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Contenu rédigé par Eminian
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Eminian
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Mon combat, Tome 3 : Jeune homme
Mon combat, Tome 3 : Jeune homme
par Karl Ove Knausgaard
Edition : Broché
Prix : EUR 24,50

3.0 étoiles sur 5 Toujours bien... mais..., 8 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mon combat, Tome 3 : Jeune homme (Broché)
Karl Ove Knausgaard, né en 1968 à Oslo, est un romancier norvégien connu pour son cycle de six romans autobiographiques intitulé Mon combat. Après des études d'art et de littérature à l'université de Bergen il publie un premier roman en 1998 et reçoit pour son livre le prix de la Critique. Karl Ove Knausgaard vit en Suède avec sa femme, elle aussi écrivain, et leurs enfants. Jeune homme, troisième volume du cycle, vient de paraître.
Ce nouveau volet de l’œuvre autobiographique de Karl Ove Knausgaard revient sur les treize premières années de sa vie, une parenthèse entre deux déménagements, l’un qui ouvre le texte à l’été 1969 et l’autre qui le clôt avec la perte des amis d’enfance, l’entrée au collège, une autre vie qui commence.
Je reconnais avoir été étonné que l’écrivain revienne sur cette période de sa vie, car elle avait déjà été abordée dans la première partie de son premier livre, La Mort d’un père. Certes, ici elle est plus développée, mais bon… première petite déception. Nous retrouvons donc, la famille Knausgaard, le père professeur de collège et membre du conseil municipal, la mère qui s’occupe de personnes dépendantes et Yngve le frère aîné de quatre ans. La vie de l’écrivain n’est jamais extraordinaire, elle est même très commune, nous suivons son évolution qui passe par l’école, ses copains et les virées en vélo, les matchs de football, la musique rock, les filles… Seconde déception, il m’a semblé que le bouquin ne décollait vraiment qu’après la trois-centième page, sans pour autant que l’ennui me gagne je tiens à le préciser.
Mais là, enfin, j’ai retrouvé l’attrait de l’écriture de Karl Ove Knausgaard, un « truc » qui ne s’explique pas, une sensation indescriptible, soudain alors que rien de vraiment original ne saute aux yeux à la lecture des péripéties narrées, le lecteur est pris et retrouve tout ce qui fait le charme de cette saga. Nous découvrons dans ce livre, une facette de la personnalité de l’écrivain encore enfant, un gamin pas sûr de lui, pas bien costaud, pleurant facilement et surtout nous avons des précisions supplémentaires, par rapport aux deux tomes précédents, sur le caractère de son père, un homme très dur, parfois violent, strict dans l’éducation de ses enfants, au point de faire régner une sorte de terreur familiale dès qu’il rentre à la maison. Karl Ove en a peur, lui vouant une haine mortelle d’un côté mais cherchant désespérément à bien faire et obtenir des compliments de sa part, en vain.
L’écrivain le souligne à un moment, pour lui à cette époque il y avait deux mondes, le monde extérieur et celui à l’intérieur du domicile familial. Le monde extérieur est vivant, ce qui ne veut pas dire pour autant amusant, les copains, le football etc. mais aussi les vexations ou humiliations subies de la part des autres gamins ; l’autre monde, chez lui, la trouille permanente comme une épée de Damoclès sur sa tête (« Rien que de penser à papa, à son existence, la peur s’empara violemment de moi »), une vie à l’ordre quasi militaire sous la férule d’un père cyclothymique qui interdit tout mouvement déplacé, avec lequel on ne peut discuter ou seulement émettre un avis. Seule la mère apporte un léger réconfort (« Car s’il y avait quelqu’un au fond de ce puits qu’est l’enfance, c’était bien elle, ma mère, maman »), mais pour Karl Ove, ce n’est que de ce père détesté qu’il voudrait obtenir les faveurs.
Encore un bon bouquin de Karl Ove Knausgaard mais, à mon avis, inférieur aux deux volets précédents.

« J’avais une telle peur de lui que même avec la meilleure volonté du monde je n’arrive pas à recréer les sentiments que j’éprouvais à son égard. Je n’en ai jamais plus ressenti de semblables depuis, pas même quelque chose d’approchant. Ses pas dans l’escalier, est-ce qu’il venait dans ma chambre ? La rage folle dans son regard. Le rictus de sa bouche, ses lèvres qui s’écartaient de façon incontrôlée. Et puis sa voix. J’en pleurerais presque maintenant en l’entendant en moi. Sa colère déferlait comme une vague à travers les pièces et venait me frapper, me frapper et me frapper encore, puis elle se retirait. Et le calme pouvait durer plusieurs semaines. Mais ce n’était pas vraiment le calme car elle pouvait revenir deux minutes comme deux jours plus tard. Il n’y avait aucun signe avant-coureur. Brusquement il était en colère. »


