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Contenu rédigé par Jean-Jacques Birge
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Commentaires écrits par
Jean-Jacques Birge "jjb" (Paris, France)
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L'Art au large
L'Art au large
par Jean-Hubert Martin
Edition : Broché
Prix : EUR 29,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 De la nécessité de repenser les musées, 14 décembre 2014
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Attention, L'Art au large est un voyage au long cours. C'est de la dynamite, une porte vers la poésie pure, l'intelligence des synapses pour le plaisir de l'art.
Plus nous avançons dans la lecture du recueil de textes de Jean-Hubert Martin plus sa position se radicalise.
En 1989 avec l'exposition Magiciens de la terre le conservateur, mettant à égalité les artistes de tous les continents, donne un coup de pied dans la fourmilière. Le colonialisme qui règne dans les beaux-arts a fait long feu. Les termes d'art brut, primitif ou premier ne lui plaisent guère. Les artistes contemporains d'Afrique ou d'Océanie n'ont pas besoin d'avoir suivi les cours des écoles occidentales pour trouver leur voie. S'ils puisent leur inspiration dans leurs racines ancestrales ils ne devraient pas avoir besoin de patiner leurs œuvres pour les vendre. Leurs signatures apparaissent donc puisque c'est ce qui importe au marché de l'art : Chéri Samba, Esther Mahlangu, Liautaud, Bien Aimé, Kabakov, Boulatov, John Fundi, Cyprien Tokoudagba répondent à Byars, Abramovic, Paik, Oldenburg, Cragg, etc. Nombreux artistes du début du XXe siècle s'étaient inspirés de l'art nègre comme si c'était du passé. Erreur, grossière erreur emprunte d'un colonialisme persistant. Les savoureux Journaux de Voyage de Jean-Hubert Martin en Chine, en Afrique, au Népal ou en Papouasie-Nouvelle Guinée sont ceux d'un explorateur, il arpente la planète à la recherche des meilleurs, de ceux qui ont quelque chose de plus que la reproduction. N'est-ce pas en ces termes que l'on reconnaît les grands artistes ? Et voilà notre Philéas Fogg devenu expert en art kanak, se passionnant pour les mantras ou les peintures sur sable des Indiens d'Amérique... Il les ramènera même avec lui pour qu'ils s'exécutent en public.
Jean-Hubert Martin comprend que les a priori sur la religion n'ont pas leur place dans les domaines artistiques. Les voies du sacré sont impénétrables, mais leur poésie nous touche quelle que soit notre foi ou son absence. Pour exposer des objets il n'a pas besoin qu'ils soient d'art s'ils sont beaux et s'ils font sens, car le conservateur est un révolutionnaire qui cherche partout l'adéquation de la forme et du fond. Ces frottements sont la source de nos rêves. Ayant déjà fait exploser le regard d'Apollinaire, il s'inspire de l'Atelier d'André Breton pour développer l'idée d'un cabinet de curiosités où le temps et l'espace n'ont plus de frontières. Son travail au château d'Oiron lui servira de modèle. Malgré quelques déconvenues face aux gardiens du temple, suivront de nombreuses expositions : Autels, l'art de s'agenouiller à Düsseldorf en 2001, Africa Remix au Centre Pompidou en 2004, Une image peut en cacher une autre au Grand Palais en 2009, Dali à Pompidou en 2012 et Le Théâtre du Monde que nous avons pu admirer à La Maison Rouge l'an passé.
C'est à cette occasion que son discours se précise. Pourquoi la musique ou le théâtre s'adressent-ils au sensible quand les musées persistent à honorer la chronologie et, pire, la pédagogie ! Face au musée docile Jean-Hubert Martin prône le musée des charmes. Nous devons aller voir les œuvres d'art par pur plaisir sans forcément nous demander quelle connaissance y acquérir. Et chacun peut y trouver son bonheur, sans la hiérarchie imbécile des supposés savants et des visiteurs ignares à qui il faut tout expliquer. Chacun devient libre de son interprétation, avec ses propres repères. "Pour prendre du plaisir. C'est la tâche des conservateurs de présenter les œuvres de manière à provoquer des correspondances signifiantes et des associations qui mènent des œuvres à la pensée et aux idées (...) La spécialisation et la division des tâches ont été un atout majeur de notre civilisation, mais elles comportent leur revers. Elles risquent d'oblitérer le caractère éminemment humain de la culture matérielle et par conséquent son rôle de vecteur de communication entre les hommes. Certains professionnels des musées sont à ce point imprégnés de positivisme et du caractère scientifique de leur discipline qu'ils restent fixés sur la vérité intrinsèque et exclusive de l'œuvre telle qu'elle surgit dans le contexte de sa création. Et pourtant notre compréhension du passé est totalement limitée par l'interprétation que nous en faisons aujourd'hui."
Au diable les spécialistes, la chronologie, les expositions thématiques tirées par les cheveux du matérialisme mécaniste, au diable les cartels qui rompent la magie du spectacle... Le cabinet de curiosité porte bien son nom, ouvert à tous les possibles, et pour le mettre en valeur, Jean-Hubert Martin joue des effets de lumière, des associations et des contraires, des rimes poétiques qui renvoient au réel comme à l'imaginaire.


