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Contenu rédigé par Barclau
Classement des meilleurs critiques: 680
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Commentaires écrits par
Barclau "into the pit" (France)
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Live 92
Live 92
Prix : EUR 15,19

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Coup de jus mortel, 1 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Live 92 (Album vinyle)
Ce disque représente beaucoup pour moi. A sa première édition, j'avais onze ans, je jouais de la guitare depuis peu et un voisin me l'avait prêté, en cassette à l'époque. Il n'y avait pas tous les titres de cette double édition dont la réédition vinyle tombe à pic pour replonger dans mes souvenirs. Autant dire qu'il m'avait fait l'effet d'une bombe sans précédent. C'est à partir de ce disque que je me suis mis au hard rock puis plus tard au metal. Non seulement il fût une porte d'entrée pour ce groupe mais aussi pour une toute autre perspective musicale.
Le disque en lui-même est un véritable best of qui capture l'essence même du groupe dans ce qu'il a de meilleur. La tracklist est pertinente, le public en folie, le groupe en pleine forme. J'aurais bien échange "Shoot to thrill" contre un "let me put my love into you", mais bon ce serait bien chipoter vu la liste conséquente. "The jack" est excellent, certains titres sonnent même mieux que sur album studio. Bref, un live mythique à posséder soit pour les fans du groupe soit pour ceux qui le découvrent, dans une belle édition à prix modéré.


It'S Up To Emma
It'S Up To Emma
Prix : EUR 16,57

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Encore un sans faute, 1 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : It'S Up To Emma (CD)
Aride. Je m’amuse parfois à trouver un mot qui puisse définir un disque. "Gun" entame cette traversée du désert, gorge sèche à la recherche d’une goutte d’eau. Si vous pensez voir ici de la flotte, ce sera un mirage. La montée en puissance, la batterie rêche, voici chacun des angles de ce caillou rugueux.
Elle a l’air de s’être bien éclatée pour ce disque. Allégée de devoir aller en studio (pour une majeure partie), elle est allé au fond de son propos, chez elle, s’enfonçant plus loin. Finalement, avait-elle tant besoin d’un producteur aussi important soit-il ? A l’écoute de ce disque on se le demande, mais peut être que justement son émancipation s’est faite à la lumière de ses expériences passées. Pas étonnant qu’on ressente les mêmes émotions étranges qu’avec "I am".
"Can’t fool me now" et sa reverb vous emporteront sur les ailes d’un vautour. Elle a rarement sonné aussi libre. Après tout on a besoin de quoi ? C’est sec ou Dry comme un come-back en 92 alors qu’une autre fameuse anglaise posait de nouveaux galons pour le rock féminin. Ce titre n’en finit pas de m’obséder avec sa montée céleste superbement et sobrement arrangée sur fond de rocaille et son étrange aspect cyclique appuyé par les paroles qui reviennent. L’envoutement !
De fait, l’album a ce côté intemporel car il nous renvoie à une longue partie de ce qui compose notre culture musicale actuelle. Mais aussi celle dans laquelle la plupart des trentenaires ont grandi. Ce son, c’est juste ce qu’il me faut pour donner de la nouveauté à ma nostalgie. Parfois on pourrait même s’imaginer Throwing Muses en disposition dépressive autour d’un feu en plein désert. Le magnifique "My man" l’attestera, "Second chance dreams" le confirmera d’autant plus avec ses accords typiques, sa batterie minimale (on n’en veut pas plus !!!). Les titres sont tous dans cette ambiance chargée, osant la rencontre du beau et du fond de garage le plus souillé, étrange paradoxe de crasse magnifiée comme dans "All night long". "No scrubs" s’envole littéralement avec son duo à filer le frisson. Le morceau n’est pas seulement magnifique : il redonne sens au reste du disque en le sortant un peu de sa logique noire. Le chant est y aussi mélancolique qu’accrocheur. On le sait, Scout excelle autant dans les duos qu’en solo, ceux-ci sont donc toujours attendus, "No scrubs" nous comble par sa beauté naturelle et simple, ses harmonisations d’e-bow finales...C’est là que "Could this possibly be ?" vient donner un revers entamé doucement mais terminé fortement avec cette puissance émotionnelle, cette batterie jouée totalement à l’instinct n’en étant que plus juste !
A l’écoute de ce disque on se rend compte que souvent un bon album tient à un tas de petits détails simples, comme choisir bien l’ordre des chansons, l’une révélant l’autre à l’instar d’un bon scénario. Mais au delà de tout l’intention, la justesse émotionnelle.
