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Contenu rédigé par Etienne Rouard
Classement des meilleurs critiques: 99.084
Votes utiles : 15
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Commentaires écrits par Etienne Rouard "ATN"
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5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Mon premier disque de Miles..., 10 janvier 2011
Juillet 1982. J'ai entendu à la radio que le plus grand trompettiste de jazz vivant (!) se produit en Europe. Intrigué - je viens de découvrir Monk. J'ai 16 ans et je m'intéresse à toutes les musiques. Je demande à un pote de me l'acheter. Découverte. D'abord, ce son énorme de la batterie, Al Foster qui était du dernier band avant rupture de 1975. Toujours aussi sauvage. Ensuite, Marcus Miller, jeune loup de studios avec sa jazz bass 1975 touche érable. Funky le mec! Bon, disons-le d'emblée : ce n'est pas sur ce disque que j'ai été retourné par la sonorité du maître. "It took me three year to get the sound again." Alors, en 1981, il est un peu rouillé. La scie : Jean-Pierre et sa montée paroxystique de Mike Stern, jeune guitariste à qui Miles demande de faire du Hendrix. Décoiffant. Mino Cinelu fait passer un mauvais quart d'heure à ses peaux : la baffé! Et... Bill Evans? Pas le pianiste de Kind of blue, bien sûr, le saxophoniste. Il bouche les trous quand Miles est à bout de souffle. Back seat Betty. Il s'améliore. Beau son en sourdine mais alors, quand il débouche, j'en ai des frissons à chaque fois. Il retrouve un peu du son de In a silent way. Émouvant, à pleurer. La basse en accord de Marcus à la fin est terrifiante. Fast track est très enlevé, échevelé même. Reprise de Jean-Pierre, pas mal! My man's gone now est un titre de Gershwin. Sombre, très moderne, avec une touche de ternaire à la fin, Miles aux claviers. Kix est un genre de reggae étrange, genre musique du 21e siècle. 31 octobre 1985. J'ai comblé mes lacunes en Milesdavisologie. Je connais toute la période 1965-1969, la meilleure à mon sens avec les géniaux Hancock, Carter, Shorter et Williams. J'ai tâté de Big Fun, On the corner (que j'écoute toujours en boucle), Bitches brew (que je n'ai jamais beaucoup apprécié, désolé!). Avec Coltrane, évidemment (Milestone, Kind of blue, R'ound about Midnight), même avec Bird... Bien entendu, j'ai acheté TOUS les nouveaux disques : The man with the horn, Star People (grandissime album), Decoy (pas mal, sauf Code MD, trop électronique) et le petit dernier : You're under arrest avec sa reprise de Jack Johnson en introduction, Time after time, Human nature. Je suis très excité par la perspective de voir une génie paeil en vrai. Je n'ai pas été déçu. Arthur H. explique qu'à l'époque, il était employé dans une salle de spectacle à Paris. Il ne fait pas attention à qui joue ce soir-là. Erreur! Il prend la plus grosse claque de sa vie! Il en reste pétrifié! Idem pour moi. Miles a retrouvé ce son immense et fragile à la fois. Il va chercher les notes, LA note à laquelle personne n'a jamais pensé avant lui. Il nous fait même l'introduction de Round Midnight avant de passer à Time after time. Forest National, Bruxelles. Bobby McFerrin en solo en première partie. Malheureusement, j'ai raté Al Foster et Marcus Miller, remplacés par le neveu de Miles Vince Wilbur et Darryl Jones. Mike Stern a un son strident qui vrille les oreilles par moments. Je préférais John Scofield (concert à Berlin à la TV le 31 octobre 1983, grand moment). Néanmoins, j'étais avec un pote et on a quitté la salle après le déluge de feu d'un band survitaminé sans pouvoir échanger un mot pendant une heure... Fallait nous remettre de nos émotions. Je venais de voir le plus beau concert de ma vie. J'ai revu Miles en 1986, en 1987 et en 1988. J'ai beaucoup moins aimé ce quatrième concert... Au 2e, je me rappelle ce couple de septuagénaire qui entre dans le Cirque Royal, sapés comme à l'opéra. Miles entame "yOU'RE UNDER ARREST" à fond de balle, avec guitare disto, batterie furieuse, sons de claviers stridents, dissonances. Je