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Contenu rédigé par Emmanuel Gautier
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Commentaires écrits par
Emmanuel Gautier (Strasbourg, France)
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Soul recall
Soul recall
Prix : EUR 18,72

4.0 étoiles sur 5 Haunted Memorial, 17 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Soul recall (CD)
Rude s’est formé à la base en 2008 pour jouer du metal extrême primitif calqué sur Bathory et Celtic Frost. Après une courte pause et un essai dans le thrash sous un autre patronyme (Forsaker), ils sont revenus à leurs premières amours : le death metal des 90s.
Soul Recall est leur tout premier album.

Tout fanatique de death old school aura été immédiatement interpellé par la couverture : eh oui, c’est bien le célèbre Dan Seagrave, artiste emblématique de l’époque que Rude s’évertue à nous faire revivre, qui a dessiné la couverture de l’album ; on identifie immédiatement son style inimitable. Premier bon point pour ce groupe.

Ensuite, Rude joue un death metal résolument old school dans tous les sens du terme : le riffing paraît surgir d’un autre temps et rappelle sans équivoque les premiers méfaits de Morbid Angel et surtout Pestilence, avec la voix notamment qui fait penser à celle de Martin Van Drunen ; à ceci près que la production n’est pas aussi puissante que celle de Harris Johns sur Consuming Impulse. En parlant de production, là aussi on a l’impression de revenir vingt-cinq ans en arrière, à l’époque du tout analogique ; tout y est clairement audible, et le son de batterie notamment est hautement délectable (ces roulements de toms !).

Niveau compo, c’est du riffing vraiment classique, sans fioriture ni prouesse technique particulière ; les (très bons) solos sont mélodiques et exécutés avec dextérité en utilisant quasi systématiquement la pédale wah wah.
Le titre à retenir de cet album, c’est sans conteste Conjuring Of Fates, véritable morceau de bravoure de plus de huit minutes : démarrage en arpège en son clair, petit riff d’intro en mid/down tempo et enchaînement avec le riff principal death/thrash à trois minutes ; et là, alternance de rythmiques, de riffs pour un titre très ambiancé allant vers un final qui reprend l’arpège du début. Vraiment à l’ancienne, quoi. Et très réussi.
Un petit détail qui m’a frappé à l’écoute au casque : à la fin de Last Of Us, on peut entendre du slap de basse derrière les trémolos de guitare ; ce qui peut paraître surprenant, mais je vous assure que ça rend très bien. On peut en entendre à d’autres reprises sur l’album.

Rude n’a pas transcendé ses aînés sur ce disque, qui reprend à la lettre les codes du death metal établis au début des années 90. Mais cet album est d’une authenticité et d’une sincérité que je qualifierai de touchantes. On se plaît à écouter plusieurs fois de suite cette galette qui semble venir d’une autre époque, d’autant qu’il y a de la profondeur dans ces morceaux, à défaut d’un riffing vraiment original.
Je ne peux donc que conseiller cet album qui ne fait pas tache dans le lot conséquent de sorties New School Of Old School.

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Nothing But the Whole
Nothing But the Whole
Prix : EUR 18,39

1.0 étoiles sur 5 Nothing but a big black hole..., 17 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Nothing But the Whole (CD)
Emptiness est le projet annexe de deux membres d’Enthroned depuis 1998 et leur batteur est depuis 2012 également celui de Pro-Pain.
Et contrairement à Enthroned, Emptiness mise plus sur la qualité que la quantité : en trois albums, on les avait vus s’éloigner des structures directes des deux premiers albums pour arriver sur le précédent, Error, à un blackened death alambiqué et difficile d’accès, mais à l’ambiance assez prenante. On pouvait dès lors espérer que le groupe évoluerait vers quelque chose d’assez ambitieux et personnel.

Seulement là, force est d’admettre que ça ne les a menés nulle part.
Ce dernier disque est d’une platitude et d’une inconsistance consternantes.
Ils avaient déjà mis de côté l’up tempo et les blasts sur Error, ce au profit de velléités presque post avant que ce type de sortie n’envahisse le marché.
Nothing But The Whole est désespérément mou et on attend pendant tout le disque que ça démarre… en vain.
Le tempo est lent mais on est loin de la lourdeur et l’atmosphère dense du doom ; les plans de gratte sont au mieux peu inspirés, au pire totalement foireux : entre le son clair utilisé à outrance, les riffs inoffensifs et l’absence totale de solo (pas le point fort du groupe certes, mais au moins il y en avait avant) ; à la place, Emptiness a voulu faire quelques « expérimentations » sonores en noyant son manque d’inspiration dans des effets de reverb, écho utilisés à outrance. L’extrême répétitivité de certains plans (on citera l’interminable All Is Known) n’atteint certainement pas le but recherché, car ils suscitent plus l’ennui qu’autre chose.