Memoires interieurs
Memoires interieurs
par François Mauriac
Edition : Broché

3.0 étoiles sur 5 Pour les amateurs de littérature, 1 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Memoires interieurs (Broché)
François Mauriac (1885-1970) est un écrivain, poète et journaliste français, auteur de romans sur la vie provinciale (Thérèse Desqueyroux, Le Nœud de vipères), de pièces de théâtre (Asmodée), d’articles critiques et politiques (Le Bloc- Notes) ou de recueils de souvenirs comme ce Mémoires intérieurs (1959). Elu membre de l'Académie française en 1933, il reçoit le prix Nobel de littérature en 1952.
Mémoires intérieurs est une autobiographie, mais elle emprunte les chemins moins convenus des souvenirs traditionnels, même s’il y en a comme les allers-retours entre la région parisienne où il travaille et la maison familiale du Bordelais (la fameuse Malagar) où il naquit, pour se réfugier dans les pages des livres qui ont construit l’écrivain. Il s’agit donc d’un portrait en creux d’un François Mauriac, alors âgé de 74 ans, qui se dessine au travers des réflexions, remarques, jugements ou évocations des livres et des écrivains qui l’ont marqué. Je ne vais pas tous les citer, disons qu’il y a de longues pages sur Baudelaire, Musset, Emily Brontë, Proust (« le miracle proustien »)…
Nombreux sont ceux qui auront du mal à entrer dans cet ouvrage, ce que je comprends aisément, le langage est parfois un peu suranné mais si beau, tellement châtié et maîtrisé, emprunt d’une culture qui semble pesante de nos jours ; certaines réflexions fleurent les temps anciens, des passages m’ont été illisibles car se référant à des auteurs inconnus de moi. Un bouquin pour les explorateurs donc, ceux qui n’ont pas peur de se risquer dans la jungle, ici un sentier agréable mais là un passage où l’on passe en force, avec aussi ces clairières inattendues et carrément sublimes quand Mauriac parle de littérature, de la lecture (« Le peu que nous savons de nous-même, c’est parfois le personnage d’un livre qui nous le suggère à voix basse »), du travail de l’écrivain, de sa conception du roman « ([le romancier] un homme qui vit ses rêves ou qui les revit sans le savoir »), lui qui aura été élevé avec les « classiques » et qui voit arriver le « nouveau roman » c'est-à-dire une nouvelle époque (« On ne peut plus désormais être écrivain et ne rien comprendre à rien comme c’était courant sur le Boulevard au début du siècle »). Si vous n’êtes pas de cette race d’explorateurs, jetez au moins un œil sur le chapitre V qui ne peut qu’intéresser tous les lecteurs.
Un bouquin écrit par un intellectuel qui a longuement réfléchi et pensé avant d’écrire, lu et relu les livres de sa bibliothèque. Il s’en dégage l’image d’un homme d’une époque révolue, fortement marqué par son éducation catholique et qui au crépuscule de sa vie (« … car la mort est là, maintenant, non plus comme une idée (…) Elle est devenue une présence toute proche…) s’interroge sur le rôle que Freud a pu jouer dans l’irruption de la sexualité en littérature.
Un livre très intéressant pour ceux qui aiment lire et s’intéressent à la littérature, malgré les réserves émises précédemment. Enfin je signalerai ce petit bonus (que j’apprécie toujours dans ce genre d’ouvrage), un index qui permet de retrouver facilement les pages où sont cités les écrivains et leurs œuvres.

« « Et nous qui travaillons pour plaire au public… » cette incidente de Racine, dans sa lettre dédicatoire à Madame, montre toute la distance parcourue : il ne s’agit plus aujourd’hui de plaire ou de ne pas plaire, mais de vivre, et le public l’entend bien ainsi qui trouve fort bon que les gens dont c’est le métier continuent d’écrire et de publier, même si le néant est la matière de leur ouvrage, et sans aucune autre raison que de publier et que d’écrire, puisqu’ils en vivent. Après Phèdre, Racine a pu craindre de plaire moins. C’est une question qui ne se pose plus pour nous : le droit à l’écriture rémunérée, à quel écrivain chevronné le contesterons-nous ? »


On ne tue pas les gens
On ne tue pas les gens
par Alain Defossé
Edition : Broché
Prix : EUR 15,00

