Profil de orion > Commentaires

Fiche d'identité

Contenu rédigé par orion
Classement des meilleurs critiques: 74
Votes utiles : 2381

Chez vous : découvrez nos services personnalisés en pages d'aide !

Commentaires écrits par
orion (Vinland)
(TOP 100 COMMENTATEURS)   

Afficher :  
Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20
pixel
A World Lit Only By Fire
A World Lit Only By Fire
Prix : EUR 17,00

5.0 étoiles sur 5 Quel retour !, 20 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : A World Lit Only By Fire (CD)
Fleuron de la scène Metal Indus anglaise dans les années 90, Godflesh avait disparu des radars depuis 2002, après un dernier album, "Hymns", sorti l'année précédente. Revoici le groupe, douze ans après sa dissolution, toujours formé de Justin Broadrick (chant, guitares, machines) et BC Green (basse). Un retour que l’on avait toutefois plus ou moins vu venir puisque les deux lascars s’étaient réunis dès 2010 pour monter notamment sur les planches du Hellfest.

Alors, comme pour tout retour après une longue (voire très longue) absence, on peut légitimement se poser la question du bien fondé de l’opération. Godflesh fait-il partie de ces groupes qui se rappellent à notre bon souvenir pour finalement retomber dans l'oubli aussi vite qu'ils en sont sortis à cause d'un album très moyen (la liste est longue) ou fait-il partie de ceux dont le nouvel album va marquer les esprits au point de s'attirer de nouveaux fans ? Sans hésiter, je penche pour la seconde option. Ce "A World Lit Only By Fire" rappellera forcément à certains les premiers albums du groupe, et notamment le cultissime "Streetcleaner", nous renvoyant à l'époque bénie (fin 80 / début 90) où l’underground britannique a littéralement explosé à la face du monde grâce notamment au travail du label Earache.
Plus de vingt ans après ce premier album fondateur, leur recette est restée (ou du moins redevenue) la même : mélanger un Metal bien lourd avec des sonorités lo-fi, le tout sur des rythmiques mécaniques de boîte à rythme. Le chant semble désincarné, comme s’il était mécanique lui aussi. Justin scande les mots tel un robot (même s’il peut parfois lâcher quelques lignes de ce qu’on peut appeler du chant comme sur "Life Giver Life Taker", "Imperator" ou encore "Forgive Our Fathers"). Les vieux fans seront forcément conquis de retrouver ici ce son si caractéristique du groupe. Justin et BC ont clairement retrouvé leurs automatismes pour composer dix morceaux de cette trempe, d’une lourdeur implacable, d’une noirceur profonde, à l'atmosphère industrielle froide et inhumaine. Grosse différence tout de même : la production, elle, est bien plus rentre-dedans que celle des deux premiers albums (les seuls que je connaisse). Les guitares sont heavy, la voix est bien mieux mixée et la basse est à l’honneur. Et c’est justement grâce à cette production, qui met en valeur le travail du groupe, que je trouve cet album meilleur que ses aînés. Propos blasphématoires ? Ecoutez donc cet album avant de crier au scandale. Dès le titre introductif, le bien nommé "New Dark Ages", jusqu’aux dernières notes de "Forgive Our Fathers", on est pris dans ce maelström de sonorités malsaines. Des coups de boutoir de "Shut Me Down" ou de "Carrion" au matraquage compulsif de "Imperator", on se sent écrasé par ce monolithe massif.
Alors oui, Godflesh ne prend pas de risque et nous sert exactement ce qu’on attendait de lui. Mais est-ce un mal ?

Avant de conclure, je voulais préciser que je n’ai jamais été un grand fan de Godflesh, groupe que j’avais découvert au début des années 90. Pourtant, cet album, écouté sur le tard (il est sorti il y a déjà quatre mois) m’a vraiment scotché, au point de me demander si je ne devrais pas me repencher sérieusement sur la discographie du groupe.
A l’heure qu’il est, les vieux fans de Godflesh se sont déjà rués sur ce nouvel album. Je ne saurais trop le conseiller aux autres, histoire de découvrir un véritable phénomène de la scène underground anglaise qui a encore, apparemment, de beaux jours devant lui.
17 / 20

Retrouvez cette chronique sur le site "auxportesdumetal.com"


Frontschwein
Frontschwein
Prix : EUR 17,00

4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 En première ligne !, 19 janvier 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Frontschwein (CD)
Marduk aime la guerre. Voici "Frontschwein" (littéralement, "la chair à canon du front"), un album une nouvelle fois axé sur le thème de la guerre et plus précisément celui de la Seconde Guerre Mondiale. On le voit dès la pochette de l'album avec cette vieille photo d'un soldat allemand rangeant ses grenades dans sa ceinture. On le voit aussi par quelques titres assez évocateurs comme "Falaise: Cauldron Of Blood" qui parle d'une des étapes importantes de la libération de la France, l'épisode de la poche de Falaise et de l’encerclement des armées allemandes, qui mit fin à la bataille de Normandie (en août 1944).

Musicalement, on peut se demander si Marduk va nous resservir un "Panzer Division Marduk" d'anthologie en revenant sur ce thème guerrier. Toutefois, la durée des morceaux de ce nouvel opus (entre trois et huit minutes) nous porte à croire que ce ne sera pas pied au plancher tout du long, mais plus dans l'esprit des derniers opus du groupe, avec des parties bien lourdes et oppressantes.

