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Commentaires écrits par
Joël (Hotonnes, Ain)
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La guerre des jours lointains
La guerre des jours lointains
par Akira Yoshimura
Edition : Broché
Prix : EUR 7,70

5.0 étoiles sur 5 La justice des vainqueurs, 10 avril 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : La guerre des jours lointains (Broché)
Voilà un livre que j’ai acheté pour le sujet abordé: la poursuite des crimes de guerre. J’ai eu beaucoup plus que ce que j’escomptais. En fait, Akira Yoshimura décrit avec beaucoup de talent les pensées et états d’âme du protagoniste, Takuya, lequel était officier affecté à la défense anti-aérienne pendant la guerre qui opposait les USA à l’Empire japonais. Alors que l’armée américaine pratique une politique de la terre brûlée laquelle inclut le largage de deux bombes atomiques, l’armée japonaise réplique, y compris par l’exécution de prisonniers de guerre. C’est à cause de sa participation dans ces exécutions (il aura décapité l’un de ces jeunes pilotes américains) que Takuya sera recherché à la fin du conflit pour crime de guerre.

Pour moi, ce livre est magistral car il décrit avec grande précision le développement des émotions de Takuya au fil de sa cavale. On perçoit très clairement les sentiments de culpabilité et les justifications de l’acte qui s’affrontent. L’armée américaine toute puissante développe son arrogance de vainqueur et une scène du livre symbolise majestueusement cet état de fait. Mais ce livre démontre aussi combien les jugements pour crimes de guerre ont été un outil politique au service du vainqueur qui, lorsque la guerre de Corée débute, perdent peu à peu de leur intérêt.
Bref, un livre qui donne envie de découvrir davantage l’auteur.


Karnak Café
Karnak Café
par Naguib Mahfouz
Edition : Broché
Prix : EUR 6,70

4.0 étoiles sur 5 Brève de comptoir, 25 mars 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Karnak Café (Broché)
Cette nouvelle est vraiment brève et se lit en très peu de temps. L’auteur nous raconte l’histoire de cet homme qui devient un client régulier du Karnak Café dont la propriétaire n’est autre qu’une ancienne danseuse fameuse. Parmi les autres clients réguliers, trois étudiants, dont le patriotisme ne fait pas d’ombre au discours du pouvoir en place. Mais Naguib Mahfouz use de sa plume acide et cynique (mais si belle) pour nous décrire les déboires que vont connaître ces jeunes personnes lorsqu’elles tomberont dans les griffes de la machine policière.

On peut regretter la brièveté de la nouvelle tant l’on s’attache rapidement aux différents protagonistes. Mais Naguib Mahfouz écrit de manière efficace et décrit en peu de lignes les pratiques peu respectueuses des droits de l’homme du pouvoir en place qui détruit tout sur son passage, même les rêves de jeunes hommes et femmes qui aiment leur pays.

Avec le recul, cet ouvrage nous enseigne énormément sur ce qui se passe aujourd’hui en Egypte et nous décrit en peu de mots comment les extrémismes naissent du manque de démocratie et de la persécution des opposants, et plus encore, de ceux perçus comme opposants.


L'homme qui parle
L'homme qui parle
par Mario Vargas Llosa
Edition : Poche
Prix : EUR 8,00

2.0 étoiles sur 5 L'écrivain qui écrit... trop?, 25 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'homme qui parle (Poche)
C'est la première fois que je ne suis pas captivé par un roman de Mario Vargas Llosa. Je conseille donc à ceux qui n'ont encore jamais rien lu de l'auteur de ne pas commencer par cet ouvrage. Il est évident que l’écrivain a voulu trop en faire dans cette nouvelle si bien que l'on finit par perdre le fil de l'histoire.

Vargas Llosa nous entraîne au gré d'un séjour à Florence dans les profondeurs de l'Amazonie péruvienne pour nous faire découvrir un peuple autochtone, les Machiguengas. Au fil des pages on fait la connaissance de Saúl Zuratas, ce jeune juif péruvien dont un nævus mange la moitié du visage et qui finira par s’intégrer avec le peuple Machiguenga. Ainsi, la nouvelle alterne les discussions du narrateur avec ce jeune homme et d’autres personnes et les soliloques de l’homme qui parle, lesquels abondent en détails.

On ne peut pas ne pas faire le parallèle entre le peuple juif et le peuple Machiguengas Mais on ne peut pas non plus ne pas faire le parallèle entre ce livre et L’homme qui rit de Victor Hugo (jusqu’au temps identique mis par les deux auteurs pour écrire leur livre respectif). Bref, à vouloir nous abreuver de messages et de détails, j’ai bien peur que l’auteur nous noie. En tous les cas, ce fut mon impression en refermant le livre.


