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orion (Vinland)
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Shine
Shine
Prix : EUR 15,07

5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Agréablement surpris., 6 avril 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Shine (CD)
Anette Olzon, je pense qu'il n'est pas utile de la présenter. Mais savez-vous qu'avant d'être la chanteuse de Nightwish pendant cinq ans, elle fut chanteuse d'un groupe de rock suédois, Alyson Avenue, qui n'avait qu'un rapport très lointain avec le Metal. Et c'est intéressant de savoir d'où elle vient pour comprendre aujourd'hui où elle va...

Alors évidemment, on ne peut pas parler de Anette sans évoquer celle qu'elle a remplacée au poste de chanteuse dans Nightwish, dans la mesure où les deux femmes ont connu à peu près la même mésaventure. On ne va pas revenir ici sur l'épisode de son éviction, déjà parce que les raisons restent assez obscures et surtout parce que ce n'est pas le sujet. Juste que, en ce qui concerne l'après-Nightwish, je dois avouer que la carrière solo de Tarja Turunen ne m'a pas emballé, loin de là. Je n'attendais donc pas grand-chose de cet album de la seconde ex-chanteuse de Nightwish mais j'ai bien fait de l'écouter quand même.

En effet, là où, à mon sens, Tarja s'est ramassée en proposant une musique sans âme (je ne vais pas me faire que des amis avec cette affirmation), qui hésite entre Metal bien plat et envolées classico-lyriques surtout là pour mettre sa voix en valeur, la démarche d'Anette est tout autre. Celle-ci ne cherche pas à faire du Nightwish, même pas du Metal d'ailleurs, et s'éloigne ainsi totalement de son ex-groupe. Un passé forcément lourd à porter et qu'il valait mieux reléguer très loin pour éviter toute comparaison, qui aurait forcément été à ses dépens.
Anette nous propose donc un album de pop rock (mais plus pop que rock), un peu symphonique parfois ("Like A Show Inside My Head", "Lies", "Falling", "Watching Me From Afar"), avec quelques discrets éléments électro par moments ("Shine" - le morceau le plus "hard" de l'ensemble, "Hear Me"). On trouve même une ambiance légèrement celtisante sur certains morceaux ("Invincible", "Moving Away", "Watching Me From Afar") qui la rapproche des chanteuses de ce style (comme Loreena Mc Kennitt ou Enya). Les mélodies sont bien belles, les refrains font mouche, le tempo est plutôt assez cool dans l'ensemble, on a pas mal de ballades, notamment sur la fin de l'album ; mais il se dégage de tout cela une véritable émotion. Et l'on se rend compte que sa voix, si elle a très souvent été décriée car faire suite à celle de Tarja n'était pas une mince affaire et n'a jamais joué en sa faveur, colle tout à fait à ce type de compositions. Elle chante parfaitement bien et n'essaye pas d'en faire des tonnes, ce qui de toute manière n'a jamais été son genre. Sa voix est au service du morceau, pas le contraire.

Ne cherchez pas une once de Metal dans ces dix compositions, vous seriez déçus. Anette a décidé de suivre sa propre voie, sans s'occuper de savoir si les fans de Nightwish la suivront dans sa démarche. C'est courageux car c'est tout de même le public qu'elle va toucher principalement, c'est grâce à ce groupe qu'elle est connue aujourd'hui. Pas sûr que tous la suivent, d'ailleurs... mais je pense que ceux qui feront l'effort d'écouter ce "Shine" pourraient bien y découvrir un album sans prétention, réussi et agréable à écouter.
Même s'il faut se rendre à l'évidence que Anette Olzon n'a plus grand chose à voir avec la sphère Metal, artistiquement, elle a réussi son coup.
Finalement, il y a une vie après Nightwish...
14 / 20

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Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Jul 1, 2015 10:28 AM MEST


De mysteriis dom sathanas
De mysteriis dom sathanas
Prix : EUR 20,12

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Culte., 13 mars 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : De mysteriis dom sathanas (CD)
1994 – 2014. Vingt ans.

Il y a tout juste vingt ans sortait le premier album du groupe le plus sulfureux du Black Metal. J'ai nommé Mayhem. Et ce "De Mysteriis Dom Sathanas", qui signifie littéralement "les mystères occultes de Satan", annonce la couleur : noire comme la nuit la plus sombre, noire comme les âmes les plus tourmentées, noire comme le néant qui attend tous les mortels. Ames sensibles s'abstenir.

Ce disque a une aura très particulière. Tout d'abord parce que c'est le premier album longue durée de Mayhem, l'un des pionniers du Black Metal moderne, après pourtant dix années d’activité. Mais aussi parce qu’il est le témoignage posthume de deux des membres du groupe : Dead, le chanteur, dont ce sont ici les derniers textes (ce n'est pas lui qui chante, puisqu’il était déjà mort au moment de l'enregistrement) et de Euronymous, le fondateur et compositeur principal des musiques, qui sera assassiné juste après l'enregistrement.

