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Contenu rédigé par Koryfée/Karine...
Classement des meilleurs critiques: 550
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Commentaires écrits par
Koryfée/Karine Fléjo (France)
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Désolée, je suis attendue
Désolée, je suis attendue
par Agnès Martin-Lugand
Edition : Broché
Prix : EUR 18,95

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un roman émouvant et fort justement écrit sur les choix de vie, l’ambition professionnelle pathologique. A lire !, 3 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Désolée, je suis attendue (Broché)
« J’avais envie d’être la meilleure, de prouver que je pouvais exister par mon travail, le tout pimenté par un besoin vital de me dépasser. Je misais tout dessus. » Telle est la philosophie de vie de Yaël depuis dix ans, date à laquelle elle est rentrée comme simple interprète dans une agence de renom. Depuis, à force de travail, de volonté, de professionnalisme, elle a gravi les échelons et est devenue le bras droit du directeur. Mais son ambition ne saurait se contenter de ce résultat, fût-il déjà brillant. Véritable requin prêt à dévorer ses concurrents, guerrière dont l’obtention de la victoire légitime toutes les agressivités, Yaël est animée par la cupidité du toujours plus, du toujours plus loin et du meilleur que les autres. Elle dort peu, se questionne encore moins sur ses choix. Pas de place pour une remise en question. Pas de place pour le doute. Pas de place pour le plaisir dans aucune de ses acceptions. Pas le temps surtout. Elle avance tel un robot dans sa vie aseptisée.
Jusqu’à ce qu’un ami d’enfance, Marc, resurgisse dans sa vie. Un grain de sable dans les rouages bien huilés de son existence. Et de lui renvoyer l’image de celle qu’elle était avant, si éloignée de la femme qu’elle est devenue. Et d’amorcer en Yaël une prise de conscience.
Avec ce 4ème roman, Agnès Martin-Lugand explore avec beaucoup de finesse et sensibilité les dangers d’une certaine forme d’ambition. Si l’ambition saine est bénéfique car elle fait grandir, se dépasser, mobilise, elle est néfaste quand, pathologique, elle conduit à viser le toujours plus avant le toujours mieux, quand elle positionne le soi au-dessus des autres et conduit à sacrifier sa vie pour mieux la gagner. Que recherche Yaël au-delà de cette ambition ? De quoi cette ambition est-elle le moyen ? Que veut-elle professionnellement et personnellement pour demain ? Un roman positif, qui montre que la remise en question est toujours possible et profitable.
Un coup de cœur !
Karine Fléjo pour le blog Les chroniques de Koryfée


Tomber
Tomber
par Eric Genetet
Edition : Broché
Prix : EUR 16,00

5.0 étoiles sur 5 un roman bouleversant, 18 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Tomber (Broché)
Tomber est le récit poignant d’un enfant blessé, en échec scolaire, dont le rêve, simple et pourtant inaccessible, est d’être aimé par ses parents.
Juin 1983. Des milliers de personnes suivent la finale de Rolland Garros, à laquelle participe Yannick Noah. Et parmi elles, une personne joue le match de sa vie. Il s’agit de Mariano, un adolescent de 13 ans, passionné de sport, dont l’idole est le tennisman français.

Depuis la séparation de ses parents un an plus tôt, Mariano vit avec son père. Un père défaillant, qui ne se remet pas du départ de sa femme et trouve refuge dans l’alcool. Rien ne vient plus troubler le silence des lieux, hormis le pschittt des canettes de bière. Pas un mot tendre, pas une explication à ce départ, pas une réassurance. Mariano aurait tant aimé qu’on lui parle, qu’on le soutienne, qu’on le rassure sur le fait qu’il n’y soit pour rien ! Or les maux se sont substitués aux mots. Et la culpabilité, écrasante, térébrante, de s’installer. Sa dyslexie, découverte juste avant le départ de sa mère, pourrait-elle être la cause de leur séparation ?

