Profil de shuffle master > Commentaires

Fiche d'identité

Contenu rédigé par shuffle master
Classement des meilleurs critiques: 1.264.103
Votes utiles : 621

Chez vous : découvrez nos services personnalisés en pages d'aide !

Commentaires écrits par
shuffle master

Afficher :  
Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7
pixel
Une nuit à Rio
Une nuit à Rio
par Jennie Lucas
Edition : Poche
Prix : EUR 4,15

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Pour une sociologie du ballon rond., 27 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Une nuit à Rio (Poche)
Résumé des épisodes précédents: après avoir tué à mains nues l'ours polaire qui menaçait son agent de liaison (voir Au bras de son ennemi/Pour une sociologie de l'espionnage industriel), John (dont le grand-père était tanneur) transforme celui-ci (l'ours, pas l'agent de liaison ni le grand-père) en descente de lit sur laquelle il possède sauvagement la belle Tatiana.
Malheureusement, les poils de l'ours déclenchent chez icelle une terrible allergie qui la couvre immédiatement de bubons purulents. Elle meurt dans d'atroces souffrances.
John, après s'être soigneusement désinfecté les mains et le reste, s'envole alors pour Rio, où il compte oublier ce coup du sort en assistant à quelques matchs de la Coupe du monde de futebol. Dans la navette qui l'emmène à son hôtel, il remarque incidemment (enfin, pas tant que ça) une camionnette dont la bâche mal attachée laisse entrevoir des pièces de la Scandinavian Mega Max d'Ikéa. Au prix où il a payé ses billets pour les quarts de finale, il décide de ne pas se prendre la tête avec cette histoire d'armoire.
Mais le destin en a décidé autrement: lors du match opposant le Khanjerigélapokisthan à l'Allemagne (50 - 0 à la pause), son accorte voisine (en anglais escort girl) lui glisse un billet dans la main avant de s'échapper discrètement, profitant de la clameur accueillant l'unique but de l'équipe du Khanjerigélapokisthan. Sur ce billet en cyrillique, truffé d'ailleurs de fautes d'orthographe (la méthode syllabique, quelle catastrophe), une adresse et une heure de rendez-vous. John va-t-il être rattrapé par son passé, par le fantôme de la belle Tatiana, la magasin Ikea de Rio ouvrira-t-il à temps pour la finale, le Khanjerigélapokisthan va-t-il réussir à revenir au score? Quel suspense.
PS: la suite de Au bras de son ennemi est bien le présent ouvrage et non Orageuse passion, comme le prétend un autre commentateur.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (18) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 30, 2014 7:27 AM MEST


Shark - Casque Jet Rsj Starry - Taille : L
Shark - Casque Jet Rsj Starry - Taille : L
Proposé par Japauto-accessoires
Prix : EUR 319,00

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Qualité française. Tu parles, Shark!, 16 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Shark - Casque Jet Rsj Starry - Taille : L
Au bout de 6 mois d'une utilisation très mesurée, la patte de fixation de l'écran est déjà fissurée. Elle va s'agrandir petit à petit, puis finir par céder. Le système de fixation de l'écran est d'ailleurs assez consternant et n'inspire qu'une confiance très relative. On se rend bien compte que ça force beaucoup trop et que ça ne peut que casser au bout d'un moment. Les ingénieurs qui ont pondu cette merveille doivent être les mêmes qui conçoivent les boitiers CD dont on ne peut sortir les disques sans les rayer ou les casser. Bravo les gars. De plus, l'écran est mal usiné et présente des aspérités ainsi que des différences d'épaisseur.
J'ai eu un Shoei dont je ne me suis séparé qu'au bout de 15 ans ou plus parce que les mousses partaient en morceaux. Coque, écran, fixation, rien n'avait bougé. C'est pas demain la veille qu'on va arriver aux standards de fabrication japonais. J'aurais dû me méfier; la boîte a son siège à Marseille...
Aspirateur, casque, quelqu'un m'en veut.
Je vais essayer de faire marcher la garantie, ce qui me promet des échanges de courriers musclés, la maison Motoblouz ne m'inspirant elle aussi qu'une confiance relative. Comme je suis passé par le site, je vais appeler Mamazone à la rescousse: elle doit disposer d'autres moyens de pression que moi.
Donc, Shark, berk.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (8) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 19, 2014 9:31 AM MEST