Scout ne ment pas. Et à son "What can I do ?" qui clôt le disque en apothéose (vocale surtout) je répondrai "reste toi ça te va si bien".
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 1, 2015 2:35 PM CET


19ends
19ends
Prix : EUR 6,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un début au firmament, 1 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : 19ends (Téléchargement MP3)
L’album s’est composé en duo (Sébastien Boess et Magali Dhyvert). Pour la scène ils s’adjoignent le service de trois autres comparses (Rv Mel, David Rouby et Romain Laurent) dont je croise et croiserai souvent le chemin. J’ai chroniqué des disques où la patte de Sébastien avait fait des merveilles (Stereostar Sixty Nine, le fabuleux Dog Bless You).
"19ends" sur lequel le duo a passé un sacré temps est un chef d’œuvre d’une beauté rare, délicat, recherché, travaillé sans jamais se noyer dans la virtuosité. L’album est complet avec douze titres comme autant d’atmosphères, de possibles évoqués. L’entrée de "Claudia Volta" offre ce genre d’invitation étrange, pleine de promesses. La voix chaude de Sébastien est contrebalancée par le timbre léger de Magali, réponse dans les fréquences qui nous permet une pure élévation. Le morceau évolue avec l’entrée d’une superbe ligne de piano rejointe par quelques guitares (dans lesquelles on reconnaîtra un certain amour pour le post-rock). Le tout évolue en intensité, en émotion avant d’être cadré et appuyé par un rythme électro. Dès ce premier morceau on aura donc compris que nous sommes face à un long processus de réflexion qui doit autant au style qu’à son essence : de magnifiques mélodies.
"The last race" part dans une dynamique différente, avec une certaine urgence que ce soit dans le rythme ou dans les arrangements. Quand les voix s’entrelacent c’est parfait (encore meilleur dans "Roller Coaster") ! L’esprit du titre me rappelle (notamment par moment le timbre chaud de Sébastien) les morceaux les plus inspirés de Aaron. Quand au superbe "Lucidy", cette fois-ci son timbre me rappelle un peu Damon Albarn, même si ce dernier ne bénéficie pas d’autant d’inspirations que AndWeShelter. Je suis sûr qu’il aurait bien aimé sortir un titre comme "Darkest Queen" ou encore l’entraînant "Out of control", parfaite rencontre entre esthétique électronique, mélodie, et énergie rock. Quand à "Nineteen ends", c’est une apothéose mélodique, une montée sans retour. Le rythme favorise cet envol dans une danse circulaire. Le même tournis m’a pris pour la fin de "Asleep" avec ses couches successives.
Leur musique est judicieusement complexe et sereinement abordable. Et tous ces détails parsemés donneront l’envie de multiplier les écoutes à la recherche des trésors disséminés. D’ailleurs je manque de références pour vous les décrire, mais pas d’oreilles ou de sentiments pour les apprécier. Finalement, rock ou pop wave leur colle bien, plus pour les mystères qu’ils induisent que pour les lignes qu’ils indiquent. Cet ensemble contribue à faire de AndWeShelter un groupe à forte personnalité, une expérience qui prendra sûrement une ampleur encore autre sur scène.
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Make Out The Target
Make Out The Target

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 un ep qui tire dans le mille, 1 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Make Out The Target (CD)
Stereostar Sixty Nine c’est du rock dans son esprit le plus pur (en trois mots mettre le feu) mais dans une expression fine et rusée (les idées de sons, les mélanges, les diverses influences, l’expérience quoi). Et en peu de titres on fait tout de même le tour de la question, un ep sert souvent de pont, là c’est l’autoroute, alors allez savoir ce qu’ils nous réservent pour la suite ?
Pourtant l’entrée de "A way" fait craindre le pire (si on ne les connaît pas). Vocoder, pas un mal en soi, mais la plupart des groupes devraient en être interdit ! Lignes de voix croisées, plein d’effets, que va-t-il se passer ? Puis soudain la balle part, le coup retentit, ça y est on y est. Les craintes volent en éclat, c’était juste un coup d’audace qui passe fichtrement bien à la réécoute. Le titre est un pur tube rock, avec en guest Kellett Chinn (Le Brio) ! Impossible de lui coller un millésime, une insolence authentique et vieille comme le rock, parsemée d’éléments 80’s (synthés aussi inattendus que bienvenus) guitare funky sur la montée finale, voix entremêlées du plus bel effet, chœurs quasi rétro. S69, c’est 69 à 2013, avec tout ce qu’il y a au milieu. Pêle-mêle, Dandy Warhols, Ghinzu, certains Bowie dans l’âme...on peut étirer.