Après une intro que l’on peut considérer comme mélodique, Marduk embraye sur du sauvage. Rythme de dingue, Mortuus crache les paroles, tous les potards sont à fond... Du Marduk "in your face", pas de doute.
C’est avec le second titre, "The Blond Beast", que l’on a la confirmation que ce ne sera pas un "Panzer Division II". Le rythme ici est plus lent, la guitare de Morgan se fait plus "mélodique" (je mets le mot entre guillemets car on parle de Marduk).
"Afrika" redémarre à fond les ballons. En fait, on retrouve un peu le schéma de l’album précédent, "Serpent Sermon", avec cette alternance de titres hyper rapides et de titres plus lents. C’est flagrant sur la transition "Afrika" / "Wartheland", où l’on passe d’un riff hypersonique à un riff bien lourd et malsain comme Marduk a l’art de nous en servir depuis quelques années. Et c’est ce Marduk-là que je trouve très efficace, violent et malsain à la fois. Ce sera le cas également avec un "Nebelwerfer" encore plus lourd et plus sombre, construit sur un riff hypnotique mortuaire et avec une batterie qui semble sonner le glas.
Avec "Rope Of Regret", "Between The Wolf-Packs" et "Falaise: Cauldron Of Blood", on retourne sur du hyper brutal. La guitare se transforme en hachoir, la rythmique assurée par Devo (basse) et Widigs (batterie) rappelle les barrages de tir d’artillerie. Morgan arrive toujours à nous sortir de sa six cordes le riff laminant qui scotche instantanément.
"Doomsday Elite", du haut de ses huit minutes, crée la surprise car on pouvait s’attendre à un titre très lourd et effectivement, il démarre assez lourdement. Mais plus on avance, plus le rythme devient rapide. Vont-ils tenir les sept minutes restantes à cette cadence ? Presque. Quelques parties récitées sont un peu plus lentes et permettent au groupe (et surtout au batteur) de souffler, mais dans l’ensemble, ça blaste… pour notre plus grand plaisir.
"503" est évidemment un petit clin d’oeil à l’album "Panzer Division" (le titre "502" – placé d’ailleurs lui aussi en avant dernière position) et évoque tout comme lui une compagnie de panzers allemande. Musicalement, rien à voir car le nouveau morceau est construit sur un rythme bien lourd, oppressant, presque effrayant avec ces bruits en fond que je n'arrive pas trop à définir. Des chaînes que l'on claque sur quelque chose, peut-être ?
Enfin, "Thousand-Fold Death" est sans doute le titre le plus extrême niveau vitesse d’exécution de cet opus, idéal donc pour le terminer en beauté. Le débit de paroles de Mortuus est hallucinant et les trois autres musiciens sont au taquet. Heureusement pour eux qu’un petit break central ralentit un peu le rythme pour se reposer les phalanges… Là, effectivement, on a l’impression de replonger dans "Panzer Division". Dément !

Que les morceaux soient courts ou longs, Marduk maîtrise son sujet à la perfection et nous assène encore une fois, avec ce "Frontschwein", un Black Metal sans concession de haute volée. Les Suédois nous montrent qu'après toutes ces années, ils sont toujours au top.
L’album Black Metal de l’année ? Déjà ?
17 / 20

Retrouvez cette chronique (et d'autres) sur le site "auxportesdumetal.com"
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 10, 2015 9:17 PM CET


Ravenhead
Ravenhead
Prix : EUR 19,98

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un gardien qui n'est pas aveugle., 16 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ravenhead (CD)
Orden Ogan est le groupe allemand qui monte tout doucement mais qui monte. Le dernier album du combo, "To The End", était une belle réussite, proposant un Power Metal mélodique et rafraîchissant, dans la lignée de leurs illustres aînés.
A ce propos, on compare souvent Orden Ogan à Blind Guardian. C'est pas faux... mais c'est un peu réducteur. D'une part parce que le premier album du groupe ("Vale", en 2010) en était quand même bien éloigné et si aujourd’hui, Orden Ogan ressemble effectivement pas mal à Blind Guardian, c'est au Blind Guardian des années 90, donc celui qui n'existe plus (hélas). D'autre part parce que Orden Ogan se prend bien moins la tête que le gardien aveugle et arrive à composer des morceaux bien immédiats et vivifiants, ce que ne semble plus capable de faire Blind Guardian aujourd'hui (re-hélas...)

