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Commentaires écrits par
Jérémy Marie

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Les politiques
Les politiques
par Aristote
Edition : Poche
Prix : EUR 9,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
1.0 étoiles sur 5 La politique... éditoriale, 29 janvier 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Les politiques (Poche)
Evidemment, le contenu du livre n'est pas en cause. Un simple coup de gueule qui se résume en une simple interrogation : pour nous "pondre" des couvertures aussi HIDEUSES, jusqu'où iront nos éditeurs ? Loin de moi de juger un livre "en fonction de la couverture" mais un petit effort serait bienvenu pour éviter ces constructions informatiques d'un vert hideux, à peine digne de la maternelle.

Le règne et la gloire : Pour une généalogie théologique de l'économie et du gouvernement
Le règne et la gloire : Pour une généalogie théologique de l'économie et du gouvernement
par Giorgio Agamben
Edition : Broché
Prix : EUR 25,08

5.0 étoiles sur 5 Généalogie de l'homo sacer, 25 janvier 2013
Grand livre. Après quelques tâtonnements que l'on suit avec progression, Agamben finit par reconnaître l'origine sacrificielle de la gloire dans la louange et la prière grâce aux enquêtes de Marcel Mauss (et son doctorat inachevé), Eric L. Mascall ou du théologien Erik Peterson ; aux deux tiers du livre, il était à craindre que le philosophe-archéologue ne s'arrête qu'au décryptage esthétique de la doxologie, même s'il maintenait sa dimension pratique, en soulignant combien être et pratique sont intriqués dans la théologie chrétienne, alors qu'ils étaient séparés dans la tradition classique. De là, la distinction entre gouvernement (économie) et gloire (transcendance). S'il demeurait pertinent dans son approfondissement de la thèse de Foucault à propos de l'oikonomia, il semblait perdre de vue complètement le mystère de la gloire, raison pour laquelle son "archéologie" prenait une tournure kantienne en étudiant les modalités du pouvoir. C'est fort intéressant, mais c'est bien insuffisant pour qui s'intéresse aux "signatures".

Ainsi écrit-il : "Au moment où elle coïncide parfaitement avec la gloire, la louange est sans contenu, elle culmine dans l'amen qui ne dit rien, mais consent seulement et conclut ce qui est déjà dit." (p.354)
Pourquoi refuser ce contenu qui saute aux yeux ? La louange est inscrite dans une logique sacrificielle et l'étonnant est que Agamben le sait très bien puisqu'il le rappelle en convoquant Mauss à plusieurs reprises.
Il ajoute : "L'hymne est la désactivation radicale du langage signifiant, la parole rendue absolument sans emploi, et pourtant conservée comme telle dans la forme de la liturgie" (p.354)
A la lumière de l'anthropologie du religieux, le souvenir du sacrifice pourrait être évoqué afin de révéler ce point de signification du rituel, ce qui contredit l'idée que le langage de l'hymne serait "désactivé"...

En conséquence, je reste très dubitatif devant la thèse centrale du livre selon laquelle la Trinité elle-même a joué dans cette séparation entre l'économique et le politique, alors qu'à mon avis, s'il est évident que la Trinité est, en soi, une économie, l'expression d'une union organique entre la Gloire et le Règne d'après une mystique pastorale, du service, et donc du mystère de l'Agapè, il est plus difficile, en revanche, de souscrire à l'idée d'une conséquence souterraine ou directe, de la Trinité immanente (le Règne) sur la Trinité économique et, ceci, pour une raison très simple : la Gloire, très précisément, est liée à une logique sacrificielle que le christianisme révèle par le Règne du Christ. En clair, l'épistémologie du christianisme repose sur la révélation de l'origine SPIRITUELLE du pouvoir temporel lui-même.

