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Contenu rédigé par Kallisthène
Classement des meilleurs critiques: 200
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Commentaires écrits par
Kallisthène (Paris)
(TOP 500 COMMENTATEURS)   

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The Long Way to a Small, Angry Planet: Wayfarers 1 (English Edition)
The Long Way to a Small, Angry Planet: Wayfarers 1 (English Edition)
Prix : EUR 2,49

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Aimons-nous les uns les autres ... avec des plumes, des griffes ou même des tentacules ;-), 21 mars 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
The Wayfarer est un Vaisseau Spatial, mais pas n’importe quel Vaisseau Spatial. C’est un de ceux qui « creusent » les trous dans l’Espace-Temps qui facilitent les échanges dans la Communauté Galactique.

Relativisons cependant, cela fait longtemps que ce job ressemble plus à de la plomberie qu’à de la recherche fondamentale. Et de fait le Wayfarer n’est pas un Vaisseau exceptionnel, il est même plutôt laid, n’abrite qu’une dizaine de membres d’équipage et n’a pas d’autre ambition que de bien remplir sa tâche.

Sauf que mine de rien, cette focalisation sur le microcosme formé par ce Vaisseau permet de rendre compte du plus important qui soit : l’état de cette société multi-espèces, ses valeurs, sa ou ses cultures.

C’est d’autant plus intéressant pour l’amateur de Science-Fiction que de nombreuses espèces extra-terrestres très différentes physiquement et psychiquement composent cette communauté. Et rien n’est plus étrange, plus excitant que d’en être le témoin.

Rien n’est plus difficile à faire également, c’est pourquoi la réussite de ce roman est assez exceptionnelle.

La méthode utilisée du changement de point du vue est pourtant souvent d’une grande lourdeur mais l’unité de lieu et de temps permet à cette technique de rester légère et naturelle. La focalisation sur les dialogues en est aussi responsable.

Nous ferons ainsi connaissance avec chaque membre de l’équipage dont le passé ou tout simplement la race permet d’apporter une tension ou un intérêt au récit.

Mais, à l’inverse des romans de « Vaisseau Spatial » militaires, il n’y a presque aucune réelle hiérarchie, le travail du Capitaine est quasiment de parvenir à faire cohabiter tous les membres d’équipage dans la meilleure ambiance de travail possible.

Y compris avec le très désagréable Humain Corbin dont l’objectif semble d’être le plus antipathique possible (avec une certaine réussite, il faut le dire).

Nous l’oublions parfois dans nos lectures, mais la vie quotidienne de la plupart des êtres pensants n’est-il pas de former des liens avec ses commensaux ? C’est peut-être in fine le thème du roman que d’illustrer cette réalité au travers des épreuves de cette grande famille hétéroclite mais néanmoins très soudée.

N’est-ce pas ce que l’on apprendra d’ailleurs grâce à laquelle la très reptilienne Sissix qui a fait de cet équipage sa Famille de cœur !

La contrepartie d’une telle importance donnée aux personnages est peut-être un scénario volontairement peu spectaculaire ainsi que des coïncidences peut-être un peu trop nombreuses. Certes le Wayfarer se trouvera au milieu d’une guerre, mais en sera plus une des victimes collatérales qu’un quelconque acteur de ce drame.

Alors est-il tout simplement possible d’écrire un roman « intéressant », au sens du Genre, avec de tels bons sentiments ? Je le crois et je crois que ce roman en apporte la preuve, et ça fait du bien !
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (5) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 28, 2016 2:20 PM MEST


Extinction Game
Extinction Game
par Gary Gibson
Edition : Broché
Prix : EUR 12,17

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Post-Apocalyptique(s) optimiste !, 8 mars 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Extinction Game (Broché)
Frais, nouveau, personne n'avait à ce point imbriqué le Post-apocalyptique et les univers parallèles, sauf peut-être ... un certain Patrick Lee, mais dans une bien moindre mesure.

