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Contenu rédigé par nicolaslejardinier
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Commentaires écrits par
nicolaslejardinier "nicolaslejardinier"

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At This Time
At This Time
Prix : EUR 18,49

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Trio d'as, 16 juillet 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : At This Time (CD)
Voilà un très beau disque de plus dans la discographie du pianiste Steve Kuhn. Enregistré en août 2015 avec Steve Swallow (guitare basse) et Joey Baron (batterie), cet enregistrement est consécutif à un engagement du trio au Birdland de New York ainsi qu'à une tournée européenne moins récente dont on peut savourer un beau moment sur la toile (chercher "Jazz à Foix 2012").
Les admirateurs de Kuhn et de Swallow ne sauraient trop remercier le label Sunnyside d'avoir mis en boîte cette séance et immortalisé la réunion de ces deux merveilleux musiciens. Leur entente, ici superbe, relève bien sûr de l'amitié, du respect mutuel, de la cérébralité, de la sensualité, d'une forte dose de sensibilité et d'une somme d'expériences considérable. Joey Baron, dont on connaît la musicalité et la maîtrise du trio avec piano (aux côtés d'Enrico Pieranunzi par exemple), est un compagnon idéal pour les deux musiciens.
Même si, à brûle-pourpoint, deux mélodies me viennent à l'esprit (l'entêtant "Ah Moore" d'Al Cohn et l'intense "This is new" de Kurt Weill), cette heure ou peu s'en faut de musique est d'une grande densité dans son ensemble.
Kuhn et Swallow, respectivement 77 et 74 ans lors de l'enregistrement, ne sont plus (et n'ont jamais été, d'ailleurs) de ceux qui parlent pour ne rien dire, c'est bien pour cela qu'on les écoute avec autant de plaisir.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (7) | Permalien | Remarque la plus récente : Jul 19, 2016 4:41 AM MEST


The Zoo Bar Collection Vol 6
The Zoo Bar Collection Vol 6
Prix : EUR 14,84

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un Primer qui ne nous vend pas des salades, 22 mars 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : The Zoo Bar Collection Vol 6 (CD)
Le blues est une musique bon marché: il suffit de trois gars (un guitariste-chanteur, un bassiste, un batteur), quelques accords mais pas plus, un club étriqué avec si possible quelques clients dedans et...tout reste à faire pour que le miracle de la musique se produise. Eh bien, John Primer (guitare, chant), Nick Holt (basse) et Michael Scott (batterie) ont fait le boulot à fond dans ce Zoo Bar de Lincoln, Nebraska, l'année n'étant pas donnée (fin des années 80).
Comment expliquer l'extrême qualité de ce concert? Par la compacité du trio, d'abord. Ces trois-là jouent comment un seul homme, terriblement soudés et à l'écoute les uns des autres.
Individuellement, on ne présentera plus Nick Holt, frère et partenaire de Magic Slim, pivot indéboulonnable de tant de séances d'enregistrement. Michael Scott, que je découvre ici, est le batteur de blues idéal: puissant et souple à la fois, swinguant, funky lorsque nécessaire, bref une fondation faite de béton et de groove. Primer se montre à la hauteur de ses compagnons: ses lignes de guitare sont sobres, précises, percutantes, son chant inspire le même respect en allant droit au but, sans effets ni astuces de quelque sorte.
Enfin, le répertoire est du premier choix (Jimmy Reed, BB King, Muddy Waters, Howlin' Wolf, Willie Dixon, Little Milton, Magic Sam, Tommy Lee Tate), formidablement varié en styles et en rythmes.
Du premier au dernier morceau, les trois bluesmen ne baissent jamais la garde, maintenant l'intensité au plus haut, le tout étant très bien enregistré. Un Primer à ne pas rater.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (5) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 23, 2016 1:42 PM CET


