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orion (Vinland)
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Invictus
Invictus
Prix : EUR 16,15

4.0 étoiles sur 5 Du bon Death Metal de la part du batteur de Nile !, 23 mai 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Invictus (CD)
George Kollias est un batteur d'origine grecque qui a contribué à l'oeuvre de plusieurs combos dont les plus connus sont Nightfall (deux albums), Tyr (un album), Sickening Horror (un album) et surtout Nile avec sa participation aux quatre derniers albums du groupe.
Dans sa bio, on apprend qu’il a commencé à jouer de la batterie à l’âge de douze ans, en reprenant ses groupes préférés de l’époque, Sepultura et Slayer. Puis il prend des cours, il peaufine sa technique. Ses modèles sont alors Dave Lombardo, Lars Ulrich, Richard Christy, Gene Hoglan, Paul Bostaph, Igor Cavalera et Pete Sandoval. Bref, les meilleurs batteurs de Thrash et Death. Aujourd’hui, en plus de Nile, il donne aussi des cours et fait pas mal de clinics. Il a même écrit un livre, "The Odyssey of Double Bass Drumming".

Batteur est souvent un rôle ingrat dans un groupe. Derrière tous les autres sur scène, planqué par son kit, rarement sollicité pour la composition, il en est pourtant une pièce maîtresse, surtout dans notre style musical préféré. Certains batteurs éprouvent donc des envies de liberté artistique. C’est le cas de George qui nous propose aujourd’hui son premier album solo. Alors, je vous entends déjà, un album solo d’un batteur, ça va vite être pénible. Ca peut. Mais pas là. George a choisi de ne pas proposer un album instrumental. Et il s'agit vraiment d'un album solo dans le premier sens du terme puisque George a composé seul tous les morceaux, il joue de tous les instruments et il chante. Un vrai Remy Bricka ! Mais version Death Metal, car "Invictus" est un album de Death Metal de la première à la dernière note. Notre homme-orchestre a toutefois pensé à inviter quelques amis, des membres de Nile et de la scène Metal grecque (Nightfall, Rotting Christ, Firewind, Cerebrum).

Musicalement, ce n’est pas parce que Kollias fait partie de Nile qu’il nous sert un album de Brutal Death technique. George nous livre un disque de Death que l’on va qualifier de classique dans ses structures mais moderne dans ses sonorités, globalement bien rapide, avec quelques touches mélodiques sur les solos notamment.
Les percussions sont bien sûr à l’honneur, notamment sur les intros. Tribales au début de "The Passage", indus sur "Aeons Of Burning Galaxies", roulements énormes de double ("Epitaph")…
Sans tomber dans la démonstration stérile, George nous réserve quelques plans quand même bien alambiqués ("Aeons Of Burning Galaxies") et du blast-beat en veux-tu en voilà. Je ne vais pas entrer dans le détail technique de son jeu, déjà parce que je ne suis pas spécialiste en batterie et surtout parce qu'on s'en moque un peu, non ?
Au niveau jeu de guitare et voix, il n’est pas ridicule non plus. Le riffing rythmique est toutefois assez simple, c’est évidemment la batterie qui est à l’honneur sur l'album. Ce riffing un peu répétitif rend quelques-uns des morceaux, notamment les plus rapides, un poil linéaires. C’est pourquoi j’ai une préférence pour "Voices", un titre bien plus lourd et sombre, ambiance "Puritania" (le morceau de Dimmu Borgir). Ce titre est une tuerie ! Je suppose (car je n’ai pas plus d’indication là-dessus) que les solos ont été laissés aux invités. Je n'ai pas le détail des interventions, je sais juste que c’est Mike Papadopoulos (guitariste de Cerebrum) qui joue celui du dernier morceau, le fantastique "Buried Under The Flames", avec ses choeurs religieux en intro et son rythme bien pesant là aussi. Autre tuerie de l'album.
Il y a tout de même un titre instrumental, "Apocalypse", assez différent du reste car plutôt ambient, où George joue des percus et où des synthés viennent jouer la mélodie. Le morceau est, je dois dire, assez réussi et aère l’album.
La production de l’album met bien en valeur son travail : c’est propre, net et sans bavures.

Cette première escapade solo de George Kollias est plutôt une bonne surprise. Il nous propose ici dix morceaux (onze avec l’intro parlée) d’un Death Metal moderne et inspiré qui passe tout seul, pour peu qu’on aime le style, évidemment. Aucun titre n’est dispensable et on a notamment deux titres particulièrement excellents qui valent à eux seuls que l’on jette une oreille attentive sur son album. Avis aux amateurs de batterie / percussions et de Death Metal !
16 / 20

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Sol Invictus
Sol Invictus
Prix : EUR 13,99

5 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Retour très attendu... et très réussi !, 18 mai 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sol Invictus (CD)
Faith No More. Groupe phare du metal dans les années 90, un combo novateur, visionnaire, surprenant qui se sépara en 1998, après avoir livré un dernier album, leur sixième, sobrement intitulé "Album Of The Year".
En 2009, le groupe se reforme pour une série de concerts et festivals. On commence à croire à un nouvel album… qui ne vient pas. Déception. Faith No More ne semble pas vouloir donner suite à cette reformation, les déclarations des membres sont assez ambiguës, on n’y croit plus. Entre 2012 et 2014, c’est silence radio. Puis, l’espoir renaît quand le groupe joue deux nouveaux titres sur scène le 4 juillet 2014, en première partie de Black Sabbath. A la suite de ce concert, Faith No More annonce que le processus de créativité est relancé et qu’un nouvel album verra le jour en 2015.

On y est ! Le groupe reprend exactement où il s'est arrêté, avec le même line-up que sur "Album Of The Year" (1997), à savoir Mike Bordin à la batterie, Billy Gould à la basse (les deux membres fondateurs), Roddy Bottum aux claviers, Mike Patton au chant et Jon Hudson à la guitare, qui n’a enregistré que ce dernier disque avec le groupe. J'aurais bien sûr aimé un retour de Jim Martin (qui officiait sur les deux joyaux du groupe, "The Real Thing" (1989) et "Angel Dust" (1992) mais bon, on ne peut pas tout avoir... et apparemment, le contentieux entre les protagonistes était (et est toujours ?) trop sérieux.

