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connivences littéraires "connivencelitteraire.typepad.fr" (Paris, France)

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La fête de l'insignifiance
La fête de l'insignifiance
par Milan Kundera
Edition : Broché
Prix : EUR 15,90

3 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Une fois n'est pas coutume, j'ai moins accroché ..., 2 juin 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : La fête de l'insignifiance (Broché)
Milan Kundera, avec sa gueule d'acteur boxeur, est un écrivain énigmatique. Si énigmatique que nous nous jetons dans le piège qu'il n'a de cesse de nous tendre : trouver le sens de ce qui ne veut pas en avoir … J'aime ce romancier, parce qu'il n'est pas un conteur-philosophe mais un romancier métaphorique. A se demander si le sang soufi ne coule pas dans ses veines d'exilé. Milan Kundera véhicule la gravité de la plaisanterie par l'évanescence du rire. Ces personnages, clownesques et pathétiques, arborent dans l'absurde l'humour dérisoire.

La représentation du monde est ce qui distingue l'Homme des mondes végétal et animal. Avons-nous déjà vu un rosier se croire chêne ? un lion agir comme un surricate ? L'Homme est la seule espèce vivante à passer sa vie à chercher, et parfois découvrir, qui il est. En n'accordant que peu de crédit à la loi cosmique qui fonde son individualité, l'Homme vit comme s'il n'était que le produit de son histoire, et la répète, inexorablement … De là, il n'y a qu'un pas, que Milan Kundera franchit, pour affirmer que l'individualité n'est qu'une illusion, et que les Vérités sont une succession d'insignifiances. A l'instar de l'allégorie de la caverne de Socrate ou de la pipe qui n'en est pas une de Magritte …

Entre Socrate et Magritte, Kant et Schopenhauer s'opposent. Kant affirme que la chose la plus importante est la "chose en soi" (Ding an sich). Derrière nos représentations se trouverait une chose objective, un Ding, que nous ne pouvons pas connaître mais qui, pourtant, est réelle. Schopenhauer rétorque que le Ding n'existe pas, qu'il n'y a rien d'objectif derrière nos représentations. Le monde ne serait que représentation et volonté. Alors, pour faire exister cette représentation, pour la rendre réelle, il doit y avoir une volonté, une volonté énorme qui l'imposera.

Comme il y a autant de représentations du monde qu'il y a de personnes sur la planète, d'aucuns, avides d'ordre, y voient la création du chaos. C'est ainsi que de grands systèmes totalitaires ont tenu à mettre de l'ordre dans le chaos. Et ils ont affirmé, au nom de la liberté de la volonté, qu'une représentation était la Vérité. En l'imposant à tout le monde par une immense volonté, une volonté au-dessus de toutes les volontés, certains Grands Hommes, vertueux ou sadiques, de Jésus à Staline, l'Homme a poursuivi sa guerre de Sens, successivement enracinés dans l'inconscient collectif, au détriment de la réalité de l'individualité de l'homme.

J'aime cette nouvelle génération "Why". Sera-t-elle sacrifiée sur l'autel de son outrecuidance? Est-ce le présage résigné de Milan Kundera : "C'est seulement depuis les hauteurs de l'infinie bonne humeur que tu peux observer au-dessous de toi l'éternelle bêtise des hommes et en rire". Et pourtant, "Tout se vaut", disent les Why. Relativistes à l'extrême, ils nous rappellent que l'Histoire a invariablement fait tomber les Vérités infaillibles.

Je ne suis pas l'idée de Alain, l'un des héros du roman, qui voit en la culture du Nombril celle de l'illusion de l'individualité. Je m'insurge à l'idée que tous les nombrils seraient justement les mêmes. Le Nombril est l'hymne à notre individualité qui doit justement naître du détachement de notre histoire sociale, familiale et personnelle qui se répète. Montrer son nombril affiche notre filiation et notre individualité qui en découlera. Prendre appui sur la réalité de son mouvement, c'est s'appuyer sur la réalité de notre individualité, loin des représentations héritées, dont nous nous faisons l'écho.

Nous sommes sur Terre pour réaliser la Vie qui est en nous, dont notre nombril est la graine semée.


