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Contenu rédigé par Emmanuel Gautier
Classement des meilleurs critiques: 257
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Commentaires écrits par
Emmanuel Gautier (Strasbourg, France)
(TOP 500 COMMENTATEURS)    (VRAI NOM)   

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Omen ex simulacra
Omen ex simulacra
Prix : EUR 20,61

5.0 étoiles sur 5 "Hell Synthesis", 8 décembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Omen ex simulacra (CD)
Depuis sa création en 2010, le duo originaire de l’Illinois s’évertue à faire la musique la plus abominable, la plus dérangeante possible ; pour preuve à l’appui, une citation du feuillet de leur précédent album : « Aevangelist does not intend to play death metal, black metal, or any other type of ‘music’ to your enjoyment. In fact, we hope that there are decidedly few discernable riffs, we hope this appeals to no superficial underground interests, and we hope to make no impression on any current musical trends, because in the scope of all we seek to convey, all of it is completely meaningless. […] If this art inspires you in any capacity to commit evil, consider it a gift. » En clair, ils ne cherchent pas à rentrer dans une catégorie, ni à faire de la musique commercialement viable, juste le truc le plus malsain et pernicieux possible.

Et on peut dire qu’ils se donnent les moyens d’arriver à leurs fins. J’avais déjà trouvé De Masticatione… (2012) particulièrement repoussant, et voici que ce dernier Omen Ex Simulacra le surpasse dans l’horreur et le cauchemar.
Il faut dire que le groupe combine les éléments les plus extrêmes du black, du death, du doom et de l’indus pour un rendu suffocant et oppressant au possible et des ambiances proches des pires méfaits d’Axis Of Perdition. En effet, la transition vers des sonorités plus froides et industrielles s’est opérée sur l’EP et surtout le split qui ont suivi De Masticatione… qui sonnait encore assez organique malgré la présence d’une boîte à rythme.

Aevangelist s’est encore plus déshumanisé sur ce dernier album : le côté bruitiste et les nappes de sonorités spectrales et hallucinées sont omniprésents et apportent un surcroît de densité aux compos ; même topo pour les voix, car il est difficile d’imaginer que ces vociférations bestiales sortent d’une gorge humaine. La musique en ressort encore plus glauque et étouffante ; sur des morceaux de presque huit minutes de moyenne, c’est un véritable supplice.
Le disque se prend vraiment comme un tout, on a du mal à clairement individualiser les morceaux car ils participent tous à l’ambiance générale. Pas de riffs accrocheurs, de mélodie identifiable, juste un brouhaha indescriptible et hautement déstabilisant.

Aevangelist s’est forgé une très forte identité et poursuit sa quête de l’ignoble et l’inhumain en proposant des albums de plus en plus insupportables. Personnellement, leur style me fascine complètement car si leur alchimie part d’éléments connus et utilisés à maintes reprises, le résultat est unique.
La créativité de Matron Thorn (instrumentiste) semble n’avoir aucune limite : un album, un split et un EP pour Aevangelist cette année, quatre albums en 2012 et un cette année pour son autre projet Benighted In Sodom (black dépressif proche du Shining suédois), sans compter ses nombreux autres projets solo.

Retrouvez la chronique de ce disque effroyable (et d'autres qui filent encore plus les jetons... ou pas d'ailleurs) sur le site "auxportesdumetal.com"


Theomorphic Defectiveness
Theomorphic Defectiveness
Prix : EUR 8,99

5.0 étoiles sur 5 "Under Narcoleptic Delusions", 2 décembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Theomorphic Defectiveness (Téléchargement MP3)
Dans un pays et sur un label où les formations doom pullulent (à en juger par le nombre de courriels que je reçois de Solitude), il y a au moins un groupe de doom funéraire absolument brillant sur l’ensemble de sa discographie jusqu’ici et c’est Abstract Spirit.
Chacun de leurs albums me met à genoux, et ce dernier Theormorphic Defectiveness ne fait pas exception.