Ce n’est pas sans une certaine fébrilité que j’entame l’écoute de ce nouvel album, dix-huit ans après la sortie de leur dernier disque. J’ai adoré Faith No More dans les années 90 et le risque d’être déçu existe forcément, même si j’ai confiance en leur faculté à composer des morceaux assez envoûtants.
Petit piano tranquille, batterie en roulements façon jazz, Mike chante calmement, le refrain est à peine plus énergique… l'album démarre très sobrement par le titre éponyme. Une petite mise en bouche signée Faith No More dans son style bien à part, avant que les choses sérieuses ne commencent. Et elles commencent avec le titre suivant, "Superhero". La grosse basse de Billy Gould est aux avant-postes, Patton commence à lâcher les chevaux avec ses cris de sauvages dès le début du titre, plans de batterie extravagants de Mister Bordin (n’attendez pas ici une batterie qui fait boum boum boum boum) et toujours ce petit piano tranquille qui amène le côté posé à la composition pendant que les autres envoient la sauce. La guitare, qui n’a jamais été l’élément principal de la musique du groupe mais qui fait partie d'un tout, complète l’ensemble et nous gratifie tout de même d'un solo. Je retrouve bien là mon Faith No More, celui des albums précédents. Ce titre me rappelle même l’album emblématique "Angel Dust". Ca démarre donc très bien.
Sans entrer dans le détail de chaque titre, chose compliquée avec Faith No More, sachez que le groupe a gardé son potentiel à nous sortir des morceaux qui sont tout sauf linéaires. Au programme, quelques titres bien déjantés comme "Rise Of The Fall" ou "Separation Anxiety". Ce dernier est redoutable, on y retrouve un Mike Patton qui nous sort le grand jeu. On est carrément rassuré, il n’a rien perdu de ce qui faisait sa particularité il y a une vingtaine d'années, il est au top du début à la fin de cet album ! Il se met d'ailleurs au rap sur les couplets de Mo****er, ce qui nous rappelle (si besoin était) que ce groupe fut l’un des précurseurs dans le mélange des genres.
D’autres morceaux d'apparence plus calme au début peuvent se révéler au final bien barrés ("Sunny Side Up", "Black Friday"). Avec Faith No More, attendez-vous toujours à l'inattendu ! Et pour terminer la visite de ce "Sol Invictus", vous passerez par le titre où la montée en puissance se fait crescendo ("Matador" – excellent morceau !) et finirez calmement, comme cela a commencé, avec une compo qui reste assez cool du début à la fin ("From The Dead").
En trente-neuf minutes (que c’est court !), Faith No More nous fait faire le tour du propriétaire. Comme à leur habitude, les Américains nous livrent un album varié, les ambiances changent, parfois western ("Rise Of The Fall", "Cone Of Shame"), un brin orientales ("Superhero") ou piano bar (le titre éponyme). Je trouve (mais c’est peut-être à cause de sa durée) que "Sol Invictus" propose globalement moins de fantaisies que les albums précédents, moins de folie aussi, on sent un groupe plus sage (c’est sans doute la sagesse de l’âge).

Un album de Faith No More ne s’apprivoise pas totalement au bout de trois écoutes, surtout en streaming, temps dont j’ai disposé pour écrire cette chronique. Il me reste encore des subtilités à découvrir, c'est certain. Toutefois, je peux déjà affirmer que les Américains signent leur retour avec un très bon album. Je n'en attendais pas moins d'eux, c'est vrai, mais c'est tout de même plus rassurant d'en avoir la preuve par l’écoute !
Ceux qui ont aimé ce groupe doivent se procurer ce "Sol Invictus", ça me paraît obligatoire. Ceux qui ne le connaissent pas encore ont tout intérêt à le découvrir très vite, en tout cas avant leur prestation au Hellfest, qui s'annonce forcément comme l'un des grands moments de l'édition 2015 ! Vous voilà prévenus.
17 / 20

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Arrival
Arrival
Prix : EUR 15,99

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le voyage continue..., 18 mai 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Arrival (CD)
Et revoilà déjà les gamins de Vintage Caravan, dont je vous avais dit le plus grand bien en début d'année dernière par le biais de la chronique de leur second album, "Voyage".
Enfin, quand je dis "déjà", il faut mettre un bémol. Car ce fameux album, réédité par Nuclear Blast début 2014 datait en fait de 2012. Donc, finalement, nos trois jeunes musiciens ont eu pas mal de temps pour nous concocter ce nouvel opus.

Peu de changement pour ce groupe islandais depuis le dernier épisode. Il est toujours constitué d’un trio avec Óskar Logi à sa tête (chant, guitare et composition de quasiment tous les morceaux), Alexander Örn à la basse et Gudjón Reynisson à la batterie.

Vous aviez aimé "Voyage", ses ambiances seventies bien retranscrites, sa musicalité, son aura psychédélique ? Eh bien, je ne vais pas vous faire languir plus longtemps, vous allez forcément adorer celui-ci. Aucun changement notable dans la démarche du groupe depuis le premier album. On retrouve sur "Arrival" tous les ingrédients qui faisaient le charme de leur précédent album. Nos trois lascars n’ont de toute façon pas eu envie de changer quoi que ce soit à leur musique.
Vous aurez remarqué de toute manière que dès l'artwork, on sent bien que le groupe islandais n'a pas eu franchement envie de s'éloigner de ses influences seventies. Les couleurs, le style, le thème (toujours spatial)... on est en quelle année déjà ? On y retrouve aussi la roulotte du premier album, tiré par les deux ours. On peut aussi voir une continuité entre les titres des deux albums, "Voyage" et "Arrival" : après le voyage intergalactique, voici l’arrivée, dans un endroit tout aussi spatial... et psychédélique.