Aucun internaute (sur 1) n'a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Mouais...., 29 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : On ne tue pas les gens (Broché)
Alain Defossé est un écrivain (une petite dizaine de romans) et traducteur français (Bret Easton Ellis, Irvine Welsh, Joseph Connolly…) né à Nantes en 1957. On ne tue pas les gens est paru en 2012.
Alors qu’il regarde par hasard une émission de télé, « Faites entrer l’accusé », le narrateur écrivain de son état, tombe sur un reportage qui retrace un crime commis il y a une dizaine d’années par un tenancier de bar où il avait ses habitudes et où il fut présent quelques heures à peine avant le drame. Devant les souvenirs qui affluent, l’imprécision du reportage et un malaise intérieur qui le ronge depuis cette époque, le narrateur se sent contraint d’écrire pour soulager sa conscience.
Alain Defossé a placé son récit en Bretagne, une petite ville où le narrateur possède une maison, le lieu idéal au calme, pour écrire. Nous avons droit à quelques pages sur la vie en province telle qu’elle était autrefois puis telle qu’elle est devenue de nos jours avec une cité HLM, ses immigrés Turcs et Manouches, la montée de la violence, mais aussi le rôle des bars où « on déverse sur le comptoir ses malheurs et ses frustrations, ses petits ennuis et ses gros soucis, c’est la fonction du bar, une sorte de parloir, de divan de psy… » Et de bar, il en est largement question puisque c’est là que notre narrateur va faire la connaissance de Didier, patron de La Louisiane dont il deviendra un habitué et indirectement copain de celui-ci.
Il y a dans ce roman un soupçon de Jean Genêt avec ses amours masculines et une attirance pour les petites frappes, ses errances nocturnes de troquets en bistrots. La construction alterne les chapitres restituant pas à pas, la soirée fatidique du 19 juillet 1999 commencée à 20h40 et achevée à 0h59, avec ceux du roman proprement dit, assimilant le texte à une sorte de thriller mou. Nous suivons les états d’âme du « témoin » - qui en fait n’a rien vu – et ne veut pas croire à la culpabilité de son ami. Et quand le lecteur en vient à s’interroger, tout comme l’écrivain, « Qu’as-tu à avouer, que veux-tu dire exactement ? » la réponse est fournie en fin d’ouvrage évidemment.
Le bouquin est très bien écrit, une belle écriture feutrée économe de détails superflus, qui joue sur les sensations, les non-dits et les actes manqués. D’où les remords, sujet de ce livre.

« Un nouveau patron pour un nouveau bar. Brun, petit format, plutôt mignon, sympa. Je sais comment j’ai réagi en découvrant Didier, j’ai réagi exactement comme n’importe quel client de café-tabac, de restaurant, de ces lieux où l’on reste plus de deux minutes réagirait en voyant arriver la nouvelle patronne ou la nouvelle serveuse. C’est forcément ce que j’ai pensé, en voyant Didier pour la première fois, ce petit gars brun au sourire rouge qui s’installait parmi nous, j’ai eu forcément la même réaction qu’un macho devant une petite serveuse, parce qu’il donnait ça à voir et à ressentir, Didier, il était mignon Didier le tueur, et sympa, oui, et bien foutu si vous voulez tout savoir (…). Dans la géhenne où il brûle sans doute, Gorgones et Erinyes doivent se pousser du coude et échanger des clins d’œil quand passe le petit brun aux yeux noirs, tellement sexe, chérie, un homme, un salaud comme on les aime. »


Le golem d'Hollywood
Le golem d'Hollywood
par Jonathan Kellerman
Edition : Broché
Prix : EUR 22,50

1.0 étoiles sur 5 A éviter !, 26 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le golem d'Hollywood (Broché)
Jonathan Kellerman est né en 1949 à New York et vit à Los Angeles avec son épouse, la romancière Faye Kellerman. Psychologue clinicien spécialisé en pédiatrie, il est l’auteur de plus de trente thrillers psychologiques traduits dans le monde entier. Jesse Kellerman, leur fils, est né en 1978 à Los Angeles et vit en Californie. Auteur de cinq romans, il a reçu en 2003 le Princess Grace Award, attribué au jeune dramaturge le plus prometteur d’Amérique. Leur roman commun, Le Golem d’Hollywood, est sorti cet automne.
Jacob Lev, inspecteur du LAPD et fils de rabbin, est chargé par une mystérieuse section des « Projets spéciaux » d’enquêter sur la présence d’une tête, sans corps, dans une maison abandonnée de la colline d’Hollywood. Sur le plan de travail de la cuisine, le mot « Justice » a été gravé en hébreu.
Un thriller avec un tueur en série et en toile de fond les mystères de la mythologie juive et une incursion dans le ghetto de Prague, ça me paraissait suffisant pour m’attaquer à cet ouvrage. Las, le combat a tourné court, après une dizaine de pages alléchantes j’ai vite compris que je m’étais fourvoyé. Le roman n’est ni bon, ni mauvais, il laisse indifférent. Bien trop long et trop bavard à en être assommant. D’un strict point de vue narratif, il n’y a pas de suspense intense et l’intrigue intègre un élément que je ne supporte pas dans ce type de roman, du fantastique c'est-à-dire de l’irréel, ce qui permet aux auteurs de raconter n’importe quoi en toute liberté.
Se mettre à deux pour écrire ça, c’est finalement le seul truc réellement effrayant dans ce bouquin très quelconque.