Dès le premier morceau éponyme de l’album, on peut contempler l’étendue du savoir-faire des Russes : un riff d’entrée colossal sur un rythme à la lenteur hypnotique, une multitude de sonorités synthétiques avec des nappes de claviers complètement obsédantes et l’arrivée de ce growl ultime à la deuxième minute. Tous les instruments sont mis en valeur, y compris la basse outrageusement saturée que l’on entend distinctement au break vers trois minutes trente du même morceau. Un court interlude survient un peu avant la cinquième minute, spécificité du groupe : une espèce de fanfare funèbre ; rien de jazzy ni de prog là-dedans, juste l’impression qu’ils ont engagé des morts-vivants pour jouer les cuivres.

Avec ce descriptif, vous avez un aperçu de ce qui vous attend si vous osez pénétrer dans l’univers d’Abstract Spirit.
Les riffs sont pour la plupart tout simplement géniaux, entre du gros accord funéraire typique et des trémolos plutôt death metal comme sur le deuxième morceau, tout aussi phénoménal.
On a vraiment affaire à la crème du funéraire, une procession fantomatique d’âmes perdues flottant dans les méandres inextricables de l’Hadès, allant de visions d’horreur à apparitions cauchemardesques.

La reprise de Skepticism en fin de disque est pertinente, plus lourde que l’originale (qui figure sur leur dernier album Alloy). L’emphase sur les parties d’orgue et les divers ajouts apportent un surcroît de « funérarité » au morceau. Peut-être un peu moins poignante que l’originale sur ce pont mélodique en milieu morceau, mais ça reste du bon travail.

Abstract Spirit est désormais bien installé parmi l’élite du doom funéraire, proposant à chaque album des compositions toujours plus poussées dans les ambiances horrifiques et funèbres avec ce génie des arrangements et de réalisation qui rend leurs morceaux parfaitement digestes et passionnants malgré leur longue durée.
Possiblement le meilleur album doom funéraire de l’année.

Retrouvez cette chronique (et d'autres encore) sur le site "auxportesdumetal.com"


Darkness unbound
Darkness unbound
Prix : EUR 20,75

4.0 étoiles sur 5 "Hellfire Empire", 2 décembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Darkness unbound (CD)
Demonical fait partie de ces nombreux groupes que je connais de nom depuis longtemps et sur lesquels je n’avais pas pris le temps de me pencher.
Comme l’occasion fait le larron, voici que je vous présente leur dernier album en date, Darkness Unbound, sorti à l’instar des précédents sur le label Cyclone Empire.

Demonical est un groupe relativement récent, mais initialement formé par des gens expérimentés. Pour une raison étrange, Centinex est disparu en 2006 et trois de ses membres ont monté Demonical pour continuer à faire du death suédois à l’ancienne.
Formule à laquelle ils s’accrochent encore aujourd’hui, affirmation non démentie au vu de la teneur de ce dernier album.

J’ai toujours eu un faible pour le death typé suédois, avec ce son de gratte typique Sunlight Studios introduit sur le légendaire Left Hand Path d’Entombed, héritier du crust/punk et aux accords ultra grave (accordage en Si aidant).
Grâce à des groupes comme Nominon (dont je suis particulièrement friand) et donc Demonical, on a droit à une version plus moderne de ce death ancestral : plus de blasts, un son plus dynamique (ici du studio Necromorbus) et une petite touche mélodique qui synthétise l’essence du death suédois (entre la brutalité de la scène de Stockholm et les mélodies de Gothenburg).

Je n’attendais pas grand-chose d’une telle sortie, déjà parce que ça pullule depuis que ce genre de revival est à la mode et ensuite parce qu’à la première écoute j’avais l’impression d’avoir affaire à quelque chose de très générique.
En persévérant, je fus petit à petit séduit par le côté incisif des riffs, par cette dualité mélodico-brutale parfaitement équilibrée et par cette ambiance de mort que seuls les plus grands arrivent à retranscrire aussi bien.
Construit sur des bases saines et solides, Darkness Unbound est un disque efficace et puissant, avec des compos à faire headbanguer les morts.
J’ai apprécié le riffing tranchant de Hellfire Empire, le côté très black/death de Deathcrown, proche d'un Dark Funeral et le final lent à la Dismember.

