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Cymus
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Shadow
Shadow
Prix : EUR 17,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un petit chef d'œuvre, 29 juillet 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Shadow (CD)
Le nouvel album du groupe anglais, Little Barrie, est une véritable merveille, bien différente de ce qu’ils avaient produit jusqu’alors. Le trio s’était pourtant déjà construit une solide réputation de groupe de rock inventif grâce notamment à son leader, le chanteur et superbe guitariste, Barrie Cadogan. Mais c’était une musique encore assez brute, avec des inspirations tantôt soul (We are Little Barrie), tantôt garage, et somme toute plutôt gaie.

C’est une toute autre affaire que nous présente ce quatrième album, Shadow, qui porte assez bien son nom, tant la musique y est plutôt sombre et parfois mystérieuse. Dans un style néo psychédélique affirmé, à grand renfort de réverb, de fuzz (écouter le très révélateur Fuzzbomb) et de wurlitzer, on se croit remonter quelques décennies en arrière, époque Jimi Hendrix ou premiers Pink Floyd. On y trouvera quelques traces de ceci ou de cela plus récentes (quelques réminiscences de White Stripes ou Sonic Youth, si l’on en croit Rock & Folk ?), je pense pour ma part à cet groupe d’un unique album, Dark Star (1998). Enfin, on pourra toujours jouer au jeu des références à l’infini – certains entendent une parenté avec Arctic Monkeys qui me paraît pourtant assez vague : le groupe de Sheffield, malgré tout le respect que je lui dois n’a jamais atteint cette densité et ce raffinement. Il faut quand même souligner que l’album est coproduit par Edwyn Collins.

Mais ce qui compte c’est qu’en 11 titres denses, à l’écoute desquels on ne s’ennuie à aucun moment, les Little Barrie ont créé un album d’une très grande cohérence, avec un travail d’orfèvre sur les textures sonores, et des mélodies graves et entêtantes, qui tournent parfois à la mélopée, sur des rythmes généralement mid tempo, parfois répétitifs, structurés autour de la basse très en avant de Lewis Wharton, le tout agrémentés de riffs et de solos déchirants (Stop or Die).

C’est un petit chef d’œuvre que nous offre Little Barrie pour l’été. Le signe d’un tournant musical définitif ou une simple expérience un peu folle et géniale ? L’avenir nous le dira.


Strange Weather
Strange Weather
Prix : EUR 7,99

5.0 étoiles sur 5 Une belle parenthèse, 27 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Strange Weather (CD)
Quelques mois à peine après la sortie de son magnifique second album, voici qu’Anna Calvi nous gratifie d’un mini album, comme pour nous faire patienter en attendant la sortie d’un prochain (?).

La particularité de cet EP, c’est qu’il contient cinq titres qui sont tous des reprises. Je dois avouer que j’ai trouvé l’info chez les Inrocks, car sauf un, je ne connaissais pas les originaux, et par ailleurs, sur la couverture de l’album il n’y a curieusement aucune indication :
Papi pacify du groupe électro FKA twigs
I’m the man that will find you de Connan Mockassin
Ghost rider de Suicide
Strange Weather de Keren Ann
Lady grinning soul de David Bowie (sur Aladdin Sane)

Cinq reprises, et pourtant un véritable album d’Anna Calvi. On y retrouve tous les ingrédients qui ont fait la réussite de One Breath et lui ont donnée cette ambiance particulière mystérieuse : les guitares discrètes, mais qui soudainement viennent lacérer les textures sonores de leurs fulgurances, les cordes qui créent cette atmosphère tendue, et puis la voix d’Anna Calvi, avec toute cette puissance contenue. Elle se fait d’ailleurs accompagner par David Byrne, notamment sur le très beau Strange Weather. Les Inrocks considèrent que Ghost Rider est le ratage de l’album, car trop proche de l’original. Pour ma part, je ne connaissais pas le titre de Suicide, et je trouve le morceau ici extraordinaire.

On sera aussi surpris de la reprise de Lady grinning soul, sur laquelle Anna chante uniquement accompagnée du piano de Thomas Bartlett. Il fallait le faire et c’est superbe.

Comme tout le reste. Un regret : c’est seulement un EP. Mais ça nous donne l’eau à la bouche pour patienter jusqu’au troisième LP. Mais jusqu’à quand ?