Les deux premiers morceaux sont assez monstrueux. On retrouve avec plaisir ce son hyper daté mais toutefois remis au goût du jour pour que ça sonne tout de même bien puissant. Il y a un groove assez irrésistible qui se met en place dès les premières mesures de "Last Day Of Light" et le très immédiat "Monolith" qui suit est le titre idéal pour devenir un single. On est scotché dès la première écoute.
Le refrain du dynamique "Babylon" (qui ferait aussi un très bon single), martelé de cette manière, me fait vaguement penser à autre chose mais je n’arrive plus à me souvenir quoi. Même chose pour "Shaken Beliefs". The Vintage Caravan n’a rien inventé, c’est sûr, on sent évidemment que ce groupe puise pleinement ses influences dans le Rock de la fin des années 60 / début des années 70, entre proto Hard Rock, Blues Rock et Rock Psyché. Comment ne pas penser à Grand Funk Railroad, Cream, Blue Cheer et tous ces groupes en écoutant ça ? Mais tout est parfaitement digéré et les Islandais y ajoutent leur patte avec un côté bien plus heavy qui laisse toutefois une grande place à chaque instrument. La basse par exemple est toujours aussi audible, c’est même elle qui fait le premier solo sur le morceau "Carousel". L'aspect psychédélique de leur musique reste aussi d'actualité avec par exemple le passage central du morceau "Sandwalker".
La semi-ballade "Eclipsed", tout comme "Do You Remember" sur l’album précédent, nous montre que ce groupe est à l’aise aussi bien pour composer des titres touchants que plus percutants. De même, la première partie de "Innerverse" est magnifique de feeling, avant que le titre ne s’emballe sur la partie instrumentale (pour un échange de solo synthé / guitare digne du pourpre profond). Le jeune Óskar Logi est vraiment très habile de ses doigts et nous sort des solos incroyables tout au long de cet album. C’est évidemment lui qui est particulièrement à l’honneur tout au long de ces dix nouvelles compositions.
Comme sur l’album précédent, on termine par un titre assez long, "Winter Queen", de presque neuf minutes. Moins long toutefois que "The Kings Voyage" qui durait douze minutes, moins psyché aussi mais doté encore une fois de solos spatiaux.

Second album qui parvient jusqu’à nous (rappelons qu’ils ont un premier album paru en 2009 qui est resté coincé en Islande) et second voyage dans le temps et l’espace. The Vintage Caravan a l’art de nous concocter des morceaux intemporels, que l’on croirait avoir été écrits il y a quarante ans (ce qui est tout juste la moitié de leur âge !). Ces gars-là ont réussi à donner à cette musique, pourtant bien ancrée dans le passé, un côté moderne en la dotant d’un son actualisé tout en préservant son côté vintage. Chapeau !
Ce sera donc encore un coup de coeur cette fois-ci, même si l’effet de surprise est passé, car ce Arrival le mérite autant que son grand frère.
17 / 20

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Songs from the black hole
Songs from the black hole
Prix : EUR 20,00

4.0 étoiles sur 5 Reprises à la sauce Prong., 13 mai 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Songs from the black hole (CD)
J'ai toujours eu du mal à définir exactement la musique de Prong.
Thrash ? Indus ? Punk ? Il y a un peu de tout ça, non ? Eh bien voilà un album qui va éclairer ma lanterne puisqu'il s'agit d'un album de reprises. Le trio américain composé de Tommy Victor (chant, guitare), Tony Campos (basse) et Alexei Rodriguez (batterie) a en effet décidé de rendre hommage à ses influences.

Après une dizaine d'albums studio et après les très bien reçus par la critique "Carved Into Stone" (2012) et "Ruining Lives" (2014), le groupe s'offre une récréation discographique.
Sur cet album, on trouve dix reprises de groupes ayant influencé Prong, dans des styles parfois assez éloignés comme vous allez pouvoir en juger.
Première référence évidente toutefois, le Punk. Ce style est largement le plus représenté à travers un titre de Discharge ("Doomsday"), un de Black Flags ("The Bars"), un de Adolescents ("Kids Of The Black Hole") ainsi que plusieurs reprises de groupes évoluant dans un registre influencé par le Punk (Punk Rock, Hardcore). On croisera donc également du Bad Brains ("Banned In DC"), Butthole Surfers ("Goofy’s Concern"), Hüsker Dü ("Don't Want To Know If You're Lonely") et Fugazi ("Give Me The Cure"). Le groupe nous livre des versions énergiques (elle l’étaient déjà au départ ceci dit, il aurait été dommage de dénaturer cet aspect) et a redonné à ces morceaux une touche de modernité bienvenue (il faut dire que la plupart date des années 80). La voix de Tommy Victor est toutefois moins marquée Punk que celles des chanteurs originaux. Dans cet échantillon Punk/Hardcore, j’ai une petite préférence pour "Doomsday" (de loin, le titre qui bastonne le plus du lot), "Don't Want To Know If You're Lonely" et "Goofy’s Concern".
Le côté indus que l’on a retrouvé chez Prong à une époque est aussi présent par le biais de la reprise de "Seeing Red" de Killing Joke, tiré d’un album assez récent ("Killing Joke 2", 2003). Encore une fois, cette version à la sauce Prong est plutôt réussie.
Ici sont donc réunies les références les plus évidentes.
On sera sans doute un peu plus étonné par les deux reprises restantes. Surpris sans doute de retrouver ici du Sisters Of Mercy (avec "Vision Thing"), encore que le groupe britannique soit très souvent cité (et repris) par des groupes d’horizons très différents (Paradise Lost, Kreator, In Extremo…). Mais la plus grosse surprise, c'est cette reprise de "Cortez The Killer" du rocker Neil Young qui clôt cet album. Tommy Victor s’est fait un petit plaisir car au niveau guitare, c’est le morceau qui en offre la plus belle démonstration. On découvre aussi un chanteur qui sait faire passer une émotion. Bravo pour la prise de risque et pour la version que nous livre le groupe !

