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Contenu rédigé par orion
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Commentaires écrits par orion (Vinland)
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Un des quatre albums fondateurs du Black Metal norvégien., 1 décembre 2012
En 1995, le Black Metal n'est pas aussi populaire qu'actuellement (et je me rends compte qu'une fois écrits, les termes "Black Metal" et "populaire" ne semblent pas franchement faits pour être mis ensemble). Ce que je veux dire, c'est qu'il est loin de connaître l'engouement qui sera le sien plus tard et reste à cette époque très underground et connu de quelques afficionados. D'ailleurs, trouver les albums de Black chez les disquaires n'était pas une mince affaire. Quelques combos seulement s'étaient lancés dans l'aventure, principalement en Norvège, le berceau de ce mouvement musical sombre et maléfique. Et pourtant, malgré cet état de fait, "Battles In The North" va connaître un certain succès. Il fut même l'album le plus vendu du groupe... et l'une des plus grosses ventes pour le Black Metal. Immortal a été créé en 1990 et, au départ, jouait un Death Metal malsain influencé par Morbid Angel et Possessed. Puis le groupe a doucement glissé vers une approche plus black (Bathory et Celtic Frost sont alors citées comme influences) et a sorti deux albums, "Diabolical Fullmoon Mysticism" (1992) et "Pure Holocaust" (1993). Grâce à eux, le groupe norvégien est vite devenu une référence dans le milieu underground. Mais en 1995, c'est leur troisième album, "Battles in the North", qui va élargir leur notoriété et les faire passer au statut de groupe culte. Réduit à l'état de duo après leur dernier album, Demonaz (guitares) et Abbath (basse et vocaux) ne s'encombrent pas de la recherche d'un batteur et décident d'enregistrer eux-mêmes les parties de batterie pour cet album. C'est Abbath qui se charge donc de ce travail. Qu'il ne soit pas batteur n'est pas un soucis. Il n'est pas vraiment chanteur non plus... voilà complètement l'esprit du Black Metal. Le son est cradingue, on est loin, mais alors très loin de l'univers très technique du Metal Progressif mais on s'en fout royalement. Abbath et Demonaz n'ont pas prévu de décrocher un prix de conservatoire et encore moins les honneurs d'une quelconque remise d'awards. Non, eux, leur but est de faire la musique qui leur tient à coeur, la plus agressive et rapide possible, pour illustrer leurs textes. Immortal se démarque d'ailleurs des autres groupes norvégiens de l'époque avec des textes sur la nature et sur des légendes nordiques comme celle du Blashyrkh, corbeau géant, héros de plusieurs de leurs titres. On retrouve pourtant la croix inversée dans leur logo mais c'est finalement plus pour le décorum. Contrairement à ses collègues de l'époque, Immortal a beaucoup joué sur l'esthétique. Les maquillages sont assez recherchés et pas dégoulinants, comme le sont souvent ceux de leurs confrères. Ils se rapprochent un peu de Kiss en fait (celui de Demonaz présente des similitudes avec celui de Gene Simmons). Ils sont d'ailleurs l'un des premiers groupes de Black à avoir tourné des vidéos. Je ne parlerai pas de celle de "Call Of The Wintermoon", morceau du premier album, qui a été tournée en un temps record et qui est le sommet du kitch en la matière mais des deux nouvelles vidéos tournées pour cette album, "Blashyrkh" et "Grim And Frostbitten Kingdoms", tournées de manière bien plus professionnelle avec de belles images pour la première et où l'on peut voir Hellhammer de Mayhem tenir la batterie dans la seconde. Musicalement, c'est donc du brut de décoffrage. La batterie est limite anarchique, les riffs vous giflent, les solos de guitares (quand il y en a) sont plus qu'approximatifs, le son est abrasif. La voix d'Abbath est criarde. On est loin des dernières productions du groupe, bien plus sophistiquées. Et c'est clair, si on étudie chacun de ces éléments indépendamment des autres, sur le papier, ce n'est pas franchement reluisant. Mais mis tous ensemble, ils créent une véritable atmosphère belliqueuse, une musique jusqu'au-boutiste qui a une force d'impact impressionnante. Tous les titres de l'album sont joués à fond les ballons. Ce qui fait que les dix titres qui le composent passent à la vitesse du TGV (l'album ne dure que trente minutes). Quelques répits (de courte durée) quand même avec l'intro à la basse du magnifique "Cursed Realms Of The Winterdemons", titre sur lequel on entend Abbath qui tente presque de chanter ou encore le break majestueux de "Blashyrkh". Car oui, dans ce fatras, on arrive à déceler des tentatives de mélodies ("Through The Halls Of Eternity", "Circling Above In Time Before Time", "Blashyrkh" évidemment). Ce dernier morceau est sans doute le point culminant de l'album, moins rapide que les autres mais tout aussi intense. Une voie que le groupe suivra avec les albums suivants, mais sans pour autant oublier les morceaux bien agressifs. "Battles In The North" est tout simplement l'un des albums les plus importants de la production Black Metal norvégienne. Et cocorico, c'est un label français, Osmose Records, qui nous a permis de découvrir ce combo. Un album que tous les black metalleux se doivent de posséder, au même titre que "A Blaze In The Northern Sky" de Darkthrone, "De Mysteriis Dom Sathanas" de Mayhem ou "In The Nightside Eclipse" de Emperor... Les quatre piliers du Black Metal norvégien. Retrouvez cette chronique sur le site "auxportesdumetal.com" dans la rubrique "back to the past".
