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Contenu rédigé par Clitandre
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Commentaires écrits par
Clitandre (Ste Livrade sur Lot, France)
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Joris-Karl Huysmans : Oeuvres complètes et annexes - (47 titres, annotés et illustrés)
Joris-Karl Huysmans : Oeuvres complètes et annexes - (47 titres, annotés et illustrés)
Prix : EUR 1,79

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Incroyable !, 23 avril 2016
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Dans son dernier roman prémonitoire, "Soumission", Michel Houellebecq a choisi, avec humour bien sûr, de réhabiliter Huysmans, qui était tombé en désuétude. J'ai donc lu "Sainte Lydwine de Schiedam" (édité par Jérôme Millon) et j'ai ressenti le choc de plaisir qui se produit à chaque fois que l'on découvre un grand style, une façon originale de décrire le monde. Et puis voilà cette nouvelle édition numérique de l'ensemble de l'oeuvre de Huysmans .. Je n'ai évidemment encore pas tout lu, mais d'ores et déjà je tiens à dire que c'est tout simplement incroyable ! Incroyable que cet écrivain ait été si mal traité par la critique (asservie à l'idéologie, oui, je sais mais tout de même). Incroyable , à l'opposé maintenant, comme si une digue s'était rompue, que l'édition numérique permette de lire à n'importe qui (pour moins de 2 euros !!!) tous ces textes, qui d'une manière ou d'une autre, à tel ou tel moment provoquent de grandes émotions, de grandes réflexions. Incroyable, la richesse stylistique (le vocabulaire !) de Huysmans, incroyable son humour noir, incroyable son évolution personnelle, sa foi... Mais je vais arrêter d'employer le mot "incroyable" parce que cela pourrait vous lasser, excusez-moi. ce que je veux souligner c'est que cette lecture est une source généreuse de découvertes, que cette lecture peut donner l'occasion à chacun de faire un grand voyage panoramique et rétrospectif dans sa propre (?) vie intérieure.
Je n'ai pas encore lu les 14 articles en annexe (le seul grave défaut des éditions numériques tient en ce que l'on ne peut pas vraiment feuilleter, survoler, piocher au hasard des coup d'oeils jetés à la volée dans le texte en le survolant...) mais déjà les trois dont j'ai pris connaissance m'ont paru très éclairants. Bravo pour le lexique, très utile. Désolé, je vous quitte, après "en-ménage", pur chef d'oeuvre d'observations de détails "signifiants", je retourne dans "A vau-l'eau"...


L'imposture de l'art contemporain : Une utopie financière
L'imposture de l'art contemporain : Une utopie financière
par Aude de Kerros
Edition : Broché
Prix : EUR 25,00

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un ouvrage de référence !, 14 avril 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'imposture de l'art contemporain : Une utopie financière (Broché)
Un must. Ce livre de 256 pages (format15x 24) réussit la triple performance suivante :
(1) Il rassemble une quantité de descriptions et d'anecdotes toutes plus édifiantes les unes que les autres; Aude de Kerros les relate avec ce style que le mot humour qualifie le mieux : une façon soignée et pince sans rire de raconter des choses absurdes en les traitant comme si elles étaient sérieuses...(parce qu'elles sont malheureusement vraies, réelles, advenues). Il arrive plusieurs fois, en lisant cette litanie de bêtises,qu'on se dise "bon, ça y est j'en ai assez, tout ceci est vraiment trop bête" mais l'anecdote suivante se révèle encore plus ébouriffante ! le mot "anecdote" ne rend d'ailleurs compte que d'une partie du plaisir de ce livre, car
(2) Ce livre est le plus documenté, et le plus sérieux sur le sujet : Aude de Kerros nous donne le résultat d'un énorme travail d'enquête, de recueil de faits, de recherche de chiffres, de mise à jour de liens et de désignation précise des acteurs de cette hénaurme imposture. En même temps qu'elle suscite des éclats de rire intérieurs par ses anecdotes méthodiquement collectionnées, l'auteur nous donne tous les éléments vérifiables pour nous rendre compte à quel point nous payons pour la mise en scène de ce spectacle organisé par la collusion artistes, financiers et fonctionnaires et ce qu'il coûte à la collectivité, au profit de la triade. Mais ce n'est pas un livre dans lequel le ressentiment l'emporte, même s'il est difficile de ne pas enrager, effectivement, sur le mépris que subissent tous ceux qui ne se laissent pas emporter béatement par ce courant dominant.
(3) La troisième réussite de ce livre tient en ce qu'il propose aussi de très belles ouvertures de réflexion. Par petites touches successives, par exemple à l'aide de citations très bien choisies et mises en valeur, mine de rien, Aude de Kerros permet au lecteur de faire le point de ses propres perceptions et de sa vision. A aucun moment elle n'impose ce qui serait son point de vue (ceux qu'elle montre du doigt le font sans cesse et abusivement). La dénonciation de l'imposture de l'Art Contemporain surévalué ne peut se faire sans un retour sur soi : avec quels souvenirs, avec quelles émotions, avec quelles croyances vitales, sur la base de quelles connaissances acquises ou remises en cause nous regardons autour de nous...
L'enseignement de l'Esthétique tel que je l'ai connu à la Sorbonne avant 68, n'existe plus (une semestre entier à commenter le "Laocoon" de Lessing !). Ce n'est plus un énorme domaine de la philosophie, c'est juste un petit cours rapide donné à tous les élèves des écoles d'Art, qu'il ne faut pas ennuyer avec des concepts, et qui peuvent tout trouver sur Google. Tant mieux. Tout va très vite. J'espère que la lecture du livre d'Aude de Kerros va figurer tout de même dans leurs listes, pour faire contrepoids à toutes les bourdieuseries et à la profusion des images, des icônes et des marques !
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : May 9, 2016 8:45 AM MEST