Essence
Essence
Prix : EUR 19,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Don Ellis, ce quasi-inconnu, 21 mars 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Essence (CD)
Une mort prématurée à 44 ans (en 1978) et un grand intérêt pour la musique contemporaine font que ce musicien demeure peu connu du public du jazz. Il était pourtant, comme on peut l'entendre dans ce disque, un magnifique trompettiste doublé d'un compositeur très aventureux (ailleurs, c'est le chef d'orchestre qui se fera remarquer).
"Essence" paraît en 1962 sur Pacific Jazz. Aux côtés d' Ellis se trouvent Paul Bley (piano), Gary Peacock (contrebasse) et Gene Stone ou Nick Martinis (batterie). On se rappellera que 2 semaines après cette séance, le pianiste enregistrera l'un des manifestes du piano jazz moderne (Complete Savoy Sessions 1962-63) tandis que le contrebassiste côtoie déjà, avant son grand rendez-vous avec Albert Ayler, des musiciens engagés dans l'avant-garde (Sonny Simmons, Prince Lasha). C'est dire si l'un et l'autre, dont ce disque inaugure une rencontre qui s'avèrera fructueuse au cours des années à venir, sont aptes à suivre les voies peu balisées d' Ellis.
Ces voies se manifestent ici par 4 compositions du trompettiste (Slow space, Ostinato, Form, Irony) plus une de Carla Bley, alors épouse de Paul (Donkey). Trois standards (Johnny come lately, Angel eyes, Lover) les complètent, autant par souci du trompettiste de ne pas trop égarer ses auditeurs que pour le plaisir fort compréhensible de l'instrumentiste et de l'improvisateur.
"Essence" est un disque que l'on écoute toujours avec un vif intérêt. Chaque écoute, selon sa disposition, met en avant tel ou tel aspect remarquable: l'abstraction décapante de certaines compositions, la brillance du trompettiste, les interactions entre musiciens, les contributions vraiment formidables de Bley et Peacock (avec "Donkey" en point d'orgue), l'efficacité des batteurs.
Comme d'habitude, transfert superbe et travail éditorial à l'avenant de la part du label Fresh Sound. Un disque à écouter absolument par tout amateur de jazz moderne.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 2, 2016 6:52 PM MEST


Tore Up From The Floor Up
Tore Up From The Floor Up
Prix : EUR 18,43

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Ah, Zora! (soupir), 21 mars 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Tore Up From The Floor Up (CD)
Née dans l'état du Mississippi en 1948, cette chanteuse de blues est loin d'avoir la discographie que son grand talent aurait dû lui permettre: à ce jour, à peine 3 disques Delmark et autant sur d'obscurs labels. Quiconque a écouté ses premières faces enregistrées (Blues With the Girls) n'a pu oublier cette formidable chanteuse à la voix souple, chaude, sensuelle, parfois mutine, puissante mais qui ne vous arrache pas les tympans...toutes qualités souvent cruellement absentes chez nombre de consoeurs qui ne privilégient que la puissance à outrance, comme si le blues ne devrait être que hurlé que l'on soit homme ou femme.
Dans ce disque paru en 2005 comme dans d'autres que j'ai pu écouter d'elle, les moments formidables alternent avec des moments qui ne décollent guère et c'est bien là la raison qui fait que l'amateur de blues ressent quelques frustrations vis-à-vis de cette chanteuse: un potentiel énorme mais des résultats qui ne sont pas à la hauteur (le même constat vient d'être fait par le magazine Soul Bag au sujet de sa dernière production, Friday Night). Ici, Zora me semble plus convaincante chez les autres (Love of mine, Go ahead and take him) que dans ses propres compositions (Slowly) même si elle aurait pu s'abstenir de certaines reprises (Rainy night in Georgia).
Quoi qu'il en soit, ce "Tore up" affiche, comme à peu près tout disque du catalogue Delmark, un standard de qualité plus qu'honorable pour ce qui me concerne. Et compte tenu de la rareté de l'artiste, on ne chicanera pas sur ses quelques faiblesses. A noter l'excellent travail du guitariste Pete Allen et du claviériste alsacien Bobby Dirninger ainsi que l'interview de la chanteuse qui conclut le disque.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 21, 2016 7:25 PM CET


