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orion (Vinland)
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Aftershock
Aftershock
Prix : EUR 19,67

25 internautes sur 27 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Indestructible !, 21 octobre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Aftershock (CD)
Les légendes ne meurent jamais. Et en terme de légende, Motörhead en est assurément une. C'est bien simple, ils sont là depuis si longtemps qu'on a l'impression qu'ils ont toujours été là.
Motörhead dont plus grand monde ne pariait dessus après un été bien compliqué, des concerts annulés ou écourtés, un Lemmy fatigué et malade... eh bien contre toute attente, revoilà la bête, plus solide que jamais ! Décidément, Motörhead est increvable, inusable, indestructible... à l'image du Snaggletooth de la pochette qui a livré des centaines de combats mais qui est toujours debout.

Un Snaggletooth que je me rappelle avoir découvert pour la première fois de ma vie sur la pochette d'un disque (ce devait être "Overkill"), dans la médiathèque où mes parents allaient emprunter des disques, alors que j'étais tout minot. Premier choc ! Un groupe que je découvris quelques années plus tard et ce fut le second choc, le vrai, celui qui vous marque à jamais. Aujourd'hui, environ trente ans après, c'est l'heure de l'"Aftershock" ! Et si le silence qui suit une symphonie de Mozart est encore de Mozart, le choc qui suit l'"Aftershock" est bien de Motörhead. Et bon sang, que ça fait du bien !
Car non seulement le bombardier revient mais il revient avec quatorze compositions en béton armé, dont pas une ne dépasse les quatre minutes trente, quatorze missiles "made in Lemmy and co" dont le style est reconnaissable entre mille, quatorze compositions trempées dans l'acier et le rock and roll avec au passage une petite pointe de blues.
Si "Heartbreaker" et "Coup De Grace", les deux premières bombes larguées, ne peuvent pas nous rassurer sur l'état de santé de Lemmy (rien à voir !), elles ne laissent planer aucun doute sur la faculté inaltérée du groupe à nous concocter des morceaux heavy speed rock and roll bien groovy qui font plaisir à entendre. On peut même dire d'entrée qu'il s'agit d'un bon cru.
Effet confirmé sur "Lost Woman Blues" avec lequel, comme son nom l'indique, le groupe nous balance un bon vieux blues rock des familles.
Autre belle surprise avec "Dust And Glass", où Lemmy se fend d'une ballade. Mais pas de la ballade époque "March Or Die" ("I Ain't No Nice Guy", mauvais souvenir), non, de la ballade trempée dans le blues, de la ballade mortelle, quoi !
"End of Time", "Going To Mexico" (le petit frère du "Going To Brazil" de "1916"), "Queen Of The Damned" ou "Paralysed" sont des tueries bien speed à la Motörhead. Les "Death Machine", "Knife" et autre "Keep Your Powder Dry" nous mettent la Rickenbacker du Godfather Of Metal à l'honneur. Oui, rien de neuf, mais c'est toujours aussi efficace. Les solos du père Campbell ont rarement été aussi trempés dans le bon vieux rock and roll ("Do You Believe", "Heartbreaker", "Crying Shame", "Knife"). C'est un vrai bonheur ! Et s'il y a bien quelques titres un peu plus anecdotiques ("Silence When You Speak To Me", "Keep Your Powder Dry"), au sein d'un tel album et à ce stade de la carrière du groupe, qui s'en soucie encore ?
Alors, "Aftershock", plus fort que les derniers albums en date ("Motorizer" et "The World Is Yours") ? A mon sens, ça ne fait aucun doute.

Certains pensent qu'il s'agit du dernier album de Motörhead, à cause de l'état de santé du Lemmy (presque soixante-dix ans tout de même !). Eh bien, si ce doit être le dernier, c'est une belle manière de clore une carrière aussi riche ! Mais ce serait dommage car après un album pareil, on a qu'une envie : qu'ils remettent ça le plus longtemps possible encore ! Oui, pourvu qu'ils soient encore là quelques années. Car le monde du Rock sans Lemmy et son inusable Snaggletooth, ça ne serait plus tout à fait la même chose.
16 /20

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Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 29, 2013 9:27 PM CET


Witching hour
Witching hour
Prix : EUR 13,00

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Histoires de sorcières..., 15 octobre 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Witching hour (CD)
Cinquième album pour les maîtres du Gothic Horror Metal.
Après nous avoir conduit sur un navire perdu dans les glaces, dans les Carpathes, au milieu des loups et de nouveau sur les océans déchaînés, le nouveau décor pour leur cinquième recueil de contes horrifiques, ce sont les histoires de sorcières.