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4.0 étoiles sur 5
Encore un nostalgique des seventies !, 24 novembre 2012
Pas mal de groupes ces temps-ci ont envie de s'échapper de l'époque actuelle en nous proposant un petit retour en arrière, direction les seventies. Est-ce à cause de la crise ? Toujours est-il qu'après le très bon dernier album de Witchcraft, les américains de Bloody Hammers, avec leur premier album éponyme, vont encore plus loin dans le trip revival seventies, à grand coup de riffs bien lourds et d'atmosphères enfumées. La première vidéo mise en ligne pour le morceau "Fear No Evil" ne laisse planer aucun doute quant aux intentions du combo américain : la nénette les seins à l'air et les hologrammes psychédéliques, c'est totalement dans l'esprit flower power des années 70. On pense d'ailleurs à un certain Hawkwind avec ce visuel. Et puis le logo du groupe, il ne vous rappelle pas celui de Black Sabbath, époque Master of Reality ? Le décor est planté. Et on sait où l'on va. Ce morceau, "Fear No Evil", nous plonge bien profondément dans l'ambiance qui sent bon le pétard et le patchoulis, on voit d'ici la chambre avec le papier peint à grosses fleurs et la coccinelle de Volkswagen (à fleurs elle aussi) devant le garage. Et pourtant, en dehors de ces clichés, si Bloody Hammers se la joue seventies à fond, ils n'oublient pas de glisser une pointe de modernité dans la vieille recette éculée. Le son ne fait pas trop daté mais respecte tout de même les règles en vigueur pour les productions de ce type, comme le son des grattes par exemple qui sonnent bien vintage. De plus, Bloody Hammers mêle à sa musique quelques sonorités qui créent une ambiance un peu Horror Rock (l'intro de "Say Goodbye to the Sun", genre de titre propice à l'écoute avec le pétard aux lèvres). Le synthé, bien vintage lui aussi, qui s'invite sur quelques titres, sonne de manière assez sinistre sur ce morceau. De même, quelques bruitages inquiétants introduisent le morceau "Beyond The Door". "Black Magic" (rien à voir avec le morceau emblématique de Slayer) est plus entraînant. Et là, on pense immédiatement à Black Sabbath avec ce chant qui rappelle presque celui de Ozzy. Influence encore plus marquée sur le titre "Souls On Fire". D'une manière générale, à l'écoute de l'album, c'est l'influence majeure qui se dégage du fait de riffs assez lourds, d'autant que le groupe américain joue également la carte de l'occultisme. Les solos par contre sont originaux et ne cherchent pas à être des copies de ceux de Mister Iommi. Tant mieux. De manière plus étonnante, on découvre aussi un aspect de la musique de Bloody Hammers qui n'est pas sans rappeler les deux premiers albums de Danzig (flagrant sur le titre "Trisect" par exemple). Au final, voilà un album plutôt varié, passant de morceaux bien heavy ("The Last Legion Of Sorrow") à des titres un peu plus "légers" comme "The Witching Hour", au refrain plus mélodique. Et pour confirmer cela, l'album se termine sur une ballade, "Don't Breathe A Word", jouée uniquement à la guitare acoustique. Décidément, on en a une nouvelle fois la preuve avec ce premier album de Bloody Hammers, c'est encore avec des vieilles recettes qu'on fait du neuf. Mais ça fonctionne, le tout est bien sympathique. Le recyclage, ça a du bon. Maintenant, attention que cela ne devienne pas une habitude. Quelques groupes pour perpétuer la tradition, c'est bien. Il ne faudrait pas qu'il n'y ait plus que ça... 15 / 20 Retrouvez cette chronique (et d'autres) sur le site "auxportesdumetal.com".
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3.0 étoiles sur 5
Compos remarquables, production pourrie !, 17 novembre 2012
Ah, le Metal des années 80 ! Iron Maiden, Mercyful Fate, Accept, Witch Cross... Witch Cross ? Eh bien oui, mesdames et messieurs, Witch Cross est un groupe qui date de la grande époque. Et mieux, "Fit for Fight", l'album dont nous allons parler ici, est sorti en 1984 ! Alors, à une époque où la grande mode est au Metal des années 80 et où pleins de jeunes groupes s'en inspirent au point qu'on ne sait plus très bien s'il s'agit d'hommage ou de pompage, certaines maisons de disques vont carrément rééditer des albums sortis à cette époque (et passés complètement inaperçus, il faut bien le dire). Et effectivement, qui se souvient de Witch Cross ? J'avoue, pas moi. Et pourtant, j'en écoutais pas mal du Metal, dans les années 80. Il faut dire que la pochette de l'album dessinée au feutre n'a pas dû aider le groupe à se faire connaître. Alors, aura-t-il plus de chance vingt-huit ans plus tard ? Witch Cross est donc un groupe directement issu des années 80 avec un style et un son complètement ancré dans cette décennie. Et pour cause. Ce groupe danois, contemporain des premiers Mercyful Fate (ils ont d'ailleurs enregistré dans le même studio avec les mêmes producteurs) joue un Metal que l'on va qualifier d'archi classique aujourd'hui et qui était pratiqué à l'époque par des groupes comme Tokyo Blade (c'est le groupe auquel le style de Witch Cross me fait le plus penser - notamment à son premier album). Duels de guitares bien sympathiques, mélodies accrocheuses ("Night Flight in Tokyo", "Rocking The Night Away", "Fight The Fire"), chanteur qui a une voix juvénile très typée 80 mais pas désagréable, refrains souvent rehaussés de choeurs... Certains morceaux ne manquent pas de mordant ("Alien Savage"), l'excellent instrumental "Axe Dance" fait presque penser à du Mercyful Fate par moments (tout comme le travail des guitaristes sur le morceau "Light Of A Torch"). L'album est, de ce point de vue, assez varié. Bref, tout est là. Mais alors, où est donc le problème ? Pourquoi ce groupe et cet album n'ont pas connu la gloire en 1984 ? "Fit for Fight" est le seul et unique album du combo. Celui-ci s'étant dissout assez rapidement après, suite à de nombreux changements de personnel. Mais bon, ça n'explique pas tout car d'autres groupes ayant eu une carrière éclair ont tout de même marqué les esprits des metalleux de l'époque. Le gros soucis, c'est le son. Car l'album, à l'époque, n'a pas bénéficié d'une production exemplaire, loin de là. Le son était complètement étouffé, pour ne pas dire pourri par moments (le son est parfois plus fort à droite qu'à gauche et vice-versa... les