London Years
London Years
Prix : EUR 12,21

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 My Shearing is rich, 19 février 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : London Years (CD)
On connaît de George Shearing ce qu'il a produit lorsqu'il était installé aux Etats-Unis. Ce disque nous restitue les premières faces du pianiste britannique enregistrées à Londres, sous son nom, entre 1939 et 1943. Il avait alors entre 19 et 24 ans.
Après écoute de ces 25 interprétations, quasiment toutes en solo, un premier constat s'impose: ce musicien n'aura pas attendu les ans ni le Nouveau Monde pour parvenir à la qualité musicale. Sont déjà présents dans son jeu le raffinement, l'élégance, l'aisance technique et le swing qui feront bientôt son succès. Shearing enchaîne avec une facilité déconcertante (et, il faut le reconnaître, un bonheur constant) les ballades, les morceaux stride et swing, les boogie woogie.
Si l'on peut détecter l'influence de certains maîtres de l'époque** (Tatum, hines, Cole, Waller, Wilson, Meade Lux Lewis), le jeune pianiste n'est jamais un "copycat". Les nombreux standards qui passent entre ses mains ont la vie belle et nous de même en les écoutant. Quant à la poignée de compositions personnelles du pianiste, si elles ne sont pas destinées à la postérité comme le sera "Lullaby of Birdland", elles contribuent cependant à terminer le portrait flatteur que j'ai tracé plus haut (on remarquera que "Stomp in F" s'inspire allègrement de "Honeysuckle rose").
A noter aussi une rareté avec ce "Squeezin' the blues" par un Shearing accordéoniste.
Un disque délicieux.

**et même de compositeurs classiques comme Ravel (cf. l'interprétation superbe de "Softly as in a morning sunrise")
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (6) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 21, 2016 11:38 AM CET


Momentum
Momentum
Prix : EUR 21,68

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Un conteur d'histoires, 16 février 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Momentum (CD)
Le hasard d'une promotion m'a fait découvrir ce pianiste américain, dont le nom m'était inconnu, dans l'exercice sans filet du solo. "Momentum", enregistré en 2007 pour le label de Nils Winther (Gerhardt avait alors 45 ans), est pour moi une découverte enthousiasmante car voilà un musicien de jazz qui ne clone personne, qui ne fait aucun numéro d'équilibriste et qui apparaît ferme dans ses intentions musicales, lesquelles se traduisent par 8 compositions personnelles -soit la quasi totalité du disque- aux climats variés et entêtants.
Si Gerhardt débute le disque par un hommage à Herbie (Nichols) de forme bebop mais avec ces harmonies originales qui étaient celles prisées par le dédicataire, les compositions suivantes se démarquent totalement de ce courant en affichant une qualité que l'on pourra dire cinématographique. Ce sont des mélodies qui évoluent comme des histoires en cours de narration, très expressives, gorgées de sensibilité et d'émotions diverses. Ce musicien est assurément un remarquable narrateur qui peut évoquer le Enrico Pieranunzi de Parisian Portraits.
On notera aussi la manière non intrusive et posée (c'est-à-dire sans tapage ni exubérance ou même lyrisme excessif) avec laquelle il déroule ses mélodies. Et ce ne sera pas lui faire injure que de relever la beauté qui sourd de "Gary's waltz", le seul morceau qu'il n'a pas composé (signé Gary McFarland) mais qu'il interprète avec une délicatesse infinie.
Un disque à convoiter si l'on apprécie le piano jazz solo.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 18, 2016 11:04 AM CET


Upside
Upside
Prix : EUR 21,71

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Une brise rafraîchissante sur le B3, 5 février 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Upside (CD)
Même les amateurs d'orgue Hammond (j'en suis) se doivent de reconnaître que cet instrument est plutôt sclérosé dans le sens où il ne permet pas une très grande diversité d'expression. Autant il y a un monde entre Cecil Taylor et Bud Powell, autant Jimmy Smith et Sam Yahel sont finalement assez proches. Ainsi, les apports d'un nouvel organiste relèvent plus de la nuance que de la révolution.
Avec ce disque, j'ai découvert sous son nom cet organiste américain (âgé de 36 ans lors de cet enregistrement réalisé en 2008) qui avait auparavant attiré mon attention auprès du guitariste Vic Juris (Listen Here). Mon sentiment est: chapeau bas, Monsieur Charette!
Tout d'abord, sur les 12 titres du disque, l'organiste apporte 8 compositions personnelles, lesquelles offrent un savoureux mélange de présent (harmonies modernes) et de tradition (swing), le tout dynamisé par une énergie constante.
Ensuite, le jeu de Charette se distingue par une légèreté et un vélocité admirables, ses lignes de basse au pédalier, omniprésentes et discrètes à la fois, ne gâchant en rien ces qualités, bien au contraire.
Enfin, dire qu'il s'est bien entouré est un euphémisme. Ben Monder, qui me remet à l'esprit la seule superbe contribution que je connaissais de lui à ce jour (Right Brain Patrol), apporte ici aussi de l'ouverture et de la plus-value: une électricité non tapageuse, des lignes mélodiques évidentes tout en étant complexes, des accords posés de main de maître en accompagnement. La battue de Jochen Rückert est incisive, claire, parfaitement adaptée au contexte, il n'y a vraiment rien à redire sur la place de ce batteur dans le trio.
En conclusion, "Upside" est un très bon disque vers lequel on revient avec beaucoup d'intérêt et de plaisir.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 8, 2016 1:22 PM CET


