitement. Mais comme, vous l’avez compris maintenant, le groupe ne rentre dans aucun carcan, le titre se termine avec une accélération black metal, histoire de déstabiliser totalement l’auditeur… qui en redemande !
L’album se conclut sur une trilogie, "Clamor Luna" et on n’est pas au bout de nos surprises puisqu’elle débute sur un morceau acoustique, à la guitare et au violoncelle, avec juste la voix de Sakis en chant clair dessus. La seconde partie, la plus longue (près de dix minutes), commence comme du Chaostar, c’est assez spécial. On sent bien ici le travail de Chris Antoniou. Le titre démarre et on se retrouve chez Septicflesh, à l’époque des "Ophidian Wheel" et "Fallen Temple" avec cette combinaison metal extrême et touches opéra. La dernière partie est une outro symphonique majestueuse avec chant soprano. Très beau travail encore une fois. Pas étonnant que les "anciens" du Metal grec se soient penchés sur le berceau de W.E.B., ces gars-là ont de l’avenir !

"For Bidens" est une claque, tout simplement, pour peu qu’on apprécie le Metal au sens large, qu’on ne soit pas confiné dans un seul style. Oui, les Grecs de W.E.B. nous ont offert là un excellent album qui casse pas mal de barrières.
L’avenir du Metal, ce sont des groupes comme celui-ci.
17 / 20

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The human contradiction
The human contradiction
Prix : EUR 19,99

8 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 L'album de la consécration ?, 7 avril 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : The human contradiction (CD)
Depuis son dernier album, "We Are The Others" (2012), les Hollandais de Delain ne nous ont pas laissé le temps de les oublier avec la sortie l’année dernière de "Interlude", qui comme son nom l’indiquait, était un encas pour patienter jusqu’au nouvel album que voici, "The Human Contradiction".

Les fans du genre ont à peine eu le temps de digérer le nouvel album de Within Temptation que voilà déjà celui des petits frères. Et je pense que la concurrence va être rude, tout du moins dans le coeur des amateurs du style.
Delain s'est fait une spécialité des invités (et a été imité cette année par Within à ce niveau) puisqu'il y en a eu sur chacun de leurs albums. Evidemment, le plus impressionnant à ce niveau fut le premier, "Lucidity". Mais celui-ci se défend bien aussi avec la participation (pour la troisième fois) de Marco Hietala (Nightwish) qui donne la réplique à Charlotte sur deux morceaux ("Sing To Me" et "Your Body Is A Battleground"). On retrouve également un autre habitué qui est venu pousser ses growls, c'est George Oosthoek (ex-Orphanage) que l'on peut entendre sur "Tell Me, Mechanist". Puis sur "The Tragedy Of The Commons", c'est au tour de Alissa White-Gluz (ex-The Agonist et tout récemment recrutée par Arch Enemy pour remplacer Angela Gossow) de venir hurler aux côtés de Charlotte.
L'album a été enregistré aux célèbres Fredman Studios par Fredrik Nordström, plus connu pour son travail avec des groupes de Death Metal même mélodique (Amon Amarth, In Flames, Soilwork) que sur du Metal Symphonique. Autant dire que le son est énorme.

