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VLV "VLV" (France)

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Une enfance dans la gueule du loup
Une enfance dans la gueule du loup
par Monique Lévi-Strauss
Edition : Broché
Prix : EUR 17,00

4.0 étoiles sur 5 Beau récit, digne, fier et heureux, 13 janvier 2015
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Monique Lévi-Strauss a écrit les souvenirs de son enfance à près de 70 ans. Il ressort de cette distance une étonnante sérénité, une grande clarté des propos, comme si seul l’essentiel était resté. L’éloignement bannit aussi la détresse et le sentiment d’urgence, malgré la dureté des temps traversés (rien à voir avec « Une femme à Berlin », beau livre dur sur la fin du second conflit mondial dans Berlin en ruine).
La « gueule du loup », c’est l’Allemagne nazie en guerre, où le père de famille décide de s’installer avec les siens. Monique Lévi-Strauss apprend l’allemand (développant un précieux don pour les langues), et craint à tout moment pour sa mère, qui a du sang juif. Elle reproche à son père sa naïveté voire son inconscience, puis lui pardonne lorsque celui-ci est emprisonné, les yeux enfin ouverts sur la réalité de ce régime autocratique (dont il voyait seulement les éclats de la reprise économique).
L’après-guerre est pleine de joie de vivre et de liberté : à une Amérique insouciante et éloignée des chocs subis par l’Europe, la jeune femme choisira le retour à Paris, dans une atmosphère de liesse artistique et intellectuelle.
Son récit se termine sur la rencontre avec Claude Lévi-Strauss, qui deviendra son mari.
Beau récit, digne, fier et heureux, sans doute le vrai pardon à la faute paternelle.


Sympathy for the Devil
Sympathy for the Devil
par Kent Anderson
Edition : Poche
Prix : EUR 8,50

4.0 étoiles sur 5 Roman témoignage sur la guerre du Vietnam, 12 janvier 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Sympathy for the Devil (Poche)
Belle découverte que ce roman sur la guerre du Vietnam, dérangeant et impitoyable comme peuvent l’être les témoignages d’anciens soldats.
Hanson est un jeune béret vert des forces spéciales, qui prend goût au conflit, y lie des amitiés fortes avec d’autres soldats, conscient cependant d’être devenu une machine de guerre pour son pays.
Comme dans « Full Metal Jacket », l’auteur fait un long flashback sur l’incorporation et les classes humiliantes, destructrices pour les plus faibles.
Comme « Platoon », ce récit montre des américains qui s’entretuent sous le couvert du combat contre l’ennemi. Paru dans la même décennie que ces films, « Sympathy for the devil » dénonce les absurdités bureaucratiques, politiques et économiques (par exemple, l’armée utilise des chars totalement inadaptés aux voies engorgées d’eau du Vietnam, à seules fins de faire tourner les industries d’armement), et exprime aussi la grande difficulté du retour au pays.


Avec vue sur l'Arno
Avec vue sur l'Arno
par E. M. FORSTER
Edition : Poche
Prix : EUR 9,90

4.0 étoiles sur 5 Délicieusement anglais, 23 décembre 2014
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« Chambre avec vue » de E.M. Forster
Edward Morgan Forster est l’auteur qui a inspiré James Ivory pour le film éponyme « Chambre avec vue », ou encore pour « Retour à Howards ends ».
L’intrigue est simple : dans l’Angleterre victorienne, Lucy, une jeune femme de bonne famille, rompt ses fiançailles avec un homme de son milieu, Cécil. Le roman dissèque l’approche de cette rupture, sans s’étendre sur l’idylle naissante avec un autre homme, George Emerson.
Cécil incarne la raideur et les carcans de l’aristocratie anglaise. De manière parfaitement innée, il dédaigne les domestiques, méprise la campagne et ses habitants, accorde peu de crédit aux idées des femmes et s’intéresse à l’Art avec un grand A. La libération de Lucy a donc valeur de symbole.
Ce roman fonctionne par allusions, tout en subtilité et en finesse, disant en une phrase ce que d’autres diraient en cent. La campagne, qu’elle soit toscane ou anglaise, joue le rôle de révélateur, et s’oppose par sa sensualité au cadre urbain des salons aristocrates.
Pour résumer ce roman en un cliché : délicieusement anglais.


