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Contenu rédigé par freddiefreejazz
Classement des meilleurs critiques: 115
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Commentaires écrits par
freddiefreejazz (Somewhere...)
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Miles Ahead
Miles Ahead
Proposé par westworld-
Prix : EUR 15,85

5.0 étoiles sur 5 arrangements inoubliables pour chef-d'oeuvre atemporel..., 26 mai 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Miles Ahead (CD)
Ce disque a été maintes fois commenté. Le chroniqueur ci-dessus en a dit par ailleurs l'essentiel. La mienne n'est là que pour enfoncer le clou. Ou pour le dire autrement, si vous ne vous êtes pas procuré ce disque magistral, cette pépite qui se doit de figurer dans toute bonne cédéthèque de jazz ou digne de ce nom, c'est le moment ou jamais. Miles Ahead marquait le début de la collaboration de Miles avec Gil Evans (pianiste et arrangeur à ne pas confondre avec Bill Evans). Album lyrique et inoubliable en tout point, tant les qualités sont nombreuses, Miles Ahead est un pur ravissement pour nos papilles auditives. C'est l'album que l'on croit connaître dans la discographie du trompettiste. Et pourtant, soit on l'a écouté d'une oreille distraite, soit on l'a occulté parce qu'à cette époque, on préférait les plus petites formations, celle notamment avec John Coltrane et Cannonball Adderley (jusqu'au sémillant et magnifique Kind of Blue). Au fil de nos déménagements, on l'a peut--être égaré, et c'est bien des années après qu'on le redécouvre avec des oreilles toutes neuves. Le temps file mais ce disque reste comme l'un des plus beaux dans la discographie de ce musicien qui sonne ici merveilleusement. Plusieurs éditions existent, mais je vous encourage vraiment à privilégier celle de 1997 chez Sony Columbia. Un coffret avait été publié quelques mois plus tôt, mais personnellement, j'ai toujours préféré le disque avec sa pochette d'origine (d'ailleurs, celle-ci, on la retrouvera au dos de la pochette) présentant la session d'origine plutôt que le gros coffret. André Hodeir signe les notes de livret et nous apprend maints détails concernant la session de Miles Ahead. C'est un disque en grande formation donc (plus de 19 musiciens). C'est surtout un disque qui n'a pas vieilli. A l'origine, dix compositions auxquelles se sont rajoutées pour cette réédition quatre inédits (répétitions, faux départs, que l'on trouvera à la fin de l'enregistrement).


Balladscapes
Balladscapes
Prix : EUR 18,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 l'art de la conversation par deux géants du jazz..., 21 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Balladscapes (CD)
Dans le milieu du jazz, on ne présente plus ces deux géants de l’improvisation libre. Le pianiste Richie Beirach et le saxophoniste Dave Liebman sont deux musiciens indissociables et quasi-inséparables, deux « monstres sacrés » ayant derrière eux une carrière de plus de cinquante ans ! Alors, forcément, quand on invoque leurs noms, on pense à la qualité de leur jeu, à la sincérité de leur démarche artistique, et puis à toutes ces rencontres déterminantes au fil des années. Ces deux là ne se sont quasiment jamais perdus de vue. Ils se sont rencontrés à un moment crucial de leur carrière, quand le premier jouait aux côtés de Miles Davis, le second quand il était au sein du quartet de Stan Getz (début des années 70). Bref, leur exigence musicale est telle qu’il n’est pas permis d’ignorer leurs discographies respectives. De les avoir vus tout deux en concert (Liebman en duo avec Marc Copland, et Richie Beirach en solo) fut une expérience inoubliable. Par ailleurs, au sein du collectif Quest ou dans des projets annexes, ces deux là nous ont offert au fil des années une musique rustique et peu ordinaire, principalement axée sur l’héritage laissé par John Coltrane, Miles et Bill Evans. Les voici donc à nouveau réunis pour une énième performance en duo, dans un disque publié cette année par le label Intuition (on se souviendra longtemps d’un des tout premiers qu’ils ont gravés ensemble, le superbe Double Edge chez Storyville au milieu des années 80). Âgés de 69 ans (Liebman) et 68 ans (Beirach), nos deux esthètes se sont débarrassés depuis pas d’années de tout ce qui pourrait rappeler de près ou de loin leur côté démonstratif. Et c’est d’autant plus flagrant avec ce superbe « Balladscapes » (association de deux termes : « ballades » et « paysage ») qui s’écoute comme un dialogue épuré d’une beauté exceptionnelle où la simplicité de l’expression lyrique nous dit l’essentiel de leur esthétique musicale. Point de technique ostentatoire par ici. Juste l’art de dire et de raconter. Au final, une approche très expressionniste avec un art de la demi-teinte et de la nuance incomparable. Beirach peint des « paysages » avec ses harmonies tandis que Lieb apporte une palette de couleurs avec des pastels à la fois tendres et secs. Deux poètes donc, deux esthètes. Deux artistes dans le sens le plus noble du terme.