What Were Once
What Were Once
Prix : EUR 7,21

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Doobie or not Doobie? Doobie for sure., 15 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : What Were Once (CD)
Avec les Doobie Brothers, on ne sait pas par où commencer pour remettre les choses à l’endroit, tant les articles et les commentaires sur le groupe balancent entre le contresens, l’absence totale de flair musical, et l’imbécillité pure et simple. Toutes qualités largement représentées dans la critique rock française, ancienne (le petit père des people, Philippe Manœuvre) et nouvelle (le dictionnaire du rock d’Assayas, qui ne sait manifestement pas s’entourer, cf le suffisant insuffisant Philippe Auclair qui signe l’article y afférent).
Il faut toutefois reconnaître que le groupe y a mis un peu du sien, en multipliant les fausses pistes.
Le nom, d’abord, ridicule : en français, les frères pétard. Et puis « Brothers », deux batteurs, deux guitares ? Comme les Allman ? Ben non, justement. Pas de blues, Pas d’influences jazz, pas de morceaux qui dépassent les 4’40.
L’origine géographique du groupe, ensuite : la Californie. Vous avez dit Californie ? Aussitôt, les poncifs déboulent : pétard + Californie, bon sang, mais c’est bien sûr, donc flower power, Haight Ashbury, psychédélisme à tous les étages, enfin le catalogue habituel. Quand on écoute, on ne comprend pas. La musique des Doobie ne ressemble pas aux interminables et nauséeux morceaux du Grateful Dead conduit par le sergent Garcia, aux déclamations lyrico-ampoulées de Grace Slick et de ses compagnons successifs de natte, ni aux complaisances épico-libertaires de Quicksilver Messenger Service (qui aurait mieux fait de s’appeler le Vil Argent). Pas dans les cases, donc pas bon. Mais les Doobie Brothers n’ont rien à voir avec San Francisco. Tom Johnston, l’âme du groupe, un peu l’équivalent de Dickey Betts chez les Allman Brothers, vient de la Californie rurale, et non côtière, et s’il ne dédaigne pas tirer sur le joint (comme tout le monde à l’époque ou presque), il n’a pas grand-chose à voir avec les hippies et leur bric-à-brac conceptuel et musical. Son truc, c’est plutôt le rock et le rhythm and blues (pas celui des chochottes de la Motown ou de Philadelphie, celui de James Brown et de Joe Tex, dont il reprendra Show me sur premier album solo). Il suffit d’ailleurs de jeter un œil sur l’allure de teigne de Johnston pour en convaincre le dernier des physiognomonistes. Il suffit aussi d’écouter les disques, en fait 4. Dans l’ordre : Toulouse Street, The Captain and me, What were…et Stampede (le premier ne vaut rien) pour constater que c’est souvent plein de grosses guitares saturées. Tom Johnston, que le consternant Philippe Auclair qualifie de « compositeur sans grande originalité », signe 7 des 12 morceaux du disque, naviguant entre le rhythm and blues, le groove bien funky, le folk-bluegrass, les rocks qui décapent (intro de Down in the track) et les petits bijoux d’harmonies vocales. Des types limités comme ça, on aimerait en entendre plus souvent.
On arrive au troisième point : les vocaux. Californie + dope + vocaux travaillés : donc Eagles. Les Doobie seraient donc des sous-Eagles. À côté de la plaque là aussi, bien qu’on soit en Californie. Chez les Eagles, l’influence country est forte, pas chez les Doobie. Folk, bluegrass, mais pas de country. Et des cuivres.
Le changement d’orientation musicale, enfin. Jusqu'à Stampede (1975), tout baigne, Johnston et Simmons (le deuxième guitariste) se partagent le boulot. Mais Johnston quitte le groupe (officiellement malade). Arrive alors, personne n’a encore compris comment ni pourquoi, la catastrophe en la personne de Michael Mc Donald, gnome barbu et bedonnant échappé des backrooms de Castro (George Michael avec 20 cm de moins, 40 kg en plus, encore moins de talent, mais plus de talon, pour donner une maigre idée, non pas maigre, l’idée). Les autres lui laissent le volant, et le V8 décapotable suralimenté Doobie se transforme en spacewagon pataud et poussif, désormais estampillé « blue eyed soul », manifestation tératologique également présente dans des proportions semblables chez Boz Scaggs, par exemple, ou Robert Palmer. C’est bien évidemment à partir de ce moment que le groupe va vendre des disques par camions, en cumulant les albums insipides dans lesquels le nain malfaisant va étaler sa suffisance, ses claviers émétiques et sa voix d’enroué chronique. Les anciens fans se détournent du groupe qui ratisse désormais dans le middle of the road. En 1980, après l’innommable One step closer, la messe est dite. Feu les Doobie Brothers. Entre-temps Johnston a sorti deux albums solo, Everything you’ve heard is true et Still feels good (il était donc malade ?) bien plus conformes à ce que faisait le groupe entre 1972 et 1975.
What were once vices are now habits n’est pas un live comme pourrait le laisser supposer la pochette, mais il en a souvent l’esprit.
Un commentateur amazonien en mal de reconnaissance, désireux de tromper l’ennui suintant de sa province, avait il y a quelque temps, proposé d’établir une liste d’albums à emmener sur l’île déserte. Quelques-uns, dont moi, n’eurent pas le cœur de blesser le malheureux et avaient condescendu à lui répondre, quelque effort qu’il leur en coutât de ne pas le contrarier. J’avais placé ce disque dans ma liste en bonne position. C’est indéniablement le meilleur du groupe et il offre une variété qu’on trouve rarement dans le rock : il devrait plaire à tous ceux qui se targuent d’avoir un peu d’oreille. Si vous n’aimez pas ce disque, vous avez raté votre vie.
Tested (depuis plus de 40 ans) and approved by Shuffle Master.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (25) | Permalien | Remarque la plus récente : Jul 5, 2014 10:34 PM MEST


