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Contenu rédigé par Emmanuel Gautier
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Emmanuel Gautier (Strasbourg, France)
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Aura of Suffering
Aura of Suffering
Prix : EUR 20,29

3.0 étoiles sur 5 "Into Womb Of Oblivion", 30 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Aura of Suffering (CD)
Premier album d’une formation finlandaise dont les membres officient dans Desolate Shrine, Lie In Ruins et Sepulchral Temple, Aura Of Suffering sort sur la structure locale Woodcut.
Perdition Winds est sans aucun doute le plus black metal de tous les groupes cités.
C’est du black assez raw, au son de gratte grésillant et assez désagréable à l’oreille.
Les morceaux sont très longs, vu qu’il n’y a que six plages pour presque cinquante minutes de musique.

On a donc droit à du black metal tantôt up tempo avec un riffing assez orthodoxe (Into Womb Of Oblivion) tantôt low voire doom tempo avec des tendances un peu dépressives (la seconde moitié de Temple Within et Storming Primordial Oceans).
Ce qui malheureusement domine, du moins en ce qui me concerne, ce sont les longueurs : je me suis demandé à plusieurs reprises ce qui pouvait bien justifier une telle durée pour ce qui est proposé. Les riffs ne sont pas vraiment hypnotiques, loin s’en faut, il n’y pas vraiment matière à s’immerger dans une quelconque ambiance, les fins des morceaux sont interminables et cassent le rythme plus qu’autre chose.
Ce qui est bien dommage, parce que c’est plutôt bien gaulé dans l’ensemble, et l’album aurait sans doute gagné à être raccourci de quinze minutes.
Car il y a quand même quelques passages bien sentis, notamment sur Night Of Thousand Plagues qui est bien construit dans l’alternance up/mid tempo avec un lot de riffs assez efficaces.

Je ne leur ferai pas l’affront de comparer cet album à ceux des groupes cités en intro, situés par ailleurs dans un tout autre registre. A ceci près que si l’on regarde la durée moyenne des albums respectifs de ces groupes, la concision n’est pas leur fort.
Voilà, je pense que j’attendais un peu plus d’un groupe avec un pareil pedigree qu’un album un peu poussif et à l’inspiration inégale.

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Liber Lvcifer I: Khem Sedjet
Liber Lvcifer I: Khem Sedjet
Prix : EUR 8,99

5.0 étoiles sur 5 "Black Light Of Sitra Ahra", 30 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Liber Lvcifer I: Khem Sedjet (Téléchargement MP3)
Voici le second album de Thy Darkened Shade (TDS), duo grec qui dit pratiquer de l’Acausal Necrosophic Black Metal : Semjaza, qui a rejoint depuis quelque temps Acrimonious en tant que guitariste, instrumentiste et auteur/compositeur du groupe et The A, vocaliste ; ils sont accompagnés de H.G., le batteur de session.

Liber Lvcifer… est un album qu’on pourrait s’amuser à décortiquer pendant des heures, ce que je ne compte pas faire ici.
Ceux qui connaissent déjà le groupe avec leur premier album savent qu’ils possèdent un certain génie de l’écriture et des arrangements, tout en rentrant dans un concept ritualiste assez fouillé et parfaitement retranscrit en musique avec notamment des chœurs et des mantras (séries de syllabes répétées jusqu’à atteindre une sorte de transe mystique au cours d’une prière).
Par rapport à ce premier jet, TDS a gardé son riffing acéré et brillamment exécuté, avec les mêmes touches thrash et mélodiques complètement bluffantes. En clair, ils se présentent comme de dignes héritiers de la vague black metal grecque des années 90, en ayant fait évoluer la formule vers une forme plus moderne qui s’écarte franchement des racines Frostiennes du style.
Tempo rapide et riffs nerveux, mid tempo et arpèges élaborés, passages en son clair, complémentarité des lignes de guitare et basse, dualité chant clair/hurlé, TDS sait tout faire et le fait très bien à chaque fois.
Semjaza utilise ici des basses à six et huit cordes, avec un rendu très différent de ce qu’on peut entendre chez un Necromantia, plus mélodique que rythmique ; à propos de Necromantia, le Magus fait une apparition sur le dernier morceau, magnifique au passage.