Ce disque intimiste raconte tout simplement la fin d’un monde. Le nôtre. Le leur… On y sent une certaine nostalgie et un sens de la dramaturgie incomparables, mais le tout est servi sans excès, ni complaisance. Bref, ça n’est pas larmoyant, et ça ne verse pas dans la sensiblerie ou le je-ne-sais-quoi d’insipide. C’est un livre ouvert, une toile de maître composée à quatre mains. Dans ce monde de brutes et d’indécence extraordinaire, il est donc parfois nécessaire de revenir à l’essentiel : l’essence de la musique. Ici c’est parfois déchirant (la version de « Siciliana », composition de J.S. Bach, y exprime des émotions rares, à vous donner des frissons!). C’est surtout d’une beauté où le baroque se rit du temps qui passe. On pense à tous ces poètes, Shelley, Lord Byron, Wordsworth, et à tous ces grands stylistes du XIXème siècle. Car oui, cette musique aurait pu être écrite au cours du siècle dernier (fin du XIXème ou début du XXème). On pense alors à Debussy et Ravel (« Master of the Obvious »). Aussi, un répertoire pareil, constitué exclusivement de ballades, c’était franchement risqué. Qui plus est en duo ! Mais la réussite d’un tel projet tient de par son caractère à la fois spontané et très écrit. Ce disque est donc la plus belle synthèse d’une association musicale incontournable. Les néophytes comme les amateurs les plus exigeants y trouveront leur compte, parce que les musiciens pensent leur art avant toute chose, sans la posture d’auto-complaisance que l’on trouve chez beaucoup d’autres artistes. Et puis, il y a la richesse et la variété des climats. C’est l’une des qualités majeures de ce grand disque qui ne tombe jamais dans la redite ni dans les notes superflues. Enfin, c’est la générosité de deux artistes qui nous bouleverse là encore (1).

Parmi les perles, on trouvera un certain nombre de standards du jazz (« For All We Know », « Moonlight In Vermont », « Lazy Afternoon »), quelques compositions de Wayne Shorter (« Sweet Pea ») et de John Coltrane (« Welcome », « Expression »), et puis d’autres issues d’un répertoire personnel (la plus émouvante étant sans doute « DI », clôturant un répertoire déjà riche en harmonies et en surprises). « DI » mais aussi « Master of The Obvious » sont autant de perles incomparables de par leur caractère unique et leurs climats nocturnes inquiétants. Un vrai envoutement et une intensité qui ne laissent pas de place au récit sédatif ou soporifique (1). Mais on pourrait tout aussi bien évoquer la magnifique interprétation de « Quest » où dans l’art du dialogue, les deux complices atteignent un niveau de musicalité d’une finesse et d’une retenue plutôt rare (écoutez le soutien de Beirach, ses contrepoints discrets, ses silences, son sens de l’espace, d’une pudeur bienveillante…). Quand survient « Day Dream », on ne pouvait rêver mieux. C’est la conclusion en apothéose d’un disque qui fera date (2). Dans ce répertoire très homogène et parfait dans ses intentions, où l’exceptionnel côtoie le sublime, on ne sera pas étonné d’entendre Liebman jouer aussi bien du saxophone soprano que du ténor. Sur les deux instruments, il est vraiment un maître. Sonorités à la fois claires et lumineuses. Au fil des écoutes, le niveau est tellement élevé que l’on ne peut qu’être tenté de mettre la note maximale (lors d’une première découverte, j’étais parti pour quatre étoiles, mais les émotions sont tellement fortes que l’auditeur que je suis se désagrège littéralement à la deuxième puis à la troisième écoute).

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(1) On n’oubliera pas de mentionner cette superbe version signée Carlos Jobim (« Zingaro »), au cours de laquelle Lieb alterne le jeu à la flûte bamboo avec le saxophone ténor. Simple et sublime à la fois.

(2) « Balladscapes » vient d’être publié par le label Intuition. Sortie dans les bacs le 11 mars 2016. Michael Cuscuna signe les notes de livret. Prise de son exceptionnelle. Treize titres et un minutage parfait : 73 minutes de grande musique.

(3) Dans l’art du dialogue, Liebman nous avait gratifiés de quelques galettes savoureuses: que l’on songe à Nine Again (en duo avec Franco D’Andrea), Manhattan Dialogues (en duo avec Phil Markowitz) et enfin Bookends (avec Marc Copland).