« Même s’il avait désormais formellement identifié H & T comme étant le Rôdeur, ça ne répondait pas à la question de savoir qui les avait tués. Ils ne pouvaient quand même pas s’être décapités l’un l’autre, à douze mois et dix mille kilomètres de distance. La version « Psychopathe contre psychopathe » tombait à l’eau. Celle du Vengeur masqué devenait de plus en plus crédible. Sauf que : comment le Vengeur était-il (ou elle) au courant ? Comment les avait-il/elle retrouvés ? A qui appartenait la voix sur l’enregistrement ? Et que venaient faire les Projets spéciaux dans tout ça ? Il était deux heures treize du matin. Le couple de hippies s’était endormi comme une masse et ronflait copieusement. Jacob remonta dans sa chambre. Pour la première fois depuis bien longtemps, il rêva en technicolor. »


Le chant de la Tamassee
Le chant de la Tamassee
par Ron Rash
Edition : Broché
Prix : EUR 19,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Ron Rash toujours excellent, 23 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le chant de la Tamassee (Broché)
Ron Rash, né en Caroline du Sud en 1953, titulaire d’une chaire à l’Université, écrit des poèmes, des nouvelles et des romans. Son premier roman paru en France en 2009, Un pied au paradis, avait fait forte impression et Serena en 2011, l’imposera comme l’un des grands écrivains américains contemporains. Son nouveau roman, Le Chant de la Tamassee, qui vient tout juste d’être traduit chez nous, date de 2004.
Frontière naturelle entre la Caroline du Sud et la Géorgie, la Tamassee est une rivière sauvage qui va devenir le lieu d’un drame épouvantable quand Ruth, une gamine d’une douzaine d’années, venue pique-niquer dans le coin avec ses parents, va s’y noyer. Le corps, coincé sous un rocher à proximité d’une chute d’eau ne pouvant être dégagé par des plongeurs professionnels, le père de l’enfant engage un ingénieur inventeur d’un barrage flottant pour détourner temporairement le cours de la rivière et ainsi récupérer les restes de son enfant. Deux camps vont s’affronter, ceux qui veulent aider les parents à faire leur deuil et les environnementalistes qui souhaitent conserver leur rivière intacte en s’appuyant sur une loi fédérale qui interdit qu’on en perturbe le cours naturel et les abords, sous peine de créer un précédent.
Je suis toujours admiratif devant les écrivains, comme Ron Rash, qui réussissent à mettre beaucoup de belles et bonnes choses dans de courts romans, j’y vois là, un des critères du talent. Et ce roman n’en manque pas, de belles et bonnes choses. Sans qu’on puisse qualifier le bouquin de dense, chaque page est pleine de sens ou d’émotion, aucune phrase en trop, aucun mot superflu, le lecteur est d’emblée happé par la puissance évocatrice de l’écriture de l’écrivain. On visualise parfaitement les scènes et les décors somptueux de cette région où la nature sauvage a encore ses droits, on entre avec justesse dans la psychologie des personnages où les deux camps opposés ont des arguments recevables amenant le lecteur à douter sur le parti à prendre.
Maggie Glenn, la narratrice, journaliste-photographe originaire de ce village, y revient pour couvrir l’évènement en compagnie de son collègue et plume, Allen Hemphill. Tous deux se débattent avec des passés douloureux, elle avec son vieux père mourant, lui avec sa femme et sa fille décédées. Et puis il y a Luke, un ex-amant de Maggie, écolo pur et dur qui mène la campagne anti-barrage (et là on songe à Edward Abbey).
Opposition entre les natifs du coin qui veulent conserver la pureté et la virginité de leur rivière et ceux venus d’ailleurs qui les prennent pour des ploucs et veulent leur imposer leur manière de voir à l’encontre des lois. Un débat écologique toujours très actuel et quasi universel. Mais il y a aussi ces parents qui veulent faire leur deuil. Cruel dilemme. D’autant que les écolos ont aussi des arguments concrets à avancer et qui ne manquent pas de bon sens.
Dans ce débat interviendront aussi la religion évidemment, les hommes politiques, mais aussi la presse et ses caméras attirées par le drame comme vautours par la charogne et Ron Rash de s’interroger sur le journalisme, texte ou photo, qui dit le mieux la vérité ? La presse reflète-t-elle les faits uniquement ou bien interfère-t-elle dans leur déroulement ? Maggie elle-même ne sait plus très bien…
Hymne à la nature, le roman se termine par une sorte de pied de nez à la technique moderne et aux règlements obtus, en réhabilitant une bonne vieille méthode à l’ancienne qui a toujours fait ses preuves dans le coin.
Un excellent roman, très prenant car extrêmement touchant et émouvant comme vous l’avez compris.