La version digipack contient deux bonus en fin de disque : une reprise sympathique de Kreator (morceau original sur Coma Of Souls) et une version réenregistrée de Burned Alive (titre issu du premier album, Servants Of The Unlight).

Avis aux fans de swedish death metal, un très bon album pour vous. Pas d’innovation, mais une valeur sûre qui maîtrise son sujet.

Retrouvez cette chronique (et d'autres encore) sur le site "auxportesdumetal.com"


Aokigahara juka
Aokigahara juka
Prix : EUR 19,80

4.0 étoiles sur 5 La forêt des suicidés, 2 décembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Aokigahara juka (CD)
Thrall est un groupe australien, initialement projet solo de Tom Void qui petit à petit a recruté des members permanents ; aujourd’hui, c’est un quatuor.
Ce troisième album en quatre ans sort chez Moribund, tout comme son excellent prédécesseur, Vermin To The Earth.

Thrall explore toutes les thématiques qui tournent autour de la mort, avec un fond assez misanthrope. Pour celui-ci, le nom correspond à la forêt des suicides (située au Japon, à la base du mont Fuji) ; encore un sujet très joyeux en perspective. En tout cas, il est parfaitement assorti à la musique agonisante et au graphisme superbe de la pochette, réalisé une fois de plus par Tom Void lui-même.

La musique de Thrall est toujours aussi décharnée et mélancolique, ça sent vraiment la mort. Les colorations black’n’roll et surtout post black de Vermin To The Earth sont moins prononcées et on arrive à un black plus épuré et minimaliste, qu’on aurait tendance à rapprocher de groupes norvégiens comme Gehenna ou Koldbrann.
Un album mélodiquement moins riche que le précédent, néanmoins très homogène en terme de qualité.

Thrall gère particulièrement bien ses ambiances en privilégiant les tempos lents et lourds, lourdeur que l’on ressent même sur les accélérations. La production est parfaite pour ce style, avec un son de gratte baveux très crust dans l’esprit.
Les hurlements de Tom Void atteignent des sommets de désespoir et vont souvent de paire avec des riffs trémolo poignants comme on peut en entendre sur Ubasute, probablement le meilleur titre de l’album.
Les morceaux terminent souvent sur des grésillements et larsens sinistres, autre reliquat crust.

En clair, ce disque met mal à l’aise et retranscrit exactement ce qu’on pourrait imaginer en se baladant dans cette forêt hantée par des esprits damnés ne trouvant jamais le repos. Un album assez exigeant, auquel il faudra consacrer du temps pour pouvoir l’appréhender comme il le mérite. Un groupe que je trouve décidément très intéressant, constant dans la qualité et faisant honneur au label Moribund.

Retrouvez cette chronique mortelle (et d'autres plus mortelles encore) sur le site "auxportesdumetal.com"


Unholy Creations
Unholy Creations
Prix : EUR 28,62

3.0 étoiles sur 5 "Master Of Evil", 26 novembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Unholy Creations (CD)
Sorcery est un groupe vraiment bichonné en terme de rééditions.
Tout d’abord, une compilation en 2011 qui portait déjà le même nom que celle-ci et la même tracklist.
Par la suite, Legacy Of Blood en mars cette année, réédition de leur seul album Bloodchilling Tales (par ailleurs resté disponible notamment sur le site du label allemand No Colours) avec en ajout l’EP Rivers Of The Dead (1990) ; tout ça sur le label espagnol Xtreem, qui offre pas mal de rééditions intéressantes cette année (Demilich, Demigod, Purtenance, Rottrevore notamment).

Enfin, cette réédition d’Unholy Creations en octobre dernier par Hells Headbangers, qui condense le tout en deux CD au lieu de trois et offre un livret de vingt-quatre pages complet avec photos, couvertures, histoire du groupe, tout ça...
Vous avez dans la tracklist ci-dessous le contenu de ces deux disques. Si vous disposez de la version 2011, n’achetez pas celle-ci, c’est la même chose.

