ARRAY(0xa9417420)
 
Profil de Cymus > Commentaires

Fiche d'identité

Contenu rédigé par Cymus
Classement des meilleurs critiques: 41
Votes utiles : 1432

Chez vous : découvrez nos services personnalisés en pages d'aide !

Commentaires écrits par
Cymus
(TOP 50 COMMENTATEURS)   

Afficher :  
Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-19
pixel
Le Nouveau Dictionnaire du rock - Coffret 2 vol. NE
Le Nouveau Dictionnaire du rock - Coffret 2 vol. NE
par Michka Assayas
Edition : Relié
Prix : EUR 65,55

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Indispensable !, 13 avril 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Nouveau Dictionnaire du rock - Coffret 2 vol. NE (Relié)
Voici donc la nouvelle édition du dictionnaire du rock, sous la direction de Michka Assayas, dont la première version datait d’il y a une douzaine d’années. Deux volumes chez Bouquins, pour plus de 3000 pages de textes, écrits en petits caractère, il est vrai, l’un des rares inconvénients de cette édition par ailleurs excellente. Mais cela révèle la richesse incomparable de ce grand œuvre dont il n’existe nul équivalent, au moins en France.

Ce dictionnaire est évidemment avant tout consacré aux artistes, groupes, chanteurs, musiciens qui ont marqué par le passé et qui marquent aujourd’hui l’histoire du rock, mais il contient également des rubriques consacrés aux différents genres de musique rattachable au rock, ou encore à des personnages particulier comme les luthiers légendaire Leo Fender ou Les Paul, ou encore aux différents pays pour faire un point sur leur histoire du rock.

Pour les artistes et les groupes, chaque entrée présente d’abord leur nom, de scène et réel quand il y a lieu, donne quelques indications sur leur activité (chanteur, musicien), leur appartenance à un genre, le lieu et la date de naissance, etc. Suit une courte présentation qui en quelques lignes résume généralement de manière très claire leur œuvre, avant les développements. La rubrique s’achève sur quelques conseils discographiques.

Encore une fois, la richesse de ce dictionnaire est incomparable, tout y passe, des groupes mythiques comme les Beatles ou les Stones, évidemment, aux artistes plus obscurs ou plus anecdotiques (Galaxie 500, The Triffids ?).

La conception générale de ce dictionnaire est de ne s’être pas enfermé dans la recherche d’une sorte de pureté du genre puisqu’on y côtoie, à côté des groupes de rock pur et dur, des artistes soul, funk, pop, jazz, etc.. On y croisera par exemple Mickael Jackson, Prince, Miles Davis, Herbie Hancock, Shania Twain, Massive Attack, Abba, etc. Finalement, c’est toute la musique populaire qui est intégrée dans cette galaxie, mais toujours quand même en lien avec le rock. C’est ainsi que dans la rubrique jazz, on lira ce que le rock doit à ce genre, et comment après s’être séparés ils se sont rejoints un temps. La musique française y est également bien représentée, ce qui se comprend de la part d’auteurs français.

On peut toutefois parfois s’interroger sur certains choix. Ainsi, dans la musique française, si l’on comprend naturellement la présence de Bashung, M, Polnareff, Thiéfaine, Téléphone, Noir désir, Indochine et même Johnny Halliday, on est plus surpris d’y trouver France Gall, Joe Dassin, Michel Berger, Calogero ou Gilbert Bécaud ! Alors que par ailleurs, sont passés sous silence des groupes comme The Bästard, Jack the Ripper ou Tanger. De même, dans la variété internationale, on peut être surpris que’une page et demie seulement soient consacrées à Supertramp à côté d’une page entière consacrée à Rihana ou à Beyonce. On s’étonnera peut-être aussi de l’absence de certains artistes comme Miles Kane, ou The Spoke’s Beards ou Transatlantic.

Tout cela relève sans doute au fond de choix sans doute subjectifs, tout comme certaines appréciations portés, plutôt négatives, à l’égard de certains (Supertramp encore, Chick Corea) et très positives (et bien fondées) à l’égard de certains autres (Paul McCartney).

Je n’ai évidemment pas tout lu, ce qui serait absurde. Mais on prend un grand plaisir à piocher au hasard dans une entrée pour découvrir un artiste qu’on ne connaissait pas ou pour découvrir des détails concernant ceux qu’on croyait trop bien connaître. C’est une somme, et une source inépuisable de plaisir et de surprises.