Mais revenons un peu en arrière. Le groupe s'est formé en 1983. A l'époque, il compte Euronymous aux guitares, Necrobutcher à la basse et Manheim à la batterie. Très vite rejoints par Messiah au chant, ils sortent deux démos en 1986. Les influences de nos jeunes norvégiens : les premiers Sodom, Bathory, Venom et Celtic Frost (Hellhammer) évidemment.
L'année suivante, Messiah est remplacé par Maniac et c'est l'enregistrement du EP "Deathcrush" qui va avoir l'effet d'une bombe dans le petit monde underground. Crasseux, approximatif, extrême, morbide, Mayhem acquiert, grâce à lui, une solide réputation.
Puis Manheim se tire et Maniac est interné en hôpital psychiatrique, remplacés respectivement par Hellhammer et Dead en 1988. Cette formation tourne intensivement et enregistre en 1990 le fameux "Live In Leipzig", qui ne sortira qu'en 1993 mais qui contient déjà quelques titres qui figureront sur ce premier album. Ce sera le seul enregistrement de cette formation culte car à partir de là, l'histoire de groupe devient sordide. En 1991, Dead se suicide. Sa fascination pour la mort lui a donné envie d’aller voir à quoi ça ressemblait. Mais il n’était pas le seul esprit dérangé du groupe. Euronymous fonde de son côté son propre label (Deathlike Silence) mais surtout le nauséabond "Inner Circle" dont les actes extrémistes (incendies d'églises notamment) conduisent Necrobutcher à quitter le groupe. Euronymous lui trouve un remplaçant au sein de l’Inner Circle en la personne de Varg Vikernes alias Count Grishnackh, un autre cinglé notoire. Attila Csihar du groupe hongrois Tormentor est engagé comme chanteur et ils enregistrent enfin ensemble ce "De Mysteriis Dom Sathanas". Un album qu’Euronymous ne verra pas finalisé puisqu'il sera assassiné par celui-là même qu’il était allé chercher pour jouer la basse dans son groupe, Vikernes. Ce dernier est arrêté et emprisonné juste avant la sortie de l'album. Si bien que quand "De Mysteriis" sort dans les bacs, le groupe n'existe déjà plus.
Bilan : deux morts, un interné en asile et un meurtrier sous les verrous.

Cet album est donc culte pour les raisons extra musicales que je viens d'évoquer. Mais il est aussi culte pour son contenu. De nombreux fans de Black Metal le considèrent d’ailleurs, à juste titre, comme étant l’album de Black avec un grand A. La référence absolue, le grimoire sacré. Alors, pourquoi cet album est-il si unanimement salué ? Tout simplement parce que "De Mysteriis Dom Sathanas" EST le Black Metal. Cet album est la bible de l’art noir pour tous les apprentis black metalleux peinturlurés. Un cours magistral en huit chapitres. Ecoutez donc, bande de suiveurs, ce que doit être le Black Metal ! Ecoutez "Funeral Fog" et "Pagan Fears" et leurs riffs dévastateurs, "Freezing Moon" et son chant hanté, "Life Eternal" et son rythme groovy avec sa basse super audible, le terrible "Buried By Time And Dust" ou le dantesque "De Mysteriis Dom Sathanas". Imprégnez-vous de leurs atmosphères suffocantes et morbides ! Voilà à quoi doit ressembler le Black Metal. Une ambiance malsaine créée par des riffs sombres et des hurlements de psychopathe sur une batterie prise de démence (Hellhammer fait un boulot incroyable sur cet album, ce n’est pas pour rien qu’il est considéré comme l’un des meilleurs batteurs du genre).
La voix de Attila, fortement décriée par les "true fans" qui lui préfèrent celle de Dead sur les quatre titres de cet album parus sur le live cité plus haut, est pourtant assez hallucinante par moments (le titre éponyme, auquel il confère un rendu totalement mystique). Mais il faut reconnaître que sur "Freezing Moon" tout comme sur "Life Eternal", sa voix est assez particulière et a pu en choquer quelques-uns. Le chanteur hongrois y a manifestement ajouté sa patte personnelle. C’est sans aucun doute ce que voulait Euronymous en le recrutant.
Niveau production, on pouvait s’attendre à pire dans la mesure où, jusqu’à présent, le groupe n’avait vraiment pas disposé d’un son correct. C’est peut-être ce que certains considèrent comme le charme du "true black" mais c’est juste navrant de mon point de vue. Là, sans que ce soit de la grosse production bien sûr (loin de là, on sent quand même bien le côté garage en bois en pleine forêt enneigée), le son est assez clair pour qu’on puisse y discerner tous les instruments et le chanteur, et surtout sans que ce soit un bordel indescriptible, comme c’était le cas sur "Deathcrush" par exemple.

L’album, retardé par tous les événements cités plus haut, n’est donc sorti qu’en 1994 alors que d’autres groupes de Black Metal avaient déjà pris une place importante (Darkthrone notamment). Il n’empêche que ce "De Mysteriis Dom Sathanas" est l’un des albums fondateurs du Black Metal moderne et ses géniteurs sont incontestablement ceux qui auront fait couler le plus d’encre. C’est en effet à cause de l'Inner Circle, de Euronymous, de Grishnackh et d’une poignée d’autres allumés que le Black Metal est rapidement passé du statut de musique extrême à celui de musique d’extrémistes… une image qui lui colle encore à la peau aujourd’hui, même si la plupart des protagonistes de l’époque sont soit morts, soit repentis… Saluons donc ce qu’ils ont réalisé en tant que musiciens mais on n’est pas obligé de cautionner leurs actes de jeunes crétins qu’ils étaient.

Même si, pour les true fans (qui ne sont pas toujours les plus fins), Mayhem est mort avec ce premier album, Hellhammer ressuscitera le groupe en rappelant deux anciens membres (Maniac et Necrobutcher) et en faisant appel à Blasphemer pour les guitares. Je n’entrerai pas dans le débat qui consiste à savoir s'il s'agit du "vrai" Mayhem ou pas vu que ça ne m’intéresse absolument pas, on retiendra juste qu’avec ce premier album, Mayhem est devenu une véritable légende et que ce groupe garde, encore aujourd’hui, une place à part sur l’échiquier du Black Metal.

Retrouvez cette chronique sur le site "auxportesdumetal.com" dans la rubrique "back to the past".


Victim of yourself
Victim of yourself
Prix : EUR 18,84

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Queens of Thrash !, 5 mars 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Victim of yourself (CD)
Nervosa. Voilà un patronyme qui sent bon le vieux Thrash bien old school. La pochette de l'album est à l'avenant, on sait immédiatement où l'on met les pieds, et cela avant d'avoir écouté la moindre note. Quand on dit que l’habit ne fait pas le moine, ce n'est pas toujours vrai…
Nervosa nous vient du Brésil et sort ici son premier album longue durée, après un EP cinq titres sorti en 2012. Du Thrash old school made in Brésil, jusque là, rien de bien exceptionnel. Mais si je vous dis que ces thrashers brésiliens sont en fait des thrasheuses, ça va peut-être titiller votre curiosité. En tout cas, ça a éveillé la mienne. En effet, dans ce style musical, les femmes ne sont pas légion et les groupes uniquement féminin encore moins. Voilà donc une bonne occasion de se pencher sur le cas Nervosa.

