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Contenu rédigé par Sam Indiana
Classement des meilleurs critiques: 40.328
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Commentaires écrits par
Sam Indiana

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Good Kid, M.A.A.D City - Edition Deluxe
Good Kid, M.A.A.D City - Edition Deluxe

6 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Good tempo, mad lyrics, 8 décembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Good Kid, M.A.A.D City - Edition Deluxe (CD)
Passé la nuit à écouter les lyrics de c't'album. Sur des beats minimalistes, pas de fioritures. M'a rappelé côté flow le Outkast des débuts, dans l'style y'a vraiment un côté dirty south. Techniquement maîtrisé. Plus profond dans l'sens. Très spirituel à la fin. Gangsta rap émouvant.
Histoire d'un jeune de Compton qui déconne, suit ses homies dans les embrouilles. Mais il a une conscience qui lui rend compte de tout ce qu'il fait. Il le fait quand même. Jusqu'au jour où il en a marre. Jusqu'au jour où il décide d'arrêter. La conscience a été la plus forte. L'album est moins original a partir de là, à partir du moment où il renonce à plonger dans des piscines full of liquor. Le message est passé, son avenir de king du rap west-coast le concerne, lui, et moins, nous. Tant qu'il était paumé, son ressenti était universel.
Grande honnêteté des lyrics. Ai jeté un oeil sur les paroles qui m'avaient échappées, sur Internet. Ai confirmé ce que je pensais : ambiance d'un Compton d'aujourd'hui. Pas aussi brut qu'à l'époque de NWA et moins bidon que celui de The Game. Compton authentique. Patrie du gansta rap. Pas de grandiloquence ici, pas d'effusions inutiles, de délires parano, d'excès d'orgueil comme dans le rap gangsta traditionnel. Autre charme. Autre époque. Touché par l'histoire d'un mec qui s'sauve.
Ai passé la nuit à écouter ses lyrics. Ai retrouvé un rap que j'aime.


Greatest Hits
Greatest Hits
Prix : EUR 13,50

3 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Pas un fan pur et dur de Cure, par contre..., 18 septembre 2012
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Greatest Hits (CD)
La 1, la 2, la 6, la 7, la 9 (bien sûr!), la 10 (évidemment!) et la 11 (j'allais pas l'oublier celle-là!), c'est à peu près tout ce que j'aime de The Cure et ça tombe bien, elles sont toutes sur ce "greatest hits".
Comme vous le voyez, je ne suis pas un vrai fan du groupe, loin de là, je peine à véritablement "comprendre" leur musique. Mais alors par contre, je suis devenu un adepte inconditionnel des 7 tubes cités plus haut. Et cela a justifié l'achat de cet album.
Je ne suis pas non plus un fou des "best-of" et je préfère habituellement les albums complets. Seulement, vu qu'il y avait peu de chances que j'achète un jour un album complet de The Cure, parce que beaucoup de leurs morceaux me laissent indifférent, et vu qu'en revanche j'étais hyper-attiré par ces 7 "hits", ce disque était pour moi. D'ailleurs, je ne doute pas que j'écouterai ce cd, plus précisément ces 7 titres, régulièrement pendant encore longtemps, alors que pourtant je vous jure qu'il a de la concurrence dans ma discothèque personnelle.
En vertu de l'effet de ces 7 chansons sur mon coeur, mon corps, mon âme (bref, ma fibre mélomane), je suis obligé de recommander ce groupe aux non-connaisseurs (s'il en reste!) et de transmettre mes salutations aux fans de tous les instants et de tous leurs titres.
En outre, j'aime bien la présentation, c'est à dire le livret et le design de la pochette ; ce qui, selon moi, contrairement à un bouquin (quoique!), fait partie intégrante du plaisir du fervent mélomane - même en cd, n'en déplaise aux partisans de l'objet "vinyl" (qui préfèrent voir les choses "en grand").
Ce "best-of" retrace l'essentiel de leur carrière, avec des morceaux qui manquaient au précédent "greatest hits", ce dernier datant un tantinet.
Bref, je passe et passerai encore de nombreux moments de bonheur à réécouter "Boys don't cry", "Close to me", "Just Like Heaven" et consoeurs, et je vous souhaite la même dansante euphorie, à vous qui prévoyez l'achat de ce disque.
Vive les Cure! Vive la musique!
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (5) | Permalien | Remarque la plus récente : Sep 30, 2012 12:10 AM MEST


