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Contenu rédigé par ayersrock
Classement des meilleurs critiques: 681
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ayersrock
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Hitler et la tradition cathare
Hitler et la tradition cathare
par Jean-Michel Angebert
Edition : Relié
Prix : EUR 30,00

1.0 étoiles sur 5 Un tissu d'âneries et de délire, 12 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Hitler et la tradition cathare (Relié)
Je suis absolument stupéfait de voir le crédit accordé à ce livre par les autres commentateurs, certains le qualifiant de travail sérieux. Des livres sur l'ésotérisme nazi ou sur les origines "secrètes" du nazisme il y en a des milliers, en général écrits par des amateurs et très mauvais. Le livre de Michel Bertrand alias Jean-Michel Angebert en fait partie. Vouloir relier le nazisme à la tradition cathare est un exercice assez périlleux mais après tout pourquoi pas. On commence par suivre les traces de Otto Rahn, écrivain nazi passionné par l'occulte et les cathares pour en arriver à la société de Thulé, véritable origine selon l'auteur, du nazisme.

Pourquoi ce livre est infiniment mauvais ?

D'abord parce que l'auteur ne fait absolument pas oeuvre d'historien. D'ailleurs dès l'avant propos il nous fait part de son mépris pour les autres chercheurs qui seraient passés "à côté du sujet". La cause ? "La règle absurde qui consiste à ne pas exploiter les archives pendant les 30 années qui suivent leur rédaction". On se demande bien ou l'auteur est allé pioché cette baliverne. Les historiens utilisent toutes les archives à disposition... Aucun livre d'histoire sur le nazisme n'aurait pu être écrit avant 1975 dans ce cas !
L'auteur, qui ne dispose que de très peu de sources et fort peu fiables ne sait pas citer correctement une source, voire même à de très nombreuses reprises il cite sans indiquer la source. On peut même penser qu'une partie des citations du livre sont carrément inventées par l'auteur lui-même. Exemple p. 57 " Les documents de l'Inquisition confirment que ..." On s'attendait à une note de bas de page quant à ces fameux documents, or il n'en est rien !
Autre exemple P.77 " Les recherches scientifique récentes confirment l'hypothèse, somme toute vraisemblable, de l'existence d'un continent submergé voici plusieurs millénaires". Les dites "recherches scientifiques" ne sont pas citées, on se demande bien pourquoi !
Il fait d'une hypothèse ou d'une pure spéculation, une vérité historique sans aucun recul.

Ou alors p.85 : "Une découverte extrêmement importante vient apporter la preuve de migrations aryennes du Caucase vers Montségur". Des sources pour étayer ces absurdités ? Aucune naturellement.

Pour Angebert le fait qu'un livre ou qu'un auteur ait du succès démontre le sérieux de ses thèses. p.30 " Il faut croire que les recherches d'Otto Rahn étaient appuyées en haut lieu ou que ses sources étaient meilleures que celles de ses prédécesseurs puisque son ouvrage connait un grand retentissement en Allemagne et dans le Midi Languedocien" CQFD ! Que faut-il entendre par "grand retentissement" ?

L'auteur tient un tas de propos complètement délirants (petit florilège) :
p.38 : "Quant aux tables de la Loi, Hitler les enviait au peuple juif, lui, qui pouvait suivre une ligne de conduite unique depuis le fond des âges, c'est pourquoi on imagine facilement sa fureur lorsqu'il évoquait Moïse et le peuple hébreu qui, depuis des siècles et malgré toutes les persécutions gardait intacte sa tradition judaïque". On se demande bien ce que signifie pour un historien "le fond des âges"...?
p.39 : "Pourquoi la crise de 1929 n'a-t-elle pas profité au Parti communiste allemand ? Il faut voir dans le succès personnel de Hitler un signe de reconnaissance par lequel s'établissait une sorte de communication mystique entre le Volk et son Fuhrer au contact des grand mythes germaniques agitant l'inconscient collectif de ce grand peuple". Il faudrait apprendre à Angebert qu'un historien digne de ce nom ne qualifiera jamais tel ou tel peuple de "grand" ou de "petit".

