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Contenu rédigé par Emmanuel Gautier
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Commentaires écrits par
Emmanuel Gautier (Strasbourg, France)
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Necronomic Warfare
Necronomic Warfare
Prix : EUR 20,88

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 "Necrotic Victory", 20 mars 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Necronomic Warfare (CD)
Le revival old school death metal se porte très bien, avec un nombre de sorties croissant au fil du temps. Ce premier album de TrenchRot, jeune formation de Philadelphie, aurait pu tout aussi bien sortir sur FDA Rekotz, qui surfe sur le même créneau que le récent Unspeakable Axe (label associé à Dark Descent, créé en 2013).

Un truc m’a frappé d’emblée, c’est la ressemblance entre la couverture et l’affiche du film Evil Dead 3 ; je veux bien me faire moine si le guitariste du groupe, qui a illustré la pochette du disque, ne s’en est pas au moins un peu inspiré.

Musicalement, TrenchRot pompe dans ce qui s’est fait de mieux en death metal, tantôt en death/thrash furieux et incisif, tantôt le mur sonore à la Bolt Thrower, tantôt des grooves en d-beat à la suédoise et même quelques touches death/doom à la Asphyx (sur le morceau The Most Unspeakable Of Acts notamment, dont le titre ressemble à un pastiche du nom du label).
Quoiqu’il en soit, TrenchRot reste pertinent sur l’ensemble du disque, délivrant des séries de riffs que les anciens ne renieraient pas.
Le son est nickel pour ce type de produit, clair et équilibré tout en gardant un pied dans l’old school et évitant ainsi les pièges d’une production trop plastique.
Le groupe réussit même l’épreuve de la longueur avec un morceau éponyme de plus de sept minutes tout à fait intéressant.

Les thèmes abordés sont eux aussi très old school : la mort, toujours la mort ; et la guerre des morts également. En cela, revisiter le dessin d’Evil Dead était finalement une très bonne idée.
Les titres des morceaux ne sont pas sans rappeler de vieilles références.

Eternellement friand de ce style d’album, je ne peux qu’être comblé avec des groupes comme TrenchRot ; ils ont du talent d’exécution à revendre et un excellent soliste de surcroît.
Rien de bien original cependant, un produit de plus (de qualité tout de même) pour vous autres fanatiques de la grande époque du death metal.

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Adaestuo
Adaestuo

4.0 étoiles sur 5 Remarquable, 20 mars 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Adaestuo (Téléchargement MP3)
Voilà un EP qui m’a bien retourné les tripes.
Incursus est le projet solo d’un membre de Nightbringer et Crimson Moon, anciennement chez Goreaphobia et Demoncy ; autant dire, un mec bien intégré dans le milieu black et death underground US. Il sévit dans son coin depuis une dizaine d’année mine de rien, avec un EP et un album au compteur.

Forever Plagued a jugé bon de sortir ce mini après l’album qui date déjà de 2009.
Incursus, ça ne ressemble à aucun des groupes que j’ai cités. C’est un black assez cru, au riffing calqué sur celui du black dit brutal (le mur trémolo à la Dark Funeral/Setherial) avec un rendu complètement différent.
En effet, la grande force de ce projet, c’est son côté impitoyablement occulte : le chant est démoniaque et complètement possédé, optant régulièrement pour le fameux effet de double voix, les riffs sont obsédants et bien mis en avant, la batterie matraque en fond sans répit.

C’est difficile à décrire, mais il y règne une atmosphère presque suffocante de noirceur, encore plus dense que sur l’album (sensiblement de la même teneur).
Par-dessus le marché, il y a ce passage de piano réverbéré ultra glauque suivi de chœurs spectraux au milieu du premier morceau, et surtout la dernière plage qui est un morceau dark ambient de huit minutes complètement démentiel. Je ne fais pas toujours attention aux outro, qui font souvent plus remplissage qu’autre chose ; mais là, c’est bluffant, il y a une vraie valeur ajoutée à l’ambiance du mini.

Incursus gagne à mon avis beaucoup sur ce format plus court, l’album ne m’ayant pas paru aussi intense et marquant.
Belle sortie pour Forever Plagued, un petit bijou qui peut facilement passer inaperçu.

