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Contenu rédigé par Kallisthène
Classement des meilleurs critiques: 107
Votes utiles : 1907
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Commentaires écrits par Kallisthène (Paris)
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Quoi ? Par encore lu ! Foncez chez votre dealer habituel et commandez-donc une dose d'Abercrombie !,, 2 mai 2012
Nous avions laissé au tome précédent nos (douteux) héros au début d'un nouveau chemin. D'une certaine façon on peut considérer qu'il y a trois livres dans ce livre, tant les trames narratives sont indépendantes. Commençons avec mon favori, l'inquisiteur Glokta, nommé Superviseur de la cité de Dagoska, bientôt assiégée par l'host Gurkish et dont le précédent locataire a disparu mystérieusement. Son rôle : tenir la ville, coute que coute. Revoila donc l'infirme, l'ex-torturé devenu tortionnaire, je ne me lasse pas de la description de toutes ses douleurs, de son nihilisme et de son absence de morale. Revenu de tout, sans illusions sur les gens, Glokta est sans doute le plus à même de tenir une cité perdue d'avance et dont les dirigeants ont tout intérêt à la vendre avant qu'elle ne soit prise par la force. La solution utilisée par Glokta m'a totalement surpris, tellement évidente, mais tellement inenvisageable dans ces hectares de Fantasy standards qui se répandent sur les étals de nos librairies, un MUST. Quant au groupe du premier magicien Bayaz, autant celui-ci m'avait impressionné dans le premier tome par la confiance qu'il irradiait, autant on est surpris ici par sa relative faiblesse. Voila un homme disposant de puissants pouvoirs, mais leur usage n'est pas la sinécure supposée, dans ce long trek jusqu'au bord du monde il apparait bien humain, mais régale l'assistance de son habituelle arrogance mais dévoile enfin du concret sur cet étrange monde (ma grosse déception au premier tome). Et c'est du bon, encore et toujours original, bravo ! Dans leur long trajet on suit également l'évolution du jeune capitaine arrogant Luthar qui, après un bon coup de masse en travers de la figure change, change un peu de perspective, mais on en vient à regretter l'ancien Luthar en butte à des moqueries fort réjouissantes de la part de ses compagnons de route. Enfin les deux vétérans, Logen neuf-doigts, l'ancien héros revenu de tout qui distille régulièrement sa nouvelle philosophie de la vie et Ferro la jeune femme du sud aux performances guerrières surhumaines et au cœur de pierre ... et bien vous risquerez encore d'être surpris ! Le dernier groupe, les amis Nordiste de Logen neuf-doigts, ultra-réalistes, ultra-compétents, ils vont offrir leurs services à l'Union, qui ne saura guère qu'en faire, engluée qu'elle est dans ses traditions et sa hiérarchie et qui va de défaites en défaites. Il faut dire que le véritable ennemi, le prophète Hultaz, en brisant le tabou de la Seconde Loi, a su fournir à ses alliés une aide non-conventionnelles, tels les fameux "mangeurs", invulnérables. Le premier tome de cette série était ultra-impressionnant, le second l'est tout autant. L'équivalent (au moins) de la série de la Compagnie Noire de Glen Cook. Aussi important qu'un China Mièville. Lu en Anglais.
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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
3.0 étoiles sur 5
Les Amériques en Guerre Eternelle, *** 1/2, 25 avril 2012
Moi qui n'ai aimé aucun McAuley jusqu'à présent, ce fut une surprise bienvenue ! Enfin une prose dynamique, des personnages vivants et un magnifique sujet bien de notre époque : L'Amérique et la guerre, mais pas n'importe quelle guerre, une guerre sale peuplée d'espions, d'agences incontrôlables et d'authentiques truands. Car dans tous les univers possibles il existe une Amérique qui n'est pas encore allée sur la Lune. Car elle a découvert les Portails qui permettent de changer d'Univers à volonté. Or ces Univers jusqu'à présent sont soit dénués d'humains soit dotés d'une histoire fort proche de la notre (ou plutôt de celle des Américains). Et il est du devoir de l'Amérique éternelle d'aider ses consœurs défavorisées, que ce soit à l'issu d'une guerre nucléaire plus ou moins totale ou d'une victoire communiste (!). Mais Carter a mis un terme à cette guerre "éternelle" et aujourd'hui les ex-barbouzes ont refait leur vie comme Adam Stone ou le sont restés, au service de causes ... contestables. Adam Stone, vieil ami de Tom Waverly est appelé par son gouvernement pour tenter d'arrêter Tom, engagé dans une étrange série de crime d'une seule personne en ses divers "doppelgangers", recherche qui lui coûtera fort cher ... Un livre de SF, presque une uchronie, parfait jusqu'à sa moitié où l'ensemble ralentit considérablement, perd sa tension et devient assez ennuyeux, hélas comme souvent avec cet auteur. En conséquence l'ensemble est difficile à noter !