Rencontrez donc Jerry Beche ... il a bien besoin de compagnie ce pauvre homme. Dix ans qu'il vit seul, plus seul qu'aucun homme ne l'a jamais été.
Car voyez-vous Jerry est l'unique survivant d'une foudroyante attaque virale concoctée par l'homme. Heureusement sa femme morte lui apparaît régulièrement, rendant son exil plus supportable. Chapeau bas pour la représentation de la folie, folie vue comme la seule chose permettant à Jerry de supporter la vie.
Jerry est bien le dernier des êtres humains, chose que semble ignorer le petit groupe qui rôde autour de lui et le kidnappe littéralement !
Jerry subit alors une période de quarantaine et la lente récupération de sa santé mentale : notez une magnifique scène avec sa femme où celle-ci lui fait ses adieux définitifs.

Mais que le monde dans lequel Jerry arrive est étrange, plein de secrets, plein de factions, pleine de meurtres.
Parfois à des échelles génocidaires, car voyez-vous Jerry a été recruté pour devenir un éclaireur, mais un éclaireur à qui on confie toujours la mission d'explorer des Terres parallèles sur le point de subir une terrible catastrophe.
De ces catastrophes qui exterminent définitivement le genre humain.

Jerry n'est certes pas seul, quelques dizaines de rescapés tels que lui partagent son sort et habitent entre deux missions sur l'île de Pâques, sur une Terre observée par une Lune fracturée.
Mais leurs missions ne leur appartiennent pas, elles proviennent de la mystérieuse Autorité qui les a recruté et qui les maintient dans le plus grand secret sur ses origines et ses intentions.

Nul ne sait de quelle Terre provient l'Autorité ni ce qu'elle cherche vraiment ni pourquoi elle recherche dans ces Terres d'apocalypse les traces de super-armes ou de recherches sur le transfert dans des mondes parallèles qu'elle utilise pourtant.
Jerry devra donc reconstituer le puzzle d'une incroyable situation, rendue plus étrange encore par l'attitude de nombre d'autres éclaireurs qui se comportent comme si ils le connaissaient déjà.
Or Jerry vient d'arriver ... pourquoi donc cette Chloé l'embrasse-t-elle fougueusement avant de s'enfuir en larmes ?

Pire encore, les missions dans lesquelles les éclaireurs sont transférés subissent manifestement des sabotages qui endeuillent régulièrement les éclaireurs. Qui est responsable ?
Et qui sont ces nouveaux soldats appelés Patriotes issus de l'Autorité qui semblent jouir d'un grandissant pouvoir sur la situation et sur le destin des éclaireurs ?
L'Autorité n'est donc guère monolithique et ses dissensions ont affectés les éclaireurs, y a-t-il des traitres en leur sein ?
Et l'Autorité se rend-t-elle compte de l'immense pouvoir de destruction à la portée des éclaireurs ?
Il suffirait d'un seul manquement pour que le monde de l'Autorité subisse le même sort que les mondes infectés que visitent les éclaireurs. Or certains employés de l'Autorité sont prêts à tout pour une bonne bouteille de whisky, quel est donc l'état de leur Monde ?

Les enjeux sont immenses, l'action intelligente et souvent poignante. Mieux encore, les personnages sont intenses et bien dessinés.
Le tout étant amené naturellement par un personnage principal logiquement ignorant de tout et plongé dans un unique triangle amoureux avec ... vous ne devinerez jamais !
Mon tout forme l'un des meilleurs romans de Science-Fiction populaire, tout court.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 8, 2016 11:19 PM CET


The Magician's Land: (Book 3)
The Magician's Land: (Book 3)
par Lev Grossman
Edition : Broché
Prix : EUR 10,39

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 La Maturité, 8 mars 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Magician's Land: (Book 3) (Broché)
Qu’arrive-t-il lorsqu’un amoureux fou des Littératures de l’Imaginaire devient critique littéraire puis auteur ?
Pour échapper à « la mauvaise réputation » (Brassens) certains renient leur passé. D’autres, plus courageux ou plus lucides, écriront certes de l’Imaginaire mais en oubliant au passage quelques éléments-clés de celui-ci.
Enfin il y en a, très rares, qui réussissent l’impossible : des romans fortement référencés à plusieurs types de sources, des personnages de Littérature « blanche » sans destin ni boussole MAIS le tout dans un univers débordant d’imagination, de magie, de quêtes héroïques, et même de fins du monde ! (référence habituelle à Jonathan Strange et Mr Norrell de Suzanna Clarke pour le côté Littérature Blanche).

