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Contenu rédigé par Emmanuel Gautier
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Commentaires écrits par
Emmanuel Gautier (Strasbourg, France)
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Through Ancient Times
Through Ancient Times
Prix : EUR 9,99

3.0 étoiles sur 5 Disentombed, 22 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Through Ancient Times (Téléchargement MP3)
Dans la tripotée des groupes death metal bataves des années 90, il y en a toujours à découvrir dont les discographies sont inhumées à l’occasion d’un réédition ou d’une compilation.
Vic Records le fait régulièrement et c’est aujourd’hui le tour de Mangled.

Malgré un départ sur les chapeaux de roue en 1989, la carrière de Mangled peine à démarrer et le groupe ne sort ses premières démos qu’en 1992 et 1993 ; un deal avec Wild Rags est signé, mais leur premier album ne sort qu’en 1998, après un EP faiblement diffusé à cause de son format K7.
Le problème d’Ancient Times, c’est qu’il est déjà horriblement daté au moment de sa sortie : calé sur un death complètement old school –l’expression pouvait déjà s’appliquer à l’époque-, entre la brutalité hollandaise et la mélodie suédoise, mid tempo et sans technique particulière, lâchant des compos pas spécialement géniales bien que solides, j’imagine que le groupe a eu du mal à trouver son public et à percer.
Je trouve que les plus anciennes compos, celles des démos et de l’EP, passent mieux que les plus récentes qui ont tendance à être un peu poussive et moins efficace. Les interludes mélodiques comme Era: Odium sont par ailleurs franchement dispensables.
En conséquence, on ne peut en vouloir à personne d’avoir fait l’impasse sur ce disque, malheureusement.

A la limite, les démos qui figurent sur le premier CD sont plus brutales et plus ambiancées. On sent davantage les influences doom/death typiques de la scène hollandaise.

Le groupe a disparu en 2006. Leur ancien guitariste Harold Gielen joue actuellement chez Legion Of The Damned.

Donc, si vous êtes un archéologue infatigable et bon public, ce double disque a un certain intérêt. Ceux qui cherchent des vieux classiques pourront par contre passer à autre chose, car il n’y a rien d’incontournable ici.

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Invoking the majestic throne of satan
Invoking the majestic throne of satan
Prix : EUR 16,99

4.0 étoiles sur 5 "For Lucifer My Blood", 22 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Invoking the majestic throne of satan (CD)
Après la réédition de leur premier album Into The Infernal Regions…, c’est au tour du second album d’Inquisition de subir un petit rafraîchissement chez Season Of Mist ; rafraîchissement qui se borne en fait à proposer une nouvelle couverture, dont Paolo Girardi est une fois de plus l’auteur, pour remplacer l’illustration originelle un peu kitsch d’Ana Vargas.

Le laps de temps relativement long depuis le premier album n’a pas pour autant altéré l’essence d’Inquisition, puisque Invoking… est d’une nature similaire à celle de son prédécesseur : un black metal inspiré de la scène norvégienne et doté néanmoins d’une patte typique du groupe, avec la voix monocorde immédiatement identifiable de Dagon et ce riffing simple et hypnotique tout aussi singulier.
Quand il ne donne pas dans l’occultisme et le mystique, Inquisition offre des passages épiques et mélodiques du meilleur effet comme sur Hail The King Of All Heathens qui évolue sur un tempo ternaire plutôt enjoué.

Il est clair que d’un album à l’autre, la musique d’Inquisition change très peu. Si vous aimez les autres albums de leur discographie, celui-ci devrait passer sans problème.
Comme je l’ai dit dans une chronique antérieure, les quelques éléments montrant une évolution notable chez la bande à Dagon et Incubus sont plutôt sur les derniers albums.

Pour info, l’outro est un extrait de l’hymne de la Garde De Fer, mouvement nationaliste roumain dans les années 20-30. Autant chez Marduk (cf. la fin de Nigthwing), j’ai envie de dire que ça colle ; autant chez Inquisition, c’est un peu surprenant…

La constance de ce groupe force toujours mon admiration, surtout à l’heure –cet album est sorti en 2002- où les parrains du black norvégiens commençaient à sortir du carcan orthodoxe et à explorer d’autres contrées… avec plus ou moins de succès sur le long terme.
Ceux qui désespéraient de récupérer un jour ce précieux album qui s’était fait rare et cher –ce qui était mon cas- peuvent se ruer sur cette réédition qui le remet au goût du jour.