Voilà. Du reste, il faut se pencher et prendre le temps de savourer cet album d’une richesse incroyable, qui possède à la fois un côté immédiat avec une multitude de riffs appréciables de suite et une grande profondeur qui garantit une durée de vie conséquente sur une platine. La production de V. Santura est idéale, plus en relief que celle du précédent album.
Une vraie perle de black metal grec, qui fait honneur à la tradition du metal extrême fin et subtil des Rotting Christ, Necromantia et Septicflesh notamment.

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In the Streams of
In the Streams of
Prix : EUR 15,50

5.0 étoiles sur 5 "Industries Of Inferno", 30 novembre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : In the Streams of (CD)
Asker, Norvège en 1992 : Ravn Preben ”Prime Evil’’ Mulvik, Robin ”Mean’’ Malmberg et Benny ”Cerastes” fondent Sabazios, nom qui fait référence à une divinité indo-européenne symbolisée par un serpent. Ils dégagent rapidement leur batteur, pas vraiment motivé pour jouer du black metal, pour le remplacer par… une boîte à rythme, Mean Malmberg étant un féru d’informatique et du son synthétique généré par la Roland TR-505.
Le trio opte pour cette formule, malgré le passage en son sein de Hellhammer derrière les fûts.

Par ailleurs, ils traînent à l’époque une réputation de gros junkies : amphétamines, champignons hallucinogènes, MDMA, THC, PCP, tout y passe. Cerastes était sans doute le plus attaqué des trois et fréquentait régulièrement les rave parties.
Sabazios n’aura sorti qu’une seule démo avant que le groupe soit rebaptisé Mysticum : Wintermass (1993), une cassette de six morceaux au rendu assez inédit, combinant des riffs simples et hypnotiques à une boîte à rythme encore assez calée sur des rythmiques « organiques » qui pourraient être exécutées par un vrai batteur.
La première démo de Mysticum, Medusa’s Tears (1993), prend la même orientation ; pour la petite histoire, Mysticum a fait figurer sur la cassette le logo ”Never Stop The Madness’’ pour la première fois, parodie du logo ”Stop The Madness’’ de Roadrunner dans le cadre de la célèbre campagne contre l’usage de drogues.

C’est avec cette démo que le groupe va intéresser Euronymous de Mayhem, très friand de nouveautés dans le monde grandissant du black metal avec son label Deathlike Silence.
Il n’y aura malheureusement pas eu de suite, en raison du meurtre d’Euronymous la même année.
A cette époque, Robin rejoint Ulver en tant que bassiste pour une courte période, au cours de laquelle sort un split chez Necromantic Gallery (label hollandais sur lequel Gehenna et Dimmu Borgir ont sorti un EP à l’époque), où figure le titre Mourning issu de la démo de Sabazios.
Les deux compositions écrites pour la compilation Nordic Metal : A Tribute To Euronymous, Kingdom Comes et In Your Grave, montrent un grand pas en avant dans la composition et l’utilisation de la boîte à rythme, donnant à Mysticum une nouvelle forme tout à fait inédite dans le monde de l’extrême et qui justifie pleinement l’usage de machines.