Après cet avant goût je vous donne en mille les plus gros délires soutenus dans le livre de Angebert :
p.62-63 "Donc si nous résumons, le Graal encore appelé écrin ou Table de Salomon, fut emporté par le Roi des Wisigoths Alaric, en l'an 410, de Rome à Carcassonne (cet écrin faisait partie du trésor de Salomon, roi des Hébreux et avait été emporté à Jérusalem par les Romains).[...] Nous croyons du domaine du possible qu'Otto Rahn ait réussi à localiser le Graal dans une des cavernes du Sabarthez.[...] Le faisceau d'événement que nous venons de voir (sic !) semple confirmer que le Graal a bien été découvert et emporté par les S.S agissant sur l'ordre d'Himmler; le Reichsführer étant très bien informé sur la présence probable du Graal à Montségur ou dans la région avoisinante."
Vous avez bien lu : Angebert non seulement croit en l'existence du Graal mais pense aussi que les nazis l'auraient découvert dans les Pyrénées en 1943 !! Je vous passe les détails sur les autres croyances de l'auteur sur l'existence réelle de l'Atlantide sur l'origines "Atlantique" des égyptiens ou sur l'initiation des Indiens d'Amérique à l'ésotérisme par les Vikings.
p.78 : "On peut prétendre que les archipels des Açores et des Canaries seraient le foyer de la race civilisatrice d'Egypte."

J'avoue avoir Arrêté ma lecture p 158 après les inepties racontées sur Nietzsche comme étant l'inspirateur du nazisme :
p.151 : Pour F. Nietzsche c'est ailleurs qu'il faut chercher le salut et ce dernier ne peut plus venir que de l'excès du mal" (On se demande bien où l'auteur à lu ça chez Nietzsche).[...] "C'est à Nietzsche que pensent les combattants des corps francs, véritable avant-garde des troupes nazies quand ils se débattent sur les frontières du Reich. C'est alors une vivante image du combattant furieux que fut Nietzsche, régnant sur le monde en ruines et abîmant l'homme germanique dans la vision de l'éternel retour ou du crépuscule des dieux". Faut-il préciser que Nietzsche avait des tendances pacifistes après sa participation à la guerre de 1870 en tant qu'infirmier et qu'il exécrait la guerre ? Il n'avait donc rien du "combattant furieux" décrit par l'auteur.
Le Paraclet de ce délire intervient p. 153 : "l'initiation nietzschéenne, une école de pensée au but bien précis : le retour aux géants de l'origine par la création du Surhomme ". L'auteur nous fait de Nietzsche (dont il n'a pas dû lire une seule ligne) un philosophe épris d'ésotérisme et voulant ressusciter de vieux mythes oubliés dans un but machiavélique. Alors que c'est l'auteur lui-même qui croit à tous ces mythes !!
Fin de la lecture, il était temps !

Vous l'aurez compris ce livre s'adresse soit à des incultes n'ayant jamais ouvert un livre d'histoire, soit à des gens qui ont envie de se payer une bonne tranche de rire sur une énième thèse conspirationniste particulièrement gratinée. CE LIVRE N'EST EN AUCUN CAS UN LIVRE D'HISTOIRE ! Monsieur Angebert est un imposteur qui se fait de l'argent en manipulant la crédulité de lecteurs peu instruits. Honte aux éditions Robert Lafont d'avoir publié ce torchon en 1971 et honte aux éditions Camion Noir de l'avoir réédité, à moins de le lire comme une oeuvre de fiction.


"Cette mauvaise réputation..."
"Cette mauvaise réputation..."
par Guy Debord
Edition : Poche
Prix : EUR 4,80

3.0 étoiles sur 5 Debord règle ses comptes, définitivement., 7 mars 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : "Cette mauvaise réputation..." (Poche)
Dernier livre écrit par Debord avant son suicide quelques mois plus tard, "Cette mauvaise réputation" est l'ultime estocade portée par Guy Debord contre ses critiques payés par l'industrie du spectacle. Et quelle flamboyance dans l'écriture. Debord ne laisse rien passer, pas le moindre mensonge, pas le moindre début de calomnie. Qu'ils soient autant élogieux qu'hostiles, les commentaires de ses contradicteurs sont passés au crible presque mot-à-mot et personne n'en ressort indemne entre les falsificateurs et les plumitifs analphabètes.

Il nous manque assurément un Guy Debord aujourd'hui pour actualiser ses critiques radicales sur la société du spectacle qui prend de plus en plus une tournure grotesque tant elle se met tous les jours un peu plus à nu. A la place, on nous propose un fatras de pseudos-critiques qui n'ont pas variés depuis 50 ans et qui continuent de critiquer la société du spectacle par un bout pour mieux nous la vanter par un autre. Il est grand temps que la mascarade s'arrête.


