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Contenu rédigé par Kallisthène
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Commentaires écrits par
Kallisthène (Paris)
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Star Runners (English Edition)
Star Runners (English Edition)
Prix : EUR 3,53

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Un faux livre de Science Fiction relativement réussi, 24 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Star Runners (English Edition) (Format Kindle)
Austin est un lycéen (high school aux Etats-Unis) dans une situation personnelle difficile. Un père mort depuis peu, une mère anesthésiée par le chagrin et des ressources financières extrêmement limitée.
Aux États-Unis, cela signifie que vous n'irez pas dans une bonne Université, car l'éducation gratuite que l'on peut obtenir grâce au sport n'a finalement pas été au rendez-vous des espoirs d'Austin.

Heureusement il y a les jeux vidéos et ce fabuleux jeu de simulation en ligne de combat spatial auquel lui et son meilleur pote se connectent dès qu'ils le peuvent.
Mais quand vient la fin de l'année, son meilleur pote disparaît de la circulation, invité par une mystérieuse Université privée et tous ses rares amis se retrouvent éparpillés.
Et quand le magasin où il travaille régulièrement lui propose un poste disons … permanent, Austin sent son Avenir lui filer entre les doigts.

ATTENTION, la suite de mon propos vous révèle trop de choses :

Mais entre-temps son avatar dans le Jeu est devenu une légende en battant Le joueur imbattable-légendaire-de-la-mort-qui-tue.
L'exploit quoi. De quoi lui valoir à son tour la même invitation dans une très très discrète Université.
Toute cette partie constitue près de la moitié du livre et étonnamment elle m'a semblé réussie alors qu'on devine bien vite ce que vas devenir Austin et qu'on ronge parfois son frein.

Voilà donc notre Austin à l'Université, mais celle-ci ne correspond pas du tout à ce qu'il escomptait : un très grand secret l'entoure et est bientôt exigé de tous les élèves. Le niveau d’exigence scolaire est très élevé et vient petit à petit s'inscrire dans le domaine physique. Les élèves sont régulièrement expulsés ou alors partent d'eux-mêmes … jusqu'à ce qu'il apparaisse clairement le caractère très militaire de cette Université et de cette formation.

Certes les élèves peuvent s'en aller à chaque instant et leur année se terminera dans une autre université, mais aucun d'entre eux n'avait signé pour une telle orientation.
D'autant plus que seuls les meilleurs des meilleurs resteront, soit à peine une poignée, car seuls les meilleurs peuvent devenir Pilote de Chasseurs Spatiaux !

On l'avait deviné.

A partir de là on bascule dans le grand n'importe quoi, toutes les planètes peuplés d'humains, des pirates très méchants (pourquoi? ) qui attaquent sans relâche la Ligue et remportent nombre de succès. En bref l'univers développé … l'est à peine, tout juste digne d'un mauvais jeu vidéo.

Enfin, le faible développement des personnages secondaires qui servent le Héros plutôt qu'ils n'existent véritablement indépendamment finit bien trop évident.
Notons aussi que les premières scènes d'action dans lesquelles le Héros s'exprime n'arrivent qu'à la toute fin du roman !

Une première moitié plutôt réussie mais gâchée par une seconde partie vraiment trop peu pensée.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (7) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 28, 2015 4:47 PM CET


Player one
Player one
par Ernest CLINE
Edition : Poche
Prix : EUR 9,80

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Roman de découverte à l'univers ludique fascinant mais un peu pauvre en personnage, 23 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Player one (Poche)
Ce livre est une forme de déclaration d'amour à plusieurs sous-cultures, SF, jeux vidéo, Fantasy, Jeux de Rôles et films ou séries télé populaires entre les années 70 et 90.
Mais la façon dont cet hommage est rendu est assez inhabituelle puisque sous la forme d'une sorte de Retour vers le futur (donc finalement d'abord vers le passé).

Notre héros, Wade, vit en effet en 2044 et les différentes catastrophes environnementales et sociologiques pressenties aujourd'hui se sont réalisées. La majeure partie de la population américaine vit dans des roulotte entassées les unes sur les autres avec un accès limité à l'eau, l'électricité, sans parler d'un Avenir quelconque.