Ce trio 100% féminin est donc composé de la très énergique Fernanda Lira à la basse et au chant, de Prika Amaral à la guitare et Pitchu Ferraz à la batterie. Et attention, ce n’est pas parce que ce sont des filles que ça joue moins fort ou de manière moins violente que les garçons. Ne vous attendez pas à des compos sucrées car elles en veulent, ces jeunes filles. Ne vous attendez pas non plus, vues leurs origines, à du rythme chaloupé, ambiance samba et maracas qui donne envie de danser, c’est plutôt brut de décoffrage. Elles nous offrent sur ce premier album un Thrash Metal hyper direct qui ne fait pas semblant. Nervosa, c'est pas du Thrash de fillettes !
Après une intro digne de la fin du monde, bruitages à l’appui (très populaires dans le Thrash) puis une belle montée mélodique tout en puissance des guitares, voilà que vous déboule dans la tronche un "Twisted Values" qui va déjà mettre tout le monde d’accord. Ca défouraille sec. Fernanda, malgré son physique plutôt agréable, est loin d’avoir une voix très sexy. Par contre, pour ce qui est de chanter du Thrash Metal, elle est parfaite ! On dirait une version féminine de Mille Petrozza (Kreator), avec la même envie de bouffer tout ce qui l’entoure. Un vrai pitbull. D’ailleurs, le riffing rappelle lui aussi le old Kreator, bien énervé. On a des bons petits breaks, histoire de faire taire les plus misogynes.
Le titre suivant, "Justice Be Done", me rappelle un autre combo européen, Necrodeath. Le chant y est aussi extrême, le tempo y est aussi rapide. La façon de scander le refrain me rappelle les albums "Mater Of All Evil" ou "Black As Pitch" (les meilleurs). On ne quitte pas ce côté evil avec "Wake Up And Fight", "Nasty Injury" et "Envious", le tempo y est toujours aussi furieux. Fernanda s’égosille littéralement, les riffs sont réglés comme du papier à musique alors que les solos sont assez minimalistes. La basse cinq cordes de Fernanda joue le rôle de seconde guitare et rend le son du groupe bien profond. Bien sûr, les refrains sont rehaussés des fameux chœurs repris par tout le groupe, chers à la Bay Area. Rien de révolutionnaire dans tout ça, c’est évident, mais en terme d’efficacité, c’est tout simplement parfait.
Les missiles s’enchaînent, on prend baffe sur baffe. L’énergie ne faiblit pas, on continue dans ce mix Kreator / Necrodeath avec parfois quelques riffs slayeriens, ce qui n'est pas incompatible ("Into Mosh Pit"). Le titre éponyme est une véritable bombe à défragmentation, ça explose de partout. Et, annoncé avec les sirènes de l’apocalypse, le dernier morceau va vous achever. "Uranio Em Nos", une tuerie qui pourrait être extraite d’un album de Black Metal, on n’y trouverait rien à redire.

Si on veut critiquer quelque chose, on dira que le côté exotique du Brésil est bien loin, rien ne distingue ce combo des groupes américains ou européens. Mais on s’en fout un peu, non ? Il me semble que "Beneath The Remains" ne reflète pas particulièrement l’identité brésilienne. Il n’en reste pas moins que c’est l’un des meilleurs albums de Thrash.
Nervosa nous offre ici un premier disque très classique pour le style mais très efficace aussi. Ces trois filles n’ont rien à envier aux combos masculins du genre en terme d’agressivité. Des compos solides, une production bien balaise, une énergie communicative. Finalement, il n’y a rien à reprocher à ces donzelles.
En plus, voilà qui va nous féminiser un peu ce style très masculin. C’est plutôt une bonne chose.
16 / 20

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Turisas 2013 - Edition limitée
Turisas 2013 - Edition limitée
Prix : EUR 13,29

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Turisas 2013... un cru qu'il faut laisser mûrir., 23 février 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Turisas 2013 - Edition limitée (CD)
Je ne voulais pas faire un commentaire de cet album à chaud... et j'ai eu raison.
Oui, à la première écoute, je n'ai pas adoré du tout. Déjà, la pochette n'était pas très attirante. Mais le contenu se révéla aussi assez loin des attentes.
Mais ça, c'était la première écoute.

Car depuis, j'ai pris le temps de l'approfondir, ce "Turisas 2013". Il ne faut pas l'avaler d'une traite, il faut le laisser en bouche, lui laisser le temps de donner toute sa saveur. Et là, une fois qu'on a passé la déception du "c'était mieux avant", on découvre un album varié et très attractif. Attractif comme les refrains des deux premiers morceaux, des petites bombes à retardement. Varié car les morceaux comme "Run Bhang-Eater, Run!" ou "No Good Story..." sont bien délirants, dans l'esprit des vieux morceaux du groupe. Un morceau comme "Greek Fire", bien que très symphonique avec ses choeurs, arrache bien la tête. "The Day Passed", avec ses cuivres, rappelle les grandes heures de "Battle Metal". Oui, les morceaux sont plus mélodiques. Encore que... "Stand Up And Fight" s'éloignait déjà sensiblement de l'esprit barbare du Viking Metal, non ?
Le violon est toujours à l'honneur, le groupe ne s'est pas transformé, il a simplement évolué. Et l'évolution, ce n'est pas un gros mot.

Alors, même si je lui préfère toujours "Battle Metal" ou "Stand Up And Fight", ce "Turisas 2013" est loin d'être un album raté. Prenez juste le temps de l'approfondir, vous ne serez pas déçus.