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Darkness Beyond
Darkness Beyond
Proposé par RAREWAVES USA
Prix : EUR 11,44

2.0 étoiles sur 5 "De Humo Negro Y Ceniza", 22 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Darkness Beyond (CD)
Encore un album que j’attendais cette année, le dernier Hacavitz.
Pour mémoire –ou pour ceux qui ne connaissent pas ce groupe-, Hacavitz est apparu en 2003 juste après la dissolution d’un Ravager pourtant au sommet de sa gloire après la sortie de l’indispensable Nazxul Rising, désormais un classique de death brutal latino-américain ; le seul membre commun des deux formations étant Antimo Buonnano.
A ses débuts, Hacavitz pratiquait un death blackisant assez brutal, bien que moins que son aîné et surtout plus ambiancé dans un délire indigéniste, sans le côté épique qu’on peut retrouver chez The Chasm par exemple.
Après un premier Venganza qui commençait sur les chapeaux de roue et laissait présager le meilleur pour la suite, la bande à Antimo a fait franchement moins bien sur le suivant Katun, pour revenir à un bon niveau avec Metztli Obscura.
Le dernier EP en date, Ojpanna sorti en 2012, restait dans la continuité de ce qu’ils faisaient auparavant, le côté black metal s’accentuant de plus en plus.

Et voici donc leur première sortie chez Dark Descent.
A voir la note, vous devinez que je n’ai pas aimé cet album.
A vrai dire, le mot est faible.

Parce que voilà, Hacavitz a décidé contre toute attente de virer tout ce qu’il y avait de death metal dans leur musique. Pas seulement, aussi les interludes ambiancés qui collaient judicieusement au concept développé par le groupe à la base.
A la place de tout ça, on a droit à une espèce de black metal basé sur des arpèges et quelques coups de trémolo, sur un mid tempo très majoritaire et quelques accélérations blastées très éparses, souvent en fin de morceaux.
Du coup, c’est pénible, pénible, pénible. On attend désespérément que ça démarre un jour, ce sur chaque morceau puisque leur durée moyenne atteint sans problème les huit minutes.
Mais ça reste affreusement mou, linéaire et monotone…

Même s’il y a quelques passages supportables, sur lesquels la monotonie est momentanément cassée, l’ennui se refait très vite sentir après une dizaine de secondes de répit.
Vraiment, ce fut pénible pour moi de devoir le réécouter plusieurs fois pour écrire ce papier.

Ceux qui sont nostalgiques des débuts glorieux du groupe peuvent toujours se repasser un petit Venganza. Ou se rabattre sur les projets plus brutaux d’Antimo, Ravager et Blood Reaping. Car Hacavitz est devenu inoffensif et ne dégage plus rien sur ce disque.
Affligeant pour un groupe auparavant très inspiré.

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Grotesque Creation
Grotesque Creation
Prix : EUR 27,87

2.0 étoiles sur 5 "Morbid Premonition", 22 mars 2015
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Je me délectais à l’idée de récupérer ce dernier album du projet solo de Mark Riddick, le célèbre -et extrêmement talentueux- illustrateur de nombreuses couvertures.

En jetant une première oreille sur cette galette, j’ai vite déchanté, hélas.
Fetid Zombie était auparavant connu pour son death metal nerveux et impertinent, alliant un feeling old school, une technique certaine mais sans étalage inutile à un côté décalé et même limite désinvolte ; quelques petits interludes extraits de films d’horreur de quinzième zone associé à un son un poil plus gras et on aurait eu là le parfait exemple de « Razorback death metal ».
Détails manquants qui font finalement toute la personnalité de ce modeste combo qui nous avait régalé avec notamment des Pleasures Of The Scapel et Vomiting In The Baptismal Pool croustillants.

Je ne sais ce qui a pris à Mark Riddick, mais il s’est mis à composer des titres inspirés heavy thrash, avec des solos mélodiques à la Marty Friedman pas vraiment assortis au reste et des tonnes de featuring pas spécialement utiles, même pour les récurrents James Malone et Damian Herring. Il y a aussi (et surtout) de fortes colorations de la scène black metal grecque des débuts, d’où l’apparition de membres de Rotting Christ, Varathron, Thou Art Lord, Necromantia et Zemial.