Le premier morceau de ce nouvel album, "Here Come The Vultures", me laisse une très bonne impression. Le titre est plutôt heavy, un peu différent du style habituel du groupe, avec un ton un peu plus tragique. Ce démarrage me plait beaucoup car il montre un groupe qui ne se contente pas d’appliquer sa recette habituelle qui fonctionne pourtant particulièrement bien et qu’il pourrait donc décliner, album après album.
Et la suite me conforte dans cette idée car "Your Body Is A Battleground" est bien heavy également, avec la voix de Marco qui vient remettre une couche de méchanceté dessus. Charlotte y chante aussi de manière plus agressive. On s’éloigne avec ce début d’album des deux morceaux les plus récents du groupe (les deux inédits de Interlude) qui flirtaient bien plus avec la pop. Bien sûr, sur cette base musicale plus agressive que d’habitude, Delain nous concocte de jolies mélodies dont ils ont le secret (on retrouve le trio gagnant à la composition, Charlotte Wessels, Martijn Westerholt et Guus Eikens, ex-Orphanage). Les orchestrations me semblent encore plus énormes que d’habitude, ou alors c’est le mix qui les fait ressortir un peu plus.
Pour ceux qui préfèrent le Delain moins agressif, il arrive ensuite avec deux morceaux plus "pop compatible". "Stardust" est le titre qui devrait faire un joli carton en single. Mélodie sympathique et refrain parfait. Le groupe n’a rien perdu de son talent à concocter des morceaux de ce type. Confirmation avec le titre suivant, "My Masquerade", peut-être moins immédiat que Stardust mais qui fonctionne parfaitement lui aussi.
Décidément, les comparaisons avec le dernier Within Temptation, sur lequel le groupe a redécouvert les growls, continuent car Delain a bien voulu nous en remettre aussi sur le morceau "Tell Me, Mechanist". On y reconnaît sans problème le grain de voix de George Oosthoek. Encore une fois, le refrain fait mouche.
"Sing To Me" a une rythmique et des orchestrations très Nightwishiennes, et l’effet est encore renforcé par la participation de Marco sur ce titre. Mais le chant très identifiable de Charlotte et la mélodie du refrain empêche toutefois toute impression de déjà entendu et éloigne la composition du style Nightwish. Bien vu !
Ambiance plus électro sur "Army Of Dolls", encore un titre calibré pour faire un malheur avec un refrain super bien torché.
"Lullaby" sonne un peu plus sombre, comme le premier morceau. Charlotte chante un peu moins du nez sur ce titre.
Enfin, "The Tragedy Of The Commons" nous offre un duo inédit entre Charlotte et Alissa White-Gluz. Les deux jeunes femmes commencent sur un registre assez proche mais quand Alissa se lâche, elles ne peuvent pas avoir des voix plus différentes. Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore Alissa (qui a aussi dans son CV une participation sur le dernier album de Kamelot et le remplacement au pied levé de Anette Olzon après son éviction de la tournée américaine de Nightwish), vous allez pouvoir découvrir son impressionnante voix. Oui, oui, il s’agit bien d’une voix de femme ! Une nouvelle fois, les orchestrations sont impressionnantes. il s'agit sans doute de mon titre préféré de ce nouvel album.
On notera l’absence de ballade, pourtant assez communes dans ce style musical, comme si le groupe voulait nous prouver, si besoin était, qu’il est bien un groupe de Metal.

L’album est assez court mais ses quarante-trois minutes sont utilisées de manière optimale. Il n’y a rien à jeter, les Hollandais nous ont composé neuf titres superbes et une fois écoutés, on est pris de l'envie irrésistible d'appuyer de nouveau sur la touche play.
Aujourd’hui, Delain joue au moins à jeu égal avec la star du genre, Within Temptation. Notez d’ailleurs que le groupe sera en tournée en première partie de leurs grands frères (cinq dates en France). Et pour une fois que la Province n’est pas oubliée, ne ratez pas l’occasion de passer une belle soirée avec ces deux groupes talentueux.
17 / 20

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Shine
Shine
Prix : EUR 12,99

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Agréablement surpris., 6 avril 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Shine (CD)
La carrière solo de Tarja après son éviction de Nightwish ne m'a pas emballé, loin de là. Je n'attendais pas grand chose de cet album de la seconde ex-chanteuse de Nightwish mais j'ai bien fait de l'écouter quand même.

En effet, là où à mon sens, Tarja s'est ramassée en proposant une musique totalement sans âme, juste faite pour mettre sa voix en valeur, la démarche d'Anette est tout autre.
Anette nous propose ici de belles compositions avec de belles mélodies. Elle chante parfaitement bien et n'essaye pas d'en faire des tonnes, ce qui de toute manière n'a jamais été son genre. Sa voix est au service du morceau, pas le contraire. Cela nous donne 10 titres bien sympathiques dont pas mal de ballades, très agréables à écouter.
Bien sûr, plus grand chose à voir avec du Metal proprement dit. Anette nous propose un rock pop symphonique parfois, un peu électro par moments mais surtout très posé. Les morceaux sont assez cools dans l'ensemble mais il s'en dégage une véritable émotion. Bien joué !

Finalement, il y a une vie après Nightwish...


De mysteriis dom sathanas
De mysteriis dom sathanas
Prix : EUR 19,46

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Culte., 13 mars 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : De mysteriis dom sathanas (CD)
1994 – 2014. Vingt ans.

Il y a tout juste vingt ans sortait le premier album du groupe le plus sulfureux du Black Metal. J'ai nommé Mayhem. Et ce "De Mysteriis Dom Sathanas", qui signifie littéralement "les mystères occultes de Satan", annonce la couleur : noire comme la nuit la plus sombre, noire comme les âmes les plus tourmentées, noire comme le néant qui attend tous les mortels. Ames sensibles s'abstenir.

Ce disque a une aura très particulière. Tout d'abord parce que c'est le premier album longue durée de Mayhem, l'un des pionniers du Black Metal moderne, après pourtant dix années d’activité. Mais aussi parce qu’il est le témoignage posthume de deux des membres du groupe : Dead, le chanteur, dont ce sont ici les derniers textes (ce n'est pas lui qui chante, puisqu’il était déjà mort au moment de l'enregistrement) et de Euronymous, le fondateur et compositeur principal des musiques, qui sera assassiné juste après l'enregistrement.

