Profil de Cymus > Commentaires

Fiche d'identité

Contenu rédigé par Cymus
Classement des meilleurs critiques: 44
Votes utiles : 1692

Chez vous : découvrez nos services personnalisés en pages d'aide !

Commentaires écrits par
Cymus
(TOP 50 COMMENTATEURS)   

Afficher :  
Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20
pixel
La discothèque idéale de Diapason, vol. 2 / Chopin : Oeuvres pour piano.
La discothèque idéale de Diapason, vol. 2 / Chopin : Oeuvres pour piano.
Prix : EUR 19,99

17 internautes sur 18 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une belle anthologie, 7 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : La discothèque idéale de Diapason, vol. 2 / Chopin : Oeuvres pour piano. (CD)
La revue Diapason sort le second volume de sa discothèque idéale. Le principe même d’une telle démarche peut être discuté, car elle procède de choix qui sont forcément subjectifs et pas forcément libres (en raison des droits d’auteur comme le soulignait un commentateur à propos du premier volume).

Je ne sais pas si c’était déjà le cas pour le volume Mozart, mais la manière dont cette sélection a été faite est assez intéressante. En effet, la revue Diapason a demandé à plusiseurs pianistes contemporains et à certains critiques de faire ce choix en leur adressant une présélection en aveugle. Ont été sollicités notamment Aldo Ciccolini, Nelson Freire ou encore Benjamin Grosvenor. Et le livret du coffret, outre le détail des plages, contient pour chaque œuvre ou catégorie d’œuvres les raisons du choix fait par chacun des membres de ce jury virtuel.

La limite du coffret, c’est que ce n’est pas une intégrale des œuvres pour Chopin. Si l’on a bien les deux concertos, l’intégrale des Etudes, ainsi que des préludes opus 28, plus le prélude opus 45 (il manque néanmoins, le prélude posthume en la bémol majeur), les quatre scherzos, les quatre impromptus, les neuf polonaises, les quatre ballades, en revanche les nocturnes ne sont pas tout à fait complets, ni les valses, ni les mazurkas. Il manque également les sonates 1 et 4, et il n’y a aucune des variations.

Il est vrai que ce coffret, limité à 10 CD n’a pas de prétention intégraliste. Il a donc fallu faire des choix. Mais parfois, il ne manque quelques partitions pour qu’une série soit entière. C’est donc un petit bémol.

Mais l’essentiel n’est pas là. On le trouve dans le choix des interprètes retenus. Ce coffret est l’occasion d’entendre ou de réentendre des pianistes de légendes : Alfred Cortot, Serge Rachmaninov, Vladimir Horowitz, Arthur Rubinstein, Samson François, William Kapell, Dinu Lipatti, etc. Pour tout ceux-là, on trouve encore assez facilement leurs enregistrements, notamment sous forme d’intégrale – y compris Rachmaninov dont l’intégrale des enregistrements vient d’être rééditée par Sony. Et les collectionneurs mélomanes auront probablement déjà une bonne partie de ces enregistrements.

Mais on trouvera aussi l’occasion d’entendre des pianistes beaucoup plus rares, comme Guiomar Novaes, la compatriote de Nelson Freire, Grigori Ginzburg le pianiste soviétique, Nikita Magaloff, Ignaz Friedman, Benno Moisewitsch, Miecszyslaw Horszowski, Ignacy Paderewski, et bien d’autres. Pensez qu’on a même la deuxième des Nouvelles Etudes par Moritz Rosenthal, qui fut élève de Liszt.

Bien sûr, c’est souvent une seule partition que ces légendes viennent interpréter ici. Mais on voit bien l’aubaine que représente ce coffret d’entendre des pianistes dont les enregistrements sont devenus rares, sinon introuvables.

