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Commentaires écrits par
Raph (Paris)

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Stand!
Stand!
Proposé par DISCO91
Prix : EUR 8,36

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Body & soul, 3 mars 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : Stand! (CD)
Nombreux sont les albums funk qui offrent un groove physiquement irrésistible, mais qui en deviennent mécaniques, parfois même cliniques. Du funk d'ingénieurs. Qui devinent l'efficacité de tel break à tel endroit, qui savent que tel contrepoint dans la ligne de basse suscitera un opinement du chef comme le coup de maillet sous le genou provoque le réflexe rotulien.

"Stand !" est désespérément humain ! En plus de son écriture enivrante, rythmique, harmonique, mélodique, c'est un album d'âmes. Sly Stone, c'est bien sûr un compositeur, arrangeur, producteur, un créateur absolu, mais surtout c'est une voix !!! Hallucinante !!! C'est la fureur, le cri génial, les choeurs de Rose Stone et Little Sister, la folie des voix de tête, une représentation de la vie réelle ou espérée dans toute sa richesse mais aussi dans sa simplicité. Musicalement c'est la rencontre de la diversité et de l'unité, du talent personnel et de la puissance du groupe.

"Stand !" marque le début de la révolution Stone, mais reste plus immédiatement accessible que "There's a riot goin' on". On y trouve la force vibrante "Soul" des 60's, la liberté bondissante des 70's, les basses qui commencent à se faire "slappantes" sous les doigts magiques de Larry Graham, les guitares qui psychédélisent (cf. l'intro de "Sing a simple song" reprise par Jimi Hendrix sur le "We gotta live together" du "Band of gypsys"), la distorsion des vocoders... Du funk brûlant et de la pop song plus torturée qu'il n'y paraît. Enormément de talent. Un don.

Pour toutes ces raisons, "Stand !" puis "There's a riot goin' on" ont influencé l'ensemble de la musique depuis lors. Dans l'écriture, à la fois carrée et débordante, l'orchestration, l'esprit, le style, puis via les samples et les reprises (la filiation la plus mise en avant à ce jour étant probablement celle revendiquée par Arrested Developement sur "People Everyday" au début des années 90).

Enfin, en plus d'être un monument, "Stand !" procure un plaisir immense et immédiat, ce qui n'est pas toujours le cas. Courez l'acheter !


The Bends
The Bends
Prix : EUR 6,99

17 internautes sur 19 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Effrayant de talent, 25 juillet 2006
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Bends (CD)
Michael Stipe d'REM dit de Radiohead qu'ils ont tellement de talent que c'en est effrayant. C'est plus que jamais le cas sur The bends qui reste leur chef d'oeuvre malgré OK Computer :

Planet Telex : Un cri d'entrée, un tourbillon majestueux et stellaire, sur le fil. La voix saturée de Thom Yorke déjà à pleine force, comme un don divin.

The Bends : Du rock comme aucun groupe au monde ne sait en faire. D'une générosité totale. Tendu, crachant, explosif, le suspense puis l'espoir éclatant.

High and dry : La ballade parfaite. Pour la voix de tête angélique de Thom Yorke en contrepoint des guitares de Jonny Greenwood et pour ce désormais célèbre break d'intro.

Fake plastic trees : Sublime. Préfigure des titres comme "Exit music" sur "OK Computer", une montée en puissance depuis la guitare la plus douce, jusqu'au cri et à la saturation, sans pathos ni manière mais qui prend littéralement aux tripes

Bones : Un morceau de rock qui pourrait être banal s'il n'était pas sublimé par le chant de Yorke

(Nice dream) : Des harmonies de guitares ensorcelantes, faussement douces, faussement accoustiques, diaboliques. Un pont épique, qui rappelle que l'armée Radiohead est en marche et qu'on ne l'arrêtera pas

Just : un des plus grands morceaux de l'histoire du rock. La rage de "Smells like teen spirit", le talent harmonique d'un Nick Drake, des cassures, des coupures, une construction hallucinante, Jonny Greenwood joue sa vie sur des solos rhytmiques urgents, saccadés, presque funkys. Une puissance bouleversante. Des stridences qui happent et ne laissent pas indemne

My iron lung : Une tension maintenue par la basse discrète de Colin Greenwood, quelques notes de guitare suffisent à créer une ambiance inédite et inquiétante. Une fin tout en distorsion grunge, avec voix ultra-saturée qui rappelle les meilleurs moments de Pearl Jam. Radiohead est un groupe de rock

Bullet proof ... I wish I was : aterissage en douceur sur une planète inconnue et déserte. Les textures et effets lointains de guitare sont déjà présents avec peut-être plus de sobriété, plus d'efficacité que sur OK Computer. La partie de voix la plus envoûtante de l'album, qui répond aux échos spaciaux.

Black star : Comme une évidence. Des accords simples sans être banals. Toujours surprenant rhytmiquement sans en faire des caisses. Des voix qui s'entremêlent. Entre joie sereine et mélancolie. Entre pop douce et rock à guitares. Imparable.

Sulk : Ternaire. Comme une valse joyeuse au milieu des étoiles. Comme une chanson de marin entre peur et espoir. Des orgues pleins et riches. Le bonheur. Et du rock puissant à nouveau pour le grand final avant Street spirit.

Street spirit : Presque un bonus track. Le calme après la tempête. Un arpège de guitare en son clair. Des mélodies d'enfant de choeur triste. Quelques coups de baguettes de Phil Selway ramènent à la réalité. Des guitares qui s'épaississent graduellement. Un final religieux aux choeurs désanchantés mais respectueux. Jusqu'au dernier arpège. De toute beauté


Pablo Honey
Pablo Honey
Prix : EUR 6,99

12 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le vilain petit canard, 25 juillet 2006
Ce commentaire fait référence à cette édition : Pablo Honey (CD)
Il est de bon ton de penser que Pablo Honey serait le vilain petit canard de la discographie de Radiohead. Une oeuvre mineure, à peine un brouillon. On entend souvent dire qu'il manque d'invention, que c'est un bon petit album sympa sans plus, comme si le génie s'acquiérait en 2 ("The bends") ou 4 ans ("OK Computer"). On entend souvent enfin qu'à côté d'"OK Computer" et surtout du tournant révolutionnaire "Kid A"/"Amnesiac"/"Hail to the thief", "Pablo Honey" fait pâle figure.

Or cet album est une mine d'or. A l'instar des dessins de Picasso il est un point de départ d'excellence classique, à l'origine de nouvelles conceptions d'excellence. Il s'agit d'un très grand album de rock. Une âme en feu, des guitares stridentes, urgentes, boulimiques de rythmes cassants et de mélodies tendues, une fluidité qui donne le tournis, Thom Yorke chante comme un loup hurle à la lune, fascinant comme un ivrogne de Brel. Des harmonies et dissonances nouvelles, une identité écrasante. Une rage presque grunge mêlée à une finesse, une maîtrise, une élégance sans égale. Enfin une énergie de groupe compacte, un bloc incassable. Bouleversant.

Il n'est pas anodin d'avoir été le plus grand groupe de rock n roll avant de devenir le plus grand groupe de la nouvelle musique qu'on a créée !


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