Concertos pour Piano 2 & 3/Variations Sur un Thème de Chopin
Concertos pour Piano 2 & 3/Variations Sur un Thème de Chopin
Prix : EUR 19,99

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le piano enchanté, 13 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Concertos pour Piano 2 & 3/Variations Sur un Thème de Chopin (CD)
Le pianiste cubain, né en 1914 et mort en 1990, n’a peut-être pas la notoriété qu’il mérite. J’ai l’impression que le centenaire de l’année de sa naissance passe quelque peu inaperçu, notamment auprès des maisons de disques. Il est vrai que ses enregistrements ne sont sans doute pas très nombreux, pour des raisons qui m’échappent d’ailleurs. Il avait pourtant connu comme une seconde naissance dans les années 1980 avec des enregistrements de Liszt restés célèbres (dont la dernière réédition en coffret date de 2001).

Ici, Decca a l’excellente idée de rééditer, dans sa collection Eloquence, en deux CD, des gravures merveilleuses de Rachmaninov datant elles aussi des années 1980. On y trouve les concertos n° 2 et 3, les variations sur un thème de Chopin, et quelques pièces éparses, notamment cinq préludes, dont les très célèbres préludes en ut dièse mineur, op. 3 n° 2 et celui en ut mineur op. 23 n° 5.

On découvre un pianiste déjà âgé, mais au mieux de sa forme, dans des interprétations qui révèlent avec la plus grande évidence tout le sens de la poésie de ce rare pianiste. On pourra être un peu surpris par des tempos parfois un peu lent (écouter le prélude op. 23 n° 5), en particulier dans le concerto n° 2. Mais c’est par choix et non par manque de moyen, un choix d’ailleurs intéressant qui fait ressortir toute la saveur de ces pages célèbres.

Dans le concerto n° 3, toute la virtuosité et la puissances réclamées (et jouées d’ailleurs par le compositeur lui-même) par l’œuvre se retrouvent dans le premier mouvement, sans que soit jamais entamée le sens de la mélodie. Dans le troisième pouvement pourtant, Bolet fait le choix d’un tempo au contraire un peu plus lent qu’il est usuel de le jouer. On a ici un parti pris à l’opposé de l’incandescence d’Horowitz. A la première écoute, j’ai douté, je l’avoue, de sa pertinence. Et pourtant après coup, on se rend compte que ça fonctionne merveilleusement : le piano chante véritablement cette multitude de notes et on redécouvre là encore la mélodie qu’elles construisent avec tant de délicatesse, malgré normalement leur rapidité.

Sans en dire plus sur les autres pièces du programme, je ne peux donc que recommander l’écoute de ce double CD. Profitons-en, ce sera une manière de célébrer le centenaire de ce grand pianiste trop rare.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jul 31, 2014 9:25 AM MEST


Midnight Sun (Inclus Coupon MP3)
Midnight Sun (Inclus Coupon MP3)
Prix : EUR 21,63

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le fils de son père et la fille de ses rêves, 5 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Midnight Sun (Inclus Coupon MP3) (CD)
Sur la couverture inspirée de grandes mythologies mystiques (Indouisme, Ufologie, Esotérisme…), apparaît l’acronmyme The GOASTT, derrière lequel se cache le nom véritable du groupe : The Ghost of a Sabber Tooth Tiger, le fantôme d’un tigre aux dents de sabre. Mais qui se cachent derrière ce nom tout aussi mystérieux ? Il s’agit d’un duo, dont la moitié masculine n’est autre que Sean Lennon, le fils de qui vous savez, et la moitié féminine la très belle Charlotte Kemp Muhl, sa compagne, mannequin, chanteuse et musicienne.

Le duo avait déjà sorti un très joli album en 2010, Accoustic Sessions, dont les chansons étaient arrangées essentiellement à la guitare acoustique, mais où on décelait déjà un talent mélodique incomparable. C’est ce dont je me suis rendu compte après l’achat de Midnight Sun, car ce groupe est pour moi une véritable découverte.