Haendel : Giulio Cesare
Haendel : Giulio Cesare
DVD ~ Natalie Dessay
Prix : EUR 20,00

5.0 étoiles sur 5 Perception des superpositions, 28 février 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Haendel : Giulio Cesare (DVD)
Lorsque cet enregistrement a été projeté un dimanche, dans la salle de cinéma de mon village :(pas le DVD mais la version DCP distribuée aux professionnels : le son est évidemment de meilleure qualité mais la version DVD est tout à fait satisfaisante à domicile !) notre petit programme le présentait ainsi :
"C'est dans les réserves d'un musée que le metteur en scène Laurent Pelly fait revivre en 2011 sur la scène de l'opéra de Paris la rencontre entre Jules César et Cléopâtre, qui a eu lieu à Alexandrie en 48 av J-C. Le livret écrit en 1723 enrichit l'action de personnages secondaires.et invente des péripéties. Haendel composa cette longue succession d'aria da capo (mélodie en 3 parties, dont la dernière est la reprise ornementée de la première) avec une seule obsession : mettre en valeur les chanteurs. La virtuosité vocale des contreténors actuels remplace l'aigu fantasmatique des castrats du XVIII' Aujourd'hui, la projection sur écran de l'enregistrement de ce spectacle nous permet, tout en laissant guider notre regard par le cadrage des caméras, d'aller et venir à travers les strates superposées de cette représentation : un fond historique, une forme baroque, une mise en scène au second degré'. Les émotions les plus fortes, liées à l'amour ou à la mort, passent par de nets contrastes mais aussi par les plus subtiles nuances musicales : une inflexion, un trille, un léger trémolo, une note inattendue, dans une petite différence peut s'apercevoir soudain un abîme."
Puis venait le résumé de l'action :
"Jules César, après avoir vaincu Pompée à Pharsale, en Grèce, le poursuit jusqu'en Egypte, où le vaincu a cherché refuge près de Ptolémée qui règne sur la vallée du Nil avec sa sœur Cléopâtre.
ACTE I : (en Egypte). César débarque près d'Alexandrie. Cornélia et Sesto, épouse et fils de Pompée, viennent demander la paix. Achilla, au service de Ptolémée, apporte un cadeau d'accueil, dans lequel se trouve la tête de Pompée. Indignation et fureur de César, accablement de Cornélia. Sesto jure de venger son père;
(Le palais Royal) Niremo, confident de la reine Cléopâtre, lui apprend la mort de Pompée. Ptolémée se querelle avec sa sœur, sa rivale. Achilla raconte la réaction de César : Ptolémée est furieux. Achilla veut tuer César et obtenir la main de Cornélia en récompense...
(Le camp de César) Cléopâtre se présente à César en prétendant être Lydie, une servante. César est séduit par sa beauté. Elle compte sur lui pour triompher de son frère. Lorsque Cornélia vient se recueillir sur les cendres de Pompée, et projette de se venger, son fils Sesto rappelle son engagement et Cléopâtre-Lydie propose de les guider jusqu'au tyran.
(Salle de réception dans le Palais). Conversation diplomatique entre César et Ptolémée, qui se méprisent. Lorsque Cornélia et Sesto surviennent, Ptolémée fait arrêter cette veuve en colère, qui le trouble et qu'il désire. Il fait semblant de donner la captive à Achilla, lequel promet la liberté à Cornélia si elle lui cède.

