Profil de Emmanuel Gautier > Commentaires

Fiche d'identité

Contenu rédigé par Emmanuel Gautier
Classement des meilleurs critiques: 261
Votes utiles : 577

Chez vous : découvrez nos services personnalisés en pages d'aide !

Commentaires écrits par
Emmanuel Gautier (Strasbourg, France)
(TOP 500 COMMENTATEURS)    (VRAI NOM)   

Afficher :  
Page : 1-10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21-30
pixel
Kult des hasses
Kult des hasses
Prix : EUR 11,91

4.0 étoiles sur 5 "Misanthropic Race", 6 mars 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Kult des hasses (CD)
L'ex-révérend Vincent Crowley mène avec une conviction inébranlable sa barque sur le fleuve Acheron depuis 1988, ce malgré les déboires et les fréquents changements de line-up qu’il a dû subir.
Cette huitième offrande au Malin nommée Kult Des Hasses a été enregistrée au Bad Back Studio à Cleveland et est le résultat d’une longue gestation ; mais aux dires du sieur Crowley, l’album sonne comme le groupe l’avait imaginé, résolument ancré dans les racines du death metal diabolique qu’Acheron promeut depuis tant d’années. Il est effectivement dans la lignée du dernier en date, The Final Conflict, sorti quelques années auparavant.

La production de Dan Swanö est puissante, nette et sans bavure, en restituant parfaitement l’aura occulte dont Acheron a toujours su s’entourer. La lourdeur des plans de guitare, le matraquage intensif de Kyle Severn (aussi chez Incantation, pour rappel) et la voix imposante de Crowley cultivent un climat sombre et oppressant qui ne faiblit pas sur l’ensemble du disque. On a droit à pas mal de solos et de plans mélodiques brillamment exécutés par le talentueux Art Taylor.
Quelques invités également : le couple McEntee (Jill de Funerus, John d’Incantation), Kam Lee (ex-Massacre, The Grotesquery), Ash Thomas et Zdenka Prado (Estuary), Jim Lippucci (Soulless).

Les riffs sont puissants et efficaces, il n’y a pas à dire. Simplement, tout comme chaque album d’Acheron que j’ai pu écouter, la formation de Crowley demeure à mes oreilles dans l’ombre de ses pairs (ici en particulier, d’Incantation et de leur dernier album sorti fin 2012, à la production identique) ; les morceaux témoignent d’une authenticité et d’une foi admirables, mais j’ai du mal à trouver des passages qui m’inciteraient à réécouter ce Kult Des Hasses encore et encore. Après, cet avis n’engage qu’une personne qui n’a jamais été particulièrement transportée par la musique d’Acheron…
Saluons néanmoins l’hommage aux fans : Devil’s Black Blood, qui n’est autre que la Jagermeister avec laquelle ils trinquent après les concerts.

Il faut quand même avouer que c’est leur album le mieux produit et qu’on sent le travail de longue haleine qu’il a nécessité. C’est aussi une chose assez exceptionnelle de continuer dans la même voie du death metal d’antan tout en restant dans le coup ; pour ça, chapeau !

Retrouvez cette chronique (et d'autres) sur le site "auxportesdumetal.com"


Sweven
Sweven
Prix : EUR 16,23

5.0 étoiles sur 5 "Towards A Dark Sky", 6 mars 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sweven (CD)
Morbus Chron, quatuor suédois fondé en 2007 par deux adolescents fans d’Autopsy, n’est pas l’énième groupe « revival of old swedeath » que l’on pourrait imaginer.

Depuis leur première démo, il y a eu beaucoup de chemin parcouru et ils se sont petit à petit éloignés de leurs modèles old school pour adopter sur ce dernier album, Sweven, un son qui leur est désormais propre à mon avis. Si leur musique a certainement perdu en violence pure, voire en extrémisme, elle y a sans aucun doute gagné en profondeur et en richesse mélodique. Il s’agit désormais d’un hybride heavy/death dominé par des sons clairs de guitare et des plans mélodiques joués dans les aigus, plutôt que les riffs ultra graves très usités dans le style suédois habituel.

Les compositions sont riches et subtiles, variées autant au niveau des plans de guitare que niveau rythmique. Une plus grande maîtrise se dégage immanquablement, autant dans l’exécution que dans la production (œuvre de Fred Estby, ex-Dismember) : un son incroyablement léger pour une musique à la base aussi extrême, d’une clarté exemplaire et qui gère parfaitement les effets et les passages atmosphériques qui atteignent une dimension onirique largement suggérée par les textes (exemple édifiant, Towards A Dark Sky). Morbus Chron garde néanmoins un pied dans son style initial, car il n’y a pas de voix claire, juste du chant hurlé, et l’ambiance demeure assez sombre et mystique avec des touches mélancoliques absolument ravissantes.

