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Contenu rédigé par Encre Bleue
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Encre Bleue (France)
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Les préquelles, histoires avant de bien dormir et quelques autres considérations qui assoupiront les plus agités
Les préquelles, histoires avant de bien dormir et quelques autres considérations qui assoupiront les plus agités
par Vincent Malone
Edition : Relié
Prix : EUR 18,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Les préquelles, histoires avant de bien dormir, 14 novembre 2015
L'auteur Vincent Malone (de son vrai nom Vincent Barrès) est un malin, il ne va donc pas se contenter des légendes de nos grands-mères. Non, il va nous raconter la face cachée des grands classiques. Musicien, chanteur et auteur, il écrit et chante pour les enfants parce des enfants, il en a plein, et que pendant qu'ils lisent ou écoutent, il peut ainsi passer à autre chose tranquillement ! L'auteur fait preuve d'une imagination sans limites pour ce qui est de détailler ce qu'il s'est passé avant que le conte ne débute réellement. Le pourquoi du comment qui fait que l'ogre a varié son alimentation, que les génies ont migré dans des objets, que l'âne Saucisson est passé d'un statut royal à celui de couverture, que le Vilain Petit Canard a atteint le mauvais nid, d'où sort Mère-Grand, et que faisait-elle avant de tomber malade ?! Pourquoi l'ogre de Jack et le haricot magique habite-t-il dans un château perché au milieu des nuages ?! Où est passée la maman de La Petite Sirène ?! Comment le père de Cendrillon a-t-il pu épouser une harpie ?! Quel est l'objectif des Quarante Voleurs ?! Qui était l'âne écorché dans Peau d'âne ?! D'où viennent La Barbe Bleue et la fortune de son propriétaire ?! Et les habits du Chat Botté ?! Comment fait Le Loup pour souffler si fort sur les trois petits cochons ?! Qui sont ces ours chez qui Boucles d'Or a élu domicile ?! Comment un génie peut-il se retrouver coincé dans une lampe et l'oeuf d'un Cygne dans le nid d'une cane ?! Se plongeant résolument dans des atmosphères historiques, mais ne dédaignant pas un détour par les petits hommes verts, apostrophant son lecteur à chaque fin de chapitre, multipliant les notes en marge, l'auteur s'amuse avec un grand « A ».

Si ces annotations sont, globalement, assez drôles, on regrettera qu'elles sombrent parfois dans l'humour potache, alors que le reste du conte est de très bonne facture ! Cela étant, la satire est assez souvent à hauteur de grand, mais le plaisir se partage aussi avec des histoires bien campées pour les plus jeunes, complètement autonomes d'ailleurs. Le conte classique qui peut suivre devient alors un simple supplément. Les illustrations de façon gravures moyenâgeuses, les prologues et les morales donnent encore l'illusion du plus grand sérieux même si l'on ne s'y trompe jamais. Les maîtres-mots de l'ouvrage sont humour et originalité. Vincent Malone respecte la structure traditionnelle des contes, en y introduisant des éléments parfois inattendus comme la science-fiction dans la préquelle d'Ali-baba et les Quarante Voleurs, qui fait partie des meilleurs textes ! Impressions également dues aux illustrations qu'il comporte, à la manière des enluminures. Visuellement, tout le contenu vise clairement la ressemblance avec les manuscrits de cette époque. Les contes sont chapitrés, et chaque séquence s'achève sur une exhortation à dormir : sentence parfois un peu artificielle, mais qui aura le mérite de permettre de ne pas lire les contes en une fois ! Ces « Histoires avant de bien dormir » sont donc autant à destination des enfants agités qui ne peuvent dormir sans histoire, qu'à celle de leurs parents conteurs, qui apprécieront l'originalité des préquelles, et les touches d'humour disséminées dans les textes. Nul besoin d'être en bas-âge pour apprécier ces contes joliment revisités. Un livre à promettre aux initiés maloniens ! « Les contes nous échappent. Ils sont radieux et on ne peut les saisir, et ce qu'on ne peut avoir, on l'aime éternellement. » Jules Renard

Le Conte aide l'Enfant (espace remarque)
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 26, 2015 6:00 PM CET


Les Quatre Filles du docteur March
Les Quatre Filles du docteur March
par Louisa May Alcott
Edition : Broché
Prix : EUR 9,95

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Les Quatre Filles du Docteur March, 10 novembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Quatre Filles du docteur March (Broché)
Les Quatre filles du Docteur March (Little Women) de Louisa May Alcott est un roman d'inspiration autobiographique paru en 1868. En France, le roman est publié pour la première fois en 1880 aux éditions J. Hetzel, traduit par P-J Stahl dans la collection Bibliothèque d'Éducation et de Récréation. Grand classique américain, le livre propose une vision de la vie de famille au XIXe siècle et une échelle de valeurs morales très traditionnelles. La nécessaire charité envers les pauvres, la pauvreté méritante et la richesse qui ne fait pas le bonheur, la pensée consolante qu'il y a toujours plus malheureux que soi, le travail et la vie sociale qui sont les piliers du bonheur, les occupations qui doivent être saines et profitables y compris les jeux. Margaret que tout le monde appelle Meg, est l'aînée des March, elle a 16 ans et travaille comme bonne d'enfant dans la famille King où elle s'occupe des quatre plus jeunes de la fratrie, enfants gâtés qui mettent ses nerfs à rude épreuve. D'autant plus que Meg n'est pas très courageuse au travail ! D'un caractère plutôt fataliste, doux, elle aime davantage le luxe, les jolies toilettes, les distractions, les fêtes et les danses que le travail ou l'exercice physique. Jolie brune aux grands yeux et aux belles mains blanches, Meg est coquette, fleur bleue et comme bon nombre de jolies jeunes donzelles de la bonne société n'attend qu'une chose : un gentil et beau mari. Toutefois elle est de bon conseil pour sa cadette toujours en train de faire une gaffe et fait de son mieux pour aider à la maison. En tout cas c'est de loin la meilleure actrice dans les pièces qu'écrit et met en scène Jo pour le plaisir de leurs amies.