Mais revenons un peu en arrière. Le groupe s'est formé en 1983. A l'époque, il compte Euronymous aux guitares, Necrobutcher à la basse et Manheim à la batterie. Très vite rejoints par Messiah au chant, ils sortent deux démos en 1986. Les influences de nos jeunes norvégiens : les premiers Sodom, Bathory, Venom et Celtic Frost (Hellhammer) évidemment.
L'année suivante, Messiah est remplacé par Maniac et c'est l'enregistrement du EP "Deathcrush" qui va avoir l'effet d'une bombe dans le petit monde underground. Crasseux, approximatif, extrême, morbide, Mayhem acquiert, grâce à lui, une solide réputation.
Puis Manheim se tire et Maniac est interné en hôpital psychiatrique, remplacés respectivement par Hellhammer et Dead en 1988. Cette formation tourne intensivement et enregistre en 1990 le fameux "Live In Leipzig", qui ne sortira qu'en 1993 mais qui contient déjà quelques titres qui figureront sur ce premier album. Ce sera le seul enregistrement de cette formation culte car à partir de là, l'histoire de groupe devient sordide. En 1991, Dead se suicide. Sa fascination pour la mort lui a donné envie d’aller voir à quoi ça ressemblait. Mais il n’était pas le seul esprit dérangé du groupe. Euronymous fonde de son côté son propre label (Deathlike Silence) mais surtout le nauséabond "Inner Circle" dont les actes extrémistes (incendies d'églises notamment) conduisent Necrobutcher à quitter le groupe. Euronymous lui trouve un remplaçant au sein de l’Inner Circle en la personne de Varg Vikernes alias Count Grishnackh, un autre cinglé notoire. Attila Csihar du groupe hongrois Tormentor est engagé comme chanteur et ils enregistrent enfin ensemble ce "De Mysteriis Dom Sathanas". Un album qu’Euronymous ne verra pas finalisé puisqu'il sera assassiné par celui-là même qu’il était allé chercher pour jouer la basse dans son groupe, Vikernes. Ce dernier est arrêté et emprisonné juste avant la sortie de l'album. Si bien que quand "De Mysteriis" sort dans les bacs, le groupe n'existe déjà plus.
Bilan : deux morts, un interné en asile et un meurtrier sous les verrous.

Cet album est donc culte pour les raisons extra musicales que je viens d'évoquer. Mais il est aussi culte pour son contenu. De nombreux fans de Black Metal le considèrent d’ailleurs, à juste titre, comme étant l’album de Black avec un grand A. La référence absolue, le grimoire sacré. Alors, pourquoi cet album est-il si unanimement salué ? Tout simplement parce que "De Mysteriis Dom Sathanas" EST le Black Metal. Cet album est la bible de l’art noir pour tous les apprentis black metalleux peinturlurés. Un cours magistral en huit chapitres. Ecoutez donc, bande de suiveurs, ce que doit être le Black Metal ! Ecoutez "Funeral Fog" et "Pagan Fears" et leurs riffs dévastateurs, "Freezing Moon" et son chant hanté, "Life Eternal" et son rythme groovy avec sa basse super audible, le terrible "Buried By Time And Dust" ou le dantesque "De Mysteriis Dom Sathanas". Imprégnez-vous de leurs atmosphères suffocantes et morbides ! Voilà à quoi doit ressembler le Black Metal. Une ambiance malsaine créée par des riffs sombres et des hurlements de psychopathe sur une batterie prise de démence (Hellhammer fait un boulot incroyable sur cet album, ce n’est pas pour rien qu’il est considéré comme l’un des meilleurs batteurs du genre).
La voix de Attila, fortement décriée par les "true fans" qui lui préfèrent celle de Dead sur les quatre titres de cet album parus sur le live cité plus haut, est pourtant assez hallucinante par moments (le titre éponyme, auquel il confère un rendu totalement mystique). Mais il faut reconnaître que sur "Freezing Moon" tout comme sur "Life Eternal", sa voix est assez particulière et a pu en choquer quelques-uns. Le chanteur hongrois y a manifestement ajouté sa patte personnelle. C’est sans aucun doute ce que voulait Euronymous en le recrutant.
Niveau production, on pouvait s’attendre à pire dans la mesure où, jusqu’à présent, le groupe n’avait vraiment pas disposé d’un son correct. C’est peut-être ce que certains considèrent comme le charme du "true black" mais c’est juste navrant de mon point de vue. Là, sans que ce soit de la grosse production bien sûr (loin de là, on sent quand même bien le côté garage en bois en pleine forêt enneigée), le son est assez clair pour qu’on puisse y discerner tous les instruments et le chanteur, et surtout sans que ce soit un bordel indescriptible, comme c’était le cas sur "Deathcrush" par exemple.