Offspring
Offspring
Prix : EUR 14,94

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 L'adolescence retrouvée, 15 septembre 2012
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Offspring (CD)
Ayant commencé à réellement aimer la musique avec Blood Sugar Sex Magic des Red Hot, l'Unplugged in New York de Nirvana et le Mellon Collie and the Infinite Sadness des Smashing, avant que l'adolescence ne m'emporte passionnément vers le Hip-Hop, alors en intense et sincère émulation dans les 90's, choix que je ne regrette pas, bien que son message intrinsèque se soit clairement étiolé aujourd'hui, au point qu'il ne représente presque plus rien pour moi, et que seuls demeurent les souvenirs de ce bon vieux rap US comme on en fait plus, mais qui était si fun et si significatif des états de grâce de la décennie citée plus haut - les nineties pour ceux qui auraient la mémoire courte.
Bref, pour revenir à nos moutons, j'avais aussi acheté, avant de découvrir les sombres tableaux d'un Biggie Small et le gangstérisme abject mais tellement prophétique de Tupac Shakur, le cd Smash des Offspring. Et je n'avais cessé de l'écouter avec mes oreilles toutes neuves, à l'époque. ça m'avait plu grave!
Et maintenant, vingt ans plus tard, revenant à mes premiers amours, et surtout redécouvrant ce que ma ferveur rapologique, mon obsession, ma foi dans le Hip-Hop m'avait fait raté, je me procure différents disques grunge, rock, métal, punk et même (brit')pop. C'est pourquoi, après avoir acheté la majeure partie des LP de ce groupe, certes étiqueté "commercial", du moins à l'époque, je me suis rendu compte qu'il faisait, - en dépit de nombreuses erreurs de jeunesses et de son indécrottable manque de subtilité -, preuve d'une vitalité peu commune et rarement déplaisante. J'en suis arrivé à commander ce premier opus, et je peux vous dire que, sur ce coup, celui-là n'a rien de commercial, ni les facilités du réputé et tubesque Americana, (je ne parle pas de Smash parce que je ne serais pas objectif), ni ne souffre du manque d'inspiration de certains de leurs morceaux suivants répandus, certes à petite dose mais comme de l'exéma, sur la plupart de leurs albums. Comprenez-moi bien : j'aime ce groupe, il m'est familier, j'irai même jusqu'à dire que j'aime ses défauts.
Je m'aperçois que j'ai dit tout ça pour en conclure peu de chose : le message de ce commentaire se borne à dire que le premier album des Offspring n'est peut-être pas leur meilleur, n'est peut-être pas une révolution, n'est peut-être pas d'une netteté impeccable, et certes légèrement brouillon, mais pour moi, il a un charme fou, il contient l'essence de la vitalité qui a fait le secret de leur succès. - Le style de vitalité néo-punk qu'on retrouve chez Greenday, au départ ; mais Offspring, à mon sens, surtout dans ce cd, c'est moins heurté, c'est en un mot : + naturel.
Je conseille ce disque méconnu, très brillant et très sombre à la fois.


La Chanson de Roland
La Chanson de Roland
par Anonyme
Edition : Poche
Prix : EUR 6,10