Josephine, surnommée Jo pour son plus grand plaisir car elle déteste son prénom trop guindée, est une grande jeune fille de 15 ans. Brune aux beaux cheveux épais, élancée, elle a de grands pieds et de grandes mains, un nez retroussé et des yeux joliment gris. Le moins qu'on puisse dire, et elle le reconnaît elle-même en se définissant comme « l'homme de la maison », et qu'elle est assez peu féminine. En réalité c'est un vrai garçon manqué : elle aime les jeux de garçons, elle est un peu brusque, parfois même bourrue. Elle détonne dans une maisonnée de filles et dans cette société américaine du milieu du XIXe siècle où les jeunes filles de bonne famille ne sont pas censées cavaler dans les escaliers ou siffler ! Jo est maladroite, un peu négligée, n'accordant pas une grande attention à ses toilettes, souvent impatiente, spontanée et franche. Mais elle a un grand coeur et le sens de l'humour sous ses airs grognons et malgré une langue parfois un peu trop bien pendue. Elle aime son voisin Laurie, la lecture et les pommes, son rat apprivoisé mais surtout elle consacre une part de son temps à l'écriture de contes et de pièces de théâtre car elle a de l'imagination, une belle plume. Elle tient peut-être son caractère entier et décidé de sa grand-tante Madame March chez qui Jo travaille comme dame de compagnie et qui est maussade, capricieuse et à cheval sur les principes mais dans le fond a bon coeur. En tout cas des quatre filles March, Josephine est la plus hardie. Pragmatique, elle n'hésite pas à prendre les choses en main quand il le faut et à prendre des décisions importantes seule comme par exemple s'adresser à un journal pour faire publier ses contes ou vendre ses cheveux à un coiffeur pour aider son père dans le besoin. Jo a de la suite dans les idées et le goût de l'aventure !

Beth pour les intimes est la fille sage de la fratrie March. A 13 ans seulement, elle fait preuve d'esprit de conciliation et de douceur, elle est serviable et gentille avec tous et tout le monde l'apprécie beaucoup. Elle aime les animaux et la musique avec passion. Elle se révèle d'ailleurs particulièrement douée au piano. Agréable et paisible, elle aide sa mère à la maison car à cause de sa trop grande timidité, elle était bien trop malheureuse et terrifiée à l'école d'où ses parents l'ont retirée. Petite adolescente aux cheveux soyeux et aux yeux brillants à l'âme d'une infirmière dévouée et tendre, Beth vit pour sa famille. Mais depuis que le voisin Monsieur Laurence, un vieux monsieur un peu rude l'a autorisée à venir jouer sur son piano, Beth est un peu plus sociable avec les étrangers. Quant à Amy, elle est encore écolière mais à 12 ans seulement et dernière de la famille, elle sait déjà ce qu'elle veut : être une artiste connue. Elle a un grand talent pour le dessin en effet et ses activités de dessinatrice l'occupe beaucoup. C'est une vraie petite poupée blonde et bouclée aux yeux bleus. Toutefois ce physique avantageux est un peu gâté par son mauvais caractère. Elle ne ressemble pas à sa grande soeur Jo à qui elle reproche ses mauvaises manières, ni à la gentille Meg et encore moins à la patiente et angélique Beth. Amy est vaniteuse, prétentieuse, maniérée, jalouse au point de commettre des actes très fâcheux pour les autres par exemple brûler les carnets de Jo qui rassemblent ses écrits. Une vraie petite pimbêche en devenir mais ses parents et ses soeurs sont là pour amender le caractère tempétueux de cette frêle et élégante blondinette.

Les quatre soeurs vivent avec leur mère, une femme généreuse et aimante, et une domestique dévouée prénommée Hannah. Toutes attendent avec impatience le retour de Monsieur March qui s'est engagé dans l'armée comme aumônier car l'histoire se passe en pleine guerre de Sécession aux Etats-Unis. Monsieur March, propulsé « docteur » dans la traduction française alors que c'est un pasteur et non un médecin, a perdu sa fortune en voulant aider un ami en difficulté, si bien que c'est lui qui se retrouve dans les difficultés financières et la famille est dans la gêne, c'est pour cette raison que les aînées doivent se trouver chacune un travail. Cette tache à l'extérieur mis à part, et l'école en ce qui concerne Amy, la vie des quatre filles March se passe comme celle de toutes les fillettes et adolescentes américaines de la classe moyenne de l'époque qui attendent le mariage. Pour l'heure, études, couture et autres travaux d'aiguilles, visites aux amis et aux pauvres, quelques soirées dansantes, église, entretien de la maison du moins les travaux les moins pénibles, les plus durs étant effectués par Hannah. Le texte, rédigé dans une élégante et fine typographie, est abondamment illustré de vignettes et de peintures aux couleurs contrastantes dans lesquelles le bleu et l'orangé occupent une place de choix. Une biographie de l'auteure est présentée sur un rabat, en début d'ouvrage, tandis que la numérotation des pages s'inscrit dans des encadrés orangés. Une belle réussite ! Chronique d'une année dans une famille américaine durant la guerre, ce livre est avant tout le portrait intemporel, généreux et tendre de jeunes filles en devenir qui s'apprêtent à prendre leur envol. Malgré des tempéraments différents, elles sont profondément soudées. Meg, Jo, Beth, Amy : quatre soeurs, quatre personnalités émérites auxquelles chaque lectrice saura tour à tour s'identifier ou s'attacher.


Oliver Twist
Oliver Twist
par Charles Dickens
Edition : Broché
Prix : EUR 17,88

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Oliver Twist, 6 novembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Oliver Twist (Broché)
Oliver naît dans un dépôt de mendicité en Angleterre. Un bien triste venu au monde qui n'est que le présage de ce qui va suivre. Orphelin dès son premier souffle, sa mère, inconnue et trouvée dans la rue sans alliance, décédant en couches et son père n'étant même pas mentionné. Faute d'antécédents, il reçoit son nom de Mr Bumble, le pompeux bedeau de la paroisse et gérant de l'hospice. Oliver tombe sous la protection de la « Loi sur les pauvres » selon laquelle il a droit à une maigre pitance. Oliver est d'abord placé dans une succursale du dépôt gérée par l'horrible Mme Mann qui n'hésite pas à l'enfermer au cachot pour le punir. Des brimades dont le petit garçon recevra pendant de longues années, il est ensuite ramené à l'hospice, et alors qu'il n'a que neuf ans on lui donne un travail : trier l'étoupe. Mais parce qu'il a l'arrogance de réclamer un soir une part supplémentaire de gruau, parmi ses camarades affamés, on décide de le proposer en ville comme apprenti. M. Sowerberry, croque-mort le prend à son service. Mais Noé, un jeune garçon qui travaille également chez M. Sowerberry voit d'un très mauvais oeil l'arrivée d'Oliver. Un jour, il insulte un proche d'Oliver. Ce dernier se rebelle et le frappe. Noé l'accuse alors d'être devenu fou et d'avoir voulu l'assassiner. Oliver prend alors la décision de s'enfuir. Au bout de plusieurs jours après 112 kilomètres de marche, Oliver arrive à Londres où il va faire connaissance d'une bande de jeunes pickpockets qui travaillent pour un étrange vieillard nommé Fagin. Mais Oliver n'a pas un mauvais fond et il va tenter d'échapper à cette bande dont il n'approuve pas les méthodes. Malheureusement, il en sait trop ... Charles Dickens y dénonce de manière très habile les injustices sociales de son époque et surtout la manière dont sont traités les enfants. Et « Oliver Twist » incarne cette injustice à la perfection. En effet, tout au long du roman, il refuse la facilité de devenir un voyou et parvient à rester honnête malgré les nombreuses épreuves qu'il traverse. L'histoire, elle est très prenante, très émouvante, quand on imagine d'une part cet enfant molesté, humilié, qui part d'un calvaire pour tomber dans un calvaire encore plus profond, mais aussi d'autre part de dissemblable enfants qui, après avoir été humiliés, molestent voire battent d'autres enfants comme si ces derniers étaient responsable de leurs malheurs, quand on s'aperçoit que la société de l'époque est violente, arbitraire, et expéditive. C'est de ce style, de cette manière, que Charles Dickens nous présente l'histoire d'Olivier Twist, qui, pendant une grande partie de sa vie, à grandit dans la façade occulte de la société anglaise du XIXème siècle. On s'attache à ce petit personnage qui apparaît si fragile dès les premières lignes et qu'on a véritablement envie de protéger tout au long du roman. Ce livre qui raconte une histoire aussi belle que dramatique, aussi déchirante que passionnante, une histoire écrite par une très belle plume ne peut que nous conquérir.