Midnight Sun fait partie de ses disques qui intriguent et séduit dès la première écoute, sans que l’on sache très bien pourquoi. Et c’est en le réécoutant encore et encore qu’on finit par mieux le comprendre, tout en découvrant chaque fois quelque chose de nouveau, tant il se distingue de son prédécesseur qui était très dépouillé, par un foisonnement de sonorités, des arrangements dense et riche, des guitares électriques qui fusent, des drones qui viennent d’on ne sait où, où se mêlent subtilement et sans excès, toutes sortes d’effets sonores (franger, phaser, etc.), des percussions inattendues.

Mais au-delà de ça, ce qui marque, c’est la richesse des mélodies qui finissent par vous habitez (est-ce là le fantôme en question ?). Sean et Charlotte font tout ensemble, composition et écriture, chants, instruments (même si c’est Sean qui est le véritable multi instrumentiste). L’ensemble formant un véritable bijou de pop rock psychédélique et progressif. Car l’on ne manquera pas de faire des comparaisons, avec le papa en particulier et les Beatles en général, évidemment, qui inspirent forcément le duo (impression renforcée par la voix de Sean qui ressemble beaucoup à celle de John, et les harmonies vocales typiques). Mais qui ne l’a pas été par l’un des plus grands groupes de tous les temps ? On pourra retrouver également des réminiscences des Pink Floyd période Syd Barett et d’autres plus contemporaine, comme Elliott Smith (il est vrai lui-même inspiré par …) ou les oubliés Magoo, ou encore Porcupine Tree. Car on y trouve de longs solos de guitare électrique qui nous emportent… très loin. A quoi on ajoutera un grain de folie hérité sans doute de la maman cette fois, Yoko Ono.

Beaucoup d’artistes actuels s’inspirent de cette période bénie de l’histoire de la musique pop que furent les années 60 et 70. Mais nul, même les excellents Orval Carlos Sibelius, Jacco Gardner ou encore The temples, n’avait eu autant de légitimité dans ce registre et n’avait produit une musique aussi réjouissante. Bref, j’adore…
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 15, 2014 8:21 PM MEST


Led Zeppelin I - Edition Deluxe (2 CD)
Led Zeppelin I - Edition Deluxe (2 CD)
Prix : EUR 16,99

14 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le second envol du Zeppelin, 2 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Led Zeppelin I - Edition Deluxe (2 CD) (CD)
J’aimerais pouvoir remonter à une époque que je n’ai pas connue, être un adolescent de 1969 qui découvrit pour la première fois Led Zepellin I ! Quelle claque cela devait être : ce mélange unique de rock, de blues et de folk, ces guitares acérées, cette batterie puissante, cette voix haut perchée et d’une rare expressivité, ces effets et ces harmonies par moment si étranges !

En 2014, c’est également une véritable claque que l’on prend en redécouvrant l’album grâce à cette nouvelle remastérisation due aux bons soins de Jimmy Page. Que je sache, la précédente datait du début des années 1990, et pour ma part je possédais une version japonaise qui doit dater de 2006 (impossible de trouver une date sur la pochette), en version mini vinyl réplica. J’ai un peu hésité à faire cette acquisisition (dans certains magazins, les trois premiers albums sont déjà sortis depuis la fin de la semaine dernière), car on est souvent déçu par des remastérisations qui n’apportent pas grand chose. Ici, la différence est sans appel, sans même avoir besoin de procéder à une écoute au casque : quelle clarté, quel relief, quel dynamisme, quelle précision dans les détails ! Et à la fois quelle profondeur et quel ampleur dans l’espace : on a l’impression de plonger au cœur de la musique (avec une stéréo curieusement inversée). C’est assez bluffant et ébouriffant.

Ce premier album, comme tous les autres qui suivront (déjà sortis : Led Zeppelin II et III), est disponible en plusieurs versions. Pour ma part, j’ai acheté l’édition Deluxe 2-CD (il existe aussi une version avec le seul album original remastérisé, et un coffret comprenant les cd le vinyl) qui comporte en bonus un concert inédit (que je sache) du 10 octobre 1969 à l’Olympia. Ce seul bonus rendrait cette réédition indispensable. D’abord, contrairement à ce qu’on aurait pu craindre pour un enregistrement déjà ancien, le son est là encore excellent, avec là encore un gros travail sur la (re)mastérisation. Ensuite et surtout, il vaut le détour par les interprétations incandescentes que le groupe donne de l’essentiel des titres de son premier album, auquel s’ajoutent quelques morceaux parus sur Led Zeppelin II (Heartbreaker ; Moby Dick). On y trouve notamment une version extraordinaire de Dazed and confused de 15 minutes dans laquelle Jimmy Page joue de tous les effets possibles qu’il pouvait tirer de sa guitare.