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6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Le futur n'est plus ce qu'il était ..., 23 avril 2012
L'entité 0247 avait lâchement laissé Travis Chase avec dans les mains un morceau de papier signé Paige, seule et unique raison de toutes les catastrophes que lui et le monde avaient enduré tout au long d'un roman haletant. Mais tout était fini, les méchants en fuite, l'entité sous contrôle et un nouveau futur pour l'ex-taulard, un futur dans lequel brille la sublime Paige, sa nouvelle copine, celle qu'il a sauvé, celle pour qui il est un Héros. Moi j'aime bien les histoires qui finissent bien, alors si en plus il y a de l'Amour ... Et pourtant ce pourri d'auteur (un certain patrick lee, si vous le rencontrez un jour, dites-lui ma façon de penser !) s'est cru intelligent : ces quelques lignes mirent à bas les prouesses de Travis, les réduisirent à une entreprise égoïste et le laissèrent seul face à un choix terrible. « Le pays fantôme » reprend le fil de l'histoire quelques années plus tard, Paige est toujours chez Tangente, mais Travis est échoué nulle part dans un job sans issu. Pourtant et paradoxalement, Travis est le seul en qui Paige peut avoir confiance puisque potentiellement toutes les autorités sont suspectes et lorsque dans les ruines fumantes de la limousine blindée qui vient de quitter la Maison Blanche elle doit sauver le second exemplaire de l'Entité qui vient de révéler le futur au Président ! Voici donc Travis Chase de nouveau sur la Brèche, il lui faut absolument libérer Paige avant qu'on ne la « disparaisse » mais aussi alerter des hommes influents qui soient restés en dehors de la vaste conspiration profondément enkystée dans l'appareil d'État Américain. Vous assisterez alors aux mêmes scènes d'action intenses que dans le premier tome avec pour étonnante originalité la possibilité pour Travis et Bethany d'accéder à n'importe quel endroit ... en « passant » par ce lointain futur. Vous pensez bien que l'adversaire comprendra rapidement que lui aussi dispose du même moyen et qu'il lui faut attaquer Travis à la fois maintenant et « après ». En parlant de l'adversaire, j'ai beaucoup apprécié qu'il ne se réduise pas au stéréotype fatiguant du méchant « intrinsèque » dénué de raison d'agir tel qu'il le fait, ici la conspiration est armée d'un corpus théorique à peu près consistant qui fait d'ailleurs beaucoup penser aux éco-terroristes Terre, tome 1 : La chose au coeur du monde de David Brin, mais je vous en ai déjà beaucoup trop dit ! Quant aux scènes de désolation humaines, en particulier celles de Yuma, elles sont particulièrement poignantes et démontrent, si il en était besoin, que les meilleurs romans post-apocalyptiques doivent faire un usage limité de l'apocalypse pour être le plus touchant possible. Enfin le contenu SF est beaucoup plus prégnant dans ce second tome, ça me va tout à fait, et d'après le site de l'auteur nous aurons le fin mot de l'énigme dans le troisième et dernier tome. Je commence à me douter de quelque chose ... Lu en Américain.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
La vie comme au cinéma, 23 avril 2012
Le cinéma c'est le rêve, ça n'existe pas mais ... que devient le rêve confronté à la réalité ou plutôt forcé de devenir réel ? Le cinéma s'est déjà emparé de ces thèmes, Hollywood a recyclé le cinéma d'action avec Last Action Hero, Woody Allen le film d'amour avec La Rose pourpre du Caire. Michel Pagel quant à lui joue avec les vieux films fantastiques dans son roman Cinéterre. Tous ces vieux films qui baignent dans une ambiance si proche, peut-être celle-ci a-t-elle pris vie, animée de la foi de myriades de spectateurs. Il ne reste alors qu'une question : dans quel monde peut exister un baron Frankenstein ou plutôt si le comte Dracula devait exister, dans quel monde vivrait-il ? Cela notre jeune fan va le découvrir, à la poursuite d'un étrange capitaine armé d'une antiquité à un coup et d'une belle rousse opulente à la poigne surprenante qui viennent de kidnapper la jolie ouvreuse du cinéma "Le Gothic". Devant lui, dans une salle désertée, un écran de cinéma baignée d'une lumière irisée... Dans ce roman d'aventure dynamique, Michel Pagel développe sans lourdeur un univers original, mélange impossible de vieux films fantastiques sommés de prendre vie et qui prennent parfois des chemins inattendus, quoique logiques ... Une petite perle sans autre prétention que de vous distraire agréablement. A ramasser dans les défuntes éditions populaires de SF Fleuve Noir.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Il n'y a pas tant de hasard que ça !, 18 avril 2012