Mais heureusement un américain du nom de James Halliday, créateur-héros quasi autiste des meilleurs jeux au monde, a créé OASIS.
OASIS c'est mieux que l'espoir, c'est la possibilité de vivre dans l'univers de votre choix, d'être qui vous voulez et de faire ce que vous voulez.

Vous l'aurez deviné, OASIS est la promesse réalisée des univers virtuels auxquels on accède au travers d'un ordinateur, un viseur plein champ et des gants sensitifs (voire même de quoi leurrer tous vos sens ... si vous avez les moyens).
Paradoxalement, si OASIS n'était à l'origine qu'une plateforme de jeu, ses possibilités et ses qualités l'ont conduit à devenir l'Internet globalisé de cette époque (finalement pas si étonnant quand on pense que c'est le jeu vidéo qui « pousse » tant les technologies informatiques).

Wade va même à l'école au travers d'OASIS, ses meilleurs copains vivent à des milliers de kilomètres de là et il ne les a jamais vraiment vu puisqu'au travers d'avatars.
Il va sans dire que James Halliday était l'être humain le plus riche ayant jamais existé. Sauf qu'il est mort. Il y a cinq ans. Sans héritiers. Sa fortune ira à celui qui résoudra son ultime énigme.

Cinq ans déjà et le tableau d'affichage des meilleurs scores est toujours désespérément vide.

Bien entendu Wade cherche la solution, comme des millions d'autres personnes sans avenir ni espoir. Wade fait cependant parti de ceux qui ont abordé le problème le plus systématiquement possible. L'énigme laissée par Halliday étant vraisemblablement lourdement cross-référencée par des éléments culturels des années 70-90, Wade et les autres gunters (raccourci pour 'egg hunter', car c'est une recherche d'œuf de pâques) se sont mis à absorber gloutonnement toute la culture de l'époque, créant une sorte de revival permanent.

Et quand vous n'avez presque rien à faire de votre vie, ça en fait des heures disponibles.
Voilà pour le background de cette histoire. Bien entendu ce roman nous narre la découverte de l'énigme et figurez-vous que Wade en sera l'un des acteurs principaux (étonné ?), avec Art3mis la bloggeuse de charme et Aech le vieux copain de Parzival (l'avatar de Wade).

Bien entendu il y aura des obstacles sur le chemin de notre héros, pas simplement sa pauvreté qui l'empêche de quitter le monde gratuit de l'école et de monter de niveau son avatar (et oui comme dans Donjon&Dragon), mais surtout la très méchante corporation qui-possède-presque-le-monde-entier-et-qui-en-voudrait-encore-plus ...

Le lecteur voguera donc d'énigmes en énigmes culturelles (ou sous-culturelles, selon votre définition), dans des jeux mythiques oubliés mais réinterprétés par Halliday dans lesquels les prétendants devront plus que briller. Là est la richesse du livre mais aussi sa limite, malgré mon age compatible avec ces références culturelles et une exposition relativement soutenue aux jeux de rôles et aux jeux vidéos d'arcade et d'ordinateur, j'ai bien senti qu'un très large part des références utilisées me passaient largement au-dessus de la tête.

C'est d'autant plus étonnant que ce livre vise un public jeunesse, qui n'aura que peu de chances de saisir toutes ces références.

Est-ce en raison des faiblesses narratives du livre que l'on doit cette ambition jeunesse ? Vous aurez compris que la méchante corporation est dépeinte de façon ultra-caricaturale, et hélas aucun des personnages ne fait preuve de beaucoup d'empathie, même lors d'évènements familiaux dramatiques, et pour tout dire ne crèvent guère l'écran.

C'est donc un livre qui vous tient en haleine jusqu'à la fin mais qui vous laisse un peu insatisfait. Très difficile donc à coter.

Lu en américain.


Les Brillants (Tome 1)
Les Brillants (Tome 1)
par Marcus Sakey
Edition : Broché
Prix : EUR 19,90

3 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Le retour des Mutants, 10 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Brillants (Tome 1) (Broché)
Les mutants ont été un thème puissant et fort des premières années de la SF. Ce thème a depuis largement disparu, sauf dans les comics.