Finalement en 1995, le groupe enregistre son tout premier album, In The Streams Of Inferno, en deux semaines mais qui ne sort sur Full Moon Productions (label de Floride) que l’année d’après : Mysticum reprend un certain nombre de morceaux des démos, réenregistrés avec un son plus compressé et moins naturel.
Le groupe maîtrise beaucoup mieux ses machines et enrichit ses vieilles compos de sonorités nouvelles, d’arrangements de clavier et de samples qui rendent les atmosphères plus denses et prenantes, à l’image de The Rest où le break de basse en dernière partie de morceau est remplacé par un appel de synthé agrémenté d’un extrait de film (semble-t-il, j’ignore lequel) ; ou les emblématiques Let The Kingdom Come et Where The Raven Flies sur lesquels rythmique et clavier prédominent largement sur le reste.
La dualité du chant Prime Evil/Cerastes amène un côté complètement possédé à leur musique, d’autant que s’ajoute régulièrement des samples de hurlements bestiaux en tout genre.
On sent à la fois les influences techno, indus et EBM de Mysticum, digérées et alliées à la patte black norvégienne pour un résultat unique à sa sortie.

La tournée qui s’ensuit comprend vingt-quatre concerts en vingt-cinq jours, aux côtés Gehenna et Marduk, avec lesquels ils sympathisent autour de bière et drogues dures, bien entendu.

Mysticum avait annoncé dès la sortie d’In The Streams… un second album intitulé Planet Satan ; des rumeurs circulaient disant que le disque était déjà partiellement enregistré.
En pratique, ce ne fut qu’après quatre ans de silence complet que le groupe sort de sa tanière pour proposer un nouveau titre, Black Magic Mushrooms, qui fait l’objet d’un split avec Audiopain en 2003.
Rien de plus, si ce n’est la compilation Lost Masters Of The Universe, une compilation regroupant l’ensemble des sorties antérieures à l’album.

C’est Prime Evil qui réactive le groupe en 2011 et propose une réunion de ses anciens membres avec une pléthore de riffs pour des nouvelles compos et surtout un contrat avec Peaceville (qui a réédité leur premier album en 2013) pour enfin sortir le très attendu Planet Satan.

In The Streams Of Inferno est certainement l’un des albums de black metal les plus marginaux de son époque, aux sonorités avant-gardistes comme Arcturus ou Fleurety à peu près au même moment. Même si le black indus n’a jamais connu d’essor particulier, Mysticum a entraîné avec lui des formations de qualité, comme Aborym ou Blacklodge qui sévissent encore aujourd’hui.

« J’ai une cassette avec quelques morceaux de Mysticum, comme ils étaient sur le même label que nous. C’était la première fois que j’entendais du black metal avec une boîte à rythme et des sonorités indus ; ça m’a fait marré tellement c’était surprenant et original ! Je l’ai écoutée en boucle pendant des semaines tellement j’adorais cette cassette ! Pour moi, Mysticum est un groupe légendaire et un des plus originaux venant du Nord de l’Europe ! » Jorn (Hades/Hades Almighty)

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Planet Satan Limited
Planet Satan Limited
Prix : EUR 14,99

4.0 étoiles sur 5 "Lucifer In The Sky With Demons", 30 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Planet Satan Limited (CD)
Enfin, le grand Mysticum s’est réveillé, sous sa forme initiale de trio avec Prime Evil, Dr Best et Cerastes comme au bon vieux temps.
Planet Satan s'est fait désirer, puisqu'il avait déjà été annoncé dans le livret d'In The Streams Of Inferno (1996).

Comme on pourrait l’attendre, Mysticum reprend les choses là où il les avait laissées avec son premier album, In The Streams Of Inferno.
Pour ceux qui ne connaissent pas cet album et n’ont jamais été initiés à ce genre à part qu’est le black metal industriel, le groupe d’Asker est sans doute le plus emblématique et surtout un des fondateurs de ce style.
La musique est une combinaison de riffs black metal agressifs et hypnotiques et de beats électroniques inspirés de la hard tek et de la drum/drill n’bass, évoluant parfois en mode aléatoire.
Le black indus est aussi une musique chargée en atmosphères, et sur Planet Satan on se croirait dans le cerveau d’un spationaute sataniste et junkie voguant dans le vide sidéral.
L’ambiance spatiale suggérée par le nom de l’album et de certains morceaux est parfaitement mise en place à l’aide de samples et de lignes de clavier savamment insérés et déterminants, ce en plus du riffing complètement halluciné habituel chez Mysticum.
Planet Satan est très homogène dans son ensemble, à l’exception du dernier morceau purement ambient –et pas franchement indispensable- qui fait suite à la tornade Cosmic Gun avec son électro blast beat hystérique.

