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VLV "VLV" (France)

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Que ma joie demeure
Que ma joie demeure
par Jean Giono
Edition : Poche
Prix : EUR 6,60

5.0 étoiles sur 5 Une écriture magnifique, 10 avril 2015
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Des paysans des hauts plateaux de Provence voient leur vie monotone transformée par un homme surgi de nulle part.
Ce roman est aussi beau que son thème est simple : Giono chante la proximité de la nature, des éléments. Son écriture est pour moi une des plus belles de la langue française, tout en images et en métaphores. Je ne pense pas avoir lu d’aussi belles descriptions d’un simple feu de bois ou d’un ciel d’hiver… En personnifiant les éléments, Giono met l’homme au centre de la nature (et non pas l’homme agresseur d’une nature idyllique des premiers temps), et élève la liberté en valeur suprême.
Bien sûr la joie ne dure pas, malmenée par les désirs des hommes et des femmes.
L’idéalisme voire l’utopie n’est pas loin dans ce récit écrit en 1935, pris entre la frivolité des années folles et l’appréhension des années sombres à venir.
Magnifique.


Gilead
Gilead
par Marilynne Robinson
Edition : Broché
Prix : EUR 8,70

3.0 étoiles sur 5 Moments de vie d'un pasteur américain, 25 mars 2015
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« Gilead » de Marilynne Robinson
Gilead est un bled de l’Ohio, où un pasteur, sentant sa fin venir, écrit chaque jour quelques pages à l’attention de son fils.
Il est beaucoup question de filiation, puisque le pasteur parle essentiellement à son fils de son père et de son grand-père. Sans à-coups, le récit chemine lentement et se teinte d’anxiété lorsque le fils d’un de ses amis, peu recommandable, fait irruption dans la vie du pasteur et de sa femme (plus jeune).
Je ne sais pas ce qui a valu à ce livre le prix Pulitzer 2005, peut être la langue (dont je n’ai pu apprécier que la traduction), ou la maîtrise du récit. Il ne m’a pas touché, ni ému ni passionné ; intéressé seulement.
Je suis persuadé qu’il existe un âge idéal pour apprécier certains romans, j’espère pouvoir relire celui-ci dans 40 ans !


Fête fatale
Fête fatale
par William Katz
Edition : Poche
Prix : EUR 6,90

4.0 étoiles sur 5 Suspense magistral, 17 mars 2015
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« Fête fatale » de William Katz
Celui-ci, ça fait un bout de temps que je le pistais : introuvable en poche puis réédité.
Thriller américain terriblement efficace datant des années 80 : une jeune femme récemment marié organise l’anniversaire de son époux, né un 5 décembre. Souhaitant évoquer sa vie d’avant, elle se renseigne sur ses fréquentations d’école, de lycée ou d’armée… et découvre au fur et à mesure que tout ce qu’il lui a raconté est faux.
En parallèle, un flic new-yorkais enquête désespérément sur un mystérieux psychopathe qui tue une femme chaque 5 décembre. La date fatidique approchant, il s’attend à découvrir une nouvelle victime.
Je n’en dis pas plus ! Le livre est écrit simplement, ne bascule jamais dans l’horreur ou le gore, tout est dans le suspense parfaitement maîtrisé… jusqu’à la dernière ligne.


The Yankee comandante
The Yankee comandante
par David Grann
Edition : Broché
Prix : EUR 6,50

3.0 étoiles sur 5 Portrait éclair d’un idéaliste, 11 mars 2015
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« The Yankee comandante » de David Grann
« Dans une révolution soit on gagne, soit on meurt », a dit Che Gevara, cité dans le livre. Formule définitive qui, comme toutes les formules définitives, ne marche pas à tous les coups. William Alexander Morgan, surnommé le Yankee comandante, aida en effet Castro à conquérir Cuba, mais fut éliminé en tant qu’opposant potentiel une fois le régime bien en place.
Le récit raconte donc ces années de conquête : comment Morgan, adolescent américain instable, quitta le foyer familial pour voyager à travers le monde, fuyant dès qu’une forme de stabilité s’installait. Combattant aguerri, il trouve enfin sa voie dans le combat contre Batista et le régime cubain, aux côtés de Castro et Guevara.
Les années passent, la politique de Castro le déçoit et le dit...
Portrait éclair d’un idéaliste, à la fin émouvante.