Le voici ici de retour sous une forme étrange puisque aucune explication n'est donnée à la brutale apparition d'enfants surdoués, ce qui me fait dire qu'il s'agit plus d'un Thriller que de la SF, car le lecteur de SF veut comprendre !
Par contre j'ai bien aimé la description des pouvoirs de ces Mutants, appelés ici Abnorms, il ne s'agit pas de pouvoirs physiques mais uniquement de facultés d'analyse bien supérieures à celles des humains normaux. De plus ces pouvoirs sont souvent limités à une seule forme d'intelligence, ce qui permet de ne pas avoir à décrire des Dieux (toujours difficile).

Ainsi le Héros, Nick Cooper, discerne automatiquement des corrélations comportementales qui lui permettent de prédire les actions des gens qui l’entourent. Pour tel autre ce sera la bourse qui lui semblera aisé de prédire, etc …
Rien de véritablement paranormal donc.

Ces Abnorms n’en représentent pas moins un immense défi, leurs capacités mettent en danger toute l’organisation de la société qui repose sur l’acquisition graduelle de compétence et de pouvoir. Toutes les règles implicites de la société sont donc menacées par le pour-cent de la population capable d’acquérir presque instantanément des positions élevées et donc de pousser les « vieux » qui détiennent actuellement le pouvoir.

Pire, ce potentiel disruptif ne les rend pas non plus sympathique au reste de la société qui ressent surtout une grande injustice. Bref, le terreau d’une terrible ségrégation est bien là et les politiques américains ont commencé à en tirer parti, comme dans le reste du monde où les Abnorms sont, d’après l’auteur, propriété de l’état.

Depuis une bonne dizaine d’années maintenant les Abnorms les plus « intelligents » sont retirés jeunes à leurs parents et élevés dans d’opaques « centres » d’où ils ressortent souvent brisés. On comprend qu’une lutte pour conserver des droits civiques se soit développé, c’est l’objet de ce roman qui est plutôt un Thriller ma foi bien tourné.

Nick Cooper fait partie d’une agence, le DAR, ayant explicitement les pouvoirs implicites de la police américaine d’aujourd’hui, soit le pouvoir de tuer n’importe qui sans avoir à rendre de comptes. C’est la dangerosité des Abnorms qui a rendu cette politique « indispensable », ainsi que les atrocités déjà commises par John Smith.

Mais John Smith est un maître de la Stratégie et a réussi à rester libre depuis des années. Suite à une nouvelle atrocité, Nick décide de faire semblant de faire défection afin de mettre la main sur John, nous en apprendrons alors bien plus sur cet étrange monde, avec une grosse surprise à la clé.

Surprise qui n’en sera pas une pour les habitués des phobies classiques des américains, la limite habituelle de l’exercice. Je rajouterai que la confiscation des enfants à leur famille dans un régime démocratique m’a semblé complétement fou et absurde.

À part ça le livre est nerveux, le Héros agréable et multidimensionnel, mais la suite est hélas à ignorer.

Lu en Américain.


Foudre de guerre: Les Chroniques du Grimnoir, T3
Foudre de guerre: Les Chroniques du Grimnoir, T3
Prix : EUR 9,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Le fin mot de l'histoire dans un roman moins travaillé que les précédents, 4 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Foudre de guerre: Les Chroniques du Grimnoir, T3 (Format Kindle)
À la fin de Malédiction la situation semblait assez … compromise. La menace du Dévoreur de Magie est de plus en plus réaliste et le faux Tokugawa a manifestement abandonné la mission que s’était assigné le véritable Tokugawa d’empêcher le Dévoreur de découvrir la Terre.

Du côté du Grimnoir, si de plus en plus d’individus se convainquent de la réalité de cette menace, les Aînés Européens continuent à douter et se méfient bien plus de Faye.
À leur décharge, il faut dire que ce sont eux qui ont le plus souffert de la dernière incarnation des pouvoirs de Faye. De plus, leur devin leur a révélé de nombreux avenirs dans lesquels la gentille Faye semblait s’être transformée en un Tyran sanguinaire sans pareil.

Il faut dire que la jeune Faye n’a manifestement pas subi une éducation humaniste très poussée car c’est avec une certaine joie et sans complexes qu’elle massacre du japonais avec toutes les armes qui lui passent par la main. Reconnaissons cependant que quand on doit faire quelque chose autant le faire avec application ;-)

Mais je digresse.