Commentaires sur la société du spectacle
Commentaires sur la société du spectacle
par Guy Debord
Edition : Poche
Prix : EUR 4,80

5.0 étoiles sur 5 Anatomie d'un monde caché, 7 mars 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Commentaires sur la société du spectacle (Poche)
Toute la vie et l'oeuvre de Debord ont été centrées sur un même point : lever le voile sur la société du spectacle et ne lui laisser aucun répit. La montrer sous toutes ses facettes et sous toutes les coutures.
Debord, à la suite de Marx, nous fait bien comprendre qu'il ne peut y avoir de compromis entre le monde de l'authenticité véritable (la vie réellement vécue) et le monde du spectacle marchand qui a tout contaminé, tout envahi et tout absorbé y compris ses propres contradicteurs. Mais Debord, lui, est resté fidèle à sa pensée du début à la fin, il ne s'est jamais compromis, il n'a jamais trahi comme tant d'autres.
Les "commentaires sur la société du spectacle" sont en quelque sorte une actualisation des thèses qu'il avait exposé vingt ans plus tôt dans "La société du spectacle". Paradoxalement, on peut conseiller de lire les commentaires avant l'autre livre car la lecture en est plus facile.
De quoi est-il question ici ?
Simplement de reprendre la phrase de Marx selon laquelle "L'Etat ne connait qu'une seule loi inviolable ; la survie de l'Etat !" En d'autres termes l'Etat doit rendre toute critique à son égard impossible pour pouvoir se déployer à perpétuité. Debord nous fait d'une certaine façon un inventaire des méthodes étatiques pour que le Léviathan puisse se maintenir. La thèse principale de Debord est que l'Etat n'a plus besoin, comme c'était le cas dans les sociétés totalitaires ou sous les monarchies (spectacle concentré) d'utiliser des moyens de répression coercitifs et violents. En devenant mondialisé et en ayant tout envahi, le spectacle mondial "intégré" a rendu la possibilité même de contestation de son empire impossible. Personne n'aurait envie aujourd'hui de se mettre à dos une société toute entière. De toute façon personne n'en a même plus l'idée ni le courage.

Pour empêcher toute contestation possible le spectacle marchand a eu besoin (et continue de le faire) de supprimer l'Histoire de sorte que les petits Robinsons modernes aient l'impression de vivre dans un éternel présent inamovible et même temps en révolution marchande perpétuelle. En supprimant l'Histoire on leur coupe l'envie de pouvoir descendre aux archives et de voir que des contestations (parfois même victorieuses) contre ce monde aient été possible. Il ne faudrait pas leur donner des idées de révolution tout de même ! Seules les révolutions approuvées par l'Etat et qui ne le remettent pas en question sont autorisées! Ils n'ont même plus l'idée de savoir que tout ce qui était vrai autrefois est devenu faux aujourd'hui et vice versa. Et lorsqu'on vit dans un monde où tout est faux, on s'imagine alors qu'on vit dans le vrai puisqu'aucune comparaison n'est plus désormais possible.

L'économie ayant de plus terminé sa fusion avec le politique, le citoyen moderne n'a même plus besoin de réfléchir ni de penser ; on le fait à sa place. C'est alors que le monde médiatique et ses cohortes d'experts interviennent et commencent à fredonner leurs paisibles berceuses. L'individu est désormais contraint de penser selon les codes et les chemins déjà tracés pour lui. Toute déviation ou passage sur un chemin de traverse est puni. Tout doit être au service de la marchandise y compris ce qu'on croyait rester dans le domaine du non-marchand à jamais. La science est au service des labos, de Monsanto etc..., l'art contemporain est au service de la finance, et est placé sur un même pied d'égalité que des chefs d'oeuvre classiques par des spécialistes ou des ministres de la "Culture" corrompus. Même l'école est devenu aujourd'hui le haut lieu de l'apprentissage de l'analphabétisme.

Enfin Debord termine en apothéose sur la question de l'Etat en le comparant à la Mafia. "On se trompe chaque fois que l'on veut expliquer quelque chose en opposant la Mafia à l'Etat : il ne sont jamais en rivalité". En réalité l'Etat et la Mafia sont complémentaires et sont construits sur le même schéma. L'Etat est simplement la forme légalisée de la pègre.

Reste à espérer que l'on soit de plus en plus nombreux à suivre les conseils prodigués par Debord dans ses textes courts mais efficaces et de nous rappeler que tout ce qui n'est pas une critique radicale et sans concession de l'Etat et du Capital sous toutes ses formes ne sert qu'à le renforcer. Il faut se rendre irrécupérable aux yeux du spectacle marchand : dernière forme de résistance.