Clochemerle
Clochemerle
par Gabriel Chevallier
Edition : Poche
Prix : EUR 6,10

5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La miction au service de la réalité., 12 avril 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Clochemerle (Poche)
Tout le monde connaît Clochemerle, au moins par l’expression « C’est du Clochemerle » passée dans le langage courant, qui désigne des querelles de village, le plus souvent qualifiées de gauloises, ou de rabelaisiennes par ceux qui prétendent à une certaine culture. À l’origine de ces querelles, l’installation d’un urinoir dans un gros bourg du Beaujolais, décidée par le maire, homme de progrès, comme il se doit, caricature du rad-soc de la Troisième République (le livre date de 1934). Quand on fouille un peu, on se rend vite compte qu’il n’existe aucune étude ou analyse sérieuses sur le livre et qu’on se méprend totalement sur sa portée en n’y voyant qu’une chronique amusante et franchouillarde fleurant bon le picrate et la gaudriole.
Une fois de plus, c’est Shuffle Master qui s’y colle.
Clochermerle est d’abord et avant tout un formidable règlement de comptes, un dézingage tous azimuts de ses contemporains par un auteur qui a toutes les raisons de leur en vouloir. Et elles ne manquent pas. Le roman est l’œuvre d’un misanthrope de la meilleure espèce, à moitié pamphlétaire, à moitié moraliste, dont la maîtrise de la langue interdit qu’on le prenne bien évidemment au premier degré (cf les chroniques rabelaisiennes qui forment l’essentiel des avis). Si on reprend les personnages et les catégories sociales (Clochemerle est la France en miniature), personne ne trouve grâce à ses yeux. Les politiques, le maire en tête, retors, calculateurs, incapables de prendre la moindre décision. Le clergé, falot et pitoyable en bas, onctueux et cynique en haut. Les commerçants, prêts à toutes les bassesses pour que l’argent continue à rentrer. Les paysans, troupeau soumis, vélléitaire et pusillanime. Les notables, avec mention spéciale pour le notaire Girodot (Chevallier est le fils d’un clerc de notaire) et le pharmacien Poilphard, respectivement Tartuffe vicieux et pingre, et névrosé thanatophile. Les hommes, les femmes (poissardes, médisantes, aguicheuses, elles sont à l’origine des troubles, mais ça on le sait depuis Hélène), les jeunes, tout le monde en prend pour son grade. À propos de grade, Chevallier, qui a fait 14-18, réserve ses meilleurs coups à l’institution militaire (la troupe occupe Clochemerle à la fin du roman) dans des pages dont la violence vaut celle de Darien, ce qui n’est pas peu dire. L’armée est un ramassis de canailles avinées, brutales et incompétentes, dont l’intervention se solde par un mort et plusieurs blessés, ce qu’on oublie souvent de dire. Mais encore faudrait-il avoir lu. Excellent passage encore que celui qui traite d’une conférence internationale sur le désarmement où le fantôme de la SDN plane misérablement. Deux personnages, toutefois, surnagent, le docteur Muraille, qui soigne les plaies et bosses de tout le monde, et surtout la baronne Alphonsine de Courtebiche, qui promène sur tout ce désastre un regard lucide et somme toute assez bienveillant. Précision qui me ferait rapprocher Chevallier d’un Léautaud, avec qui il partage la détestation de la populace et de la démocratie et l’art de la formule assassine.
Comme on vit assez mal en étant misanthrope, du moins à ce point, il faut se trouver de quoi tenir. Chez Léautaud, c’était les animaux. Chez Chevallier, c’est la nature. Paganiste et animiste avéré, il lui consacre quelques-unes des plus belles pages du livre, et la description allégorique du monstrueux orage de grêle qui dévaste la récolte à la fin du livre laisse à peu près imaginer ce qui va nous tomber sur la tête dans quelques temps.
Tested and approved by Shuffle Master. Après moi, on ne lira plus Clochemerle de la même façon. Merci qui ?
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (16) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 6, 2014 6:48 PM MEST