Je ne comprends pas vraiment pourquoi on fait autant de foin autour de ce groupe, qui finalement n’a jamais été au premier plan.
Si vous écoutez les premières démos, c’est juste du thrash brutal quasiment calqué sur Slayer pour certaines compos ; ça sonne souvent plus grotesque que véritablement evil, et la production est absolument immonde. Il y a tout de même quelques solos sympas.
La démo de 1988 est quasi contemporaine de la première démo de Nihilist (Entombed par la suite), Premature Autopsy, qui l’enterre (c’est le cas de le dire) complètement en terme de violence et de noirceur.

Unholy Crusade est déjà plus intéressante et montre un Sorcery qui se détache petit à petit du thrash pour aller vers le death avec une production plus puissante, démarche salvatrice.

Maculated Life n’était jamais sorti du studio avant 2011. Un complément sympathique de l’album de 1991, sensiblement dans le même ton : du swedish death metal de bonne facture, rapide et efficace comme il se doit.

Le reste est plus anecdotique, à mon avis.

Avec cette compilation, on se rend compte que Sorcery a quand même le mérite d’avoir su évoluer dans le bon sens pour ne pas sombrer dans l’anonymat et la médiocrité en restant campé dans un thrash moribond. On se dit que le groupe a dû avoir une certaine influence dans le milieu, d’autant qu’ils ne venaient pas d’une ville surpeuplée en formations extrêmes à l’époque (et même maintenant) comme Stockholm au fil des années.
Leur reformation en 2009 a accouché d’une démo et d’un album pas mal (Arrival At Six, cette année aussi), de ce que j’ai pu en entendre.
Si vous êtes des férus de death suédois à l’ancienne, archivistes insatiables et collectionneurs, c’est un bel objet dont vous pouvez faire l’acquisition.
Pour ma part, j’ai préféré récupérer Legacy Of Blood, ce que Sorcery a fait de mieux.

Tracklist d’Unholy Creations :

CD 1 :

The Arrival Demo 1987:
01. Halloween
02. Witches Dance / Infernal Return
03. Satan's Return
04. Narration...
05. Master of Evil
06. March of the Mountain KIng
07. Satanic Birth
08. The Light of the Midnight Sun
09. Flight of the Sorceress
10. Epilogue (Midnight Sundown)

Ancient Creation Demo 1988:
11. Ancient Creation
12. In the Sign of Evil
13. Black Wizard
14. Lucifers Legions
15. Holocaust
16. Mausoleum
17. Aggression

CD 2 :

Unholy Crusade Demo 1989:
01. Unholy Crusade
02. Death
03. Dragons of the Burning Twilight
04. Descends to the Ashes
05. Count of Hades

Maculated Life 1992:
06. Maculated Life
07. Mass Murder
08. Insanity Arise

Ancient Creation (bonus track from 1st pressing):
09. Pandemonium

Rehearsal 1989:
10. At the Rainbow's End
11. Kill, Kill, Kill and Kill again
12. Obscure Beauty

Voices Of Death compilation 1997:
13. Inhabitants

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Omniabsence filled by his greatness
Omniabsence filled by his greatness
Prix : EUR 19,26

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 "The Funeral Of Existence", 26 novembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Omniabsence filled by his greatness (CD)
Dans le milieu du black metal tchèque, initié autrefois par des entités singulières comme Master’s Hammer, Root ou Maniac Butcher (à l’imagerie singulièrement ridicule pour ce dernier), Inferno est certainement un des groupes les plus prolifiques avec, depuis sa création en 1996, plusieurs dizaines de splits, démos, EP et albums au compteur.

Omniabsence Filled By His Greatness ici présent est le deuxième produit de leur contrat avec Agonia, faisant suite à un Black Devotion de 2009 qui les avait vu abandonner leur langue natale pour désormais s’exprimer en anglais.