Du Terrorisme et de l'État : La théorie et la pratique du terrorisme divulguées pour la première fois
Du Terrorisme et de l'État : La théorie et la pratique du terrorisme divulguées pour la première fois
par Gianfranco Sanguinetti
Edition : Broché

5.0 étoiles sur 5 Le terrorisme de masse est toujours d'origine étatique, 5 mars 2016
Sanguinetti a sans doute écrit le livre définitif sur tout ce qu'il faut savoir à propos du terrorisme de grande envergure. Il prend largement pour exemple les attentats de la fin des années 70 en Italie durant les fameuses années de plomb, mais son analyse peut tout aussi bien concerner n'importe quelle action terroriste de masse.
Que s'est il passé en Italie ? D'abord des grèves ouvrières très vivaces que l'Etat et les syndicats aux ordres (pléonasme) avaient du mal à endiguer. Il fallait donc trouver une solution au problème. Quoi de mieux donc d'infiltrer les milieux d'extrême-gauche, de manipuler quelques excités et de leur faire commettre des attentats pour mettre la trouille à toute la population et accuser les grévistes. L'Etat Italien a donc infiltré (ou crée de toutes pièces les fameuses autant que mystérieuses ("fantomatiques" selon l'expression de Sanguinetti) Brigades Rouges et fait assassiner Aldo Moro, un célèbre politicien de l'époque.
Tout au long de son texte Sanguinetti n'a de cesse de rappeler que le véritable ennemi de l'Etat n'est pas les terroristes (c'est lui qui les crée) mais bien le prolétariat en arme qui menace de le renverser (surtout dans les périodes révolutionnaires). Blanqui l'avait déjà très bien exprimé dans son toast de Londres en 1851 : "On se prosterne devant les baïonnettes, on balaye les cohues désarmées. La France hérissée de travailleurs en armes, c'est l'avènement du socialisme. En présence des prolétaires armés, obstacles, résistances, impossibilités, tout disparaîtra. Mais, pour les prolétaires qui se laissent amuser par des promenades ridicules dans les rues, par des plantations d'arbres de la liberté, par des phrases sonores d'avocat, il y aura de l'eau bénite d'abord, des injures ensuite, enfin de la mitraille, de la misère toujours.
Que le peuple choisisse !"
Et Marx l'avait ensuite résumé : "Pour l'Etat il n'existe qu'une seule et inviolable loi : la survie de l'Etat !"

Que les prolétaires ne se trompent donc pas et ne se laissent pas abuser par tous les chiffons rouges agités par les bourgeois ou les différentes sectes rouges (léninistes, trotskistes, staliniens, anti-fascistes...) : l' ennemi du prolétariat, c'est l'Etat et le Capital dans sa totalité ! Pas le fascisme !
C'est pour cette raison que Sanguinetti conclut son texte en rappelant que le terrorisme n'a jamais été et ne sera jamais un moyen de lutte efficace du prolétariat, seul l'Etat et les faux communistes (on peut rappeler ici l'apologie du terrorisme rouge par Trotsky dans son livre "Communisme et terrorisme") utilise ce genre de méthodes, pour dominer par la terreur et faire passer les bourreaux pour les victimes.

Citons maintenant ces quelques lignes qui terminent ce livre si précieux : "Et quant à nous subversifs, qui sommes précisément avec l'opposition ouvrière, et non avec l'Etat, démontrons-le avant tout et en toutes occasions en démasquant toujours tous les actes de terrorisme des services de l'Etat, auquel nous laissons volontiers le monopole de la terreur ; il s'agit de rendre l'infamie plus infâme encore, en la livrant à la publicité : à la publicité qu'elle mérite.[...] Des millions de consciences opprimées se réveillent et se rebellent chaque jour contre l'exploitation : et les ouvriers sauvages savent parfaitement que la révolution sociale ne se fraye pas un chemin en accumulant des cadavres sur son passage - ça, c'est une prérogative de la contre-révolution stalino-bourgeoise, prérogative qu'aucun révolutionnaire ne lui à jamais contestée. Et quant à ceux qui ont rejoint le militantisme aliéné et hiérarchique au moment de sa faillite, il ne deviendront subversifs qu'à la seule condition d'en sortir. [...]Et ceux qui prétendent encore vouloir combattre l'aliénation de manière aliénée, par le militantisme et l'idéologie, se rendront très vite compte qu'ils ont renoncé à tout combat réel. Ce ne sont certainement pas des militants qui feront la révolution sociale, ni les services secrets et la police stalinienne qui l'empêcheront"