Journal
Journal
par Stendhal
Edition : Poche
Prix : EUR 14,80

4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Henri bêle., 15 mars 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Journal (Poche)
Il est des livres qu’on ne devrait pas ouvrir. Le journal de Stendhal en fait partie. N’en ayant lu jusqu’à l’heure que des extraits choisis (par qui ? Voilà une question intéressante à poser) je me cantonnais (comme le riz du même nom) à l’opinion doxique (toxique ?) qui voulait –que dis-je, qui exigeait- que le Stendhal diariste (c’est dégoûtant) fût l’équivalent du Stendhal romancier. Quelle erreur ! Une fois de plus, Shuffle Master, le vidangeur du net, va remettre les choses à leur place.
Pourquoi écrit-on un journal ? Laissons de côté les journaux intimes des pré-pubères affolées par la nouvelle coupe de Justin Bieber, quoique Stendhal n’en soit pas loin. Parce qu’on a assisté, le plus souvent par hasard, il faut bien le reconnaître, à des événements importants, pour témoigner, donc, ou sonder de manière un peu originale ce qui constitue généralement l’unique centre d’intérêt de l’homme, lui-même.
Henri Beyle naît en 1783 et meurt en 1842. Il aura donc connu (je fais sommaire) la Révolution, l’Empire, et la Restauration (il est effectivement un peu bouffi sur les portraits qu’on possède de lui). De quoi faire des envieux, nous en particulier, qui n’aurons connu que la médiocrité gaullo-pompidolienne, puis mitterrando-chiraquienne. En l’occurrence, c’est donner de la confiture à un cochon ; le journal de Stendhal aurait été le même au Pleistocène ou sur la planète Mars en l’an 3000. Monsieur Henri ne parle en effet que de lui. Certes, le travers n’est pas incompatible avec le talent ou l’intérêt (cf Rousseau, ou Léautaud entre autres, ce dernier portant d’ailleurs aux nues ledit Journal –autre curiosité du personnage). Mais rien de tout cela chez lui. Stendhal est un pauvre type, un salonnard (on peut changer certaines consonnes), un velléitaire uniquement préoccupé de son apparence physique (avoir un bel habit, une belle chemise), qui prend des cours de tout et n’importe quoi pour se montrer à son avantage, ennuyant le lecteur avec ses interrogations sur l’effet qu’il a pu produire dans tel ou tel salon ou envers telle ou telle grue à la mode. Pauvre type doublé d’un opportuniste/arriviste puisqu’il ne doit sa situation et ses moyens d’existence qu’à son cousin Daru qui le fera entrer au Ministère de la guerre, prélude à une assez belle carrière militaro-diplomatique menée sans trop se fouler et en évitant consciencieusement tous les mauvais coups. Pour le remercier, il couchera avec sa femme. Comme il est assez mauvais, là aussi, ça lui prendra un certain temps. Il multipliera d’ailleurs les aventures avec un certain nombre de cocottes qui ont en commun d’avoir un nombre impressionnant d’heures de vol au compteur, trop heureuses de retrouver une regain d’activité avec lui, mais qui finiront toutes par le lâcher, lassées de l’insignifiance du personnage. Les campagnes napoléoniennes auxquelles il a assisté (de loin) ? Rien. Les personnages importants qu’il a pu côtoyer ? Rien. Stendhal est tellement stupide qu’il se fourvoie sur lui-même : il se voit comme auteur de théâtre. Lui, le chantre de l’introspection. Stendhal se passionne également pour l’Italie, ramassis de girouettes habitant un musée, ce qui, avec un peu de réflexion, aurait déjà dû le rendre suspect. Pour être honnête, je précise que je ne suis pas allé au terme de cette lecture éprouvante et sans aucun intérêt, comme l’avait été celle de Souvenirs d’égotisme et de La vie d’Henri Brulard, autres nanards suestimés.
Reste un mystère : comment un personnage aussi falot et vain a-t-il pu produire les deux chefs d’œuvre que sont Le Rouge et le Noir et La Chartreuse de Parme ? La grâce, la prédestination, sans doute.
Mention spéciale à M. Dominique Fernandez de l’Académie française, qui préface le livre, dans lequel il voit une ambition, celle de « ne pas avoir de style du tout » (sur ce plan c’est réussi). Stendhal serait aussi moderne. C’est parfaitement exact : il s’extasie parce que Beyle (à 18 ans) consacre un paragraphe entier à la meilleure manière d’enf…une femme mariée. Stendhal préfigure la littérature de bidet contemporaine des Nothomb, Angot, Beigbeider, Breillat et consorts. Vive la modernité !
Tested but not approved by Shuffle Master, aka The baudruche’s Dégonfleur.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (16) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 4, 2014 10:24 AM MEST