Tel Aviv Suspects
Tel Aviv Suspects
par Liad SHOHAM
Edition : Poche
Prix : EUR 7,80

3.0 étoiles sur 5 Polar classique bien rythmé, pas particulièrement dépaysant, 12 décembre 2014
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Polar israélien bien troussé. Un pauvre type est accusé d’un viol, qu’il n’a pas commis. Son alibi est peu recommandable : il posait une bombe dans la même rue à ce moment-là. S’en suit une enquête rythmée impliquant la police, les procureurs, la presse et des mafieux bien antipathiques…
Dommage que les portraits soient aussi convenus : le vieux-flic-bourru-qui-fonctionne-à-l’instinct, le rédacteur en chef compétent mais odieux, la petite frappe manipulée par tous…
Je m’attendais aussi à plus de dépaysement : mis à part quelques noms de famille et de lieux, rien ne distingue Tel Aviv d’une autre scène policière… cela aurait pu être Los Angeles comme Stockholm.
Un bon moment de lecture quand même !


L'art français de la guerre
L'art français de la guerre
par Alexis Jenni
Edition : Poche
Prix : EUR 10,20

2.0 étoiles sur 5 Du potentiel et quelques grands moments, mais pas d'émotion ni d'ampleur, 6 décembre 2014
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« L’art français de la guerre », Alexis Jenni
Le début est littéraire : cent pages de petites choses romancées, parfois poétiques, émaillées de réflexions censées.
Puis le récit prend de l’ampleur avec l’entrée en résistance du personnage principal, en 1944. Il est question de maquis, de combats pour la liberté.
Et revient ensuite à des histoires du quotidien. Cette alternance se prolonge au fil des quelques 800 pages. Alexis Jenni a un avis sur pas mal de choses, il suscite l’intérêt. Il a le sens de la formule et une certaine richesse d’écriture, bien qu’inconstante.
Mais il manque dans ce livre ce qui fait l’âme d’un roman : l’attachement aux personnages, de l’ampleur, de l’émotion… bref l’envie d’aller au bout (ce que j’ai fait, cependant).
Par ailleurs, le récit du parcours de Salagnon (le personnage principal, devant lequel le narrateur s’efface), de la résistance à la torture en Algérie en passant par l’Indochine (pour finir entouré de réacs xénophobes) me laisse perplexe : est-ce une démonstration, voire une thèse politique ? Une succession de morceaux de vie sans poser de jugement ? Je ne sais pas.
Le jury du Goncourt (2011) a probablement salué le potentiel (indéniable) plus que la première œuvre. Dommage.


Mumbi Etui à rabat en Cuir pour Apple iPhone 5/5S Noir
Mumbi Etui à rabat en Cuir pour Apple iPhone 5/5S Noir
Prix : EUR 13,26

3.0 étoiles sur 5 Robuste, 10 novembre 2014
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Au bout de plusieurs mois d'utilisation, n'a pas bougé. Donc plutôt solide et pratique.
Les ouvertures sont bien gérées (écouteurs, appareil photo, alimentation...).


L'usine à lapins
L'usine à lapins
par Larry Brown
Edition : Broché
Prix : EUR 8,50

3.0 étoiles sur 5 Récits de solitudes, 10 novembre 2014
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Apparemment rien de commun entre un psychopathe tueur de flics, un universitaire amoureux qui cache à sa conquête l’existence de sa chienne grabataire, un marin boxeur amateur, une quadra alcoolique lasse de son mari plus âgé qu’elle, un vendeur en animalerie le jour, SDF la nuit… si ce n’est qu’ils habitent Memphis et que leurs destins vont se croiser.
Le titre en soi est une énigme : l’usine à lapins désigne un espace clos où le père d’un des protagonistes lâchait de temps à autre un pitbull pour l’entraîner à la course.
J’ai apprécié ce roman choral dont les traces se croisent de temps à autre, plein d’empathie et même de tendresse envers ses personnages, pour la plupart solitaires.
Et je suis encore une fois admiratif de cette capacité de la littérature américaine à décrire par la marge le cœur de sa société (comme encore récemment avec « Lointain souvenir de la peau » de Russell Banks).