Et le comble, c’est quand même Tale Of A Burning Man : en plus des riffs complètement bidon, le rythme se résume à des coups de grosse caisse à la noire renforcée par des coups de crache ; non mais attendez là, votre batteur il prend des cours depuis une semaine, ou quoi ?! Ben non, le line-up n’a pas changé depuis le début.
Et quoi de plus frustrant que la fin du disque, plus abrupte tu meurs. Le morceau est complètement coupé dans son élan, certes pas très vif mais quand même…
Si l’on met bout à bout les quelques éléments intéressants de l’album, pas sûr qu’on arrive à faire un morceau complet… Et cette couverture, franchement…

Tout ça pour dire que Nothing But The Whole est certainement ma déception de l’année. Non seulement ils ont perdu leur science du riff, mais les ambiances si prenantes des précédents albums ont pour ainsi dire disparu. Emptiness n'a jamais aussi bien porté son nom, hélas.

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Ulvaja
Ulvaja
Prix : EUR 3,87

3.0 étoiles sur 5 Assez inattendu, 16 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ulvaja (Téléchargement MP3)
En même temps que la réédition de leur démo de 1993, Svart nous offre ici le dernier EP de Rippikoulu, la première sortie du groupe depuis plus de vingt ans et qui fait suite à leur reformation cette année.
Le groupe est désormais un quartet, ce depuis le décès du guitariste Marko Henriksson en 1995 qui avait plus ou moins provoqué leur séparation.

Le son de Rippikoulu a bien évolué depuis son doom/death très sombre et old school de 1993.
Désormais, les Finlandais jouent un doom plus mélodique, plus atmosphérique, avec un clavier plus présent. On note même du chant féminin en dernière plage. Rien de choquant, rassurez-vous, ça passe tout seul.

En conséquence, ceux qui avaient apprécié l’obscurité opaque et la crudité de Musta Seremonia ne se retrouveront sans doute pas dans cet EP.
Au-delà de ça, il y a de bonnes choses dessus. Mon préféré reste le (hélas bien trop court) second morceau, mid tempo et ternaire sur lequel l’équilibre guitare/clavier est parfait, avec un riffing particulièrement prenant.
Le premier morceau pourrait presque passer pour du doom funéraire, sans cette accélération au milieu, tant la lenteur est pesante. Il est assez varié sur ses presque neuf minutes, avec notamment un interlude au piano qui l’aère judicieusement.
Le dernier titre reprend le même tempo très lent avec plus d’homogénéité, et se termine sur des nappes de claviers apaisantes.
Là où Musta Seremonia évoquait mort et ténèbres, Ulvaja évoque plutôt mélancolie et nostalgie.
Ce qui n’a pas changé, c’est que le groupe s’exprime toujours en finnois.

Au final, rien d’extraordinaire, donc ; mais un changement de cap important pour le groupe finlandais, ce qui ne va certainement pas plaire à tout le monde.
Personnellement, je préférais l’ancienne formule, bien que j’apprécie les compos de cet EP indépendamment ; car c’est quand même assez bien fait. A vous de voir.

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Musta Seremonia
Musta Seremonia
Prix : EUR 7,74

4.0 étoiles sur 5 Sombre cérémonie, 16 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Musta Seremonia (Téléchargement MP3)
Svart édite pour la deuxième fois la seconde démo cassette de Rippikoulu, un quatuor finlandais assez peu connu qui a été actif entre 1990 et 1995, durant l’explosion du Death Metal en Finlande mais aussi un peu partout, et qui a été réactivé cette année avec un nouvel EP dont je vous parlerai également.
La réédition est justifiée du fait que l’édition 2010 s’est vendue comme des petits pains ; c’est aussi l’occasion de sortir une version vinyle dans la foulée.