Hommes et femmes à Auschwitz
Hommes et femmes à Auschwitz
par Hermann Langbein
Edition : Poche
Prix : EUR 12,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Pour comprendre, 3 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Hommes et femmes à Auschwitz (Poche)
Comme l'a écrit un autre lecteur, ce livre est en effet indispensable sur ce sujet des camps de concentration et d'extermination nazis. Toute personne qui s'y intéresse doit le lire au même titre que "Si c'est un homme" de Primo Levi ou "L'espèce humaine" de Robert Antelme.
Interné dans le plus meurtrier de ces camps (Auschwitz, 4 millions d'assassinés) entre août 42 et août 44, Langbein a pu consigner ses observations durant sa captivité car il a dû à sa nationalité autrichienne et à son statut de détenu politique (il était militant communiste) d'avoir été relativement "épargné" (les guillemets s'imposent) si l'on compare avec les détenus juifs par exemple. Il n'en a pas moins frôlé la mort dans le bunker tenu par le bureau politique qui anéantissait toute velléité de rébellion dans le camp. Après la guerre, il a poursuivi un long travail de documentation et de recueil de témoignages qui ont servi à ce livre publié en 1980.
Ainsi, "Hommes et femmes à Auschwitz" est une auscultation minutieuse de tous les aspects et composantes du camp: les geôliers SS, les médecins SS, les détenus (politiques, droit commun, raciaux), le revier ("l'hôpital"), la résistance communiste clandestine, le travail forcé, les tentatives d'évasion, le kommando spécial (sonderkommando), etc. Les observations de Langbein et les témoignages auxquels il recourt s'enchaînent en des chapitres concis d'une parfaite clarté.
Il y aurait beaucoup plus à dire sur cet ouvrage essentiel qui a fait l'admiration de Primo Levi mais le mieux est certainement de le lire pour aller au-delà de l'incompréhension, de l'inintelligible, de l'horreur.
Un passage m'a particulièrement marqué. Secrétaire du médecin-chef Wirths, un docteur SS plus "humain" que d'autres, Langbein lui offre à un moment très précis (lorsque les forces nazies commencent à battre en retraite et que la vérité sur l'extermination se fait jour chez les alliés) un cadeau afin, entre autres choses, d''inciter ce docteur à ne pas se faire muter car avec un autre que lui, la situation des détenus empirerait. Sur le présent, il a fait inscrire la citation suivante: "Une vie d'homme, hélas! c'est bien peu de chose mais un destin d'homme, c'est tant de choses!"
Un très grand livre.


Claps Hands, Here Comes Charlie!
Claps Hands, Here Comes Charlie!
Prix : EUR 13,53