Ce coffret est donc non seulement une anthologie de Chopin, mais aussi une formidable anthologie des grands pianistes du passé.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 14, 2014 11:00 PM CET


Venus and Mars - 2Cd Digipack
Venus and Mars - 2Cd Digipack
Prix : EUR 16,99

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Stratosphérique, 3 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Venus and Mars - 2Cd Digipack (CD)
Paul Mc Cartney poursuit la réédition de ses albums en version remasterisée, et après Wings over America, paru en 2013, voici d’un coup Wings at the Speed of Sound (1976) et Venus and Mars (1975). Je ne sais quelle logique préside à ces sorties, car si elles semblent respecter une certaine chronologie, Wings over America (1976) était sorti à l’époque après ces deux derniers ; Paul Mc Cartney II (1980) a déjà été réédité tandis que tous les albums qui précèdent ne l'ont pas encore été (Wings Wild Life, Red Rose Speedway, les deux premiers albums des Wings) ; et un petit encart inséré dans Venus and Mars annonce déjà la future parution de Tug of War (1982) et de Pipes of Peace (1983). Quid de Back to the Egg (1979) ? Allez comprendre…

Quant à Venus and Mars, ça faisait plus de 20 ans que je ne l’avais pas écouté, et à l’époque je l’avais en vinyle et ne possédais pas un matériel très performant. Même si je l’avais écouté en boucle et que je connais encore par cœur certaines chansons, je me souviens que j’avais été un peu déçu par cet album qui ne me semblait pas ressembler complètement à du McCartney, avec des chansons pas toutes chantées par lui, un son un peu étrange, des mélodies moins inspirées sur certains titres, notamment ceux de la seconde face.

Au-delà de la remasterisation de l’album, la première vertu de cette réédition est de permettre de retrouver l’album dans le commerce, ce qui était devenu très difficile. Et en le réécoutant aujourd’hui, avec du matériel plus adapté, on se rend compte d’abord qu’un très beau travail a été fait sur le son (même si mon point de comparaison n’est pas très faible).

Ensuite, il apparaît qu’il s’agit vraiment d’un superbe album, peut-être moins bon que Band on the Run qui l’avait précédé et qui fut le plus grand succès des Wings. Mais la comparaison est assez vaine car Venus and Mars est très différent.

Le son y est en effet un peu étrange, avec beaucoup de réverbération sur certains titres (notamment ceux de la seconde face), mais cela nous plonge dans un univers spatial qui correspond bien au titre de l’album et à sa couverture sombre (Venus and Mars reprise). Les mélodies y sont marquées par des harmonies inhabituelles chez l’ex-Beatles (Spirits of ancient Egypt, Medicine Jar). Mais il faut bien reconnaître que le disque est truffé de morceaux superbes, comme Love in Song, Letting Go ou évidemment Listen to What the Man Said où l’on retrouve bien le son pop qui fait toute la saveur particulière des compositions de Macca. On redécouvre également un travail très fouillé sur les arrangements et les structures sonores (écouter les riffs fantomatiques qui traversent Spirits of Ancient Egypt, les riffs rugueux et les cuivres de Letting go, les choeurs inquiétant de Venus and Mars reprise, etc.).

L’album est complété d’un disque de bonus qui ne manque pas d’intérêt avec de nombreux morceaux que je ne connaissais pas pour la plupart, certains parus en single à l’époque (Junior’s Farm) éventuellement en face B (My Carnival, Lunch Box/Odd Sox) ou encore tirés d’un show télévisé consacré au Wings (Soily, Baby Face) une version de Rock Show sur des arrangements épurés et la version single de Letting go, légèrement différente de celle de l’album.

Une excellente réédition donc pour découvrir ou redécouvrir cet album des Wings parfois mésestimé.


Nelson Freire : The Complete Columbia Album Collection
Nelson Freire : The Complete Columbia Album Collection
Prix : EUR 25,90

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Nelson, mon Freire, 1 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Nelson Freire : The Complete Columbia Album Collection (CD)
J’avoue découvrir à peine ce merveilleux pianiste (j’ai commencé par le double CD Nelson Freire Radio Days qui également excellent), dont je connaissais évidemment le nom, mais dont je n’avais jusqu’à alors aucun enregistrement, et dès les premières écoutes la séduction opère grâce à son style brillant, chaleureux, incisif parfois, avec un touché léger, mais plein de puissance retenue lorsqu’elle est nécessaire . Certains le comparent non sans raison à Jorge Bolet, on y retrouve la même fluidité, la même grâce. La comparaison faite parfois avec Martha Argerich dont le style est plus âpre semble moins pertinente.