Les trois mousquetaires
Les trois mousquetaires
par Alexandre Dumas
Edition : Broché
Prix : EUR 24,21

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Les trois mousquetaires, 2 novembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les trois mousquetaires (Broché)
L'histoire, intitulée Les Trois Mousquetaires est publiée sous forme de roman-feuilleton dans le célèbre journal Le Siècle, du 14 mars au 14 juillet 1844. Elle s'intitule d'abord Athos, Porthos et Aramis, et c'est Louis Desnoyers chargé du feuilleton au Siècle qui propose à Alexandre Dumas de changer ce nom pour Les Trois mousquetaires. A cette occasion, celui-ci lui aurait d'ailleurs répondu : « Je suis d'autant plus de votre avis d'appeler le roman Les Trois mousquetaires, comme ils sont quatre, le titre serait absurde, ce qui promet au roman le plus grand succès ». Ce n'est d'ailleurs pas totalement absurde dans la mesure où Athos, Porthos et Aramis d'origine béarnaise, sont les trois seuls mousquetaires pendant une grande partie du roman, d'Artagnan ne le devenant que par la suite. Cependant, ce dernier se taille rapidement la place du héros principal, et même celle du mousquetaire idéal, le mousquetaire par excellence, dont la personnalité éclipse toutes les autres. Avec ses nombreux combats et ses rebondissements romanesques, « Les Trois Mousquetaires » est l'exemple type du roman de cape et d'épée. Ces quatre hommes vont s'opposer au premier ministre, le cardinal de Richelieu et à ses agents, dont le comte de Rochefort et la belle et mystérieuse Milady de Winter, pour sauver l'honneur de la reine de France Anne d'Autriche. Alexandre Dumas l'a voulu ainsi car il commence son roman trilogique avec d'Artagnan quittant son Sud-Ouest natal, doté de son épée, de ses recommandations et de sa fougue comme l'étaient tous les Cadets de Gascogne de l'époque. C'est lui que le lecteur rencontre en premier, suit à Paris et ensuite dans toutes ses aventures romanesques qui le conduisent de la Cour de France en Angleterre, bravant tous les dangers mais épaulé par la solide et merveilleuse amitié de ses trois amis mousquetaires. Si le roman s'intitule Les Trois mousquetaires, son personnage principal en est D'Artagnan, jeune noble gascon, pauvre comme un Gascon qui se respecte, venu chercher fortune à Paris, c'est-à-dire à la Cour. Recommandé à Monsieur de Tréville, il aspire à devenir mousquetaire du Roi. Les Trois mousquetaires, légèrement plus âgés que lui, appartiennent à ce corps prestigieux aux yeux du jeune cadet qui sont entièrement dévoués à Louis XIII. En se battant bravement avec eux contre les gardes du Cardinal, D'Artagnan obtient leur amitié et la protection de Tréville, lui-même proche du Roi et entre dans la Compagnie des gardes sous le commandement de Monseigneur des Essarts.

Athos est le plus âgé, une tête noble et belle. Silencieux, il est aussi le plus déterminé et le plus coriace. C'est un grand seigneur, ce qui transparaît dans sa façon de donner des ordres ou de faire face à Richelieu qu'il traite d'égal à égal. Il cache un mystère. Il est profondément misogyne. Porthos est présenté, lui, dans l'attitude et le costume qui illustrent sa vanité, un mousquetaire de grande taille, d'une figure hautaine et d'une bizarrerie de costume qui attire sur lui l'attention générale. La grande préoccupation de Porthos est l'argent. Quant à Aramis, il est, lui, longuement décrit comme un jeune homme au visage doux, sa moustache fine dessine sur sa lèvre supérieure une ligne d'une rectitude parfaite. Appréciant les belles-lettres, il a l'âme bohème. Mousquetaire rêvant d'être abbé, il le deviendra vingt ans après, il ne rêvera plus de coups et blessures. Mais pour l'heure, Aramis complote avec passion pour peu que de ravissantes jeunes femmes en soient. Ici, c'est avec Madame de Chevreuse qu'il se range dans le camp de la reine contre Richelieu. Malgré leurs différences d'origine et de caractère, ces quatre hommes deviennent inséparables. Leur première aventure sera dominée et menée par D'Artagnan, mais la seconde et surtout la troisième péripétie donnent un rôle essentiel à Athos. Loyauté, générosité, tendresse sont les sentiments qui les unissent. Quel romancier n'aurait pas voulu inventer cette célèbre devise « Tous pour un, un pour tous ». Vingt ans après, Alexandre Dumas impute à la seule jeunesse. De fait, tous les protagonistes du roman sont jeunes, comme Constance Bonacieux, Milady, Aramis et sans doute Porthos, auxquels le récit attribue 22 ans, Buckingham à 27 ans, comme Athos et D'Artagnan, le plus jeune, à 18 ans. Cette jeunesse justifie tout l'enthousiasme qui habite les personnages comme la dimension morale des aventures pour D'Artagnan qui, à la fin, a atteint l'âge adulte fixé par le roman à 24 ans. Si le roi et la reine sont vieillis, au regard de leur réalité historique comme Richelieu, c'est qu'ils sont du côté du pouvoir en place, donc du côté des adultes. L'épilogue du récit laissera D'artagnan seul puisque ses compagnons se retireront du service royal. Athos, qui part en Touraine pour élever son fils. Aramis pour enfin entrer en religion. Porthos pour se marier à une duchesse, veuve d'un notable fortuné. Mais le bonheur de la lecture qui peut mieux le dire qu'Alexandre Vialatte : « Ce ne sont que reines et secrets d'Etat. Et c'est beau comme l'invraisemblable. Car il faut rendre cette justice à Alexandre Dumas qu'entre le beau et le vraisemblable il a toujours préféré le beau. Qui est plus grandiose. Un romancier n'est pas obligé de tolérer les caprices de l'histoire de France. L'histoire propose, le romancier dispose. La vraisemblance a souvent tort d'avoir raison. Un romancier doit être impitoyable. Et c'est ainsi que Dieu est grand ». Un roman de l'amitié et de la jeunesse !