Oeuvres pour piano
Oeuvres pour piano
Prix : EUR 11,99

5.0 étoiles sur 5 Trésor caché, 8 avril 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Oeuvres pour piano (CD)
La maison de disque russe (anciennement soviétique) Melodiya fait figure de label mythique tant elle a publié d’enregistrements célèbres (les quatuors à cordes de Shostakovich par les Borodine, les symphonies du même par Kondrashin ou celles de Prokofiev par Rozhdestvensky, sans compter l’intégrale des concertos et des symphonies de Khrennikov), mais aussi en raison de la difficulté qu’il y a parfois à se procurer ses disques en occident. En ce moment, il semble que le catalogue de la célèbre firme se fasse moins rare, tant pour des enregistrements récents que pour des enregistrements anciens qui constituent de véritables trésors cachés, découverts presque en catimini.

C’est le cas de cet album consacré à celui qui est considéré comme l’un des plus grands pianistes soviétiques, certes pas aussi connu en occident que Richter ou Gilels, mais qui semble avoir reçu les faveurs du public soviétique en son temps. On retrouve dans cette réédition de 2012 des œuvres de Liszt, extraites des Années de Pèlerinage : Gondoliera et Tarentella tirées de la deuxième année, Italie (Venise et Naples) ; Au lac de Willenstadt, Au bord d’une source, Les cloches de Genève, La vallée d’Oberman tirée de la première année, Suisse.

Au-delà du son un peu saturé dans les fortissimos, la qualité de l’enregistrement est quand même assez bonne et permet de ressentir un véritable émerveillement à l’écoute de ces interprétations. Pour rendre compte du talent de Ginsburg, il suffit de reprendre les mots d’un critique musical de l’époque, G. Kogan, cités dans le livret :

« Décidément je ne connais aucun autre pianiste russe qui aurait un legato aussi parfait, une pédalisation aussi souple et transparente, une telle sonorité cristallin de la cantilène, personne ne peut égaler Ginburg en ce qui concerne la précision, la légèreté, la transparence, le relief brodé de chaque ligne, chaque détail, chaque trait ». Tout y est, il n’y a rien à ajouter.

Cet album est aussi l’occasion de découvrir ou de redécouvrir pour les plus savant un autre pianiste de légende, mais à travers ces compositions, Anton Rubinstein, dont Ginsburg joue le quatrième concerto pour piano. Rubinstein (qui n’a rien à voir comme chacun sait avec Arthur) est ce célèbre pianiste russe, né en 1829 et mort en 1894, qui est présenté comme ayant fondé l’école russe de piano, en tout cas connu pour avoir créé le Conservatoire de musique de Saint-pétersbourg, et pour avoir été aussi le professeur de Tachaikovsky. Il est moins célèbre pour ses œuvres pourtant nombreuses.

Le monumental quatrième concerto est l’une de celles qui reste les plus connues, et il faut reconnaître que, dans son esprit romantique occidentale, il est très beau. On y retrouve à la fois Chopin et Liszt, Schuman et Mendelsshon. Là encore dans un enregistrement d’assez bonne qualité, malgré quelques bruit parasites parfois.

C’est donc un album à découvrir à la fois pour le merveilleux interprète qu’était Ginsburg et l’excellent compositeur qu’était Rubinstein. Merci Melodiya


Miles at the Fillmore: Miles Davis 1970: the Bootleg Series Vol. 3
Miles at the Fillmore: Miles Davis 1970: the Bootleg Series Vol. 3
Prix : EUR 21,99

15 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Miles Davis Bootleg: la série continue !, 27 mars 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Miles at the Fillmore: Miles Davis 1970: the Bootleg Series Vol. 3 (CD)
Columbia poursuit sa publication de concerts inédits de Miles Davis avec ce troisième volume d’un bootleg qui n’en est pas vraiment un, puisque les concerts ici réunis ont été enregistrés par Teo Macero, le producteur très officiel de Columbia à l’époque. Et c’est tant mieux car les enregistrements sont de très bonne qualité, meilleurs que ceux du second volume.

On retrouve Miles Davis, en 1970, aux Etats Unis cette fois, à New York plus précisément, dans l’un des Clubs les plus mythiques de l’époque, le Fillmore East qui accueillait aussi bien les groupes de rock que de jazz. D’ailleurs, ces soirs du mois de juin 1970 (du 17 au 20), Miles partageait l’affiche avec Neil Young et Steve Miller.