Le poids de la culpabilité et de la souffrance est tel, que Mariano a pris une décision irrévocable : en ce 15 juin, à l’issue du match de Noah, il va lui aussi affronter son père dans un face à face. Et engager une partie de questions et d’échanges auxquels son père devra répondre, en mettant la balle sur le terrain de la vérité et non dans le couloir. Le lecteur suit son entrainement mental tout au long du livre, aussi tendu que les cordes d’une raquette, indiciblement ému par l’enjeu du match. Les yeux rivés sur le « court » de sa vie. Il tremble à l’idée que l’adolescent puisse perdre le point, être victime d’un revers. Il applaudit son courage et sa persévérance.

Car cette histoire se vit autant qu’elle se lit.

Avec une infinie douceur, une sensibilité à fleur de plume, Eric Genetet nous offre un roman magnifique, bouleversant, qui évite avec brio l’écueil du pathos. Et de cueillir le lecteur par une chute qui mérite ô combien son nom. Un ace.

Jeu, set et match pour le nouveau roman de Eric Genetet !
Karine Flejo pour le blog Les chroniques de Koryfée


Trois jours et une vie
Trois jours et une vie
par Pierre Lemaitre
Edition : Broché
Prix : EUR 19,80

3 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un roman noir fascinant., 28 mars 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Trois jours et une vie (Broché)
Noël 1999. Dans la petite ville provinciale de Beauval, fragilisée par la crise, la disparition du petit Rémi, âgé de six ans, a un retentissement phénoménal. Et chacun d’y aller de son hypothèse, voire de ses accusations. La rumeur enfle. Mais personne ne sait.

Personne sauf Antoine Courtin, alors âgé de 12 ans. Un garçon solitaire, secret, en manque d’affection. Un garçon tendrement protecteur à l’égard de sa mère qui l’élève seule. Un garçon pour lequel le lecteur éprouve d’emblée une réelle sympathie. Puis au fil des pages, une profonde empathie. Voire beaucoup de tendresse.

Par accident, Antoine a commis un acte irréparable. Un acte au sujet duquel de térébrantes questions l’assaillent. Doit-il passer aux aveux afin de soulager sa conscience ? Mais pareilles révélations « tueront » sa mère. Doit-il alors laisser faire le destin, prier pour que l’enquête ne permette pas son identification ? Mais pourra-t-il vivre longtemps écrasé par le poids de la culpabilité ? A moins que le temps ne dissolve sa honte, ses angoisses et ses remords. Au cours des multiples rebondissements qui jalonnent sa vie, Antoine est remis à chaque fois face à ces dilemmes. Certes, il demeure physiquement libre, mais son esprit est en prison, les inquiétudes et questionnements se heurtant sans cesse aux murs de sa geôle mentale. Un enfer.

Avec beaucoup de sensibilité, de subtilité et d’intelligence, Pierre Lemaître fait pénétrer le lecteur dans le cerveau d’un jeune assassin. Non pas un tueur en série, mais un être comme vous et moi, qui en l’espace de quelques secondes, par accident, voit sa vie basculer. On vit au diapason d’Antoine, on épouse ses tensions, ses angoisses, ses questionnements. On tremble, on espère, on doute, tenu en haleine jusqu’à la toute dernière page.

Un roman fascinant, remarquablement construit, qui se dévore d’une traite. A lire absolument!
Karine Flejo pour le blog Les chroniques de Koryfée


On regrettera plus tard
On regrettera plus tard
par Agnès Ledig
Edition : Broché
Prix : EUR 19,50

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Un roman d'une force vitale époustouflante, 10 mars 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : On regrettera plus tard (Broché)
Avec la vitalité, l’émotion et la générosité qui ont fait l’immense succès de ‘Juste avant le bonheur’ et ‘Pars avec lui’, Agnès Ledig explore les chemins imprévisibles de l’existence et du cœur.

Un soir d’orage, Eric et sa fille Anna-Nina frappent à la porte de Valentine, institutrice dans un village vosgien. La fillette est malade, la roulotte qui leur sert de maison a été très endommagée par un arbre, ils ont besoin d’assistance. Une assistance que Valentine leur prête aussitôt, avec la générosité et l’empathie qui la caractérisent. Et de les héberger chez elle le temps que la petite se remette et que son père répare le véhicule.