Quoi qu’il en soit, Sony poursuit sa politique de réédition de ses trésors, ceux de RCA en particulier, et l’on se régale à chaque fois. Ici, d’autres commentateurs l’ont déjà dit, on s’émerveillera des concertos, notamment le concerto de Grieg, vif, mais tout en nuance, contrairement à certaines interprétations contemporaines qui ont choisi plutôt l’engourdissement hivernal. Le double album qui le contient avec d’autres œuvres concertantes avaient d’ailleurs été considéré comme un événement de la part de ce jeune pianiste de 25 ans (il est né en 1944 et l’album en question date de 1969, voir le détail infra). Mais on pourra en dire tout autant de la sonate n° 3 de Brahms, des passionnants préludes de Chopin sous ses doigts, ou de la tout aussi inventive sonate de Liszt.

Encore un petit coffret, franchement pas cher par ailleurs même si (respect des couplages d’origine oblige) il est vrai certains sont très courts, que l’on ne peut que recommander. Bonne écoute.

CD 1
Tchaikovsky, concerto pour piano n° 1
Liszt, Totentanz

CD 2
Grieg, Concerto pour piano
Schumann, Concerto pour piano n° 1

Ces deux disques constituent le fameux double album signalé ci-dessus, par en 1969.
Münchner Philharmoniker
Rudolf Kempe

CD 3
Schumann, Carnaval
Schubert, Impromptus

CD 4
Brahms, Sonate n° 3 ; Rhapsodie en mi bémol majeur ; Capriccio en si mineur

CD 5
Chopin, 24 préludes

CD 6
Chopin, Sonate n° 3
Liszt, Sonate en si mineur

CD 7
Chopin :
Fantaisie-impromptu en ut dièse mineur
Mazurka n° 25
Mazurka n° 23
Mazurka n° 26
Polonaise n° 6
Scherzo n° 2
Nocturne n° 5
Valse n° 6
Impromptu n° 2
Etude n° 5


Pandemonium, Solace and Stars
Pandemonium, Solace and Stars
Prix : EUR 17,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Plus on l'écoute plus on l'aime, 26 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Pandemonium, Solace and Stars (CD)
Un nouvel album de Laetitia Sheriff, c’est un événement. D’une part parce qu’elle se fait finalement assez rare (on est loin des un voire deux albums par an de certains artistes). Le dernier était pour moi le magnifique Games Overs de 2008. Il est vrai que d’autres productions étaient sorties depuis, mais plutôt comme des projets parallèles, et j’avoue que ces sorties avaient été si discrètes que j’étais passé à côté.

Un événement d’autre part car depuis Codification, on se rend compte que Laetitia Sheriff est certainement l’une des musiciennes françaises les plus talentueuses et les plus imaginatives. Et on se demande à chaque nouvelle sortie à quoi s’attendre. Et Pandemonium, Solace and Stars, même s’il s’ancre dans la tradition rock indie, ne fait pas exception. Dès l’entrée en matière, avec Fellow, on est lancé sur une fausse piste, une sorte de folk rock presque paisible et nostalgique sur fond de violon, faisant penser à Elysian Fields.

Plus loin, on retrouve cette ambiance quelque peu nostalgique et calme, sur To be Strong par exemple, mais on est vite détrompé car le début du morceaux chanté comme une chanson folk assez douce se termine par une longue coda instrumentale électrique dans le genre post rock à la façon de ce que faisait Mogwai sur leurs premiers albums. Et puis, fausse nostalgie, faux apaisement sur Far & Wide qui clôt l’album où le chant s’appuie sur une boite à rythme désincarnée et un orgue dissonant.

Une fausse piste que ces quelques titres car dès The living Dead, c’est le penchant rock de la musicienne qui prend le devant avec une basse lourde et des guitares acérées (écouter le déjanté Wash). On peut d’ailleurs souligner qu’à part la batterie et le violon, c’est elle qui fait presque tout, en plus du champ avec cette voix au grain très légèrement voilé qui envoûte. Et on retrouve tout au long des morceaux noirs (le titre de l’album ne laisse-t-il pas présager ?), agressifs (plus que par le passé), ses mélodies et ces arrangements qui font toute la saveur des compositions de Laetitia Sheriff. Dans le genre, on s’arrêtera sur Urbanism – After Goya qui commence par un poème parlé (sur un fond de grondement inquiétant) et sur poursuit sur un rythme syncopé et une guitare claire qui joue une suite d’accords orientalisants entrecoupés de fulgurances grinçantes.