Dans tout ce foutoir, je trouve que Fetid Zombie a perdu de sa spontanéité et de son côté fun d’antan. A part quelques tranches de rigolade style Razor-Sharp Attack, c’est beaucoup trop sérieux, tout ça.
A la limite, si les compos étaient passionnantes de bout en bout, avec des arrangements mélodiques chiadés et un riffing plus nerveux, ça aurait pu coller. Mais rien à faire, l’écoute intégrale de cet album m’est pénible.

J’ignore si Mark Riddick a voulu rendre un hommage, s’il s’agit d’un écart volontaire et momentané par rapport à ce qu’il proposait jusqu’ici, mais je n’ai pas accroché au concept.
J’espère vraiment que ce disque n’annonce pas un changement radical d’orientation pour ce projet qui m’était autrement fort sympathique.

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Niederkunfft
Niederkunfft
Prix : EUR 8,59

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 "Devils Devils Everywhere!", 9 mars 2015
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Voici un des albums que j’attendais le plus cette année : le dernier Helrunar.
Je suis complètement fan de ce groupe depuis que je les avais découverts avec leur précédent album, le superbe Sól (double CD sorti en 2011).
Le duo composé de Skald Draugir (aussi dans Árstíðir Lífsins) à la voix et Alsvartr aux instruments -Dionysos ayant quitté le groupe depuis longtemps- offre un mélange très personnel de black metal épique, folk, mystique et païen, avec des thématiques orientées mythologie, nature dans des textes tantôt hurlés, tantôt narrés en allemand par la voix puissante et envoûtante du Skald. Leur musique a beau être assez simple et facile d’accès –la production de Markus Stock apportant clarté et puissance au propos-, elle a toujours été d’une grande profondeur et émotionnellement très chargée.

Avec ce Niederkunfft, Helrunar opère un changement assez important dans sa manière d’appréhender le black metal.
La couverture aiguille en ce sens de prime abord, car on n’a plus affaire au superbe et énigmatique graphisme de Łukasz Jaszak, mais à une vieille gravure ; un style plus classique dans le black metal, finalement. Elle annonce très bien les thèmes plus religieux qui y sont abordés.
Musicalement aussi, il y a du changement : les passages folk à la guitare sèche ont disparu, ainsi que le blast beat ; Helrunar s’axe complètement sur des plans mid tempo, voire doom. Le riffing sort ponctuellement de leur style black metal habituel pour un son plus death metal ; ces passages sont cependant assez rares.
L’ambiance est terriblement sombre, plus que sur les autres albums ; ce qui s’articule parfaitement avec les thèmes abordés : la religion et l’obscurantisme, les mœurs et superstitions à l’époque du Moyen-Âge et la lente transition vers l’Âge Moderne.
En cela, la voix narrative du Skald joue un rôle encore une fois primordial dans la mise en place des atmosphères et définit toujours autant le style Helrunar.
Logiquement, le vieux norrois a totalement disparu lui aussi des textes, au profit de quelques-uns en anglais.

Niederkunfft est vraiment un album à prendre dans sa totalité et il m’est plus difficile de détacher un titre en particulier comme on pouvait le faire sur les albums précédents.
Il marque certainement une nouvelle ère pour Helrunar, qui demeure malgré tout un groupe singulier au sein de la sphère black metal.
Je ne peux qu’être en admiration une fois de plus devant ce tour de force, une transformation opérée avec réussite car sans aliéner sa forte personnalité.
Certainement un album qui continuera de se bonifier avec le temps.

A noter que Prophecy a sorti une version limitée double CD avec un artbook de quarante-huit pages et deux titres bonus sur le second CD.

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Sights of Suffering
Sights of Suffering
Prix : EUR 19,48

3.0 étoiles sur 5 "Faceless Torment", 2 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sights of Suffering (CD)
Groupe chilien pas tout jeune puisque formé en 1985, Atomic Aggressor sort ici son tout premier album longue durée depuis sa création.
Il faut dire que leur carrière comprend un hiatus de quinze ans de séparation entre 1992 et 2007.
De toute manière, ils n’ont jamais été très prolifiques : hormis quelques démos à leurs débuts –compilées sur Rise Of The Ancient Ones, sorti chez Rawforce en 2008 et que je vous recommande- et deux splits depuis la reformation, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent les concernant.

