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Contenu rédigé par shuffle master
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shuffle master

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Evans Peau de résonance de grosse caisse blanche Evans EQ3 sablée, pas d'ouvertures, 22 pouces
Evans Peau de résonance de grosse caisse blanche Evans EQ3 sablée, pas d'ouvertures, 22 pouces
Prix : EUR 56,54

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Pas besoin de se faire trouer la peau., 27 avril 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Achetée pour faire le pendant de sa sœur EQ3 clear en frappe. Qualité Evans, rien à redire. J'avais hésité avec une peau blanche lisse, mais le sablage ne rend pas mal du tout. J'ai acheté cette peau non percée et je ne la percerai pas. Mais pourquoi donc, Shuffle Master, ne perceras-tu pas cette peau, alors que tout le monde le fait? Eh bien, je vais vous le dire.
Parce que ça ne sert à rien et que c'est purement esthétique, si tant est que l'esthétique puisse se résumer à un trou. Je sais qu'il y a des exemples célèbres et qui ont fait scandale en leur temps, mais il n'est pas indispensable de se courber devant l'opinion majoritaire.
L'argument habituel des défenseurs du trou, c'est le micro placé dans la grosse caisse: ça ne tient pas. Quand on joue dans un bar, généralement la batterie n'est pas sonorisée. Quand elle l'est, les sonorisateurs ont suffisamment de ressources techniques pour faire sonner une grosse caisse comme ils l'entendent. ou comme ils veulent qu'on l'entende.
Les arguments contre sont plus solides:
- pour le batteur, la découpe va avoir des conséquences sur l'impact de la batte, et donc sur son jeu. De plus, lors de la découpe, on risque d'endommager la peau.
- enfin et surtout, si on réfléchit deux minutes, on remarque que les peaux des autres fûts ne sont pas percées. Pourquoi la grosse caisse le serait-elle? Pour laisser échapper l'air, il y a les évents, plus les systèmes de fixation des toms pour les caisse percées. C'est largement suffisant.
Tested and approved by Shuffle Master
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (12) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 30, 2016 2:28 PM MEST


Evans Peau de grosse caisse Evans EQ3 transparente, 22 pouces
Evans Peau de grosse caisse Evans EQ3 transparente, 22 pouces
Prix : EUR 52,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Evans, la musique dans la peau., 27 avril 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Je suis depuis longtemps un inconditionnel des peaux Evans. Qualité de fabrication, résistance, aspect, tout y est. Je me demande comment on peut continuer à acheter du Remo, fragile, laid, qui marque, et dont le sablage part au bout de 3 coups de baguette. Un indice parlant : quasiment toutes les marques, sauf Tama, équipent d'origine leurs modèles de Remo : c'est toujours ça de gagné pour elles. Quant à l'acheteur, la première chose qu'il a à faire, c'est virer ces immondes peaux, des Ambassador, la plupart du temps, pour y mettre autre chose. Je ne suis pas fan non plus des Aquarian, les peaux à la mode, mais usinées au Mexique, avec des standards de fabrication pour le moins assez lâches.
J'ai acheté cette double pli EQ3, avec sa sœur EQ3 résonance sablée, pour remplacer celles d'une Pearl BLX white artic (la même que celle du batteur d'Alannah Myles sur Black velvet) achetée récemment d'occasion, et que j'ai remise à neuf (nettoyage au Mir et à la pierre d'argile, lustrage des fûts intérieur et extérieur à la cire d'abeille, contrôle des chanfreins, démontage de la visserie, nettoyage au WD 40 et remontage à la graisse, chromes nettoyés à la laine d'acier, raccords de peinture, 4 jours de boulot, batteur, c'est un sacerdoce).
Quand on commence la batterie, on ne se préoccupe pas trop du son ni des réglages. Au lieu de s'atteler sérieusement au problème, on commence à mettre n'importe quoi sur les peaux pour étouffer les bruits dysharmonieux qui se dégagent des fûts : scotch, bandes Velpeau (je l'ai vu), bouts de cartons, vielles peaux découpées'etc. Pour la grosse caisse, l'objectif semble être de la transformer en débarras : couvertures, coussins, vieux vêtements, laine de verre'etc. Résultat : un magnifique son de carton humide.
À moins d'avoir une batterie vraiment pourrie et/ou abîmée, l'investissement (c'en est un) dans de bonnes peaux est indispensable. Si c'est réglé à peu près correctement, pas besoin de mater les harmoniques ou de transformer la grosse caisse en vide-grenier.
La EQ3 est donc une double pli avec un anneau atténuateur, particulièrement robuste, qui laisse le fût respirer tout en contrôlant les indésirables. Souhaitant un kit plutôt typé rock, je l'ai associée, pour les fûts (en bouleau) avec des EC2 en frappe et des G1 en résonance. C'est parfait.
Pour ceux qui n'ont jamais changé de peau de grosse caisse, quelques conseils : enlever la vieille peau (qui se transforme illico en une remarquable piscine pour les oiseaux du jardin ou en un non moins remarquable dessous de pots), virer poussières et autres saletés présentes dans le fût (surtout si la peau de résonance est percée), vérifier/nettoyer/graisser la visserie, passer un tout petit coup de papier de verre (le plus fin possible) sur le chanfrein, nettoyer le cercle en métal (parfois un peu rouillé), vérifier le cerclage en bois (notamment au niveau de la fixation de la pédale ' on peut d'ailleurs y fixer une protection type feutrine), monter la nouvelle peau, serrer à la main, puis avec la clé en commençant par enlever tous les plis en face des tirants correspondants, et tendre gentiment, par quart de tour en croix). Attention en fixant la pédale : vérifier que le bout de la batte ne vienne pas frotter, lors du retour, sur la peau.
Amazon n'est pas plus cher que Thomann, parfois mieux placé, et en cas de problème, ça marche bien mieux que chez l'Allemand dont le SAV commence à prendre l'eau de toutes parts.
Tested and approved by Shuffle Master.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (9) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 30, 2016 9:06 PM MEST