Are You Ready : Live Album
Are You Ready : Live Album
Prix : EUR 16,75

6 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 SOUTHERN AIR FORCE (STUDIO) ONE., 17 janvier 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Are You Ready : Live Album (CD)
Atlanta Rhythm Section, en dépit d'une quinzaine d'albums, n'a eu quasiment aucun succès chez nous. C'est éminemment regrettable, mais parfaitement compréhensible pour plusieurs raisons que vous trouverez ci-après exposées, dans une analyse qui fera date grâce au brio et à la compétence de son auteur, alliés à un rare talent pédagogique (malheureusement non reconnu par l'institution, les tentatives d'introduction du rock sudiste à l'école s'étant soldées pour l'heure par de retentissants fiascos et un enlisement dans des grilles indiciaires inavouables et vexatoires). L'avenir me donnera raison, mais comme me le disait encore hier soir Oscar Pistorius, avec qui je suis en cheville depuis longtemps : « ça me fera une belle jambe ». Observation frappée au coin du bon sens.
Même pendant l'âge d'or du rock sudiste (de 1973 à 1981, le 15 mars, à 1.30 pm eastern time, précisément, pour les amateurs de chiffres) ARS n'a jamais eu les honneurs de la presse française dite rock, plus prête à encenser les baudruches (qui a dit Springsteen ?) ou les débris des explosions Allman Brothers/Lynyrd Skynyrd qu'à aller voir ce qui se passe un peu à côté. Pour ne citer qu'eux (en réalité, je n'en ai pas d'autres, mais ça fait genre j'en garde sous la semelle, comme me le disait encore hier soir....voir plus haut), Sea Level (le pianiste et un des batteurs de l'ABB), Rossington Collins band restent anecdotiques par rapport à ARS, qui sort d'ailleurs à cette époque (1981) son dernier grand album, Quinella, titre qui sera odieusement détourné et francisé par Dieudonné M'bala M'bala (dit « Jo » pour les intimes).
Le problème avec ARS (j'écrirai désormais ARS au lieu d'Atlanta Rhythm section, d'abord parce qu'on bute à chaque fois sur les deux « h » de rhythm - essayez, pour voir - et ensuite parce que les raccourcis clavier, j'en ai soupé -le dernier qu'on m'a montré, c'est la cédille sous le C majuscule, il faut taper alt 128, soit 4 touches pour un signe orthographique qui prend une demi-seconde à tracer, alors il va m'en falloir combien pour tout ça ?), le problème, donc, avec ARS, c'est qu'on ne sait pas dans quelle case les mettre. Pourtant, des gens qui ont des cases de vides, ça ne manque pas : il suffit de consulter les commentaires sur les disques de certains artistes (qui a dit Springsteen ?) pour s'en convaincre. Le groupe a donc souvent été traité par-dessous la jambe comme le regrettait encore pas plus tard qu'hier soir Oscar P. Alors, rock sudiste, ou pas rock sudiste ?
Arguments pour : tous les musiciens sont issus du Sud (Georgie principalement), origine clairement revendiquée et assumée (drapeau confédéré sur scène, titres de morceaux, thème d'Autant en emporte le vent ouvrant le présent disque), deux guitaristes, mis en avant, mais de manière moins ostensible que chez les autres groupes, look « bas du front » particulièrement le bassiste (qui doit avoir le même génotype que Warren Haynes) et le clavier.
Arguments contre : la musique. Souvent invoqué, l'argument semble de poids, puisqu'on parle de musique. Effectivement. Mais foin des fausses évidences, haro sur la doxa, sus aux sophismes, réduisons à quia les affirmations péremptoires, faisons litière (plutôt chez vous que chez moi) des amalgames, en clair, comme le dirait le général Fulbert, « mort aux nocs ».
Le premier grief fait au groupe concerne son chanteur, Ronnie (lecteur attentif, sauras-tu, comme Carlos, exploiter cet indice subliminal ?) Hammond. On ne le lui fera plus. Il est mort. En 2011. Son timbre de voix ne correspond pas vraiment aux standards en vigueur dans le rock sudiste. Hammond n'était pas un braillard et ne chantait pas du nez : voix posée, « gorgée de feeling » (expression figurant dans le dictionnaire des idées reçues de la critique musicale), très (trop pour certains) propre, avec une grosse marge de puissance avérée mais peu utilisée, très à l'aise dans les morceaux lents. Un type qui savait réellement chanter, quoi, à l'image d'un Paul Rodgers. Est-ce qu'il est bien sérieux de le lui reprocher ?
Le deuxième a trait (attrait ?) aux types de morceaux. Peu ou pas en effet de country chez ARS, peu ou pas de blues canoniques. Des morceaux lents très travaillés, mélodiques, à mille lieues des lasagnes de bataille un peu pompiers de Lynyrd, des Outlaws, ou de Blackfoot. Si vous ne devez écouter qu'un morceau d'ARS, écoutez Angel. Extraordinaire. Jambe de bois, jambe de fer, si je mens, je vais en prison, comme me le disait Oscar P. Les rocks sont le plus souvent mid-tempo, laid back, tout le monde est au fond du temps mais ça envoie grave (concession langagière certes démagogique, mais comment attirer autrement les jeunes lecteurs ?). Tous les membres d'ARS ont fait leurs premières gammes comme musiciens de studio (le Studio One à Doraville, au nord est d'Atlanta) et cette expérience se retrouve dans tous leurs disques. Less is more (maxime favorite d'Oscar). Pas une note en trop, économie de moyens, efficacité maximum. Particulièrement le batteur Don Nix, qui a d'ailleurs poussé l'idée à son terme ultime en ne jouant plus du tout, puisqu'il est également mort. En 2012. Hi-Hats off (c'est mieux que le rebattu RIP).
Le troisième et dernier (oui, c'est bientôt fini) concerne le son. J'avais du mal à le qualifier, mais les notes de pochette m'enlèvent l'épine du pied (comme me le disait...voir plus haut), ou the pen in the (red)neck, comme disent les Anglo-Saxons. À propos, sait-on assez que les Angles étaient un peuple ? Non, bien sûr, et un peuple dont la proverbiale bêtise est passée à la postérité, puisqu'on parle encore aujourd'hui des angles obtus. Springsteen a donc une excuse, l'hérédité. Les notes de pochette, donc, parlent de polish appliqué sur les rugosités de Lynyrd Skynyrd et sur la touche jazzy de l'ABB. On ne saurait mieux dire. Du polish. Qui évoque inévitablement Steely Dan, rapprochement confirmé par l'utilisation des claviers. Et comme Steely Dan, l'ARS fait la part belle aux guitares ; Barry Bailey et J.R. Cobb, qui jouent généralement sur Gibson Les Paul (pas étonnant, vu le son) sont ce qui se fait de mieux dans le genre. À chaque solo, ça décolle vraiment et on se dit que ces deux-là ne sont pas à leur place dans le Gotha des as de la 6 cordes. Warren Haynes, lui, fait bien sûr partie du Gotha, et plutôt deux fois qu'une. C'est même un Gotha à lui tout seul.
Are you ready, sorti en 1979 et longtemps introuvable, est le seul live du groupe (pour moi, ARS s'arrête à Quinella, alors qu'il n'y a pas, a priori d'arêtes dans la quenelle), et regroupe plutôt des titres des derniers albums du groupe, moitié véritables live, moitié « special live studio sessions » (dixie la pochette) et se clôt curieusement par une reprise de Long Tall Sally. On (moi, en l'occurrence) aurait préféré le swingant « Spooky », seul véritable succès du groupe que même les plus rétifs au rock sudiste ont dû entendre au moins une fois (l'original, ou une reprise).
Plus tard, vous me remercierez/Vous me remercierez plus tard. Tested and approved by Shuffle Master.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (37) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 4, 2014 1:22 PM CET