Je ne taris pas d’éloge sur ce disque parce qu’il le mérite largement. On a régulièrement le cas de groupes extrêmes qui se ramollissent en empruntant des voies plus rock, psyché ou prog avec plus ou moins de succès. Cette fameuse tendance rétro dans laquelle on a vraiment à boire et à manger.

Morbus Chron poursuit son propre chemin ; certes en revisitant quelques plans classiques du heavy, mais transformés à leur manière et surtout brillamment exécutés et arrangés. A vous de vous faire votre propre opinion sur ce petit bijou, qui nécessitera peut-être un certain approfondissement pour être correctement apprécié.

Gros coup de cœur pour ma part, pour un groupe que j’ai hâte de voir en concert.

Retrouvez cette chronique (et d'autres) sur le site "auxportesdumetal.com"


Filosofia - Russian Railroads
Filosofia - Russian Railroads
Proposé par RdeJeux95
Prix : EUR 44,99

5.0 étoiles sur 5 Tchou tchou, 27 février 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Filosofia - Russian Railroads (Jouet)
Voilà un énième jeu ayant pour thématique les trains, réalisé par deux auteurs allemands pas spécialement connu. Cette première collaboration leur a valu un certain succès à Essen 2013, une édition par Hans Im Glück, Filosofia et Z-Man Games ; plutôt pas mal.

Russian Railroads est un jeu pour 2 à 4 joueurs (retenez surtout 3 et 4), axé placement, développement avec un poil de gestion.

Chacun dispose d'un plateau individuel sur lequel il y a pas mal de chose à faire : trois voies de chemins de fer à développer, avec quatre ou cinq types de rails, des bonus à certaines étapes atteintes avec certains types de rails ; il y a aussi une piste de progression industrielle, développée de manière indépendante.
J'ai dit un poil de gestion seulement, parce qu'il n'y a pas à proprement parler de ressource (hormis les quelques pièces que vous pouvez parfois récupérer) ; on réalise des actions présentes sur un plateau commun à l'aide d'ouvriers (des meeples, évidemment) qui sont placés sur les cases actions à chaque manche de jeu.
On peut aussi récupérer des ingénieurs (un par tour) qui nous permettent de disposer d'une action supplémentaire exclusive par tour, en plus de bonus en fin de partie.
Le but étant de marquer le plus de points possible, sachant que le gain à chaque manche est quasi exponentiel car les bonus acquis en cours de partie s'accumulent très rapidement.

Le graphisme est très plaisant, l'iconographie est chargée mais assez claire, il y a un nombre de stratégies différentes conséquent. Bref, on ne s'ennuie pas et on y rejoue avec grand plaisir.
Prévoyez des parties d'environ deux heures, une demi-heure d'explication à la première (il y a beaucoup de bonus à détailler).
Excellent jeu, pour ma part. Une petite perle d'Essen de plus.


Private Judgement Day
Private Judgement Day
Prix : EUR 18,47

3.0 étoiles sur 5 "Savage Dominance", 22 février 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Private Judgement Day (CD)
Les Russes d'Aborted Fetus ont fait une petite infidélité à Comatose avec leur précédent album (réenregistrement d'un ancien disque et édité chez Sevared) avant d'y revenir pour ce dernier, Private Judgement Day. Leur logo a été dessiné par Jon Zig.
L'album est orné d'une couverture finement détaillée de Drew Tkalenko, dit Daemorph, un habitué de ce genre d'horreur et ayant déjà travaillé avec eux sur l'album précédent ; en tout cas, ça donne tout de suite faim.

Le brutal death slamisant d'Aborted Fetus est générique mais très bien exécuté, on se surprend à headbanguer à plusieurs reprises sur des plans à la violence débridée et accélérés à l'extrême.
Le « chant » est double, mais dans les deux cas incompréhensible bien sûr et on a droit à pas mal de cris de cochon suraigus à la Simone Pluijmers (ex-Cerebral Bore). Moi, j'aime toujours beaucoup cette formule.
L'album semble s'articuler autour de la pièce centrale éponyme, le morceau le plus long et le plus « élaboré », à l'intro assez classique samplée d'un film d'horreur, majoritairement mid tempo avec des riffs lourds et efficaces.