Sonor Jojo Mayer Perfect Balance Single Pédale de grosse caisse
Sonor Jojo Mayer Perfect Balance Single Pédale de grosse caisse
Prix : EUR 249,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
1.0 étoiles sur 5 On ne s'honore pas d'un tel matériel., 23 mars 2016
SONOR bénéficie auprès de beaucoup de batteurs d'un a priori favorable, principalement pour ses batteries des gammes moyenne et haute (Prolite, SQ2). Le sérieux allemand, les multiples options, les essences sélectionnées'etc. Le mythe, quoi.
Eh bien le mythe vient d'en prendre un sacré coup. Encore un.
Aujourd'hui, test de la pédale Jojo Mayer, modèle perfect balance. J'en vois qui ricanent' Jojo, Jojo, est-ce bien sérieux ? Bon. Ne pas oublier qu'on est en Allemagne. Un autre batteur se prénomme Benny (Greb). Pas d'attaque ad hominem, s'il vous plaît.
La pédale Jojo Mayer, donc, présentée à sa sortie comme révolutionnaire. Bon, même chose, la révolution en Allemagne peut porter à la galéjade. Mais pas d'ostracisme envers nos amis européens.
La pédale Jojo Mayer, disais-je, eh bien la pédale Jojo Mayer, elle est fabriquée en Chine. Premier choc. Et dans des usines où le contrôle qualité semble ne pas exister et où le cahier des charges est rien moins que draconien. Métal terne, coulures, enfoncement, aspect grumeleux, éclats du revêtement. Deuxième choc. Une fois dépliée, il faut se rendre à l'évidence : c'est très très laid et ça fait toc. Troisième choc. Aussitôt après l'avoir installée sur la grosse caisse, on n'a qu'une envie, l'enlever tellement ce gris uniforme et falot agresse l'esthète qui sommeille en tout batteur (chez certains, c'est d'un sommeil de plomb).
Au plan des innovations, le pliage/dépliage n'offre pas grand intérêt pour la majorité des batteurs. Il ne constitue pas en outre un gage de solidité d'autant que la pédale est très légère. Le système d'entraînement par sangle figure déjà, mais en option, sur la majorité des pédales de la concurrence, sans avoir entamé jusqu'à l'heure la suprématie de la double chaîne. Il doit bien y avoir une raison.
C'est quand on veut fixer la pédale sur le cerclage de la grosse caisse qu'on s'aperçoit de la baisse terrible du niveau des ingénieurs allemands. Chez les autres constructeurs, le cerclage (lui-même protégé) repose sur une partie protégée (caoutchouc) de la pédale, le serrage étant effectué par une sorte de patte plus ou moins mobile d'environ 2 cm. Chez Sonor, on n'a rien trouvé de mieux que de faire un reposoir de 9 cm qui déborde largement les protections de toutes les grosses caisses, et une partie qui presse à peine moins large. Vous avez donc un arc de cercle qui va être compressé par un truc de presque 9 cm. On peut facilement imaginer ce qui va se passer quand vous allez serrer la pédale. Vous allez endommager votre cerclage. Pour couronner le tout, la pression n'est pas uniforme, la faute à un usinage à la-va-comme-je-te-pousse des tampons en caoutchouc (trop durs, d'ailleurs).
Le pauvre Jojo Mayer, qu'on ne peut rendre responsable de tout, a l'honnêteté de le dire dans la vidéo suivante, à partir de 2mn23 : [...]
En clair, si vous serrez, vous flinguez votre cerclage. Et il faut qu'une pédale soit suffisamment serrée, sinon elle avance et vous flinguez votre bord de cerclage. La vie des batteurs est un calvaire.
Précautionneux comme je suis (on le serait à moins, vu le prix du matériel), je m'en étais rendu compte avant de découvrir la vidéo et l'expérience s'est arrêtée très vite. Retour de la pédale dans son emballage, direction Thomann. Là aussi, le mythe allemand en prend un coup. Thomann met trois jours pour répondre aux mails, répond à côté, le téléphone, c'est pour votre pomme et vous tombez sur un type qui ne connaît pas la pédale Jojo Mayer. De Sonor. En Allemagne. Chapeau.
Une fois remboursé, je vais tenter la Iron Cobra (ce nom') chez Tama. Et ailleurs.
Tested and not approved (oh, que non) by Shuffle Master.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (13) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 28, 2016 11:16 AM MEST