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Through the dark past
Through the dark past
Prix : EUR 14,11

4.0 étoiles sur 5 "Slaughter The Dead", 20 mars 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Through the dark past (CD)
Cette compilation est une initiative de Pulverised (excellent label de Singapour sur lequel ils sont signés depuis leur album The Serpent’s Redemption [2012]) qui regroupe tous leurs splits et EP depuis le premier Carnivores (2008).

Pour ceux qui ne les connaissent pas (sûrement beaucoup parmi vous), Bombs Of Hades est un groupe suédois situé dans la tradition du swedeath crusty hérité des premiers méfaits du style, entre la fin des années quatre-vingt et le début des années quatre-vingt-dix. Il faut dire que les membres ont fait partie des groupes God Macabre, Abhoth, Tribulation et même At The Gates (rapide passage de Martin Larsson en tant que bassiste/chanteur). Une bande de potes qui se connaissent sûrement depuis pas mal d’années et qui décident de faire revivre l’époque de leur jeunesse (et beaucoup picoler aussi apparemment). Nostalgie, quand tu nous tiens…

On retrouve donc toutes les sorties en marge des deux albums, à peu près dans l’ordre chronologique pour une fois. Bombs Of Hades a, à mes yeux, toutes les qualités de tous ces groupes underground signés sur les mêmes labels Doomentia, Blood Harvest, Detest, au style tout à fait comparable avec qui ils apparaissent sur les splits : Usurpress, Tormented, Mordbrand.
J’ai un gros faible pour le mini Into The Eternal Pit Of Fire, avec sa production ultra raw et son morceau éponyme au riffing particulièrement teigneux.

Bombs Of Hades se situe complètement dans la continuité du son old school, ce qui constitue sa force mais surtout sa faiblesse pour obtenir une réelle reconnaissance : pas d’évolution nette sur l’ensemble de la discographie, bien que l’inspiration et la conviction restent de mise. Rien de bien neuf sous le soleil, mais les fanatiques du genre en auront clairement pour leur argent.

Au final, le réel intérêt de cette compilation (les die hard fans possèdent certainement déjà les autres titres sur les sorties respectives) est de faire figurer cinq nouveaux morceaux en fin de CD. Comme on peut l’imaginer, Bombs Of Hades n’a absolument pas évolué, restant fidèle à son créneau swedeath qui est sa raison d’exister. Pas de grosse production, pas de mélopée sirupeuse, juste du death cru au feeling punkcore comme au bon vieux temps. Ce serait même plus crade et régressif qu’avant…

Bref, en grand fan de swedeath, je suis comblé par cet objet (dont je ne possédais que le split avec Mordbrand, avec la reprise de Motörhead). Si vous êtes comme moi des inconditionnels du death suédois à l'ancienne et que vous ne connaissez pas ce groupe, je vous le conseille vivement. Pour ceux qui ont déjà les EP et les splits, les titres supplémentaires ne justifient pas vraiment l'achat de la compilation. A vous de voir.

Tracklist de Through The Dark Past :

Carnivores EP
01. Necronomicus Kanth (The Hounds of Hell)
02. Twisted Decay
03. Slaughter the Dead
04. Disrespect Their Bones
05. Coffin
06. Carnivores

Into The Eternal Pit Of Fire EP
07. Prologue (The Ecstacy Of Blood)
08. Into The Eternal Pit Of Fire
09. The Day Man Lost (Carnage cover)
10. Confessor

Split avec Tormented
11. Ice Cold Grave
12. Clean Your Head

Split avec Usurpress
13. Until Death (Hanged By The Neck)
14. Inside Teradome

No Life split avec Mordbrand
15. Burn
16. I'll Be Your Sister (Motörhead cover)

Titres exclusifs
17. Mangled Dehumanization
18. Crossturner
19. Evil Dead
20. Kill! Kill! Kill!
21. Epilog

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Aucun titre disponible

4.0 étoiles sur 5 Splendide, 15 mars 2014
Premier jeu de la maison d'édition Space Cowboy, fondée entre autres par Croc et Cyril Demaegd d'Ystari, Splendor est un jeu simple, abordable, familial et sans grande prétention.

Le but est de récupérer des cartes posée sur la table au moyen de ressources de différentes couleurs, symbolisées par des jetons (comme au poker, mais plus joli et plus lourds).
A son tour, on peut soit choisir trois ressources différentes, soit en prendre trois d'une seule couleur, soit réserver une carte en jeu et prendre un jeton joker (n'importe quelle couleur de ressource) ; ce dans la limite des ressources disponibles, bien entendu.
A chaque fois qu'une carte est retirée de la table, on en pose une autre ; effet qui induit nécessairement chance et opportunisme.