High Hopes - Edition limitée (CD+ DVD)
High Hopes - Edition limitée (CD+ DVD)
Proposé par Star Deals De
Prix : EUR 13,98

30 internautes sur 110 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Le Boss démâte., 13 janvier 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : High Hopes - Edition limitée (CD+ DVD) (CD)
LE BOSS DÉMÂTE.
Bruce Springsteen vient de sortir un nouvel album. Pour l'ignorer, il faudrait habiter (survivre, plutôt) en Corée du Nord. Comme quoi, les dictatures peuvent parfois avoir du bon.
Résumé des épisodes précédents : Bruce Springsteen décide de se consacrer à la musique, alors qu'elle ne lui avait rien demandé, et alors qu'il aurait pu faire un chauffeur de bus tout à fait acceptable, sous les influences respectives de Presley pour la musique et de Dylan pour les textes. On ne pouvait pas plus mal commencer. Il sort laborieusement deux ou trois albums, au terme de répétitions interminables où il gonfle tout le monde avec ses exigences d'artiste autoproclamé. Un cacographe du nom de Jon Landau, lui aussi critique autoproclamé, lui assure une solide promotion en déclarant qu'il a vu en Springsteen l'avenir du rock and roll. Ce qui montre l'indigence de cette sous-sous culture rock and roll : car, à y bien réfléchir (pour ceux qui peuvent encore sans risquer le claquage de cerveau), cette image est d'une affligeante médiocrité. Incidente culturelle: landau, comme sarrau, prend une « s » (eh ouais, les nanalphs, on dit une consonne) au pluriel et non une « x ».
Jusqu'à The River, Springsteen sort des albums à peine corrects, insipides, sans âme, pas vraiment rock, pas vraiment country, dont les textes relèvent d'une niaiserie absolue, improbable et incohérent mélange de « culture » urbaine, de fadaises évangélistes (le paradis perdu...etc, ne pas oublier que nous sommes aux USA) et apologies de la médiocrité (les cols bleus, les bagnoles, la copine de high school, les virées/cuites du samedi soir). Ils se vendent néanmoins, car à l'époque (fin des années 70/début des année 80, c'est Waterloo morne plaine, musicalement parlant : punk, progressive rock, début de la new wave, un cauchemar). Compositions falotes (qui peut siffloter un air de Springsteen ?) interchangeables (moitié rocks bien lourdingues, moitié ballades avec pathos à la louche), musiciens limités (Springsteen n'a jamais su s'entourer, cf le calamiteux E-Street Band, hétéroclite assemblage de peine-à-jouer tout juste bon à animer les dimanches après-midi de retraités italo-américains du New-Jersey), poses grotesques (jambes bien écartées, bras de chemises retroussées, à comparer avec la classe d'un Tom Petty, par exemple). En plus, avec son nom et sa réputation, il n'est même pas capable de se sortir des gonzesses potables. C'est pas une preuve de l'inanité du personnage, ça ?
Comme musicalement, Springsteen n'existe pas, il choisit de devenir un chanteur « engagé » (toujours se rappeler qu'on est aux USA, qui sont les seuls à considérer, par exemple, Michel Serres comme un philosophe). Et vas-y que je te participe à No Nukes, que je prends position contre les Bush, que je soutiens Obama (on ne rit pas, il y croit vraiment). Et ça marche.
À l'écoute de ce nième pensum, la première question qu'on se pose est « pourquoi ? ». Le navire Springsteen prend l'eau depuis plus de trente ans et il continue à écoper. Il fait penser à ces vieux canassons au cerveau rongé par je ne sais plus quel parasite et qui tournent en rond sans pouvoir s'arrêter. Mêmes morceaux prévisibles depuis les premières notes, même chant mortifère et déclamatoire, mêmes orchestrations fades et plombées, bref même absence totale de talent. Borné in the USA, Borné in the USA, ad lib. Springsteen colle cependant parfaitement à notre époque où seuls les mauvais réussissent. John Mellencamp va quand même l'avoir mauvaise quand il va écouter le quatrième morceau, décalque éhonté de Small Town.
Confit dans sa suffisance, Springsteen n'imagine même pas qu'il puisse être ridicule. Deux exemples : sa récente découverte d'effets (bruits de fond, delay, échos) que personne n'utilise plus depuis Pink Floyd, et ses poses de matamore sur le retour engoncé dans un blouson en jean taille 12 ans, sur la pochette.
Pendant ce temps, Southside Johnny continue de tourner et de sortir d'excellents disques. Il n'y a pas de justice. On le sait depuis longtemps, mais ça fait toujours râler.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (189) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 12, 2014 12:43 PM CET


Dyson 21840-01 DC29 DB Origin Aspirateur sans sac
Dyson 21840-01 DC29 DB Origin Aspirateur sans sac