L’album, retardé par tous les événements cités plus haut, n’est donc sorti qu’en 1994 alors que d’autres groupes de Black Metal avaient déjà pris une place importante (Darkthrone notamment). Il n’empêche que ce "De Mysteriis Dom Sathanas" est l’un des albums fondateurs du Black Metal moderne et ses géniteurs sont incontestablement ceux qui auront fait couler le plus d’encre. C’est en effet à cause de l'Inner Circle, de Euronymous, de Grishnackh et d’une poignée d’autres allumés que le Black Metal est rapidement passé du statut de musique extrême à celui de musique d’extrémistes… une image qui lui colle encore à la peau aujourd’hui, même si la plupart des protagonistes de l’époque sont soit morts, soit repentis… Saluons donc ce qu’ils ont réalisé en tant que musiciens mais on n’est pas obligé de cautionner leurs actes de jeunes crétins qu’ils étaient.

Même si, pour les true fans (qui ne sont pas toujours les plus fins), Mayhem est mort avec ce premier album, Hellhammer ressuscitera le groupe en rappelant deux anciens membres (Maniac et Necrobutcher) et en faisant appel à Blasphemer pour les guitares. Je n’entrerai pas dans le débat qui consiste à savoir s'il s'agit du "vrai" Mayhem ou pas vu que ça ne m’intéresse absolument pas, on retiendra juste qu’avec ce premier album, Mayhem est devenu une véritable légende et que ce groupe garde, encore aujourd’hui, une place à part sur l’échiquier du Black Metal.

Retrouvez cette chronique sur le site "auxportesdumetal.com" dans la rubrique "back to the past".


Victim of yourself
Victim of yourself
Prix : EUR 20,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Queens of Thrash !, 5 mars 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Victim of yourself (CD)
Nervosa. Voilà un patronyme qui sent bon le vieux Thrash bien old school. La pochette de l'album est à l'avenant, on sait immédiatement où l'on met les pieds, et cela avant d'avoir écouté la moindre note. Quand on dit que l’habit ne fait pas le moine, ce n'est pas toujours vrai…
Nervosa nous vient du Brésil et sort ici son premier album longue durée, après un EP cinq titres sorti en 2012. Du Thrash old school made in Brésil, jusque là, rien de bien exceptionnel. Mais si je vous dis que ces thrashers brésiliens sont en fait des thrasheuses, ça va peut-être titiller votre curiosité. En tout cas, ça a éveillé la mienne. En effet, dans ce style musical, les femmes ne sont pas légion et les groupes uniquement féminin encore moins. Voilà donc une bonne occasion de se pencher sur le cas Nervosa.

Ce trio 100% féminin est donc composé de la très énergique Fernanda Lira à la basse et au chant, de Prika Amaral à la guitare et Pitchu Ferraz à la batterie. Et attention, ce n’est pas parce que ce sont des filles que ça joue moins fort ou de manière moins violente que les garçons. Ne vous attendez pas à des compos sucrées car elles en veulent, ces jeunes filles. Ne vous attendez pas non plus, vues leurs origines, à du rythme chaloupé, ambiance samba et maracas qui donne envie de danser, c’est plutôt brut de décoffrage. Elles nous offrent sur ce premier album un Thrash Metal hyper direct qui ne fait pas semblant. Nervosa, c'est pas du Thrash de fillettes !
Après une intro digne de la fin du monde, bruitages à l’appui (très populaires dans le Thrash) puis une belle montée mélodique tout en puissance des guitares, voilà que vous déboule dans la tronche un "Twisted Values" qui va déjà mettre tout le monde d’accord. Ca défouraille sec. Fernanda, malgré son physique plutôt agréable, est loin d’avoir une voix très sexy. Par contre, pour ce qui est de chanter du Thrash Metal, elle est parfaite ! On dirait une version féminine de Mille Petrozza (Kreator), avec la même envie de bouffer tout ce qui l’entoure. Un vrai pitbull. D’ailleurs, le riffing rappelle lui aussi le old Kreator, bien énervé. On a des bons petits breaks, histoire de faire taire les plus misogynes.
Le titre suivant, "Justice Be Done", me rappelle un autre combo européen, Necrodeath. Le chant y est aussi extrême, le tempo y est aussi rapide. La façon de scander le refrain me rappelle les albums "Mater Of All Evil" ou "Black As Pitch" (les meilleurs). On ne quitte pas ce côté evil avec "Wake Up And Fight", "Nasty Injury" et "Envious", le tempo y est toujours aussi furieux. Fernanda s’égosille littéralement, les riffs sont réglés comme du papier à musique alors que les solos sont assez minimalistes. La basse cinq cordes de Fernanda joue le rôle de seconde guitare et rend le son du groupe bien profond. Bien sûr, les refrains sont rehaussés des fameux chœurs repris par tout le groupe, chers à la Bay Area. Rien de révolutionnaire dans tout ça, c’est évident, mais en terme d’efficacité, c’est tout simplement parfait.
Les missiles s’enchaînent, on prend baffe sur baffe. L’énergie ne faiblit pas, on continue dans ce mix Kreator / Necrodeath avec parfois quelques riffs slayeriens, ce qui n'est pas incompatible ("Into Mosh Pit"). Le titre éponyme est une véritable bombe à défragmentation, ça explose de partout. Et, annoncé avec les sirènes de l’apocalypse, le dernier morceau va vous achever. "Uranio Em Nos", une tuerie qui pourrait être extraite d’un album de Black Metal, on n’y trouverait rien à redire.