LES SYNDICATS CONTRE LA REVOLUTION.
LES SYNDICATS CONTRE LA REVOLUTION.
par PERET BENJAMIN ET MUNIS G.
Edition : Broché

5.0 étoiles sur 5 Les syndicats : police éternelle du Capital, 8 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : LES SYNDICATS CONTRE LA REVOLUTION. (Broché)
Cette étude du syndicalisme publiée en 1952 pour le première fois par le poète surréaliste Benjamin Péret et son ami G. Munis est une arme décisive pour comprendre le rôle néfaste joué par les syndicats depuis plus d'un siècle maintenant. Péret commence par faire un bref historique de la naissance des premiers syndicats ouvriers en France à la fin du XIXè siècle où ces derniers défendaient légitimement les intérêts de la classe des prolétaires nouvellement formée et qui était en voie d'obtenir une conscience critique radicale contre les exploiteurs en tout genre.
La première trahison des syndicats vint lors de la première guerre mondiale où ils se rangèrent du côté des capitalistes dans l'acceptation de la guerre au lieu de maintenir la position internationaliste de l'alliance de tous les prolétariats du monde contre les bourgeoisies qui avaient à cœur de mener les ouvriers et les paysans à l'abattoir.

Les syndicats se sont donc révélés comme les meilleurs partenaires (aujourd'hui on dit même "partenaires sociaux") de la classe des exploiteurs. Au lieu de revendiquer et d'exiger l'abolition pure et simple du salariat, les syndicats ne font que négocier la longueur de la chaîne qui détruit la vie des travailleurs. De plus, leurs revendications, au lieu d'être plus dures contre la classe capitaliste, n'ont cessé de s'amollir, confinant au ridicule. Pas étonnant qu'aujourd'hui les syndicats soient désertés et que plus aucun travailleurs ne leur fassent confiance. Le syndicalisme n'a jamais été révolutionnaire, mais seulement réformiste. En période de révolution, le syndicat sera toujours un frein à la révolution et une aide précieuse à la classe capitaliste pour diviser au maximum la classe prolétaire.

Je ne résiste pas au plaisir de citer ce passage dans le texte de Munis qui est prémonitoire : "La bureaucratie stalinienne, mieux encore qu'aucune bourgeoisie, sait intensifier l'exploitation en accélérant le rythme du travail et en introduisant dans le prolétariat le plus grand nombre possible de catégories. C'est le moyen traditionnel du capitalisme pour stimuler la production, que de substituer à l'intérêt historique homogène du prolétariat une multiplicité d'intérêts hétérogènes immédiats, qui sont autant d'entraves à l'action révolutionnaire commune."
On pourrait remplacer dans ce paragraphe "bureaucratie stalinienne" par "sociologie universitaire" et l'on aurait une belle mise à jour des stratégies employées par le Capital pour détruire les luttes du prolétariat unifié.

La solution est donc de dénoncer les syndicats comme police du Capital dans les usines et de les remplacer par des conseils ouvriers révolutionnaires dont le mot d'ordre serait : ABOLITION DU SALARIAT !
Voilà ce que nous font comprendre ici ces deux textes de Péret et Munis, d'une importance capitale, proprement révolutionnaire.


La tragedie de cronstadt 1921
La tragedie de cronstadt 1921
par AVRICH Paul
Edition : Broché

5.0 étoiles sur 5 Excellente analyse de cette tragédie, 6 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : La tragedie de cronstadt 1921 (Broché)
"Tout pouvoir aux soviets". C'est par cette phrase qu'en 1917 Lénine jette les bases du nouveau régime communiste qui vient de renverser l'ordre féodal tsariste en Russie. Pourtant, 4 ans plus tard et après une guerre civile dévastatrice entre Blancs et Rouges, ce slogan a été oublié et n'est plus à l'ordre du jour. Le communisme de guerre mis en place pour faire face à l'Etat d'urgence ne semble pas vouloir être remis en cause par les autorités bolcheviques dirigeantes à Moscou. Un voile dictatorial s'est abattu sur la Russie et Lénine refuse de plus en plus la moindre opposition au règne sans partage de son parti-Etat. Les soviets ne décident plus de leur avenir.
Seules quelques poignées de résistants fidèles à la Révolution de 1917 veulent restaurer le pouvoir des soviets et libérer le pays de l'emprise bolchevique. Et parmi eux figurent évidemment les éternels insurgés de la forteresse de Cronstadt, coincée dans le golfe de Finlande et protégeant la ville de Petrograd. Il vont avoir le courage de défier l'ordre Léniniste pendant 2 semaines, mais malgré leur courage héroïque, leur révolte sera noyée dans le sang. A cette époque Trostky ne rechignait pas à faire exécuter sommairement les opposants les plus sérieux au Parti. Ce n'est que plus tard quand il deviendra lui-même opposant au Stalinisme qu'il devra subir les méthodes scandaleuses qu'il avait fait subir à d'autre avant lui. D'arroseur, il s'est retrouvé arrosé. Mais plus aucun opposant n'était là pour le soutenir.
C'est l'histoire de cette aventure incroyable des révoltés de Cronstadt que Paul Avrich (historien américain) nous fait redécouvrir avec passion. En croisant de multiples références (communistes, anarchistes, léninistes, trotskystes) il reconstitue le puzzle de ces deux semaines sanglantes en écartant les mensonges, les calomnies et les falsifications. La bibliographie est extrêmement riche et permet de se plonger encore plus en profondeur dans l'analyse. Ecrit en 1970, ce livre n'en constitue pas moins une référence et un point de départ indispensable pour étudier la tragédie de Cronstadt durant laquelle succombèrent des milliers de "martyrs entrés vivants dans la mémoire du peuple comme les enfants sans reproche de la révolution." selon les mots d'Ida Mett (anarchiste russe).