Certains mauvais esprits diront que tout ceci n’est qu’une opération commerciale destinée à tirer profit des vaches à lait que sont les fans de Led Zep. C’est sans doute effectivement une opération commerciale, car les fans se préciteront, mais elle est parfaitement légitime et n’est pas que ça. C’est surtout une opération artistique d’une grande réussite, et c’est certain, pour ma part je n’hésiterai pas à me procurer la suite de cette réédition.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 13, 2014 6:51 PM MEST


Univers Nino
Univers Nino
Prix : EUR 17,00

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Unis vers Nino, 30 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Univers Nino (CD)
Nino Ferrer n’a pas eu la reconnaissance qu’il méritait de son vivant. Et je ne peux m’empêcher d’associer cette idée à la tristesse de son regard sur la photo qui orne la pochette, ainsi qu’à sa disparition tragique en 1998. Et aujourd’hui, ce ne sont souvent que quelques chansons amblématiques qui restent en mémoire, comme Mirza, Les cornichons ou Le téléfon. Et puis Le Sud qui semble une exception miraculeuse parmi toutes ces autres moins sérieuses. Cette année une réédition de l’intégrale de ses albums a fort heureusement permi de redécouvrir toute la richesse et le génie de la musique de Nino Ferrer, oscillant entre titres pop et rock inspirés de la musique anglo-saxonne, avec un rien d’expérimentations parfois surprenantes.

Et fort heureusement aussi, de temps en temps, sort un album hommage. On se souvient de On dirait Nino, sorti en 2005, sur lequel on trouvait la superbe reprise du Sud par Alain Bashung.

Vous trouverez Univers Nino dans le rayon Jazz de certaines enseignes. Je ne suis pas sûr que ce classement soit judicieux. Il est vrai que Deni Colin est un musicien, compositeur plutôt tourné vers le jazz, mais la chanteuse qui l’accompagne ici vient de l’univers de la pop française. Quoi qu’il en soit, ce sont 11 morceaux de Nino Ferrer qui sont ici repris, adaptés et même transformés, avec respect de l’esprit mais sans imitation, la véritable essence d’un album de reprises. Le tout dans un style de jazz rock où se mêlent avec bonheur les guitares électriques de Julien Omé et les clarinettes de Denis Colin, et autres cuivres, et où la voix douce et aérienne d’Ornette apparaît tout à fait crédible.

L’intérêt du disque réside également dans le répertoire choisi. On y trouve certes quelques tubes bien connus comme Les cornichons ou Mirza (dans une version rock mid tempo étonnante), La rue Madureira, qui clôt l’album sur une note de tristesse infinie. Toutefois, ni Le Sud, ni La maison près de la fontaine n’ont été choisies, et c’est peut-être mieux ainsi, pour des chansons parfaites en elles-mêmes. En revanche, quelques morceaux moins connus mais superbes ont été retenus dans des versions magnifiques ici. Je pense au mal nommé Introduction qui entame superbement l’album, comme il entamait l’abum Blanat à l’origine, intitulé qui risque de faire oublier que c’est une véritable chanson, dont la particularité du texte est de constituer un extrait de l’Enfer de Dante. Je pense aussi aux poignants Moby Dick et L’arbre noir. On y trouvera aussi Métronimie, tiré de l’album concept et expérmiental du même nom, dont Nino Ferrer regrettait qu’il eut connu si peu de succès (sauf La maison près de la fontaine), etc.

Je ne sais pas si ce disque sera le meilleur moyen pour ceux qui ne le connaissent pas de découvrir Nino Ferrer, mais en tout cas il permet de faire revivre de superbes morceaux de ce grand artiste et, où il est, j’espère qu’il sait qu’il y a sur Terre beaucoup de gens qui aime aujourd’hui encore sa musique.
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Hot Dreams
Hot Dreams
Prix : EUR 13,99

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Envoûtant, 19 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Hot Dreams (CD)
Et voici le nouvel opus de Timber Timbre ! Une fois encore le groupe canadien fait mouche avec un album qui, tout en restant dans l’esprit des précédents, ne se contente pas de reprendre là où Creep on Creepin on avait les choses.