Tout lecteur avec un tant soit peu de bouteille dans le genre et un zeste de curiosité ne peut qu’accueillir avec gourmandise un tel festin !
Et parlant de festin, après l’entrée (Les Magiciens), le plat principal (Le Roi-Magicien), voici le dessert qui s’annonce, point d’orgue de ce somptueux repas, je vous présente … « La Terre du Magicien ».

Mais peut-être faut-il changer de métaphore et adopter celle, classique aussi, du roman initiatique dans lequel le héros devient véritablement un Héros. Chez Lev Grossman cependant il n’y a guère de Héros, peut-être n’en a-t-il gardé que le principal : le chemin vers la maturité ?
N’avez-vous pas souvent été horripilé par Quentin, le Magicien des débuts ? Si, si, ne niez pas, j’ai vu vos remarques et commentaires de-ci, de-là.

Mais aujourd’hui, au début du roman, Quentin a trente ans et n’est plus un jeune homme plein de colère qui attend de la magie la réponse à tout. Il s’est même établi comme professeur à Brakebills, un professeur mineur dans la discipline anecdotique de réparation mineure …
Et malgré son nouvel exil loin de Fillory à laquelle il aspire toujours, Quentin a atteint une forme limitée de satisfaction. Une satisfaction très vite gâchée par la réapparition d’Alice.

Alice, vous savez, le premier amour de Quentin, celle qui s’est désincorporée pour sauver Quentin, ses amis et Fillory. Alice qui n’est plus que pure Magie, qui hante désormais Quentin et dont les déprédations extra-dimensionnelles causent le renvoi de Quentin.
Et du côté de Fillory la situation est encore pire, Josh, Janet, Poppy et Eliot vont être confrontés à la graduelle désintégration de Fillory. Les d(i)eux Béliers ni peuvent rien et toutes les quêtes du monde n’y changeront rien.

À cette occasion l’auteur nous régale de l’incroyable richesse de son monde imaginaire, richesse qu’il n’aura fait qu’effleurer dans sa trilogie. Source d’un terrible sentiment de perte à la vue de sa ruine.
Et pourtant, magiquement, car naturellement, tous ces brins d’aventures et ces bribes d’informations nous conduiront à un éblouissant final où Quentin vous révélera à la fois l’origine et les fins de Fillory.

Je crois bien que jamais la Magie elle-même n'a été aussi centrale dans un livre de Fantasy/Fantastique, un comble pour un auteur « Littéraire » censé plus s'intéresser aux personnages ! La Magie y accède au rang de sujet et non de technique, son étude suffit à occuper des vies et à construire des bibliothèques, telle celle, matricielle et gigantesque, des Netherlands.

Mais la Magie est également une maîtresse exigeante qui ne se donne pas facilement. Elle nécessite des études extra-ordinaires car, voyez-vous, la Magie ne devrait pas exister. Nous avons appris ça au cours du précédent roman. La Magie n’est que le piratage à grande échelle des énergies divines de la création. Où l’on voit que l’auteur mélange allégrement science, magie et même religion !