Rhythm Is It! (3-Disc Special) [Import allemand]
Rhythm Is It! (3-Disc Special) [Import allemand]
DVD ~ Simon Rattle
Prix : EUR 24,49

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 C'est en allemand sans sous-titres, 14 décembre 2014
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Il est dommage qu'il n'y ait ni sous-titres français ni sous-titres anglais… Le film, au demeurant excellent, est en allemand.


Une nouvelle télécommande pour Sony RMT-D158P
Une nouvelle télécommande pour Sony RMT-D158P
Proposé par RemotesReplaced
Prix : EUR 10,75

1.0 étoiles sur 5 N'importe quoi !, 14 décembre 2014
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Surréaliste ! Les commandes sont affectées à des boutons fantaisistes, combinaisons de touches impossibles, et il en manque certaines fondamentales. Totalement inexploitable !


Baku : Symphony Of Sirens
Baku : Symphony Of Sirens
Prix : EUR 47,03

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Expériences sonores de l'avant-garde russe (1908-1942), 7 octobre 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Baku : Symphony Of Sirens (CD)
En 1922, Arseny Avraamov compose et dirige une symphonie extraordinaire : autour du port de Baku, il rassemble les sirènes des usines et des navires de la mer caspienne, deux batteries d'artillerie, sept régiments d'infanterie, des camions, des hydravions, vingt-cinq locomotives à vapeur, des sifflets et des chœurs. Quatre-vingt ans plus tard, Leopoldo Amigo et Miguel Molina Alarcón, directeur artistique de ce double CD, recréent artificiellement l'événement comme ils font renaître maintes créations sonores époustouflantes de l'avant-garde russe des années 20, orchestre de bruiteurs de Nikolai Foregger, opéra cubo-futuriste de Mikhail Matiushin, Alexei Kruchenykh et Kasimir Malevitch, laboratoire de l'ouïe de Dziga Vertov, projet radiophonique de Velimir Khlebnikov, extraits de ballet de Sergei Prokofiev et Georgi Yakoulov, Cercle futuriste de Vladimir Kasyanov, manifeste nihiliste, sound painting de Varvara Stepanova, poèmes sonores de Vasily Kandinsky, Igor Severyanin, Vasilisk Gnedov, David Burliuk, Elena Guro, El Lissitzky, Olga Rozanova, du groupe H2SO4, de Simon Chikovani, Daniil Harms, Igor Terent'ev, Mikhail Larionov, Roman Jakobson "Aliagrov"...
Si le premier CD donne le tournis avec ces évocations renversantes d'une époque révolutionnaire pour les arts soviétiques, le second réunit des archives encore plus troublantes à commencer par la Symphonie du Dombass de Vertov extraite d'Enthousiasme. Suivent Zavod, symphonie des machines, fonderie d'Alexander Mossolov, Dnieprostroi, la station hydro-électrique de Julius Meytuss par l'Orchestre de Paris en 1931, mais aussi les voix de Lénine, Trotski (en anglais !), Vladimir Maïakovsky, Boris Pasternak, Malevitch (en anglais), Dmitri Chostakovitch, Lili Brik, Sergei Esenin, Vasily Kamensky, Anatoli Lunacharsky, Alexandra Kollontay, Anna Akhmatova, Osip Mandelshtam, Naum Gabo & Noton Pevsner...
Voix ou bruits, ici tout est musique. La fascination pour les machines qui ne libèreront pourtant jamais les hommes de leurs chaînes est une promesse pour le futur. Les formes explosent dans une géométrie impossible. Beaucoup de ces artistes sont des peintres. Les poèmes sonores sont autant de chants de résistance, aux conventions mesquines de l'ancien régime, hymnes à une révolution rêvée qui n'existe véritablement que dans le cœur et la tête de ces artistes provocateurs. La déconstruction du langage renvoie au discours des hommes politiques. On croit comprendre la langue russe dans la symphonie des machines et les syllabes des poèmes sonores. Où l'on entend la révolution en marche, quand les artistes s'en emparent !
Ces soixante-douze œuvres publiées par ReR sont accompagnées d'un épais livret illustré de 72 pages bourrées d'informations.