"Clown is done" change la donne, en concentrant le spectre temporel sur les 80’s. Belle mélodie, toujours rock mais avec une teinte new wave. Une réussite toujours aussi tubesque, mais avec une ambition différente du premier titre.
"John Doe" est un titre du premier album, remanié. Un personnage qu’ils ont flingué dans l’album précédent, aujourd’hui ressuscité comme pour témoigner du changement. Un titre avec une urgence latente et une mélodie vocale on ne peut plus accrocheuse. Le son est pour beaucoup dans l’efficacité des titres, leur donnant une profondeur et une dynamique excellente.
Mais pour moi la plus grande réussite de ce disque est "Nixon Said". La construction du titre est audacieuse, son instrumentation riche, les idées généreuses. Rien que l’entrée en matière témoigne de la maîtrise du groupe, voix entrelacées, montée en crescendo et variations rythmiques. Un titre tout en atmosphère, sorte de pop orchestrale, dont la fin cinématographique en surprendra plus d’un !
Au final, voici quatre balles que vous ne pourrez éviter, chargées en poudre et taillées en croix par une production exemplaire et un mix/master signé Benshon dont nous avons déjà parlé (Dog Bless You) et qui a encore fait un travail impressionnant.
A noter que depuis, Stereostar 69 a aussi fait une apparition sur l’excellente compilation DADAPHONIC.
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31 West 8th Street
31 West 8th Street
Prix : EUR 4,83

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 nocturne et urbain comme un polar, 1 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : 31 West 8th Street (Téléchargement MP3)
Encore une fois, S69 est là où on ne l’attend pas, défrichant ses territoires selon son bon plaisir tout en gardant une cohérence dans sa discographie. Souvenez-vous de la fin du précédent, parfaite préfiguration à ce nouveau disque qui se veut teinté d’une noirceur et d’une mélancolie bienfaisante. On reste dans ce rock aux allures de divagations urbaines nocturnes, de rues qu’on préfère éviter, de personnages qu’on préfère ne pas croiser. Dans cette permanente vacation, les thèmes se succèdent avec un goût de bande originale (t’as compris Jim Jarmusch ?). "Take me back to where I belong" se découpe donc en trois parties, trois moments d’un jour. On débute par l’étonnant "Dawn", instrumental à la fois beau et puissant qui répand une lumière diffuse non dénuée de majesté. Un côté post-rock raccourci qui n’est pas pour me déplaire, d’autant que le groove reste maître. "Daylight", deuxième partie donc, est le morceau qui m’a le plus étonné. Par son ambiance étrange, mais aussi pour d’autres raisons. D’abord son riff d’intro qu’on dirait un début de morceau de thrash metal...franchement ça sonne très 90’s en plus. Et que dire du refrain (on fait avec ce qu’on aime), sinon qu’il m’a fait penser bizarrement à Paradise Lost. Là vous vous dîtes que j’ai craqué ??? Et bien non et je confirme, P Lost étant un génie des refrains/hymnes. Réécoutez "One second" ou "host", le penchant electro 80’s du groupe et vous comprendrez. D’autant que si S69 et P Lost ont des terminologies différentes, leur étymologie musicale est proche (amour commun pour la new wave ?). "Daylight" est un acte de bravoure pour les arrangements, l’intensité, avec Fabien Pilard au chant. Quand "Dusk" arrive, c’est le sol qui s’effondre. Sebastien Boess au piano émerge du chaos précédant pour une superbe mélodie très touchante sur laquelle vient voler la voix de Florian Schall (The Holy Mundane, Twin Pricks). Oui, voler, et j’ai volé avec. Avec cette tristesse inédite accentuée par un mixage subtil entrecroisant les voix pour un effet désincarné.
"The mechanic" est fichtrement bien composé avec une fois un refrain ultra accrocheur, progressive jusqu’à son explosion ou sa libération vers 2mn40. Libération ça colle mieux, jusqu’à l’accélération de la spirale tourmentée pour finir en discorde.
