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Cymus
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Jorge Bolet - the Complete Rca and CBS Album Collection
Jorge Bolet - the Complete Rca and CBS Album Collection
Prix : EUR 28,05

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Bolet l'enchanteur, 8 septembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Jorge Bolet - the Complete Rca and CBS Album Collection (CD)
Cela faisait plusieurs mois qu’il était annoncé, il est enfin arrivé ! Le coffret Jorge Bolet qui regroupe l’ensemble des albums parus chez RCA et Columbia à l’occasion du centenaire de la naissance du grand pianiste cubain, devenu par la suite américain.

On remarque d’abord l’élégance de ce coffret, à l’image de l’élégance de l’homme et de son jeu. Dix disques dans leur pochette (recto verso) et leur couplage d’origine, un livret au papier glacé de belle qualité, contenant une présentation trilingue (anglais, allemand et français) de l’artiste contenant quelques très belles photos et, comme à l’habitude chez Sony, le track listing album par album des enregistrements allant de 1958 à 1982, avant que Bolet poursuive sa carrière discographique chez Decca.

On trouve dans ces CD (que je n’ai pas encore tous écoutés, ne possédant l’objet que depuis 2 jours, grâce à mon disquaire qui n’hésite pas à mettre en vente les nouveautés quelques jours avant leur sortie officielle) le Bolet de la légende : un virtuose extraordinaire, limpide, sans maniérisme, élégant et poétique, dans la grande tradition du beau piano romantique. Il n’est pas la peine d’en dire plus, ceux qui le connaissent savent de quoi je parle, les autres comprendront dès les premières écoutes.

C’est un petit coffret, malheureusement, car Bolet a été victime d’une certaine méconnaissance dans la première partie de sa carrière, voire d’un certain mépris pour avoir osé peut-être enregistrer la bande originale d’un film hollywoodien. Dix CD seulement donc, mais tous magiques. La moitié d’entre eux sont consacrés au répertoire de prédilection du Cubain, celui de Liszt. Il sera ainsi intéressant de comparer les Etudes d’exécution transcendante de cette période RCA, avec celles de la période Decca.

Mais l’autre moitié des albums permet de découvrir un répertoire beaucoup plus divers, comme des transcriptions de Rachmaninov ou encore de la musique de chambre, notamment le monumental et magnifique quintette de César Franck. On est surtout ravi de trouver dans ce coffret l’intégralité du récital de 1974 donné par Bolet à Canergie Hall et qui, alors qu’il était déjà âgé de 60 ans, a marqué enfin sa consécration.

Une seule petite réserve concerne la prise de son qui est dans l'ensemble de très bonne qualité (après une écoute de la moitié des disques), mais n'est pas la qualité de Decca, avec un son un peu trop métallique.

Mais c'est peu de choses au regard des trésors que cet immense petit coffret nous fait ainsi revivre, poursuivant fort heureusement la légende du pianiste cubain.

Quelques indications du programme contenu :

CD 1
Liszt, Etudes d’exécution transcendante (9 seulement) (1958)

CD 2
Franz Liszt’s Greatest Hits of the 1850s (1969)

CD 3
Great Rachmaninov Transcriptions (1973)

CD 4 et 5
Bolet plays Liszt
- Les 12 Etudes d’exécution transcendante (1970)
- Consolations (1969)
- Liebestraum n° 3 (1969)

CD 6 et 7
Bolet at Carnegie Hall (25 février 1974)
- Bach : Chacone (transcription de Busoni)
- Chopin : 24 préludes
- Johann Strauss II : Man lebt nur einmal, Nachtalter
- Adolf Schulz-Evler : Arabesques de concert sur un motif de Johann Strauss, d’après Le Beau Danube bleu
- Liszt, Tannhaüser Overture
- Moritz Moszkowski, La jongleuse
- Anton Rubinstein, Etude en ut majeur

CD 8
César Franck
- Quintet pour piano, 2 violons, alto et violoncelle (avec le quatuor Julliard) (1971)

Hugo Wolf
- Sérénade italienne (pour quatuor à cordes) (1981) Sans Bolet bien sûr, mais la présence de cette œuvre est due au respect du couplage d'origine.