Sauvage
Sauvage
par Aurélie Bévière
Edition : Album
Prix : EUR 24,95

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Sauvage, 28 octobre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sauvage (Album)
Le roman graphique de Jean-David Morvan, Aurélie Bévière et Gaëlle Hersent, sous-titré « Biographie de Marie-Angélique Hersent » dépeint les aventures extraordinaire d'une jeune Algonquin devenue la protégée de la Reine à Versailles. Entre temps, elle a été arrachée à sa famille d'origine. Elle est adoptée, à la suite des guerres indiennes, par des colons français du Québec qui la ramènent au plus mauvais moment dans la métropole de l'époque. Leur navire est frappé d'un an de quarantaine en arrivant en 1720 à Marseille, ville frappée par la Grande Peste. A 8 ans, et dans des circonstances mal connues, la jeune fille rebaptisée Marie-Angélique s'enfuit dans les bois. Elle va y rester 10 ans et traverser toute la France puisqu'on la retrouve en Champagne en 1731. Elle se réfugie pendant de nombreuses années au coeur des forêts françaises, dans la Marne. Elle a vécu cette aventure avec une autre fugitive, esclave d'Ethiopie, avec laquelle elle forge un langage primitif lié à l'environnement dans lequel elles ont vécu. Son amie est tuée au moment où on les découvre. Marie-Angélique est retrouvée dans un état d'ensauvagement important et sera finalement capturée dans la forêt de la commune de Songy par une poignée d'habitants. Une enfant sauvage à la peau si blanche et si pure une fois lavée que l'aristocratie française décide de l'éduquer au nom de la chrétienté. Emmenée dans un hospice religieux sur ordonnance du vicomte, la jeune femme va alors connaître de longues et épuisantes journées, durant lesquelles elle devra se réadapter à la vie en société. Réapprendre l'usage du français, s'habituer, se souvenir, se faire accepter et devenir une jeune femme cultivée digne de ce nom, voilà le quotidien de la première enfant « sauvage » de France. Son aventure arrive aux oreilles de la Reine Mère qui s'intéresse à elle. Ensuite, ce sera le cas de la Reine elle-même. Marie-Angélique finira par tenir un salon littéraire à Paris et mourra de vieillesse. Mais son parcours restera jusqu'au bout semé d'embûches. Telle qu'elle est décrite dans ces pages, c'est une jeune femme très farouche mais empreinte d'une grande foi envers la Vierge Marie.

Son adaptation en a coûté à sa mémoire et c'est beaucoup plus tard qu'elle entame avec quelques spécialistes, un retour sur ses propres origines. Marie-Angélique a été durant sa vie une femme multiple, et, bien que victime de plusieurs traumatismes, elle a su s'acclimater aux conditions de son époque. Son phare dans la nuit ? La survie. Enfants abandonnés à la naissance, enfants arrachés à leurs parents ou tout simplement perdus, les « enfants sauvages » continuent de hanter les légendes et les faits divers des civilisations notamment occidentales et asiatiques. Constitutifs de certains mythes comme Romulus et Remus, fondateurs de Rome, ils se révèlent parfois être des handicaps, des violences parentales ou de vulgaires supercheries. Mais les cas réels existent, maltraitance et abandon n'étant malheureusement pas incompatibles jusqu'au XXIe siècle. La désocialisation effective pourra apparaître plus ou moins mineure voire insignifiante si on la compare avec celle de l'authentique enfant sauvage Marie-Angélique le Blanc. Au départ, un ouvrage de Serge Aroles, paru en 2004, évoquant le destin de Marie-Angélique, une enfant devenue sauvage, se nourrissant de chair crue, éloignée de la civilisation. Le récit de Jean-David Morvan et Aurélie Bévière s'inspire du livre pour raconter avec la dessinatrice Gaëlle Hersent toute la vie de cette femme « née en 1712 ». En 200 pages les auteurs relatent sa destinée mystérieuse, atypique, terrible. Dans un souci d'exactitude et pour offrir à leur récit un maximum d'authenticité, ils sont partis sur ses traces, de la Marne jusqu'à la Capitale, ont visité les différents endroits où elle a vécu à Paris. Des zones d'ombre subsistent sur ses origines et sur certaines époques de sa vie, alors ils ont reconstruit les parties manquantes, y ont posé leur interprétation en essayant de rester justes et cohérents. « Sauvage » est une oeuvre biographique à laquelle ils ont apporté une note personnelle. Le résultat est convaincant ! Optant pour un style classique et pudique, le trio d'auteurs de « Sauvage » s'appuie beaucoup sur les scènes sans dialogue pour nous faire entrer dans la psychologie d'un personnage au mystère insondable. La force de ces pages muettes, montrant une très belle variété de tons, offre de nombreux moments de poésie, mélancolique ou onirique. Cruelle, bestiale, mais aussi douce et pleine d'humanité, cette destinée incroyable retracée en bande dessinée nous entraîne des forêts de Champagne jusqu'aux salons parisiens. Les auteurs nous offrent la surprenante biographie d'une enfant pas comme les autres. Une histoire poignante !


