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Contenu rédigé par M. Jean Michel...
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Commentaires écrits par
M. Jean Michel Acker (MARSEILLE France)
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A l'est d'Eden
A l'est d'Eden
par John Steinbeck
Edition : Poche
Prix : EUR 7,60

6 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Tu peux, 21 juin 2006
Ce commentaire fait référence à cette édition : A l'est d'Eden (Poche)
Ce n'est pas rien d'écraser une larme après un livre. Mais ce n'est pas rien non plus d'être confronté au monde tel qu'il est dépeint dans ce livre.

L'Amérique début de XXème siècle vivait à un rythme et sous des bannières que nous ne connaissons peut-être plus. C'est tout le contraire des hommes et des femmes que Steinbeck nous présente dans les vastes révolutions de son roman. Cet écrivain sait si bien nous livrer ses personnages qu'ils nous apparaissent vite familiers, hostiles ou amicaux. Des figures qu'on dira éternelles se meuvent sous nos yeux, des pères, des fils, et ces femmes splendides tant elles semblent le pendant nécessaire des précédents. Des mères absentes ou omniprésentes, des soeurs libres et vulnérables.

Des pères et des fils, disai-je, engagés à jamais dans ce dialogue originel du Père avec ses premiers fils Abel et Caïn. Et l'insoluble confrontation de l'être au monde s'exprime dans leurs échanges, et les fils successifs cherchent sans fin leur route sur le chemin paternel. Mais un simple débat sémantique vient ouvrir la porte, et l'on glisse de l'obligation de renoncer au péché, à la liberté de le dominer ou non.

Et dans les remous du siècle adolescent, à l'aube d'un monde nouveau où l'homme va se choisir une nouvelle place (connue de l'auteur puisqu'il a écrit son livre plusieurs décennies après ce temps), les armes de chacun sont révélées et mises à l'épreuve. Le bien et le mal s'expriment à tout va, les têtes tombent sous le travail du temps, laissant les vivants seuls juges de la couleur d'une vie.

Cette liberté à laquelle tiennent tant les Américains semble dès lors bien lointaine. Comment être libres puisque nous aimons ? Je crois que la réponse réside dans le dialogue génésiaque. Certains ont compris du commandement divin qu'ils seraient libres tant qu'ils ne sortiraient pas de la contrainte de départ, celle qui laisse tous les hommes débiteurs depuis qu'un Adam a commis le péché originel. Mais on peut croire aussi que ce péché entre dans un cadre plus vaste, celui de l'homme aimé inconditionnellement.

On le voit bien dans le livre : sitôt que l'enfant obéit à une contrainte parentale, qu'elle ait été exprimée (Cyrus et Adam Trask) ou qu'il se la soit figurée ou qu'elle lui ait été inspirée par le monde (Samuel et Tom Hamilton, Adam et Aron Trask), le malheur se répand et l'homme court à sa perte. Faut-il dès lors nier une préexistence et conduire son navire selon le cap qu'impose sa forme ? N'est-ce pas ce que fît Cathy, et ce qu'entama de faire le jeune Caleb ? Ni l'une, ni l'autre ne purent échapper au commandement souverain. Et Cathy périt effrayée et pleine de remords.

Caleb, pour sa part, et grâce à un ultime recours à la sagesse de Lee, reçut de son père le droit de dépasser son péché. Une dernière révolution a sans doute lieu à ce moment là, et il me semble que par son geste, Adam fait revivre Samuel Hamilton.

N'oublions pas que ce Samuel, de son vivant, pouvait bien être couvert de crasse et porter des vêtements élimés. L'auteur nous le donne toujours à voir comme un être limpide, propre et fort. Libre, aussi.


Cosmos Incorporated
Cosmos Incorporated
par Maurice G. Dantec
Edition : Broché
Prix : EUR 22,80