Les Couloirs du Temps
Les Couloirs du Temps
Prix : EUR 15,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 temps poétiques pour duo essentiel..., 16 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Couloirs du Temps (CD)
Disons-le d’emblée : c’est une surprise de taille, pour ne pas dire un moment unique, un moment rare et privilégié. Le saxophoniste Michael Alizon en duo avec le pianiste Jean-René Mourot, deux musiciens de la scène hexagonale (retenez bien ces deux noms), nous offrent un disque musqué, poétique et dont les circonvolutions musicales nous font un bien fou. Mieux, c’est un disque de toute beauté, de ces disques bien trop confidentiels pour que l’on puisse en parler à tort et à travers. Je ne connaissais aucun des deux artistes ici présents (âgés à peine d’une trentaine d’années, ils ont joué avec pas mal de leurs confrères). Mais dans ce dialogue, une chose est certaine : ces deux équilibristes jouent et s’expriment dans un art du dialogue que l’on croyait irrémédiablement perdu. Musique cinématographique et rêveuse, pour ne pas dire brumeuse, évoquant chez celle ou celui qui l’écoute un imaginaire fécond, « Les Couloirs du Temps » est un grand moment de musicalité. Les deux musiciens qui semblent composer en improvisant et improviser en composant, voués corps et âme à la Musique, nous offrent près d’une heure d’ivresse et de rêverie noctambule. Point « facile » (mais qu’est-ce qu’une musique facile ?), mais point savante non plus, « Les Couloirs du Temps » est le fruit d’un immense travail sur l’échange et les compositions. Il s’adressera avant tout aux amateurs de jazz et de musiques improvisées qui veulent savoir où l’on en est dans l’Hexagone en termes de création jazzique. Plus classique que n’est le duo de Matthieu Donarier avec Sébastien Boisseau (Wood publié par le label Yolk), « Les Couloirs du Temps » n’en demeure pas moins important, tout simplement parce que la musique y est d’une exigence inouïe, mais aussi d’une fraîcheur et d’une poésie incommensurables.

Gravé en studio en janvier 2015, « Les Couloirs du Temps » possède de surcroît un espace vital tel que l’on y côtoie toutes sortes de climats (entre Debussy et même Bernard Hermann). Les sonorités du saxophone ténor de Michael Alizon sont rondes et veloutées. Superbes (1). Au saxophone soprano, il est d’une belle assurance également (extraordinaire sur « Subrepticement » et « En aparté »). Quant à Jean-René Mourot, ses interventions, son art du dialogue sont tout bonnement sublimes, axant son jeu sur des ostinatos tantôt sombres tantôt nerveux, tantôt langoureux. Du grand art ! Son sens de l’espace et de la répartie, en font un exégète impressionnant. Mais au-delà de la technique et de la clarté instrumentale dans une telle performance, jamais l’auditeur ne ressentira l’ostentatoire ou la démonstration. La dramatisation de certaines pièces (« Bille en Tête ») est toujours au service d’émotions rares et renouvelées. Tableaux de maître, aquarelles somptueuses, « Les Couloirs du Temps » évoquera tantôt le piano de Paul Bley (« En aparté »), tantôt celui des grands interprètes de musique classique.

Le plaisir et la qualité d’écoute sont tels que c’est un disque vers lequel on reviendra forcément. Après les deux premiers thèmes (« Le Monde des Ondes » et « Hors-Champ »), c’est donc un récital très intimiste, à réserver aux musiciens et aux mélomanes. On admirera la tendresse dans « Temps Confidentiel », chef-d’œuvre de musicalité absolue, sans que celui ne tombe dans la sensiblerie ou le récit mièvre. Ce thème vous vrille l’âme comme ça n’est pas permis. Au fil des écoutes, la certitude de tenir une perle rare donc, où le temps s’arrête, où plus rien ne compte si ce n’est la Musique qui nous est servie sur un plateau d’argent ! Loin de l’esprit consumériste et aseptisé que je redoute tant en ces temps d’anesthésie générale, « Les Couloirs du Temps » est une œuvre indispensable. Ce sont des musiciens, c’est une musique qu’il faut vite retrouver dans nos salles de concert. Inspiré du jazz, des musiques improvisées et même du cinéma (comment ne pas songer à « Vertigo » en écoutant le sublime « Hors-Champ » ?), les deux artistes donnent à entendre un art du dialogue rare. Le leitmotiv étant le temps : le temps passé, le temps présent, mais aussi le temps de la rencontre, le temps du silence, le temps suspendu… Je laisserai le dernier mot à un critique (Henning Bolte) publié sur le site « allaboutjazz » et qui résume très bien mon sentiment : « Le concert peut s'apparenter à un récital chambriste et intimiste, sans aucune forme d'électronique, entièrement acoustique. Dans les compositions, on retrouve une écriture contrapuntique et rigoureuse, dans un jeu de précision, et des moments improvisés en rapport avec les éléments d'écriture, le tout dans une conscience de l'instantané. La complicité entre les deux musiciens permet un jeu très varié dans les dynamiques, et une grande spontanéité dans le déroulement des pièces. La légèreté de la formule permet un espace de liberté, et de surprise dans l'interprétation du répertoire ».