vois mes deux bourges qui avaient crû voir le plus grand trompettiste de jazz (ce n'était pas du cool jazz de 1959) quitter la salle en courant, les mains sur les oreilles. AH! On est enfin entre connaisseurs! En 1988, Miles avait l'air absent et il n'improvisait que sur des motifs simples, sans changements d'accords ou presque. Il semblait exténué. Écrasé sous les sonorités synthétiques... J'ai malgré tout pris quelques clichés au bord de la scène et l'un d'eux trône dans mon salon... We want Miles est le meilleur album live de Miles période FUNK/électrique. J'ai retrouvé dans mon premier concert de 1985 quelque chose de Get up with it, de On the corner pour l'énergie et le groove, et même de In a Silent way pour sa sonorité épurée. La plupart de mes potes d'hier et d'aujourd'hui adorent ce disque, même mon jeune voisin indien sourit rien qu'à évoquer cette musique... Miles est mort depuis bientôt vingt ans mais ce disque n'a pas pris une ride. Son art est déterminant pour avoir su incorporer Sly Stone, Hendrix, James Brown, la musique modale. Pour en faire une musique tripale, un tremblement de terre. Parfois, un murmure fragile. Bien sûr, à partir de Tutu, il a laissé les commandes à Marcus Miller pour les arrangements, si pas les compositions, ce qui donne des résultats plus discutables et souvent moins intéressants, datés car très à la mode à l'époque. Écoutez quand même Star People (1983, fantastique) et Decoy (1984), éventuellemnt The man with the horn (1981). Sans oublier In a silent way (1969, le premier disque de jazz fusion de tous les temps), On the corner (1973, Funky Miles avec Al Foster), Get up with it (1972-1974, funky rhythm avec un Honky Tonk où John McLaughlin sonne comme Keith Richards sur Midnight Rambler), Big fun (1969-1974). Vous ne serez pas déçus... Miles away...
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3 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile
2.0 étoiles sur 5
Le premier album solo de Jagger. Il neige sur Kingston., 2 janvier 2011
La fête d'EXILE est finie. Les invités sont partis. Keith s'est endormi et sa cigarette brûle son pantalon à pois. Jagger tient la maison en son absence avec Mick Taylor et Billy Preston. Enregistré en Jamaïque, ce disque est bien produit. Mais triste. Certains traits de génie (Heartbreaker très soul, Winter, Hide your love). Du très faiblard (Coming down again, Dancing with Mister D., etc). De la soupe (Angie) au violon, du rock basique (Silver train, Star Star). Ce disque est le préféré des gens qui n'aiment pas les Stones. C'est dire. Mon premier achat en 1978. Très usé quand même. Pas mauvais mais très en dessous des quatre précédents. C'est l'antithèse d'Exile on main Street. Comme si les Stones tentaient de devenir acceptables. L'été est fini. Allez ! Je l'aime bien quand même.
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1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Ultime et définitif : le riff fait homme!, 2 janvier 2011
1969. Année de tous les dangers. Les Beatles n'en finissent pas de se séparer. Let it be... Jimmy Miller a sauvé les Stones du ridicule, après Satanic majesties trop ouvertement en réponse à la pop léchée des Scarabées. Les Stones ne sont pas un groupe pop. Ils s'en rendent enfin compte. Jumping Jack Flash est la première production Jimmy Miller. Il sera dans les cinq disques suivants : Beggar's banquet : très simple, dépouillé, blues et rock. Le chant du cygne d'Elmo Lewis au bootleneck sur No expectations. Let it bleed : quasi album solo de Keith qui creuse le sillon open tuning découvert l'année précédente. Sticky fingers enfonce le clou. Et enfin, Exile on main street qui déroute mais qui bonifie comme le vin après 38 ans. Et enfin Goat's head soup, où Keith rend les armes, comme Jimmy Miller. Let it bleed. "Les Stones font tout comme les Batles mais deux mois après." Dixit John Lennon. Ben, euh! Si tu veux John. Sauf qu'ici, à part le titre ironique, rien ne rappelle le groupe de Liverpool. Ce LP est le seul à avoir été joué