Pour apprécier un album de Vision Bleak, il faut entrer dans leur univers, fortement influencé par la culture gothique d'il y a plus d'un siècle. C'est assez facile car tout est fait pour nous plonger dans cette ambiance particulière et ça commence dès l'artwork majoritairement en couleur sépia, comme à chaque fois. Le dessin de la sorcière traversant la forêt, en ombre chinoise, rappelle les petits carrousels d'images du XIXème siècle, appelés lanternes magiques, dans lesquels on pouvait voir ce genre de personnage se mettre en mouvement.
Musicalement, une ambiance glauque se met en place dès l'intro avec ses sonorités inquiétantes, le bruit du vent... la tension monte pour aboutir sur le premier vrai morceau, "A Witch Is Born". Konstanz (chant et batterie) utilise un phrasé plus dynamique que d'habitude. C'est au refrain que l'on reconnaît bien le style particulier de son chant déclamatoire. De son côté, Schwadorf (guitares, basse, claviers) dresse son mur habituel à grands coups de sa guitare-hachoir.
Le second titre, "The Blocksberg Rite", comme le précédent, nous montre un Konstanz qui donne de la variété à son chant, le rendant moins linéaire que par le passé. La petite flûte (ou le petit synthé qui imite le son de flûte) qui vient siffler sa mélodie folk tout au long de ce morceau, et notamment sur le break, le rend presque joyeux.
Puis arrive l'excellent "Cannibal Witch". Konstanz fait monter la tension avec son chant récitatif, la musique devient plus pesante au fur et à mesure que l'on avance dans le morceau. Le rythme devient martial, le chant est doublé sur le refrain pour lui donner encore plus de profondeur. Et quand on ne s'y attend plus, le rythme accélère pour finalement arriver sur une longue déclamation en fin de morceau (par un invité, Skald Draugir du groupe Helrunar, qui joue aussi de la guimbarde sur ce morceau). Et bien sûr, comme à son habitude, le duo sait nous concocter des récits sordides à écouter toutes lumières éteintes.
"The Wood Hag" est un titre plus entraînant avec sa mélodie entêtante jouée aux synthés, tout en restant typiquement dans l'esprit Vision Bleak. Ce morceau a été illustré par une vidéo (il s'agit en fait d'un véritable petit film d'animation) que je vous conseille vivement de découvrir.
"Hexenmeister" speede bien et se révèle un titre très entraînant lui aussi. "Pesta Approaches" alterne parties speed et plus lentes. Encore une fois, Konstanz varie ses vocaux pour notre plus grand plaisir. Guitares et synthés se partagent la mélodie.
L'ultime titre nous propose tout le panel du savoir-faire du groupe : rythmique béton, guitare mélodique, refrain rehaussé de choeurs, parties rapides et d'autres plus lourdes. Un must, encore une fois.
Certains pourront toutefois regretter l'absence d'orchestrations, qui étaient présentes sur les premiers albums. Cette évolution ne me gène pas personnellement car la musique de The Vision Bleak a gardé son âme et sa force malgré tout.

Trois ans se sont écoulés depuis le précédent effort, "Set Sail To Mystery", tout comme trois ans s'étaient écoulés entre celui-ci et celui d'avant alors qu'une ou deux années séparaient les premiers albums. Apparemment, le duo allemand a décidé de prendre son temps entre chaque sortie. Mais tant que la qualité sera au rendez-vous, comme c'est le cas ici, on ne leur en voudra pas.
"Witching Hour" est un album que je trouve au final plus varié que le précédent (qui était déjà très bon !). Les fans le possèdent tous déjà, n'attendez pas trop pour découvrir ce groupe formidable et son univers cauchemardesque.
17 / 20

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PS : les autres éditions, plus chères, comprennent a priori un titre en plus.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 4, 2013 4:06 PM CET


Blessed Are The Sick’
Blessed Are The Sick’
Prix : EUR 10,49

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Le trésor de satan., 9 octobre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Blessed Are The Sick’ (CD)
Deuxième album pour les brutes de Morbid Angel... et deuxième chef-d'oeuvre.
C'est bien sûr aux incontournables Morrisound Studios de Tampa qu'est mis en boîte ce nouvel opus, haut lieu de production des albums de Death Metal à l'époque.
Avec "Blessed Are The Sick", le groupe de Floride, l'un des leaders du style avec ses compatriotes de Death, Obituary et Deicide, tente une approche plus subtile qu'avec "Altars Of Madness". Une approche que l'on pouvait pressentir dès la pochette représentant "Les Trésors de Satan", une oeuvre du peintre belge Jean Delville, réalisée à la fin du XIXème siècle. Un artwork bien loin des stéréotypes en vigueur dans le style.

Bien sûr, on retrouve des morceaux joués pied au plancher, marque de fabrique des anges morbides. C'est le cas dès le départ, après une intro qui annonce le chaos, avec "Fall From Grace". Le morceau démarre sur une intro bien lourde mais derrière, ça envoie la purée. Pete Sandoval marque un tempo de fou. Trey Azagthoth et Richard Brunelle rivalisent de riffs improbables sur cassures de rythmes incessantes. David Vincent grogne toujours avec autant de conviction et maltraite sa basse. Mais même si le rythme est rapide, une certaine lourdeur apparaît dans le son des guitares. "Brainstorm" ne fait pas de quartier non plus. Avec "Rebel Lands", on sent que le groupe cherche à alourdir son propos, le rythme se fait plus pesant, renforçant ainsi le côté lourd des guitares.
Puis surprise totale avec l'instrumental "Doomsday Celebration" joué aux claviers, créant une ambiance sombre mais aussi teintée de mysticisme. "Day Of Suffering", bien que rapide dans son tempo, nous donne toujours cette impression de lourdeur. Enfin, le titre éponyme montre de nouvelles ambitions pour le groupe. Tempo bien lourd et une fin hallucinante à la flûte ("Leading The Rats") qui rend cette fin de première partie d'album totalement invraisemblable. Histoire de trancher un peu plus avec la seconde partie, plus "classique".