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(1) Le saxophoniste a également publié un ouvrage (Le Jazz Facilement, aux éditions Dhalmann), une méthode d’initiation au Jazz et à l’improvisation. Enfin un grand merci à Franpi Sunship pour la découverte de cette pépite.


Shift
Shift
Prix : EUR 18,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 shift et passez à autre chose..., 14 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Shift (CD)
Quand une ribambelle d'artistes talentueux (qu'on ne manquera pas d'aller voir en concert) jouent et signent pour un label de plus en plus consensuel, forcément, quelque part ça fait mal. Shift gravé par le saxophoniste Logan Richardson (entendu aux côtés de Yaron Herman) est un disque banal, et pire encore : d'une prétention sans borne. Entouré de musiciens dont on ne cesse de répéter les qualités ici et là (Pat Metheny bien sûr, mais aussi Jason Moran), le saxophoniste nous offre une musique qui avait tout pour plaire au départ. Des compositions travaillées, mais aussi une saturation, un débordement, un trop plein, qui n'atteint hélas pas son but. Cette musique ne respire pas. Elle n'est pas aérée. Heureusement, dès les premiers thèmes, l'ingénieur du son a préféré shunté les morceaux (Imagine), les musiciens ne pouvant plus s'arrêter de jouer et de faire dans le remplissage. C'est soporifique, prétentieux, et surtout vide de chez vide...

Com' à développer.


Nihil Novi
Nihil Novi
Prix : EUR 18,37

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 consensuel et déprimant..., 14 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Nihil Novi (CD)
Tout dépend de ce que l'on attend d'un disque. Si l'on veut une musique pour ambiance « lounge » un peu jazz, un peu soul, un peu R'n'B, ou un peu tout cela à la fois, celui-ci devrait faire l'affaire. Maintenant, si l'on cherche un disque exigeant, une expérience sonore inoubliable, on ira voir ailleurs… « Rien de nouveau » de toute façon, comme le rappelle le titre de cette galette d’une banalité affligeante publiée par Blue Note en mai 2016. Bon, il est clair qu’il faut aussi parfois se défaire de quelques préjugés avant d’évaluer un disque : l’écouter un nombre de fois suffisant après un temps de latence nécessaire me paraît toujours une bonne démarche. Seulement voilà, il est bien dommage (constat sans appel après une après-midi à l’écouter en boucle) que le saxophoniste se soit enfermé dans un projet pareil (Il s’agit de son premier album sous le légendaire label). Projet alimentaire ? Sans doute. De toute façon, faut plaire au plus grand nombre aujourd'hui... Et comme le jazz ne se vend quasiment plus (moins de 3% des ventes globales en terme de musique), on en arrive à ce genre de production consensuelle… Autant élargir la « palette » donc, quitte à se compromettre… Car après tout, ce qui compte, au delà des chapelles, ce sera toujours… la Musique. Et celle-ci « dira » beaucoup de choses… ou au contraire, bien peu… Bien plus qu’un disque de Marcus Strickland, ce « Nihil Novi » est surtout la signature de Meshell Ndegeocello (elle en est la productrice). La bassiste est bien connue des amateurs. Les aficionados du RH Factor de Roy Hargrove et de D’angelo devraient également apprécier (textes lus, climats hip hop, soul). Hélas, l'ensemble est loin d'être inoubliable... La faute sans doute à une production de plus en plus conformiste et consumériste…

Il s'adressera sans doute à un public « branchouille » (ou qui croit l’être…), et qui n'en a rien à foutre du jazz ou du parcours de tel et tel musicien. Tant que la musique procure un bien être immédiat, qu’elle ne prend pas la tête, qu’elle se consomme comme du jus de carotte, ça ira... il y a certes du travail derrière cette production Blue Note (un comble quand on y repense, mais Blue Note a toujours été fidèle aux tendances de son époque, aux modes, etc.), mais c'est quand même, ne nous y trompons pas, un disque bien à l'air du temps. Entre morosité ambiante, vide intersidéral, prêche conservateur (« Cherish Family »), et annonce pré-apocalyptique (le saxophoniste vêtu tout de noir, entre prêtre et gourou d'on ne sait quelle secte...), « Nihil Novi » nous parle sans doute de notre condition humaine caractérisée par l’ennui généralisé, l’aliénation ou l’apathie. En tout cas, il semble raconter un peu tout cela… Déprimant. Tandis que je le réécoute (Le titre est tiré d'une citation latine, mais la racine du mot « nihil » trouvant la même racine que le mot « nihilisme » n’aura échappé à personne…), l'intention est claire: produire un jazz dont l'esthétique caresse forcément l’auditeur dans le sens du poil avec des jus de basse bien sentis. Ainsi il n’y a rien à dire de cette époque… Seul comptent le vide et le plaisir immédiat. Les soufflants assurant le minimum syndical. On pourra toujours reprocher au saxophoniste de se noyer dans ces nappes électro, ces samplers et autres remixes. Et surtout d'être si peu entendu, même quand il enfourche le soprano…