Enfin la Magie, expérience intellectuelle tout autant que sensuelle, est ce qui enchante le monde, tout particulièrement Fillory.
Jamais je n’ai autant cru en la Magie qu’à la lecture de cette trilogie, car elle n’a pas eu à me transporter ailleurs, elle a parlé directement au lecteur que je suis, dans le monde où je suis.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 25, 2016 3:18 PM CET


Fimbulwinter (Daniel Black Book 1) (English Edition)
Fimbulwinter (Daniel Black Book 1) (English Edition)
Prix : EUR 2,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Moi, Daniel Black : mon vit, mon oeuvre et ... mes femmes à forte poitrine !, 12 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Fimbulwinter (Daniel Black Book 1) (English Edition) (Format Kindle)
Loki s'est échappé et s'est associé avec Gaia, leur objectif : les Dieux du Vahalla ! Leur objectif second : l'éradication de la race des Hommes, en Europe pour commencer.
Cette série de roman se situe donc dans une Terre alternative où une force inconnue chez nous, la Magie, est prodigieusement effective.
Dans ce monde, les Dieux Nordiques ont mis à sac l'Olympe et ses Dieux grecques, mais les Dieux sont notoirement difficiles à éliminer !
La preuve, Hécate, déesse grecque de la mort va cherche Daniel Black, programmeur rôliste, pour le transplanter dans ce monde et protéger sa dernière adoratrice, la délicieuse Cecil.

Dans une situation amoureuse et judiciaire délicate, Daniel accepte le deal et traverse la barrière des mondes. Ce faisant il reçoit pouvoir sur quelques domaines de son choix : la magie de la Terre, du Corps, un peu du Feu mais surtout la capacité de meta manipulation de la magie elle-même.

Le ressort principal de cette série est alors le classique contraste entre mentalité et connaissances d'un homme moderne transporté dans une société ultra-hiérarchique et d'un niveau technologique médiéval.
L'usage imaginatif de la magie, basé sur la compréhension physique du monde,, fournit à Black une puissance extraordinaire.
Il révolutionnera à lui seul l'usage de la magie et recueillera une partie des déshérités de ce monde, condamnés à la fois par l'offensive de l'Hiver (le Flibumwinter des légendes nordiques) et les préjugés et racismes ordinaires. Sa Magie de la Terre étant extraordinairement utile puisque les châteaux se dressent tout seul !

Cela faisait bien longtemps que je n'étais pas tombé sur un vrai roman de genre. Entendez bien que le Héros ne souffre d'absolument AUCUN état d'âme un peu crédible. Daniel Black est uniquement défini par ses actions.
Certes les personnages qui l'entourent reçoivent un traitement un peu différent, mais il s'agit essentiellement de femmes à la généreuses poitrine, toutes occupées à récompenser Daniel de les avoir sauvées de différentes catastrophes.
D'ailleurs au cas où leur poitrine ne serait pas assez généreuse, la magie de Black fait tout à fait l'affaire, à la demande bien sûr de ces dames !

Étonnamment le roman est pourtant tout à fait politiquement correct, ces femmes sont très indépendantes, choisissent rationnellement de se lier à Black dans un univers peu accueillant avec elles, mais disons que l'absence de réelles "contrariétés" domestiques finit par donner l'impression de regarder un spectacles de marionnettes.

Pour simplifier outrageusement, la formule magique ici est : un homme qui construit, tue ses ennemis et fait l'amour à ses femmes.
;-)
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (5) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 14, 2016 5:56 PM CET


The Bees
The Bees
par Laline Paull
Edition : Broché
Prix : EUR 8,57

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Des abeilles non-humanisées pour un récit à la limite du romanesque, 29 octobre 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Bees (Broché)
Flora 717 est une abeille, une simple abeille, destinée aux tâches de nettoyage les plus ingrates qui doivent être réalisées par les abeilles. Mais sa force, son dynamisme, sa parole qui la singularise parmi ses sœurs muettes ainsi que sa « laideur » auraient dû lui interdire même ce simple rôle tant la Police de la Difformité veille à l'Uniformité.

Remarquée et épargnée par les Sages (caste d'abeille tenant le rôle de prêtresse vis-à-vis de la Reine-Mère) Flora se révélera étonnamment douée pour nombre des rôles que peuvent prendre les abeilles. Nettoyeuse, Nourrice, Butineuse, et même Abeille de compagnie pour la Reine.

Un itinéraire extraordinaire, rebelle même pour une ruche où l'obéissance est une règle absolue à laquelle personne ne résiste car elle émane de la Reine elle-même. Or la Reine est la source de toute vie mais aussi de l'ultime récompense : l'Amour phéromonal dans lequel toute abeille communie régulièrement.