Si on veut critiquer quelque chose, on dira que le côté exotique du Brésil est bien loin, rien ne distingue ce combo des groupes américains ou européens. Mais on s’en fout un peu, non ? Il me semble que "Beneath The Remains" ne reflète pas particulièrement l’identité brésilienne. Il n’en reste pas moins que c’est l’un des meilleurs albums de Thrash.
Nervosa nous offre ici un premier disque très classique pour le style mais très efficace aussi. Ces trois filles n’ont rien à envier aux combos masculins du genre en terme d’agressivité. Des compos solides, une production bien balaise, une énergie communicative. Finalement, il n’y a rien à reprocher à ces donzelles.
En plus, voilà qui va nous féminiser un peu ce style très masculin. C’est plutôt une bonne chose.
16 / 20

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Turisas 2013 - Edition limitée
Turisas 2013 - Edition limitée
Prix : EUR 18,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Turisas 2013... un cru qu'il faut laisser mûrir., 23 février 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Turisas 2013 - Edition limitée (CD)
Je ne voulais pas faire un commentaire de cet album à chaud... et j'ai eu raison.
Oui, à la première écoute, je n'ai pas adoré du tout. Déjà, la pochette n'était pas très attirante. Mais le contenu se révéla aussi assez loin des attentes.
Mais ça, c'était la première écoute.

Car depuis, j'ai pris le temps de l'approfondir, ce "Turisas 2013". Il ne faut pas l'avaler d'une traite, il faut le laisser en bouche, lui laisser le temps de donner toute sa saveur. Et là, une fois qu'on a passé la déception du "c'était mieux avant", on découvre un album varié et très attractif. Attractif comme les refrains des deux premiers morceaux, des petites bombes à retardement. Varié car les morceaux comme "Run Bhang-Eater, Run!" ou "No Good Story..." sont bien délirants, dans l'esprit des vieux morceaux du groupe. Un morceau comme "Greek Fire", bien que très symphonique avec ses choeurs, arrache bien la tête. "The Day Passed", avec ses cuivres, rappelle les grandes heures de "Battle Metal". Oui, les morceaux sont plus mélodiques. Encore que... "Stand Up And Fight" s'éloignait déjà sensiblement de l'esprit barbare du Viking Metal, non ?
Le violon est toujours à l'honneur, le groupe ne s'est pas transformé, il a simplement évolué. Et l'évolution, ce n'est pas un gros mot.

Alors, même si je lui préfère toujours "Battle Metal" ou "Stand Up And Fight", ce "Turisas 2013" est loin d'être un album raté. Prenez juste le temps de l'approfondir, vous ne serez pas déçus.


Dawn of the brave ltd edition
Dawn of the brave ltd edition
Proposé par Expédition Express
Prix : EUR 24,88

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Et de cinq !, 12 février 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dawn of the brave ltd edition (CD)
Faire du Metal sans guitares électriques, sans basse, avec juste des voix et une batterie, c’était quand même une idée assez gonflée au départ. Ca aurait même très bien pu devenir du grand n’importe quoi. Je pense que pas mal de personnes n’auraient pas misé le moindre kopeck sur le succès d’un tel groupe. Pourtant, Van Canto a réussi son pari et sort aujourd’hui son cinquième album.