Cette cassette de 1993 offre un doom death sombre et caverneux, une espèce de version ralentie du World Without God de Convulse. Le son de guitare y est particulièrement grave et lourd, y compris sur les parties accélérées éparses. Le guttural d’Anssi Kartela va de paire avec les instruments, profond et rugueux.
Bien que d’aspect assez primitif et classique dans sa forme, on retrouve sur cette démo des morceaux vraiment prenants : Ikuinen Piina à l’ambiance particulièrement pesante et très bien entretenue sur ses six minutes, le morceau éponyme plus atmosphérique avec la présence de claviers mais tout aussi ténébreux.
Au niveau du son, la version CD se rapproche davantage du son de la cassette d’origine que le vinyle, qui a été remasterisé.

Pour l’anecdote, Rippikoulu est semble-t-il le premier groupe de Death Metal à avoir écrit ses textes en finnois.
Cette démo montre quand même un potentiel, pour un groupe qui s’est trop rapidement éteint.
C’est vraiment le genre d’objet dont les fanatiques et collectionneurs de démos Death Metal d’époque sont très friands.

J’apprécie beaucoup cette démo, tout à fait représentative de son époque et devenue culte avec le temps (statut certes discutable, mais la qualité est quand même là). D’autant qu’au sein de la scène finlandaise des débuts, Rippikoulu n’a finalement pas de réel équivalent, bien que plus conventionnel dans sa forme que des œuvres comme Nespithe, Fresco Lungs ou First & Magical des compatriotes et contemporains Demilich, Phlegethon et Xysma.

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The Gates of Hell
The Gates of Hell
Prix : EUR 8,99

3.0 étoiles sur 5 "Circle Of Eternal Aftermath", 16 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Gates of Hell (Téléchargement MP3)
Troisième album du gang de Long Island, premier sur un label (les Tchèques de Lavadome, en l’occurrence).
Day Of Doom cultive l’esprit underground et old school jusqu’au boutiste en pratiquant un death metal lourd, blasphématoire et chaotique avec des ambiances proches des vieux Infernal Dominion et Imprecation ; bien que le riffing soit différent, Day Of Doom ne donnant que très peu dans le trémolo.
Pas d’évolution majeure depuis les deux premiers albums, on peut dire que ça va de soi.
Encore qu’on retrouve sur The Gates Of Hell une certaine tendance régressive avec une production de plus en plus approximative et une emphase particulière sur les plans lents et lourds, qui évoquent parfois les passages équivalents chez Nile (sans les colorations orientales, bien entendu) et qui contrastent d’autant plus avec les accélérations furieuses.

Le groupe s’essaye un peu à la mélodie, comme sur l’interlude The Vomitorium Angel suivi du presqu’instrumental et très lent Circle Of Eternal Aftermath : le résultat est mitigé, on sent que ce n’est pas leur domaine de prédilection ; ces morceaux jurent un peu trop avec le reste de l’album.
Pas vraiment de titre à mettre en avant, il faut dire que c’est difficile de se souvenir d’un morceau en particulier tant le riffing est chaotique.
Mais j’ai bien aimé l’ambiance générale de ce disque, et pour ce genre de sortie c’est ce qui compte. Et cette couverture de Raul Gonzales, excellente !

Pour les fanatiques de death sombre et blasphématoire, extrêmement typé old school au point d’en être presque anachronique. Peut-être un peu long, surtout en comparaison de ses prédécesseurs qui ne dépassaient pas la demi-heure.

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Brutality Is Law
Brutality Is Law
Prix : EUR 19,85

3.0 étoiles sur 5 "I Bleed For Thee, Take Me", 13 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Brutality Is Law (CD)
Né à San Francisco en 1997 sous le patronyme de Christ Denied, le groupe change de nom officiellement en août 2000 lors d'un concert avec Deeds Of Flesh et Disgorge lors duquel ils ont paraît-il atomisé tout le monde ; Severed Savior balance une première démo puis un EP avant de signer chez Unique Leader pour ce premier album.

Brutality Is Law est un disque de brutal death technique assez scolaire et demeurant dans l'ombre des Suffocation, Deeds Of Dlesh, Disgorge en cette année 2003.
Néanmoins, l'exécution et la technique sont parfaites, les compos sont bien rentre-dedans, bien que sans le relief qui aurait permis de les distinguer les unes des autres.
On sent déjà poindre quelques sonorités qui seront développées par la suite, dans une veine plus mélodique et un peu plus accrocheuse.
Le titre singulier de l'album est certainement Death Is Just The Beginning : une sorte de "ballade" mélodique instrumentale, un hommage assez poignant au guitariste Rob Lumbre, ancien membre du groupe et mort avant l'enregistrement de cet album dans un accident de voiture.