N’en disons pas plus : l’album est passionnant et plus on l’écoute plus on l’aime.


Serge Prokofiev
Serge Prokofiev
Prix : EUR 25,07

4.0 étoiles sur 5 Une version des concertos de Prokofiev ébouriffante, 12 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Serge Prokofiev (CD)
Vladimir Krainev était un pianiste russe, né en 1944 et mort en 2011. Il semble avoir connu un grand succès international, jouant avec les plus grands chefs, remportant plusieurs concours internationaux. Surtout, c’est un style particulier qui le caractérise : une virtuosité animée d’une puissance, d’une énergie, d’une audace qui semblait faite pour l’interprétation des œuvres de Prokofiev et notamment ses concertos pour piano.

Le pianiste a d’ailleurs enregistré deux fois ce corpus monumental de la littérature pianistique. La dernière fois au début des années 1990 pour Teldec, accompagné par le Radio Sinfonie Orchester de Frankfurt sous la direction de Dimitri Kitaenko. La première fois entre 1976 et 1983 accompagné par l’Orchestre Philharmonique de Moscou, sous la direction du même Dimitri Kitayenko, pour Melodyia. Et Melodyia, le label russe légendaire, a eu la bonne idée de rééditer cette année ces enregistrements.

L’écoute de cette interprétation des concertos de Prokofiev par Vladimir Krainev est une expérience qui ne peut pas laisser indifférent (je ne connais pas l’autre version). La première impression est que sans doute Prokofiev ne pouvait pas trouver meilleur interprète et le rapprochement entre le tempérament du compositeur et celui de l’interprète semble une évidence. On sait d’ailleurs que Prokofiev lui-même était un pianiste puissant et redoutable, et qu’il a laissé sur disque quelques témoignages de son style qui l’attestent (notamment de son troisième concerto). Il y a chez Krainev une volubilité, une puissance, une sauvagerie même par moment qui surprennent car on n’avait jamais entendu ces œuvres comme ça, sauf peut-être par Prokofiev lui-même. Le second concerto en est peut-être le meilleur exemple. Il semble redonner une seconde vie aux deux concertos les moins connus, le quatrième et le cinquième, dans lesquels Prokofiev avait pourtant tourné le dos à son ancien style plus sauvage pour se tourner vers un style plus apaisé (entre les trois premiers et le deux derniers, le compositeur est retourné en URSS). Et Krainev s’adonne à ces deux partitions avec la même intensité qu’aux autres.

Mais on peut aussi parfois s’interroger sur la pertinence de ce jeu qui manquent justement peut-être de nuance, qui insiste sur le côté motorique de Prokofiev alors que tout ne l’est pas chez lui, qui joue avec parfois une rapidité stupéfiante qui va bien dans le troisième concerto, mais qui paraît excessive dans le premier.

Des interprétations qui ne laissent pas indifférent donc, passionnantes même, au point que les réécouter ensuite par d’autres pianistes peut paraître, par contraste, mais injustement, un peu fade. Les sensations sont fortes, ébouriffantes, mais il faut parfois prendre un peu de distance à l’égard de ces sensations exacerbées qui risquent de faire passer à côté des nuances.

Hautement recommandé en tout cas ne serait-ce que pour éprouver ce plaisir de la différence.


Worship the Sun
Worship the Sun
Prix : EUR 11,99

6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Allah-Las 2 : à l'ouest rien de nouveau, 22 septembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Worship the Sun (CD)
La bonne nouvelle, c’est que Allah-Las, le quatuor californien, contrairement à ce qu’on aurait pu craindre, n’est pas le groupe d’un seul album. Le premier opus avait impressionné par sa maîtrise d’une musique à la fois insouciante et nostalgique imprégnée du rock garage et du surf rock des années 60.