Dawn of the brave ltd edition
Dawn of the brave ltd edition
Prix : EUR 27,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Et de cinq !, 12 février 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dawn of the brave ltd edition (CD)
Faire du Metal sans guitares électriques, sans basse, avec juste des voix et une batterie, c’était quand même une idée assez gonflée au départ. Ca aurait même très bien pu devenir du grand n’importe quoi. Je pense que pas mal de personnes n’auraient pas misé le moindre kopeck sur le succès d’un tel groupe. Pourtant, Van Canto a réussi son pari et sort aujourd’hui son cinquième album.

Il faut bien reconnaître que, passé l'effet de surprise et le côté curiosité du truc, Van Canto nous sort depuis le début des albums qui tiennent la route, avec des morceaux originaux bien inspirés. Avec "Dawn Of The Brave", pas de mauvaise surprise pour ceux qui apprécient le genre… car, évidemment, il faut un minimum adhérer au concept. Des mecs qui font des "dom, dom, dom", des "diguidoum, diguidoum", des "rakataka" pour remplacer les guitares rythmiques et la basse, ça peut très vite déstabiliser l’auditeur de passage, je le conçois parfaitement. Mais justement, le groupe se doit de compenser le manque d’instrument par une recherche de mélodies et de refrains forts. Et de ce côté, Van Canto sait s’y prendre. Nous avons encore cette fois-ci des titres dont les refrains fédérateurs restent bien en tête ("To The Mountains", "Steelbreaker"...)
Comme toujours, le groupe se livre à l'exercice de la reprise. Cette année, se sont Europe et Black Sabbath qui sont à l'honneur avec, respectivement, la reprise du tube intergalactique "The Final Countdown" et le non moins célèbre "Paranoid". Et comme (presque) à chaque fois, les Allemands ont trouvé le biais pour affronter ces morceaux sans tomber dans le banal ou pire, le ridicule. La célèbre mélodie du synthé de "Final Countdown" est vocalisée par Inga. Quant à "Paranoid", c’est toujours amusant d’entendre des riffs aussi célèbres faits avec la bouche et non avec des guitares. Et Van Canto nous livre même une troisième reprise mais pour la première fois, du moins à ma connaissance, le groupe se lance dans une cover "hors metal" puisqu'ils reprennent le "Holding Out For A Hero" de Bonnie Tyler. On retiendra que la version des Allemands est très convaincante.
Comme à chaque fois aussi, c'est sur des morceaux quasiment a cappella, sans batterie, que l'on se rend compte du talent de ces chanteurs, et où le travail sur les voix est le plus impressionnant (la première partie de "The Other Ones", le presque entièrement a cappella "Into The West").
Je regrette par contre toujours un peu que la voix de Inga ne soit pas plus exploitée en lead car elle possède vraiment une voix intéressante, puissante et variée. Ecoutez donc "To The Mountains", "The Awakening" ou "Into The West", et vous verrez qu’elle n’a vraiment rien à envier à certaines chanteuses bien plus célèbres qu’elle.

Avec une pochette assez Manowarienne dans l'esprit (on sait que le groupe allemand est fan des Américains) où un super héros trône au sommet d'un tas d'instruments de musique en piteux état, Van Canto semble vouloir nous prouver qu'il n'y a plus besoin de guitares électriques ou de basse pour jouer du Metal. On n’en est pas encore là mais à la différence des autoproclamés "Kings Of Metal", Van Canto, c'est du second degré. Oui, Van Canto ne se prend pas au sérieux et le prouve dans sa vidéo du morceau "Badaboom" (de même que le titre du morceau, avouez...). A ne pas rater !

Aussi sympathique que le précédent album, Van Canto continue son bonhomme de chemin avec son metal original et devrait satisfaire les fans du groupe et pourquoi pas en acquérir de nouveaux… si toutefois vous laissez de côté vos préjugés !
La consécration ultime sera sans doute quand un groupe de "Metal classique" reprendra du Van Canto !
15 / 20

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Triumph and Power - Edition Limitée
Triumph and Power - Edition Limitée
Prix : EUR 19,00

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Mac Timber., 8 février 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Triumph and Power - Edition Limitée (CD)
A l’instar de la pochette de ce nouvel album, le grand mage sort de sa forêt scandinave et va encore nous asséner un gros coup derrière les tympans. Voilà "Triumph And Power", septième album de la troupe menée par JB (ex-chanteur de Spiritual Beggars) qui nous fait dans le gros Heavy de bûcheron depuis déjà quelques temps. Mais "The Hunt", dernier album en date, montrait que le groupe suédois avait décidé de faire évoluer (un peu) sa musique vers des terres plus seventies, en ajoutant une pointe de groove à son Heavy très traditionnel.
Où en est donc Grand Magus aujourd’hui ? Encore plus de groove ou retour à du brut de décoffrage ? On va vérifier ça tout de suite.