intégralement en live. Country Honk étant remplacé par Honky Tonk Women. Mais, Keith a toujours prétendu que ce titre aurait dû rester un morceau folk blues acoustique autour du feu à la Hank Williams/Jimmie Rodgers. Pour Monkey man, il a fallu attendre la tournée 94 pour qu'ils la fassent. Avant, ils ne retrouvaient pas le feeling initial. Gimmie shelter figure en bonne place dans les concerts. Intro anxieuse, Jagger éructant comme un âne en rut en réponse à la chanteuse noire Mary Clayton, tellurique. Richard(s) commet toutes les parties de guitare (en OPEN G et en solo minimaliste). Grandiose, jouissif. Love in vain est une reprise de Robert Johnson. On touche au sublime, Ry Cooder donnant dans la mandoline. Country Honk continue dans la veine acoustique, baptême du feu de Mick Taylor à la slide. Live with me sonne comme un morceau Stax survitaminé emmené par la basse de Keith. Avec un note en trop dans l'intro soit dit en passant... Bobby Keys entre avec son sax dans l'histoire. Il n'en est toujours pas sorti. On peut toujours l'entendre et le voir en concert avec ses vieux potes. Mick Taylor apparaît pour la deuxième fois sur un LP des Stones. Let it bleed est un titre country rock assez rigolo. Du pur Jagger dans les paroles. Midnight rambler est une jam. On laisse tourner les bandes et ça se passe tellement bien qu'on garde le tout. Ils remettront ça pour Can't you hear me knocking sur Sticky. You got the silver est le premier titre chanté exclusivement par Keith de toute leur carrière. Très beau blues à la guitare acoustique. Monkey man explose, après des arpèges de piano en écho du riff qui tue. Jagger est déchainé. On est sur les genoux. You can't always get what you want sent l'effort jaggerien. Lui seul peut faire vivre une histoire sur deux accords sans lasser. Finale façon Stax où on accélère la cadence. Certains prétendent que c'est Jimmy Miller qui tient ici les futs... Possible si on en croit les crédits sur la pochette. Pas grave, hein Charlie? C'est sûr, des albums comme celui-là, on se dit qu'il n'y en aura plus beaucoup par la suite. Et on se trompe puisque viendront Sticky et Exile. Quatre albums studio entrecoupés d'un live mythique en 1970. Let it bleed est sans doute l'album le plus cohérent, le plus homogène, le plus direct. Un classique insurpassable. Celui où Keith Richard(s) entre dans la cour des grands guitaristes mais pas en tant que soliste mais en tant que compositeur, artificier du riff, rythmicien implacable et sans équivalent. Lui, le guitariste obsessionnel qui courait derrière Chuck Berry, son idole, il remet à leur place tous les solistes de la terre en consacrant le riff de guitare comme un art à part entière. Brian Jones quitte le groupe sur la pointe de pied (percussions sur Rambler, autoharp sur Silver). Les années soixante sont finies. Le flower power est loin. Le mythe se construit à la force du poignet. Richard(s) prend les commandes avec une énergie et une abnégation qui forcent l'admiration. Comme tous les grands musiciens limités techniquement, il fonde son art sur ce qui devrait faire sa faiblesse... Soliste limité, instrumentiste peu véloce, il concentre son attention sur le songwriting, sur le son du groupe plutôt que sur des envolées lyriques très en vogue à l'époque (Clapton, Hendrix, Page, ...). Là où Miles Davis a compris qu'il ne serait jamais aussi rapide et technique que Dizzy Gillespie en se forgeant un son médium sans trémolo, droit, épuré. Là où Thelonious Monk construit ses œuvres cubiques avec des accords dissonants et une main gauche implacable - il ne sera jamais aussi rapide que Bud Powell... Keith Richards pratique aussi la stratégie de la rupture en privilégiant la force brute d'une figure rythmique obsédante, un son compact où chaque instrument est comme un légo imbriqué dans l'édifice sonore. Pas une note inutile, économie de moyens au service des chansons distillées couche par couche, écriture au cordeau sans fioritures. Comme Monk, son art est ancré dans la tradition - le stride des années 20 pour