Le groupe du trompettiste apparaît renouvelé pour partie et augmenté. En effet, si Chick Corea aux claviers électriques, Dave Holland à la basse et Jack DeJohnette à la batterie jouaient déjà à l’époque des concerts en Europe de 1969, Wayne Shorter, parti vers d’autres aventures, est remplacé par Steve Grossman aux saxos. Surtout, pour la première fois, deux claviéristes se renvoient la balle : à côté de Corea, intervient également sur des claviers électriques, Keith Jarrett, celui qui détestait ces instruments et qui pourtant a su en tirer les sonorités les plus folles. Et puis apparaît également pour la première fois Airto Morera, aux percussions, qui avec une imagination extraordinaire ajoute à la texture sonore de l’ensemble ces touches à la fois mystérieuses et exotiques.

Le répertoire également évolue. A l’exception de I fall in Love too Easily, on n’y entend plus de titres tirés du répertoire acoustique ancien, mais uniquement des morceaux récents du nouveau répertoire électrique : Directions dont la version studio n’avait pas encore été éditée à l’époque (voir l’album Directions sorti en 1981) ; The Mask et Willie Nelson, issus des sessions d’enregistrement de Jack Johnson (voir The Complete Jack Johnson Sessions), album qui devait sortir en 1971 ; It’s about that Time extrait de In the Silent Way ; Bitches Brew, Spanish Key, Sanctuary issus de l’album Bitches Brew sorti en mars 1970.

Il est vrai que, sur les quatre disques, consacré chacun à une soirée au Fillmore East, on retrouve à peu près toujours les mêmes titres. Mais, à condition sans doute d’être un fan de MD, on ne ressent pas d’ennui ou de sentiment de répétition car chaque soir chaque morceau était réinterprété de manière différente, et c’est cela qui est passionnant dans ce genre de coffret, voir à quel point le groupe pouvait se renouveler à chaque concert, même en jouant les mêmes titres. Et ils sont les témoins de l’une des périodes créatrices les plus intenses de la carrière de Miles, avec ces textures sonores très riches (le nombre de musiciens sur scène ne fera que se multiplier par la suite avec un, deux ou trois guitaristes), ce groove si particulier qui emprunte à la fois au jazz, au rock et au funck, et ces plages bruitistes presque expérimentales qui laissent planer des ambiances étranges typiques de la période.

Il faut préciser que enregistrements, pris dans leur intégralité, sont certes inédits (ce ne sont pas les mêmes que ceux qui ont donné lieu à l’album Live at the Fillmore East - It’s about that time, enregistré en mars de la même année), mais pas totalement car des extraits de cette série de concerts étaient sortis sur le double album Miles at Fillmore sorti en octobre 1970, selon un découpage parfois curieux faisant plus penser à un medley qu’à un véritable concert.

Quelques bonus ont été ajoutés qui sont des extraits de concerts au Fillmore West cette fois, mais là encore inédits par rapport à l’album Black Beauty – Miles Davis at Fillmore West car ils ont été enregistrés le 11 avril 1970, alors que les précédents dataient du 10 avril.

Terminons en disant que ce volume est très réussi également sur le plan éditorial : il est en effet accompagné, non seulement d’un poster comme dans le volume précédent, mais aussi d’un véritable livret avec un texte – en anglais – très intéressant relatant l’histoire de ces concerts au Fillmore.

Il n’y a donc pas de DVD dans cette nouvelle livraison, mais quatre CD bien remplis nous donnent l’immense plaisir de retrouver Miles Davis au mieux de sa forme, dans des recherches musicales qui n’en sont encore qu’à leur début. Donc, vivement la volume 4 !
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 9, 2014 12:24 PM MEST


Tableaux d'une exposition - Chants et danses de la mort - La nursery
Tableaux d'une exposition - Chants et danses de la mort - La nursery
Prix : EUR 7,00

2.0 étoiles sur 5 Tableaux d'une surexposition, 26 mars 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Tableaux d'une exposition - Chants et danses de la mort - La nursery (CD)
Peter Breiner est un musicien slovaque, pianiste, chef d’orchestre et même compositeur, qui s’est fait une spécialité de réarranger des compositions classiques à sa manières (il existe notamment une suite d’albums consacrés à Janacek que je ne connais pas). Jusqu’à ce que j’achète cet album, je ne savais rien de lui, mais depuis je me suis rendu compte qu’il était l’auteur du fameux Beatles go Baroque, dans lequel il transforme certains standards des Beatles en concertos grosso à la façon de Handel, Vivaldi ou Bach. Initiative qui ne manque pas totale d’un intérêt ludique mais que l’on peut diversement apprécier et qui ne peut guère aller au-delà.