Vin de bohème
Vin de bohème
par Joanne Harris
Edition : Poche
Prix : EUR 9,00

3.0 étoiles sur 5 Un vin court en bouche, 22 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Vin de bohème (Poche)
Fidèle à la trame de beaucoup de romans de Joanne Harris, on se retrouve dans un village non loin d’Agen où Jay Mackintosh, un écrivain anglais en manque d’inspiration, vient d’acheter une vieille ferme. L’originalité du roman réside en ce que c’est une bouteille de vin, un Fleurie 1962, qui raconte l’histoire. Cependant cette originalité dans la narration s'estompe rapidement car le plus souvent, la bouteille est invisible dans le texte.

Pourtant, Joanne Harris sait nous tenir en haleine en intercalant des scènes de la vie de Jay dans ce village français avec d'autres, appartenant au passé, lorsque Jay, adolescent, se trouvait en vacances dans une cité ouvrière anglaise abandonnée suite à la fermeture de la mine voisine. C’est au cours de ces villégiatures qu’il rencontrera d'ailleurs un homme fort énigmatique et insolite, Joe, qui deviendra de plus en plus présent une vingtaine d’années plus tard.

Comme à l’accoutumée, Joanne Harris use des secrets de famille pour rendre l’intrigue encore plus envoûtante. La magie de Joe ajoute un peu de piment à l’histoire mais force est de dire qu’en fin de compte, pas plus que la bouteille de Fleurie, Joe n’apporte quoi que ce soit à la fin du récit. Ainsi, on peut être déçu par le manque de pétillant final. Bref, une histoire dont le goût ne reste pas forcément longtemps en bouche. J'ai préféré d'autres romans de cette auteure.


Suite française - Prix Renaudot 2004
Suite française - Prix Renaudot 2004
par Irène Némirovsky
Edition : Poche
Prix : EUR 9,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Suite en style majeur, 22 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Suite française - Prix Renaudot 2004 (Poche)
La commémoration de la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau m’a donné l’envie de lire ce récit en deux parties qui nous décrit des scènes de vie relatives à la débâcle de la France, en juin 1940. Alors que la première partie se penche sur des hommes, femmes et enfants qui fuient Paris, la seconde partie se déroule à Bussy, un village occupé par les soldats allemands.

Irène Némirovsky, tel un peintre pointilliste, nous décrit par touches successives une palette d’individus aux traits très différents les uns des autres. Les périodes de crise révèlent au grand jour la vraie personnalité des êtres humains. Quand bien même certaines personnes conservent leur grandeur et leur sens de l’honneur, il échoit de constater que la majorité des gens en oublient quelque peu leurs manières, si tant est qu’ils en aient eu auparavant. Il est des scènes croustillantes qui font bien rire le lecteur en ce que l’auteur ne manque pas d’un certain humour noir, ce qui est tout à son honneur quand l’on sait la situation qu’elle-même endurait. En effet, qu’Irène Némirovsky ait écrit ces pages en sachant indubitablement le sort qu’il lui était réservé donne à ce livre un ton tout à fait différent. Et c’est sans doute ce qui lui confère une valeur encore plus grande.


La face cachée de la lune
La face cachée de la lune
par Suter Martin
Edition : Poche
Prix : EUR 7,40

3.0 étoiles sur 5 Hallucina(c)tions, 16 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : La face cachée de la lune (Poche)
Urs Blank est un de ces avocats d’affaires sans trop de scrupules qui fait tout pour que son client gagne… et donc, lui aussi. Il a la quarantaine, il fait attention à son apparence, il est marié avec une femme bien sous tous rapports, il ne fréquente que du beau monde et il ne va que dans les endroits chics. Mais voilà ; quand on mène une telle vie, on a besoin de nouveaux défis. Et quand Urs rencontre cette jeune femme de vingt ans sa cadette, qui vend de l’encens et autres produits exotiques dans un parc, il est fasciné par elle. Tout bascule quand elle l’invitera à un rite initiatique avec des hippies sur le retour au cours duquel il goûtera à des champignons aux effets bizarres. Suite à cette expérience, Urs Blank sera méconnaissable et c’est à partir de là que le livre se transforme en un pseudo-polar sur fond de chasse à l’homme.

Martin Suter sait nous tenir en haleine au fil des pages en mêlant à l’enquête policière une certaine critique de notre société capitaliste. Bref, un livre qui nous intrigue par son style et son approche.


Rue des voleurs
Rue des voleurs
par Mathias Enard
Edition : Poche
Prix : EUR 8,70

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Un printemps sans été, 8 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Rue des voleurs (Poche)
Rue des voleurs est un roman qui colle à l’actualité. Lakhdar est un jeune qui, comme tous les jeunes, veut croquer la vie à pleine dents. Sa connaissance charnelle de sa cousine lui vaudra d’être banni par sa famille et commencera alors une vie d’errance qui le conduira de l’autre côté de la mer, en Espagne. C’est à Barcelone qu’il finira après nombreuses péripéties qui seront autant de douleurs et de leçons de vie. En effet, la vie en Espagne n’est pas forcément celle qu’il imaginait avec son ami Bassam lorsqu’ils se retrouvaient autour d’un verre.