On commence ce quatrième chapitre de la carrière de ce jeune combo par une intro digne de Running Wild, autre influence évidente du groupe pour ce nouvel album. Au passage, c’est de nouveau Andreas Marschall qui s’est occupé de leur artwork, celui-là même qui a illustré un certain nombre des pochettes d’album de… Blind Guardian et Running Wild ! Comme quoi, le parallèle avec les aînés, il semble évident que le groupe lui-même le cherche.
Après l’intro, on entre dans le vif du sujet avec le titre éponyme. Là, pas de doute, c’est le morceau idéal pour démarrer un album de la meilleure des façons. Et ce refrain… difficile de ne pas le retenir une fois écouté. Un refrain digne des meilleurs moments de Blind Guardian (des années 90 donc). On parlait aussi de Running Wild plus haut. Les "Oh Oh Oh" en milieu de morceau nous y renvoient bien (et les "mmh mmh mmh" de la fin aussi, qui rappellent l'intro de l'album). Donc, pour l’originalité, on repassera. Mais on ne va pas faire le difficile, surtout quand c’est aussi bien fichu. D'autant que le groupe ne se contente pas de piller son héritage et aborde les choses d'une façon plus moderne dans les riffs et le son.
Arrive le second morceau, "F.E.V.E.R.", qui prend exactement le même chemin. Petite intro au piano tout de suite suivie d'une rythmique qui déboîte à la Running Wild des grandes années et un énorme refrain, avec je ne sais combien de pistes de voix, qui rentre encore bien en tête. Il faut dire que le groupe le scande une dizaine de fois. Vous ajoutez une petite mélodie folk au synthé au milieu du titre et vous obtenez le single parfait.
Je vous dirais bien que ces deux premiers morceaux valent à eux seuls l’achat du CD mais ça ne s’arrête pas là. Bon, on va faire court, les refrains haut en couleur qui tuent, l’album en est gavé : "The Lake", "Evil Lies In Every Man" (encore un qui est scandé une bonne dizaine de fois, dont une fois sur l'intro par une sorte de Gollum), "Here At The End Of The World" (avec le renfort de Chris Boltendahl from Grave Digger, SVP), "Deaf Among The Blind" (la grosse claque celui-là), "Sorrow Is Your Fate" (avec cette fois-ci l’apport vocal de Joacim Cans d’Hammerfall qui répond à Seeb Levermann)… Vous voyez, je ne vous ai pas menti, j’ai cité presque tous les titres. Ce groupe a tout simplement l’art de composer des morceaux accrocheurs. Et tout ça, sans fioriture symphonico-pompeuse. Ce sont les guitares qui sont à l'honneur et elles nous balancent du riff solide et du solo assez classe.
Côté tempo, les rythmiques sont très souvent assurées en double, ça blaste pas mal dans l’ensemble. Mise à part sur la ballade évidemment, "A Reason To Give". Oui, la sempiternelle ballade est au menu. Mais, une fois n’est pas coutume, je ne vais pas râler car elle rentre parfaitement dans le moule, avec son petit côté médiéval. De plus, la dernière partie du morceau envoie quand même sacrément.
"In Grief And Chains" est un court instrumental qui sonne comme une outro mais il y a encore un morceau derrière. Il s’agit de Too Soon, un titre assez différent du reste, avec pas mal de synthés et peu de guitares, assez soft lui aussi au niveau du rythme. Très bien chanté et encore une fois magnifié par les chœurs, il termine judicieusement cet album sur une petite touche mélancolique.

Inutile de tourner autour du pot, le groupe allemand vient de sortir là son meilleur album à ce jour. L’année 2015 commence pas mal avec un album de cette classe.
Bien sûr, on pourra toujours rétorquer que les musiciens de Orden Ogan n’ont rien inventé, mais l’héritage de la classe du heavy speed germanique est bien là et eux possèdent ce que les autres n’ont plus : la fraîcheur !
17 / 20

Retrouvez cette chronique (et d'autres) sur le site "auxportesdumetal.com"


1°album
1°album
Prix : EUR 5,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 La naissance du Metal français., 11 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : 1°album (CD)
1977. Gouvernement Giscard - Barre. Marasme économique (eh oui, ça ne date pas d’hier…), crise du pétrole, affaire des diamants, politique de rigueur… Où en est la contestation ? Pas à la télévision ou sur les radios en tout cas, qui parlent toutes d’une seule voix. Le Rock français ? Inexistant ou presque (Téléphone commence tout juste à se faire connaître). C'est sans doute pour faire bouger les lignes que Bernard "Bernie" Bonvoisin et Norbert "Nono" Krief fondent Trust, un groupe qui prêche la rébellion, entre Punk et Hard Rock. Se joignent à l’aventure Raymond Manna (alias Ray) qui tient la basse et un peu plus tard, Jean-Emile Hannela (alias Jeannot) à la batterie (après déjà à l'époque le passage de plusieurs batteurs – un problème récurrent chez Trust). Signé par le label Pathé Marconi, le groupe sort un premier 45 tours en 1978 : "Prends Pas Ton Flingue". C'est un échec car le label mise tout sur Téléphone et n'assure aucune promo pour ce nouveau groupe, bien plus bruyant et moins consensuel.
Trust change donc de label et va signer chez CBS. Le premier album est enregistré en quinze jours dans les conditions live, ce qui lui confère ce son brut, naturel et ce côté immédiat.