9 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Dyson-le tout net: c'est de la daube., 30 novembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dyson 21840-01 DC29 DB Origin Aspirateur sans sac (Cuisine)
Dyson fait partie des marques qu'on nous a vendues, et que nous avons achetées, comme des produits révolutionnaires. Passons sur le qualificatif révolutionnaire appliqué à un aspirateur. C'est un des derniers avatars de "comment faire du neuf avec du vieux". J'en ai acheté un (un DC 19, pour les connaisseurs) pensant être tranquille pour un moment, vu le prix et les avis glanés çà et là. Il fait son boulot, c'est-à-dire qu'il aspire, tout comme les autres. Sûrement pas plus mal, sûrement pas mieux. Mais comme il est sans sac, il faut s'en occuper un peu. Enfin, beaucoup. Contrairement à ce qui est dit, le vidage du bac ne suffit pas: il suffit de souffler sur ou dans le cylindre pour voir que c'est vraiment plein de poussière. Donc, nettoyage à la brosse, si vous en avez une de la bonne dimension. Il ne faut pas rêver: une bonne partie de la poussière qui était dans les sacs est désormais DANS l'aspirateur. Deuxième inconvénient: les Dyson sont bruyants. Troisième inconvénient: les Dyson sont lourds. Quatrième inconvénient: les Dyson ne sont pas maniables. La faute, en grande partie, au système d'attache du flexible qui fait des tours et des détours. Il y a un côté qui tourne très difficilement, voire pas du tout. Cinquième inconvénient: la piètre qualité des accessoires et notamment du flexible qui vient de lâcher. Une bonne partie des pièces équipant ces appareils, toutes marques confondues (tubes, brosses, flexibles) doit être fabriquée dans les mêmes camps d'esclaves asiatiques, avec la qualité qu'on imagine. Coût du flexible: 50 euros (plus de 300 balles!). On pourrait ne changer que le tuyau, mais évidemment tout est serti alors qu'il serait si simple de faire comme avec un tuyau d'arrosage, en utilisant des bagues. Les constructeurs nous prennent pour des billes (que nous sommes). Bien entendu, il est hors de question que je mette 50 euros dans un tuyau en plastique, pour que dans trois mois, un autre truc lâche. Un conseil: achetez-vous un aspirateur à 100 euros: il vous fera autant de temps. C'est ce que je viens de faire.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (29) | Permalien | Remarque la plus récente : May 1, 2014 7:29 PM MEST


Pattern Disruptive
Pattern Disruptive
Prix : EUR 15,34

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La cinquième colonne., 26 novembre 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Pattern Disruptive (CD)
Je dois commencer par venir à résipiscence : je ne connaissais pas ce disque. Mais les bons génies du rock sudiste qui veillent sur mon auguste personne l'avaient, et pour cause, caché jusqu'à l'heure à ma curiosité. Je les remercie vivement de m'avoir épargné un traumatisme psychologique, qui il y a quelques années encore, aurait pu avoir raison de la mienne, et me conduire à des actes inconsidérés (me mettre au progressive rock, m'acheter un téléphone portable, me montrer aimable envers mes contemporains, faire des critiques positives). L'âge et une robuste psyché aidant, je me ris aujourd'hui de ce coup du sort qui n'appellera de ma part qu'un rictus et un commentaire sur Amazon.
Dans les années 80, entre les épisodes du soap opera Allman Brothers, et son groupe Great Southern, Dickey Betts ne sait manifestement plus trop où il en est. En 1988, sort Pattern Disruptive, qui porte assez bien son nom, puisque des ruptures de patterns, il y en a dans ce disque où on trouve à boire et à boire (le goût de Betts pour les boissons d'hommes n'étant un secret pour personne). Seul disque estampillé Dickey Betts Band dans la discographie du monsieur, on l'ouvre en toute confiance, on passe la pochette confirmant une fois de plus l'absence totale de tout sens esthétique autre que musical chez les Sudistes (décor : Dresde 1945, groupe posant devant une vielle caisse des années 50, Betts en veste léopard..., un must hate), et on arrive aux crédits. Tout d'abord, on n'y croit pas, on soupçonne une mauvaise blague, un fake monté par des gens ayant des complicités chez Amazon. On sort prendre l'air, on respire un grand coup, on observe l'azur (tiens, encore un vol de grues, je suis en plein sur le passage, je crois que j'en reconnais une). On revient. Pas d'erreur : il y a bien marqué : Warren Haynes : lead, rhythm and slide guitars, back-up vocals, lead vocals on Time to roll. Un malheur n'arrivant jamais seul, deux lignes plus bas figure le nom de Matt Abts. Le nom honni se retrouve sous 4 morceaux, co-composés par le Bouffi, Le Gravos, le Bérurier (en beaucoup moins drôle) du rock. Ce qui ne m'a pas fait jeter immédiatement l'objet, c'est d'avoir déjà écouté le CD sur Deezer. Ça m'avait semblé très bien, quoiqu'un peu éloigné des productions habituelle du de cujus.
Par ce disque et ses notes de pochettes, on sait désormais comment Haynes a réussi à parasiter l'Allman Brothers Band. C'est Betts qui a introduit le ver (tu parles d'un ver) dans la pêche. Le sort a de ces cruautés. C'est quasiment racinien.
Au plan musical, le disque est, subséquemment, assez décousu, mais néanmoins excellent. Haynes, qui sortait d'obscures périodes de faire-valoir chez David Allan Coe, ne devait pas en revenir de jouer avec Betts, et a dû laisser son ego au vestiaire. Il se tient à sa place, derrière, et ne la ramène pas trop. C'est comme ça qu'on t'aime, Warren. On alterne donc les morceaux Betts pur jus : Rock Bottom, The blues ain't nothin, Heartbreak line, Duane's tune, C'est la vie (je mettrais la main de Darko à couper que c'est une chute d'un Great Southern), et Loverman (belles parties de guitare, rythmes alertes, shuffles pèpères, du tout bon) et les rocks plus plombés où on sent la (grosse) patte Haynes. Seul morceau faible : Under the guns of love (déjà, rien que le titre...) ; on dirait du Toto. Mais, bon, Pattern Disruptive oblige.
Dernière précision : mention grotesque de la décennie à Matt Abts qui parade sur les photos en jean noir bien moulant, en t-shirt sans manche style salle de gym, noir également et avec une non-coupe blond péroxydé, tératologie capillaire qui le fait ressembler au mieux au chanteur d'Europa et au pire.....je sais pas, on est dans l'innommable. De quoi Matt Abts est-il le nom ? Merci qui ?
Je rassure tous ceux, et il sont nombreux, qui s'inquiètent pour ma santé : je vais bien.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (12) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 1, 2013 10:16 AM CET