Excalibur Chroniques T01: Pendragon
Excalibur Chroniques T01: Pendragon
par Jean-Luc Istin
Edition : Album
Prix : EUR 15,50

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5.0 étoiles sur 5 Excalibur Chroniques - Tome 1, 24 octobre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Excalibur Chroniques T01: Pendragon (Album)
Au coeur de la forêt, Merlin reçoit Excalibur, l'épée des rois, qu'il remet à Uther Pendragon, un guerrier aussi brave que rude, contre la promesse de la brandir dans le seul but d'unifier les bretons contre les envahisseurs saxons, pictes, gaëls et scots. Ayant accepté, le jeune chef obtient bientôt l'allégeance des autres clans et défait leurs adversaires communs, Hengist et Vortigern. Cependant, une autre lutte ne tarde pas à émerger, celle des croyances ancestrales incarnées par Avalon contre la religion chrétienne. Le drame se noue à Tintagel, chez le duc Gorloix, fervent tenant de la nouvelle foi, mais aussi bourreau de sa propre épouse, une des dames de l'île fabuleuse qu'il accuse de sorcellerie. Découvrant cette injustice, Uther n'a plus qu'un désir, voler au secours d'Ygerne, dont la beauté l'a subjugué. Aidé de Merlin, il met au point un plan de sauvetage, sans se douter qu'il marche vers son destin. Un avenir que Morgane, la fille de la duchesse, a vu et qu'elle ne saurait changer. Mille fois mise en images et relatée, la légende arthurienne ne réserve plus guère de surprise. Néanmoins, les noms d'Excalibur, d'Uther, de Merlin ou d'Arthur continuent de peupler l'imaginaire et de faire rêver le temps d'un roman ou d'une bande dessinée. Connaissant parfaitement ce mythe dont il offre régulièrement de nouvelles approches, Jean-Luc Istin propose, ici, de le revoir en mettant en avant l'arme des rois. Dans ce premier tome, le récit reprend tous les éléments habituels du cycle arthurien et il n'y a donc aucune surprise à attendre de ce côté-là. En revanche, l'approche des personnages s'avère intéressante, en particulier concernant le triangle formé par Uther, Ygerne et Gorloix, dont les caractères sont bien éclairés, ainsi que Morgane qui possède déjà une véritable épaisseur. Par ailleurs, le scénariste dépeint de façon contrastée et bien vue le règne du géniteur d'Arthur, qui de tête brûlée devient un souverain à la fois ferme et attachant. Accompagnant une narration fluide et bien rythmée, le dessin d'Alain Brion porte magnifiquement l'histoire. Son trait précis et soigné se révèle d'une grande efficacité, tout comme le découpage des planches qui assure une lecture aisée, tandis que les cadrages, variés, servent au mieux l'action. Une grande partie du plaisir visuel tient également à la colorisation. Jouant sur une vaste palette de nuances propices à la création d'ambiances réussies et sur des textures très travaillées, l'artiste parvient joliment à donner corps et à insuffler vie aux protagonistes. Jean-Luc Istin est un auteur prolifique et passionné. Passionné à tel point, qu'il est devenu une référence bédéphile en tant que conteur de légendes celtiques. Le monde onirique et fantastique des légendes du folklore breton n'a plus de secret pour lui. Après les personnages de Merlin et de Lancelot, pour ne citer qu'eux, l'auteur nous retrace l'histoire de la plus célèbre des épées, la mythique Excalibur, entamant son récit bien avant que celle-ci ne soit prisonnière de la pierre attendant son roi. Son avantage est de pouvoir faire appel à nombre de personnages ou de lieux légendaires et fantastiques tels Merlin, Viviane, Uther, Morgane, Mordred, Avalon, Camelot ... Narrateur habile, Jean-Luc Istin reste fidèle au classicisme des légendes arthuriennes, malgré certaines digressions telles Merlin aïeul de Morgane où encore le roi danois Hengist en saxon désireux de s'établir en terres bretonnes. Page après page, la métamorphose d'Uther en roi sage et aguerri s'impose à nous naturellement. Alain Brion fait étalage de tout son art, déjà remarqué dans Les Insurgés d'Edaleth ou dans le défunt Epopée de Gilgamesh. Le rendu graphique de sa palette numérique aux couleurs flamboyantes donne toute sa mesure, tant dans la brutalité et la violence des scènes d'actions que dans la magnificence des paysages et lieux mythiques. Alternant à bon escient le féerique à la violence à la barbarie, l'illustrateur se calque parfaitement au récit de Jean-Luc Istin pour nous donner un premier opus vraiment prometteur.


Lancelot, Tome 1 : Claudas des Terres Désertes
Lancelot, Tome 1 : Claudas des Terres Désertes
par Jean-Luc Istin
Edition : Album
Prix : EUR 14,50

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Lancelot - Tome 1, 20 octobre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Lancelot, Tome 1 : Claudas des Terres Désertes (Album)
Le seigneur Claudas envahit les terres du roi Ban de Bénoïc dans le but de lui usurper son royaume. Ban sait qu'il aura besoin de l'aide et du soutien du jeune roi Arthur ou de Merlin pour pouvoir résister à l'envahisseur. Il part donc discrètement de son palais, accompagné de son épouse Hélène, de leur enfant Lancelot et de Pharien, son plus fidèle vassal, pour quérir de l'aide. Malheureusement pour eux, un chevalier au service de Claudas postés non loin du château, les a repérés. Ce dernier a tôt fait de rapporter ce qu'il a vu à Claudas, qui lui donne l'ordre de les rattraper avec un groupe d’hommes en arme et de les éliminer. Dans le même temps, Claudas profite du départ de Ban pour faire venir le Sénéchal qui a la charge de la sécurité du château pendant l'absence du roi. Il lui fait alors croire que Ban a fui ses responsabilités, pour mettre sa famille à l'abri. De fait, le Seigneur conclut un accord avec lui : le Sénéchal accepte de devenir le maître de terres de Bénoïc, sous la tutelle de Claudas et laisse son armée entrer à Trèbes sans la moindre résistance. Pendant ce temps, les hommes de Claudas mènent la traque au roi Ban et à ses compagnons. Dans sa fuite, Ban se retrouve enlisé dans un marécage, la meute approchant, il demande à Pharien de ne pas tenter de le sauver mais de fuir le plus loin possible avec Dame Hélène. Les ennemis proches, Pharien décide de se sacrifier à son tour en faisant une diversion pour permettre à Hélène de fuir avec son enfant. Mais la diversion est de courte durée et acculée, Hélène accepte de donner son enfant à une dame du lac qui s'occupera de son éducation. Elle fait alors croire aux hommes de Claudas qu'elle a préféré noyer Lancelot que de les laisser le tuer eux-mêmes. La prophétie affirme qu’il est le chevalier qu’attendent les Bretons, et ce malgré son sexe. Car bien que l’enfant soit une fille, il rencontrera un jour son destin. S’imaginer que le scénariste Jean-Luc Istin reprend simplement la trame d’une légende bien connue largement réécrite à l’époque de l’amour courtois, serait mal le connaître. En effet, il s’approprie le personnage et fait de Lancelot, le prestigieux chevalier serviteur d’Arthur et Guenièvre. Néanmoins, hormis le fait de changer les attributs traditionnels du personnage central, c'est au fil des opus qu'on s'apercevra la grande mise en avant de cette féminité.