Les cartes récupérées permettent de produire une ressource, ce qui est indispensable pour acheter les grosses cartes à points, le nombre de jetons en main étant limité.

Bref, une prise en main rapide, un intérêt tactique certain, un matériel minimaliste (ne vous fiez pas à la taille de la boîte et à son poids) mais très agréable à regarder et manipuler.
Un premier jeu très bien fait et déjà un succès.


Wisdom of Darkness + Live in F
Wisdom of Darkness + Live in F
Prix : EUR 17,82

5.0 étoiles sur 5 "Slay The Hypocrite Ones... Join The Unholy Mass...", 15 mars 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Wisdom of Darkness + Live in F (CD)
Belial est une entité death metal finlandaise qui a fait une courte apparition entre 1991 et 1995, mais largement remarquée.
Ils étaient très proches d'Impaled Nazarene, avec trois membres en commun (dont l'actuel batteur du groupe).

Musicalement, c'est du death de facture finlandaise, produit au célèbre studio Tico Tico. Par rapport à leurs congénères, ils offrent un surcroît de noirceur occulte et bestiale à faire peur. Rien à envier au death sombre nord-américain.
Entre les riffs ultra graves en trémolos, les hurlements gutturaux secondés par des chuchotements spectraux, une aura satanique du plus grand effet flotte sur ce modeste mini-album. J'ai rarement entendu quelque chose d'aussi intense, vingt minutes de pureté death metal fait par des mecs qui y croyaient vraiment (vous pourrez le constater en essayant de déchiffrer l'interview du groupe dans le feuillet).

Leur seul album, Never Again, qui sort l'année d'après (soit 1993) n'arrive pas à la cheville de ce Wisdom Of Darkness, à tout point de vue.

En bonus, des extraits de concerts donnés en Finlande en 1992 et 1994 ; aucun intérêt, le son est trop pourri...


Passage
Passage
Prix : EUR 17,23

5.0 étoiles sur 5 "Jupiterian Vibe", 13 mars 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Passage (CD)
Mis sur pied par Michael Locher en 1987 qui adopte le pseudonyme Vorphalack (Vorph pour les intimes), Samael s’inspire dans un premier temps de son compatriote Hellhammer et de la dite première vague black metal (Venom, Bathory) ; Vorph a notamment été frappé par l’EP Apocalyptic Raids, qui, s’il ne montre pas une maîtrise technique exceptionnelle, restranscrit une atmosphère terriblement prenante. C’est donc dans cette direction que tend Samael dans un premier temps, avec deux démos enregistrées sous la forme d’un duo (Vorph et Pat Charvet, un ami d’enfance).

Suite au départ de Pat, c’est le frère de Vorph, Alexandre plus connu sous le pseudo de Xytraguptor (Xy pour les fainéants) qui prend les fûts. Les frangins enregistrent un mini, Medieval Prophecy, avec un ingénieur du son pas vraiment qualifié (mais qui l’était vraiment à l’époque pour enregistrer du metal extrême ?) ; n’empêche que les exemplaires se vendent et s'échangent rapidement dans l’underground et le groupe attire l’attention d’un tout jeune label français, Osmose, qui les signe pour leur tout premier album (et le premier longue durée du label également) : Worship Him (1991).
Le côté primitif qui transpirait déjà sur les démos et le mini se retrouve sur cet album, notamment le titre Into The Pentagram qui fait étalage de l’influence encore prédominante de Hellhammer avec son riffing simpliste et son côté froid et déshumanisé. Avec Worship Him, c’est aussi l’arrivée du bassiste Masmiseim (Mas pour les flemmards), encore dans le groupe aujourd’hui.

Pour le suivant, Blood Ritual (1992), Samael signe chez Century Media, label allemand très friand des groupes extrêmes du moment et notamment grand supporter de la scène death metal (Asphyx, Morgoth, Grave, Unleashed,…). La technicité, le son, la richesse des compos s’accroissent mais Samael fait encore primer les ambiances occultes sur le reste.

Ceremony Of Opposites voit Vorph délaisser la composition des morceaux au profit de son frère, qui incorpore des éléments orchestraux ; une évolution déterminante pour les Suisses, qui perdent des fans parmi les plus réfractaires à l’évolution du groupe, tout en en gagnant d’autres que leur audace a séduits.