La société parano : Théories du complot, menaces et incertitudes
La société parano : Théories du complot, menaces et incertitudes
par Véronique Campion-Vincent
Edition : Poche
Prix : EUR 8,15

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
1.0 étoiles sur 5 Remboursez!, 2 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : La société parano : Théories du complot, menaces et incertitudes (Poche)
Voilà l'exemple type du livre au titre racoleur qui cumule tous les défauts et qui vaudrait à son auteur le bonnet d'âne ou le supplice du pal, selon les régions et les époques.
De l'auteur, on ne sait pas grand-chose. Les informations disponibles sur internet sont assez floues et laconiques. Une chose est sûre, cette dame ne sait pas écrire. Payot ne s'honore pas à publier de tels cacographes incapables de la moindre formulation claire. Le fond en lui-même étant inexistant, et se limitant à un catalogue, l'exercice ne semblait pourtant pas trop difficile.
Craignant vraisemblablement qu'on ne la prenne pas au sérieux ( dans un éclair de lucidité), Mme Campion a cru bon d'agrémenter sa triste prose de parenthèses, de tirets, de guillemets qui rendent le texte incompréhensible (au bout de deux lignes, on ne sait plus qui parle), même au plus indulgent des lecteurs. Une chance, il n'y a rien à comprendre.
Le plan obéit à on ne sait quels critères. Quant à la conclusion; "accepter la complexité de notre monde", elle sent son truisme de stock B qui semblait pourtant impossible à fourguer.
Les 164 pages de ce livre sont un invraisemblable capharnaüm où X Files voisine avec les Illuminati, où JFK (c'est original...), en galante compagnie (celle de Marie-Madeleine), lit Da Vinci Code et les Manuscrits de la mer Morte, pendant que les allumés des milices patriotiques américaines luttent contre les lémuriens qui dirigent le monde avec la complicité de la CIA. S'y ajoutent quelques lignes sur la Trilatérale et le groupe de Bildelberg qu'on croirait tout droit sorties de l'exposé d'un collégien de 5e.
Une fois le livre fermé, on s'interroge. Pourquoi? Oui, pourquoi ce pensum? Les comploteurs doivent se tordre de rire.
Intrigué par l'inhabituelle vacuité de l'ouvrage, j'ai décidé de le relire à l'envers, et sous mes yeux ébahis, le sens caché m'est apparu. Quand on lit La société parano à l'envers, dans une glace, et qu'on relève un mot tous les 666, en écoutant également à l'envers le 4e album de Led Zeppelin, on se rend compte avec stupeur que... Tiens, on frappe. A cette heure? ...........
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (10) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 20, 2016 1:28 PM CET