Quand déboule dans les bacs des disquaires, en 1979, cette main ensanglantée avec pour seule inscription le mot Trust dans le coin droit, c'est un peu la surprise. D'où sortent-ils, ceux-là ? Quelle musique peut bien correspondre à ce visuel pour le moins énigmatique ? Un petit coup d’œil sur le verso et on s’aperçoit que les titres sont en français. Quoi ? Du Hard Rock chanté en français ? Mais ça n’existe pas, ça…
Il faut reconnaître qu’en chantant en français, Trust prend un risque car le Rock (et surtout le Hard Rock) était jusqu’alors totalement lié à la langue anglaise (pour preuve, les groupes allemands comme Scorpions chantent en anglais) ; mais les textes de Trust sont si percutants qu’il aurait vraiment été dommage de ne pas les chanter dans la langue de Molière. L’impact n’aurait pas été le même (et d'ailleurs, à titre personnel, je trouve qu'il n'est pas du tout le même sur les versions anglaises des albums de Trust). Ce sont justement ces textes qui ont fait la particularité de ce groupe.
D’autre part, il y avait un vrai manque sur ce créneau à cette époque. Des chanteurs français engagés, il y en avait un peu (Renaud, Lavilliers, Ferré...) mais sur une musique souvent bien plan-plan, ça manquait de mordant. Là, musique et paroles sont sur la même longueur d'onde, le message n'en est que plus fort. La preuve ? "Préfabriqués", le premier morceau, nous donne tout de suite l'idée générale de ce qu'est Trust. Intro batterie incroyable (et, paraît-il, qui n'a jamais pu être rejouée à l'identique depuis), des guitares bien agressives (Téléphone est enfoncé) et un chanteur à la gouaille punk qui ne mâche pas ses mots (premiers mots lâchés : "je crache à la gueule de tout ce système..."). Ce premier titre est effectivement un véritable glaviot à la gueule de la société. L’héritage du mouvement Punk est évident dans ces textes contestataires, pour la durée très courte de certains morceaux mais aussi dans la musique elle-même, car sur des morceaux comme ce "Préfabriqués", "Police-Milice", "Toujours Pas Une Tune" ou "Dialogue De Sourds", on est bien plus proche de l'énergie du Punk que du Hard Rock à la AC/DC.
AC/DC qui est toutefois une grande influence pour le groupe français. Trust a rencontré son chanteur Bon Scott lors de l’enregistrement du single "Prends Pas Ton Flingue" et le courant (ha ha !) est tout de suite passé. C’est d’ailleurs une des raisons qui ont fait que la face B du single fut "Paris By Night", une reprise en français du "Love At First Feel" des Australiens. Et on note encore sur ce premier album ce lien étroit entre les deux groupes puisque Trust reprend "Ride On" (présent lui aussi sur l’album "Dirty Deeds Done Dirt Cheap") mais en anglais cette fois. La version de Trust est intéressante, avec ses choeurs féminins et son piano qui créent l’originalité.
Avec ce morceau, l’accent Blues Rock prend le dessus et montre finalement que ce premier album de Trust est un album assez varié dans ses ambiances. En effet, on passe du punkisant "Préfabriqués" à un "Palace" et sa basse funky. Puis on enchaîne sur "Le Matteur" qui est aussi un joyeux mélange d'influences, entre couplets très groovy eux aussi, refrains plus pêchus et solo de saxo. Et on continue avec "Comme Un Damné", entre grosses guitares et rythme plus chaloupé. Entre ces deux derniers morceaux, "Bosser Huit Heures" revient à du bien rentre-dedans. Il faut dire que le texte demandait une musique plus hargneuse. Syndicat et patronat, tous dans le même panier pour s’accorder sur le dos de la classe ouvrière. Bernie, issu d’une famille prolétaire, sait de quoi il parle. C’est évidemment ce genre de titres que je préfère, quand Bernie montre les dents et que la guitare de Nono est plus tranchante. C'est le cas aussi de "Police-Milice", dont le texte sera censuré (et le groupe par la même occasion) par la plupart des médias. Si ces morceaux ne sont pas tous devenus des grands classiques de Trust, ils montrent déjà tout le potentiel des Français.
Le groupe tient toutefois son premier tube avec "L'Elite". Même si celui-ci sera sans commune mesure avec le succès de "Antisocial" sur l’album suivant, il permet à Trust de se faire connaître grâce à un titre facilement assimilable, dont le riff fédérateur accroche l’oreille.

Ce premier album est un succès auprès des Hard Rockers français qui tiennent là leur premier groupe national. On n’insistera pas sur l’impact de Trust sur la scène metal française tellement cela relève de l’évidence. Ils ont ouvert la brèche, il ne restait plus qu’à s’introduire dedans.
L’étend’hard sanglant était levé !

Retrouvez cette chronique sur "auxportesdumetal.com" dans la rubrique "back to the past".


My Soul Is Wet
My Soul Is Wet

4.0 étoiles sur 5 Trop précoces ?, 24 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : My Soul Is Wet (CD)
Mutha's Day Out est un groupe américain, né en 1991 (en pleine vague grunge donc). Le groupe est formé autour de Mikal Moore et Randy Cross. Leur volonté est de monter un groupe de Metal fusion, un peu comme Faith No More, une de leurs principales influences, avec plusieurs chanteurs, comme les Beastie Boys, une autre de leurs influences. Mutha's Day Out sera donc formé de trois vocalistes, Mikal, Randy et Brice Stephens qui se joint à eux. S'ajoutent au line-up Rodney Moffitt (batterie), Lance Branstetter (guitare) et Jeff Morgan (basse).
Après quelques dates en festival durant l'année 1992, ils sont repérés par des cadres de Chrysalis Records et on leur offre un contrat discographique.
Juste avant l'enregistrement de "My Soul Is Wet", Lance est remplacé par Chuck Schaaf à la guitare. Celui-ci n’a pas été difficile à trouver car il était déjà dans l'entourage du groupe, en tant que technicien guitare. Randy quitte également le groupe juste avant l'enregistrement, ce qui fait que le combo se retrouve avec deux chanteurs au lieu de trois. Trop tard pour le remplacer, tant pis, Mutha's Day Out évoluera donc finalement à deux chanteurs.