guitares "grésillent", ça ne fait pas très professionnel). On a l'impression d'écouter un groupe qui a enregistré dans son garage sur un vieux magnéto à bandes. Et malheureusement, on ne peut pas faire de miracles avec des bandes vieilles de trente ans qui n'étaient déjà pas de bonne qualité à l'origine. C'est sûr, le son est un peu meilleur que celui de la galette d'origine (les aigus ont été retravaillés) mais quand même, ça sonne archi daté et surtout, ça sonne démo. Et donc, une démo des années 80, vous voyez le topo ? Ce qui est d'autant plus dommage quand les compos sont plutôt réussies. Avec un son convenable, l'album serait vraiment sympa. Et donc, en guise de conclusion, je me pose plusieurs questions : redonner vie à des albums qui sont passés complètement inaperçus dans les années 80, je dis pourquoi pas. Mais pourquoi rééditer un album avec les mêmes défauts qu'à l'origine ? Ce disque, avec une belle pochette et surtout un son actualisé pourrait davantage attirer le chaland. Le rééditer avec un son lamentable, là, j'avoue que ça me laisse perplexe. D'autant qu'on apprend que le groupe s'est reformé (du moins avec trois de ses membres originaux). Alors pourquoi ne pas avoir carrément réenregistré l'album avec le nouveau line-up ? Bon, c'est certain, on n'aurait pas retrouvé ce timbre de voix particulier aujourd'hui. En fait, j'ai bien l'impression que cette réédition (ce n'est pas la première, l'album a déjà été réédité il y a quelques années) est juste là pour relancer l'intérêt et refaire parler du groupe aujourd'hui (qui doit sortir un nouvel album l'année prochaine). L'album vaut bien les cinq étoiles pour les compos (qui, vraiment, si vous aimez le Heavy Metal des années 80, sont bien fichues). Mais la production ne vaut guère plus d'une étoile. Je vais donc mettre 3 étoiles en attirant bien votre attention sur le fait que le son laisse vraiment à désirer et qu'il peut rebuter à l'écoute de l'album. Retrouvez cette chronique (et d'autres) sur le site "auxportesdumetal.com".
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
The look that kills !, 17 novembre 2012
"X" est le nouvel album de The 69 Eyes. Et comme son nom l'indique, si toutefois vous maîtrisez la numération romaine, "X" est le dixième album du combo finlandais. Pour ceux qui connaissent bien l'univers de The 69 Eyes, vous pouvez passer au chapitre suivant. Pour les autres, The 69 Eyes est un groupe finlandais officiant dans le registre Metal Gothique romantique bien Dark aux mélodies sucrées, un peu comme Him, To Die For, le premier album de Poisonblack ou encore le superbe mais hélas seul album de For My Pain (tous finlandais - détiendraient-ils la recette secrète du "Romantic Metal" dans le Grand Nord européen ?). Mais The 69 Eyes a aussi une autre corde à son arc : un bon gros Hard'n'Roll des familles, celui de ses débuts, un peu laissé de côté depuis l'album "Blessed Be" (2000) mais qui remonte parfois à la surface comme sur le dernier album en date, "Back In Blood". La question est donc la suivante : Avec "X", est-ce que The 69 Eyes a voulu aller plus loin dans le trip Hard'n'Roll sauvage ou bien est-il revenu à du titre plus suave, plus léché. Ou encore, nous ont-ils préparé un mélange des deux genres ? Eh bien, jetons un petit regard sur la tracklist pour avoir un début de réponse : quatre titres avec le mot "love" sur les dix de l'album, voilà qui annonce la couleur. "X" semble parti pour nous caresser dans le sens du poil. Effet confirmé avec les deux premiers morceaux, deux véritables hits en puissance. Nuclear Blast qui a récupéré les vampires finlandais sur son catalogue va avoir un choix important pour des singles potentiel. Les refrains sont énormes et travaillés pour un impact optimal (celui de "Tonight" vous rentre dans la tête en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire). "Black" qui suit ne change pas la couleur de l'ambiance. Le "Romantic Metal" a repris ses droits. La voix de Jyrki69, bien chaude, vous rappellera au choix celle d'Elvis Presley ou de Billy Idol (c'est flagrant sur "When A Love Comes To An End"). Si quelques titres vous rappelleront sans doute Type O Negative dans ses heures les plus pop, on trouve aussi et toujours quelques influences de la New Wave des années 80 (ce synthé sur "I Love The Darkness In You" fait très Depeche Mode.) "Borderline", une belle ballade aux influences country, montre un autre visage du groupe, plus posé. Et puis, comme on ne se refait pas, "I'm Ready" est bien plus Rock and Roll dans l'esprit (notamment le solo de guitare qui est bien marqué). Mais quelque soit le morceau, les refrains vous collent au cerveau. C'est sûr, ces gars-là savent composer du titre efficace qui se retient dès la première écoute. Les mélodies sont bien mises en avant. Il faut dire que le groupe a tout de même acquis une bonne expérience en la matière depuis toutes ces années. Groupe dont le line-up n'a pas bougé depuis le premier album. C'est à noter car ce n'est pas si fréquent, surtout après plus de vingt ans de carrière mais c'est peut-être aussi pourquoi ça sent un peu le pilotage automatique parfois ("Red" - pourtant premier single de l'album, un peu trop pop à mon goût). Que nous offre l'édition limitée ? Nous avons droit à un DVD sur lequel figure la vidéo du morceau "Red", d'un classicisme à toute épreuve (belles gonzesses en tenues légères sortant d'une ferrari rouge et venues se trémousser devant le groupe qui joue dans un château). Si c'est pas totalement inédit, ça ! Bien plus intéressant est le reportage "Made In Sweden - Stockholm & The 69 Eyes", de trente-sept minutes, qui évoque l'enregistrement du nouvel album ainsi que la relation du groupe avec la scène suédoise et la ville de Stockholm (comme le nom du reportage l'indique) avec pas mal d'interviews (sous-titrées en anglais) de musiciens de Backyard Babies, Maryslim, Crashdiet ou Gemini Five. Voilà un album plaisant à écouter, jamais gonflant. Pour fêter son dixième album, le groupe semble s'être surpassé et délivre son album le plus inspiré depuis un bout de temps. Les 69 Eyes ont bien rempli leur contrat. A acheter les yeux fermés (ah ! ah !) pour les amateurs du genre ! 15 / 20 Retrouvez cette chronique (et d'autres) sur le site "auxportesdumetal.com".