Loving Frank (pll)
Loving Frank (pll)
par Nancy Horan
Edition : Poche
Prix : EUR 7,60

5.0 étoiles sur 5 Amour véritable, Architecture de Génie, 4 mai 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Loving Frank (pll) (Poche)
Il y a 100 ans, en 1914, à l'heure où l'Europe se prépare à enflammer le monde, l'architecte le plus brillant de l'Ecole de Chicago, Frank Lloyd Wright, vit le dénouement tragique de son histoire d'amour avec Mamah Borthwick Cheney.

"Loving Frank" raconte cette histoire d'amour qui a scandalisé l'Amérique puritaine et qui a coûté à l'avant-gardisme architectural du génie FLW, qui vivra son apogée grâce aux années 30. Le décor est celui de l'Europe, du Japon, et des EU à Oak Park (Chicago) et Taliesin (Wisconsin). Pour ceux qui ont eu la chance de visiter les maisons de FLW, vous ne pourrez pas échapper à l'émotion grandissante, au fil de votre lecture, en visualisant clairement les lieux de vie ces personnages hors du commun. A contrario, si vous ne connaissez pas cet épisode tragique, je vous invite à ne pas fouiner, avant votre lecture, sur le Net.

Pour découvrir l'œuvre de FLW, il ne suffit pas d'admirer ses maisons. Nancy Horan réussit dans son roman le spectaculaire défi de nous infiltrer dans la tête et dans le cœur de cet artiste de génie. Toute sa Vie est un hymne à la fluidité de la Nature et de l'Amour. Cet homme, dans son art, a créé la liberté créatrice du XXé siècle. Et la femme qui l'accompagne, Mamah Borthwick Cheney, va payer d'un lourd tribu, elle aussi, sa contribution à la Liberté de Femme, celle-là-même qu'à l'aube du XXIé, on défend encore avec difficulté.

Ce roman est un magnifique hommage au parcours violent et isolé des "évolutionnaires". Ces hommes et femmes, comme illuminés au Présent de ce que doit satisfaire l'Avenir, tracent le chemin de tous au prix de leur vie, de leurs proches et de leur réputation.


La vérité sur l'Affaire Harry Quebert - Prix Goncourt des lycéens 2012 et Grand Prix du Roman de l'Académie française 2012
La vérité sur l'Affaire Harry Quebert - Prix Goncourt des lycéens 2012 et Grand Prix du Roman de l'Académie française 2012
par Joël Dicker
Edition : Broché
Prix : EUR 22,00

5.0 étoiles sur 5 Roman-polar, Page-turner, Addictif !!!, 15 mars 2013
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L'Histoire commence par la disparition de la jeune Nola, dont nous ne connaîtrons le coupable et le déroulé des faits qu’à l’ultime fin des 664 pages haletantes qu’on tourne frénétiquement … Ca rebondit, ça entourloupe, ça ment, ça dénonce, ça assassine, des coupables possibles à la pelle et des destins de vie … qui dit mieux ? Joël Dicker nous offre un plus ! les coulisses de l’écrivain, que du bonus !

Style fluide et parlé. Les personnages n’arrêtent pas, ils n’ont pas le temps de s’épancher, ils sont constamment dans l’action. Dès lors, il est heureux que le rythme soit soutenu car les délais sont serrés, les protagonistes nombreux, l'intrigue dense, les personnages fouillés, chacun illustrant tour à tour l'Amérique profonde et la réussite à l'américaine des années 60 à nos jours ...

Inutile d'en dire plus ... Bonne lecture !


Rien ne s'oppose à la nuit - Grand prix des Lectrices de Elle 2012
Rien ne s'oppose à la nuit - Grand prix des Lectrices de Elle 2012
par Delphine Vigan (de)
Edition : Broché
Prix : EUR 19,30

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Intime et universel, 30 octobre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Rien ne s'oppose à la nuit - Grand prix des Lectrices de Elle 2012 (Broché)
Aussi intime qu'universel. Ce roman est bouleversant, alors même qu'il ne crée pas forcément d'échos réels dans votre vie. C'est un livre sur l'âpreté à grandir, sur l'injustice et l'invisibilité des liens au sein d'une fratrie, sur le non-dit des familles incestueuses, sur l'incompréhension de ce qui lie les êtres entre eux et de ce qui vous en éloigne. C'est un livre sur la solitude à laquelle on ne peut pas se résoudre. C'est un livre d'adultes tardifs. Nous vivons une époque où nous grandissons tard ...