« Brennon semblait abasourdi. « Etes-vous en train de me dire que vous ne voudriez pas que je construise ce barrage s’il s’agissait de votre fille ? » a-t-il demandé. Luke a rendu les photocopies à sa voisine. Il a ôté ses lunettes et les a remises dans la poche de sa chemise. « Je n’ai pas de fille, a-t-il dit, d’une voix qui n’était plus belliqueuse mais presque tendre. Pourtant, si j’en avais une, qu’elle était morte et que je savais que rien ne lui rendrait la vie, je ne vois pas de meilleur endroit que la Tamassee où je voudrais que son corps repose. Je voudrais qu’elle soit là où elle ferait partie de quelque chose de pur, de bon, d’immuable, ce qui nous reste de plus proche du paradis. Dites-moi où, sur cette planète, il y a un endroit plus beau et plus serein. Indiquez-moi un lieu plus sacré, monsieur Brennon, parce que je n’en connais pas. » »


White Bear
White Bear
Prix : EUR 14,99

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Une chouette découverte !, 22 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : White Bear (CD)
Quand on a vécu les années 60 et 70 immergé dans le rock, il est difficile aujourd’hui d’être réellement emballé par de nouveaux groupes. Au mieux puis-je tomber sur un combo reproduisant à sa manière, la musique qui m’a fait vibrer quand j’étais jeune. J’ai donc compris depuis longtemps que je ne serai plus jamais « fan » de nouveaux artistes mais que je pouvais trouver, de temps à autre, une nouveauté sympathique. Et c’est le cas avec The Temperance Movement, un groupe découvert en regardant une émission sur Canal+ proposant des groupes en scène.
Le groupe nous vient d’Angleterre. Cinq types : le chanteur Phil Campbell, les guitaristes Luke Potashnick (ex-Rooster et Ben's Brother) et Paul Sayer. La section rythmique est composée d'un ancien bassiste de Jamiroquai, Nick Fyffe et par le batteur Damon Wilson connu pour ses participations avec Ray Davies ou The Waterboys. Leur musique est qualifiée de blues-rock par beaucoup mais j’y vois plus de rock que de blues pour ma part, disons en gros que nous sommes dans la mouvance de Bad Co ou mieux encore des Black Crows (mais sans l’exagérée ressemblance avec les Rolling Stones). Les gars ont assuré la première partie de plusieurs concerts des Stones en Europe et aux USA, lors de la dernière tournée des cadors du rock. Quelques soient leurs sources d’inspiration, les références sont bonnes et le groupe tient la route que ce soit sur scène, d’après ce que j’en ai vu à la télé ou bien sur disque.
Après un premier album paru en 2013, White Bear, leur second effort vient de paraître et c’est réellement très bon. Une dizaine de titres pour une grosse trentaine de minutes, un bon chanteur, de bonnes parties de guitares servent un rock familier à mes oreilles et depuis deux jours le CD tourne en boucle sur ma chaîne. Qui a dit que je ne serai plus jamais fan ?


Je suis un écrivain frustré
Je suis un écrivain frustré
par José Ángel Mañas
Edition : Poche

3.0 étoiles sur 5 Une lecture agréable, 22 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Je suis un écrivain frustré (Poche)
José Angel Mañas né en 1971 à Madrid, est un écrivain espagnol. Il a fait des études d’Histoire contemporaine à l’Université autonome de Madrid, mais également dans le Sussex en Angleterre et en France à Grenoble. Après un premier roman paru en 1994 il est aujourd’hui fort d’une œuvre d’une grosse quinzaine d’ouvrages, dont quatre traduits en français, comme ce Je suis un écrivain raté qui date de 1996. Ce roman a été adapté au cinéma en 2005 par Patrick Bouchitey sous le titre Imposture.
Le narrateur, professeur d’université, critique littéraire reconnu mais écrivain en mal d’écriture et alcoolique, sèche devant la page blanche. Jusqu’à ce que l’une de ses étudiantes lui soumette un manuscrit du roman qu’elle vient de rédiger. Pour « J. » le narrateur, la solution à son problème d’écrivain en panne est toute trouvée…
Un tout petit roman au vu de la pagination, qui se lit très vite et très bien car très réussi, mais je dois le reconnaitre aussi, qui m’a constamment agacé tant le personnage principal, ce « J. » est un fieffé connard pour ne pas dire un sale con ! Traité en mode thriller sur un rythme rapide, je ne révélerai aucun secret en disant que le professeur va voler le manuscrit de l’étudiante et qu’à partir de là, il sera logique si l’on peut dire, que cette jeune fille soit mise hors circuit pour que le professeur tire gloire et profit de son méfait.
L’écrivain réussi à caser beaucoup de monde dans ce petit bouquin, de nombreux personnages très agités autour de « J. » : Ana sa fiancée qu’il maltraite comme un sagouin, Véro sœur d’Ana qu’il zieute, Marta sa collègue prof nymphomane barjot, Mozart son ami/ennemi professeur mais écrivain à succès qu’il jalouse, Carmen femme du Mozart qui finira dans son lit et Marian, la malheureuse étudiante, seul personnage « normal » de ce roman. Le « héros » de ce roman évolue du macho bien lourdingue avec Ana, au paranoïaque avec Mozart en passant par le simple d’esprit avec son stratagème foireux vis-à-vis de Marian, pour finir dans la folie totale. Je vous le chuchote au coin de l’oreille pour que personne ne m’entende mais j’ai vu dans ce « J. » quelque chose que je ne saurais définir précisément mais qui l’apparente vaguement aux héros des romans de Michel Houellebecq. N’allez pas le répéter, ce n’est juste qu’une impression…
José Angel Mañas glisse aussi dans son texte quelques réflexions et vacheries bien venues sur le monde de l’édition, « Peu importe si le roman n’est pas très bon, c’est ce qui compte le moins. Avec le succès du premier, le deuxième se vendra sans problème ». Et le tout doit être envisagé sous le mode de l’humour (noir) bien entendu.