Meinl Byzance Cymbales Ride Jazz Club 22"
Meinl Byzance Cymbales Ride Jazz Club 22"
Prix : EUR 585,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Morne to ride., 2 février 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Meinl Byzance Cymbales Ride Jazz Club 22" (Appareils électroniques)
Je n'avais pas de cymbale ride rivetée (modèle plutôt typé jazz ou jazzy). Dans ce domaine, le choix est assez réduit. Chez Zildjian, on trouve la beautiful baby, mais c'est une 19, chez Sabian je crois qu'il n'y a rien, idem chez Paiste. Ou alors il faut passer commande. Quand on connaît la claque qu'ont prise les cymbales ces derniers mois, il est hors de question de percer soi-même. On a aussi la solution des turques (Bosphorus, Istanbul, entre autres) mais un rapide aperçu des ateliers de fabrication turcs sur internet vous immunise à vie. On m'objectera que les Meinl sont fabriquées en Turquie. Certes, mais ce sont les Allemands qui contrôlent quasiment tout. C'était, jusqu'à une période récente, un gage de qualité. Les temps changent comme dirait l'autre.
Quand on prend livraison de la ride jazz club (profitant d'une offre difficile à refuser, parce que 500 euros en moyenne pour cette galette, ça confine à l'enfumage), on se dit qu'il y a un truc qui ne va pas. Le spectre VW se profile. Les cymbales ne polluent pas, quoique, ça dépend qui est à la baguette. Mais elles sont a priori faites d'alliages dont le principal composant est le cuivre. Il y a dû y avoir une révolution chez Meinl, parce que les métaux nobles ont l'air d'avoir été remplacés par des atomes bien plus roturiers.
Le premier coup de baguette laisse perplexe: on se dit que tout à l'excitation, on a mal tapé, on change de baguette, on desserre le feutre. On recommence. Le doute s'instille puis s'installe. Ça sonne à peine comme du milieu de gamme: son très plat, terne, très sec, pas d'harmoniques, aucun moelleux. Un comble pour une cymbale estampillée jazz, censée être très musicale. Quant aux rivets, bon, c'est des rivets, ils font leur boulot, ça grésille. On a exactement le même résultat en plaçant sous le feutre une chaîne de baignoire ou de lavabo (celles avec les petites billes métalliques), quelques euros à peine à Bricoduschmoll, ou, pour les plus fortunés, sa chaîne de baptême en argent.
Cette cymbale a été développée avec un batteur allemand de jazz. L'intitulé aurait dû alerter: allemand et jazz sont deux mots qui ne vont pas très bien ensemble (teasing pour les Macca fans). Le seul batteur allemand vraiment connu c'est Thomas Lang qui ne fait d'ailleurs pas de la batterie, mais du cirque, et vu la manière dont il joue, s’il sort une série à son nom, ce sera en acier trempé ou en granit. J'avais bien aimé le charley Byzance sand, signé d'un autre batteur allemand (ils sont au moins 3), Benny Greb.
Mais il faut bien reconnaître que cette ride est un peu ratée. Deutschland unter alles.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (8) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 5, 2016 10:01 PM CET


Le Grand Plongeon
Le Grand Plongeon
par Peter Corris
Edition : Poche
Prix : EUR 9,15

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Dans la famille des privés, il y a Aussie Hardy., 10 décembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Grand Plongeon (Poche)
L’Australie ne produit pas que des rugbymen bas du front (expression certes un peu pléonastique), des pilotes moto (Mick Doohan, pour les caisseux) ou des groupes de rock, -disons confidentiels- (Radio Birdman, Cold Chisel, Jimmy Barnes ou les Saints). On y trouve aussi des écrivains, enfin au moins un, Peter Corris. Lequel donne dans le roman policier.
Il ne fait pas honte au genre. Malgré une production importante, comme le montre son site, il est assez peu traduit en français, voire carrément ignoré pour ses dernières productions. Il faut dire que l’homme n’écrit pas dans le sens du vent : chez lui, pas de serial killer, d’intrigues tarabiscotées avec changements de points de vue à tous les chapitres, d’analyses géopolitiques de troisième main, le tout sur 600 pages.
On qualifie souvent le détective qu’il a créé, Cliff Hardy, de Marlowe australien. C’est tout à fait exact, à plusieurs points de vue. Hardy ne roule pas sur l’or, il prend les affaires qui se présentent avec beaucoup de recul, du moins au début, il a une vie privée assez bordélique, ne crache pas sur la bibine (non, pas du single malt, on est en Australie), ni sur une bonne séance de bourre-pif. Chez Corris, Sydney, ses quartiers (Glebe) et ses environs ont remplacé la Californie du sud. Les intrigues sont classiques (personnes disparues, vols, chantages) et ancrées dans un quotidien tout à fait plausible. Ce n’est pas le moindre des attraits de ces romans à l’heure où, pour compenser la platitude de la vie moderne et pour accrocher le banlieusard formolisé (rien à foutre que Word me le souligne en rouge), beaucoup d’écrivains, ou se disant tels, font assaut de perversions, de complots, de catastrophes qui s’apparentent à des concours (c’est moi qui p…le plus loin).
Le Grand plongeon se compose de dix nouvelles. Ce n’est sûrement pas ce qu’a écrit de mieux Corris (faudrait que je relise les autres), mais c’est une lecture agréable, qui ne prend pas la tête (il en faut) particulièrement adaptée au coucher, voire au mitan de la nuit pour les insomniaques. Si vous aimez Le Privé, de Robert Altman, vous allez adorer Corris.
Tested and approved by Shuffle Master.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (15) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 2, 2016 1:15 AM CET