le pianiste ; le blues des années 30 pour le guitariste. Mais il a assimilé le jeu de guitare de ses aînés pour mieux le propulser dans son monde à lui. Œuvre originale et contradictoire à la fois car ancrée dans le passé et dessinant l'avenir. L'imitateur respectueux et timide des bluesmen et des rockers de 1962 se mue en créateur. "Le musicien emprunte ; le génie pille" dixit Gainsbourg, fin connaisseur. Ry Cooder a montré les accords ouverts à Keith et l'accuse ensuite de plagiat?.. Oui Richard(s) a pompé sans vergogne les trucs et ficelles de Robert Johnson. Il a tenté de comprendre comment il faisait pour jouer la basse, la rythmique et la mélodie avec une seule guitare, en une seule prise (en 1937, pas d'overdubs). Comme il le dit dans son autobiographie, tout artiste est relié. Personne ne crée sans recopier ce que les autres ont fait avant. Il dit même qu'il a des antennes qui captent des chansons. Il dit de lui-même que son principal défaut est la paresse. Lui qui compte sur le hasard en studio et sait tirer parti d'une figure simple pour tirer sur le fil et tisser une chanson comme un tisserand, "l'art ancien de la draperie" comme il appelle ça. Il a repris une ébauche de Wyman à l'orgue et en a écrit Jumping Jack Flash, le riff fait homme est comme un vampire qui suce ses semblables pour élaborer ses cocktails mortels. Malgré quelques dérapages dans les derniers concerts, il faut voir la musique couler dans ses veines, sa gestuelle comme un ballet instinctif quand il bastonne sa Telecaster à cinq cordes. Le seul groupe où le batteur suit le guitariste et pas l'inverse. C'est que le guitariste besogneux, peu véloce et au départ complexé devant les flamboyants qui savent se mettre en avant emmerde tout son monde et fait son truc inimitable et inimité. C'est un têtu le Riffhard. Et Wyman entrait dans ce décalage infime entre batterie et guitare pour créer cette tension que Darryl Jones n'arrivera JAMAIS à reproduire. Ce danger qui transformait subitement le groupe le plus improbable de branleurs amateurs en machine de guerre. Ecoutez les bootlegs live de la tournée 89 pour se rendre compte du groove ahurissant que Wyman et Watts produisaient ensemble. Et le live avec les Expansive Wino's (1988) pour se rendre compte que le riff humain n'est rien sans cette section rythmique prodigieuse. Let it bleed tient du Saint Graal, de la pierre philosophale. A écouter à fond d'une seule traite (l'édition originale enchainait les titres sans blanc entre). "THIS RECORD MUST BE PLAYED LOUD" est-il écrit sur la pochette? Le son de la nouvelle version remasterisée est une tuerie!
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4 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile
3.0 étoiles sur 5
Et si on était dans les'90's... : It's only goat's and Blue., 29 décembre 2010
1973-1976. Période creuse de la musique rock. Je dis bien "rock". En pleine période glam (Slade), hard rock (Led Zep, Deep Purple), Pop (Pink Floyd : Dark Side), rock progressif (Yes, Genesis), Soupe (Supertramp), Boys band (Rubettes), Reggae (Marley en solo avec le magique Natty Dread), Jazz Rock-funk (Miles Davis Get up with it, Herbie Hancock), opéra rock (Who, Queen)... Bref : ça part dans tous les sens avec plus ou moins de bonheur. Mais le rock brut n'est plus à la mode. Exile on main street sort à contre courant : basique, crasseux, roots. Les Stones fêtent leurs dix ans d'existence par un voyage dans l'Amérique profonde. Celle des bayoux, des rues venteuses de Chicago, en passant par le Delta, le deep south ; les églises baptistes, les bouges enfumés où seuls des Anglais maigrichons osent s'aventurer non armés. Slim Harpo sort à jamais de son anonymat avec un titre d'un seul accord! Shake your hips hypnotique... En 1972 ma bonne dame! Fallait oser quand même. Les critiques ont parlé d'album tas de boue, de production médiocre. La postérité en décidera sans eux... 1974 donc. Pour la première fois, les Stones sont à la traine, démodés, has been. Pensez : ils nous sortent des titres de