Revenons à notre Faye qui assiste cachée (elle est toujours supposée mourir à la fin du tome précédent) à l’enterrement de Whisper. C’est là qu’elle rencontre Jacques, le vieil Actif qui a élevé Whisper, et qui est disposé à lui laisser une chance avant de lui faire boire la ciguë.
Une chance de montrer qu’elle pourra contrôler les monstrueux possibles qu’elle abrite.

On peut presque alors parler d’initiation, Jacques testant la jeune Faye, lui apprenant les ficelles du métier d’Actif et lui parlant du redoutable voleur de Pouvoir qui lui a précédé. Nous apprenons alors comment cette faculté ainsi que l’influence des Entités Extra-Dimensionnelles ont fini par pervertir cet homme.
Quant à Jake, l’homme organise un raid en zeppelin au cœur de l’Empire Japonais, raisonnant que la seule façon de sauver le Monde est de révéler la corruption qui s’est installée au sommet de l’Empire Japonais qui fut le champion de la lutte contre le Dévoreur.
Mais cela n’est plus vrai et la corruption est bien plus répandue que prévue.

Cependant depuis le premier tome, Jack n’est plus si intéressant puisqu’il a trouvé sa place dans le Monde. Mais Toru, le vrai-faux traître de la Garde de Fer reste très intéressant à cause du bazar qu’il cause dans le camp adverse et du fait de ses nombreux états d’âme.

Le final de cette trilogie est spectaculaire, comme d'habitude, et clôt de fort satisfaisante manière (dans une orgie de combats désespérés) l’intrigue principale.

Cependant la qualité de la finition des deux premiers romans n’est pas ici au rendez-vous, au moins un personnage (Wells, l’Actif psychiatre et psychopathe) introduit longuement au début sera oublié par la suite. L’histoire d’amour que vit Jake n’a pas la finesse des relations auxquelles nous avons eu l’habitude. Enfin l’intrigue mise en place aux États-Unis est finalement résolue par un Deus Ex Machina (logique il est vrai).

Alors certes Larry Correia écrit très très vite (entre 3 et 9 mois par livre), mais c’est la première fois que je vois l’impact sur son écriture, ralentissez donc Mr Correia, ne vous éparpillez pas !


Les chevaux célestes
Les chevaux célestes
par Guy Gavriel Kay
Edition : Broché
Prix : EUR 27,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une Chine imaginaire de toute beauté, 4 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les chevaux célestes (Broché)
Guy Gavriel Kay n'écrit pas des romans spectaculaires, à part sans doute sa première série de La tapisserie de fionavar 1 : l'arbre de l'ete. Il fait plutôt partie de la Fantasy dite « littéraire » où descriptions, ambiances et personnages sont largement favorisés au détriment d'évènements grandioses. Ceci ne signifie pas que ses romans soient ennuyeux, simplement qu'ils ne plairont pas à tout le monde.

Ceci étant dit, tous les romans de Kay ne bénéficient pas d'une « accroche »très efficace (j'ai dû m'y reprendre à deux fois pour me lancer dans Tigane que j'ai pourtant au final adoré). L'autre défaut que je lui trouve habituellement est lié à son choix que d'écrire des Fantasy imaginaires mais en réalité fondés directement sur des évènements historiques réels.

Or lorsque vous avez le malheur de connaître l'époque utilisée, la confusion entre le livre et l'histoire (avec des noms et des évènements portant des noms différents) m'est assez difficile à supporter.
Mais dans Hunder Heaven ces deux défauts n'existent pas, ma connaissance de l'histoire impériale chinoise ayant de considérables lacunes qu'on pourrait qualifier de trous béants, de même pour sa philosophie. Quant à l'accroche, elle est parfaite, incarnant la magie subtile des esprits et la subtilité de la politique de l'Empire de l'ère Tang.

Le héros de cette histoire, Shen Tai, a en effet choisi de passer les deux années de deuil obligatoire pour honorer la mémoire de son père sur le dernier champ de bataille de celui-ci. Kuala Nor, lieu de la dernière confrontation entre l'Empire de Kitai (chine) et l'Empire Toguran (Tibet) et où les très nombreux morts y attendent une sépulture depuis plus de vingt ans.