Solide:5.0 étoiles sur 5 Amusant:5.0 étoiles sur 5 Educatif:2.0 étoiles sur 5
Vous recevez quelques amis à la maison ? L'apéritif s'éternise ? En plus la conversation s'enlise un peu ? Une solution : le petit jeu cocktail ! Adapté à n'importe quel joueur de par ses règles ultra-simples, le jeu-cocktail ne vous empêchera pas de mettre une bonne branlée, amicale, bien sûr à vos invités. Car le bon jeu-cocktail récompense celui qui investit un peu de matière grise. Ici, rien de plus simple, des cartes numérotées de 1 à 104, quatre d'entre elles sont disposées sur la table et chacun d'entre vous en possède dix. Vous jouez simultanément et, dans l'ordre croissant des numéros joués, chaque carte doit trouver sa place derrière une des cartes présentes sur la table, à condition de lui être supérieur en valeur. Mais si la carte que vous posez conduit à une rangée de six cartes ... vous ramassez toutes les cartes présentes comme malus et votre propre carte recommence une nouvelle rangée. Si votre placement est impossible (carte plus basse que toutes les fins de rangée) alors vous choisissez la rangée que vous avalez et y placez votre carte en remplacement. Il faut maintenant savoir qu'en plus de porter un numéro chaque carte porte un malus sous la forme d'une quantité plus ou moins importante de dessin de tête de bœuf dont l'accumulation est mauvaise pour votre amour-propre (le plus fourni en têtes perd). L'astuce est donc de prévoir à peu près la répartition des cartes des autres joueurs et d'y placer judicieusement la vôtre afin de ne jamais avaler de rangée de cartes. Ne me regardez pas comme ça, bien sûr que c'est possible, ça s'appelle de la têtologie comme dirait Pratchett ! Pour conclure, un énorme classique du jeu de cartes moderne accessible à toute la famille et très rapide à jouer.
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1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Il n'y a pas tant de hasard que ça !, 18 avril 2012
Solide:5.0 étoiles sur 5 Amusant:5.0 étoiles sur 5 Educatif:2.0 étoiles sur 5
Vous recevez quelques amis à la maison ? L'apéritif s'éternise ? En plus la conversation s'enlise un peu ? Une solution : le petit jeu cocktail ! Adapté à n'importe quel joueur de par ses règles ultra-simples, le jeu-cocktail ne vous empêchera pas de mettre une bonne branlée, amicale, bien sûr à vos invités. Car le bon jeu-cocktail récompense celui qui investit un peu de matière grise. Ici, rien de plus simple, des cartes numérotées de 1 à 104, quatre d'entre elles sont disposées sur la table et chacun d'entre vous en possède dix. Vous jouez simultanément et, dans l'ordre croissant des numéros joués, chaque carte doit trouver sa place derrière une des cartes présentes sur la table, à condition de lui être supérieur en valeur. Mais si la carte que vous posez conduit à une rangée de six cartes ... vous ramassez toutes les cartes présentes comme malus et votre propre carte recommence une nouvelle rangée. Si votre placement est impossible (carte plus basse que toutes les fins de rangée) alors vous choisissez la rangée que vous avalez et y placez votre carte en remplacement. Il faut maintenant savoir qu'en plus de porter un numéro chaque carte porte un malus sous la forme d'une quantité plus ou moins importante de dessin de tête de bœuf dont l'accumulation est mauvaise pour votre amour-propre (le plus fourni en têtes perd). L'astuce est donc de prévoir à peu près la répartition des cartes des autres joueurs et d'y placer judicieusement la vôtre afin de ne jamais avaler de rangée de cartes. Ne me regardez pas comme ça, bien sûr que c'est possible, ça s'appelle de la têtologie comme dirait Pratchett ! Pour conclure, un énorme classique du jeu de cartes moderne accessible à toute la famille et très rapide à jouer.
