Profil de devas > Commentaires

Fiche d'identité

Contenu rédigé par devas
Classement des meilleurs critiques: 31.426
Votes utiles : 43

Chez vous : découvrez nos services personnalisés en pages d'aide !

Commentaires écrits par
devas

Afficher :  
Page : 1
pixel
Pharmacologie du Front national: suivi du vocabulaire d'ars indistrualis
Pharmacologie du Front national: suivi du vocabulaire d'ars indistrualis
Prix : EUR 19,99

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Consistance des consistances: le sens absent de tous les sens, 6 janvier 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Bernard Stiegler prévient que la lecture de son livre demande des efforts, comme tous les autres ce livre s’adresse à un public averti c’est-à-dire familiers du vocabulaire et des concepts d’ars industrialis donc on trouvera avantageusement le lexique à la fin.
La position de Stiegler est de penser que ce n’est pas le mode de vie industriel le problème mais plutôt son agencement (des rétentions tertiaires) se basant sur le fait que tout artefact, qui est la condition de l’existence humaine, est un pharmakon c’est-à-dire un remède qui peut aussi devenir un poison. Ainsi le désinvestissement de l’Etat et des individus (désaffectés) qui ont capitulé devant l’idéologie néo-conservatrice ou plutôt été capturés par elle déclencherait des régressions par la captation des désirs (protentions) exploités par le marketing aux fins de plus-value et qui finissent réduits aux pulsions et à leurs appels réitérés laissant l’individu dans une addiction pulsionnelle et une aliénation entretenue par le marché. Ce processus de choc toujours renouvelé et intensifié de désajustement social serait désindividuant car il court circuite la transindividuation c’est-à-dire les savoir-faire et savoir vivre d’un milieu métastabilisé. L’adhésion au Front National serait donc provoquée par le sentiment d’individus désaffectés ou sidérés pour qui il faut trouver un bouc émissaire à l’impossibilité de se projeter dans un milieu désormais désindividuant et dans lequel il devient impossible de sublimer ses désirs et dans lequel les pathologies prolifèrent.
Comme toujours le livre alterne entre des lucidités fulgurantes sur les conditions de nos existences et des passages lourds et indigestes ou la répétition des mots concepts semblent se mordent la queue. Le principal objet de Stiegler même s’il n’apparaît pas toujours clairement est de traiter du psychique et du désir et de son exploitation systématique à l’heure des technologies du numérique et ceci sous l’emprise de la révolution néo-conservatrice. Le travail de Bernard Stiegler est immense mais il n’est pas sans poser problème dans sa propre réalisation :
- 1-On comprend que le but d’Ars Industrialis consiste à réinvestir le champ de désir et de la transindividuation mais pour cela il faut que la chose soit désirable. Or pour commencer Le langage de Stiegler est un langage de notre époque c’est-à-dire hyper rationalisé et très technique ce dont le public est justement peut-être fatigué ce qui ne semble pas effleurer Stiegler. Ainsi le but qu’il se propose passe par un langage qui justement ne suscite aucun désir particulier sinon celui de sa propre technicité, le projet de Stiegler est d’envergure mais son message éloigne ou cache son horizon, il serait urgent de prendre soin de la clarté du style. En effet le style de Stiegler le dessert largement dans ses passages trop condensés dans lesquels il ne semble ressortir que les mêmes mots ou concepts considérés comme des nouvelles armes (Deleuze), hormis des spécialistes (tel Jean Hugues Barthélémy contributeur d’Ars Industrialis qui ne semble plus que parler pour lui même!) qui peut appréhender de telles armes et vouloir et pouvoir les utiliser quand dans le même temps le langage se décompose ? L’anatomie d’un corps et ses réseaux complexes physico-psychiques exposés ne sont pas les raisons qui font que ce corps soit désirable, tout comme savoir que l’eau c’est H2O ne me la rend pas plus désirable, la science aussi est une dé-symbolisation si ce n’est la dé-symbolisation par excellence. On se demande parfois si Stiegler ne voudrait pas substituer au psychisme modelé par l’intérêt et l’exploitation libidinale du marché un psychisme idéal reconstitué scientifiquement et qui s’apparenterait à un projet d’un Frankenstein psychique tel que la psychanalyse et les sciences conçoivent son fonctionnement. Si la transindividualité visée par Stiegler est à l’image de son langage (et comment pourrait-il en être autrement ?) elle semble fort peu désirable et donc inopérante comme soin du présent et des protentions.
-2- Un autre problème de taille dans ce livre : peut-on traiter du Front national sans jamais lui donner la parole? Stiegler ne considère le Front National que comme une réaction aux externalités négatives économiques ou à une régression due à la désindividuation qui cherche des boucs émissaires comme une réponse en boucle à la révolution néo-conservatrice. C’est vite oublier le fait que le front national est un parti très hétéroclite et que les raisons nationalistes n’ont pas attendu l’ère Reagan/ Thatcher pour s’exprimer. La question que l’on voudrait aborder c’est quel genre d’hommes voulons-nous ?
Or c’est justement les réponses qu’apportent quelques nationalistes anarchistes par exemple mais Stiegler n’aborde pas ces sujets en tant que matérialiste voire hypermatérialiste (comme il définit lui-même les échanges de métadonnées) car cela suppose d’évoquer des qualités humaines en soi et donc de penser en métaphysicien ce que Stiegler combat. Aussi La légitimité de la question de la communauté telle qu'on la trouve chez Georg Simmel est totalement évacuée pour laisser place chez Stiegler à une coindividuation fondée sur des échanges contributifs à travers les prothèses technologiques. A ce sujet il faut lire le livre très enrichissant de Aurélien Berlant « la Fabrique des derniers hommes » dans lequel tous les problèmes et pathologies de l’ère industrielle sont analysées finement et j’ose dire agréablement (par le langage clair) par les premiers sociologues allemands pour saisir les racines du malaise de la civilisation. Aucune référence non plus à la nouvelle droite, à la pensée d'Alain de Benoist avec qui pourtant il a partagé un plateau chez Frédéric Taddéï. Si bien que le Front National ou ses tendances sont réduites au concept que Stiegler dégage dans sa réflexion on pourrait parfois dire qu’il est juste prétexte à exprimer ses concepts.