En règle générale, je ne suis pas très fan de l’exercice des reprises, mais il faut reconnaître que certains groupes savent mieux que d’autres s’approprier des morceaux qui ne sont pas les leurs. Je pense bien sûr à Metallica (les reprises compilées dans leur "Garage Inc.") ou Ministry (compilées sur "Cover Up"). Et je trouve que Prong s’en sort plutôt bien dans cet exercice. Le fait que les morceaux ne soient pas hyper connus pour la plupart joue aussi en faveur de l’intérêt de cet album qui est donc une bonne surprise… en attendant le prochain véritable album du trio.
15 / 20

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Requiem for apocalypse
Requiem for apocalypse
Prix : EUR 12,75

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Un troisième volet bien plus abouti !, 12 mai 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Requiem for apocalypse (CD)
"Opera Of The Ancient War Spirit" de Daemonium, ça vous rappelle peut-être quelque chose ? En 1993, si vous étiez un lecteur assidu des premiers numéros de Metallian, vous êtes forcément tombés sur les pubs Adipocere qui vantaient cet album, une combinaison quasiment inédite alors de Black Metal et musique orchestrale, on parlait même d'Opéra extrême. Forcément alléchant ! Comme beaucoup, je l'avais acheté (le pouvoir de la pub !). Et comme beaucoup, j'avais été très déçu. Déjà parce que la production de l'album, vraiment pitoyable, gâchait tout. Ensuite, opéra extrême... il faut le dire très vite. Pas franchement extrême puisque du black metal, on n'en entendait pas des masses sur cet album (qui était plus à considérer comme un EP, puisqu'il durait à peine une demi-heure) majoritairement ambient. Et pas opéra non plus ; du moins, pas la définition que j'en ai... je ne dis pas qu'il n'y a pas un public pour ce genre d'album, mais ça ne me correspondait tout simplement pas.
Lord Vincent, le responsable de ce one man band, donna une suite à ce premier jet sous le nom de Akhenaton cette fois-ci, deux ans plus tard. Un album plus long ("Divine Symphonies", toujours chez Adipocere), dans le même esprit musical, avec passages black metal (peu) sur une musique majoritairement ambient et orchestral, un peu mieux produit (mais pas tellement plus). Un album écouté mais pas acheté, malgré les pubs de nouveau alléchantes. On ne se fait avoir qu’une fois…

Après Daemonium et Akhenaton, Sangdragon est donc le troisième (et dernier ?) volet de cette aventure musicale (on note la continuité dans le style du logo du groupe). Vous allez me dire que je suis un peu maso de tenter de chroniquer ce troisième album en n'ayant pas apprécié les deux premiers. C'est pour le descendre ? Pas du tout... Car, de toute évidence, il y a eu du changement. Il faut dire que près de vingt ans se sont écoulés entre le second volet et celui-ci. Et en vingt ans, il s'en passe des choses !
Déjà, première chose et pas la moindre puisque c'est ce qui m'avait gêné sur le premier volet, le son est bon (Stéphane Buriez de Loudblast a été appelé en renfort pour la production). Il n’apparaît pas complètement aplati comme il l'était avant.
Second point, le projet n'est plus un one man band mais un vrai groupe avec de vrais musiciens. Lord Vincent est au chant et il est épaulé par Edouard Verneret (claviers), Matthieu Asselberghs (Nightmare) à la guitare et Will Hien à la basse. On a aussi une vraie batterie cette fois-ci, tenue par Régis Cognard.
Et est-ce la raison du troisième changement ? La musique !
En effet, ce troisième volet est bien plus marquée par le Metal que les deux premiers. On pourrait même dire que c'est l'opposé, tant les parties metal sont majoritaires et en avant alors les parties ambient sont reléguées au second plan.
J’ai pourtant cru qu’on repartait sur les mêmes bases avec l’intro de deux minutes faite de chœurs en latin sur un fond ambient / orchestral, un peu comme sur les deux volets précédents où il fallait attendre cinq minutes avant d’avoir le son d’une guitare électrique. Mais ici, ce n’est que l’intro qui lance l’album. Car derrière, on trouve des morceaux d’un vrai Black/Death Metal qui déchire, avec des choeurs ici et là qui habillent parfaitement les titres (gros travail sur les choeurs, on se croirait parfois chez Epica). On rencontre aussi quelques voix féminines qui viennent régulièrement mettre un peu de relief à l’ensemble. Quelques titres me font penser à l’esprit du Septicflesh, époque "Ophidian Wheel" / "A Fallen Temple" notamment ("Deep Dark… Descent", "The Silent Plague"). Du très bon, quoi !
Les bonnes idées fusent sur chaque morceau, on ne reste pas cantonné dans un seul style musical du début à la fin. Illustration avec "Father Of All Kings", un titre plus heavy que black avec pas mal de variations, entre guitare hispanisante, chœurs médiévaux du plus bel effet et solo de guitare bien sympa. A mon avis, le moment fort de cet album.
Il reste bien sûr des traces de l'esprit des deux premiers volets comme sur le morceau "Krakenfyr", le seul de cet album entièrement ambient / orchestral ou sur la première partie de "Thy Foe's Funeral". Mais quand ce n'est pas sur toute la durée d'un album, ça passe bien mieux. On trouve aussi quelques ambiances médiévales ("Winged Blade", "Father Of All Kings" évoqué plus haut) et orientales ("Krakenfyr") qui viennent enrichir le propos et font le lien avec l’œuvre précédente.