L'étude de la tragédie de Cronstadt est aussi indispensable pour comprendre les ravages opérés par un parti et comment il peut détruire une révolution qu'il avait lui même contribué à gagner. Pour conclure, il faut citer le mot d'ordre infiniment juste des héroïques marins de Cronstadt "Tout pouvoir aux soviets mais pas au partis"


Manifeste contre le travail
Manifeste contre le travail
Prix : EUR 7,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Le travail, une saloperie à abattre !, 6 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Manifeste contre le travail (Format Kindle)
A la suite de tous les courants radicaux qui font une critique sans concession du capitalisme et de ses conséquences funestes ( depuis Marx jusqu'au situationnistes), le Groupe Krisis reprend le travail où ses prédécesseurs l'ont laissé. Les analyses de Marx sont bien évidemment de plus en plus d'actualité et ce "Manifeste contre le travail" ne fait que les réactualiser.
Le paradoxe principal mis en évidence ici est l'impossibilité pour le capitalisme de continuer à se reproduire comme il l'a toujours fait. Le travail est devenu l'Idole des temps modernes et pourtant on n'a jamais mis autant de personnes au chômage. En effet, depuis l'organisation scientifique du travail mis en place par le duo Taylor-Ford, les tâches qui auparavant étaient réalisées par les ouvriers, le sont aujourd'hui par des machines. Sauf que la concurrence de plus en plus accrue entre les entreprises (au niveau national, européen et mondial) engendre automatiquement une baisse des taux de profits compensés par une surproduction de produits. La société de consommation mis en place après 1945 est en train de devenir obsolète car même les grandes masses abruties dans la consommation n'arrivent plus à ingurgiter les tonnes de produits déversés devant leurs yeux médusés. En d'autres termes, on ne donne pas à boire à un âne qui n'a plus soif. De plus, les gens qui faisaient partie des classes moyennes (artificielles) issues des trente glorieuses (les fameuses chaines dorées du capitalisme), sont en voie de prolétarisation forcée. Or, un chômeur ou un précaire de plus est toujours un consommateur de moins. La méga-machine basée sur le servage productif et sur le décérébrage consumériste va inévitablement finir par se gripper.

La solution n'est donc pas de perpétuer le travail sous de nouvelles formes ou de le réformer mais de l'abolir.

Le reproche que l'on peut faire à ce manifeste est de ne pas assez insister sur le rôle funeste des partis politiques (en particulier d'extrême gauche) qui veulent faire la révolution à la place du peuple et finalement contre lui. L'abolition du capitalisme passe donc par l'abolition du salariat, du travail, de l'Etat et donc de tous les partis.


Géopolitique des empires
Géopolitique des empires
par Gérard Chaliand
Edition : Poche
Prix : EUR 9,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Ni fait ni à faire, 30 décembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Géopolitique des empires (Poche)
Vouloir résumer l'histoire et la géopolitique de tous les empires de la planète et depuis leur commencement est une tâche pour le moins herculéenne. C'est ce qu'ont tenté de faire Gérard Chaliand et Jean-pierre Rageau. Le moins qu'on puisse dire c'est que l'entreprise manque totalement son but. En effet, en 250 pages, il est impossible de pouvoir tout dire et du coup on dit presque rien sur tout. A titre d'exemple l'Empire Carolingien est expédié en 1 seule malheureuse page, de même pour le monde gréco-romain qui est traité en une dizaine de pages. Seuls les chapitres sur l'empire Mongol et sur l'Empire ottoman sont à peu près intéressants. Pour le reste, la structure du livre fait penser à une compilation de fiches Wikipédia ou de résumés de manuels scolaires. Les auteurs nous offrent une succession de dates avec des événements correspondants ainsi que des personnages célèbres; la part de l'analyse quant à elle, reste minime. Le tout est donc très indigeste à assimiler.