Un bon produit pour les fanatiques de death bien brutal, typique de l'écurie Unique Leader avec sa pochette dessinée par Jon Zig.
Severed Savior est à rapprocher de Decrepit Birth, dans le sens où les deux groupes ont sorti le même genre d'album chez Unique Leader en 2003, puis ont réussi sur leur second jet à obtenir quelque chose de plus subtil et de plus personnel (à ceci près que Severed Savior a quitté Unique Leader pour Willowtip, alors que Decrepit Birth y est resté) ; autre rapprochement, les deux albums sont sortis en 2008.


Relics of sulphur salvation
Relics of sulphur salvation
Prix : EUR 11,37

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 "Cure Us From Life", 10 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Relics of sulphur salvation (CD)
Troisième album pour ce combo de Mjölby en Suède, et premier chez l’écurie Pulverised de Singapour. Parmi les quatre membres du groupe, on retrouve Matthias « Flesh » Frisk, éminent illustrateur notamment pour Ghost, Entrapment, Miasmal et Vampire (en plus de Vanhelgd, bien entendu) et Jonas Albrektsson, ancien bassiste du défunt Thy Primordial.
Le groupe avait sorti son précédent album et un EP chez Nuclear War Now!, ce qui leur avait donné l’opportunité de jouer à la seconde édition du NWN! Fest.

Dès la toute première écoute, j’ai su que ce disque n’était pas un énième album d’Entombed/Carnage/Dismember-worship de quinzième zone.
Et les écoutes suivantes n’ont pas démenti ma première impression : cet album me file des frissons, je vous jure !

Pourtant, Dieu sait que j’en bouffe, du swedeath. Il en sort par palettes entières, ces dernières années. Mais là, c’est juste une perle rarissime, un bijou comme on en entend que trop rarement.

Plutôt que de reprendre la formule toute faite comme nombre de ses congénères (suédois ou pas, d’ailleurs), Vanhelgd a accentué tout particulièrement l’atmosphère occulte et le penchant mélodique, réminiscences du tout premier EP d’At The Gates, Gardens Of Grief (pour moi, le mélodeath comme il n’aurait jamais dû cesser d’être). C’est particulièrement évident sur le morceau éponyme et Salt In My Hands.
Du reste, les riffs sont phénoménaux, l’ambiance d’une noirceur impressionnante ; autant les plans up tempo sont déjà terribles, autant les passages mid ou doom tempo sont encore plus meurtriers. Les compos sont assez homogènes, mais il y a quelques éléments qui permettent aisément de les distinguer : pour exemples, les chœurs scandés sur Ett Liv I Träldom, le piano sur fond de bruits de vague à la fin de Sirens Of Lampedusa, le final particulièrement intense du premier morceau.
Le tout calibré sur quelque quarante minutes.

Le son est excellent, tous les instruments sont parfaitement mis en valeur ; que ce soit les voix imposantes de Frisk et Johansson, la batterie avec les cymbales légèrement mises en avant, la basse qui a quelques passages pour elle toute seule.
L’album a bénéficié du travail de mastering de Tore Stjerna après un enregistrement au studio Underjord.
Du grand art !

Pour moi, c’est un disque exceptionnel, je n’ai rien entendu de semblable récemment ; un death metal qui combine le meilleur du swedeath classique, des éléments mélodiques sombres au possible et une aura occulte irrésistible.
Un des chefs-d’œuvre de l’année à mes yeux.

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A Serenade of Agony
A Serenade of Agony
Prix : EUR 14,63

3.0 étoiles sur 5 "Pain And Pleasure Incarnate", 10 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : A Serenade of Agony (CD)
Maceration est le projet de deux membres d’Invocator, combo thrash technique danois, à savoir Jakob Schultz et Jacob Hansen.
Pour leur unique album, A Serenade Of Agony, enregistré en septembre 1991, ils ont bénéficié des services d’un certain Day Disyraah au chant et aux claviers qui n’est autre que le célèbre Dan Swanö, éminent activiste du metal extrême sous toutes ses formes et impliqué dans de nombreux projets. Mais ce n’est pas lui qui a produit l’album (c’est dommage, d’ailleurs).

Après le départ de Swanö et Hansen, Maceration s’oriente vers un style plus groovy et hardcore, qu’on ne retrouve que sur une seule démo cassette sortie en 1995 ; après quoi le groupe se sépare.
Certains membres de Maceration ont continué à jouer ensemble dans le groupe de hardcore Self, qui a sorti un album à la fin des années 90.