Ce second album poursuit exactement là où le premier nous avait laissés. On ne note aucune modification de l’orientation musicale dans ce Worship the Sun. La nonchalance, la nostalgie à l’égard de cette douceur de vivre de la côte ouest, voire cette mélancolie sont les mêmes. L’inspiration musicale également : on a assez évoqué les Shadow, les Animals, les Beach boys pourquoi pas, pour le premier album. Ici, les ombres tutélaires sont les mêmes. Le choix d’un mid tempo aussi, ainsi que les mélodies simples un peu répétitives, les arrangements, le choix de deux plages purement instrumentales, une touche psyché très légère, etc. On est dans un « à la manière de… » toujours aussi réussi, avec la production peut-être un peu plus travaillée de Nick Waterhouse fondateur du label Innovative Leisure.

Pas d’évolution donc, mais un plaisir renouvelé pour cette musique revival. On peut cependant s’interroger sur l’avenir musical du groupe car les choix parfaitement assumés et réitérés risquent d’aboutir un jour à une impasse, il ne faudrait pas que l’on se dise que Allah-Las lasse. Le quatuor aura-t-il le potentiel pour en sortir ? Seul l’avenir nous le dira.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Oct 4, 2014 3:33 PM MEST


Jorge Bolet: The complete RCA and CBS album collection
Jorge Bolet: The complete RCA and CBS album collection
Prix : EUR 25,00

41 internautes sur 43 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Bolet l'enchanteur, 8 septembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Jorge Bolet: The complete RCA and CBS album collection (CD)
Cela faisait plusieurs mois qu’il était annoncé, il est enfin arrivé ! Le coffret Jorge Bolet qui regroupe l’ensemble des albums parus chez RCA et Columbia à l’occasion du centenaire de la naissance du grand pianiste cubain, devenu par la suite américain.

On remarque d’abord l’élégance de ce coffret, à l’image de l’élégance de l’homme et de son jeu. Dix disques dans leur pochette (recto verso) et leur couplage d’origine, un livret au papier glacé de belle qualité, contenant une présentation trilingue (anglais, allemand et français) de l’artiste contenant quelques très belles photos et, comme à l’habitude chez Sony, le track listing album par album des enregistrements allant de 1958 à 1982, avant que Bolet poursuive sa carrière discographique chez Decca.

On trouve dans ces CD (que je n’ai pas encore tous écoutés, ne possédant l’objet que depuis 2 jours, grâce à mon disquaire qui n’hésite pas à mettre en vente les nouveautés quelques jours avant leur sortie officielle) le Bolet de la légende : un virtuose extraordinaire, limpide, sans maniérisme, élégant et poétique, dans la grande tradition du beau piano romantique. Il n’est pas la peine d’en dire plus, ceux qui le connaissent savent de quoi je parle, les autres comprendront dès les premières écoutes.

C’est un petit coffret, malheureusement, car Bolet a été victime d’une certaine méconnaissance dans la première partie de sa carrière, voire d’un certain mépris pour avoir osé peut-être enregistrer la bande originale d’un film hollywoodien. Dix CD seulement donc, mais tous magiques. La moitié d’entre eux sont consacrés au répertoire de prédilection du Cubain, celui de Liszt. Il sera ainsi intéressant de comparer les Etudes d’exécution transcendante de cette période RCA, avec celles de la période Decca.

Mais l’autre moitié des albums permet de découvrir un répertoire beaucoup plus divers, comme des transcriptions de Rachmaninov ou encore de la musique de chambre, notamment le monumental et magnifique quintette de César Franck. On est surtout ravi de trouver dans ce coffret l’intégralité du récital de 1974 donné par Bolet à Canergie Hall et qui, alors qu’il était déjà âgé de 60 ans, a marqué enfin sa consécration.

Une seule petite réserve concerne la prise de son qui est dans l'ensemble de très bonne qualité (après une écoute de la moitié des disques), mais n'est pas la qualité de Decca, avec un son un peu trop métallique.

Mais c'est peu de choses au regard des trésors que cet immense petit coffret nous fait ainsi revivre, poursuivant fort heureusement la légende du pianiste cubain.