Oubliez donc ce que vous saviez / aviez écouté de Daemonium et Akhenaton. Si comme moi, vous avez boudé les deux réalisations précédentes pour les raisons citées plus haut, il n’y a plus de raison de le faire aujourd’hui. Car si ce "Requiem For The Apocalypse" en est la continuité au niveau du concept, il peut être considéré comme l’album d’un tout nouveau groupe, bien plus professionnel.
En revanche, si vous aviez apprécié ou si vous ne connaissez pas les œuvres précédentes, vous pouvez vous ruer sur cet album sans aucune appréhension, la qualité est là !
16 / 20

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Extermination
Extermination
Prix : EUR 15,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Le corbeau est en forme !, 12 mai 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Extermination (CD)
Allez hop, encore un vieux de la vieille qui reprend du service !
Bon OK, Raven, ils ne se sont jamais vraiment arrêtés. Depuis 1981, date de leur premier album en pleine vague NWOBHM, ils ont sorti des albums plus ou moins régulièrement : sept dans les années 80, trois dans les années 90 et trois encore en comptant celui-ci depuis 2000, le dernier datant de 2009. On note quand même le ralentissement de la production ; ceci dit, le groupe a été mis un temps en standby à cause de l’accident de voiture de son guitariste en 2001. Mais finalement, on ne les a pas trop remarqués tout ce temps car on ne peut pas dire que, depuis leur heure de gloire (début des années 80 – pensez que Metallica a fait leur première partie !), ils se soient véritablement imposés dans leur catégorie.

Enième tentative donc pour les Britanniques que ce "ExtermiNation" (vous noterez le jeu de mots). Celui-ci sera-t-il enfin le disque qui va les remettre sur les rails ?
Selon le label, ce nouvel album renoue avec la "sainte trinité" des débuts du groupe (les albums "Rock Until You Drop", "Wiped Out" et "All For One"). Ben voyons… ce sont les meilleurs ! Vérifions cela immédiatement (ton narquois).
Eh bien, j’étais très sceptique (vous vous en êtes peut-être rendu compte) mais ça démarre carrément bien avec "Destroy All Monsters" qui fout bien la patate ! On aurait pu éviter la dernière minute du titre à la Manowar (c’est-à-dire le titre qui ne semble pas finir avec cacophonie de guitares et roulements de batterie). Mais comme ça enchaîne sur un "Tomorrow" inspiré lui aussi, un "It’s Not What You Got Fight" sympathique et un "Fight" au riff qui bastonne et au solo décoiffant, on leur pardonne.
Si le groupe n'est plus tout jeune, le line-up d'origine n'a presque pas bougé. C'est un exploit ! Il faut dire que Raven n’est composé que de trois membres, les deux frangins Gallagher (John, au chant et à la basse et Mark, à la guitare) qui sont les membres fondateurs et le batteur Joe Hasselvander, dans le groupe depuis 1987. Bref, nos papys de la NWOBHM sont en grande forme. La preuve encore avec "Battle March Tank Treads" et sa rythmique rouleau compresseur, "Feeding The Monster" qui me rappelle les vieux Saxon, "One More Day" au refrain bien mélodique ou le bien speed "Scream".
Hélas, tout n’est pas aussi prenant jusqu’à la fin. Une poignée de titres, les "Fire Burns Within", "Silver Bullet", "Thunder Down Under", la ballade "River Of No Return" et "Malice In Geordieland" (sur les quinze morceaux, ça ne fait pas tant que ça !), font un peu remplissage ; ce qui me fait dire qu'en enlevant ces quelques titres, l’album (qui dure plus d’une heure) aurait gagné en homogénéité et en qualité. C’est un peu dommage car du coup, on n’évite pas quelques longueurs à l’écoute de ce disque qui comprend pourtant de bonnes choses.

Finalement, "ExtermiNation" est plutôt un bon album dans une discographie très inégale. Le label avait raison...
Sans devenir le disque incontournable du revival NWOBHM (mais y en a-t-il un ?), "ExtermiNation" remplit bien son rôle et nous rappelle que Raven a été, à une époque, un groupe important de la scène Metal anglaise.
14 / 20

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Shadowmaker
Shadowmaker
Prix : EUR 14,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Le retour des violoncelles., 11 mai 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Shadowmaker (CD)
Apocalyptica est un groupe en perpétuelle évolution.
Au départ, ce quatuor finlandais composé de violoncellistes se contentait de proposer des reprises (les deux premiers albums). A partir du second album, ils ont commencé à composer leurs propres morceaux. Ils ont ensuite ajouté une batterie à leurs quatre violoncelles (qui sont devenus trois) puis, pour avancer encore, ils ont demandé à des chanteurs guests de venir pousser la chansonnette. On a ainsi vu défiler des musiciens d'horizons divers tels que (entre autres) Till Lindemann (Rammstein), Corey Taylor (Slipknot, Stone Sour), Gavin Rossdale (Bush), Lacey Sturm (Flyleaf), Christina Scabbia (Lacuna Coil), Lauri Ylönen (The Rasmus) et même (cocorico !) des frenchies avec Joe Duplantier (Gojira) et Manu Monet (Dolly).
Toujours dans cette optique d'évolution, cette fois-ci, le groupe s'est offert les services d'un seul chanteur sur tout l’album. Il s'appelle Franky Perez (qui fut notamment chanteur / guitariste des Scars On Broadway et a bossé avec Slash). Et un chanteur attitré, ça amène forcément des changements.