Cosmopolis
Cosmopolis
DVD ~ Robert Pattinson
Proposé par Acrodeal
Prix : EUR 16,90

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Ecce Trans-homo, 10 octobre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Cosmopolis (DVD)
Cronenberg continue sa mutation en nous offrant une sorte d'opus mystique qui s'ignore (encore) avec un regard lucide sur le monde de l'économie, présentée ici comme un cyber-capitalisme où Pattinson incarne l'indifférent, résidu du romantisme déclinant, nihiliste, le capitaliste du désir, celui qui se fait médusant, pierre en mouvement, pour suinter le sexe et s'arracher de l'immanence du monde de l'économie. Vampire d'un monde orwellien étouffant de bleu, d'acier, Pattinson réduit les êtres à des chiffres. Cronenberg ne peut plus nous refaire de la new flesh parce qu'il voit que cette esthétique est le coeur d'un système qu'il rejette et ne le fascine plus. Le rat symbolise ainsi l'échappée, la révolte anarchiste, et Cronenberg s'y agrippe pour laisser exprimer sa démesure. Nous sommes en effet passés du Cronenberg qui fait de la chair une pâte à modeler à du Cronenberg qui accentue le cérébral-mystique. Le réalisateur unit royaume financier à une inclination (encore timide) sacrée. La violence et le sacré. On saluera la vraie immersion éclairante dans ce monde de la spéculation, que la musique de Shore accompagne à la perfection. Le spectateur risque de s'ennuyer s'il ne saisit pas les multiples clins d'oeil adressés au monde des "possédés" de Dostoïevski ; on pense au monde du souterrain, à cet enfer post-humain qui pue la machine utilitariste. Derrière son masque clinquant proche d'un Bateman (American Psycho), Pattinson a subitement quelques sursauts : acheter une chapelle selon un caprice qui le dépasse, aller chez un coiffeur pour retrouver une rencontre simple, causer sous le regard de la Vierge, une pause qui va lui révéler les rouages de ce cauchemar sans issue. Royaume de l'immanence, de la cité qui se veut la finalité de l'homme-machine, homme-auto-mobile, autisme d'un mouvement digne de l'éternel retour, Cosmopolis traduit une science plus du tout fictive et qu'on retrouve à Wall Street, paradis du désincarné. Dans sa progression, la violence est nettement interrogée, celle qui nous bouscule pour capter du sens ; point d'accroche ultime de cette fièvre glacée, la scène finale est un écho à la scène de confession des "possédés" de Dostoïevski, avec Stravroguine, démon à l'intelligence FROIDE. Cosmopolis est l'occasion pour Cronenberg de sortir de ses fascinations pour la chair gnostique et s'auto-critique, sans la parodie ; c'est comme un "vidéodrome" inversé. Plus qu'un univers d'aquarium, le film s'achève avec une ouverture : dans son approche de la violence, Cronenberg y rencontre l'appel du sacré.

Origines de l'esprit bourgeois en France
Origines de l'esprit bourgeois en France
par Bernard Groethuysen
Edition : Poche
Prix : EUR 7,50

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Le saint contre l'honnête homme, 18 juin 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Origines de l'esprit bourgeois en France (Poche)
Bernard Groethuysen révèle que la figure de l'honnête homme a remplacé peu à peu celle de saint et que le bourgeois s'est employé à faire sienne une morale autonome, de plus en plus détachée des exigences du christianisme (=ça va donner le libéral ou le social-démocrate d'aujourd'hui) où nous avons d'un côté une éthique de la responsabilité (le pouvoir et sa réalité) et une éthique de conviction reléguée dans la fameuse sphère privée. La figure de l'honnête homme est un moyen pour le bourgeois d'échapper et à l'Eglise (et surtout aux théologiens) et à l'aristocratie finissante qui ne repose pas sur la méritocratie mais sur le titre, la hiérarchie. L'aporie finale est que cette volonté "universaliste" qui tend à se répandre un peu partout dans les sociétés modernes se révèle élitiste : si tout le monde ne peut être honnête homme avec cette relative autonomie sans Providence, tout le monde peut être saint. Deux conceptions en présence : d'un côté une abstraction morale, de l'autre une métaphysique de la personne.