Le constat est sans appel et cela est fort regrettable car l'ancien saxophoniste de Roy Haynes a un potentiel énorme. Bref, au risque de me tromper, je ne crois pas que ce disque fera date, même s'il reste à ce jour le projet le plus personnel de ce musicien natif de Floride (Marcus Strickland est né en 1979)... Pourquoi ? Parce qu'il part un peu dans tous les sens (on aura même droit à des sonorités légèrement reggae sur « Sissoko’s Voyage »). Bref, voici un album qui se perd dans des notes superflues. Un album pharmacologique, sans direction ni décision bien déterminée... En somme, pour moi c’est le genre de disque qui ne s’assume pas. Trop d'influences (mal digérées?). D'Angelo, Ndegeocello, Prince, Henry Mancini... En voulant trop en dire, le leadeur perd ainsi le fil conducteur de son propos (à tel point que le saxophoniste ne sait où vraiment aller, ni dans son jeu ni dans les compositions...). La talentueuse Meshell Ndegeocello (que l’on a vu en concert et dont le groove n’est un secret pour personne) y laisse forcément son empreinte, mais tous ces samplers, et cette voix façon Norah Jones (« Alive »), avec ces remixes, me laissent des sentiments très, très mitigés et si la seconde partie est bien plus passionnante que la première (le superbe « Mirrors »), cela reste au mieux un disque sympathique au pire un ersatz, un disque très hétérogène, voire très complaisant par endroits (1)... Ambiance « lounge » donc qui, malgré tout, laissera une empreinte pour consommateurs avertis et illustrera cette décennie qui a peur de prendre des risques (musiciens y compris). Disque « collector » dans quelques années ? Même pas sûr...

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(1) Les musiciens aux côtés de Marcus Strickland (clarinette basse, saxophone ténor, saxophone soprano et alto) : Yuki Hirano est aux claviers, Mitch Henry à l’orgue, Kyle Miles à la basse, Charles Haynes à la batterie. Jean Baylor (la chanteuse) figure sur quelques plages. Au final, laisser pareille évaluation m’attriste un peu, car j'ai beaucoup d'estime pour ces musiciens (y compris Meshell Ndegeocello), et il y a des idées bienvenues au niveau des arrangements (« Celestelude »). Mais c'est un disque plein de nougatine, rien de plus. Et rien de moins.


Highway 301
Highway 301
DVD ~ Steve Cochran
Proposé par [mediapromo]
Prix : EUR 9,99

3.0 étoiles sur 5 intérêt limité..., 14 mai 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Highway 301 (DVD)
Ce film est d'un intérêt limité. Pourtant passionné du film noir, ce film à la morale bien bourgeoise, n'a rien de passionnant. Les Tueurs de Siodmak ou encore Asphalt Jungle de John Huston sont bien plus inoubliables. Voici donc un petit film avec Steve Cochran. Quelques scènes sont bien vues, mais hélas, ça fait bien trop peu. On peut voir, mais Highway 301, basée sur une histoire vraie, ne laissera pas de souvenirs inoubliables..


The Bribe
The Bribe
DVD ~ Robert Z. Leonard
Proposé par PREMIERE
Prix : EUR 11,90

3.0 étoiles sur 5 film noir exotique..., 14 mai 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Bribe (DVD)
Comme il l’est mentionné dans le livret qui accompagne ce dvd (issu de la collection « Films Criminels »), « le nom de Robert Z. Leonard accolé à un film noir sonne d’emblée comme une erreur de casting ». Je ne connaissais pas ce réalisateur, mais effectivement, après une première vision, il y a quelque chose qui ne fonctionne pas tout à fait ici. Manque de sincérité ? Film de commande ? La mise en scène m’apparaît par ailleurs poussive, voire convenue (après un début prometteur). Robert Z. Leonard a eu l’intention de faire un grand film avec de grands moyens (la MGM le soutint dans ce projet), mais le résultat n’est pas des meilleurs qui soient. Pire : que de pareils acteurs (Robert Taylor et Ava Gardner) ne soient pas toujours bien dirigés est quelque peu regrettable. Tavernier et Coursodon ne sont pas particulièrement tendres avec le cinéaste, notamment dans 50 ans de Cinéma Américain, ouvrage dans lequel ils égratignent le réalisateur : « Quarante-cinq ans de médiocrité entrecoupés de rares éclairs ». Et « The Bribe, un mélo policier assez médiocre ». Pour ma part, je dirai, plutôt « anecdotique »... Après ce préambule, à quoi bon en écrire davantage? Leur appréciation, si elle se fonde sur la vision d’un très petit nombre de films, comme ils le reconnaissent eux-mêmes, est sans concession, et mes sentiments à la vision de The Bribe semblent hélas confirmés. Bon, je ne serai sans doute pas aussi excessif avec ce cinéaste (d’abord parce que je suis loin d’avoir tout vu de sa filmographie), mais voici quelques pistes pour celles et ceux qui se tâteraient encore pour savoir si on peut se procurer The Bribe ou non... Oui, on peut se le procurer si l’on n’est pas trop regardant sur quelques faiblesses de mise en scène et surtout si cette période hollywoodienne vous intéresse. Des cinéphiles noctambules et bien plus connaisseurs citeront, sans doute, Pride and Prejudice (réalisé en 1940) ou encore The Great Ziegfield (oscarisé en 1936), et enfin ce film parmi les plus grandes réussites de ce cinéaste prolifique ayant commencé sa carrière en… 1914 (avec une flopée de films muets). Quant à l’édition, j’y laisserai quelques remarques (voir plus bas).