-3- Il a y un autre aspect assez dérangeant dans les œuvres de Stiegler c’est l’occidentalisation à outrance ou l’ultra spécialisation dans les références. Si les sciences modernes sont englobantes elles ne sont pas universalistes. Stiegler cite souvent la Chine et est conscient de sa différence de conception des choses, par contre il ne cite jamais l’Inde trop métaphysique certainement. Or il serait intéressant d’aborder en quoi consistait la transindividualité de ces cultures gigantesques et en quoi consiste la transindividualité des connaissances de L’ Hindouisme, du Bouddhisme du Taoisme, du Shintoisme, des Hesychastes qui regorgent de soin et de techniques de soi….On aimerait par exemple que Stiegler se pose la question des consistances de ces cultures millénaires et se demander si la consistance des consistance n’est-elle pas dans le renoncement, l’ascèse c’est-à-dire dans le détachement même des désirs que lui cherche à construire? Seulement Stiegler ne conçoit la spiritualité que comme le soin du psychisme et confond deux plans (parce qu’il nie l’esprit) outrageusement de la même manière qu’il accuse certains de confondre pulsions et désirs.
Ainsi pourrait-il se demander si le crédit et la dignité de l’homme à conquérir ne sont par-delà ses désirs ?
Plus près il pourrait s’intéresser au scientifique Marcel Locquin et de son concept de chimères biologiques, technologiques, bioniques et idélles et se rendrait compte de la possibilité de rendre compte de ses concepts et ceux de Simondon de transindividualité et de rétentions tertaires dans un langage clair et lumineux qui rend la vision de Lockin elle très désirable. Locquin savait que l’homme n’est pas la propriété d’un groupe d’hommes fussent-ils scientifiques, il est le devenir de l’homme à travers toutes les générations passées et toute culture a une base sentimentale, nous sommes des êtres sensibles qui savons que le rationnel ne nous semblent pas toujours raisonnable et c’est la position de nationalistes qui semblent totalement échapper à Stiegler dans son livre et dont il ne rend absolument pas compte. On espère aussi que son pari sur le retournement du pharmakon des technologies ne relève pas du même "crédit" et du même espoir, pour ne pas dire naïveté, qu'il attendait de Hollande pour infléchir l'empire de la "destruction destructrice".
Néanmoins Stiegler est attachant et stimulant car il pointe avec passion et engagement les maux qui nous accablent et se bat comme un lion pour les contrecarrer.