Le Silence, les couleurs du prisme et la mécanique du temps qui passe
Le Silence, les couleurs du prisme et la mécanique du temps qui passe
par Daniel Caux
Edition : Broché
Prix : EUR 36,50

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Au kaléidophone, 7 octobre 2013
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Si le titre de l'ouvrage est long comme le bras, son contenu est d'une densité et d'une intensité rares par les temps qui courent. Le silence, les couleurs du prisme & la mécanique du temps rassemble les écrits de Daniel Caux, disparu l'an passé. Sa lecture est indispensable à quiconque voudrait connaître les autres musiques contemporaines, celles qui durent batailler en France contre le monopolisme des héritiers du dodécaphonisme. Daniel Caux, avec une précision de langage, un souci du détail et le recul nécessaire pour embrasser les mondes de la musique, offre un panorama exceptionnel des écoles américaines, que ce soit celle de la nuit, le free jazz, ou celles qui se sont affranchies de Darmstadt, c'est-à-dire ceux que l'on a appelés "répétitifs" ou "minimalistes" selon les époques. En lisant les propos de Cage, La Monte Young, Riley on comprend que des ponts existaient entre tous, entre le jazz des noirs et les cycles des blancs. Tout est lié. Cage n'a-t-il pas poussé les théories de Schönberg, dont il fut l'élève, au-delà des douze sons, jusqu'au bruit, non accordé, le treizième son ! Reich avait suivi les cours de Milhaud et Berio, Glass ceux de Nadia Boulanger et de Ravi Shankar, etc. Les lignées ne sont jamais simples.
Au travers de textes critiques et d'entretiens précieux, Daniel Caux rend d'abord hommage à celui qui imposa que "tout est musique", l'immense John Cage, qui influença tant d'artistes dont le mouvement Fluxus (si l'on connaît un peu la trajectoire de Yoko Ono, n'oublions pas que Nam June Paik et Joseph Beuys étaient musiciens) ou La Monte Young. Il insiste sur l'apport de ce dernier, qui anticipa avec ses drones psycho-acoustiques les recherches de Terry Riley, rapidement suivi par Steve Reich, Philip Glass ou le Velvet Underground. Dès les années 60, Daniel Caux avait su flairer l'importance de ces nouveaux courants, initiant les mémorables Nuits de la Fondation Maeght enregistrées sur le label Shandar. Il le faisait avec beaucoup d'humilité et de générosité, et je lui dois dès 1970 les émotions provoquées par Albert Ayler, Sun Ra, La Monte Young ou Steve Reich que j'ai la chance de découvrir en direct grâce à lui au cours de concerts mythiques. Six ans plus tard, j'assiste à Einstein on the Beach de Glass et Bob Wilson. Les entretiens réalisés alors que ces compositeurs ne sont pas encore devenus des monuments sont d'une richesse rarement égalée, d'une grande sincérité.