Warlock
Warlock
par Oakley Hall
Edition : Poche
Prix : EUR 10,65

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 L'émissaire de l'Ouest., 5 décembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Warlock (Poche)
Warlock est un livre que tout le monde ou presque a déjà vu. Je dis bien vu et non pas aperçu sur les rayons d’une librairie ou d’une bibliothèque, où il a d’ailleurs de grandes chances de ne pas figurer, vu le tirage assez parcimonieux de l’ouvrage.
Si vous avez vu deux ou trois films de la deuxième partie de l’âge d’or du western (milieu des années 50-début des années 60), vous avez lu Warlock, du moins sa partie la plus intéressante.
On y retrouve en effet tous les ingrédients du mythe américain lié à l’Ouest : décor, personnages, situations.
Pour le décor : la ville champignon typique, construite à la va-vite entre désert et montagnes bleutées, avec ses rues poussièreuses ou boueuses, sa promenade en planches, sa prison, ses saloons, ses magasins, ses hôtels, son relais de poste.
Pour les personnages : le marshall as du six coups recruté à prix d’or pour assurer la sécurité, le joueur ambigu, le shérif torturé par les questions métaphysiques, la bande de cow-boys hors-la-loi voleurs de bétail, le propriétaire de mines, le juge alcoolique, les bras cassés habituels (soiffards, grandes gueules, adjoints du shérif…etc). Pour les personnages féminins, on a la blonde, nunuche petite sœur des pauvres sur le retour qui s’amourache du marshall et la brune, ancienne prostituée désormais rangée des cow-boys.
Pour la situation : la ville livrée aux hors la loi, le recours à un marshall qu’on finit par trouver gênant, les verres de whisky avalés à la chaîne, les duels au révolver, les trahisons et revirements, le siège de la prison, l’intervention de la troupe, les problèmes liés à la proximité de la frontière mexicaine, le statut de la ville (autonome, pas autonome).
Rien que du très classique qui évoque immanquablement, entre autres, Règlement de comptes à OK Corral, Rio Bravo et surtout L’Homme aux cols d’or directement inspiré par le bouquin, le titre anglais étant d’ailleurs Warlock. Du classique qui devrait donc ravir l’amateur de western.

D’où vient alors la désagréable impression qu’on a un peu perdu son temps en lisant Warlock ? Eh bien, je vais vous le dire.

Le côté « déjà vu » ? Sûrement, mais il faudrait paradoxalement et injustement en attribuer la responsabilité aux cinéastes qui ont fait une transcription fidèle, si on veut être aimable, ou servile si on veut l’être moins. Si on fait litière (comme disait mon regretté chat) du côté nécessairement borné et répétitif de tout mythe, ce bouquin me pose un problème. Il est sorti en 1958. Le film de Dmytryk (trouver un financement avec un nom pareil, chapeau) est sorti en 1959. C’est bien court, même si les délais de réalisation des films étaient bien moindres à l’époque. Même chose et même date pour Rio Bravo. Quant à OK Corral, de Sturges, il date de 1957 et les rapports Wyatt Earp/Doc Holliday offrent plus d’une similitude avec ceux qui existent entre Clay Blaisedell et Tom Morgan. Il n’est pas inutile de souligner que dans un touchant ensemble, les cinéastes ont d’ailleurs tous prudemment laissé de côté l’aspect politique du bouquin : il y est régulièrement question de la lutte des mineurs pour leurs salaires et leurs conditions de travail, de la création d’un syndicat et de la collusion entre les autorités et les propriétaires des mines.

Le suspense, savamment entretenu, étant maintenant à son comble, je vais vous livrer le fond de ma pensée. Warlock est un assemblage plus ou moins réussi de nouvelles, d’épisodes ou de scripts écrits bien des années auparavant. Il n’y a pas grand-chose en français sur l’auteur, Oakley Hall, mais je le soupçonne fortement d’avoir directement travaillé pour le cinéma et d’avoir publié son bouquin après. Me (southern) confortent dans cette idée les passages « psychologiques » alambiqués voire incompréhensibles (à moins que ce soit la faute de la traduction) qui arrivent comme un cheveu sur la soupe et qui pourraient facilement être supprimés.
Une autre scène, p.669, pour ceux que ça intéresse, montre que Sergio Léone a aussi dû lire le livre : vers la fin, Blaisedell s’en prend au juge alcoolique et handicapé ; il le prive de sa béquille et le force à ramper. Cf Il était une fois dans l’Ouest, évidemment, avec Fonda dans les deux rôles.
Puisqu’on est entre gens cultivés, un peu d’intertextualité pour finir. Le grotesque personnage, allumé et sénile du général Peach, chez Oakley, a son exact pendant chez Blaise Cendrars, dans l’Or, quand la foule assiste à la parade de Sutter.

Encore une mystification dévoilée. Merci qui ?
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (27) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 15, 2015 5:30 PM CET


Tout va bien ! The Kids Are All Right
Tout va bien ! The Kids Are All Right
DVD ~ Annette Bening
Proposé par __The_Best_on_DVD__
Prix : EUR 8,99