Shen Tai depuis deux ans s'y emploie donc. Shen Tai, ancien soldat, ancien adepte Kanlin (arts martiaux) et apprenti mandarin n'est qu'une pièce très mineure dans la scène politique de Kitai, mais la décision d'une lointaine princesse Togurienne de lui attribuer deux cents cinquante étalons Sardes en remerciement le propulse instantanément au milieu d'une situation politique très instable, meurtrière même, où chaque faction cherchera son soutien.

Pourquoi ? Parce que Shen Tai a été le seul à supporter chaque nuit les lamentations des esprits des défunts et parce que la possession d'un seul de ces chevaux est déjà un honneur rare.
Au travers de ce personnage et de son passé qui se révèlera à vous progressivement, vous serez immergé dans les intrigues byzantines entourant un empereur qui fut grand mais qui, à la fin de sa vie, est devenu la proie de la plus belle et plus ambitieuse des courtisanes, la délectable, la divine Wen Jian.
En conséquence, le premier ministre de Kitai n'est autre aujourd'hui que le cousin de Wen Jian, un homme d'intrigue et de cour qui n'hésitera jamais à utiliser son pouvoir à des fins ... personnelles, ce dont Shen Tai et sa sœur auront à souffrir.

Shen Tai parcourra tout l'Empire pour aller offrir ses chevaux à l'Empereur, seule solution pour conserver sa tête sur ses épaules ! Ce faisant nous découvriront avec lui cette brillante civilisation, son admiration sans bornes pour ses lettrés, son traitement des femmes, le poids de la hiérarchie et la sophistication des plaisirs. Nous comprendrons également toute l'intelligence politique nécessaire pour faire survivre ce grand empire, de sa gestion des barbares Bogü (Mongols) « achetés » par une princesse de pacotille qui n'est autre que la sœur de Shen Tai, utilisée ainsi par son frère pour avancer les intérêt de sa famille (hé oui les femmes de l'empire ne sont que des pions), jusqu'à la finesse nécessaire pour que les régions militaires restent inféodées au pouvoir central.

Mais vous serez également témoin du fonctionnement d'un pouvoir politique fondé sur une coterie, aux décisions court-termistes basées sur des intérêts purement personnels voire des réactions instinctives.
Guy Gavriel Kay écrivant des romans tournant autour de beaux personnages, toute cette découverte se fera avec la plus grande légèreté et avec grâce, emporté par un jeune homme dont la folle passion amoureuse et la fidélité à sa sœur donneront vie à ce récit.

A noter le traitement des femmes dans cet Empire où elles ne comptent pas, Kay a décrit finement les moyens par lesquels elles cherchent tout de même à maitriser leur destin, d'ailleurs lorsque le point de vue du narrateur passe au féminin, le texte bascule au présent et lui donne plus de force.

Remarquable, de la graine de prix littéraire.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 5, 2015 1:53 PM CET


River of Stars
River of Stars
par Guy Gavriel Kay
Edition : Broché
Prix : EUR 9,72

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Une Chine hantée par sa grandeur passée, 4 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : River of Stars (Broché)
Ce roman n’est pas la suite des Les chevaux célestes … et pourtant. Il s’agit du même Univers et du même Empire mais trois dynasties plus tard, après que celui-ci ait perdu quatorze de ses provinces extérieures au profit des barbares (tribus Mongoles) qui y ont installé leur propre Royaume.

Nous sommes donc 400 ans plus tard, et pourtant l’Empire tout entier reste façonné par la catastrophique rébellion de la 9ème Dynastie. Il faut dire que lorsque votre capitale n’occupe qu’une fraction des ruines de l’ancienne capitale, il est impossible d’échapper à l’idée du déclin.
Et impossible de remonter la pente, tant profonde est l’idée que les militaires sont dangereux et qu’on doit ne leur accorder aucune latitude. Dans le cours du roman nous assistons ainsi à l’anéantissement d’une immense armée envoyée conquérir un peuple barbare de second rang. Personne n’avait en effet pensé à amener les engins de siège …

Quant aux femmes, la catastrophe du passé a été associée à leur trop grande liberté … nous assistons alors aux débuts du bandage des pieds destiné à rendre les femmes totalement dépendantes des hommes.
Étonnamment, les héros principaux de ce roman vont complétement à rebours de la culture ambiante, la limite de nombreux romans, surtout dans une civilisation dans laquelle habituellement la conformité avec la norme sociale n’est guère négociable !