Il faut bien reconnaître que, passé l'effet de surprise et le côté curiosité du truc, Van Canto nous sort depuis le début des albums qui tiennent la route, avec des morceaux originaux bien inspirés. Avec "Dawn Of The Brave", pas de mauvaise surprise pour ceux qui apprécient le genre… car, évidemment, il faut un minimum adhérer au concept. Des mecs qui font des "dom, dom, dom", des "diguidoum, diguidoum", des "rakataka" pour remplacer les guitares rythmiques et la basse, ça peut très vite déstabiliser l’auditeur de passage, je le conçois parfaitement. Mais justement, le groupe se doit de compenser le manque d’instrument par une recherche de mélodies et de refrains forts. Et de ce côté, Van Canto sait s’y prendre. Nous avons encore cette fois-ci des titres dont les refrains fédérateurs restent bien en tête ("To The Mountains", "Steelbreaker"...)
Comme toujours, le groupe se livre à l'exercice de la reprise. Cette année, se sont Europe et Black Sabbath qui sont à l'honneur avec, respectivement, la reprise du tube intergalactique "The Final Countdown" et le non moins célèbre "Paranoid". Et comme (presque) à chaque fois, les Allemands ont trouvé le biais pour affronter ces morceaux sans tomber dans le banal ou pire, le ridicule. La célèbre mélodie du synthé de "Final Countdown" est vocalisée par Inga. Quant à "Paranoid", c’est toujours amusant d’entendre des riffs aussi célèbres faits avec la bouche et non avec des guitares. Et Van Canto nous livre même une troisième reprise mais pour la première fois, du moins à ma connaissance, le groupe se lance dans une cover "hors metal" puisqu'ils reprennent le "Holding Out For A Hero" de Bonnie Tyler. On retiendra que la version des Allemands est très convaincante.
Comme à chaque fois aussi, c'est sur des morceaux quasiment a cappella, sans batterie, que l'on se rend compte du talent de ces chanteurs, et où le travail sur les voix est le plus impressionnant (la première partie de "The Other Ones", le presque entièrement a cappella "Into The West").
Je regrette par contre toujours un peu que la voix de Inga ne soit pas plus exploitée en lead car elle possède vraiment une voix intéressante, puissante et variée. Ecoutez donc "To The Mountains", "The Awakening" ou "Into The West", et vous verrez qu’elle n’a vraiment rien à envier à certaines chanteuses bien plus célèbres qu’elle.

Avec une pochette assez Manowarienne dans l'esprit (on sait que le groupe allemand est fan des Américains) où un super héros trône au sommet d'un tas d'instruments de musique en piteux état, Van Canto semble vouloir nous prouver qu'il n'y a plus besoin de guitares électriques ou de basse pour jouer du Metal. On n’en est pas encore là mais à la différence des autoproclamés "Kings Of Metal", Van Canto, c'est du second degré. Oui, Van Canto ne se prend pas au sérieux et le prouve dans sa vidéo du morceau "Badaboom" (de même que le titre du morceau, avouez...). A ne pas rater !

Aussi sympathique que le précédent album, Van Canto continue son bonhomme de chemin avec son metal original et devrait satisfaire les fans du groupe et pourquoi pas en acquérir de nouveaux… si toutefois vous laissez de côté vos préjugés !
La consécration ultime sera sans doute quand un groupe de "Metal classique" reprendra du Van Canto !
15 / 20

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Triumph and Power - Edition Limitée
Triumph and Power - Edition Limitée
Prix : EUR 19,00

7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Mac Timber., 8 février 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Triumph and Power - Edition Limitée (CD)
A l’instar de la pochette de ce nouvel album, le grand mage sort de sa forêt scandinave et va encore nous asséner un gros coup derrière les tympans. Voilà "Triumph And Power", septième album de la troupe menée par JB (ex-chanteur de Spiritual Beggars) qui nous fait dans le gros Heavy de bûcheron depuis déjà quelques temps. Mais "The Hunt", dernier album en date, montrait que le groupe suédois avait décidé de faire évoluer (un peu) sa musique vers des terres plus seventies, en ajoutant une pointe de groove à son Heavy très traditionnel.
Où en est donc Grand Magus aujourd’hui ? Encore plus de groove ou retour à du brut de décoffrage ? On va vérifier ça tout de suite.