« Accepter. Obéir. Servir » : telle est la règle fréquemment ânonnée par toute la ruche. Et aucune abeille n'y échappe, chacune d'entre elle y croit plus que tout.

Et pourtant l'auteur parvient à faire exister une histoire en respectant de telles règles comportementales. N'oublions pas ce peuple décrit dans Le Livre du second soleil de Teur qui réussit à s'exprimer en n'empruntant que les citations du livre de son Tyran.

Flora donc changera de rôle à l'occasion de la découverte de ses capacités hors norme mais surtout en raison de la crise que traverse la Ruche, mauvais temps, mauvaises récoltes et vol d'une partie du miel par une force inconnue.

Mais elle obéit surtout à un nouvel impératif bio-chimique qui se superpose, sans l'effacer, aux impératifs de la Ruche : soit la ponte de ses propres œufs pour lesquels elle ressent un immense amour.

Ce sera donc une longue partie de cache-cache entre Flora à la recherche d'une cache pour ses œufs et la Police de la Fertilité, sorte d'abeilles-SS dotées de tous les pouvoirs dont l'objectif est de traquer toute naissance interdite.

Car la Ruche est le lieu d'une violence démesurée, dans une société où il y a pléthore de 'corps' disponibles, ceux-ci sont aisément sacrifiés, y compris dans les griffes des araignées qui donnent en échange de cryptiques conseils censés permettre à la Ruche de passer l'hiver. C'est la grande force de ce roman que d'être parvenu à ne pas édulcorer cette violence et de la rendre au moins compréhensible pour les lecteurs humains que nous sommes.

L'auteur n'a en effet pas pris la voie de l'humanisation à outrance des abeilles, celles-ci acceptent ainsi profondément leur sort, leur seule rébellion ne pouvant provenir que dans l'intérêt de la Ruche et pas dans leur propre intérêt.

Mieux encore, en n'utilisant que les sens disponibles aux abeilles, l'odorat, les vibrations et le toucher, l'auteur est parvenu à nous plonger dans un univers sensoriel très différent du nôtre, qui aggrave prodigieusement notre sensation d'étrangeté.

L'ensemble est plutôt rythmé mais dont les limites se situent dans le manque de relations réelles entre les abeilles, celles-ci exécutant des fonctions et étant trop définies par celles-ci. La seule ouverture trouvée par l'auteur consiste en une relation déséquilibrée avec l'un des mâles les moins stupides de la Ruche, Sir Linden, au milieu d'une galerie de mâles arrogants et ultra-sexués désopilants.
Mon tout est un roman d'aventure original surtout du fait de l'environnement utilisé et de l'introduction d'une forte dose d'étrangeté. C'est cette étrangeté qui est à l'origine de l'attrait que j'ai ressenti à la lecture de ce livre, moi qui n'ai jamais réussi à lire jusqu'à présent les livres classiques animaliers que sont le Bois Duncton ou “Les garennes de Watership Down”.
Les défauts étant liés aux qualités et intérêts du roman il est difficile d'en faire réellement état, disons que Flora bien qu'étant un insecte social reste isolé du reste de la Ruche pendant presque l'intégralité du livre en raison de la nécessité de se cacher.
Sa situation et le contexte particulier de la Ruche ne permet donc pas l'établissement de relations avec les autres abeilles, ce qui ne contribue pas à créer de l'attachement à l'histoire et à l'héroïne.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 8, 2015 9:41 PM CET


Son of the Black Sword (Saga of the Forgotten Warrior Book 1) (English Edition)
Son of the Black Sword (Saga of the Forgotten Warrior Book 1) (English Edition)
Prix : EUR 7,89

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La perfection est ... inhumaine, 27 octobre 2015
Ceci est la première Fantasy de Larry Correia et franchement les premiers paragraphes furent inquiétants, à part la prose elle-même.
Nous voici en effet dans la peau de Ashok Vadal, tout simplement le Guerrier Parfait, le Pinacle de son ordre de Protecteurs de la Loi.
Soutenu magiquement par les rites de son Ordre, notre Héros possède également au début du roman l'artefact magique habituellement versé aux Héros en fin de quête : L'épée noire même pas maudite qui contient en son sein la compétence accumulée de tous ceux qui l'ont portée sur des centaines de générations.