S’il a quelques défauts, The Bribe possède aussi quelques qualités : et la première raison de voir ce film, c’est bien sûr la présence d’Ava Gardner (encore très jeune). Elle crève littéralement l’écran dès son apparition dans le cabaret (décolleté noir, ventre dénudé, sa posture de chanteuse de charme, ses gestes lorsqu’elle allume une cigarette puis éteint une allumette sont inoubliables…). Autrement dit, les quinze premières minutes sont franchement réussies. C’est seulement après que ça se gâte un peu (dès l’arrivée du mari alcoolique). Le flic a trouvé les premiers suspects (le couple qui tient le cabaret) et « The Bribe » est donc une sorte de mélo policier, se situant entre Gilda et Affair In Trinidad (on pourrait même avancer quelques titres exotiques comme To Have and to Have Not, le film légendaire de l’incomparable Howard Hawks). Toute une époque donc ! Les années 40 dans leur splendeur et leur glamour ! Les acteurs sont donc le tout premier intérêt, ou disons le premier attrait de ce long-métrage de 1h30. Robert Taylor était la star de l’époque (avec Clark Gable), et Ava Gardner qui avait fait ses débuts quelques années plus tôt (que l’on se souvienne du film de Robert Siodmak, ce bijou de film noir, The Killers) y est parfois touchante. Plantons vite le décor : Les Caraïbes, juste après la guerre. Une chaleur torride. Un hôtel miteux où l’on transpire à grosses gouttes, où l’on s’éponge le front à l’aide d’une serviette ou d’un mouchoir, population hétéroclite, une trame policière... Un homme médite seul dans sa chambre. Il est sur les nerfs et médite sur l’honneur. Le récit plutôt opaque (mais pas à la manière stylisée de Out of the Past ou de The Big Sleep) est entrecoupé de flashbacks. On comprend vite que cet homme est flic. Noir et blanc classique (1). « The Bribe » se regarde ainsi à mi chemin entre le film noir et le film d’espionnage…

Les Etats-Unis sont sortis « vainqueurs » de la seconde guerre mondiale et semblent dominer le monde comme jamais. Il faut d’abord voir ce film dans ce contexte là précisément. L’Amérique sûre d’elle-même, sûre de son art de vivre, sûre de son message : « le meilleur des mondes ». L’idée de départ est intéressante. De quoi l’Amérique peut-elle douter ? De quoi l’être humain peut-il douter ? Cette enquête de routine sur un détournement de fonds publics doublée d’une banale histoire de vols de surplus de guerre et de recyclage de moteurs d’avions de guerre revendus par de puissants hommes d’affaire américains à des pays d’Amérique du Sud est donc secondaire. En un quart d’heure, l’affaire est pliée, les coupables sont identifiés. Dans ce film d’espionnage qui n’est qu’un prétexte pour une romance soi-disant torride, sur une île perdue, où la tempête gronde, où la pluie bat les fenêtres, où des amants jouent à cache-cache (lequel dupera l’autre ?) nous autres spectateurs baignons dans une atmosphère propre au genre (2). Celui qui veut coincer l’autre sera à son tour coincé… Quelle est la limite entre mission professionnelle et histoire de cœur ? Le fait que le flic tombe éperdument amoureux de la chanteuse ne laisse malheureusement que peu de place au mystère qui semblait de mise au tout début (délicieuse voix off, agacement et sale caractère de la chanteuse, manipulations). Enfin, dans les seconds rôles, parmi les « affreux, sales et méchants », on trouvera ces immenses acteurs que furent Charles Laughton (génial comme d’habitude) et Vincent Price (superbement cabotin, veule et fourbe). « The Bribe » n’est hélas pas un plaisir « absolu » de cinéphilie (la mise en scène m’apparaît bien souvent bancale). Au mieux, on le regardera une fois, et puis ce sera tout. Une époque révolue donc, des acteurs glamour, en veux-tu, en voilà… Pour le reste, pour la petite histoire, comme la soi-disant liaison entre les acteurs, qui permettrait une « alchimie », mouais, ça fonctionne à peine. La faute à un scénario cousu de fil blanc et connu d’avance, très prévisible au final... Bref, un film qu’on peut voir malgré tout mais qui ne laissera pas de grands souvenirs…