Le groupe ne nous avait pas sorti d’album studio depuis "7th Symphony" (2010), ce qui fait quand même cinq ans. On n'a jamais eu un tel trou entre deux albums du groupe. Ceci dit, nous avions pu patienter avec le live "Wagner Reloaded" qui nous montrait un autre aspect de la musique des nos Finlandais, plus axé sur la musique classique.
Avec "Shadowmaker", retour sur un album plus traditionnel pour Apocalyptica. D’ailleurs, le premier extrait de ce nouveau disque fut le titre "Cold Blood", premier morceau chanté (après la courte intro instrumentale, "I-III-V-Seed of Chaos"), et tout à fait dans la lignée de l'album précédent. On y découvrait donc ce nouveau chanteur, avec une voix très Metal alternatif américain (Stone Sour, Sixx AM…) ; en cela, on n'est pas trop dépaysé avec les anciens titres chantés du groupe.
Mais c'est avec la suite qu'on commence à noter des changements. Le titre éponyme est un long morceau (sept minutes trente), chanté de nouveau, avec de bonnes parties instrumentales sur le break au milieu du titre. C'est un des grands moments de ce nouvel album. Nos violoncellistes s'en donnent à coeur joie. Et là, je trouve que le son des violoncelles parait bien plus "naturel" que sur "7th Symphony", c'est à dire moins saturé, les faisant un peu moins ressembler à des guitares électriques. Puis c'est au tour de "Slow Burn", de nouveau chanté. On dirait qu'Apocalyptica a privilégié les chansons aux morceaux instrumentaux sur ce nouvel album. Cela s'explique évidemment par l’arrivée du chanteur qui, de plus, a pris part au processus de création de l'album. Et ça devient évident si je vous dis qu'il faut attendre le septième titre (le cinquième si on prend l'édition limitée qui comprend deux bonus) pour rencontrer le premier morceau instrumental (en dehors de l'intro), "Riot Lights".
Au total, sur les dix morceaux de l'édition standard, vous aurez droit à deux titres instrumentaux, "Riot Lights" et "Till Death Do Us Part" (trois sur la version limitée qui comprend en plus "Reign of Fear"). Voici donc le gros changement avec ce nouvel album : ce sont les titres chantés qui priment.
Priorité au chanteur donc. Et ce Franky Perez montre une certaine versatilité, chantant de manière assez agressive sur "House Of Chains" alors que sur la jolie ballade "Hole In My Soul", il nous transmet beaucoup d’émotion avec l'aide des violoncelles qui, sur ce genre de morceau, ne sont pas en reste pour faire vibrer l’auditeur). Il en est de même sur le dernier morceau, "Dead Man's Eyes", qui est le plus long de l'album (pas loin des dix minutes) mais c'est un peu un piège car passées les six minutes, ce sont essentiellement des bruitages de cordes frottées jusqu'à la fin du morceau. En tout cas, le fait que ce soit le même chanteur sur tous les morceaux amène forcément bien plus d’unité dans l’album, ce qui était le but recherché, selon les dires de Eicca Toppinen.
Musicalement, "Come Back Down" (second titre bonus) montre que nos Finlandais sont encore très attachés à leurs premiers amours (le gros clin d'oeil à "Master of Puppets" sur les premières notes !). Le reste du titre n'y ressemble toutefois pas. Néanmoins, il arrive qu'au détour d'un passage, on s'aperçoive que l'influence de Metallica reste toujours assez présente dans la composition, notamment des titres les plus lourds du groupe ("Reign Of Fear", "Till Death Do Us Part").

Les fans du groupe ne devraient pas être dépaysés avec ce nouvel album, même s'il contient bien plus de titres chantés que les précédents. Les instrumentaux sont, comme toujours avec Apocalyptica, assez énormes (privilégiez l'édition limitée car le titre "Reign Of Fear" vaut le coup à lui seul). On note quand même que le son a évolué. Le groupe a voulu, je pense, retrouver un son plus naturel et ceux qui avaient été déçus par le son du dernier album, trop "metallisé", devraient en être ravis.
Avec maintenant un batteur et un chanteur dans ses rangs, Apocalyptica nous montre qu’il est un vrai groupe. Reste à savoir si Franky Perez sera également présent sur le prochain album ou s’il n’était l’invité exceptionnel que d’un seul album.
15 / 20

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Awakening the World
Awakening the World
Prix : EUR 11,82

5.0 étoiles sur 5 Perfect Warriors !, 10 mai 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Awakening the World (CD)
Après le succès rencontré par Hammerfall, on a vu proliférer les groupes de Heavy Metal, Power Metal ou True Metal, un peu partout... et surtout en Suède. Dans le lot, certains méritaient l'attention plus que d'autres. Lost Horizon, par exemple.

Lost Horizon a tenté de se démarquer de la masse dès le départ par le look des musiciens et le concept. Et là, ce n’était peut-être pas la meilleure idée qu’ils aient eu. On pense un peu à une sorte de Manowar visuellement (ce qui n’est déjà pas la référence ultime en terme de bon goût) : torses nus, assez baraqués, les peintures de guerre et des capes en plus. Alors bien sûr, tout dépend des goûts ; mais quand même, ça fait vraiment kitsch. Et vous n’avez pas fini de vous marrer, vous allez voir. Le concept, lui, est spatial. Chaque musicien est censé venir de l’espace et il est affublé d’un pseudo à coucher dehors, comme l'instigateur du projet, Transcendental Protagonist (avouez qu'il fallait aller le chercher, celui-là !). Il s'agit en fait de Wotek Lisjcki, guitariste du groupe de Death Metal Luciferion.
On peut voir là un parallèle avec Hammerfall justement, puisque Oscar Dronjak, fondateur de Hammerfall, était aussi guitariste d'un groupe de Death (Ceremonial Oath). L'autre parallèle, encore plus évident, est que Patrick Rafling, Stephan Elmgren et Joacim Cans, tous futurs membres de Hammerfall, ont fait partie du groupe à ses débuts.