La musique d’Atomic Aggressor a toujours été calée sur du death/thrash à la Possessed/early-Death/early-Morbid Angel, et c’est encore le cas –et même encore plus vrai- aujourd’hui : old school jusqu’au bout des ongles.
Après une petite intro martiale, ça balance du riff death/thrash précis et virulent, sur un up tempo énervé, avec un assortiment de solos bien inspirés en guise de cerise sur le gâteau.
Impossible de ne pas penser à Morbid Angel en écoutant ce disque : le titre bonus, Twilight Spectres, renvoie directement au morceau Damnation (sur Altars Of Madness), pour ne citer que celui-là. Même si ce morceau date à l'origine de 1990, il est tout à fait représentatif du reste de l'album.
En plus, on ne met pas longtemps à comprendre quels sont les thèmes abordés par les paroles.

En même temps, fallait-il attendre autre chose d’un groupe qui était présent dès les balbutiements du style ? Ont-ils seulement intérêt à faire autre chose ?
Probablement pas, vu qu’ils se débrouillent très bien dans ce créneau.
Parce que malgré la relative longueur de l’album (plus de cinquante minutes avec le titre bonus), l’intensité ne faiblit pas et les bons morceaux s’enchaînent sans relâche. Et l’ambiance evil est clairement au rendez-vous, sans artifice d’aucune sorte.

Ceux qui, comme moi, ont un faible pour ces revenants de l’époque bénie du death metal, ceux qui n’ont plus grand-chose à prouver mais qui en ont encore sous le pied, penchez-vous sur cet album qui offre un petit retour en arrière salutaire.

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Denouncing the Holy Throne
Denouncing the Holy Throne
Prix : EUR 8,99

5.0 étoiles sur 5 "Doomed Before Inception", 2 mars 2015
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De ce que j’ai pu écouter, Lavadome est un label qui sort peu de choses mais toujours de qualité. En effet, entre Chaos Inception, Day Of Doom, Destroying Divinity et du coup Heaving Earth, il n’y a absolument rien à jeter.

Les plus réveillés d’entre vous auront deviné que ce dernier tire son nom d’un morceau de Morbid Angel (sur Formulas…). On se doute donc qu’il y a une filiation avec le groupe de Trey Azagthoth.
En pratique, comme pour leurs compatriotes de Destroying Divinity ou encore les Australiens de Beyond Mortal Dreams (aussi chez Lavadome depuis peu), leur musique est un excellent croisement entre Hate Eternal et Immolation. On a donc à la fois un death véloce, technique de haute volée, ultra maîtrisé et noir comme le jais, avec un riffing qui tire parfois sur l’alambiqué et des cassures rythmiques régulières. Par extension, il y a quelques passages qui m’ont également fait penser à l’album de feu Jared Anderson (Internecine).

Même si l’ambiance est moins épaisse que chez Destroying Divinity, Heaving Earth dévoile une technique désarmante et toujours au service d’atmosphères blasphématoires, avec des riffs parfois aériens et mélodiques pour contrebalancer ceux qui sont plus graves et tranchants, le tout ponctué d’harmoniques juste ce qu’il faut. Et les solos sont très réussis.
Il y a suffisamment de variété et d’excellents morceaux pour rendre cet album immersif durant les quelque cinquante minutes qu’il dure. Les interludes sont courts mais permettent d’aérer judicieusement la brutalité de l’ensemble. La petite outro instrumentale mid tempo clôt idéalement l’album.

J’ai un faible pour le morceau Worms Of Rusted Congregation, mid tempo et plus mélodique que les autres, avec un riffing vraiment obsédant, le tout enveloppé d'une atmosphère glaciale ; ou le suivant Forging Arcane Heresy, très typé Immolation ; tous deux irrésistibles.
Et cette couverture tout en finesse ! Une nouvelle œuvre de Marco Hasmann (le premier Beyond Creation, les premiers Fleshgod Apocalypse, l’album de Twitch Of The Death Nerve).