« Mon éditeur m’avertit de ne prendre aucun engagement, fit une série de démarches et me rappela quelques jours plus tard pour me dire que tout était réglé. La Maison était tellement contente de moi qu’on voulait me décerner le prochain prix Planeta. – (…) Maintenant, quoi que tu fasses, la critique te baisera les pieds et le public achètera tes livres. Avec toute cette publicité, ça va se vendre comme des petits pains. Il ne te reste plus qu’à te mettre à écrire. – Mais comment pourrait-on me donner un prix pour un roman que je n’ai pas encore écrit ! m’exclamai-je effrayé. – C’est toi qui me dis ça, comme si tu ne savais pas comment ça marche. »


Mrs. Bridge
Mrs. Bridge
par Evans S. CONNELL
Edition : Broché
Prix : EUR 16,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Un bon roman, 20 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mrs. Bridge (Broché)
Evan Shelby Connell (1924-2013) né à Kansas City dans le Missouri est un écrivain, poète et nouvelliste américain. Après avoir interrompu des études de médecine il s’engage dans la Navy en 1943 pour devenir pilote. Son premier roman, Mrs. Bridge, paraît en 1959 et connaît un succès international immédiat. Dix ans plus tard, Mr. Bridge, second tableau du diptyque, fera de ces deux romans objets d’un véritable culte, une source d’inspiration pour de nombreux écrivains avant d’être adaptés au cinéma par James Ivory (1990) avec Paul Newman et Joanne Woodward dans le rôle des deux époux. Pour autant il mènera sa vie dans la discrétion, quasiment reclus. En 2009, il est nommé au Man Booker Prize pour l'ensemble de son œuvre et reçoit, en 2010, le Robert Kirsch Award décerné par le Los Angeles Times. Ce roman vient d’être réédité.
Dans ce roman l’écrivain dresse le portrait d’une femme, de sa jeunesse et son mariage, jusqu’à l’envol de ses trois enfants partis vivre leur propre vie au début des années 1940. L’action se déroule à Kansas City.
Un sujet très banal mais qui justement, par cette banalité apparente, en fait un très bon roman car il touche tout le monde. Ici, on parle du quotidien des gens, de leur vie de tous les jours à cette époque. Certes, il s’agit de la classe bourgeoise et blanche de l’Amérique, l’époux est avocat et sa femme reste au foyer, « une digne mère de famille, membre du Country Club ». Evan S. Connell ne peint pas une fresque, il focalise sur une frange de la société et plus particulièrement sur une famille très traditionnelle, plus encore, en se concentrant sur la place de la femme/mère/épouse Mrs. Bridge au sein de cette société de la première partie du XXème siècle.
Je ne sais pas si Evan S. Connell avait déjà en tête quand il a écrit ce roman, d’en faire un second avec l’époux en sujet central, mais dans celui-ci il n’est qu’une ombre, toujours à son bureau, une absence néanmoins attentionnée envers son épouse et ses enfants mais une absence quand même. Le roman traite de l’éducation des enfants, deux filles et un garçon, avec ses non-dits (éducation sexuelle) typiques de l’époque, de la manière dont ils vont grandir et s’émanciper, de l’étonnement induit causé à leur mère qui va découvrir que le monde change. Une femme toujours inquiète finalement car complètement déconnectée du monde réel, peu informée sur la crise économique ou la guerre en Europe, se reposant sur sa domestique pour le ménager et sans aucune idée des moyens financiers du ménage car la tâche en incombe à son mari exclusivement, passant son temps entre son Club, ses amies et les achats dans les magasins de la ville. De cette vie sans ombres nait un ennui diffus, « elle se sentait nerveuse et malheureuse », « Mrs. Bridge passait de longs moments à regarder dans le vide, oppressée par un sentiment d’attente. »
Le roman est découpé en chapitres extrêmement courts (117 !), parfois de moins d’une page, qui sont autant de scénettes s’enchainant les unes aux autres sans obligatoirement une logique autre que chronologique et s’achevant souvent sur une phrase en guise de chute évoquant les soaps à la télé (ne manquent que les éclats de rire préenregistrés). Un rythme particulièrement agréable, un ton dans l’écriture plus que plaisant grâce au regard bienveillant de l’écrivain pour son héroïne. Et ce qui me paraissait au début du roman comme un bouquin très sympathique mais sans plus, s’avère en réalité un portrait robot très réussi de la femme américaine (mais pas que) moyenne de cette époque de l’Histoire. C’est en cela que ce livre peut être qualifié de « classique » de la littérature.