Le vent, l’orage, un cheval qui galope, une guitare acoustique, des chœurs à la Bathory époque "Twilight Of The Gods"… Grand Magus aurait-il changé de créneau et oeuvrerait maintenant dans le Viking Metal ? Non, pas vraiment, rassurez-vous. Même si cette intro pouvait être trompeuse, on retrouve nos Suédois dans leur exercice de style favori : un bon gros Heavy bien lourd mais toujours diablement efficace. Il semblerait donc que le groupe ait laissé de côté la subtilité de l’album précédent, comme le prouve le titre éponyme avec les gros "Hey!" guerriers du refrain, on se croirait chez Manowar (sans parler des paroles : "fight for glory until death or victory"… ceci dit, ça fait un moment que les thèmes des chansons de Grand Magus fleurent bon le "true metal" en parlant de bravoure, de guerriers et de combats). Le refrain de ce titre est particulièrement efficace, de ceux qui vous rentrent dans le crâne dès la première écoute.
On retrouve ici les éléments qui ont fait la force d’albums tels que "Hammer Of The North" et "Iron Will". La voix de JB, à la fois puissante et chaude, est définitivement l’élément tout de suite identifiable de Grand Magus. Côté riffs, on est dans l’efficacité maximale là aussi ("Steel Versus Steel", "Fight", "Triumph And Power", "Dominator").
"Arv", parenthèse acoustique qui nous fait souffler en milieu d’album, après cinq morceaux à la gloire d’un Heavy Metal sans fioritures, lance une seconde partie d’album qui ne l’est pas moins (efficace, glorieuse et heavy). "Holmgång" nous re-balance une intro digne de Bathory (chœurs que l’on retrouve en fin de titre) mais à part ça, ça reste heavy de chez heavy. "The Naked And The Dead" accélère le tempo et JB nous sort de derrière les fagots un refrain bien fédérateur (encore !) et un solo qui tue. "Ymer" est la seconde pause acoustique de l’album (avec toujours cet esprit Viking Metal que l’on peut trouver chez des groupes tels que Bathory ou Moonsorrow) qui lance le terrible "The Hammer Will Bite", dernier morceau de cet album, le plus lourd et aussi le plus épique.

Encore un sans faute pour le trio suédois, maître du Heavy sans concessions. "Triumph And Power" rassurera même ceux qui avaient trouvé "The Hunt" un peu en dessous, sûrement à cause de cette approche plus groovy. Ici, pas de doute, c’est du Heavy Metal bien guerrier, bien rentre-dedans, qui donne envie de prendre son épée, enfiler son heaume et aller batailler dans les forêts. Ca va saigner !
16 / 20

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Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 9, 2014 12:05 PM MEST


Hydra - Edition Limitée [Digibook]
Hydra - Edition Limitée [Digibook]
Prix : EUR 24,99

13 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 L'hydre à deux têtes., 4 février 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Hydra - Edition Limitée [Digibook] (CD)
Avec ce nouvel album nous vient tout un tas de questions. Le groupe va-t-il rendre sa musique encore plus accessible, flirtant encore plus (dangereusement ?) avec les limites de la pop ou de la dance, comme c'était le cas avec "Sinead" sur le dernier album en date, "The Unforgiving", et surtout, avec l'album de reprises qui a suivi ou bien, au contraire, durcir le ton ? Je suis de ceux qui souhaiteraient la deuxième option mais je ne me fais plus trop d’illusions depuis bien longtemps ("The Silent Force") car il faut reconnaître que les Hollandais ont trouvé leur voie et semblent très à l’aise dans cette navigation entre deux eaux, celle du Metal Symphonique et celle d’une musique plus lisse, plus consensuelle… en un mot, plus formatée.

La première grosse nouveauté de ce nouvel album, c’est le nombre conséquent d’invités. Il n’y en a jamais eu autant sur un album du groupe. Quatre duos nous attendent. A la lecture de ces duos (et avant l’écoute), certains font peur (Xzibit, star du hip hop), d'autres sont bien plus évidents. Je veux parler bien sûr du duo Sharon / Tarja Turunen sur "Paradise (What About Us?)" ou tout simplement, le duo que tout le monde attendait... on a tellement comparé ces deux chanteuses à l'époque où Tarja était dans Nightwish qu'il était naturel qu'elles se retrouvent un jour. C'est fait. Le morceau (que tout le monde connaît déjà, je suppose) est sympa et tiendra tout à fait son rôle de single avec son refrain très fédérateur. Disons qu’il correspond parfaitement à ce que l’on attendait du groupe, avec en prime le plaisir de retrouver ces deux excellentes chanteuses ensemble pour la première fois. Et leur prestation est évidemment remarquable. Le morceau est l'un des plus symphoniques de l'album qui, et c'était déjà le cas sur "The Unforgiving", ne met plus les orchestrations au premier plan.
Le second duo (mais premier sur l’album), peut-être plus intéressant encore car la chanson est de mon point de vue plus réussie, est celui avec Howard Jones, ex-chanteur de Killswitch Engage sur "Dangerous". Le morceau est assez agressif (pour du Within, j’entends), sur un tempo bien rapide. Comme bien souvent avec le groupe, le refrain fait mouche et le titre est appelé lui aussi à cartonner.
On a eu peur pour le duo avec Xzibit et on a eu raison. La partie rappée ne présente pas, à mon avis en tout cas, un grand intérêt et casse ce morceau qui partait pourtant bien. Le rap et le côté assez électro du refrain (pourtant sympa), c’est un peu too much pour moi. Voilà un titre qui risque d’être zappé à chaque écoute. Mais bon, il y en aura peut-être parmi vous pour apprécier ce genre d’exercice.
Enfin le dernier duo, celui avec Dave Pirner de Soul Asylum sur "Whole World Is Watching", termine cet album sur une note assez cool. Un morceau pas totalement inintéressant mais pas transcendant non plus. Un peu trop terne à mon goût. En revanche, les deux voix se complètent bien.
Bon, mais cet album ne se limite pas à ses duos. Et les autres morceaux sont intéressants, à commencer par le titre introductif, "Let Us Burn", où l’on retrouve le Within que l’on connaît depuis "The Silent Force", roi de la mélodie accrocheuse et du refrain qui frappe au bon endroit. Un bon titre pour nous chauffer. Suivent trois des duos déjà évoqués puis arrive "Edge Of The World". De nouveau, un titre totalement estampillé Within Temptation, très calme au départ, qui s’énerve un peu par la suite et sur lequel Sharon nous rappelle qu’elle est toujours l’une des meilleures chanteuses du circuit.
A ce stade de l’album, l’avis est plutôt positif mais je sais déjà que ce "Hydra" n’égalera pas les premiers albums du groupe. Je n’y retrouve pas la magie qui émanait d’un "Mother Earth" ou d’un "Enter". Ceci étant dit, je m’y attendais, la surprise n’est donc pas mauvaise.