2 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Gai, gai, marions-nous., 10 novembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Tout va bien ! The Kids Are All Right (DVD)
Dans les années 60 et 70, les mouvements homosexuels formaient plus souvent qu’à leur tour l’avant-garde de la contestation dite contre-culturelle. Ce temps-là est bien révolu, et les anciens activistes sont désormais parfaitement rentrés dans le moule, depuis que la société, bonne mère, leur a accordé, mais pour eux seuls, ce qu’ils demandaient au titre de leur différence (on hésite même maintenant à employer le mot différence). Le tout assorti, pour faire bonne mesure, d’injonctions lexicales (le mot homophobie est le seul mot un peu compliqué connu par tous les collégiens) et de menaces pénales. La société, elle, n’a pas changé, ou si, en pire, mais le problème n’est pas là.
Le film de Lisa Cholodenko donne une idée assez exacte du désastre. On notera tout d’abord que les quelques fiches la concernant mentionnent immédiatement ou presque qu’elle est lesbienne, ce dont tout le monde devrait se contrefiche, le talent d’un cinéaste ne se mesurant pas à l’aune de ses préférences sexuelles. Le visionnage du film confirme qu’elle est bien lesbienne, et également qu’elle n’a aucun talent.
Le film est en effet une succession de poncifs éculés et une apologie de ce qui est maintenant la pensée « straight » et obligatoire de tout bon Occidental qu’on roule dans la farine et qui en redemande : la tolérance, le dialogue… etc. Lisa Cholodenko, qui est donc une rebelle et qui affiche ouvertement son homosexualité (en Californie, quel courage), a produit un film parfaitement américain pétri de bons sentiments et au happy end classique dans lequel les méchants sont punis. Les méchants étant ici les hommes, bien évidemment.
Prenons les personnages masculins. Le donneur, sorte de neuneu aboulique promenant son sourire niais dans toutes les scènes où il figure et dont le vocabulaire se limite à « c’est cool, c’est super ». On se demande bien comment il a réussi à monter un restaurant et à le faire tourner. On va le chercher, on le fait tourner en bourrique et on s’en débarrasse. Le jardinier, caricature de chicano, gras, suant, à moitié abruti (il avait qu’à être gay, lui aussi, il aurait ressemblé à quelque chose). L’homme du couple d’amis, spécialiste du cocktail bio au shaker et du…, non, juste du cocktail bio. Le skateur petite frappe copain du fils, ouvertement homophobe, qui veut se soulager sur un chien. Sic. N’en jetez plus, la cour est pleine.
Julianne Moore et Annette Bening, qui ont du talent, elles, sauvent le film du naufrage intégral. On espère qu’elles se sont fourvoyées dans ce film « militant » en croyant faire œuvre utile. Mention spéciale à l’accessoiriste qui a réussi à dégotter et à faire tourner un flat BMW 750 série 5.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (8) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 25, 2015 12:25 AM CET