La production est pile comme il faut, pas trop artificielle mais suffisamment claire et équilibrée pour donner au groupe la puissance dont il a besoin.

A part l'impression (parfois désagréable) d'avoir déjà entendu dix mille fois cet album, on apprécie quand même cette débauche de violence gratuite ; ce d'autant que les Russes savent y faire, ils ont des antécédents.
Dernier point, la durée : eh bien, ce qui peut passer pour un mini-album ou un split dans un autre style (même le grindcore), on en fait un full length en brutal death ; vingt-cinq minutes au compteur. Quelque part, c'est judicieux et ça évite la lassitude de l'auditoire.

Plutôt sympa, comme sortie. Très stéréotypée, à l'instar de beaucoup de produits de chez Comatose et compagnie ; mais un petit poil au-dessus de l'album de Down From The Wound qui l'a précédé, plus pro en fait. A vos haches et coutelas rouillés !

Retrouvez la chronique de cet album de barbare (et d'autres aussi barbares) sur le site "auxportesdumetal.com"


Omnivore
Omnivore
Prix : EUR 21,35

3.0 étoiles sur 5 Nothing More Than Death, 22 février 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Omnivore (CD)
Bon alors, d'habitude on a des noms comme Necrovore, Carnivore, Putrevore, Rottrevore,... autant dire des mangeurs spécialisés.
Là, les mecs ils mangent tout, TOUT ! Flippant, pas vrai ? Non ? Ben non, ça fait pas peur. C'est juste bidon comme nom.

Arrêtons là la moquerie, parce que l'album est plutôt pas mal.
Déjà, ce sont des Italiens et leur premier patronyme était Nightmare Of The Fallen.
Premier album, première sortie tout court d'ailleurs, signé sur le label Unspeakable Axe (en parlant de nom pourri...), petit label américain dont j'aurai l'occasion de vous reparler avec l'album de Trenchrot.

Ici, c'est du death/thrash à l'ancienne, avec une production et une technique plutôt modernes : un riffing très nerveux et hargneux, une voix assez black (d'où le terme « blackened » du style) avec quelques chaeurs scandés (les fameux gang vocals, élément qu'on trouve dans le thrash Bay Area).
On a donc affaire à un groupe assez nostalgique de la fin des années quatre-vingt, début des années quatre-vingt-dix et de cette transition entre déclin du thrash et montée en puissance du death, marquée par l'apogée de groupes comme Sepultura, Sadus, Massacra, Merciless et consorts.
La touche black, autant dans la voix que dans le musique finalement, est assez pertinente et renforce le côté evil du groupe. Parce que ça ne parle évidemment pas d'amour du Christ et de paix dans le monde, bien au contraire.

Je n'ai rien trouvé de bien original dans tout ça, comme c'est souvent le cas. Après, je m'attache toujours à apprécier les qualités intrinsèques d'un tel album, et il y en a quand même pas mal : l'énergie maléfique qui ne faiblit à aucun moment, des compos béton et bien exécutées, du bon riff qui sans être particulièrement mémorable incite sûrement au headbanging furieux, une assez bonne reprise de Sepultura qui nous montre ce qu'Arise peut donner avec une coloration black ; certes pas aussi dantesque que l'originale, mais une interprétation intéressante.

Tout ça pour dire que si vous avez une soif intense de vieilleries un peu modernisées, ce disque peut vous rassasier dans l'immédiat. En plus, une demi-heure, ça passe très vite.

Retrouvez cette chronique (et bien d'autres) sur le site auxportesdumetal.com


Wicca
Wicca
Prix : EUR 26,74

4.0 étoiles sur 5 "Tormentum Aeternu", 22 février 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Wicca (CD)
Voici une superbe réédition du premier album de Mystifier, sorti à l'origine chez Heavy Metal Maniac en 1992 et ayant fait l'objet de plus rééditions déjà (dont une par le fameux label brésilien Cogumelo).
Le pack en question comprend un premier CD contenant les dix titres de l'album original plus deux morceaux bonus (issus sans doute de leur démo T.E.A.R. de 1990) ; en sus, un DVD contenant deux concerts (un au Nuclear War Now ! festival et un à Salvador de Bahia au Brésil, leur ville d'origine).
L'ensemble des morceaux du CD a été remasterisé pour l'occasion.

Je ne commenterai que le contenu musical de cette réédition, n'ayant pas eu accès au DVD.