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Directement dans la cour des grands !, 14 novembre 2012
1987. Un nouveau venu dans le paysage du Thrash Metal va rapidement faire parler de lui et compter de nombreux adeptes. Il faut dire que Testament a frappé un grand coup d'entrée avec son "The Legacy", que certains fans de Testament considèrent toujours aujourd'hui comme le meilleur album du combo. Et je ne suis pas loin de partager cet avis... A l'origine, le groupe s'appelait The Legacy, fondé par les guitaristes Eric Peterson et son cousin Derrick Ramirez (qui officiait aussi au chant). Ils sont rapidement rejoints par Greg Christian à la basse et Louie Clemente à la batterie. Puis Ramirez quitte le groupe et il est remplacé par Steve Souza au chant ainsi que par un jeune guitariste talentueux, Alex Skolnick, élève d'un certain Joe Satriani (tout comme l'était Kirk Hammett de Metallica). Finalement, Steve Souza quitte le groupe pour rejoindre Exodus qui cherche un remplaçant à Paul Baloff et c'est Chuck Billy qui vient le remplacer. C'est cette formation qui enregistre le premier album du groupe, baptisé maintenant Testament. L'album, lui, s'appelle "The Legacy", en souvenir de leur ancien patronyme. Pas d'introduction ou autre mise en bouche, tel un taureau lancé à toute allure, "Over The Wall" ouvre les hostilités. Et là, mes amis, quel choc ! Un chanteur qui n'économise pas ses cordes vocales, une rythmique en béton armé qui arrache tout sur son passage et un soliste remarquable (le solo de Skolnick file la chair de poule). Et des solos lumineux, il y en a sur tous les morceaux. Voilà la recette du succès de Testament. En matière de Thrash Metal, les groupes qui ont réussi à concilier tous ces aspects sans oublier d'ajouter une pointe de mélodie sont devenus les maîtres du genre. Testament revendique sa place au soleil et, à l'écoute de l'album, on sent qu'il a mis toutes les chances de son côté. Chuck Billy donne tout ce qu'il a ("Over The Wall", "First Strike Is Deadly") et montre une voix puissante et bien plus méchante que la plupart de ses confrères de l'époque (Dave Mustaine, Bobby Ellsworth, Steve Souza). Mais il sait aussi adoucir le ton et devenir plus mélodique comme sur les refrains de "Alone in The Dark", "Raging Waters" ou "Do Or Die". Chuck Billy qui, arrivé sur le tard, n'a pris que très peu part au processus de composition puisque l'album était déjà quasiment écrit à son arrivée. On le retrouve uniquement crédité sur les textes de "Do Or Die". On retrouve par contre Souza sur quasiment tous les autres titres. Les morceaux ayant donc été écrits pour une autre voix que la sienne, c'est sans doute la raison pour laquelle Chuck utilise des lignes de chant plus aiguës sur cet album que sur les suivants ("The Haunting", "First Strike Is Deadly"). Les rythmiques sauvages sont bien présentes ("First Strike Is Deadly", "Do Or Die", "Apocalyptic City", le furieux "C.O.T.L.O.D"). Mais la mélodie n'est pas oubliée ("Burnt Offerings", "Alone In The Dark", "Raging Waters") et rend les compos attractives. Testament a réussi le parfait équilibre entre ces deux aspects, superbement illustré par le dernier titre, le génial "Apocalyptic City", et offre ainsi l'album de Thrash quasi parfait... C'est donc une belle carrière qui s'ouvrait alors pour le groupe californien. Car aujourd'hui, même si Testament a connu une période moins brillante au début des années 90 (comme la plupart des groupes de Thrash, ceci dit), le groupe est toujours présent sur la scène mondiale et continue de nous sortir des albums recommandables. Testament est sans aucun doute le groupe de Thrash américain le plus populaire en dehors du fameux "Big Four". Retrouvez cette chronique sur le site "auxportesdumetal.com" dans la rubrique "back to the past".