Enceinte Hercules WAE WSM01- Haut-parleur sans-fil mobile PC/MAC pour laissez la musique vous suivre !
Enceinte Hercules WAE WSM01- Haut-parleur sans-fil mobile PC/MAC pour laissez la musique vous suivre !
Prix : EUR 81,59

3.0 étoiles sur 5 A perfectionner, 17 octobre 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
L'enceinte est sans doute constituée de 2 haut parleurs large bande (chinois et peu chers on imagine) ce qui implique assez naturellement que la réponse en fréquence soit tronquée et ici en l'occurence c'est le haut du spectre qui en fait les frais, les aigus sont assez absents. En gros il manque cruellement de définition et de clarté dans le haut du spectre.

Deuxième défaut: l'enceinte est sans doute conçue en priorité pour fonctionner en bluetooth, or sous ce fonctionnement les graves sont très atténuées si bien que le caisson a été, je suppose, étudié pour compenser cette perte si bien que lorsqu'on branche l'enceinte en filaire le son devient épouvantable avec un rendu sourd et très mal équilibré ou seule la frustration devient aigüe. Il se crée des vibrations très désagréables qui rendent les voix masculines par exemple souvent incompréhensibles.

Donc le concept est très intéressant, l'objet est transportable avec une bonne économie mais comme bien souvent on a sacrifié l'essentiel: la qualité des Hp et donc celle du son final, en toute cohérence avec notre époque...


La fabrique des derniers hommes
La fabrique des derniers hommes
par Aurélien BERLAN
Edition : Broché
Prix : EUR 24,50

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 retour vers le futur, 5 août 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : La fabrique des derniers hommes (Broché)
Un livre admirable et essentiel pour la compréhension des ressorts et des contraintes qui façonnent nos sociétés. Le tour de force réside dans le souci de clarté et didactique qui parcourt tout le livre, nul recours à un jargon superflu, un beau travail de précision et d’argumentation. .
Après avoir posé les jalons de l’opposition entre la démarche scientifique impersonnelle et le diagnostic historique de lucidité, c’est-à-dire souligner l’impératif d’abandonner le point de vue exclusif du laboratoire sur tous les pans de l’existence et ainsi conduire à une remise en question fondamentale du rôle social de la science, l’auteur nous présente tour à tour les 3 protagonistes de la sociologie allemande, chacun y est exposé, quelque fois dans ses contradictions, et cité amplement. On retrouve donc les analyses de la célèbre distinction posée par Tönnies qui oppose la communauté à la société, les analyses de Simmel sur l’argent et l’aliénation pour finir bien entendu par le concept de cage d’acier de Max Weber et des principes du protestantisme qui ont induit la dynamique du capitalisme d'aujourd'hui. On ne peut qu’être frappé par la justesse de ces regards sur les maux des sociétés industrielles et sur lesquels les yeux désabusés ou énucléés de nos contemporains n’osent plus se poser, aussi les efforts chez nos représentants politiques semblent se concentrer à faire vivre le déni le plus longtemps possible en maintenant les idoles de la raison, de la république, des expertises en les nourrissant de faux-semblants dans une dialectique mythifiée.
On saisit alors que nos sociétés libérales marchandes rendent hommage à un polythéisme de valeurs hétérogènes toute liées négativement par l’absence d’éthique personnelle sacrifiée sur l’autel du résultat brut et que chaque avancé technologique ou sociétale ne sont là que pour renforcer l’intensité de la guerre que se mènent ces dieux objectivés désormais indifférents à l’existence humaine si ce n’est pour toujours réduire davantage sa valeur et lui ôter toute signification. La grande problématique est de savoir alors quel type d’homme (intérieur) forgent les ordres rationalisés de la vie, c’est-à-dire énoncer un jugement de valeur sur ces derniers hommes (non pas dans le sens apocalyptique mais actuel, présent) une problématique que les instances objectives patentées ne se posent jamais car le contenu des expériences est un angle mort pour toute axiologie mue par le principe de neutralité qui ne distingue plus les moyens des fins.
Un livre marqué par l’amour de la liberté qui renoue avec le sens de la fatalité tragique, mais qui se démarque d’une position Nietzschéenne, et qui voudrait trouver une voie dans la résignation active c’est-à-dire participer le moins possible au travail de sape de l’administration du désastre anthropologique qui se profile. Il s’agit aussi de déciller les yeux à tous ceux qui auraient des velléités à vouloir améliorer un système dont la base est fondamentalement nocive, on pense à toutes ces associations et gauchistes rêveurs qui malgré leur bonnes intentions ou extrême naïveté deviennent les idiots utiles de la machine.
L’objectif est de retrouver la voix humaine dans la chambre anéchoïque des sciences en assumant le jugement subjectif et en s'opposant à la prétendue neutralité politique du savoir sans verser dans la pure idéologie partisane.