4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Sans xénophobie mais avec l'amour de soi, 14 septembre 2012
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Chanson de Roland (Poche)
Très amateur de la collection "Lettres Gothiques", dont j'apprécie la solidité et la qualité purement matérielle, mais tout d'abord la façon de traduire, les notes, la présentation et le rappel au texte original en ancien français, voire en norrois et autres langues moyenâgeuses - en un mot : dont j'apprécie l'honnêteté intellectuelle -, il était normal que je me procure ce volume, puisqu'il était évident qu'il me rendrait plus aisé l'abord d'autres oeuvres construites à partir de la "matière de France", autrement dit : des affrontements légendaires qui opposèrent l'armée de Charlemagne aux armées maures d'Espagne et d'Afrique - par opposition à "la matière de Bretagne" qui relate les aventures des chevaliers d'Arthur vers leur quête du Saint Graal, et à "la matière de Rome" qui réinterprète la mythologie antique sous un jour chevaleresque.
Ainsi, cette fameuse "matière de France" que l'on trouvera tardivement chez l'Arioste dans son Roland furieux, chez Le Tasse dans sa Jérusalem libérée - pour ne citer que les plus brillants, les plus fameux et les plus... disponibles en livre de poche -, connaît un moment d'anthologie et la concrétisation d'une gloire éternelle à la première rédaction de date incertaine de ce conte épique, de ce vestige des chansons de geste, parvenu à nous et traversant les siècles grâce à toute l'application des copistes érudits, qui n'attendirent pas l'invention de l'imprimerie pour se charger de la fixation de cette légende traditionnelle, puissante et vénérable.
L'auteur de ce texte est, à coup sûr, le plus grand auteur du monde puisqu'il a aussi écrit Les Mille et une nuits, Sagas Islandaises, L'épopée de Gilgames et même le Roman de Renart! Ce type bien, nous le connaissons tous, son nom est : Anonyme. Seulement, au départ, il n'était pas écrivain, car il n'écrivait pas ses histoires, il se contentait d'en "chanter" les prouesses. Il cédait même la paternité de certaines d'entre elles au très célébré, et à juste titre, Chrétien de Troyes ; d'ailleurs, il n'est pas jusqu'à Homère qui ne lui ait volé ses récits. Pour la défense de ces cambrioleurs, je dirais qu'Anonyme avait bien mal protégé ses contes, qui avaient fini par être sus de tout un chacun - chacun en connaissant un chapitre au moins, il fut ensuite facile à des poètes de métier, de rassembler la matière éparse et de dépouiller ainsi Anonyme de ses prérogatives d'auteur. Heureusement pour lui et pour son mystère, la Chanson de Roland fait partie des quelques oeuvres attribuées explicitement à Anonyme.
Imaginez donc que l'épopée franque était familière au badaud comme au roi et répandue dans le peuple des foires comme des châteaux, sa tradition orale mouvante étant relayée par les amuseurs publics de tous ordres. Elle était finalement beaucoup mieux connue qu'aujourd'hui, car connue "par coeur". Pour nous, modernes sur-abreuvés de récits en tous genres, il demeure intéressant de se replonger naïvement dans celui-ci comme des collégiens candides pour nous en remémorer les détails. Car nous en sommes convaincus, Roland est mort à Roncevaux en soufflant du cor - mais n'avions nous pas oublié que la légende ne commence ni ne s'arrête là? C'est pourquoi je conseille vivement la lecture de ce texte - qui n'est pas non plus un pavé ni une oeuvre de sophistication, toute sa richesse résidant dans sa simplicité, sa sobriété, et oserais-je le dire : sa rusticité stylistique. Cependant, qu'il n'y ait pas de méprise, ce sont bien des qualités ultimes, qu'il partage avec les textes fondateurs de la civilisation européenne, à commencer par la Bible elle-même (ô combien sage et profonde mais ô combien directe et neutre, pour ceux qui l'ont lue) mais il y aurait d'autres exemples on va dire moins idéologiquement marqués.
Concluons donc que c'est le peuple, le développement national, le temps et l'Histoire (à moins que ce ne soit le... téléphone arabe) qui sont les véritables sculpteurs de ce prodigieux texte, à lire et à redécouvrir en toute occasion, et non le certes généreux mais très étourdi Mr Anonyme. C'est l'humanité elle-même et ses fantasmes qui l'ont fait vivre, survivre et l'ont comme insufflé dans chaque millimètre de notre façonnement culturel. Un odieux guet-apens tendu par ce félon, ce traître de Ganelon, a ainsi unifié sous la bannière d'une référence commune, d'un code d'honneur et de dignité, les peuples désireux de s'identifier aux valeurs de l'illustre et ancestrale tragédie du comte d'Anglante.
Evidemment, fédérer des identités, c'est en exclure d'autres du jeu, et générer une séparation, creuser un fossé, favoriser l'incompréhension entre les aires culturelles, dont le patrimoine collectif et la légende des origines diffèrent. C'est risquer la mésentente diplomatique, mais comment faire autrement? Quel que soit le mépris, l'indifférence ou la jalousie ressenti à l'égard des cultures étrangères, il faut sans doute au moins reconnaître la sienne, quand elle est sienne et surtout quand elle est belle.
Cette Chanson de Roland n'est nullement haineuse envers les autres peuples, elle se consacre au positionnement d'une nation vis à vis d'elle-même. Il ne s'agit donc pas de propagande xénophobe, mais bien de la naissance d'un patriotisme, d'un amour de soi-même à travers ses valeurs, ses qualités et son honneur. Les païens n'y sont pas autant dépréciés que n'est valorisée la grande vaillance et le courage des Francs.
Aimons nous nous-mêmes, aimons notre terre et notre clan, cela ne signifie pas : "haïssons les autres". Voilà, à mon sens, ce que, de nos jours, on doit retenir de cette magistrale et unique épopée.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (5) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 23, 2013 7:35 PM MEST