En fait, la seconde partie de l'album est constituée de morceaux plus anciens. Ces morceaux ("Thy Kingdom Come", "Unholy Blasphemies", "Abominations" et "The Ancient Ones") proviennent des premières démos du groupe. Bien sûr, ils ont été réenregistrés en même temps que les premiers titres mais cette seconde partie d'album marque un peu une rupture avec le début. On y retrouve le Morbid Angel de "Altars of Madness", plus direct. Mais le groupe a aussi eu l'intelligence de glisser dans cette seconde partie l'instrumental "Desolate Ways" (seul titre composé par Brunelle), superbe respiration d'une minute quarante à la guitare acoustique et l'outro aux claviers (comme sur "Doomsday Celebration") qui confèrent à cette partie le côté mystique qui planait sur la première. Il n'en reste pas moins que ces anciens morceaux sont déments (vitesse d'exécution, solos flamboyants) et apparaissaient comme les plus immédiats de ce nouvel album, c'est-à-dire ceux dans lesquels on entrait le plus facilement si, comme moi, on avait découvert et aimé le groupe avec l'album précédent. La première partie du disque, j'ai mis plus de temps à l'apprivoiser.

Avec seulement un demi nouvel album, Morbid Angel avait frappé un très grand coup en sortant là l'un des meilleurs albums de Death Metal de cette fameuse année 1991 (ce qui n'est pas peu dire car il y en a eu un sacré paquet - et des bons !) et sans doute, l'un des meilleurs du genre, toutes années confondues. En tout cas, le meilleur album du groupe, ça ne fait pas l'ombre d'un doute.

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Spiritual relics
Spiritual relics
Prix : EUR 11,90

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Les marteaux frappent une deuxième fois., 7 octobre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Spiritual relics (CD)
Second album pour le groupe américain Bloody Hammers, après la bonne impression laissée par leur premier album éponyme paru il y a tout juste deux ans. Si vous n'aviez pas découvert ce groupe à l'époque, sachez que Bloody Hammers joue dans un registre Hard Doom occulte bien trempé dans les seventies. Oui, les seventies sont très à la mode en ce moment, en matière de musique en tout cas (mais il paraît que pour les fringues, ça vient aussi...). Cependant, les influences de ces musiciens sont variées et dépassent le cadre des seventies, allant effectivement de Alice Cooper à Black Sabbath et David Bowie mais en passant également par Danzig, Nick Cave, Bauhaus et les Misfits.

Autant le dire tout de suite, "Spiritual Relics" ne décevra pas ceux qui ont apprécié le premier album. Bloody Hammers reprend la même recette. On retrouve ce son si particulier de la guitare, une rythmique groovy et le synthé qui vient napper discrètement le tout pour créer une ambiance seventies. Au niveau des thèmes, c'est aussi tout à fait dans la continuité de l'album précédent : sorcellerie, horreur et ambiance occulte, comme on peut le découvrir dans la première vidéo de cet album, "What's Haunting You".
Bien sûr, comme sur le premier opus, on retrouve les influences des Américains disséminées sur tout l'album mais comme Bloody Hammers ne cherche pas (plus ?) à singer un groupe en particulier, le mélange de toutes ces influences donne au final une musique intéressante et moins marquée par un seul groupe (Black Sabbath pour ne pas le citer) que sur le premier album. On a toujours, toutefois, ce tempo dans l'ensemble assez lourd ("Night Of The Long Knives", "Flesh Of The Lotus") et la voix de Anders Manga qui rappelle bien sûr un peu celle du Ozzy du début des seventies mais qui peut aussi faire penser parfois à celle de Glenn Danzig quand il chante de manière posée ("The Transit Begins", "The Source").
Là où Bloody Hammers n'a plus rien à voir avec Sabbath, c'est pour le rôle du synthé. Quand celui-ci ne joue pas son simple rôle d'accompagnement, il prend les commandes. Ainsi, c'est lui qui est en charge du solo sur "Night Of The Long Knives". Un synthé qui est aussi là pour créer des ambiances inquiétantes parfois ("Shiver") ou très seventies ("At The Well Of Nazareth").
Comme le premier album, Spiritual Relics s'achève sur un titre calme et bien sympathique à la guitare acoustique.

"Spiritual Relics" est un bon album, agréable à écouter et qui, comme son prédécesseur, nous renvoie quelques décennies en arrière. On a parfois besoin de pas grand-chose de plus pour trouver son bonheur...
15 / 20

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Resilient ltd edition
Resilient ltd edition
Prix : EUR 14,98

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Un capitaine sans équipage..., 7 octobre 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Resilient ltd edition (CD)
Ah, le mystère Rock n' Rolf...
Après avoir jeté l'éponge en 2011 (après six ans de silence discographique), le capitaine du navire corsaire Running Wild faisait un retour inattendu dès 2012 avec Shadowmaker. Et depuis, le voilà devenu un boulimique de travail, enchaînant la sortie de son projet parallèle, Giant X en début d'année et maintenant, mettant sur le marché le successeur à "Shadowmaker", "Resilient". Quelle mouche le pique donc ?

"Shadowmaker" n'a pas eu que des partisans, loin de là, même parmi les fans du groupe (si, il en reste !) en raison peut-être de son aspect un peu trop Hard US / Heavy Rock sur certains titres ("Me And The Boys", "Piece Of The Action"). Des titres qui auguraient quelque part de l'album de Giant X. On pouvait donc penser que Rock n'Rolf ayant mis de côté ses compos les plus orientées hard rock pour Giant X, Running Wild allait nous refaire du Running Wild 100% Pirate Metal. Mais est-ce que cela allait faire de "Resilient" un meilleur album pour autant ? Pas forcément..