( à noter une coquille,en tout cas dans la version numérique: le beau frère de Marx n'était pas Jules Lafargue mais Paul Lafargue, une confusion possible avec le poète Jules Laforgue !)
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 29, 2014 9:17 AM CET


Vieux réac !
Vieux réac !
Prix : EUR 6,99

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 génération reac 03, 2 novembre 2012
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Vieux réac ! (Format Kindle)
Vous vous sentez coupable parce que vous vous sentez pas chez vous devant votre écran, à votre travail, devant vos enfants....
Plutôt que d'aller voir un médecin subventionné par ce qui vous rend malade pourquoi ne pas prendre un petit moment pour lire Harold Bernat?
A lire au moins deux fois pour mieux ressentir l'effet tranquillisant et euphorique de l'ironie bienveillante et pour ceux dont la pilule est dure à avaler et bien relisez le encore une troisième fois et un sentiment de liberté comme vous ne l'avez pas ressenti depuis longtemps pourrait bien vous assaillir.
Le médicament est encore neuf sur le marché et certes on ne connaît pas les effets à long terme laissons présager qu'il seront tout à fait bénéfiques et puissions nous compter sur le développement massif du médicament qui pour le moment est encore sous la forme de l’expérimentation contre la soumission durable.
Rien d'innovant bien sûr mais ce qui assure aussi son efficacité c'est la reprise des meilleures molécules qu'on ait pu connaître jusqu'à présent sans tomber dans l’œuvre du générique, y sont convoqués Ellul, Baudrillard, Murray, Orwell, Lefebvre,Clouscard, Castoriadis et le chef d’œuvre de Châtelet vivre et penser comme des porcs...Une certaine affinité des idées avec l'encyclopédie des nuisances et donc de René Riesel n'est pas à bouder par ailleurs.
Le brevet est tombé dans le domaine public il faut en profiter.
Le seul reproche: c'est trop court! en revanche je ne vois pas où se situeraient les problèmes de compréhension que certains signalent???