ACTE II : (la comédie de la Vertu) Dans une mise en scène allégorique destinée à subjuguer César, Cléopâtre apparaît personnifiant la Vertu entourée des neuf Muses. César est prêt à suivre Niremo pour rejoindre Lydie dans ses appartements. (dans les jardins du Palais) Cornélia doit travailler sous l'œil d'Achilla. Ptolémée tente à son tour de séduire Cornélia, en vain. Demeurée seule, celle-ci veut se jeter parmi les fauves et mourir. Sesto et Niremo l'en empêchent. Elle doit rejoindre le harem et Niremo propose d'y cacher Sesto afin qu'il puisse protéger sa mère de Ptolémée .
(le jardin des délices) Le tendre entretien entre Cléopâtre et César est interrompu par l'annonce d'un complot contre lui. Cléopâtre se trahit lorsque César part affronter les conjurés. Elle réalise qu'elle est amoureuse de César et appelle sur lui la protection des dieux.
(le harem) Ptolémée s'apprête à abuser de Cornélia. Sesto va pour se saisir de l'arme du tyran lorsqu'Achilla survient et s'en empare.
Il affirme que César a péri dans le port en s'échappant. Cléopâtre a pris la tête des armées romaines et le combat va s'engager. Confiant en sa victoire, Ptolémée repousse l'aide d'Achilla qui réclame encore la main de Cornélia.

ACTE III (la bataille) Achilla se range du côté de Cléopâtre. Mais les troupes de Ptolémée capturent la reine, qui pleure César, car elle le croit mort.
(le rivage) César regagne le rivage, épuisé. Achilla mourant remet à Sesto et Niremo le sceau leur permettant d'investir le Palais. César, reconnu, se fait remettre le sceau et part délivrer Cléopâtre.
(la prison) Cléopâtre s'apprête à mourir. Mais César vient la libérer avant d'achever sa victoire sur Ptolémée.
(le harem) Lorsque Ptolémée s'apprête à abuser de Cornélia, Sesto surgit et le tue. Cornélia reprend goût à la vie. (le port d'Alexandrie) Sesto et Cornélia amènent la couronne de Ptolémée. César la remet à Cléopâtre, qui se déclare sa vassale. Tous fêtent le retour de la paix. César et Cléopâtre se déclarent leur amour et embarquent sur le Nil vers les pyramides. "

Il y eu une quarantaine de spectateurs à cette séance. Certains voyaient un opéra pour la première fois. Tout le monde a apprécié, notamment la performance vocale de Lawrence Zazzo et la présence dramatique de Varduhi Abrahamyan...


L'Europe et le spectre du califat
L'Europe et le spectre du califat
par Bat Ye'or
Edition : Broché
Prix : EUR 20,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 On n'est pas encore au bout de nos peines, 24 février 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Europe et le spectre du califat (Broché)
L'apport le plus original de ce livre ce sont les extraits de documents officiels, très généralement ignorés ou passé sous silence. Ces textes montrent, sans aucune ambiguïté, comment de nombreux politiciens européens se sont alliés, de manière délibérée ou semi-consciente ou encore en toute naïveté (peu importe !) avec des organisations internationales puissantes à vocation dominante. Il est difficile de faire comprendre à ceux qui ne connaissent pas le jeu d'échec (ou les grands ouvrages de stratégie militaire) que la partie jouée par l'Islam conquérant se déroule simultanément avec des "pièces" très différentes : la violence en toile de fond, les sourires en façade, la diplomatie s'il le faut, ou encore le financement.. Ce livre cite ses sources : on peut les vérifier! L'autre point essentiel de cet ouvrage tient dans la démonstration, là aussi très documentée, de la part déterminante dans toute cette histoire contemporaine de l'anti-sionisme, en tant que masque de l'antisémitisme le plus viscéral et le plus indécrottable. Enfin, bien sûr, cette notion-clé : la dhimmitude, sous ses différents aspects actuels. On aimerait que certains journalistes de l'Obs ou des Inrocks ou encore de Libé, voire pourquoi pas, on peut rêver, du Grand Journal de Canal Plus, prennent connaissance des pièces présentées dans ce dossier... mais leur "éthique" les en empêche : ce livre explique bien ce qu'est cette "éthique", de quoi elle est tissée et par qui. Et vers quelle catastrophe ils nous mènent tous.