Donc, pas de surprise ici, c’est du Mysticum comme on le connaît. Même si on aurait peut-être aimé un peu plus de folie dans les arrangements, davantage de complexité, on ne peut que saluer ce nouvel effort d’un des déclencheurs du mouvement black indus, à la pureté intègre malgré le temps écoulé.

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Scourge of the Formless Breed
Scourge of the Formless Breed
Prix : EUR 24,39

3.0 étoiles sur 5 "Slaughter Conceived", 22 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Scourge of the Formless Breed (CD)
Groupe de Turin existant depuis une dizaine d’années maintenant, Septycal Gorge en est à son troisième album après cinq ans de silence.
Pour l’instant, ils n’ont pas encore cassé la baraque malgré des opus de qualité sortis respectivement chez Mutilated et Permeated Records.
Vous l’aurez deviné, ce n’est pas avec celui-ci que ça se fera.

La formation du Piémont exécute un brutal death metal plus proche de l’école américaine (Deeds Of Flesh surtout, comme pour les précédents jets) que de leurs compatriotes de Hour Of Penance, Hideous Divinity, early Fleshgod Apocalypse et consorts ; ce bien qu’on décèle çà et là des velléités mélodiques qu’on pourrait retrouver chez certains de ces derniers.

Septycal Gorge maîtrise parfaitement son propos et balance quelques compos qui avoinent bien, comme le premier morceau par exemple qui accroche d’entrée de jeu avec un riff central des plus efficaces. Technique pointue, rythmiques avec de nombreuses syncopes et ruptures, chant profond et imposant, autant d’éléments qui font de ce disque un bon produit mais finalement assez standardisé.
Par ailleurs, passé les premiers titres, on peine à voir un quelconque relief sur cet album (exception pour le mid tempo Deeds Of Eternity) somme toute assez scolaire bien que plutôt inspiré.

A titre personnel, je suis très bon public pour ce genre de sortie, très bien équilibrée entre technique et accroche, aérée à l’occasion de plans slams assez lourds (dans le bon sens du terme). Ce que je déplore, en dehors de ce qui a pu être dit avant, c’est la quasi absence d’ambiance : malgré quelques interludes (à la limite de l’inutile, soyons francs), c’est assez plat de ce point de vue.
Pour conclure, je conseille ce disque essentiellement aux fans du style, qui en auront quand même pour leur argent avec ce produit Comatose typique.

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Antichristus ex utero
Antichristus ex utero
Prix : EUR 8,39

4.0 étoiles sur 5 "When Will It All End", 22 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Antichristus ex utero (CD)
Comme, il faut le dire, j’en ai un peu ma claque d’attendre le prochain album d’Azarath, je me suis rabattu sur un autre projet de ce bon gros Robert « Inferno » Promiński. Il faut dire que le gaillard s’y connaît et pas qu’un peu en metal extrême.
Ce Witchmaster est un délire complètement black/thrash dans l’esprit et la forme, du direct et franc sans compromis comme je les aime. Witchmaster habite au royaume où le culte de la mort, le sadomasochisme et les masques à gaz sont rois. Pas de compromis, pas de subtilité, juste du bourrinisme sale, vicieux et pernicieux.
Même si Witchmaster compte en son sein les deux membres du défunt Profanum, le black thrash qu’ils pratiquent est à des lieues des subtilités mélodiques et symphoniques de ce dernier.