Ces trois êtres que rien ne prédestinait à se rencontrer, vont voir leur vie être fondamentalement bouleversée. Pourquoi cet homme sillonne-t-il la France avec sa petite Anna-Nina ? Qui ou que fuit-il ? Est-il si libre qu’il le pense ? Il ne s’est visiblement jamais posé la question jusqu’alors, s’est contenté d’avancer droit devant, sur la voie qu’il a choisie, dès lors que celle-ci semble convenir à sa fille. Mais cet arrêt forcé dans le havre de paix de Valentine va ébranler ses certitudes. Car si la vraie liberté est de faire non pas tout ce que l’on veut, mais de vouloir tout ce que l’on fait, alors Eric n’est plus certain de devoir poursuivre sur cette voie. Ni pour Anna-Nina, ni pour lui.

Des doutes qui assaillent de même Valentine. Si d’emblée elle sent naître en elle une attirance physique pour cet homme, ses peurs la poussent dans la direction opposée. Comme à chaque fois qu’elle sent poindre un attachement affectif. A croire qu’aimer est synonyme de danger. Alors, l’aimer ou le fuir ? Térébrante contradiction qui l’empêche de vivre pleinement.

Avec une infinie délicatesse, une émotion à fleur de plume, Agnès Ledig dresse le portrait de personnages indiciblement attachants, viscéralement humains et authentiques. Des êtres blessés par la vie, criblés de doutes, de peurs, certes, mais capables de rebondir, plus loin, plus fort, plus haut, grâce à l’incommensurable pouvoir de l’amitié et de l’amour.

On regrettera plus tard, est un roman d’une énergie vitale époustouflante. Que vous regretterez plus tard de ne pas avoir lu…
Karine Fléjo pour le blog Les chroniques de Koryfée


Danser
Danser
par Astrid Éliard
Edition : Broché
Prix : EUR 17,50

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Avec beaucoup de tendresse, Astrid Eliard nous entraîne dans le monde des petits rats de l’Opéra. Un monde à part., 7 mars 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Danser (Broché)
Ils sont trois Chine, Delphine et Stéphane. Trois adolescents que les motivations et les origines tant sociales que géographiques, opposent. Mais qu’une seule et unique passion réunit : la danse classique. Une passion et un don pour cet art qui les conduisent cette année à intégrer la prestigieuse Ecole de danse de l’Opéra et son internat.

Qui dit internat dit éloignement familial. Autonomie salvatrice ou douloureuse ? Si d’aucuns y trouvent un nouveau souffle, loin des tensions familiales, d’autrent réalisent n’être pas prêts à couper le cordon qui les lie à leurs parents. Et cette école qui les a tant fait rêver, qui a mobilisé toute leur énergie, tous leurs espoirs, se révèle t-elle à la hauteur de leurs attentes ? « Ici on ne danse pas, pas encore en tout cas. On apprend. On travaille. (…) On est crevés, on a mal partout, les jambes sont lourdes, les pieds douloureux, mais la journée qui vient de passer ne nous a pas rassasiés. »

Dans ce roman choral, Astrid Eliard, nous invite à pénétrer dans les coulisses d’un univers très fermé, où la discipline, la rigueur et la persévérance sont reines. La rivalité aussi. Un milieu exigeant s’il en est, qui ne pardonne aucun écart, aucune faiblesse, aucune blessure. Mais aussi particulier soit ce monde, on retrouve les mêmes préoccupations chez ces 3 petits rats que chez les adolescents de leur âge : les premiers émois amoureux, le désir, les doutes, l’autorité, la liberté. Sur la pointe de la plume de l’auteur, le lecteur suit alors la chorégraphie aérienne de ces trois jeunes existences, lesquelles forment un ballet ô combien attachant. Un ballet où la réalité fait tantôt le grand écart avec les rêves, tantôt un pas de deux…
Karine Fléjo pour le blog Les chroniques de Koryfée


Brillante
Brillante
par Stéphanie Dupays
Edition : Broché
Prix : EUR 17,00

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un roman édifiant sur le monde de l'entreprise. Coup de coeur!, 17 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Brillante (Broché)
« Ce qui n'est pas vu n'a pas d'existence ».