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Le Sab' à la recherche de nouvelles sonorités., 14 novembre 2012
Nous sommes en 1972. Année de la sortie du quatrième album de Black Sabbath, sobrement intitulé "Vol. 4". Et pourquoi un tel titre ? Tout simplement parce que le titre initial, "Snowblind", à cause de ses références à la cocaïne, fut rejeté par la maison de disque. Si les deux albums précédents (Paranoid et Master of Reality) ont véritablement assis la réputation du groupe et défini le son Black Sabbath, ce "Vol. 4" se veut plus aventureux et, de ce fait, est peut-être un peu plus difficile à appréhender que ses illustres aînés. En effet, à l'écoute de certains morceaux de ce disque, on pourrait presque parler de Hard Rock progressif. Le groupe voulait en faire son album le plus varié et de ce côté, c'est réussi. L'album démarre d'ailleurs sur un morceau assez étrange, qui porte finalement bien son nom, "Wheels of Confusion". Etrange car après les fameux "Paranoid" et "Master of Reality", on ne s'attendait pas forcément à cela. En cette époque où le psychédélisme tourne à plein régime, on a bien l'impression que les quatre de Birmingham en ont attrapé des échantillons au passage et en ont saupoudré leur nouvel album. Si le morceau est tout de même construit sur un riff assez lourd, il subit plusieurs cassures de rythme assez inattendues. Au final, il s'agit tout de même d'un morceau assez magistral. Le titre suivant, "Tomorrow's Dream", construit sur un riff un peu plus gras, retombe dans des sonorités plus conventionnelles pour le groupe. Ozzy Osbourne montre qu'il est en grande forme, malgré son penchant déjà prononcé pour les substances illicites. Après "Planet Caravan" et "Solitude", "Vol. 4" voit la troisième ballade du groupe, "Changes" qui, avec uniquement un piano et quelques orchestrations, nous plonge carrément dans le psychédélique, tout comme le petit instrumental qui suit, "Fx", plutôt particulier. Et le riff de la mort, celui qui scelle la marque de fabrique de Tony Iommi, c'est sur le morceau "Supernaut" qu'on le trouve. Encore un hymne pour le groupe. A l'instar du riff de "Paranoid" ou d'"Iron Man", celui-ci est aussi passé à la postérité. Un titre repris par Ministry et plus récemment par Turisas de manière assez jubilatoire. Comme quoi, Black Sabbath a vraiment marqué des groupes de tous horizons. "Snowblind", titre plus conventionnel aussi, est un morceau bien efficace, bien lourd et un de ceux qui va le plus marquer les esprits sur ce Vol. 4. A noter qu'une reprise absolument dantesque de ce titre a été faite par System of a Down sur la compilation Nativity In Black 2 - A Tribute To Black Sabbath. En tout cas, voilà encore deux morceaux avec une teinte légèrement psychédélique que l'on retrouvera plus marquée par la suite dans la carrière du groupe (sur Sabbath Bloody Sabbath, Technical Ecstasy et Never Say Die notamment). On retrouve les accords bien heavy chers au groupe sur la fin de l'album avec "Cornucopia", "St Vitus Dance" et surtout avec "Under the Sun" et son riff encore une fois monstrueux qui clôt ce quatrième épisode de la saga du Sab'. Une des compos les plus méchantes du groupe en attendant celles de Sabotage. Album après album, Black Sabbath construisait sa légende. Quatre albums, quatre incontournables. Et la série n'était pas terminée car avec "Sabbath Bloody Sabbath" (1973) et "Sabotage" (1975), Black Sabbath allait définitivement marquer la musique Rock de son empreinte. Aucun doute, à cette époque, le Heavy Metal, c'était Black Sabbath. Retrouvez cette chronique sur le site "auxportesdumetal.com" dans la rubrique "back to the past".
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5.0 étoiles sur 5
Dommages collatéraux., 6 novembre 2012
Gloria Morti est né en 1999 du côté de Heinola (Finlande) sous l'impulsion du guitariste Juho Räihä (connu pour être également l'actuel guitariste de Before The Dawn) et a commencé par jouer une musique très influencée par le Thrash Metal. Puis le propos du groupe s'est durci, évoluant vers le Death Metal. Gloria Morti a sorti son premier album en 2004, "Lifestream Corrosion". On y découvrait un groupe qui nous balançait une musique hyper puissante mais qui manquait encore un peu de cohérence et d'attrait. Puis Gloria Morti a connu pas mal de changements de musiciens et a sorti deux autres albums, encore plus agressifs et mieux construits. Aujourd'hui, sort le quatrième album du combo, "Lateral Constraint". Gloria Morti joue maintenant un Death Metal ultra puissant lorgnant parfois vers le Black avec les quelques nappes de synthés qui viennent créer l'ambiance. Gloria Morti, c'est un peu la puissance d'un Immolation ou d'un Behemoth, la recherche de mélodie en plus. Les deux premiers morceaux sont deux baffes monstrueuses. Le chanteur hurle avec conviction, le batteur est monté sur double pédale du début à la fin, les rythmiques sont implacables. Ca arrache franchement. Mais la mélodie est là, elle parvient à se frayer un passage dans ce déchaînement de fureur grâce aux guitares ou aux synthés judicieusement utilisés. Et ce n'est pas l'intense "Our God Is War" (moins de trois minutes de brutalité inouïe) qui va inverser la tendance. Blasts furieux, chant déterminé, guitares saignantes et quelques notes de synthé par moment pour le côté majestueux. Il faut attendre le cinquième morceau, "Sleep, Kill, Regress, Follow" (tout un programme) pour avoir droit la première accalmie. Une petite intro à l'ambiance orientale (qui a dit Nile ?) qui cache encore un morceau hyper agressif à la rythmique hypnotique. "Hallucinations" propose aussi une intro plus calme mais carrément inquiétante. Ce titre, au démarrage plus lourd que les autres jusqu'à présent, est un vrai rouleau compresseur. Des synthés salvateurs viennent magnifier l'ensemble. La suite est à l'image de ce qui a précédé. Aucun répit. Les musiciens de Gloria Morti ne sont définitivement pas là pour amuser la galerie, impressionnants de maîtrise comme par exemple sur "Non-Believer" quand le rythme ultra rapide subit un freinage soudain. Conclusion, qui comme son nom ne l'indique pas n'est pas une outro mais un morceau à part entière, va finir de vous achever. Amateurs de brutalité gratuite avec une pointe de mélodie quand même, vous allez être comblés. Avec son quatrième album, Gloria Morti semble encore avoir franchi un palier. Décidément, aucun courant musical du Metal moderne ne semble échapper aux Finlandais. Les voilà maintenant qui offrent un concurrent sérieux aux ténors du Black Death. "Lateral Constraint" est le meilleur album du genre qu'il m'ait été donné d'écouter cette année. Une tuerie absolue et un sacré client dans la catégorie "pas de quartier". 17 / 20 Retrouvez cette chronique (et d'autres) sur le site "auxportesdumetal.com".