Pour faire simple, je dirai que ce dernier Antichristus… reprend globalement la formule des précédents albums ; par contre, il envoie carrément plus du bois que Trücizna, l’album d’avant. A la fois rapide, brutal, crasseux et avec des tendances un poil n’roll à l’occasion, avec une flopée de solos survoltés et un vocaliste déchaîné (qui bénéficie aussi d’un léger déséquilibre de mixage, il faut le dire). Pas de place à du temps mort, l’intensité demeure constante et on ne s’ennuie à aucun moment (sur un petit peu plus d’une demi-heure, c’eut été dommage).

Franchement, j’aime beaucoup cette galette ; pas besoin de réfléchir ou de chercher une quelconque subtilité, c’est violent et direct, l’accroche est immédiate ou ne vient jamais.
C’est toujours rassurant de pouvoir compter sur ce genre de groupe pour vous donner la banane après une journée pourrie.
Pour leur premier album chez Osmose, ils se sont quand même donnés un peu de mal pour faire un album de qualité et qui garde une bonne dose de spontanéité.

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Left hand Path
Left hand Path
Prix : EUR 14,40

5.0 étoiles sur 5 "You Were Supposed To Rot", 16 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Left hand Path (CD)
L’histoire d’Entombed commence là où celle de Nihilist s’arrête, c’est-à-dire juste après l’éviction de Johnny Edlund par Nicke Andersson, déguisée en split du groupe qui se reforme quatre jours après sous un autre nom.
Entombed compte alors dans ses rangs hormis Andersson, Lars-Goran Petrov, Alex Hellid, Uffe Cederlund et David Blomqvist, ce dernier n’ayant finalement participé à aucun enregistrement avant son départ pour Carnage car peu confortable au poste de bassiste.
Une première démo est enregistrée au Sunlight Studio en septembre ’89, But Life Goes On.
Entombed reprend les choses là où Nihilist les avait laissées, c’est-à-dire dans un registre appelé à devenir la signature death metal suédois, à la limite de l’Appellation d’Origine Contrôlée : les rythmiques d-beat, le riffing grave au son caractéristique (dû d’après la « légende » à une erreur de l’ingé son).

Digby Pearson, boss du label Earache à la pointe de l’extrême naissant, était déjà intéressé pour signer Nihilist et garde contact avec Nicke Andersson pour signer un contrat avec la nouvelle mouture Entombed pour leur tout premier album, Left Hand Path ; il est également enregistré au Sunlight, en décembre 1989.
L’album présente en pratique seulement trois nouveaux titres composés pour l’occasion, le reste provenant du répertoire de Nihilist et de la première démo.
Sa sortie a eu néanmoins de mettre toute la (jeune et peu nombreuse) communauté de deathsters en herbe sur les genoux devant tant de violence, de puissance. Déjà parce qu’il pose les bases de ce que sera le « Sunlight sound » repris des milliers de fois par la suite, un son qui a été judicieusement comparé à celui d’une tronçonneuse qui découpe des lambeaux de chair ; après et surtout pour la dualité entre son côté très spontané, rentre-dedans et immédiat et l’incroyable richesse des compos et des atmosphères développées. Nihilist, groupe le plus influent de Stockholm en son temps, est enterré pour de bon et c’est Entombed, formation qui a une démo, un contrat avec le label extrême de référence et un album produit par le meilleur ingénieur du circuit pour ce style qu’aucun autre n’arrive à maîtriser à ce niveau.
Au-delà du seul son de guitare, le jeu de Nicke Andersson aux fûts est précis, fin et varié et confère une assise rythmique ultra confortable pour les autres musiciens.
La voix de L-G Petrov va influencer toute une série de chanteurs death metal, parmi lesquels (et pas des moindres) Matti Kärki sur les premiers albums respectifs de Carnage et Dismember.
Album empreint d’une grande maturité malgré le très jeune âge des participants, Left Hand Path a su conserver les qualités inestimables des démos dont ses morceaux sont issus tout en apportant une reconnaissance à un style demeuré jusqu’ici underground. La couverture de Dan SeaGrave est aussi devenue emblématique.