Aussi dur que tendre. Il y a de l'ivresse, de l'indécence, de la curiosité à comprendre la vie réelle traversée par ceux qui nous ont donné la vie, qui l'ont chargé aussi. Mais il y a surtout du ré-enracinement. Dans certaines cultures ancestrales il est dit que tout individu sur terre naît chargé de la vie de certains membres de sa famille. Et s'il tient à vivre sa vie ici-bas, y accomplir son destin, il lui faut renaître.

Dans ce lien maternel défaillant, on compte sur sa fratrie, pour assurer notre besoin de sécurité. Mais nous ne sommes pas égaux dans une fratrie, nous restons des individus avec nos personnalités propres. Les relations entre les personnes sont comme tissées dans des liens invisibles et pré-existants. Ces liens étaient là avant nous et gouvernent nos façons de se répondre, de s'opposer, de se chérir. On peut être effroyablement seul dans sa fratrie.

L'âpreté à devenir grand n'est que le début de notre responsabilité d'adulte : nous nous devons ensuite de protéger l'enfance. Et une façon de protéger l'enfance est de vivre sa vie d'adulte, pas de la rêver ou de l'envier ou de l'enrager


La couleur des sentiments
La couleur des sentiments
par Kathryn Stockett
Edition : Broché

4.0 étoiles sur 5 l'estime de soi en technicolor, 25 juillet 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : La couleur des sentiments (Broché)
J'ai aimé ce livre ... pour sa simplicité et son réalisme. Le sujet est difficile, et cette ségrégation raciale existe encore, sous des jours différents. Et j'aimé que la seule issue trouvée soit l'apprentissage de l'estime de soi, seule voie de la tolérance. Ce livre est un livre sur l'estime de soi en technicolor.


A moi pour toujours
A moi pour toujours
par Laura Kasischke
Edition : Broché
Prix : EUR 25,35

6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Du roman au thriller, 9 mars 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : A moi pour toujours (Broché)
Les tâtonnements du début auraient dû me faire abandonner ma lecture. Et non, je ne l'ai pas lâché. En effet, cette écrivain a un talent pour décrire l'intime, ses faits, ses gestes, ses pensées, qui m'a accrochée à l'intrigue. Et oui, je dis intrigue. Ce roman de la vie d'une femme tourne, au moment où le lecteur se demande comment l'auteur va sortir de ces tribulations quotidiennes, au thriller psychologique. C'est très bien ficelé.

J'ai aimé l'héroïne de ce livre ... Les hommes sont-ils privés de ce qui est le quotidien des états d'âme dits des femmes? j'ai trouvé admirable la retranscription de ces pensées rapides, légères, profondes, ces sautes d'humeur incompréhensibles, ces associations d'idées, ces vagues d'émotions, tous ces élans fugaces et inexplicables des femmes. Alors dresser ce portrait féminin dans le décor de la Saint Valentin est fin.

J'ai aimé le couple de ce livre ... L'auteur nous fait la grâce du couple usé et triste classique. Et quelque chose va se passer, et ce quelque chose va produire des tas d'autres petites choses. l'héroïne reçoit un mot doux d'un inconnu ....

La femme mûre est prise dans l'étourdissement de la jeune fille. Et c'est ainsi qu'une histoire bascule par son désir débordant. Puis viennent les ingrédients qui mènent au drame... Et le roman à l'eau de Saint Valentin se transforme en thriller psychologique ...


Au zénith
Au zénith
par Thu Huong Duong
Edition : Broché
Prix : EUR 29,40

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Amour ou pouvoir, 15 février 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Au zénith (Broché)
Nous sommes à la fin de la vie de Ho Chi Minh, à la fin de son pouvoir, mais à l'aube de l'icône qu'il demeure.

Ce roman est tragique. On ne sait jamais rien des destins inconnus et des tragiques détails qui sous-tendent la vie des héros et l'héroïsme de leur vie.

L'auteur a publié ce livre alors qu'elle était enfin libérée de sa résidence surveillée d'Hanoï. Sans avoir connu le destin d'Ho Chi Minh, Duong Thu Huong s'est aussi retrouvée dans les méandres de l'introspection, méandres où le commun des mortels se perd. Le bilan d'Ho Chi Minh sur sa vie d'homme privé et politique a un goût bien amer. La révolution socialiste n'a pas tenu ses promesses, les guerres laissent le peuple exsangue, et cette épouse perdue à jamais et leurs enfants qu'il ne connaîtra pas.