Effectivement, ce nouvel album ne nous offre plus ce type de morceaux. On retrouve un Running Wild fidèle à lui même... du moins, fidèle au style des derniers albums (comprendre depuis "The Rivalry"). Car du Running Wild époque fin 80, début 90, je crois qu'on peut faire définitivement une croix dessus. Des morceaux bien speed comme "Whirlwind", "Merciless Game" ou "Masquerade", ça semble définitivement terminé. Il y a bien "Fireheart" qui peut faire un peu illusion sur ce nouvel opus mais tout de même, on est assez loin du tempo furieux de ces morceaux.
Heureusement, comme à son habitude, le Rolf a l'art du titre qui pénètre dans le cortex avec refrain qui claque et ça commence plutôt sur de bonnes bases avec ce "Soldiers Of Fortune" qui correspond tout à fait à ce qu'on a envie d'entendre. Rock n'Rolf est fidèle à lui-même vocalement. A ce sujet, je n'ai pas bien compris certaines critiques de mes confrères au sujet de sa performance vocale sur l'album précédent. Rolf n'a jamais été un grand chanteur. Découvrir qu'il ne chante pas très bien sur le quatorzième album de Running Wild, c'est comme découvrir que Metallica fait du Thrash avec l'album Death Magnetic... mais passons.
Comme ce premier morceau, d'autres titres sont de bonne facture comme "The Drift" et "Run Riot" avec leurs riffs bien mélodiques typiquement estampillés Pirate Metal. Ces morceaux étant ceux qui rappellent le plus l'époque "Death Or Glory" / "Blazon Stone". L'ultime morceau, "Bloody Island", LE titre épique de l'album (comme quasiment à chaque fois), rappelle lui aussi la grande époque. On y retrouve le Running Wild (enfin, le Rock n'Rolf) inspiré. Ce titre aurait pu figurer sur un des albums que je viens de citer, il n'aurait pas fait tâche. Et heureusement qu'il y a ces morceaux car, à côté de ça, on a quelques titres pas forcément mauvais mais qui montrent un Rock n'Rolf en pilotage automatique ("Resilient", "Adventure Galley", "Down To The Wire", "Crystal Gold") rappelant eux les morceaux de la dernière période, pas tous inoubliables.

Avis mitigé après de nombreuses écoutes et au final, malgré les quelques très bons titres cités plus haut, cet album m'emballe moins que "Shadowmaker" qui montrait un peu plus de variété finalement (si l'on acceptait, ce que certains n'ont pas pu, que Running Wild évolue vers un style plus typé Hard Rock).
Enfin, dernière chose qui peut paraître anecdotique mais qui me gène depuis un moment : Running Wild ne semble plus être un groupe à proprement parler. Comme pour "Shadowmaker", on ne retrouve à la conception de cet album que Rock n'Rolf aidé de Peter Jordan pour les solos et c'est tout. Certes, Running Wild a toujours été le bébé de Rolf Kasparek, surtout sur les derniers albums où l'on avait l'impression que les autres musiciens n'étaient là que pour le décor. Mais du coup, peut-on encore parler de groupe ? On a plus l'impression qu'il s'agit maintenant d'albums solos du monsieur. Le pire, c'est l'absence de batteur. A l'écoute, le résultat est tout de même un peu trop mécanique. Et puis, le côté "je bricole mon truc tout seul dans mon coin" ne correspond pas à un groupe de l'envergure Running Wild (on dira ce qu'on voudra mais ce nom, c'est quand même une sacrée référence en terme de Heavy Speed à l'Allemande).
En tout cas, si le monsieur veut enfin se décider à tourner, il va bien falloir qu'il recrute un vrai groupe. Ou alors il va se contenter d'enchaîner les albums faits maison et là, je crains le pire...
14 / 20

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Violent Revolution
Violent Revolution
Prix : EUR 12,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Retour au Thrash !, 6 octobre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Violent Revolution (CD)
Même si les albums "Outcast" (1997) et "Endorama" (1999) étaient vraiment excellents dans leur genre, on ne peut pas nier que Kreator s'était un peu éloigné de ses racines. La musique proposée par le combo allemand était devenu plus posée (pour du Kreator, j'entends), plus sombre aussi, on s'éloignait de plus en plus du Thrash proprement dit. Ce changement de ton, initié avec le très controversé "Renewal" (à l'époque en tout cas) suivait pourtant l'évolution naturelle du Thrash vers des sonorités différentes. Quasiment tous les grands du style au début des années 90 l'ont fait, pour maintenir en vie des groupes prisonniers d'un genre musical en perte de vitesse, et Kreator n'a pas fait exception à la règle.

En 2001, avec "Violent Revolution", retour aux sources. La pochette nous met sur la voie puisqu'on y retrouve la mascotte du groupe, disparue des pochettes après l'album "Coma Of Souls". Et d'ailleurs, c'est bien là que Kreator veut nous montrer qu'ils reprennent les choses tant les similitudes entre les deux pochettes sont évidentes.
Le groupe, pour ce nouvel album, s'est offert les services de Sami Yli Sirniö, un guitariste finlandais que l'on connaissait pour avoir joué avec Waltari (totalement rien à voir musicalement avec Kreator) et qui d'ailleurs les rejoindra de nouveau cette même année. Ce nouveau venu, en remplacement du génial Tommy Vetterli (Coroner), démontre qu'il a tout à fait sa place dans ce combo de Thrash. Il avait d'ailleurs remplacé Tommy sur quelques concerts avant son départ et le choix s'est donc naturellement porté sur lui.
L'album débute par un "Reconquering The Throne" totalement à propos et qui montre deux choses. La première est qu'effectivement, Kreator revient à un Thrash incisif et direct, laissé de côté depuis "Renewal". La seconde est que les Allemands sont restés les leaders du style et ce, malgré cette parenthèse de dix ans. En effet, le titre éponyme et "All Of The Same Blood" qui suit rappellent complètement le style de compos qui jalonnaient l'album "Coma Of Souls" (pour beaucoup de fans, le meilleur du groupe). Le sens du riff qui déchire ("Violent Revolution", "Servant in Heaven - King In Hell"), les vocaux bien agressifs de Mille Petrozza, la frappe rapide et efficace de Jürgen "Ventor" Reil... "Violent Revolution" apparaît clairement comme la suite logique de "Coma Of Souls".
Alors, simple retour en arrière de dix ans ? Oui et non. Dix années d'expérience musicale en plus, ça se sent. Kreator a mûri. Ces musiciens ont, depuis "Coma Of Souls", démontré qu'ils savaient jouer autrement qu'à fond les ballons. Ensuite, reprendre la même recette peut paraître très facile, encore faut-il pouvoir le faire avec talent et inspiration. Ce n'est pas permis à tout le monde, nombreux sont ceux qui s'y sont cassés les dents. Et si la recette est la même, il n'en est rien du son. Celui-ci, que l'on doit à Andy Sneap et Tommy Newton, est moderne et puissant, très loin du petit son dont souffre "Coma of Souls" aujourd'hui.