Même si j’admets être inconditionnel de ce genre de produit, il faut quand même reconnaître à Heaving Earth les qualités dont il est doté. Combinant à la fois les meilleurs côtés du death moderne et ceux du death old school, voilà un poids lourd de la scène death à mon avis.

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Usurping the Throne of Disease
Usurping the Throne of Disease
Prix : EUR 22,02

3.0 étoiles sur 5 "Deathstrike Of The Scythe", 21 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Usurping the Throne of Disease (CD)
Winds Of Genocide, combo anglais en provenance de Durham, sort ici son premier album après une série de splits, qui contiennent tous le mot « Apokalyptic » dans leur nom ; ce qui fait qu’on pourrait qualifier leur musique de « dead crust apocalyptique ».
La base est donc clairement crust, avec ce d-beat caractéristique, ces riffs linéaires et simples à grands renforts de power chords, cette rage contestataire cathartique et vous ajoutez à cela une voix death vociférante et écorchée qui donne la nuance « dead » (mot que je trouve plus heureux que « deathened ») ; c'est certes une nana au micro, mais c'est un transexuel (c'est de la triche !).

Winds Of Genocide est resté fidèle à l’esprit du crust des années 80, cru, sale et surtout très énergique et spontané.
Les morceaux défilent à toute vitesse, on n’a pas réellement le temps de reprendre son souffle entre deux, l’intensité est constante sur les quelque trente minutes de l’album même sur la première partie plus lente du morceau éponyme.
Il y a même quelques passages avec des riffs poignants, qui touchent la corde sensible –si vous avez encore un cœur, bande de brutes !

Côté illustration, c'est encore une réussite du maître Riddick, tout à fait dans l'esprit crust destroy et cataclysmique du groupe.

La seule chose que l’on peut reprocher à ce combo tout à fait honnête, c’est le côté impersonnel de leur musique.
C’est tout à fait standard dans la forme et les thèmes traités sont aussi très classiques.
Côté production, la batterie aurait pu être un peu mieux mixée pour être plus percutante (surtout sur la caisse claire) ; on a comme l’impression que le batteur ne donne pas tout ce qu’il a comparé aux autres musiciens. Pourtant, c'est Fred Estby qui s'est occupé du mixage...
On se dit à plusieurs reprises qu’on a déjà entendu ça quelque part, et même en mieux. Je peux citer notamment Extreme Noise Terror, qui en avait vachement plus dans le slip dans le temps.

Comme on ne peut pas dire que les sorties crust soient légion, on peut aisément se contenter de ce genre d’album, somme toute très bien fait.

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Rise to Infamy [Explicit]
Rise to Infamy [Explicit]
Prix : EUR 8,79

5.0 étoiles sur 5 "Birth Of The Sadistic Son", 21 février 2015
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Je suis tombé sous le charme de ce groupe parisien à la sortie de leur précédent EP, Hoarder.
N’étant pas spécialement fan ou connaisseur en matière de hardcore et de sludge, j’ai pourtant adoré leur côté crade et les ambiances presque black développées.
Le label Throatruiner d’une manière général propose énormément de sorties de qualité dans ce style, avec toujours cette espèce de hardcore extrême et poisseux, parfois virant à l’avant-gardiste et au post (comme le dernier et excellent Nesseria, par exemple).

Pour revenir à Cowards, ils se sont surpassés sur ce Rise To Infamy.
L’album n’est qu’une série de brûlots tous plus meurtriers les uns que les autres, avec un tempo variant du blast nerveux au doom le plus rampant, et un riffing souvent atonal et assassin parsemé de larsens assourdissants, d’allers-retours sonnant comme une scie lacérant de la chair. Les invitations au headbang furieux et les mosh parts sont légion.

A côté de ça, c’est cette ambiance malsaine typique du groupe qui se dégage en permanence. Les non initiés et les coreux les plus modérés seront sûrement étouffés et mal à l’aise à la première écoute, mais c’est purement jouissif une fois qu’on rentre dans l’univers du groupe.
Colère, frustration, dépréciation de soi, rage insurmontable (je sais je triche, c'est dans les noms des morceaux héhé) sont autant de sentiments qui suintent à travers la musique du groupe, à la violence presque gratuite et jamais vraiment cathartique.
Pour ça, le chant impitoyable de Julien Henri nous martèle le cerveau à coup de phrases simples et chocs, empreintes de misanthropie et d’une ironie vicieuse et pernicieuse.
Cowards a gardé le goût pour les couvertures provocatrices et le thème de la violence conjugale est aussi abordé ici.