Vous rencontrerez donc la poétesse Lin Shan, fille unique, orpheline de mère et élevée à ignorer les contraintes sociales pesant sur les femmes. Vous ferez aussi la connaissance de Ren Daiyan, fils d’un fonctionnaire de province qui rêve depuis tout petit de rendre à Kitai sa grandeur passée, par la force des armes.

Pour le reste, peu de choses ont changé par rapport aux Les chevaux célestes, l’Empereur est toujours aussi déconnecté du réel, à tel point que ses lubies paysagères parviennent à accaparer une portion non-négligeable de la richesse de Kitai !

Et c’est bien ça le problème, un univers quasiment identique, pas d’histoire forte mais une conjonction de petites histoires qui s’entremêlent, des personnages qui ne sont pas très « habités » et qui sont bien trop monolithiques. Le tout fait de ce roman un Kay fort moyen que je ne recommande qu'aux inconditionnels de son écriture.


The Synchronicity War Part 1 (English Edition)
The Synchronicity War Part 1 (English Edition)
Prix : EUR 0,00

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 C'est pas très bien écrit, les personnages sont faibles ... mais ça dépote et c'est du space opéra original, 30 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Synchronicity War Part 1 (English Edition) (Format Kindle)
Soyons clair: nous avons affaire ici à de mauvais romans, la présente critique ayant pour prétention de couvrir toute la série.
Commençons par le pire, en effet les personnages et les relations qu'ils entretiennent dans ces romans ne sont rien moins que risibles. Mention particulière pour le héros qui demande à une jeune femme désirable si elle est prête pour une relation tout en lui-même n'étant pas encore vraiment amoureux.
La classe !
Et comme ce livre est basé sur des modifications du passé, ces deux tourtereaux entameront même des relations amoureuses sur le fait qu'ils l'ont déjà fait dans une ligne temporelle différente.
Tue l'amour non ?
En plus les logiques des différentes espèces aliens rencontrées ne sont pas toujours lumineuses.
Pour le positif, les idées derrière sont plutôt appétissantes, basées sur des modifications temporelles qui réussissent à obéir à un minimum de règles, comme le fait qu’il faut avoir survécu pour pouvoir envoyer des messages dans le passé ou qu’il faut qu’il existe de meilleurs solutions !
Ainsi le Héros est longtemps pris pour un génie tactique avant qu’il ne parvienne à révéler sans casse son « truc ».
Le lecteur ébahi aura ainsi la chance d’assister à plusieurs extermination de l’Humanité sans pour autant que son livre ne soit terminé !
Nous avons aussi droit à des IA qui sont les meilleurs amis de l’Humanité, ça change ! Par contre vous trouverez dans ces romans une race Alien parfaitement pacifiste qui ne supporte pas l’idée de l’extinction d’une quelconque race, même si cette dernière est en train de vous écraser. Assez original.
Bref, pour les inconditionnels dont je suis, manifestement … mais j’ai honte. Enfin un peu.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 20, 2015 8:31 AM CET


The Course of Empire (Course of Empire Series Book 1) (English Edition)
The Course of Empire (Course of Empire Series Book 1) (English Edition)
Prix : EUR 0,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Empire ... mais c'est l'Homme le colonisé !, 30 novembre 2014
Dans l'océan des space opéra amateurs, voici un livre écrit par des professionnels mettant en scène l'affrontement classique colonisateur/colonisé. Ici, le colonisé c'est l'Homme, un peu d'humilité s'il-vous-plaît.
Sauf que il faudrait que les deux parties parviennent à un minimum d'accord, puisqu'une autre race se prépare à une guerre génocidaire dont l'Humanité pourrait être une des victimes.
J'ai lu ce livre il y a bien longtemps et j'avais été épaté par le soin mis par les auteurs à construire non seulement une race alien crédible mais également des relations avec les humains non-caricaturales.
En plus actuellement le prix est royal ...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 1, 2014 9:45 PM CET