Dans la seconde partie, après les sérialistes des années 50, le free jazz et l'indétermination de Cage des années 60, les répétitifs des années 70, Daniel Caux évoque la génération dite "post-moderne" des années 80. Hypnotisé par la puissance de feu des Américains, en rupture avec la tradition classique dite contemporaine dont l'Ircam est en France le garant, il ratera les nouvelles musiques européennes, écrites ou improvisées, nobody's perfect !, mais s'intéressera aux compositeurs anglais. Le communiste Cornelius Cardew, encore un rejeton de Darmstadt en rebellion contre son maître, Stockhausen, défend l'importance du sens dans la musique ; Gavin Bryars a joué avec des improvisateurs comme Derek Bailey ou Tony Oxley ; Michael Nyman mêle sa passion pour Purcell aux influences répétitives et fréquente Brian Eno chez Cardew... Comme Cage s'insurgeant contre Schönberg, le maximaliste américain Glenn Branca pousse le minimalisme dans ses retranchements en saturant l'espace de guitares électriques. Même si j'ai apprécié certaines pièces ivesiennes de John Adams je dois avouer n'avoir jamais partagé l'engouement pour ces compositeurs que je trouvais biens mous et trop "religieux" à mon goût. Le néoclacissisme de Nyman ou de l'Estonien Arvo Pärt ne trouveront jamais grâce à mes yeux ni à mes oreilles.
La troisième partie abordant les musiciens de free jazz m'excite beaucoup plus, illustrée magnifiquement par des entretiens avec Albert Ayler qui incarne pour moi un des phares de l'histoire américaine, Sun Ra, Milford Graves... La quatrième pointe trois femmes d'exception, Meredith Monk, Laurie Anderson et Nina Hagen, les deux dernières toujours en entretien, et même si les analyses du musicologue sont toujours passionnantes, rien ne vaut jamais la parole des artistes... Dans la cinquième, Caux s'intéresse aux iconoclastes qui me sont probablement les plus proches, de Charles Valentin Alkan, le Berlioz du piano à Harry Partch en passant par des entretiens avec Leon Theremin, Conlon Nancarrow et Moondog (auquel je rendis hommage en participant à la compilation publiée en CD par TraceLabel)... Les dernières pages évoquent le retour de la musique électronique, des propos de Xenakis, des œuvres de Luc Ferrari, Eliane Radigue, Thom Willems, jusqu'à la techno.
Ce livre indispensable (ed. L'éclat) recèle un bonus de choix puisqu'y est inséré un CD réalisé par Philippe Langlois dans le cadre de l'Atelier de Création Radiophonique à partir des archives de l'INA des émissions que Daniel Caux réalisa pour France Culture. On y retrouve des extraits d'œuvres de nombreux musiciens cités précédemment, sans oublier Pierre Henry, Om Kalsoum, Urban Sax, Plastikman, Charlemagne Palestine, Michael Snow, leurs voix, et celle de Daniel Caux, analyste engagé, passeur passionné.
Le 9 novembre prochain à 20h30 au Centre Pompidou, Jacqueline Caux projettera son Hommage dans le cadre du Festival d'Automne avec la participation de La Monte Young, Terry Riley, Steve Reich, Philip Glass, Meredith Monk, Pauline Oliveros, Gavin Bryars, Richie Hawtin, Bob Wilson et, grâce à des archives, John Cage. Gavin Bryars terminera la soirée par un court récital au piano.