Mémoires de Barry Lyndon : Du royaume d'Irlande...
Mémoires de Barry Lyndon : Du royaume d'Irlande...
par William Makepeace Thackeray
Edition : Poche

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 L'élégance d'une scélératesse lui donne du caractère, 14 septembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mémoires de Barry Lyndon : Du royaume d'Irlande... (Poche)
Dommage que l'auteur de : "Memoires de Barry Lyndon du Royaume d'Irlande, contenant le récit des aventures extraordinaires, de ses infortunes, de ses souffrances au service de feu sa majesté prussienne, de ses visites à plusieurs cours de l'Europe, de son mariage, de sa splendide existence en Angleterre et en Irlande et de toutes les cruelles persécutions, conspirations et calomnies dont il a été victime" ne soit pas mieux connu en France, car il aurait été mieux traduit, les traductions de ses livres en français étant malheureusement forts rares et lacunaires. Ce sera l'occasion de le lire en version originale, me direz-vous! Mais je dois aussi penser à ceux qui ne maîtrisent pas solidement la langue de Shakespeare, et je me fais - c'est plus fort que moi! - du mouron pour ces infortunés lecteurs qui seront privés d'ouverture vers ce diable de Thackeray, son ironie, son humour... piquant!..., bref : ses satires de la société dans laquelle il vit.
Mais gardons le moral, et savourons, à défaut de plus, les quelques traductions pas si mauvaises que ça, qui nous ont été généreusement léguées par d'altruistes connaisseurs des richesses d'Albion (la perfide! comme dirait l'autre...) - quoiqu'ici il soit plutôt question, du moins au départ de l'oeuvre (et un peu plus tard), de la verte Erin, luxuriante mais surtout pauvre Irlande, oppressée, spoliée, sous le joug de son avide voisine...!
Et quand je dis que la traduction "n'est pas si mauvaise que ça", c'est parce qu'elle n'est pas parfaite, mais aussi parce qu'elle est largement suffisante pour accéder au contenu malfaisant de ce livre ô combien jubilatoire. Mais quelle géniale idée de William Makepeace Thackeray que d'avoir confié sa narration au protagoniste lui-même, à Barry, à ce menteur d'Irlandais - comme tous les Irlandais, d'ailleurs!, d'après les mentalités de l'époque... non mais imaginez des soi-disant "mémoires" rédigées par un menteur. Bon, il y a Rousseau, mais à part lui...! eh bien, il n'y a que Barry et son regret éternel d'un temps où les hommes se comportaient comme des hommes, réglaient leurs comptes sur le pré à coup de pistolets et où un bon gentilhomme savait boire ses trois bouteilles de vins par jour. Mais où sont donc passées ces vraies valeurs, cette édification par l'honneur et le courage... ainsi que le jeu, la dépense sans compter, l'ivrognerie (car les Anglais ne disent-ils pas "être saoul comme un Lord"!) et les confrontations d'orgueil. Dans les gouffres de cette noblesse banqueroutière? Non mais dites-moi! Ne fallait-il pas être complètement timbré pour confier son récit à un tel homme!
Eh bien, ce chenapan de Thackeray l'a fait, et pour notre plus grand plaisir! - ne nous épargnant pas quelques longueurs sur la fin... seulement, au fond, ces longueurs sont à l'image du personnage, roublard, escroc, loubard et tchatcheur : Barry mon ami ou Barry mon ennemi...? - je ne sais pas répondre à cette question, je sais juste que la mesquinerie est courante aujourd'hui, et rares les hommes qui, comme ce Lyndon, cultivent l'ambition d'un attrape-couillon d'envergure. Et je ne parle pas d'un coup d'arnaque mais d'une vie entière qui soit une arnaque, aux autres et à soi-même. Un homme, un vrai, quoi, comme on en fait plus, prêt à aller jusqu'à la ruine plutôt que d'avouer ses crimes, ça c'est viril, non?
Mais j'en ai déjà assez dit, et, si vous prévoyez l'achat de ce livre, je vous laisse à votre tour jouir du privilège de vous faire manipuler par l'un des plus grands baratineurs dont une mère ait jamais pu accoucher, - et ça je vous jure que c'est un plaisir, une expérience exquise, tant les aptitudes à priori méprisables d'un individu à la faisanderie deviennent des beautés éblouissantes et des dons délicats de la nature dès lors qu'il les pratique avec l'excellence du talent haut-de-gamme.