S’ouvrant sur un rassemblement où Viviane assure le rôle de barde, Claudas des terres maudites s’articule en trois parties servant de présentation et mettant en place les éléments du décor pour la suite. A une poursuite échevelée succèdent les longues années d’apprentissage du jeune Galaad, depuis son initiation aux armes et aux onguents en passant par la découverte de la peur qui le mène aux frontières de la conscience et de la mort. Enfin, après cet épisode plus lent, une autre prise en chasse, bien rythmée, offre à l’album une scène finale riche en suspense. Dans cet ensemble finalement, les protagonistes semblent pour l'instant en retrait puisqu’on y retrouve les habituels seigneurs ou serviteurs félons, de même que les indéfectibles fidèles ou les mages jaloux de leurs pouvoirs. Quant aux femmes dont le scénariste annonce toute l’importance, elles restent confinées également à un statut de mater dolorosa acceptant les plus grands sacrifices. Par ailleurs, le graphisme d’Alexe convient bien au récit et restitue avec succès les ambiances propres, quoiqu’un rien convenues, de l’univers arthurien. Après s'être attaqué aux aventures du magicien Merlin, Jean-Luc Istin aborde à présent le chevalier Lancelot. Tout le monde connaît plus ou moins l'histoire de Lancelot, grand chevalier amoureux de Guenièvre, épouse du roi Arthur. Aussi, pour s’éloigner des voies convenues, le scénariste bouleverse nos connaissances en faisant de Lancelot, une femme ! Comme pour étendre le concept encore plus loin, le graphisme est confié à une dessinatrice, Alexe et les couleurs à une coloriste, Elodie Jacquemoire. L'idée a le mérite d'être originale, même si pour l'instant, elle n'apporte rien de différent car Lancelot est encore enfant et en pleine éducation. Dans ce tome, on suit avec intérêt tout ce qui se passe autour de Lancelot, dont l'enfant n'a pas conscience puisqu'il vit à l'écart du monde, dans le val sans retour. Les dessins d’Alexe, plus connue pour ses talents de coloriste, sont très convaincants, aussi bien au niveau des jolis décors que des personnages, pour la plupart charismatiques. Cette partition reste néanmoins classique, eut égard au manque d’assauts épiques à se mettre sous la dent pour l'instant. Le tout est magnifié par les couleurs d’Elodie Jacquemoire qui a déjà travaillé avec Jean-Luc Istin sur d'autres séries comme L'ordre des dragons, Le cinquième évangile, Merlin. Rendez-vous dans les prochains opus pour découvrir l'importance que prendra la féminité de Lancelot dans cette nouvelle adaptation qui promet.


La légende du roi Arthur
La légende du roi Arthur
par Ariane Bilheran
Edition : Broché

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5.0 étoiles sur 5 La légende du roi Arthur, 16 octobre 2015
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Aux temps anciens, le roi de Bretagne Uther Pendragon, régnait sur un royaume prospère et paisible qui couvrait alors la Grande-Bretagne et la Basse Bretagne française actuelle. Mais un jour, ce roi fut pris d'une passion soudaine pour l'épouse d'un de ses barons. Merlin, le druide, son illustre conseiller, tenta de l'en détourner. Mais le roi insista tant que Merlin dût céder à sa volonté et l'aida par magie à posséder la femme qu'il désirait plus que tout au monde. En échange, Merlin exigea que le fruit de cette union lui soit confié, et neuf mois plus tard naquit un garçon nommé Arthur. Merlin confia l'enfant à un homme sage, preux chevalier, afin qu'il puisse grandir au sein d'une famille et recevoir une éducation digne et rigoureuse. Peu de temps après, Le roi Uther fut blessé au combat. Mais avant de mourir, il planta son épée dans le roc et la nomma « Excalibur » l'épée des rois. Il jura que seul son successeur serait capable de l'en extraire. Depuis ce jour, personne ne put tirer l'épée du roc et le Royaume de Bretagne, sans roi, fut déchiré par les guerres fratricides et les attaques des Saxons aux frontières. Le spectacle commence le jour où Merlin réunit le peuple pour désigner le nouveau roi qui devra enfin unifier et pacifier le Royaume de Bretagne. Comme le roi Uther l'avait prédit, l'élu sera celui qui parviendra à extraire Excalibur du rocher. Tous les Seigneurs du Royaume défilent devant le rocher sans succès. Pour les départager on décide alors d'organiser un tournoi espérant que Dieu aidera le vainqueur à extraire Excalibur. A cette époque, Arthur n'est qu'un jeune écuyer au service du fils de son père adoptif qui vient d'être adoubé Chevalier. Il se hâte de préparer l'équipage de son frère pour le tournoi quand il s'aperçoit que l'épée a disparu. N'ayant pas d'autre choix et ignorant la raison de ce rassemblement, Arthur décide d'emprunter l'épée plantée dans le rocher. Ce ne sera pas un vol, pense-t-il, juste un emprunt, il la remettra à sa place après le tournoi. Arthur s'approche du rocher et en retire Excalibur sans fournir le moindre effort. La rumeur monte, tous s'approchent de celui qui tient l'épée, de celui qui, selon la prédiction, sera désigné comme le nouveau roi de Bretagne. Le peuple et quelques princes et barons font aussitôt allégeance, d'autres refusent d'accepter pour roi un gamin, un simple écuyer sans naissance qui n'est pas chevalier. Merlin révèle alors la véritable identité d'Arthur, mais le prince Méléagant, prenant la tête des rebelles jure que jamais il ne reconnaîtra pour roi un bâtard, fût-il celui d'Uther Pendragon. Merlin emmène le jeune Arthur dans la forêt de Brocéliande pour le former au métier de roi. Mais une dernière épreuve l'attend, le château d'un de ses vassaux, Léodagan, est assiégé par le roi de Galles et les hommes de Méléagant.