Le vent, l’orage, un cheval qui galope, une guitare acoustique, des chœurs à la Bathory époque "Twilight Of The Gods"… Grand Magus aurait-il changé de créneau et oeuvrerait maintenant dans le Viking Metal ? Non, pas vraiment, rassurez-vous. Même si cette intro pouvait être trompeuse, on retrouve nos Suédois dans leur exercice de style favori : un bon gros Heavy bien lourd mais toujours diablement efficace. Il semblerait donc que le groupe ait laissé de côté la subtilité de l’album précédent, comme le prouve le titre éponyme avec les gros "Hey!" guerriers du refrain, on se croirait chez Manowar (sans parler des paroles : "fight for glory until death or victory"… ceci dit, ça fait un moment que les thèmes des chansons de Grand Magus fleurent bon le "true metal" en parlant de bravoure, de guerriers et de combats). Le refrain de ce titre est particulièrement efficace, de ceux qui vous rentrent dans le crâne dès la première écoute.
On retrouve ici les éléments qui ont fait la force d’albums tels que "Hammer Of The North" et "Iron Will". La voix de JB, à la fois puissante et chaude, est définitivement l’élément tout de suite identifiable de Grand Magus. Côté riffs, on est dans l’efficacité maximale là aussi ("Steel Versus Steel", "Fight", "Triumph And Power", "Dominator").
"Arv", parenthèse acoustique qui nous fait souffler en milieu d’album, après cinq morceaux à la gloire d’un Heavy Metal sans fioritures, lance une seconde partie d’album qui ne l’est pas moins (efficace, glorieuse et heavy). "Holmgång" nous re-balance une intro digne de Bathory (chœurs que l’on retrouve en fin de titre) mais à part ça, ça reste heavy de chez heavy. "The Naked And The Dead" accélère le tempo et JB nous sort de derrière les fagots un refrain bien fédérateur (encore !) et un solo qui tue. "Ymer" est la seconde pause acoustique de l’album (avec toujours cet esprit Viking Metal que l’on peut trouver chez des groupes tels que Bathory ou Moonsorrow) qui lance le terrible "The Hammer Will Bite", dernier morceau de cet album, le plus lourd et aussi le plus épique.

Encore un sans faute pour le trio suédois, maître du Heavy sans concessions. "Triumph And Power" rassurera même ceux qui avaient trouvé "The Hunt" un peu en dessous, sûrement à cause de cette approche plus groovy. Ici, pas de doute, c’est du Heavy Metal bien guerrier, bien rentre-dedans, qui donne envie de prendre son épée, enfiler son heaume et aller batailler dans les forêts. Ca va saigner !
16 / 20

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Hydra - Edition Limitée [Digibook]
Hydra - Edition Limitée [Digibook]
Prix : EUR 17,99

11 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 L'hydre à deux têtes., 4 février 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Hydra - Edition Limitée [Digibook] (CD)
Avec ce nouvel album nous vient tout un tas de questions. Le groupe va-t-il rendre sa musique encore plus accessible, flirtant encore plus (dangereusement ?) avec les limites de la pop ou de la dance, comme c'était le cas avec "Sinead" sur le dernier album en date, "The Unforgiving", et surtout, avec l'album de reprises qui a suivi ou bien, au contraire, durcir le ton ? Je suis de ceux qui souhaiteraient la deuxième option mais je ne me fais plus trop d’illusions depuis bien longtemps ("The Silent Force") car il faut reconnaître que les Hollandais ont trouvé leur voie et semblent très à l’aise dans cette navigation entre deux eaux, celle du Metal Symphonique et celle d’une musique plus lisse, plus consensuelle… en un mot, plus formatée.

La première grosse nouveauté de ce nouvel album, c’est le nombre conséquent d’invités. Il n’y en a jamais eu autant sur un album du groupe. Quatre duos nous attendent. A la lecture de ces duos (et avant l’écoute), certains font peur (Xzibit, star du hip hop), d'autres sont bien plus évidents. Je veux parler bien sûr du duo Sharon / Tarja Turunen sur "Paradise (What About Us?)" ou tout simplement, le duo que tout le monde attendait... on a tellement comparé ces deux chanteuses à l'époque où Tarja était dans Nightwish qu'il était naturel qu'elles se retrouvent un jour. C'est fait. Le morceau (que tout le monde connaît déjà, je suppose) est sympa et tiendra tout à fait son rôle de single avec son refrain très fédérateur. Disons qu’il correspond parfaitement à ce que l’on attendait du groupe, avec en prime le plaisir de retrouver ces deux excellentes chanteuses ensemble pour la première fois. Et leur prestation est évidemment remarquable. Le morceau est l'un des plus symphoniques de l'album qui, et c'était déjà le cas sur "The Unforgiving", ne met plus les orchestrations au premier plan.
Le second duo (mais premier sur l’album), peut-être plus intéressant encore car la chanson est de mon point de vue plus réussie, est celui avec Howard Jones, ex-chanteur de Killswitch Engage sur "Dangerous". Le morceau est assez agressif (pour du Within, j’entends), sur un tempo bien rapide. Comme bien souvent avec le groupe, le refrain fait mouche et le titre est appelé lui aussi à cartonner.
On a eu peur pour le duo avec Xzibit et on a eu raison. La partie rappée ne présente pas, à mon avis en tout cas, un grand intérêt et casse ce morceau qui partait pourtant bien. Le rap et le côté assez électro du refrain (pourtant sympa), c’est un peu too much pour moi. Voilà un titre qui risque d’être zappé à chaque écoute. Mais bon, il y en aura peut-être parmi vous pour apprécier ce genre d’exercice.
Enfin le dernier duo, celui avec Dave Pirner de Soul Asylum sur "Whole World Is Watching", termine cet album sur une note assez cool. Un morceau pas totalement inintéressant mais pas transcendant non plus. Un peu trop terne à mon goût. En revanche, les deux voix se complètent bien.
Bon, mais cet album ne se limite pas à ses duos. Et les autres morceaux sont intéressants, à commencer par le titre introductif, "Let Us Burn", où l’on retrouve le Within que l’on connaît depuis "The Silent Force", roi de la mélodie accrocheuse et du refrain qui frappe au bon endroit. Un bon titre pour nous chauffer. Suivent trois des duos déjà évoqués puis arrive "Edge Of The World". De nouveau, un titre totalement estampillé Within Temptation, très calme au départ, qui s’énerve un peu par la suite et sur lequel Sharon nous rappelle qu’elle est toujours l’une des meilleures chanteuses du circuit.
A ce stade de l’album, l’avis est plutôt positif mais je sais déjà que ce "Hydra" n’égalera pas les premiers albums du groupe. Je n’y retrouve pas la magie qui émanait d’un "Mother Earth" ou d’un "Enter". Ceci étant dit, je m’y attendais, la surprise n’est donc pas mauvaise.