Quelques indications du programme contenu :

CD 1
Liszt, Etudes d’exécution transcendante (9 seulement) (1958)

CD 2
Franz Liszt’s Greatest Hits of the 1850s (1969)

CD 3
Great Rachmaninov Transcriptions (1973)

CD 4 et 5
Bolet plays Liszt
- Les 12 Etudes d’exécution transcendante (1970)
- Consolations (1969)
- Liebestraum n° 3 (1969)

CD 6 et 7
Bolet at Carnegie Hall (25 février 1974)
- Bach : Chacone (transcription de Busoni)
- Chopin : 24 préludes
- Johann Strauss II : Man lebt nur einmal, Nachtalter
- Adolf Schulz-Evler : Arabesques de concert sur un motif de Johann Strauss, d’après Le Beau Danube bleu
- Liszt, Tannhaüser Overture
- Moritz Moszkowski, La jongleuse
- Anton Rubinstein, Etude en ut majeur

CD 8
César Franck
- Quintet pour piano, 2 violons, alto et violoncelle (avec le quatuor Julliard) (1971)

Hugo Wolf
- Sérénade italienne (pour quatuor à cordes) (1981) Sans Bolet bien sûr, mais la présence de cette œuvre est due au respect du couplage d'origine.

CD 9

Ernest Chausson
- Concerto pour violon, piano, quatuor à cordes (avec Itzhak Perlman et le Quatuor Julliard) (1982)

CD 10
Bolet reDiscovered – Liszt Recital (1972-1973)


Blues Pills
Blues Pills
Prix : EUR 15,99

8 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 De toutes les couleurs, 23 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Blues Pills (CD)
Décidément, la musique des seventies n’en finit pas d’inspirer les musiciens d’aujourd’hui, y compris parmi les plus jeunes, et souvent pour le meilleur.

C’est ce que nous révèle ce premier LP de Blues Pills, groupe aux membres d’origine diverse, cela a déjà été expliqué par d’autres. Habituellement, j’évite de commenter des disques qui l’ont déjà été, et celui-ci a déjà fait l’objet de belles chroniques sur ce site. Je fais une entorse tant il m’est difficile de refreiner mon enthousiasme. Enthousiasme qui ne fait que grandir au fil des écoutes.

C’est qu’en effet, on ne peut être que séduit par ce rock à la fois puissant, mélodique et virtuose qui s’inspire du meilleur des seventies, mais dans une production qui n’en reste pas moins actuelle. Si aux premières mesures de High Class Woman par exemple, qui ouvre l’album, on ne peut s’empêcher d’évoquer Led Zeppelin, Deep Purple (sans les claviers) ou même le Black Sabbath des débuts (même si les Blues Pills se défendent d'être un groupe de métal), la poursuite de l’écoute nous fait découvrir combien les influences sont beaucoup plus riches que ça, où se mêlent blues, rock psychédélique et soul, parfaitement assimilés.

L’album, dans une belle pochette psyché, est livré avec un DVD très intéressant qui contient un concert donné par Blues Pills en Allemagne en 2013 (ce n’est sans doute pas un hasard si l’album paraît chez le label indépendant Nuklear Blast). Ce concert nous donne une image encore plus précise de la pêche du groupe, à commencer par la chanteuse suédoise Elin Larsson, dont la voix fait sans doute un peu penser à Janis Joplin (mais n’exagérons rien, il lui manque le grain si particulier de la chanteuse légendaire), mais avec un registre un peu différent. Et puis la virtuosité des musiciens, notamment le jeune guitariste français Dorian Soriaux qui impressionne tant par sa technique que par l’inspiration qui semble l’habiter pendant ses magnifiques solos, qui font penser tant à Jimi Hendrix qu’à Andrew Latimer (Camel), etc.

Et puis, il y a une interview qui montre de tout jeunes gens fort sympathiques qui nous parlent notamment de leurs influences, sans se la jouer artiste ravagé.

Une belle performance, et un bel album : une fée – électrique - s’est penchée sans doute sur le berceau de Blues Pills, et on en voit de toutes les couleurs !