On retrouve bien sûr la voix extraordinaire de Taylor Kirk, grave et profonde, qui semble cette fois moins venir d’outre tombe pour jouer sur le registre du crooner imtemporel. On retrouve l’ambiance nostalgique, sombre, ce qui n’empêche pas d’y rencontrer des titres plus rythmés et rapides, comme sur Curtain!? ou l’instrumental Resurrection Drive part II.

On retrouve aussi, marque de fabrique du groupe, les jeux sur les textures sonores qui prennent appui sur une base apparemment stéréotypée, mais finalement détournée et transcendée grâce à des arragements où les dissonances d’instruments semblant mal accordés (Bring Simple Man), quelques bruitages étranges, des coup de guitares fulgurants (Curtains!?) et l’usage du très vintage Mellotron, donnent une sensation angoissante d’irréalité.

Cette fois, ce ne sont pas tellement les fifties qui sont convoquées, et les inspirations sont plus diffuses et diversifiées. L’excellent Run from Me en est l’exemple le plus caractéristique, qui commence comme une ballade langoureuse datant des années 30, avec la belle voix légèrement filtrée de Taylor Kirk sur quelques accords minimalistes de piano et qui progressivement nous projette dans les sixties vues par Broadcast. A l’opposé de ce style, Grand Canyon nous fait revivre les grands espaces avec un air de chanson de cowboy sur des rythmes qui pourraient avoir été empruntés à quelque mélopée indienne, entrecoupée d’une ligne de saxophone qui nous ramène brusquement pour quelques secondes à notre époque.

C’est donc d’un nouveau petit chef d’œuvre que nous régalent les Timber Timbre et on attend déjà avec impatience le prochain album. En attendant, il n’y a qu’à profiter de ce petit dernier ou se replonger dans les précédents.


Turn Blue
Turn Blue
Prix : EUR 16,99

16 internautes sur 18 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Les Black Keys se détournent-ils du blues?, 12 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Turn Blue (CD)
The Black Keys sortent leur 8e album et l’on peut mesurer le chemin musical accompli par ce duo (Dan Auerbach et Patrick Carney) américain venu de l’Ohio. Entre leurs premiers albums de rock blues aride et rugueux, mais néanmoins imaginatif, jusqu’ à ce nouvel opus qui se tournent résolument, non pas vers le bleu, mais la pop, on aurait du mal à croire que ce sont les mêmes artistes qu’on écoute.

Le tournant qui a fait sortir le groupe des ornières d’une reconnaissance plutôt confidentielle vers la lumière d’un véritable succès commercial fut le magnifique album Attack & Release. L’arme fatale : le producteur Danger Mouse, déjà, qui avait permis au groupe d’allier avec intelligence et subtilité, un blues aux racines profondes avec la modernité d’une production qui restait parfaitement dans l’esprit de cette musique rugueuse. L’excellent Brothers, sans Danger Mouse cette fois (sauf sur un titre), avait conservé cet esprit.

Avec El Camino, on assistait au retour aux manettes de Danger Mouse, avec une tonalité cette fois beaucoup plus pop (des chœurs féminins apparaissent, ainsi que des synthétiseurs et autres sonorités électroniques), avec des mélodies plus accrocheuses peut-être, plus gaies et plus simples.

Turn to Blue s’inscrit résolument dans les traces de cette troisième période, pop, mélodique, des chansons faites pour obtenir sans aucun doute un nouveau grand succès auprès du public. Le premier titre laissait cependant entrevoir une nouvelle évolution, Weight of Love, le plus long jamais enregistré par le duo (6’50), superbe morceau (à mon sens le meilleur de l’album) dans un esprit progressif avec une longue intro instrumentale, des guitares qui chantent au début et à la fin et dans une tonalité plutôt nostalgique. Mais dès le morceau suivant, on retrouve l’ambiance d’El Camino, avec une base rock certes, mais aussi une production pop assez cossue et des chœurs féminins. La suite est finalement à l’avenant, les titres s’enchaînent avec efficacité, certains lorgnant plus vers le côté pop électro (Fever, Bullet in the Brain, 10 lovers) d’autres, plus rarement, revenant à un blues plus dépouillé (It’s up to you now, avec un bon gros son de guitare, ou la très belle balade In our Prime), s’achevant sur un morceau qui, allez savoir pourquoi, me fait penser pour le coup à du vieux Fleetwood Mac (sans doute quelque chose dans le voix de Dan Auerbach).