Il est clair que Kreator n'a jamais fait d'album médiocre et les albums sortis depuis "Coma Of Souls" étaient loins d'être mauvais, mais ce retour au Thrash de la grande époque, par la grande porte qui plus est, est tout simplement jubilatoire. Ceux qui les avaient enterrés un peu vite en furent pour leurs frais. Kreator a rappelé à tous la machine de guerre qu'il était.
Alors, Kreator a-t-il reconquis son trône avec "Violent Revolution" ? Il semblerait bien que oui. Et si vous avez toujours un doute, allez donc les voir en concert ou procurez-vous leur tout nouveau DVD, Dying Alive. C'est la claque assurée !

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Game Over
Game Over
Prix : EUR 14,38

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Booom !, 2 octobre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Game Over (CD)
Dans le milieu des années 80, le Thrash Metal est en plein essor. Des groupes sortent d'un peu partout pour se lancer dans l'aventure. La scène new-yorkaise, second pôle américain du Thrash derrière la Bay Area (en terme quantitatif), se voit enrichie de quelques combos qui vont figurer dans l'histoire du Thrash américain aux côtés d'Anthrax tels que Overkill et Nuclear Assault.
Ces derniers ont d'ailleurs quelques points communs avec Anthrax puisque deux des membres du groupe ont fait partie du gang des moshers : le guitariste John Connely et le bassiste Danny Lilker. Lilker qui fait aussi partie de S.O.D. avec Charlie Benante et Scott Ian. Les liens entre les deux groupes sont étroits.

Evidemment, à la sortie de ce premier album, les comparaisons avec Anthrax vont pleuvoir, et c'est vrai que ce Game Over se rapproche un peu du style de leur premier album, "Fistful Of Metal", un peu moins tout de même de "Spreading The Disease", paru l'année précédente. Toutefois, Nuclear Assault va plus loin dans la vitesse d'exécution et dans la violence. Il traîne un peu d'esprit punk voire hardcore, façon S.O.D. Les morceaux sont plutôt courts et directs comme en témoigne l'instrumental introductif de cet opus, "Live, Suffer, Die", d'une durée d'une minute dix, qui speede drôlement. Puis c'est "Sin" qui vous déboule dans la tronche. Toujours aussi rapide avec un Glen Evans (batterie) au taquet et on découvre le chant de Connely un brin hystérique. La durée du morceau (3 min 20) n'empêche pas les New-Yorkais d'y glisser une partie plus lourde agrémentée de solos efficaces. La machine est lancée, rien ne va l'arrêter. "Cold Steel", "Betrayal" ou "Radiation Sickness" ne laissent pas vraiment de répit à l'auditeur. Un "Stranded In Hell" ou un "Vengeance" sont faits pour une éclate totale sur scène... et surtout dans la fosse. Alors que "Nuclear War" montre une autre facette, un peu plus posée. Les solos de la paire Anthony Bramante et John Connely sont parfois travaillés et mélodiques ("Sin", "Brain Death"), parfois plus bordéliques. Quant à la rythmique construite par Lilker et Evans, elle mise principalement sur le groove plutôt que le bétonnage à grands coups de va-et-vient.
Des morceaux comme "Hang The Pope" ou "My America" rappellent bien l'esprit S.O.D. avec leurs paroles et encore une fois, leur durée supersonique (45 secondes pour le premier, 30 secondes pour le second !).
Le petit instrumental complètement anachronique "Mr Softee Theme" (marque d'un célèbre vendeur ambulant de glaces aux USA) rappelle lui la démarche de leurs potes d'Anthrax, par laquelle on peut mêler musique agressive et humour sans passer pour des clowns.
Effet confirmé avec l'excellent "Brain Death" qui conclut cet album, un morceau de plus de sept minutes avec intro acoustique, plus technique, avec parties bien speed et partie centrale plus lourde et plus mélodique, où le groupe montre tout son potentiel.
Enfin, la production d'Alex Perialas sonne un peu brouillonne mais colle finalement très bien à l'image du groupe et à sa musique.

L'album "Game Over" est ici complété par le EP qui est sorti l'année suivante, "The Plague". Un EP de qualité supérieure, avec des morceaux qui paraissent plus travaillés (la bête commence à être maîtrisée) mais la folie furieuse qui caractérise Nuclear Assault n'a pas disparu, écoutez donc le poétique troisième morceau (donc la plage 16) pour voir... Et comme si ça ne suffisait pas, vous avez droit aussi à 5 titres en live.
Un EP qui rend l'achat de ce "Game Over" obligatoire pour tous les Thrashers qui ne le possèderaient pas encore.