CD 9

Ernest Chausson
- Concerto pour violon, piano, quatuor à cordes (avec Itzhak Perlman et le Quatuor Julliard) (1982)

CD 10
Bolet rere Discovered – Liszt Recital (1972-1973)


Blues Pills
Blues Pills
Prix : EUR 15,99

4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 De toutes les couleurs, 23 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Blues Pills (CD)
Décidément, la musique des seventies n’en finit pas d’inspirer les musiciens d’aujourd’hui, y compris parmi les plus jeunes, et souvent pour le meilleur.

C’est ce que nous révèle ce premier LP de Blues Pills, groupe aux membres d’origine diverse, cela a déjà été expliqué par d’autres. Habituellement, j’évite de commenter des disques qui l’ont déjà été, et celui-ci a déjà fait l’objet de belles chroniques sur ce site. Je fais une entorse tant il m’est difficile de refreiner mon enthousiasme. Enthousiasme qui ne fait que grandir au fil des écoutes.

C’est qu’en effet, on ne peut être que séduit par ce rock à la fois puissant, mélodique et virtuose qui s’inspire du meilleur des seventies, mais dans une production qui n’en reste pas moins actuelle. Si aux premières mesures de High Class Woman par exemple, qui ouvre l’album, on ne peut s’empêcher d’évoquer Led Zeppelin, Deep Purple (sans les claviers) ou même le Black Sabbath des débuts (même si les Blues Pills se défendent d'être un groupe de métal), la poursuite de l’écoute nous fait découvrir combien les influences sont beaucoup plus riches que ça, où se mêlent blues, rock psychédélique et soul, parfaitement assimilés.

L’album, dans une belle pochette psyché, est livré avec un DVD très intéressant qui contient un concert donné par Blues Pills en Allemagne en 2013 (ce n’est sans doute pas un hasard si l’album paraît chez le label indépendant Nuklear Blast). Ce concert nous donne une image encore plus précise de la pêche du groupe, à commencer par la chanteuse suédoise Elin Larsson, dont la voix fait sans doute un peu penser à Janis Joplin (mais n’exagérons rien, il lui manque le grain si particulier de la chanteuse légendaire), mais avec un registre un peu différent. Et puis la virtuosité des musiciens, notamment le jeune guitariste français Dorian Soriaux qui impressionne tant par sa technique que par l’inspiration qui semble l’habiter pendant ses magnifiques solos, qui font penser tant à Jimi Hendrix qu’à Andrew Latimer (Camel), etc.

Et puis, il y a une interview qui montre de tout jeunes gens fort sympathiques qui nous parlent notamment de leurs influences, sans se la jouer artiste ravagé.

Une belle performance, et un bel album : une fée – électrique - s’est penchée sans doute sur le berceau de Blues Pills, et on en voit de toutes les couleurs !


Shadow
Shadow
Prix : EUR 17,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un petit chef d'œuvre, 29 juillet 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Shadow (CD)
Le nouvel album du groupe anglais, Little Barrie, est une véritable merveille, bien différente de ce qu’ils avaient produit jusqu’alors. Le trio s’était pourtant déjà construit une solide réputation de groupe de rock inventif grâce notamment à son leader, le chanteur et superbe guitariste, Barrie Cadogan. Mais c’était une musique encore assez brute, avec des inspirations tantôt soul (We are Little Barrie), tantôt garage, et somme toute plutôt gaie.

C’est une toute autre affaire que nous présente ce quatrième album, Shadow, qui porte assez bien son nom, tant la musique y est plutôt sombre et parfois mystérieuse. Dans un style néo psychédélique affirmé, à grand renfort de réverb, de fuzz (écouter le très révélateur Fuzzbomb) et de wurlitzer, on se croit remonter quelques décennies en arrière, époque Jimi Hendrix ou premiers Pink Floyd. On y trouvera quelques traces de ceci ou de cela plus récentes (quelques réminiscences de White Stripes ou Sonic Youth, si l’on en croit Rock & Folk ?), je pense pour ma part à cet groupe d’un unique album, Dark Star (1998). Enfin, on pourra toujours jouer au jeu des références à l’infini – certains entendent une parenté avec Arctic Monkeys qui me paraît pourtant assez vague : le groupe de Sheffield, malgré tout le respect que je lui dois n’a jamais atteint cette densité et ce raffinement. Il faut quand même souligner que l’album est coproduit par Edwyn Collins.