Ici, à la tête du New Zealand Symphony Orchestra, c’est à Moussorgsky qu’il s’en prend, et en particulier aux Tableaux d’une exposition. L’album est complété d’œuvres moins connues du compositeur russe : Chants et danses de la mort, The nurserey.

Les Tableaux d’une exposition ont été composés par Moussorgsky pour le piano, et il faut connaître cette version originale pour apprécier toute leur modernité tant sur le plan harmonique que sur le plan rythmique. Les versions arrangées pour orchestre ont été nombreuses par la suite, mais comme chacun sait, c’est celle de Ravel qui est la plus connue et la plus jouée dans le monde. Il faut dire que le compositeur français a réussi un véritable chef d’œuvre d’orchestration qui respecte évidemment l’esprit de ces pièces tout en leur apportant son génie de la couleur symphonique.

Depuis Ravel, d’autres tentatives ont eu lieu. On peut citer la version rock progressif du groupe Emerson, Lake and Palmer, dans les années 1970, ou celle de Vladimir Ashkenazy pour Decca. La première n’intéressera que les amateurs de rock prog, tandis que la seconde, restant dans l’esprit de Ravel, n’apporte finalement pas grand chose.

Que l’on me pardonne cette longue présentation. Mon propos est simplement de dire que finalement la musique n’appartient à personne, qu’il n’y a pas de version orchestrale officielle de cette œuvre, et par conséquent que chacun peut lui donner l’habillage qu’il souhaite.

Pourtant, celle de Peter Breiner me paraît hors sujet. Celui-ci a voulu donner aux Tableaux un son contemporain. Il y parvient en effet à grand renfort de percussions et de multiplication des pupitres, en accentuant l’intensité dramatique de certains tableaux, en ralentissant ici à l’excès certains tempos, en faisant exploser là l’orchestre. Le résultat est une sorte de musique de film hollywoodien de genre gothique qui joue d’avantage sur les effets faciles que sur les harmonies et les textures subtiles.

Je ne prétendrai pas que cette version ne vaut absolument rien, on ressent d’ailleurs les effets voulus. Mais ce n’est pas ce qu’un mélomane recherche quand il écoute ces tableaux, et ce n’est certainement pas par ce disque qu’il faut entrer dans cette œuvre. A ceux qui cherchent des versions de référence de la version de Maurice Ravel, je peux indiquer celle de Seiji Ozawa à la tête de l’orchestre symphonique de Chicago, en 1967, ou celle de Fritz Reiner à la tête du même orchestre dix ans plus tôt. L’intensité et le mystère y sont, mais tout relève de la direction.

La version de Ravel n’est en tout cas pas près d’être détrônée.


Deadman
Deadman
Prix : EUR 9,99

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le retour du cowboy nîmois, 2 mars 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Deadman (CD)
Il y a deux ans, Harold Martinez avait créé une jolie sensation en sortant son premier album, Birdmum, qui lorgnait vers un folk rock très inspiré de 16 Horsepower.

Voici qu’il sort son nouvel album, Dead Man, toujours accompagné de son complice Fabien Tolosa, et ceux qui ont aimé le premier opus, adoreront le deuxième. Ce qui ne change pas, c’est d’abord la voix tragique, hantée d’Harold Martinez qui continue à faire penser à David Eugene Edwards. C’est également cette ambiance sudiste très sombre où rodent la mort et le désespoir. Et ce sont aussi des mélodies qui, sur la base d’accords finalement assez simples et d’une rythmique souvent répétitive, accrochent l’oreille et l’âme – comme sur le morceau titre, Dead Man, magnifique ballade pleine de violence et de noirceur.

Ce qui est différent, c’est une prise de distance avec la musique qui semblait avoir servi de modèle, celle des 16 HP. La musique sonne plus rock, plus blues, un blues rugueux, dont l’absence de basse sur certains morceaux fait ressortir l’aspect aride, laissant la place à une guitare électrique au gros son saturé. On pense alors au blues dépouillé des Black Keys sur leurs premiers albums. Parfois, le tempo s’accélère, comme sur The Killer Crow pour un rock endiablé, d’où toute tentative de gaîté a été écartée. Parfois, il ralentit au contraire, comme sur Slave où Harold Martinez retrouve une guitare acoustique.