Après de multiples écoutes, il m’est apparu clairement que Cowards est au sommet de son art sur ce Rise To Infamy, proposant un album plus intense que jamais, rythmiquement très varié, aux ambiances à la limite du soutenable et d’une efficacité redoutable malgré un riffing chaotique. Tout ce que j'aime dans le hardcore, un vrai coup de cœur pour ma part.

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The mysterious ways of repetitive art
The mysterious ways of repetitive art
Prix : EUR 17,85

4.0 étoiles sur 5 "The Dreaming Of The Flame", 16 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : The mysterious ways of repetitive art (CD)
Parmi les nombreux groupes allemands de la nouvelle école de l’ancienne école du metal de la mort (ouais, en français ça claque pas des masses…) de l’écurie FDA Rekotz, il y en a notamment un qui a attiré l’attention des masses avec son premier album en 2012, c’est Chapel Of Disease.
En effet, à l’écoute de ce disque, on se dit qu’ils ont capturé en grande partie l’essence des premiers albums de death metal, à l’époque de l’émancipation du style par rapport à son aîné thrash metal. Il y a encore de fortes colorations thrashy, mais l’aura evil est bien là et les influences doomy frostiennes sont également assez prégnantes.
Voilà tout simplement ce qu’est Chapel Of Disease.
A ces éléments récurrents, rajoutez un sens du riff aigu et des compos qui accrochent l’oreille comme peu de groupes savent le faire.
Le seul truc qui me déplaisait, en quelque sorte, chez eux, ce sont les ambiances que je trouvais assez artificielles ou du moins beaucoup moins prenantes que sur les canons du style. Par ailleurs, on conçoit que l’agressivité de la musique est aujourd’hui toute relative ; alors que vingt-cinq ans plus tôt, ça aurait fait un malheur. C’est aussi le principe de faire dans le vintage.

Pour en venir à ce dernier jet –après cette certes longue intro, mais qui contient des éléments qui s’appliquent aussi dans ce qui nous intéresse-, on sent que le groupe a progressé depuis trois ans : le son est plus clair, plus dynamique, plus en relief, les compositions sont plus fouillées, ce qui témoigne d’une meilleure maîtrise en général. Le titre est finalement mal trouvé, puisque l’album n’a rien de répétitif.
Chapel Of Disease ne s’est pas assagi pour autant et n’a rien perdu de sa verve et de son sens de l’accroche, avec ces envolées thrashy bien nerveuses qui sont régulièrement entrecoupées de passages doomy, alternance que le groupe s’est appropriée en affinant sa personnalité.

En effet, on pense moins aux ancêtres bataves (early Pestilence pour les accélérations, Asphyx pour les ralentis et la voix du chanteur) à l’écoute de leur musique ; déjà parce qu’il y a quand même pas mal de reverb’, ce qui limite grandement la violence pure et dure qui était le leitmotiv des formations précitées alors, et ensuite parce qu’on retrouve aussi des passages acoustiques et plus ambiancés éparses, ainsi que quelques influences heavy et mélodiques.
Chapel Of Disease reste cependant à une distance respectable de groupes comme Tribulation et Horrendous.

Ce qui me dérange encore et qui prive ce disque du statut de chef-d’œuvre à mes yeux, c’est que j’ai encore la désagréable impression que Chapel Of Disease reste le cul entre deux chaises : d’un côté, la part heavy/mélodique n’est pas totalement assumée ; d’un autre, ça ne sonne pas assez evil ou crade pour concurrencer les meilleurs combos revival death metal old school.

Ceci étant dit, il m’est difficile de faire la fine bouche et de dénigrer la qualité intrinsèque de cet album, surtout à l’écoute d’une composition aussi ambitieuse que Lord Of All Death pour ne citer que celle-là.
Je terminerai donc en disant que The Mysterious… est un très bon disque, qui montre un groupe qui a progressé et mûri, et qui tend à s’affirmer de plus en plus avec le temps.

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