Mais ce qui compte c’est qu’en 11 titres denses, à l’écoute desquels on ne s’ennuie à aucun moment, les Little Barrie ont créé un album d’une très grande cohérence, avec un travail d’orfèvre sur les textures sonores, et des mélodies graves et entêtantes, qui tournent parfois à la mélopée, sur des rythmes généralement mid tempo, parfois répétitifs, structurés autour de la basse très en avant de Lewis Wharton, le tout agrémentés de riffs et de solos déchirants (Stop or Die).

C’est un petit chef d’œuvre que nous offre Little Barrie pour l’été. Le signe d’un tournant musical définitif ou une simple expérience un peu folle et géniale ? L’avenir nous le dira.


Strange Weather
Strange Weather
Prix : EUR 7,99

5.0 étoiles sur 5 Une belle parenthèse, 27 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Strange Weather (CD)
Quelques mois à peine après la sortie de son magnifique second album, voici qu’Anna Calvi nous gratifie d’un mini album, comme pour nous faire patienter en attendant la sortie d’un prochain (?).

La particularité de cet EP, c’est qu’il contient cinq titres qui sont tous des reprises. Je dois avouer que j’ai trouvé l’info chez les Inrocks, car sauf un, je ne connaissais pas les originaux, et par ailleurs, sur la couverture de l’album il n’y a curieusement aucune indication :
Papi pacify du groupe électro FKA twigs
I’m the man that will find you de Connan Mockassin
Ghost rider de Suicide
Strange Weather de Keren Ann
Lady grinning soul de David Bowie (sur Aladdin Sane)

Cinq reprises, et pourtant un véritable album d’Anna Calvi. On y retrouve tous les ingrédients qui ont fait la réussite de One Breath et lui ont donnée cette ambiance particulière mystérieuse : les guitares discrètes, mais qui soudainement viennent lacérer les textures sonores de leurs fulgurances, les cordes qui créent cette atmosphère tendue, et puis la voix d’Anna Calvi, avec toute cette puissance contenue. Elle se fait d’ailleurs accompagner par David Byrne, notamment sur le très beau Strange Weather. Les Inrocks considèrent que Ghost Rider est le ratage de l’album, car trop proche de l’original. Pour ma part, je ne connaissais pas le titre de Suicide, et je trouve le morceau ici extraordinaire.

On sera aussi surpris de la reprise de Lady grinning soul, sur laquelle Anna chante uniquement accompagnée du piano de Thomas Bartlett. Il fallait le faire et c’est superbe.

Comme tout le reste. Un regret : c’est seulement un EP. Mais ça nous donne l’eau à la bouche pour patienter jusqu’au troisième LP. Mais jusqu’à quand ?


Concertos pour Piano 2 & 3/Variations Sur un Thème de Chopin
Concertos pour Piano 2 & 3/Variations Sur un Thème de Chopin
Prix : EUR 25,44

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le piano enchanté, 13 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Concertos pour Piano 2 & 3/Variations Sur un Thème de Chopin (CD)
Le pianiste cubain, né en 1914 et mort en 1990, n’a peut-être pas la notoriété qu’il mérite. J’ai l’impression que le centenaire de l’année de sa naissance passe quelque peu inaperçu, notamment auprès des maisons de disques. Il est vrai que ses enregistrements ne sont sans doute pas très nombreux, pour des raisons qui m’échappent d’ailleurs. Il avait pourtant connu comme une seconde naissance dans les années 1980 avec des enregistrements de Liszt restés célèbres (dont la dernière réédition en coffret date de 2001).

Ici, Decca a l’excellente idée de rééditer, dans sa collection Eloquence, en deux CD, des gravures merveilleuses de Rachmaninov datant elles aussi des années 1980. On y trouve les concertos n° 2 et 3, les variations sur un thème de Chopin, et quelques pièces éparses, notamment cinq préludes, dont les très célèbres préludes en ut dièse mineur, op. 3 n° 2 et celui en ut mineur op. 23 n° 5.