Mr. Nobody
Mr. Nobody
DVD ~ Sarah Polley
Prix : EUR 9,99

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Seconde chance pour Mr Nobody, un film quantique, 7 octobre 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Mr. Nobody (DVD)
Après Toto le héros (1991) et Le huitième jour (1996), le cinéaste belge Jaco Van Dormael a attendu treize ans avant de réaliser son troisième long-métrage. Alors que le Festival de Cannes sélectionne quantité de navets, Mr Nobody (2009) a été refusé en sélection, mettant en danger sa sortie en salles, repoussée de plusieurs mois pour sortir discrètement en janvier 2010. Le scénario, fruit d'un travail quotidien pendant six ou sept ans, a dû être repris à la demande des distributeurs. Comme jadis Dans la peau de John Malkovich, l'édition DVD (Fox Pathé Europa) lui permettra peut-être de devenir un film culte au fur et à mesure des années. Car Mr Nobody échappe à la logique du cinéma de papa et fiston réunis, celui que nous infligent tant l'entertainment américain à destination des adolescents du monde entier formatés sur leur modèle et les balourdises hexagonales dont les ficelles ressemblent à des cordes à nœuds. Ce n'est pas non plus le cinématographe de grand-papa, même si l'invention plastique n'a rien à envier au temps du muet, car Mr Nobody est une autre manière de voir un film, si personnelle qu'elle n'augure pas même le cinéma de l'avenir. On peut éventuellement le rapprocher de l'excellent Eternal Sunshine of the Spotless Mind de Michel Gondry ou de l'épouvantable L'étrange histoire de Benjamin Button de David Fincher, en termes de préoccupations scénaristiques.
Impossible à raconter sans gâcher le plaisir du futur spectateur, Mr Nobody, 2h17 avec des comédiens anglophones, est un film d'anticipation, de construction complexe, basé sur les principes d'incertitude et les théories de Schrödinger, ce qui fit dire à des jeunes spectateurs qu'il s'agissait d'un film quantique ! Puisqu'il faut une explication à tout, la psychanalyse viendra au secours de la science pour justifier des univers parallèles que composent nos possibles "tant qu'on n'a pas choisi". Les images, les effets spéciaux, les décors sont à la hauteur de cet ambitieux projet qu'ils servent avec intelligence. Le recours à de nombreuses citations musicales sont justifiées par le propos et Jared Leto est formidable dans son rôle à transformations. J'en ai déjà trop dit, il vaut mieux vous souhaiter le plaisir de la découverte...


Papercraft: Design and Art With Paper
Papercraft: Design and Art With Paper
par Robert Klanten
Edition : Relié

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Laissez parler les p'tits papiers, 7 octobre 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Papercraft: Design and Art With Paper (Relié)
Papercraft est un recueil d'objets design et d'œuvres d'art réalisés en papier, rivalisant tous d'invention et renouvelant l'émerveillement à chaque page. Aux 258 pages s'ajoute un DVD avec une partie Rom et nombreuses animations. L'édition anglaise étant essentiellement constituée d'illustrations, les non-anglophones seront peu pénalisés. Le site des Éditions Gestalten regorge d'extraits.
C'est le genre d'ouvrage que l'on peut ouvrir à n'importe quelle page pour s'entendre s'esclaffer comme si l'on assistait à un feu d'artifices. Je le feuillette pour citer les artistes ou designers que je préfère, mais c'est si varié que la sélection est absurde. La double page ci-dessus montre les performances d'Akatre à Mains d'Œuvres, mais je suis tout autant fasciné par les dentelles de Bovey Lee, les livres taillés dans la masse de Brian Dettmer, les mises en scène de Thomas Allen, les films d'Apt & Asylum, les théâtres de Swoon, les fumées d'Adam Klein Hall, le mobilier de Tokujin Yoshioka, l'univers rose et blanc de Kerstin Zu Pan, les costumes de Polly Verity, etc.


Le Condamné A Mort - Edition Limitée
Le Condamné A Mort - Edition Limitée
Prix : EUR 12,16