Entombed part alors en tournée à travers l’Europe et tourne même un clip (anecdotique, mais quand même) pour le morceau éponyme. Le début d’une reconnaissance amplement justifiée.

Sur les rééditions de l’album ont été rajoutés deux morceaux, issus des mêmes sessions d’enregistrement, un morceau de Nihilist et le culte Premature Autopsy qui a fait l'objet de plusieurs reprises.

Ce premier album du mythique Entombed constitue dès lors un modèle à suivre pour des générations de deathsters à venir. Un phénomène (au moins localement) équivalent à la sortie d’Altars Of Madness un an auparavant. Malgré leur qualité intrinsèque indéniable, les albums de Carnage et Dismember qui suivront font figure au premier abord de pâles copies, tant elles cumulent les stéréotypes instaurés par ce disque.
Un classique incontournable et fondateur du swedeath et du death metal tout court. Indispensable.

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Of Terror and the Supernatural [Explicit]
Of Terror and the Supernatural [Explicit]
Prix : EUR 8,99

4.0 étoiles sur 5 "Invocation Of Demise", 16 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Of Terror and the Supernatural [Explicit] (Téléchargement MP3)
Nouveau venu de la sphère doom/death, Temple Of Void propose ici son tout premier album qui reprend notamment les trois morceaux d’une démo sortie en 2013.
On retrouve dans les rangs de ce groupe de Detroit Mike « Tuff » Erdody (Acid Witch, Harbinger) au poste de vocaliste.

Les fans de formations tels Hooded Menace et Indesinence vont être comblés : ce premier jet est une réussite, inspiré et équilibré avec des compos ingénieuses et percutantes.
Le son est excellent, puissant mais avec un petit grain old school parfaitement assorti au riffing assez simple mais tout aussi écrasant, aéré régulièrement par des envolées mélodiques.
Le guttural de Tuff se rapproche pas mal de celui de Lasse Pyykkö.
Dans tout cela, on aurait tendance à dire que Temple Of Void se pose un peu comme un clone de Hooded Menace. S’il est vrai que la ressemblance est parfois frappante, Temple Of Void a quelques atouts dans sa manche qui lui permettent (ou du moins permettront à l’avenir) de se démarquer un peu : on note un usage assez prononcé d’effets de guitare et quelques passages de clavier rendant leur musique plus dense que celle de leurs homologues finlandais sur certains passages clés ; c’est finalement ce qui fait tout l’intérêt du disque à mes yeux. Le rendu en terme d’ambiance apparaît comme plus occulte chez Temple Of Void, qui justifie de cette manière son patronyme.

Si le premier morceau manque un peu de patate pour une immersion immédiate dans l’univers de Temple Of Void, le second Savage Howl arrive à point nommé avec son riffing de tueur, un exemple d’équilibre parfait entre du gros riff tronçonneuse et des mélodies artistiquement arrangées.
Deux autres compos m’ont paru particulièrement marquantes : Invocation Of Demise pour ce fameux passage avec le clavier fantomatique et Rot In Solitude pour ses arrangements mélodiques superbes teintés de psychédélisme.
Ceux qui apprécient le doom plus classique et épuré en auront aussi pour leur argent avec le final Exanimate Gaze, ponctué de solos heavy du meilleur goût.

Très bonne surprise donc que cet album de Temple Of Void, qui fait son entrée en grande pompe dans l’univers doom/death, présentant à la fois un certain classicisme tout en essayant de trouver sa propre formule, ce à grand renfort de compositions brillamment construites.
C’est bien dommage que le format physique soit limité à trois cents exemplaires.