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11 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
La petite boutique des horreurs., 30 octobre 2012
Quelque part dans notre beau pays, là où un petit disquaire comme il n'en existe malheureusement plus a réussi à survivre à la crise du disque (il s'agit donc d'une fiction, vous l'avez compris). - Bonjour monsieur le vendeur de disque ! - Bonjour mon petit. Qu'est ce que je peux faire pour toi aujourd'hui ? - Voilà, je cherche un album de Black Metal pour mon exposé. Il faudrait quelque chose d'assez mélodique pour ne pas faire fuir toute la classe mais qui arrache bien sa mère quand même, que ce soit du Black quoi. Mais faudrait pas un truc trop barbare avec un son pourrave. - OK, je vois... tiens, écoute moi ça. C'est du bon. - Bourrin, aucune mélodie. - Ah ? Oui, c'est vrai, ça manque un peu de finesse. D'un autre côté, c'est du Black que tu m'as demandé, pas du Glam. - Oui, mais ça, j'aime pas. Vous n'avez pas quelque chose avec du synthé, c'est souvent plus mélodique. - Avec du synthé, j'ai ça. Ca vient d'arriver. Ecoute. - Ouais... bof. Et ça, c'est quoi ? La pochette est sympa. En plus, c'est méga connu ça, non ? - Ah oui, c'est le dernier Cradle of Filth. Tu veux écouter ça ? - Ouais. [ les premières minutes de "The Abhorrent" résonnent dans la boutique.] - Ah oui, ça, c'est carrément sympa ! - Mais ce n'est pas du vrai Black, mon petit. - C'est pas du Black, Cradle Of Filth ? - Non, c'en n'est plus... depuis longtemps déjà. Ah, vous, les jeunes, vous manquez de culture générale. Ecoute plutôt celui-ci, c'est excellent. - ... - Non, tu n'aimes pas ? Pourtant, ça, c'est du Black, du vrai. - Ouais, peut-être... mais c'est bien nul aussi. Non, franchement, je préfère l'autre, là. Le Cradle. - Bon, comme tu veux, le client est roi. Mais dis-moi, qu'est ce qui te plaît, là-dedans ? - Bon, bah déjà, il y a de la mélodie. C'est bien. Ensuite, j'aime l'approche gothique avec les synthés (le titre "Illicitus" en est un bon exemple). Il y a une vraie ambiance qui se crée, là, bien "Horror Black Metal". Du coup, ça colle super bien au concept de l'album. A ce propos, l'intro de l'album met bien dans le bain, une vraie BO de film d'horreur ! Ca le fait ! J'aime bien aussi l'influence NWOBHM sur les guitares par moments ("For Your Vulgar Delectation", "Frost On Her Pillow", "Pallid Reflection"). On note aussi un peu de relents de Punk. Je trouve que ça donne à ce groupe son caractère unique. Et puis, Black Metal ou pas, ça reste quand même vachement hargneux. Qui c'est qui dit que c'est pas du Black ? - Les puristes, mon petit, les puristes. Pour beaucoup, ce groupe s'est vendu et est devenu commercial et a donc trahi l'esprit Black Metal. - J'ai quand même du mal à penser que ça puisse être commercial comme ils disent. Ils vendent sans doute plus que les groupillons obscures du fin fond de la Scandinavie mais sûrement pas des palettes. Et puis, je trouve que c'est drôlement Black dans l'esprit quand même. Là, par exemple, ce passage de "Manticore", c'est hyper agressif. Et juste avant, sur "Illicitus", ça ne manquait pas de mordant non plus. Et là, de nouveau, ça arrache vachement ! - C'est pas faux. De toute manière, ce groupe a toujours été critiqué, il en sera de même avec cet album, sans aucun doute. Et sinon, la voix du chanteur, elle ne te gonfle pas ? Tiens, écoute ce passage ! Le Dani, il a dû bousiller sa voix à force d'hurler comme un damné toutes ces années. - C'est vrai que faut pas être réfractaire aux cris de gorets. Mais bon, ça passe. En plus, le son est impeccable, ça sent pas le truc fait à la va-vite comme ça arrive parfois dans ce style musical. - C'est vrai que ça le fait, finalement. J'avais bien aimé le dernier vrai album en date, Darkly Darkly Venus Aversa et celui-ci semble dans la continuité. Ca brasse du début à la fin ou presque, seul le titre "Succumb to This" avec son refrain en duo avec du chant féminin (un peu à l'image du "Forgive Me Father (I Have Sinned)" sur "Darkly Darkly") est un peu plus soft. On oubliera donc l'album symphonico-gothique Midnight In The Labyrinth qui n'était heureusement qu'une parenthèse. Cradle Of Filth revient à ce qu'il sait faire et le fait bien. Bon, ça reste très convenu même si on n'est pas à l'abri de quelques petites surprises comme ce piano un peu fou sur "Siding With The Titans" et celui qui connaît bien le groupe ne sera pas surpris par ces nouvelles compos. Mais il ne sera pas déçu non plus. Tout cela est bien efficace. Tu m'as convaincu mon petit ! - Content que ça vous plaise. En tout cas, moi, je le prends pour mon exposé. Je suis sûr qu'avec ça, je vais impressionner ma copine gothique. - Voilà, il est à toi. Alors bon exposé, mon petit. - A bientôt, monsieur le disquaire. Je repasserai pour mon prochain exposé. J'ai l'intention d'en faire un sur le Brutal Death. - C'est très bien, ça. Je vais avoir des tonnes de trucs à te faire écouter. A bientôt. PS : cette chronique est dédicacée à un ami disquaire spécialisé Metal, qui avait sa boutique à Rouen, et qui lui aussi a dû rendre les armes devant la frénésie du téléchargement. Triste réalité. Retrouvez cette chronique (et d'autres) sur le site "auxportesdumetal.com".