Quant au film de Kubrick, il me semble partager les mêmes défauts sans présenter les mêmes qualités. En ce qui me concerne, depuis la lecture de ce livre, le film m'est devenu complètement indifférent, plat et manquant franchement des aspérités divines qui sont le charme de ce bouquin.


Eloge de la folie
Eloge de la folie
par Erasme
Edition : Poche
Prix : EUR 7,70

10 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Savante folie, 14 septembre 2012
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Eloge de la folie (Poche)
Dommage que l'édition Babel de ce petit livre ne soit plus disponible (au moment où j'écris ce com), tant cette nouvelle traduction avait motivé ma lecture. Et j'avoue que je ne sais pas ce que valent les autres.
Quand je dis "petit" livre, il est bien entendu question de nombre de pages et peut-être aussi d'accessibilité - cet essai philosophique n'étant nullement trop complexe pour l'apprenti philosophe que je suis. Car il s'agit en fait d'un "grand" livre, et je n'apprends rien à personne en affirmant cela : l'Eloge de la Folie, pardonnez-moi d'avance ce rapprochement, étant, dans une certaine mesure, à la philosophie moderne ce que les Confessions de Saint-Augustin ont été à la théologie scholastique. J'entends : une base solide ; et ce, non en raison, sans doute, du thème choisi - en effet, il serait erroné, selon moi, de soutenir qu'à travers cette habile définition de la Folie et de son empire sur le monde, l'ensemble des enjeux de la philo aient pu être ne serait-ce qu'évoqués... non, Erasme ne sort jamais complètement de son sujet, même quand ce sujet le mène à en critiquer d'autres qui lui sont liés, comme de dénoncer l'hypocrisie organisée de la société humaine, ses vanités, ses duperies, sa mauvaise foi ou ses abus de confiance - et de langage aussi (si l'on doit considérer avec vérité le sens et les connotations usuelles du mot "folie").
- Or, en définitive, c'est bien par le mode du discours et par sa pertinence, oserais-je dire : son impertinence, qu'Erasme préfigure une volonté d'analyse des formes, des apparences, utilisant le dévoilement adroit et le retournement utile : en l'occurence, ici, en donnant la parole à la déesse Folie elle-même, il démasque efficacement grâce à ce procédé du discours et son second degré, - sous les dehors de l'humour donc, voire de la comédie -, l'emballage trompeur de l'organisation sociale convenue sans justesse par le commun, leste à conclure mais peu prompt à déduire. En conséquence, je n'hésiterai pas à dire qu'on retrouve encore chez Nietzche, c'est à dire trois siècles et demi plus tard, ce style du questionnement philosophique.
L'Eloge de la Folie se pose donc en initiatrice du raisonnement moderne de la pensée. Sa clarté, sa limpidité, sa relative concision et sa nature assumée d'amusement humble en font la base idéale de futures constructions plus sophistiquées, sur d'autres thèmes plus "essentiels" - du point de vue de la cause et de l'origine des choses, j'entends.
Ses qualités d'écriture, sa verve et son inspiration enlevée, offrent en outre au lecteur un divertissement allègre et agréable, alliant esprit festif et profondeur libératrice (ce qui est rare). Se présentant davantage comme un essai que comme un système, ce livre est une bonne manière de s'intéresser, avec ouverture, tact et simplicité, à la philosophie, et de découvrir l'avant-garde des idées d'une époque, et l'un de ses penseurs les plus fins, les plus cultivés : Desiderius Erasmus - proche et intime de Thomas More, autre figure d'excellence de la Renaissance.