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Nation
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par Terry Pratchett Edition : Séquence inédite |
| Prix : EUR 12,94 |
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Fin et naissance d'une Nation **** 1/2, 16 avril 2012
Revoici Pratchett, mais quoi : Incroyable, il écrit en dehors de sa série-phare-culte du Disque-Monde, et il a bien raison. J'ai toujours du mal à comprendre sa volonté de rester dans cet univers si particulier qui ne peut que lui fermer les eaux les plus hautes de la reconnaissance littéraire à laquelle il a droit. En effet, contrairement aux apparences, le Disque-Monde n'est pas une parodie du Seigneur des Anneaux et de l'Anneau-Monde. Certes l'auteur se moque de ces œuvres, en introduisant des Nains, des Trolls et des Mages, ainsi qu'en inventant les sociétés les plus farfelues (à l'intérieur de l'anneau-monde), mais c'est toujours pour nous parler de nous et de notre présent. Par exemple, pour citer un thème spécialisé et anecdotique, il fait une longue analyse humoristique de ce qu'est l'Opéra dans ( Les annales du Disque-Monde, Tome 18 : Masquarade) ou plus sérieusement (quoique) de la civilisation chinoise dans Les Annales du Disque-Monde, Tome 17 : Les Tribulations d'un mage en Aurient. Mais revenons à nos cochons (il n'y a en effet pas de moutons dans le bestiaire de cette petite île du pacifique, si petite qu'elle ne figure même pas sur les cartes de l'Amirauté anglaise). Nos cochons sont élevés par un peuple qui compose la Nation qui se suffit à elle-même. Afin d'intégrer la Nation en tant qu'Adulte, l'enfant (l'adolescence étant une catégorie moderne) Mau doit passer rituellement plusieurs jours sur l'île des garçons, y creuser sa propre pirogue et revenir vers la Nation par ses propres moyens. Et là, déjà, en quelques mots Pratchett rentre dans l'âme de l'adolescent et de l'enfance, transcrit toutes les questions philosophiquement terre-à-terre qui peuvent agiter cet âge, sur le sens par exemple de ce rituel dont il perçoit rapidement tout le côté «arrangé» mais dont la force symbolique reste intacte. Hélas le pauvre Mau devra se poser des questions beaucoup plus douloureuses puisqu'il survit dans sa pirogue au passage d'une immense vague qui s'abat sur la Nation. De retour dans une île dévastée, les pierres des Dieux éparpillés, la barrière de corail du lagon éventrée et son île jonchée de débris, Mau part donc à la recherche de son peuple. Son peuple qui a pour sûr senti la vague venue, qui s'est sûrement réfugié dans les hauteurs de l'île ou dans la forêt ... des histoires qu'il se raconte pour se cacher un peu la terrible vérité : tout son peuple attendait son retour sur la plage, là où la vague est arrivée. La description de l'intérieur du choc, du déni, des tactiques de l'esprit de Mau pour supporter cette vérité effroyable, pour lui permettre de donner la sépulture traditionnelle à tout son peuple, est impressionnante de justesse. Je ne sais bien sûr pas si c'est ce qui se passe dans ce cas là, mais ça sonne juste, on dirait du Orson Scott Card, expert également en têtologie. Viennent ensuite les questions, et puis bien sûr aussi la jeune femme-culotte, daphné, seule rescapée du naufrage qui a lancé son navire au beau milieu de la forêt de l'île de Mau. Ces deux là vont bien sûr se rencontrer, s'entrechoquer mais aussi s'apprivoiser et se poser presque les mêmes questions : en un mot grandir dans des conditions très difficiles, de celles qui révèlent puis trempent un caractère. Car ils en ont du caractère, Mau, pour résister au hurlements (en lettres capitales !) des esprits des Ancêtres (les Grands-Pères) qui réclament qu'on honore les Dieux veulent de la bière fraîche et réclament en fait le retour rapide aux conditions antérieures. Mais Mau, écho sans doute de la controverse du terrible tremblement de terre de Lisbonne au XVIIIème siècle qui toucha tant de croyants innocents, met en doute l'existence des Dieux tout en les sommant d'expliquer la raison de ce massacre. Quant à Daphné, la femme-culotte, elle se dépouille petit à petit de sa stricte éducation victorienne et participe à la reconstruction d'une Nation à partir de réfugiés qui arrivent petit à petit sur l'île en attendant les pillards et autres mutins. C'est fin, intelligent, toujours intéressant mais par contre le récit, comme tous les récits pratchettiens, manque de légèreté, tous ces personnages qui se "pensent" en permanence finissent par alourdir quelque peu le récit. C"est donc une lecture à savourer en plusieurs fois et bien entendu fort recommandable pour une lecture adulte. Lu en français.