Et la musique dans tout ça ? On y vient. Et là, finie la rigolade !
Intro à grand renfort de coups de tonnerre, de vent, d'éclairs (enfin, on pense) et badaboum ! c'est parti ! "Heart Of Storm" vous scotche à votre siège. Le batteur, Preternatural Transmogrifyer (ou plutôt Christian Nyquist, de son nom terrestre) est monté sur double pédale tout du long ou presque. C'est guerrier, c'est épique avec l'utilisation parcimonieuse de synthés. Et rapidement, on se rend compte que le point fort du groupe, c'est son chanteur. Un certain Daniel Heiman, caché sous le pseudo de Ethereal Magnanimus. Ce type a un sacré coffre et il est aussi à l'aise sur les notes aiguës que plus graves.
Boum, re-tonnerre et on déboule sur le second morceau, "Sworn In The Metal Wind". La rythmique est toujours aussi speed, la mélodie toujours présente grâce au chant de Daniel Hei… pardon, Ethereal Magnanimus.
Une petite aération qui sent la ballade mais qui est juste un interlude ("The Song Of Air") et on repart de plus belle avec "World Through My Fateless Eyes". Grosse prestation de Daniel (c’est quand même plus simple que son pseudo) sur ce morceau.
Le ralentissement de l'album, le voici. c'est "Perfect Warrior", un titre au tempo plus lourd mais sur lequel le Daniel semble toujours aussi aérien et voler au-dessus de tout ça. Sur "Denial Of Fate", il utilise un timbre plus médium, sauf sur quelques cris. Musicalement, c'est une orgie depuis le départ. Vous vouliez du Power Metal ? Vous êtes en train de vous en manger une pleine assiette !
Mais tout à coup, surprise : l'intro de "Welcome Back" est hyper mélodique, avec plein de synthé. On dirait presque du Bon Jovi et soudain, badaboum ! Coup de tonnerre et c'est reparti pour une cavalcade effrénée. Même rapide, ce morceau est le plus mélodique de l'ensemble grâce aux superbes lignes de chant de Daniel et le solo de guitare qui n'est pas crado non plus.
Le dernier morceau, "The Kingdom Of My Will", s'ouvre aussi sur pas mal de synthé ; mais après, ça dépote. C'est le morceau épique par excellence. On change plusieurs fois de rythme et de mélodie conductrice. Daniel y pousse des cris quasiment inhumains (les montées dans les aigus ne lui font pas peur).
L'album se termine sur une outro au synthé qui nous donne des sons assez spatiaux, on a l’impression d’assister au décollage d’un vaisseau. Je suppose que c’était l’effet recherché, vu le concept.

Et enfin, le groupe n'a pas fait les choses à moitié. Le livret du CD est en papier glacé avec une photo centrale style Braveheart (en format cinéscope en plus) - peut-être pour nous rappeler que le premier nom du groupe fut Highlander - et chaque musicien a droit à une page (deux pour le chef) pour s'exprimer : remerciements en tout genre, influences, matos dont il se sert, etc... difficile de faire plus complet.

Il ne fallait pas rester bloqué par le côté kitsch de la pochette, du concept et des clichés en tout genre ; ce premier album de Lost Horizon est une sacrée baffe, comme on aimerait en prendre plus souvent dans ce style musical.
Malheureusement, le groupe ne nous offrira qu'un album de plus, "A Flame To The Ground Beneath" en 2003 (presque aussi intéressant), et puis c'est tout. On retrouva Daniel Heiman dans un autre groupe, Heed, quelque temps plus tard. Lost Horizon semble toujours en activité pourtant, mais rien depuis 2003. Alors, il attend quoi, le Transcendental Protagonist, pour nous offrir une suite à ces deux albums dantesques ?

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The seventh life path
The seventh life path
Prix : EUR 13,99

7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Un Sirenia plus incisif !, 28 avril 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : The seventh life path (CD)
Superbe artwork pour ce nouveau Sirenia. Mais est-ce que le ramage va se rapporter au plumage ?
Résumé des épisodes précédents : un excellent premier album, "At Sixes And Sevens", sorti en 2002. Puis un très bon "An Elixir Of Existence" (2004) suivi d'un un peu trop soft à mon goût "Nine Destinies And A Downfall" (2007). Le tout avec une chanteuse différente par album. La stabilité arrive enfin avec l'arrivée de Ailyn sur "The 13th Floor", de nouveau un album correct. Malheureusement, la suite m'a moins enchanté. Tout d'abord "The Enigma Of Life" (2011) que je trouve bien pauvre puis "Perils In The Deep Blue" (2013), un peu meilleur mais ce n'était pas le retour du grand Sirenia. Toutefois, je suis persévérant et j'espère que ce "Seventh Life Path", septième album du groupe donc, sera enfin l'album du retour en forme.

Pour ce nouveau disque, la troupe de Morten Veland a quitté Nuclear Blast (après quatre albums pour le compte du gros label indépendant) pour retrouver Napalm Records avec qui elle avait réalisé ses deux premiers albums (soit les deux meilleurs). Et si ça sentait le retour aux sources, tout ça ?

"Seti" est une intro de deux minutes, très cinématographique avec plein de choeurs, qui fait bien son boulot, à savoir nous plonger lentement mais sûrement dans l’ambiance de l’album. Sur "Serpent", le premier morceau, Ailyn chante les couplets et Morten intervient pas mal sur les refrains, ce qui n'est pas pour me déplaire. On y croise aussi un solo de guitare pas dégueu.
"Once My Light", le premier single, ce n'est pas mon morceau préféré, mais il faut noter que la version de l'album ici présente est rallongée d'une minute trente par rapport à la version que l'on a pu entendre sur la vidéo. Ces deux premiers morceaux sont honnêtes mais sans plus, ce disque démarre doucement. Mais à partir de maintenant, ça devient sérieux !
Depuis quelques albums, Morten nous réserve un titre chanté par une voix claire masculine. Cette fois-ci, c'est "Elixir". Excellent morceau d'ailleurs, avec une bonne mélodie et un chanteur en voix claire qui assure. Ailyn intervient tout de même sur la seconde partie du morceau.
"Sons Of The North" s'ouvre sur des chants religieux assez traditionnels chez Sirenia puis voilà une basse énorme en avant, rejointe par les autres instruments et les orchestrations. Des choeurs arrivent par paquet de douze. Morten enchaîne sur le couplet et y tient le rôle principal (logique, c'est plutôt lui le "fils du Nord", Ailyn étant espagnole). Elle s'occupe toutefois du refrain. Encore une fois, musicalement, c'est bien construit et pas lassant, les orchestrations sont judicieuses et il y a pas mal de trouvailles tout au long de ses huit minutes trente. Tiens, à propos, il s'agit du morceau le plus long, Morten n'est pas parti cette fois-ci dans un morceau à rallonge qui n'apportait pas grand-chose ("Stille Kom Doden" sur l’album précédent).
Belle entrée en matière aussi sur le titre suivant. Et surprise, c’est de nouveau Morten que l’on entend en premier, Ailyn étant plus présente sur la fin du morceau.
Sans entrer dans le détail des titres suivants, on constate qu’avec ce nouvel album, Morten Veland a choisi de durcir le ton. L’ensemble est plus agressif tout au long de ce nouveau disque des Norvégiens. Morten intervient énormément et finalement, Ailyn se retrouve avoir un rôle complémentaire sur de nombreux titres ("Concealed Disdain", "Insania", l'excellent "The Silver Eye") et non plus celui de chanteuse lead. Et sur cet album, sa voix est plus posée, elle utilise moins le timbre parfois criard de l’album précédent. Voilà qui rappelle en quelque sorte l'époque des premiers Tristania. Du coup, on comprend mieux le choix de "Once My Light" comme single, étant le morceau le plus soft et qui contient le plus de voix féminine.