4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Vers la méta-déroute ?, 8 février 2006
Ce commentaire fait référence à cette édition : Cosmos Incorporated (Broché)
Un ami m'a confié ce livre en le couvrant de louanges. La première concernait la profondeur du propos. Une autre avait pour objet le clash terrifiant aux alentours de la page 250 (qui semble avoir fait des victimes ;)).
J'ai retrouvé les deux, et ai aussi compris pourquoi tout à coup mon ami se mettait à accoler du "méta" devant tout ce qu'il voulait rendre grand. La métapolitique, la métaphysique, la métacuisine tant qu'on y est !
Tout ça pour dire qu'on est vite dépassé par l'auteur, dès les premiers paragraphes en fait, et qu'il faut ressortir la patience des lectures philosophiques type Wittgenstein pour tourner les pages et absorber tant bien que mal la totalité du livre. On en ressort avec la désagréable impression d'avoir raté les deux-tiers du propos, mais même sans ça, ou avec ça mais dans un inconscient inaccessible, la sortie est joussive et le plaisir énorme.
Car l'histoire, les histoires peut-être, ou l'Histoire ?, se livre malgré tout, et dans une cohérence inébranlable. Si on peut passer à côté de certaines sorties de l'auteur, lui y est parfaitement à son aise, et jamais on ne le sent dériver dans le n'importe quoi.
Bref, accrochez vous solidement et vous ne serez pas déçus ! Un très grand livre à mon avis.


La Steppe rouge
La Steppe rouge
par Joseph Kessel
Edition : Poche

18 internautes sur 19 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Kessel, tu nous peins si bien !, 8 février 2006
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Steppe rouge (Poche)
Des nouvelles à couper le souffle. Des situations tragiques mais terriblement humaines. Nous voici plongés dans l'univers de ce conteur sans déformations, et face à la dureté de la vie, seules les larmes peuvent rassénérer le lecteur contraint à l'empathie par le flot envoûtant de l'écrivain.
A lire, à relire, pour le comprendre et l'accepter. J'y retourne !


Globalia
Globalia
par Jean-Christophe Rufin
Edition : Broché
Prix : EUR 8,90

8 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Ennuyeux et convenu, 8 février 2006
Ce commentaire fait référence à cette édition : Globalia (Broché)
Fini, enfin ! Je lis beaucoup, et c'est le livre dont j'ai eu le plus de mal à achever la lecture. Guettant un bouleversement, enfin, ou l'apparition d'un personnage un peu étoffé... mais non, même la fin m'a déçu.
Certes, l'intrigue se noue aimablement, et on suit gentiment les acteurs dans leurs évolutions, que ce soit en Globalia ou dans les non-zones. Mais tout est tellement prévisible, et il manque vraiment à ce roman ambitieux de l'humanité. Pas manichéen, mais trop rose bonbon. Les gentils rebelles, les froids technocrates, les militaires rigides et les mafieux louches, on en a déjà vu cent-mille, notamment dans les productions américaines.
Et puis ces décors, entre la désolation tiers-mondiste post-apocalyptique et le carton hollywoodien. Et ces références à notre ère, qui peuplent les chapitres et placent le lecteur entre l'anticipation et l'évocation nostalgique.
Rien à faire, je n'ai pas cru une seule page d'un roman dont le sujet est bien la seule qualité. Dans un "background" similaire, Cosmos Incorporated (Dantec) est bien plus déstabilisant.


La Guerre des étoiles : La Trilogie - La Guerre des étoiles / L'Empire contre-attaque / Le Retour du Jedi / DVD bonus - Coffret 4 DVD
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DVD ~ Mark Hamill
Proposé par Cultyfix
Prix : EUR 71,20

9 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Pour toujours !, 10 octobre 2005
Voilà enfin le précieux support !
Quand on a vu s'épuiser trois séries successives de VHS, de l'enregistrement télé à la triplette THX, quel soulagement de se dire qu'"ils" sont là, et pour de bon !
Merci donc à cette technologie qui fixe pour une vie humaine une oeuvre qui m'a saisie du berceau à la sortie d'une dernière visualisation de l'Episode III, le meilleur des nouveaux.
Un seul regret pourtant : les vrais de vrai, ceux où le Faucon dérivait de travers sur Yavin (Ep IV), où le dessin des sabres s'estompait sur certains angles (Ben et Vador, op. cit.), sont vraisemblablemnt perdus pour ceux qui n'ont pas de lecteur Laser Disque... j'en suis, et j'avoue que j'ai du mal à aimer la nouvelle fin du Retour (la bande son !!! snif.), même si on ne peut que trembler au passage de la nouvelle flottille rebelle en route pour l'Etoile Noire !
Comme certains ici, j'attends l'objet ultime, les 6 rassemblés, comme un sceau qui se refermerait. A ce moment là, on pourra dire que l'histoire est écrite chez chacun de nous, pour le grand bonheur de nos générations futures !


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