moins de 10 minutes, très peu de soli de guitare à rallonge, à part ce Time waits for no one où Taylor nous sert son inutile baroud d'honneur. Aucun solo de batterie, de clavier. Les Stones, c'est un groupe, pas un soliste accompagné de seconds couteaux un peu distraits. Pensez.. Oser ressortir Get off of my cloud en ouverture (If you can rock me). Puis un hit des Temptations de 1966 (Ain't too proud to beg) où le solo de sax sur le refrain est remplacé par un solo à la Chuck de Keith Riffhard sur le couplet... Z'ont même pas bien écouté l'original. Ensuite, cet immonde jam des Faces avec juste un overdub de Keith pour faire illusion. C'est pitoyable, une chute berryenne sans inspiration, façon Starfucker sans Charlie ni Bill. Triste. On s'enfonce encore plus dans le n'importe quoi avec 'Till the next goodbye. Sans doute le pire morceau des Stones depuis Take it or leave it. Les amateurs de branlette adoreront Time waits for no one. Pas moi. Mais où est Keith, bordel? Dans la tournée 1973, le son était dominé par les fioritures de Mick Taylor. Keith s'enfonçant dans la poudre. Ecoutez The Brussel Affair pour vous en rendre compte. Que de la sauce, pas de consistance. Les Stones qui s'essayent au reggae, c'est au mieux rigolo, au pire ennuyeux. Luxury appartient à la seconde catégorie (Oh cherry oh baby sur Black and Blue aux deux). Dance Little Sister est un effort louable mais je doute fort que la sœur ait envie de danser là-dessus... Tout cela devient lassant. Comme ce If you really want to be my friend, à des années lumière de Shine a light, gospel génialement authentique avec un Tailleur sur mesure enfin pertinent. On baille... AH? On se réveille : Short and curlies est hilarant : "Too bad, so sad, she's got you by the bones." Sacré Jagger, toujours à raconter des histoires salaces en fin de soirée. Taylor tremblote un peu trop mais ça passe plutôt bien. Et puis le bouquet final : Fingerprint file, avec enfin un riff démentiel, une ligne de basse de Keith, excellent bassiste si quelqu'un en doutait encore (après Sympathy, Live with me). Enfin du danger, du funk anxieux, un Jagger enragé contre J.Edgar Hoover qui exècre ces Anglais drogués et amis des nègres. "And there's some little jerk in the FBI / A keepin' papers on me six feet high / It gets me down, it gets me down, it gets me down..." Là, on retrouve ce qui nous a fait aimer ce groupe : une tension palpable, une énergie brute, sans détour. Un groove qu'aucun groupe blanc n'arrive à balancer. Rêvons un peu... En 1976, les Stones sortent leur premier disque depuis 1972. Il s'appelle It's only Goat's and blue. Tracklist : 1. If you can rock me 2. Heartbreaker (doo doo doo doo doo) 3. Hot Stuff 4. The hand of hate 5. Winter 6. Hide your love 7. Short and curlies 8. Worried about you (de Tatto You, mais chute de Goat's head soup) 9. Fingerprint file 10. Au choix : je ne vois pas bien (Star Star? Angie? Ain't too proud to beg? Pff, c'est dur hein?) Dans les années 80 ou 90, ils auraient sorti un skeud tous les 3 ou 5 ans et ils restaient crédibles. Un disque en 1973 (Goûte cette soupe), un en 1974 (It's only rockant drôle) et un en 1976 (Black and bouse), avec un Keith aux chiottes pendant les sessions, on n'a des pannes de courant bien compréhensibles. Et bien des moments futiles. Alors, un petit Best of empty years, pourquoi pas? En tout cas, cela vaut mieux que cet inutile A Bigger Bang de 2005. Triste le génie fané. Les Stones? Le premier LP The Rolling Stones de 1964 (UK), The Rolling Stones n°2 (UK), Out of our heads (UK), Beggar's Banquet, Let it bleed, Sticky fingers, Exile on main street, Some girls, Tattoo you, Stripped, Bridges to Babylon, Shine a light, El Mocambo side, Get yer yaya's out, Four flicks (DVD)... Big hits 1 et 2. Avec le Best of empty years? Ca se tient.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Laissez parler la poudre - Sly the sniffer, 28 décembre 2010