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12 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Retour en grâce., 29 octobre 2012
Quand je lis une chronique, j'ai tout de suite envie de savoir où se situe son auteur au niveau de ses préférences vis à vis du groupe chroniqué, pour voir si ça me correspond ou pas. Alors voilà : en ce qui me concerne, j'ai découvert Kamelot avec l'album "The Fourth Legacy" qui reste aujourd'hui pour moi ce qu'ils ont fait de meilleur. Bien sûr, j'ai également adoré les trois albums suivants ("Karma", "Epica" et "The Black Halo") qui ont fait de Kamelot l'un des meilleurs groupes du style. Puis la déception est arrivée avec "Ghost Opera" d'une part et, plus encore, avec le dernier album en date, "Poetry for the Poisoned" auquel je n'ai pas franchement accroché. Patatras. Voilà comment un groupe qu'on adule se retrouve, en l'espace de deux albums, relégué au rang des groupes ordinaires. La flamme s'en est allée, l'inspiration semblait tarie... Les choses allant de mal en pis, nous avons appris le départ du chanteur emblématique du groupe, Roy Khan, remplacé dans un premier temps pour les concerts par Fabio Lione (Rhapsody of Fire). Glups... Là, ça sentait le sapin... Puis on a appris que le nouveau chanteur serait finalement un certain Tommy Karevik (Seventh Wonder), ouf ! Kamelot, en présentant son nouveau chanteur à la horde de fans que nous sommes, devait avant tout rassurer son public. Alors le groupe nous annonçait par la même occasion un retour vers les années "Karma" et "Black Halo", les albums qui ont le mieux marché. Bien pensé. Mais les paroles et les actes, parfois... Sans plus attendre, voyons donc à quoi ressemble ce Kamelot new look, version 2012. Et effectivement, l'écoute de "Silverthorn" nous ramène quelques années en arrière. Ainsi, on retrouve l'intro symphonique, abandonnée depuis quatre albums. Un détail sans doute, mais qui en dit long sur la volonté du groupe de revenir aux fondamentaux. Mais vouloir est une chose. Pouvoir en est une autre. Car, l'écoute de cet album terminé, je ne suis pas totalement convaincu. En ce qui concerne le chant de Tommy Karevik, on n'est pas bien loin du mimétisme complet avec celui de son illustre prédécesseur. Déjà, physiquement, on ne peut pas s'empêcher de penser que la ressemblance a été cultivée. Mais là, c'est bluffant par moment. On a parfois tellement l'impression d'entendre Khan que c'est à se demander si ce n'est pas lui qui a enregistré les morceaux avant de s'en aller. Là encore, sur ce point, les fans vont forcément être rassurés, Tommy ne devrait avoir aucun mal à chanter le répertoire de Khan en concert. A un détail près et qui a son importance, j'en parle plus loin. Et au niveau des compos, alors ? Certes, "Silverthorn" est bien meilleur que ce que le groupe nous a proposé ces derniers temps mais honnêtement, on ne retrouve pas ici le Kamelot des grandes heures de gloire. Sans vouloir à tout prix chercher le futur classique du groupe parmi ces nouveaux morceaux, j'ai quand même du mal à y trouver un titre avec une durée de vie vraiment importante. Où sont donc passés des morceaux de la trempe de "Fourth Legacy", "Nights of Arabia", "Forever", "Wings of Despair", "March of Mephisto" ou "Across the Highlands" ? Pourtant, l'album démarre plutôt bien avec la triplette "Sacrimony", "Ashes to Ashes" et "Torn". On se prend à rêver. Pas de doute, on revient à un type de compo qu'on l'on n'avait plus entendu depuis un moment et, sans que ce soit génial (c'est à dire du niveau des titres cités plus haut), c'est tout de même un bon départ. Un bon point d'ailleurs au titre d'ouverture, "Sacrimony", qui compile un peu tout le savoir-faire du groupe : quelques parties speed bienvenues, du chant féminin savamment distillé, de belles envolées mélodiques. Mais "Song for Jolee", quatrième titre, est le premier faux-pas qui nous fait douter. Une ballade, pas affreuse entendons-nous bien, mais loin, très loin des meilleures du groupe. Si techniquement, on ne peut pas reprocher grand chose à Tommy Karevik, il est en revanche loin d'arriver à égaler l'émotion que faisait passer Khan sur ce genre de compo. Et à partir de là, c'est un peu le chaud et froid. "Veritas" sur un tempo assez lourd ne parvient pas vraiment à réveiller l'intérêt. Je trouve que les parties chantées par la chanteuse tombent un peu comme un cheveu sur la soupe et le refrain, pourtant doté de gros choeurs, est brouillon. "My Confession" est heureusement meilleur, le refrain est bien torché. Tout comme "Silverthorn", construit sur le même principe, bien connu chez Kamelot (couplets assez lents, refrains plus dynamiques), avec sa chorale d'enfants du meilleur effet qui donne une plus-value au morceau. Mais "Falling Like The Fahrenheit", malgré quelques beaux vocaux féminins, ne décolle pas et revient un peu à ce que le groupe proposait sur "Ghost Opera" : des titres pas mauvais, certes, mais pas vraiment marquants non plus. Je ne peux m'empêcher de penser que quelques morceaux avec un rythme plus soutenus seraient les bienvenus. Heureusement, "Solitaire" vient booster un peu les choses sur cette fin d'album et nous fait retrouver le sourire. "Prodigal Son", le plus long titre de l'album, part sur de très bonnes bases avec son démarrage digne d'une messe funèbre. Mais je trouve la suite du titre assez plate, avant un réveil salvateur dans les deux dernières minutes. Trop tard. Enfin, "Continuum", sorte d'outro avec choeurs féminins laisse finalement un goût d'inachevé dans la bouche. J'ai envie de croire que les meilleurs années Kamelot ne sont pas derrière le groupe mais ce nouvel album n'arrive pas vraiment à me rassurer à ce sujet. Le changement de chanteur est finalement assez anecdotique tant Tommy reste dans le même esprit que son prédécesseur. C'est au niveau des compos que j'ai du mal à me réjouir totalement. Est-ce que Kamelot sait encore écrire de grands morceaux comme ceux qui jalonnaient "The Fourth Legacy", "Karma", "Epica" ou "The Black Halo" ? J'en doute... Et malgré tout cela, vous vous dites que, finalement, la note n'est pas mauvaise. Oui, car l'album est bon, meilleur que les deux précédents, les points positifs l'emportent sur les points négatifs et il rassurera certainement les fans. Mais j'attendais sûrement autre chose. Je dois être devenu difficile avec les groupes qui m'ont fait rêver... Kamelot a marqué de précieux points avec "Silverthorn" mais n'est pas encore revenu sur le podium des meilleurs groupes du genre. 15 / 20 Retrouvez cette chronique (et d'autres) sur le site "auxportesdumetal.com".