Pour les présenter, Mystifier apparaît en 1989 sous la forme d'un quatuor mené par Beelzeebubth.
Wicca fait référence à une secte néo-païenne fondée par Gerald Brousseau Gardner qui s'est inspiré du druidisme, chamanisme et de diverses religions polythéistes de l'Antiquité ; le terme a d'ailleurs la même racine que le mot anglais « witch » (sorcier).
En comparant les deux bonus, morceaux plus anciens que ceux de Wicca, on constate que Mystifier a évolué d'un pur black bestial très inspiré de Sarcofago et des brutes canadiennes et finlandaises (disons Blasphemy et Beherit) vers une musique plus occulte, en ajoutant notamment des lignes de claviers et des interludes incantatoires qui renforcent les atmosphères et donnent sa particularité à Wicca comparé aux autres sorties brésiliennes de l'époque.
Bien que cet aspect ait été davantage développé sur leur album suivant Goetia, on sent déjà ici la volonté de Mystifier de se démarquer du black primitif de ses aînés, pour évoluer vers des sonorités plus subtiles à l'image de la scène grecque (Rotting Christ, Necromantia).

Wicca ne fait pas vraiment partie des classiques incontournables du black brésilien, sans doute en raison de son arrivée tardive au sein d'une scène déjà bien installée ; néanmoins, ce premier album mérite qu'on s'y attarde car il possède vraiment de grandes qualités de composition en plus d'un côté sauvage et une aura satanique hautement appréciables. Goetia est encore meilleur et j'espère qu'il fera également l'objet d'une aussi belle réédition.

Tracklist de Wicca (CD) :

01. Our Gloat (Intro)
02. Osculum Obscenum
03. Tormentum Aeternu
04. Cursed Excruciation
05. Defloration (The Antichrist Lives)
06. (Invocacione) The Almighty Satanas
07. The Dark Kingdom (T.E.A.R)
08. An Elizabethan Devil-Worshiper's Prayer Book
09. Hyoscyamus Niger
10. Mystifier (Satan's Messengers)
11. Ancient Prediction (My Eternal Nightmare)*
12. The Sign of the Unholy Cross*

*Titres bonus

Tracklist du DVD :

Nuclear War Now Fest

01. (Invocacione) The Almighty Satanas
02. Osculum Obscenum
03. An Elizabethan Devil Worshiper's Prayer Book
04. Cursed Excruciation
05. Defloration
06. Nightmare
07. Aleister Crowley
08. The Realm of Antichristus

Live in Salvador

01. (Invocacione) The Almighty Satanas
02. Osculum Obscenum
03. An Elizabethan Devil Worshiper's Prayer Book
04. Demystifier
05. The True Story About Doctor Faust's Pact With Mephystopheles
06. Defloration
07. Beelzebub
08. Nightmare
09. Aleister Crowley -- with Alex Poisonous

Retrouvez cette chronique (et d'autres) sur le site "auxportesdumetal.com"


Inoculation
Inoculation
Prix : EUR 8,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 "Lethal Progeny", 22 février 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Inoculation (Téléchargement MP3)
Après Skeletal Remains avec leur Beyond The Flesh en 2012, voici Morfin et leur premier album Inoculation ; la Californie et FDA Rekotz vont décidément devenir pourvoyeurs de combos pompant allègrement dans les racines du death metal floridien, disons principalement Death et Massacre.
Ils ont même pris l'illustrateur de Beyond The Flesh pour leur couverture.

Le riffing est complètement calqué sur celui des Leprosy, Spiritual Healing, From Beyond. Et le comble, c'est la reprise en fin de disque : Leprosy, sans blague (une version un peu faiblarde, d'ailleurs) !

Si vous avez aimé (comme moi) Skeleton Remains, qui ressuscitait le Death des débuts des nineties aussi bien que si Chuck revenait parmi nous, Morfin devrait largement passer : des riffs simples et efficaces, une production qui sonne comme à l'époque, des duels de solos qui rappellent immanquablement la paire Schuldiner/Murphy de Spiritual Healing ; même les paroles reprennent les thèmes si chers à Evil Chuck.
Mais c'est tellement bien fait que ça touche là où la nostalgie fait mal, et on a vraiment l'impression de se retrouver vingt-cinq ans en arrière, quand on pouvait encore compter les groupes de death sur les doigts de la main. On sent qu'ils se sont bien imprégnés de toute cette culture extrême naissante et ils parviennent ainsi à nous faire revivre ce passé rayonnant.