Entretiens sur l'Islam avec le Professeur Marie-Therese Urvoy
Entretiens sur l'Islam avec le Professeur Marie-Therese Urvoy
par Louis Garcia
Edition : Broché
Prix : EUR 10,00

6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Puisqu'il faut s'intéresser à l'Islam, de gré ou de force..., 24 février 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Entretiens sur l'Islam avec le Professeur Marie-Therese Urvoy (Broché)
Autant le faire à travers de petits ouvrages comme celui-ci: le livre est n'est pas trop long (environ 70 pages de lecture) et se présente sous forme d'entretiens, ce qui rend la lecture encore plus facile. La personne interrogée, Mme Marie-Thérèse Urvoy est une enseignante d'islamologie (ça existe, à Toulouse) : elle utilise les mots qu'il faut (précis, référencés, et non polémiques) pour répondre de façon synthétique, approfondie et parfaitement compréhensible aux questions posées; la plupart de ces questions sont des questions que nous nous posons, compte tenu de l'actualité. Des questions qui nous sont en quelque sorte imposées. (Sinon, nous ne perdrions pas notre temps à chercher à discerner ce qu'a dit le Prophète de ce que lui ont fait dire les Califes et de ce que hurlent ceux qui nous attaquent, de la différence entre ceux-ci et ceux-là, sunnites et chiites, surtout pas d'amalgame etc.. ). Avant qu'il soit tout à fait interdit de réfléchir, on se documente, on essaie de comprendre ce qui nous arrive... Mme Urvoy se situe, ainsi que son interviewer dans la tradition chrétienne "ouverte au dialogue". Son apport le plus original consiste en la description de "la psychologie musulmane" et du témoignage des difficultés du dialogue islamo-chrétien... (oui, c'est un euphémisme). Franchement, il y avait mille sujets plus intéressants dans notre vie d'avant. Mais ce petit livre appartient à la catégorie de ceux dans lesquels on peut apprendre en douce des notions clés de manière à ne pas se laisser impressionner par la propagande officielle qui pourchasse toute trace d'islamophobie.


Les avant-gardes artistiques (1848-1918): Une histoire transnationale
Les avant-gardes artistiques (1848-1918): Une histoire transnationale
par Béatrice Joyeux-Prunel
Edition : Poche
Prix : EUR 9,70