Vingt ans! J'ai découvert ce disque en 1990. Et, à par Family affair, je n'avais pas aimé. Allez savoir pourquoi. Trop bizarre, le négatif de What's going on de Marvin Gaye. Disque qui, comparé à celui-ci, rétrospectivement, me semble bien sirupeux. A l'époque, je lui préférais Fresh et Small Talk. Est-ce que Sylvester Stewart avait trop forcé sur la dose en entrant en studio? Je l'ai passé en boucle dans la voiture pendant six mois. Pourquoi donc? Le seul disque qui me fait cet effet, c'est Exile on main street des Stones, paru un an plus tard. Suis-je un dangereux nostalgique? Luv'n'haight commence fort. Groove imparable, la family comme dans le disque précédent, STAND! Mais il y a quelque chose de radicalement différent. C'est franchement plus poisseux, lourd, anxieux. Du funk décalé. "Feel so good" énoncé sur un mode désabusé... comme pour démentir le malaise. L'emploi de la boîte à rythmes sur Just like a baby, le clavinet, les voix saturées surgissant au milieu de la nuit. Un titre en 6/8, ça balance de manière lancinante pour ne plus quitter les oreilles. Un bruit de fond est audible comme un fantôme planant sur le paysage sonore. Très beau mais toujours aussi poisseux. Des petits riffs de guitare très aigus qui surgissent sur ce son sourd comme un mal de tête qui ne veut s'arrêter... Poet n'est pas là pour nous rassurer : "My only treasure is my pain. I'm a songwriter, a poet..." On comprend mieux. La boîte à rythmes se fait ici complice du batteur. Toujours ces sons ahurissants de claviers saturés, sur un tempo lent, hésitant, avec un coup de caisse claire tous les quatre temps. Le titre éponyme dure quatre secondes ... de vide! Comme si la réponse à Marvin était : "Nothing, man!" Family affair mettra tout le monde d'accord. On retrouve ici une douceur plus commune, une mélodie plus évidente portée par une voix de baryton de notre vieil ami Sly. Beau contrechant féminin, délicate guitare solo avec wahwah. Toujours ce mélange BàR-batterie. Africa talks you to the asphalt jungle est un quasi instrumental. Voix en falsetto... Étrange et fascinante fresque. Brave'n'strong reprend cette fameuse basse chaloupée "à la Sly Stone" : ce balancement si caractéristique qui crée à la fois la souple démarche d'un félin et une tension. You caugh me smilin' again est une pure merveille avec toujours ce groove stonien (au sens family, pas rolling). Pour la première fois du disque, on se fend d'un large sourire en hochant le tête... Très belle ligne de basse par moment mélodique. Time serpente à l'orgue Hammond. Lente descente après une orgie? Bad trip? Spaced cowboy est un yoodlé suisse, ne riez pas! C'est pour rien que Jamiroquai à appelé un de ces disques The return of the space cowboy. On imagine un mec dans l'infini chevauchant un cheval improbable sur cette musique carrément barjot... Hilarant mais un peu inutile. Runnin' away tranche avec le titre précédent. Là, on comprend d'où vient Jamiroquai, la ligne de basse, alternant mélodies et slap, les riffs de guitare, la mélodie. Ils ont dû user ce titre des nuits entières et on devine pourquoi. C'est magistral, pour une fois presque badin, comme une comptine. And now, the sountrack of a Blaxploitation movie. Instrumental à écouter l'été, toute vitres ouvertes, avec des lunettes de soleil, le bras posé sur le bord de la portière. Thank u for talkin' to me Africa. Bien trouvé, un peu la version longue et collante de Thank you for lettin' me be mice elf. Rââââahhhhh! Attention au feu rouge. Et aux séquelles post-hypnotiques... Oubliez les bonus qui n'ajouteront rien à ce chef d'œuvre. Vous voilà prévenus. N'achetez pas ce disque sous peine de ne plus en écouter d'autres dans votre véhicule. Au bout du compte, on se demande ce qu'il est arrivé à Sly depuis. Le chaînon manquant entre James Brown et le psychédélique. Fresh sera plus inégal avec de purs moments de génie (Babies making babies). Small talk plus écrit avec ce mélange violon et cuivres, je l'aime bien, malgré tout le mal qu'on en dit.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Bande sonore pour années troubles... (funk psychédélique), 12 décembre 2010