Le Décaméron
Le Décaméron
par Boccace
Edition : Poche
Prix : EUR 12,50

20 internautes sur 23 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La plume gaillarde de Giovanni Boccaccio, 6 novembre 2011
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Décaméron (Poche)
Les cent (et une!) nouvelles du Décameron ne se dégustent pas comme un petit verre de chianti à la terrasse d'un bistrot florentin, mais il faut bien dire qu'en dépit de leur bel âge, elles se savourent néanmoins. Elles ont quelque chose de jubilatoire et de franchement polisson, même quand le thème de l'une ou de l'autre nous éloigne pour un temps de la grivoiserie qui illumine le livre d'une volupté de corsaire maltais.
"A l'abordage!" : tel devrait être le cri impétueux de celui qui souhaite soudain s'adonner à la douce jouissance de commencer enfin le périple que nous promet Boccace, au vu des sympathiques et frivoles friandises, qui ont fait la réputation de son ouvrage. Alors que pourtant le livre commence sur l'horrible tableau du fléau qui ravagea l'Europe entière au quatorzième siècle, cette peste noire et bubonique qui emporta selon les historiens sans doute un tiers - et dans certaines villes encore plus - de sa population, il est notable de constater que le récit emprunte le chemin inverse dès la fin de cette introduction excellente bien que morbide. Et les dix jeunes gens de Florence, pensant par le biais de ces récits, joyeux pour la plupart, échapper à la mort qui rôde, pensant que la gaieté et le divertissement allègres leur serviront de vaccins, en profitent pour développer leurs goûts champêtres et naturels pour les narrations imagées et colorées (de diverses teintes et de beaucoup de légèreté.) Cette jeunesse raffole d'enjouements et ne souhaite pas laisser endiguer son enthousiasme et sa vie par les macabres cadavres qui, jonchant les rues de Florence en 1348, font obstacle au bon épanouissement d'une société en plein soleil, au zénith de sa créativité et de son inventivité.
Première oeuvre importante en prose et en langue vulgaire (entendre: non en latin), elle ne déroge bien sûr pas aux règles de maintien et de style d'une époque encore assez chevaleresque, mais s'autorise certaines licences, parce qu'elle parle aussi des bourgeois et des pauvres parfois, et parce que Boccace voulait séduire et surtout divertir par ses "coquinneries" son public (essentiellement féminin) ; il aime ainsi combiner finesse de la narration et humour un peu lourd (un peu lourd mais bon) - le comique de situation étant bien sûr à remettre en son contexte.

A noter que cette édition bénéficie d'une traduction relativement récente, qui ne heurtera que peu les habitudes lexicales et syntaxiques de nos contemporains, et qu'ayant lu la postface du traducteur, ce dernier m'a semblé passionné par le travail de traduction qu'il avait eu à accomplir et qu'il l'avait accompli avec tact et méthode. Je dis cela parce qu'il est agréable de sentir que l'on confie sa sensibilité littéraire à une version du texte qui la vaut.