"The architect" est la clé de voûte du disque. Arrangements top, refrain et mélodies aussi réfléchies que catchy, construction ciselée. J’insiste sur le refrain, car on voit encore mieux ici comme l’écriture des textes est adéquate au reste, y répond, s’en nourrit au point que les mots aient autant de musicalité que la mélodie. Le résultat est tubesque au possible jusqu’à la sortie de ce fameux 31 west 8th street qui nous plonge dans une rue prise par la musique des dérives nocturnes.
Ainsi en cinq titres Stereostar 69 dresse une impressionnante cartographie émotionnelle appuyée par l’artwork très signifiant de Philippe Letullier (bassiste). Cinq titres enrichis par des contributions mais aussi par le mix et le master de Benshon Beerbaum (AndWeShelter) dont le savoir faire décore ce nouvel opus. L’objet enfin donne envie, un digipack trois volets avec livret, chaque partie composant l’artwork. Le matériel et l’immatériel réunis au 31, troisième étage discographique d’un groupe qui construit patiemment son temple
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The Water Between Us
The Water Between Us
Prix : EUR 17,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Encore une merveille chez Microcultures, 28 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Water Between Us (CD)
Pour l’album qui nous intéresse aujourd’hui je resterai assez vague en terme de rapprochement avec d’autres groupes. C’est un peu mon chaînon manquant que j’espérais entre Hood et Pink Floyd et ça laisse le chant large. Mais surtout c’est un disque qui s’inscrit parfaitement dans la ligne de conduite du label et qui me renvoie avant tout à la qualité enchanteresse d’un Phantom Buffalo, car Microcultures constitue tranquillement sa propre culture, et ses références peuvent désormais se renvoyer entre elles, preuve d’une éthique du choix, de la mesure, et d’un goût très fin. Venons-en au fait, The Water between us a tout du chef d’œuvre. Entre finesse des mélodies, mixage parfait, délicatesse des arrangements et justesse de l’interprétation, nous sommes embarqués dans un tableau où de nombreuses émotions constituent les couleurs et les ombres. Le timbre de voix de David Oddfellow est un parfait guide à l’évasion, les cuivres retrouvent leur place céleste et ouvrent les portes du paradis que viendra enfoncer le magnifique thème à 2mn10 (repris plus tard avec du chant pour une élévation maximale). On ne renie pas une certaine filiation avec les vieux groupes de prog anglais enclins aux invitations hors des perceptions. "Stone riders" viendra confirmer la paternité de Pink Floyd, sans pour autant faire dans le chichi vintage. N’oublions pas les paroles qui illustrent si bien l’atmosphère ("darkness was beautiful with you, death will be beautiful with you"...). Pas de doute, cette finesse sonne bien anglaise, entre aventure musicale et accessibilité, l’un nourrissant l’autre, regardant le ciel sans être coupé du sol. "Strange love" est un morceau qui sonne plus fourni, au rythme très complet, tout en offrant des sonorités larges, des respirations voire des contractions. Tandis que "We love ourselves" calme le jeu par son entrée en douces arpèges et les couches de voix. Un titre accentué par la beauté de son refrain, le genre qu’Archive essaie de faire sans succès depuis vingt ans. Et malheureusement pour ces derniers, "The quiet man" ne fera que le confirmer. Oddfellow’s Casino est simplement magnifiquement inspiré, ne cache rien sous des couches empilées comme autant de diversions. Encore besoin de preuve ? Allez, "ghosts of the Moorland" et son tempo allongé, sa voix vaporeuse, presque ectoplasmique par moment. Un thème très progressif parfaitement servi par la multitude d’instruments (la clarinette d’Emma Papper par ex) et des sonorités au service du sujet.
A ce stade j’ai eu vraiment du mal à commencer ma chronique. Je ne faisais que l’écouter en boucle, m’enfuir sans vouloir l’alourdir de mots. Jusqu’à ce que l’envie de vous partager le plaisir prenne le dessus. Chaque titre ouvre un univers connecté au précédent, et ce qui m’a accroché le plus est ce lien entre la musique qui m’attire aujourd’hui et celle avec laquelle j’ai grandi. La porte du disque se ferme sur le somptueux "the lighthouse keeper", un morceau presque fédérateur tant il convie en moi des émotions que j’ai auparavant trouvées éparpillées, entre les chœurs et la ligne de piano que n’aurait pas renié Radiohead.
La musique sonne ici comme un moyen, pas une fin. Avec cet album c’est ce que j’ai ressenti. Si l’eau s’étend entre nous, cet album sera la passerelle qui nous permettra de la franchir.