Willful Child
Willful Child
par Steven Erikson
Edition : Relié
Prix : EUR 23,79

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Une satire au premier degré de Star Trek, 22 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Willful Child (Relié)
Ceci est une satire, il faut donc s'attendre à du n'importe quoi, du politiquement incorrect et des grossièretés. Le tout au nom du l'humour et de la bonne humeur, OK, je suis d'accord, j'adore les Monty Python !
Bon, les pages s'égrènent, le capitaine antipathique qui a choisi son équipage sur des critères de beauté plastique et qui compte bien "toutes se les faire" est de moins en moins rigolo à mesure que la chute attendue ou le bon mot n'arrive pas.
Et c'est bien le problème, une satire qui se contente de faire le contraire de l'original est juste une grosse bouse.
Voila, tout est dit.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 23, 2014 10:08 PM CET


La Trilogie martienne
La Trilogie martienne
par Kim Stanley Robinson
Edition : Broché
Prix : EUR 32,00

4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Un monument de la SF qui nécessite l'intérêt du lecteur pour la planète rouge, 30 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Trilogie martienne (Broché)
Mars a longtemps fasciné les hommes, mais depuis que cette planète est à portée de l'Homme, l'intérêt des défricheurs de Futurs que sont les auteurs de SF s'est clairement déplacé vers des cieux plus lointains.

Sauf Kim Stanley Robinson pour qui cette planète représente une quasi-religion et qui a régulièrement consommé du « Mars » toute sa vie. Vous trouverez donc ici le résultat de cet amour, enveloppé dans une narration assez lente, du fait des nombreuses descriptions, mais n'ayant pas oublié l'aspect humain, trop humain de cette colonisation.

Car c'est bien de colonisation dont il s'agit, les USA et l'URSS (le roman est certes daté) ayant commissionné le Vaisseau Arès pour transporter 100 hommes et femmes accompagnés de toute la logistique nécessaire pour commencer la Terraformation de Mars.

Bien entendu ce sont les plus brillants de leur temps qui ont été sélectionnés parmi toutes les spécialités utiles à l'Aventure, vous imaginez donc bien le manque absolu de cohérence politique, économique et écologique de cet aréopage (surtout avec l'influence de l'URSS) !

Vous avez donc la recette d'un débat permanent entre 100 personnes peu suspectes de timidité ou de manque de confiance en eux sur un sujet qui, il est vrai, est d'ampleur : Quel avenir pour Mars ?

La terraformation semble être une évidence, mais lorsque vous vous appelez Ann Clayborne, que vous êtes géologue, qu'est-ce que Mars pour vous à part une immense réserve de merveilles géologiques en parfait état ! Et comment voyez-vous donc la progression des lichens, de l'humidité ou de l'oxygénation de l'atmosphère martienne autrement que comme des menaces sur la beauté des paysages originels martiens ?

L'indépendance politique éventuelle de Mars est également une question régulièrement débattue parmi les « Cents », elle oppose particulièrement Arkady Bogdanov, l'indépendantiste, contre Franck Chalmers qui soutient lui la nécessité d'une inféodisation à la Terre.

Mais la Terre change durant ces premières dizaines d'années, ses multinationales prennent de plus en plus de pouvoir, au point de dicter l'agenda politique terrestre et de poser de tout leur poids sur Mars, exacerbant les tensions politiques au point de déclencher la Première Révolution Martienne ! Viva La Revolucion !

Quant à la chair du roman, il faut reconnaître que si les personnages sont bien traités, que leurs amours, leurs détestations ont de profonds effets sur la politique martienne (le triangle amoureux Boone, Chambers et Maya Toitovna a-t-il contribué à l'assassinat du premier par le second ?), le sujet essentiel de Robinson reste Mars !

Entre les descriptions extensives de paysages, de méthodes de terraformation, de toute la science derrière ce monumental ouvrage, il est fort possible que des lecteurs se lassent. Pour moi, la fascination d'un tel réalisme, de cette prodigieuse sensation d'être vraiment sur un corps céleste étranger a gagné toute mon admiration et mon intérêt.

Il y aurait encore beaucoup à dire tant les sujets abordés sont légions, tout comme les personnages dont la diversité psychologique est remarquable, mais il n'y a pas de substitut à la lecture de ce livre. Allez-y donc, mais assurez-vous d'abord de votre intérêt pour cette étape potentielle de l'histoire humaine !


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