Arthur & George
Arthur & George
par Julian Barnes
Edition : Broché
Prix : EUR 9,50

3.0 étoiles sur 5 Conan Doyle au secours d'un innocent, 9 mars 2015
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« Arthur & George », de Julian Barnes
Arthur, c’est Arthur Conan Doyle, quadragénaire au faite de sa gloire littéraire. George est le fils d’un pasteur d’origine indienne, qui purge 7 ans de travaux forcés après avoir été injustement accusé de mutiler des animaux.
Leurs histoires respectives sont contées à tour de rôle, par de courts chapitres qui prennent de l’ampleur, d’un côté pour évoquer les amours d’Arthur ou son initiation au spiritisme, de l’autre pour revivre les événements qui ont conduit George en prison.
Et ces récits se croisent lorsque l’innocent contacte le détective pour le laver de tout soupçon. Tout autant par orgueil que par conviction, Conan Doyle mène l’enquête comme l’aurait fait son héros Sherlock Holmes.
Version romancée d’un fait réel, équivalent en Angleterre de l’affaire Dreyfus, par un écrivain britannique contemporain.
Malgré quelques lenteurs, le récit démonte efficacement les préjugés à la source de l’arrestation et de la condamnation : l’origine de George, son apparence physique, ses habitudes le désignaient comme coupable idéal. Conan Doyle est à l’image de son détective : imbu de lui-même, intelligent, persévérant et terriblement anglais. Bon roman.


Le diable sur les épaules
Le diable sur les épaules
par Christian CARAYON
Edition : Pocket Book
Prix : EUR 8,10

3.0 étoiles sur 5 Intrigue bien ficelée, mais cadre historique et géographique peu exploité, 24 février 2015
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Polar historico-rural à l’ancienne, plutôt bien ficelé : plusieurs membres d’une même famille de paysans sont tués tour à tour, à première vue victimes d’une vengeance. Un enquêteur privé supplée la gendarmerie, peu intéressée par l’affaire.
Époque (1924) et lieu (le Tarn) ne sont qu’un cadre, et restent assez peu exploitées, c’est dommage. Tout comme le thème du diable, qui revient de temps à autre sans véritable fil conducteur.
Mais l’enquête est rythmée, le suspense maintenu jusqu’au bout, une gentille histoire d’amour (certes prévisible) parcourt également le roman. Bref un très bon moment.


Le Chardonneret
Le Chardonneret
par Donna TARTT
Edition : Broché
Prix : EUR 11,20

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4.0 étoiles sur 5 Un deuil sans fin, 11 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Chardonneret (Broché)
« Le chardonneret » de Donna Tartt
Donna Tartt est une auteure américaine contemporaine, qui a obtenu le prix Pulitzer 2014 pour ce roman. Je conseille aussi ses deux premiers, à l’atmosphère étrange : « Le maître des illusions » et « Le petit copain ».
Théo Decker, 13 ans, perd sa mère au cours d’un attentat dans un musée de New York. Lui-même sort indemne de l’explosion, et dans la confusion qui s’en suit, dérobe un joyau du XVIIème : « le Chardonneret », tableau préféré de sa mère, et fil rouge du roman.
La première partie décrit l’adolescence de Théo, placé en famille d’accueil puis récupéré par son père, homme faible en proie à des addictions successives (alcool puis jeu et médicaments). J’ai retrouvé ce thème de l’enfance livrée à elle-même dans des lectures récentes (Cormac Mc Carthy, Richard Ford, David Vann, Russel Banks…), c’est visiblement un sujet de prédilection de la littérature américaine contemporaine (enfant seul, adultes déficients…).
La suite le trouve apparemment apaisé, travaillant pour un antiquaire. Ce n’est qu’une apparence : miné par les opiacés qu’il absorbe pour masquer son stress post-traumatique, il vit dans le souvenir. Souvenir de sa mère (que le temps magnifie), de son père, d’un ami de sa famille d’accueil mort noyé. La possession du « Chardonneret » semble sa raison de vivre, tout comme l’amour pour Pippa (jeune femme qu’il a aperçue enfant quelques minutes avant l’attentat, et qu’il vénère).
Le dernier tiers du roman est plus confus (à l’image du cerveau de Théo, embrumé par les drogues et l’alcool), nous menant à Amsterdam dans un milieu interlope de trafic d’œuvre d’arts. « La chardonneret », volé, retrouve la place qu’il n’aurait jamais dû quitter, celle d’un musée.
Un beau roman sur le deuil et l’amour de l’art, qu’une angoisse diffuse maintient sous tension permanente. De magnifiques moments de littérature aussi, lorsque Théo décrit son amour sans issue pour Pippa ou sa fascination pour le tableau.