Shadow
Shadow
Prix : EUR 17,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un petit chef d'œuvre, 29 juillet 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Shadow (CD)
Le nouvel album du groupe anglais, Little Barrie, est une véritable merveille, bien différente de ce qu’ils avaient produit jusqu’alors. Le trio s’était pourtant déjà construit une solide réputation de groupe de rock inventif grâce notamment à son leader, le chanteur et superbe guitariste, Barrie Cadogan. Mais c’était une musique encore assez brute, avec des inspirations tantôt soul (We are Little Barrie), tantôt garage, et somme toute plutôt gaie.

C’est une toute autre affaire que nous présente ce quatrième album, Shadow, qui porte assez bien son nom, tant la musique y est plutôt sombre et parfois mystérieuse. Dans un style néo psychédélique affirmé, à grand renfort de réverb, de fuzz (écouter le très révélateur Fuzzbomb) et de wurlitzer, on se croit remonter quelques décennies en arrière, époque Jimi Hendrix ou premiers Pink Floyd. On y trouvera quelques traces de ceci ou de cela plus récentes (quelques réminiscences de White Stripes ou Sonic Youth, si l’on en croit Rock & Folk ?), je pense pour ma part à cet groupe d’un unique album, Dark Star (1998). Enfin, on pourra toujours jouer au jeu des références à l’infini – certains entendent une parenté avec Arctic Monkeys qui me paraît pourtant assez vague : le groupe de Sheffield, malgré tout le respect que je lui dois n’a jamais atteint cette densité et ce raffinement. Il faut quand même souligner que l’album est coproduit par Edwyn Collins.

Mais ce qui compte c’est qu’en 11 titres denses, à l’écoute desquels on ne s’ennuie à aucun moment, les Little Barrie ont créé un album d’une très grande cohérence, avec un travail d’orfèvre sur les textures sonores, et des mélodies graves et entêtantes, qui tournent parfois à la mélopée, sur des rythmes généralement mid tempo, parfois répétitifs, structurés autour de la basse très en avant de Lewis Wharton, le tout agrémentés de riffs et de solos déchirants (Stop or Die).

C’est un petit chef d’œuvre que nous offre Little Barrie pour l’été. Le signe d’un tournant musical définitif ou une simple expérience un peu folle et géniale ? L’avenir nous le dira.


Strange Weather
Strange Weather
Prix : EUR 9,99

5.0 étoiles sur 5 Une belle parenthèse, 27 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Strange Weather (CD)
Quelques mois à peine après la sortie de son magnifique second album, voici qu’Anna Calvi nous gratifie d’un mini album, comme pour nous faire patienter en attendant la sortie d’un prochain (?).

La particularité de cet EP, c’est qu’il contient cinq titres qui sont tous des reprises. Je dois avouer que j’ai trouvé l’info chez les Inrocks, car sauf un, je ne connaissais pas les originaux, et par ailleurs, sur la couverture de l’album il n’y a curieusement aucune indication :
Papi pacify du groupe électro FKA twigs
I’m the man that will find you de Connan Mockassin
Ghost rider de Suicide
Strange Weather de Keren Ann
Lady grinning soul de David Bowie (sur Aladdin Sane)

Cinq reprises, et pourtant un véritable album d’Anna Calvi. On y retrouve tous les ingrédients qui ont fait la réussite de One Breath et lui ont donnée cette ambiance particulière mystérieuse : les guitares discrètes, mais qui soudainement viennent lacérer les textures sonores de leurs fulgurances, les cordes qui créent cette atmosphère tendue, et puis la voix d’Anna Calvi, avec toute cette puissance contenue. Elle se fait d’ailleurs accompagner par David Byrne, notamment sur le très beau Strange Weather. Les Inrocks considèrent que Ghost Rider est le ratage de l’album, car trop proche de l’original. Pour ma part, je ne connaissais pas le titre de Suicide, et je trouve le morceau ici extraordinaire.

On sera aussi surpris de la reprise de Lady grinning soul, sur laquelle Anna chante uniquement accompagnée du piano de Thomas Bartlett. Il fallait le faire et c’est superbe.

Comme tout le reste. Un regret : c’est seulement un EP. Mais ça nous donne l’eau à la bouche pour patienter jusqu’au troisième LP. Mais jusqu’à quand ?


Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20