Inferno a beau être tchèque, ce n’en est pas moins du black orthodoxe tout à fait scandinave qu’ils pratiquent.
La production de cet album est sensiblement différente du précédent : si ce dernier était assez épuré et axé sur du riff accrocheur, Omniabsence… mise plutôt sur du black metal plus atmosphérique, mené par une guitare lead aérienne pleine d’effets à tendance psychédélique et une production puissante et très réverbérée du Necromorbus studio.
Les mélodies sont complexes et variées sur des plages de huit minutes de moyenne.
Cet album m’a rappelé un peu le premier album de Setherial, le magnifique Nord…, imposant et épique avec des compos assez longues et mélodiquement élaborées, dès lors difficiles à mémoriser.

La qualité est homogène et, du coup, il est ardu de détacher quelque chose du lot. La complexité des morceaux leur ôte ce côté immédiat qui marchait très bien sur Black Devotion. On y gagne néanmoins en profondeur et cet album mérite qu’on y passe du temps à décrypter les riffs et à s’imprégner de ses ambiances sombres et mystiques.
J’ai fini par apprécier, après moult écoutes, The Funeral Of Existence, titre mid tempo aux riffs plus distincts.

Un album assez exigeant qui a le mérite de proposer du black metal élaboré et inspiré qui ravira les amateurs de musique dense et mélodiquement complexe avec des compos à tiroirs.
Une très belle découverte pour ma part et une autre belle surprise venant de République Tchèque cette année, après le Triumph, Genus.

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III:the Rommel Chronicles
III:the Rommel Chronicles
Prix : EUR 15,19

4.0 étoiles sur 5 "Wie wird Das Urteil der Geschichte über mich lauten?", 26 novembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : III:the Rommel Chronicles (CD)
Ah ! Un nouvel album de Hail Of Bullets ! Ce super groupe néerlandais fait partie des valeurs encore sûres du circuit death à l’ancienne.
Je me régale à chacune de leurs sorties.

Voici ce dernier III - The Rommel Chronicles, trois ans après le précédent On Divine Winds.
Le concept s’oriente ici sur les moments marquants de la vie du Generalfeldmarschall Erwin Rommel, surnommé le Renard du Désert lors de sa campagne avec l’Afrikakorps, de sa naissance en 1891 à sa mort en 1944.

Le line-up est resté le même : la paire de gratteux de Thanatos (Gebédi et Baayens), l’ex-batteur de Gorefest (Warby), l’ancien bassiste de Houwitser (van Eekelen), le chanteur d’Asphyx (van Drunen). Une équipe de choc de professionnels bien rôdés qui dominent la scène death metal hollandaise depuis des décennies.
Ce qu’on aime avec Hail Of Bullets, c’est que ça ne change absolument pas d’un album à l’autre : toujours ce même riffing terriblement efficace et puissant, sans technique particulière, les rythmiques mid ou doom tempo métronomiques et le chant unique de van Drunen.
Une recette qui marche dans tous les groupes que touchent ces gaillards, d’Asphyx à Grand Supreme Blood Court.
Difficile de résister à une qualité aussi constante de la part de ces légendes. La musique colle toujours autant au concept militaire, on imagine vraiment des chars avancer au début de DAK avant que les riffs de tueur qui suivent nous mettent au tapis. C’est lourd et puissant comme un gros panzer de l’époque.

On observe par ailleurs une progression tout au long du disque, qui passe d’un death presque épique, correspondant aux heures de gloire du Feldmarschall jusqu’au doom de sa disgrâce et de son suicide en 1944.

La production d’Ed Warby et le mixage/mastering de Dan Swanö donnent à l’album toute sa force de persuasion et en font une arme de destruction redoutable.

On aurait tort de se priver d’un tel objet, car rares sont les albums aussi cohérents conceptuellement que musicalement.
Entre Asphyx, Hail Of Bullets et Grand Supreme Blood Court (espérons que ça continue), on a là un noyau dur de death metal doomisant néerlandais old school qui nous promet de belles perles pour les années à venir, à un rythme très régulier.