Il faut reconnaître que ce mélange, très réussi, donne au son des Black Keys d’aujourd’hui, quelque chose de très contemporain mais aussi de très original, une sorte de Blues pop, a tendance électro. Ce nouvel opus est dans la suite logique du précédent, il n’y a pas de faute de parcours dans les 11 titres qui se suivent, pas de faute de goût. Mais on peut aussi regretter, sinon la disparition, du moins une certaine mise en retrait des racines blues du duo. Il n’en reste pas moi un très bon album qui plaira aux nouveaux fans du groupe, mais aux anciens ?
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : May 13, 2014 3:05 PM MEST


Vadim Salmanov
Vadim Salmanov
Prix : EUR 21,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Trésors retrouvés de Melodiya, 4 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Vadim Salmanov (CD)
Melodyia, décidément l’un des labels actuels (et pourtant ô combien vénérable) les plus intéressants, nous propose une réédition des quatre symphonies de Vadim Salmanov (1912-1978), peut-être l’un des compositeurs les plus représentatifs de l’ère soviétique. A voir pourtant.

Le premier intérêt de ce double album tient évidemment à ce qu’il permet aux amateurs et aux curieux de se faire une idée un peu plus précise de cette musique soviétique si souvent pourfendue, comme soumise aux diktats du pouvoir politique et même directement de Staline, à travers son suppôt maléfique Jdanov, comme convenue et sans imagination. Cependant, l’écoute de ces enregistrements, tout comme celle de l’anthologie des œuvres de Khrennikov parue il y a un an environ, nous permettent de nuancer sensiblement ces quelques idées reçues.

Sans doute, d’ailleurs, en dessous des œuvres de l’ancien secrétaire général de l’Union des compositeurs soviétiques, les quatre symphonies de Salmanov dégagent néanmoins un charme certain et suscitent même un réel intérêt.

Ces quatre œuvres ont été écrites entre 1952 et 1976, et on relève immédiatement une évolution sensible dans ce parcours. La première symphonie (1952), en trois mouvements, il faut le reconnaître, est assez à l’image de l’idée plus ou moins juste que l’on se fait de la musique soviétique. Œuvre à programme implicite, si l’on en croit le livret, elle est censée, dans un style épique traduire les sentiments vécus par le compositeur lors de la seconde guerre mondiale. Un souffle puissant et sombre l’anime en effet, mais on y trouve de nombreux motifs mélodiques, tirés de la musique populaire, qui en facilitent grandement l’écoute et la rendent attachante. Quant à la deuxième symphonie (1959), sa fonction programmatique est beaucoup plus apparente, puisque ces quatre mouvements sont tous sous-titrés : Le chant des forêts, L’appel de la nature, Au coucher du soleil, Et la forêt chante. On s’éloigne cette fois des affres de la guerre pour se tourner vers une imagerie naturaliste tantôt légère, tantôt plus dramatique et agressive (troisième mouvement), sans se départir d’un mélodisme riche et simple à la fois.

Mais c’est sans doute la troisième symphonie (1963) qui apparaît la plus intéressante et constitue une sorte de tournant dans l’œuvre de Salmanov. En effet, de manière surprenante sous un régime où un compositeur pouvait être taxé facilement de « formalisme », faute grave pouvant entrainer les pires sanctions allant jusqu’à la déportation (mais il est vrai qu’en 1963 Staline est mort depuis plusieurs années), car le premier mouvement est construit sur un motif dodécaphonique, néanmoins très accessible On y découvre une grande variété de motifs mélodique, un usage assez original des percussions, et un travail intéressant sur les rythmes et les textures sonores. La tonalité d’ensemble est plutôt dramatique mais on est loin du lyrisme guerrier de la première symphonie, il s’agit plutôt d’une sorte d’invitation à une réflexion philosophique malgré tout plutôt apaisée. Le finale s’achève, s’éteint pourrait-on dire, très doucement, un peu comme le second concerto pour violoncelle de Shostakovich, dont l’ombre tutélaire plane sur cette œuvre, ou sa quinzième symphonie.