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(Col) the Bone of My Bones
(Col) the Bone of My Bones

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Comment sonne une forêt finlandaise?, 28 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : (Col) the Bone of My Bones (Album vinyle)
En apprenant donc que Kimi sortait un album folk, lui qui est fan de Neil Young ou encore Leonard Cohen, j’espérais y trouver une certaine mixité. Est-ce le cas ? A mon grand bonheur oui ! Son folk boréal est tantôt boisé comme une pépinière finlandaise, installe des atmosphères qui puisent dans ses références tout en renvoyant à ses lieux de pérégrinations. L’album m’a procuré l’effet que je recherche quand je vais en forêt : une échappée. Tout y est, le son, l’allure typiquement nordique et assez bûcheronne de l’homme.
Dès que commence le chant, sa douceur étonne forcément pour qui ne le connaît pas déjà. Tout comme le jeu de guitare, les mélodies...Beau, simple, parfois plus sombre sans se morfondre dans la mélancolie, ce disque est un parfait compagnon d’évasion. Le songwriting est limpide, avec ses phases claires, obscures, et de magnifiques envolées.
Si comme je l’ai dit Neil Young ou Leonard Cohen rôdent (les chœurs somptueux), voire Nick Cave qui ferait Push The Sky Away à la sèche, le disque de Kimi sonne surtout comme façonné par son environnement. Je n’ai jamais vu la Finlande, mais ça correspond totalement à l’image que je m’en fais. Et comme certains le savent, j’aime beaucoup entendre l’impact de son environnement dans un album, qu’une personne soit traversée et touchée par ce qui l’entoure. Le disque donne une impression d’homogénéité notamment dans sa cadence, sa vision lancinante. Il m’est apparût comme une journée en forêt avec l’ascension de la lumière à travers les arbres, ses friches comme les doutes qui nous assaillent, ses moments d’apaisement comme les clairières qui nous émerveillent, des passages aussi sombres que le cœur d’une pépinière où l’orientation nous quitte, le crépuscule qui ne signifie pas forcément la peur (Le texte de "My name is free", entre nihilisme et tendresse). Quelque chose d’indescriptible mais aussi fort qu’une émotion qui se passe de mot, les mêmes qui m’habitent quand je quitte pour un petit temps (que je trouve toujours trop court), ce monde, son système, mon espèce. Merci Kimi, tu viens de m’offrir la meilleure bande originale pour mes échappées en solitaire. Un espace d’introspection total, enfin nourrit par des mélodies. Tu as mis mes errements en musique. Ce disque est une offrande pour tous ceux qui ont besoin de solitude afin de se ressourcer.
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Ultraviolence
Ultraviolence
Proposé par reflexgb
Prix : EUR 32,67

5 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le rêve américain est une belle illusion, 26 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ultraviolence (Album vinyle)
Ultraviolence est le disque que j’écoute le plus depuis qu’il est sorti. Rarement un album m’aura autant obsédé, et croyez-le ou non, j’en suis le premier surpris !
Quand "Born to die" est arrivé j’ai vomi dessus car j'espérais autre chose. La déception fût grande avec cette tentative de placement pourri, ptit truc hip hop par là etc...Tout sonnait falsifié alors que la matière était parfaite...et ma haine en fût exacerbée. A mon détriment. J’ai fini par me convaincre que les erreurs de Born To Die étaient des erreurs de producteurs. C’était bien le cas. Je revenais tout de même l’écouter par ci par là, regrettait ce petit passage, imaginant voire fantasmant un album qui aurait pu être à la place de celui qui fût.
Puis elle annonça vouloir arrêter la musique. J’y voyais un signe : elle avait été déçue, elle voulait proposer autre chose ! La suite me donnait raison, déjà avec "Paradise".
Puis arriva "Ultraviolence", l’album qui aurait pu être son premier, celui que son label voulut lui renvoyer à la gueule tant il semblait mauvais en terme de placement pub. Nouveau producteur, nouveau type aux manettes (et qui donc, Dan Auerbach quand même !!!). Tous les ingrédients réunis, manquait juste les chansons. Allait-elle nous pondre à nouveau des refrains aussi veloutés ? OUI ! et 14 fois ! Je fus pris dans un tumulte émotionnel alors que je voulais la haïr. Mais ses feulements de chatte prises par d’harassantes chaleurs (dixit ma femme qui déteste sa voix) ont fini par prendre le pouvoir. Ma tendre Leeloo a raison, on dirait une chatte qui se frotte sur un réverbère en nous suppliant. Mon dieu que nous sommes bassement libidineux, et mon dieu qu’elle l’a bien compris, avec ce qu’il faut de classe et de charme pour rendre l’affaire délicate.