Clairement, il ne peut s'agir ici que d'une brève introduction à un sujet dont l'apprentissage demande énormément de lecture et donc de temps. Les amateurs de géopolitique, d'Histoire et de géographie n'apprendront sans doute rien ou pas grand chose. Ceux qui ont suivi assidûment leur cours d'Histoire de collège n'auront pas non plus le sentiment d'en savoir guère plus à la sortie. La bibliographie pourrait être plus étoffée.

Seul une petite pique concernant les activités américaines sous faux-drapeau via leurs ONG frauduleuses, vient égayer la conclusion de l'ouvrage. Ecrit en 2O10, il reste très généraliste dans ses conclusions, ne s'engage pas vraiment sur ce que pourrait être le monde de demain (si ce n'est ce que le quidam moyen peut deviner de lui même). De plus il n'a anticipé aucun des événements récents ayant eu lieu ces dernières années ( 'printemps' arabes, guerre d'Ukraine, ravivement du terrorisme, effondrement à venir de l'économie mondiale etc.)

Bref, ce livre ne sera sans doute pas la référence sur ce vaste sujet; Sans doute faut-il lui préférer l'ouvrage (plus copieux) d'Aymeric Chauprade : "Geopolitique : constantes et changements dans l'Histoire'


La création des identités nationales
La création des identités nationales
par Anne-Marie Thiesse
Edition : Broché
Prix : EUR 8,80

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Désacralisation d'un mythe : l'identité nationale, 23 décembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : La création des identités nationales (Broché)
Vous croyiez que l'identité nationale remontait au fond des âges et à la nuit des temps. Détrompez-vous ! En réalité ce sont des constructions culturelles plutôt récentes puisqu'elles ont commencé à voir le jour à la fin du XVIIIème siècle et se sont consolidées au cours des deux siècles suivants. C'est les causes de ces constructions et leur déroulement à travers toute l'Europe que Anne-Mairie Thiesse met en lumière brillamment.
En effet, il faut remonter à la querelle entre les anciens et les modernes où s'opposait l'antiquité gréco-romaine classique (les anciens) et l'envie de trouver de nouvelles bases que lesquelles asseoir la culture (les modernes). Avec la Révolution française, la chute de la monarchie et de l'aristocratie basée sur l'hérédité et le lignage, un nouveau paradigme se met en place. La bourgeoisie prend le pouvoir et va se lancer dans un gigantesque travail de retour aux sources pour fabriquer de nouvelles identités sur la base de la nation.
Toutes les nations européennes vont dorénavant se chercher leurs héros fondateurs, ériger un folklore, restaurer les bâtiments anciens, instrumentaliser les arts (littérature, architecture, musique,...) au service de la nouvelle idéologie. En France, c'est Vercingétorix, les Gaulois, Jeanne d'Arc, Charles Martel ... qui ressortent de terre et à qui l'on offre une nouvelle jeunesse, même chose chez tous nos voisins européens : l'Ecosse exhume son passé druidique et remettent le kilt au goût du jour, la Roumanie ressuscite les Daces, les Finlandais inventent ou bricole une nouvelle épopée mythologique : le Kalevala. etc.
Des traditions insoupçonnées et même carrément inventées sont mises sur le devant la scène. Le paysan devient une figure emblématique du renouveau identitaire (on envoie dans les campagnes des officiels chargés de collecter les précieux contes et légendes populaires, soi-disant des réminiscences du leg patrimonial multiséculaire), ce qui ne changera bien entendu rien à leur niveau de vie. Et lorsque les trouvailles sont jugées trop décevantes ou trop incomplètes, qu'à cela ne tienne, on les réarrange à l'envi ou on les recrée de toutes pièces. Un gigantesque folklore se met en place. La compétition folklorique et identitaire entre nations peut commencer (les Jeux Olympiques de 1896 en sont le témoignage le plus vivant) avec pour point d'orgue aussi la guerre de 1914-1918 (fruit pourri du nationalisme allié du capitalisme).
Avec Anne-Marie Thiesse il faut bien conclure que les identités nationales tant à la mode aujourd'hui et qui sont instrumentalisées comme étant le seul rempart à la catastrophe mondialiste, sont des constructions tardives de l'histoire. Ce n'est pas les traditions qui forge la nation maien bien plutôt la crétion de l'identité nationale qui invente les traditions. Comme le disait d'ailleurs Ernest Renan dans son fameux discours "Qu'est ce qu'une nation ?" : "Les nations ne sont pas quelque chose d'éternel. Elles ont commencé, elles finiront".