Quant aux arrangements, due à Fabien Tolosa, ils sont souvent minimalistes, se résumant à la voix, aux guitares et à la batterie, avec parfois un violon additionnel (le superbe Wolf Feathers). Mais ils prennent aussi parfois des allures plus travaillées, comme sur Call of Blood où se font entendre ce qui semble être quelques touches de synthé ou sur Freedom Rider où les instruments traditionnels sont doublés d’une pate sonore électronique lourde et assez surprenante qui ne fait que renforcer le caractère agressif du morceau. Enfin Vanishing Race termine l’album de manière assez explosive, même si le titre commence sur des accords de guitare solo, entrecoupés de bruitages à la fois électroniques et naturels (un orage, des cigales). Là encore, Fabien Tolosa a accompli un travail assez fin qui éloigne un peu plus cet album du précédent.

Un album dans la même veine mélodique et tragique que le précédent, mais aux arrangements plus travaillés, au son plus rock-blues, voilà de quoi le rendre encore plus intéressant que le précédent.


For House Cats and Sea Fans
For House Cats and Sea Fans
Prix : EUR 12,99

8 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Elégance et raffinement, 26 février 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : For House Cats and Sea Fans (CD)
Le duo newyorkais, composé de Jennifer Charles et Oren Bloedow, a depuis longtemps trouvé les ingrédients d’un style qui rend le son d’Elysian Fields reconnaissable dès les premières mesures : la voix extrêmement, trop parfois, langoureuse de Jennifer, une tonalité mélancolique et sombre, des harmonies originales, toujours agréables, teintée de quelques dissonances apparentes, et agrémentées de quelques bidouillages bienvenus. Le tout dans un mélange de rock, de folk et de jazz, qui n’est pas sans rappeler Mazzy Star de la grande époque, avec quelques étirements instrumentaux légèrement bruitistes.

Dans ce septième album, on retrouve à peu près tous ces éléments au charme vénéneux. Mais là où j’avais pu sentir poindre un certain ennui dans des opus précédents (je pense à The Afterlife), ici l’attention reste soutenue de bout en bout, même après plusieurs écoutes. Et ce grâce à deux qualités particulières de cette nouvelle livraison.

D’abord, une certaine variété de style et d’ambiance : entre le folk pastoral de Alms for your Love, le jazz relativement enjoué de She gets down ou plus doucereux de Franck, you ruined me, et la pop entrainante de This Project. Ensuite, un sens aiguisé des mélodies qui font mouche, comme sur la superbe Next year in Jerusalem, la plus belle des ballades de l’album, Channeling, rock dynamique aux accents psychédéliques ou encore Hit by a Wandering Moon, nouvelle balade langoureuse et mélancolique.

Le tout avec la sublime voix de Jennifer qui n’en fait ici jamais trop, des arrangements raffinés et une production somptueuse. Peut-être le meilleur album d’Elysian Fields – jusqu’au prochain. Un groupe dont la ligne artistique est claire et dont l’inspiration ne s’essouffle pas, bien au contraire : que demander de mieux, si ce n’est un prochain album aussi réussi que celui-ci.


The U.S. Albums
The U.S. Albums
Proposé par Crawley Music
Prix : EUR 132,22

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 L'univers parallèle des Beatles américains, 1 février 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : The U.S. Albums (CD)
Après la réédition de l’ensemble des albums des Beatles en 2009, en deux versions, mono et stéréo, on aurait pu penser que l’édition du disque avait atteint une sorte de sommet insurpassable avec ce travail exceptionnel de remastering et de packaging. Le coffret mono, en particulier, qui contenait les albums dans leurs pochettes d’origine, était d’une qualité irréprochable. La réserve tenait à ce qu’il n’était pas complet puisque n’y figuraient pas les albums qui avaient mixé dès l’origine en stéréo.

On avait pensé que plus rien de nouveau ne pourrait jamais ressortir en ce qui concernait la discographie des Fab Four.

Et pourtant, voici que paraît un nouveau coffret, réunissant cette fois les albums américains des Beatles. On pourrait mal comprendre a priori l’intérêt d’une telle réédition si on ne savait rien de l’histoire discographique américaine des Beatles. C’est que pendant toute la première partie de cette histoire, les américains ont connu la musique des Beatles à travers des albums qui n’existaient pas en réalité ! De 1964 à 1966, en effet, pour d’obscures raisons de contrat avec la maison de disques Capitol, celle-ci a publié les chansons des Beatles dans des albums construits spécifiquement pour le marché américain, avec des noms différents, des durées différentes (12 titres en moyenne pour les albums américains contre 14 pour les albums anglais), et des couplages différents, les chansons n’apparaissant pas dans le même ordre que sur les albums d’origine. Le livret contenu dans le coffret – en anglais, mais abordable – explique excellemment cette histoire étrange. Notamment le fait que, puisque les albums avaient une durée plus courte, les titres qui n’étaient pas intégrés, étaient compilés dans des albums à part, ou se retrouvaient sur l’album suivants. Les titres originaux étaient parfois en outre remplacés par des instrumentaux originaux dans un style assez peu rock n roll (avec quand même George Martin aux commandes).