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(1) Restauration de l’image : c’est un peu le point faible de cette édition. La copie est très pale par moments, et les contrastes un peu ternes. Qualité sonore correcte. Langues : anglais uniquement. Sous-titres : français. Un livret d’une cinquantaine de pages avec pour tous les films de la collection un résumé. Aucun bonus. Verdict : 3 étoiles pour l’édition (la bonne moyenne…). Qualité du scénario et du film dans son ensemble : 3 étoiles. Faîtes vos calculs…

(2) On appréciera davantage dans le même genre d’histoire ayant pour toile de fond une romance à trois, avec le mari bourru et frustré, ancien aviateur, le chef-d’œuvre de Douglas Sirk, La Ronde de L’Aube. Ce dernier film magnifiquement écrit et réalisé, adapté d’un roman de William Faulkner, dans un noir et blanc magnifique, dépasse toute convention. Désolé de le dire, mais c’est franchement autre chose. En fait, ça n’est même pas comparable. Seulement pour dire que Douglas Sirk savait trouver des gestes rares et une dramatisation narrative inouïe que l’on ne trouve pas ici.


The Nearness of You
The Nearness of You
Proposé par J A Z Z w o r k s
Prix : EUR 13,90

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 roy nathanson dans un live emblématique de la scène new-yorkaise..., 11 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Nearness of You (CD)
Le saxophoniste Roy Nathanson que j’avais découvert en 2006 dans le somptueux Sotto Voce (dix ans déjà !) nous revient avec ce disque à la fois somptueux et passionnant publié par le label Clean Feed en avril 2016. Disque généreux (quatorze titres, 70 minutes), « The Nearness of You » présente notre musicien dans une série de duos iconoclastes captée « live » en 2015. Et pas n’importe où, s’il vous plaît ! Dans l’antre du club new-yorkais de John Zorn : The Stone. Musique à la fois organique et viscérale, « The Nearness of You » est d’une rare authenticité. Entre sonorités abrasives et explorations musicales dans la pure tradition du jazz, sans jamais tomber dans le récit superflu, « The Nearness of You » nous touche dans la mesure où la captation est d’une qualité sonore exceptionnelle. Elle est par ailleurs un sacré clin d’œil à la composition de Hoagy Carmichael que Louis Armstrong et Ella Fitzgerald ont maintes fois immortalisée. On ne trouvera pas moins de cinq versions de ce thème immortel. Une sorte d’hommage au jazz dans la pure tradition. Les prises de risques des musiciens ainsi que la qualité sonore sont donc les atouts de ce disque.

Après le duo du saxophoniste avec le pianiste Arturo O’Farrill (sur la première plage, on trouvera la première version de « The Nearness of You » au cours de laquelle le pianiste nous offre des nappes harmoniques de toute beauté, dans une clarté inouïe), voici le saxophoniste au baryton dialoguant avec le guitariste Marc Ribot (« The Low Daze »). Si vous aimez donc l’ambiance de club et voulez savoir ce qui se passe actuellement à New-York, avec cet album vous serez servis ! Depuis ses débuts professionnels dans les années 80, Roy Nathanson est devenu une figure incontournable de la scène underground new-yorkaise et ce disque illustre de façon spontanée l’Art de ce musicien attachant. Marc Ribot donne à entendre des idées bien senties, et pour tout dire, savoureuses. La musicalité et le niveau technique ne font aucun doute sur les pièces suivantes.

Bien sûr, pour écouter Roy Nathanson, il faut avoir apprécié Ornette Coleman et John Zorn. C’est quasiment la même démarche : la primauté du son et l’art de composer en improvisant et inversement, d’improviser en composant. L’amour pour la Musique ne fait ici aucun doute. Le saxophone acidulé (notamment à l’alto) est un pur ravissement pour nos esgourdes. Ainsi sur la troisième pièce (« Indian Club » en duo avec le tromboniste Curtis Fowlkes), on admirera la propension des musiciens à développer un jeu admirable, fait de questions et de réponses. Mais c’est surtout avec la pianiste Myra Melford que le saxophoniste donne le meilleur de lui-même. Sur « Ida Lupino » (composition de Carla Bley), un autre pianiste est invité en la personne d’Antony Coleman. Là encore, c’est de l’or en barre. Une captation spontanée donc, dont nous sommes heureux de découvrir et surtout de réécouter. Grand et beau concert, sans aucun doute !