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Faire du Metal..., 29 octobre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : 10:10 (CD)
Véritables vétérans de la scène Metal française, Killers a sorti son premier album il y a presque trente ans. Le groupe a pas mal évolué depuis, le guitariste Bruno Dolheguy, seul rescapé du groupe original, a repris le micro en 1990 pour ne plus le lâcher. Aujourd'hui, le groupe se compose de Bruno Dolheguy (guitares et chant), de Thierry Andrieu (guitares), Patrick Oliver (basse) et Carlo Di Matteo (batterie), le dernier arrivé (en 2010). Nous voici donc en 2012, soit cinq ans après la sortie de leur dernier album studio en date. Ce nouvel album avec son titre énigmatique est un produit 100 % Killers de A à Z. De la production au mixage en passant par la pochette, le logo et même cette fois-ci la distribution entièrement prise en charge par le groupe, sans la participation d'aucun label. Bruno Dolheguy et sa bande contrôlent tout. Côté production, cela fait déjà un moment que Killers se charge de produire ses albums, ce n'est donc pas une nouveauté. Le groupe semble le mieux placé pour savoir ce qu'il veut. Le son de l'album est bon (ce qui n'a pas toujours été le cas pour Killers), on est évidemment loin des super-productions américaines ou celles du Metal Symphonique mais est-ce que ça collerait à l'esprit Killers ? Il y a juste la pochette de l'album que je ne trouve pas franchement réussie mais bon, j'avais aussi trouvé celle de l'album précédent bien nulle pour y déceler, finalement, mon album préféré du combo. Est-ce un signe ? De toute manière, dans ce domaine, l'habit fait rarement le moine. Je peux vous citer des dizaines d'albums avec de superbes pochettes pour un contenu bien pauvre... Allez, c'est parti ! Le premier titre, "Nom de Dieu", nous plonge directement dans le coeur du sujet. Après une intro mélodique, on retrouve notre Killers adepte des rythmiques bien speed, du refrain qui accroche... et des textes bien sentis. On commence donc ce nouveau millésime sur de très bonnes bases. Pourtant, avec "Au Nom des Morts", on découvre déjà un Killers moins bourrin (dans le bon sens du terme, attention), la rythmique se fait plus lourde après une intro bien mélodique de nouveau. Le titre est heavy dans son ensemble. On en profite pour apprécier la frappe du nouveau batteur du groupe, Carlo Di Matteo. Retour à du rythme rapide avec "Tricheurs" qui démarre bille en tête. Une petite diatribe sur le monde du football (et une réflexion sur le sport pourri par le fric dans son ensemble). On découvre d'ailleurs, au milieu du morceau, un passage fait de commentaires sportifs lors d'un match. Encore une fois, on est dans du titre complètement estampillé Killers, jubilatoire. Ca, c'est à mon avis typiquement le titre qui va faire mal en live. "Manipulés", titre plus inhabituel, démarre également de manière très mélodique... et continue sous forme de ballade avant que les choses ne s'enveniment sérieusement après trois minutes trente. Les intros mélodiques semblent s'être invitées un peu partout sur cet album. "La Guerre" nous offre lui aussi en intro quelques accords à la guitare non saturée sur bruits de bataille puis le titre démarre de manière très heavy et s'emballe rapidement. On retrouve un peu l'esprit punk que j'aime chez ce groupe sur le refrain avec ses "mort, mort, à mort" et son final avec les "Oh Oh Oh". Le nouveau Killers alterne ainsi entre Heavy Metal et Speed Metal. Ce sera le cas également avec "Machine à Tuer" où l'on passe de parties speed à des parties plus lourdes au sein du même titre et sur les morceaux suivants également, même si "Insupportable" est globalement speed du début à la fin. Les rythmiques, comme d'habitude, sont très efficaces et ça dépote. On retrouve des harmonies bien sympas au sein des morceaux. Bref, inutile de disséquer tous les titres un par un, l'esprit Killers est bien au rendez-vous. On retrouve avec ce "10:10" un groupe intègre, soudé (Bruno, Thierry et "Titi" jouent ensemble depuis quinze ans) qui crée un album avec ses tripes et son coeur. Et ça marche ! C'est bien simple, plus je l'écoute, plus il me plait ! En résumé, un bon album de Killers qui va assurément faire plaisir aux fans du groupe, surtout après cinq années d'attente. Killers continue sa route, nous montre qu'il a encore des choses à dire et semble même ne pas perdre en qualité avec les années qui passent. Retrouvez cette chronique (et d'autres) sur le site "auxportesdumetal.com".
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