Décivilisation
Décivilisation
par Renaud Camus
Edition : Broché
Prix : EUR 17,30

19 internautes sur 23 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 barbarie bourgeoise, 22 juin 2012
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Décivilisation (Broché)
Les "mauvaises nouvelles idéologiques" sont énumérées sans ambages et les descriptions des "individus" moulés par l'informe, pour ainsi dire, sont brossés avec justesse et sont vérifiables dans le quotidien par tout un chacun pour peu que l'attention ne soit pas détruite par la toxicité de notre environnement. Les pivots du livre vont se tourner en amont de l'école pour trouver les thèmes de l'hyper-démocratie (M.Camus l'écrit en un seul mot mais j'aime l'idée de la grande surface de la démocratie ou tout est au rabais) et son nivellement implacable par son égalité qui s'étend à tous les domaines, les héritiers (de la culture) contraints de se conformer aux non-héritiers par la norme comportementale et idéologique imposée, le raz de marée de la petite bourgeoisie prolétarisée et bien sûr la perte de la syntaxe pour finir par la disparition de la pertinence de la parole (d'honneur). On s'accordera à reconnaître à M.Camus le soin qu'il apporte a ausculter ce "grand corps malade" et la qualité de son compte rendu exhaustif de ses maux et symptômes bref de son étude épidémiologique. On ne boudera donc pas cet éclairage rendu insupportable au regard niais de notre époque qui abhorre fixer les choses et à ceux dont l'accoutumance à l'obscurité du jugement les empêche de voir. Le constat est donc parfait et à l'image des paradoxes de nos temps l'on peut jouer les fins gourmets devant un cadavre en putréfaction.
Il n'en reste pas moins que la "mécanique explicative" de la décivilisation me semble tronquée et qu'on doive se contenter de remonter à la source d'un symptôme par un autre symptôme et dès lors il n'est pas étonnant de voir Renaud Camus évoquer "un enchainement des causes circulaires". Remonter à la source des maux nous amène sur un terrain que M.Camus lui même n'ose pas aborder et les mauvaises nouvelles idéologiques pourraient être encore plus désagréables. Entre autres la chose inavouable dans tout l'occident c'est de parler de la nocivité des sciences et techniques (l'impact sur les organismes, l'ADN,le psychisme...) , du point de vue matérialiste et technicien qui a tout submergé jusqu'au langage. M. Camus étrangement rapporte qu'il est de bon ton de fustiger la pensée utilitariste mais ou diable l'entend t-il ? alors que cette doctrine est, certes indirectement (rentabilité , efficacité), louée tous les jours dans tous les domaines.

La mauvaise nouvelle pour l'intellectuel occidental c'est donc aussi de ne pas vouloir regarder les conséquences des philosophies individualistes et libérales qui prônent les qualités d'un être abstrait élevé hors sol dont la pousse majeure est un être dépourvu de sur-moi, un pervers narcissique pour qui l'autre est uniquement un moyen( l'origine du « moimisme »). Il est un peu aisé de dire que ce sont simplement les actes et comportements délibérés qui aboutissent au marasme actuel, on peut tout de même évoquer la notion du consentement fabriqué et pré- digéré en passant en revue l''histoire des idées dominantes et le mimétisme pathologique sans tomber dans le concept du complot. Ce n''est pas un hasard si parmi les litotes contemporaines citées par M.Camus il manque les fameux « défis » qui sont tout simplement des impasses compte tenu du point de vue libérale libertaire en vigueur. Serait-on face à cet inconscient de l'inconscient comme le nommait Michel Clouscard c'est à dire tout simplement le visible et à ne pas vouloir le voir ?

Ou est passée également l'hyper rationalisation, cette défaite de la pensée, de la raison (titre d'un livre de son ami Alain...) qui a émergé au XX ème siècle, dans les arguments de M.Camus ? c'est bien elle pourtant la grande niveleuse. Ainsi les programmes scolaires sont-il conçus par les sciences de l'éducation et la pédagogie qui forment les "référentiels" souvent européens (pour les langues) dont les enseignants ont ordre d'appliquer. Il est aussi regrettable que tous les sociologues soient considérés comme des complices de l'idéologie dominante, je conseille à M.Camus de lire Richard Sennet et avec lui de comprendre la nocivité du management incarnation de l'esprit scientifique appliqué au comportement obligatoire dans l'entreprise, tout comme le management est le faire agir la communication est le faire parler et refuser ces normes c'est se condamner à un suicide social car la prescription dominante est ici à l'œuvre de manière implacable mais de façon étrange ici le mot idéologie n''apparaît pas alors qu'elle correspond parfaitement à l''altérité de zombies, à l''hébétude et à la psychose qu''il cite.