On découvre un pianiste déjà âgé, mais au mieux de sa forme, dans des interprétations qui révèlent avec la plus grande évidence tout le sens de la poésie de ce rare pianiste. On pourra être un peu surpris par des tempos parfois un peu lent (écouter le prélude op. 23 n° 5), en particulier dans le concerto n° 2. Mais c’est par choix et non par manque de moyen, un choix d’ailleurs intéressant qui fait ressortir toute la saveur de ces pages célèbres.

Dans le concerto n° 3, toute la virtuosité et la puissances réclamées (et jouées d’ailleurs par le compositeur lui-même) par l’œuvre se retrouvent dans le premier mouvement, sans que soit jamais entamée le sens de la mélodie. Dans le troisième pouvement pourtant, Bolet fait le choix d’un tempo au contraire un peu plus lent qu’il est usuel de le jouer. On a ici un parti pris à l’opposé de l’incandescence d’Horowitz. A la première écoute, j’ai douté, je l’avoue, de sa pertinence. Et pourtant après coup, on se rend compte que ça fonctionne merveilleusement : le piano chante véritablement cette multitude de notes et on redécouvre là encore la mélodie qu’elles construisent avec tant de délicatesse, malgré normalement leur rapidité.

Sans en dire plus sur les autres pièces du programme, je ne peux donc que recommander l’écoute de ce double CD. Profitons-en, ce sera une manière de célébrer le centenaire de ce grand pianiste trop rare.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jul 31, 2014 9:25 AM MEST


Midnight Sun (Inclus Coupon MP3)
Midnight Sun (Inclus Coupon MP3)
Prix : EUR 28,92

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le fils de son père et la fille de ses rêves, 5 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Midnight Sun (Inclus Coupon MP3) (CD)
Sur la couverture inspirée de grandes mythologies mystiques (Indouisme, Ufologie, Esotérisme…), apparaît l’acronmyme The GOASTT, derrière lequel se cache le nom véritable du groupe : The Ghost of a Sabber Tooth Tiger, le fantôme d’un tigre aux dents de sabre. Mais qui se cachent derrière ce nom tout aussi mystérieux ? Il s’agit d’un duo, dont la moitié masculine n’est autre que Sean Lennon, le fils de qui vous savez, et la moitié féminine la très belle Charlotte Kemp Muhl, sa compagne, mannequin, chanteuse et musicienne.

Le duo avait déjà sorti un très joli album en 2010, Accoustic Sessions, dont les chansons étaient arrangées essentiellement à la guitare acoustique, mais où on décelait déjà un talent mélodique incomparable. C’est ce dont je me suis rendu compte après l’achat de Midnight Sun, car ce groupe est pour moi une véritable découverte.

Midnight Sun fait partie de ses disques qui intriguent et séduit dès la première écoute, sans que l’on sache très bien pourquoi. Et c’est en le réécoutant encore et encore qu’on finit par mieux le comprendre, tout en découvrant chaque fois quelque chose de nouveau, tant il se distingue de son prédécesseur qui était très dépouillé, par un foisonnement de sonorités, des arrangements dense et riche, des guitares électriques qui fusent, des drones qui viennent d’on ne sait où, où se mêlent subtilement et sans excès, toutes sortes d’effets sonores (franger, phaser, etc.), des percussions inattendues.

Mais au-delà de ça, ce qui marque, c’est la richesse des mélodies qui finissent par vous habitez (est-ce là le fantôme en question ?). Sean et Charlotte font tout ensemble, composition et écriture, chants, instruments (même si c’est Sean qui est le véritable multi instrumentiste). L’ensemble formant un véritable bijou de pop rock psychédélique et progressif. Car l’on ne manquera pas de faire des comparaisons, avec le papa en particulier et les Beatles en général, évidemment, qui inspirent forcément le duo (impression renforcée par la voix de Sean qui ressemble beaucoup à celle de John, et les harmonies vocales typiques). Mais qui ne l’a pas été par l’un des plus grands groupes de tous les temps ? On pourra retrouver également des réminiscences des Pink Floyd période Syd Barett et d’autres plus contemporaine, comme Elliott Smith (il est vrai lui-même inspiré par …) ou les oubliés Magoo, ou encore Porcupine Tree. Car on y trouve de longs solos de guitare électrique qui nous emportent… très loin. A quoi on ajoutera un grain de folie hérité sans doute de la maman cette fois, Yoko Ono.