Une enfance dans la gueule du loup
Une enfance dans la gueule du loup
par Monique Lévi-Strauss
Edition : Broché
Prix : EUR 17,00

4.0 étoiles sur 5 Beau récit, digne, fier et heureux, 13 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Une enfance dans la gueule du loup (Broché)
Monique Lévi-Strauss a écrit les souvenirs de son enfance à près de 70 ans. Il ressort de cette distance une étonnante sérénité, une grande clarté des propos, comme si seul l’essentiel était resté. L’éloignement bannit aussi la détresse et le sentiment d’urgence, malgré la dureté des temps traversés (rien à voir avec « Une femme à Berlin », beau livre dur sur la fin du second conflit mondial dans Berlin en ruine).
La « gueule du loup », c’est l’Allemagne nazie en guerre, où le père de famille décide de s’installer avec les siens. Monique Lévi-Strauss apprend l’allemand (développant un précieux don pour les langues), et craint à tout moment pour sa mère, qui a du sang juif. Elle reproche à son père sa naïveté voire son inconscience, puis lui pardonne lorsque celui-ci est emprisonné, les yeux enfin ouverts sur la réalité de ce régime autocratique (dont il voyait seulement les éclats de la reprise économique).
L’après-guerre est pleine de joie de vivre et de liberté : à une Amérique insouciante et éloignée des chocs subis par l’Europe, la jeune femme choisira le retour à Paris, dans une atmosphère de liesse artistique et intellectuelle.
Son récit se termine sur la rencontre avec Claude Lévi-Strauss, qui deviendra son mari.
Beau récit, digne, fier et heureux, sans doute le vrai pardon à la faute paternelle.


Sympathy for the Devil
Sympathy for the Devil
par Kent Anderson
Edition : Poche
Prix : EUR 8,50

4.0 étoiles sur 5 Roman témoignage sur la guerre du Vietnam, 12 janvier 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Sympathy for the Devil (Poche)
Belle découverte que ce roman sur la guerre du Vietnam, dérangeant et impitoyable comme peuvent l’être les témoignages d’anciens soldats.
Hanson est un jeune béret vert des forces spéciales, qui prend goût au conflit, y lie des amitiés fortes avec d’autres soldats, conscient cependant d’être devenu une machine de guerre pour son pays.
Comme dans « Full Metal Jacket », l’auteur fait un long flashback sur l’incorporation et les classes humiliantes, destructrices pour les plus faibles.
Comme « Platoon », ce récit montre des américains qui s’entretuent sous le couvert du combat contre l’ennemi. Paru dans la même décennie que ces films, « Sympathy for the devil » dénonce les absurdités bureaucratiques, politiques et économiques (par exemple, l’armée utilise des chars totalement inadaptés aux voies engorgées d’eau du Vietnam, à seules fins de faire tourner les industries d’armement), et exprime aussi la grande difficulté du retour au pays.


Avec vue sur l'Arno
Avec vue sur l'Arno
par E. M. FORSTER
Edition : Poche
Prix : EUR 9,90

4.0 étoiles sur 5 Délicieusement anglais, 23 décembre 2014
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« Chambre avec vue » de E.M. Forster
Edward Morgan Forster est l’auteur qui a inspiré James Ivory pour le film éponyme « Chambre avec vue », ou encore pour « Retour à Howards ends ».
L’intrigue est simple : dans l’Angleterre victorienne, Lucy, une jeune femme de bonne famille, rompt ses fiançailles avec un homme de son milieu, Cécil. Le roman dissèque l’approche de cette rupture, sans s’étendre sur l’idylle naissante avec un autre homme, George Emerson.
Cécil incarne la raideur et les carcans de l’aristocratie anglaise. De manière parfaitement innée, il dédaigne les domestiques, méprise la campagne et ses habitants, accorde peu de crédit aux idées des femmes et s’intéresse à l’Art avec un grand A. La libération de Lucy a donc valeur de symbole.
Ce roman fonctionne par allusions, tout en subtilité et en finesse, disant en une phrase ce que d’autres diraient en cent. La campagne, qu’elle soit toscane ou anglaise, joue le rôle de révélateur, et s’oppose par sa sensualité au cadre urbain des salons aristocrates.
Pour résumer ce roman en un cliché : délicieusement anglais.


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