Certes, on peut toujours pester contre le manque cruel d'innovation, à l'heure où pas mal de formations arrivent à faire du neuf avec du vieux avec un certain talent ; il faut prendre ce disque pour ce qu'il est : un hommage somme toute assez poignant de Death première époque.
La seule objection que je pourrais émettre concerne la longueur de l'album : les quarante-quatre minutes auraient pu être un peu condensées. Mais ce sera tout, votre Honneur.

Retrouvez la chronique de cet album vintage (et ses influences) sur le site "auxportesdumetal.com"


Reptilian Agenda
Reptilian Agenda
Prix : EUR 20,56

4.0 étoiles sur 5 "Challenging All Forms Of Hope", 22 février 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Reptilian Agenda (CD)
En provenance de Californie, contrée dans laquelle le nombre de formations brutal death et death technique a explosé jusqu'à saturation dans la deuxième moitié des années deux mille avant de se tarir progressivement, bon nombre d'entre elles n'ayant pas franchi le cap du deuxième voire du premier album, le quatuor Embryonic Devourment en est à son troisième brûlot en dix ans d'existence, avec une couverture réalisée par Jon Zig. Et mine de rien, ils continuent de tirer leur épingle du jeu dans le paysage du death technique.

Ce disque a grandi dans mon estime au fil des écoutes : pas spécialement démonstratif, pas forcément très accrocheur dans un premier temps mais néanmoins moins alambiqué que son prédécesseur, Vivid Interpretations Of The Void. Ils ont affiné le travail mélodique et je dois dire que c'est tout à leur honneur, car l'heure est encore à la surenchère de la prouesse technique (parfois bien stérile, il faut le dire). Malgré les quelques incursions dans un death assez brutal, le propos reste à tout moment intelligible et plutôt agréable à l'oreille ; le mix/mastering de Colin Davis (gratteux chez Vile, habitué des productions du style) y est pour beaucoup, très net et parfaitement équilibré. La basse d'Austin Spence est à tout moment audible et ronronne en fond en suivant les plans de guitare lorsqu'elle ne fait pas sa propre mélodie.

Reptilian Agenda montre un groupe assagi depuis la folie de ses deux premiers jets : moins de « branlage de manche », moins de précipitation, son plus propre tout en restant relativement organique ; on observe une belle progression sur l'ensemble de leur discographie.
Ce disque respire la maîtrise de bout en bout, le groupe ne donnant à aucun moment dans la facilité ni la trivialité.

Embryonic Devourment, la relève d'Anata ? C'est fort possible, l'avenir nous le dira. Les Californiens affinent lentement mais sûrement une personnalité qui leur permet déjà de s'extirper de la masse, avec des compos d'une qualité flagrante qui se situent à un juste équilibre entre technicité et musicalité.

Retrouvez cette chronique (et d'autres) sur le site "auxportesdumetal.com"


Balance 023
Balance 023
Prix : EUR 22,50

3.0 étoiles sur 5 "Can't Be Beat", 12 février 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Balance 023 (CD)
Matt Edwards alias Radio Slave est un excellent producteur/remixeur qu'on retrouve très régulièrement sur les compilations et les sélections des plus grands Dj's tech et tech house.
Encore une bête de studio assez avare de compilations ; car mise à part sa Fabric (n°48), pas grand-chose à se mettre sous la dent.

Pas vraiment étonnant de le retrouver à compiler/mixer pour Balance.

Par contre, ce n'est pas la meilleure de la série.

Le premier set est sans doute assez conforme à ce qu'on peut entendre lors de ses prestations : de la deep tech très minimaliste au début, avec du gros beat assez lourd.
Les premiers morceaux ne sont pas très passionnants, certains même inutilement longs (voire inutiles tout court).
On ne rentre vraiment dedans qu'à partir du neuvième morceau, un anonyme de Jesper Dahlbäck et Jean-Louis Huhta sous le pseudo Brommage Dub (une sortie SVEK de 1997, ce label clé de la scène suédoise qui a hébergé des artistes comme Alexi Delano, Adam Beyer et Cari Lekebusch) ; un titre rythmé et incroyablement riche malgré son minimalisme apparent, en avance sur son temps à l'époque comme on peut en juger aujourd'hui.
La suite oscille entre techno plus deep et jazzy et colorations plus tribales avec surtout l'excellent Koro Koro (encore un vieux titre, de 1989 celui-ci), qui rappelle énormément le classique Voices de K.C. Flightt.
Le truc, c'est qu'à aucun moment le set n'atteint des sommets et qu'une bonne partie m'a paru bien terne et molle. A noter qu'il y a beaucoup de références Rekids, le label de Radio Slave.