L'Enquête
L'Enquête
par Philippe Claudel
Edition : Broché
Prix : EUR 19,30

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Entre le procès de Kafka et Alice au pays des merveilles, 24 décembre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Enquête (Broché)
Le livre commence par "pour les prochains, afin qu'ils ne soient pas les suivants". Entre le procès de Kafka et Alice au pays des merveilles, le dernier de Philippe Claudel est un joyau dont il a le secret. Comme dans le rapport de Brodeck, c'est la gorge nouée que défile la lecture. Sans être culpabilisé ou désigné coupable - qui est pour moi l'indicible talent de cet écrivain, on est emportés dans la description tourbillonnante du monde dans lequel nous vivons, du monde que nous construisons tous, forts de nos missions, et si détachés de celles de nos congénères.
L'histoire : chargé d'élucider les causes d'une vague de suicides dans une entreprise qui semble ressembler à toutes les autres, l'Enquêteur est investi d'une mission qu'il doit mener à terme comme il l'a toujours fait. Mais très vite il se trouve dans un dédale d'impossibilités de le faire. On plonge, sur le mode de l'investigation, dans les abominations du monde contemporain, où la seule loi est de ne pas chercher à comprendre, si absurde ou inquiétant que soit l'ordinaire des jours. L'Entreprise est démesurée, menaçante, tentaculaire, elle a absorbé la Ville, est devenue un monde en soi, le monde même. Dedans, des êtres réduits à un rôle, le Guide, le Policier, le Responsable, le Vigile, ... Que fabrique l'Entreprise ? c'est aussi simple qu'inimaginable, elle couvre tous les domaines possibles de l'activité humaine, via des milliers d'ordinateurs dont l'homme est un pion interchangeable.


Même le silence a une fin
Même le silence a une fin
par Ingrid Betancourt
Edition : Broché
Prix : EUR 25,30

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Elle ne sombre pas dans la facilité du fiel., 28 novembre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Même le silence a une fin (Broché)
Même le Silence a une Fin est un titre qui ne fait pas seulement référence à sa réserve depuis la fin de sa captivité. Dans ce livre autobiographique, la Franco-colombienne révèle l'horreur des rapports avec ses ravisseurs et l'ambiguïté de leur relation aussi. Avis aux amateurs, il n'y a pas de règlement de comptes dans le livre d'Ingrid Bétancourt.
L'Histoire commence par une scène terrible lors de l'une de ses cinq tentatives d'évasion. Punie, elle est enchaînée par le cou, battue et abusée. Cauchemar, ennui, détresse. Les conditions de vie sont épouvantables, les moments de découragement fréquents. "Nous étions condamnés à la peine la plus lourde qu'on puisse infliger, celle de ne pas savoir quand elle prendrait fin", écrit-elle.
Décriée de toutes parts, l'ex-figure adulée est tombée en disgrâce. Icône brisée par les témoignages de ses proches, la belle écolo a pris la plume. En livrant cette version, Ingrid Betancourt fait taire les critiques et perdurer le mythe. Elle ne sombre pas dans la facilité du fiel.


Les matins de Jénine
Les matins de Jénine
par Susan Abulhawa
Edition : Broché

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un roman historique choc, miraculeux d'humanisme là où la guerre fait rage, 4 octobre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les matins de Jénine (Broché)
L'Histoire commence par "Amal voulait regarder le soldat au fond des yeux, mais le canon du fusil automatique qu'il lui collait sur le front le lui interdisait." Et avant de connaître l'issue de cet instant aussi terrible que banal sur les terres de Palestine et d'Israël, Susan Abulhawa nous fait traverser ce conflit inextricable, dont on entend parler quasiment quotidiennement, mais jamais dans le quotidien retracé dans ce roman historique.

J'ai aimé ce livre sur la mort et l'amour, car brillamment, il ne parle que ce conflit-là : celui de l'amour qui ne peut pas avoir de place dans un contexte de mort permanente. J'ai aimé ce roman sur la vie des populations civiles vivant sur des territoires occupés, sur des terres déchirées, dans des familles décimées, dans des cultures historiques niées, dans l'hypocrisie générale et le mensonge journalistico-politique. J'ai aimé la subtilité d'un style littéraire, sachant rendre l'horreur à l'horreur comme la beauté à la beauté, et aussi le drame d'un peuple sans pour autant tolérer sa radicalisation terroriste.


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