Le roi Arthur, épaulé par un petit nombre de Chevaliers, réussit à briser le siège avec l'aide de la magie de Merlin. Blessé au combat, il est soigné par la fille de Léodagan, Guenièvre. Arthur est subjugué par la beauté de la jeune fille. Merlin tente de le mettre en garde, il prédit que Guenièvre sera la cause de sa ruine et de celle de son royaume. Mais Arthur ne veut rien entendre, il demande la main de Guenièvre à son père. En attendant le mariage, Arthur et ses Chevaliers retournent au château de Camelot pour s'occuper des affaires du Royaume. L'harmonie de la cour est rompue par l'arrivée à Camelot de Morgane, la demi-soeur d'Arthur. Un soir, par vengeance, elle use du même stratagème qu'utilisa jadis Uther: par magie elle prend l'apparence de Guenièvre et abuse Arthur en lui faisant l'amour. Elle tombe enceinte et proclame que l'enfant qu'elle porte est l'héritier du royaume. Et pour arriver à ses fins, elle va manipuler Méléagant, le prince rebelle et banni, afin de détruire le dernier obstacle à sa vengeance et son ambition, le mariage de Guenièvre et Arthur. Quelques temps plus tard, le roi Arthur réserve un accueil fastueux à Guenièvre. Tout est prêt pour célébrer le mariage. Mais l'arrivée à la cour de Lancelot du lac, le meilleur des chevaliers du Royaume, va changer le cours de l'histoire. Dès leur première rencontre, Guenièvre et Lancelot tombent amoureux. Le coup de foudre est réciproque. Malgré leur attirance irrésistible et les manigances de Morgane pour les rapprocher l'un de l'autre, Guenièvre et Lancelot vont tenter de résister à leur amour. Pourront-ils demeurer loyaux et fidèles au roi ?! L'amour et la sagesse d'Arthur, la magie de Merlin suffiront-t-ils à déjouer les manigances et la haine de Morgane ?! Une adaptation de la célèbre épopée narrant la destinée du légendaire roi Arthur, qui est inextricablement liée à celle de la Dame du Lac, de Morgause, de Guenièvre, du mythique Graal, ainsi que des chevaliers de la Table ronde, dont Gauvain et Lancelot. Les aventures de cette figure emblématique de la mythologie celte sont successivement relatées dans des encadrés, des livrets, des dépliants ou encore des textes dissimulés derrière de larges volets qui s'insèrent dans des illustrations hyperréalistes, flamboyantes et épiques, tout à fait dans le ton. Des informations complémentaires liées à l'étymologie de certains termes, au destin des protagonistes ou encore aux échos que certains lieux ou créatures monstrueuses trouvent dans la réalité apportent un bel éclairage au texte.


Les Chevaliers de la Table Ronde
Les Chevaliers de la Table Ronde
par Anne Jonas
Edition : Album
Prix : EUR 16,90

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5.0 étoiles sur 5 Les Chevaliers de la Table Ronde, 12 octobre 2015
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Voici de cela tant d'années, qu'il serait vain de vouloir les compter, que naquit en Bretagne la Bleue, aujourd'hui appelée Grande-Bretagne, un enfant portant en lui la source d'une fabuleuse histoire. Le secret de sa naissance laissait déjà présager un destin peu ordinaire, puisqu'il était le fils d'un diable venu sur terre pour y séduire une simple demoiselle. Celle-ci, lorsqu'elle s'aperçut qu'en son ventre grandissait un enfant dont elle ne pouvait nommer le père, sut le châtiment qui l'attendait. Selon les lois de cette sombre période moyenâgeuse, elle serait exécutée par le bourreau sitôt l'enfant mis au monde. A sa naissance, la disgrâce physique du jeune Merlin accorde quelques mois de sursis à sa mère, qui ne trouve aucune nourrice pour allaiter cet enfant si étrange. A l'âge de neuf mois, il prend la parole pour assurer la défense de sa mère. Sept années passent ensuite, durant lesquelles l'étendue de dons fabuleux et ses pouvoirs se révèlent peu à peu. Il change à l'envi d'apparence, apprend sa prochaine défaite à un roi usurpateur, cache la naissance d'Arthur et place par la suite ce dernier à la tête du royaume. Merlin l'Enchanteur grandit en aidant Arthur capable de sortir Excalibur l'épée de son fourreau de pierre. Puis il introduit une nouvelle forme de chevalerie, de fidélité au Roi mais aussi de quêtes dignes en créant la Table Ronde. Mais cet être plein de mystères laisse le Roi Arthur et ses chevaliers pour succomber à son amour pour la Dame du Lac, Vivianne. Apparaît à la cour un jeune homme, Perceval. Il veut être chevalier mais loin d'attendre le consentement du Roi, il suit son éthique. Par ses péripéties, il montre à quel point il ferait un chevalier de la Table Ronde pertinent. Au fil des pages, ce sont bien trois personnages emblématiques qui apportent de la tenue au récit. Les thèmes chers à cette légende apparaissent: la chevalerie et ses principes, les rapports de classes, les duels, les tournois et le mystère de la magie et de la sorcellerie. Quelques amoures sont vite présentées mais plus encore le réel intérêt semble ces objets magiques, comme la coupe du Saint Graal.

Et cette Table Ronde si mythique prend de la dimension. Elle n'est pas un immense rectangle où chacun est assis de manière très précise et selon sa classe. Elle pourrait, selon les circonstances, accueillir douze, cinquante ou même cent cinquante chevaliers, pourvu qu'ils comptent parmi les plus braves. Un seul siège, placé à la droite du Roi, resterait vide tant que ne se serait pas fait connaitre le meilleur chevalier du royaume. Si un autre que lui usurpait cette place, il serait aussitôt englouti par la terre et ne reverrait jamais le jour. Courage, combat, honneur, amour, mystère et magie composent la célèbre légende des « Chevaliers de la Table Ronde ». Le grand format du livre, l'utilisation d'un beau papier épais et les illustrations pleine page renforcent le côté puissant et majestueux attribué aux héros de cette histoire. Les couleurs des illustrations, dominées par les teintes brunes et feu accompagnent ce récit d'aventures empreint d'éléments fantastiques. Le texte s'entremêle d'iconographies de Vincent Dutrait riches en détails, matières et couleurs. Le regard personnel qu'il porte sur le Roi Arthur et ses compagnons donne une tonalité singulière, une teinte nouvelle à cette épopée médiévale. L'aventure chevaleresque, nouant réel et surnaturel, crée un univers poétique puissant, fascinant, véritablement enchanteur ! Le récit est dense : il débute à la naissance de Merlin et se termine à l'arrivée de Perceval parmi les chevaliers de la Table Ronde. Une fidèle adaptation, rédigée dans une langue soignée et très contemporaine, de la célèbre chanson de geste médiévale dans une adaptation fidèle et très actuelle signée Anne Jonas. Vous l'avez compris, le récit se concentre surtout sur trois personnages: Merlin l'Enchanteur, le Roi Arthur, Perceval le Gallois et sur la formation de la Table Ronde en quête d'exploits guerriers ou mystiques, soumis aux affres de l'amour courtois et aux sortilèges des mages. Une belle réussite !