6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Courage, camarade !, 31 janvier 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Les avant-gardes artistiques (1848-1918): Une histoire transnationale (Poche)
700 pages de texte, suivies de 300 pages d'appendices : bibliographie, notes et index. Vous en avez pour votre argent ! Mme Béatrice Joyeux-Prunel le dit d'emblée "Il a fallu des années pour écrire ce livre." (incipit, sic). Histoire sans doute de démarrer par une évidence, d'où pourrait s'autoriser ensuite tout syllogisme.. Mais cela me rappelle ces travaux de minutieux bricoleurs du dimanche, qui réalisent avec des allumettes une tour Eiffel de deux mètres de haut ou la maquette d'un trois-mats avec force détails, l'objet étant présenté dans la salle communale du village sous un calicot désamorçant toute critique : "3000 heures de travail !". Par son statut de fonctionnaire, enseignante à l’École Normale Supérieure, Mme Joyeux a disposé d'un certain nombre de moyens mis à sa disposition par le "laboratoire d'excellence" et nous sommes heureux à notre tour de pouvoir profiter de cette somme.
Pour aller vite, disons que ce livre se situe ouvertement dans la ligne de la pensée officiellement encouragée, tout ce qui définit les nouvelles normes à respecter si on ne veut pas passer pour un imbécile rétrograde. A cet égard, l'Avant-Propos d'une dizaine de pages met tout de suite les pendules à l'heure (affirmation du rôle indiscutable de la sociologie selon Saint Bourdieu, affirmation du credo relativiste et "transnational", réduction à la portion congrue du rôle des individus et explication (oui explication du pourquoi et du comment) des œuvres par leurs contextes et la matérialité (sic). L'auteur s'excuse de ne pas avoir pu tenir compte de l'approche par l'étude des genres; effectivement il ne manquait plus que cela pour avoir l'impression d'être absolument dans le coup. Une autre référence de l'auteur est Mme Heinich, procureur général bien connu pour ses réquisitoires sarcastiques contre ceux qui s'avisent de mettre en doute l'Art Contemporain. Elle aussi enseigne. Ces deux dames s'intéressent fort au rôle des galeristes, des collectionneurs, , des mécènes, des publications spécialisées et des critiques d'art. Beaucoup moins aux artistes (notion suspecte à utiliser avec des pincettes sociologiques). Le marché de l'art étant devenu ce qu'il est (ce qu'elles nous aide d'ailleurs à comprendre) ces travaux universitaires contribuent surtout à justifier sa mainmise en accompagnant de façon docte le mouvement. Et c'est ainsi que dans cette volumineuse "histoire transnationale des Avant-gardes artistiques" on apprend évidemment plein de choses, mais pas forcément celles que l'auteur souligne en rouge. Surtout des détails qui, en quelque sorte lui échappent, ou qu'elle place au second plan (par exemple, une phrase fulgurante et bien connue de Baudelaire ne trouve pas sa place dans le corps du texte, mais seulement en note, il faut aller la chercher dans l'appendice 500 pages plus loin. c'est dommage parce que non seulement elle énonce très bien ce qu'est la "camaraderie" des avant-gardes, mais elle fait penser aussi à la connivence qui colle entre eux les actuels amis des marchands d'art : tout ceci est vraiment "militaire" dans l'âme, au pas camarade au pas, au pas, au pas...)
Il y a des choses plus importantes que cela qui échappent aussi à Mme Joyeux : elle a déployé une énergie persévérante ("il a fallu des années pour écrire ce livre", souvenez-vous) et, conformément aux injonctions de son institution, elle a travaillé à une échelle "transnationale" (j'adore ce mot : pas internationale, ou supranationale, ou anti-nationale, non, transnationale) mais par contre, pas un mot sur la musique (Ravel !) pas un mot sur le cinéma (les premiers dessins animés !). Comment peut-on parler de ce qui s'est passé dans les années 1905-1910, l'irruption de la Modernité, comme dit Jean Clair, qui traite tout cela en 15 pages, sans les citer au moins une petite fois ?... bref, contradiction entre ce qui s'annonce comme une grande synthèse et qui s'avère n'être qu'un dépliant pour Sotheby's et Drouot. Là j'exagère. Mais après lecture des 700 pages (plus les notes !), je suis encore un peu énervé. Enfin, peut-être que cela ne vous fera pas le même effet... Un bouquin de référence, hélas. Il a fallu des années pour l'écrire, il faut prévoir un bon paquet d'heures pour le lire. (je plains les étudiants actuels)


La Grande Arche
La Grande Arche
par Laurence Cossé
Edition : Broché
Prix : EUR 21,00