Du coup, que trouve-t-on sur cette réédition ? Eh bien, tout ce qui gravite autour de la période purement death metal de Maceration : à savoir l’album en question et divers démos, live de cette époque.

L’album, à défaut d’être un classique incontournable du death old school, tabasse bien : un gros son de gratte bien agressif, une production très équilibrée, un brailleur convaincant (on connaît ses antécédents).
A aucun moment il ne faut chercher des traces d’Invocator ou d’un quelconque projet de Dan Swanö dans ce propos ; c’est du pur death metal méchant et sans fioriture, avec des compos assez longues (entre trois et plus de sept minutes). Ça me fait penser à du Gorefest, à mi-chemin entre Mindloss et False : moins brutal que le premier, moins subtile et mélodique que le second ; et sans la production de Colin Richardson, bien entendu. Je pense que la similarité aurait été plus flagrante si Maceration avait pu bénéficier des services de ce dernier.
En tout cas, des titres comme Pain And Pleasure Incarnate et The Mind Rampant avec leurs accélérations assassines font du bien par où ils passent.

Pour le reste, c’est assez dispensable de mon point de vue : on passe d’une qualité sonore très moyenne à exécrable, les reprises sont loin d’être mémorables et les morceaux les plus intéressants sont aussi sur l’album.

Voici donc un album de death danois de la grande époque, ayant précédé les compatriotes d’Illdisposed, Konkhra, Iniquity, Panzerchrist, Exmortem qui ont eu plus de succès et surtout une plus grande longévité.

Tracklist d’A Serenade Of Agony :

01. Intro - Silent Lay the Gentle Lamb
02. A Serenade of Agony
03. Transmogrified
04. Pain and Pleasure Incarnate
05. The Watcher
06. The Mind Rampant
07. Reincarnation / Time Flies
08. The Forgotten

Bonus tracks
09. Hideous Disfigurements (démo)
10. Godly Beings [Obituary cover] (live)
11. Pain and Pleasure Incanate (live)
12. Incombustible Remains (live)
13. Evil Dead [Death cover] (live)
14. Hideous Disfigurements (démo)
15. Slowly We Rot [Obituary cover] (démo)
16. Suffocation [Obituary cover] (démo)
17. Silent Lay the Gentle Lamb (démo)
18. Dawn of Eternity [Massacre cover] (live)
19. Total Obstipation (démo)
20. Hideous Disfigurements (démo)

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Certain corpses never decay
Certain corpses never decay
Prix : EUR 19,26

3.0 étoiles sur 5 "Lain Hidden", 9 juin 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Certain corpses never decay (CD)
Fondé à Stockholm par Stefan Lagergren, Anders Holmberg et Calle Fransson début 1988, Expulsion (préalablement River’s Edge) demeure intimement lié aux débuts de Treblinka/Tiamat, autant de par les membres partagés entre les deux entités que musicalement parlant : une espèce de version plus thrash et moins occulte de Treblinka, avec ce côté très primitif en commun.
Par la suite, l’EP et le premier album, sortis respectivement en 1993 et 1994 (donc assez tardivement, en raison de la dispersion des membres du groupe dans d’autres projets), restent proches du style de Tiamat : plus mélodique et plus doomy que la première mouture.
Expulsion disparaît après la sortie du second album, en 1997. Stefan Lagergren occupe depuis 2008 le poste de guitariste dans le groupe de swedeath Mr Death, fondé par l’ancien de bassiste de Treblinka/Tiamat, Jörgen Thullberg.

Cette compilation réunit les deux premières démos d’Expulsion ainsi que les deux morceaux enregistrés en 1990 avec Tomas Skogsberg qui n’avaient jusqu’ici jamais connu de sortie officielle.
Comme je l’ai dit plus haut, la musique d’Expulsion sonne comme un death metal assez primitif et pas vraiment mémorable sur ses premières démos ; les deux morceaux inédits sont à mon avis les plus intéressants : déjà parce que le son est meilleur, ensuite parce qu’on sent que le groupe a un fait un plus gros effort de composition et que le riffing est plus percutant. Bien que les touches atmosphériques qu’on retrouve sur certains morceaux des démos (Old Time Entombed et The Prophecy Of Doom notamment) soient moins présentes sur ces deux titres, ils correspondent davantage aux standards swedeath de ces années-là, avec un son de guitare beaucoup plus agressif (sans l’effet de phaser qui affaiblissait grandement les démos).