Alors oui je sais, je perds dix points de crédit à la chroniquer, mais j’m’en fous j’en ai d’avance, et au pire j’irais en stage de redressement hein ! Pour "West coast" je veux bien faire ça. Dieu sait que j’attendais de la descendre, comme je le fais parfois trop systématiquement avec ce qui porte l’infâmante étoile jaune "mainstream". Je me fais à mon insu sergent de la police des goûts mais il fallut me rendre à l’évidence : je crois que West coast est le morceau que j’ai le plus écouté d’affilée. Impossible de m’en défaire. C’est bourré de phéromones voire trop, c’est le rêve américain. Je suis dans une cadillac, le vent chaud caresse mes tempes et fait griller ma cigarette un peu trop vite, je vois la danse des flammes tandis que Las Vegas s’allume. Une odeur de parfum haut de gamme, un peu trop pour mon pedigree prolo, m’envahit les nasaux habitués à l’humus et au fer forgé. Mais si sur son précédent je me sentais totalement exclu, attendant devant la porte d’entrée gardée par deux videurs, avec ce nouvel album les effluves sont trop fortes, et soit les armoires à glace me laissent passer soit je les déboîte. Je sais maintenant ce qu’est l’insupportable chant des sirènes, celui qui fait de "Brooklyn baby" un titre aussi beau et apaisant que violent dans les émois qu’il provoque. L’invitation de "cruel world" est une ode au saut dans le vide. Et le refrain de "Ultraviolence" ! Depuis quand n’ai-je pas été enveloppé à ce point ? C’est le luxe, avec ce qu’il faut d’accessibilité pour mélanger l’odeur des parfums Givenchy avec celle de travers de porcs à la texane. Ce n’est plus le rêve, mais le magnifique mensonge américain. Celui qui fait que leur variété passera toujours pour de la haute couture à côté de la nôtre.
"Shades of cool" avec sa ligne mélodique si simple est encre une preuve. Avant tout vient l’organe, cette voix qui vibre et fait vibrer des pieds à la tête avec tout ce qu’il y a entre. Un refrain cotonneux, au dessus d’une carte postale de New York sans aucune pollution avec décors en carton pâte. Bordel j’ai forcément repensé à Hope Sandoval, mais aussi aux ambiances étranges d’un Tueurs-nés, notamment ce morceau obsédant : History repeats itself. Mélange de folie et d’esthétique, rêve et réalité croisés comme bien sûr dans l’inévitable Lynch qu’on verra en toile de fond (mais vraiment de fond hein, juste pour l’image féminine qu’il aime développer).
Vous l’aurez compris, ce disque est un disque de fantasmes, d’années folles, d’interminables voitures et jambes suivies de violentes robes, de boucles blondes (fausses bien sûr) et regards azur dissimulant un alibi carnassier. C’est la femme d’Hitchcock, fatale dans tous les sens, la prédatrice. Celle qui foutra le bordel dans vos ménages et vos méninges.
Au delà de toutes ces considérations de gamin de campagne ayant imaginé un idéal américain aussi faux qu’un sabre laser, il y a aussi autre chose dans ce disque : Lana Del Rey a bien repris le pouvoir et prouvé qu’elle en avait à raconter, que la forme était primordiale et que par cette même occasion on pouvait se permettre beaucoup de libertés. Et dans certains textes elle en use bien plus que certains groupes du sacro saint underground qui ne sont pour la plupart qu’une bande de putes n’ayant simplement toujours par réussi à ouvrir leur propre maison close.
Je m’en vais avec mon disque en voiture, m’imaginer au fil de ce qui sera probablement ma centième écoute du disque, que les routes de campagne que je sillonne sont en fait celles des bords de mer floridiens. Mon kangoo deviendra une eldorado, la route s’élargira et les lignes deviendront jaunes. Peut être Lana fera t elle du stop on the way to the top hahaha !
Aucune réalité ne vaut un rêve ou un fantasme. Ou le contraire. Je sais pas, c’est peut être ça l’ultraviolence.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (5) | Permalien | Remarque la plus récente : Sep 1, 2014 4:42 PM MEST


White Light Generator
White Light Generator
Prix : EUR 18,00

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Perfection generator!, 9 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : White Light Generator (CD)
Tout du long ce disque n'aura eu de cesse de me renverser.