8 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Très intéressant, à plus d'un Sous-titre., 27 janvier 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : La Grande Arche (Broché)
"La grande Arche... roman". Avant même d'arriver disons à la page 35 (il y en a 350 en tout) on comprend très bien qu'on n'est pas en train de lire un roman. Tout est très documenté, le livre est le résultat d'un travail d'enquête minutieux (démarches et rendez-vous sont racontés avec humour). Toutes les personnes réelles sont nommément citées (sauf un certain V.) On pense alors aux manières d'écrire d'Emmanuel Carrère (l'Adversaire) ou de l'espagnol Javier Cercas (L'imposteur) ou à l'influence américaine qui les amenés à broder de la fiction subjective non dissimulée sur du réel exhibé. Mais dans le "roman" de Laurence Cossé, il n'y a guère de fiction. De l'humour, beaucoup d'humour, mais guère de fiction. On peut faire l'hypothèse que l'appellation "roman" serait une mesure de prudence afin d'éviter des procédures, une manière de dire "je ne prétends pas dire la vérité, je ne suis qu'une romancière"... mais le masque est minuscule et le Réalité n'est pas cachée du tout : comme d'habitude la soi-disant réalité rapportée est laide et déprimante. Cette construction a été un gouffre financier, un fiasco immobilier, une aventure tragique pour son concepteur (parmi les portraits les plus originaux du livre,celui de l'architecte Spreckelsen est évidemment le plus captivant). Un lieu d'intrigues, de conflits d'orgueils, de mégalomanies, une occasion pour toujours-les-mêmes d'obtenir des postes, des avantages, des titres ronflants; des mensonges énormes, de la poudre aux yeux. Oui, Jack Lang figure dans le casting. Mais l'Arche, tout de même, a de la gueule. Il se trouve que j'habitais à proximité pendant toutes ces années. Je passais devant le chantier pour aller travailler à Paris et je croisais des milliers de personnes qui venaient de Paris pour travailler à La Défense. L'érection de l'Arche a été un spectacle magnifique. (oui, je fais exprès de dire érection). Et après, j'ai pris de très belles photos de l'Arche sous différents ciels et la nuit lors des fêtes et des feux d'artifice. il n'y a pas d'images dans le livre de Laurence Cosse, mais comme elle, nous avons tous sur internet la possibilité d'aller les voir et ça lui épargne d'avoir à payer des droits, elle cite aussi cet aspect des choses.
Ce "roman" intéressera les étudiants en architecture et ceux, plus jeunes, qui ont envie de s'orienter dans ce métier, pourront y trouver matière à hésitation. Ce livre intéressera aussi les passionnés d'urbanisme et ceux qui n'ont pas encore compris la différence ne perdront pas leur temps.
Ce "roman", qui est très indulgent envers Mitterrand, fera plaisir aux lecteurs du Canard Enchainé : les politiciens de droite y sont joyeusement et très efficacement ridiculisés; oui, c'est facile, mais là c'est très bien ficelé, sur un exemple précis. Bien sûr, c'est un roman de la génération "Tonton" (lequel pouvait tout se permettre, puisqu'il était charmant). Philippe Muray y trouverait de multiples passages qui montrent "l'occultisme-socialiste" à l’œuvre... L'auteur elle-même, qu'elle me pardonne car j'ai vraiment beaucoup aimé son livre, n'a pas échappé à cet attrait du Verbe pour le Verbe qui ne renvoie à rien. Elle décrit très bien les églises, mais on voit en même temps qu'elle n'y comprend rien. Ce n'est pas grave, j'ai vraiment beaucoup aimé ce livre. Il donne plein d'indices pour se représenter ce qu'a été cette aventure typiquement française. Pour chaque lecteur, certains de ces indices généreusement collectés par l'auteur renverront à des souvenirs personnels et à des associations d'idées; je vais terminer par un petit récit à mon tour (ce sera moins bien écrit, car le style de Laurence Cossé est de très haute qualité, un modèle de ce qu'il est possible d'écrire aujourd'hui, dans l'état actuel de notre langue, avec élégance, clarté et humour).
Voilà. J'étais donc un de ces quidams anonymes à qui il arrivait souvent de jouer les badauds en observant la fourmilière du chantier à travers une fente des palissades; ce jour-là, je regardais l'Arche de plus loin, à partir du bord d'une route, où j'attendais le bus près de la Préfecture où j'étais venu pour une démarche administrative, avant de partir au boulot. Il avait plu très fort et une entrée de chantier voisin se traduisait par de très grosses coulées de boue sur la chaussée. Je me souviens que je portais un costume en velours tout neuf. Je ne me suis pas méfié : un camion est passé à vive allure dans une de ces grandes flaques d'eau marron en face de moi. Comme dans un film, au ralenti j'ai vu une énorme vague se former sur le passage de ses roues, se développer vers le haut, se recourber et me tomber dessus pesamment. C'était un film burlesque, mais sans spectateur, seulement une sorte de Keaton qui se prend une douche de boue et reste figé, aveuglé, ébahi. Avec la trouille que ça sèche si vite qu'il ne pourrait plus bouger.
Merci. le "roman" de Laurence Cossé est aussi une fable. Donc : si vous aimez l'architecture ou Paris ou encore les portraits, les années Mitterrand, la littérature, l'humour ou les autres romans de Laurence Cossé, n'hésitez pas. Cliquez.