La seconde partie de l’album commence avec "Silver Moonlight". Le morceau est introduit calmement, mais rapidement, le rythme s’intensifie, ça devient bien dynamique, il y a des "oh, oh, oh", le refrain est énorme et… et là, que se passe-t-il ? Oui, j’ai bien entendu, il y a des grunts ! Incroyable, je pensais ne plus en entendre chez Within dans la mesure où, à part sur l’inédit "Jane Doe" datant de 2004, les seuls morceaux comportant des growls dataient d’il y a bien longtemps. LA grosse surprise de ce nouvel album ! Ce titre est monstrueux, voilà le type de morceau que j’attendais depuis bien longtemps. Donc, ils peuvent encore le faire… Et là, on a forcément un énorme regret : pourquoi, mais pourquoi n’en ont-ils pas mis plus ? Des grunts à la place de la partie rappé de "And We Run" et un refrain plus musclé, ça aurait eu plus de gueule, avouez ? En tout cas, ce groupe n’a pas fini de surprendre son monde.
"Covered By Roses" qui suit est un très bon morceau, à la rythmique qui claque bien. Encore une fois, la mélodie s’incruste dans votre cortex pour ne plus le quitter. C’est l’effet addictif Within Temptation ! La petite voix d'enfant au milieu du titre fait très Nightwish.
On pense que le morceau suivant qui démarre calmement au piano, "Dog Days", est la première ballade de l’album (oui, vous avez remarqué, on en est à la huitième piste et toujours pas de ballade…). En fait, pas vraiment. Si la chanson n’est pas hyper énergique non plus, le rythme n’est assurément pas celui d’une ballade. Ce que n’est pas non plus "Tell Me Why", ce qui veut dire que ce nouvel album ne contient pas les deux ou trois ballades habituelles que nous livre le groupe depuis "Mother Earth". Quand je vous disais que ce groupe pouvait encore nous surprendre.
Mais revenons à ce "Tell Me Why" qui est encore un morceau bien rythmé et qui possède, une fois de plus, un refrain qui fait mouche. Voilà de nouveau un excellent titre, encore une fois doté d’un solo de guitare (je ne me rappelle pas en avoir entendu autant sur un album du groupe depuis…) et qui me fait d’autant plus regretter ce "And We Run" presque anachronique. Des deux têtes de l’hydre de la pochette, qui doivent symboliser les deux facettes de la musique du groupe, j’en aurais bien gardé une seule, la plus féroce.

Alors qu’on s’attendait plus ou moins, après l’épisode des reprises, à un album très consensuel, très orienté pop, les Hollandais nous offrent leur album le plus épicé depuis bien longtemps. De grands moments ("Dangerous", "Silver Moonlight", "Covered By Roses", "Tell Me Why"), hélas quelques moments moins intéressants aussi ("And We Run", "Whole World Is Watching"), mais au final, la balance penche largement du bon côté et nous avons là un album tout à fait intéressant qui devrait tourner un moment sur ma platine.
N’ayez pas peur, Within Temptation fait toujours partie de la famille Metal et le prouve de la meilleure des façons !
16 / 20

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