Imaginez: on commence par une belle ballade avec une voix caressée par une douce reverb, le genre qu'Elvis n'aurait pas renié dans ses heures inspirées. Guitare sèche, quelques notes de slide. Vache voilà un début qui est aussi audacieux que sobrement enchanteur!
Mais qui ne laisse rien présager de la suite. "No! part 1" commence par un beau riff mélodieux invitant à la tristesse. Et l'ensemble entre dans la danse avant la première minute. Pouah on dirait une version actuelle de l'immense "Hurricane" de Neil Young. Tout tient dans le parfait dosage de chaque élément, par exemple ce discret piano qui chapeaute la mélancolie, cette batterie parfaite qui co-compose le riff dans un subtil mix de limpidité et de puissance. Avant d'écrire j'ai écouté le titre à foison. Et la voix, quelle voix! Sans excès, belle, un timbre touchant. L'absence d'excès est probablement leur atout majeur, surtout qu'il est serti d'une ambition mordante, d'un panel émotionnel énorme. Tout fait sens, le son de guitare...L'enchaînement à "No! part 2" est limpide, fondu l'un dans l'autre, offrant déjà une troisième palette d'émotions à ce disque à peine entamé. Si les références sonores vont à Pink Floyd, elles sont en catimini, derrière ces chœurs célestes. Et puis cette maîtrise de la parcimonie offre toute sa splendeur au passage vers la seconde minute, d'une intensité rare. Accord lâchés, progression mélodique qui fait sensation, le titre flirte avec la dizaine de minute dans une construction très réfléchie faisant écho au titre précédent vers la septième minute. On sent un travail de fond et de forme énorme.
Un travail qui fait de "let's have an apocalypse now" un des meilleurs titres que je me sois mis sous les oreilles depuis un bout de temps. J'aurais du mal à décrire ce qui me passe par la tête à son écoute. Comme si Neil Young avait voulu composer "Song X" en pensant à "The lake" de Bathory et empruntant à Vangelis ses chœurs marins de "Conquest of paradise". Magnifique. Les guitares sont en puissance, envoyant des coups de rame électriques.
"Black light generator" est un morceau rock puissant, inspiré, aux couches sonores impressionnantes nourries de tout ce qui s'est fait jusqu'à présent. Obsédant!
Le disque est divisé en deux parties correspondant à des faces (pour ceux qui l'auront en vinyle ça fera plus sens, ce qui va vite être mon cas!!!). La "white side" commence par l'entêtant "Northern comfort". Un beau morceau qui montre aussi le sens de la formule de ce groupe hybride ne reniant justement jamais à sortir du confort, en témoignent ces vocalises féminines magnifiques qui feront penser à ces orchestres vocaux bulgares qui m'ont souvent obsédé (les mêmes qui ont du inspirer Kenji Kawaï quand il a composé les b.o de Ghost In The Shell). Ces rencontres font qu'on touche au miraculeux! "Wake me up when it's time to sleep" apporte une sérénité qui donne encore une nouvelle dimension à l'album. On se rapproche de certaines belles productions de chez Kscope. Une voie que le titre suivant perpétue dans une atmosphère un peu différente mais tout autant majestueuse dont les superbes harmonies vocales ne sont pas sans rappeler les meilleurs morceaux de Midlake (même si ce groupe est plus ancré dans la galaxie folk, ils partagent un sens proche de la beauté des harmonies).
Crippled Black Phoenix trouve toujours un moyen de rendre chaque morceau unique. Non seulement leurs mélodies sont profondes et ultra soignées, mais leurs arrangements sont très réfléchis, quasiment uniques pour chaque titre. Ainsi vont les magnifiques cuivres de "You'll be murdered". Y'en a beaucoup qui savent utiliser ces instruments à si bon escient, à part Jason Lytle? Ou le piano de "We remember you". La partie lead de guitare avec les chœurs renvoie à Gilmour dans une version plus saturée. C'est beau bordel. Tout comme cette montée finale qu'on pourrait qualifier de post-rock sans le côté chiant que ça pourrait induire. Tout sonne justifié au service des morceaux. Les longueurs servent une immersion encore plus profonde. Et pour finir, "a brighter tomorrow" étire le temps dans une très lente valse d'espoirs. Ethérée, vaporeuse, majestueuse, cette fin est on ne peut rêveuse et me rappelle ces nuages sur lesquels Sparklehorse m'envoie. Vous voyez un peu la constellation que parcourt le groupe?