La seconde partie de l’album commence avec "Silver Moonlight". Le morceau est introduit calmement, mais rapidement, le rythme s’intensifie, ça devient bien dynamique, il y a des "oh, oh, oh", le refrain est énorme et… et là, que se passe-t-il ? Oui, j’ai bien entendu, il y a des grunts ! Incroyable, je pensais ne plus en entendre chez Within dans la mesure où, à part sur l’inédit "Jane Doe" datant de 2004, les seuls morceaux comportant des growls dataient d’il y a bien longtemps. LA grosse surprise de ce nouvel album ! Ce titre est monstrueux, voilà le type de morceau que j’attendais depuis bien longtemps. Donc, ils peuvent encore le faire… Et là, on a forcément un énorme regret : pourquoi, mais pourquoi n’en ont-ils pas mis plus ? Des grunts à la place de la partie rappé de "And We Run" et un refrain plus musclé, ça aurait eu plus de gueule, avouez ? En tout cas, ce groupe n’a pas fini de surprendre son monde.
"Covered By Roses" qui suit est un très bon morceau, à la rythmique qui claque bien. Encore une fois, la mélodie s’incruste dans votre cortex pour ne plus le quitter. C’est l’effet addictif Within Temptation ! La petite voix d'enfant au milieu du titre fait très Nightwish.
On pense que le morceau suivant qui démarre calmement au piano, "Dog Days", est la première ballade de l’album (oui, vous avez remarqué, on en est à la huitième piste et toujours pas de ballade…). En fait, pas vraiment. Si la chanson n’est pas hyper énergique non plus, le rythme n’est assurément pas celui d’une ballade. Ce que n’est pas non plus "Tell Me Why", ce qui veut dire que ce nouvel album ne contient pas les deux ou trois ballades habituelles que nous livre le groupe depuis "Mother Earth". Quand je vous disais que ce groupe pouvait encore nous surprendre.
Mais revenons à ce "Tell Me Why" qui est encore un morceau bien rythmé et qui possède, une fois de plus, un refrain qui fait mouche. Voilà de nouveau un excellent titre, encore une fois doté d’un solo de guitare (je ne me rappelle pas en avoir entendu autant sur un album du groupe depuis…) et qui me fait d’autant plus regretter ce "And We Run" presque anachronique. Des deux têtes de l’hydre de la pochette, qui doivent symboliser les deux facettes de la musique du groupe, j’en aurais bien gardé une seule, la plus féroce.

Alors qu’on s’attendait plus ou moins, après l’épisode des reprises, à un album très consensuel, très orienté pop, les Hollandais nous offrent leur album le plus épicé depuis bien longtemps. De grands moments ("Dangerous", "Silver Moonlight", "Covered By Roses", "Tell Me Why"), hélas quelques moments moins intéressants aussi ("And We Run", "Whole World Is Watching"), mais au final, la balance penche largement du bon côté et nous avons là un album tout à fait intéressant qui devrait tourner un moment sur ma platine.
N’ayez pas peur, Within Temptation fait toujours partie de la famille Metal et le prouve de la meilleure des façons !
16 / 20

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Flesh & Blood
Flesh & Blood
Prix : EUR 12,57

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 A (re)découvrir aujourd'hui..., 29 janvier 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Flesh & Blood (CD)
Poison, le groupe que tout le monde aimait détester. La cible préférée des thrashers et des deathsters de l'époque. "Ouais, c'est de la musique de gonzesses, ça craint, c'est des tafioles"... voilà ce qu'on entendait. Ouais ouais ouais, tout ça, tout ça... mais au fond, Poison, c'est quoi ? Une bande de branquignols juste bons à se déguiser en gonzesses pour masquer le fait qu'ils ne savent pas jouer ? Si ça fait plaisir à certains de le croire... mais c'est un peu plus compliqué que ça. Car derrière le fard se cache un groupe qui ne manque pas de talent pour composer des hits et pour faire bouger les stades. Les millions d'albums vendus par les Californiens sont un peu la réponse aux détracteurs.