"Ce n'est pas aux nouveaux riches ou aux riches en général, qui quoique pécheurs - ou précisément parce que pécheurs - ont droit de cité dans la légende chrétienne, que s'attaquent les ministres de Dieu ; c'est aux grands industriels, aux gros banquiers, aux marchands entreprenants, qu'ils désignent pour ainsi dire, nommément. Enfant de cette terre, le bourgeois a grandi sans le secours de l'Eglise. Le Dieu des chrétiens n'a jamais voulu le reconnaître ; ce qu'il est, il se le doit à lui-même, il s'est fait sa propre Providence, il ne voudra pas en reconnaître d'autre. Car ceux qui sont ainsi devenus riches, c'est qu'ils ont voulu être riches. Et c'est ce qui ne saurait s'accorder avec l'esprit de l'Evangile."

L'unité de la philosophie politique. : De Scot, Occam et Suarez, au libéralisme contemporain
L'unité de la philosophie politique. : De Scot, Occam et Suarez, au libéralisme contemporain
par André de Muralt
Edition : Broché
Prix : EUR 28,50

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Achever Occam, 13 avril 2012
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C'est un petit bijou. On peine encore à mesurer tout l'impact de la pensée occamienne au niveau politique et ce livre achève définitivement LE sophisme dont nous n'avons pas fini de sortir. André de Muralt réussit à montrer combien notre modernité politique est redevable du volontarisme scotiste, avec, entre autres, la coupure entretenue par Occam entre la potentia ordinata Dei (qui va donner Kant et ses lois a priori) et la potentia absoluta Dei (Rousseau et l'Etat-absolu, lui-même héritier/réaction de l'absolutisme royal). 130 pages environ, dense, clair, et implacable.
La précision dans l'étude ajoute à l'élégance et à la finesse d'analyse d'André de Muralt. Brillant.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 13, 2012 4:09 PM CET


Avons-nous besoin d'un bouc émissaire ?
Avons-nous besoin d'un bouc émissaire ?
par Raymund Schwager
Edition : Broché
Prix : EUR 23,18

5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une étape, 15 mars 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Avons-nous besoin d'un bouc émissaire ? (Broché)
Il faudra du temps, beaucoup de temps, pour saisir la dimension nouvelle de ce livre.
Il me paraît décisif, non pas en ce qu'il ajoute une pierre à l'édifice girardien, mais devant la mise en lumière du dynamisme pédagogique de Dieu au cours de l'Histoire et que Hegel avait converti en théogonie, bien à tort.
De prime abord, on aurait tendance à croire que Schwager, comme Girard, inclinent à l'hégélianisme, à cause ici d'un supposé marcionisme.
Il n'en est rien. Le livre prend une nouvelle envergure quand il illustre, grâce à une analyse riche et fidèle aux textes, la réalité théologique des thèses anthropologiques de Girard sur le désir mimétique. Illustre ? C'est trop peu dire.
Valide.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 13, 2012 4:38 PM CET


Vendée : du génocide au mémoricide : Mécanique d'un crime légal contre l'humanité
Vendée : du génocide au mémoricide : Mécanique d'un crime légal contre l'humanité
par Hélène Piralian
Edition : Broché
Prix : EUR 22,80

11 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 C'est un génocide, 24 février 2012
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Tout a déjà été écrit sur le sujet, ses horreurs : les tanneries des peaux humaines à Angers, la récupération de la graisse liée à la fonte des corps (500 femmes), déportations, camps d'exterminations dans les villes périphériques réservés aux enfants et femmes (les "mouroirs"), noyades, colonnes infernales, les "lois" d'extermination comme le rappelle le pénaliste Goldnadel dans sa préface (ce sont, à proprement parler, des lois-décrets) ; un grand bravo à Reynald Secher pour son sérieux et son souci de vérité, un combat qui mérite d'être gueulé s'il le faut.