Quoi ! Comment faire une histoire intéressante dans ces conditions, quel est l'imbécile qui a accumulé autant de poncifs stupide ?

Vous savez certainement que l'auteur en question n'est pas stupide et ce sont de petits détails disséminés tout au long du texte qui vont faire graduellement douter le lecteur.

Déjà le simple fait d'introduire un Héros parfait, incapable du moindre humour, de la plus minuscule empathie dans son application la plus stricte de la Loi, est source d'un amusement permanent. Pourtant Ashock est capable de se poser des bonnes questions, par exemple lorsqu'il s'étonne qu'une non-personne soit capable de courage pour défendre sa famille d'un Démon n'ayant rien à craindre de lui.

Lui qui, en 20 ans de carrière, a massacré de sa main des dizaines de milliers de non-personnes rebelles.

Alors quand il reçoit du chef de son Ordre mourant le choix entre une Vérité dévastatrice et un mensonge réconfortant, que peut-il faire à part de respecter l'engagement d'une vie : la Vérité.

Or que celle-ci est étrange ... apprenez que les épées choisissent leurs porteurs et non l'inverse. Apprenez que ... mais je ne vais pas tout vous dire non plus !
Sauf que l'inhumanité de Ashock est bien réelle mais qu'elle est enfouie dans son enfance même et dans un hideux secret.

Après cette révélation, le roman peut véritablement commencer, sur fond d'un vaste complot porté par le Grand Inquisiteur Omand afin de promouvoir une solution au problème de l'existence des non-personnes .

Ashock, emprisonné volontaire mais toujours lié par ses vœux sera alors l'instrument de cette politique, le moyen d'amplifier la menace des non-personnes en le liant à la rébellion menée par un mystérieux Prophète.

Ajoutez de mystérieux et puissants sorciers utilisés comme supplétifs par le Grand Inquisiteur et vous aurez un premier roman plein de surprises, de feu et de fer. Car comme toujours les scènes d'action sont chorégraphiées de main de maître.

Et oui une Fantasy a réussi à me surprendre, incroyable !
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 16, 2015 9:35 AM CET


Bouclier périlleux - Etoiles perdues II
Bouclier périlleux - Etoiles perdues II
par Jack Campbell
Edition : Broché
Prix : EUR 23,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Est-il possible de construire la paix avec ceux qui ont fait la guerre ?, 26 octobre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bouclier périlleux - Etoiles perdues II (Broché)
Ce second tome prend la suite de L'honneur terni qui exposait la très difficile situation de Midway. D’un monde soumis à une dictature manifestement plusieurs fois centenaire qui tente de retrouver des formes de liberté.

Il est cependant délicat d’exploiter une situation originale quand cette originalité a été éventée, forcément, lors du premier roman. Je dirai que l’auteur s’en tire plutôt bien en renouvelant la nature des menaces qui pèsent sur Midway et en rajoutant régulièrement du background.
Que se passe-t-il donc ?

Les Syndics n’entendant pas lâcher Midway ont envoyé une flotte contre laquelle les forces de Midway sont totalement inadéquates, heureusement un Héros passait par là pour retourner chez lui.
Vous le connaissez, c’est un certain Black Jack !

Black Jack dont vous avez suivi les aventures dans Gardien, vous avez donc hélas le synopsis d’une partie des événements du présent tome, même si ces mêmes événements sont vus du côté des ex-Syndics.
Jack Campbell tire toujours excellemment partie de cet entre-deux, ce n'est plus la guerre mais c'est loin, très loin d'être la paix. Beaucoup aimeraient d'ailleurs qu'on en revienne à cette guerre, en particulier les chefs Syndics dont les provocations ont toutes ce but là.