Oui, Poison avait commencé sa carrière en défrayant la chronique avec la sortie de son premier album en 1986, "Look What The Cat Dragged In" sur la pochette duquel les quatre musiciens posaient déguisés en femme ou plutôt, pour citer Stix Zadinia (Steel Panther) "en hommes ressemblant à des femmes qui ressemblent un peu à des hommes qui ressembleraient à des femmes sexy. On aurait presque envie de se les taper." Au moins, lui, ça l'a inspiré...
Le groupe proposait alors un Hard Glam influencé par Aerosmith, Mötley Crüe ou Kiss, taillé pour la fête avec bons gros refrains à l'appui. Le premier album avait fait un joli carton, enfoncé par le second album, "Open Up And Say... Ahh!" qui propulsa le groupe à strass et paillettes aussi haut que Bon Jovi, Def Leppard et Mötley Crüe.
Mais là, nous sommes en 1990. Le phénomène Guns n' Roses est passé par là. Suivant leur exemple, pas mal de groupes tels que Mötley Crüe ou Warrant vont abandonner le look glam efféminé et opter pour un look plus sobre, plus Metal. Poison, le groupe qui avait poussé le délire au maximum, n'échappe pas à cette nouvelle règle. Sur "Flesh and Blood", leur nouvel album, exit les cheveux crêpés, les maquillages de gonzesses, les fringues colorées et bonjour le cuir, les jeans déchirés, les santiags et les chapeaux de cow-boy. Ca fait déjà plus sérieux.
Plus sérieuse aussi est la musique sur ce nouvel album. Bon, pas complètement, on ne se refait pas totalement et des morceaux comme le single "Unskinny Bop" et "(Flesh And Blood) Sacrifice" gardent le côté fun du groupe des deux premiers albums et évoquent toujours leurs sujets de prédilection jusqu'alors, le sexe et la teuf. De même, "Ride The Wind" et "Let It Play" sont des odes aux chevauchées sur des bécanes, cheveux au vent... encore des évocations de l'esprit de liberté qui régnait alors. Mais, c'est dans l'air du temps, des thèmes sérieux apparaissent avec "Valley Of Lost Souls", "Life Loves A Tragedy", "Something To Believe In" et "Come Hell Or High Water". Poison ne veut plus être perçu comme un groupe pour adolescentes en quête de sensations fortes. Les années 90 sont arrivées, finie l'insouciance.
Ca, c'est au niveau des paroles. mais musicalement aussi, on sent une certaine maturité. Car si la vitrine de l'album, le sautillant et particulièrement groovy single "Unskinny Bop", a forcément contribué au succès de cet opus à sa sortie, il n'en reste pas moins que l'album dans son intégralité va plus loin. Bien sûr, Poison n'abandonne pas son fond de commerce puisque ça marche du feu de Dieu ("Don't Give Up An Inch", "Ride The Wind")... Mais l'introduction est déjà inhabituelle pour ce groupe et quand retentissent les premières notes de "Valley Of Lost Souls", on sent la nouvelle direction du groupe, plus rock and roll, avec refrain moins tapageur.
Par ailleurs, dans son hard glam festif, le groupe ajoute une pointe de blues que l'on n'avait pas vu venir. Le court instrumental "Swampjuice", "Ball And Chain" et le très justement nommé "Poor Boy Blues" et son harmonica sauvage montrent de nouveaux horizons au groupe californien. Une direction que le groupe empruntera avec son album suivant, "Native Tongue", mais le public, lui, ne suivra pas.
Les ballades de rigueur, "Life Goes On" et "Something To Believe In", sont réussies. On savait le groupe assez doué dans cet exercice depuis la très belle "Every Rose Has Its Thorn" de l'album précédent. La voix de Bret Michaels sait se faire touchante dans ces exercices. Et si on prend le temps d'approfondir un peu, on se dit que C.C. DeVille, le guitariste du groupe, n'est pas le rigolo que l'on pensait. Oui, il sait se servir d'une guitare et il le prouve. Ses solos sont efficaces et bien torchés.
Alors, Poison, des rigolos qui ne savaient pas jouer ? Il n'y a bien que ceux qui ne les avaient jamais écoutés sérieusement qui pouvaient avancer de telles inepties !

"Flesh And Blood" est le dernier gros succès de Poison. Car, malheureusement pour eux, Poison va faire partie de la longue liste des groupes de Hard américains victime du nettoyage initié par la vague grunge et aura bien du mal à s'en remettre. Comme si ça ne suffisait pas, des tiraillements entre Bret Michaels et C.C. DeVille vont aboutir à l'exclusion du guitariste un an après la parution de cet album.
En recrutant à sa place Ritchie Kotzen, le groupe va orienter son hard festif vers un hard teinté de blues mais si le résultat artistique est au rendez-vous, ce ne sera pas la cas du succès commercial.
Poison, toujours en vie aujourd'hui et malgré le retour de DeVille, ne retrouvera jamais l'aura qui fut la sienne à la fin des années 80 / début 90.

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Shine - Edition Limitée
Shine - Edition Limitée
Prix : EUR 9,50

6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Attachant à défaut d'être renversant., 29 janvier 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Shine - Edition Limitée (CD)
Les poupées barbies finlandaises sont de retour, presque quatre années après l'album A Way Away qui a contribué à les faire connaître. Car, petit rappel pour ceux qui auraient loupé un épisode : à la base, Indica jouissait d'une solide réputation dans son pays mais les albums étant enregistrés exclusivement en langue finnoise, le succès du groupe avait difficilement dépassé les frontières de la Finlande. Grâce à Nightwish qui les a pris en première partie sur leur tournée "Dark Passion Play", les Finlandaises ont eu droit à une plus grande exposition en quittant leur pays et ont pu faire connaître le nom de leur groupe un peu partout. A la suite de cela, le label allemand Nuclear Blast les a pris sous son aile et a sorti un album en langue anglaise ("A Way Away"), qui reprenait en fait quelques compos du groupe avec de nouvelles paroles et un peu d'arrangements symphoniques (la patte de Tuomas Holopainen, producteur dudit album).