"Game Over" est une belle carte de visite même si l'album n'est pas parfait. Il a aussi eu la "malchance" de sortir en 1986, année où la concurrence en matière de Thrash battait son plein (avec les sorties de "Master Of Puppets", "Reign In Blood", "Peace Sells", "Doomsday For The Deceiver" ou "The Dark") et, qualitativement, je ne mettrais pas "Game Over" au même niveau que tous ces albums. Néanmoins, Nuclear Assault se démarquait de ses congénères de l'époque par une approche plus folle, plus bordélique (en apparence) de la musique. Une particularité qui va permettre au groupe de sortir de l'ombre du grand frère très rapidement et devenir l'un des groupes de Thrash les plus célèbres de la côte Est.

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Fire on the mountain
Fire on the mountain
Prix : EUR 19,26

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Heavy Duty., 30 septembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Fire on the mountain (CD)
Attention, voilà du lourd de chez lourd !
Twilight Of The Gods, ça vous évoque quoi ? Si c'est le titre d'un album mythique de Bathory, vous avez tapé dans le mille, c'est bien de là que vient le nom du groupe. Par contre, si vous aviez pensé à un titre de Grave Digger, ne partez pas tout de suite, il se peut que cette chronique vous intéresse tout de même.

Alors, quand je disais que c'était du lourd, c'était surtout au niveau du line-up. Car là, pour peu qu'on connaisse assez bien le monde du Metal, chaque nom a une résonance particulière. Jugez plutôt : Alan Averill Nemtheanga au chant (Primordial), Rune Eriksen alias Blasphemer (Aura Noir, ex-Mayhem) et Patrick Lindgren (Thyrfing) aux guitares, Frode Glesnes (Einherjer) à la basse et le monstrueux Nick Barker (Lock Up, ex-Cradle Of Filth, ex-Dimmu Borgir) à la batterie. Ca en jette, hein ?
Tout ce beau monde a formé Twilight Of The Gods (on va dire TOTG pour faire simple) en 2010 pour jouer principalement des reprises de Bathory (d'où le nom). Mais aujourd'hui, avec cet album, le groupe propose des chansons 100% originales.
Et si le groupe a effectivement commencé en reprenant du Bathory, aujourd'hui, la filiation avec la légende suédoise n'est plus franchement d'actualité. Je dois l'avouer, j'ai d'ailleurs été surpris à l'écoute de cet opus car je m'attendais vraiment à du Bathory-like, un peu comme Demonaz l'avait proposé avec son "March Of The Norse". Mais non, "Fire On The Mountain" (pourtant, ce titre, tout coïncidait !) n'est rien de tout ça. En composant de vrais morceaux, TOTG s'est sérieusement bien plus tourné vers le Heavy Metal typé année 80 et a délaissé le Viking Metal de Bathory. Etonnant vu le pedigree des musiciens mais voilà, c'est bien avec des groupes comme Black Sabbath, Judas Priest, Iron Maiden ou Manowar que toutes ces personnes ont grandi et découvert le Metal. Un retour aux sources en quelque sorte.

Mais attention, si nos garçons ont des influences, ils les ont toutefois bien intégrées dans leurs compositions, si bien qu'à aucun moment, on ne se dit "tiens, ça c'est Judas, ça c'est Maiden", comme c'est trop souvent le cas avec les groupes qui se revendiquent de cet héritage. Il faut dire que l'expérience de nos lascars a forcément contribué à ne pas tomber dans le plagiat et a insufflé à ces sept compositions une patte assez personnelle.
On démarre avec un "Destiny Forged In Blood" qui annonce parfaitement la couleur de ce qui va suivre. Cavalcades de guitares sur une solide assise basse - batterie qui imprime la dynamique. Cet album est sous le signe du Heavy Metal traditionnel, un Heavy bien pesant, emmené par une rythmique aussi lourde qu'un poing de Mike Tyson et qui fait autant de dégâts. Côté vocaux, Alan se révèle un chanteur tout à fait convaincant dans ce registre, qui n'est en fait pas si différent de celui qu'il pratique dans Primordial, pour ceux qui connaissent. Sa voix est puissante et il ne s'économise pas.
Comme pour le titre précédent, les solos de "Children Of Cain" sont trempés dans l'acier le plus pur, celui des sidérurgies britanniques. L'on savait Rune Eriksen un guitariste très versatile (ayant joué dans Mayhem et Ava Inferi, deux combos au style très éloigné), le voici dans un nouveau registre qu'il maîtrise à merveille. Le duo qu'il forme avec son nouveau complice, Patrick Lindgren, fonctionne parfaitement.
Le titre éponyme remplit complètement le cahier des charges du genre musical. Il y a tout dans ce que doit être un titre de Heavy Metal dans ce morceau : du riff hachoir bien répétitif tout du long, des "Oh Oh Oh" mais à petite dose, des paroles et une ambiance épiques.
La suite, constituée de "Preacher Man" et "Sword Of Damocles", deux compositions aux riffs très Sabbathiens époque Dio toutes les deux, reste bien efficace. Si l'on connaissait surtout Nick Barker dans un registre bien plus véloce, le voilà ici en costume de Bill Ward et ça lui va bien. Et toujours dans cet esprit Heavy des eighties, on notera encore quelques inspirations Maideniennes sur les harmonies à la fin de "Sword Of Damocles".
En revanche, je trouve que le titre suivant, "The End Of History", traîne un peu en longueur (plus de huit minutes) et perd en efficacité. Mais le dernier morceau, plus concis (six minutes tout de même) avec le retour de quelques "Oh Oh Oh" nous laisse finalement une bonne impression d'ensemble pour ce premier album de pur heavy metal de la part ces viking / black metalleux.