Vingt ans! J'ai découvert ce disque en 1990. Et, à par Family affair, je n'avais pas aimé. Allez savoir pourquoi. Trop bizarre, le négatif de What's going on de Marvin Gaye. Disque qui, comparé à celui-ci, rétrospectivement, me semble bien sirupeux. A l'époque, je lui préférais Fresh et Small Talk. Est-ce que Sylvester Stewart avait trop forcé sur la dose en entrant en studio? Je l'ai passé en boucle dans la voiture pendant six mois. Pourquoi donc? Le seul disque qui me fait cet effet, c'est Exile on main street des Stones, paru un an plus tard. Suis-je un dangereux nostalgique? Luv'n'haight commence fort. Groove imparable, la family comme dans le disque précédent, STAND! Mais il y a quelque chose de radicalement différent. C'est franchement plus poisseux, lourd, anxieux. Du funk décalé. "Feel so good" énoncé sur un mode désabusé... comme pour démentir le malaise. L'emploi de la boîte à rythmes sur Just like a baby, le clavinet, les voix saturées surgissant au milieu de la nuit. Un titre en 6/8, ça balance de manière lancinante pour ne plus quitter les oreilles. Un bruit de fond est audible comme un fantôme planant sur le paysage sonore. Très beau mais toujours aussi poisseux. Des petits riffs de guitare très aigus qui surgissent sur ce son sourd comme un mal de tête qui ne veut s'arrêter... Poet n'est pas là pour nous rassurer : "My only pleasure is my pain. I'm a songwriter, a poet..." On comprend mieux. La boîte à rythmes se fait ici complice du batteur. Toujours ces sons ahurissants de claviers saturés, sur un tempo lent, hésitant, avec un coup de caisse claire tous les quatre temps. Le titre éponyme dure quatre secondes ... de vide! Comme si la réponse à Marvin était : "Nothing, man!" Family affair mettra tout le monde d'accord. On retrouve ici une douceur plus commune, une mélodie plus évidente portée par une voix de baryton de notre vieil ami Sly. Beau contrechant féminin, délicate guitare solo avec wahwah. Toujours ce mélange BàR-batterie. Africa talks you to the asphalt jungle est un quasi instrumental. Voix en falsetto... Étrange et fascinante fresque. Brave'n'strong reprend cette fameuse basse chaloupée "à la Sly Stone" : ce balancement si caractéristique qui crée à la fois la souple démarche d'un félin et une tension. You caugh me smilin' again est une pure merveille avec toujours ce groove stonien (au sens family, pas rolling). Pour la première fois du disque, on se fend d'un large sourire en hochant le tête... Très belle ligne de basse par moment mélodique. Time serpente à l'orgue Hammond. Lente descente après une orgie? Bad trip? Spaced cowboy est un yoodlé suisse, ne riez aps! C'est pour rien que Jamiroquai à appelé un de ces disques The return of the space cowboy. On imagine un mec dans l'infini chevauchant un cheval improbable sur cette musique carrément barjot... Hilarant mais un peu inutile. Runnin' away tranche avec le titre précédent. Là, on comprend d'où vient Jamiroquai, la ligne de basse, alternant mélodies et slap, les riffs de guitare, la mélodie. Ils ont dû user ce titre es nuits entières et on devine pourquoi. C'est magistral, pour une fois presque badin, comme une contine enfantine. And now, the sountrack of a Blaxploitation movie. Instrumental à écouter l'été, toute vitres ouvertes, avec des lunettes de soleil, le bras posé sur le bord de la portière. Thank u for talkin' to me Africa. Bien trouvé, un peu la version longue et collante de Thank you for lettin' me be mice elf. Rââââahhhhh! Attention au feu rouge. Et aux séquelles post-hypnotiques... Oubliez les bonus qui n'ajouteront rien à ce chef d'œuvre. Vous voilà prévenu. N'achetez pas ce disque sous peine de ne plus en écouter d'autres dans votre véhicule. Au bout du compte, on se demande ce qu'il est arrivé à Sly depuis. Le chaînon manquant entre James Brown et le psychédélique. Fresh sera plus inégal avec de purs moments de génie (Babies making babies). Small talk plus écrit avec ce mélange violon et cuivres, je l'aime bien, malgré tout le mal qu'on en dit.
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