L'homme-dé
L'homme-dé
par Luke Rhinehart
Edition : Broché
Prix : EUR 14,90

4.0 étoiles sur 5 Subversif, dérangeant, original : une belle matière à réflexion, 2 novembre 2014
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« L’homme-dé » de Luke Rhinehart
Début des années 70. Un psychiatre new-yorkais crève d’ennui. Pour pimenter sa vie, il décide de jouer ses choix aux dés. Il fixe lui-même les 6 alternatives proposées (dont 2 désagréables), et le hasard retient l’une d’entre elles.
Le premier jet lui ordonne de « violer » la femme de son collègue (qui se révèle consentante…). Puis il se prend au jeu et s’en remet de plus en plus souvent aux dés, au grand désarroi de son entourage.
Le hasard permet de laisser s’exprimer les « pulsions mineures », habituellement étouffées par les conventions, l’éducation, en bref tout ce qui fixe un cadre dans notre vie ; Rhinehart y voit donc une thérapie pour distraire ses patients de pulsions majeures destructrices, et théorise sa découverte. Il crée des dé-centres, éduque des disciples.
L’obéissance au choix du dé est la règle de base de sa théorie. Ce qui le conduit lui-même à faire évader une trentaine d’aliénés d’une clinique psychiatrique, à quitter du jour au lendemain femme et enfants, puis à tuer.
J’ai beaucoup aimé « L’homme-dé », roman subversif et dérangeant. Est-ce l’ultime liberté de s’en remettre complètement au hasard ? D’ailleurs, est-ce vraiment le hasard si l’on choisit quand même les alternatives ? Une belle matière à réflexion écrite à la fin d’une période (1971) riches en expérience sur la liberté, le sexe et les drogues… tous thèmes également bien présents dans ce livre.


Canada
Canada
par Richard Ford
Edition : Poche
Prix : EUR 8,30

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4.0 étoiles sur 5 Beau récit sur le passage brutal à l'adulte, 17 octobre 2014
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Dell Parsons a 15 ans, une sœur jumelle et habite Great Falls dans le Montana. La première moitié du livre raconte une adolescence sans histoire, jusqu’au drame improbable, quoiqu’annoncé dès le début : ses parents braquent une banque. Leur arrestation ne tarde pas, et les deux adolescents s’enfuient, chacun de leur côté.
Dell part se cacher au Canada, dans un coin perdu du Saskatchewan. Il y mène une vie rude, dépendant d’adultes dont il se méfie, jusqu’à un nouveau drame (là aussi annoncé)… Je n’en dis pas plus.
Roman du passage (brutal) à l’âge adulte. L’image parentale est malmenée : le père (tout autant le vrai père qu’Arthur Remington) est inconsistant, assumant mal un passé non choisi ; la figure maternelle (la mère, Gabrielle) est fuyante.
Réflexion sur la faute également : est-on coupable d’actes que l’on cautionne par sa seule présence ? A la fin du roman, professeur proche de la retraite, Dell Parsons demande à ses élèves : « Il ne vous arrive jamais d’avoir le sentiment bizarre que vous auriez échappé au châtiment ? »
Quant au Canada du titre, c’est la terre où l’on se refait une virginité, si semblable aux Etats-Unis, le passé en moins.


L'Ami retrouvé
L'Ami retrouvé
par Fred Uhlman
Edition : Broché
Prix : EUR 5,95

4.0 étoiles sur 5 Une amitié broyée par l'Histoire, 2 octobre 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Ami retrouvé (Broché)
Deux adolescents se lient d’amitié : l’un est juif, l’autre issu d’une longue lignée d’aristocrates. Mais nous sommes en Allemagne, dans les années 30, et l’arrivée du nazisme brise cette amitié. Court roman qui raconte l’attirance réciproque, les centres d’intérêt communs, le questionnement sur la religion puis l’éloignement soudain. Fort et pédagogue sur l’endoctrinement de masse, le rejet et l’exclusion.
Belle édition collège, très didactique (oui, j'avoue, j'ai emprunté ce livre à ma fille en 3ème)


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