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Nation
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par Terry Pratchett Edition : Broché |
| Prix : EUR 19,95 |
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1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Fin et naissance d'une Nation **** 1/2, 16 avril 2012
Revoici Pratchett, mais quoi : Incroyable, il écrit en dehors de sa série-phare-culte du Disque-Monde, et il a bien raison. J'ai toujours du mal à comprendre sa volonté de rester dans cet univers si particulier qui ne peut que lui fermer les eaux les plus hautes de la reconnaissance littéraire à laquelle il a droit. En effet, contrairement aux apparences, le Disque-Monde n'est pas une parodie du Seigneur des Anneaux et de l'Anneau-Monde. Certes l'auteur se moque de ces œuvres, en introduisant des Nains, des Trolls et des Mages, ainsi qu'en inventant les sociétés les plus farfelues (à l'intérieur de l'anneau-monde), mais c'est toujours pour nous parler de nous et de notre présent. Par exemple, pour citer un thème spécialisé et anecdotique, il fait une longue analyse humoristique de ce qu'est l'Opéra dans ( Les annales du Disque-Monde, Tome 18 : Masquarade) ou plus sérieusement (quoique) de la civilisation chinoise dans Les Annales du Disque-Monde, Tome 17 : Les Tribulations d'un mage en Aurient. Mais revenons à nos cochons (il n'y a en effet pas de moutons dans le bestiaire de cette petite île du pacifique, si petite qu'elle ne figure même pas sur les cartes de l'Amirauté anglaise). Nos cochons sont élevés par un peuple qui compose la Nation qui se suffit à elle-même. Afin d'intégrer la Nation en tant qu'Adulte, l'enfant (l'adolescence étant une catégorie moderne) Mau doit passer rituellement plusieurs jours sur l'île des garçons, y creuser sa propre pirogue et revenir vers la Nation par ses propres moyens. Et là, déjà, en quelques mots Pratchett rentre dans l'âme de l'adolescent et de l'enfance, transcrit toutes les questions philosophiquement terre-à-terre qui peuvent agiter cet âge, sur le sens par exemple de ce rituel dont il perçoit rapidement tout le côté «arrangé» mais dont la force symbolique reste intacte. Hélas le pauvre Mau devra se poser des questions beaucoup plus douloureuses puisqu'il survit dans sa pirogue au passage d'une immense vague qui s'abat sur la Nation. De retour dans une île dévastée, les pierres des Dieux éparpillés, la barrière de corail du lagon éventrée et son île jonchée de débris, Mau part donc à la recherche de son peuple. Son peuple qui a pour sûr senti la vague venue, qui s'est sûrement réfugié dans les hauteurs de l'île ou dans la forêt ... des histoires qu'il se raconte pour se cacher un peu la terrible vérité : tout son peuple attendait son retour sur la plage, là où la vague est arrivée. La description de l'intérieur du choc, du déni, des tactiques de l'esprit de Mau pour supporter cette vérité effroyable, pour lui permettre de donner la sépulture traditionnelle à tout son peuple, est impressionnante de justesse. Je ne sais bien sûr pas si c'est ce qui se passe dans ce cas là, mais ça sonne juste, on dirait du Orson Scott Card, expert également en têtologie. Viennent ensuite les questions, et puis bien sûr aussi la jeune femme-culotte, daphné, seule rescapée du naufrage qui a lancé son navire au beau milieu de la forêt de l'île de Mau. Ces deux là vont bien sûr se rencontrer, s'entrechoquer mais aussi s'apprivoiser et se poser presque les mêmes questions : en un mot grandir dans des conditions très difficiles, de celles qui révèlent puis trempent un caractère. Car ils en ont du caractère, Mau, pour résister au hurlements (en lettres capitales !) des esprits des Ancêtres (les Grands-Pères) qui réclament qu'on honore les Dieux veulent de la bière fraîche et réclament en fait le retour rapide aux conditions