Live in Greenwich Village
Live in Greenwich Village
Prix : EUR 13,93

4.0 étoiles sur 5 new-york is now..., 11 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Live in Greenwich Village (CD)
Sous ce nom insolite, « Renku », nom que s’est approprié un collectif new-yorkais apparemment méconnu, se cachent en réalité trois musiciens bourrés de talent : Michael Attias (saxophone alto), John Hébert (contrebasse) et Satoshi Takeishi (batterie). Cette désignation, « Renku », est en fait dérivée d’un style propre à la poésie japonaise, laquelle pose comme règle de base un équilibre entre liberté et rigueur. Désignation parfaitement assumée pour ce collectif qui tourne depuis une bonne dizaine d'années et s’avère l’un des plus passionnants à l’heure actuelle. Si l'amateur connaît bien John Hébert (pour l'avoir entendu et apprécié dans pas mal de galettes, notamment aux côtés de Fred Hersch et Ingrid Laubrock), Michael Attias, en revanche, est moins connu du public, et c'est bien dommage, tant ses qualités de musicien sont indéniables : au saxophone alto, ses sonorités sont amples et obliques. Attias ne fait jamais dans le rentre-dedans. On pourrait même le situer entre Lee Konitz et Guillaume Orti. Le saxophoniste d’origine israélienne installé à New-York depuis 1994 joue avec une franchise et une sincérité qu’on est loin d’oublier. Souvenez-vous, le batteur Paul Motian l'avait même intégré dans son collectif (notamment dans la série des On Broadway…). Tout récemment encore, le pianiste français Gaël Mevel l’a sollicité (pour un très beau disque en duo et un autre en quartette, le fameux « Atlas Quartet »). Voici donc le premier enregistrement live issu d'une tournée en 2014 (1).

L'intérêt, on l'aura compris, c'est que ce collectif bâtit une œuvre unique et qu'il est certainement, à l'heure actuelle, l'un des tout meilleurs du circuit jazzique. On ne le répètera jamais assez. Ce « live » constitue en tout cas une œuvre fondatrice et essentielle pour qui s’intéresse au jazz contemporain. D’une exigence peu commune (la composition « 70 & 80s Remis » est à ce titre exceptionnelle), les trois musiciens font corps autour d’une musique chimique et organique, la laissant déambuler là où elle veut bien aller, mais sans jamais osciller vers un free jazz bruitiste. Tout est admirablement contrôlé et merveilleusement interprété. L’artificier Satoshi Takeishi possède par ailleurs un drive hallucinant (frisées, commentaires). Les musiciens jouent ainsi le plus naturellement du monde avec une rare et belle alchimie. Entre élégance et jeu basé sur questions et réponses (« Goodbye Rumination »), on baigne dans ce qui se fait de mieux sur scène aujourd’hui, quand celle-ci se détache de toutes les références absolues au passé (que l'on songe aux trios de Lee Lonitz avec Sonny Dallas et Elvin Jones ou encore à celui d'Ornette Coleman avec David Izenzon et Charles Moffett).

En l'espace de neuf plages (quatre compositions de Michael Attias, deux de John Hébert, une de Satoshi Takeishi et une de Paul Motian), les musiciens tissent une musique incandescente qui me paraît donc essentielle. Disons que l'échange est ce qui prime ici. Pas question de jouer les stars. Pas de place pour l’égo non plus. De toute façon, ces musiciens et cette musique ne s'apprécieront que de celles et ceux qui prennent le temps d'écouter et qui n’ont pas trop de merde dans les oreilles. Loin du star-system actuel, des paillettes et autres gondoles décoratives, le collectif « Renku » donne à entendre la vie, et le mouvement de celle-ci. Bref, si l’on sait savourer pleinement un jazz sans paillette et jamais consensuel, on sera les heureux récipiendaires d’un tel cadeau. Point de glamour et encore moins de revivalisme. Et pourtant quelle musique bouillonnante ! Quel sens de la création ! Les idées s’échafaudent sur un tapis de velours. La pochette est en outre sublime. Neuf plages incandescentes donc, et une préférence personnelle pour les quatre derniers titres qui sont d'un niveau exceptionnel (entre ébullitions, bouillonnements et explosions rythmiques). Les cinq premiers thèmes étant plus axés sur l'exploration thématique, telles des courants sous-marins prêts à vous emporter au large. Bravo encore une fois au label Clean Feed et à ces musiciens qui n'ont peur de rien. Que les programmateurs les invitent dans des clubs, on n'en sera que davantage réjouis.

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(1) Il s'agissait pour ces trois musiciens d’explorer au cours de deux soirées au Greenwich House Music School un répertoire quasi-original). Tout un programme.


Prototype
Prototype
Prix : EUR 14,75

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 mi-figue, mi-raisin..., 11 mai 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Prototype (CD)
Un album qui n'est pas totalement mauvais, mais qui manque parfois cruellement d'homogénéité. Le trompettiste le plus davsien du circuit jazzique bâtit une oeuvre sur le label High Note, après une décennie (les années 90) entre free bop et jazz modal. On est ici un peu dans la continuité de In A Silent Way et Bitches Brew du Prince des Ténèbres.
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