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Proposé par Play Recycle
Prix : EUR 68,99

6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une oeuvre ouverte, singulière : éprouvante et jubilatoire, 16 janvier 2016
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Quelque chose d'unique.
Nous vivions à Paris en1971 : ce film (Out1 nolli me tangere, la version de plus de douze heures) en propose de nombreux plans qui nous le restituent par de multiples détails, rues, bruits, véhicules, sorties de métro, lieux de ballades (parc Montsouris, bords de Seine...) manière de parler, de s'habiller (ah, les châles sur les épaules des filles...) de se croiser, de fumer sans cesse, de boire un café à une terrasse, tout cela à observer... si l'on veut. En ce sens, c'est un document sur l'espace de l'époque. Pas seulement un décor.
La durée de ce film en est un élément essentiel : c'est un film éprouvant (= on y éprouve plaisirs et douleurs), mais c'est aussi un film qui donne la possibilité de percevoir des instants d'éternité. Un film très daté mais finalement "hors d'âge".
Nous avons vécu nous aussi cette période post-68, pendant laquelle des aventures communautaires et des explorations artistiques débridées (Living theatre, free jazz, bd et autres joyeusetés undergrounds, happenings, liquidation de la modernité dans le bazar de l'Art contemporain pas encore transformé en marché financier) donnaient à chacun la possibilité de "chercher", de se chercher. Nous en retrouvons l'état d'esprit dans le comportement et les improvisations des acteurs.
Jean-Pierre Léaud tient un rôle fil-rouge (une sorte d'enquêteur dans une histoire de complot à décrypter, mais ce canevas n'est qu'un prétexte anémique et dont l'invraisemblance nous nargue) qu'il impose par sa fougue et l'expression de ses tensions internes, ce côté "paranoïaque" qui trouve un écho dans notre curiosité soupçonneuse et notre désir d'histoire cohérente à tout-prix. Juliet Berto éblouit, telle qu'en elle-même, espiègle, féline, mutine, une machine célibataire légèrement folledingue et par conséquent fascinante dans toute la beauté de la "femme-enfant" (on n'a plus le droit de parler de ça, mais tant pis). Michael Lonsdale, d'épisode en épisode (il y en a huit) développe sa puissance de jeu, sa maîtrise, sa séduction aussi et repousse très loin les limites du jeu social, de la communication, en tant que don et non comme calcul. Il aime, il devient vite un aimant. D'autres "seconds rôles" sont chacun leur tour captivants dans leurs apparitions (y compris Eric Rohmer en tant que balzacien !). C'est un film d'acteur. C'est un film incarné, un film "work in progress", où les acteurs prennent des risques constamment dans des équilibres métastables : Rivette, dans le documentaire filmé vingt ans après, dit (avec force gestes à l'appui, il s'exprime en gesticulant constamment avec ses mains comme s'il jonglait avec les mots) qu'il ne voulait pas que le spectateur reste confortablement pris en charge et guidé par des rails rassurants mais se retrouve assis en haut d'une pile de chaises, dans une position vacillante avec l'appréhension de tomber. C'est un film-expérience, un film qui apporte de l'expérience. On ne tombe pas, et par moment on s'envole.
C'est un film qui, comme nous le faisions à l'époque, donne envie de parler juste après; pas un film qui matraque avec des images-chocs et qui vous laisse seulement la possibilité de bredouiler 'j'ai bien aimé et toi ?' ou le contraire; non un film qui vous met dans la position de construire votre perception (pas votre jugement, attendez, votre perception) en intégrant des notions préalables (des concepts),des images, des ressemblances et des associations d'idées. Le film n'existait pas sur le papier avant que les acteurs n'en inventent en direct les dialogues et les postures, et que l'opérateur leur tourne autour pour les saisir, il n'existera pas davantage après si vous n'acceptez pas d'y apporter le meilleur de vous-même en tant que spectateur (patience, observation, participation empathique et distanciation critique).
Dernier point, enfin, purement technique : la version Blue-ray est évidemment bien plus agréable à regarder, j'ai comparé (sur un passage !), et le travail de restauration et de numérisation a atteint là un niveau de qualité admirable, surtout quand on sait (voir le documentaire, très intéressant, et le livret aussi) dans quelles conditions minimalistes il a été réalisé.
Merci !