Meinl - Byzance - Cymbales Hi-Hats Vintage Sand - 14"
Meinl - Byzance - Cymbales Hi-Hats Vintage Sand - 14"
Prix : EUR 377,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Brown rondo à la turque., 7 novembre 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Meinl - Byzance - Cymbales Hi-Hats Vintage Sand - 14" (Appareils électroniques)
La Turquie, au-delà de ses avatars historiques (ci devant Empire ottoman et islamo-conservatisme actuel ' rien qu'à l'énoncé, on a envie de prendre ses jambes à son cou, surtout si on vient d'être décapité), restera célèbre pour deux inventions qui auront fait faire, à chaque fois, un bond significatif à l'humanité. Les toilettes à la turque et les cymbales.
Un peu d'histoire pour commencer. Originellement dénommées toilettes atatürk (voir Wikipédia pour la notice biographique), du nom de leur inventeur, ces aménagements d'une simplicité qui confine au génie sont l'illustration du changement radical de cap dans la politique irrédentiste de Mustafa Kemal. Désormais certain de ne pouvoir s'imposer militairement, à la suite de ses revers des années 20, le chef de l'empire ottoman décida de le faire sanitairement en déployant à l'échelle du monde le fruit de ses investigations. Rappelons rapidement les principes philosophiques qui ont présidé à cette invention. Intimement persuadé de la supériorité de l'homme sur la femme (qui doit s'accroupir pour certaines fonctions alors que l'homme, lui, reste debout et digne), Kemal voulait associer miction et défécation dans une analogie posturale. Au terme de quelques essais malheureux qui mirent assez grandement à mal la majesté de sa fonction, il dut composer avec les lois de la gravitation et de la tolérance olfactive de ses contemporains, et les toilettes à la turque prirent la forme que les plus anciens d'entre nous connaissent.
La défécation est ainsi passée de simple (pas pour certains malheureux, toutefois) et triviale fonction organique à un exercice de maîtrise de soi confinant à l'ataraxie et reléguant les ascèses asiatiques (yoga, bouddhisme) au statut d'aimables plaisanteries pour acteurs américains. Malheureusement abandonnées aujourd'hui au nom du confort émollient et anglo-saxon qui fait vaciller nos sociétés, les toilettes à la turque offraient en outre l'avantage de contribuer durablement à la santé publique, et ce, pour des coûts dérisoires. En effet, combien d'alcooliques ont renoncé à leurs pernicieuses pratiques, à la suite d'une ou plusieurs expériences traumatisantes, mais pleines d'enseignement : vous avez déjà essayé, avec un verre dans le nez, de tenir en équilibre et de bien viser, pantalon baissé, mais pas trop, sur des sortes de patins en porcelaine (chez les riches) ou en béton (chez les minables) rendus glissants par le passage de vos prédécesseurs ou le lavage à grande eau du propriétaire des « lieux » ? Même chose pour les drogués : se faire un fix ou un sniff avec un top model dans de telles conditions perd beaucoup de son charme. On ne pointera jamais assez du doigt la responsabilité des démagogues qui ont fini par avoir la peau des toilettes à la turque.
Quant aux cymbales, leur origine est plus ancienne encore. Dès la plus haute antiquité, les enfants de tribus nomades de l'Asie mineure avaient pris l'habitude de ramener sous les tentes les débris des cuirasses de bronze et d'airain des guerriers achéens et troyens qui s'étaient joyeusement massacré quelques siècles plus tôt, pour leur malheur (la belle Hélène les ayant fait passer pour des poires) et pour celui des écoliers qui sueraient plus tard sang et eau sur leurs versions grecques et latines, en des combats au moins aussi épiques. Lassés de ces débris métalliques qui encombraient inutilement l'espace, les parents le jetaient régulièrement dehors (avec force jurons dont « Peste soit de ces cochonneries ») sans y prêter plus d'attention jusqu'à ce que l'un d'eux s'aperçoive qu'en tombant sur un certain angle, un certaine partie légèrement incurvée, celle recouvrant le pectoral, produisait un son agréable et envoûtant. Un Suisse qui passait par là, reçut sur la tête une de ses pièces métalliques. L'objet lui plut, et il l'associa au juron qui accompagnait la projection. De retour au pays, lui et ses descendants considèrent l'objet avec la circonspection et la mesure qui caractérisent ce peuple et l'entreprise Paiste fut finalement fondée dans les années 1950.
La cymbale était née. Acheminée par les routes de la soie, présente dans les caravansérails, elle fut adoptée par les Chinois qui la détournèrent de son usage et tentèrent d'inonder le marché sous de pâles copies (l'Histoire n'est qu'un éternel recommencement) baptisées woks. Devant un échec commercial flagrant, les Chinois durent reprendre quasiment tous ces woks et mirent 8 siècles pour inventer la cymbale dite chinoise en en recourbant simplement les bords, prouvant ainsi leur pusillanimité.
Les Allemands de Meinl, ont décidé, on ne sait trop pour quelle raison, de se lancer dans un marché dominé par Zildjian, Paiste et Sabian. À l'époque, ils n'ont pas dû consulter grand monde, tant l'entreprise semblait vouée à l'échec. Il faut reconnaître que ça a ramé un moment, avec une image de cymbales pour batteurs bourrins (métalleux et tutti quanti) et des produits disons'allemands quoi, lourds et laids. La série Byzance (bien vu, Constantinople/série haut de gamme de Zildjian, et Istanbul étant déjà pris) a modifié la donne et Meinl sort désormais des cymbales qui peuvent rivaliser avec la concurrence. Pour ce qui est de la finition, ils font en tout cas bien mieux que Zildjian qui devrait se méfier d'un certain « je m'enfoutisme » perceptible dans ses productions récentes (encrage qui saute, aspect, voilages ' j'ai renvoyé il y a quelques mois un charley Constantinople voilé). Les cymbales sont fabriquées en Turquie mais avec contrôle sur place ou en Allemagne, parce qu'on est loin des standards turcs artisanaux où rustique rime souvent avec défauts et loterie.
Ce charley Byzance sand est d'une finition irréprochable. La combinaison lourd (cymbale du bas) et fin (haut) permet d'obtenir un son sec, bien défini, avec un peu de grésillement (l'explication de l'appellation « sand » ?). Le haut est martelé de manière très régulière (le caractère allemand, toujours) : placements symétriques et même diamètre. A priori plus typé jazz, il peut s'adapter à mon avis à quasiment tous les styles, bien plus qu'un Paiste 2002 que j'ai aussi, et dont le caractère très brillant le cantonne au rock. Pour un prix bien moindre, il vaut largement un K ou un K light de chez Zildjian. Un investissement judicieux, donc, jusqu'à ce qu'on apprenne qu'à l'instar de VW, Audi ou Porsche, Meinl met des pesticides ou des lasagnes dans ses cymbales.
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Citoyens clandestins
Citoyens clandestins
par DOA
Edition : Poche
Prix : EUR 9,20