antérieures. Mais Mau, écho sans doute de la controverse du terrible tremblement de terre de Lisbonne au XVIIIème siècle qui toucha tant de croyants innocents, met en doute l'existence des Dieux tout en les sommant d'expliquer la raison de ce massacre. Quant à Daphné, la femme-culotte, elle se dépouille petit à petit de sa stricte éducation victorienne et participe à la reconstruction d'une Nation à partir de réfugiés qui arrivent petit à petit sur l'île en attendant les pillards et autres mutins. C'est fin, intelligent, toujours intéressant mais par contre le récit, comme tous les récits pratchettiens, manque de légèreté, tous ces personnages qui se "pensent" en permanence finissent par alourdir quelque peu le récit. C"est donc une lecture à savourer en plusieurs fois et bien entendu fort recommandable pour une lecture adulte.
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6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Roman de transition, un peu lent, finissant sur un méchant suspense, 7 avril 2012
Difficile de rebondir après avoir terminé l'arc narratif précédent, d'ailleurs la Flotte retrouvée s'appelle toujours la Flotte perdue, artifice commercial amusant. Cette nouvelle série commence donc très doucement avec Black Jack Geary dans le rôle de la patate chaude dont les politiciens civils (qui ont le bon goût de ne pas être tous corrompus ou incompétents, le gros point noir de la SF militariste classique) cherchent à se débarrasser, plus ou moins habilement. Ils n'ont pas compris, ou ne peuvent comprendre, un homme venu finalement d'une autre culture où la soumission du militaire au pouvoir civil est tellement évidente qu'elle n'en est même pas un enjeu. Il serait d'ailleurs intéressant que l'auteur mette en place le processus inéluctable de corruption de Black Jack que le pouvoir dépourvu de contre-pouvoir amène toujours. Vous assisterez donc pendant un bon tiers du roman à ces manœuvres politiques dans laquelle Jack Campbell apporte une légère touche kafkaïenne dans sa description des relations absurdes entre une Administration Navale prétendant contrôler les moindres aspects de la vie de la Flotte Spatiale et des Opérationnels ayant programmé leur ordinateur pour transmettre des rapports automatisés parfaitement conformes aux exigences absurdes de cette Administration. J'ai beaucoup ri ... jaune, c'est beaucoup trop réaliste ! Reste un second tiers relatant la progression de la Flotte dans l'espace Syndic et les différentes réactions des autorités auto-proclamés, toujours une forme de politique mais incarnée dans un rapport de force parfois assez subtil. Enfin la troisième partie qui m'a vraiment surpris, l'Alien n'est pas une version déformée de l'Humanité, j'en suis encore baba d'étonnement ! Hélas ce ne serait pas sympa de ma part de vous révéler quoi que ce soit, sachez juste que la narration limitée à un seul point de vue révèle ici toute sa force, nous ne savons de l'Alien que ce que savent les protagonistes, au contraire de La paille dans l'oeil de Dieu. Et moi ça me fascine. On pourrait dire que le recours aux Aliens est une sorte de Deus Ex Machina autorisé voire adulé par l'amateur de SF en quête d'altérité. C'est fort possible. Alea Jacta Est. Lu en Américain.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Oh, jeunesse ennemie !, 5 avril 2012