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Ella à la perfection, 7 décembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Claps Hands, Here Comes Charlie! (CD)
Même si son titre (une chanson populaire des années 20) n'évoque rien d'excitant pour les amateurs de jazz, ce disque n'en est pas moins une petite merveille et, pour ce qui me concerne, l'un des meilleurs disques studio que j'ai écoutés de la chanteuse. Elle l'a enregistré en 1961 avec Lou Levy au piano, Herb Ellis à la guitare, Joe Mondragon à la contrebasse et Stan Levey à la batterie...soit une petite merveille de quartette à lui tout seul. Signalons que Fitzgerald avait Lou Levy à ses côtés depuis 1957 et que cet orfèvre du clavier, par sa science de l'accompagnement, fut une véritable assurance tous risques pour tous les chanteurs et chanteuses qu'il assista (Peggy Lee, Tony Bennett, Frank Sinatra, Nancy Wilson).
Secondée par une telle équipe, il ne restait plus à la chanteuse qu'à s'investir dans son chant et à Norman Granz, son producteur, de valider un répertoire pas trop ringard pour que l'affaire soit dans le sac. C'est exactement ce qui se passe ici avec un répertoire excellent. Fitzgerald reprend magnifiquement quelques succès de consoeurs et confrères (Signing off-Sarah Vaughan-, Cry me a river-Julie London-, Born to be blue-Mel Tormé-, Music goes 'round and around-Mae Questel*-) ainsi que, chose plus rare, 2 standards du jazz moderne (Night in Tunisia, 'Round midnight). Ses interprétations des ballades sont également à tomber (celles déjà citées mais aussi Good morning heartache, You're my thrill, Spring can really hang you up the most) et si certaines rengaines ont un rapport ténu avec le jazz (Claps hands, Music goes 'round), le traitement swing Fitzgeraldien fait passer la pilule allègrement. J'aurais pu citer également Stella by starlight, My reverie ou d'autres qui affichent le même état de grâce.
3 morceaux inédits enregistrés quelques mois plus tôt avec un autre contrebassiste (Wilfred Middlebrooks) clôturent de belle manière ce disque remarquable.

*Mae Questel, qui fut la voix de Betty Boop (Dance of the Octopus, plages 16-17)
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (6) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 2, 2016 2:21 PM CET


Frank Rosolino-Carl Fontana Tr
Frank Rosolino-Carl Fontana Tr
Prix : EUR 19,48

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 L'art du trombone, 4 décembre 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Frank Rosolino-Carl Fontana Tr (CD)
Frank Rosolino (1926-1978) et Carl Fontana (1928-2003) étaient 2 grands copains, ils étaient aussi 2 des meilleurs trombonistes que le jazz a vu passer, les 2 plus virtuoses selon le dictionnaire du jazz.
Le philosophe Cioran écrivait que "la virtuosité dans tous les domaines est signe de néant; elle n'existe pas à l'aube d'une civilisation. C'est pour cela qu'il y a tant de vérité dans les commencements et si peu dans la réussite et l'achèvement. En tout ne compte que le moment du désir. Ce qui vient après n'est que fignolage, routine, complaisance."
S'il n'est pas ici question de commencements (les 2 musiciens avaient débuté leurs carrières vers la fin des années 40), il y a par contre énormément de désir: le désir qu'ont eu 2 artistes de se faire plaisir et de jouer ensemble la meilleure musique dont ils étaient capables, assistés par une excellente rythmique locale sur la scène du Vancouver Folk Music Festival en ce mois d'août 1978. Ainsi, seuls les spécialistes de l'instrument seront particulièrement attentifs aux traits de virtuosité qui abondent certainement dans cet enregistrement. De leur côté, tous les autres auditeurs ne pourront que savourer l'infinie musicalité de ces maîtres qui font chanter un instrument ingrat, construisent des solos qui tous racontent une histoire, swinguent en diable ou dialoguent avec la plus déconcertante facilité. C'est absolument magnifique et peu importent les standards joués (s'il me faut donner une toute petite préférence, elle ira aux ballades -Here's that rainy day, Stardust, Laura, Embraceable you- tellement l'expressivité y est à son comble).
"Trombone Heaven" n'est donc pas un titre galvaudé car c'est bien le paradis du trombone qui s'offre à nous durant quasiment 1 heure 20 minutes.
ps: on identifiera aisément les trombonistes en sachant que Rosolino (seul dans "Here's that rainy day" et "Embraceable you") a un vibrato plus important et un recours fréquent à des traits fulgurants alors que Fontana (seul dans "Stardust" et "Laura") se montre plus classique mais pas moins intéressant. Le livret du CD, que je n'ai pas encore lu, semble fourmiller de témoignages et d'informations.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 7, 2015 2:15 PM CET


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