Les Confessions
Les Confessions
par Roger-Pol Droit
Edition : Poche
Prix : EUR 5,40

8 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 En quête d'une représentation, 6 novembre 2011
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Confessions (Poche)
Ces confessions ont été écrites au quatrième siècle de notre ère, en latin, par un homme pieux et dont l'intelligence et le savoir clairement supérieurs à la moyenne ont produit plusieurs oeuvres, celle-ci étant la plus célèbre et la plus influente.
Lire aujourd'hui ses Confessions, c'est s'embarquer dans un voyage temporel avec pour but de remonter la piste de la formation de l'Eglise chrétienne d'Occident à partir d'un certain type de matériel idéologique. Cette édition nous donne d'ailleurs à travers ses nombreux rappels, l'opportunité de réaliser à quel point, et avec quel brio, un tel auteur appuie ses déductions théologiques sur sa riche et complète connaissance des deux Testaments (et notamment des Psaumes et des Epîtres.) Il m'a semblé que le fond véritable du travail d'Augustin d'Hippone consiste à interpréter et à questionner les textes sacrés jusqu'à obtenir, consolidé par son imagination de philosophe et sa logique de rhéteur, la schématisation de l'organisation de l'univers, conséquemment à ce que ces textes semblent suggérer. Et l'auteur va loin, quoiqu'aujourd'hui ses conceptions pour la plupart ont perdu de leur nouveauté. Il va au bout dans cette recherche tenace, obsessionnelle dirions-nous ; il creuse profond et s'élève haut. Il nous offre sa lecture de la Bible, et en en évoquant les contradictions et surtout le style sobre et "simpliste" en apparence, démontre que ce style même des Ecritures est la source première de ses prouesses et de son universalité.
D'abord tenté par le manichéisme (une religion qui n'existe plus mais qui était assez répandue dans certaines régions à l'époque d'Augustin), ce natif de la région de Carthage renouvellera sa foi en adoptant la doctrine chrétienne. Celle-ci, d'où surgiront de nouvelles questions pour lui, lui fournira le cadre idéal de sa quête existentielle et métaphysique.
Il ira au charbon, formulera ses doutes, passera par l'invective, et essayera adroitement de répondre à tout, en philosophe, en théologien si vous préférez, et en harmonie et respect avec et pour l'Etre immuable et éternel dont il ressent la "douceur du joug". Alors, derrière les louanges au Créateur, se cache une véritable réflexion, aux abords d'une spiritualité complexe et dense - par quoi, démolissant les préconçus de fervents malhabiles et puérils et des conceptions trop matérialistes pour être crédibles, il arrive, après un itinéraire long et périlleux, à reconstruire une expression digne de sa foi et de la doctrine.

Ainsi, nous, hommes et femmes du vingt-et-unième siècle, ne balayons pas d'un revers de main dédaigneux les credo d'une église désuète, sous prétexte que nous les pensons absurdes et destinés aux naïfs. Lisons plutôt le texte - si solide, si élaboré, et si poétique! - du saint savant, afin de confronter notre croyance positiviste à la sienne spirituelle. Et alors, détachés du préjugé, suivons son exemple et décidons par nous-même.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Sep 15, 2012 7:12 PM MEST


Les Travailleurs de la mer
Les Travailleurs de la mer
par Victor Hugo
Edition : Poche
Prix : EUR 8,20

6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Lutter contre les éléments, 11 janvier 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Travailleurs de la mer (Poche)
Mon roman préféré de Hugo, à ce jour. Moins connu que Les Misérables, Notre-Dame de Paris ou le sur-estimé Quatrevingt-treize, Les Travailleurs de la Mer est peut-être le roman qui démontre le mieux et le plus clairement, et sous la protection d'une relative concision, le génie dramatique de Hugo.
Il y a quelque chose de profondément cinématographique dans la construction du récit, quelque chose qui tient à l'art du suspens, de la retenue liée à la libération qui la suit, un étonnement qui naît de la surprise de nous voir, nous lecteurs, pris de cours par une intrigue à l'élaboration complexe mais aux enjeux d'une simplicité lumineuse et éclatante.
Bizarre! Hugo saute du coq à l'âne pour nous décrire une écueil avec une précision chirurgicale; nous en sommes surpris, presque ennuyés, mais c'est pour mieux nous la faire connaître et nous faire ainsi ressentir et participer au drame du bateau qu'elle éventre cent pages plus loin. Les descriptions n'ont donc ici rien d'inutile, rien de l'ornement, telles qu'elles figurent, avec ce style et l'anticipation du narrateur, dans les Travailleurs de la Mer.
Au delà de ces préoccupations techniques et de la reconnaissance du talent de scénariste de l'auteur, il faut absolument mentionner que le thème du livre permet ces rebondissements dramatiques. Passionnante cette histoire de marin, cette histoire d'insulaires et de bateaux dans les îles anglo-normandes, sublime Gilliat le matelot au caractère déterminé et tanné par les embruns.
Le thème, bien qu'excellent en soit, n'eût pas suffit à nous captiver, s'il n'eût été servi par un auteur aux épaules larges et ayant la faculté d'y apporter un souffle épique et tragique, d'élargir son intrigue, d'en faire une lutte âpre, un combat viril (au bon sens du terme) et conquérant: l'histoire de gens simples isolés loin des turpitudes d'un monde étrange et inconnu, plus à l'aise sur l'Océan tout puissant, qui lui aussi conserve son énigme et son caprice.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (32) | Permalien | Remarque la plus récente : May 12, 2012 3:25 PM MEST