Retrouvez cette chronique martiale (et d'autres plus martiales encore) sur le site "auxportesdumetal.com"


Canto iii
Canto iii
Prix : EUR 20,61

3.0 étoiles sur 5 L'Enfer de Dante, 26 novembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Canto iii (CD)
Eye Of Solitude, c’est le groupe de death/doom du label français Kaotoxin et ce, depuis leur EP Awaken By Crows (2011). Initialement un projet solo du vocaliste roumain Daniel Neagoe, le groupe a pris forme pour aboutir à un excellent deuxième album que fut Sui Caedere, avec lequel j’avais découvert le groupe en 2012.
Le deuxième EP, The Deceit, sorti en début d’année 2013, offrait deux nouveaux morceaux et introduisait un chant clair que j’ai jugé intempestif et dispensable.

Qu’en est-il de ce dernier Canto III ?
Eye Of Solitude a confirmé une tendance apparue sur l’EP précité, celle du death/doom gothique. Perso, j’aurais plutôt misé sur une mutation vers un doom plus funéraire, dont Eye Of Solitude se rapprochait dangereusement sur Sui Caedere.

Maintenant, il y a d’une part un chant clair très présent sur les moments d’accalmie, parfois secondé par des séquences de piano, voire de violon (joué par l’invité Casper) ; le rendu est assez larmoyant, vous verrez. Ces passages sont généralement assez longs et contrastent avec les redémarrages, certes lents, mais chargés en double pédale. On a droit à pas mal de transitions très brutales entre ces deux dynamiques.
Le growl ultra profond de Daniel Neagoe cède à l’occasion la place à un chant hurlé plus commun, interprété par un autre invité (un certain Anton).
Autre élément nouveau (qui a refait son apparition, pour être précis) dans la musique d’Eye Of Solitude : une partie orchestrale en toile de fond des passages les plus tragiques.
Je dis tragique, parce que les paroles sont inspirées de l’Enfer de la Divine Comédie de Dante. Il y a des paroles en italien, j'ignore s'il s'agit de citations de Dante.

Résultats des courses : personnellement, j’ai trouvé que les ambiances avaient un côté par trop artificiel ; la musique d’Eye Of Solitude fonctionnait à mon avis mieux quand elle était plus épurée et centrée sur le chant guttural de Neagoe et des gros riffs de plomb.
Il y a beaucoup de longueurs sur cet album, le chant clair ne m’ayant pas touché plus que ça. On est loin d’un Funeral, groupe norvégien qui, lui, a réussi sa reconversion gothique.

Pour ne pas noircir complètement le tableau, je dirai qu’il y a un gros effort de composition et d’arrangement et que cet album est vraiment ambitieux, même s’il manque un peu de ligne directrice. Par exemple, un morceau comme In The Desert Vast possède un riff principal accrocheur et prenant, mais l’intensité est brisée par cette alternance avec les passages calmes ; et ce n'est hélas pas un cas isolé. On notera par ailleurs quelques solos qui valent le détour.

Ce disque parlera peut-être aux fans inconditionnels de ce genre de gothique, mais pour ma part je l'ai trouvé assez poussif et peu marquant. Une déception pour moi, d’autant qu’Eye Of Solitude me semblait avoir un avenir radieux.
Par égard pour le travail que représente cet album, je n’ai pas mis de note catastrophique. Néanmoins, vous m’avez compris.

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Verses of fire
Verses of fire
Prix : EUR 13,08

5.0 étoiles sur 5 "Gnosis Of Fire", 25 novembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Verses of fire (CD)
En grand représentant du black metal underground français, Temple Of Baal offre sa quatrième galette et poursuit la route empruntée avec le précédent, Lightslaying Rituals, qui voyait le groupe évoluer vers un black/death brutal à la production claire et puissante comme son homologue de Svart Crown.

Néanmoins, et on peut s’en rendre compte avec ce dernier, Verses Of Fire, Temple Of Baal n’a pas renié ses origines true black et demeure indéfectiblement voué à une cause malfaisante.
Le son arrache, c’est clair, mais ça reste très sombre et implacablement violent.
Même réduits à l’état de trio, leur détermination reste la même.