Je me contenterai de rapporter des évidences sur un "point de détail" très important qui permet de valider le fait du génocide vendéen.

D'abord, le mot de "brigands" :

"Tuez les brigands au lieu de brûler les fermes, faites punir les fuyards et les lâches et écrasez totalement cette horrible Vendée [...] Combine avec le général Turreau les moyens les plus assurés de tout exterminer dans cette race de brigands;" (Jean Dembarrère, officier supérieur)

"Je sais qu'il peut y avoir quelques patriotes dans ce pays, c'est égal, nous devons tout sacrifier."
(Louis Grignon, chef de la première colonne, à ses soldats)

"Qu'entendait-on donc alors par ce mot de brigand ? Etait-ce seulement les rebelles rentrés dans l'ordre et tous les habitants de la Vendée. Je vous rappellerai la lettre de Carrier au général Hasco, en date du 23 frimaire ; elle annonce l'ordre de livrer aux flammes tous les habitants et de ne rien laisser dans ce pays de proscription [...]. Je vous citerai encore la circulaire de l'administration du district de Nantes aux communes de son ressort : "La Vendée va être traversée par douze colonnes formidables de républicains. Il faut en exterminer les infâmes habitants, en arracher toutes les substances, et c'est par vos charrettes qu'elles doivent nous êtres apportées." (Matthieu Villenave, avocat nantais, arrêté en septembre 1793, échappant aux fusillades) p.117)

"Système de dépopulation" (Louis-Marie Prudhomme) (p.115)

"Il fallait bien qu'il y ait eu des ordres supérieurs puisqu'on a trouvé dans les hôpitaux des femmes et des enfants à la mamelle sabrés au nombre de 1200" (Lefèvre, p.112)

"Je compte sur vous : je connais vos principes, votre inflexibilité républicaine, votre intention immuable de purger, de saigner jusqu'au blanc la génération vendéenne. Vous concourrez au triomphe de la République contre ces infâmes rebelles. J'ai reçu la collection que vous m'avez fait remettre. Il y a des femmes bien coupables dans cette race fanatique." Député Francastel, représentant du peuple délégué par la Convention nationale, l'armée de l'Ouest, aux membres de la commission militaire. (p.122)

"Il ne reste qu'un mot à dire sur la Vendée et ce mot est un encouragement national à tous ceux qui dans cette campagne chasseront tous les brigands intérieurs ou étrangers car c'est la même famille." (Barrère, du haut de la tribune, le 1er octobre 1793) (p.127)

"La guerre ne sera complètement terminée que quand il n'y aura plus un habitant dans la Vendée." (Carrier, p.129)

"Frappez simultanément et frappez sans relâche jusqu'à ce qu'enfin cette race impure soit anéantie. Salut et fraternité." (Barrère)

"En vain, de malheureux patriotes, les certificats de civisme à la main, demandèrent vie à ces forcenés ; ils ne furent pas écoutés ; on les égorgea." (Mariteau, maire de Fontenay-le-comte p.129)

Deshumanisation : "loups", "louves", "louveteaux", "hordes impies", "hydres hideuses", "cochons". p.133

"citoyens ! Tuez ! Tuez ! Massacrez ces bêtes féroces ! Détruisez ces germes de la peste ! Exterminez ces fanatiques que sont les brigands de la Vendée ! Purgez la terre de cette race infâme ! Anéantissez ces scélérats et leurs prêtres séditieux ! Saisissez-vous de leurs femmes ! Ecrasez les enfants ! Emparez-vous des dépouilles de tous ces êtres perfides ! Soyez sans pitié ! La République vous y engage ! En agissant de la sorte vous servez l'intérêt supérieur et vous défendez la patrie ! N'oubliez pas, citoyens, que ce ne sont pas des hommes que vous avez en face de vous mais des animaux nuisibles qui troublent la tranquillité publique !" (consignes données au Mans, rapportées par les travaux de Trimoreau)