Un roman initialement sorti en 1983 par un auteur de SF/Horreur atypique et qui produit là un roman de littérature générale tout juste mâtinée d'un poil de Fantastique mais si discret qu'à la fin ne vous restera que des doutes. D'après l'auteur, ce fut un four commercial qui faillit engloutir sa carrière, alors qu'il s'agissait de son livre le plus ambitieux, on ne sort pas comme ça de son ghetto Monsieur Martin ! J'étais alors un gros fan de l'auteur, ayant adoré L'agonie de la lumière mais aussi ses nouvelles fabuleuses ( Chanson pour lya : [nouvelles] et Des astres et des ombres) et son roman pince-sans-rire Le voyage de Haviland TufJe n'étais pas bien vieux à l'époque, je ne lisais que de la SF, allergique à la littérature qui se contente de décrire des personnages, des situations voire même composée que de style. Et j'ai adoré. Il faut dire que les thèmes sont puissants : - La musique, non que dis-je, le Rock'n'Roll, cette musique qui a accompagné le mouvement hippie/libertaire des années 60 avant de se couler dans le moule commercial. - La mélancolie, un thème très puissant dans les premiers romans de G.G.R. Martin (mon auteur préféré à l'époque). Le roman est en effet bâti sur le retour, dix ou quinze ans après, sur ces années 60-70 par l'un de ceux, Sandy Blair, qui l'ont intimement vécu. - Le vieillissement, synonyme dans ce roman des différentes façon de trahir ou d'accommoder les idéaux de la jeunesse. Car c'est bien à la visite d'une galerie de personnages que l'auteur nous convie. Mais le fil rouge que nous suivons est suffisamment solide pour éviter la sensation de l'énumération ennuyeuse. Car l'ancien imprésario du groupe des Nazgûl a été assassiné, et pas n'importe comment, son cœur a été arraché, en référence justement à l'une des chansons des Nazgûl : - Baby, you cut my heart out - Baby, you made me bleeeeed ! Et ce, le jour anniversaire de l'assassinat en plein concert du chanteur ... Sandy, missionné par son ancien journal pour faire un papier sur l'affaire, refera connaissance avec ses anciens amis et revivra son propre passé à la lumière crue de l'avenir. J'ai particulièrement apprécié que même ceux dont le revirement idéologique est le plus radical (de radical, justement, à patron d'une boîte de pub) sont présentés dans la continuité de leur personnalité de jeunesse. Car si il y a bien quelque chose d'intangible dans ce bas monde, c'est bien la personnalité, pour le meilleur et pour le pire. Mention particulière pour le personnage de Slum, fils d'une brute richissime, violente et ultra-conservatrice. Touché par le vent de liberté de l'époque, Slum avait réussi à quitter l'orbite familiale pour se faire rattraper par la justice, la psychiatrie et les manœuvres de son père, incapable de tolérer une telle transgression de la part d'un de ses rejetons. Je crois bien que je n'oublierai jamais ce personnage, au contraire des milliers qui passent dans nos fictions et ne laissent finalement que des impressions. Sandy rencontrera donc les anciennes stars rock Nazgûl et Georges R. R. Martin ne nous épargnera même pas le côté le plus sordide du rock, soit la vieille star continuant à écumer les triste bars à musique accompagné d'une groupie tout juste majeure (voire) lui servant de souffre-douleur. Et pourtant, lorsque la musique souffle, ces personnages se transcendent, des dieux modernes quoi : ne s'extasie-t-on pas aujourd'hui devant leurs paroles ? Voilà le souffle qui permet à ce roman de ne pas être qu'une descente misérabiliste dans la trahison des idéaux mêlée au vieillissement des chairs, car au final aucun de ces personnages campés par G. R. R. Martin n'est satisfait ou satisfaisant, triste non ? A mesure que progresse la perspective de la réunion de ce groupe mythique des Nazgûl, la perspective fantastique grandit avec les prémices d'un complot mystique fondé sur la musique même du Nazgûl : "La Musique à Réveiller les Morts". Ce qui reste de l'Underground révolutionnaire américain réussira-il à ranimer l'esprit de cette époque enfuie au travers de ce groupe mythique dont la fin a coïncidé avec la fin du Mouvement ? Savent-ils même ce qu'ils font ? Réponse à la fin du roman, mais rappelez-vous que le chemin est plus important que la destination. Un excellent roman à mettre entre toutes les mains.
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