Brillante, c'est le qualificatif qui définit le mieux Claire, jeune trentenaire fraîchement diplômée d'une grande école, aujourd'hui cadre supérieure dans une entreprise agro-alimentaire. Jusqu'ici, pas un seul faux pas dans sa trajectoire bien huilée : un poste enviable, un compagnon lui-même cadre supérieur, un bel appartement dans un quartier chic, des amis triés sur le volet dans cette même sphère sociale, le désir non contrarié de mener de front vie privée et professionnelle. La réussite telle qu'elle l'entend.

Emportée dans un véritable tourbillon, son rythme de travail fou ne laisse aucune place à une remise en question. Jusqu'à ce moment où, brusquement, Claire tombe en disgrâce. Non pas qu'elle n'ait pas été performante ou non conforme à ce que l'entreprise attendait d'elle. Au contraire. Son excellence fait de l'ombre à sa chef, femme dont jusque-là elle était la protégée. Et de se retrouver au placard. C'est la sidération.

Isolement, absence de tâches, relégation à la transparence, humiliation, l'entreprise présentée comme le lieu d'épanouissement de l'individu devient dès lors celui de son dépérissement. Le harcèlement moral menace de la broyer. Physiquement. Moralement.

Comment Claire la battante, dont toute la vie s'est construite autour de cette image de réussite, va t-elle pouvoir rebondir ? Quelles seront les conséquences sur son couple, sur ses amitiés, dans la mesure où ses relations reposent sur ces mêmes principes et idéaux de succès? Cette expérience malheureuse va t-elle remettre en cause ses valeurs ?

C'est un roman passionnant et édifiant sur le monde de l'entreprise que nous offre Stéphanie Dupays. Un monde où sous le vernis des apparences humanistes, bienveillantes, se cache parfois une réalité tout autre, faite de pressions, de violence, de rivalités qui ne disent pas leur nom. Avec une justesse chirurgicale, l'auteur dissèque au scalpel de sa plume le système de management de l'entreprise « humaniste », ses répercussions sur les individus tant au sein de l'entreprise que dans leur vie privée. Un roman qui se lit d'une traite, dans une tension permanente, à l'image de celle que vit l'héroïne au quotidien.

Un ENORME coup de cœur !
Karine Fléjo pour le blog Les chroniques de Koryfée


Le livre d'Aron
Le livre d'Aron
par Jim Shepard
Edition : Broché
Prix : EUR 21,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Un ouvrage bouleversant attaché à la vérité des faits historiques., 11 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le livre d'Aron (Broché)
Aron est un jeune garçon intrépide de 8 ans. Aussi, quand ses parents emménagent dans un nouveau quartier réservé aux juifs, il envisage cela comme une chouette aventure. Un nouvel espace de jeux à explorer. De nouveaux amis à se faire.

Mais la réalité se révèle peu à peu tout autre. Le ghetto est bouclé en novembre 1940, concentrant en son sein 40 % de la population de Varsovie, dans des conditions insalubres et inhumaines. Entassées dans des logements sans aucun confort, très mal voire non approvisionnées en nourriture et en charbon, la famille d’Aron et les autres familles, doivent combattre le froid et la faim. La maladie aussi, terrible, car les épidémies de typhus et de tuberculose font rage.

Dès lors, le débrouillard et courageux Aron va se lier d’amitié avec d’autres enfants du ghetto et tenter de faire de petits trafics. Survivre de petits larcins. Mentir et voler, seules alternatives pour ne pas mourir. Quelques légumes et un peu de charbon chapardés ici et là, seront autant de trésors qu’il ramène à sa famille. Au péril de sa vie.

Tandis que les rafles se succèdent et n’épargnent pas les siens, Aron est pris sous l’aile protectrice de Janusz Korczak, lequel dirige un orphelinat au cœur du ghetto. Un homme entièrement dévoué à la cause des enfants qu’il protège. Un homme qui va lui ouvrir ses portes, mais aussi son cœur…

Un livre bouleversant, dans lequel l’auteur s’attache à la fidélité des faits historiques. Un roman qui souligne avec une infinie justesse combien les hommes peuvent être capables du meilleur, comme du pire.
Karine Fléjo pour le blog Les chroniques de Koryfée


Journal d'un vampire en pyjama
Journal d'un vampire en pyjama
par Mathias Malzieu
Edition : Broché
Prix : EUR 18,00

9 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le livre d'une renaissance. Magnifique., 8 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Journal d'un vampire en pyjama (Broché)
« Me faire sauver la vie est l’aventure la plus extraordinaire que j’ai vécue ».