Les âmes fortes
Les âmes fortes
par Jean Giono
Edition : Poche
Prix : EUR 7,40

7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Eclairage a Giorno de l'âme humaine: pas joli joli., 29 octobre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les âmes fortes (Poche)
Pour ceux qui ne l'ont pas lu, Giono est un écrivain provençal, presque régionaliste, alors qu'il est à mille lieues des pagnolades en nom propre ou par fidéicommis. Pour ceux qui ne le liront pas, Giono est un pacifiste bêlant qui a eu quelques ennuis à la Libération. Ceux qui l'ont fait ont généralement jeté leur dévolu sur Le Hussard sur le toit, Le Grand troupeau ou Que ma joie demeure. D'autres, on ne sait pourquoi, ont ouvert Les Âmes fortes, roman ici par des veaux lu, comme le montrent les commentaires et le texte de présentation qui figurent sur le présent site.
La rédactrice de la notice, Nathalie Gouiffès (qui est cette dame?) voit en effet dans le personnage de Thérèse un personnage stendhalien victime de la passion. Au-delà du contresens total (rien n'est moins stendhalien que Thérèse et si elle est gouvernée par quelque chose, ce n'est certainement pas par la passion), Mme Gouiffès, comme des centaines d'autres critiques, recycle les âneries, genettiennes et autres, colportées par les facultés des lettres depuis trente ans, en les appliquant à tout et surtout à n'importe quoi.
Les commentateurs en rajoutent une louche puisque l'un d'eux évoque Mme Bovary, tandis que l'autre regrette le côté décousu de l'oeuvre. Une autre enfin avoue qu'elle n'a rien compris. Elle a cependant une excuse ; elle est étudiante.
Après avoir lu À rebours, Barbey d'Aurevilly avait prédit que son auteur n'avait plus le choix qu'entre la bouche d'un pistolet et les pieds de la croix. Après avoir lu Les Âmes fortes, on n'a qu'une envie : voir disparaître au plus vite ses contemporains et se retirer dans un endroit désert (au milieu des algues et des sangliers morts par exemple).
Au cours d'une veillée funèbre réunissant quelques commères, est évoquée la vie de Thérèse, par l'intéressée elle-même, puis par une deuxième personne qui donne des faits, du moins au début, une toute autre version. L'histoire, les histoires se déroulent dans la Drôme, principalement à Châtillon, petite ville battue l'hiver par la bise descendue des montagnes et abattue l'été par le soleil, ville moisie, pays moisi « où on a tellement de temps que, tout ce dont on a envie, on ne finit par l'avoir que fondu ». Belle définition de la province. On va assister, de plus en plus mal à l'aise, au parcours de Thérèse qu'on a du mal à qualifier d'ascension, puisque si elle passe de fille de condition, puis d'auberge, à patronne et accessoirement à mère maquerelle, ce n'est pas l'argent qui l'intéresse. Elle finit par s'apercevoir que ce qui la fait agir, c'est le goût du sang : elle comme un furet devant une cage à lapins. Et des lapins, il n'en manque pas : son mari, ses patronnes, les commerçants de Châtillon, les notables, les dames patronnesses, des prêtres. Tous seront manipulés, réduits à l'état de pantins pathétiques ou détruits. Beaucoup, d'ailleurs le méritaient amplement. Le lecteur, comme je l'ai dit, est très vite mal à l'aise car Giono fait le tour complet dans ce roman de toutes nos petites et grandes lâchetés, de nos compromissions, de nos abjections et je défie quiconque de ne pas s'y retrouver au moins une fois. Thérèse n'est ni Emma Bovary, ni un personnage stendhalien, c'est l'ange de la dévastation qui précède l'Apocalypse. J'ai dit. Merci qui ?
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (16) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 30, 2013 8:11 PM CET


Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7