Si on peut considérer que cette politique était franchement malencontreuse, il n’en reste pas moins que, dans les années 60, les américains ont découvert et ont aimé les Beatles à travers ces albums – et qu’ils furent bien surpris et peut-être frustrés lorsque dans les années 80, les albums ressortirent tous en CD mais dans leur version anglaise. Et on peut le comprendre car un album n’est pas une simple compilation de titres que l’on peut écouter indifféremment dans un ordre ou dans un autre, en piochant certains morceaux et en délaissant les autres (ce à quoi conduit aujourd'hui le téléchargement MP3), c’est un tout cohérent, avec sa progression, ses couleurs, sa thématique, qui donnent son identité sonore au disque. Le pire a été évité, mais imaginons quel gâchis aurait été le saucissonnage de Sergent Pepper’s qui est généralement présenté comme l’un des premiers albums concept de l’histoire du disque.

Il nous est donné aujourd’hui de redécouvrir les Beatles à travers les oreilles des américains des années 60. Il faut avouer que ce coffret plaira avant tout aux Beatlemaniac et aux collectionneurs. Lorsque j’en ai fait l’acquisition il y a quelques jours dans une grande enseigne, j’ai appris que j’étais le premier à l’acheter alors qu’il était sorti depuis au moins une semaine. Pas de ras de marais sur le produit.

Ce coffret est pourtant passionnant, on s’amuse à rechercher les différences entre ces albums américains, et les albums anglais ; on y découvre quelques plages originales en version instrumentales ; également une curiosité totalement inédite, The Beatles Story, sorti en novembre 1964 et qui en réalité un album parlé qui retrace l’histoire des Beatles avec des extraits de chanson (les américains avaient déjà une science du marketing qui nous dépassent tous). Et puis les mixages sont différents, on entend la différence très nettement. Le livret donne quelques explications un peu techniques sur ce point. Donc, c’est aussi une manière de redécouvrir les chansons avec une sonorité légèrement différentes – en mono et en stéréo.

Quant au coffret lui-même, je dois dire que je ne comprends pas non plus les critiques que lui adresse un autre commentateur : il est d’une excellente qualité. Peut-être légèrement en dessous de celle du coffret mono de 2009. Pour ma part, j’apprécie moins le carton épais des pochettes qui s’en trouvent un peu trop rigides, ce qui peut rendre malaisé l’insertion des disques. Et puis, la logique du Vinyle Replica n’a pas été poussé jusqu’au bout (c’est le collectionneur qui parle) : The Beatles Story était à l’origine un double album, il est ici présenté en un seul disque. Mais il est vrai qu’il ne dure qu’une petite cinquantaine de minutes au total. Tout cela n’est que broutilles.

Au total, ce n’est pas un coffret indispensable, encore une fois, c'est un coffret pour collectionneur et/ou grand fan des Beatles dont l'écoute est réjouissante. Il me reste une interrogation concernant le dernier album de la collection, Hey Jude, initialement intitulé The Beatles Again. Je me souviens que mon grand frère le possédait, alors qu'il n'est jamais allé aux Etats-Unis. Comment a-t-il pu se retrouver sur ses étagères françaises : un passage secret entre les univers parallèles ?
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 2, 2014 10:04 AM CET


The Complete Columbia Studio Albums Collection
The Complete Columbia Studio Albums Collection
Prix : EUR 74,64

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Brubeck Time !, 25 janvier 2014
Achat authentifié par Amazon(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Complete Columbia Studio Albums Collection (CD)
La sortie de coffret il y a déjà plusieurs moi (mai 2013) semble être passée plutôt inaperçue, en tout cas si l’on s’en tient à l’absence de commentaires sur Amazon en particulier, sur Internet en général (du moins en français).

Il est vrai qu’on pourrait s’interroger sur la pertinence du projet. Le coffret regroupe en effet, non pas l’intégrale des albums de Dave Brubeck sortis chez Columbia, mais uniquement les albums studio. Or il existe un nombre impressionnant d’albums live parus à la même époque sur le même label.