Sur Midway la situation se dégrade également, des groupes inconnus menacent la Révolution toute fraîche et tentent d'assassiner les deux Leaders. Des Leaders dont l'entourage proche n'a pas toujours réellement adhéré à la politique de coopération menée par ceux-ci.

La Paix et la réconciliation est décidément bien difficile à décréter, on soupçonne un peu tout le monde de tenter de mettre le bazar, même si l'implication des « Serpents » survivants est une certitude. Et si en plus les sentiments viennent compliquer tout, vous en viendrez à soupçonner Jack Campbell à verser dans le roman psychologique.

Vous n'auriez pas tort, il lui faudra cependant à l'avenir parvenir à faire ressentir les sentiments de ses personnages plutôt que de les fournir au lecteur sous forme de monologue. Mais heureusement lecteur, vous verrez de l'action … avec la patte de l'auteur : la surprise tactique !

Toujours intéressant mais celui-ci est un peu moins captivant que la série principale.

Lu en Américain.


Humanité divisée: John Perry, T5
Humanité divisée: John Perry, T5
Prix : EUR 12,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Quand on est faible ... on devient Diplomate ! ****-, 26 octobre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Humanité divisée: John Perry, T5 (Format Kindle)
A L’issue de « La dernière Colonie », la Terre avait pris conscience de tout ce que l’Union Coloniale lui avait caché et refuse depuis d’avoir affaire à eux.

Le problème est que la supériorité des Terriens sur les autres espèces extra-terrestres reposait justement sur un flux massif et régulier de soldats et de colons.

Cet avantage a donc disparu mais pas les inimitiés que l’Union Coloniale s’est attirée par sa politique de la canonnière et du fait accompli.

Les ennemis de l’Humanité sont donc légion et certains des dirigeants les plus lucides de l’Union Coloniale redoutent même que cela ne signe la fin de l’Humanité, à moins que de Conquérants les hommes ne deviennent soudainement des … Diplomates.

Hé oui, la survie de l’Union Coloniale et vraisemblablement de toute l’Humanité dépend maintenant de sa capacité à négocier d’égal à égal avec les autres, d’envisager des échanges équitables voire même désavantageux.

Ce roman à feuilletons, une douzaine de nouvelles plus ou moins liées, illustre la nouvelle Diplomatie de l’Union en se focalisant sur une équipe de Diplomates peu renommée mais qui résout ses problèmes de façon imaginative et peu conventionnelle. Ce qui leur vaut les missions les plus difficiles !
Il s’agit de l’équipage du vaisseau « Clarke », en particulier du très ingénieux Lieutenant des Forces de Défenses Coloniales Harry Wilson, du Diplomate falot Hart Schmidt, du Capitaine Sophia Coloma et de l’Ambassadeur mal embouché, Ode Abumwe.

Et c’est cette équipe du « Clarke » qui révèlera graduellement l’incroyable machination qui pousse le Conclave et l’Union Coloniale à la guerre.

Quant aux feuilletons non-consacrés au « Clarke », ils viennent éclairer la situation de l’Union en illustrant le fonctionnement et le danger que représentent les colonies « sauvages » humaines mais aussi en révélant les manipulations, coups tordus et autres négociations secrètes à l’œuvre au sein de l’Union Coloniale.

Vous serez témoins d'un immense coup monté, mais par qui, réponse hélas au prochain roman dans cet univers, certainement le plus gros défaut d'un livre plutôt réussi.

Lu en américain.


Inébranlable: La Flotte perdue : Par-delà la frontière, T4
Inébranlable: La Flotte perdue : Par-delà la frontière, T4
Prix : EUR 9,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Tome de transition où on découvre (à la fin !) la nature de la Flotte secrète de L'Alliance, ****-, 26 octobre 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Inébranlable: La Flotte perdue : Par-delà la frontière, T4 (Format Kindle)
L’Amiral Geary fait du tourisme avec sa femme sur la terre de ses ancêtres, la Terre. Hélas cette dernière n’est pas plus épargnée que les autres par les intrigues politiques et il leur faut écourter leur séjour sous la menace des armes.