« La lumière s’alluma dans l’entrée. La toux de Mr. Bridge résonna, puis le grincement de la porte du placard et le bruit familier de la serviette sur l’étagère du haut. Submergée tout à coup par le besoin d’être rassurée, Mrs. Bridge se détourna rapidement de la fenêtre et se précipita vers son mari avec une expression de désir intense, sachant ce qu’elle voulait sans savoir comment le demander. Il entendit le bruit de sa robe et ses pas rapides sur le tapis. Lorsqu’elle fut près de lui (il était en train d’accrocher son manteau), il dit, sans irritation mais avec un peu de lassitude parce que ce n’était pas la première fois que cela arrivait : - Tu as oublié de faire graisser la voiture. » [Fin du chapitre]


Si une nuit d'hiver un voyageur
Si une nuit d'hiver un voyageur
par Italo Calvino
Edition : Poche
Prix : EUR 8,20

3.0 étoiles sur 5 Déroutant, 17 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Si une nuit d'hiver un voyageur (Poche)
Italo Calvino, né en 1923 à Santiago de Las Vegas (Cuba) et mort en 1985 à Sienne (Italie), est un écrivain italien et un philosophe. Calvino est à la fois un théoricien de la littérature, un écrivain réaliste, mais aussi et surtout, pour le grand public, un fabuliste plein d'humour dont la production très riche fait de lui l'un des plus grands écrivains italiens de la période moderne. Parallèlement à l'écriture littéraire, Italo Calvino a collaboré à divers scénarios pour le cinéma. Paru en 1979, Si une nuit d’hiver un voyageur a été réédité il y a quelques mois en poche.
Attention, si vous ne supportez que les romans à la narration classique, fuyez ! D’ailleurs, je ne sais même pas comment je vais pouvoir relater cet ouvrage qui sort des normes traditionnelles ni comment en parler, ne sachant pas vraiment si j’ai aimé ou détesté ! Tant pis, je me lance et je vous donne ma version de « l’affaire »…
Le roman (ou les romans) résulte d’une réflexion de l’écrivain sur les livres qu’il aimerait lire. De cette base il en tire ce livre qui recèle le début de dix romans qui par miracle sont reliés les uns aux autres par des astuces du type « poupées russes ». Honnêtement, si je m’en tenais au simple angle narratif, j’aurais abandonné l’ouvrage avant la fin. Cet aspect du bouquin m’a plutôt ennuyé, car finalement sans queue ni tête et relevant de l’Oulipo, dont Calvino était membre.
Par contre, si on oublie le roman pour ne s’attacher qu’aux nombreux passages ayant trait à la littérature proprement dite et qu’on les isole pour en faire une sorte d’essai inclus dans ce gloubi-boulga, là on se régale. Le texte est une mise en abîme où le narrateur, le lecteur et l’écrivain se renvoient la balle. L’écrivant abordant toutes les situations rencontrées par les lecteurs : les livres mal imprimés avec pages blanches ou extrait d’un roman glissé dans un autre, les pages qu’il faut séparer avec un coupe-papier, la bonne position à adopter pour lire, etc. J’ai adoré voir écrit noir sur blanc, tous ces petits détails qui sont notre lot quotidien à nous autres au pays des lecteurs et les dix premières pages du bouquin sont particulièrement jouissives.
Sinon, j’ai été subjugué par des fulgurances de raisonnements ou de théories tout au long de ma lecture. En danger perpétuellement car au bord de la non-compréhension, le lecteur est intellectuellement stimulé et c’est étourdissant, au risque que cet étourdissement ne devienne soûlant…
Alors, bon bouquin ou bouquin à éviter, je ne sais pas vraiment, en tout cas je ne dirai pas « à éviter » car il y a de très bonnes choses là-dedans, mais il faut faire l’effort de les chercher. On ne peut pas avoir toujours un avis tranché.