Quant au deuxième "set", c'est un peu une blague : une compilation façon Back To Mine (principalement de vieux morceaux, certains d'artistes très connus hors des sphères de l'électronique stricto sensu) avec des transitions hachées et surtout aucune construction logique.
Il y a quelques bons titres, comme la version instrumentale du Slum Village, morceau de l'époque de feu Jay Dilla.
Mais quand on compare à ce qu'a pu faire un Joris Voorn avec le même genre de sélection, on se dit que c'est vraiment du travail bâclé.

Vraiment dommage pour un aussi bon producteur de se rater comme ça ; d'autant que sa Fabric était franchement bien, dans un registre plus tribal qu'il aurait été judicieux d'emprunter à nouveau pour obtenir quelque chose de plus passionnant.
Bref, on peut aisément faire l'impasse sur cette compilation au regard de ce qui a déjà pu être fait.

La playlist :

CD1 - White Skies
01. Radio Slave - Leaving Home… The Elevator Experience
02. DJ Bone - Change (Accapella)
03. Stephan G & The Persuader - Kaos
04. Julien Perez - Road to Dub
05. Delano Smith - Partier (Makam mix)
06. Frost (Of) - Da Drop Suri (Rhadoo mix)
07. Pooley & Parker - Lurchen Und Eulen (Radio Slave mix)
08. Jeremy - Rhythmus
09. Brommage Dub - Untitled (Dub One)
10. Timeline - Ghosts of Graystone
11. Vadim Svobada - Pattern 18
12. Nina Kraviz - Choices (Fred P Reshape)
13. No Smoke - Koro Koro (Dub)
14. Brotherhood - Memorial Smith
15. Sandy Rivera - Liquid Interlude w/ Joe Claussell - Animation (Unchainedpella Joe Claussell mix)
16. Melchior Productions - Descendants
17. Radio Slave - Tantakatan (Prins Thomas mix)
18. Larry Heard - First Call of the Morning
19. Radio Slave - Lincoln Boulevard

CD2 - Maestros and Memories Part 1 & 2
01. Radio Slave - Coming Home… Sunday Night Flights
02. Ryuchi Sakamoto - Only Love Can Conquer Hate
03. Vince Watson - Hidden Behind the Eyes
04. The Machine - Continental Drift (Joe Claussell mix)
05. Skooby Laposky - Lighthouse (Theo Parrish mix)
06. Slum Village - One (Instrumental)
07. Jay Dee - B.B.E. (Big Booty Express) (Instrumental w/ Vox)
08. Linda Law - All The Night
09. Quiet Village - Cant Be Beat
10. D.S. - Additional Elements
11. Portico Quartet - Laker Boo
12. Herbie Hancock - Nobu
13. Software - Present Voice
14. Radio Slave - U Bahn… Next Stop Panorama Bar?


Better To Die On Your Feet Than Live On Your Knees
Better To Die On Your Feet Than Live On Your Knees
Prix : EUR 15,71

4.0 étoiles sur 5 Get Angry, 9 février 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Better To Die On Your Feet Than Live On Your Knees (CD)
Bassiste chez Cretin et gratteux chez The County Medical Examiners, Matthew Widener a également son projet solo baptisé Liberteer.
Il y joue donc tous les instruments et produit l'album, qui est quand même sorti chez Relapse.

L'originalité est de mise sur cet album, qui contient des éléments peu souvent utilisés en grindcore, à savoir un clavier épique (genre musique de Warcraft) et même un banjo (peut-être pas un vrai, mais au moins le son).
Du reste, c'est du grind bien furax et contestataire comme on peu s'y attendre, assez brut de décoffrage et peu enclin à se satisfaire d'un son lisse et propre.
Vingt-sept minutes d'ultra violence avec un Widener qui aboie plus qu'il ne "chante".

Le feuillet est plutôt marrant : on vous apprend en images comment utiliser à bon escient l'ensemble des éléments de cet album, comme par exemple tuer votre voisin pénible en lui balançant le CD comme un frisbee dans la tronche, grimper au-dessus de fils barbelés en s'aidant du feuillet ou fabriquer une arme pointue en brisant la boîte en plastique (pour se débarrasser du même voisin qui aurait survécu au frisbee).

Du très bon grind qui déboîte comme il faut. Chaudement conseillé.


Page : 1-10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21-30