Il semble bien qu'aujourd'hui ces créations nationales soient dépassées et on n'est peut-être en train d'assister à leur fin. Alors quoi pour les remplacer ?
L'Union Européenne ? Cela semple complètement impossible car le côté identitaire de cette organisation est inexistant, de plus les différents peuples européens n'y croient plus du tout. Le gouvernement mondial d'Attali est lui aussi une fausse piste puisqu'il n'est que l'émanation de l'impérialisme capitaliste dans sa phase de nécrose.
Peut-être conviendrait-il mieux de proposer des idéaux plus modestes basés sur des organisations à taille humaine et beaucoup mieux gérables.

En complément de la lecture de ce livre je conseillerai les ouvrages suivants :
Eugen Weber, "La fin des terroirs" [pour savoir comment on a transformé des paysans ancrés dans un territoire local en des citoyens nationaux via la modernisation à la fin du XIXè siècle)
Olivier Rey "Une question de taille" [Quelle est la taille optimale pour qu'une société soit vivable]
Les livres de Eric Hobsbawm "Nations et nationalismes depuis 1780" et "L'invention de la tradition"
Ainsi que l'excellent documentaire de Audrey Maurion intitulé "Adieu paysans"


La Mecque-Phuket
La Mecque-Phuket
par Saphia Azzeddine
Edition : Poche
Prix : EUR 7,10

3.0 étoiles sur 5 La vie des jeunes musulmans des quartiers aujourd'hui, 5 décembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Mecque-Phuket (Poche)
Des dizaines de chercheurs estampillés "CNRS", "EHESS", "Science-Po" s'échinent à essayer d'expliquer misérablement les conditions de vie des jeunes des banlieues. Pour éviter de perdre son temps, il vaut mieux se pencher sur la littérature (quand elle est bonne). Lire Balzac pour comprendre les différences de classe dans la première moitié du XIXème siècle sera toujours plus profitable que de lire n'importe quel pavé d' universitaire pédants.
Sans vouloir la comparer à ses illustres prédécesseurs littéraires, Saphia Azzeddine s'inscrit dans cette tradition. Au travers de l'histoire qu'elle nous raconte, ce sont toutes les frustrations, les incompréhensions, les doutes, les révoltes de la jeunesse qui se dévoilent. On y suit les péripéties de Fairouz, une jeune fille assez brillante coincée entre prescriptions et traditions religieuses ou familiales de son entourage et en même temps on découvre la tendresse et la bienveillance d'une mère pour sa fille. Elle, a envie de tout retourner. Elle ne supporte plus l'ignorance, l'hypocrisie et le fait qu'on lui dise tout ce qu'elle doit faire ou non. On sent toute la verve féministe ( mais un féminisme intelligent, rassurez vous !) de Saphia Azzeddine.
L'humour est bien évidemment au rendez-vous. Toutes les communautés en prennent pour leur grade: les musulmans, les français de souche, les Picards, les Bretons, les Roms... C'est aussi la logique de l'intégration qui est révélée, entre la famille qui garde ses traditions d'origine pour bien passer dans le quartier et la fille qui a compris que pour s'en sortir il faut faire comme ceux qui vivent dans ce pays depuis des générations. Entre un père qui passe ses journées à pester contre les "lobbies", une soeur abrutie par la mode et une mère pour qui, le seul horizon de bonheur est d'acheter des sacs Gucci contrefaits le samedi au marché, Fairouz a fort à faire pour exister, changer son quotidien et celui de ses proches. Elle a besoin d'évasion et la première occasion pour mettre ses plans à réalité est la bonne...
Après confidences à Allah c'est sans doute un des meilleurs livresde Saphia Azzeddine, les derniers ayant été légèrement décevants.
Je laisserai le mot de la fin à Fairouz, l'héroïne de l'histoire : "Il y a donc deux manières d'envisager Dieu ici-bàs. Il y a ceux qui demandent pardon et ceux qui disent merci. J'avais choisi. Merci mon Dieu.


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