C’est incontestablement avec Passage (annoncé par le mini Rebellion et son morceau expérimental entièrement électronique, Static Journey) que Samael s’affranchit de ses racines black primitives pour évoluer vers des horizons plus électroniques, l’influence de l’indus des Ministry, Godflesh et Pitchshifter prenant le pas sur celle de Hellhammer ; ce tout en gardant le côté symphonique de Ceremonies. Xy délaisse la batterie (remplacée par une boîte à rythme) pour se concentrer sur les claviers. Et là, c’est une œuvre fantastique qui prend forme, encore sombre et mystique tout en apportant complexité mélodique et sonorités nouvelles chez Samael.
Le concept des paroles écrites encore par Vorph s’oriente vers la spiritualité, la quête de soi, qu’elle soit religieuse ou d’une autre nature. Le satanisme affiché dans leurs premières œuvres n’était pas une réelle conviction du groupe, mais plutôt le reflet d’une forme de liberté à laquelle ils aspiraient. L’imagerie et la musique du groupe suivent le même chemin ; avec Passage, il n’y a plus de satanisme ou d’antichristianisme, comme en témoigne la couverture de l’album et les titres des morceaux.

Passage peut être considéré comme le dernier album black metal de Samael, car on y retrouve encore des colorations occultes héritées des premiers albums. Sur Eternal, d’autres influences vont apparaître et le côté black sera encore plus dilué. Passage est un très grand album d’un très grand groupe, capable d’évoluer sans cesse tout en restant fidèle à la ligne de conduite qu’il s’est fixé dès ses débuts.

« Samael est de ceux qui ont nourri la flamme du black metal au moment où presque personne ne le faisait. Samael était plus occulte et n’était certainement pas ancré dans n’importe quelle tradition black/thrash ou death metal. Je trouve ça étrange que les gens aient choisi la voie de Mayhem/Darkthrone/Burzum ; je me demande pourquoi ils n’ont pas suivi Samael, parce que cette voie était tout aussi intéressante. » Fenriz (Darkthrone).

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Thorns
Thorns
Prix : EUR 13,71

5.0 étoiles sur 5 "Like Space Embraces Earth", 13 mars 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Thorns (CD)
Un groupe bien étrange que Thorns, et encore plus étrange l’influence qu’il a pu avoir sur le black metal scandinave et la genèse de la branche black industriel. Son principal artisan, Snorre Ruch, est aussi connu pour avoir été incarcéré pour complicité dans le meurtre d’Euronymous avec Varg Vikernes.

C’est la rencontre de Snorre avec les membres de Mayhem, peu de temps après la sortie de leur mini Deathcrush (1987), qui va donner à celui-ci l’envie de faire sa propre musique et de monter un groupe. Stigma Diabolicum est alors fondé en 1989 avec Marius Vold (un des membres fondateurs de Mortem et Arcturus). Le duo rebaptisé Pedophagia et Coprophagia pond une première démo intitulée Luna De Nocturnus en la même année, qui montre déjà un certain penchant pour l’expérimentation.

Avec l’arrivée du batteur Bård G. Eithun (Faust chez Emperor, Fetophagia chez Stigma Diabolicum/Thorns), puis de Harald Eilertsen, le groupe est au complet et change de patronyme pour Thorns. A cause de la distance, deux membres habitant à Trondheim et les deux autres à Oslo, Snorre et Harald assemblent une cassette avec seulement les parties de guitare et de basse de leurs compos pour que leurs camarades puissent travailler les morceaux. Cette cassette est appelée la Grymyrk Tape (nom inventé par Snorre en rapport avec un monde qu’il a imaginé avec une logique et un langage propres) et va en réalité circuler par le biais du tape trading et faire un tabac dans l’underground ; avec le recul, on se rend compte que la cassette a influencé des groupes comme Emperor, Satyricon et même Mayhem dans leur riffing. Snorre s’est dit influencé pas seulement par la première vague black metal, mais également certaines musiques pour enfants, la musique classique et (tenez-vous bien) Alphaville ! il avoue même leur avoir piqué un plan pour son morceau emblématique Home (appelé plus tard Aerie Descent).
Deux autres démos verront le jour en 1992 (Trøndertun et The Thule Tape), la dernière étant le seul enregistrement avec les quatre membres réunis.