Voilà pourquoi finalement, par rapport à mon introduction, cet album va peut-être davantage intéresser les fans de Grave Digger que ceux de Bathory. A mon avis, cette bande de musiciens aguerris d'horizons divers mais surtout issus du Metal extrême s'est fait plaisir en enregistrant ce "Fire On The Mountain" et ils nous ont fait plaisir par la même occasion. Ce n'est pas l'album de l'année mais juste un bon album de Heavy Metal épique qui devrait ravir les amateurs de riffs bien lourds.
15 / 20

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Satyricon
Satyricon
Prix : EUR 12,95

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Black mainstream., 24 septembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Satyricon (CD)
Voilà le nouvel album de Satyricon, un des groupes phares de la mouvance Black Metal norvégienne. Un album que le groupe aura mis cinq ans à nous proposer. Un album qui va encore diviser les fans du groupe, sans aucun doute.

Car oui, à la base, Satyricon est un groupe de Black Metal. Mais qu'en est-il aujourd'hui ? On est maintenant à des années lumières d'un "Dark Medieval Times", d'un "Shadowtrone" ou d'un "Nemesis Divina", (ceux qui attendent toujours ce Satyricon-là doivent se faire une raison, il ne reviendra plus). Si "Rebel Extravaganza" amenait le groupe sur un Black Metal plus moderne, plus expérimental aussi, avec "Volcano", et surtout "Now Diabolical", le Black du groupe devenait plus rock et moins violent. Aujourd'hui, Satyricon continue logiquement son chemin pour amener son Black Metal (oui, bon, peut-on encore parler de Black Metal ?) où bon lui semble. D'une certaine manière, Satyricon est la suite logique de "The Age Of Nero", avec cinq ans de maturation en plus. Et en cinq ans, la vision de la musique de nos deux lascars a évolué. On reprochera sans doute à Satyricon de ne plus privilégier l'agressivité. Mais quand on y réfléchit bien, le dernier album en date, "The Age Of Nero", n'était pas d'un extrémisme musical intense. Riffs tournants et répétitifs, passages instrumentaux limite atmosphériques... seule la voix de Satyr, toujours agressive, rappelait vraiment les racines Black de ce groupe et la noirceur du combo. Oui, Satyricon a évolué et a tellement dilué son Black Metal dans d'autres influences qu'il est normal que certains n'y retrouvent pas leurs petits.
Maintenant, je le répète, si l'on suit l'évolution logique de ce groupe depuis quelques albums, cet album est tout sauf surprenant.

Pas surprenant donc mais peut-être bien déroutant pour le fan du groupe.
Frost et Satyr, les deux complices, sont juste allés un peu plus loin dans leur voyage vers les rivages du mainstream. Les premiers morceaux de l'opus poursuivent le travail accompli sur "The Age Of Nero" et "Now, Diabolical", en peut-être un peu plus lisse encore (si, si, c'est possible). "Voice Of Shadows", l'instrumental qui constitue l'intro de l'album, n'a vraiment plus grand chose à voir avec le Black, cette musique sombre et agressive à la base. Les guitares sont mélodiques, le beat de batterie assez martial. Et "Tro Og Kraft" continue sur le même principe. De nouveau, c'est la voix de Satyr qui est le seul lien avec le Black Metal. Car même les roulements de double grosse caisse de Frost se font rares. Une petite plage atmosphérique en milieu de morceau pour déstabiliser encore plus l'auditeur et voilà le Satyricon 2013.
Le titre suivant est un peu plus agressif et rappelle davantage les travaux des deux albums précédents. Mais comme, décidément, Satyricon ne sort pas deux fois le même album, on aura droit à des synthés aux sonorités gothiques sur ce titre et le suivant ("Nocturnal Flare").
Le morceau le plus déstabilisant est sans aucun doute "Phoenix" avec cette voix claire (celle d'un certain Sivert Høyem, chanteur dans un groupe de rock norvégien, Madrugada). Celui-là, effectivement, tu peux le faire écouter à ta grand-mère, il passe tout seul. On dirait presque du Him, c'est dire le grand écart qu'a fait le groupe avec ce titre. A Ceux pour qui le chant clair n'a rien à faire dans Satyricon : je pense que le voyage va s'arrêter là. Pourtant, sorti du contexte "c'est sur le dernier Satyricon, ça ?", ce morceau est bien fichu et amène une sacrée variété à l'ensemble. Il s'agit d'ailleurs de l'album le plus varié du groupe. Le grand écart dont je parlais plus haut est d'autant plus évident quand déboule le morceau suivant, "Walker Upon The Wind", qui est celui qui ressemble le plus au Satyricon agressif de la décennie précédente. Là, du coup, la grand-mère qui était restée bien calée dans son fauteuil pour écouter la suite s'est barrée en courant (c'est là qu'on voit qu'elle a encore ses jambes, mamie...).
Voilà de quoi il retourne avec ce Satyricon. On navigue constamment entre deux eaux. "Nekrohaven", avec ses guitares très mélodiques, évoque un peu Moonspell tandis que "Ageless Northern Spirit" rappelle un peu plus les deux albums précédents. "The Infinity Of Time And Space" alterne lui les deux univers, Black et atmosphérique. Quand à l'ultime instrumental, point de trace de Black Metal dedans non plus... Un dernier pied de nez, comme pour affirmer une ultime fois "on fait ce qu'on veut et on vous emm...". Satyricon a inventé le Black mainstream.
Du coup, qualitativement, cet album n'a pas grand chose à se reprocher. Mais est-ce ce que les fans attendaient ?