Aucune référence de ces maux dans le livre de M.Camus. Aussi M.Camus semble dire que les formes d'usage sont des coquilles vides mais que comme telles elles sont nécessaires, on retrouve ici toute l'esthétique homosexuelle française (de Proust en passant par Barthes à Foucault) qui n'aime rien moins que jouer avec les signes et aduler les combinaisons de leurs formes en leur niant toute substance ou fonction organique. Toujours cet affrontement entre l''esthétique et l''éthique, à la subtilité de l''esprit l''homosexuel lui choisira les apparats raffinés d''un monde désacralisé.
On ne peut in fine évoquer la dé-civilisation sans remettre en question l'idée de "progrès" (telle que l'a formulée Christopher Lasch par exemple) qui est par excellence la mauvaise nouvelle idéologique, elle aussi absente des lignes de M.Camus.
Sans doute n''était ce pas le but de l''ouvrage que d''aborder la décomposition d' un point de vue purement philosophique néanmoins les concepts de M. Camus sont trop floues, élastiques et superficiels pour qu''à la fin il ne tombe pas sous son propre jugement et apparaisse juste comme un bourgeois nostalgique des formes du passé fustigeant les dignes héritiers de sa classe. Tout comme chez son ami Finkielkraut les ravages du tout marché sont très peu abordés, ce qui est regrettable lorsqu''on a compris qu'il ne s'agit pas simplement pour les industriels de construire des gadgets mais les gens pour les acheter, et que pour y parvenir il faut exploiter la libido sous sa forme la plus frustre par le truchement de la pulsion et de l''exploitation systématique des désirs. L'idée du marketing, grand prescripteur s''il en est, est absent du livre de M.Camus c''est pourtant lui l''acteur majeur de la « culture industrielle » et de la prolétarisation sans compter que c''est lui qui ruine toute tentative d''éducation et qui maintient le consommateur dans l''état irresponsable de la minorité. Pour les analyses purement philosophiques on se reportera avantageusement aux essais de Bernard Stiegler qui montrent que la prolétarisation a commencé à enlever l'outil au travailleur c'est à dire son savoir faire pour finir par lui enlever son savoir vivre et que ce sont les exigences du système économique fondé sur les idées libérales et son bras armé du droit qui dictent la marche accélérée de la catastrophe annoncée depuis bien longtemps.

Le côté quelque peu superficiel des analyses de M.Camus est flagrant lorsqu'il évoque le cas de la Grèce pour la rendre seule responsable de son sort arguant que sa fraude générale aurait compromis son environnement tels que les pays fiscalement plus rigoureux. C'est vite oublié l'hypocrisie des dits pays rigoureux (Allemagne et bien sûr la France, rigoureuse?) qui ont su profiter de la manne Grèce en lui vendant un arsenal d'armes très couteuses ou de certaines entreprises (Siemens) dont la corruption a été prouvée.On demande de réduire les dépenses de l'Etat mais continuez d'acheter nos armes...
C'est vite passer aussi sur les représentants officiels européens ou membres de Lehman Brothers (Mario Monti) qui ont truqué les chiffres de la Grèce pour la faire rentrer dans l'eurozone et qui passent aujourd'hui pour des modèle de rigueur. Quand deux parties décident d'un commun accord de miner un terrain et qu'un accident surgit les responsabilités sont partagées. De manière récurrente M. Camus est bien conciliant et timide avec les "élites" et ne semble pas mesurer le degré de corruption généralisée.

Quant aux délinquants des banlieues ou divers dégénérés la bonne nouvelle c'est qu'on peut dire qu'ils sont parfaitement intégrés, ils sont juste le miroir inversé de la mentalité des délinquants en cols blancs et ont parfaitement intégré le mot d'ordre généralisé "jouissez maintenant par n'importe quel moyen". C'est l'inavoué que M.Camus n'ose encore exprimer à savoir qu'il n'est pas possible de découpler la culture moribonde ou plutôt le culturel de l'économie libérale et que réformer à la marge le système pour recouvrer un semblant d'humanité est un leurre. Comme le disait Valéry les civilisations sont mortelles et pour appuyer Spengler lorsque le processus de décadence et de chaos est en marche rien ne peut l'arrêter, il n'y a plus qu'a miser sur sa destruction totale.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 4, 2012 12:45 PM MEST


L'école, le numérique et la société qui vient
L'école, le numérique et la société qui vient
Prix : EUR 3,99