Thorns est mis entre parenthèses avec le départ de Faust pour Emperor et celui de Snorre chez Mayhem. Avant d’aller en prison, il participe à l’écriture du légendaire De Mysteriis Dom Sathanas.
Incarcéré, Snorre est contacté par Satyr de Satyricon, boss du label Moonfog, qui l’incite à continuer à jouer et composer de la musique en lui fournissant le matériel nécessaire. Snorre va également retrouver Samoth dans la même prison et lui parler d’un éventuel projet avec Emperor.

A leur libération, un split Emperor/Thorns sort chez Moonfog ; y figurent notamment le fameux morceau Aerie Descent (par Thorns et repris par Emperor également) et une reprise de Cosmic Creation ; Snorre a travaillé en collaboration avec Satyr pour le chant et un certain S.A. Titan, musicien de formation classique, pour les orchestrations. Un retour improbable et couronné de succès.
Snorre a encore l’occasion de briller sur un album hommage à Darkthrone avec sa reprise osée de The Pagan Winter.

Remis en selle, le temps de sortir un album est enfin venu et c’est tout simplement Thorns qui voit le jour en 2001, toujours chez Moonfog ; un travail de titan, selon Snorre, avec la participation de Hellhammer (Mayhem), Satyr et Aldrahn (Dødheimsgard). Un disque complexe et futuriste, avec de fortes colorations industrielles associées au riffing torturé et unique de Snorre et des passages ambient subtilement envoûtants ; en effet, il s’inspire à l’époque de Nitzer Ebb, Front 242, Klaus Schulze et Tangerine Dreams. Le concept des paroles est le fruit de la collaboration avec Aldrahn, mêlant thèmes de SF et introspection. L’album est un véritable succès, classé numéro deux dans les albums de l’année du magasin anglais Terrorizer.

Malgré cela, Thorns n’a été que très peu productif depuis, Snorre étant plus occupé dans divers collaborations électro/ambient/noise. Il a néanmoins gardé un pied dans le metal en participant à l'album The Age Of Nero de Satyricon.

Très peu prolifique malgré ses nombreuses années d’existence, Thorns a malgré tout profondément influencé le black metal, autant dans sa forme traditionnelle et orthodoxe que dans ses penchants plus avant-gardistes. L’album éponyme, résultat d’une longue gestation, est brillant à plus d’un titre et figure parmi les plus marquants et innovants de la créative scène norvégienne.

« Snorre a un style vraiment unique. J’adore sa façon d’utiliser les accords bizarres et la disharmonie, avec en parallèle un côté très carré dans l’exécution. A l’époque, on écoutait pas mal la cassette Gymyrk… c’est devenu une source d’inspiration pour beaucoup de groupes de la scène norvégienne. » Samoth (Emperor)

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Inri
Inri
Prix : EUR 18,11

5.0 étoiles sur 5 Satanas' Black Vomit, 13 mars 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Inri (CD)
Bien que pas vraiment black metal stricto sensu, la vague black/thrash brésilienne mérite d’être mentionnée de par l’influence incommensurable qu’elle a pu avoir (et même encore maintenant) sur le black metal tel qu’on le connaît actuellement. Parmi les quelques formations qui ont sévi dans les années quatre-vingt sous l’étendard Cogumelo, Sarcófago demeure un de mes préférés notamment avec leur premier album, I.N.R.I.

Wagner Moura Lamounier, alors jeune adolescent, fonde le groupe aux côtés de Geraldo Minelli, ce après son départ du poste de vocaliste de chez Sepultura dont il fut un membre fondateur au même titre que les frères Cavalera ; il emmène d’ailleurs avec lui Roberto UFO qui ne reste que peu de temps et n’enregistre rien avec Sarcófago.
Le groupe commence par enregistrer trois démos (Satanic Lust et Blood Vomit en 1986, Sepultado en 1987), montrant de nettes influences européennes thrash extrême (Sodom, Bathory, Hellhammer) ; leur première sortie chez Cogumelo est un split avec leurs compatriotes de Chakal, Mutilator et Holocausto, les morceaux étant tirés de leur deuxième démo.