Véritable homme-volcan, Mathias Malzieu, écrivain, auteur-compositeur-interprète du groupe Dionysos, mène de front et avec brio carrière musicale et carrière littéraire. Rien ne semble pouvoir arrêter sa boulimie créative, pas même cette fatigue intense qu’il ressent depuis quelque temps. Priorité au tournage du clip de Jack et la mécanique du cœur. Il n’est pas l’heure de s’écouter. Mais la mécanique se grippe. Et menace même de s’arrêter. Le verdict tombe : aplasie médullaire. Une maladie auto-immune aussi rare que grave, dans laquelle ses propres anticorps se retournent contre lui. Un pronostic vital est engagé. Une greffe est envisagée. Dans l’immédiat, en ce début du mois de novembre 2013, ce seront des transfusions sanguines en milieu stérile.

Dès la nouvelle de la maladie, Mathias Malzieu consigne par écrit ce quotidien chahuté qui est le sien, celui d’un homme qui a besoin du sang des autres pour survivre. Celui d’un vampire en pyjama. « Ce livre est le vaisseau spécial que j’ai dû me confectionner pour survivre à ma propre guerre des étoiles. Panne sèche de moelle osseuse. Bug biologique, risque de crash imminent. Quand la réalité dépasse la (science-) fiction, cela donne des rencontres fantastiques, des déceptions intersidérales et des révélations éblouissantes. »

Car même très affaibli, isolé en chambre stérile, Mathias Malzieu veillera à ce que sa source créative ne tarisse jamais. Dans l’enfer qu’il traverse, c’est elle et l’amour des siens qui le maintiennent en vie. A partir de la glaise-réalité, aussi dure soit-elle, il sculpte au couteau de sa poétique plume un livre magnifique, modèle un nouvel album pour son groupe. Comme autant d’hymnes à la vie. Comme autant de pieds de nez à la maladie. Dame Oclès peut bien régulièrement lui rendre visite et lui rappeler qu’il est dans l’antichambre de la mort, la création le garde férocement ancré à la vie.

Ce livre est un véritable morceau de bravoure. Sans jamais nous faire perdre de vue la gravité de la situation, l’auteur évite avec succès l’écueil du pathos et du voyeurisme. Avec une sensibilité aussi vibrante que belle, il nous fait part de la montagne russe sur laquelle il évolue entre craintes abyssales et espoirs fabuleux, partage avec nous le supplice de l’attente d’une greffe, les joies qui se nichent dans les plus infimes sourires ou regards, le pouvoir magistral de l’amour, les peurs qu’il faut museler -les siennes et celles des proches. Et enfin, au bout de ce tunnel, il chante cette renaissance, plus belle et plus intense que jamais, où le normal devient extraordinaire. Car bien davantage qu’un livre sur la maladie, l’auteur nous interprète par la voix de son encre une ode à la vie.

On referme le livre avec le désir farouche d’aimer deux fois plus fort, de savourer la vie plus intensément encore…et de remercier l’auteur.
Karine Fléjo pour le blog Les chroniques de Koryfée
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 24, 2016 5:58 AM CET


Pour la peau
Pour la peau
par Emmanuelle Richard
Edition : Broché
Prix : EUR 18,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Pour la peau ou l’histoire d’une passion violente, totale, obsédante., 1 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Pour la peau (Broché)
Après sa séparation d’avec S., Emma se cherche un nouveau logement. C’est à cette occasion qu’elle croisera E., agent immobilier. Un homme sur lequel son regard ne se serait jamais arrêté sinon, tant avec ses traits marqués, son air dégingandé, ses années en trop, elle ne le trouve pas attirant, limite repoussant.

Et pourtant. Malgré cette première impression négative, confortée lors de leur deuxième rencontre, Emma sent peu à peu naître en elle une irrésistible attirance. Un désir, une envie. Plus : un besoin. Impérieux, dévorant, obsédant.