Vous voilà prévenus. Si vous êtes nostalgique du Satyricon bien sombre et agressif, allez voir du côté des Allemands de Sonic Reign et de leur dernier très bon album, "Monument In Black". C'est un excellent substitut, vraiment. En revanche, si vous pouvez faire abstraction du passé du groupe, si vous n'avez pas peur des combos qui prennent des risques, ne craignez pas le melting-pot musical, si vous aimez le Metal au sens large et les ambiances changeantes d'un morceau à l'autre, vous pouvez jeter une oreille sur cet album. Il pourrait vous plaire par sa diversité.
14 / 20

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Heartwork
Heartwork
Prix : EUR 10,38

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Pionniers., 18 septembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Heartwork (CD)
Je veux vous parler d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre...
Vingt ans ! C'est l'âge de cet album emblématique du Death Metal. Emblématique car il a lancé pas mal de vocations...
Alors cette chronique s'adresse à toi, le jeune. Tu es fan de Mélodeath, tu adores des groupes comme Dark Tranquillity, Arsis, Arch Enemy ? Eh bien laisse-moi te présenter leur aîné à tous : Carcass.

Carcass est né en 1985 et a tout d'abord officié dans le Grind le plus vicieux, sous la forme d'un trio comprenant Jeff Walker (basse et chant), Bill Steer (guitare et chant) et Ken Owen (batterie et chant). Puis, avec l'arrivée d'un second guitariste, Michael Amott (actuel Arch Enemy et Spiritual Beggars), le groupe a développé de plus en plus les harmonies à deux guitares et naturellement, les mélodies s'en sont trouvées enrichies.
C'est donc dans cette nouvelle optique musicale que sort "Heartwork" en 1993. Un album qui va décevoir une partie des fans de la première heure qui ne retrouvent plus beaucoup de traces du groupe de Grind qu'ils ont aimé, mais qui va aussi ouvrir les portes de l'univers du groupe sur tout un nouveau public qui n'est pas hostile à trouver quelques mélodies dans le Death Metal. Public dont je fais partie et donc, cette chronique n'est pas celle d'un fan déçu de la nouvelle direction musicale de Carcass, bien au contraire. Ce groupe qui était un peu synonyme pour moi de musique quasi inaudible m'a non seulement fait réviser mon jugement mais m'a aussi, par la même occasion, asséné une baffe dont je garde la trace à l'heure où j'écris ces lignes.

Dès le premier titre, "Buried Dreams", on constate que Carcass a effectivement changé, le tempo s'est notablement ralenti. Et c'est au moment des solos que l'on sent tout de suite cette nouvelle orientation mélodique. Les vocaux hargneux de Walker, peut-être moins brutaux que ceux utilisés dans le Death en général mais au moins tout aussi agressifs, viennent quand même nous faire comprendre qu'on n'est pas ici chez des enfants de choeur. Mais avec un nom de groupe pareil, personne n'en doutait. A propos des vocaux, sur "Heartwork", le chant n'est plus partagé entre Steer, Owen et Walker. C'est uniquement ce dernier qui s'en charge (ceci étant dit, les deux autres n'intervenaient de toute manière plus beaucoup - voire plus du tout pour Owen - depuis l'album précédent).
Ce premier morceau est toutefois un peu trompeur car la suite est plus méchante. "Carnal Forge" arrache carrément, même si le morceau est encore aéré par des solos plus mélodieux. Puis vient "No Love Lost", plus lourd mais qui décoiffe comme il faut aussi. Sur le titre éponyme, Walker chante presque (et je dis bien presque) une ligne mélodique. Et encore une fois, Amott et Steer balancent un savoir-faire qu'ils nous avaient bien caché jusque là. Tout l'intérêt de cet album est là : derrière des rythmiques bien ancrées dans le Death Metal, voire le Grind (on en trouve encore quelques bribes sur "Carnal Forge" par exemple), on a des chorus de guitares influencés par le Heavy Metal de groupes comme Iron Maiden ou Judas Priest. Nous avons là deux guitaristes qui nous offrent des riffs et des solos avec beaucoup de feeling ("Embodiement", "Death Certificate"), où ils n'essayent pas forcément de jouer le plus de notes possibles à la minute. Ce n'est pas un hasard si ces deux guitaristes, après leur départ de Carcass, iront fonder l'un Spiritual Beggars et l'autre Firebird, des groupes aux influences seventies prononcées. Qu'on retrouve sur des titres comme "Embodiement" ou "Death Certificate" la patte que l'on retrouvera plus tard chez Arch Enemy n'a évidemment rien d'étonnant dans la mesure où c'est Amott qui a principalement composé ces morceaux.
La production de Colin Richardson a aussi son importance. Le son de cet album est monstrueux. La batterie est merveilleusement bien mixée, on déguste jusqu'au moindre son de cymbale. Seul bémol, la basse est un peu perdue dans le mix, comme souvent dans le Death ou le Thrash Metal.

Voix d'écorché, riffs énormes, solos fluides, rythmiques atomisantes. Tous les ingrédients repris par la suite par les groupes de Death scandinaves sont là. Après avoir contribué à grandement influencer le mouvement Grind, Carcass se retrouve être l'influence majeure d'un autre courant : Le Death Metal mélodique qui va principalement se développer en Scandinavie grâce à des groupes comme Dark Tranquillity, At The Gates, In Flames ou Soilwork.

Retrouvez cette chronique sur le site "auxportesdumetal" dans la rubrique "back to the past".


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