C’est clairement avec leur album I.N.R.I. qu’Antichrist, Incubus, Butcher, D. D. Crazy (le batteur fou à la crête) deviennent des légendes : ce disque est un concentré de bestialité et de sauvagerie complètement unique, jamais égalé à ce jour. Il reprend la quasi intégralité des titres des démos.
Tout y est complètement culte, entre la couverture mythique illustrée par une photo du groupe posant dans un cimetière en corpse paint, cuir et clous, le son brut de décoffrage, la batterie frénétique blastant presque en permanence avec un léger côté approximatif qui introduit cette nuance chaotique tellement recherchée encore maintenant, les riffs thrashy menés par une énergie punk qu’on a retrouvé depuis chez des groupes comme Morbosidad, les vocaux possédés et bestiaux de Wagner Antichrist.
Ce disque suinte le Mal par tous ses pores, c’est un manifeste de violence débridée à l’état pur. Malgré des compos basiques au possible, la spontanéité de tous les instants prend le dessus et rend la musique complètement addictive.

Le titre éponyme en est sans doute l’exemple le plus édifiant : calibré sur un peu plus de deux minutes, c’est un condensé de l’immense talent de Sarcófago, à la fois ambiancé, noir comme le jais, d’une bestialité hors norme, primitif et pourtant truffé de riffs d’anthologie, avec pour finir des hurlements démoniaques précédant le fameux refrain blasphématoire final. Ultime !

I.N.R.I. a fait l’objet de nombreuses rééditions, notamment en 2012 chez Greyhaze avec six titres bonus (les titres du premier split et trois morceaux live d’un concert en Argentine).

Par la suite, Sarcófago va s’orienter vers des territoires plus techniques sur les deux albums Rotted en 1989 et The Laws Of Scourge en 1991. Le groupe se sépare finalement en 2000, laissant un héritage inestimable. La vague black/thrash actuelle leur doit beaucoup.
Wagner Lamounier est aujourd’hui docteur en économie et enseigne dans une faculté au Brésil, la musique n’étant plus qu’un passe-temps pour lui.

Sarcófago demeure une référence incontournable en matière de metal extrême, autant dans l’imagerie que dans la musique. Impossible de passer à côté.

« J’aimerais jouer sur une scène… une scène où tous les gens sont habillés comme Hellhammer ou Sarcófago, avec des pics et des chaînes. » Euronymous (Mayhem)

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Thy Mighty Contract
Thy Mighty Contract
Prix : EUR 13,42

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 The Coronation Of The Serpent, 13 mars 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Thy Mighty Contract (CD)
Éminent représentant de la scène black metal grecque à ses débuts, Rotting Christ est formé en 1987 par les frères Tolis. Avec l’ajout d’un bassiste, Jim Patsouris alias Mutilator, ils commencent par jouer du grindcore sur une démo et une cassette de répétition.

Ce n’est qu’en découvrant la première vague black metal et en particulier Bathory et Hellhammer, que Sakis Tolis décrit comme la musique la plus froide et désespérée qu’il eût jamais entendu à l’époque, que les Grecs décident de changer d’orientation musicale.
Avec la démo Satanas Tedeum (1989), Rotting Christ se situe plus dans un esprit entre black/thrash et death old school avec l’ajout de claviers (fait très rare à l’époque), qu’ils décrivent eux-mêmes comme de l’ « Abyssic Death Metal ». Une musique difficile à promouvoir, à jouer et à enregistrer en raison du manque cruel de moyens et de l’inexistence d’une scène extrême dans leur pays.

C’est avec l’arrivée de George Zaharopoulos, mieux connu sous le nom de The Magus, aux claviers et la sortie du mini Passage To Arcturo (1991) que les choses vont s’accélérer : on y trouve quelque chose de vraiment original, un black metal au riffing thrashy avec un côté très atmosphérique et mélodique ; l’EP leur ouvre aussi les portes du tape trading et Sakis entretient une relation épistolaire avec Euronymous de Mayhem, très intéressé par le groupe au point de leur proposer un deal avec son label Deathlike Silence. Cette collaboration ne se concrétisera malheureusement pas, en raison de l’assassinat de ce dernier. Un split avec Burzum était aussi prévu, ainsi qu’un concert en Grèce (premier en dehors de la Norvège pour Mayhem) qui a capoté en raison de problèmes de communication et aura finalement eu lieu en Turquie.