Un groupe qui ne se refuse rien et à qui ça réussit particulièrement, navigant entre les étiquettes pourvu que ça sonne. Les définir? Inutile.
Ce disque fût une véritable expérience. Je l'ai écouté d'une oreille vierge (sans rien lire), ce qui a rendu la surprise totale, sans la pression de mes attentes. C'est ensuite que je me suis renseigné et que j'en ai mieux compris l'impact. Crippled Black Phoenix est ce que certains appellent un super-groupe (un terme qui ne veut rien dire) qui a vu passer une trentaine de types, membres de Mogwai, Iron Monkey, Electric Wizard.
Une liste de noms ne garantit rien bien sûr, mais cette vision particulière que développe se groupe hors dimensions (actuellement huit membres) s'explique probablement par leurs autres expériences. Chacun doit venir avec des idées et ambitions qu'il ne peut exprimer dans ses autres projets, ces rencontres donnent alors des explosions créatives. Je n'avais pas écouté de disque aussi stimulant et fusionnant de créativité depuis Jaga Jazzist, car même si les deux groupes n'ont rien à voir, j'y retrouve cette même effervescence jouissive sans limite.

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Celebration Of The Wake
Celebration Of The Wake
Proposé par Cult Metal
Prix : EUR 9,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Désespoir et vide cosmique, 9 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Celebration Of The Wake (CD)
Après l'intro un poil inquiétante mais basique nous arrive en pleine poitrine un "Chains of frost" au nom on ne peut plus cohérent. En pleine poitrine car c'est comme un pieu s'enfonçant lentement dans le cœur. Très beau, sombre, on atteint une vraie apothéose mélodique et contemplative. Le plus étrange est cette richesse confrontée à cette voix paradoxale, genre de grognement de fond de gorge, gargarisme de créature aux consonances porcines...étonnamment ça n'entache pas la beauté mortifère de la musique. Je dirais presque que c'est le contraire, comme si ça surélevait l'ensemble d'une saveur malsaine. Les arrangements sont comme les dorures d'un cadre de tableau, le tour qui magnifie le dedans sans intervertir les rôles. "Infinite halls" a une ambiance très noire, funéraire. Très proche d'une messe, le genre qui me ferait me lever tous les dimanches à 6h. "Angel of desolation" est mon coup de cœur du disque avec son intro comme jouée par un vampire agonisant, métaphore filée par le chant glauque à souhait. Tout y est, le côté romantique noir auquel tient le groupe, l'orgue macabre. Un titre d'une profondeur et d'une beauté comme j'en aimerais plus souvent, ça sent le cadavre d'une belle mariée dont les pleurs couleraient encore dans sa tombe, mêlés de quelques vers. "Leviathan" continue la marche avec son riff de guitare aigu (soutenu par de bons gros accords graves) entêtant, comme une litanie tandis que "Celebration of the wake" commence dans une tonalité moins obscure. La musique s'y fait cosmique (ben oui il fallait bien y venir) tout comme les paroles (sans partir dans un trip spatial hein!). La lenteur y revêt un autre sens, celui d'une longue dérivation dans des espaces infinis mais toujours aussi noirs.
Le trio (qui a splitté entre temps) est en fait la "rencontre" de trois esprits dont l'un réside en Pologne, l'autre en Norvège, et le dernier en Syrie. Difficile donc de les cataloguer géographiquement, si bien que leur label russe pourrait servir de liant dans toute cette histoire. Cosmic Despair offre ici un album noir, étrange, personnel, aussi bon que ceux de leurs compatriotes de style Abstract Spirit (dont la voix est parfois proche). On pourra aussi dire que Cosmic Despair fait honneur à ses références, notamment Colosseum ou Thergothon dont ils reprennent à leur façon un titre pour clôturer l'album, "The unknown Kadath in the cold waste". Cette version nous permet d'entendre la réelle différence qu'apporte le combo, bien que combo soit une mauvaise désignation pour ce projet principalement mis en place par Azathoth qui écrit quasi tout et Stormalv, rejoint par Sam aux claviers dont les arrangements participent grandement à la réussite du disque. Il ne me reste donc qu'à m'intéresser vivement à tous ces autres projets qui gravitent autour des membres, convaincu par leur réunion et par leur magnifique célébration.

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