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Le SAS nouveau est arrivé: lourd, arÃ'mes artificiels, peu de caractère., 30 octobre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Citoyens clandestins (Poche)
C'est avec un immense plaisir qu'on ferme Citoyens clandestins et qu'on va le ranger dans un coin de la bibliothèque d'où il a de grandes chances de ne pas sortir. Au terme de ces 724 pages (quand même'), on comprend mal l'engouement dont jouit actuellement l'auteur. Il faut dire que le polar français est assez mal en point, à l'exception de l'inusable Pouy (que DOA n'aime pas, d'ailleurs, comme il le fait remarquer dans une interview trouvée je ne sais plus où sur internet). Les prescripteurs habituels et des communicants aux gros sabots (« mais qui est donc ce DOA, je vous le demande un peu? ») ont donc monté en épingle ce roman de mili fana qu'on peine vraiment à finir. Heureusement qu'il n'est pas cher, la maison Gallimard, peut-être consciente de son côté étouffe chrétien, le proposant à prix réduit.
L'histoire se réduit à peu de chose : la traque et l'élimination, sur fond de règlements de comptes entre services et de manipulation de la presse, d'un groupe de terroristes ayant décidé de faire exploser deux conteneurs de Vx (saleté chimique/bactériologique concoctée avec amour par le lobby militaro-industriel français) lors du défilé du 14 juillet 2002. Voilà. Ceux qui cherchaient un résumé du livre pour briller en société peuvent sortir.
La question vient vite : pourquoi 724 pages ? Éléments de réponse : parce que l'auteur veut prouver qu'il maîtrise son sujet, notamment les chassés-croisés entre services, à l'image des « experts » autoproclamés qui ont leur siège attitré dès que les Calvineries abordent la question alimentaire du terrorisme. Ceux qui ont un peu lu (Histoire politique des services secrets, entre autres) et qui écoutent Rendez-vous avec X n'apprendront pas grand-chose. Les autres pourront dire que c'est leur petit DOA qui le leur a dit.
Et sur la forme ? BOF (puisqu'il est à la mode d'utiliser des acronymes). Quelques coquetteries, tout d'abord : les titres de presse ouvrant les chapitres. Gimmick (c'est pour faire hip) déjà utilisé, par Dos Passos, notamment. Plus gênant, le choix délibéré de se passer des incises dans les dialogues au profit d'introducteurs constitués par des phrases entières placées soit avant, soit après. Coquetterie qui rend certains échanges (heureusement qu'il y a très peu de polylogues) incompréhensibles. Tant pis, on saute, on a encore x pages avant la fin (regard effrayé). DOA se rend parfois compte que son histoire est imbitable (il ne faut pas lâcher le bouquin deux jours de suite) et il a, à plusieurs reprises, recours à un procédé bien artificiel et maladroit : faire résumer la situation par un personnage, ou, pire, quand Louis explique à Karim ce qu'il est en train de faire (si je ne trompe pas dans les personnages'). En ce qui concerne la polyphonie, le procédé, qui tourne désormais au TOC pour les écrivains, commence à être un peu usé. Quant au style, la question sera vite réglée : ni bon, ni mauvais, totalement insipide. Ce qui n'est pas forcément un problème si on suppute une traduction (la langue de suppute). Que le lecteur lambda se rassure, pas besoin de dictionnaire. Un autre commentateur signale à propos de Pukthu le manque total d'humour : c'est aussi le cas ici. Amoureux de la langue et du second degré (SAS permet au moins ce type de lecture), passe ton chemin, ce DOA n'est pas majeur et doit être mis à l'index. Et bon courage à ceux qui, malgré cet avertissement, voudront s'en faire un autre.
J'ai parlé plus haut de mili fana. DOA ne s'en cache pas (cf son passage à Mauvais genres sur France culture), même s'il n'assume pas vraiment. Pour expliquer sa présence chez les parachutistes de Mont de Marsan, il mentionne qu'il s'est « retrouvé » aspirant pendant son service et il se qualifie lui-même de « branleur ». J'en ai connu pas mal de branleurs, mais aucun d'eux n'aurait eu l'idée d'aller chez les paras. Quant au statut d'aspirant, il est choisi et non imposé. Le « héros » du roman, Lynx/Servier (qui s'oppose à Karim/Fennec'Où vont-ils chercher tout ça ?) est d'ailleurs un double assez transparent de l'auteur (Bayonne, paras, certifications'etc). À la longue, l'évidente et infantile fascination pour ce « chat maigre » de Servier et ses qualités de surhomme (idem pour Karim) finit par lasser. Les autres personnages du livre n'ont aucune profondeur et sont réductibles à leur seule fonction. Mention spéciale pour l'unique personnage féminin, la journaliste, cruche intégrale. Mili fana et misogyne, ce dernier point plaidant plutôt en faveur de l'auteur.
En résumé, un livre qui ravira les amateurs de thrillers américains et interchangeables d'au moins 200 000 signes à la Clancy et consorts, aussitôt lus, aussitôt oubliés, jusqu'au prochain. Avec Aurélien Masson, la Série noire est mal partie. Patrick, reviens !
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