Beaucoup d’artistes actuels s’inspirent de cette période bénie de l’histoire de la musique pop que furent les années 60 et 70. Mais nul, même les excellents Orval Carlos Sibelius, Jacco Gardner ou encore The temples, n’avait eu autant de légitimité dans ce registre et n’avait produit une musique aussi réjouissante. Bref, j’adore…
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 15, 2014 8:21 PM MEST


Led Zeppelin I - Edition Deluxe (2 CD)
Led Zeppelin I - Edition Deluxe (2 CD)
Prix : EUR 22,00

14 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le second envol du Zeppelin, 2 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Led Zeppelin I - Edition Deluxe (2 CD) (CD)
J’aimerais pouvoir remonter à une époque que je n’ai pas connue, être un adolescent de 1969 qui découvrit pour la première fois Led Zepellin I ! Quelle claque cela devait être : ce mélange unique de rock, de blues et de folk, ces guitares acérées, cette batterie puissante, cette voix haut perchée et d’une rare expressivité, ces effets et ces harmonies par moment si étranges !

En 2014, c’est également une véritable claque que l’on prend en redécouvrant l’album grâce à cette nouvelle remastérisation due aux bons soins de Jimmy Page. Que je sache, la précédente datait du début des années 1990, et pour ma part je possédais une version japonaise qui doit dater de 2006 (impossible de trouver une date sur la pochette), en version mini vinyl réplica. J’ai un peu hésité à faire cette acquisisition (dans certains magazins, les trois premiers albums sont déjà sortis depuis la fin de la semaine dernière), car on est souvent déçu par des remastérisations qui n’apportent pas grand chose. Ici, la différence est sans appel, sans même avoir besoin de procéder à une écoute au casque : quelle clarté, quel relief, quel dynamisme, quelle précision dans les détails ! Et à la fois quelle profondeur et quel ampleur dans l’espace : on a l’impression de plonger au cœur de la musique (avec une stéréo curieusement inversée). C’est assez bluffant et ébouriffant.

Ce premier album, comme tous les autres qui suivront (déjà sortis : Led Zeppelin II et III), est disponible en plusieurs versions. Pour ma part, j’ai acheté l’édition Deluxe 2-CD (il existe aussi une version avec le seul album original remastérisé, et un coffret comprenant les cd le vinyl) qui comporte en bonus un concert inédit (que je sache) du 10 octobre 1969 à l’Olympia. Ce seul bonus rendrait cette réédition indispensable. D’abord, contrairement à ce qu’on aurait pu craindre pour un enregistrement déjà ancien, le son est là encore excellent, avec là encore un gros travail sur la (re)mastérisation. Ensuite et surtout, il vaut le détour par les interprétations incandescentes que le groupe donne de l’essentiel des titres de son premier album, auquel s’ajoutent quelques morceaux parus sur Led Zeppelin II (Heartbreaker ; Moby Dick). On y trouve notamment une version extraordinaire de Dazed and confused de 15 minutes dans laquelle Jimmy Page joue de tous les effets possibles qu’il pouvait tirer de sa guitare.

Certains mauvais esprits diront que tout ceci n’est qu’une opération commerciale destinée à tirer profit des vaches à lait que sont les fans de Led Zep. C’est sans doute effectivement une opération commerciale, car les fans se préciteront, mais elle est parfaitement légitime et n’est pas que ça. C’est surtout une opération artistique d’une grande réussite, et c’est certain, pour ma part je n’hésiterai pas à me procurer la suite de cette réédition.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 13, 2014 6:51 PM MEST


Univers Nino
Univers Nino
Prix : EUR 17,00

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Unis vers Nino, 30 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Univers Nino (CD)
Nino Ferrer n’a pas eu la reconnaissance qu’il méritait de son vivant. Et je ne peux m’empêcher d’associer cette idée à la tristesse de son regard sur la photo qui orne la pochette, ainsi qu’à sa disparition tragique en 1998. Et aujourd’hui, ce ne sont souvent que quelques chansons amblématiques qui restent en mémoire, comme Mirza, Les cornichons ou Le téléfon. Et puis Le Sud qui semble une exception miraculeuse parmi toutes ces autres moins sérieuses. Cette année une réédition de l’intégrale de ses albums a fort heureusement permi de redécouvrir toute la richesse et le génie de la musique de Nino Ferrer, oscillant entre titres pop et rock inspirés de la musique anglo-saxonne, avec un rien d’expérimentations parfois surprenantes.