"Locked" démarre avec un riff simple mais qui se révèle très efficace. Le premier chanteur utilise un phrasé rap, le refrain est chanté. La rythmique groove bien. On enchaîne avec le titre éponyme (dont le début fait très Faith No More), les couplets sont assez softs, le refrain est plus énervé. Refrain sur lequel les deux voix sont superposées, l’une chante, l’autre rappe dans le fond. Puis vient la ballade qui tue, bien poignante (écrite en hommage à un de leur pote qui s'était suicidé). Le solo est remarquable. L'influence des groupes de Grunge, Pearl Jam en tête, est palpable (sur la seconde ballade, "Memories Fade", également). Mais il y a tellement d'autres sources d'inspiration dans cet album. C'est un véritable melting pot musical. Citons System Of A Down, Linkin Park, Dog Eat Dog, Sugar Ray... sauf que, vous le savez, tous ces groupes n'existaient pas encore à l'époque de la sortie de My Soul Is Wet. Ceci pour bien comprendre l'avance de ce groupe qui réalise là une synthèse de ce que le metal américain va nous offrir durant les années à venir. Entre titres Rap Metal cinglants ("Get A Clue", "Breakfast First Please", "Wait For Me") et morceaux plus mélodiques (Dry Water, Memories Fade), Mutha's Day Out proposait quelque chose de très frais sur son premier (et unique) album.
Au rayon des curiosités, on notera le dyptique "What U See/ We All Bleed Red". Il s’agit en fait de deux morceaux distincts reliés par un "Amazing Grace" a cappella totalement inattendu. Le titre est bien puissant avec un chant rap très rapide dans sa première partie ("What U See"), plus lourd dans la seconde partie. Le "We All Bleed Red" scandé au refrain fait très Beastie Boys. On notera aussi "Ding Ding Man", morceau délirant de quarante-cinq secondes.
Bien sûr, tout n’est pas merveilleux sur cet album. On pourra trouver que quelques titres sont un peu en dessous du reste, manquant d’une idée forte comme sur les autres titres ("Blank Page", "Ugly") mais l’ensemble reste de qualité, surtout pour un premier album. On pouvait espérer un second album plus mature encore, mais on l’attend toujours…
Pas moins de quatre singles vont être extraits de cet album : "Locked", "My Soul Is Wet", la superbe ballade "Green" et "What U See/We All Bleed Red". Ils ne connaîtront pas non plus un succès retentissant. Il faut dire que la concurrence est rude en cette année 93 sur le marché américain du metal "radiophonique" : Nirvana, Pearl Jam, Aerosmith, Guns N’ Roses... il n'y a peut-être pas eu de place pour un Mutha's Day Out.
Pourtant, on trouve ici la quintessence de la fusion, celle que d'autres groupes comme Linkin Park vont reprendre à leur compte quelques années plus tard, avec bien plus de succès. C'est assez incroyable de se dire que ces gars-là avaient tout compris plusieurs années avant tout le monde, et encore plus incroyable si l'on se rappelle leur très jeune âge lors de l'enregistrement de l'album (entre seize et vingt-et-un ans).
Incroyable encore, c'est en France que l'album fait ses plus grosses ventes (toutes proportions gardées) grâce notamment à une prestation du groupe au Virgin Megastore lors de la promo de l'album. Cette performance sera d'ailleurs enregistrée sur un EP cinq titres, totalement épuisé et introuvable aujourd'hui.

Mais l'aventure sera de courte durée. Mikal quitte le groupe en septembre 1994 ce qui va précipiter son split, aucun des autres membres n'ayant vraiment envie de continuer. Du coup, c'est Mikal qui va garder les droits du nom Mutha's Day Out.
Paradoxalement, c'est deux ans après sa sortie et un an après le split du groupe que celui-ci va enfin avoir une certaine reconnaissance, grâce à la BO du film Mortal Kombat. Le titre "What U See" avait été utilisé (en version raccourcie) et relancera quelques ventes, grâce à ceux qui feront l'effort de chercher de quel album ce titre provient.
Mais depuis, rien de neuf. Mikal a annoncé sur son facebook en 2012 la reformation du groupe. On attend toujours. Il nous reste donc un unique album pour se rendre compte du talent de ce groupe, trop vite disparu.

Retrouvez cette chronique sur le site "auxportesdumetal.com" dans la rubrique "back to the past".


Med vum
Med vum
Prix : EUR 21,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 A l'assaut des sept mers..., 3 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Med vum (CD)
Skálmöld est un groupe islandais de Viking Metal épique fondé en 2009. Ils ont sorti deux albums chez Napalm Records, "Baldur" (2011) et "Börn Loka" (2012), tout deux hautement recommandables.
Leur dernier fait d'armes fut la splendide série de concerts avec orchestre symphonique (2013), immortalisée en DVD que vous pouvez trouver sur leur site officiel et que vous pouvez aussi visionner ici.
Le groupe ne chôme donc pas puisque c'est maintenant au tour de leur troisième album studio de voir le jour, intitulé "Med Vaettum" ("parmi les esprits de la nature" pour la traduction approximative).

En regardant la tracklist, vous avez peut-être remarqué une certaine régularité dans l’agencement des titres. C’est que nos six Vikings ont décidé de nous faire traverser les quatre saisons ("Ad Vori" = au printemps, "Ad Sumri" = en été, "Ad Hausti" = en automne et "Ad Vetri" = en hiver), chacun de ces morceaux étant suivi d’un morceau en rapport à la saison et relatif à la nature et à la mythologie : "Med Fuglum" = parmi les oiseaux, "Med Drekum" = parmi les dragons, "Med Jötnum" = parmi les Jötnar, un peuple mythologique scandinave et "Med Gridungum" = parmi les taureaux (et on dit merci pour ce petit passage culturel). Au niveau des paroles, on est encore une fois tout à fait dans la thématique Viking Metal, vous en conviendrez. Vous pouvez aussi apprécier la très belle pochette de ce nouvel album, toujours dans la même thématique. Ca y est, vous êtes bien imprégnés du folklore nordique, l’écoute peut commencer.