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Sempiternal Dusk
Sempiternal Dusk
Prix : EUR 16,25

4.0 étoiles sur 5 "Seclusion Of The Bereaved", 16 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sempiternal Dusk (CD)
Nouvelle recrue de Dark Descent, Sempiternal Dusk est un trio de Portland, Oregon avec Thom Gann, le bassiste de Shroud Of The Heretic, Tim Call, batteur chez Weregoat, Mournful Congregation et Aldebaran entre autres et J. Hüss, guitariste chez The Warwolves.
C’est Tim Call qui s’égosille au micro, comme chez Aldebaran.

Sempiternal Dusk présente d’emblée une ressemblance assez flagrante avec Shroud Of The Heretic, pratiquant le même doomed death metal old school, avec un son caverneux et rampant sur des riffs en trémolos monolithiques et une ambiance de mort de tous les instants.
Bien que cet album ne comporte que cinq plages, il y en a quand même pour plus de quarante-six minutes au total, soit une galette finalement assez remplies pour le style pratiqué.

Même si le riffing de Sempiternal Dusk m’a paru moins inspiré que celui de l’homologue précité, il reste cette atmosphère opaque et presque palpable de mort qui est parfaitement mise en place et entretenue, sur une musique très épurée et à l’authenticité indéniable.
La grande homogénéité de l’ensemble participe pour beaucoup à cela, ce qui ne rendra bien entendu pas l’album très accessible à la masse mais garantit une orthodoxie à toute épreuve : ils ne sont pas là pour réinventer un style qui perdure depuis vingt-cinq ans, mais pour montrer leur foi et leur dévotion en la cause sacrée du death metal putride.

De ce fait, si la redondance entre les groupes de Portland n’est pas un obstacle pour vous, cet album éponyme peut tout à fait convenir, produit d’une honnêteté sans faille et très bien réalisé dans son ensemble.

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Satan's Nightmare
Satan's Nightmare
Prix : EUR 10,60

3.0 étoiles sur 5 "Horror Soundtracks", 16 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Satan's Nightmare (CD)
Voilà une occasion en or de se marrer un bon coup, offerte par NWN! avec cette réédition vinyle du second méfait de Doomed And Disgusting.
Ce projet est celui du seul Dave Slave, un des membres fondateurs de Sadistik Exekution et fanatique absolu de heavy doom traditionnel comme on peut le constater.

Doomed And Disgusting n’a strictement rien à voir avec Sadistik Exekution et pratique un doom qu’on aura du mal à qualifier de traditionnel, dans le sens où il s’agit de l’interprétation TRES personnelle du sieur Slave de l’héritage Sabbathien. On peut également y trouver une petite touche à la Goatlord, mais l’occultisme développé faire figure de satanisme de foire à côté.
En effet, le côté grand-guignolesque et théâtral à la limite du pastiche est prédominant ici : des riffs simplistes exécutés avec une certaine désinvolture, une basse aux lignes souvent en désaccord avec celles des guitares (et de fait, ça sonne souvent faux), un « chant » complètement perché, bourré d’effets, loufoque au possible et des tonnes de samples, claviers kitschs et autres bruitages intempestifs tout à fait assortis à l’ambiance de films de série Z de mise ici.
Comme on peut s’y attendre, les paroles sont elles aussi complètement délirantes, et ne veulent parfois absolument rien dire. C’est juste un ramassis d’élucubrations insanes d’un hurluberlu qui a un gros pète au casque.

Vous l’aurez compris, musicalement ça n’a pas grand intérêt. Difficile de prendre ce disque au sérieux, ce qui n’est bien entendu pas le but ici. Mais dans le genre gros délire de psychopathe déjanté et fantasque, ça fonctionne plutôt bien et j’avoue que je me suis bien poilé à écouter ce disque ; même si on admettra que c’est un peu linéaire et répétitif à la longue. Unique ! Rien que pour ça, je mets une « bonne » note, tiens.
A part que la couverture est moins kitsch que l’original, la version vinyle n’a rien de spécial.

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