Il est vrai également que la ligne éditoriale de ce coffret laisse penser que Sony n’a pas apporté le même soin à ce coffret qu’à celui de Herbie Hancock par exemple. Le livret notamment ne fait qu’indiquer la liste des morceaux de chaque album, avec quelques indications sur les dates d’enregistrement, et quelques photos du pianiste et de ses musiciens. Aucun texte d’accompagnement, aucune présentation de Dave Brubeck et de son groupe, aucune biographie, ni présentation des enregistrements.

Pourtant, ce coffret n’en réunit pas moins une somme fabuleuse de musique jazz par l’un des musiciens les plus importants et les plus originaux de son temps, accompagné des excellents Paul Desmond à l’alto au son si reconnaissable, Eugene Wright à la basse etJoe Morello à la batterie. Ce ne sont pas moins de 19 albums qui sont présentés ici, dont le chef d’œuvres Time out, sorti en 1959 et qui est sans doute l’un des albums de jazz les plus connus de tous les temps, avec ses tubes, Blue Rondo à la Turk, Take Five ou encore Three to get Ready. Dans la continuité de cet album légendaire, dans lequel Dave Brubeck avait expérimenté les rythmes les plus fous, on trouve également Time Firther Out, construit dans le même esprit, avec des titres comme Eleven Four, sorte de valse à 11 temps, Castillian Drums, à la fin duquel le batteur, Joe Morello s’était félicité de s’en être tiré !

Dave Brubeck avait un sens exceptionnel de la mélodie, comme un sens des compositions complexes faisant appel à des techniques de musique classique, dans la grande tradition du jazz west Cost et de la Thrid Stream - même quand il enregistre un disque de Bossa Nova ! Mais le quartet a également enregistré plusieurs titres composés par d’autres. Comme sur ce disque assez original, Bernstein plays Brubeck plays Bernstein, dans lequel figurent Dialogues for Jazz Combo and Orchestra, composé par Howard Brubeck, le frère de Dave, enregistré avec le New York Philharmonic dirigé par Leonard Bernstein, ainsi que des reprises par le quartet d’extraits de West side story. Comme également My Favorite Things (qui évoque forcément Coltrane) reprenant des standards de comédies musicales, ou Dave Digs Disney où le quartet joue des morceaux tirés des fims de Walt Dysney (dont le fameux standard Someday my Prince will come), ou encore Anything Goes ! The Dave Bribeck Quartet Plays Cole Porter.

Il n’est pas question de passer en revue l’ensemble des albums contenus dans le coffret. En revanche, il faut attirer l’attention sur le travail exceptionnel de remastering opéré par Mark Wilder et Maria Triana. Les albums sonnent comme jamais, tous les détails apparaissent, les basses sont bien rondes, les cymbales scintillent, l’espace sonore est complètement rempli. On a la sensation d’être au cœur de la musique. C’est donc au total un coffret remarquable.

Liste des albums :

Brubeck Time
Jazz Impression of the USA
Jazz Impression of Eurasia
Dave Digs Disney
Gone with the Wind
Time Out
Southern Scene
Bernstein Plays Brubeck Plays Bernstein
Time Firther Out
Countdown : Time in Outer Space
Bossa Nova USA
Brandenburg Gate : Revisited
Time Changes
Jazz Impressions of Japan
Jazz Impressions of New York
Angel Eyes
My Favorite Things
Time In
Anything Goes ! The Dave Bribeck Quartet Plays Cole Porter
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 9, 2014 5:53 PM CET


Weeping Cherry
Weeping Cherry
Prix : EUR 15,99

4.0 étoiles sur 5 Le grand retour !, 6 janvier 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Weeping Cherry (CD)
Voici plus de six ans qu’Ambrosia Parsley ne s’était pas faite entendre. Vous vous demanderez peut-être qui peut bien être cette jeune femme élégante dont la photo orne la pochette de l’album. Rappelez-vous ce tube qui ravissait nos oreilles à la veille du nouveau millénaire, Goodnight Moon, du groupe Shivaree. Et la chanteuse, auteur, compositeur du groupe, c’était elle. La musique du groupe se composait d’un mélange de rock, folk et de variété vintage.