Le groupe a fait un pas de plus dans son évolution, et propose maintenant des compositions longues avec ici une durée de six minutes et des morceaux pouvant aller jusqu’à dix minutes.
Ils évitent pour ce faire toute forme de linéarité qui aurait pu nuire à l’efficacité qui a jusqu’ici été de mise. Entre alternance de riffs, de tempo et même de chant (vous aurez droit à un chant « clair » et des paroles déclamées en français, sur Arcana Silentium notamment), solos pertinents, Temple Of Baal ne tarit pas d’inspiration pour nous régaler de compositions très ambitieuses et intenses comme il se doit. Pas de fioriture ni de remplissage, juste du bon riff violent et percutant.
Le côté death a tendance à s’affirmer avec le temps, et il est particulièrement perceptible sur les mid tempos qui révèlent des plans classiquement death metal comme sur Bloodangel ; redoutable ! Et ce growl d’Amduscias ! Le dernier morceau, le plus long, est un exemple parfait de ce savant équilibre entre black et death et se révèle être assez représentatif du son actuel de Temple Of Baal.

Ce disque comblera les amateurs de black brutal et de black/death burné, car c’est un disque qui va droit à l’essentiel c’est-à-dire l’agressivité, ce tout en ayant allongé considérablement la durée de ses morceaux sans perdre sa ligne directrice. L’essence de Temple Of Baal demeure black, mais la composante death a vraiment permis au groupe de s’affirmer et d’éviter la redondance avec les anciens albums.

Retrouvez cette chro de bon black bien de chez nous (et d'autres encore, si vous êtes chauvins) sur le site "auxportesdumetal.com"


Augur nox
Augur nox
Prix : EUR 19,26

3.0 étoiles sur 5 "Spores In Suspended Rain", 21 novembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Augur nox (CD)
Je viens de découvrir ce groupe anglais qui a maintenant trois albums au compteur, dont le précédent, Resplendent Grotesque, qui avait reçu un Spellemann Award (récompense norvégienne pour le « meilleur album metal de l’année »).
Depuis cet album, le line-up a été remanié autour du membre fondateur Aort (qui joue également dans deux autres excellents groupes, Binah et Indesinence), avec notamment un nouveau vocaliste sans antécédent, Wacian.
Le processus de maturation de ce disque fut assez long, l’enregistrement s’est fait aux studios Orgone de Londres (Ghost, Cathedral et Ulver notamment y sont passés).

Le résultat est un album de « black » metal progressif, sur lequel j’ai perçu des influences de l’école britannique Akercocke/Talanas pour ces structures de compos complètement imprévisibles et l’équilibre entre extrémisme et tendance progressive, par ailleurs de formations norvégiennes comme Vulture Industries.
Le nouveau vocaliste chante mieux que le précédent tout en se situant dans les mêmes registres : plus juste dans le chant clair (prédominant), sans forcer dans les aigus et livrant une interprétation souvent très théâtrale et exubérante à l’image d’un Jason Mendonça (Akercocke) ou d’un Bjørnar Nilsen (Vulture Industries).
Musicalement, c’est techniquement très maîtrisé, mélodique et varié ; le côté black est souvent mis de côté et se limite souvent aux shrieks caractéristiques du genre. Le groupe va puiser son inspiration au niveau des riffs dans le heavy et le thrash plus que dans du trémolo linéaire ou des arpèges simplistes.
Chose que l’on regrettera, la basse est beaucoup plus discrète que sur les précédents albums, ses lignes étant quasi systématiquement calquées sur celles des guitares.
Dx et Rx sont des plages ambient somme toute assez dispensables.

Même si je m’attendais à quelque chose de plus extrême à la base, à l’image de ce qu’ils avaient pu faire auparavant, la variété et l’ingéniosité des compos, fort bien arrangées et ce chant versatile tout en restant toujours pertinent sont autant d’éléments qui m’ont séduit au fil des écoutes.
Code n’a à mon avis pas une personnalité aussi forte que les formations précitées et il manque cette touche géniale qui mettrait tout le monde d’accord.

Code livre son effort le plus progressif depuis le début de sa carrière, ambitieux et au travail mélodique fin et soigné. La performance du chanteur est à saluer, renvoyant à d’excellentes références en la matière.
Il manque simplement un peu d’audace au groupe pour s’imposer dans le style.
Je vous encourage néanmoins à vous intéresser à ce disque et aux précédents par la même occasion.

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