Au final, c’est le label Osmose qui sort leur premier album (une des nombreuses similarités avec les Suisses de Samael) : Thy Mighty Contract (1993) fait montre d’un talent de composition exceptionnel, avec son riffing heavy et mélodique et une production moins axée sur les graves que sur la plupart des albums extrêmes de l’époque ; le rendu est subtil et léger tout en demeurant résolument sombre et occulte. Les morceaux de cet album sont d’une profondeur unique, et vont servir de base pour les deux albums suivant (Non Serviam et Triarchy Of The Lost Lovers) qui continueront de développer le côté atmosphérique et épique, ce tout en restant ancrés dans des racines black metal.
Un authentique chef-d’œuvre, le premier d’une longue série pour un groupe qui n’a jamais cessé d’évoluer et de proposer quelque chose de différent à chaque album.

« A une époque, Thy Mighty Contract était le seul album de black metal dans lequel j’arrivais à rentrer. Son atmosphère est unique et il possède une aura très distincte de la froideur du son norvégien. » Rune Eriksen (Aura Noir)

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Jilemnice Occultist & Ritual
Jilemnice Occultist & Ritual

5.0 étoiles sur 5 Black Metal d'opérette, 13 mars 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Jilemnice Occultist & Ritual (CD)
Master’s Hammer, ou l'un des groupes de black metal les plus bizarres qui soit, est né en 1987 à Prague de l’association de deux graphistes/typographes de l’Ecole d’Arts Appliqués, Franz Storm et Milan Fibiger. Tous les deux étaient branchés par des trucs comme Kiss, King Diamond et Motörhead, ainsi que les plus extrêmes Venom et Bathory et toutes sortes de musiques un peu sombres.
A l’époque, il n’y avait que très peu de groupes extrêmes en Tchécoslovaquie : tout juste Törr et Root. Master’s Hammer faisait donc figure de pionnier au sein d’une scène quasi inexistante.

Après deux démos très fortement inspirées de Bathory, ils recrutent deux loustics d’une manière assez étrange mais totalement en adéquation avec leur philosophie : le premier, Necrocock, parce qu’il leur a fait une lettre de motivation écrite avec son propre sang ; le deuxième, Silenthell, parce qu’il était grand et moustachu et qu’il ne savait pas jouer des timbales… alors que c’était précisément ce qu’on lui demandait de faire !

C’est avec leur premier album, Ritual (1991), sorti sur le label tchèque Monitor (plus tard absorbé par EMI) que Master’s Hammer atteint une première forme de consécration : un album de black sombre et théâtral, au riffing efficace dans la tradition black/thrash assorti de sonorités de clavier et de timbales lui donnant une dimension épique ; des sonorités assez inédites, le son scandinave deuxième génération avant l’heure. Les paroles sont en tchèque.
Euronymous de Mayhem a dit dans une interview de l’époque vouloir absolument les signer sur son label Deathlike Silence.
Un disque qui s’est très bien vendu localement, vu le peu d’offre disponible en black metal en Tchécoslovaquie.

Pour l’album suivant, The Jilemnice Occultist (1992), Master’s Hammer change de label pour Osmose. Le disque est enregistré par une nouvelle recrue, le claviériste Voral (toujours dans le groupe à l’heure actuelle), et fait montre d’un travail de composition et conceptuel assez poussé ; il est construit comme une « opérette black metal » et raconte, là encore en tchèque, l’histoire d’un occultiste perdu dans un village dans lequel il lui arrive tous les malheurs possibles avant qu’il sauve la belle Kalamaria et retrouve le trésor caché.
Entre Storm qui s’amuse à faire les voix des personnages, les passages au clavier improbable et les roulements de timbales, The Jilemnice Occultist sonne comme aucun autre album avec une dimension orchestrale et épique encore exacerbée par rapport au précédent ; moins sombre et incisif mais encore plus original.

Personnellement, je trouve que ces deux albums se complètent, ce qui explique certainement qu’ils aient été compilés ensemble en 2001 par Osmose en CD et par Nuclear War Now! en vinyl en 2008 et 2009.
Master’s Hammer est un véritable OVNI dans l’univers black metal, ce qui n’empêche qu’ils ont eu un réel impact sur la scène norvégienne de la seconde vague avec leur riffing novateur et efficace et leurs arrangements géniaux.

« Quand Ritual est sorti, nous nous sommes tous réjouis. Le chant est bien entendu fantastique et la musique nous a beaucoup inspirés, surtout des groupes comme Enslaved. Je dis souvent – en blaguant, mais c’est assez vrai - que le premier album de black metal norvégien est Ritual. C’est exactement dans ce style : l’atmosphère, les riffs, un peu la manière de chanter… » Fenriz (Darkthrone)

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