Weeping Cherry aurait pu être un album de Shivaree. On y retrouve le même style musical, le sens de la mélodie simple et accrocheuse, la voix si particulière d’Ambrosia Parsley, à la fois sensuelle et acidulée (ce sont les termes employés par tous ceux qui en parlent). Les titres dynamiques, comme Skin and Bone, et les ballades (Weeping Cherry) alternent de manière efficace et variée. Les arrangements, souvent imaginatifs (écouter Empire qui ouvre l’album), à base des instruments traditionnels du rock, avec des drones de guitare légèrement grinçants (My Knees), sont enrichis de programmations électroniques discrètes bienvenues – ou de boites à rythme un peu démondées (Only Just Fine, My Hindenburg sur lequel on reconnaîtra assez vaguement la patte de Benjamin Biolay qui s’est associé à l’album le temps d’un titre).

L’ambiance générale, qui n’est pas sans manquer de fraicheur, grâce à la voix d’Ambrosia, s’avère cependant dans l’ensemble assez nostalgique, même sur les titres les plus rock. L’album s’achève sur Make me laugh qui commence sur une rythmique lourde et inquiétante et se poursuit dans un style jazzy plutôt sombre.

C’est donc avec un album délicieux qu’Ambrosia Parsley nous revient, qu’on aime un peu plus à chaque nouvelle écoute. Ne boudons pas notre plaisir…


No End
No End
Prix : EUR 22,00

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Anecdotique, mais surprenant et réjouissant, 27 décembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : No End (CD)
Voici un double album de Keith Jarrett qui en surprendra plus d’un, y compris parmi ces fans les plus inconditionnels. Dans cette suite en vingt parties, qui ne portent que des numéros, notre pianiste au lyrisme virtuose et acoustique se transforme en multi instrumentistes et électrique.

Ces plages ont été enregistrées par Keith Jarrett en 1986 dans son petit studio personnel du New Jersey et n’avaient jamais été gravées jusqu’alors (lire la description des lieux par KJ lui-même dans son petit texte de présentation). Si on peut se demander pourquoi il a cru bon de les publier aujourd’hui, le musicien se demande lui-même pourquoi il a attendu autant de temps pour le faire.

Le premier étonnement tient à ce qu’ici Keith Jarrett ne joue pratiquement pas de piano, mais à titre principal de la guitare électrique. J’avoue que j’ignorai qu’il possédait également ce talent. Il est vrai qu’il n’apparaît pas dans ces morceaux comme un véritable virtuose de l’instrument, mais son jeu est suffisamment habile, semble-t-il pour ce qu’il voulait en faire à cette époque. La seconde surprise tient par ailleurs à ce qu’on croyait que Keith Jarrett détestait les instrumentations électriques, il avait fallu toute l’autorité, le prestige et la force de persuasion de Miles Davis pour qu’il accepte de jouer du Fender Rhodes lorsqu’il faisait partie de son groupe dans les années 70 (époque Cellar Door sessions). Ici, il joue non seulement de la guitare électrique, mais aussi de la basse Fender, également électrique.

Enfin on pourra être intéressé par la technique d’enregistrement utilisé, puisque Keith Jarrett joue ici tous les instruments : guitare électrique, basse Fender, batterie, tablas, percussions, piano (discrètement). Il chante également, à sa manière psalmodiante et marmonnante. Il a bien sûr fallu qu’il enregistre chaque instrument séparément pour les associer grâce à la technique de l’overdub.

Le résultat est très agréable et très intéressant. Les différentes parties de l’album ne constituent pas vraiment des morceaux finis, mais des plages d’improvisation, sans réels débuts, ni fins, construite le plus souvent à partir de thèmes mélodiques simples joués à la guitare, auxquels viennent s’ajouter basse, batterie et percussion, sous forme de boucles rythmiques qui ne sont pas sans rappeler la grande époque de Bitches Brew (auquel KJ n’a pas participé cependant) qui font un jeu de textures sonores, tantôt riches, tantôt minimalistes.

L’ambiance, dans un registre fusion qui emprunte au rock, au funk, aux musiques orientales et exotiques, avec des rythmes mid-tempo, est souvent planante et n’est pas exempte d’un certain spiritualisme. Ni tristesse, ni agressivité dans ses vingt plages qui se veulent plutôt comme une célébration de la vie (si l’on en croit en tout cas les notes de Keith Jarrett).

Un bien joli album, qui n’est sans doute pas un chef d’œuvre, qui n’est pas sans quelques naïvetés, mais qui se révèle très intéressant et qui déroge à l’ordinaire de la discographie du pianiste aux multiples facettes.


Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-19