Avec ce "Seventh Life Path", Sirenia a retrouvé cet équilibre growls masculins / voix féminine qui n'était plus d'actualité depuis quelques albums. Certains regretteront peut-être ce retour à un style plus agressif. Moi, je fais partie de ceux qui trouvent que c'est la bonne piste à suivre. D’autant que, rassurez-vous, Sirenia garde un aspect mélodique important, avec l’ajout de choeurs très fréquents, des orchestrations virevoltantes et la voix de Ailyn qui vient, sur chaque titre, contrebalancer le côté agressif du chant masculin. "Contemptuous Quitus" par exemple est plus dans l’esprit des albums précédents, avec Ailyn en lead vocal quasiment tout du long. Le second single ? Ca se pourrait, d’autant que le morceau est plus attractif à mon avis que "Once My Light". L’album se termine également sur le très beau "Tragedienne", une ballade essentiellement au piano avec orchestrations (sur l’édition limitée, vous aurez droit en plus à sa version chantée en espagnol) où cette fois encore, Ailyn est seule à intervenir.

Sirenia propose ici un album me semble-t-il plus inspiré (même durée que le précédent, mais à aucun moment je n’ai décroché), plus tonique et plus incisif. Il manque encore quelques titres de la trempe de "Elixir", "Silver Eye" ou "Sons Of The North" pour que la note soit plus élevée. Mais oui, Sirenia est de retour aux affaires !
15 / 20

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Laguz
Laguz
Prix : EUR 15,98

4.0 étoiles sur 5 Histoire belge..., 16 avril 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Laguz (CD)
A l'origine formé en 1988, Ancient Rites a débuté sa carrière en oeuvrant dans le Black Metal sataniste.
Depuis l'excellent "Dim Carcosa" (2001), le groupe belge s'est orienté vers une musique épique, symphonique et même teintée de passages folk par moments. En fait, la dénomination Black Metal ne collait plus vraiment à la musique du groupe, même si la base musicale restait assez extrême. La thématique avait changé aussi, Gunther Theys, le leader du combo et responsable de tous les textes, puisant dorénavant son inspiration dans les livres d'Histoire.
En 2006 est paru "Rubicon", dans la même veine musicale que "Dim Carcosa", un album relatant des combats épiques à travers les âges. Et depuis ce dernier album, plus rien. Dommage pour tous ceux qui, comme moi, attendaient la suite de ces deux albums particulièrement réussis. D'autant que Ancient Rites est un groupe unique, ils sont à ma connaissance les seuls à oeuvrer dans ce style musical bien à eux.

C'est donc avec un réel plaisir que l'on a appris le retour d'Ancient Rites. Et neuf ans (!) après leur dernier opus, rien n'a changé. Déjà au niveau du line-up, on retrouve les mêmes protagonistes que sur "Rubicon" : Gunther Theys (chant), Erik Sprooten (guitare), Domingo Smets (guitare, basse, claviers) et Walter Van Cortenberg (batterie).

Musicalement, pas de surprise sur ce "Laguz", on retrouve le Ancient Rites qui nous a éblouis sur les deux derniers albums en date. Un Ancient Rites qui maîtrise parfaitement un certain mélange des genres. Illustration dès le premier morceau, "Carthago Delenda Est", qui fait suite à une intro piano, guitare sèche et orchestrations aux consonances orientales. Les arrangements symphoniques sont immédiatement aux avant-postes, peut-être même sont-ils encore plus marqués qu’avant. Le rythme est très rapide. Avec la voix de Gunther, agressive, qui récite plus qu’il ne chante, le groupe devrait ravir les amateurs de Metal Extrême autant que ceux qui apprécient les orchestrations et la mélodie.
Car les mélodies sont bien présentes grâce aux orchestrations et aux solos de guitare. Illustration parfaite sur le titre "Van Gott Entfernt", avec ce petit piano jouant des notes virevoltantes avant que les violons ne se pointent, suivis par tout l’orchestre. La partie metal se met en branle, la mélodie est imprimée par l'orchestre. L'atmosphère est épique. Le tempo est une nouvelle fois très rapide. Et le solo, bien que rapide lui aussi, est assez aérien.
Le track by track est inutile, il n’y a pas une seule faute de goût. Les petites touches folk, peut-être plus légères que sur "Dim Carcosa", ne sont toutefois pas oubliées ("Legio V Alaudae", "Frankenland").
Cela nous donne huit morceaux bien denses, entre orchestrations qui occupent bien l'espace et instruments metal qui impriment un tempo bien speed tout au long de l’album sauf sur le dernier titre, "Fatum (III Fate/Noodlot)". Un petit morceau bien teinté folk pour le coup, acoustique et orchestral, un peu comme le morceau "Dim Carcosa" qui concluait l'album du même nom.

Pas l’ombre d’une déception à l’écoute de ce nouvel album des Belges, neuf ans après "Rubicon". L’album loupe les cinq étoiles de peu car je trouve qu’il manque un peu de l’audace que l’on trouvait sur "Dim Carcosa", au niveau des choeurs et des arrangements folk notamment. Ceci étant dit, le groupe n’a rien perdu de son inspiration et on espère juste qu’il ne faudra pas encore attendre une dizaine d’années avant de voir arriver l’album suivant.
16 / 20

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