"Turreau n'est pas, contrairement à ce qu'affirment les négationnistes, un élément autonome qui aurait agi de son seul fait, mais un exécutant zélé du Comité de salut public." (p.142)

Pas de crime contre l'humanité puisque le génocide vendéen a un caractère SYSTEMATIQUE. C'est le second point :

Camps de concentration et d'extermination réservés aux femmes et/ou aux enfants à Noirmoutier.
Gaz, mines antipersonnelles, l'empoisonnement ; "vous avez délivré le pays d'un chancre qui le dévore" (Carrier, député représentant du peuple, lettre officielle du 9 novembre 1793 p.97)
Les noyades par couple, appelées "mariages républicains"

"Le Comité de salut public, chers collègues, a arrêté un plan vaste général tel que les brigands doivent disparaître en peu de temps non seulement de la Vendée mais de toute la surface de la République" (C.A.R.A.N. AFII/268/2258/4 p.81)

"J'espère que sous peu de jours, les divisions de cette armée, réunies et victorieuses, se donneront le baiser fraternel et planteront l'arbre de la liberté sur cette terre après l'avoir purgée de cette horde de brigands qui l'infectaient." (général Léchelle au Comité de salut public le 13 octobre 1793) (p.64)

Enfin, rien à voir avec le crime de guerre :
"La Vendée vaincue sollicite la grâce de la Convention, grâce rejetée." Selon le rapport de 38 pages, rédigé pour la Convention en Vendémiaire an II (22 septembre - 21 octobre) : "la pensée d'une amnistie était odieuse et la dignité nationale la repoussait même si la guerre de Vendée était politiquement finie. D'où le "système" avancé par les Conventionnels qu'il n'y aurait de moyen de ramener le calme dans ce pays qu'en en faisant sortir tout ce qui n'était pas coupable et acharné, en en exterminant le reste et en le repeuplant le plus tôt possible de républicains" (rapport Hentz et de Francastel où ils avouent avoir reçu "l'ordre d'exterminer la population afin de repeupler le plus tôt possible le pays de républicains, ce qui aurait dispensé la nation de l'entretien sur place d'une armée")

En conséquence, après ce livre qui propose des documents inédits qui éclairent définitivement le problème, nier le génocide vendéen relève du négationnisme, de la bêtise ou de la mauvaise foi (ce qui revient à la même chose) ; c'est une sortie du sérieux, un flatus vocis qui ne mérite que l'indifférence aux yeux de l'historien.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (18) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 16, 2012 10:56 PM MEST


Sade mon prochain, précédé de "Le Philosophe scélérat"
Sade mon prochain, précédé de "Le Philosophe scélérat"
par Pierre Klossowski
Edition : Poche
Prix : EUR 7,22

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le retour de Carpocrate, 23 février 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Sade mon prochain, précédé de "Le Philosophe scélérat" (Poche)
Après la lecture du livre de Jean Paulhan (protestant), un sentiment de frustration m'animait ; je n'avais pas entièrement trouvé de réponse fouillée devant cette excellente intuition selon laquelle Sade exprimait un intense puritanisme : "C'est curieux que le XVIIIe siècle, à qui nous devons les tableaux de moeurs les plus cyniques de notre littérature, nous ait aussi donné deux grands peintres de la pudeur : l'un des deux, on le sait bien, est Marivaux. L'autre, je ne sais pourquoi l'on s'obstine à ne pas le savoir, c'est Sade" (p.42/43)

Bien qu'excellente, cette intuition manqua de corps pour emporter définitivement mon adhésion ; en définitive, Le Marquis de Sade et sa complice ou les revanches de la pudeur se révélait pour le moins décevant.

Klossowski combla mes attentes plus que je ne l'avais soupçonné. Son étude scrupuleuse de Sade avait trouvé la clef qui manquait ; c'est pourquoi je dois énormément à ce livre grâce au secret qu'il me divulgua : Sade est un gnostique, un romantique sans la pieuse intention. Un Carpocrate qui fait du culte de l'orgasme une nouvelle religion, celle de la monstruosité intégrale. Devant ce règne de l'absence totale de normes qui va jusqu'à humilier la raison, on comprend que Sade accomplit la logique du libéralisme.