Et fort heureusement aussi, de temps en temps, sort un album hommage. On se souvient de On dirait Nino, sorti en 2005, sur lequel on trouvait la superbe reprise du Sud par Alain Bashung.

Vous trouverez Univers Nino dans le rayon Jazz de certaines enseignes. Je ne suis pas sûr que ce classement soit judicieux. Il est vrai que Deni Colin est un musicien, compositeur plutôt tourné vers le jazz, mais la chanteuse qui l’accompagne ici vient de l’univers de la pop française. Quoi qu’il en soit, ce sont 11 morceaux de Nino Ferrer qui sont ici repris, adaptés et même transformés, avec respect de l’esprit mais sans imitation, la véritable essence d’un album de reprises. Le tout dans un style de jazz rock où se mêlent avec bonheur les guitares électriques de Julien Omé et les clarinettes de Denis Colin, et autres cuivres, et où la voix douce et aérienne d’Ornette apparaît tout à fait crédible.

L’intérêt du disque réside également dans le répertoire choisi. On y trouve certes quelques tubes bien connus comme Les cornichons ou Mirza (dans une version rock mid tempo étonnante), La rue Madureira, qui clôt l’album sur une note de tristesse infinie. Toutefois, ni Le Sud, ni La maison près de la fontaine n’ont été choisies, et c’est peut-être mieux ainsi, pour des chansons parfaites en elles-mêmes. En revanche, quelques morceaux moins connus mais superbes ont été retenus dans des versions magnifiques ici. Je pense au mal nommé Introduction qui entame superbement l’album, comme il entamait l’abum Blanat à l’origine, intitulé qui risque de faire oublier que c’est une véritable chanson, dont la particularité du texte est de constituer un extrait de l’Enfer de Dante. Je pense aussi aux poignants Moby Dick et L’arbre noir. On y trouvera aussi Métronimie, tiré de l’album concept et expérmiental du même nom, dont Nino Ferrer regrettait qu’il eut connu si peu de succès (sauf La maison près de la fontaine), etc.

Je ne sais pas si ce disque sera le meilleur moyen pour ceux qui ne le connaissent pas de découvrir Nino Ferrer, mais en tout cas il permet de faire revivre de superbes morceaux de ce grand artiste et, où il est, j’espère qu’il sait qu’il y a sur Terre beaucoup de gens qui aime aujourd’hui encore sa musique.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 1, 2014 9:15 AM MEST


Hot Dreams
Hot Dreams
Prix : EUR 13,99

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Envoûtant, 19 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Hot Dreams (CD)
Et voici le nouvel opus de Timber Timbre ! Une fois encore le groupe canadien fait mouche avec un album qui, tout en restant dans l’esprit des précédents, ne se contente pas de reprendre là où Creep on Creepin on avait les choses.

On retrouve bien sûr la voix extraordinaire de Taylor Kirk, grave et profonde, qui semble cette fois moins venir d’outre tombe pour jouer sur le registre du crooner imtemporel. On retrouve l’ambiance nostalgique, sombre, ce qui n’empêche pas d’y rencontrer des titres plus rythmés et rapides, comme sur Curtain!? ou l’instrumental Resurrection Drive part II.

On retrouve aussi, marque de fabrique du groupe, les jeux sur les textures sonores qui prennent appui sur une base apparemment stéréotypée, mais finalement détournée et transcendée grâce à des arragements où les dissonances d’instruments semblant mal accordés (Bring Simple Man), quelques bruitages étranges, des coup de guitares fulgurants (Curtains!?) et l’usage du très vintage Mellotron, donnent une sensation angoissante d’irréalité.