Aujourd'hui, sortent les premières véritables compositions du groupe depuis cinq ans... et surtout, le premier album depuis leur succès international. Autrement dit, l'enjeu est assez important pour les filles car "Shine" est le genre d'album où il ne faut pas se louper.
Alors, pour les puristes qui souhaitaient un retour du groupe vers le style de leurs premiers albums, c'est loupé. Cet album s'inscrit dans la continuité de "A Way Away". Orchestrations toujours présentes et chant en anglais (mais pour ceux qui le souhaitent ou qui préfèrent, une version finnoise de l'album a toutefois été enregistrée, pour le marché finlandais. A vous de la dénicher).
Autrement dit, si vous connaissez l'album "A Way Away", vous n'allez pas être dépaysés. Mais peut-être un peu déçus. Tout d'abord car "Shine" n'a pas le côté assez rock que possédait son (ses) prédécesseur(s). "Shine" est plus doux, plus intimiste dans l'ensemble, on est plus ici dans de la pop symphonique (parfois un peu musclée, certes), mais difficile de continuer à appeler ça du rock.
Pour vous donner une idée, si vous le connaissez déjà, le single "A Definite Maybe" est quasiment le titre le plus rythmé de l'ensemble, ce qui en dit assez long sur cet ensemble car ce n'est pas franchement un morceau qui donne envie de sauter partout. La durée des chansons, quasiment toutes comprises entre trois et quatre minutes, rentre aussi complètement dans le format de la pop.
Mais du coup, y a-t-il des éléments Metal dans la musique d'Indica ? Non, pas vraiment. Même les guitares électriques ne sont pas très saturées. Le piano / synthé est très souvent l'instrument dominant. Ca reste très cool. Trop parfois, certains titres comme "Run Run" et "Hush Now Baby" pourraient presque passer pour soporifiques.
Déçus peut-être aussi car "Shine" est moins une succession de tubes en puissance que son prédécesseur. Mais là, il faut relativiser. En effet, si on le compare à "A Way Away" (ce que l'on va forcément faire), il ne faut pas oublier que ce dernier était une compilation et que, par définition, ce genre d'album regroupe en général les meilleurs morceaux d'un groupe. "Shine" est un album "normal", qui regroupe donc des morceaux intéressants et d'autres qui le sont un peu moins.
Maintenant, si tout cela ne vous a pas découragés, cet album a indéniablement un côté attachant, comme son aîné, car ces filles-là connaissent leur sujet. Elles savent nous concocter des morceaux plaisants avec de belles mélodies, le tout dégageant une aura positive (à l'image de la pochette, très rayonnante). Oui, ce n'est pas du Metal. C'est même à peine du Rock parfois. Mais est-ce mauvais pour autant ? Non, bien sûr. Si on apprécie le style, c'est agréable à l'écoute et l'album possède un côté addictif certain. La preuve, plus je l'écoute, plus je le trouve sympa, ce "Shine". La voix toute douce de Jonsu est toujours aussi enjôleuse. On a, à mon avis, quelques morceaux qui devraient bien fonctionner. Sortent du lot "Mountain Made Of Stone" avec sa mélodie entêtante (je l'ai eu dans la tête toute la journée après l'avoir écoutée !), "Uncovered" et "Missing" et leurs refrains efficaces et "Goodbye To Berlin", morceau un peu plus rythmé et bien entraînant. Un autre titre me plait particulièrement, c'est "Kids In The Playground", le plus énervé du lot, avec des influences rock seventies.

Cet album devrait normalement plaire aux fans du groupe, aux personnes qui aiment le côté le plus doux de groupes comme Within Temptation, Delain, Nightwish ou Leaves' Eyes et à ceux qui n'attendent pas de ce disque un album de Rock énervé ou de Metal. Pour les plus ouverts d'esprit, donc...
14 / 20

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Voyage - Edition Limitée
Voyage - Edition Limitée
Prix : EUR 15,20

8 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 A Trip To Space And Time..., 15 janvier 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Voyage - Edition Limitée (CD)
Mais qu'est-ce qu'ils ont tous ces groupes, en ce moment ?
Non seulement la moitié des jeunes combos ne jurent plus que par le Hard Rock des années 70 mais en plus, ils nous sortent des albums hyper inspirés et intéressants. On aurait envie de se défouler dessus, les descendre, de dire que c'est du recyclage, que ça n'invente rien mais on ne peut pas... on reste scotché par ce qu'on entend.
Le dernier combo du genre est un trio islandais de musiciens d'une vingtaine d'années en moyenne qui se nomme The Vintage Caravan. Déjà, rien que le nom du groupe sent bon le passé... l'artwork aussi, tout y est pour nous faire voyager dans le temps. Ca tombe bien, l'album s'appelle "Voyage". Et effectivement, il n'y a pas tromperie sur la marchandise, on voyage.

"Voyage" est en fait un album sorti en 2012 mais qui n'a pas dépassé les frontières de l'Islande... ou si peu. Mais aujourd'hui, les choses vont changer : le label allemand, Nuclear Blast (qui décidément, mise gros sur le revival seventies avec les signatures récentes de Orchid, Blues Pills, Scorpion Child, Kadavar, etc...) en découvrant ces petits gars, n'a pas hésité deux secondes à offrir un deal au groupe et à racheter les droits de l'album en question pour le rééditer et le distribuer dans le monde entier. On les comprend et on les en remercie !
On les remercie car voilà le genre d'écoute dont on ressort avec la banane. Le son est rond et chaleureux. Ca groove du feu de dieu, la basse a une large place (c'est l'avantage des trios, les guitares ne l'occultent pas), le guitariste sait ce que le mot feeling veut dire (bon sang, les solos qu'il envoie !) et le batteur n'est pas en reste. Là-dessus, le jeune chanteur, Óskar Logi, fait preuve d'une maturité aussi étonnante avec sa voix qu'avec sa six cordes en collant totalement à l'esprit seventies, en sachant moduler son chant quand l'ambiance est plus posée (la belle ballade "Do You Remember" et la première partie de "Winterland" qui transpirent de feeling) et qui est tout aussi capable de surprendre par ses cris stridents ("Midnight Meditation" dont le riff rappelle un certain "Paranoid").
Avec le dernier morceau, le très spatial (et spécial) "The Kings Voyage", on plonge dans le rock psychédélique de haut vol (c'est le cas de le dire). Douze minutes de voyage intersidéral avec tempo assez lourd au départ mais qui vire au déjanté avec une partie centrale hallucinante que n'auraient pas renié les space rockeurs de Hawkwind. Ce titre se termine sur les craquements d'un bon vieux vinyl, comme pour rappeler une toute dernière fois une époque lointaine... mais pas si révolue que ça tant que des combos tels que The Vintage Caravan nous y renverront y faire un tour de temps en temps.
La vache, la claque ! Entre Jimi Hendrix, Black Sabbath, King Crimson, Cream et Deep Purple (mais sans trop ressembler à aucun d'entre eux), on se laisse emporter dans une autre dimension par cette caravane d'un autre temps, un temps où la musique sonnait vraie, sans subterfuge de toutes sortes. Une guitare, une basse, une batterie, une voix. L'essence même du Rock. Ces gamins ont tout compris et ils ont un talent énorme.

Vous aimez les guitaristes qui touchent leur bille sans en faire des tonnes ? Vous aimez écouter de vraies chansons, mélodiques et groovy ? Vous n'êtes pas réfractaires aux groupes restés bloqués aux influences du rock des seventies ? Ce premier album de The Vintage Caravan devrait vous séduire.
17 / 20

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