Selon le groupe, "Med Vaettum", c’est "le matériel le plus puissant que nous ayons écrit jusqu’alors". Il est vrai que les nuances sont moins présentes qu’avant, notamment celles qui jalonnaient leur premier album, "Baldur". Ici, c’est un peu plus brut de décoffrage même si l’on retrouve tout de même le côté "touche à tout" du groupe.
On démarre effectivement assez violemment avec un cri de malade mais les chœurs, marque de fabrique de Skálmöld, arrivent rapidement. Deux chants se répondent, un typiquement Death/Viking et l’autre plus black sur un titre rapide et très entraînant. Le morceau suivant démarre lui sur un riff très lourd mais ça accélère assez rapidement. Le chant est scandé. Un chant clair déboule dans la partie centrale du titre et dans le dernier tiers, on a droit à un petit passage folk bien agréable. Skálmöld ne bouleverse pas son style musical sur ce nouvel album. Au détour des morceaux, on retrouve des choeurs puissants ("Ad Sumri", "Med Drekum", "Med Jötnum") qui parfois se transforment en "Oh Oh Oh" plus calmes ("Med Jotnum"). On a aussi parfois plusieurs types de chants qui se répondent ("Med Gridungum"). Le groupe n’oublie pas d’incorporer très souvent des solos de guitare d’influence très Heavy Metal ("Ad Vori", "Ad Sumri") ou même des rythmiques cavaleuses à la Iron Maiden ("Ad Sumri", le début de "Med Jötnum", "Ad Vetri"). D’autres rythmiques sont sacrément plus lourdes ("Med Drekum", "Med Jötnum", "Med Vetri", "Med Gridungum") mais avec toujours cet aspect bien compact qui renforce le côté massif de l’album. Toutefois, quelques aérations teintées folk ("Ad Hausti", "Ad Vetri") viennent éclaircir le propos.

Nouvel album et nouvelle réussite pour Skálmöld. Le Viking Battle Metal des Islandais est ce qui se fait de mieux dans le genre actuellement, à mon avis en tout cas. Si vous avez apprécié les deux efforts précédents, celui-ci ne vous décevra pas, cela semble certain.
16 / 20

Retrouvez cette chronique (et d'autres) sur le site "auxportesdumetal.com".


Send Them All to Hell
Send Them All to Hell
Prix : EUR 14,35

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Motorisation allemande., 2 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Send Them All to Hell (CD)
Panzer (il paraît qu'il faut dire The German Panzer pour pas confondre avec un autre groupe – à ma connaissance, espagnol - du même nom) est un trio allemand donc, constitué de sacrés pointures puisqu'on retrouve à bord Schmier (Destruction) à la basse et aux vocaux, Herman Frank (Accept) aux guitares et Stefan Schwartzmann (Accept aussi) à la batterie. Deutsche Ingenieurskunst !
Alors évidemment, un groupe allemand qui s’appelle Panzer… c’est un peu comme si un groupe allemand s’appelait Crematory, vous imaginez le truc ? On joue plein pot avec la provoc’… Tiens, au fait, aucun groupe français n’a osé "Char Leclerc" comme nom de groupe. Bizarre… :)
Bon, assez rigolé ! En fait, le nom choisi par nos lascars reflète assez bien la musique pratiquée par le groupe. L’engin dont on parle ici était réputé pour ne pas faire dans le détail. Comme le dit Herman Frank à ce propos : "on ne part pas dans tous les sens, juste droit devant, comme un Panzer". Cette métaphore pour vous faire comprendre que Panzer n’est pas là pour finasser mais bien pour vous en foutre plein la tronche. Et à ce niveau, c'est plutôt réussi. Deutsche Qualität !

Démarrage du véhicule en trombe. Le premier morceau envoie du bois, pas d’intro qui traîne en longueur, on entre directement dans le vif du sujet. Le rythme est rapide. Un bon tir de barrage pour calmer tout le monde. On enchaîne sur le plus lourd mais tout aussi efficace "Hail And Kill" (tiens, ça me rappelle autre chose, ce titre - rien à voir musicalement ceci dit). "Temple Of Doom" continue de pilonner les lignes ennemies sans relâche à coup d'obus de 150. Ca speede, c’est carré, c’est allemand. Deutsche Zuverlässigkeit !
"Panzer" (le titre) me semble moins intéressant, c’est déjà plus en pilotage automatique à mon goût (mais attention quand même, un blindé en pilotage automatique reste dangereux). Je préfère par exemple des morceaux du type de "Freakshow", "Virtual Collision" ou "Mr Nobrain" (j’adore le refrain), quand le groupe lâche les chevaux et fonce tête baissée… tel le panzer écrasant tout sur son passage. Mais le trio sait aussi concocter de bons morceaux bien lourdingues comme "Why" ou "Roll The Dice" qui accrochent bien l’oreille.

Le résultat musical de cette association n’est finalement pas surprenant, on retrouve bien le côté thrashisant de Destruction sur des rythmiques parfois plus épaisses et en tout cas totalement maîtrisées. Les deux membres en retrait dans Accept (et pas seulement au niveau de la composition, vous n’avez qu’à regarder le dernier DVD du groupe livré en bonus de leur dernier album et compter le nombre de fois où ils sont filmés seuls pour vous en convaincre) s’en donnent ici à cœur joie. Je n’ai pas le détail des compositeurs de chaque titre mais nul doute qu’ils ont pris tous les deux une part active dans la création des morceaux. Herman Frank notamment, dont on connaît le talent de compositeur (voir son dernier album solo, Right In The Guts) qui nous balance ici des solos bien inspirés ("Virtual Collision", "Temple Of Doom", "Mr Nobrain"...). Côté vocal, pas trop de surprise non plus. Schmier qui n’en est pas à son coup d’essai dans ce domaine (il chante aussi dans Headhunter) a une voix qui s’adapte parfaitement à ce style entre Heavy et Thrash.