Enfin, dans la quatrième, il semble que l’on retrouve le langage plus simple des premières symphonies (la structure en trois mouvements de la première notamment), le sens des thèmes mélodiques populaires et les allures un peu guerrières (second mouvement). Dans le troisième mouvement, noté andante, cependant reparaissent des accents de la troisième avec ses textures plus légères (voir l’usage parcimonieux du célesta), et une fin plutôt lumineuse.

Il faut enfin préciser que ces quatre œuvres ont été enregistrées en public. Si la prise de son de la première n’est pas excellente, celle des trois autres n’appelle guère de reproches. C’est l’Orchestre philharmonique de Leningrad qui donne ces représentations, avec à sa tête, et c’est là un autre intérêt majeur de ce double album, le grand Yevgueni Mravinsky qui mène ces interprétations avec la puissance et l’intensité qu’on lui connaît.

PS : on peut sérieusement s'interroger sur le système de référencement des disques de musiques classiques par Amazon qui est de pire en pire. Cet album est référencé : Vadim Salmanov de Vadim Salmanov ! Comment retrouver cet album par la fonction recherche ? Pour Salmanov, encore, ça va les produits consacrées à ce compositeur sont peu nombreux. Mais pour les concertos pour violoncelle de Shostakovich, référencés de la même manière (Dimitri Shostakovich de Dimitri Shostakovich, sans aucune référence à Truls Mork ou à Vasily Petrenko) c'est beaucoup plus compliqué…


Dimitri Chostakovitch
Dimitri Chostakovitch
Prix : EUR 13,05

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Un duo pas vraiment gagnant, 1 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dimitri Chostakovitch (CD)
Avec à l’affiche le très réputé violoncelliste norvégien, Truls Mork, et le jeune chef d’orchestre russe qui monte, Vasily Petrenko qui depuis quelques années a entrepris une intégrale des symphonies de Shostakovich, saluée par la critique, ici à la tête de l’Orchestre philharmonique d’Oslo, on pouvait s’attendre à un enregistrement exceptionnelle des deux concertos pour violoncelle du compositeur russe.

Quant à Truls Mork, sa virtuosité, nécessaire face au premier concerto, n’est pas mise en défaut. Le problème vient plutôt peut-être d’un manque d’implication ou d’inspiration apparent de la part du norvégien, ou bien de son tempérament ou d’un choix particulier pour ces deux partitions, et en particulier de concerto n° 1, dans lequel, malgré un tempo assez vif, le violoncelliste apparaît un peu terne et son archet un peu trop lisse. Tout est là, jamais en écoutant le premier mouvement, la fin de la cadence, ou le finale on éprouve la sensation de folie et d’embrasement que l’on retrouve chez d’autres. On apprend dans le livret que Mork a étudié notamment auprès de Heinrich Schiff qui a laissé une version superbe des deux concertos (Chostakovich : Concertos pour violoncelle n° 1 & n° 2), et autrement plus enivrante du premier.

On est loin également de la version de Mischa Maisky, dans le même esprit que celle de Schiff. En dessous également de celle récente d’ Emmanuelle Bertrandqui m’avait pourtant un peu déçu. Sans compter la première version de référence, de Rostropovitch, qui, moins agressive que celle de Schiff ou Maisky, n’en est pas moins mordante et inquiétante.

La déception est moins grande pour le concerto n° 2, peut-être parce que les exigences à l’égard du soliste sont différentes, que Truls Mork se sent plus à l’aise dans les atmosphères plus crépusculaires de cette œuvre. Mais la lenteur voulue des tempos de longs passages se transforme parfois en langueur, pour ne pas dire en torpeur et on frôle de temps à autre l’ennui.

Bien sûr, pour qui souhaiterait découvrir ces deux œuvres magnifiques, l’écoute de cet album constituerait un bon point de départ. Shostakovich n’y est pas trahi, l’ambiance du sombre concerto n° 1 et du plus apaisé mais mystérieux concerto n° 2 est dans l’ensemble assez bien respectée, Petrenko réussit à donner de jolies couleurs à l’orchestre, quitte parfois à prendre un peu le pas sur le soliste d’ailleurs – qui se trouve du coup un peu en retrait et c’est l’un des défauts de ces interprétations. Mais il y manque quand même un peu dynamisme. Et l’ensemble reste bien décevant pour qui connaît d’autres très belles versions.


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