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le condamné à mort, 7 octobre 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Condamné A Mort - Edition Limitée (CD)
Adolescent en pleine révolution, j'avais entendu Le condamné à mort de Jean Genet dit par Mouloudji sur des structures sonores d'André Almuro. Trois ans plus tard, en 1971, la version mise en musique par Hélène Martin et interprétée par Marc Ogeret me sidère comme Un chant d'amour, le seul film, muet, que Genet tourna en 1950. Les mots crus de la chair lacèrent la musique des vers. C'est si beau que je n'arrive pas à être choqué. L'homosexualité pour laquelle je n'ai que peu d'inclination me permettrait-elle de saisir l'érotisme du texte plus qu'aucun autre poème inspiré à un homme par une femme ? Étranger à la problématique de ces garçons sauvages, ne pouvant m'identifier, j'entends chaque mot pour ce qu'il est, un chant d'amour. Jusqu'à ce que je lise le livret de la nouvelle version qui vient de sortir en CD avec Jeanne Moreau et Étienne Daho, j'ignorais que c'était le texte du Condamné à mort qui avait fait sortir son auteur de l'anonymat carcéral et l'avait sauvé du bagne.
En 1942, Jean Cocteau, qui est tombé sur l'un des rares exemplaires du poème que le voleur rédigea dans sa cellule de Fresnes, plaide à la barre de la cour d'assises en l'évoquant comme « le plus grand écrivain de l'époque moderne ». Dans son Journal, le 6 février 1943, il écrit : « Parfois il arrive un miracle. Par exemple "Le condamné à mort" de Jean Genet. Je crois qu'il n'en existe que quatre exemplaires. Il a déchiré le reste. Ce long poème est une splendeur. Jean Genet sort de Fresnes. Poème érotique à la gloire de Maurice Pilorge, assassin de vingt ans, exécuté le 12 mars 1939 à Saint-Brieuc. L'érotisme de Genet ne choque jamais. Son obscénité n'est jamais obscène. Un grand mouvement magnifique domine tout. La prose qui termine est courte, insolente, hautaine. Style parfait. »
La voix magnifique de Jeanne Moreau va au-delà des mots. Elle dit le texte tandis qu'Étienne Daho s'approprie les parties chantées. Même si j'aurais imaginé une interprétation plus moderne, moins affectée, il s'en sort correctement et son essoufflement nous amène à l'échafaud. Le disque tourne en boucle sur la platine tant les mélodies d'Hélène Martin collent aux vers sublimes du poète qui accompagnera plus tard, d'autres chants d'amour, les Black Panthers et les Palestiniens, tous condamnés dont la révolte est nécessaire.


Macbeth
Macbeth
Prix : EUR 19,06

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 L'orchestre de la Troisième Oreille, 7 octobre 2013
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Du Macbeth de Roman Polanski il ne me reste en mémoire que la forêt qui s'avance et la musique de Third Ear Band, d'ailleurs pas en situation, mais seulement le disque qu'un copain m'avait prêté en 1972. La mélodie que ma mémoire associait à une voix d'enfant m'a probablement autant marqué que celle du Petit Chevalier dans Desertshore de Nico ou Quiet Dawn avec Waheeda Massey dans Attica Blues d'Archie Shepp. Mais Fleance (chanté par le jeune comédien Keith Chegwin ?) est certainement ce qui me trottait inconsciemment dans la tête lorsque j'écrivis avec Bernard Vitet le prélude de ¡ Vivan las utopias ! pour ma fille Elsa dans la compilation Buenaventura Durruti du label nato.
À la réécoute de la partition sonore rééditée en CD je m'aperçois que l'orchestre de la Troisième Oreille eut une influence considérable sur mon travail. Mélange de musique médiévale ou modale, de rock électrique, de free jazz et de bruitages, à la fois très composée et parfaitement improvisée, leur musique ne ressemble à rien, si ce n'est aux réminiscences que d'autres développeront dans les quarante années qui suivront. Les grincements d'archet de Simon House et les chocs distordus de la guitare électrique de Paul Buckmaster répondent aux ragas et aux drones d'influence indienne de Glen Sweeney, le hautbois et le flageolet de Paul Minns se mêlent aux sons électroniques du VCS3, pour construire une sorte de free folk extrêmement lyrique, emprunt de magie noire et de tragédie shakespearienne.


Blue Anemone
Blue Anemone
Prix : EUR 20,74

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4.0 étoiles sur 5 Sincère, 7 octobre 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Blue Anemone (CD)
La voix de Birgitte Lyregaard s'expose sur ce disque sensible. Blue Anemone est un album de standards de jazz où le minimalisme élégant de l'accompagnement du piano d'Alain Jean-Marie correspond parfaitement à l'approche nordique de la chanteuse danoise. Transmutées en fragiles berceuses les mélodies de Gershwin (Do it again), Handy (Forgetful), Monk (Monk's Mood), Barbara (Nantes) ou Arlen (Somewhere Over The Rainbow) dessinent d'harmonieux nuages dans lesquels on croira reconnaître des objets familiers. À l'heure où j'écris aucun ne se transformera pourtant en mouton, même si la justesse et la tendresse de la voix ont la douceur du coton ! La saxophoniste Alexandra Grimal volète de temps en temps autour du duo comme dans un conte de fées où poussent ces anémones bleues.


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