14 internautes sur 23 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 la société qui ne viendra pas, 5 février 2012
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'école, le numérique et la société qui vient (Format Kindle)
La prise de parole alternée des auteurs est à la fois enrichissante et symptomatique d'une impuissance collective. Ces acteurs et penseurs éminents font un constat circonstancié de la situation de l'éducation en France et on se demande encore comment un tel désastre puisse encore mériter une telle attention et persister à nourrir des espoirs pour un improbable avenir.J'ai bien peur que nous restions dans le ciel des belles idées, en effet si le programme des différents auteurs est digne de respect voire d'admiration pour son ambition il ne règle pas moins la question de savoir ce qu'on fait de ceux qui sont échoués sur le rivage du présent,individus mazoutés par la bêtise du marketing et par la rationalité standardisée des "référentiels" dont l'imperméabilité à la critique est basée sur la forteresse du déni de réalité dans laquelle se cloître la tour de contrôle.
Concrètement quelles sont les directives les orientations aujourd'hui? Qui décide ? Le collège aujourd'hui est soumis à des orientations européennes dont le socle commun est une grille de lecture en vue de l'employabilité des futurs prolétaires pour qui on a coché plein de cases "je sais faire ". le grand mot de l'éducation en vogue pour le lycée c'est "l'autonomie" pour préparer le lycéen à l'université, mettez un adolescent devant l'ordinateur et vous verrez quelle est la forme de l'autonomie.La réflexion bête et méchante c'est les étudiants n'ont pas d'autonomie à l'université il faut donc leur en donner avant, c'est un peu comme l'économie de marché ne marche pas parce qu'on a pas assez libéralisé tout en constatant toujours plus de dégâts.L'éducation c'est aussi être confronté à des inspecteurs prêts à justifier n'importe quelle réforme sans aucun dialogue pourvu qu'elle soit impraticable et ne coûte rien si ce n'est soumettre les enseignants à de nouvelles contraintes absurdes.Ne pas aborder le système de hiérarchie au sein de l'éducation est passé à côté de l'essentiel, comme partout ailleurs on méprise les opinions et initiatives de ceux qui sont sur le terrain et qui voient ce qui se passe: des situations familiales impossibles qui entraînent des problèmes de comportement toujours plus patents. Sur tout ces problèmes le numérique n'a aucune réponse ! Bien au contraire n'importe quel CPE passe aujourd'hui son temps à régler des problèmes sociaux aggravés par facebook, MSN et le porno...Oui une bêtise intelligente est à la manœuvre toujours plus efficace dans son œuvre de destruction des rapports humains.

On ne peut s'empêcher de penser à ce que disait C.Lasch "Mass education, which began as a promising attempt to democratize the higher culture of the privileged classes, has ended by stupefying the privileged themselves"
Et on aura une pensée toute particulière aux formateurs VRP qui vendent leurs produits pédagogiques en utilisant "les éléments de langage" leurs PowerPoint stéréotypés et les méthodes du management,faisant volontairement abstraction de la réalité du terrain enfermés qu'ils sont dans leur représentation du monde mécaniste et surannée. Comme le souligne Rifkin c'est par la relation et l'empathie que la conscience et l'individu se construisent et non pas par d'un côté un formateur et de l'autre un apprenant dans leur environnement abstrait qui s'envoient des messages tels des émetteurs et des récepteurs chacun isolé sur son îlot.
"I am grading papers with the usual sense of futility. I keep simplifying my course in 20th century American history, but the students keep getting dumber faster that I can simplify it" Christopher Lasch
Il est regrettable que les sujets comme l'évaluation soumise aux formes pratico formelles de la rationalité ne soit pas abordée comme on peut le trouver chez Rolland Gori qui a compris lui que le savoir formel que transmettent tous les dispositifs de rééducations de la société ne concerne pas tel ou tel enseignement mais les formes de vie que les normes imposent aux humains, les technologies numériques en sont un exemple patent pour ne pas dire pathologique,devenu d'ailleurs presque un synonyme de pédagogie!
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 16, 2013 7:22 PM CET


Page : 1