Pas de surprise à attendre de cette association de membres d’Accept et de Destruction. C’est solide, c’est pro, ça remplit totalement le cahier des charges. Le groupe aura-t-il l’opportunité de défendre ce travail sur scène, c’est une autre question. En attendant, ce "Send Them All To Hell" est à la hauteur du talent de ces trois bonshommes, aucun doute là-dessus. Et pas besoin de parler allemand pour comprendre que ça va vous plaire !
15 / 20

Retrouvez cette chronique (et plein d'autres) sur le site "auxportesdumetal.com"


The Suffocating Darkness
The Suffocating Darkness
Prix : EUR 13,68

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Changement de décor., 19 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Suffocating Darkness (CD)
Il date de quand le dernier album de Soulburn ? De 1998 ! Ah oui, quand même...
En fait, Soulburn est né du split d'Asphyx en 1995. Ses principaux membres Eric Daniels (guitare) et Bob Bagchus (batterie), associés au chanteur bassiste de Pentacle, Wannes Gubbels enregistrent en 1998 leur premier et seul album, "Feeding On Angels". Seul album car peu de temps après sa sortie, ils décident finalement de reprendre le nom de Asphyx et enregistrent "On The Wings Of Inferno" avec exactement le même line-up. C’en est donc fini de Soulburn.
Puis Asphyx a également splitté en 2000 pour se reformer en 2007, sans Eric Daniels. Cela aurait pu certainement en rester là mais voilà, Bob Bagchus ne faisant plus partie de Asphyx non plus depuis peu, il a retrouvé son ex-collègue Eric Daniels et ces deux-là, avec l’aide de deux nouveaux protagonistes (Twan Van Geel de Legion Of The Damned au chant et à la basse et Remco Kreft de Xenomorph et Grand Supreme Blood Court à la seconde guitare), ils ont décidé de reformer Soulburn.

Seize années se sont donc écoulées entre les deux albums et Soulburn a quand même pas mal changé. Je dis ça surtout pour ceux qui connaissent le premier album du groupe. Si celui-ci était assez dans la continuité de ce que proposait Asphyx (et de ce qu’il a proposé ensuite), ce n’est pas tout à fait le cas de ce "Suffocating Darkness". Le Soulburn de 2014 se démarque assez ostensiblement d’Asphyx (et ce n’est pas plus mal, car on n’avait pas forcément besoin d’un second Asphyx). Le groupe d’aujourd’hui se tourne résolument vers un Black Metal old school. Il est clair qu’à l’écoute de "Under The Rise Of A Red Moon", "Black Aura" ou encore "Claws Of Tribulation", on se sent plus proche des prémices du Black (Celtic Frost, Bathory) ou de quelques combos de Black scandinave que du Death Metal des Bataves, aussi bien dans le riffing que dans le chant de Twan Van Geel. Le groupe s’autorise même des chants incantatoires ou des choeurs morbides sur l’intro, "Under The Rise Of A Red Moon", "Hymn For The Forsaken II", "I Do Not Bleed From Your Crown Of Thorns" et "Wielding Death" pour entrer encore plus dans la couleur très sombre de cet album (ce qui fait le lien avec le premier album, qui était assez sombre lui aussi).
Mais même si ces quelques changements sautent aux oreilles, Soulburn étant l’ombre d’Asphyx (du moins sur le papier), vous ne serez pas surpris de retrouver quand même quelques points communs entre les deux groupes à l’écoute de cet album, notamment les passages bien lourds façon Death / Doom dans quasiment tous les titres. On pourrait même légitimement se demander si quelques morceaux n'ont pas été composés à l’origine pour Asphyx puis transformés à la sauce Soulburn.

"The Suffocating Darkness", malgré quelques titres assez similaires (principalement à cause des passages doom qui ont tendance à se ressembler un peu) est un album correct qui nous fait dire que Soulburn a bien fait de renaître de ses cendres. Mention très bien pour le titre éponyme, "Under The Rise Of A Red Moon" et "I Do Not Bleed From Your Crown Of Thorns" qui sont à écouter en priorité.
13 / 20

Retrouvez cette chronique (et d'autres) sur le site "auxportesdumetal.com".


Surgical Remission
Surgical Remission
Prix : EUR 10,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 EP à acquérir ... ou pas., 19 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Surgical Remission (CD)
Carcass a particulièrement bien réussi son retour l’année dernière avec son "Surgical Steel". Un an après, le groupe fait déjà une réapparition discographique par le biais d'un EP cinq titres qui reprend des morceaux issus des sessions de "Surgical Steel".

Pour ceux qui suivent le groupe anglais, ces morceaux ne sont pas inconnus puisque "1985" est l’instrumental qui ouvrait Surgical Steel (ici en version légèrement modifiée), "Intensive Battery Brooding" était proposé en titre bonus sur l'édition limitée digipack, le morceau "A Wraith In The Apparatus" provient de l'import japonais de l'album et "Zochrot" est sorti sur un flexi disc promo de "Decibel Magazine" en octobre 2013 (version collector super limitée)... les fans les plus zélés les possèdent donc peut-être même déjà en physique. Mais même si vous ne les possédez pas, grâce au téléchargement et à internet, il est possible que vous les connaissiez déjà.
Donc, pas franchement des nouveautés mais tous ces morceaux réunis sur le même EP, pourquoi pas ? D'autant que le groupe y a ajouté le fameux "Livestock Marketplace" vraiment inédit que les fans réclamaient depuis un moment (et comme ça, les plus fervents vont pouvoir ressortir leur portefeuille, si c'est pas malin ça...).