Ils découvriront alors l’envers du décors d’une Terre certes pacifiée et croulant sous les contrôles et les règlements mais tout aussi infestée de pirates. En l’occurrence ceux-ci proviennent de Mars et ils comptent bien monnayer chèrement les deux Officiers qu’ils ont réussi à kidnapper.

Cette aventure les mènera jusqu’à la surface d’Europa, la lune maudite à jamais interdite d’accès du fait de la contamination par un agent infectieux créé par l’homme.

Ce n’est que le premier des multiples obstacles qui vont se dresser de nouveau sur le chemin de Black Jack. Des missions impossibles, des moyens toujours insuffisants jusqu’à la révélation finale de l’arme secrète que les politiques de l’Alliance ont tous approuvé pour empêcher Black Jack de prendre un pouvoir qu’il ne veut pourtant pas … une arme taillée pour détruire Geary et sans doute celle qui aura le plus de chance d'y arriver.

Bon, si j'en dis plus, vous allez me haïr !

Un tome d’attente, voire de remplissage dans lequel l’auteur révèle enfin le secret de la Flotte secrète mais qui laisse le lecteur sur un énorme cliffhanger.

Il y aura des plaintes.

Lu en Américain.


Les mages de Westil : Père-des-pierres
Les mages de Westil : Père-des-pierres
par Orson Scott Card
Edition : Broché
Prix : EUR 10,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Un livre trop court … oui, mais c’est une novella !, 26 octobre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les mages de Westil : Père-des-pierres (Broché)
Nous allons passer toute cette histoire dans la tête d’un jeune garçon, Ruisselet, habitant un village montagneux tellement pauvre que l’argent n’y existe pas. La famille du jeune héros, est tellement nombreuse que même sa mère ne se souvient pas toujours de tous ses enfants.

Ruisselet n’est pas un enfant très populaire, que ce soit auprès de ses parents, son père le bat régulièrement sous de prétextes futiles, ou de ses frères et sœurs. Pourtant Ruisselet n’est pas malheureux puisque il ne lui vient pas à l’idée que sa vie pourrait être différente. Il n’est juste pas heureux, d’autant plus qu’il se rend compte que les filles, qui commencent à l’intéresser, ne le regardent même pas !

J’aime toujours beaucoup chez Card sa faculté à ne pas être extérieur aux gens. Avez-vous remarqué que l’immense majorité des écrivains écrivent de l’extérieur de leurs personnages ? Orson scott Card est un des rares à avoir cette qualité.

Cependant un jour Ruisselet se mit à courir … et ne vit pas de raison de mettre fin à sa course ! Vivant d’expédients il arrive bientôt à la grande, la très grande ville de Mitherhome. N’ayant strictement aucune idée des us et coutumes de la ville, notre paysan se met dans des situations insensées et cocasses à la fois.
Mais il a la chance de tomber sur Lark, une jeune servante du seul Mage de Pierre autorisé à exercer dans Mitherhome et la seule à avoir pitié de lui.

De fil en aiguille, Ruisselet sera embauché dans cette maisonnée bien étrange et engagera avec Lark un dialogue pétillant, pimenté de leur différence de sexe et alimenté par une grande intelligence chez ces deux jeunes adolescents.

Sur un tout autre plan, Ruisselet se rendra compte petit à petit du lien très fort qu’il entretient avec la Pierre et tentera d’intriguer avec son Maître, le Mage de Pierre sous surveillance. Bien entendu la conjugaison de la jeunesse de Ruisselet , de son ignorance de l’histoire et de ses propres pouvoirs risque de mener tout droit à la catastrophe.

Mais au moins vous aurez vécu l’une des légendes du monde de Westil, bien avant les évènements de La Porte perdue: Les mages de Westil, T1. Version mythologique, la veine de Card que je préfère, excellemment illustrée dans Espoir du cerf.
Reste les défauts habituels de Card, c’est-à-dire son usage d’enfants exceptionnellement intelligents et peu affectés par les émotions, comme d'habitude.


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