Ulysse
Ulysse
par James Joyce
Edition : Poche

3 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 En partance pour l'infini, son énigme et son éternité..., 11 janvier 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ulysse (Poche)
On ne pourrait pas mettre, à mon humble avis, moins de cinq étoiles à un roman aussi profondément fondateur que mystérieux. Ne pas aimer ce roman, c'est, pour la plupart des lecteurs : ne pas le comprendre. Alors si on ne l'a pas compris, accordons lui au moins le bénéfice du doute voire la présomption d'innocence. Comment juger cette oeuvre cruciale de façon nouvelle sans tomber dans un subjectivisme fumeux et arbitraire?

Je ne m'y risquerais pas donc je ne le jugerai pas. Par contre je l'ai lu et ai pu apprécié cette récente traduction qui, je pense, rend de manière juste et éclatante le principe polyphonique du roman de Joyce.

En outre, ne cherchons pas à créer d'inutiles rapprochements entre ce dernier et son illustre parent grec. Car vous n'y trouveriez pas votre compte et pire: vous vous y perdriez. Ulysse est un retournement ou une inversion ou un grand n'importe quoi jubilatoire, une vision neuve jusqu'à la naïveté parfois, une oeuvre originale (sans doute pas originelle), mais jamais une réécriture, jamais un palympseste. Faire de ce livre une oeuvre unique dans toute l'histoire de la littérature, en annonçant dès son titre un précédant, une inspiration, une influence étrangère, malgré cela ne pas s'égarer et conserver son originalité: tel est l'exploit de ce romancier irlandais, tels sont son mérite et sa gloire. Pousser la technique dite du "courant de conscience" ("stream of consciousness" très à la mode dans la littérature anglo-saxonne) vers un apothéose à la poésie intemporelle, et rappeler la littérature à ses bases (sa fondation sous la plume d'Homère) : tel fut le travail titanesque que Joyce entreprit et acheva par un style à l'organisation faussement anarchique et une histoire faussement bornée entre les limites d'un Dublin précisément peint.
Car Ulysse de Joyce, c'est l'Odyssée et non l'Iliade, c'est donc le mouvement et non la stagnation. Débordé par les péripéties intenses du ressenti, le côté anecdotique de la journée du personnage principal s'efface sous le martèlement d'une écriture à plusieurs voix, à plusieurs vies peut-être, toujours en mouvement, en perpétuelle renaissance, en perpétuel anéantissement aussi, prête à changer, à se reconstruire, une expérience de l'évolution et sans doute la recherche d'une forme de la perfection finale...un point final.
Et pourtant Joyce n'a pas tout dit, il n'a pas tout écrit, il en a fait beaucoup par ce livre, car en laissant des zones d'ombre, il permet à ceux qui cherchent de toujours, - dans ce rassemblement de thèmes - trouver quelque élément substanciel pour nourrir leur courage, leur persévérance et leur intelligence.

De facto, un livre a certaines limites, un auteur a aussi les siennes; l'imagination, elle, n'en a point, surtout si elle utilise ce genre d'invention artistique comme une rampe de lancement pour se projeter dans l'infini du possible, la pensée et la connaissance. Embrasser tout, embrasser l'éternité.


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