Quant au dernier morceau, qui donne son nom à la compilation, le son est tellement pourri que je n’ai même pas envie d’en parler… Il figurait sur la compilation Hymns Of The Dead (ça doit être le volume 2, car il n’y a pas de trace d’Expulsion sur le premier volet).

A en juger par l’histoire d’Expulsion, on peut estimer que le groupe n’était hélas pas destiné à briller, car toujours dans l’ombre des projets annexes de ses membres et notamment du grand Tiamat.
Pour les archéologues des débuts du death suédois, voici un ajout intéressant à votre collection, qui plus est illustré par Eric Danielsson de Watain en couverture.

Tracklist de Certain Corpses Never Decay :

Cerebral Cessation demo (1989)
01. Extreme Hypothermia
02. Whisper From The Abyss
03. Old Time Entombed
04. The Prophecy Of Doom
05. Cerebral Cessation (part I)
06. Innominadum (part II)

Veiled In The Mists Of Mystery demo (1989)
07. Darkside
08. Bastard Son Of God
09. Veiled In The Mists Of Mystery
10. Undersea (part III)

Titres exclusives enregistrés au Sunlight en 1990
11. Soul Upheaval
12. Lain Hidden

Extrait issu de la compilation Hymns Of The Dead
13. Certain Corpses Never Decay

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Dirges of elyzium
Dirges of elyzium
Prix : EUR 14,61

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 "Eternity Is Nigh", 9 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dirges of elyzium (CD)
Pour la énième fois dans sa carrière, Incantation a subi un changement de line-up cette année avec le départ d’Alex Bouks, un membre assez impliqué dans l’élaboration du précédent album. Le groupe se retrouve donc à nouveau sous forme de trio, comme avant 2007.
Kyle Severn a de son côté très récemment quitté Acheron pour se consacrer exclusivement à Incantation.

On constate avec plaisir que ce Dirges Of Elysium ne s’est pas fait attendre et que le groupe semble avoir repris sont ancien rythme de croisière d’une sortie toutes les années paires.
N’y allons pas par quatre chemins : voici un excellent nouvel album dans la disco déjà fournie du combo américain.
Le son est quasi le même, la formule n’a pas changé mais n’en est que plus efficace.
Le temps semble ne pas avoir de prise sur la bande à McEntee, qui cultive le même death metal aux colorations doom depuis plus de vingt ans sans broncher ni défaillir.
Ce disque reprend la recette à l’identique, assenant l’auditoire de riffs puissants et sombres à faire peur, entre les accélérations implacables alourdies par le double pédalage constant et les plans doom toujours aussi impressionnants. McEntee reste un frontman d’exception, avec son guttural toujours aussi profond et imposant. On a aussi droit à quelques passages de basse bien audibles (à la fin de Charnel Grounds et au milieu de Dominant Ethos notamment).

L’ensemble de ces commentaires peut être plaqué sur à peu près n’importe quel album d’Incantation. Et j’ai envie de dire que c’est ça qui fait leur force. Car peu de groupes peuvent se targuer de sortir x fois le même produit pour ainsi dire, sans qu’on ressente une certaine lassitude ou une panne d’inspiration.
Avec Vanquish In Vengeance, Incantation semblait avoir retrouvé une impulsion et une force qui s’étaient évanouies sur les deux albums précédents ; comme en témoigne ce dernier jet, l’énergie ne s’est pas encore tarie et tout en restant sur le même modèle, le groupe parvient encore à surprendre et à battre à plates coutures nombre de ses héritiers.

Si je devais citer un titre marquant, ce qu’on retiendra de ce dernier album, c’est probablement le final Elysium (Eternity Is Nigh) : un morceau doom au riffing varié sur ses seize minutes, qui n’évoque que la mort et la désolation ; à ceci près que, contrairement à son équivalent sur Vanquish…, il ne s’achève pas sur une agonie interminable mais sur un véritable riff d’anthologie, une dernière accélération annoncée quelques secondes auparavant par des roulements de batterie. Une structure simple mais qui fait son effet, pas de plus belle manière de terminer un tel album.

On peut dire ce qu’on veut sur Incantation, mais leur constance et leur foi inébranlable dans la cause Death Metal forcent l’admiration. Et comme je l’ai dit, faire toujours la même chose avec un tel niveau de qualité encore aujourd’hui, ce n’est pas donné à tout le monde.

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