« « Qu’importe le nom de l’auteur sur la couverture ? Transportons-nous en pensée d’ici à trois mille ans. Dieu sait quels livres écrits à notre époque se seront sauvés, et de quel auteurs on aura conservé le nom. Certains livres seront restés célèbres mais seront considérés comme des œuvres anonymes comme c’est le cas pour nous de L’Epopée de Gilgamesh ; il y aura des auteurs dont le nom sera toujours célèbre mais dont il ne restera aucune œuvre, comme c’est arrivé à Socrate ; ou ces livres seront peut-être tous attribués à un seul auteur mystérieux, comme Homère. » - Vous avez vu quel beau raisonnement ? s’exclame Cavedagna, puis il ajoute : Et il se pourrait même qu’il ait raison, c’est ça le plus beau… »


On ne réveille pas un chien endormi
On ne réveille pas un chien endormi
par Ian Rankin
Edition : Poche
Prix : EUR 22,50

3.0 étoiles sur 5 Très agréable, 15 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : On ne réveille pas un chien endormi (Poche)
Ian Rankin OBE, né en 1960 à Cardenden, village minier à quelques dizaines de kilomètres au nord d’Edinbourg, est un auteur écossais de romans policiers, de nouvelles, de romans d'espionnage et de critiques littéraires. A l'Université d'Edimbourg il étudie la langue et la littérature anglaise, et obtient en 1982 son Master of Arts, spécialité littérature américaine. Entre 1982 et 1986, il travaille à sa thèse de doctorat sur la fiction moderne écossaise, tout en s'investissant de plus en plus dans sa propre écriture. Après l'université, et avant son succès comme romancier, Rankin exerça un certain nombre de métiers, comme vendangeur, porcher, percepteur, chercheur en alcoologie, journaliste hi-fi, secrétaire de collège et musicien punk. S’il a publié trois ouvrages sous le pseudonyme de Jack Harvey, Ian Rankin est surtout connu pour ses nombreux polars ayant l’inspecteur Rebus comme héros comme dans ce, On ne réveille pas un chien endormi, son dernier opus, paru il y a quelques mois.
John Rebus qui a réintégré la Crim’, rétrogradé sergent sous l’autorité de l’inspecteur Shiobban Clarke son ancienne disciple, enquête sur un accident de voiture à priori banal. Par ailleurs, une nouvelle loi vient de passer au Parlement, elle autorise le réexamen d’affaires criminelles en levant la durée de la prescription. Une affaire de bavure policière avec mort d’homme, vieille de trente ans est rouverte par Malcom Fox, avec Rebus en ligne de mire. Ses anciens collègues de Summerhall, qui s’appelaient entre eux les Saints de la bible d’ombre, sont soupçonnés d’avoir falsifié des preuves pour innocenter l’un d’entre eux.
Il est finalement assez difficile de chroniquer un polar de Rankin avec Rebus car on ne peut que se répéter de livre en livre. L’intrigue est du genre classique, c'est-à-dire double, l’accident de voiture banal va impliquer indirectement un ministre et de façon collatérale se mêler à la réouverture du dossier sur la vieille bavure policière. Je vous la laisse découvrir car ce n’est pas cela le plus intéressant. Le principal atout de l’écrivain c’est son écriture, plus précisément, le rythme qui anime son bouquin tout en dialogues vifs et percutants ; bien qu’assez long et sans que l’intrigue soit époustouflante (mais très correcte néanmoins), on ne lâche pas le livre qu’on dévore avec un plaisir sans retenue. Ajoutons dans ce roman, des thèmes intéressants comme : lois et justice qui ne s’accordent pas toujours pour vaincre « le mal », la confrontation entre les promesses faites jadis et la réalité d’aujourd’hui… un décor mélancolique/nostalgique tel que le ressent Rebus, un homme d’un autre âge, « un spécimen de flic qui n’était plus censé exister, une espèce rare et protégée, dont les jours étaient comptés », face à l’évolution de sa ville d’Edinbourg, « Une capitale, cette ville ? C’est ce qu’on est en train de lui faire subir qui est un crime capital. » La quatrième de couverture évoque un roman sur fond de référendum sur l’indépendance de l’Ecosse : un fond, certes, mais vraiment un fond du fond…

« - A-t-on jamais été de vrais potes, toi et moi ? – Nous étions plus que ça, nous étions les Saints de la Bible d’Ombre. – Mais la Bible d’Ombre était l’exemplaire du Code pénal écossais qu’on nous remettait. Un gros truc noir avec une couverture en cuir et des vis en laiton. Et on crachait dessus avant de bien frotter pour qu’il ne reste plus de salive. Je croyais que c’était une sorte de serment mais je me trompais – on disait tous que les règlements pouvaient aller au diable, parce qu’on savait mieux que tout le monde. C’était nous autres sur le terrain… (…) – Nous obtenions des résultats, si tu veux bien t’en souvenir. – Nous obtenions des résultats, certes, mais à quel prix, et il me semble qu’on est toujours en train de le payer. »


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