Maurice Ravel
Maurice Ravel
par Marcel Marnat
Edition : Broché
Prix : EUR 29,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Plus qu'une biographie ! Mieux qu'une biographie !, 17 décembre 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Maurice Ravel (Broché)
La biographie rédigée par M. Marnat apporte tous les éléments qui permettent d'écouter au mieux (avec le plus de compréhension) les œuvres de Ravel : non seulement les éléments biographiques et contextuels, mais aussi de nombreux documents textuels (lettres, articles) qui situent chaque composition, en démontre toute l'intelligence, l'élégance, l'humour, la puissance créatrice et novatrice... Évidemment, je suis un peu partial : les inventions de Ravel, ses audaces, sa façon de pousser beaucoup de choses aux limites du possible (la technique pianistique, les dysharmonies, les rythmes, les modulations, l'orchestration) sa disposition d'esprit résolument Moderne (au sens où Jean Clair emploie ce mot, précisément pour désigner ce qui advient dans le domaine artistique en général à partir de 1905) et enfin ce qu'il faut bien se résoudre à appeler, au risque de passer pour un dinosaure, son style typiquement français (Aîe ! par oppositon à Berg, Brückner ou Rimski-Korakov, si vous voyez ce que je veux dire) tout cela est un pur plaisir indéfiniment renouvelable (fort-da freudien : je l'écoute, je l'oublie un peu, je le réécoute, je laisse passer un peu de temps et je remets le disque.. le plaisir de le retrouver est toujours plus grand et le plaisir s'accroit quand l'effet se recule...)
Je vais procéder comme le logiciel robot Amazon, qui en fonction de ce que vous avez déjà acheté ou regardé en déduit des suggestions de nouveaux "produits" associés par des mots-clés communs... Donc, voilà : Si vous vous intéressez de près à ce "Maurice Ravel", alors n'hésitez pas à vous procurer également le coffret édité par Decca de "L'intégrale Ravel" (oui, tout, absolument tout : The Complete Edition). Je me demande pourquoi ils ne sont pas vendus ensemble, ce serait plus simple pour tout le monde..Le coffret de l'intégrale en 14 Cd devrait valoir beaucoup plus cher : il n'est pas normal qu'un tel trésor (tous ces enregistrements de haute qualité) soit mis sur le marché pour si peu. Profitez-en. (le petit livret à l'intérieur contient très utilement les paroles de tous les airs chantés)


Ravel : The Complete Edition / OEuvres complètes
Ravel : The Complete Edition / OEuvres complètes
Prix : EUR 99,11

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 un trésor est caché dedans, 17 décembre 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ravel : The Complete Edition / OEuvres complètes (CD)
Je vais procéder comme le logiciel robot Amazon, qui en fonction de ce que vous avez déjà acheté ou regardé en déduit des suggestions de nouveaux "produits" associés par des mots-clés communs... Donc, voilà : Si vous vous intéressez de près à ce coffret "Ravel", alors n'hésitez pas à vous procurer également le livre "Maurice Ravel" de Marcel Marnat. Je me demande pourquoi ils ne sont pas vendus ensemble, ce serait plus simple pour tout le monde...La biographie rédigée par M. Marnat apporte tous les éléments pour écouter au mieux (avec le plus de compréhension) les œuvres de Ravel : non seulement les éléments biographiques et contextuels, mais aussi de nombreux documents textuels (lettres, articles) qui situent chaque composition, en démontre toute l'intelligence, l'élégance, l'humour, la puissance créatrice et novatrice... Évidemment, je suis un peu partial : les inventions de Ravel, ses audaces, sa façon de pousser beaucoup de choses aux limites du possible (la technique pianistique, les dysharmonies, les rythmes, les modulations, l'orchestration) sa disposition d'esprit résolument Moderne (au sens où Jean Clair emploie ce mot, précisément pour désigner ce qui advient dans le domaine artistique en général à partir de 1905) et enfin ce qu'il faut bien se résoudre à appeler, au risque de passer pour un dinosaure, son style typiquement français (Aîe ! par oppositon à Berg, Brückner ou Rimski-Korakov, si vous voyez ce que je veux dire) tout cela est un pur plaisir indéfiniment renouvelable (fort-da freudien : je l'écoute, je l'oublie un peu, je le réécoute, je laisse passer un peu de temps et je remets le disque..). Le coffret de l'intégrale devait valoir beaucoup plus cher : il n'est pas normal qu'un tel trésor (tous ces enregistrements de haute qualité) soit mis sur le marché pour si peu. Profitez-en. (le petit livret à l'intérieur, en attendant de recevoir le bouquin de Marcel Marnat, contient très utilement les paroles de tous les airs chantés)


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