Cette fois, ce ne sont pas tellement les fifties qui sont convoquées, et les inspirations sont plus diffuses et diversifiées. L’excellent Run from Me en est l’exemple le plus caractéristique, qui commence comme une ballade langoureuse datant des années 30, avec la belle voix légèrement filtrée de Taylor Kirk sur quelques accords minimalistes de piano et qui progressivement nous projette dans les sixties vues par Broadcast. A l’opposé de ce style, Grand Canyon nous fait revivre les grands espaces avec un air de chanson de cowboy sur des rythmes qui pourraient avoir été empruntés à quelque mélopée indienne, entrecoupée d’une ligne de saxophone qui nous ramène brusquement pour quelques secondes à notre époque.

C’est donc d’un nouveau petit chef d’œuvre que nous régalent les Timber Timbre et on attend déjà avec impatience le prochain album. En attendant, il n’y a qu’à profiter de ce petit dernier ou se replonger dans les précédents.


Turn Blue
Turn Blue
Prix : EUR 9,99

17 internautes sur 19 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Les Black Keys se détournent-ils du blues?, 12 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Turn Blue (CD)
The Black Keys sortent leur 8e album et l’on peut mesurer le chemin musical accompli par ce duo (Dan Auerbach et Patrick Carney) américain venu de l’Ohio. Entre leurs premiers albums de rock blues aride et rugueux, mais néanmoins imaginatif, jusqu’ à ce nouvel opus qui se tournent résolument, non pas vers le bleu, mais la pop, on aurait du mal à croire que ce sont les mêmes artistes qu’on écoute.

Le tournant qui a fait sortir le groupe des ornières d’une reconnaissance plutôt confidentielle vers la lumière d’un véritable succès commercial fut le magnifique album Attack & Release. L’arme fatale : le producteur Danger Mouse, déjà, qui avait permis au groupe d’allier avec intelligence et subtilité, un blues aux racines profondes avec la modernité d’une production qui restait parfaitement dans l’esprit de cette musique rugueuse. L’excellent Brothers, sans Danger Mouse cette fois (sauf sur un titre), avait conservé cet esprit.

Avec El Camino, on assistait au retour aux manettes de Danger Mouse, avec une tonalité cette fois beaucoup plus pop (des chœurs féminins apparaissent, ainsi que des synthétiseurs et autres sonorités électroniques), avec des mélodies plus accrocheuses peut-être, plus gaies et plus simples.

Turn to Blue s’inscrit résolument dans les traces de cette troisième période, pop, mélodique, des chansons faites pour obtenir sans aucun doute un nouveau grand succès auprès du public. Le premier titre laissait cependant entrevoir une nouvelle évolution, Weight of Love, le plus long jamais enregistré par le duo (6’50), superbe morceau (à mon sens le meilleur de l’album) dans un esprit progressif avec une longue intro instrumentale, des guitares qui chantent au début et à la fin et dans une tonalité plutôt nostalgique. Mais dès le morceau suivant, on retrouve l’ambiance d’El Camino, avec une base rock certes, mais aussi une production pop assez cossue et des chœurs féminins. La suite est finalement à l’avenant, les titres s’enchaînent avec efficacité, certains lorgnant plus vers le côté pop électro (Fever, Bullet in the Brain, 10 lovers) d’autres, plus rarement, revenant à un blues plus dépouillé (It’s up to you now, avec un bon gros son de guitare, ou la très belle balade In our Prime), s’achevant sur un morceau qui, allez savoir pourquoi, me fait penser pour le coup à du vieux Fleetwood Mac (sans doute quelque chose dans le voix de Dan Auerbach).

Il faut reconnaître que ce mélange, très réussi, donne au son des Black Keys d’aujourd’hui, quelque chose de très contemporain mais aussi de très original, une sorte de Blues pop, a tendance électro. Ce nouvel opus est dans la suite logique du précédent, il n’y a pas de faute de parcours dans les 11 titres qui se suivent, pas de faute de goût. Mais on peut aussi regretter, sinon la disparition, du moins une certaine mise en retrait des racines blues du duo. Il n’en reste pas moi un très bon album qui plaira aux nouveaux fans du groupe, mais aux anciens ?
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : May 13, 2014 3:05 PM MEST


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