Robin des Bois
Robin des Bois
par Marie Galopin
Edition : Album
Prix : EUR 39,00

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5.0 étoiles sur 5 Robin des Bois, 8 octobre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Robin des Bois (Album)
Entre mythe et réalité, l'histoire de Robin des Bois est née au Moyen Âge, à une époque où peu de gens savent lire. Les ménestrels informent la population en chantant des ballades mais celles-ci étant romancées, elles ne révèlent pas le vrai personnage. Robin des Bois a donné lieu à plus de livres, plus de poèmes et plus de films de fiction que n'importe quel autre personnage de l'histoire d'Angleterre. Si Robin des Bois n'est pas seulement un héros légendaire, il est désormais établi que cet homme a véritablement existé. En séparant les faits réels de la fiction, certains historiens et chroniqueurs le situent au XIIIe siècle, probablement sous le règne d'Henri III (fils de Jean sans Terre). En fouillant dans les archives, faisant référence à Robin des Bois, plusieurs pistes ont pourtant été exploitées du XIIIe au XVe siècle. L'historien Graham Phillips a longtemps travaillé sur des manuscrits médiévaux. Il a pu remonter aux toutes premières références qui sont faites au personnage que ce soit dans des documents romanesques ou historiques. Les archives révèlent aussi que le XIIIe fut une période agitée, celle-ci étant marqué par une guerre civile appelée « Guerre des Barons ». Les archers qui se rebellent sont chassés de leurs maisons et contraints de vivre dans les bois. La population appauvrie considère les fugitifs comme des héros. Durant cette oppression, le peuple se prend d'affection pour un certain Robin. Il existe peu de traces écrites de ses exploits et encore moins de sa véritable identité. Cette époque va favoriser aussi l'apparition de hors-la-loi, de brigands et de criminels. L'archiviste David Crooke de l'université de Nottingham a découvert dans le registre du Yorkshire en l'an 1226, un dénommé Robert Hod qui a fui la justice. Tous les biens qu'il a laissés derrière lui, ont été répertoriés par le Schérif du comté de Nottinghamshire. Rédigé en sténographie latine médiévale, le nom de ce hors-la-loi apparaît donc dans ce manuscrit. Cependant, il s'est passé une chose étrange en l'an 1227, le nom de Robert Hod qui a été tout d'abord écrit tel quel, apparaît sous une autre forme. Le greffier qui a rédigé le registre l'a récrit en Robby Hod ? Le plumitif aurait-il eu vent de la renommée ou des exploits de cet homme habile et courageux face aux autorités du comté, et que par sympathie, ce même greffier aurait réécrit son nom en Robby Hod. Cela est plausible pour autant, on ne sera pas si cet illustre personnage a été un homme du peuple ou un gentilhomme en disgrâce.

Ainsi débute un nouveau scénario qui commence en l'an de grâce 1175. Dans les contrées anglaises du centre de l'Angleterre, le destin de Robin Loxley, Petit-Jean et Will Scarlett se dessine. Orphelin, Robin est recueilli par le maître archer Daniel Loxley qui va l'élever comme son propre fils. Il va lui apprendre les secrets du tir à l'arc et part la suite le maniement du bâton. Les années passent, la réputation de Daniel Loxley est telle qu'il est invité à travailler au château royal. Robin aura ainsi l'occasion de côtoyer le roi Richard Coeur de Lion, Jean, son belliqueux frère cadet, mais surtout de Lady Marianne dont il deviendra très proche. Le thème de Robin des Bois a maintes fois été exploité et souvent avec succès. Les auteurs de cette fresque ont voulu se démarquer des autres versions et ils ont réussi avec brio. Le scénario est très bien écrit. L'histoire débute par la naissance des personnages principaux. Pierre Boisserie reprend les différentes raisons qui ont conduit ces trois futurs compagnons à se réfugier dans la forêt de Sherwood et s'attarde sur les éléments qui ont forgé leur personnalité. Bref, le récit d'aventures proposé par l'auteur est captivant, bien rythmé par l'action et les rebondissements. Le dessin d'Héloret est fluide et réaliste. Il est très agréable et bien mis en couleur par Marie Galopin. Rares sont les lecteurs qui ne connaissent pas les aventures de « Robin des Bois » et de ses acolytes. Alors, revisiter l'histoire de Robin des Bois et la rendre intéressante n'était pas une entreprise des plus facile, tant au scénario et graphique, car la légende semble éculée. C'était sans connaître la ténacité et l'imagination du scénariste Pierre Boisserie qui a su mettre du dynamisme dans ce récit et en faire une aventure fort agréable à lire, voire captivante. Il s'est associé avec le dessinateur Héloret qui ne manque pas de talent. Avec un trait réaliste et vif, rehaussé par des couleurs pastel du plus bel effet de Marie Galopin, Héloret donne envie de se plonger dans l'histoire. Initialement prévue en trois albums, le titré « Robin » a bien failli s'arrêter au deuxième tome avec la disparition de l'éditeur initial. L'initiative des éditions Glénat de sortir le dernier épisode avec les deux premiers en « une intégrale » donne une plus forte unité à ce roman. Ces 152 pages d'aventures offriront aux lecteurs un très beau moment d'évasion. Pour ceux qui ne se souviendraient plus ou n'auraient pas connu la jeunesse des trois adultérins, Robin Loxley, Petit-Jean et Will Scarlett, le scénariste Pierre Boisserie donne un coup de jeune au mythe en tonifiant l'intrigue. La jeunesse des trois amis, telle qu'il nous la présente, n'a pas été facile et on comprend mieux leur attitude vengeresse face aux injustices auxquelles ils ont été confrontés. À une époque où un tel poids du destin se fait lourdement sentir, ils vont chacun voir cette injustice grandir au plus profond de leur être. Ils vont devenir des outlaws, des hors-la-loi traqués par le shérif de Nottingham et Guy de Gisbourne jusqu'au coeur de la forêt de Sherwood qui leur servira de refuge. Ils vont y faire le rude apprentissage de la vie, organisant leur bande de yeomen pour survivre et résister, devenant ainsi le symbole de la lutte des Saxons contre leurs oppresseurs Normands dans l'Angleterre du XIIe siècle. Pierre Boisserie et Héloret revisitent la légende de Robin des Bois en s'attachant à la jeunesse et au parcours de ses trois personnages emblématiques. En envisageant cet angle différent et original, ils livrent une version rythmée, moderne et attachante de cette célébrissime histoire.


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