Alors, quid de ces morceaux (si vous ne les connaissez pas) ? Si on les compare à ceux qui ont terminé sur la version définitive de "Surgical Steel", ce ne sont pas les meilleurs, évidemment. S'ils ont été écartés au moment de boucler le dernier album de Carcass, c’est qu’ils étaient un peu moins bons, non ? "A Wraith In The Apparatus" est un morceau tout à fait estampillé Carcass, plutôt dans la bonne moyenne mais pas renversant pour autant.
"Intensive Battery Brooding" est meilleur, le rythme est assez lourd mais le titre comporte quand même une partie bien speed sur la fin (celui-là, je le connais bien, ayant acquis la version digipack de l’album). Ce morceau colle bien à "Surgical Steel", c’est sans doute pourquoi il avait été choisi pour figurer en bonus.
"Zochrot" est sans doute le titre le moins inspiré du lot, uniquement sauvé par les solos. Le morceau le plus inattendu est finalement "Livestock Marketplace", assez différent du style de "Surgical Steel" (on comprend pourquoi il a été écarté), qui montre un Carcass plus mélodique, à tel point qu’on pourrait faire un lien avec Megadeth (notamment au niveau de la voix de Walker qui ressemble ici par moments à celle de Mustaine).
Quant à la reprise de "1985", rallongée de quelques secondes, elle n’apporte vraiment pas grand chose par rapport à la version de l’album. Et on ne peut pas dire que pour l’artwork, ils se soient trop foulés non plus.

Pas de quoi sauter au plafond mais un bon petit prolongement de l'album "Surgical Steel" qui fera sans doute plaisir aux fans.
Toutefois, le problème de ce genre de produit est un peu toujours le même : cinq titres, peut-être un ou deux que vous possédez déjà, dix-sept minutes de musique... est-ce que ça vaut le coup de repasser à la caisse et quel prix est-on prêt à débourser pour cela ? Je vous laisse répondre à ces deux questions.
13 / 20

Retrouvez cette chronique (et d'autres) sur le site "auxportesdumetal.com".


Black power flower
Black power flower
Prix : EUR 17,99

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Ca plane pour lui !, 18 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Black power flower (CD)
Brant Bjork est peut-être un nom qui vous dit quelque chose si vous appréciez le Stoner et ses dérivés. Brant Bjork fut notamment le batteur du mythique Kyuss, le groupe qu’il fonda avec Josh Homme et John Garcia et qui créa le son Desert Rock. Mais il n'est pas resté inactif depuis la fin de Kyuss puisqu'il a également fait partie de Fu Manchu, Mondo Generator et a mis en place divers projets durant toutes ces années dont voici le tout dernier. Projet dans lequel il n'est pas derrière la batterie mais à la guitare et au chant. Le nom du projet, The Low Desert Punk Band, vient du nom de son label, The Low Desert Punk Recordings (le bonhomme est aussi producteur à ses heures…). Cette fois-ci, il est accompagné de Bubba Duprey à la lead guitar, Dave Dinsmore à la basse et Tony Tornay à la batterie.

Vu le passif du gars, rien de surprenant donc que cet album sente un peu le Kyuss mais juste un peu car on n’y retrouve évidemment pas la patte immédiatement identifiable de Josh Homme, ce qui change pas mal de choses.
Si le son est un peu différent, Brant en a gardé l’esprit. Car cet album suinte le bon gros rock groovy par tous ses riffs. On retrouve ici le son stoner si caractéristique des grattes et les rythmiques bien grassouillettes. L’artwork nous rappelle que le mouvement stoner a aussi des origines psychédéliques venues tout droit des seventies. Oui, il y a les couleurs et le graphisme mais derrière, n'est-ce point une feuille de cannabis qui orne la pochette, même pas cachée par le logo du groupe ? Gros rock et défonce, man…

Ici, tout au long de ces dix titres, Brant laisse parler ses influences. A tout Stoner tout honneur et la principale est bien évidemment Black Sabbath à laquelle on rajoute la fameuse touche "Desert Rock" ("Controllers Destroyed", "We Don't Serve Their Kind", "Soldier Of Love"…). On trouve aussi quelques réminiscences Hendrixiennes ("Soldier Of Love", "That’s A Fact Jack", "Ain’t No Runnin’"). Dans l’ensemble, les solos sont bien marqués par le Rock de la fin des années 60, début 70. Du coup, on plane dans des ambiances seventies que l’on pouvait aisément imaginer rien qu’à la pochette et à la lecture du titre de l’album, "Black Power Flower". Brant n’oublie pas non plus d’ajouter une petite pointe de blues (le bien nommé "Hustler’s Blues").
Enfin, pour en revenir à Kyuss, "Where You From Man", le titre final, est en fait surtout un instrumental de plus de huit minutes avec juste quelques voix narratives au début et à la fin qui donnent au morceau une ambiance spatiale et c’est sans doute celui qui me fait le plus penser à ce groupe.

Quoi qu’il en soit, Brant Bjork réussit avec ce projet à bien nous dépayser et nous faire passer un agréable moment (et sans être forcément défoncé !). Ca groove du tonnerre ("Stokely Up Now", "Boogie Woogie On Your Brain"…) et il est difficile de ne pas être entraîné dans la danse à l’écoute des "Controllers Destroyed", "We Don't Serve Their Kind" ou "Buddha Time"…
"Black Power Flower" est un bon album de Rock and Roll groovy, chauffé à blanc sous le soleil du désert de Mojave. Que demander de plus ?
15 / 20

retrouvez cette chronique (et d'autres) sur le site "auxportesdumetal.com".
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 5, 2015 2:01 PM CET


Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20