« Comment passe-t-on de l’indifférence au mépris à la curiosité, puis au désir, et enfin au sentiment amoureux ? (…) A quel moment a surgi le désir fou d’appartenir à cet homme à n’importe quel prix, comme jamais je n’avais désiré appartenir à quelqu’un, appartenir tout court, pour pouvoir me désintégrer et m’annuler à lui, oublier que j’existe, et simplement, essentiellement, veiller sur son corps, prendre soin de lui ?»

Avec une sensualité infinie, une justesse chirurgicale, Emma dissèque les tourments de son âme au scalpel de sa plume, les paradoxes de la passion amoureuse, quand le cœur et la raison font le grand écart, quand l’amour devient une drogue et E. son dealer exclusif. Ce moment vertigineux où tout bascule, où les sentiments gouvernent tout, où l’Autre devient le centre du monde, le monde lui-même, quand bien même, dans un recoin de la tête, Emma sache que cet amour n’est qu’un paradis artificiel, non pas un feu qui réchauffe et éclaire, mais un feu qui brûle, carbonise. Détruit.

Alors Emma écrit. Pour mettre cet amour à distance, pour le comprendre et se convaincre de ce qu’elle sait déjà : cette relation amoureuse est nocive et sans avenir. Un roman particulièrement brillant et une analyse psychologique d’une grande finesse, qui, à partir d’une passion particulière, soulignent l’universalité de la puissance et de la violence des sentiments, mais aussi du chagrin amoureux.

Un roman sensuel, intense, envoûtant. A lire!
Karine Fléjo pour le blog Les chroniques de Koryfée


Les jours areuh
Les jours areuh
par Francois d' Epenoux
Edition : Broché
Prix : EUR 15,00

5.0 étoiles sur 5 Enorme coup de coeur! A lire absolument!, 28 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les jours areuh (Broché)
Un livre qui, entre l’anecdotique et l’onirique, l’humour et la poésie, pose un regard sur le monde et le redoutable bonheur d’être père.

Difficile de parler d’un livre quand il s’agit d’un tel coup de cœur, tant on a le sentiment qu’on ne pourra rien écrire qui ne soit en deçà du livre lui-même. Ma chronique pourrait donc tenir en une seule injonction : « Lisez-le, relisez-le, offrez-le ! » Mais pour ceux qui sont encore devant leur écran – les autres ayant déjà enfilé leur manteau pour se ruer chez le libraire le plus proche, je vais étayer.

Les jours areuh, mi-récit, mi-fiction, s’inspire de la vie de François d’Epenoux, jeune papa quinqua. Tandis que les pleurs du nouveau-né retentissent au cœur de la nuit, pleurs qu’il apaise patiemment en lui donnant le biberon, il partage avec nous les réflexions qui jalonnent ces longues heures. A la lueur de l’abat-jour, il projette sur l’écran de ses pensées le film de la jeune vie d’Oscar, de l’annonce de la grossesse de sa femme à cet instant précieux au creux de ses bras, en passant par la naissance en catastrophe du petit, son difficile et courageux combat pour survivre, la réanimation, la néonatalogie, mais aussi sa victoire face à l’adversité et son accueil chaleureux dans la fratrie. Et tandis qu’il multiplie les arrêts sur image, il évoque avec une infinie tendresse et une émotion à fleur de plume, les questionnements qui sont siens. Etre à nouveau père, tardivement, c’est à la fois une joie indescriptible, un extraordinaire bain de Jouvence, des challenges permanents à relever pour se dépasser et faire face aux exigences hautes de l’éducation d’un enfant, ou encore le sentiment fort d’avoir fait un choix et d’en assumer toutes les responsabilités, mais ce sont aussi des renoncements en termes de liberté (vie de noctambule, voyages lointains, fêtes, …), des craintes quant au monde qui l’attend et à ses capacités, avec les autres enfants de sa génération, à l’améliorer.

Un livre passionnant, bouleversant, magnifique. Une ode à l’amour merveilleuse, la plus belle, la plus pure qu’un père puisse interpréter par la voix de son encre à son enfant…
Karine Fléjo pour le blog Les chroniques de Koryfée


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