Mais la vie de Lakhdar est étroitement liée aux évènements qui secouent la région et le monde. Du Printemps arabe aux Indignés en passant par l’Islamisme radical, Lakhdar est embringué dans une vie aux multiples soubresauts que l’amour qu’il ressent pour Judit ne saura pas vraiment apaiser. Finalement, la lecture demeure le dernier refuge pour ce jeune homme en quête de liberté.

En fin de compte, c’est bien d’un roman triste dont il s’agit. Tous les protagonistes de ce livre connaissent des tourments et l’on sait par avance que la fin de l’histoire ne sera pas rose. Pourtant, Lakhdar n’en est pas pour autant un être abattu. Non, il lutte, persuadé qu’il est d’un avenir meilleur; ailleurs. Seul le style du roman est un sujet de réjouissance.


Napoléon ou La destinée
Napoléon ou La destinée
par Jean-Marie Rouart
Edition : Poche
Prix : EUR 7,50

4.0 étoiles sur 5 La face cachée de l'Empereur, 8 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Napoléon ou La destinée (Poche)
Jean-Marie Rouart a décidé dans cet ouvrage de nous décrire une face méconnue, ou pour le moins, moins connue, de l’Empereur. En effet, l’académicien nous narre la vie de Napoléon au travers de ses doutes, ses souffrances, ses atermoiements et ses questionnements. Pour le coup, il donne de l’Empereur un visage humain et nous convainc que ce grand homme n’était pas une machine imperméable aux coups de la vie.

Suicidaire, Napoléon est aussi un homme trahi. Trahi par sa femme mais aussi par ses compagnons de route. C’est un homme qui n’est en paix ni avec lui-même, ni avec les grands dirigeants de l’Europe de l’époque. Bref, c’est un homme tourmenté. Il faut la plume alerte et érudite de J.-M. Rouart pour nous raconter tous ces moments de la vie de l’Empereur qui lui donnent un visage humain sans le rendre faible pour autant.

Il est clair que cette approche ne permet pas d’avoir une biographie complète de l’Empereur mais c’est un ouvrage qui ajoute aux très (trop ?) nombreuses biographies déjà publiées sur Napoléon.


L'homme qui regardait la nuit
L'homme qui regardait la nuit
Prix : EUR 7,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Un seul être vous manque..., 5 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'homme qui regardait la nuit (Format Kindle)
Raconter ce livre, ce serait ôter le futur lecteur ou la future lectrice de sensations intéressantes. Par conséquent, je me contenterais de dire que Gilbert Sinoué nous présente une série de personnages abîmés par la vie et en quête de rédemption. Certains y sont déjà parvenus, comme Béba, alors que d'autres, comme Théophane, continuent de vivre dans le tourment.

Bien sûr, faire se côtoyer de tels personnages donnent au roman une intensité particulière; mais l'auteur sait aussi trouver les mots et le style pour analyser chaque protagoniste. En fait, Gilbert Sinoué s'est transformé en chirurgien des âmes dans ce livre. Par ailleurs, l'histoire a pour cadre l'île de Patmos, terre d'exil sous l'Empire romain, ce qui a sans doute guidé l'auteur dans ce choix. En outre, c'est sur cette île que l'apôtre Jean aurait écrit l'Apocalypse, "révélation" ou "dévoilement" selon l'étymologie du mot. Dévoilement et révélation, c'est bien de cela qu'il s'agit tout au long de ce livre.


Je m'en vais
Je m'en vais
par Jean Echenoz
Edition : Poche
Prix : EUR 7,00

Aucun internaute (sur 1) n'a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Une épanadiplose en un peu plus de 200 pages, 2 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Je m'en vais (Poche)
Avec Je m’en vais, j’ai lu mon premier roman de Jean Echenoz. Il est difficile pour moi d’avoir une impression tranchée; toutefois, j’avoue avoir aimé le style, un peu moins l’histoire. En effet, le pseudo-thriller n’est pas très convaincant. En revanche, la manière de raconter est beaucoup plus réussie à mon goût. Ainsi, j’ai eu du mal à suivre ce Ferrer, propriétaire d’une galerie d’art, jusqu’au Pôle Nord ou encore en Espagne au cours d’une histoire assez rocambolesque. Il convient d'ajouter, qu'en plus de l’art, Ferrer collectionne les aventures amoureuses, pas toujours galantes.

Les descriptions des personnages sont pour moi ce qu’il y a de plus réussi dans ce livre. Souvent sans concession, je les ai trouvées très imagées, parfois parfumées. Finalement, ce Ferrer est un personnage assez triste, entouré de tristes personnages.


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