Il ne faut pas minimiser la cosmologie de Sade pour comprendre son anthropologie : le concept de nature chez lui est résolument spinoziste. Pour rejeter le "aimez-vous les uns les autres" et légitimer les forces en présence (la volonté de puissance ?), il ne cesse de mettre en avant les "lois de la nature".

Face à cette utopie du mal qui en appelle à la prostitution (sacralisée), Klossowski demeure implacable.
Quel coup !

Le capitalisme de la séduction : Critique de la social-démocratie libertaire
Le capitalisme de la séduction : Critique de la social-démocratie libertaire
par Michel Clouscard
Edition : Broché

11 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Vertigineux, 10 février 2012
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L'anti-Sciences-pot.
On peut ne pas être d'accord avec les prises de position marxistes de Michel Clouscard qui, parfois, sans qu'il s'en rende compte nécessairement, parsèment son analyse ; par exemple, il réduit le réel aux rapports de production. Les travaux de Jean-Pierre Dupuy ou de Dumouchel ont révélé que cette analyse (comme l'analyse dite "libérale") était insuffisante, raison pour laquelle, sans doute, un Michéa semble moins frénétique (et donc plus redoutable), parce qu'il est marxien, non pas marxiste.
En vérité, très rarement, Clouscard se révèle dans ses prises de position, excepté dans le cas de la contraception. Quoi qu'il en soit, on reste sidéré par l'extra-lucidité de sa dé-monstration, laquelle confine au vertige, voire à l'asphyxie. On réclame de l'air devant ce qu'il nous montre de cette civilisation libérale dont la zone d'ombre restera sans doute Sade : le cynisme intégral.
Rien de plus dangereux que de refuser la morale : cette position idéologique est la pire, elle détruit tout. Elle fait les mous et justifie tous les crimes, jusqu'à l'absurde. Ainsi comprenons-nous que les valeurs transgressives de la gauche servent d'alibi moral aux valeurs de la droite financière et fonctionnent comme deux mandibules ; on pense à la phrase de Vautrin alias Trompe-la-mort, désireux de partir aux Etats-Unis dans Le Père Goriot et qui rappelle à Rastignac une loi fondamentale du libéralisme naissant : "Il faut vous manger les uns les autres comme des araignées dans un pot, attendu qu'il n'y a pas cinquante mille bonnes places. "
Ce livre est terrifiant.
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L'imitation de Jésus-Christ
L'imitation de Jésus-Christ
par Thomas a Kempis
Edition : Poche
Prix : EUR 5,79

4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 L'anti-Nietzsche, 16 décembre 2011
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'imitation de Jésus-Christ (Poche)
Dans son admirable Le déclin du moyen age, Huizinga a des lignes saisissantes pour définir le caractère transhistorique de cette Imitation : "l'imitation Christi ne serait que de la prose, si son rythme monotone ne la rendait pas semblable à la mer, pendant les soirs de calme [...] Tout est uni, tout est dans le mode mineur : rien que la paix, le repos, l'attente tranquille et la consolation." (p.236)
S'il y a un vin qui purifie du vinaigre nietzschéen, c'est bien celui-là.
En plus d'être un contre-poison efficace, l'éloquence inaugure bien des moralistes du XVII e français ; toutefois, que l'on s'entende bien : il ne s'agit pas de morale ici mais de vie. Ce n'est pas de l'humanisme naïf mais un sondage de l'homme jusque dans ses entrailles, jusqu'aux plaies s'il le faut. Un classique de la lectio divina, pour nous muscler l'âme, en vue de s'assimiler le Christ.

"Je me suis fait le plus humble et le dernier de tous, afin que mon humilité t'apprît à vaincre ton orgueil."
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 19, 2011 12:46 PM CET


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